Trans Dinarica : un itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs


La Trans Dinarica est une véritable pépite. Il s’agit d’un itinéraire cyclable immersif à travers les paysages sauvages des Balkans. Le parcours étant encore très confidentiel, on n’y croise pas grand monde : dépêchez-vous d’aller y pédaler avant qu’elle ne se fasse connaître…

Sur les routes désertes de l’île de Pag. Croatie.

Sommaire


Sur ma route vers la Turquie, j’ai arpenté la Trans Dinarica dans trois pays : la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie.


L’itinéraire de la Trans Dinarica relie les pays des Balkans occidentaux, tout en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Le parcours a été conçu de manière à ce que les voyageurs à vélo qui s’aventurent par là puissent découvrir toute la richesse du patrimoine local : nature sauvage, sens de l’hospitalité des habitants, sites culturels et bien sûr, gastronomie de pays…


Distance totale (*)

Dénivelé positif (*)

Altitude maximale (**)

(*) Si l’on compte les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

(**) Le point culminant du parcours est le col de Sedlo (Prevoj Sedlo) dans le massif du Durmitor, au Monténégro.

Les plus sportifs et sportives s’essaieront à la totalité du parcours, d’autres préféreront simplement se balader sur de petites portions mais dans tous les cas, la Trans Dinarica offre à tous les profils de cyclovoyageurs des parcours vélo de rêve, souvent en pleine nature.


Physiquement, le parcours de la Trans Dinarica est assez exigeant.

  • Le dénivelé est important (voir les chiffres ci-dessus) : cela monte ou descend quasiment en permanence.
  • De nombreuses portions atteignent ou dépassent les 10% ! Heureusement, elles sont en général très courtes, ce qui les rend faisables.
  • Quand l’itinéraire quitte le bitume pour des chemins de terre, de boue, de cailloux et de pierres, le dénivelé devient encore plus difficile à maîtriser.

La Trans Dinarica reste accessible à toute personne voyageant à vélo : si vous avez une condition physique plutôt bonne, ou si vous êtes capable de traverser des pays ou des continents en pédalant, alors vous saurez venir à bout de la Trans Dinarica et de son copieux dénivelé. Sinon, c’est également possible en raccourcissant plus ou moins les étapes, chacun selon son niveau : le dénivelé passera alors plus facilement.


L’itinéraire traverse les pays des Balkans occidentaux :

  • Slovénie
  • Croatie
  • Bosnie-Herzégovine
  • Monténégro
  • Albanie
  • Macédoine du Nord
  • Kosovo
  • Serbie

Avant d’entrer dans les détails, voici un aperçu rapide et purement visuel de la Trans Dinarica, si vous voulez savoir à quoi elle ressemble avant de vous rendre sur place pour la tester vous-même…

Son itinéraire transite par des villages isolés.

Un village éolien en Croatie.

Les forêts sont omniprésentes.

Croatie

Le tracé passe par les Dinarides, cette chaîne de montagnes majestueuse qui serpente à travers les Balkans occidentaux.

La rivière Drin aux pieds des montagnes, Albanie

Plus rarement, le parcours quitte la montagne pour s’égarer sur la côte.

L’île de Pag, Croatie

Les villes aussi sont rares sur le parcours, mais celles qu’on traverse valent le détour.

Mostar, Bosnie-Herzégovine

L’itinéraire alterne entre routes bitumées secondaires très peu fréquentées…

Bosnie-Herzégovine

… et chemins de terre et de pierres, perdus en pleine nature.

Île de Pag, Croatie

Il nous emmène à la découverte de sites culturels locaux ainsi que dans de nombreuses zones classées : parcs nationaux, sites inscrits au patrimoine de l’humanité par l’Unesco…

En bordure du parc national de Valbona, Albanie

Les possibilités de bivouac dans la nature pullulent tout au long du parcours.

Albanie

Partout, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans…

Une inconnue m’offre une part de gâteau encore tiède. Albanie

… et on traverse les jolis paysages qu’offre cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe.

La rivière Zrmanja, Croatie

Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sentirait presque une âme d’aventurier !

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

En théorie, on peut rencontrer de nombreux animaux emblématiques de cette partie de l’Europe comme l’ours brun, le loup ou le lynx. Mais en pratique, ils sont généralement très difficiles à observer car dès qu’ils repèrent des humains, par la vue, l’ouïe ou leur odorat très développé, ils s’enfuient rapidement, sans qu’on ait le temps de détecter leur présence.

Bien d’autres animaux habitent les lieux, tout aussi sauvages mais sensiblement moins discrets, comme le lièvre, le renard, diverses variétés de serpents, le chacal, certains rapaces comme le vautour fauve, etc. Ceux-là sont beaucoup plus facile à apercevoir.

Un troupeau d’ânes croates

Les animaux sauvages ne sont pas les seuls à peupler les alentours de la Trans Dinarica. On y aperçoit également de nombreux animaux d’élevage : ânes, brebis, chèvres, chevaux…

Brebis albanaises

Je développerai plus en détail les animaux rencontrés tout le long de la Trans Dinarica dans la partie suivante : « Je l’ai fait ! Retour d’expérience… »


Pour moi, arpenter la Trans Dinarica pendant des semaines, tout seul sur mon vélo et sous ma tente, fut une expérience marquante que je ne suis pas près d’oublier, et que je souhaite aujourd’hui partager.

La rivière Drin, dans le nord de l’Albanie.

Que ce soit l’aspect sportif voire parfois démoniaque du dénivelé quotidien, la magnifique nature sauvage des Balkans, les habitants accueillants que j’ai rencontrés ou encore mes bivouacs de rêve, voici quelques infos, basées exclusivement sur du vécu, qui pourront être utiles à toutes les personnes souhaitant elles aussi user leurs pneus par là-bas.


Ce qui m’a agréablement surpris dès mes premiers tours de roues sur la Trans Dinarica, effectués en Croatie, c’est la rareté des voitures sur la plupart des routes qu’emprunte l’itinéraire.

La Trans Dinarica en Croatie

Cela s’est vérifié dans tous les pays que j’ai traversés par la suite.

La Trans Dinarica en Bosnie-Herzégovine

Les concepteurs de la Trans Dinarica ont en effet privilégié au maximum les routes secondaires, sur lesquelles le trafic routier est toujours faible.

La Trans Dinarica déserte sur l’île de Pag, en Croatie.

Mais ces routes secondaires laissent parfois la place à de petites voies bitumées bien plus étroites et beaucoup plus reculées, donc encore moins fréquentées.

Une toute petite route isolée de montagne. Bosnie-Herzégovine.

Se perdre sur ces routes minuscules permet de découvrir des endroits souvent authentiques, si loin du tourisme de masse.

Petite route à Fierza, Albanie.

Les routes de la TD en images…


Mais surtout, la Trans Dinarica emprunte régulièrement des pistes et des petits chemins, de terre ou de cailloux, parfois carrément de pierres, souvent rendus boueux dès qu’il pleut.

Une piste de la Trans Dinarica. Croatie.

Il arrive que certains d’entre eux soient difficilement praticables, il convient donc de bien consulter l’itinéraire prévu sur le site officiel de la Trans Dinarica chaque jour avant de s’engager dessus, afin de ne pas avoir de mauvaise surprise. A titre d’exemple, pour l’étape la plus dure de tout mon périple, entre Tomislavgrad et Mostar (Bosnie-Herzégovine), le site de la TD prévenait les voyageurs comme moi de manière explicite :

« Voici une étape mémorable […] le revêtement devient plus meuble et jonché de pierres plus grosses, ce qui rend le cyclisme avec un vélo chargé assez difficile (préparez-vous à quelques portions de marche et de vélo). » Cette étape, « certains la trouvent horrible, d’autres la considèrent comme la meilleure étape de toute la Transdinarica »

Si vous avez prévu de faire cette étape, sachez qu’il est fortement conseillé de la faire à VTT ou en gravel, et en bikepacking, c’est-à-dire en mode maniable et léger. Pour ma part, je l’ai parcourue avec un vélo de voyage certes polyvalent mais typé route, pesant 54 kilos en tout. Résultat, j’ai progressé de 19 kilomètres en… 5h30 ! L’enfer. J’ajoute que c’était en fin d’hiver, sous une pluie permanente et dans un froid aussi glacial que pénétrant. Les pierres souvent grosses étaient glissantes et casse-gueule, je patinais dans la boue… L’enfer, vous dis-je 🙂

Quelque part entre Tomislavgrad et Mostar. Bosnie-Herzégovine.

Mais objectivement, les paysages traversés lors de cette étape, bien que souvent bouchés par une météo récalcitrante le jour de ma venue, m’ont semblé magnifiques. On se trouve là dans une nature sauvage, loin de toute présence humaine. Bref, si ce parcours est exigeant, il est également somptueux et ça, ce n’est plus l’enfer, ça devient le paradis.

La TD sur l’île de Pag, en Croatie.

D’une manière générale, les petits chemins de la TD emmènent les voyageurs à vélo dans des endroits sauvages et isolés en pleine nature.

Le chemin de la TD traverse l’île de Pag. Croatie.
Un chemin de la TD, en Croatie (au fond, petite portion de dénivelé classique…)

Quelques pistes et chemins de la TD en images…


Les côtes, les montées, les descentes et le dénivelé, c’est l’essence même de la Trans Dinarica.

Fin de la montée depuis le niveau de la mer. Croatie.

Qu’on aille là-bas pour franchir ces montagnes en mode sportif ou en mode slow tourisme, il faut s’attendre à ce que les mollets travaillent. Tout le long de l’itinéraire de la TD, quand ça ne monte pas ça descend, et inversement !

La descente qui s’offre à moi, après une montée raide. Bosnie-Herzégovine.

Le parcours est exigeant au quotidien. Dans les montagnes que j’ai traversées, j’ai grimpé tous les jours ou presque des côtes à 10% et plus. Souvent sur quelques dizaines de mètres seulement, pour les pourcentages les plus élevés (plus ou moins 15%), ce qui rendait les montées faisables, même lourdement chargé.

Les bons tuyaux avant de se lancer sur la Trans Dinarica

Si vous traversez des pays et des continents à la force des mollets, alors vous viendrez à bout de la TD et de son dénivelé permanent sans problème. Sinon, il faut savoir qu’une condition physique correcte est conseillée. Et pour mettre toutes les chances de la parcourir sans trop souffrir, voici quelques tuyaux supplémentaires, qui peuvent sembler évidents mais qu’il ne faut pas négliger…

-> Bikepacking et légèreté

Lorsque vous préparez votre voyage, mettez le moins de choses possible dans vos sacoches et dès que c’est fait, enlevez-en encore la moitié ! Car le poids est un ennemi bien plus redoutable qu’on ne le croit dans les côtes souvent pentues de la Trans Dinarica. Le bikepacking est le mode de voyage idéal sur ce parcours exigeant.


-> Un vélo adapté

Je ne suis pas passionné par la technique ni par le matériel vélo car ce que j’aime, c’est juste pédaler, néanmoins, un braquet adapté me semble capital sur ce parcours. Peut-être pas pour les plus sportifs, car ils ont largement les jambes pour passer, mais pour tous les autres. Pour parler simplement, il faut avoir un vélo qui permette de mouliner afin de faciliter au maximum les montées, notamment les plus abruptes.

Petite portion forestière et boueuse annoncée à 15% ! Croatie.

Pour ma part, avec un petit plateau de 26 dents (26-36-48) et une cassette comptant jusqu’à 36 dents (11-36), j’avais un braquet de 0,7 : cela s’est avéré parfait pour moi. Par exemple, je suis venu à bout une fois (en Grèce donc hors-TD) d’une pente de quarante mètres de long indiquée à 20%, ce dont je ne me croyais pas capable avec mon vélo de 54 kilos. Arrivé en haut, mon cœur battait sans doute son record historique de pulsations, mais quelle satisfaction d’être venu à bout de cette petite grimpette !

Si tout ce qui a trait au braquet est du chinois pour vous (comme ça l’était pour moi), alors n’hésitez pas à lire l’excellent article suivant : Transmission : quel développement pour voyager à vélo ? Il démocratise habilement tout ce charabia technique et vous permettra de faire les bons choix de matériel, avant de vous lancer sur les pentes parfois violentes de la Trans Dinarica.


-> Pédaler en zigzag et marcher

Cette technique peut sembler simpliste mais elle est tellement efficace !

Dans les pentes les plus difficiles à grimper, si on n’a pas les jambes, on peut toujours faire des zigzags sur la largeur de la route. Les voitures étant rares sur la Trans Dinarica, c’est souvent possible. Quitte à se rabattre à droite de la chaussée dès qu’on en entend une arriver. Cette technique atténue un peu la pente. J’ai grimpé ainsi chaque fois qu’une côte atteignait les 7 ou 8%. C’est-à-dire tous les jours !…

Et quand on se trouve sur des petites pistes de terre où les roues patinent, ou sur des chemins de cailloux qui glissent, il suffit de mettre brièvement sa fierté dans sa poche pour descendre du vélo puis le pousser un peu, généralement sur quelques dizaines de mètres seulement.

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie et face au vent ! Bosnie-Herzégovine.

-> Et si c’est trop dur…

Enfin, pour ceux qui douteraient de leurs capacités physiques, un dernier conseil : n’hésitez pas à vous lancer quand même sur la TD car, si elle s’avère trop difficile, vous pourrez toujours modifier votre itinéraire en choisissant un tracé alternatif moins exigeant physiquement, via une appli comme Komoot par exemple, qui privilégie elle aussi les routes secondaires peu fréquentées. Cela abrègera vos souffrances et vous ferez un beau voyage malgré tout !


L’un des objectifs des concepteurs du parcours de la Trans Dinarica consistait à faire découvrir aux voyageurs à vélo le superbe écrin naturel dans lequel elle serpente. Incontestablement, ils ont réussi leur pari.

Les chutes de la rivière Zrmanja, Croatie.
La côte adriatique face au bivouac, en Croatie.

Que ce soit la côte adriatique, les forêts, lacs et rivières ou, bien sûr, la montagne, la TD est un véritable paradis pour les amoureux de la nature.

La rivière Drin, Albanie.
L’île de Pag, Croatie.


Les animaux sauvages

Tout au long de mon pédalage à travers les Balkans, j’ai eu beau guetter les animaux évoqués plus haut (ours, loups et lynx), je n’ai pas aperçu le moindre d’entre eux. J’ai juste entendu un loup hurler au loin, une seule fois, en Bosnie-Herzégovine, depuis ma tente que j’avais posée dans une forêt. Mais il n’y a rien à craindre : selon une étude de 2021, il n’y avait eu que six attaques de loups sur les humains depuis 2002 dans toute l’Europe, dont aucune mortelle. Autant dire que, si le loup fait souvent peur, il n’est finalement pas vraiment dangereux pour les humains.

D’autres animaux sauvages sont beaucoup plus faciles à observer dans les Balkans. J’ai pu voir des lièvres, divers rapaces, un renard et deux serpents (un peu après la Trans Dinarica, en réalité : l’un en Grèce, petit et non identifié, et le second en Turquie, un grand malpolon oriental qui atteignait les deux mètres). Mais surtout, j’ai entendu cinq ou six fois les hurlements des chacals tout au long de mes bivouacs successifs la nuit, sur la TD, en pleine nature.

Mon spot de bivouac au petit matin, quelques heures après le passage nocturne, bruyant et mélodieux d’une meute de chacals juste à côté de ma tente (Croatie).

La première fois fut la plus mémorable : ils sont venus hurler, ou plutôt chanter très fort, en passant juste à côté de ma tente, vraisemblablement alors qu’ils chassaient. J’ai été impressionné par le niveau sonore de leurs cris, qui explosent carrément les tympans mais en tant qu’amoureux de la nature, cela m’a permis de vivre un grand moment. Pour la suite de mon périple, j’ai encore entendu des chacals chanter ainsi à quatre ou cinq reprises, toujours de nuit, en Croatie puis en Bosnie-Herzégovine. Mais beaucoup plus loin de la tente. A noter que le chacal n’est pas considéré comme dangereux pour les humains.


Les animaux d’élevage

Ceux-là, on les aperçoit bien sûr plus facilement et un peu partout : ânes, brebis, chèvres, chevaux…

Ils offrent d’ailleurs souvent l’occasion aux cyclovoyageurs et voyageuses de rencontrer les bergers qui, passant leurs journées entières dans une solitude totale, ne demandent qu’à discuter avec les étrangers roulant par là.

Avec Paolo, un berger albanais.
Les bergers m’ont toujours accueilli…
… à bras ouverts !

NDLR Pour être transparent, les photos de bergers ci-dessus ont bien été prises dans les montagnes albanaises mais un peu à l’ouest de la Trans Dinarica, et non pas sur son tracé précis.

Les nombreux bergers rencontrés tout au long de mon périple ont fait partie de mes plus belles rencontres.


Les patous et les chiens errants

Impossible de terminer ce couplet sur les animaux que l’on rencontre le long de la Trans Dinarica sans aborder l’épineuse question des chiens.

Commençons par les patous. Ce sont ces énormes chiens de bergers qui sont dressés pour défendre les troupeaux de tout agresseur. Entendez par tout agresseur les loups, les ours et… les cyclovoyageurs ! Car les patous ne font aucune différence, et c’est bien ça le problème.

Les chiens errants ne sont pas plus sympas. Eux, ce qui les excite, ce sont nos mollets qui pédalent. Cela leur donne le tournis et les rend fous.

Dans tous les cas, il est inutile d’accélérer quand un chien – errant, patou ou autre – vous pourchasse. Car il ira toujours plus vite qu’un vélo chargé, sauf en descente (ce qui m’a d’ailleurs sauvé la mise une ou deux fois). Et si les chiens deviennent un peu trop agressifs, il est souvent préférable de s’arrêter, de leur parler calmement et de faire écran avec le vélo.

Sept chiens errants me harcèleront sans discontinuer pendant 30 mn (mon record), dans les montagnes bosniennes

Entre la France et la Turquie, dans tous les pays traversés, je me suis fait pourchasser une bonne vingtaine de fois au total par des chiens, au fil des semaines. Le plus souvent, cela n’a duré que quelques dizaines ou centaines de mètres avant que mes poursuivants n’abandonnent et rentrent chez eux. Je n’ai eu en tout qu’une seule morsure à déplorer : c’était en pédalant et par chance, c’est dans la semelle de ma chaussure de rando que le molosse a maladroitement planté ses ratiches ! Plus de peur que de mal pour moi, donc.


C’est l’une des grandes forces d’un voyage dans les Balkans : les habitants sont souvent ouverts à l’égard des voyageurs et voyageuses à vélo.

Sofiya m’offre son café turc préparé maison. Croatie.

Quand on pédale en solo, ils sont toujours heureux de pouvoir nous donner un coup de main.

Danilo a rempli mes bidons avec l’eau de son puits

Même les commerçants m’ont souvent offert quelque chose à boire ou à manger, alors que c’est pourtant leur gagne-pain.

Ana et Milanka me régalent. Sinj, Croatie.
Inga m’offre sa pâtisserie faite maison. Mostar, Bosnie-Herzégovine.

Mais comment faire face à tant de générosité ? J’avais entendu parler de ce sens de l’hospitalité qui caractérise les habitants des Balkans. Alors avant de partir, j’avais acheté quelques dizaines de petites tours Eiffel bleues en porte-clés (c’était la seule couleur) dans le but d’en offrir une à chaque personne qui me viendrait en aide au cours de mon périple. J’en ai distribué dans tous les pays traversés mais en Albanie, les habitants étaient si accueillants, si hospitaliers et si généreux que j’ai bien cru que j’allais tomber en rupture ! Un vrai bonheur que toutes ces rencontres…

Quelque part en Albanie (un peu à l’ouest de la TD), ce commerçant primeur de bord de route vient de m’offrir deux oranges et deux pommes. Alors forcément, je me venge, à l’aide d’une petite tour Eiffel bleue…

L’hospitalité albanaise dans toute sa splendeur.

Ces porte-clés si symboliques de mon pays constituent le petit cadeau idéal, car ils ne sont pas lourds et prennent peu place dans mes sacoches. Et en plus, ils séduisent toujours les habitants à qui je les offre.

Précisons pour terminer que les habitants des Balkans sont généralement fiers de faire découvrir aux étrangers leur gastronomie locale. Ce qui tombe bien quand on est un voyageur à vélo toujours affamé…

Vente de produits locaux. Croatie.
Spécialité albanaise.


L’itinéraire de la Trans Dinarica a été étudié pour que l’on puisse dormir dans les hébergements des petits villages traversés, et participer ainsi au soutien de l’activité économique locale.

Île de Pag, Croatie.

L’action est louable évidemment mais pour ma part, étant fan des bivouacs en pleine nature, je passais généralement deux ou trois nuits sous la tente avant d’en passer une dans une petite auberge ou une petite pension, dont le principal avantage pour moi était surtout la présence d’une douche !

Bivouac aux pieds des montagnes enneigées. Croatie.

Je ne fais pas partie de tous ceux qui aiment bien bivouaquer à la vue de tout le monde. Au contraire, je plante toujours ma tente à l’abri des regards, aussi bien pour ne pas déranger les habitants que pour ma tranquillité personnelle.

Forêt croate entre deux villages.
Bivouac dans une forêt d’arbustes. Bosnie-Herzégovine.

En d’autres termes, impossible pour moi de dormir en bord de route. Aussi, je commence généralement à chercher un spot de bivouac en fin d’après-midi, tout en roulant.

Cerné par les montagnes croates.

Mon but, c’est de trouver un petit chemin qui s’éloigne de la route, en espérant qu’il débouche sur le spot idéal : un lac, une rivière, un sous-bois agréable, une petite crique hospitalière…

Bercé par le clapotis des vaguelettes croates.

Bien sûr, quand on dort sous la tente, on doit parfois affronter des conditions météo difficiles. Cela fait partie du jeu et l’on doit faire avec mais pour ma part, j’aime ces moments d’immersion totale dans la nature brute.

Le givre après une nuit à -2°. Croatie.

En fonction de la météo justement, ou de la saison, une autre problématique se pose : l’humidité de la tente. Sa toile est souvent mouillée au petit matin. Aussi, il ne faut pas hésiter à la faire sécher chaque fois que c’est possible, juste avant de reprendre la route.

Séchage de la tente, au soleil et au vent, pendant la préparation des sacoches et du vélo. Croatie.

Un jour, après avoir essuyé des pluies diluviennes sur mon vélo toute la journée, mes vêtements soi-disants imperméables étaient imbibés et du coup, moi aussi ! Avec le froid ambiant en plus, j’étais congelé, c’est pourquoi j’ai décidé de passer la nuit à l’abri, dans une maisonnette en ruine. Mes vêtements ont séché dans les courants d’air de la maison délabrée, mon vélo leur servant d’étendoir.

Bosnie-Herzégovine

Dormir en pleine nature m’a toujours procuré un très fort sentiment de liberté. C’est l’une des raisons qui me poussent à voyager à vélo.

La cuisine au réchaud est souvent indissociable du bivouac. Albanie.
Ma routine quotidienne : le coucher du soleil face à la tente. Île de Pag, Croatie.
Vue sur mer. Île de Pag, Croatie.

Les dernières images de bivouacs…


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (extraite du site officiel Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, laquelle s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, obtenir ce parcours n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

La rivière Drin, en Albanie.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e.s par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Rijeka, Croatie.
Bakar, Croatie.

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones excessivement touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non, alors, n’hésitez pas !

Le long de la Trans Dinarica

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.



Découvrez les plus beaux villages de Lanzarote

Village de Haria, au milieu des palmiers et aux pieds des volcans, à Lanzarote

Sur Lanzarote, les villages sont uniquement constitués de maisons blanches. Ils se détachent donc extrêmement bien sur la terre volcanique sombre, ce qui donne de jolis paysages contrastés un peu partout sur l’île.

Qu’ils soient posés au bord de la mer, au milieu des palmiers ou aux pieds des volcans, voici une liste non exhaustive des plus beaux villages de l’île…



El Golfo est un minuscule village (130 habitants) situé sur le littoral ouest de l’île. Ses petites maisons blanches sont posées sur une coulée de lave séchée.

Au fond, El Golfo
El Golfo

Pour être honnête, c’est non pas le village en lui-même qui est une pure merveille, mais plutôt la nature qui l’entoure.

Le principal site à voir s’appelle El Charco de los Clicos. Quand on y arrive, il y a tout d’abord un parking pour garer la voiture, au bout duquel on découvre le mirador El Golfo. Il permet d’admirer la plage du même nom, constituée de sable noir volcanique.

La plage El Golfo vue depuis le mirador

Puis on emprunte un petit sentier qui domine la mer et au bout d’une poignée de minutes de marche pas difficile, on arrive au clou du spectacle : la lagune verte de Charco de los Clicos.

Charco de los Clicos : el Lago Verde

Elle a été colonisée au fil du temps par des algues, ce sont elles qui lui donnent cette couleur verte. C’est pour voir ce site que viennent les touristes.

El Lago Verde

Résider dans le village une ou deux nuits présente l’avantage de pouvoir rayonner dans toute la partie sud-ouest de l’île pour la visiter.

Les principaux sites à découvrir dans ce coin de Lanzarote sont les volcans du parc national de Timanfaya (attention, il faut réserver), les salines de Janubio ou encore le site naturel et volcanique de Los Hervideros.

Los Hervideros

Une fois dans le village, à part visiter les alentours et se baigner sur les plages d’origine volcanique, il n’y a plus qu’une seule activité : la gastronomie !

Les restaurants ont tous les pieds dans l’eau. Ils sont alignés sur le front de mer, plein ouest, c’est-à-dire face au coucher du soleil.

Les terrasses face à la mer sont extrêmement agréables et convoitées.

Nous avons testé le restaurant Bogavente et nous le recommandons fortement : terrasse exceptionnelle, cuisine délicieuse, service sympa, prix contenus (20 à 40 euros le repas complet). Du coup, le rapport qualité-prix est excellent.

Sangria au resto Bogavente
Le resto Bogavente


El Golfo est situé dans le sud-ouest de l’île : à 15 minutes de Playa Blanca, à 25 minutes de Puerto del Carmen, à 30 minutes d’Arrecife et de Teguise.



Femés est un tout petit village (200 habitants) posé dans le sud de l’île, à 360 mètres d’altitude. C’est un village qui n’a pas encore été gagné par l’agitation touristique. Il respire la douceur de vivre et s’adresse donc aux voyageurs en quête de calme.

Il compte deux attractions principales : son belvédère et son église.

Situé sur un col, le belvédère est le site incontournable du village, car il offre une jolie vue sur le massif de Los Ajaches (lire plus bas), avec l’océan en toile de fond.

La vue depuis Femés

Quand la visibilité est bonne, on peut apercevoir au loin l’île de Fuerteventura.

Le village est également connu pour son église San Marcial de Rubicón, d’architecture typiquement canarienne, et qui jouxte le belvédère.

L’église San Marcial Rubicón

Femés est situé dans le sud de l’île, à l’intérieur des terres et non pas sur la côte.

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Tout autour de Femés se trouve un grand massif volcanique aride, Los Ajaches. Il abrite notamment des grottes et des gravures.

Los Ajaches et la route qui monte à Femés

On peut découvrir ce massif réputé en faisant le trek qui le traverse :

  • Distance : 11 km en boucle
  • Dénivelé positif : 600 m
  • Difficulté : moyenne

Plus d’infos (notamment la trace GPX) sur le joli blog de rando Vents et voyages.



Réputé pour son calme et sa douceur de vivre, Arrieta est un petit village côtier qui a une âme. Peu touristique en dehors de la saison estivale, sa situation est idéale pour s’y poser quelques jours : cela permet de rayonner dans tout le nord de l’île, qui ne manque pas de sites intéressants à visiter. Avec ses plages agréables et ses excellents restaurants, ce charmant petit village constitue une halte incontournable.

Souvent appelée le chalet Juanita en français, cette bâtisse singulière est à Arrieta ce que la tour Eiffel est à Paris ! C’est-à-dire son symbole.

La Casa Juanita, sa plage et sa piscine naturelle

Derrière cette étrange maison colorée se cache une histoire tragique, celle de la petite Juanita.

Casa Juanita

Atteinte de tuberculose au début du XXe siècle, ses médecins préconisèrent une cure en bord de mer. Ils pensaient que respirer abondamment l’iode marin aurait des conséquences favorables sur sa santé.

Casa Juanita

En 1916, ses parents fortunés lui firent donc construire en bord de mer cette demeure qui porte son nom. Pour l’architecture, ils s’inspirèrent tout simplement de la maison de sa poupée.

Malheureusement, cinq ans plus tard, la maladie finit par emporter Juanita à l’âge de dix-sept ans. Elle fut enterrée dans le village voisin de Haría, où elle repose toujours.

Casa Juanita

Aujourd’hui, la maison appartient à une famille d’Arrecife qui, paraît-il, la loue de temps en temps…


Lorsqu’on arrive à Arrieta par le sud, la première vision que l’on a du village est celle de sa longue plage de sable fin faisant face à l’océan. C’est la plage de la Garita.

La plage de la Garita borde le village d’Arrieta

Avec ses huit cents mètres de long, elle est réputée assez calme car elle est abritée des vents dominants qui soufflent sur l’île. L’océan s’y déchaîne donc rarement.

Tout au bout de la plage, côté village, il y a une jetée très prisée des enfants et des ados car elle offre la possibilité de faire des plongeons dans la mer.

La Garita

Le climat étant doux tout au long de l’année à Lanzarote, on peut se baigner à la Garita à n’importe quelle période, comme partout sur l’île.


Située aux pieds de la fameuse Casa Juanita, cette plage est déjà toute petite mais en plus, elle subit un peu la variation des marées. L’eau y est extrêmement calme puisqu’une digue, prolongée par une rangée de gros rochers, ferme quasiment l’accès à la mer. C’est ce qui fait de cet endroit une jolie petite piscine naturelle, particulièrement adaptée aux familles.

La petite plage de Casa Juanita et sa piscine naturelle

Acculé entre les volcans et l’océan, Arrieta est un petit village de pêcheurs qui fut construit sur une coulée de lave.

Arrieta les pieds dans l’eau

L’un de ses gros points forts, c’est qu’il est peu touristique, en dehors de la saison estivale. On peut donc s’y balader en toute tranquillité, et cette découverte du village à pied est rapide : en prenant son temps, la balade dure une quinzaine de minutes.

Chaque matin, les pêcheurs partent en mer et à leur retour, on peut voir les restaurateurs du village venir s’approvisionner avec la pêche du jour. De la mer à l’assiette, ici, la fraîcheur est garantie.

La rue principale est justement colonisée par une dizaines de restaurants, dont certains sont réputés. La plupart d’entre eux offrent une terrasse face à la mer.

En faisant un court détour en direction de l’intérieur des terres, on peut visiter le musée de l’aloe vera, à l’entrée du village.

Il y en a trois autres identiques sur l’île (à Punta Mujeres, Yaiza et Teguise, ainsi qu’un dernier sur l’île voisine de la Graciosa).

Le musée de l’aloe vera d’Arrieta



S’il n’y a plus de places dans les petites rues à proximité, on peut se garer sur le parking qui fait face à la mer et à la Casa Juanita, dans une sorte de terrain vague.

A trente mètres de la jetée qui fait face à la Casa Juanita se trouve le minuscule restaurant El Pisquito.

Il ne comporte pas de salle : on mange exclusivement dehors, sur une petite terrasse qui domine la mer. Les prix sont bon marché, la nourriture délicieuse, le personnel adorable.

La petite adresse parfaite, à tel point qu’elle est vite devenue notre cantine.

Attention : il vaut mieux réserver, y compris en basse saison. A défaut, il y a d’autres restaurants à proximité..

Le resto el Pisquito


Là aussi, la plage est dotée d’un vaste parking naturel.

La plage de la Garita est dotée de WC et de douches.

La Casa de la Playa est un restaurant très agréable, posé sur la plage.

La nourriture y est délicieuse, les prix très corrects et la vue sur la mer parfaite.

La Casa de la Playa

Possibilité de ramener une foule de cadeaux et de souvenirs, dérivés non seulement de cette plante, mais aussi des roches volcaniques, de la vigne etc.

L’entrée est gratuite.

Le site internet : musée de l’aloe vera.


Les sites intéressants à visiter, voire incontournables, ne manquent pas dans le nord de l’île.

Depuis Arrieta, voici les temps approximatifs de trajets :

  • Cueva de los Verdes et Jameos del Agua : 7 minutes.
  • Mirador del Rio : 15 minutes.
  • Haria : 10 minutes.
  • Jardin de cactus : 8 minutes.



Posé sur les roches volcaniques en bord de mer, Punta Mujeres est un tout petit village agréable à visiter.

Il a su préserver son côté authentique malgré le tourisme, grâce à ses maisons blanches et son petit port de pêche.

Mais ce qui en a surtout fait la réputation, ce sont les nombreuses piscines naturelles qui pullulent sur son front de mer, perdues au milieu de petites criques.

Piscine naturelle à marée basse, à Punta Mujeres

Elles s’étendent sur le littoral sur deux kilomètres de long. Elles sont très prisées à longueur d’année, notamment quand la mer est agitée.

La principale curiosité de Punta Mujeres, c’est sa fameuse maison fleurie, Casa Carmelina, située en bord de mer.

Casa Carmelina

Elle n’a rien d’exceptionnel et pourtant, tout le monde vient la voir et la photographier !

Les petites criques du centre-ville !

Punta Mujeres est située complètement dans le nord de l’île.

Elle est proche de Haria (une douzaine de minutes).

Mais à cause de cette position excentrée, toutes les autres villes sont relativement éloignées : Teguise et Costa Teguise à 20-25 minutes, Playa Blanca à une heure…

Inutile de chercher à vous garer sur le front de mer, c’est impossible. Il faut laisser la voiture, soit dans les petites ruelles, où les places sont rares, soit sur la route qui longe le village, à l’opposé de la côte. Là, on se gare très facilement, et il suffit de deux minutes de marche pour rejoindre le front de mer.

L’impressionnant tunnel de lave dans lequel sont situés deux des sites les plus connus de Lanzarote, Los Jameos del Agua et La Cueva de los Verdes, est situé à trois kilomètres seulement de Punta Mujeres.

Le fameux jardin de cactus est à une dizaine de minutes à peine, et le mirador del Rio à quinze minutes.

Le village peut donc servir de point de chute pour rayonner dans le nord de l’île et visiter les principaux sites touristiques du coin.

La Cueva de los Verdes

Haría est un petit village de 1200 habitants, qui perpétue le mode de vie traditionnel des locaux. Il est situé au beau milieu de la vallée des Mille Palmiers (Las Mil Palmeras), sorte d’oasis en plein milieu de terres volcaniques. En toile de fond se dresse le fameux cratère de La Corona.

Haría

Perché dans les terres montagneuses du nord de Lanzarote, son atmosphère change radicalement de celle des villages côtiers de l’île.

Une ruelle de Haría

Haría est réputé pour son marché artisanal, Haría Artesanal, qui a lieu chaque samedi matin dans un cadre ombragé très agréable, sur la place principale du village et aux pieds de l’église. Le but est de promouvoir l’artisanat local ainsi que l’agriculture biologique.

Pour obtenir un stand, les commerçants ont l’obligation de proposer à la vente des produits fabriqués, cultivés ou élevés localement : légumes bio, fromage de chèvre, bijoux, produits de beauté, soins du corps…

Si vous cherchez des idées de cadeaux à ramener, c’est donc l’endroit idéal mais n’oubliez pas : le marché n’a lieu qu’une seule fois par semaine, le samedi (de 10h00 à 14h00).

Haría : le marché artisanal

A noter qu’à proximité du village, sur la route LZ-10 se trouve le mirador de Haría, où l’on peut marcher au-dessus du vide sur deux passerelles en verre.

C’est la dernière maison de l’artiste, celle où il vécut jusqu’à sa mort. C’était une maison agricole en ruine, qu’il rénova en faisant cohabiter l’architecture traditionnelle et l’architecture moderne.

Il privilégia le confort, et cette harmonie avec la nature qui lui était si chère.

La maison donne l’impression d’être encore habitée, avec la présence de nombreux effets personnels comme des ustensiles de cuisine, ou encore la garde-robe bigarrée de l’artiste.

A l’extérieur, on chemine d’abord le long d’une jolie piscine donnant sur des volcans, puis on suit un chemin de cendres volcaniques, sous les palmiers, qui mène à l’atelier du maître.

L’atelier de l’artiste, avec sa silhouette au fond.

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Caleta de Famara est un petit village sur fond de volcans, composé de maisons dont la blancheur tranche avec les couleurs sombres de la couche de lave sur laquelle il est posé.

Caleta de Famara

Le village a les pieds dans l’eau. Il marque l’extrémité sud de la plage de Famara, longue de cinq kilomètres, qui s’étire jusqu’aux falaises vertigineuses du Risco de Famara.

Le Risco de Famara

Cette plage est réputée attirer les surfers du monde entier, grâce au vent qui y souffle fréquemment. Il ne souffle pas forcément très fort mais lorsque c’est le cas, on peut poser la serviette dans l’un des nombreux abris semi-circulaires de pierres conçus à cet effet. Indéniablement, cette plage a un certain cachet.

La playa de Famara

A quelques encablures de la plage, au large, émerge l’archipel de Chinijo, dont l’île la plus connue est la fameuse Graciosa. La zone comprend une vaste réserve naturelle protégée de 700 kilomètres carrés.

La Graciosa

Caleta de Famara est également réputé pour ses couchers de soleil, puisque c’est l’un des rares villages de l’île à être orienté plein ouest.

Dans cette extrémité nord de l’île, il y a notamment trois sites majeurs à découvrir :

  • Le mirador del Rio, qui offre de superbes vues sur les paysages de l’île et sur la Graciosa.

  • La Cueva de los Verdes et Jameos del Agua, tous deux situés dans un impressionnant tunnel de lave.

  • Parking

Si vous venez à la journée, vous pouvez vous garer avant l’entrée nord du village, sur le bord de la route, le long de la longue plage de Famara.

Au fond, le village de Caleta de Famara

Si vous venez pour le surf, le windsurf, le kitesurf ou autres sports de glisse, alors vous trouverez une étonnante concentration de surfs shops à Caleta de Famara : il y en a trois en tout, ce qui est énorme pour un petit village de mille habitants seulement. Vous devriez y trouver à peu près tout ce dont vous avez besoin…



Après la colonisation de Lanzarote en 1402, Teguise devint la capitale de l’île. Aujourd’hui, c’est la plus ancienne ville de Lanzarote, et la deuxième de tout l’archipel des Canaries (après Betancuria, la ville historique de Fuerteventura). Elle constitue donc un superbe témoignage du passé historique et colonial de l’île.

L’église Nuestra Señora de Guadalupe

Le centre névralgique de Teguise, c’est la Plaza de la Constitución, en plein cœur de la ville. L’église Nuestra Señora de Guadalupe fait face au Palacio Spinola, lequel abrite le fameux musée du Timble, cet instrument à cordes typique des Canaries.

Le Palacio Spinola

Si le centre historique est animé, il suffit de s’en éloigner un peu pour se retrouver très vite dans de jolies petites ruelles bordées de maisons blanches, et aux boiseries colorées.

Teguise est située dans le centre de Lanzarote, légèrement au nord-est.

En réalité, c’est plus une petite ville qu’un véritable village, mais Teguise à su garder une dimension humaine qui fait tout son charme.

On peut profiter d’une escale dans l’ancienne capitale de Lanzarote pour rayonner dans cette région de l’île.

Les deux principaux sites à visiter alentour sont :

Le jardin de cactus (à 12 km)

Stratified City (à 8 km) : lire l’article

La bonne adresse : la galerie Arte – Ceramica

Il y a également un petit atelier d’artiste à 5 km à peine, dans le minuscule village de Teseguite. Il s’agit de la galerie-atelier Guttenberger-Schultz, encore appelée galerie Arte – Ceramica.

L’entrée de l’atelier

Elle est tenue et alimentée en œuvres par la peintre Anneliese Guttenberger et son mari, le céramiste Stefan Schultz. L’ensemble est présenté avec beaucoup de goût.

Si vous cherchez des souvenirs à ramener de votre voyage à Lanzarote ou des cadeaux à faire à vos proches, alors c’est l’endroit idéal, dont le raffinement change radicalement des boutiques de souvenirs classiques.

Pour plus d’infos : galerie Arte – Ceramica.



Avec 300 habitants seulement, Órzola est un petit village de pêcheurs calme.

Tous les jours en fin d’après-midi, les bateaux rentrent au port pour y décharger leur pêche du jour. Un moment à ne pas rater si vous êtes sur place.

Situé tout au nord de Lanzarote, il ne s’y passe pas grand-chose d’autre, à part le va-et-vient des ferries pour l’île voisine de La Graciosa. En effet, la plupart des touristes qui se rendent à Órzola n’y viennent que pour effectuer cette traversée.

Órzola peut donc constituer un bon point de chute, notamment pour ceux qui font l’aller-retour vers la Graciosa dans la journée : dormir dans ce petit village permet de prendre le premier bateau du jour à l’aller et le dernier au retour, tout en étant sur place.

Deux compagnies maritimes effectuent cette liaison en ferry plusieurs fois par jour, et on peut réserver les billets sur leur site : Lineas Romero et Biosfera Express.

On peut également se les procurer aux guichets sur place, à Órzola, sur le front de mer : ils sont immanquables.

La traversée :

  • Durée : 25 minutes.

  • Prix : 29 euros par adulte (aller-retour).

Seuls les piétons sont admis à bord. En effet, quelques rares véhicules seulement sont autorisés à circuler sur La Graciosa. On peut donc la visiter soit à pied (elle mesure quand même 8 kilomètres de long sur 4 kilomètres de large), ou en taxi 4×4.

En plus de la visite de La Graciosa, il y a essentiellement trois sites réputés à visiter non loin d’Órzola :

El Mirador del Rio

La Cueva de los Verdes

Jameos del Agua


Les plus beaux villages de Lanzarote


Ailleurs sur Lanzarote




Profitez d’un village calme et pittoresque : Arrieta (Lanzarote)

Maisons blanches du village d'Arrieta sur une coulée de lave face à la mer, volcans en arrière-plan

Réputé pour son calme et sa douceur de vivre, Arrieta est un petit village côtier qui a une âme. Peu touristique en dehors de la saison estivale, sa situation est idéale pour s’y poser quelques jours : cela permet de rayonner dans tout le nord de l’île, qui ne manque pas de sites intéressants à visiter. Avec ses plages agréables et ses excellents restaurants, ce charmant petit village constitue une halte incontournable.



Souvent appelée le chalet Juanita en français, cette bâtisse singulière est à Arrieta ce que la tour Eiffel est à Paris ! C’est-à-dire son symbole.

La Casa Juanita, sa plage et sa piscine naturelle

Derrière cette étrange maison colorée se cache une histoire tragique, celle de la petite Juanita.

Casa Juanita

Atteinte de tuberculose au début du XXe siècle, ses médecins préconisèrent une cure en bord de mer. Ils pensaient que respirer abondamment l’iode marin aurait des conséquences favorables sur sa santé.

Casa Juanita

En 1916, ses parents fortunés lui firent donc construire en bord de mer cette demeure qui porte son nom. Pour l’architecture, ils s’inspirèrent tout simplement de la maison de sa poupée.

Malheureusement, cinq ans plus tard, la maladie finit par emporter Juanita à l’âge de dix-sept ans. Elle fut enterrée dans le village voisin de Haría, où elle repose toujours.

Casa Juanita

Aujourd’hui, la maison appartient à une famille d’Arrecife qui, paraît-il, la loue de temps en temps…


Lorsqu’on arrive à Arrieta par le sud, la première vision que l’on a du village est celle de sa longue plage de sable fin faisant face à l’océan. C’est la plage de la Garita.

La plage de la Garita borde le village d’Arrieta

Avec ses huit cents mètres de long, elle est réputée assez calme car elle est abritée des vents dominants qui soufflent sur l’île. L’océan s’y déchaîne donc rarement.

Tout au bout de la plage, côté village, il y a une jetée très prisée des enfants et des ados car elle offre la possibilité de faire des plongeons dans la mer.

La Garita

Le climat étant doux tout au long de l’année à Lanzarote, on peut se baigner à la Garita à n’importe quelle période, comme partout sur l’île.


Située aux pieds de la fameuse Casa Juanita, cette plage est déjà toute petite mais en plus, elle subit un peu la variation des marées. L’eau y est extrêmement calme puisqu’une digue, prolongée par une rangée de gros rochers, ferme quasiment l’accès à la mer. C’est ce qui fait de cet endroit une jolie petite piscine naturelle, particulièrement adaptée aux familles.

La petite plage de Casa Juanita et sa piscine naturelle

Acculé entre les volcans et l’océan, Arrieta est un petit village de pêcheurs qui fut construit sur une coulée de lave.

Arrieta les pieds dans l’eau

L’un de ses gros points forts, c’est qu’il est peu touristique, en dehors de la saison estivale.

On peut donc s’y balader en toute tranquillité, et cette découverte du village à pied est rapide : en prenant son temps, la balade dure une quinzaine de minutes.

Elle démarre de l’une des deux extrémités du village, c’est-à-dire soit de la plage de la Casa Juanita, soit celle de la Garita. Dans les deux cas, il y a un parking naturel pour garer la voiture.

Arrieta

Chaque matin, les pêcheurs partent en mer et à leur retour, on peut voir les restaurateurs du village venir s’approvisionner avec la pêche du jour. De la mer à l’assiette, ici, la fraîcheur est garantie.

La rue principale est justement colonisée par une dizaines de restaurants, dont certains sont réputés. La plupart d’entre eux offrent une terrasse face à la mer.

Il y a aussi la possibilité de flâner dans ces jolies petites ruelles qui font le charme d’Arrieta.

En faisant un court détour en direction de l’intérieur des terres, on peut visiter le musée de l’aloe vera, à l’entrée du village.

Il y en a trois autres identiques sur l’île (à Punta Mujeres, Yaiza et Teguise, ainsi qu’un dernier sur l’île voisine de la Graciosa).

Le musée de l’aloe vera d’Arrieta

La balade se termine à la plage de la Garita ou à celle de Casa Juanita, en fonction du sens choisi.

La petite piscine naturelle de Casa Juanita, sur fond de volcans


S’il n’y a plus de places dans les petites rues à proximité, on peut se garer sur le parking qui fait face à la mer et à la Casa Juanita, dans une sorte de terrain vague.

A trente mètres de la jetée qui fait face à la Casa Juanita se trouve le minuscule restaurant El Pisquito.

Il ne comporte pas de salle : on mange exclusivement dehors, sur une petite terrasse qui domine la mer. Les prix sont bon marché, la nourriture délicieuse, le personnel adorable.

La petite adresse parfaite, à tel point qu’elle est vite devenue notre cantine.

Attention : il vaut mieux réserver, y compris en basse saison. Sinon, il y a d’autres restaurants à proximité..

Le resto el Pisquito


Là aussi, la plage est dotée d’un vaste parking naturel.

La plage de la Garita est dotée de WC et de douches.

La Casa de la Playa est un restaurant très agréable, posé sur la plage.

La nourriture y est délicieuse, les prix très corrects et la vue sur la mer parfaite.

La Casa de la Playa

Possibilité de ramener une foule de cadeaux et de souvenirs, dérivés non seulement de cette plante, mais aussi des roches volcaniques, de la vigne etc.

L’entrée est gratuite.

Le site internet : musée de l’aloe vera.


Si vous souhaitez photographier le coucher du soleil ou dîner face à lui, vous êtes du mauvais côté de l’île ! Ici, le soleil se lève derrière la mer mais se couche à l’opposé, derrière les volcans.


Les sites intéressants ne manquent pas dans le nord de l’île.

Depuis Arrieta, voici les temps approximatifs de trajets :

  • Cueva de los Verdes et Jameos del Agua : 7 minutes.
  • Mirador del Rio : 15 minutes.
  • Haria : 10 minutes.
  • Jardin de cactus : 8 minutes.


Arrieta est un petit village de pêcheurs authentique, avec beaucoup de charme et qui se visite paisiblement. Idéalement placé, il permet en plus de découvrir les principaux sites touristiques du nord de l’île. C’est donc un village à ne pas rater.






L’île de Paros (Grèce, Cyclades)

Parmi les plus jolies îles des Cyclades, Paros n’est pas la plus réputée… et tant mieux car la conséquence, c’est qu’elle est beaucoup moins fréquentée que certaines de ses voisines, lesquelles sont prises d’assaut. On peut donc y découvrir les plus belles plages, des villages blancs pittoresques et de magnifiques paysages sans la frénésie touristique qui règne ailleurs dans les Cyclades.

A découvrir aussi dans les alentours, l’île d’Antiparos et pour finir, petite escapade à Athènes.


  1. L’île de Paros
  2. L’île d’Antiparos
  3. Athènes
  4. Infos pratiques


Il y a tellement de choses à faire et à voir à Paros : des plages bien sûr, des petits villages pittoresques, diverses activités nautiques, sans compter une multitude d’églises orthodoxes dans toute leur splendeur. Du coup, c’est un petit paradis pour les visiteurs comme pour les amateurs de photos…

L’église d’Agkeria


Vu la forte chaleur qui nous tombe dessus en ce mois de juillet, la première urgence en débarquant à Paros consiste à trouver… une plage ! Rien de très culturel certes, mais le summum du point de vue pratique. C’est à la sortie du petit village d’Aliki, au sud-ouest de l’île, que nous trouvons rapidement notre bonheur.

Piso Aliki Beach

Nous ne le savons pas encore mais cette plage est si agréable, notamment grâce à l’ombre des petits arbres qui ont poussé tout au bout, qu’elle deviendra notre repaire jusqu’à la fin du séjour.

A son extrémité, les rochers forment un récif naturel qui permet de faire du snorkeling.

En marchant un peu dans les rochers, on se rend compte que cette plage d’apparence sauvage est située juste à la sortie du village.

Aliki

De là, il n’y a que quelques pas à faire pour découvrir notre première petite église grecque, qui trône sereinement face à la mer. Comme sortie de messe, il doit y avoir pire.

L’église Saint-Nicholas

Paros est extrêmement réputée pour son marbre blanc, qui est le plus translucide qui existe. C’est avec lui que furent sculptés bon nombre de chefs-d’œuvre antiques, dont la Vénus de Milo. Idem pour le tombeau de Napoléon.

Au fil des jours, nous allons faire le tour de cette petite île de 21 kilomètres de long afin d’en découvrir tous les recoins…


Sur la route de Parikia, le littoral est très coloré et sous cette forte chaleur, il est difficile de résister à l’eau translucide qui nous tend les bras.

Les points de vues se succèdent donc, sur cette côte peuplée notamment de moulins fleuris et de petites églises orthodoxes à la blancheur éclatante.

Parikia est le point d’entrée de Paros, puisque c’est dans ce petit port qu’accostent les ferries en provenance du Pirée.

Une ruelle de Parikia

La ville est à la fois agréable et animée sur son front de mer, et calme et pittoresque dans ses ruelles blanches, où vivent paisiblement ses 6000 habitants.

Les ruelles blanches de Parikia

  

Mais la principale richesse de Parikia est son église dite « aux cent portes ». Sa construction fût lancée en 326 par l’empereur Constantin Ier lui-même, quelques années à peine avant que son nom ne passe à la postérité en étant donné à la cité mythique de Byzance : Constantinople.

Il s’agit de la plus ancienne église orthodoxe encore en activité. Le site contient en réalité trois églises, un cloître et le musée byzantin.


Sans transition : la petite île d’Antiparos est située juste en face de Paros, plein ouest.

Au fond : Antiparos

Un couloir d’un petit kilomètre de large sépare les deux îles. Le vent qui vient les fouetter se renforce en les longeant, et lorsqu’il débouche dans ce couloir, il s’y engouffre avec une puissance décuplée.

C’est donc là, sur ce vaste plan d’eau transformé par les fortes rafales de vent en spot de kite-surf, que les passionnés de glisse se donnent rendez-vous. Débutants s’abstenir.

Cette plage de Pounda, à la fois très fréquentée et très colorée, respire la passion du kite.

Pendant que certains préparent leur voile sur le sable, d’autres rivalisent de prouesses à quelques mètres de là, dans l’eau.


Pendant longtemps, la très stricte législation grecque ne permettait de pratiquer la plongée sous-marine que sur quelques sites dans tout le pays. Son application sévère visait pourtant un objectif des plus louables : protéger des pilleurs les innombrables vestiges antiques qui jonchent aujourd’hui encore les fonds marins grecs.

Finalement, c’est assez récemment que cette loi s’est enfin assouplie de sorte qu’aujourd’hui, on puisse plonger normalement à la condition d’être supervisé par une école de plongée. Du coup, ces dernières fleurissent dans tout le pays…

C’est ainsi que j’ai eu la chance de plonger au-dessus des ruines d’un village minoen vieux de quelque 5000 ans. Quelle fabuleuse impression que celle qu’on ressent en palmant paisiblement au-dessus des vestiges de ces maisons antiques noyées. Notre guide de palanquée nous montrera les morceaux d’une amphore cachés sous les restes d’un pan de mur.

Les restes d’une amphore antique

Colonisée par les algues et les coquillages, il n’en reste certes plus grand-chose, mais suffisamment pour que nous laissions vagabonder notre imagination sur tous ces trésors antiques qui se cachent toujours au fond de la Mer Égée…

La suite de la plongée nous permet d’observer la faune méditerranéenne habituelle.

Cigale de mer

Vers de feu

Tout au nord de l’île au fond d’une grande baie, s’étale la jolie petite ville blanche de Naoussa.

Longtemps cantonnée au statut de paisible port de pêche, elle s’est transformée au fil des années en destination touristique en vogue, à tel point que certaines célébrités ont fini par en faire leur lieu de villégiature préféré : Stéphane Bern ou encore Nikos Aliagas, pour ne citer qu’eux.

Outre quelques petits musées et les plages alentour, la principale attraction de la ville réside dans son front de mer qui donne sur le port.

Les quais font face à la multitude de restaurants qui animent ce front de mer, et les pêcheurs n’ont donc qu’à traverser la rue pour vendre aux restaurateurs leurs produits tout juste sortis de l’eau.


Longue de douze kilomètres et assez sauvage, cette petite île est particulièrement calme. Son pourtour est agrémenté d’une multitude de plages.

Mais son principal attrait touristique est la vaste grotte dont l’entrée est située sur les hauteurs de l’île. Ses dimensions sont impressionnantes puisqu’elle plonge sous terre à plus de cent mètres de profondeur.

Au fil des millénaires, elle s’est fait coloniser lentement mais sûrement par des milliers de stalactites et stalagmites, parmi lesquelles la plus ancienne stalagmite d’Europe, qui atteint l’âge vénérable de 45 millions d’années.

Ce n’est qu’au XVIIème siècle, alors qu’elle était totalement inconnue jusque-là, que cette merveille de la nature fut rendue célèbre : la tenue d’une messe de Noël dans ce décor surréaliste eut un effet retentissant bien au-delà des frontières grecques.


Si notre périple grec est essentiellement axé sur la découverte des Cyclades, c’est parce que l’été n’est pas le meilleur moment pour découvrir Athènes : non seulement la chaleur y est écrasante mais en plus, le nombre de touristes bat des records.

Nous avons donc décidé de passer seulement deux jours dans la Cité d’Athéna, et encore… s’il fait vraiment trop chaud, nous avons prévu un plan B : nous terminerons alors chacune de ces deux journées par un rafraîchissement dans la petite piscine de l’hôtel.

Inutile de dire qu’une fois à Athènes, Victor et Arthur n’ont qu’une seule envie : gravir cette fameuse colline de l’Acropole afin d’en découvrir toutes les richesses dont ils ont l’impression d’avoir toujours entendu parler, dans les livres d’histoire comme dans les dessins animés.

L’été, le bon plan consiste à arriver sur ce fabuleux site antique dès l’ouverture : la forte chaleur ainsi que la foule de touristes n’inondent pas encore les lieux.

La dernière fois que je suis venu à Athènes, le Parthénon était presque laid tellement il était enfoui sous des tonnes d’échafaudages. Il restait alors 18 ans de travaux et j’avais été très frustré à l’époque de ne pas pouvoir l’admirer sans cet habit de ferraille. Aujourd’hui, c’est-à-dire 21 ans plus tard, je me réjouis donc à l’idée de le découvrir enfin dans toute sa splendeur.

Encore raté ! Un vieux panneau confirme que ces travaux ont pris du retard au fil des années. J’essaie donc d’immortaliser comme je peux ce monument mythique aux endroits où il n’y a plus d’échafaudages, plutôt que d’envisager de revenir ici à l’âge de la retraite en espérant que les travaux seront enfin terminés…

Qu’à cela ne tienne, nous allons jeter notre dévolu sur l’autre merveille du site : l’Érechtéion. Car si le Parthénon est bien le symbole mondialement connu de la Grèce Antique, son voisin l’Érechtéion revêt lui aussi une importance majeure : c’est bien lui qui était le véritable sanctuaire de l’Acropole, dédié au culte de la déesse Athéna notamment.

La principale caractéristique de ce temple, ce sont les Caryatides, ces six statues de femmes qui servent de colonnes et semblent avoir la ville à leurs pieds.

Très vite, les flots de touristes commencent à se répandre entre les différentes ruines antiques qui habillent l’Acropole. Nous avons bien profité du site dès son ouverture quand il y avait relativement peu de monde mais maintenant, il est temps de rallier l’étape suivante : l’Agora athénienne.

La Stoa d’Attale dans l’Agora athénienne

Située à deux pas de l’Acropole en contrebas, c’est là que battait le cœur de la cité d’Athènes pendant l’Antiquité. Aujourd’hui, on en visite les ruines dans un vaste écrin de verdure particulièrement agréable. L’Agora romaine est située à deux pas de là.

L’église des Saints-Apôtres (coupole)

Nous terminerons cette visite athénienne par l’un des plus anciens quartiers d’Europe : la Plaka, avec son mélange de vestiges antiques, d’églises byzantines et de bâtiments néoclassiques. C’est dans ce contexte étonnant qu’il est de coutume de flâner, de prendre un verre ou de s’attabler dans l’un des nombreux petits restos qui se font agréablement concurrence.

 


Le réseau de ferries a beau être particulièrement développé en Grèce, il comporte néanmoins un certain nombre d’aléas : d’une part, les horaires varient fréquemment à cause de l’état de la mer, voire des mouvements de grèves. D’autre part, les tarifs sont parfois soumis à certaines modifications.

Pour la ligne Athènes – Paros :

  • Le prix A/R par passager : à partir de 45 euros (105 euros en speedboat)
  • Le prix A/R, voiture et conducteur : à partir de 215 euros (270 en speedboat)
  • La durée : 4 heures (2h40 à 3h00 en speedboat)

Les horaires de toutes les liaisons maritimes grecques sont indiquées sur le site : Greek Ferry Schedules.

Attention : les horaires varient parfois, il faut donc les contrôler régulièrement. Idem pour les changements de quais sans prévenir : ceux qui arrivent sur le quai au dernier moment peuvent rater leur bateau qui se trouve finalement à l’autre bout du Pirée. Il existe bien des navette portuaires mais elles sont souvent pleines à ras-bord.

Pour les tarifs et réservations : Danae Travel.

Bon à savoir : quand on a l’avion du retour à prendre à Athènes, il faut éviter d’attendre le dernier moment pour quitter l’île sur laquelle on se trouve. Car avec l’état de la mer qui peut changer rapidement, on risque de se retrouver avec des retards voire des annulations de bateaux… et donc de rater son avion. L’idée consiste donc à prévoir un ou deux jours de battement par sécurité, et d’en profiter pour visiter Athènes par exemple, ou d’autres sites à proximité. Ça permet d’éviter les mauvaises surprises.


Il y a évidemment beaucoup de possibilités de se loger sur les deux principales villes de l’île, Parikia et Naoussa : appartements, hôtels, campings etc.

Nous avons choisi un hébergement un peu plus en retrait, légèrement dans les terres et avec une vue superbe : Apianes Villas

La vue depuis la terrasse, le matin…

… et le soir.

Situé au-dessus du petit village d’Aliki sur la côte sud, à moins de dix minutes de la mer en voiture ou en scooter, le logement fait partie d’une résidence comprenant quelques appartements, et bénéficie d’une petite piscine commune susceptible de ravir les enfants.


Une fois n’est pas coutume, nous avons logé au Novotel d’Athènes grâce à une promo intéressante. L’hôtel est situé en plein centre-ville et bénéficie d’une vue imprenable sur l’Acropole depuis le toit terrasse, lequel fait aussi office de bar, restaurant et piscine. Après une journée de visite sous un soleil de plomb, quel bonheur de se rafraîchir là avec une telle vue. Novotel Athènes

Le prix : 78 euros par nuit pour 4 personnes fin juillet.

Difficile de résister à une telle offre, d’autant plus que le personnel de l’hôtel s’est avéré d’une rare efficacité pour toutes les demandes de renseignements que nous lui avons adressées.

La vue depuis la terrasse-bar-restaurant-piscine de l’hôtel :

 

Pour les budgets plus modestes, un site intéressant : auberges de jeunesse à Athènes


  • Tarif : 20 euros par adulte (gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes handicapées)
  • Horaires : 8h00-17h00.
  • Bon à savoir : en été, le site est pris d’assaut par une foule de touristes très compacte. Il faut y aller dès l’ouverture pour en profiter pleinement : il y fait bon et il y a peu de monde jusqu’à 9h30. Après, ça se complique…
  • Accès – Outre le taxi : métro ligne 2, bus 1-5-15-40-230






 


 

La Turquie à vélo (suite et fin du périple)

Voici le récit détaillé d’un voyage en Turquie, huitième et dernière étape d’une traversée de l’Europe à vélo, où j’ai prévu de visiter la fameuse Cappadoce. Mais un coup du sort ne me permettra pas de découvrir ce vaste pays comme je l’avais prévu…

En provenance de la Grèce, je décide d’entrer en Turquie non pas par voie terrestre à vélo, mais par la mer en bateau. Je fais donc une courte traversée de la petite île de Nisyros, l’une des plus belles de Grèce, à sa voisine, celle de Kos. C’est de cette dernière que partent les ferries pour la Turquie.

En montant à bord, je me blesse au genou gauche. Inutile de détailler ce sombre souvenir ici car il ne passionnera personne mais si je le mentionne malgré tout, c’est parce qu’il me contraindra à revoir mes plans de visite du pays. Même si dans un premier temps, je me sens en état de continuer à rouler, ce que je fais donc.

En provenance de Kos la grecque, le ferry accoste Bodrum la turque. Cette station balnéaire est plus réputée dans le monde aujourd’hui pour ses plages, son farniente, ses activités nautiques et sa vie nocturne que pour son histoire pourtant riche : c’est ici que naquit Hérodote, ou encore que fut érigé le fameux mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde. Alexandre le Grand, qui passa lui aussi par ici, incendia la cité.

Brochette de bateaux de luxe amarrés à Bodrum

Mais aujourd’hui, c’est surtout grâce à sa situation idéale, au bord de la Mer Égée, que Bodrum attire jusqu’à un demi-million de touristes l’été. Et même si je me retrouve ici au printemps, cette foule, c’est tout ce que je fuis justement depuis le début de mon périple. Alors une chose est sûre : je ne vais pas m’attarder longtemps dans cette ville que je trouve globalement surfaite, à l’exact opposé de l’authenticité que je recherche en voyage. J’y passe juste une nuit, dans une petite pension située à l’écart du centre-ville très fréquenté, pour essayer de reposer un peu mon genou abîmé. Je quitterai cette fourmilière touristique demain matin.

Quelques pierres du mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde, ont servi à construire la forteresse de Bodrum

Après une nuit écourtée par les muezzins du voisinage, je reprends ma route en direction de la Cappadoce. A la sortie de la ville, je croise un couple de sangliers. A mon approche, ils traversent un petit terrain de buissons au milieu des maisons. Je n’imaginais pas voir ces mammifères à groin se balader en toute impunité en pleine ville, dans ce pays dont la population de croyants les abhorre.

La sortie de Bodrum

Une fois sorti de l’ancienne Halicarnasse, mon itinéraire côtier m’offre de jolies vues plongeantes sur la mer. Je comprends alors mieux pourquoi il y a tant de touristes dans les parages.

Les environs de Bodrum

J’arrive assez rapidement sur une quatre-voies. En Turquie, les vélos y sont autorisés, de même que sur les autoroutes. Ici, les poids lourds qui me doublent m’emportent à grande vitesse dans leur sillage, grâce à l’appel d’air qu’ils créent derrière eux. Je me retrouve ainsi à rouler à des vitesses folles, notamment dans les descentes. Je me régale, c’est tellement grisant.

En revanche, il y a quelques portions sur lesquelles la largeur de la bande est très réduite, voire inexistante et dans ces endroits, je me retrouve à rouler avec voitures et camions sur la file de droite. Et ça, ce n’est plus du tout une partie de plaisir. Cela me vaut un ou deux coups de klaxon mais globalement, la cohabitation se passe bien car quasiment aucun véhicule ne me frôle.

Toutefois, je prends vite conscience que sur cette quatre-voies, il n’y a aucun paysage à voir, aucun village à traverser ni aucune rencontre à faire. C’est pourquoi je décide d’en sortir et d’aller voir de plus près à quoi ressemble la Turquie profonde.

Petite route de montagne (sud-ouest de la Turquie)

Dans cette région calme de la Turquie, la petite route de montagne qui défile sous mes pneus est bordée de fleurs. Au contraire de la quatre-voies d’où je viens, les voitures sont rares ici, et le silence règne.

A la sortie de la ville de Milas est posé un paisible lac bleu. Sur ses berges, quelques habitants du coin sont venus poser leur table de camping pour pique-niquer en famille.

Le lac de Milas

Je monterais bien ma tente ici, face à ce joli paysage lacustre mais il y a un peu trop de monde à mon goût. Moi qui aime bien bivouaquer discrètement, je décide de quitter le lac pour planter ma tente quelques kilomètres plus loin.

Après une nuit passée dans le silence des montagnes, j’attaque la journée suivante avec de grosses montées. Bien que pas encore réveillé, mon genou tient toujours le choc.

Au fil de la journée, la chaleur devient de plus en plus intense. A l’entrée d’un village, je m’arrête pour discuter avec un habitant devant son hangar. Il s’appelle Ashkan, il est menuisier et il me fait visiter son atelier.

Ashkan dans son atelier

Sans doute compatissant à la vue de ma tête desséchée par une matinée de pédalage montagneux en plein cagnard, Ashkan envoie son fils Inan m’offrir une grande bouteille d’eau fraîche : à ce moment-là, l’hospitalité turque, dont j’avais déjà entendu parler, devient réalité.

Inan m’offre une grande bouteille d’eau fraîche

Je poursuis ma route mais quand j’arrive dans la ville de Yatagan, mon genou est proche de l’obésité. Pourtant, je n’ai roulé que trente-huit kilomètres aujourd’hui, mais sous un soleil qui m’a fait fondre et surtout, avec près de neuf cents mètres de dénivelé positif. J’ai notamment dû forcer pas mal pour grimper plusieurs pentes entre 10 et 15%, sur mon vélo de 54 kilos. Cet effort de pédalage soutenu voire intense, à l’évidence, mon genou ne l’a pas adoré : il est devenu énorme.

Je décide de m’arrêter dans cette ville inconnue pour reposer mon articulation récalcitrante pendant quelques jours.

J’achète des petits pois surgelés, non pas pour les manger mais pour glacer mon genou, et j’achète une genouillère dans une pharmacie.

Soixante-douze heures plus tard, mon genou n’a pas dégonflé d’un millimètre. Sans entrer dans les détails ici, je décide de mettre un terme à mon périple et de rentrer chez moi. Je ne verrai pas la Cappadoce.

Dans la campagne turque

Afin de ne pas polluer un tel périple, je fais le choix de ne pas céder à la facilité : pour le retour, au lieu de prendre l’avion qui me tend pourtant les bras, j’effectuerai quelques traversées au long cours en bateau, et les liaisons en voitures de location. Quand ce ne sera pas possible, je pédalerai un peu malgré tout. Ce voyage retour me reviendra sensiblement plus cher qu’un aller simple en avion, et il me prendra une douzaine de jours au lieu de trois heures mais au moins, l’esprit de mon périple sera préservé et je pourrai être fier de mon voyage jusqu’au dernier kilomètre.

La mosquée Rüya Gibye

Et pour commencer, comme il n’y a pas de voitures de location ici, à Yatagan (les plus proches se trouvent quarante kilomètres plus loin, à Mugla), je n’ai pas vraiment le choix : je vais devoir retourner à Bodrum à vélo.

La campagne turque, pendant le chemin du retour

Je prends donc le même chemin qu’à l’aller et je repasse devant les mêmes paysages : des forêts verdoyantes, la mer d’un bleu intense…

Après les quelques dizaines de nuits que j’ai eu la chance de passer sous la tente au cours des dernières semaines, c’est maintenant l’heure de mon dernier bivouac.

Avec un dénivelé globalement descendant malgré quelques pentes raides, ma patte folle tiendra le coup jusqu’à Bodrum, d’où je quitterai la Turquie.


Le chemin du retour :

  • Traversée Bodrum (Turquie) – Île de Kos ( Grèce)

L’île de Kos


  • Traversée Kos – Athènes

Athènes


  • Traversée Patras (Grèce) – Ancône ( Italie), après la jonction Athènes – Patras en voiture de location

Ancône


  • Traversée Gênes (Italie) – Barcelone (Espagne), après la jonction Ancône – Gênes en voiture de location

De Gênes à Barcelone


  • Retour à Bordeaux en voiture

La dernière galère de mon périple, malgré une voiture de location neuve : crevaison à Tarrega !


Comme dans tous les pays précédents que j’ai traversés au cours de ce périple de la France à la Turquie, je n’ai pas rencontré le moindre problème de sécurité avec les automobilistes turcs. Je n’ai jamais vraiment croisé de chauffards. Il y a bien eu quelques bolides qui fonçaient sur les quatre-voies limitées à cent dix kilomètres heure, mais ils passaient toujours loin de moi et ne me mettaient donc jamais en danger. Sur les petites routes de campagne et de montagne ainsi que dans les villes et villages, les voitures faisaient là aussi toujours très attention à moi. D’après ce que j’en ai vu, les routes turques m’ont donc paru très sûres pour les cyclistes. Mais le pays est vaste : se comportent-ils aussi bien ailleurs ?…


Les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

L’un des principes de base d’Eurovélo, c’est de toujours prendre en compte la sécurité des usagers. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le réseau Eurovélo

La Turquie est très peu concernée par le réseau Eurovélo. Elle ne compte en effet que deux petites portions d’itinéraires sur son territoire : l’une est située dans la partie européenne du pays (au nord-ouest d’Istanbul), et l’autre se trouve autour d’Izmir. Lien vers le réseau Eurovélo en Turquie

Mais si j’évoque quand même ce vaste réseau cyclable ici, c’est parce que les nombreux itinéraires qu’il comporte à travers le continent peuvent s’avérer utiles pour pédaler jusqu’en Turquie, quel que soit le pays européen d’où l’on vient.


Il est facile de se rendre à Bodrum en bateau depuis la petite île grecque voisine de Kos puisque plusieurs compagnies assurent la traversée. On trouve donc normalement des ferries tous les jours.

Réserver un ferry Kos – Bodrum avec :

Prix : il varie selon la saison et la compagnie mais il tourne autour de 30 euros pour un piéton adulte. Le transport du vélo est gratuit (il serait néanmoins prudent de demander confirmation à l’achat du billet).

Durée : environ 30 minutes.

Attention : si en basse saison on peut en général acheter son billet au dernier moment, en haute saison il est préférable de réserver à l’avance.

Douane : cette traversée inclut un passage de frontière (Grèce – Turquie), ce qui signifie qu’il faut prévoir le temps de passage de la douane. Mais surtout, les voyageurs à vélo s’exposent à la confiscation des couteaux, cartouches de gaz etc. D’après ma propre expérience, les douaniers ne sont pas très regardants : à l’aller, ils m’ont laissé passer sans me contrôler et au retour, ils m’ont contrôlé mais sans rien confisquer. En revanche, lors d’une autre traversée (en Italie), on m’a confisqué toutes mes cartouches de gaz, donc c’est une situation rageante qui peut toujours se produire quand on passe une douane…


Si vous avez eu la chance de séjourner à Nisyros (lire l’article : Nisyros, la plus belle île de Grèce ?…), alors il vous faut faire au préalable la traversée entre Nisyros et Kos avant de rejoindre Bodrum :

Réserver un ferry Nisyros – Kos avec :

Prix : très variable, de moins de 10 euros à près de 20 euros pour un piéton selon la saison, la compagnie, le type de navire etc. Gratuité pour le vélo.

Durée : de 45 mn à 1h45, selon le type de navire.

Fréquence : en basse saison, il n’y a que deux traversées par semaine (à vérifier, cette fréquence pouvant changer).

Attention : en haute saison, il est plus prudent de réserver son billet à l’avance.




Les étapes précédentes :


La Grèce à vélo


Voici le récit détaillé d’un voyage en Grèce, septième étape d’une traversée de l’Europe à vélo. J’ai découvert une Grèce hors des sentiers battus, notamment dans les montagnes du nord, bien loin de la carte postale habituelle représentant des petites églises aux coupoles bleues qui se détachent sur une mer d’azur...

Mon premier bivouac en Grèce, quelques kilomètres après avoir passé la frontière albanaise, se fait en mode camouflage.

Ma tente en mode camouflage



Le lendemain de mon arrivée en Grèce, je rencontre une galère que je n’ai absolument pas anticipée : la soif. Comme tous les matins depuis quarante jours que j’ai quitté la France, je pense que je trouverai bien de l’eau en chemin. Mais au fil des heures, le soleil chauffe de plus en plus et le problème qui se pose, auquel je n’ai pas pensé un seul instant, c’est que mon itinéraire ne me fait pas traverser le moindre village. Car habituellement, je rencontre presque tous les jours des habitants qui acceptent gentiment de remplir mes gourdes, sinon, j’attends de trouver une fontaine sur mon chemin. Mais aujourd’hui, mes bidons sont vides et autour moi, rien ! Pas un village, pas un habitant, pas une fontaine, pas une épicerie. A moins de faire un gros détour, ce que je ne souhaite pas. Bref, je suis à sec.

Personne à des kilomètres à la ronde

Après un bon moment à rouler sans boire une goutte d’eau, une fourgonnette des services de l’autoroute voisine s’arrête à ma hauteur. Le conducteur, avec son gilet jaune de l’autoroute, me demande où je vais, persuadé que je veux emprunter l’autoroute alors que c’est interdit. C’est pourtant hors de question pour moi car l’un des objectifs de mon voyage, c’est justement de fuir les fous du volant, et non pas d’aller passer sous leurs roues. Mais il a du mal à me croire. Au fil de la discussion, je finis par lui demander où je peux acheter de l’eau. Nulle part, me répond-il car ici, on est loin de tout, il n’y a rien. Il retourne remonte brièvement dans sa voiture puis en redescend en me tendant deux petites bouteilles d’eau. Pour lui, ce n’est pas grand-chose mais pour moi, elles ont une valeur inestimable !

Le sauveur de l’autoroute !


Le nord du pays est très peu touristique, a fortiori à cette période de l’année, en avril. Pourtant, je suis étonné par les paysages que je traverse à longueur de journée car ils ne ressemblent en rien aux cartes postales habituelles de la Grèce, représentant la mer et le soleil en plein été. Ici, les paysages sont un mélange d’hiver et de printemps. Les champs sont entièrement recouverts de fleurs, il y en a partout, je n’en ai jamais vu autant. Elles tranchent avec les montagnes encore copieusement enneigées qui s’élèvent en arrière-plan. Mais plus je descends vers le sud, plus la neige disparaît.

Une petite fabricante de miel grecque

Je croise parfois une petite tortue sauvage, sur le bord de la route ou à côté de ma tente, tout juste sortie de son hibernation.

Cette nature sauvage et fleurie est agréable et très propice au bivouac. Pourtant, ce dernier est interdit en Grèce !

Recherche d’un spot de bivouac autour du lac Amvrakia

Si j’ai pris le parti de ne pas respecter cette interdiction, c’est pour plusieurs raisons. Déjà, quand je dors sous la tente, je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets. Ensuite, je bivouaque toujours discrètement, loin des habitations, afin de ne déranger personne. Enfin et surtout, je n’allume mon réchaud que lorsque la végétation est mouillée, ou lorsqu’il n’y en a pas du tout à proximité. Et en prime, quand il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose la tente, je les ramasse et je les emporte avec moi pour les jeter dans la première poubelle que je trouve après avoir levé le camp, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.

Bivouac dans les environs d’Etoliko

Alors bien sûr, ces précautions ne m’autorisent pas pour autant à bivouaquer dans ce pays et j’en suis bien conscient. Mais quitte à ne pas respecter la règlementation, autant le faire proprement et sans déranger personne.

Les lacs constituent souvent des sites parfaits pour poser la tente.

Pêcheurs, sur la rive du lac Amvrakia

Le lac Amvrakia

Non seulement ces paysages lacustres sont agréables mais en plus, le voyageur un peu cradingue peut en profiter pour faire un brin de toilette.

Sur la rive du lac Amvrakia

Après une pause agréable sur les berges du lac Amvrakia, je poursuis ma descente vers le sud. Par chance, l’itinéraire que me propose mon GPS vélo me fait emprunter des petits chemins isolés très agréables, parfois dans les terres, parfois en bord de mer.

Les champs d’orangers et de citronniers son désormais omniprésents dans cette partie du pays. Ils bordent la route sur des dizaines de kilomètres, en alternance avec les plantations d’oliviers.

Champ de fleurs et d’oliviers

Je réalise la chance folle que j’ai de vivre des moments si grisants sur mon vélo, face à ces panoramas naturels bruts.

Au fond, quelques cimes encore enneigées surplombent la mer


Pour rejoindre Athènes, je décide de transiter par Corinthe : ce sera ma dernière étape avant le terminus de mon périple.

Le canal de Corinthe

Cette ville est connue notamment pour son fameux canal, qui relie la mer Ionienne à la mer Égée. Long de six kilomètres, il permet aux navires d’éviter un détour de quatre cents kilomètres tout autour du Péloponnèse.

C’est lorsque de gros navires l’empruntent qu’il devient spectaculaire car leur coque frôle les parois. C’est le spectacle auquel je veux assister. Je rejoins donc l’un des ponts qui franchissent le canal. Trois heures plus tard, toujours rien : pas le moindre rafiot à l’horizon. La nuit commence à tomber quand enfin, j’entends ronronner un moteur de bateau. Ce n’est pas le monstre des mers que j’espérais, mais c’est mieux que rien.

Un petit bateau franchit le canal

Le canal de Corinthe en quelques chiffres :

- 6 km de long

- 25 m de large

- 52 m de hauteur maximale

- 8 m de profondeur

Le soleil se couche sur le canal


Depuis Corinthe, je n’ai plus que soixante-dix kilomètres à pédaler jusqu’à la destination finale de mon périple : Athènes. Totalement euphorique pour avoir réussi à faire ce long périple à la force des mollets, j’y arrive en quelques coups de pédales.

Bilan : Nice - Athènes à vélo

- 3.000 km parcourus

- 26.000 m de dénivelé positif

- 50 jours

- 8 kg perdus !

Là, une semaine de pause m’attend avec ma petite femme, venue spécialement de France. Après l’effort, le réconfort…

Athènes
Le temple de Poséidon, Cap Sounion
Depuis le temple de Poséidon

Après deux mois de pédalage en solitaire, cette semaine de retrouvailles me fait un bien fou. C’est la belle vie pendant une semaine dans un joli petit coin de Grèce, à 70 kilomètres de la capitale.

Mais comme toujours, les vacances ont une fin. Mon périple a été si exaltant que juste avant d’arriver à Athènes, j’ai décidé de ne pas faire demi-tour tout de suite : je vais continuer à rouler un peu, vers la Turquie en l’occurrence puisqu’elle est située juste derrière. Ainsi, pendant que ma femme rentre en France, je reprends le cours de mon périple, mais en le prolongeant jusqu’à ce nouvel objectif : la Turquie. Et pour y aller, j’ai décidé de transiter par une toute petite île grecque méconnue et, paraît-il, somptueuse : Nisyros.


Une ruelle de Mandraki

Il est calme et la plupart de ses ruelles sont trop étroites pour permettre aux voitures d’y accéder. Ce qui laisse une voie royale aux vélos comme le mien…

Une ruelle de Mandraki

Après avoir flâné là un bon moment, je me dirige vers le haut de la colline qui surplombe le village. C’est là que se trouvent les ruines de la ville ancienne de Nisyros, à l’époque où elle était fortifiée. Le site offre une vue d’ensemble sur le village actuel en contrebas, sur la mer et sur les îles voisines.

Mandraki : le village actuel vu depuis le village ancien.

Mais la principale raison de ma venue sur Nisyros, c’est son volcan. Il est situé à l’intérieur de l’île et pour le rejoindre, il faut grimper des côtes très pentues. Sur ma route, je passe d’abord par un autre village, Pali. Il est situé sur la côte.

L’église de Pali

Il s’agit d’un petit village de pêcheurs où le temps s’écoule paisiblement. Sur le quai, je rencontre Mohamed. Il démêle ses filets de pêche. Curieux de croiser un type qui pédale comme un forcené pour avancer sous ce cagnard, il m’invite à monter à bord pour discuter.

Les échanges ne sont pas faciles car il ne parle que grec et moi pas, mais il est agréable et souriant. Il exhibe fièrement devant mon appareil photo sa pêche du jour : deux belles raies et quelques poissons aux couleurs vives.

Mohamed

Avant de bifurquer vers l’intérieur de l’île et son fameux volcan, je longe de longues plages entièrement désertes. Avec leur sable noir, elle ne peuvent nier leurs origines volcaniques.

Les plages à la sortie de Pali

Un peu plus tôt, on m’a expliqué que nombre de migrants qui fuient leur pays, notamment des afghans et des syriens, transitent régulièrement par Nisyros et que souvent, on retrouve leurs effets personnels sur ces plages. Pour moi, cela ne va pas rater : un anorak, une bouée et divers autres témoignages de leur histoire dramatique gisent ici, sur les galets.

Je remonte sur mon vélo en tournant désormais le dos à la mer mais avant de rejoindre le volcan, il y a un dernier site que je voudrais découvrir : le village de Nikia.

Sur les hauteurs de l’île

Pour m’y rendre, je dois faire un petit détour en montant les côtes très raides de l’intérieur de l’île, avec des pentes affichant des pourcentages entre 10 et 15%. Ce ne sont pas mes pires ascensions depuis le début du périple puisque j’ai déjà atteint trois fois la barre folle des 20% mais il faut savoir qu’à partir de 10% de pente, le pédalage en côte devient vraiment difficile avec un vélo de cinquante-quatre kilos.

Mon vélo admire la vue

Avec ce soleil qui tabasse, j’en bave un peu mais heureusement, les vues plongeantes sur la mer constituent ma récompense.

La vue depuis les montagnes

Sur la route de Nikia, je passe devant un premier village perché : Emporios. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants.

Emporios

Peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui fait office de sauna naturel pour les visiteurs, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de Nisyros. En effet, si tout semble normal sur cette île, il se trouve qu’en réalité, rien ne l’est ! Son existence même n’est que le fruit d’une succession d’éruptions volcaniques au fil des millénaires. Actuellement, son sous-sol est encore et toujours bouillant.

Quand j’arrive à Nikia, en haut des montagnes qui dominent la mer, j’ai un véritable coup de foudre.

Nikia

Les minuscules ruelles du village, désertes et colorées, dégagent une indescriptible impression de poésie. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà ressenti pareille sensation.

Une ruelle de Nikia

Elles sont pleines de charme et aucune voiture ne peut les emprunter : seul un vélo peut s’y aventurer tellement elles sont étroites. Et encore…

Dans cette petite bourgade, le clou du spectacle, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays. Impossible de la photographier en entier car elle est en partie occupée par des tables de restaurants, je ne l’immortalise donc qu’à moitié. J’en profite pour m’attabler là afin de m’empiffrer de salades grecques et de boissons fraîches.

Nikia et sa fameuse mosaïque de cailloux au sol

Après avoir pédalé jusqu’ici uniquement dans des montées, l’avantage, c’est que pour rejoindre le volcan en contrebas, il ne me reste plus qu’à redescendre. Idéal pour la digestion.


Quand j’y arrive en fin d’après-midi, il est déjà assez tard : le guichet d’entrée est fermé et le passage est libre. Sur le parking, il n’y a plus qu’une seule voiture. C’est celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Il m’indique que l’entrée est gratuite pour tous ceux qui arrivent ici à pied… ou à vélo ! Mon deux-roues n’ayant pas pollué, je peux entrer gratuitement.

Le cratère Stefanos

Ce volcan est le plus jeune de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située juste en dessous a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.

Au début du petit chemin qui mène tout au fond du cratère, un panneau rappelle que le site est potentiellement dangereux.

Pendant la descente, je savoure le privilège que j’ai de me retrouver entièrement seul sur ce site naturel d’exception.

Le cratère Stephanos, vide de touristes…

Dans ce cratère, les couleurs explosent. Certaines parties des parois ont été jaunies par les dépôts de soufre, alors que d’autres parties ont été rougies par l’oxydation de certaines roches.

Juste avant d’arriver dans le cratère principal, je passe devant Andreas, un cratère beaucoup plus petit.

Andreas, également appelé Mikros Stefanos (le petit Stéphane)

Un peu plus loin arrive le moment que j’attends, celui où je peux enfin fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.

Au fond du cratère

Ici, la terre chauffe, bouillonne, fume et brûle ! L’eau bout en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.

Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante

Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel.

Les fumerolles au fond du cratère

Pour les photos, j’ai de la chance : c’est la fin d’après-midi et le soleil, en déclinant, enrobe le volcan de sa lumière chaude et photogénique.

Les parois soufrées du cratère

Mais le soleil va bientôt se cacher derrière les parois de la caldeira et plonger le volcan dans la pénombre. Je me résous donc à quitter ce lieu magique, sans doute le plus incroyable depuis le début de mon périple, car maintenant il va bien falloir penser à dormir.

Au fond de la caldeira

Et pour ça, mon idée, c’est de trouver un spot de bivouac discret le plus près possible du site. J’en dégote un assez rapidement et je pose ma tente face au volcan : ce soir, je mangerai en admirant les cratères.

Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère

La journée du lendemain commence comme celle de la veille s’est terminée : par la vue sur les cratères et les parois de la caldeira.

Lever de soleil face au volcan

Aujourd’hui, je vais essayer de découvrir les quatre autres cratères. Essayer, car ils sont plus ou moins bien cachés et pas indiqués.

Une fois le camp levé, je reprends mon vélo en direction du volcan.

Lorsque le chemin devient impraticable pour mon vélo, je l’abandonne sur le bord pour continuer à pied. Personne ne viendra ici pour me le prendre, surtout que tout le monde est arrivé ici en voiture. Alors repartir sur un vélo tout poussiéreux et qui pèse un âne mort, c’est peu probable…

Le petit chemin qui mène à Polyvotis

Tout au bout du sentier, je débouche sur le cratère Megalos Polyvotis. Avec sa profusion de couleurs, on dirait un tableau de maître : les parois du cratère sont jaunes, celles de la caldeira qui le surplombe sont ocres. Quelques tâches verdâtres de végétation et un ciel profondément bleu complètent le paysage.

Le cratère Megalos Polyvotis

Il n’est pas possible de descendre au fond. Le lieu dégage une impression de gigantisme face auquel je me sens minuscule.

Descente à pied vers Megalos Polyvotis

Son petit voisin, Mikros Polyvotis, est moins impressionnant mais dans celui-là, je peux descendre au fond et me balader au milieu de quelques fumerolles.

Le cratère Mikros Polyvotis

Après les deux cratères Stefanos hier, le grand et le petit, et les deux cratères Polyvotis ce matin, il ne me reste plus que les deux derniers cratères du volcan à découvrir : Alexandre et Logothetis. Mais ils ne sont indiqués nulle part. Je me dirige donc vers ce qui me semble être les parois d’un cratère.

Direction les deux derniers cratères

Je passe d’abord devant une multitude de petites bouches de souffre fumantes.

Depuis cet endroit, je domine la plaine de Lakki, le fond plat de la caldeira, avec une vue à 180°.

Sitôt passée cette zone fumante de souffre, je me retrouve sur la paroi du cratère, nue. Là, tout de suite, mes pas résonnent. Je frappe le sol du pied pour vérifier et aussitôt, il tremblote. Ce qui signifie que sous mes pieds, le sol est creux et pas forcément très solide ! Au vu des fumerolles présentes tout autour, je sais pertinemment qu’en dessous de moi, le sous-sol atteint des températures bouillantes. Ne m’appelant pas Mike Horn, je fais immédiatement demi-tour.

Je ne pourrai donc pas observer de plus près les deux derniers cratères mais tant pis, ce n’est pas bien grave car j’en ai déjà pris plein les yeux avec les quatre autres. Je redescends tranquillement au milieu des éboulis de pierres colorées.

Depuis hier, je suis fasciné par ce site qui est une démonstration de ce que peuvent faire les forces de la nature lorsqu’elles se déchaînent. Je passe donc le reste de la journée à errer à vélo au fond de cette caldeira où je me plais tant. Le soir venu, je pose ma tente à l’opposé du volcan, dans un petit champ ou paissent quelques vaches.

Dernier bivouac dans la caldeira

Elles ont beau être pacifiques, cela ne les empêchera pas de transpercer la nuit par quelques beuglements. Au réveil, je reprends ma route, qui commence par la montée des parois de la caldeira.

Vue sur le fond de la caldeira avec le volcan en arrière-plan

Tout en pédalant, je surveille les chèvres qui se baladent telles des équilibristes sur les parois abruptes de la caldeira au-dessus de ma tête, car elles projettent régulièrement des cailloux sur ma route.

Mais le pire, ce sont les chutes de pierres, qui sont fréquentes par ici et si les plus petites parviennent souvent à atteindre le bitume, les plus grosses, heureusement, sont bloquées par des protections.

Chutes de pierres

Pour redescendre vers Mandraki, le principal village de Nisyros, je traverse à nouveau les paysages typiques de l’île, qui plongent inlassablement dans la Grande Bleue.


Mon dernier objectif sur cette île qui ne cesse de m’enchanter depuis que j’ai posé les pieds dessus, c’est de photographier Mandraki sous la belle lumière du crépuscule, car ce petit village m’avait paru photogénique le jour de mon arrivée. Je me rends donc au petit monastère Panagia Spiliani qui domine le village.

Avec le pope
Le monastère Panagia Spiliani

Je profite du soleil rougeoyant puis de la nuit qui tombe pour faire les images pour lesquelles je suis monté jusqu’ici.

Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki

C’était mon dernier jour sur Nisyros. Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan coloré, cette petite île au côté enchanteur m’aura marqué. Après la petite île croate de Pag et l’Albanie tout entière, Nisyros constitue le troisième gros coup de cœur de mon périple.

J’en ai fini maintenant avec la Grèce. Demain, je prendrai un bateau pour la Turquie, où rien ne se passera comme prévu. Hélas…


Encore quelques images de la Grèce avant les infos pratiques…


Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, les visiteurs se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ. En effet, la plupart d’entre eux viennent à la journée seulement, en provenance des îles voisines de Kos et Rhodes.

Idéalement, il faut donc se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :

  • Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;

  • Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.

Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.

Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).


L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).

Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !


  • Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.

  • L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.


  • Il y a un parking pour garer la voiture

  • Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).


Elle coûte 40 euros par adulte et 20 euros par enfant (2 à 12 ans) : excursion Nisyros depuis Kos.

Cette excursion inclut une brève visite du village de Mandraki.

Le prix d’entrée dans le volcan (5 euros), le repas du midi et les boissons ne sont pas inclus.


Si vous êtes curieux, voici un site Internet à ne pas rater : le site géoparc de Nisyros.

Tout y est : carte interactive, cratères, chemins de randos, biodiversité, mais également l’histoire de l’île et de ses habitants…


  • En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.

La vue depuis le Romantzo Hotel
La terrasse des chambres

Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.


Je dois commencer par préciser que la Trans-Dinarica… ne passe pas par la Grèce ! Elle traverse les pays des Balkans situés juste au-dessus de la Grèce mais si je l’évoque quand même dans cet article, c’est parce que les cyclo-voyageurs se rendant en Grèce transitent le plus souvent par les Balkans. Alors, si les infos suivantes peuvent vous aider à trouver un bel itinéraire…

La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans-Dinarica en Croatie

Il passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Bivouac sur le parcours de la Trans-Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre le sens de l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans-Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans-Dinarica mais sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)

La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans-Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit de se connecter au site officiel : Trans-Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est exceptionnel.

On peut se procurer le pack pour les huit pays à un tarif avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans-Dinarica.

L’itinéraire de la Trans-Dinarica (Croatie)

Remarque : aucun lien de ce blog n’est sponsorisé, je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Sur le parcours de la Trans-Dinarica (Croatie)

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂




Les étapes précédentes :


L’étape suivante, suite et fin du périple :


L’Albanie à vélo

Voyageur à vélo dans un paysage de montagnes enneigées et d'arbres fleuris

Voici le récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde, sixième étape d’un périple à vélo à travers l’Europe.

Dans ce petit pays des Balkans, j’ai traversé des paysages à couper le souffle, que ce soit le long du littoral ou au cœur des montagnes. Mais en plus de sa nature, l’Albanie compte un autre joyau : la générosité sans faille de ses habitants, qui savent accueillir les voyageurs avec un sens aigu de l’hospitalité.

En fin d’article, retrouvez toutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.



Mes premiers pas en Albanie, ou plutôt mes premiers tours de roues, se font sous une pluie fine mais peu mouillante.

La première particularité qui me saute aux yeux, c’est que les nombreuses églises qui ont jalonné mon chemin dans les pays chrétiens que j’ai traversés précédemment, font place ici à des mosquées.

Ma première mosquée albanaise

Mais je suis arrivé tard dans le pays et il me faut déjà trouver un spot de bivouac car la nuit va bientôt me tomber dessus.

Je dégote un petit chemin montant accessible depuis la route. Je m’y engouffre en poussant mon vélo jusqu’en haut. Là, je surplombe la vallée, au fond de laquelle sont éparpillées quelques fermes, villages et mosquées. Le paysage est cerné par les montagnes.

Premier bivouac en Albanie

La nuit a été hachée à tour de rôle par le crépitement de la pluie sur ma toile de tente, et par les appels des muezzins à la prière, en provenance des différentes mosquées éparpillées dans la vallée en contrebas de mon bivouac. Cette double sensation, de vivre en pleine nature et de dépaysement inhérent au voyage, c’est tout ce que j’aime. Alors si la nuit n’a pas été très reposante, elle m’a quand même régalé.

La mosquée de Fierza

Pour ma deuxième journée dans le pays, je demande aux premières personnes que je rencontre comment on dit bonjour en albanais. Et chaque fois, je suis sidéré car au lieu de recevoir une réponse simple, ma question fait naître des débats entre eux. Comment est-il possible de ne pas savoir dire bonjour dans sa propre langue ? Je ne me l’explique pas. Mirmengjesi, pershendetya, nyetnyetta, les réponses sont aussi variées qu’imprononçables. J’opte temporairement pour la dernière solution, nyetnyetta, qui signifie bonjour dans une sorte de patois local, si j’ai bien compris, que tous les albanais parlent ici, dans le nord du pays. Lorsque je descendrai vers le sud, il sera toujours temps pour moi d’apprendre un nouveau mot de vingt-cinq lettres pour dire bonjour en albanais.

La rivière Drin

De rencontre en rencontre, ce qui me frappe, c’est que les gens avec qui je discute au fil de la route sont tous extrêmement gentils, souriants et bienveillants avec moi. Moi qui aime tant discuter avec les habitants en voyage, je sens que ce pays va me plaire…

Ce monsieur sorti de nulle part m’offre une petite bouteille d’eau.


Si je suis venu dans le nord du pays, c’est pour découvrir la rivière Drin, qui serpente entre les montagnes. Elle se caractérise par une couleur vert-émeraude très vive.

La rivière Drin

La rivière Drin

Par ici, la route est en travaux. De nombreux engins de chantiers cassent littéralement la montagne pour l’élargir et la sécuriser. A l’heure de la pause déjeuner, je croise une équipe d’ouvriers qui va manger. L’un d’entre eux, que j’ai juste salué en passant, m’offre directement un verre. C’est ma première prise de contact avec l’hospitalité albanaise, qui va me marquer profondément tout au long de ma traversée du pays.

Le soir, j’arrive à Koman. Du haut de ses deux cents habitants, le village est minuscule, bien plus que je ne l’imaginais. Je passe la nuit dans un petit hôtel sympa mais miteux, en dormant dans mon sac à viande car les draps ont l’air sales : je ne suis visiblement pas le premier à dormir dedans, et sans doute pas le dernier non plus…

Départ de la croisière sur la Drin River

Je suis venu à Koman car je veux naviguer jusqu’à Fierza sur la rivière Drin.

Croisière sur la rivière Drin

Nous sommes en basse saison et à cette époque de l’année, il n’y a qu’un seul aller – retour par jour. Il s’agit d’une petite navette fluviale, une sorte de bateau-bus, qui permet de relier les minuscules villages de la région. Il n’y a donc que des locaux à bord, je suis le seul touriste.

Kula, un passager albanais, va débarquer

Le coin est aussi joli que reculé.

Le temps est couvert et durant les deux heures et demie de traversée, je me précipite sur mon appareil photo dès que le soleil réussit à transpercer les nuages, ce qui est assez rare dans l’ensemble.

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Jelosh, le capitaine du bateau

Cette petite croisière est régulièrement élue par différents médias du monde entier, généralistes ou spécialisés dans le voyage, comme l’une des plus belles d’Europe. Et l’avantage par rapport à celles des fjords norvégiens auxquelles elle est souvent comparée, c’est qu’ici, il n’y a pas foule.

La rivière Drin

Deux heures et demie de navigation plus tard, le petit bateau accoste à Fierza. Il me reste une cinquantaine de kilomètres de vélo jusqu’à l’étape suivante, Valbona. Mais encore une fois, c’est devenu une habitude depuis le début de mon périple, la météo s’annonce abominable sur mon itinéraire : on y attend des chutes de neige qui dureront au moins trois jours sans discontinuer, avec des températures de -9° C !

Les environs de Fierza

Je décide de faire demi-tour.

Le bateau du retour amarré à Fierza, au petit matin


Du début à la fin de ma traversée de l’Albanie, je croise régulièrement des bergers.

Ghezim, un berger, au milieu de ses brebis

Et avec eux, le courant passe toujours incroyablement bien.

Paolo fait redescendre son troupeau de la montagne

Au début, j’étais étonné chaque fois que j’en apercevais un, au loin, tout seul dans son champ, fixant son troupeau en restant immobile comme une statue.

Discussion pastorale en vue…

Et puis lorsque j’ai commencé à m’approcher et à discuter avec eux, je me suis vite rendu compte qu’ils aimaient le contact.

Un berger jovial avec qui je partagerai de grands éclats de rire

Leur solitude les pousse à discuter chaleureusement dès qu’on leur dit nyetnyetta (bonjour).

Les bergers m’accueillent toujours à bras ouverts…

Ils sont toujours amicaux, ouverts, souriants et rigolards, mais aussi bruts de décoffrage et sincères, et c’est cette authenticité que j’aime chez eux.

Avec Ghezim

Avant de les connaître, je pensais que leur solitude leur pesait obligatoirement. C’est peut-être un peu vrai mais en tout cas, je sais maintenant qu’ils se sentent bien dans leurs montagnes, lesquelles au passage sont magnifiques, accompagnés de leurs animaux dont ils prennent tant soin.


Depuis mon demi-tour à Fierza, je poursuis ma route vers le sud, qui passe désormais en partie par la côte. Le littoral albanais est globalement joli mais je n’aime pas le bétonnage abusif dont il est victime. Les cités balnéaires ont une architecture hétéroclite et désordonnée qui ne me plaît pas du tout, je ne leur trouve absolument aucun charme.

La plage à Durrës

Quand j’arrive dans la capitale albanaise, Tirana, je suis K-O debout. Après un gros mois passé jour et nuit dans le calme et la douceur de la nature au fil des pays traversés, me retrouver subitement à rouler dans cette fourmilière bruyante de voitures qui foncent dans tous les sens me donne un peu le tournis.

Immeuble avec la forme de la tête de Skanderbeg, héros national qui résista à l’Empire Ottoman

Ainsi, à peine arrivé, je sais déjà que je ne vais pas y rester bien longtemps. Je la visite brièvement avant de retourner rapidement dans les jolies montagnes de ce pays, où je me suis senti si bien jusqu’ici.

La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de Namazgâh


L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’accueil important, notamment les albanais. Espérant en bénéficier moi aussi au cours de mon périple, je voulais pouvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide à un moment ou à un autre de mon voyage, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.

J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.

Et je dois bien dire aujourd’hui qu’en Albanie, j’ai été impressionné au quotidien par l’incroyable sens de l’hospitalité des habitants. Pas un jour ne s’est écoulé sans qu’ils aient fait preuve à mon égard d’une générosité d’autant plus étonnante qu’ils ne me m’avaient jamais vu. Voici en vrac quelques exemples d’anecdotes vécues sur le bord de la route.

Un jour, alors que je suis en train de prendre en photo les montagnes enneigées au loin, une vieille voiture s’arrête à côté de moi. Son conducteur en descend, il m’offre une canette de boisson énergisante, il s’excuse de devoir repartir rapidement car il est pressé, il remonte dans sa voiture et démarre. En m’apercevant, il n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter et de m’offrir ce qui lui tombait sous la main alors que pour lui, je n’étais qu’un illustre inconnu.

C’est sur cette petite route qu’un automobiliste m’offre de manière inattendue un soda

Un autre jour, à Koman, je m’arrête devant un restaurant qui semble fermé. Je demande à la gérante si je peux prendre le petit déjeuner, elle me répond que non, son resto est fermé et il n’ouvrira que dans quelques jours, pour Pâques. Je la remercie, je retourne à mon vélo et au moment de repartir, elle déboule dans mon dos pour m’offrir une part du gâteau encore tiède qu’elle vient tout juste de préparer.

Une inconnue m’offre une part de gâteau.

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, je m’arrête dans une minuscule épicerie pour acheter de quoi manger. Après avoir payé, le patron m’offre un café et une petite bouteille d’eau pour la route.

Une demi-heure plus tôt, j’avais rencontré Emiliano, qui s’affairait dans son jardin. A peine lui avais-je dit bonjour qu’il se précipitait dans sa maison. Il en ressortait un instant plus tard avec trois canettes de sodas, qu’il m’offrait !

Emiliano

Une autre fois, un habitant m’interpelle quand je passe à sa hauteur. Il parle français car, ancien migrant, il a passé cinq ans en France, dont deux en centre de rétention. Il a une petite dent contre les français, qui prennent tous les albanais pour des voleurs me dit-il, et pourtant il m’offre généreusement… un coup de gnôle ! Faite maison, elle s’avère un délice…

Dans un autre village, je m’arrête dans une petite cahute sur le bord de la route pour acheter deux oranges. Malgré mon insistance, le commerçant refuse que je les lui paye. Le temps de retourner à mon vélo pour extirper de mes sacoches une petite tour Eiffel couleur Schtroumph, il arrive sur mes talons pour m’offrir deux pommes, en plus des deux oranges !

Encore un albanais au sens de l’hospitalité démesuré

Et pour couronner le tout, je me retrouve tous les soirs à bivouaquer dans la somptueuse nature albanaise, où je peux déguster tranquillement ce que m’offrent les habitants à longueur de journée.


Quand on arpente l’Albanie à vélo, une chose saute aux yeux : la saleté le long des routes. Les gens jettent tout par la fenêtre de leur voiture et cela s’accumule par terre.

Aucun nettoyage ne semble avoir lieu. Cette situation aberrante existe aussi dans les autres pays des Balkans que j’ai traversés, mais dans une moindre mesure. L’Albanie est le gros coup de cœur de mon périple mais je dois bien avouer que la saleté des routes est le gros point noir de ce si beau pays.

Amas exceptionnel d’ordures

Heureusement, la nature albanaise reste globalement somptueuse et tout au long de ma traversée du pays à la force des mollets, je dégote régulièrement des spots de bivouac enchanteurs, perdus en pleine nature dans des endroits où rien ne traîne par terre.

Le bivouac quotidien


Quand on traverse l’Albanie, il y a une curiosité que l’on remarque très vite : la multitude de petits bunkers qui sont éparpillés un peu partout dans le paysage.

Ils ont été construits dans les années 1970-1980 par le dictateur paranoïaque d’alors, Enver Hoxha. Évidemment, ils n’ont jamais vraiment servi. Aujourd’hui, ils font partie du paysage.


L’un des 600.000 petits bunkers albanais qui jalonnent le paysage

Le sud du pays est traversé par la Vjosa (prononcez Viossa) : cette superbe rivière est considérée comme la dernière rivière entièrement sauvage d’Europe (hors Russie occidentale).

Longer ce cours d’eau à vélo procure un plaisir indescriptible pour qui aime la nature.

La rivière Vjosa

Il n’est pas trop difficile de trouver des spots de bivouac sur la berge, en pleine nature, loin des habitations.

Ma petite tente face à la Vjosa
Mon spot de bivouac, sur les berges de la rivière Vjosa

Au-delà de la Vjosa, c’est toute la région qui est sauvage et nature. Quelques vieux ponts, suspendus et rouillés, jalonnent le cours de la rivière et permettent de la traverser.

Le pont suspendu de Tepelenë

Un habitant croisé sur le bord de la route me dira fièrement les seuls mots qu’il connaît dans la langue de Molière : « je t’aime » !

Les montagnes en face de ma tente

Dans le sud du pays, plusieurs albanais m’ont conseillé d’aller faire un tour à Përmet et ses environs. Avec ses huit mille habitants, ce petit village est situé sur la Vjosa.

La Vjosa

J’arrive à Permët par l’un de ces vieux ponts rouillés qui enjambent la Vjosa, et dont la solidité n’est pas la première chose qui saute aux yeux.

L’arrivée à Përmet

Pourtant, il a de la gueule avec toutes ces fleurs qui poussent juste à côté, cette rivière verte qui coule en dessous, et ces sommets encore enneigés en arrière-plan. On dirait un pont du bout du monde.

Le vieux pont rouillé de Përmet

Mais ce sont surtout les environs de Përmet qui m’attirent, et notamment un vieux pont ottoman situé à une quinzaine de kilomètres. Pour y aller, je dois longer la Vjosa dont les couleurs naviguent du bleu turquoise au vert émeraude. Elle s’écoule aux pieds de montagnes dont les pentes sont fleuries et les cimes enneigées. Ma route est déserte et c’est tellement grisant de se sentir si seul au monde, dans ce décor majestueux.

Le paysage de bord de route

J’arrive assez vite au fameux pont ottoman, le pont de Katiut. Il s’agit d’une vieille arche en pierres relativement bien conservée, construite par les ottomans au XVIIe siècle.

Le vieux pont ottoman de Katiut

Cerné par les montagnes, il enjambe la rivière Lengarica.

Mais ce joli site très nature est surtout connu pour ses sources thermales aux vertus thérapeutiques réputées. Les gens viennent se délasser et se soigner ici depuis l’Antiquité.

Une petite cascade aux pieds du pont ottoman

Pour rejoindre le principal bassin thermal, il suffit de traverser le pont puis de marcher une cinquantaine de mètres. La température de l’eau est de trente degrés y compris quand il neige, voire plus selon la saison.

Le principal bassin thermal, à proximité de Permët et Bënjë

En se délassant dans cette eau délicieusement tiède, on a une vue imprenable sur le pont d’un côté et les montagnes enneigées de l’autre.

La vue depuis le pont

Le site n’est pas très grand mais le bel écrin naturel dans lequel il est posé le rend particulièrement attrayant. Nous ne sommes que début avril mais il commence déjà à y avoir un peu de monde. L’été, le site, victime de son succès, est paraît-il pris d’assaut.

Le pont de Katiut dans son cadre naturel

Moi qui avais hésité ce matin à faire le petit détour nécessaire pour venir jusqu’ici, je ne regrette vraiment pas d’avoir pédalé ces quelques kilomètres supplémentaires malgré les montées. C’est l’un de mes plus gros coups de cœur depuis le début de mon périple.

La route du pont de Katiut

Je reprends mon chemin sur une petite route où presque aucune voiture ne passe. Seul avec mon vélo, je traverse des paysages où les arbres en pleine floraison font face aux dernières neiges qui habillent encore le sommet des montagnes. Plus pour très longtemps.

Mon itinéraire rejoignant rapidement le cours de la Vjosa, je continue à en prendre plein les yeux.

La Vjosa aux pieds des montagnes

A chaque méandre de la rivière, les paysages changent : des montagnes, des forêts, des champs de fleurs… Je comprends mieux pourquoi ce cours d’eau est réputé être la dernière rivière sauvage d’Europe.

La Vjosa

Rouler à vélo dans de tels paysages procure un sentiment de liberté très fort, bien plus que je ne l’aurais imaginé. Mais les plus belles choses ont une fin et à l’approche de la Grèce, le cours de la Vjosa s’éloigne petit à petit.

A l’heure du bilan, je dois bien dire que l’Albanie m’a profondément marqué. Je me sens même un peu sous le choc de quitter ce pays où la nature est si belle, et dont le peuple est si attachant, si généreux. Mais maintenant, c’est l’heure de découvrir un nouveau pays : la Grèce…

Mirupovshim Shqipëria (au revoir l’Albanie)


Encore quelques photos de l’Albanie à vélo avant les infos pratiques…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Pour les cyclistes qui recherchent une sécurité optimale sur la route, l’Albanie est un petit paradis. En effet, les automobilistes sont si respectueux des cyclistes qu’ils les doublent systématiquement en roulant sur la voie de gauche, y compris quand une voiture arrive en face d’eux ! J’ai pu le constater dès que j’ai passé la frontière depuis le Monténégro, puis quotidiennement pendant les onze jours que j’ai passés en Albanie.

A plusieurs reprises, j’ai carrément eu peur pour ces automobilistes car ils me doublaient sur la file de gauche alors qu’une voiture arrivait en face. Mais ceux qui arrivaient en face justement, fonctionnent de la même manière et ce sont donc eux qui se poussaient sur l’extrême bord de la route, parfois au ras du fossé, pour laisser passer la voiture en train de me doubler. Parfois ils se frôlaient, parfois ils devaient piler tous les deux pour ne pas se rentrer dedans, mais toujours ils passaient vraiment au large de moi, tout à gauche, donc.

Dans les pays que j’avais traversés précédemment (un peu en Italie et au Monténégro mais surtout en Croatie, et plus encore en Bosnie-Herzégovine), les voitures attendaient brièvement derrière moi lorsqu’une voiture arrivait en face, avant de me doubler. En Albanie, c’est différent : ils ne ralentissent pas, ils n’attendent pas derrière les cyclistes, ils passent, avec une grande marge de sécurité puisqu’ils doublent toujours sur la file de gauche et si quelqu’un arrive en face, c’est lui qui se pousse !

Je ne me suis donc absolument jamais senti en danger sur les routes albanaises. Le seul bémol concerne la capitale, Tirana, où quelques automobilistes pressés d’aller travailler à l’heure de pointe ont parfois un peu forcé le passage, mais sans jamais que je ne me sente vraiment en danger. Il me suffisait de les laisser passer dans les bouchons tiranais.

Petite queue de poisson à Tirana

En conclusion, les seules fois où j’ai eu peur sur les routes albanaises, c’était pour les automobilistes eux-mêmes, lorsqu’ils étaient à deux doigts de se percuter parce que l’un d’eux me doublait trop largement. Et pour tout dire, c’est anecdotique mais je me sentais tellement en sécurité que c’est dans ce pays que j’ai définitivement enlevé mon casque.


J’ai dormi au Ramis Hotel & Outdoor Sports Center. C’est l’un des hôtels les moins chers de Përmet, il est propre, le confort est correct, les propriétaires sont accueillants et le petit déjeuner est copieux.

En plus de la partie hôtelière, l’établissement propose diverses activités, notamment la location de vélos et surtout, des sorties rafting sur la magnifique Vjosa. C’est l’un des fils des propriétaires qui assure l’encadrement de ces activités.

Pour d’autres possibilités d’hébergement : voir tous les hôtels de Përmet.


La Vjosa est un petit paradis naturel dans lequel de nombreuses activités sont possibles : le rafting est la plus prisée, mais on peut également descendre la rivière en bouée, faire des randonnées, du vélo (y compris électrique), du quad, de l’équitation

Pour réserver ces activités, il y a plusieurs possibilités :

  • Demander des infos à votre hôtel, qui vous guidera ou, dans certains cas, qui vous proposera lui-même ses propres activités.

  • Réserver des activités clé en main, via des plateformes connues : GetYourGuide par exemple, propose une gamme d’activités très variée.


La Vjosa





Les étapes suivantes :


Nisyros : la plus belle île de Grèce ?…

Voir la carte détaillée de l’île.


Sommaire


C’est le plus jeune volcan de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située sous le volcan a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.

La caldeira de Nisyros, d’un diamètre de quatre kilomètres, comporte six cratères (et non pas un seul, comme le croient la plupart des visiteurs). Le plus connu d’entre eux, qui est aussi la principale attraction de l’île, est le cratère Stefanos.

Le cratère Stefanos et, plus ou moins visibles, les cinq autres cratères (l’un à sa gauche, les autres en arrière-plan)

J’ai eu la chance de pouvoir visiter Nisyros hors-saison (début mai) à une période où il y avait donc très peu de touristes.

Je suis arrivé au cratère en fin d’après-midi, à vélo. Il n’y avait plus personne pour tenir le guichet d’entrée, et une seule voiture était garée là : celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Nous étions les deux seules personnes présentes sur tout le site.

L’arrivée au cratère Stefanos (sur le sommet du fond : le petit village de Nikia – voir plus bas)

Je suis alors descendu dans le cratère, où je me suis retrouvé absolument seul pendant toute la durée de ma visite (près d’une heure). Un privilège.

Le cratère Stephanos, vide de touristes…

Dans ce cratère, la première chose qui attire le regard, ce sont les couleurs. Ses parois sont jaunies par les dépôts de soufre.

Au début du petit chemin qui mène au fond du cratère, un panneau nous rappelle que le site est potentiellement dangereux.

Juste avant d’arriver dans le cratère principal, on passe devant un cratère beaucoup plus petit, le cratère Andreas (appelé également Mikros Stefanos, par opposition à son illustre voisin, Megalos Stefanos, celui que tout le monde visite).

Le cratère Andreas (ou Mikros Stefanos)

Arrive alors le moment attendu, celui où l’on peut fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.

Au fond du cratère

Reliés par de fines cordes, des piquets délimitent les zones auxquelles il est interdit d’accéder, pour des raisons de sécurité évidentes. Car par ici, la terre chauffe, voire surchauffe. Et disons-le carrément : elle bouillonne, elle fume et elle brûle ! Dans ces zones interdites d’accès, l’eau bout en effet en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.

Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante

Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel, rappelant elles aussi au visiteur qu’il est bien sur un site naturel d’exception.

Les fumerolles au fond du cratère

Se rendre au volcan juste avant le coucher du soleil permet de l’admirer éclairé par une jolie lumière : les fameuses golden hours, si prisées des photographes.

Les parois soufrées du cratère

Le cratère Stefanos pendant les golden hours


Étant un amoureux de la nature, j’ai terminé ma journée de visite de ce joli volcan par une nuit de rêve, puisque j’ai dormi sur cette terre volcanique, sous ma tente posée au beau milieu des cratères !

Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère

J’ai passé la nuit complètement seul à proximité du cratère principal, mais apparemment seul aussi dans toute la caldeira, puisqu’elle n’est pas habitée et qu’il n’y a aucune maison. Cette nuit-là, la sensation de plénitude fut totale.

Bon, je dois quand même rappeler qu’en Grèce, contrairement à tant d’autres pays, le bivouac est interdit. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 300 euros.

Si je me suis permis de braver souvent cette interdiction, à Nisyros comme ailleurs en Grèce, c’est pour plusieurs raisons :

  • Je bivouaque toujours discrètement afin de ne déranger personne ;

  • Je n’allume mon réchaud qu’en l’absence totale de risque (par exemple, pas de végétation à proximité, ou alors mouillée) ;

  • Je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets ;

  • Et en prime, lorsqu’il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose ma tente, je les ramasse et je les emporte pour les jeter dans la première poubelle que je trouve, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.

Alors bien sûr, cette façon respectueuse de bivouaquer ne m’autorise pas pour autant à dormir là, toutefois, en procédant de cette manière, tout le monde est gagnant :

  • les autorités émettrices de cette interdiction abusive, puisque je nettoie ces zones à leur place ;

  • La nature, parce qu’elle est plus propre après mon bivouac qu’avant ;

  • Et moi-même bien sûr, tellement je me régale à passer ainsi mes nuits en pleine nature.

Bref, quitte à braver la réglementation, autant le faire proprement…

Ce que je ne savais pas en revanche en posant ma tente au-dessus du cratère Stefanos, c’est qu’en Grèce, le bivouac est sanctionné beaucoup plus sévèrement lorsqu’il a lieu dans les zones touristiques : jusqu’à 3000 euros d’amende et trois mois d’emprisonnement ! Je ne l’ai appris que plus tard.

Lever de soleil face au volcan


Si la plupart des visiteurs croient qu’il n’y a qu’un seul cratère à Nisyros, il s’avère qu’en réalité, il y en a… six !

Comme indiqué précédemment, il y a donc les deux cratères décrits ci-dessus : le cratère principal Stefanos (ou Megalos Stefanos), et son petit voisin Andreas (ou Mikros Stefanos). Voici les quatre autres.

Pour se rendre aux deux plus accessibles, il suffit de passer le guichet d’entrée puis le snack situé juste après, et de prendre ensuite le petit chemin situé à droite (au lieu de celui de gauche, qui mène à Stefanos).

Le petit chemin qui mène aux quatre autres cratères, notamment Mikros et Megalos Polyvotis.

On rejoint alors deux nouveaux cratères : le magnifique Megalos Polyvotis, et son petit voisin, Mikros Polyvotis.

Ils sont situés au bout du chemin, où a été érigé un petit poste d’observation. De là, on domine le plus grand cratère, Megalos Polyvotis, lequel est jauni par le souffre et toisé par la paroi rougeâtre de la caldeira.

Le cratère Megalos Polyvotis

Les photos écrasent un peu la sensation de grandeur qu’on ressent lorsqu’on admire ce somptueux cratère aux pieds des parois de la caldeira, à côté desquelles on se sent minuscule.

Megalos Polyvotis

Si l’on poursuit en descendant vers la droite (où le chemin n’est plus balisé), on arrive à son petit frère : Mikros Polyvotis.

Le cratère Mikros Polyvotis

Il a beau être moins impressionnant et moins joli, il est possible de descendre au fond de ce cratère, au milieu de petites fumerolles, contrairement à son voisin Megalos Polyvotis qui, lui, n’est pas accessible. En n’oubliant pas, toutefois, les risques que cela peut présenter, notamment si le sol s’avère instable…

Ces deux cratères ne sont indiqués nulle part.

Profusion de couleurs

Souhaitant quand même les découvrir, je me suis dirigé au hasard vers ce qui me semblait être les parois de cratères. Toujours à pied, et depuis les deux cratères de Polyvotis, situés juste à côté.

Direction les deux derniers cratères

Pour cela, il faut sortir du chemin menant aux deux cratères Polyvotis. On se retrouve alors à marcher dans des amas de pierres, beaucoup moins praticables que le chemin en question.

Mon point de repère, c’était les zones de souffre, visibles de loin car très jaunes. C’est donc vers elles que je me suis dirigé. Là, de près, on remarque tout de suite la présence de multiples petites bouches de souffre fumantes, alors qu’on ne les distingue pas de loin.

De là, on a également une jolie vue sur la plaine de Lakki (le fond plat de la caldeira), qu’on domine à 180°.

Sitôt passée la zone de souffre, le sol de pierres disparaît pour laisser place à la paroi du cratère, nue. Et là, ça commence à monter de manière nettement plus abrupte.

Au bout d’une dizaine de mètres à peine, il m’a semblé que mes pas résonnaient. J’ai donc frappé le sol du pied pour vérifier et là, petite frayeur : non seulement ça résonnait bel et bien mais en plus, ça tremblait ! Ce qui signifiait que sous mes pieds, le sol était creux et pas forcément très solide, donc potentiellement écroulable !

Comme je venais tout juste de la zone où de multiples petites fumerolles bouillantes s’échappaient des bouches de souffre, il était évident que le sous-sol était carrément brûlant dans le coin ! Je ne me suis donc pas éternisé et j’ai fait demi-tour, sans pouvoir observer de plus près les deux derniers cratères.


Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, comme indiqué précédemment, ils se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ.

Idéalement, il faut se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :

  • Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;

  • Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.

Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.

Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).


L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).

Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !


  • Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.

  • L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.


  • Il y a un parking pour garer la voiture

  • Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).


Elle coûte 40 euros par adulte et 20 euros par enfant (2 à 12 ans) : excursion Nisyros depuis Kos.

Cette excursion inclut une brève visite du village de Mandraki.

Le prix d’entrée dans le volcan (5 euros), le repas du midi et les boissons ne sont pas inclus.


Si vous êtes curieux, voici un site Internet à ne pas rater : le site géoparc de Nisyros.

Tout y est : carte interactive, cratères, chemins de randos, biodiversité, mais également l’histoire de l’île et de ses habitants…


L’île ne comptant qu’un petit millier d’habitants, les villages ne sont pas nombreux. Mais quels villages ! Les quatre principaux sont Mandraki, Nikia, Emporios et Pali.


Quand on arrive sur l’île, c’est dans le petit port de Mandraki qu’on accoste.

Une ruelle de Mandraki

Ce qui frappe d’emblée, ce sont ses agréables petites ruelles, dont les façades de maisons sont blanchies à la chaux.

Une ruelle de Mandraki

En haut de la colline qui surplombe le village se trouve le Paleokastro. Il s’agit de la ville ancienne de Nisyros, qui était alors fortifiée. Depuis ces ruines, la vue sur le village en contrebas, la mer et les îles voisines vaut le détour.

Mandraki, vu depuis le Paleokastro

Un peu plus bas, mais toujours au-dessus du village, se situe le monastère Panagia Spiliani (Notre-Dame de la Caverne).

Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki

Ce joli petit monastère vaut le coup d’œil même si, pour ma part, je n’ai pas pu visiter l’intérieur car il a rapidement fermé lors de ma venue.

Si l’on descend quelques marches depuis le monastère, on arrive à un autre point de vue sur Mandraki, moins élevé que depuis le Paleokastro, mais offrant lui aussi une jolie vue d’ensemble sur le village.

Enfin, pour parfaire le tableau de ce joli petit village, ajoutons que Mandraki dispose de nombreux petits commerces et restaurants sur le front de mer.


Pour ma part, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce petit village, perché sur la crète des montagnes qui dominent le volcan.

Nikia

Pour l’anecdote, j’y suis arrivé à vélo, après avoir grimpé les montagnes du centre de l’île, dont certaines côtes atteignent les 15%. Avec mon vélo de 54 kilos, sacoches comprises, et le soleil qui tapait fort, je n’avais qu’une seule envie : m’asseoir à l’ombre, sur la terrasse d’un café et dévaliser le frigo !

Mais pour arriver là, il fallait passer par les petites ruelles du village. Et là, j’ai eu un vrai coup de foudre.

Une ruelle de Nikia

Du coup, je me suis arrêté tous les dix mètres pour photographier et filmer, repoussant à plus tard le moment pourtant tant attendu de me rafraîchir…

Certaines ruelles sont très étroites, ce qui ajoute à leur charme.

La principale attraction de ce petit village, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays.

Impossible de la photographier en entier le jour de ma venue car elle était en partie remplie de tables de restaurants, mais c’est vrai qu’elle est jolie et surtout, très agréable. Idéale pour prendre un verre et/ou un bon repas…

La fameuse place de Nikia et sa mosaïque de cailloux au sol

Enfin, il faut noter que, depuis le cratère Stefanos, c’est ce petit village blanc que l’on aperçoit tout là-haut, au loin, juché sur la crête de la caldeira. Et à l’inverse, on a une vue plongeante sur le volcan depuis le village.


Comme Mandraki, Pali est situé sur la côte.

L’église de Pali

Il s’agit d’un petit village de pêcheurs, qui s’anime un peu l’été avec la venue de quelques touristes.

Le port de Pali

Le village est tout petit, il est surtout animé grâce à son port de pêche et de plaisance, et à ses bars et restaurants. Mais c’est également un point de chute parfait pour pouvoir rayonner sur l’île, et sur les plages de sable volcanique noir situées juste à côté.

Mohamed, pêcheur à Pali

Enfin, Pali dispose d’une plage, raison pour laquelle certains visiteurs la préfèrent à Mandraki pour séjourner sur Nisyros.


Comme Nikia, Emporios est un petit village situé dans l’intérieur de l’île et sur le rebord de la caldeira. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants ! Puisque très peu de touristes s’y rendent, l’avantage, c’est qu’il a su conserver toute son authenticité.

Emporios

A noter que peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de l’île, fait office de sauna naturel pour les visiteurs.


  • En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.

Le Romantzo Hotel est situé face à la mer
La terrasse des chambres

Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.

Bien qu’elles vaillent le coup, on ne vient généralement pas à Nisyros pour ses plages.

Une plage volcanique, à l’est de Pali

Les plus réputées d’entre elles sont essentiellement situées sur la côte est, et les plus accessibles pullulent sur la côte nord, juste après le village de Pali (en direction de l’est) : là, elles se succèdent sur des centaines et des centaines de mètres, avec leur sable noir d’origine volcanique.

Une plage à l’est de Pali


Nisyros n’est pas forcément synonyme d’île de rêve pour tout le monde. En effet, certains habitants m’ont expliqué que régulièrement, on trouvait sur les plages de Nisyros des affaires, notamment des vêtements, appartenant à des migrants qui échouent parfois ici avec leur radeau de fortune.

Et en effet, il n’y a pas besoin de chercher bien longtemps pour trouver traces de ces objets gisant sur les plages, qui témoignent du vécu dramatique de ces miraculés de la mer.


Lorsqu’on s’aventure dans les montagnes de l’île en direction du volcan, on passe par de nombreux points de vues sur la mer.

On croise régulièrement des vaches au milieu de la route, mais aussi des chèvres dans les arbres ! Elles y grimpent avec une agilité de singes pour déguster les feuilles !

Les bus qui emmènent les touristes à la journée visiter le volcan passent par cette route mais ils ne prennent pas le temps de s’arrêter en chemin, alors que les vues successives sur la mer en valent pourtant la peine.


Dans cet article, je n’ai pas encore répondu à la question posée dans le titre : « Nisyros : la plus belle île de Grèce ?… » Et pour cause : n’ayant pas visité chacune des 9.000 îles que compte le pays, difficile de les comparer !

A l’inverse, beaucoup de blogs et de sites Internet ne s’embarrassent pas autant, et ils nous pondent des classements sur les dix, quinze ou vingt plus belles îles de Grèce (ce qui, en général, correspond tout simplement à la liste plus ou moins longue des quelques îles grecques qu’ils ont eu le temps de visiter !)

C’est ainsi que Nisyros n’apparaît que très rarement dans ces classements des plus belles îles du pays : notre jolie petite île volcanique étant située trop loin pour que les auteurs de ces articles y aient mis les pieds, ils ne la connaissent pas et ne peuvent donc pas la prendre en compte dans leur classement !

Qu’en pensent les grecs ?…

Le signe qui ne trompe pas, c’est l’opinion des locaux, non pas les habitants de Nisyros mais tous ceux que j’ai rencontrés en traversant la Grèce continentale. Ils ont tous été unanimes : selon eux, Nisyros est une superbe petite île dont ils sont généralement fiers, l’une des plus belles de leur pays selon eux.

Je partage cette opinion : Nisyros est magnifique, c’est même la plus belle île de toutes celles que j’ai visitées en Grèce au fil des années, en cinq voyages au pays d’Aristote.

Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan, c’est réellement une destination à ne pas rater

Il ne vous reste donc plus qu’à vous y rendre pour vous faire votre propre point de vue…


Dans la caldeira

Le monastère Panagia Spiliani, à Mandraki

Autoportrait !

Les parois du cratère recouvertes de soufre

L’un des nombreux points de vues sur la mer

Dans le volcan

Le coucher du soleil vu depuis Mandraki




Lolo à vélo : direction les Balkans…


J’en ai longtemps rêvé, j’ai fini par le faire : prendre un congé sabbatique pour voyager pendant plusieurs mois !

Voici le compte-rendu de ce périple hors-normes, à vélo, en solo et en bivouac, qui m’a emmené dans les coins les plus reculés des Balkans. Pour moi, le but était de fuir les villes pour privilégier au maximum la nature, les lieux à peu près vierges de tourisme et les rencontres avec les habitants.

Ce voyage fut tellement fort émotionnellement qu’une fois arrivé à destination, la Grèce, j’ai décidé de continuer un peu au lieu de faire demi-tour : direction la Turquie !

Et puis la poisse m’est tombée dessus…





Quelques photos :


Le paysage au petit matin en sortant de la tente…

Le petit village de Bakar

L’île de Krk sous les nuages.

Île de Pag

Traversée de l’île de Pag

Le coucher du soleil vu depuis la tente. Île de Pag.

Mostar et son fameux pont

La baie de Kotor

Trebinje

La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de Namazgâh

Le vieux pont suspendu et rouillé de Përmet

Le vieux pont ottoman, dans les environs de Përmet

A proximité du village de Përmet

La Vjosa, considérée comme le dernier long fleuve sauvage d’Europe (hors Russie)

Dans la caldeira de l’île de Nisyros (Dodécanèse)

Athènes

Le petit village de Nikia (île de Nisyros, Dodécanèse)

Vue sur le cratère de Stefanos (île de Nisyros, Dodécanèse)

Le cratère de Stefanos (île de Nisyros, Dodécanèse)

En route vers le volcan (île de Nisyros, Dodécanèse)

Le village de Mandraki (île de Nisyros, Dodécanèse)

Le lac de Milas

Avec Giuseppe (Italie)
Vanessa, une allemande, son compagnon hollandais Albert et leur fillette de 11 mois Alva (île de Pag, Croatie)
Sofiya, une bosniaque, m’offre son délicieux café turc fait maison (île de Pag, Croatie)
Luka, un pèlerin croate qui marche vers la ville de Medjugorje, dans le sud de l’Herzégovine (île de Pag, Croatie)
Danilo remplira gentiment mes gourdes avec l’eau de son puits (Croatie)
A Sinj, pendant mes courses dans une toute petite épicerie, Ana et Milanka m’offrent à manger (Croatie)
Inga, passionnée de pâtisserie, m’offre une part du succulent gâteau qu’elle a préparé (Mostar, Bosnie-Herzégovine)
Novak Djinovik, ex-cycliste professionnel, me fait cadeau de la brève réparation de mon vélo (Bar, Monténégro)
Sur un chantier, des ouvriers m’offrent un soda pendant leur pause de midi (Albanie)
Koula, rencontré pendant une traversée féérique sur la rivière Drin (Albanie)
Un grand-père me complimente sur mon voyage à vélo, avec son fils et son petit-fils, à Fierza (Albanie)
Emiliano (ici avec son père et des voisins) m’offre trois boissons sur le bord de la route (Albanie)
A Koman, cette dame, à qui je demande simplement un renseignement, m’offre une part du gâteau qu’elle vient juste de préparer (Albanie)
A Koman (Albanie)
Le monsieur de gauche, curieux sur mon voyage, remplira gentiment mes gourdes d’eau (Albanie)
Ce vendeur de fruits d’une incroyable gentillesse refuse que je paye deux oranges : il me les offre… et ajoute deux pommes (Albanie)
Ces messieurs me bombardent de questions sur mon voyage et me félicitent en boucle (Albanie)
Longue discussion en bord de route avec Ghezim, un berger, devant ses brebis au loin (Albanie)
Ce monsieur me dira avec humour les seuls mots qu’il connaît en français : « je t’aime ! » (Albanie)
A court d’eau, assoiffé par l’effort et la chaleur, je me vois offrir deux petites bouteilles d’eau (Grèce)
Rencontre de deux pêcheurs (Grèce)
Chris et son père Alexandros m’offrent le café à Corinthe (Grèce)
Pendant la longue traversée vers Nisyros (20 h), je sympathise avec un couple franco-hollandais, Michelle et Peter (Grèce)…
… et je sympathise également avec Adonis, un skipper grec qui a navigué sur toutes les mers du monde ! (Grèce)
Avec le pope du monastère Panagia Spiliani à Mandraki (île de Nisyros, Grèce)
Mohamed exhibe fièrement une petite partie de sa pêche du jour à Pali (île de Nisyros, Grèce)
Avec Mohamed sur son chalutier (île de Nisyros, Grèce)
Avec Simplet (c’est celui de gauche, je précise…) à Athènes
Avec Sono, un indien Sikh, sur l’île de Kos (Grèce)
Avec Sono et un couple d’allemands, sur l’île de Kos (Grèce)
Au moment de payer un Fanta au patron d’un petit bar-resto à Yatagan, il me l’offre ! (Turquie)
Olgun, un prof d’anglais, devant son collège à Turgut (Turquie)
Fathi se balade tous les dimanches avec son scooter pour admirer les jolis paysages du coin (Turquie)
Patrick, architecte à la retraite, rencontré à Gènes lors de mon retour en France (Italie)




Paleochora (Crète)

Situé dans le sud-ouest de la Crète, Paleóchora est un ancien petit village de pêcheurs. Au fil du temps, il s’est transformé en petite station balnéaire, mais en conservant son authenticité.

Aujourd’hui, c’est le lieu idéal pour faire une halte de quelques jours, car il permet à la fois de visiter des sites intéressants en ville et de profiter des nombreuses plages du coin. Mais il peur aussi servir de « camp de base » pour rayonner un peu partout dans l’ouest de l’île…



Les premiers touristes sont arrivés à Paleóchora il y a cinquante ans : il s’agissait de hippies qui avaient fait de la ville une étape sur la route de Katmandou. Depuis, le tourisme s’est beaucoup développé mais Paleóchora a su garder une dimension humaine.

Pour les touristes d’aujourd’hui, les deux principaux sites de la ville peuvent être visités l’un après l’autre puisqu’ils sont voisins : l’église et la forteresse…


Il est difficile de trouver des infos sur le web concernant cette jolie petite église et c’est étonnant, car elle mérite vraiment le détour. Elle est même incontournable quand on visite Paleóchora.

La première chose que l’on aperçoit, c’est son fameux clocher à trois niveaux, surplombant un grand portail.

Le clocher à trois niveaux de l'église Evangelistra à Paleochora
Le clocher à trois niveaux de l'église Evangelistra à Paleochora
Le clocher de l’église Evangelistra

Le clocher n’est pas attenant à l’église, dont la façade est ornée d’une jolie mosaïque dorée.

L'église Evangelistra à Paleochora
L’église Evangelistra

A l’extérieur, le clocher est donc atypique et l’église est différente de toutes celles que l’on a l’habitude de voir en Crète : rien que pour ça, elle mérite une visite. Mais c’est surtout lorsqu’on pénètre à l’intérieur de l’édifice qu’on est surpris.

La décorations chargée de peintures à l'intérieur de l'église Evangelistra à Paleochora
L’intérieur de l’église

Murs, plafonds et colonnes sont en effet richement décorés par de nombreuses peintures, caractérisées par des couleurs vives et une grande finesse du trait.

La décorations chargée de peintures à l'intérieur de l'église Evangelistra à Paleochora

Contrairement à bien d’autres églises crétoises, la prise de vues est autorisée à l’intérieur car aucun panneau ne l’interdit.

Le jour de ma visite, j’ai donc sorti ostensiblement mon appareil photo devant le pope qui passait à côté de moi, pour m’assurer que photographier ce joli site était bien autorisé. Il m’a laissé faire, j’ai donc pris quelques clichés, sans abuser.

La décorations chargée de peintures à l'intérieur de l'église Evangelistra à Paleochora
La décorations chargée de peintures à l'intérieur de l'église Evangelistra à Paleochora

Le tour de cette petite église et de son clocher se fait rapidement, c’est une raison de plus pour ne pas rater la visite.


Pour s’y rendre, il faut emprunter le petit chemin montant qui longe l’église Evangelistra. La montée est rapide, on arrive donc vite là-haut.

La forteresse de Selino au coucher du soleil à Paleochora
La forteresse Selino

La forteresse de Selino a été construite au 13e siècle par les Vénitiens pour défendre Paleóchora, à la fois contre les insurrections locales et contre les raids des pirates.

La forteresse de Selino domine la ville de Paleochora pendant le coucher du soleil
La forteresse de Selino domine Paleóchora

Au 14e siècle, la forteresse fut détruite au cours d’une révolte, puis reconstruite juste après.

Vue sur la mer depuis une meurtrière de la forteresse de Selino à Paleochora pendant le coucher du soleil
Les meurtrières permettaient de guetter les pirates
La forteresse de Selino domine la ville de Paleochora pendant le coucher du soleil
Vue sur Paleochora

Un siècle plus tard, elle fut à nouveau détruite, par Barberousse en personne cette fois, puis encore reconstruite. C’est cette reconstruction-là qui est en ruine aujourd’hui, et qu’on visite.

La forteresse de Selino à Paleochora pendant le coucher du soleil

Des deux côtés de la forteresse, on a vue sur mer.

La forteresse de Selino domine la ville de Paleochora pendant le coucher du soleil
Vue sur la baie à l’est…
Vue sur la baie depuis la forteresse de Selino à Paleochora pendant le coucher du soleil
… et vue sur la baie à l’ouest.

D’un point de vue pratique, visiter les ruines de la forteresse en fin d’après-midi permet à la fois d’éviter les fortes chaleur de la journée, surtout l’été, et d’observer le site sous une lumière dorée.


Il existe plusieurs possibilités de randonner autour de Paleóchora, on peut se renseigner auprès de l’office du tourisme.

Mais la rando la plus réputée du coin, c’est celle qui relie Paleóchora au village de Sougia.

Elle fait partie du fameux sentier de randonnée européen E4, le plus long d’Europe (plus de 10.000 kilomètres), et qui traverse entre autres la Crète d’ouest en est.

Le sentier est bien balisé, il est entretenu et on ne peut donc pas vraiment se tromper.

Une balise du sentier de randonnée E4 peinte sur un rocher, face au lever du soleil à Sougia (Crète)
une balise du sentier E4, à Sougia

Pour le retour, il suffit de prendre le bateau de Sougia à Paleóchora.


Difficile de parler de Paleóchora sans évoquer les innombrables restaurants dont elle est dotée ! Il y en a plusieurs dizaines en tout, ce qui est énorme pour un si petit village. Du coup, tant mieux pour nos papilles…

L’essentiel des restos est concentré dans deux endroits : sur le front de mer…

Restaurants du front de mer à Paleochora (Crète)


… et tout le long de la petite rue qui mène à l’église Evangelistra.

Restaurants du centre-ville de Paleochora (Crète) face au clocher de l'église Evangelistra

La plupart des restaurants servent les spécialités gastronomiques grecques et crétoises, et les tarifs pratiqués sont généralement bon marché.


Il existe la possibilité de découvrir les beautés du joli littoral en kayak : la côte en kayak.

Le départ se fait depuis Paleóchora.


Le ferry est un moyen beaucoup plus rapide que la voiture pour se déplacer vers les autres villes de la côte sud car, les routes étant très sinueuses, les trajets en voiture prennent du temps.

La seule compagnie opérant ces liaisons est Anendyk.

Les villes desservies sont Hora Sfakion, Loutro, Agia Roumeli et Sougia, ainsi que la petite île de Gavdos.

On peut soit acheter les billets sur place, soit réserver en ligne (Anendyk).

Le ferry transporte les voitures.

Située sur une presqu’île, Paleóchora est enserrée entre deux jolies baies, chacune bordée par une plage. Sur une poignée de kilomètres le long du littoral, à l’est comme à l’ouest, on trouve une succession d’autres plages, ainsi que des criques isolées qui plongent dans les eaux cristallines : on n’a donc que l’embarras du choix. En voici quelques-unes…


Située à la sortie de la ville en direction de l’est, la plage de Chalikia est essentiellement constituée de galets.

La plage de galets de Chalikia à Paleochora (Crète)
La plage de Chalikia

Il s’agit d’une plage dont une petite partie est aménagée, c’est-à-dire dotée de transats et de parasols, où l’on peut prendre un verre.

La plage de galets de Chalikia à Paleochora (Crète)
La plage de galets de Chalikia devant la ville de Paleochora (Crète) en toile de fond
Au fond, Paleóchora

Il suffit de marcher un peu pour s’éloigner de la zone des transats et des parasols. On se retrouve alors à peu près seul, avec la possibilité de poser sa serviette à l’ombre des arbres qui bordent la plage.

La plage de galets de Chalikia à Paleochora (Crète)

Ici, la baie est en général un peu plus abritée du vent que la plage de Pachia Ammos (située de l’autre côté de la ville, voir ci-dessous).

Ce sont notamment les eaux cristallines qui ont fait la réputation de Chalikia.

Voilier au mouillage dans la baie face à la plage de galets de Chalikia à Paleochora (Crète)
Cairn sur la plage de galets de Chalikia à Paleochora (Crète)

Malgré ces eaux translucides et comme souvent en Crète, le snorkeling ne vaut pas le coup ici car il y a peu de poissons.

La plage de galets de Chalikia à Paleochora (Crète)

A une vingtaine de mètres à peine de la plage se trouve un bar-restaurant.

D’un point de vue pratique, il y a suffisamment de place pour garer la voiture le long de la plage.

Enfin, il est nécessaire d’avoir des chaussures de rochers.


Il ne faut pas la confondre avec la plage du même nom qui est située, elle, à l’autre bout de la Crète, tout à l’est. Ici, Pachia Ammos est la grande plage située à la sortie ouest de Paleóchora.

C’est même la plage principale de la ville, on la rejoint en moins de cinq minutes à pied depuis le centre.

Elle présente de multiples avantages :

  • Plage de sable fin, et non pas de galets
  • Eau peu profonde, plage surveillée
  • Transats et parasols, ainsi que douches
  • Plage bordée de nombreux cafés, restaurants, tavernes et bars, ouverts du matin au soir
  • Activités nautiques
  • Plage située face au coucher du soleil
La plage de sable fin de Pachia Ammos à Paleochora (Crète)
La plage de Pachia Ammos

Enfin, elle est assez vaste, ce qui laisse beaucoup de place à tous ceux qui ne souhaitent pas prendre de transat.


Il s’agit d’une toute petite plage aménagée située à un kilomètre de Paleóchora, en direction de l’ouest. Outre les parasols et les transats, une petite paillotte propose de quoi boire et manger à des prix corrects.

La plage de galets de Paralia Psilos Volakas à côté de Paleochora (Crète)
La plage Paralia Psilos Volakas
La plage de galets de Paralia Psilos Volakas à côté de Paleochora (Crète)

Si vos enfants ou vous-même aimez les plongeons, rendez-vous sur le côté gauche de la plage, où la côte rocheuse offre des plongeoirs naturels dans l’eau translucide (de un à huit mètres environ).


Trois kilomètres à l’ouest de Paleóchora se trouve encore une plage agréable : Paralia Karavopetra.

La plage de galets de Paralia Karavopetra à côté de Paleochora (Crète)
La plage de Paralia Karavopetra

Cette plage est connue pour les gros rochers qui sont posés dessus, au bord de l’eau turquoise.

Les gros rochers sur la plage de galets de Paralia Karavopetra à côté de Paleochora (Crète)
Les gros rochers sur la plage de galets de Paralia Karavopetra à côté de Paleochora (Crète)

Contrairement aux plages présentées ci-dessus, celle-ci n’est pas aménagée. Il n’y a donc aucune commodité : ni transats, ni parasols, ni douches, ni restaurants…

Et c’est justement ce qui fait son charme : elle est plus sauvage, moins fréquentée, mais l’eau est tout aussi cristalline ici.

La plage de galets de Paralia Karavopetra à côté de Paleochora (Crète)

Le littoral est une succession de petites plages, généralement peu fréquentées voire carrément désertes, même en plein mois d’août. Il suffit donc de marcher à peine quelques minutes pour se dégoter un coin tranquille.

La plage de galets de Paralia Karavopetra à côté de Paleochora (Crète)
Paralia Karavopetra

Quelques rochers ainsi qu’une ou deux toutes petites grottes assurent un peu d’ombre mais il y en a assez peu, et la place est parfois prise par les autres estivants. Par forte chaleur, notamment l’été où ça tape vraiment fort, il vaut donc mieux prévoir parasol ou casquette, et beaucoup d’eau…

Il y a ceux qui privilégient le voyage en itinérance en faisant une nouvelle étape quotidiennement, et ceux qui préfèrent se poser quelques jours dans un seul et même endroit, depuis lequel ils peuvent rayonner tout autour pour visiter.

La ville la plus fréquentée pour rayonner dans l’ouest de l’île, c’est La Canée (ou Chania). Mais Paleóchora peut également constituer un excellent « camp de base » pour visiter cette partie occidentale de la Crète.

Une ruelle calme de la ville de La Canée (Chania) (Crète)
La Canée
Vue sur Paleochora depuis les ruines de la forteresse (Crète)
Paleóchora

Nous avons visité les deux et bien sûr, les deux valent le coup ! Simplement, La Canée est plutôt destinée à ceux qui recherchent une grande ville animée (108.000 habitants, banlieue comprise), alors que Paleóchora est un village qui a su garder une dimension humaine (2.500 habitants…), bien qu’étant animé le soir quand même, avec tous ses bars et restaurants.

En voiture, il y a pas mal de sites à visiter autour de Paleóchora, en voici quelques-uns.


Elle est située à 58 kilomètres de Paleóchora (1h20 en voiture).

La plage aménagée de Falassarna (Crète)
La plage de Falassarna

Il s’agit en fait d’une succession de plages de sable fin, de petites criques et, par endroits, de dunes.

Une petite crique à côté de la plage de Falassarna (Crète)
Les petites criques de Falassarna

Le tout s’étend sur trois kilomètres. Chacun a donc de quoi y trouver son compte.

Dunes de sable à côté de la plage de Falassarna (Crète)
Les dunes de Falassarna

La plage principale est aménagée : transats, parasols, snacks, et possibilité de pratiquer les sports nautiques ainsi que la plongée sous-marine.

Mais la plage est si longue qu’une partie seulement est aménagée, ce qui laisse toute la place qu’il faut à ceux qui ne louent pas de transat.

Et pour ceux qui veulent se retrouver seuls, il suffit de quelques minutes de marche pour découvrir très vite des petites plages et des petites criques désertes.

Une petite plage déserte à côté de la plage de Falassarna (Crète)

Une petite crique à côté de la plage de Falassarna (Crète)

La plage étant orientée à l’ouest, il arrive que le vent souffle. C’est donc également un spot apprécié des véliplanchistes, kitesurfers etc.

Kitesurfers en face de la plage de Falassarna (Crète)
Kitesurf à Falassarna

Enfin, les couleurs de l’eau sont si belles que les visiteurs passent une bonne partie de leur temps à y faire des selfies.

Les abords de la plage de Falassarna (Crète)
Deux instagrammeuses reviennent d’un shooting photo

Le littoral a été particulièrement préservé ici puisqu’il n’y a aucun hébergement sur la plage. Ils sont situés un peu en arrière et ne dénaturent donc pas le paysage.

Au bout de la plage, à l’extrémité nord, un petit chemin (20 minutes de marche ou 5 minutes de voiture) permet de rejoindre les ruines du village antique de Falassarna.

Enfin, d’un point de vue pratique, on trouve des parkings un peu partout le long des trois kilomètres de plage.


Elafonissi a la réputation d’être l’une des deux plus belles plages de Crète (avec Balos Beach, située plus au nord).

Elle est située à 47 kilomètres de Paleóchora par la route, mais à 14 kilomètres seulement à vol d’oiseau ! En effet, il n’y a pas de route le long du littoral et pour s’y rendre, il faut donc faire un détour en s’enfonçant dans les terres.

Une fois sur place, la plage est plutôt décevante car, malgré son joli lagon, elle n’a rien d’exceptionnel.

Le lagon avant l'arrivée en masse des touristes sur la plage d'Elafonissi
Le lagon d’Elafonissi

Il faut traverser ce lagon à gué pour rejoindre la petite île qui, elle, est beaucoup plus jolie et nature que la plage. Et paradoxalement, moins fréquentée !

Vue sur la mer depuis les dunes sauvages d'Elafonisi
Les dunes sauvages d’Elafonisi

Cette île est une succession de plages, de dunes et de criques peu fréquentées.

Une petite crique avec du sable rose sur l'île d'Elafonisi

Le sable est réputé être rose à Elafonissi, mais ce n’est vrai qu’à de rares endroits. De plus, quand il y en a, c’est du sable rose pâle et non pas rose vif, contrairement à ce que l’on voit sur les photos hyper-retouchées du web, mais qui ne reflètent en rien la réalité.

Nous avons écrit un article beaucoup plus détaillé sur Elafonissi : Elafonissi : la plus belle plage de Crète ?…

Il y est notamment question de savoir si cette plage mérite sa réputation ou pas. Selon nous, pas vraiment…


Elle est située à 48 kilomètres de Paleóchora, et juste à côté d’Elafonissi.

Elle est beaucoup moins connue que son illustre voisine mais du coup, elle est également beaucoup moins fréquentée, et c’est tant mieux !

Au bout de la plage sauvage et isolée de kedrodasos (Crète), petite crique qui donne sur la mer turquoise et translucide.
Kedrodasos

On y accède après une courte marche (10 minutes). A la sortie d’une agréable zone de genévriers, on débouche sur la plage.

Arrivée à la plage sauvage et isolée de Kedrodasos (Crète), bordée de genévriers et qui donne sur la mer turquoise et translucide.
L’arrivée sous les genévriers

Contrairement à Elafonissi, la plage est sauvage et elle n’est pas bondée l’été.

Au bout de la plage sauvage et isolée de kedrodasos (Crète), baignade dans une petite crique qui donne sur la mer turquoise et translucide.
Baignade à Kedrodasos en plein mois d’août

Kedrodasos n’est pas une plage aménagée : il n’y a ni transat, ni parasol, ni snack etc. Bref, quand on y va, il faut tout prévoir : parasol ou casquette, crème solaire, de quoi manger et surtout beaucoup d’eau notamment l’été, la chaleur pouvant être écrasante, comme partout en Crète.

Vue sur les genévriers qui donnent sur la mer turquoise et translucide, à la plage sauvage et isolée de Kedrodasos (Crète).
Genévriers à Kedrodasos

Nous avons également dédié un article à part entière à cette plage coup de cœur : la plage sauvage et méconnue de Kedrodasos.

Un conseil : allez-y vite avant qu’elle ne devienne trop connue, et qu’elle ne soit à son tour prise d’assaut, comme Elafonissi…


Agia Roumeli est située à une heure de bateau de Paleóchora. On ne peut pas y aller en voiture.

C’est le point d’arrivée de la fameuse randonnée des gorges de Samaria. Les randonneurs qui y arrivent n’y restent pas et repartent sitôt leur rando terminée. Et c’est dommage car ce village mérite une petite visite à part entière.

Le petit village d'Agia Roumeli entre mer et montagnes (Crète)
Le tout petit village d’Agia Roumeli

Ponts vénitiens, ruines d’une forteresse ottomane, églises byzantines, chapelle troglodyte… Les curiosités ne manquent pas autour de ce charmant petit village.

La chapelle troglodyte Agios Antonios (Saint-Antoine) à proximité d'Agia Roumeli (Crète)
La chapelle troglodyte Agios Antonios (Saint-Antoine)
Les ruines de la forteresse ottomane sur les hauteurs d'Agia Roumeli (Crète)
La forteresse ottomane

Et comme partout sur le littoral crétois, il y des plages à Agia Roumeli. A la sortie du village, la jolie plage de Mashali est d’origine volcanique.

La plage volcanique déserte de Mashali à Agia Roumeli (Crète)
La plage de Mashali en plein mois d’août

Les infos sur Agia Roumeli sont rarissimes sur le web, nous avons donc consacré à ce joli petit village tranquille un article détaillé : Agia Roumeli et les gorges de Samaria.

Couple de chèvres à proximité d'Agia Roumeli (Crète)
Deux habitantes d’Agia Roumeli





Tenerife : la destination bon plan…

Difficile de résumer l’île de Tenerife (Canaries) en quelques mots. Des petits villages perchés, des plages sauvages, des volcans partout, des villes coloniales multicolores, mais aussi une météo agréable toute l’année et une gastronomie délicieuse ! Que demander de plus ?…

Sans compter que cette destination pas très chère est accessible depuis l’Europe en trois ou quatre heures à peine.

Bref, Tenerife a tout du bon plan. Voici un exemple de tout ce que l’on peut découvrir en quelques jours seulement sur cette île dépaysante…


  1. Le plus beau village de l’île : Masca
  2. L’ascension du volcan Teide et les randonnées dans la caldeira
  3. Les villes coloniales
  4. Les plages
  5. Le Parc Rural d’Anaga


Masca est un minuscule village de 99 habitants.

Sur de nombreux sites et blogs, il est présenté comme le plus beau village de Tenerife. C’est donc pour nous faire notre propre idée que nous nous y sommes rendus.

Le village se divise en deux parties séparées de quelques centaines de mètres. Posée au pied d’un pain de sucre emblématique, la partie basse est la plus touristique. Et c’est dans la partie haute, plus calme car sensiblement moins fréquentée, que vivent la plupart des habitants.

Vue sur la montagne depuis le village de Masca
Le village du haut vu depuis le village du bas

Très isolé, Masca est resté accessible uniquement à pied et à dos d’âne pendant très longtemps. Puis une route a fini par être construite, et l’électricité est arrivée. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore, accéder à ce petit village se mérite.

Car la route est à la fois très sinueuse et étroite, à tel point qu’il faut régulièrement s’arrêter sur le bord pour pouvoir laisser passer les voitures d’en face. Par contre, le bitume est en excellent état.

La route en lacets qui mène à Masca, dominée par une imposante montagne
Masca (en bas à gauche) et la route pour y accéder


  • Visiter le village du bas

Le principal attrait de Masca réside dans la vue d’ensemble des quelques maisons posées aux pieds du rocher de Catana, un pain de sucre photogénique, avec vue sur la mer au loin.

Situées sur une arête rocheuse et encadrées par deux précipices, ces habitations traditionnelles ont été construites sur les quelques rares mètres carrés du coin qui sont plus ou moins horizontaux !

Le petit village de Masca devant son pain de sucre, le rocher de Catana, avec la mer et les montagnes en arrière-plan
Masca : le village du bas

La place du village est dotée à la fois d’une jolie petite église, d’un vieil arbre impressionnant, d’une vue imprenable sur le village et d’un bar restaurant.

L'ermitage de l'Immaculée Conception, sur la place du village de Masca, sous le fameux laurier indien et avec les montagnes en arrière-plan
L’ermitage de l’Immaculée Conception

L’église fut construite au XVIIIe siècle avec des pierres volcaniques et du bois de thé.

Photo de nuit de la place du village de Masca, de l'ermitage de l'Immaculée Conception et du laurier indien de la place
Le fameux laurier indien de la place de Masca


Il est construit à flanc de colline, ce qui signifie que lorsqu’on s’y promène, soit on monte, soit on descend mais une chose est sûre : on ne marche jamais à l’horizontale !

Une chêvre au premier plan, et en arrière-plan la vue sur le petit village de Masca devant son pain de sucre, le rocher de Catana, avec la mer et les montagnes au fond
Le village du bas (à droite) vu depuis celui du haut

Soleil couchant sur la montagne au-dessus du village de Masca

Il n’y a pas une foule de choses à faire là-haut (néanmoins, il ne faut surtout pas rater le restaurant Casa Riquelme et sa terrasse divine, voir les infos pratiques ci-dessous). Mais la balade est agréable dans de jolies petites ruelles fleuries, coincées entre la mer, la montagne et le ravin.

Coucher de soleil sur la mer depuis le village de Masca
Une habitation au bord du précipice

Soleil couchant sur la montagne depuis le village de Masca
La montagne qui surplombe Masca


  • Faire la randonnée du Barranco de Masca

Barranco signifie ravin. La rando du Barranco de Masca, c’est la randonnée qui relie Masca à la plage et à la mer en passant par les gorges, à travers le réputé parc rural de Teno.

Soleil couchant sur la montagne et sur le village de Masca et le rocher de Catana

On arrive à l’océan sur une jolie plage de sable noir, la Playa de Masca.


Masca a beau n’être qu’un petit hameau, il est quand même doté d’un musée ethnographique : il raconte l’histoire des habitants de Masca, depuis ses premiers occupants aborigènes.

Le lien : musée ethnographique de Masca.


Outre son musée ethnographique, Masca compte quelques commerces et services : une poignée d’hébergements, une dizaines de bars-restaurants, un centre de la nature et une boutique de souvenirs. Rien de plus, mais c’est déjà pas mal pour un si petit village.


L’accès à ce sentier de randonnée est rigoureusement réglementé pour des raisons de sécurité, car une fois qu’on est au fond du ravin, il suffit d’un changement brusque de météo (ce qui arrive fréquemment par ici), par exemple une crue subite de la rivière, pour que les randonneurs se retrouvent coincés et exposés à des dangers potentiels.

Cela s’est déjà produit par le passé, c’est pour cette raison qu’il faut désormais réserver sa randonnée à l’avance, via le site officiel Camino Barranco de Masca.

L’itinéraire va de Masca à une plage de sable volcanique noir.

Distance : 10 km aller - retour

Durée : 3 bonnes heures à l'aller (en descente), 4 bonnes heures au retour (en montée).

Dénivelé : 800 m+ et 800 m- environ

Niveau de difficulté : élevé

Prix (écotaxe) : 28 euros par adulte, 14 euros par mineur

Les départs se font exclusivement le matin, pour que tout le monde ait le temps de rentrer dans la journée, y compris les marcheurs lents : on part avant 11h00 l’été, et avant 10h30 l’hiver.

Enfin, il y a le centre de la nature de Masca. C’est une sorte d’office du tourisme spécialisé sur ce sentier de randonnée du Barranco de Masca. Il est situé juste en-dessous de la place de Masca.

Plus d’infos : centre de la nature de Masca.

La montagne et la végétation tropicale autour du village de Masca


Il y a une dizaine de restaurants à Masca, tous ouverts en haute saison. Lors de notre venue, ils étaient quasiment tous fermés alors que nous n’étions pourtant que fin septembre. Prévoyez donc de quoi manger si vous venez hors saison, surtout le dimanche, qui est souvent le jour de fermeture hebdomadaire.

Et justement, le dimanche de notre arrivée, aucun resto n’était ouvert. On nous avait conseillé d’aller quand même jeter un œil chez Riquelme, dans la partie haute du village, la moins touristique.

Le restaurant Casa Riquelme au village de Masca
La trouvaille : le resto Casa Riquelme

A peine arrivés devant (il est 17h00), un type qui passe par là nous demande ce que nous voulons. Nous répondons que nous aurions bien aimé y manger le soir. Ce type, il s’avère que c’est Riquelme.

Il nous propose gentiment de revenir vers 20h00-20h30. Bien que son resto soit fermé, il nous promet qu’il l’ouvrira rien que pour nous !

Par contre, il nous prévient que ce sera menu unique : assiette charcuterie – fromage, puis poulet en sauce avec pommes de terre à la canarienne, et pas de dessert : il n’en a plus !

Assiette charcuterie fromage olives chez Riquelme à Masca, sur la terrasse, face au coucher du soleil sur la mer
Chez Riquelme, le repas pris en terrasse

Ce menu nous convient à merveille mais nous sommes un peu gênés que Riquelme n’ouvre son resto que pour nous. Il nous certifie que ça ne lui pose aucun problème et que nous sommes les bienvenus. Nous acceptons, ravis.

Lorsque nous revenons le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que le resto comporte une jolie petite terrasse que nous n’avions pas vue trois heures plus tôt.

La terrasse éclairée du restaurant Casa Riquelme dans le petit village de Masca, avec le coucher du soleil sur la mer en arrière-plan
Casa Riquelme : la terrasse face à la mer

Elle n’est pas très grande car construite à flanc de colline mais le peu de place qu’il y a sur cette pente a été parfaitement optimisé. D’un côté, la terrasse domine la mer et de l’autre, elle est surplombée par la montagne.

Au milieu des cactus et des bougainvillées, le cadre est simple mais enchanteur.

La terrasse du restaurant Casa Riquelme dans le petit village de Masca, avec le coucher du soleil sur la mer en arrière-plan
Vue sur la mer…
La terrasse éclairée du restaurant Casa Riquelme dans le petit village de Masca, avec la montagne en arrière-plan
… et vue sur la montagne

Nous regardons tranquillement le soleil se coucher en sirotant une ou deux bières, alors que nous sommes absolument seuls dans ce bout-du-monde sublime. Un privilège.

Nous ne pouvons que recommander ce petit resto : le repas, bon et pas cher, est fait maison. Et Riquelme, qui est un personnage haut en couleur, réserve un excellent accueil à ses visiteurs.

La vue sur le coucher du soleil sur la mer depuis la terrasse du restaurant Casa Riquelme, dans le petit village de Masca
La vue depuis la terrasse

Si la terrasse a des airs de petit paradis, l’intérieur du resto semble lui aussi plutôt agréable.

La salle et le bar du restaurant Casa Riquelme, dans le petit village de Masca
La salle du restaurant Casa Riquelme, dans le petit village de Masca

Si vous souhaitez manger vous aussi chez Riquelme, ne perdez pas de temps à chercher ce restaurant dans la partie basse du village, celle qui est touristique : il est situé dans la partie haute, à une dizaine de minutes de marche (attention, ça monte quand même un peu pour y aller mais la bonne nouvelle, c’est qu’au retour avec le ventre plein, ça descend !)


Il y a quelques hébergements à Masca, mais la plupart des visiteurs n’y dorment pas : le village n’est pour eux qu’un lieu de passage obligé et ils n’y restent en général qu’une heure ou deux, puis repartent.

Si toutefois vous y faites étape, comme nous, alors le plus simple pour trouver de quoi dormir à Masca, notamment en haute saison, consiste à réserver à l’avance via les plateformes habituelles : Booking (Masca), par exemple, propose six hébergements.

Nous en avons dégoté un qui cochait toutes les bonnes cases : Casa Berna.

La terrasse fleurie de l'hébergement Casa Berna, dominée par les montagnes, dans le petit village de Masca
Casa Berna : la terrasse et le jardinet

Il est idéalement placé (à 100 mètres du rocher de Catana, le fameux pain de sucre), avec un petit jardinet fleuri très agréable et une jolie vue sur les montagnes alentours. D’un point de vue pratique, on peut garer la voiture juste devant (la place est réservée).

L'hébergement Casa Berna, dominé par les montagnes et le rocher de Catana, dans le petit village de Masca
La terrasse de l'hébergement Casa Berna, dominée par les montagnes, dans le petit village de Masca
Casa Berna et sa terrasse

Deux chambres, cuisine équipée, terrasse, jardinet, parking, wi-fi, emplacement idéal, vue sur les montagnes…

Le prix : 95 euros la nuit pour quatre personnes.


Les voitures se garent toutes sur le parking situé sur le bord de la route qui mène à Masca. On ne peut pas le rater.

Quand on vient du sud, il y a un premier parking, tout petit (quelques voitures) au niveau du village du haut. 300 ou 400 mètres plus bas, il y en a un second, pas immense mais beaucoup plus grand quand même, qui surplombe le village du bas.

Attention, ils affichent vite complet tous les deux, notamment l’été.

On peut très bien se garer à un parking et aller à l’autre à pied, cela ne prend que quelques minutes de marche.

C’est au niveau du second parking qu’il y a un belvédère avec un superbe point de vue sur le village : tous les visiteurs s’y arrêtent pour prendre leurs photos.

Le petit village de Masca devant son pain de sucre, le rocher de Catana, avec la mer et les montagnes en arrière-plan
Juste en-dessous du belvédère

C’est de là également que part le petit chemin qui descend dans le hameau, jusqu’au pain de sucre. Le dénivelé est assez fort, sur un chemin en partie pavé, et le retour montant peut s’avérer un peu fatigant pour les personnes en mauvaise condition physique. Toutefois, ce chemin n’est pas très long (+/- 300 mètres environ).

Si vous avez réservé un hébergement en bas (comme Casa Berna par exemple), vous pouvez y descendre en voiture mais attention, le chemin est si étroit qu’on a du mal à y croiser… les piétons ! Or, ils sont justement nombreux à arpenter ce chemin dans les deux sens. C’est un peu galère mais ça se fait quand même.

Culminant à 3718 mètres d’altitude, le volcan Teide (qui se prononce Té-i-dé) est non seulement le plus haut sommet des îles Canaries, mais aussi celui de l’Espagne et de tout l’Océan Atlantique. Pourtant, il est loin de figurer parmi les plus hauts volcans du monde. Du moins si l’on mesure leur hauteur par rapport au niveau de la mer.

Car si l’on prend en compte leur hauteur totale, c’est-à-dire depuis leur base située au fond des océans, le Teide devient alors… le troisième volcan le plus haut du monde ! Seuls deux volcans hawaïens le précèdent.

Vue aérienne sur l'île de Tenerife, dominée par le volcan Teide
Le volcan Teide domine l’île de Tenerife

Depuis le plancher océanique, la hauteur réelle du Teide dépasse ainsi les 7000 mètres, ce qui en fait une montagne située à mi-chemin entre… le Mont Blanc et l’Everest !

On peut faire l’ascension de cette impressionnante montagne volcanique à pied mais aussi en téléphérique. Depuis le sommet, on peut assister à des levers et couchers du soleil majestueux.

Coucher de soleil depuis le volcan Teide, au-dessus de la mer de nuages
Le coucher du soleil depuis le Teide

Mais il y a également de nombreuses randonnées à faire dans les paysages lunaires de la caldeira : soit au milieu des nombreux volcans qu’elle contient, soit à travers une végétation étonnante, ou encore sur des chemins qui descendent tranquillement jusqu’à l’océan…

Bref, c’est tout le parc national du Teide qui est une pure merveille : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est d’ailleurs le parc le plus visité d’Europe.


Une route unique traverse entièrement le parc national du Teide et mène jusqu’au volcan.

La route TF-21 est l'unique route qui traverse entièrement le parc national du Teide et sa caldeira
L’unique route qui traverse entièrement le parc

Mais elle permet aussi d’observer des panoramas exceptionnels tout au long du chemin. Notamment, il y a des cratères partout, souvent drappés de nuages.

Volcans, nuages et forêts dans le parc national du Teide

Si vous y allez entre fin mai et début juillet, vous aurez la chance de pouvoir observer l’une des stars des lieux, la vipérine de Tenerife, en pleine floraison.

Une vipérine de Tenerife fanée, cette plante herbacée endémique de l'île de Tenerife
Une vipérine de Tenerife fanée (en septembre)

C’est à cette époque de l’année que cette magnifique plante herbacée, endémique de l’île et qui peut atteindre les deux à trois mètres de haut, se pare de centaines de petites fleurs couleur rouge corail.

En poursuivant la route vers le Teide, il y a le passage obligé aux Roques de Garcia. Il s’agit de formations rocheuses aux formes tourmentées, derrière lesquelles on aperçoit le volcan, au loin.

Aux Roques de Garcia, le Roque Cinchado et en arrière-plan, le Teide
Les Roques de Garcia et en arrière-plan, le Teide

Le plus connu de ces rochers, le Roque Cinchado, semble tenir miraculeusement en équilibre au milieu d’un décor de western.

Aux Roques de Garcia, le Roque Cinchado dans un décor de western
Le Roque Cinchado

Un peu plus loin, c’est la dernière ligne droite vers le maître des lieux : le Teide.

La partie finale de la route TF-21, qui mène au volcan Teide


Le volcan Teide étant un site naturel d’exception, il est victime de son succès. Aussi, pour le préserver du tourisme de masse, les autorités ont instauré l’obligation d’obtenir un permis pour en faire l’ascension.

Le but est forcément noble mais l’inconvénient, c’est que ce permis est assez long obtenir : il faut compter deux à trois mois minimum, et parfois un ou deux mois de plus, notamment en haute saison.

C’est ce qui dissuade bon nombre de touristes de tenter l’expérience car, ne connaissant pas l’existence de ce permis obligatoire, ils en font souvent la demande trop tard par rapport aux dates de leur voyage, alors qu’ils ont déjà réservé l’avion.

Si c’est votre cas, il vous reste quand même trois options pour vous rendre au sommet du géant : faire l’ascension soit de nuit (pour laquelle l’autorisation n’est pas nécessaire), soit en téléphérique, soit avec un tour-opérateur et ses guides officiels.

Le soleil se couche sur la mer de nuages au-dessus de la caldeira du volcan Teide
Coucher de soleil depuis le sommet du Teide


Tout d’abord, il faut savoir que ce permis est gratuit, mais que seuls 200 permis sont délivrés chaque jour (guides officiels compris).

Attention : il est nominatif, ce qui signifie que vous êtes la seule personne à pouvoir en bénéficier. Les contrôles existent réellement (notamment à l’entrée du sentier Telesforo Bravo, c’est-à-dire entre l’arrivée du téléphérique et le sommet du Teide), et il vous faudra présenter à la fois votre permis d’ascension et votre pièce d’identité).

Enfin, il faut savoir que ce permis ne concerne pas toute l’ascension du Teide, mais seulement sa partie finale, qui commence à la Rambleta, c’est-à-dire la partie supérieure du téléphérique, située à 3555 mètres d’altitude, et va jusqu’au sommet. En-dessous, pas besoin de permis.

Voilà pour les généralités.

En résumé, pour obtenir son permis, la règle est simple : il faut préparer son voyage longtemps à l’avance.

La caldeira vue depuis la station basse du téléphérique, sur les flancs du volcan Teide
La caldeira vue depuis le Teide


Le permis est obligatoire pour grimper au sommet en journée, de 9h00 à 17h00. Avant 9h00 et après 17h00, plus besoin de permis.

La date ainsi que le créneau horaire sont choisis au moment ou l’on fait la demande de permis. Ce qui signifie qu’il y a zéro flexibilité, et qu’il faut espérer qu’il fera beau ce jour-là : c’est le principal inconvénient.

La demande de permis doit être effectuée via le site officiel de réservation des parcs nationaux espagnols : reservasparquesnacionales.es (soyez patients, la connexion est parfois incroyablement longue).

L'ombre gigantesque du volcan Teide sur la caldeira et sur la mer de nuages, pendant le coucher du soleil
L’ombre du Teide sur la caldeira


Malgré toutes ces contraintes, il est quand même autorisé de grimper sans permis en haut du Teide, avant 9h00 et après 17h00. Ce qui laisse plusieurs options.


Pour cette option, la règle est d’être au sommet avant 9h00. Il ne faut donc pas hésiter à planifier un départ vers 2h00 du matin.

Le principal avantage, c’est qu’on peut choisir la date de l’ascension un jour où les prévisions météo sont bonnes. Alors qu’avec le permis réservé plusieurs mois à l’avance, on n’a aucune certitude de ce côté-là.

Pour cette ascension de nuit, le départ se fait au parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude).

Il ne faut pas négliger le mal des montagnes, qui peut rendre l’ascension pénible et la faire durer beaucoup plus longtemps que prévu. D’où l’importance de prévoir une petite marge afin d’être sûrs d’arriver là-haut avant 9h00…


L’itinéraire est exactement le même que pour l’ascension de nuit, mais on monte sur deux jours au lieu d’un, en passant la nuit au refuge. On fait donc la première étape, qui va du parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude) au refuge (3260 mètres d’altitude) le premier jour sachant que pour cette étape, le permis n’est pas nécessaire. Puis on fait l’ascension finale tôt le lendemain matin (n’oublions pas que sans permis, il faut être au sommet avant 9h00), après la nuit passée au refuge.

Du coup, pour ceux qui sont sensibles au mal des montagnes, cette option peut être une solution intéressante : elle permet en effet de s’acclimater une nuit entière à 3260 mètres, au lieu d’enchaîner non stop jusqu’au sommet (3718 m).

Attention : le refuge est toujours complet, il faut donc le réserver des semaines à l’avance, et parfois bien plus… Ce qui pose finalement le même problème que pour l’obtention du permis d’ascension, avec d’une part l’obligation de s’organiser longtemps avant le voyage, et d’autre part celle de choisir une date fixe…


En choisissant cette option, vous n’avez aucune formalité à accomplir pour obtenir le permis, c’est le tour-opérateur qui s’en charge lui-même ! Ainsi, le principal avantage est la très forte diminution du délai pour obtenir le permis : il passe de plusieurs mois si vous faites les formalités vous-même, à quelques jours seulement avec cette option clé-en-main ! Et en plus, vous ne vous occupez de rien…

Avec cette option, en haute saison, on peut en principe réserver seulement 8 à 10 jours à l’avance (faites-le quand même un peu plus tôt si vous pouvez, histoire d’être sûrs d’avoir une place). En basse saison, il arrive même que le délai descende à 2 ou 3 jours !

Le lien : Volcano Teide.com

Pour cette formule d’ascension, la durée annoncée est d’environ 6h00, et le prix de 135 euros par personne.

A peu près tout est inclus : le permis donc, mais aussi l’aller-retour en téléphérique, le guide (en espagnol ou en anglais, mais pas en français)… Il vous reste juste à prévoir de quoi manger et boire.


Attention : avec cette option, on n’atteint pas tout à fait le sommet du Teide car on s’arrête à la Rambleta (la station du haut du téléphérique) située à 3555 mètres d’altitude. C’est-à-dire juste en-dessous du sommet du géant (3718 m).

Tarifs de l’aller-retour en téléphérique en journée, de 9h00 à 18h00 (l’horaire varie légèrement en fonction de la saison) :

  • 41 euros par adulte
  • 20,50 euros par enfant (moins de 13 ans)

L’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins 3 ans, aux femmes enceintes ni aux personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.

L’accès aux personnes handicapées serait à l’étude mais n’existe pas à l’heure actuelle.

Le téléphérique au niveau de la station basse, sur les flancs du volcan Teide
La station du bas du téléphérique (2556 m)

A noter qu’il ne faut que 8 minutes au téléphérique pour effectuer le trajet.

Pour réserver son billet de téléphérique en journée : Volcano Teide téléphérique de jour

Même si on n’est pas tout à fait au sommet du volcan, il faut bien avouer que le panorama est exceptionnel là aussi, surtout si l’on choisit l’option du téléphérique au coucher du soleil. Il faut alors réserver quelques jours à l’avance, et c’est l’option que nous avons choisie.

La caldeira du volcan Teide et la mer de nuages vus depuis la Rambleta, éclairés par la lumière chaude du soleil couchant
La vue sur la caldeira depuis la Rambleta (la station du haut du téléphérique, à 3555 m)

Le prix n’est pas donné (70 euros par adulte, 49.50 euros par enfant de 8 à 13 ans) mais le spectacle en vaut tellement la peine…

Il faut noter que l’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins de 8 ans.

La caldeira du volcan Teide et la mer de nuages vus depuis la Rambleta, éclairés par la lumière chaude du soleil couchant

Attention : des vêtements longs (pantalon, veste etc.) sont obligatoires pour l’option téléphérique au coucher du soleil. Si vous avez un short ou un T-shirt, vous ne passerez pas, les agents sont intransigeants sur ce point.

Le soleil se couche sur la mer de nuages au-dessus de la caldeira du volcan Teide

Il se peut en effet qu’il fasse extrêmement froid là-haut, 0°C voire parfois moins, c’est pourquoi cette règle de sécurité est incontournable : ceux qui ne la respectent pas sont refoulés et non remboursés, y compris lorsque la température là-haut est de 10 ou 15°C.

Le soleil vien de se coucher sur la mer de nuages au-dessus de la caldeira du volcan Teide. Au premier, plan le cratère béant d'un volcan
Un cratère, en contrebas

Le seul inconvénient de cette formule, c’est qu’elle est très encadrée. Il y a 90 personnes réparties en trois groupes d’une trentaine de personnes chacun, avec un guide par groupe.

On va au rythme du guide et, pour des raisons écologiques, on n’est pas autorisé à sortir du chemin, l’écosystème tout autour étant fragile. Mais heureusement, le spectacle vaut le coup quand même.

Andres sur le sentier de la Rambleta devant les couleurs du ciel juste après le coucher du soleil
Andres, guide officiel

Pour réserver son billet de téléphérique au coucher du soleil : Volcano Teide coucher du soleil

Durée : 2 heures environ.


Il existe de nombreuses façons de découvrir les beautés du parc national du Teide, puisqu’il comporte pas moins de 41 itinéraires balisés de randonnées !

Un excellent site décrit dans le détail un grand nombre de ces randonnées : webtenerife.

Distance, dénivelé, altitude, niveau de difficulté, descriptif de l’itinéraire, vidéos, tout y est ! N’hésitez pas à vous y référer pour choisir et planifier vos randos…

Le volcan Teide, l'intérieur de la caldeira, la mer de cendres, la forêt de pins et quelques roches volcaniques, vus depuis le volcan Trevejo
Au fond, le Teide

Parmi tous ces sentiers de randonnées, celui qui mène au Chinyero. Ce volcan qui culmine à 1552 mètres d’altitude est notamment connu pour avoir été le dernier en éruption sur toute l’île de Tenerife. C’était en 1909.

Le départ se fait dans le petit village de San Jose de Los Llanos.

Une maison coloniale colorée éclairée par le soleil levant dans le petit village de San Jose de Los Llanos
Le départ de la rando, à San Jose de Los Llanos

En partant tôt le matin, on aperçoit le soleil se lever au loin, derrière les volcans vers lesquels on se dirige.

Le soleil se lève derrière le volcan Teide, vu depuis le petit village de San Jose de Los Llanos
Lever du soleil sur les volcans, depuis San Jose de Los Llanos

Très vite, on quitte le village pour s’enfoncer dans une jolie forêt de pins, dans laquelle on va marcher un bon petit moment.

Le petit village de San Jose de Los Llanos éclairé par la lumière chaude du soleil levant, vu depuis la forêt de pins
On quitte le village pour la forêt

Le dénivelé montant est modéré, ce qui rend la marche plutôt facile et agréable. Et le sentier est si bien balisé qu’il n’est pas possible de se tromper.

Randonnée dans la forêt de pins entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
Bonne direction : continuer
Randonnée dans la forêt de pins entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
Mauvaise direction : faire demi-tour

La sortie de la forêt est mémorable car elle coïncide avec l’arrivée dans la caldeira, face à un joli volcan, le Trevejo.

Son éruption de 1706 ravagea le vieux port de la ville de Garachico, située 8 kilomètres en contrebas. La lave eut beau s’arrêter aux pieds de l’église, l’édifice s’enflamma quand même à cause de l’extrême chaleur due à la proximité de la lave.

Cette éruption, qui amorça le déclin de la ville, fut celle qui eut le plus de conséquences sociales et économiques dans toute l’histoire volcanique de l’île.

Vue sur le volcan Trevejo, pendant la randonnée dans la forêt de pins entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
Le volcan Trevejo

En arrière-plan du Trevejo, on aperçoit au loin le Teide, majestueux.

Vue sur le volcan Teide, pendant la randonnée dans la forêt de pins entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
Au loin, le Teide

A partir de là, on rejoint le Chinyero en empruntant des chemins de lave sur laquelle prospèrent les pins.

Chemin de lave et de roches volcaniques, pendant la randonnée entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
Randonneuse au milieu des roches volcaniques dans la forêt de pins, pendant la randonnée entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero

Si vous faites cette rando et qu’au retour, comme nous, vous n’êtes pas encore rassasiés par ces paysages, alors vous pouvez faire une petite bifurcation juste après avoir fait demi-tour au Chinyero.

Une petite extension de 2 kilomètres (donc 4 km aller-retour) en direction des Sables Noirs (Arenas Negras) permet alors de continuer à en prendre plein les yeux dans ces paysages lunaires.

Panneaux directionnels dans la forêt de pins, pendant la randonnée entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero

Cela permet de prolonger le plaisir au milieu d’amas de roches volcaniques, dont la noirceur contraste avec le vert des pins omniprésents. Sur cette partie, le dénivelé est un peu plus prononcé que sur le parcours précédent mais la distance de cette extension étant relativement courte, ça passe sans trop de difficulté.

Randonneuse au milieu des roches volcaniques dans la forêt de pins, pendant la randonnée entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero

Ensuite, le retour se fait sur le même chemin que l’aller. On repasse donc devant le Trevejo. Il faut noter qu’il est interdit d’en faire l’ascension car il s’agit d’un milieu fragile qui doit être préservé, comme l’indique un gros panneau situé juste devant.

Vue sur le volcan Trevejo depuis la forêt de pins, pendant la randonnée entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
Le Trevejo

Il ne reste plus qu’à traverser la forêt de pins en sens inverse jusqu’à San Jose de Los Llanos.

La petite église de San Jose de Los Llanos, point de départ de la randonnée entre San Jose de Los Llanos et le volcan Chinyero
La petite église de San Jose de Los Llanos

D’un point de vue pratique, il y a un petit parking municipal gratuit juste à côté de l’église, où l’on peut laisser la voiture pendant toute la rando.


San Cristobal de La Laguna (classée au patrimoine mondial de l’Unesco) et La Orotava sont généralement présentées comme les deux plus belles villes coloniales de l’île.

La Orotava est une ville que l’on pourrait presque qualifier de verticale ! Car il faut avoir des mollets solides pour arpenter son dénivelé très marqué, à flanc de colline. La ville historique est située dans la partie basse (aussi, gare à vous si votre hôtel est, lui, dans la partie haute !)

Cette place est un lieu incontournable de la ville puisqu’elle comprend plusieurs points d’intérêt.

D’un côté, on trouve l’église San Agustin. Elle abritait à une époque un ancien couvent de moines augustins.

L'église San Agustin à La Orotava
L’église San Agustin

Un peu plus loin, on a une jolie vue dégagée sur la mer ainsi que sur une partie de la ville.

La vue sur la mer depuis la place de la constitution de La Orotava

A l’opposé se trouve le Liceo de Taoro. Il s’agit d’un palais urbain du 20e siècle, entouré de jardins abondants et fleuris.

Le Liceo de Taoro, dans la ville coloniale de La Orotava
Le Liceo de Taoro

Il accueille aujourd’hui des expositions d’art ainsi que des concerts, mais on peut également y boire un verre.

Une salle d'époque du Liceo de Taoro, dans la ville coloniale de La Orotava
Le liceo de Taoro

Enfin, au centre de la place, on trouve un joli kiosque de style mauresque.

Il est un peu devenu au fil du temps l’emblème de la place.

Au rez-de-chaussée et à l’ombre des arbres, il abrite un bar-restaurant qui sert des plats canariens typiques.

Le fameux kiosque de style mauresque, dans la ville coloniale de La Orotava


Construite au 16e siècle puis détruite au 18e par des séismes, et enfin reconstruite 60 ans plus tard, elle est aujourd’hui considérée comme le plus bel exemple d’architecture baroque des Canaries.

L'église Notre-Dame de la Conception, dans la ville coloniale de La Orotava
L’église Notre-Dame-de-la-Conception

Inspiré de celui de la cathédrale de Florence, son dôme constitue sa caractéristique architecturale la plus notable.

L'église Notre-Dame de la Conception et les façades colorées des maisons coloniales, dans la ville coloniale de La Orotava


Encore appelés Jardins Victoria, c’est en guise de protestation qu’ils furent construits au 19e siècle par la marquise de la Quinta Roja. En effet, à la mort de son fils, l’évêché ordonna qu’il fut enterré dans le cimetière des non catholiques, au motif qu’il appartenait à la franc-maçonnerie.

Les Jardins du marquisat de la Quinta Roja et le Liceo de Taoro, dans la ville coloniale de La Orotava

Pour contourner cette véritable humiliation, la marquise fit construire ces jardins, au milieu desquels se trouve le mausolée destiné à son fils.

Les Jardins du marquisat de la Quinta Roja et le mausolée de la Marquise, dans la ville coloniale de La Orotava

L’évêché finit par revenir sur son interdiction et l’enterrement put avoir lieu dans le caveau familial, mais ce mausolée constitue aujourd’hui encore un symbole fort contre l’intolérance religieuse.


Il a été conçu pour être la pépinière de son voisin, le jardin d’acclimatation. C’est pourtant un superbe jardin à part entière, qui constitue un véritable poumon vert en plein cœur de la ville.

Un dragonnier de Tenerife, dans le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste) de la ville coloniale de La Orotava
Un dragonnier des Canaries
Un oiseau de paradis, dans le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste) de la ville coloniale de La Orotava
Un « oiseau de paradis »

Déclaré bien culturel en tant que jardin historique, il est très fourni en plantes tropicales.

Un fuschia hybride, dans le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste) de la ville coloniale de La Orotava
Un fuschia hybride
Gros plan d'une feuille en contrejour, dans le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste) de la ville coloniale de La Orotava
Un anthurium, dans le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste) de la ville coloniale de La Orotava
Un anthurium


Qui dit ville coloniale dit ruelles colorées, et La Orotava ne fait pas exception à la règle.

Les façades colorées des maisons dans les ruelles de la ville coloniale de La Orotava
Les façades colorées des maisons dans les ruelles de la ville coloniale de La Orotava
Une maison colorée dans une ruelle pentue

La seule chose, c’est que ces maisons se méritent ! En effet, le fort dénivelé de la ville oblige à monter ou à descendre en permanence dans des rues parfois très pentues.

Les façades colorées des maisons dans les ruelles de la ville coloniale de La Orotava
La façade colorée et le balcon à encorbellement d'une maison dans les ruelles de la ville coloniale de La Orotava


Il s’agit d’un bâtiment néoclassique abritant une riche collection de peintures.

L'hôtel de la ville dans la ville coloniale de La Orotava
L’hôtel de ville


C’est une ville classée au patrimoine de l’Unesco. Les églises y sont si nombreuses qu’on la surnomme parfois « la Florence des Canaries ». Aujourd’hui, on l’appelle surtout par son diminutif : La Laguna.


L’église fut détruite par un incendie en 1964 et n’a toujours pas été reconstruite.

Le clocher du couvent San Agustin et la végétation dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Le clocher du couvent San Agustin

En revanche, on peut accéder à son cloître qui abrite un jardin luxuriant.

Le clocher du couvent San Agustin, son cloître et sa végétation dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Le cloître San Agustin

Les salles attenantes abritent des expositions d’art réalisées par des artistes ténérifiens.


C’est la toute première église qui fut construite sur l’île (1502).

L'église Notre-Dame de la Conception et la place de la Conception, dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Le clocher de N-D de la Conception

Sa principale attraction quand on la visite, c’est la possibilité de monter au sommet du clocher pour admirer la ville d’en-haut.

Quand vous êtes là-haut, regardez bien l’heure.

Car toutes les quinze minutes, toutes les cloches se mettent à sonner en même temps, et ça explose les tympans…

Le clocher de l'église Notre-Dame de la Conception, dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Le clocher de N-D de la Conception


L’édifice d’origine est une petite chapelle construite en 1511, qui fut aménagée à plusieurs reprises au fil des siècles, pour aboutir à la cathédrale actuelle. Sa façade néoclassique fut construite en 1820.

La cathédrale de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
La cathédrale

Son grand dôme peut être vu depuis de nombreux endroits de la ville.

Le dôme de la cathédrale et une façade de maison colorée, dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna

A l’intérieur se trouve un trésor. Mais un vrai. Car c’est ici que sont rassemblées toutes les pièces d’orfèvrerie des Canaries. Des couronnes, les deux plus grands chandeliers en argent d’Espagne, des costumes d’époque richement décorés etc.

Des couronnes et leurs bijoux, dans la cathédrale de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
La Vierge et le Christ dans la cathédrale de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Des chandeliers dans la cathédrale de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna

Enfin, l’une des pièces majeures de cette cathédrale, c’est sa fameuse chaire en marbre de Carrare, très finement sculptée.

La chaire en marbre de Carrare, à l'intérieur de la cathédrale de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
A gauche, la chaire en marbre de Carrare


Il s’agit d’un palais baroque du XVIIe siècle, dont l’architecture est typique des Canaries.

Le palais Salazar à la tombée de la nuit, dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Le palais Salazar

Des galeries à colonnes encadrent le jardin, et l’intérieur du palais abrite une importante collection de peintures et de sculptures.

Le palais Salazar à la tombée de la nuit, dans la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna


La plupart des rues du centre historique sont piétonnes.

Les façades colorées des maisons dans une ruelle de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Les façades colorées des maisons dans une ruelle de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna

Elles permettent de se balader tranquillement de monument en monument, et sont remplies de commerces, de bars et de restaurants.

Des chaussures multicolores dans la vitrine d'un magasin de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna
Un magasin de chaussures

Les façades colorées des maisons dans une ruelle de la ville coloniale de San Cristobal de la Laguna, avec un clocher en arrière-plan

Il ne s’agit évidemment pas de faire ici une liste exhaustive de toutes les plages de Tenerife. Voici simplement quelques exemples de plages qu’on peut trouver tout autour de l’île, souvent très natures et très sauvages…

A propos de plages natures et sauvages, la Playa de Castro en est une !

Depuis la route où se trouve un petit parking, il faut marcher une bonne vingtaine de minutes sur la Rambla de Castro, un chemin qui offre de jolis points de vue sur la mer tout le long du littoral.

L'ermitage de San Pedro, au début de la Rambla de Castro, en allant à la Playa de Castro
L’ermitage de San Pedro, au début de la Rambla de Castro

Attention : le chemin descend à l’aller, le retour est donc plus difficile et plus long, surtout par forte chaleur. Il faut donc prévoir de l’eau par temps chaud.

La Casona de Castro domine la mer, sur la Rambla de Castro
La Casona de Castro

En poursuivant, on arrive au fortin de San Bernardo (XVIIIe siècle), qui domine l’océan.

Les canons du fortin San Bernardo dominent la mer, au-dessus de la Playa de Castro
La vue depuis le fortin San Bernardo

A partir de là, on attaque la descente finale vers la plage de Castro.

Le chemin descendant vers la Playa de Castro
Le chemin descendant à l’aller…
Le chemin qui remonte de la Playa de Castro
… et montant au retour !

Dominée par les palmiers dattiers, la Playa de Castro est une petite plage composée à la fois de sable volcanique noir et de galets.

Vue aérienne sur la Playa de Castro et ses palmiers dattiers
La Playa de Castro

Elle est coincée entre deux falaises et quand on foule enfin son sable noir, on comprend pourquoi beaucoup la considèrent comme l’une des plus belles plages de l’île. Y compris quand le soleil brille par son absence, comme lors de notre venue.

La Playa de Castro, son sable volcanique noir, les vagues de l'océan, la falaise et les palmiers dattiers
Playa de Castro

La Playa de Castro, son sable volcanique noir, les vagues de l'océan et la falaise
Playa de Castro

Deux cascades dégoulinent sur cette plage sauvage depuis le haut des falaises. La première n’est pas très impressionnante, la deuxième est le lieu de rassemblement de tou/te/s les intagrameurs/euses qui viennent jusqu’ici.

La cascade de la Playa de Castro tombe de la falaise sur un rocher posé sur la plage

Le site n’a pourtant rien d’exceptionnel mais apparemment, il plaît beaucoup.

L’eau atterrit sur un gros rocher posé sur la plage, et tout le monde se fait photographier devant.

La cascade de la Playa de Castro tombe sur un rocher posé sur la plage

Il faut préciser que la mer est parfois agitée ici, ce qui dissuade parfois les baigneurs de piquer une tête, mais cela ajoute à la magie de cette plage sauvage.

La Playa de Castro, son sable volcanique noir, les vagues de l'océan, la falaise et les palmiers dattiers
Playa de Castro

Les palmiers dattiers sous un ciel nuageux spectaculaire dominent la Playa de Castro


Nous sommes allés à cette plage par erreur, en cherchant à rejoindre la magnifique Playa de Benijo, l’une des plus belles de Tenerife paraît-il. Pensant à tort y être arrivés, nous n’avons hélas pas poussé plus loin que la Playa del Roque de Las Bodegas. Ce n’est que plus tard que nous avons réalisé notre erreur.

Vue sur la mer depuis les montagnes qui dominent la Playa de Benijo
Dans l’eau, les rochers de la Playa de Benijo

Bref, pour arriver à l’une puis à l’autre, il faut prendre une route qui descend de la montagne en offrant de jolis points de vue sur la mer. Comme un peu partout sur cette île, finalement.

Vue sur la mer et le village de Taganana, depuis la montagne
Le village de Taganana

La playa del Roque de las Bodegas est située à proximité du village de Taganana. Elle est vaste et bien qu’elle soit située en contrebas d’une route (pas trop passante), le massif d’Anaga qui la surplombe lui donne un certain charme.

La Playa del Roque de Las Bodegas, la mer, les vagues, la plage de sable volcanique noir et la montagne

Mais surtout, le gros avantage de cette plage familiale, c’est qu’elle est située à proximité d’un certain nombre de restaurants où l’on propose de la cuisine locale, souvent basée sur la pêche du jour.

Un petit escalier et des bittes d'amarrage à proximité de la Playa del Roque de Las Bodegas

Si vous arrivez vous aussi à cette plage, sachez que la fameuse Playa de Benijo n’est située qu’à 1,5 km de là, en longeant la côte…

Plage de rochers et mer agitée à proximité de la Playa del Roque de Las Bodegas


Avec un avion du retour pour la France planifié à 4h00 du mat’ et donc un lever à 1h00, nous avions dégoté un petit appartement pas très loin de l’aéroport pour passer notre dernière nuit (ou plutôt demi-nuit) à Tenerife. Le nom de ce village ? Costa del Silencio.

Et là, pour notre dernière journée, nous avons eu une bonne surprise à la lisière du village : la découverte de la plage de la Montagne Jaune.

La playa de la Montaña Amarilla, ses rochers, ses falaises jaunes et sa mer verte
La playa de la Montaña Amarilla

Elle est située à l’entrée est de la ville.

Il s’agit d’une jolie plage à l’aspect inhabituel, car elle est située aux pieds d’un cratère qui plonge ses falaises jaunes (en réalité plutôt marron-orangées) dans l’eau verte.

La playa de la Montaña Amarilla, ses rochers, ses falaises jaunes et sa mer verte

L’eau est si transparente que les clubs de plongée proposent de nombreux baptêmes sur ce site : les roches volcaniques forment des arches et des grottes sous-marines dans lesquelles les poissons s’abritent.


Pour une fois, nous n’avons pas plongé mais voici quand même quelques-uns des clubs de plongée les mieux notés du coin :

Wet Monster : il est situé Playa Amarilla.

Dive Lovers Tenerife : situé à 1 km de la Plage Jaune.

LJ Diving Tenerife : non loin de la Playa Amarilla, et focalisé sur les plongées éco-responsables.

Mosaïque de poisson du club de plongée sur la Playa de la Montaña Amarilla


La plage est constituée de roches mais elle comporte un espace aménagé doté d’un petit escalier pour se mettre facilement à l’eau.

N’oubliez pas palmes, masque et tuba, mais aussi chaussures de rochers.

La playa de la Montaña Amarilla, ses rochers, ses falaises jaunes et sa mer verte


Elle est située elle aussi à Costa del Silencio, mais cette fois-ci à la sortie ouest de la ville.

Pour y accéder, on passe d’abord devant une autre plage posée au bord de la route : la playa Las Galletas.

La Playa las Galletas à la sortie de Costa del Silencio
Playa Las Galletas

Ce sont surtout des locaux qui y font trempette.

C’est juste après cette plage qu’est située la playa los Enojados. Il faut marcher cinq minutes sur un petit sentier pour l’atteindre.

La Playa los Enojados et son sable volcanique noir
Playa los Enojados

On arrive alors sur une jolie petite plage de sable volcanique noir.

La Playa los Enojados, son sable volcanique noir, la mer et des bateaux
Playa los Enojados

La plage n’est pas grande mais elle est très agréable. Elle est généralement appréciée pour sa beauté naturelle.

La Playa los Enojados et son sable volcanique noir
Playa los Enojados

De petits sentiers permettent de longer la côte au milieu d’une végétation où les cactus prolifèrent.

Des cactus au-dessus de la Playa los Enojados

C’est dans ce cadre typique de l’île qu’on découvre d’autre petites plages et criques, de plus en plus désertes au fur et à mesure que l’on marche.

Une plage juste après la Playa los Enojados

Il n’y a aucun service sur cette plage. Cela contribue à son charme car du coup, elle n’est pas très fréquentée. Si vous souhaitez y passer la journée, il faut donc prévoir de quoi manger et boire.

La Playa los Enojados et un panneau appelant à la garder propre
« Gardons notre plage propre »

Enfin, l’eau y est généralement calme.

Situé à l’extrême nord-est de l’île, il est classé Réserve de biosphère par l’Unesco, et ses paysages atypiques valent vraiment le détour.

Vue sur des maisons, les montagnes et la mer depuis le mirador Jardina
Depuis le mirador Jardina

Avec ses miradors qui offrent des points de vue magnifiques, ses forêts remplies d’arbres aux formes tourmentées, ou encore ses petits villages pleins de charme, on peut aussi bien le traverser en voiture que prendre le temps de le parcourir en randonnée.

Le petit village de Lomo de las Bodegas, devant la mer et les montagnes
Le petit village de Lomo de las Bodegas

L’itinéraire décrit ci-dessous relie la jolie ville coloniale de San Cristobal de La Laguna (160.000 habitants) au petit village de Chamorga, isolé dans les montagnes (35 habitants dans une poignée de maisons).

La route qui traverse le parc rural d'Anaga, cernée par la végétation
La route qui traverse le Parc Rural d’Anaga


Sur la première partie de la route entre La Laguna et Chamorga se succèdent des belvédères d’où la vue est chaque fois sublime. Les photos ne restituent pas complètement la grandeur des paysages, mais voici quand même à quoi ils ressemblent.

Vue depuis le belvédère de la Jardina sur le volcan Teide, la ville de San Cristobal de la Laguna, et des cratères de volcans éteints, dans le parc rural d'Anaga
Le Teide vu depuis le belvédère de Jardina

Des villages, des forêts, des cratères de volcans et en toile de fond, l’océan : les paysages qu’on observe depuis ces belvédères sont aussi jolis que variés.

La vue sur l'océan et sur un petit village coloré depuis le belvédère de Jardina dans le parc rural d'Anaga
La vue sur l’océan depuis le belvédère de Jardina

Voici quelques liens sur les principaux miradors du Parc Rural d’Anaga : Jardina, Pico del Ingles, Cruz del Carmen. Toutefois, il suffit de suivre la route (voire les panneaux lorsqu’il y a un court détour à faire) pour enchaîner ces belvédères, d’où la vue est souvent saisissante.

La vue sur l'océan et les montagnes dans les nuages depuis un mirador dans le parc rural d'Anaga

Et quand il n’y a pas de miradors, on peut toujours s’arrêter sur le bas-côté chaque fois qu’il y a une belle vue sur la mer ou la montagne. C’est-à-dire assez souvent…

Vue sur la mer et sur un bateau au mouillage à Santa Cruz de Tenerife, dans le parc rural d'Anaga
Bateau au mouillage à Santa Cruz de Tenerife

A noter : la vue peut parfois être bouchée car, ces miradors étant situés en altitude, ils sont régulièrement traversés par les nuages.


… ou plus précisément, el Camino Viejo al Pico del Ingles.

Il suffit de cinq ou dix minutes pour jeter un œil à ce lieu insolite, même si on peut y rester évidemment plus longtemps. Mais bien qu’on puisse en faire le tour assez vite, c’est vrai qu’il vaut le coup d’œil.

El Camino Viejo al Pico del Ingles dans le parc rural d'Anaga
El Camino Viejo al Pico del Ingles

Une entaille a été creusée dans la roche et le sol de la forêt pour y faire passer un petit bout de route, le but étant qu’il soit situé au même niveau que la route principale située à proximité. Ce qui permet de relier les deux tronçons.

La forêt moussue et humide à côté d'el Camino Viejo al Pico del Ingles dans le parc rural d'Anaga

La forêt située de part et d’autre de cette route est extrêmement humide, et ses arbres aux branches moussues et aux formes biscornues semblent sortis tout droit de chez Walt Disney.

L’atmosphère y est envoûtante et le paysage unique.

La brume qui investit souvent les lieux ajoute au côté mystérieux de ce site inhabituel.

Du coup, il est l’un des plus photographiés de tout le Parc Rural d’Anaga.

Bon à savoir : on ne peut pas se promener sur ce chemin pendant des heures car il ne mesure que 100 à 200 mètres de long !

De plus, il y a toujours un peu de monde qui le fréquente, surtout l’été. L’idéal pour s’y retrouver plus ou moins seul, c’est d’y aller relativement tôt le matin.

El Camino Viejo al Pico del Ingles dans le parc rural d'Anaga


Chamorga est un village minuscule perdu dans les montagnes, avec des airs de bout-du-monde.

Le minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga
Chamorga, 35 âmes

Ce petit village isolé est le point de départ de différents parcours de randonnées à travers la montagne, sa faune et sa flore. Certains itinéraires vont même jusqu’à la mer.

Cactus en fleurs à côté du minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga
Petite rando autour de Chamorga
Panneaux directionnels de randonnées dans le minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga
Chamorga, paradis des randonneurs

Ces agréables chemins offrent régulièrement de jolis points de vues sur la mer, ou sur les quelques villages qui se sont perdus par ici.

Le petit village de La Cumbrilla, à côté du minuscule hameau de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga
Le petit village coloré de La Cumbrilla

Vue sur les rochers et la mer à côté du minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga

Ces petits sentiers à flanc de montagne traversent une jolie végétation posée sur la rocaille et comportant notamment beaucoup de cactus.

Le chemin de randonnée qui mène au minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga
Au fond, Chamorga
Cactus en fleurs à côté du minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga
Cactus à côté du minuscule village de Chamorga, dans le parc rural d'Anaga


Tenerife est une petite île où les paysages sont si variés, la nature si généreuse et les activités si nombreuses, qu’une semaine s’avère largement insuffisante pour la découvrir comme elle le mérite.

Vue sur les montagnes dans la brume et sur la mer, dans le parc rural d'Anaga
Le Parc Rural d’Anaga

Pour notre part, en six jours seulement, il fallait faire des choix, c’est pourquoi nous avons zappé notamment toutes les activités liées à la mer qui sont possibles à Tenerife : faire du kayak avec les tortues, observer les baleines, plonger dans des eaux tropicales poissonneuses etc.

Vue sur la mer, sur la végétation et sur des petites piscines naturelles à l'entrée de la ville de Garachico
A l’entrée de Garachico

Ce sera donc pour une prochaine fois car c’est sûr, nous reviendrons sur cette île qui nous a tant plu…

Vue sur les volcans et sur la mer de nuages depuis le sommet du volcan Teide, au coucher du soleil
Depuis le sommet du Teide

Vue aérienne sur l'île de Tenerife, sur l'océan et sur les nuages, depuis l'avion
Adios Tenerife…




Masca : le plus beau village de Tenerife ?…

Masca est un minuscule village de 99 habitants.

Sur de nombreux sites et blogs, il est présenté comme le plus beau village de Tenerife. C’est donc pour nous faire notre propre idée que nous y sommes allés.

Le village se divise en deux parties séparées de quelques centaines de mètres. Posée au pied d’un pain de sucre emblématique, la partie basse est la plus touristique. La plupart des habitants vivent dans la partie haute, sensiblement moins fréquentée et donc plus calme.

Le village du haut vu depuis le village du bas

Très isolé, Masca est resté accessible uniquement à pied et à dos d’âne pendant très longtemps. Puis une route a fini par être construite, et l’électricité est arrivée. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore, accéder à ce petit village se mérite.

Car la route est à la fois très sinueuse et étroite, à tel point qu’il faut régulièrement s’arrêter sur le bord pour pouvoir laisser passer les voitures d’en face. Par contre, le bitume est en excellent état.

Masca (en bas à gauche) et la route pour y accéder



Le principal attrait de Masca réside dans la vue d’ensemble des quelques maisons posées aux pieds du rocher de Catana, un pain de sucre photogénique, avec vue sur la mer au loin.

Situées sur une arête rocheuse et encadrées par deux précipices, ces habitations traditionnelles ont été construites sur les quelques rares mètres carrés du coin qui sont plus ou moins horizontaux !

Masca : le village du bas

La place du village est dotée à la fois d’une jolie petite église, d’un vieil arbre impressionnant, d’une vue imprenable sur le village et d’un bar restaurant.

L’ermitage de l’Immaculée Conception

L’église fut construite au XVIIIe siècle avec des pierres volcaniques et du bois de thé.

Le fameux laurier indien de la place de Masca


Il est construit à flanc de colline, ce qui signifie que lorsqu’on s’y promène, soit on monte, soit on descend mais une chose est sûre : on ne marche jamais à l’horizontale !

Le village du bas (à droite) vu depuis celui du haut

Il n’y a pas une foule de choses à faire là-haut (néanmoins, il ne faut surtout pas rater le restaurant Casa Riquelme et sa terrasse divine, voir les infos pratiques ci-dessous). Mais la balade est agréable dans de jolies petites ruelles fleuries, coincées entre la mer, la montagne et le ravin.

Une habitation au bord du précipice

La montagne qui surplombe Masca


Barranco signifie ravin. La rando du Barranco de Masca, c’est la randonnée qui relie Masca à la plage et à la mer en passant par les gorges, à travers le réputé parc rural de Teno.

On arrive à l’océan sur une jolie plage de sable noir, la Playa de Masca.


Masca a beau n’être qu’un petit hameau, il est quand même doté d’un musée ethnographique : il raconte l’histoire des habitants de Masca, depuis ses premiers occupants aborigènes.

Le lien : musée ethnographique de Masca.


Outre son musée ethnographique, Masca compte quelques commerces et services : une poignée d’hébergements, une dizaines de bars-restaurants, un centre de la nature et une boutique de souvenirs. Rien de plus, mais c’est déjà pas mal pour un si petit village.


L’accès à ce sentier de randonnée est rigoureusement réglementé pour des raisons de sécurité, car une fois qu’on est au fond du ravin, il suffit d’un changement brusque de météo (ce qui arrive fréquemment par ici), par exemple une crue subite de la rivière, pour que les randonneurs se retrouvent coincés et exposés à des dangers potentiels.

Cela s’est déjà produit par le passé, c’est pour cette raison qu’il faut désormais réserver sa randonnée à l’avance, via le site officiel Camino Barranco de Masca.

L’itinéraire va de Masca à une plage de sable volcanique noir.

Distance : 10 km aller - retour

Durée : 3 bonnes heures à l'aller (en descente), 4 bonnes heures au retour (en montée).

Dénivelé : 800 m+ et 800 m- environ

Niveau de difficulté : élevé

Prix (écotaxe) : 28 euros par adulte, 14 euros par mineur

Les départs se font exclusivement le matin, pour que tout le monde ait le temps de rentrer dans la journée, y compris les marcheurs lents : on part avant 11h00 l’été, et avant 10h30 l’hiver.

Enfin, il y a le centre de la nature de Masca. C’est une sorte d’office du tourisme spécialisé sur ce sentier de randonnée du Barranco de Masca. Il est situé juste en-dessous de la place de Masca.

Plus d’infos : centre de la nature de Masca.


Il y a une dizaine de restaurants à Masca, tous ouverts en haute saison. Lors de notre venue, ils étaient quasiment tous fermés alors que nous n’étions pourtant que fin septembre. Prévoyez donc de quoi manger si vous venez hors saison, surtout le dimanche, qui est souvent le jour de fermeture hebdomadaire.

Et justement, le dimanche de notre arrivée, aucun resto n’était ouvert. On nous avait conseillé d’aller quand même jeter un œil chez Riquelme, dans la partie haute du village, la moins touristique.

La trouvaille : le resto Casa Riquelme

A peine arrivés devant (il est 17h00), un type qui passe par là nous demande ce que nous voulons. Nous répondons que nous aurions bien aimé y manger le soir. Ce type, il s’avère que c’est Riquelme.

Il nous propose gentiment de revenir vers 20h00-20h30. Bien que son resto soit fermé, il nous promet qu’il l’ouvrira rien que pour nous !

Par contre, il nous prévient que ce sera menu unique : assiette charcuterie – fromage, puis poulet en sauce avec pommes de terre à la canarienne, et pas de dessert : il n’en a plus !

Chez Riquelme, le repas pris en terrasse

Ce menu nous convient à merveille mais nous sommes un peu gênés que Riquelme n’ouvre son resto que pour nous. Il nous certifie que ça ne lui pose aucun problème et que nous sommes les bienvenus. Nous acceptons, ravis.

Lorsque nous revenons le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que le resto comporte une jolie petite terrasse que nous n’avions pas vue trois heures plus tôt.

Casa Riquelme : la terrasse face à la mer

Elle n’est pas très grande car construite à flanc de colline mais le peu de place qu’il y a sur cette pente a été parfaitement optimisé. D’un côté, la terrasse domine la mer et de l’autre, elle est surplombée par la montagne.

Au milieu des cactus et des bougainvillées, le cadre est simple mais enchanteur.

Vue sur la mer…
… et vue sur la montagne

Nous regardons tranquillement le soleil se coucher en sirotant une ou deux bières, alors que nous sommes absolument seuls dans ce bout-du-monde sublime. Un privilège.

Nous ne pouvons que recommander ce petit resto : le repas, bon et pas cher, est fait maison. Et Riquelme, qui est un personnage haut en couleur, réserve un excellent accueil à ses visiteurs.

La vue depuis la terrasse

Si la terrasse a des airs de petit paradis, l’intérieur du resto semble lui aussi plutôt agréable.

Si vous souhaitez manger vous aussi chez Riquelme, ne perdez pas de temps à chercher ce restaurant dans la partie basse du village, celle qui est touristique : il est situé dans la partie haute, à une dizaine de minutes de marche (attention, ça monte quand même un peu pour y aller mais la bonne nouvelle, c’est qu’au retour avec le ventre plein, ça descend !)


Il y a quelques hébergements à Masca, mais la plupart des visiteurs n’y dorment pas : le village n’est pour eux qu’un lieu de passage obligé et ils n’y restent en général qu’une heure ou deux, puis repartent.

Si toutefois vous y faites étape, comme nous, alors le plus simple pour trouver de quoi dormir à Masca, notamment en haute saison, consiste à réserver à l’avance via les plateformes habituelles : Booking (Masca), par exemple, propose six hébergements.

Nous en avons dégoté un qui cochait toutes les bonnes cases : Casa Berna.

Casa Berna : la terrasse et le jardinet

Il est idéalement placé (à 100 mètres du rocher de Catana, le fameux pain de sucre), avec un petit jardinet fleuri très agréable et une jolie vue sur les montagnes alentours. D’un point de vue pratique, on peut garer la voiture juste devant (la place est réservée).

Casa Berna et sa terrasse

Deux chambres, cuisine équipée, terrasse, jardinet, parking, wi-fi, emplacement idéal, vue sur les montagnes…

Le prix : 95 euros la nuit pour quatre personnes.


Les voitures se garent toutes sur le parking situé au bord de la route qui mène à Masca. On ne peut pas le rater.

Quand on vient du sud, il y a un premier parking, tout petit (quelques voitures) au niveau du village du haut. 300 ou 400 mètres plus bas, il y en a un second, pas immense mais beaucoup plus grand quand même, qui surplombe le village du bas.

Attention, ils affichent vite complet tous les deux, notamment l’été.

On peut très bien se garer à un parking et aller à l’autre à pied, cela ne prend que quelques minutes de marche.

C’est au niveau du second parking qu’il y a un belvédère avec un superbe point de vue sur le village : tous les visiteurs s’y arrêtent pour prendre leurs photos.

Juste en-dessous du belvédère

C’est de là également que part le petit chemin qui descend dans le hameau, jusqu’au pain de sucre. Le dénivelé est assez fort, sur un chemin en partie pavé, et le retour montant peut s’avérer un peu fatigant pour les personnes en mauvaise condition physique. Toutefois, ce chemin n’est pas très long (+/- 300 mètres environ).

Si vous avez réservé un hébergement en bas (comme Casa Berna par exemple), vous pouvez y descendre en voiture mais attention, le chemin est si étroit qu’on a du mal à y croiser… les piétons ! Or, ils sont justement nombreux à arpenter ce chemin dans les deux sens. C’est un peu galère mais ça se fait quand même.





Agia Roumeli et les gorges de Samaria

Agia Roumeli est un petit village crétois à la fois connu et méconnu.

Connu, parce que les nombreux touristes qui font la fameuse randonnée des gorges de Samaria y passent forcément, Agia Roumeli marquant l’arrivée de la rando.

La randonnée dans les impressionnantes gorges de Samaria

Et méconnu, parce que la plupart d’entre eux ne font qu’y transiter, se précipitant sitôt la rando terminée sur l’un des deux bateaux quotidiens qui quittent le village en fin d’après-midi pour les villes voisines. Et c’est dommage de ne pas s’attarder à Agia Roumeli car ce petit village a d’autres atouts.

L’arrivée en bateau à Agia Roumeli

En effet, sa minuscule population de 125 habitants est accueillante, il comporte différents centres d’intérêts et quelques activités en plus de la fameuse rando dans les gorges. Enfin, il fait tout simplement bon vivre dans ce petit village paisible qui n’est accessible qu’en bateau ou à pied (après quand même 16 kilomètres de marche dans les gorges) ! Ce qui en fait malgré tout un endroit isolé…

Le tout petit village d’Agia Roumeli



Sur la colline qui domine Agia Roumeli se trouvent les ruines d’une forteresse ottomane du XIXe siècle, face à la mer. Deux chemins y mènent, l’un côté mer, l’autre côté montagne. J’ai testé les deux.

Le premier est le plus direct et le plus rapide (côté mer, +/- 30 minutes), et on peut y croiser parfois quelques personnes. Le second est plus long (côté montagne, +/- 1h00) mais il est beaucoup plus nature et il n’y a personne : à la période la plus touristique de l’année (mi-août), les seules traces de vies que j’y ai croisées étaient… des chèvres ! Pas un humain.

C’est un local, Joseph (le propriétaire de Zorbas Studios Apartments où nous avons logé, voir les infos pratiques ci-dessous) qui m’a donné toutes les infos sur cette rando. Cet octogénaire adorable est né ici à une époque où le village n’existait pas encore et pendant tout notre séjour ici, il s’est toujours montré de bon conseil et s’est mis en quatre pour nous aider chaque fois qu’il le pouvait.

C’est donc lui qui m’a expliqué que l’idéal pour faire cette rando consistait à faire l’aller par l’arrière de la montagne à partir de 17h00, c’est-à-dire quand la zone est à l’ombre, plutôt que par devant en plein cagnard. Il avait raison, la température était tout à fait correcte de l’autre côté.

Avant d’attaquer la randonnée proprement dite vers le château, on commence par une marche de quinze à vingt minutes sans aucune difficulté, sur une route pavée. Elle permet de découvrir différents points d’intérêt. A noter que ce court itinéraire est commun à celui de la rando dans les gorges.

Le départ consiste à quitter le village par la route, dos à la mer, en direction de la montagne et du château (suivre les panneaux indiquant les gorges). On arrive rapidement à une petite église orthodoxe, surplombée au loin par le château, en haut de la colline.

L’église Panagia Kera (de la Sainte-Mère)

Cette église est classée comme point d’intérêt par l’Unesco.

Un court instant plus tard, on arrive au lit de la rivière (à sec à cet endroit lors de mon passage).

En partie en ruines, deux petits ponts vénitiens à arches l’enjambent.

Une dizaine de minutes plus tard, on arrive à une nouvelle église byzantine, elle aussi aux pieds des montagnes mais toute blanche celle-là : l’église Agia Triada.

L’église Agia Triada (de la Sainte-Trinité)

Mais si l’on regarde au loin derrière elle, on en aperçoit une autre, beaucoup plus originale : c’est la chapelle Agios Antonios. Elle a été construite dans une grotte à flanc de falaise.

La chapelle Agios Antonios (Saint-Antoine)

En observant cette chapelle improbable, on se dit que pour aller à la messe dans un endroit pareil, il faut être sacrément motivé/e !

Puis il faut continuer à suivre le chemin jusqu’à un embranchement : à droite, on continue vers les gorges ; à gauche, on prend la direction du château. On ne peut pas se tromper.

Si vous ne souhaitez pas aller dans les gorges ni au château, c’est là qu’il faut faire demi-tour : en trois-quarts d’heure aller-retour, cette petite marche agréable vous aura donc permis de voir ces différents points d’intérêt.

En continuant vers le château, on prend tout de suite un joli petit sentier de randonnée très nature, qui passe au milieu des arbres et des éboulis de pierres.

Vers le château

Dès le début du chemin, les premiers points de vues sur la fin des gorges attirent l’œil.

La fin des gorges de Samaria

Conformément à ce que m’a dit Joseph, le sentier est entièrement à l’ombre après 17h00, ce qui est appréciable par une telle chaleur (lors de ma venue ici, on était en plein mois d’août).

Les photos ne restituent ni les odeurs, ni les bruits et c’est bien dommage. Car sur ce sentier ombragé, les parfums de la végétation, qui rappellent le maquis corse, viennent gentiment nous chatouiller les narines pendant que le chant des oiseaux, mêlé à celui des cigales, enchante nos tympans !

Pour couronner le tout, on croise de temps en temps quelques fabricantes de féta.

La rando se poursuit dans de chouettes paysages, à l’ombre de la canicule ambiante et avec vue sur la mer.

En poursuivant ma route, je croise une chèvre qui est poursuivie par un mâle. A l’évidence, il a une idée derrière la tête. Leur aisance sur ces chemins pierreux et escarpés m’épate. Ils feront leur petite affaire un peu plus loin.

Bref, je poursuis tranquillement mon chemin, lequel monte de plus en plus en approchant de l’arrivée.

Un crâne de chèvre

Et enfin, c’est l’arrivée à la forteresse ottomane du 19e siècle. Ou du moins ce qu’il en reste puisque elle est en ruine.

Les ruines de la forteresse ottomane

Juchée au sommet de la colline qui domine Agia Roumeli, elle offre une jolie vue sur le village, les montagnes et la mer.

On peut pénétrer dans le château, dont l’intérieur n’est pas mieux conservé que l’extérieur.

Pour le chemin du retour, j’opte pour la voie directe : je vais donc descendre par le versant qui fait face au village et à la mer qui était en plein soleil une heure plus tôt, et non par le versant opposé, où je suis passé à l’aller.

Agia Roumeli vue depuis le château

Car maintenant, ce deuxième versant est à l’ombre lui aussi.

Le sentier du retour

Du coup, je croiserai quatre ou cinq couples et familles sur ce chemin, qui ont attendu que ce versant soit à l’ombre à son tour pour monter sans le cagnard.

Mais le soleil ne va pas tarder à se coucher et ils ne vont pas avoir beaucoup de temps pour faire l’aller-retour. Joseph a été de très bon conseil en me faisant passer de l’autre côté car j’ai pu partir plus tôt, en profiter et voir plus de choses.

C’est donc l’option que je conseille ici à mon tour…

Un peu avant d’arriver, je jette un dernier coup d’œil au château, tout là-haut derrière moi. Il m’aura permis de faire une petite rando très agréable de bout en bout… que je vous conseille donc, si vous prenez le temps de vous arrêter un jour ou deux à Agia Roumeli.

Pour conclure, j’ajoute que si c’était à refaire, je partirais juste un peu plus tôt. Joseph m’avait dit que le versant nord était ombragé à partir de 17h, mais je suis parti après 17h30. C’était un peu trop tard.

Car une fois en haut, le château était à l’ombre, ce qui le rend un peu fade sur les photos. Alors que quelques minutes plus tôt, il devait être éclairé par la lumière chaude du soleil déclinant, ce qui est beaucoup plus photogénique.

La montagne au soleil mais le château à l’ombre


Il y a trois plages à Agia Roumeli :

  • la plage centrale située aux pieds du village ;

  • la plage de Zeromouri (à gauche de la plage centrale quand on est face à la mer) ;

  • la plage de Mashali (à droite de la plage centrale quand on est face à la mer).
La plage de Mashali


Il s’agit d’une petite plage de galets avec quelques transats payants et les parasols qui vont avec. Il n’y a en général pas grand monde qui s’y prélasse, même en plein mois d’août, sauf… quand les randonneurs arrivent en provenance des gorges de Samaria. C’est-à-dire en gros entre 13h00 et 17h00.

La plage « centrale »

Pour eux, c’est l’endroit idéal pour se délasser dans la Grande Bleue après leur rando, ou pour se rafraîchir un verre à la main, les bars et restos étant situés juste derrière.

Si vous restez un ou plusieurs jours à Agia Roumeli, c’est donc le matin ou après 17h00 que cette petite plage est le plus agréable (c’est-à-dire avant l’arrivée des randonneurs ou après leur départ).


Pour rejoindre la plage de Zeromouri depuis la plage « centrale », il faut marcher quelques minutes en ayant la mer à droite et la montagne à gauche. On traverse tout d’abord une zone de gros rochers, non naturels et plutôt moches, qui servent de digue. La plage est juste après. A noter qu’on ne la voit quasiment pas depuis le village.

J’y suis allé non pas à pied mais en snorkeling (voir le chapitre « les activités » ci-dessous) mais à cause d’un dysfonctionnement intempestif de ma GoPro, je n’ai hélas aucune photo à publier ici : ni des fonds marins, ni de la jolie plage !

Cette plage de Zeromouri se divise en plusieurs zones : il y a le plus souvent des galets, parfois du sable et au milieu, une succession de grottes qui ont les pieds dans l’eau, et dans lesquelles on peut s’étendre à l’abri du soleil.

Ce sont ces petites cavités naturelles qui font toute l’originalité et le charme de cette plage.

Si vous voulez en trouver une rien que pour vous, n’y allez pas trop tard dans la journée car même si cette plage est assez peu fréquentée (ce qui contribue aussi à son charme), ces petites grottes ne sont pas très nombreuses et elles sont assez convoitées, en tout cas l’été.


Cette plage de sable noir d’origine volcanique est située à droite d’Agia Roumeli quand on est face à la mer.

C’est une plage très longue donc elle a beau être un peu fréquentée du côté où elle jouxte le village, elle est totalement déserte dès qu’on s’éloigne un peu, y compris en haute saison.

La plage de Mashali en plein mois d’août

C’est la plage la plus appréciée d’Agia Roumeli. Sur la partie la plus proche du village, il y a quelques bars-restaurants les pieds dans l’eau avec leurs transats et leurs parasols payants. On peut donc y prendre un verre, ou plusieurs, entre deux baignades.

Cette zone est assez fréquentée, notamment par les randonneurs qui attendent leur bateau (en gros de 13h à 17h), mais comme la plage est longue, on n’a jamais aucune sensation de promiscuité (contrairement à Balos Beach ou Elafonissi par exemple).

La plage de Mashali

La quasi-totalité de la plage de Mashali reste donc déserte toute la journée, les touristes se concentrant sur les transats. D’ailleurs, si vous en voulez un, n’oubliez pas qu’entre 13h00 et 17h00, les randonneurs se jettent dessus pour se reposer après leur longue marche.


Cette célèbre randonnée a la réputation d’être LA plus belle randonnée de Crète.

D’une longueur de 16 kilomètres, les gorges de Samaria comptent parmi les plus longues gorges d’Europe. Elles relient le village de Xyloskalo sur leplateau d’Omalos (1200 mètres d’altitude) à celui d’Agia Roumeli, sur la mer de Lybie.

Dans un premier temps il y a quelques millions d’années, les mouvements tectoniques ont soulevé les terres assez haut.

Puis c’est le travail inlassable de l’eau (de pluie et de source) qui a érodé lentement mais sûrement la roche pendant des milliers d’années, creusant ainsi la faille actuelle qui mesure jusqu’à 600 mètres de haut par endroits !

C’est fou quand même ce que des gouttes d’eau peuvent faire…

Au fond des gorges

Ces gorges sont classées réserve de biosphère par l’Unesco : elles comptent de nombreuses espèces végétales dont quatorze sont endémiques, et elles offrent un habitat parfait à de nombreux animaux comme la chouette, le faucon, l’aigle royal, le putois, le blaireau… Enfin, elles constituent le dernier territoire naturel de la chèvre sauvage crétoise.

La conséquence logique, c’est qu’elles sont très prisées : au plus fort de la haute saison, elles peuvent accueillir jusqu’à 4000 randonneurs par jour !


16 km – 1250 m de dénivelé négatif – 6h à 7h

La randonnée dans les gorges à proprement parler est longue de 13 kilomètres, après lesquels il faut marcher 3 kilomètres de plus pour arriver au petit village d’Agia Roumeli, terminus de la randonnée.

Cette randonnée est réputée de difficulté moyenne, c’est-à-dire qu’on peut l’effectuer avec une condition physique correcte.

La principale difficulté se situe dans les quatre premiers kilomètres au départ de Xyloskalo car le parcours descend fortement, ce qui met entre autres les articulations à rude épreuve.

En plein été, la chaleur parfois difficile à supporter peut constituer une difficulté supplémentaire, même si la hauteur des parois ainsi que les nombreux arbres le long du parcours procurent de l’ombre, et la rivière de la fraîcheur.


La rando se fait le plus souvent dans le sens de la descente, c’est-à-dire depuis l’intérieur des terres vers la mer.

Pour notre part, un imprévu de dernière minute nous a contraints à changer nos plans pour la faire finalement « à l’envers ». Nous ne l’avons donc pas parcourue en entier puisqu’il fallait prévoir le retour ! Nous avons marché 10 kilomètres depuis Agia Roumeli, soit 20 km aller-retour. C’est donc dans ce sens-là que nous vous la présentons ici.

Pour commencer, il faut marcher 2 à 3 kilomètres (soit 20 à 30 minutes) du village d’Agia Roumeli à l’entrée des gorges. Sur cette portion, les différents points d’intérêt qu’on trouve sont décrits dans le paragraphe ci-dessus intitulé « la courte randonnée au château » : églises byzantines, ponts vénitiens, chapelle troglodyte.

A l’entrée des gorges (ou à la sortie dans le sens classique de la descente) se trouvent les ruines de l’ancien village d’Agia Roumeli.

Le village fût abandonné après le déluge et les grandes inondations de 1954.

Les vestiges de l’ancien village

Puis on entre dans le vif du sujet puisqu’on se retrouve vite au fond de la gigantesque faille creusée par l’eau pendant des millénaires.

Il ne faut pas prendre à la légère les nombreux panneaux qui rappellent sans cesse qu’ici, il y a des risques importants de chutes de pierres. Il faut donc presser le pas car, renseignements pris, il paraît que ces chutes de pierres ne sont pas si rares et qu’elles peuvent s’avérer réellement dangereuses pour ceux qui passent en-dessous.

Et dans certains cas, ce qui s’est produit ici est bien pire que de simples chutes de pierres…

Une coulée de pierres impressionnante

Au petit matin, avant que la grosse chaleur estivale ne nous tombe dessus, la rando est très agréable, le long de la rivière et aux pieds de ces impressionnantes falaises, joliment striées par le temps.

On se sent minuscule au fond de ces gorges immenses, d’où l’on mesure mieux le travail incroyable fait par la nature.

Un kilomètre après l’entrée dans les gorges (c’est-à-dire 12 kilomètres après le départ depuis Xyloskalo), on arrive au point le plus connu des gorges : les Portes.

C’est l’endroit le plus étroit des gorges : 3 à 4 mètres de large seulement pour 300 mètres de haut ! Un couloir vertical vertigineux.

L’endroit est majestueux.

La rando se poursuit dans le lit de la rivière qui s’assèche au fur et à mesure qu’on avance. Ce qui n’enlève pas grand-chose aux paysages qu’on traverse au milieu de parois monumentales.

Il faut savoir que sur l’ensemble du parcours, il y a huit aires de repos avec des fontaines d’eau. La plupart d’entre elles comportent également des toilettes et parfois quelques tables sous les arbres. En gros, ces zones se succèdent tous les un à deux kilomètres environ.

Il est important de ne pas quitter le sentier. D’une part, pour des raisons de sécurité. D’autre part, pour préserver les espèces animales qui vivent ici. En effet, le tracé du sentier a été étudié pour ne pas empiéter sur leur habitat naturel, et ainsi ne pas les perturber. On peut donc les apercevoir de loin mais il ne faut pas sortir du sentier pour les approcher.

Il y a quelques rares endroits où la rivière offre une petite piscine naturelle aux visiteurs. L’eau est fraîche et le cadre impressionnant.

S’il fait chaud et que vous êtes fatigué/e par la rando, alors cette petite baignade vous requinquera en moins de deux.

Pour plus d’informations sur le parc national (par exemple, les avis d’urgence, les heures d’ouverture, les catégories de billets, l’itinéraire, la sécurité, etc.) ainsi que pour l’émission de billets électroniques, vous pouvez visiter le site web : site officiel gorges de Samaria


La randonnée des gorges de Samaria n’est pas une rando en boucle (= on arrive à l’endroit d’où on est parti) mais une rando en ligne (= le point d’arrivée est différent du point de départ). Cela nécessite une organisation particulière, par exemple si on a laissé la voiture au point de départ. Il y a plusieurs options.

C’est l’option la plus simple car vous réservez la rando clé en main via un site spécialisé qui s’occupe de tout :

  • Le bus passe vous chercher à votre hôtel (en général à La Canée mais cela peut être ailleurs : Réthymnon…)
  • Le bus vous emmène à Xyloskalo, le village de départ de la rando.
  • Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
  • En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Hora Sfakion.
  • Là, un nouveau bus vous attend et il vous ramène jusqu’à votre ville de départ (La Canée, Réthymnon etc.).

Les gorges de Samaria

Pour organiser cette journée de rando, vous pouvez vous adresser à votre hôtel, ou passer par l’un des sites spécialisés dans ce type d’activités : Get Your Guide Samaria etc.


Cette option ressemble à la précédente sauf que là, vous devez tout organiser vous-même !

  • Vous devez vous rendre à Xyloskalo en voiture et la garer au parking (5 euros par jour). A titre indicatif, le trajet La Canée-Xyloskalo dure 1h00 à 1h10 pour 42 kilomètres.
  • Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
  • En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Sougia (40 minutes de traversée). Le prix varie selon la saison, l’ordre de grandeur est de 15 à 20 euros par adulte. Il y a des réductions étudiants (prenez votre carte) et enfants. Le site de la compagnie pour réserver vos billets : Anendyk.
  • A Sougia, vous prenez un bus pour Xyloskalo où vous récupérez votre voiture. Le trajet dure 1h15 à 1h30 et coûte 7,50 euros par adulte. Le site de la compagnie de bus en Grèce pour réserver vos billets : Ktel. Attention : il est parfois préférable de réserver vos billets de bus quelques jours à l’avance, surtout en haute saison.

Vous pouvez aussi dormir à Omalos (à 5 kilomètres de Xyloskalo). Les hôtels emmènent leurs clients au départ de la rando tôt le matin.

Cette option vous permet de dormir un peu plus que si vous veniez de La Canée, ou de commencer la rando avant la plupart de ceux qui ont dormi là-bas puisque contrairement à eux, vous n’avez pas la route à faire.


Cette option ressemble à la précédente, mais avec l’autonomie de la voiture en moins !

  • Vous prenez le bus à La Canée. Il faut réserver vos places quelques jours à l’avance via le site de la compagnie de bus en Grèce Ktel. Les différents départs ont lieu entre 6h00 et 9h00. Le bus vous dépose à Xyloskalo, lieu de départ de la rando. Notez que l’été, plus vous partez tôt, moins vous aurez chaud sur le parcours.
  • Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
  • En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Hora Sfakion (la traversée dure une heure). Le prix varie selon la saison, l’ordre de grandeur est de 15 à 20 euros par adulte. Il y a des réductions étudiants (prenez votre carte) et enfants. Le site de la compagnie pour réserver vos billets : Anendyk.
  • A Hora Sfakion, vous prenez un bus pour La Canée. Le trajet dure environ 2h00 et coûte 9 euros par adulte. Le site de la compagnie de bus en Grèce pour réserver vos billets : Ktel. Attention : il est parfois préférable de réserver vos billets de bus quelques jours à l’avance, surtout en haute saison. Autrement, vous pouvez les acheter directement à la descente du bateau où se trouve un guichet.

L’embarcadère d’Agia Roumeli


Pour plus de détails sur cette question, rendez-vous en fin d’article dans les « infos pratiques » mais en quelques mots, disons qu’on peut prendre le bateau pour Agia Roumeli depuis Paleochora, Sougia, Loutro et Hora Sfakion, ainsi que depuis l’île de Gavdos.

On peut acheter les billets de bateau directement aux guichet situés dans chacun de ces ports, ou bien réserver à l’avance sur le site de la compagnie Anendyk.

Pour le retour, il peut être nécessaire de réserver à l’avance surtout en haute saison, le bateau étant souvent bien rempli. Si en plus l’état de la mer a empêché les bateaux de circuler la veille, il y aura deux fois plus de monde à embarquer…

Le guichet Anendyk de Sougia, face à l’embarcadère


C’est sans doute l’option la plus fun car avec votre sac à dos, vous voyagez librement ! Vous n’avez donc pas à vous poser la question du retour à Xyloskalo ou La Canée après la rando puisque vous passez directement à l’étape suivante.

  • Vous prenez le bus pour Xyloskalo, lieu de départ de la rando. Il faut réserver vos billets quelques jours à l’avance via le site de la compagnie de bus en Grèce Ktel. Les départs ont lieu entre 6h00 et 9h00. Notez que l’été, plus vous partirez tôt, moins vous aurez chaud sur le parcours.
  • Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
  • En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Hora Sfakion, Loutro, Sougia, Paleochora ou Gavdos, au choix selon la suite de votre périple. Il y a des réductions étudiants (prenez votre carte) et enfants. Le site de la compagnie pour réserver vos billets : Anendyk.
Le sentier de randonnée européen E4, au port de Sougia

J’ai décrit ci-dessus l’activité phare d’Agia Roumeli, la randonnée des gorges de Samaria, et j’ai également évoqué encore au-dessus la randonnée vers le château.

Mais il y a d’autres activités possibles à Agia Roumeli, pour lesquelles il faut s’adresser aux hôtels du coin, y compris si l’on n’est pas client.


Le Agia Roumeli Hotel est situé face à la mer, à 150 mètres du « centre » du village. D’un côté, on a vue sur la mer et de l’autre, vue sur la montagne…

Agia Roumeli Hotel

L’hôtel loue des canoë-kayaks, mais propose également des sorties encadrées en canoë-kayak sur des plages désertes sublimes, ou encore dans des grottes de marbre.

info@agiaroumelihotel.com

Tél : +30.282.509.1432 – WhatsApp : +30.698.433.3710

On peut également s’adresser à cet hôtel pour louer des vélos.

Enfin, si vous souhaitez y loger, il faut juste savoir que, sans être hors de prix, c’est quand même l’hôtel le plus cher d’Agia Roumeli.


Le Calypso Hotel est situé dans le centre du village, à deux pas de la mer et de la plage de Mashali, ainsi que de l’embarcadère.

Calypso Hotel

Le Calypso Hotel loue lui aussi des canoë-kayaks, ainsi que des SUP (stand-up paddles).

Nous n’y avons pas dormi mais nous y avons mangé, et l’accueil était très sympa.


Je l’ai déjà évoqué plus haut mais ma GoPro a dysfonctionné pendant ma session snorkeling, je ne peux donc publier aucune photo ici.

On peut faire du snorkeling partout où il y a des rochers à Agia Roumeli.

Des habitants m’avaient dit que c’était le long de la plage de Zeromouri (à gauche du village quand on est face à la mer) et juste après elle qu’il y avait les plus beaux spots de snorkeling du coin. Mais au final, j’ai été déçu : les fonds ne sont vraiment pas fous.

En partant de la digue (en fait un amas désordonné de rochers non naturels) située au bout de la plage centrale, on croise d’abord beaucoup de petits crabes graciles couleur bordeaux.

Puis on voit les poissons classiques en Crète : la jolie girelle-paon multicolore, des rougets, des sars communs et des sars à tête noire, quelques petits bancs de castagnoles et de mulets.

Dans la zone située face aux grottes de la plage, on croise pas mal de mérous juvéniles qui slaloment entre les petits rochers. J’y ai également vu un poisson-flûte d’une cinquantaine de centimètres de long juste à côté de moi, qui m’observait tranquillement en faisant du surplace.

Et le clou du spectacle, cent mètres plus loin : deux jolies rascasses volantes qui s’abritaient sous un rocher dans à peine un mètre cinquante d’eau.

Enfin, il paraît qu’il y a pas mal de poulpes mais pour ma part, j’ai eu beau les chercher, je n’en ai vu aucun.

Niveau flore, rien du tout !

Sous l’eau, les rochers sont gris, même en plein soleil dans un mètre d’eau, là où les couleurs explosent habituellement. Du coup, les fonds sont tristounets malgré les poissons, comme dans beaucoup d’endroits en Crète d’ailleurs.

En conclusion, la mer est superbe à Agia Roumeli vue de l’extérieur, mais elle est plutôt décevante dès qu’on met la tête sous l’eau.


Du haut de ses 10.500 kilomètres de long, c’est tout simplement le plus long sentier de randonnée d’Europe ! Il commence en Espagne et se termine à Chypre, passant par 11 pays en tout. Sur le parcours, il traverse la Crète d’ouest en est.


Vers l’est, l’étape Agia Roumeli – Loutro vaut le détour, Loutro étant souvent considéré comme l’un des villages les plus beaux et les plus calmes de Crète.

Cette étape est réputée très jolie.

Distance : 15 km – Dénivelé : 350 m+ et 350 m- – Durée : 5 à 6 h – Difficulté : moyenne

On peut aussi n’en faire qu’une portion A/R, et revenir dormir à Agia Roumeli le soir.


Vers l’ouest, l’étape Agia Roumeli – Sougia peut être un bon plan si vous avez laissé la voiture à Sougia avant de faire la rando des gorges de Samaria. Car cela vous évite de prendre le bateau pour rentrer à Sougia. Mais attention, cette rando est plus difficile.

Cette portion du sentier vous fait découvrir les magnifiques gorges de Tripiti.

Distance : 22 km – Dénivelé : 1500 m+ et 1500 m- – Durée : 8 à 9 h – Randonnée difficile

C’est bien simple, il n’y a que deux possibilités d’y aller : en bateau ou à pied (moyennant 16 kilomètres de marche dans les gorges).

Une seule compagnie maritime dessert Agia Roumeli : Anendyk Seaways.


Agia Roumeli est relié à quatre villages par bateau : Paleochora et Sougia à l’ouest, et Loutro et Hora Sfakion à l’est. On peut également prendre le bateau depuis l’île de Gavdos (à 60 kilomètres au sud).

Vous pouvez réserver vos billets sur le site Internet d’Anendyk itinéraires et réservations.

Autrement, vous pouvez les acheter dans les guichets Anendyk de chaque port.

Embarquement à Sougia

A noter que, dans la mesure où la plupart des gens qui prennent le bateau du retour (pour quitter Agia Roumeli) ont fait l’aller à pied par les gorges, les bateaux sont généralement vides dans le sens de l’aller (vers Agia Roumeli), et pleins au retour (pour quitter Agia Roumeli).

Le bateau Sougia – Agia Roumeli…
… et le bateau Agia Roumeli – Sougia !


Il n’y a qu’un seul bateau qui quitte Agia Roumeli l’après-midi (vers 17h00 – 17h30) en direction de Paleochora (via Sougia), et un seul en direction de Hora Sfakion (via Loutro). Il ne faut donc pas le louper. A noter que les horaires varient selon la saison.


Vous pouvez réserver vos billets sur le site Internet d’Anendyk itinéraires et réservations, c’est le plus simple et vous êtes tranquille.

Autrement, comme il y a beaucoup de monde pour le retour notamment l’été, le bon plan consiste à acheter les billets du bateau au petit guichet du centre-ville dès que vous terminez la rando, sans attendre.

Comme ça, c’est fait et vous êtes sûrs d’avoir vos places même si, en pratique, Anendyk a tendance à vendre autant de billets qu’il y a de demandeurs. Mais le bateau est vite plein à craquer en haute saison.

Le guichet Anendyk d’Agia Roumeli


Oui ! Il est possible d’embarquer sa voiture sur le bateau, puis de circuler sur le minuscule réseau routier d’Agia Roumeli. Mais il est tellement réduit que la voiture n’est vraiment pas nécessaire.

Toutefois, il peut être utile d’emmener votre voiture avec vous si le village d’où vous venez n’est pas le même que celui où vous irez en quittant Agia Roumeli.

Par exemple, si vous venez à Agia Roumeli depuis Paleochora et que vous repartez en direction de Hora Sfakion, embarquer votre voiture sur le bateau vous évitera de retourner la chercher à Paleochora pour ensuite rejoindre Hora Sfakion par la route.

A l’aller vers Agia Roumeli, le parking du bateau est vide

Dans tous les cas, attention pour le retour : en haute saison, les voitures ne peuvent pas toujours toutes monter à bord.

Lors de notre trajet Agia Roumeli – Sougia en plein mois d’août, le parking du bateau était complet et quelques voitures sont restées à quai.

Il faut donc vous y prendre à l’avance, le plus sûr consistant à réserver vos billets, dont celui de la voiture, sur le site internet d’Anendyk (revoici le lien : Anendyk horaires et réservations). Et le jour du départ, n’arrivez pas sur le quai au dernier moment…


Ne prévoyez pas cette rando la veille de votre avion du retour car lorsque les conditions de mer sont mauvaises, ce qui arrive parfois, les bateaux sont purement et simplement annulés. Prévoyez donc une marge…

Aucun bateau pour Agia Roumeli, Paleochora et Sougia ce jour-là à cause du mauvais temps


Avec une population de 125 habitants, il ne faut pas s’attendre à trouver tout ce que l’on veut à Agia Roumeli.

Il y a quand même une douzaine d’hôtels et autant de restaurants, ce qui montre bien l’impact du tourisme sur si peu d’habitants.

Un restaurant les pieds dans l’eau (plage de Mashali)

Il y a également deux toutes petites supérettes dans lesquelles on ne trouve que le strict nécessaire. On n’a que très peu de choix entre les différents produits.

Enfin, on trouve une boutique de souvenirs à l’hôtel Zorbas Studios.

Nous avons dormi dans cet hôtel et je dois souligner ici la gentillesse de son patron extrêmement serviable, Joseph.

L’hôtel est particulièrement bien placé et en plus, c’est le moins cher du village !

Une petite liqueur-souvenir d’Agia Roumeli ?





Le petit village de Lendas

La Crète a beau être une île pas si grande, elle accueille quand même 5 millions de visiteurs chaque année ! Il est donc devenu difficile de dénicher des lieux préservés du tourisme, a fortiori sur la côte et pendant l’été. Pourtant, il en existe encore quelques-uns, et Lendas en fait partie.

Vue d'ensemble du village de Lendas, qui donne sur les eaux cristallines de la Mer de Lybie et qui est situé aux pieds des montagnes.
Lendas, entre mer et montagnes

C’est un petit village tout blanc qui compte… 53 âmes ! Il est niché dans une petite crique aux pieds des montagnes. Le lieu est éloigné de la plupart des transports en commun ainsi que des sites les plus visités de l’île. C’est cet isolement qui le place en dehors des itinéraires touristiques classiques, et c’est tant mieux.

Le village, qui comprend un petit site archéologique intéressant et désert, est donc plutôt destiné à ceux qui veulent profiter de la Crète hors des sentiers battus, à un rythme paisible, dans le calme, la tranquillité et les jolis paysages. Bref, c’est un endroit où il fait bon vivre…



Lendas est situé à 70 km au sud d’Héraklion, ce qui prend quand même 1h20 en voiture, à cause des routes sinueuses qui montent et descendent à travers les montagnes.

Une petite église byzantine dans les montagnes, juste avant d'arriver à Lendas

Juste avant d’arriver à Lendas, on est accueilli par une jolie petite église orthodoxe qui domine la grande bleue.

Une petite église byzantine face à la mer, juste avant d'arriver à Lendas

Lendas est un petit village de pêcheurs qui s’est orienté au fil du temps vers le tourisme même si, encore une fois, il s’agit d’un tourisme modéré et largement maîtrisé.

Le village de Lendas, situé entre mer et montagnes

En me baladant dans les alentours du village pour le photographier, quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver nez-à-nez avec un morceau de colonne datant de l’Antiquité !

Le vestige d'une colonne grecque antique, posé par terre dans la nature face à la montagne
Une pièce archéologique en pleine nature, à Lendas

Elle était posée là, au milieu de nulle part, entre la montagne d’un côté et la mer de l’autre.

Pour aller la voir, il suffit de marcher quelques minutes sur le petit chemin côtier, juste après la plage du village, en direction de l’est…

Le vestige d'une colonne grecque antique, posé par terre dans la nature face à la mer
La même colonne, vue de l’autre côté

Je comprendrai plus tard qu’elle fait partie d’un site archéologique situé à proximité (voir plus bas).

Se balader dans le village et sur les petits chemins des alentours est l’une des rares activités qui sont possibles à Lendas.

Une bougainvillée dans le petit village de Lendas
Vue d'ensemble du village de Lentas, qui donne sur les eaux cristallines de la Mer de Lybie et qui est situé aux pieds des montagnes.
Lendas

Le « centre-ville » est agrémenté d’une petite plage mignonnette.

On peut y louer des transats qui sont posés à l’ombre de gros arbres et de parasols.

On peut prendre un verre ou manger un morceau dans l’un des bars et restaurants qui donnent sur la plage.

Et même quand il y a un peu de monde (comme c’était notre cas en plein mois d’août), on ne se sent pourtant pas comprimés contre les autres.

La plage du village de Lendas, aux pieds de la montagne
La plage du village

Et justement l’un des atouts de Lendas, ce sont ses restaurants situés tout le long du petit front de mer. Ils proposent bien sûr la pêche du jour, mais également de nombreuses spécialités grecques.

La terrasse ouverte du restaurant Porto Lenta dans la baie de Lendas
La terrasse ouverte du restaurant Porto Lenta

Ici, la coutume veut que les clients entrent dans les cuisines pour voir tous les plats qui sont au menu, histoire de les aider à faire leur choix. Le plus souvent, le personnel propose d’emblée cette visite en cuisine mais s’il ne le fait pas, il ne faut pas hésiter à le demander : c’est la tradition.


Juste au-dessus du village se trouve un petit site archéologique méconnu. Il s’agit du temple d’Asclepios, construit au IVe siècle avant notre ère.

Dans la mythologie grecque, Asclepios n’était pas n’importe qui : il était à la fois dieu de la médecine et fils d’Apollon !

Les ruines du temple d'Asclepios à Lendas, face à la mer
Les ruines du sanctuaire d’Asclepios
Les ruines du temple d'Asclepios à Lendas, face à la mer

A cette époque, une source minérale fut découverte ici. Les riches romains d’Afrique du Nord venaient s’y faire soigner car on prêtait à cette eau certaines vertus thérapeutiques. C’est ce qui a fait prospérer ce sanctuaire. Jusqu’en -46, quand un tremblement de terre le ravagea en partie.

Parmi les ruines du temple d'Asclepios à Lendas, les deux seules colonnes de marbre qui tiennent encore debout
Les deux seules colonnes de marbre qui tiennent encore debout dans le temple d'Asclepios à Lendas, face à la mer
Les deux seules colonnes de marbre encore debout du temple d’Asclepios

Le vestige le plus notable du site est une mosaïque posée sur le sol, qui représente un hippocampe. Non pas le poisson que nous connaissons, mais l’animal marin de la mythologie grecque, qui était constitué de la tête et des pattes avant d’un cheval, avec le corps et la queue d’un poisson.

Cette mosaïque originale a le mérite de changer un peu des vestiges antiques que l’on voit un peu partout en Crète.

Face à la mer, la fameuse mosaïque qui représente un hippocampe dans le sanctuaire d'Asclepios.
L’hippocampe mythique du temple d’Asclepios

N’étant pas un spécialiste de la Grèce antique, je ne sais pas ce que vaut ce sanctuaire d’Asclépios. J’imagine que son importance est relativement mineure, sinon il serait bien plus connu et fréquenté.

Pourtant, il présente deux avantages pour les néophytes comme moi. D’une part, il est situé dans un joli cadre, aux pieds de la montagne et face à la mer. Et d’autre part, et bien il n’y a pas un chat ! Même en plein mois d’août, on se retrouve facilement tout seul à le visiter.

La fameuse mosaïque représentant un hippocampe dans le sanctuaire d'Asclepios.
L’hippocampe est l’animal mythique qui tractait le char de Poséidon


Contrairement à ce qu’indique un panneau posé sur une vieille clôture rouillée, l’entrée est libre 24h/24.

De plus, elle est gratuite.


En conclusion, on fait assez vite le tour du temple d’Asclepios car il y a finalement peu de vestiges à voir. Mais mon ressenti, c’est que c’est un régal voire un privilège de pouvoir profiter tout seul de ce petit site antique désert, situé dans un joli cadre naturel.


Mais la visite n’est pas terminée ! Car non loin de là se trouve une petite église byzantine.

La petite église byzantine Saint-Jean l'évangéliste à Lendas, face à la mer
L’église Saint-Jean l’évangéliste

Tout autour d’elle sont disposés des vestiges du sanctuaire d’Asclepios : morceaux de colonnes en marbre, vieilles pierres etc.

La petite église byzantine Saint-Jean l'évangéliste à Lendas
La petite église byzantine Saint-Jean l'évangéliste à Lendas et les vestiges du temple d'Asclépios, face à la mer
L’église byzantine Saint-Jean

Malgré le peu de vestiges qu’il comporte, le temple d’Asclepios est classé par l’Unesco comme un point d’intérêt de la Crète : Unesco Asclepios Lendas.


Il n’y a rien de plus simple !

Il faut d’abord prendre la route en direction de Lendas. Puis juste avant d’atteindre le village, il suffit de bifurquer en direction de la petite église Saint-Jean évoquée ci-dessus. Le temple est situé à 50 mètres de là. Si vous arrivez de l’est, vous tournez à droite, et si vous arrivez de l’ouest, vous bifurquez à gauche. Dans les deux cas, vous apercevrez l’église non loin.


Comme indiqué précédemment, il n’y a pas énormément de choses à faire à Lendas. Ni autour, d’ailleurs. Ici, le but principal est de profiter et de se ressourcer. Bref, de vivre au rythme crétois.

Le littoral dans les environs de Lendas
La côte, à l’est de Lendas

Toutefois, si l’on se balade en voiture sur la route qui quitte Lendas vers l’est, le littoral est assez joli et il comporte régulièrement de petites plages.

Le littoral dans les environs de Lendas
Le littoral et ses plages, à la sortie de Lendas

Et dès qu’on s’éloigne du village, elles sont à peu près désertes.

On peut également faire de jolies balades à pied le long de la côte, sur des petits chemins sans difficultés qui surplombent la mer.

Le littoral dans les environs de Lendas


Lendas est un agréable petit village calme et peu fréquenté, destiné notamment à ceux qui veulent flâner et se reposer pendant quelques jours.

On peut aussi s’y poser juste un jour ou deux si par exemple on vient de faire un périple fatigant à travers la Crète.

En revanche, si vous avez toujours besoin de bouger, de visiter et de crapahuter, alors n’y passez pas plus d’une demi-journée : vous vous y ennuieriez…


Nous avons dormi au Gaitani Village, qui propose des appartements à un tarif avantageux (65 euros l’appartement pour 4 personnes en plein mois d’août, c’est le moins cher de tous nos hébergements pendant 15 jours en Crète, et de loin !). Les appartements sont propres et fonctionnels, il y a une piscine extérieure et le personnel, qui est originaire d’ici, est accueillant. Nous le conseillons donc.

Toutefois, avec les quelques hébergements situés juste à côté, il est un tout petit peu éloigné du centre du village. A vol d’oiseau, il semble être juste à côté mais on ne peut y aller que par la route, même à pied, et cette route, elle fait un bon petit détour. En plus, elle comporte du dénivelé, ce qui peut s’avérer pénible dans le sens de la montée, notamment sous la chaleur écrasante de l’été.

Si l’on veut profiter plus facilement du village, c’est-à-dire de ses bars, de ses restos, de ses boutiques et de sa plage, il peut être préférable de payer un peu plus cher pour être hébergé sur place. Même si, depuis Gaitani Village, il suffit d’un coup de voiture de quelques minutes.

Voilà, maintenant que vous êtes informés, vous n’avez plus qu’à faire votre choix…





Rio Lagartos et Las Coloradas

Rio Lagartos est un village tranquille situé sur la côte nord du Yucatan, et qui présente deux avantages : sa réserve de biosphère fait le bonheur des amoureux de la nature, et c’est l’un des rares endroits du Yucatan encore épargnés par le tourisme de masse. A l’est de la ville, Las Coloradas est connue pour ses bassins d’une étonnante couleur rose vif.

Une paillote sur le malecon à Rio Lagartos.
Rio Lagartos fait face à la mangrove…
Une paillote sur le malecon à Rio Lagartos, au coucher du soleil.
… vue ici depuis le malecon

Le bon plan consiste à visiter la réserve de Ria Lagartos au petit matin car il est plus facile d’observer les animaux lorsqu’ils sont encore à moitié endormis. C’est pourquoi il est souhaitable d’arriver sur place la veille.

Si c’est le cas, on peut profiter de la fin d’après-midi (le jour de l’arrivée sur place) pour visiter les deux cénotes de Peten Mac et Chikila, situés à la sortie de la ville.

Le lendemain matin, on visite donc la réserve de biosphère en bateau et l’après-midi, on peut se rendre à Las Coloradas.



On accède au cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.

Le sentier Peten Mac permet d'accéder au cénote Peten Mac.
Le sentier Peten Mac permet d'accéder au cénote Peten Mac.

Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.

Deux crocodiles sauvages vivent dans le cénote Peten Mac

Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux…

Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche, avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.

Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.

L'un des deux crocodiles du cénote Peten Mac nage vers les visiteurs.
L'un des deux crocodiles du cénote Peten Mac nage vers les visiteurs.

Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux…). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.

Les deux crocodiles du cénote Peten Mac rodent en surface

Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.

Un nid de crocodile sur la rive du cénote Peten Mac
Le nid de maman croco.

Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.

Un crocodile plonge la gueule grande ouverte dans le cénote Peten Mac

Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.


Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a bien expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent celui de Peten Mac.

C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.

Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »

Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.

Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !

Un crocodile a réussi à entrer dans le cénote Chikila, où les enfants se baignent quotidiennement...
Le crocodile inattendu du cénote Chikila

Nous sommes sidérés. Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.

Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en ne trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !

Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !

Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.

Une fois la frayeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage…

Et nous ne le savons pas encore mais dans quelques jours, nous plongerons avec un vrai crocodile (lire notre article plonger dans la mangrove avec un crocodile).


La principale attraction de la petite ville de Rio Lagartos (qui signifie la rivière des lézards, mais comprenez des crocodiles !), c’est sa réserve de biosphère (ainsi classée par l’Unesco) qui s’appelle quant à elle Ria Lagartos (l’estuaire des lézards).

Le malecon à Rio Lagartos est le point de départ des excursions vers la réserve biosphère de Ria Lagartos.
Le malecon, point de départ des excursions

La réserve se visite en bateau, idéalement au petit matin, car c’est le moment où les animaux se réveillent tout juste : encore à moitié endormis, ils sont plus faciles à observer.

Le malecon à Rio Lagartos est le point de départ des excursions vers la réserve biosphère de Ria Lagartos.
L’embarcadère, sur le malecon

En quelques minutes, on rejoint la mangrove située sur la rive d’en face, puis on navigue en serpentant dans les canaux.

Excursion en bateau dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos, à travers la mangrove.

Ria Lagartos est une zone d’une importance capitale pour la conservation de nombreuses espèces menacées. Certains animaux considérés en danger critique d’extinction, comme les tortues marines par exemple, se trouvent ainsi protégés.

Au niveau ambiance, la quiétude et le calme qui règnent dans la réserve correspondent parfaitement à un site aussi nature que celui-là.

La réserve de biosphère de Ria Lagartos.

Ce site protégé permet d’observer de nombreux oiseaux un peu partout. Il fait d’ailleurs office de halte pour un certain nombre d’oiseaux migrateurs.

Une frégate dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Frégate
Une mouette en plein vol dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Mouette

Parmi tous les volatiles qui vivent dans le coin, nous avons la chance d’apercevoir un balbuzard pêcheur. C’est un beau rapace de plus de 1m50 d’envergure, qui se nourrit quasi-exclusivement de poissons.

La pression de ses serres est si forte que parfois, lorsque le poisson qu’il a saisi s’avère trop lourd, il peut lui arriver de ne pas réussir à les desserrer à tel point… qu’il finit par se noyer !

Un balbuzard pêcheur dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Un balbuzard pêcheur

Notre guide José nous explique qu’il y a quelques années, une partie de la mangrove n’a pas survécu au passage d’El Niño, qui a provoqué une hausse importante de la température de l’eau par ici.

La mangrove est morte suite au passage d'El Niño
Les stigmates d’El Niño sur la mangrove

La zone concernée n’est pas bien grande, mais c’est dans cet endroit apparemment sans vie que nous apercevons un crocodile.

Un crocodile nage dans la mangrove, dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Un crocodile nage dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

Il a beau exhiber devant nous son impressionnante dentition, il n’attaque en principe jamais les humains puisqu’il se nourrit exclusivement de poissons, d’oiseaux et de petits mammifères.

Un crocodile nage dans la lumière chaude du soleil levant, dans la mangrove, dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Un crocodile de Morelet

Notez que si vous voulez optimiser vos chances d’apercevoir un crocodile, il faut partir de Rio Lagartos le plus tôt possible, c’est-à-dire vers 7h00-7h30 dernier délai. Car dès qu’il commence à faire chaud, ces gros reptiles ont tendance à aller se cacher dans la mangrove.

La visite en bateau se poursuit par une balade dans un marais salant dont l’eau arbore des couleurs étonnantes.

Marais salant dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos

Puis on arrive sur le territoire des flamands roses. Là, il y a deux solutions : soit le guide respecte la réglementation, qui interdit d’approcher de trop près ces gracieux volatiles afin de ne pas les effrayer, soit il la transgresse allègrement afin de satisfaire ses clients, en espérant obtenir à la fin un pourboire.

Notre guide José, très pro, restera consciencieusement à l’écart. D’où les photos un peu lointaines qui illustrent cet article.

Des flamands roses dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

José nous explique qu’il y a quelques années, les flamands étaient beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui par ici. Les bateaux les approchaient de très près et souvent à grande vitesse, pour les contraindre à s’envoler devant l’objectif des touristes. Ces derniers étaient forcément ravis de leurs photos, réalisées au détriment des flamands effrayés.

Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva : les flamands sont partis vivre ailleurs, loin des humains pour avoir la paix. Ils sont donc aujourd’hui beaucoup moins nombreux qu’avant, dans cette partie de la réserve accessible aux touristes même si, au final, on en aperçoit quand même quelques dizaines.

Des flamands roses dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

A noter qu’au cours de ces tours en bateau, on peut faire, si on le souhaite, une halte au milieu de l’estuaire pour s’enduire le corps de boue, puis se rincer dans l’eau une demi-heure plus tard. Nous ne l’avons pas fait mais c’est, paraît-il, du meilleur effet pour la peau…

C’est sur l’observation des flamands roses que le tour prend fin.

Navigation dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

Las Coloradas est situé à 25 minutes en voiture à l’est de Rio Lagartos.

A l’origine, le site actuel de Las Coloradas était un lieu où les Mayas produisaient du sel. Cette activité perdure aujourd’hui encore : l’eau de mer est stockée dans de grands bassins, puis s’évapore peu à peu sous le soleil torride de la région pendant que son sel se cristallise.

Cette eau est également chargée en algues, en plancton et en petites crevettes roses : ce sont elles qui transmettent cette couleur unique à l’eau (ainsi qu’aux flamands roses qui les mangent, d’ailleurs). Visuellement, ce paysage est assez spectaculaire.

Un "lac rose", en réalité un bassin de rétention d'eau pour produire du sel, à Las Coloradas.

Il y a quelques années, ce site était à peu près vierge de touristes. On pouvait même se baigner dans ces eaux roses pour faire des photos incroyables. Mais depuis que le drone d’un touriste s’est écrasé dans l’un de ces bassins, le polluant pour un bon moment, la baignade est interdite.

Lors de notre visite (juillet 2023), l’entrée était payante mais surtout, il était obligatoire d’être accompagné par un guide : on ne peut désormais plus se balader librement par ici.

Et ce n’est rien à côté de ce qui se trame : les autorités sont en train d’investir massivement sur ce site en construisant des infrastructures touristiques de grande envergure, tout autour de l’usine de production de sel. Le but affiché est clair : il s’agit de réaliser des recettes touristiques records…

Un "lac rose", en réalité un bassin de rétention d'eau pour produire du sel, à Las Coloradas.

Une fois que ces travaux seront terminés et que la capacité touristique sera décuplée, la question sera donc de savoir si le jeu en vaudra la chandelle : à notre avis, non.

En effet, la couleur de ces bassins, dont on fait le tour en une demi-heure, est étonnante et photogénique, c’est indéniable, mais pas au point de justifier les prix et le manque d’authenticité qui iront immanquablement avec…


  • Rio Lagartos : où dormir ?

Rio Lagartos est une petite ville de 2.000 habitants, où les hôtels sont concentrés le long du malecon : on n’a donc que l’embarras du choix. Si l’on a un peu de temps, on peut aller d’un hôtel à l’autre pour comparer les prix et faire jouer la concurrence.

Nous avons dormi à la Posada El Perico Marinero, qu’on peut réserver via toutes les plateformes habituelles : Booking, Tripadvisor, Agoda etc.

Le plus : c’est l’un des deux seuls hôtels de toute la ville avec piscine, ce qui n’est pas du luxe vu la chaleur accablante qui règne là-bas.

L’hôtel comprend un restaurant sur place et un autre, très bon, dans le centre-ville (à 5 mn à pied), pour lequel les réceptionnistes de l’hôtel donnent des bons de réductions (voir ci-dessous).

La Posada El Perico Marinero, petit hôtel à Rio Lagartos
La Posada El Perico Marinero

L’hôtel est donc légèrement excentré, ce qui en fait un lieu d’hébergement calme, et il suffit de 5 minutes de marche pour rejoindre le minuscule centre-ville.


  • Trouver un guide

Il n’y a rien de plus simple ! On peut demander un guide à la réception des hôtels, c’est ce que nous avons fait à la Posada El Perico Marinero. On peut aussi se balader en ville, où l’on devient vite la cible des différents guides qui proposent leurs services. Toutefois, lorsqu’on refuse, ils ne sont pas insistants.

Attention : il y a les guides officiels, et les autres ! En général, ces derniers sont des pêcheurs qui emmènent les touristes sur leur bateau, car cette activité est bien plus rentable pour eux que la pêche. Mais ils n’ont reçu aucune formation pour ce métier de guide et ne donnent donc pas forcément des informations fiables.

Notre guide, Jose Ramos Gamboa, est un guide officiel que connaissaient tous ceux qui nous ont proposé leurs services sur le malecon, et tous nous ont dit que c’était un excellent guide ! Après coup, c’est également l’impression que nous avons eue. C’est sans doute pourquoi plusieurs hôtels travaillent avec lui…

Le prix : 1.800 pesos (95 euros environ) le tour de 2 heures pour 4 personnes. Plutôt que de négocier le prix comme la plupart des gens, nous avons négocié la durée et Jose a accepté de nous faire faire un tour de 3 heures au lieu de 2 pour ce tarif.

Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à le joindre par téléphone ou via WhatsApp : (999) 910 57 83 – Par mail : contacto@riolagartosdiscovery.com (précisez son nom : Jose Ramos Gamboa) – Le site de son employeur : Rio Lagartos Discovery (différents types de tours sont organisés, y compris de nuit).

Jose Ramos Gamboa, guide officiel de la réserve de biosphère de Ria Lagartos
Jose Ramos Gamboa, guide officiel

  • Rio Lagartos : où manger ?

La Posada El Perico Marinero possède donc un restaurant sur place, mais aussi un autre dans le centre-ville (à 5 mn à pied de l’hôtel) : le Perico Marinero. On y mange très bien, la situation sur le malecon est parfaite, les prix sont corrects et le personnel est accueillant.

Le dessert et la terrasse du Perico Marinero
Au Périco Marinero…

  • Ria Lagartos, réserve de biosphère de l’Unesco

L’Unesco a donc élevé au rang de réserve de biosphère la nature sauvage qui fait face à la petite ville de Rio Lagartos.

Vous trouverez plus d’explications sur le site de l’Unesco (Ria Lagartos).

Deux cormorans dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos


Détail du panneau de la ville de Rio Lagartos

Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :