LE PÉROU

Le Machu Picchu

 

Le premier élément dont il faut tenir compte en arrivant dans les Andes, c’est l’altitude. Car atterrir directement en territoire Inca à Cuzco (3400 mètres), c’est prendre le risque d’être atteint par le fameux « sorroche », ce mal des montagnes, pendant un ou plusieurs jours : vomissements voire fortes migraines, saignements de nez etc.

Nous choisissons donc l’option d’arriver à Lima, sur la côte Pacifique.

Lima
Lima

Lima  Lima

 


EN DIRECTION DU MACHU PICCHU

De là, nous ferons un peu plus de… 24 heures de bus jusqu’à Cuzco, la « capitale » des Incas. Ainsi, la montée est progressive et l’acclimatation à l’altitude se passe mieux. Et puis, ça permet de voir à quoi ressemble le pays qu’on traverse.


CUZCO

La ville nous impressionne d’emblée par sa situation : ses maisons en briques rouges sont cernées par les montagnes. Dans le centre, l’architecture des bâtiments ainsi que les monuments laissés par les conquistadors rappellent l’histoire de la cité.

Cuzco, Plaza de Armas

Mais surtout, cette dernière est située en plein cœur de la vallée sacrée des Incas, et constitue donc le point de départ de tous les treks et excursions vers les principaux sites précolombiens de toute la région. Notamment le Machu Picchu, notre prochaine étape. Et pour y accéder depuis Cuzco, il reste une halte incontournable : la petite ville d’Aguas Calientes, posée aux pieds de ce fameux site Inca.


AGUAS CALIENTES
Aguas Calientes

Là, il n’y a à peu près rien à voir. Il y a beaucoup de touristes et donc beaucoup d’hôtels, de restos, de boutiques de souvenirs… La ville est juste le point de départ quasi-obligé vers le Machu Picchu, où l’on se rend grâce à l’un des innombrables bus qui font le trajet quotidiennement. Ce fabuleux site archéologique n’ouvrant ses portes qu’à 6h00, le premier bus part vers 5h40.

Ainsi, quand nous arrivons au départ à 5h25, la file d’attente pour le bus est déjà si longue que nous n’en voyons même pas le bout. Incroyable. Nous avions bien entendu parler de cette forte affluence mais nous ne pensions pas qu’elle était à ce point, qui plus est en période creuse (octobre). Combien sont-ils devant nous : cinq cents ? Six cents ?… Heureusement, quelques dizaines de bus se succèdent sans relâche et au bout de près d’une heure d’attente, c’est enfin notre tour. Derrière nous patientent autant de personnes qu’il y en avait devant nous une heure plus tôt. Impressionnant.


LE MACHU PICCHU

Arrivés en haut après vingt minutes de montée en bus et après une petite marche, quelques lamas nous guident jusqu’à notre objectif : le Machu Picchu.

Machu Picchu et lama

Sur la colline qui domine le site, la foule est assez nombreuse. Mais dès qu’on descend pour visiter les ruines, ça devient beaucoup plus fluide, et la majesté du site nous fait vite oublier tout ce monde.

 Ruines du Machu Picchu Ruines du Machu Picchu

Vu sa situation, le site reste parfois caché dans les nuages. Nous avons de la chance car ce n’est pas le cas lors de notre visite. Et même s’il ne fait vraiment pas beau, nous avons droit à une courte éclaircie, qui nous permet d’immortaliser les lieux sous un bref rayon de soleil.

 


LE LAC TITICACA HORS DES SENTIERS BATTUS

Nous avons à peine le temps de rentrer à Cuzco pour y passer une nuit glaciale que dès le lendemain matin, nous nous envolons pour un autre lieu mythique : le lac Titicaca. Ses îles flottantes, fabriquées par les indiens Uros avec la totora, ces roseaux du Titicaca, sont envahies par les touristes et totalement dénuées d’authenticité.

Les autres îles du lac, solidement ancrées au fond celles-là, sont réputées pour leur beauté : Amantani et Taquile côté Pérou, l’Isla del Sol côté Bolivie. Mais si la densité de touristes n’y est pas énorme, elle n’est pas négligeable non plus. C’est pourquoi nous décidons de jeter notre dévolu sur une toute petite île (même pas deux kilomètres de long) située hors des sentiers battus : Ticonata.

La petite communauté Quechua qui y vit ne compte qu’une quinzaine d’habitants, qui accueillent les quelques baroudeurs de passage tout au long de l’année.

Lorsque nous arrivons sur la rive du lac en face de l’île, il fait encore beau et l’eau est d’un bleu profond.

Là, nous rencontrons Simon, le membre de la communauté qui vit sur l’île et qui va nous y emmener en barque. A part lui, l’endroit est désert et nous avons déjà l’impression d’être au bout du monde.

Mais nos premiers ennuis apparaissent lorsque Simon ne réussit pas à faire démarrer le petit moteur de la barque. A force d’insister, il en casse même la corde du démarreur. C’est donc à la rame, vent de face, que nous devons gagner Ticonata. Au lieu de dix petites minutes, le trajet va durer une bonne demi-heure.

Mais dans le même temps, la météo change brusquement. Le ciel devient noir, l’eau du lac aussi. La pluie fait son apparition, puis tombe de plus en plus fort. Simon nous tend une vieille bâche toute déchirée pour nous protéger un peu. Les éclairs commencent à transpercer le ciel au loin, puis se rapprochent peu à peu, accompagnés du tonnerre. Le vent se lève et la « mer » se creuse de plus en plus. Cinq petits mètres au-dessus de nos têtes voltigent quelques mouettes qui, nous prenant pour des pêcheurs, nous quémandent du poisson en hurlant.

Bien que perdus au beau milieu du lac Titicaca, saoulés par le vent et détrempés par le ciel andin qui se vide sur nous, nous nous sentons heureux malgré tout, car ces conditions dantesques dans cet endroit mythique achèvent de rendre ce moment inoubliable.

L'île de Ticonata


L’ÎLE DE TICONATA

C’est donc sous une pluie battante que nous posons les pieds sur Ticonata. Mais gagner les quelques habitations se mérite car notre chemin de croix n’est pas terminé : il nous faut encore gravir une colline à pied pendant une dizaine de minutes, chargés de nos sacs à dos de vingt kilos. A cette occasion d’ailleurs, Marie m’épate. L’adversité ne la ralentit pas, elle ne se plaint pas un instant et fait face, bien que trempée jusqu’aux os. Je dois dire que je suis assez fier d’elle.

C’est donc à l’état liquide que nous arrivons enfin dans la salle commune de l’île où nous attend Mariano, un septuagénaire en pleine forme. La soupe chaude qu’il nous a préparée est simple mais tellement régénérante.

Mariano, Ticonata

Nous pouvons enfin discuter avec nos hôtes. Comme tant d’autres dans cette région du Pérou, ils sont Quechuas et descendent donc des Incas. Mais contrairement à la plupart d’entre eux, ils parlent espagnol, ce qui nous permet de communiquer.

Lorsque nous nous risquons à remettre le nez dehors, la pluie a enfin cessé et le soleil si cher aux Incas tente péniblement de reprendre ses droits avant la tombée de la nuit.

L'île de Ticonata

C’est surtout le lendemain matin que nous allons pouvoir découvrir la beauté des lieux, dès les premiers rayons du soleil et sans le moindre nuage cette fois.

L'île de Ticonata

Il faut dire que nos deux jours de présence sur l’île tombent exactement en même temps que la fête annuelle du petit village situé juste en face, sur le continent. A cette occasion que pas un local ne veut rater, Ticonata s’est donc vidée de ses quelques habitants, à l’exception de Simon et Mariano, restés pour nous recevoir.

Certes, nous regrettons de ne pas pouvoir rencontrer les autres habitants. Mais d’un autre côté, nous avons droit à une île du Titicaca rien que pour nous, et c’est sans doute un peu égoïstement que nous savourons cette aubaine.

L'île de Ticonata

Nous retournons aux habitations pour prendre avec Simon et Mariano le petit déjeuner qu’ils nous ont préparé. Nous discutons un long moment avec eux de la vie sur Ticonata : leurs ancêtres, la pêche, l’agriculture, la vie quotidienne en harmonie avec la nature, la rudesse du climat etc. Un moment d’échanges et de découvertes comme nous les aimons.

Le soleil sous lequel nous quittons Ticonata est aussi fort que l’était la pluie sous laquelle nous sommes arrivés hier.

L'île de Ticonata

Le Titicaca constituait la dernière étape de notre périple au Pérou avant de gagner la Bolivie toute proche. Avec sa barque, Simon nous dépose en face de Ticonata, sur la jolie petite plage de Chiffron. Une poignée de maisons sont posées sur le sable, face au lac, et nous prenons le temps de discuter avec l’une des familles qui y vivent, avant de prendre la direction de la frontière bolivienne…

Chiffron, lac Titicaca
La petite Cynthia devant sa maison, sur les rives du lac Titicaca

  • Résumé vidéo (3 mn) : en immersion au cœur des Andes (Pérou et Bolivie)…

 


Plus de vidéos…

 

 


INFOS PRATIQUES PÉROU


« TOUT PÉROU » : RÉSEAU SOLIDAIRE OU AGENCE DE VOYAGES DÉGUISÉE ?

Tout Pérou se présente comme un réseau solidaire francophone qui permet aux voyageurs se rendant au Pérou de trouver une mine d’infos sur son site Internet (Tout Pérou), via notamment le forum.

On peut rencontrer l’équipe sur place afin de glaner quelques tuyaux et, moyennant des cartes payantes (100$ ou 150$), on peut bénéficier d’un certain nombre de services.

Certains considèrent qu’il s’agit simplement d’une agence de voyages qui fonctionne différemment des autres.

Pour notre part, nous avons découvert Tout Pérou juste avant notre périple, donc trop tard. Et comme nous voulions absolument nous rendre sur le lac Titicaca en dehors des sentiers battus (c’est-à-dire hors des îles très prisées d’Amantani, Taquile et Isla del Sol, jolies mais trop fréquentées à notre goût, sans compter les îles flottantes des Uros), nous avons craqué au dernier moment pour la carte à 100 $. Nous ne l’avons finalement pas regretté.

Car Tout Pérou a tout organisé (transferts en voiture et nuitée chez l’habitant) pour que nous nous rendions sur la délicieuse petite île de Ticonata, qui s’est avérée littéralement déserte. Comme nous manquions cruellement de temps pour organiser cette halte nous-mêmes, ce service clé-en-mains, dont nous ne raffolons pas d’habitude, s’est pour une fois avéré idéal.

En outre, Tout Pérou nous a transmis une liste d’hébergements un peu partout au Pérou, a assuré nos transferts de/vers l’aéroport de Lima, nous a prêté un téléphone avec une carte etc.

 


TRANSPORT EN BUS

LIMA – CUZCO

Parmi les différentes compagnies qui assurent cette liaison, nous avons opté pour Cruz del Sur. Elles offrent à peu près toutes les mêmes niveaux de confort, soit en gros : le bus basique et inconfortable / le bus semi-cama avec siège partiellement inclinable mais pas beaucoup mieux que le précédent / et le bus super cama, c’est-à-dire avec un siège large et confortable quasiment transformable en lit.

Ce dernier bus est donc le top et c’est celui que nous avons choisi en prévision du long voyage qui nous attendait : 21h30 de trajet en théorie, 25h00 en réalité.

  • Prix : 52$ par personne, repas compris. 3 arrêts : Ica, Nazca, Abancay.

Le bon plan : quand on réserve son billet, forcément à l’avance et sur internet, on peut choisir sa place (via un plan du bus en ligne). Il faut prendre les premières places, situées à l’étage devant le pare-brise. L’avantage est double : ce sont les trois places les plus spacieuses de tout le bus, et elles offrent une vue panoramique sur la route et le paysage, ce qui fait passer le temps beaucoup plus vite. Les vitres teintées et leurs rideaux efficaces empêchent toute gêne lumineuse.

AGUAS CALIENTES – MACHU PICCHU

Il y a deux solutions pour monter d’Aguas Calientes au Machu Picchu : le bus ou les jambes. Nous avons choisi la première malgré son prix élevé au vu du trajet (24$ par personne). Mais elle permet d’arriver relativement tôt alors qu’à pied… Le billet s’achète sur place (à côté d’une maquette de bus d’un mètre de long, à côté de la rivière qui traverse le village, et à peu près en face de l’inscription en photo ci-dessous) et l’acheter la veille fait gagner du temps, vu la foule.

 


TRANSPORT EN TRAIN

CUZCO – AGUAS CALIENTES (MACHU PICCHU)

Si l’on ne veut pas faire le fameux trek du Chemin de l’Inca pour rejoindre le Machu Picchu, on peut rallier la mythique Cité Inca en bus ou en train depuis Cuzco.

Pour le train, les deux compagnies concurrentes, Peru Rail et Inca Rail, offrent chacune trois prestations similaires. Nous avons choisi la formule intermédiaire de Peru Rail malgré son prix élevé : on avait lu sur le net 65 euros aller simple, ce fût 80 ! Bon, ce train panoramique appelé Vistadome car vitré du sol au plafond, permet d’avoir une belle vue sur les Andes pendant tout le trajet, même si ça ne justifie pas tout le prix.

Le train Vistadome, depuis un siège

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LE BILLET D’ENTRÉE AU MACHU PICCHU

Pour faire face à la détérioration lente mais sûre de ce fabuleux site, les autorités péruviennes en ont limité l’accès en 2011 à 2.500 visiteurs quotidiens. Aujourd’hui, le quota est passé à 3.300 chanceux par jour, mais pas un de plus. Autant dire qu’il faut réserver son billet à l’avance si l’on ne veut pas rater cette merveille.

Et là, le parcours du combattant commence. Il faut réserver sur Internet via le site de Machupicchu Terra : Billet Machu Picchu  sur lequel on peut vérifier les disponibilités avant de réserver.

Le Machu Picchu se visite selon quatre formules : soit le site seul (70$), soit combiné avec le Huayna Picchu (86$), avec la Montagne (86$) ou avec le musée (77$). Dopés par le succès, ces prix augmentent chaque année…

Le Huayna Picchu est le « pain de sucre » visible sur toutes les photos juste derrière le site, son ascension plus ou moins ardue dure deux heures. La Montagne, plus accessible, est à l’opposé.

Pour réserver ses billets, il faut remplir le formulaire de contact (onglet « nous contacter » de leur site), puis attendre la réponse (très rapide) indiquant les modalités de paiement.

S’il est frustrant de ne pas pouvoir tout réserver directement en quelques clics, il faut reconnaître quand même que cette organisation fonctionne bien et rapidement.

Pour tout renseignement, on peut les contacter sur

 info@ticketmachupicchu.com

  • OBLIGATOIRE depuis juillet 2017 : on ne peut plus, en théorie, entrer sur le site du Machu Picchu sans guide. Si on n’en a pas prévu un à l’avance, ceux qui sont disponibles attendent les clients devant l’entrée du site.

HÉBERGEMENT

LIMA

Hôtel España (Jiron Azangaro 105, Lima 51). Il est idéalement situé en plein centre-ville, vaste et richement décoré. A tel point qu’on ne sait plus trop si on est dans un hôtel ou un musée :

  

La terrasse, aussi agréable qu’étonnante, est un havre de paix avec beaucoup de verdure et quelques animaux : paons, tortues, perroquets…

Paon en terrasse
  • Prix : 62 soles péruviens (soit 16 euros au moment de notre venue).
CUZCO

Hôtel Pantastico Bed and Bakery, l’un de nos coups de coeur (adresse : Carmen Bajo 226, San Blas, Cuzco). C’est une petite auberge de jeunesse située à proximité du centre-ville. L’accueil y est très chaleureux.

  • Prix : à partir de 20$, très bon petit déjeuner inclus. Notre chambre double à 40$ comprenait également une douche privée et avait une jolie vue sur Cuzco (notamment illuminée la nuit), ainsi que sur les montagnes qui la cernent.
Depuis le Pantastico Bed and Bakery
AGUAS CALIENTES

Dans le petit village d’Aguas Calientes, les 1.600 habitants sont moins nombreux que les touristes quotidiens. Sous ses airs de camp de base du Machu Picchu, on y trouve essentiellement des hôtels, des restos et des boutiques de souvenirs.

Nous sommes descendus à l’hôtel Ferre, histoire de profiter d’un hébergement confortable avec douche avant les quelques jours très roots qui allaient s’en suivre. Les chambres ont une jolie vue sur la rivière en contrebas et l’accueil est très bon.

  • Prix : à partir de 65$ la chambre pour deux, petit déjeuner inclus.
TICONATA (LAC TITICACA) CHEZ L’HABITANT

Nous n’allons pas marcher sur les plate-bandes de Tout Pérou. Pour se rendre sur Ticonata, le mieux est donc de passer par leur intermédiaire (cf. ci-dessus). Ou de tenter directement sa chance sur place mais dans ce cas, il faut prévoir un moyen de faire la traversée en bateau…

Ticonata, petit déjeuner chez l’habitant

En tout cas une chose est sûre, passer du temps sur cette île, au milieu de ses habitants et loin des sentiers battus est un vrai plaisir.

Le lac Titicaca dominé par la Cordillère des Andes


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