Trans Dinarica : un itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs


La Trans Dinarica est une véritable pépite. Il s’agit d’un itinéraire cyclable immersif à travers les paysages sauvages des Balkans. Le parcours étant encore très confidentiel, on n’y croise pas grand monde : dépêchez-vous d’aller y pédaler avant qu’elle ne se fasse connaître…

Sur les routes désertes de l’île de Pag. Croatie.

Sommaire


Sur ma route vers la Turquie, j’ai arpenté la Trans Dinarica dans trois pays : la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie.


L’itinéraire de la Trans Dinarica relie les pays des Balkans occidentaux, tout en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Le parcours a été conçu de manière à ce que les voyageurs à vélo qui s’aventurent par là puissent découvrir toute la richesse du patrimoine local : nature sauvage, sens de l’hospitalité des habitants, sites culturels et bien sûr, gastronomie de pays…


Distance totale (*)

Dénivelé positif (*)

Altitude maximale (**)

(*) Si l’on compte les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

(**) Le point culminant du parcours est le col de Sedlo (Prevoj Sedlo) dans le massif du Durmitor, au Monténégro.

Les plus sportifs et sportives s’essaieront à la totalité du parcours, d’autres préféreront simplement se balader sur de petites portions mais dans tous les cas, la Trans Dinarica offre à tous les profils de cyclovoyageurs des parcours vélo de rêve, souvent en pleine nature.


Physiquement, le parcours de la Trans Dinarica est assez exigeant.

  • Le dénivelé est important (voir les chiffres ci-dessus) : cela monte ou descend quasiment en permanence.
  • De nombreuses portions atteignent ou dépassent les 10% ! Heureusement, elles sont en général très courtes, ce qui les rend faisables.
  • Quand l’itinéraire quitte le bitume pour des chemins de terre, de boue, de cailloux et de pierres, le dénivelé devient encore plus difficile à maîtriser.

La Trans Dinarica reste accessible à toute personne voyageant à vélo : si vous avez une condition physique plutôt bonne, ou si vous êtes capable de traverser des pays ou des continents en pédalant, alors vous saurez venir à bout de la Trans Dinarica et de son copieux dénivelé. Sinon, c’est également possible en raccourcissant plus ou moins les étapes, chacun selon son niveau : le dénivelé passera alors plus facilement.


L’itinéraire traverse les pays des Balkans occidentaux :

  • Slovénie
  • Croatie
  • Bosnie-Herzégovine
  • Monténégro
  • Albanie
  • Macédoine du Nord
  • Kosovo
  • Serbie

Avant d’entrer dans les détails, voici un aperçu rapide et purement visuel de la Trans Dinarica, si vous voulez savoir à quoi elle ressemble avant de vous rendre sur place pour la tester vous-même…

Son itinéraire transite par des villages isolés.

Un village éolien en Croatie.

Les forêts sont omniprésentes.

Croatie

Le tracé passe par les Dinarides, cette chaîne de montagnes majestueuse qui serpente à travers les Balkans occidentaux.

La rivière Drin aux pieds des montagnes, Albanie

Plus rarement, le parcours quitte la montagne pour s’égarer sur la côte.

L’île de Pag, Croatie

Les villes aussi sont rares sur le parcours, mais celles qu’on traverse valent le détour.

Mostar, Bosnie-Herzégovine

L’itinéraire alterne entre routes bitumées secondaires très peu fréquentées…

Bosnie-Herzégovine

… et chemins de terre et de pierres, perdus en pleine nature.

Île de Pag, Croatie

Il nous emmène à la découverte de sites culturels locaux ainsi que dans de nombreuses zones classées : parcs nationaux, sites inscrits au patrimoine de l’humanité par l’Unesco…

En bordure du parc national de Valbona, Albanie

Les possibilités de bivouac dans la nature pullulent tout au long du parcours.

Albanie

Partout, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans…

Une inconnue m’offre une part de gâteau encore tiède. Albanie

… et on traverse les jolis paysages qu’offre cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe.

La rivière Zrmanja, Croatie

Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sentirait presque une âme d’aventurier !

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

En théorie, on peut rencontrer de nombreux animaux emblématiques de cette partie de l’Europe comme l’ours brun, le loup ou le lynx. Mais en pratique, ils sont généralement très difficiles à observer car dès qu’ils repèrent des humains, par la vue, l’ouïe ou leur odorat très développé, ils s’enfuient rapidement, sans qu’on ait le temps de détecter leur présence.

Bien d’autres animaux habitent les lieux, tout aussi sauvages mais sensiblement moins discrets, comme le lièvre, le renard, diverses variétés de serpents, le chacal, certains rapaces comme le vautour fauve, etc. Ceux-là sont beaucoup plus facile à apercevoir.

Un troupeau d’ânes croates

Les animaux sauvages ne sont pas les seuls à peupler les alentours de la Trans Dinarica. On y aperçoit également de nombreux animaux d’élevage : ânes, brebis, chèvres, chevaux…

Brebis albanaises

Je développerai plus en détail les animaux rencontrés tout le long de la Trans Dinarica dans la partie suivante : « Je l’ai fait ! Retour d’expérience… »


Pour moi, arpenter la Trans Dinarica pendant des semaines, tout seul sur mon vélo et sous ma tente, fut une expérience marquante que je ne suis pas près d’oublier, et que je souhaite aujourd’hui partager.

La rivière Drin, dans le nord de l’Albanie.

Que ce soit l’aspect sportif voire parfois démoniaque du dénivelé quotidien, la magnifique nature sauvage des Balkans, les habitants accueillants que j’ai rencontrés ou encore mes bivouacs de rêve, voici quelques infos, basées exclusivement sur du vécu, qui pourront être utiles à toutes les personnes souhaitant elles aussi user leurs pneus par là-bas.


Ce qui m’a agréablement surpris dès mes premiers tours de roues sur la Trans Dinarica, effectués en Croatie, c’est la rareté des voitures sur la plupart des routes qu’emprunte l’itinéraire.

La Trans Dinarica en Croatie

Cela s’est vérifié dans tous les pays que j’ai traversés par la suite.

La Trans Dinarica en Bosnie-Herzégovine

Les concepteurs de la Trans Dinarica ont en effet privilégié au maximum les routes secondaires, sur lesquelles le trafic routier est toujours faible.

La Trans Dinarica déserte sur l’île de Pag, en Croatie.

Mais ces routes secondaires laissent parfois la place à de petites voies bitumées bien plus étroites et beaucoup plus reculées, donc encore moins fréquentées.

Une toute petite route isolée de montagne. Bosnie-Herzégovine.

Se perdre sur ces routes minuscules permet de découvrir des endroits souvent authentiques, si loin du tourisme de masse.

Petite route à Fierza, Albanie.

Les routes de la TD en images…


Mais surtout, la Trans Dinarica emprunte régulièrement des pistes et des petits chemins, de terre ou de cailloux, parfois carrément de pierres, souvent rendus boueux dès qu’il pleut.

Une piste de la Trans Dinarica. Croatie.

Il arrive que certains d’entre eux soient difficilement praticables, il convient donc de bien consulter l’itinéraire prévu sur le site officiel de la Trans Dinarica chaque jour avant de s’engager dessus, afin de ne pas avoir de mauvaise surprise. A titre d’exemple, pour l’étape la plus dure de tout mon périple, entre Tomislavgrad et Mostar (Bosnie-Herzégovine), le site de la TD prévenait les voyageurs comme moi de manière explicite :

« Voici une étape mémorable […] le revêtement devient plus meuble et jonché de pierres plus grosses, ce qui rend le cyclisme avec un vélo chargé assez difficile (préparez-vous à quelques portions de marche et de vélo). » Cette étape, « certains la trouvent horrible, d’autres la considèrent comme la meilleure étape de toute la Transdinarica »

Si vous avez prévu de faire cette étape, sachez qu’il est fortement conseillé de la faire à VTT ou en gravel, et en bikepacking, c’est-à-dire en mode maniable et léger. Pour ma part, je l’ai parcourue avec un vélo de voyage certes polyvalent mais typé route, pesant 54 kilos en tout. Résultat, j’ai progressé de 19 kilomètres en… 5h30 ! L’enfer. J’ajoute que c’était en fin d’hiver, sous une pluie permanente et dans un froid aussi glacial que pénétrant. Les pierres souvent grosses étaient glissantes et casse-gueule, je patinais dans la boue… L’enfer, vous dis-je 🙂

Quelque part entre Tomislavgrad et Mostar. Bosnie-Herzégovine.

Mais objectivement, les paysages traversés lors de cette étape, bien que souvent bouchés par une météo récalcitrante le jour de ma venue, m’ont semblé magnifiques. On se trouve là dans une nature sauvage, loin de toute présence humaine. Bref, si ce parcours est exigeant, il est également somptueux et ça, ce n’est plus l’enfer, ça devient le paradis.

La TD sur l’île de Pag, en Croatie.

D’une manière générale, les petits chemins de la TD emmènent les voyageurs à vélo dans des endroits sauvages et isolés en pleine nature.

Le chemin de la TD traverse l’île de Pag. Croatie.
Un chemin de la TD, en Croatie (au fond, petite portion de dénivelé classique…)

Quelques pistes et chemins de la TD en images…


Les côtes, les montées, les descentes et le dénivelé, c’est l’essence même de la Trans Dinarica.

Fin de la montée depuis le niveau de la mer. Croatie.

Qu’on aille là-bas pour franchir ces montagnes en mode sportif ou en mode slow tourisme, il faut s’attendre à ce que les mollets travaillent. Tout le long de l’itinéraire de la TD, quand ça ne monte pas ça descend, et inversement !

La descente qui s’offre à moi, après une montée raide. Bosnie-Herzégovine.

Le parcours est exigeant au quotidien. Dans les montagnes que j’ai traversées, j’ai grimpé tous les jours ou presque des côtes à 10% et plus. Souvent sur quelques dizaines de mètres seulement, pour les pourcentages les plus élevés (plus ou moins 15%), ce qui rendait les montées faisables, même lourdement chargé.

Les bons tuyaux avant de se lancer sur la Trans Dinarica

Si vous traversez des pays et des continents à la force des mollets, alors vous viendrez à bout de la TD et de son dénivelé permanent sans problème. Sinon, il faut savoir qu’une condition physique correcte est conseillée. Et pour mettre toutes les chances de la parcourir sans trop souffrir, voici quelques tuyaux supplémentaires, qui peuvent sembler évidents mais qu’il ne faut pas négliger…

-> Bikepacking et légèreté

Lorsque vous préparez votre voyage, mettez le moins de choses possible dans vos sacoches et dès que c’est fait, enlevez-en encore la moitié ! Car le poids est un ennemi bien plus redoutable qu’on ne le croit dans les côtes souvent pentues de la Trans Dinarica. Le bikepacking est le mode de voyage idéal sur ce parcours exigeant.


-> Un vélo adapté

Je ne suis pas passionné par la technique ni par le matériel vélo car ce que j’aime, c’est juste pédaler, néanmoins, un braquet adapté me semble capital sur ce parcours. Peut-être pas pour les plus sportifs, car ils ont largement les jambes pour passer, mais pour tous les autres. Pour parler simplement, il faut avoir un vélo qui permette de mouliner afin de faciliter au maximum les montées, notamment les plus abruptes.

Petite portion forestière et boueuse annoncée à 15% ! Croatie.

Pour ma part, avec un petit plateau de 26 dents (26-36-48) et une cassette comptant jusqu’à 36 dents (11-36), j’avais un braquet de 0,7 : cela s’est avéré parfait pour moi. Par exemple, je suis venu à bout une fois (en Grèce donc hors-TD) d’une pente de quarante mètres de long indiquée à 20%, ce dont je ne me croyais pas capable avec mon vélo de 54 kilos. Arrivé en haut, mon cœur battait sans doute son record historique de pulsations, mais quelle satisfaction d’être venu à bout de cette petite grimpette !

Si tout ce qui a trait au braquet est du chinois pour vous (comme ça l’était pour moi), alors n’hésitez pas à lire l’excellent article suivant : Transmission : quel développement pour voyager à vélo ? Il démocratise habilement tout ce charabia technique et vous permettra de faire les bons choix de matériel, avant de vous lancer sur les pentes parfois violentes de la Trans Dinarica.


-> Pédaler en zigzag et marcher

Cette technique peut sembler simpliste mais elle est tellement efficace !

Dans les pentes les plus difficiles à grimper, si on n’a pas les jambes, on peut toujours faire des zigzags sur la largeur de la route. Les voitures étant rares sur la Trans Dinarica, c’est souvent possible. Quitte à se rabattre à droite de la chaussée dès qu’on en entend une arriver. Cette technique atténue un peu la pente. J’ai grimpé ainsi chaque fois qu’une côte atteignait les 7 ou 8%. C’est-à-dire tous les jours !…

Et quand on se trouve sur des petites pistes de terre où les roues patinent, ou sur des chemins de cailloux qui glissent, il suffit de mettre brièvement sa fierté dans sa poche pour descendre du vélo puis le pousser un peu, généralement sur quelques dizaines de mètres seulement.

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie et face au vent ! Bosnie-Herzégovine.

-> Et si c’est trop dur…

Enfin, pour ceux qui douteraient de leurs capacités physiques, un dernier conseil : n’hésitez pas à vous lancer quand même sur la TD car, si elle s’avère trop difficile, vous pourrez toujours modifier votre itinéraire en choisissant un tracé alternatif moins exigeant physiquement, via une appli comme Komoot par exemple, qui privilégie elle aussi les routes secondaires peu fréquentées. Cela abrègera vos souffrances et vous ferez un beau voyage malgré tout !


L’un des objectifs des concepteurs du parcours de la Trans Dinarica consistait à faire découvrir aux voyageurs à vélo le superbe écrin naturel dans lequel elle serpente. Incontestablement, ils ont réussi leur pari.

Les chutes de la rivière Zrmanja, Croatie.
La côte adriatique face au bivouac, en Croatie.

Que ce soit la côte adriatique, les forêts, lacs et rivières ou, bien sûr, la montagne, la TD est un véritable paradis pour les amoureux de la nature.

La rivière Drin, Albanie.
L’île de Pag, Croatie.


Les animaux sauvages

Tout au long de mon pédalage à travers les Balkans, j’ai eu beau guetter les animaux évoqués plus haut (ours, loups et lynx), je n’ai pas aperçu le moindre d’entre eux. J’ai juste entendu un loup hurler au loin, une seule fois, en Bosnie-Herzégovine, depuis ma tente que j’avais posée dans une forêt. Mais il n’y a rien à craindre : selon une étude de 2021, il n’y avait eu que six attaques de loups sur les humains depuis 2002 dans toute l’Europe, dont aucune mortelle. Autant dire que, si le loup fait souvent peur, il n’est finalement pas vraiment dangereux pour les humains.

D’autres animaux sauvages sont beaucoup plus faciles à observer dans les Balkans. J’ai pu voir des lièvres, divers rapaces, un renard et deux serpents (un peu après la Trans Dinarica, en réalité : l’un en Grèce, petit et non identifié, et le second en Turquie, un grand malpolon oriental qui atteignait les deux mètres). Mais surtout, j’ai entendu cinq ou six fois les hurlements des chacals tout au long de mes bivouacs successifs la nuit, sur la TD, en pleine nature.

Mon spot de bivouac au petit matin, quelques heures après le passage nocturne, bruyant et mélodieux d’une meute de chacals juste à côté de ma tente (Croatie).

La première fois fut la plus mémorable : ils sont venus hurler, ou plutôt chanter très fort, en passant juste à côté de ma tente, vraisemblablement alors qu’ils chassaient. J’ai été impressionné par le niveau sonore de leurs cris, qui explosent carrément les tympans mais en tant qu’amoureux de la nature, cela m’a permis de vivre un grand moment. Pour la suite de mon périple, j’ai encore entendu des chacals chanter ainsi à quatre ou cinq reprises, toujours de nuit, en Croatie puis en Bosnie-Herzégovine. Mais beaucoup plus loin de la tente. A noter que le chacal n’est pas considéré comme dangereux pour les humains.


Les animaux d’élevage

Ceux-là, on les aperçoit bien sûr plus facilement et un peu partout : ânes, brebis, chèvres, chevaux…

Ils offrent d’ailleurs souvent l’occasion aux cyclovoyageurs et voyageuses de rencontrer les bergers qui, passant leurs journées entières dans une solitude totale, ne demandent qu’à discuter avec les étrangers roulant par là.

Avec Paolo, un berger albanais.
Les bergers m’ont toujours accueilli…
… à bras ouverts !

NDLR Pour être transparent, les photos de bergers ci-dessus ont bien été prises dans les montagnes albanaises mais un peu à l’ouest de la Trans Dinarica, et non pas sur son tracé précis.

Les nombreux bergers rencontrés tout au long de mon périple ont fait partie de mes plus belles rencontres.


Les patous et les chiens errants

Impossible de terminer ce couplet sur les animaux que l’on rencontre le long de la Trans Dinarica sans aborder l’épineuse question des chiens.

Commençons par les patous. Ce sont ces énormes chiens de bergers qui sont dressés pour défendre les troupeaux de tout agresseur. Entendez par tout agresseur les loups, les ours et… les cyclovoyageurs ! Car les patous ne font aucune différence, et c’est bien ça le problème.

Les chiens errants ne sont pas plus sympas. Eux, ce qui les excite, ce sont nos mollets qui pédalent. Cela leur donne le tournis et les rend fous.

Dans tous les cas, il est inutile d’accélérer quand un chien – errant, patou ou autre – vous pourchasse. Car il ira toujours plus vite qu’un vélo chargé, sauf en descente (ce qui m’a d’ailleurs sauvé la mise une ou deux fois). Et si les chiens deviennent un peu trop agressifs, il est souvent préférable de s’arrêter, de leur parler calmement et de faire écran avec le vélo.

Sept chiens errants me harcèleront sans discontinuer pendant 30 mn (mon record), dans les montagnes bosniennes

Entre la France et la Turquie, dans tous les pays traversés, je me suis fait pourchasser une bonne vingtaine de fois au total par des chiens, au fil des semaines. Le plus souvent, cela n’a duré que quelques dizaines ou centaines de mètres avant que mes poursuivants n’abandonnent et rentrent chez eux. Je n’ai eu en tout qu’une seule morsure à déplorer : c’était en pédalant et par chance, c’est dans la semelle de ma chaussure de rando que le molosse a maladroitement planté ses ratiches ! Plus de peur que de mal pour moi, donc.


C’est l’une des grandes forces d’un voyage dans les Balkans : les habitants sont souvent ouverts à l’égard des voyageurs et voyageuses à vélo.

Sofiya m’offre son café turc préparé maison. Croatie.

Quand on pédale en solo, ils sont toujours heureux de pouvoir nous donner un coup de main.

Danilo a rempli mes bidons avec l’eau de son puits

Même les commerçants m’ont souvent offert quelque chose à boire ou à manger, alors que c’est pourtant leur gagne-pain.

Ana et Milanka me régalent. Sinj, Croatie.
Inga m’offre sa pâtisserie faite maison. Mostar, Bosnie-Herzégovine.

Mais comment faire face à tant de générosité ? J’avais entendu parler de ce sens de l’hospitalité qui caractérise les habitants des Balkans. Alors avant de partir, j’avais acheté quelques dizaines de petites tours Eiffel bleues en porte-clés (c’était la seule couleur) dans le but d’en offrir une à chaque personne qui me viendrait en aide au cours de mon périple. J’en ai distribué dans tous les pays traversés mais en Albanie, les habitants étaient si accueillants, si hospitaliers et si généreux que j’ai bien cru que j’allais tomber en rupture ! Un vrai bonheur que toutes ces rencontres…

Quelque part en Albanie (un peu à l’ouest de la TD), ce commerçant primeur de bord de route vient de m’offrir deux oranges et deux pommes. Alors forcément, je me venge, à l’aide d’une petite tour Eiffel bleue…

L’hospitalité albanaise dans toute sa splendeur.

Ces porte-clés si symboliques de mon pays constituent le petit cadeau idéal, car ils ne sont pas lourds et prennent peu place dans mes sacoches. Et en plus, ils séduisent toujours les habitants à qui je les offre.

Précisons pour terminer que les habitants des Balkans sont généralement fiers de faire découvrir aux étrangers leur gastronomie locale. Ce qui tombe bien quand on est un voyageur à vélo toujours affamé…

Vente de produits locaux. Croatie.
Spécialité albanaise.


L’itinéraire de la Trans Dinarica a été étudié pour que l’on puisse dormir dans les hébergements des petits villages traversés, et participer ainsi au soutien de l’activité économique locale.

Île de Pag, Croatie.

L’action est louable évidemment mais pour ma part, étant fan des bivouacs en pleine nature, je passais généralement deux ou trois nuits sous la tente avant d’en passer une dans une petite auberge ou une petite pension, dont le principal avantage pour moi était surtout la présence d’une douche !

Bivouac aux pieds des montagnes enneigées. Croatie.

Je ne fais pas partie de tous ceux qui aiment bien bivouaquer à la vue de tout le monde. Au contraire, je plante toujours ma tente à l’abri des regards, aussi bien pour ne pas déranger les habitants que pour ma tranquillité personnelle.

Forêt croate entre deux villages.
Bivouac dans une forêt d’arbustes. Bosnie-Herzégovine.

En d’autres termes, impossible pour moi de dormir en bord de route. Aussi, je commence généralement à chercher un spot de bivouac en fin d’après-midi, tout en roulant.

Cerné par les montagnes croates.

Mon but, c’est de trouver un petit chemin qui s’éloigne de la route, en espérant qu’il débouche sur le spot idéal : un lac, une rivière, un sous-bois agréable, une petite crique hospitalière…

Bercé par le clapotis des vaguelettes croates.

Bien sûr, quand on dort sous la tente, on doit parfois affronter des conditions météo difficiles. Cela fait partie du jeu et l’on doit faire avec mais pour ma part, j’aime ces moments d’immersion totale dans la nature brute.

Le givre après une nuit à -2°. Croatie.

En fonction de la météo justement, ou de la saison, une autre problématique se pose : l’humidité de la tente. Sa toile est souvent mouillée au petit matin. Aussi, il ne faut pas hésiter à la faire sécher chaque fois que c’est possible, juste avant de reprendre la route.

Séchage de la tente, au soleil et au vent, pendant la préparation des sacoches et du vélo. Croatie.

Un jour, après avoir essuyé des pluies diluviennes sur mon vélo toute la journée, mes vêtements soi-disants imperméables étaient imbibés et du coup, moi aussi ! Avec le froid ambiant en plus, j’étais congelé, c’est pourquoi j’ai décidé de passer la nuit à l’abri, dans une maisonnette en ruine. Mes vêtements ont séché dans les courants d’air de la maison délabrée, mon vélo leur servant d’étendoir.

Bosnie-Herzégovine

Dormir en pleine nature m’a toujours procuré un très fort sentiment de liberté. C’est l’une des raisons qui me poussent à voyager à vélo.

La cuisine au réchaud est souvent indissociable du bivouac. Albanie.
Ma routine quotidienne : le coucher du soleil face à la tente. Île de Pag, Croatie.
Vue sur mer. Île de Pag, Croatie.

Les dernières images de bivouacs…


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (extraite du site officiel Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, laquelle s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, obtenir ce parcours n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

La rivière Drin, en Albanie.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e.s par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Rijeka, Croatie.
Bakar, Croatie.

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones excessivement touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non, alors, n’hésitez pas !

Le long de la Trans Dinarica

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.



L’Albanie à vélo

Voyageur à vélo dans un paysage de montagnes enneigées et d'arbres fleuris

Voici le récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde, sixième étape d’un périple à vélo à travers l’Europe.

Dans ce petit pays des Balkans, j’ai traversé des paysages à couper le souffle, que ce soit le long du littoral ou au cœur des montagnes. Mais en plus de sa nature, l’Albanie compte un autre joyau : la générosité sans faille de ses habitants, qui savent accueillir les voyageurs avec un sens aigu de l’hospitalité.

En fin d’article, retrouvez toutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.



Mes premiers pas en Albanie, ou plutôt mes premiers tours de roues, se font sous une pluie fine mais peu mouillante.

La première particularité qui me saute aux yeux, c’est que les nombreuses églises qui ont jalonné mon chemin dans les pays chrétiens que j’ai traversés précédemment, font place ici à des mosquées.

Ma première mosquée albanaise

Mais je suis arrivé tard dans le pays et il me faut déjà trouver un spot de bivouac car la nuit va bientôt me tomber dessus.

Je dégote un petit chemin montant accessible depuis la route. Je m’y engouffre en poussant mon vélo jusqu’en haut. Là, je surplombe la vallée, au fond de laquelle sont éparpillées quelques fermes, villages et mosquées. Le paysage est cerné par les montagnes.

Premier bivouac en Albanie

La nuit a été hachée à tour de rôle par le crépitement de la pluie sur ma toile de tente, et par les appels des muezzins à la prière, en provenance des différentes mosquées éparpillées dans la vallée en contrebas de mon bivouac. Cette double sensation, de vivre en pleine nature et de dépaysement inhérent au voyage, c’est tout ce que j’aime. Alors si la nuit n’a pas été très reposante, elle m’a quand même régalé.

La mosquée de Fierza

Pour ma deuxième journée dans le pays, je demande aux premières personnes que je rencontre comment on dit bonjour en albanais. Et chaque fois, je suis sidéré car au lieu de recevoir une réponse simple, ma question fait naître des débats entre eux. Comment est-il possible de ne pas savoir dire bonjour dans sa propre langue ? Je ne me l’explique pas. Mirmengjesi, pershendetya, nyetnyetta, les réponses sont aussi variées qu’imprononçables. J’opte temporairement pour la dernière solution, nyetnyetta, qui signifie bonjour dans une sorte de patois local, si j’ai bien compris, que tous les albanais parlent ici, dans le nord du pays. Lorsque je descendrai vers le sud, il sera toujours temps pour moi d’apprendre un nouveau mot de vingt-cinq lettres pour dire bonjour en albanais.

La rivière Drin

De rencontre en rencontre, ce qui me frappe, c’est que les gens avec qui je discute au fil de la route sont tous extrêmement gentils, souriants et bienveillants avec moi. Moi qui aime tant discuter avec les habitants en voyage, je sens que ce pays va me plaire…

Ce monsieur sorti de nulle part m’offre une petite bouteille d’eau.


Si je suis venu dans le nord du pays, c’est pour découvrir la rivière Drin, qui serpente entre les montagnes. Elle se caractérise par une couleur vert-émeraude très vive.

La rivière Drin

La rivière Drin

Par ici, la route est en travaux. De nombreux engins de chantiers cassent littéralement la montagne pour l’élargir et la sécuriser. A l’heure de la pause déjeuner, je croise une équipe d’ouvriers qui va manger. L’un d’entre eux, que j’ai juste salué en passant, m’offre directement un verre. C’est ma première prise de contact avec l’hospitalité albanaise, qui va me marquer profondément tout au long de ma traversée du pays.

Le soir, j’arrive à Koman. Du haut de ses deux cents habitants, le village est minuscule, bien plus que je ne l’imaginais. Je passe la nuit dans un petit hôtel sympa mais miteux, en dormant dans mon sac à viande car les draps ont l’air sales : je ne suis visiblement pas le premier à dormir dedans, et sans doute pas le dernier non plus…

Départ de la croisière sur la Drin River

Je suis venu à Koman car je veux naviguer jusqu’à Fierza sur la rivière Drin.

Croisière sur la rivière Drin

Nous sommes en basse saison et à cette époque de l’année, il n’y a qu’un seul aller – retour par jour. Il s’agit d’une petite navette fluviale, une sorte de bateau-bus, qui permet de relier les minuscules villages de la région. Il n’y a donc que des locaux à bord, je suis le seul touriste.

Kula, un passager albanais, va débarquer

Le coin est aussi joli que reculé.

Le temps est couvert et durant les deux heures et demie de traversée, je me précipite sur mon appareil photo dès que le soleil réussit à transpercer les nuages, ce qui est assez rare dans l’ensemble.

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Jelosh, le capitaine du bateau

Cette petite croisière est régulièrement élue par différents médias du monde entier, généralistes ou spécialisés dans le voyage, comme l’une des plus belles d’Europe. Et l’avantage par rapport à celles des fjords norvégiens auxquelles elle est souvent comparée, c’est qu’ici, il n’y a pas foule.

La rivière Drin

Deux heures et demie de navigation plus tard, le petit bateau accoste à Fierza. Il me reste une cinquantaine de kilomètres de vélo jusqu’à l’étape suivante, Valbona. Mais encore une fois, c’est devenu une habitude depuis le début de mon périple, la météo s’annonce abominable sur mon itinéraire : on y attend des chutes de neige qui dureront au moins trois jours sans discontinuer, avec des températures de -9° C !

Les environs de Fierza

Je décide de faire demi-tour.

Le bateau du retour amarré à Fierza, au petit matin


Du début à la fin de ma traversée de l’Albanie, je croise régulièrement des bergers.

Ghezim, un berger, au milieu de ses brebis

Et avec eux, le courant passe toujours incroyablement bien.

Paolo fait redescendre son troupeau de la montagne

Au début, j’étais étonné chaque fois que j’en apercevais un, au loin, tout seul dans son champ, fixant son troupeau en restant immobile comme une statue.

Discussion pastorale en vue…

Et puis lorsque j’ai commencé à m’approcher et à discuter avec eux, je me suis vite rendu compte qu’ils aimaient le contact.

Un berger jovial avec qui je partagerai de grands éclats de rire

Leur solitude les pousse à discuter chaleureusement dès qu’on leur dit nyetnyetta (bonjour).

Les bergers m’accueillent toujours à bras ouverts…

Ils sont toujours amicaux, ouverts, souriants et rigolards, mais aussi bruts de décoffrage et sincères, et c’est cette authenticité que j’aime chez eux.

Avec Ghezim

Avant de les connaître, je pensais que leur solitude leur pesait obligatoirement. C’est peut-être un peu vrai mais en tout cas, je sais maintenant qu’ils se sentent bien dans leurs montagnes, lesquelles au passage sont magnifiques, accompagnés de leurs animaux dont ils prennent tant soin.


Depuis mon demi-tour à Fierza, je poursuis ma route vers le sud, qui passe désormais en partie par la côte. Le littoral albanais est globalement joli mais je n’aime pas le bétonnage abusif dont il est victime. Les cités balnéaires ont une architecture hétéroclite et désordonnée qui ne me plaît pas du tout, je ne leur trouve absolument aucun charme.

La plage à Durrës

Quand j’arrive dans la capitale albanaise, Tirana, je suis K-O debout. Après un gros mois passé jour et nuit dans le calme et la douceur de la nature au fil des pays traversés, me retrouver subitement à rouler dans cette fourmilière bruyante de voitures qui foncent dans tous les sens me donne un peu le tournis.

Immeuble avec la forme de la tête de Skanderbeg, héros national qui résista à l’Empire Ottoman

Ainsi, à peine arrivé, je sais déjà que je ne vais pas y rester bien longtemps. Je la visite brièvement avant de retourner rapidement dans les jolies montagnes de ce pays, où je me suis senti si bien jusqu’ici.

La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de Namazgâh


L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’accueil important, notamment les albanais. Espérant en bénéficier moi aussi au cours de mon périple, je voulais pouvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide à un moment ou à un autre de mon voyage, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.

J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.

Et je dois bien dire aujourd’hui qu’en Albanie, j’ai été impressionné au quotidien par l’incroyable sens de l’hospitalité des habitants. Pas un jour ne s’est écoulé sans qu’ils aient fait preuve à mon égard d’une générosité d’autant plus étonnante qu’ils ne me m’avaient jamais vu. Voici en vrac quelques exemples d’anecdotes vécues sur le bord de la route.

Un jour, alors que je suis en train de prendre en photo les montagnes enneigées au loin, une vieille voiture s’arrête à côté de moi. Son conducteur en descend, il m’offre une canette de boisson énergisante, il s’excuse de devoir repartir rapidement car il est pressé, il remonte dans sa voiture et démarre. En m’apercevant, il n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter et de m’offrir ce qui lui tombait sous la main alors que pour lui, je n’étais qu’un illustre inconnu.

C’est sur cette petite route qu’un automobiliste m’offre de manière inattendue un soda

Un autre jour, à Koman, je m’arrête devant un restaurant qui semble fermé. Je demande à la gérante si je peux prendre le petit déjeuner, elle me répond que non, son resto est fermé et il n’ouvrira que dans quelques jours, pour Pâques. Je la remercie, je retourne à mon vélo et au moment de repartir, elle déboule dans mon dos pour m’offrir une part du gâteau encore tiède qu’elle vient tout juste de préparer.

Une inconnue m’offre une part de gâteau.

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, je m’arrête dans une minuscule épicerie pour acheter de quoi manger. Après avoir payé, le patron m’offre un café et une petite bouteille d’eau pour la route.

Une demi-heure plus tôt, j’avais rencontré Emiliano, qui s’affairait dans son jardin. A peine lui avais-je dit bonjour qu’il se précipitait dans sa maison. Il en ressortait un instant plus tard avec trois canettes de sodas, qu’il m’offrait !

Emiliano

Une autre fois, un habitant m’interpelle quand je passe à sa hauteur. Il parle français car, ancien migrant, il a passé cinq ans en France, dont deux en centre de rétention. Il a une petite dent contre les français, qui prennent tous les albanais pour des voleurs me dit-il, et pourtant il m’offre généreusement… un coup de gnôle ! Faite maison, elle s’avère un délice…

Dans un autre village, je m’arrête dans une petite cahute sur le bord de la route pour acheter deux oranges. Malgré mon insistance, le commerçant refuse que je les lui paye. Le temps de retourner à mon vélo pour extirper de mes sacoches une petite tour Eiffel couleur Schtroumph, il arrive sur mes talons pour m’offrir deux pommes, en plus des deux oranges !

Encore un albanais au sens de l’hospitalité démesuré

Et pour couronner le tout, je me retrouve tous les soirs à bivouaquer dans la somptueuse nature albanaise, où je peux déguster tranquillement ce que m’offrent les habitants à longueur de journée.


Quand on arpente l’Albanie à vélo, une chose saute aux yeux : la saleté le long des routes. Les gens jettent tout par la fenêtre de leur voiture et cela s’accumule par terre.

Aucun nettoyage ne semble avoir lieu. Cette situation aberrante existe aussi dans les autres pays des Balkans que j’ai traversés, mais dans une moindre mesure. L’Albanie est le gros coup de cœur de mon périple mais je dois bien avouer que la saleté des routes est le gros point noir de ce si beau pays.

Amas exceptionnel d’ordures

Heureusement, la nature albanaise reste globalement somptueuse et tout au long de ma traversée du pays à la force des mollets, je dégote régulièrement des spots de bivouac enchanteurs, perdus en pleine nature dans des endroits où rien ne traîne par terre.

Le bivouac quotidien


Quand on traverse l’Albanie, il y a une curiosité que l’on remarque très vite : la multitude de petits bunkers qui sont éparpillés un peu partout dans le paysage.

Ils ont été construits dans les années 1970-1980 par le dictateur paranoïaque d’alors, Enver Hoxha. Évidemment, ils n’ont jamais vraiment servi. Aujourd’hui, ils font partie du paysage.


L’un des 600.000 petits bunkers albanais qui jalonnent le paysage

Le sud du pays est traversé par la Vjosa (prononcez Viossa) : cette superbe rivière est considérée comme la dernière rivière entièrement sauvage d’Europe (hors Russie occidentale).

Longer ce cours d’eau à vélo procure un plaisir indescriptible pour qui aime la nature.

La rivière Vjosa

Il n’est pas trop difficile de trouver des spots de bivouac sur la berge, en pleine nature, loin des habitations.

Ma petite tente face à la Vjosa
Mon spot de bivouac, sur les berges de la rivière Vjosa

Au-delà de la Vjosa, c’est toute la région qui est sauvage et nature. Quelques vieux ponts, suspendus et rouillés, jalonnent le cours de la rivière et permettent de la traverser.

Le pont suspendu de Tepelenë

Un habitant croisé sur le bord de la route me dira fièrement les seuls mots qu’il connaît dans la langue de Molière : « je t’aime » !

Les montagnes en face de ma tente

Dans le sud du pays, plusieurs albanais m’ont conseillé d’aller faire un tour à Përmet et ses environs. Avec ses huit mille habitants, ce petit village est situé sur la Vjosa.

La Vjosa

J’arrive à Permët par l’un de ces vieux ponts rouillés qui enjambent la Vjosa, et dont la solidité n’est pas la première chose qui saute aux yeux.

L’arrivée à Përmet

Pourtant, il a de la gueule avec toutes ces fleurs qui poussent juste à côté, cette rivière verte qui coule en dessous, et ces sommets encore enneigés en arrière-plan. On dirait un pont du bout du monde.

Le vieux pont rouillé de Përmet

Mais ce sont surtout les environs de Përmet qui m’attirent, et notamment un vieux pont ottoman situé à une quinzaine de kilomètres. Pour y aller, je dois longer la Vjosa dont les couleurs naviguent du bleu turquoise au vert émeraude. Elle s’écoule aux pieds de montagnes dont les pentes sont fleuries et les cimes enneigées. Ma route est déserte et c’est tellement grisant de se sentir si seul au monde, dans ce décor majestueux.

Le paysage de bord de route

J’arrive assez vite au fameux pont ottoman, le pont de Katiut. Il s’agit d’une vieille arche en pierres relativement bien conservée, construite par les ottomans au XVIIe siècle.

Le vieux pont ottoman de Katiut

Cerné par les montagnes, il enjambe la rivière Lengarica.

Mais ce joli site très nature est surtout connu pour ses sources thermales aux vertus thérapeutiques réputées. Les gens viennent se délasser et se soigner ici depuis l’Antiquité.

Une petite cascade aux pieds du pont ottoman

Pour rejoindre le principal bassin thermal, il suffit de traverser le pont puis de marcher une cinquantaine de mètres. La température de l’eau est de trente degrés y compris quand il neige, voire plus selon la saison.

Le principal bassin thermal, à proximité de Permët et Bënjë

En se délassant dans cette eau délicieusement tiède, on a une vue imprenable sur le pont d’un côté et les montagnes enneigées de l’autre.

La vue depuis le pont

Le site n’est pas très grand mais le bel écrin naturel dans lequel il est posé le rend particulièrement attrayant. Nous ne sommes que début avril mais il commence déjà à y avoir un peu de monde. L’été, le site, victime de son succès, est paraît-il pris d’assaut.

Le pont de Katiut dans son cadre naturel

Moi qui avais hésité ce matin à faire le petit détour nécessaire pour venir jusqu’ici, je ne regrette vraiment pas d’avoir pédalé ces quelques kilomètres supplémentaires malgré les montées. C’est l’un de mes plus gros coups de cœur depuis le début de mon périple.

La route du pont de Katiut

Je reprends mon chemin sur une petite route où presque aucune voiture ne passe. Seul avec mon vélo, je traverse des paysages où les arbres en pleine floraison font face aux dernières neiges qui habillent encore le sommet des montagnes. Plus pour très longtemps.

Mon itinéraire rejoignant rapidement le cours de la Vjosa, je continue à en prendre plein les yeux.

La Vjosa aux pieds des montagnes

A chaque méandre de la rivière, les paysages changent : des montagnes, des forêts, des champs de fleurs… Je comprends mieux pourquoi ce cours d’eau est réputé être la dernière rivière sauvage d’Europe.

La Vjosa

Rouler à vélo dans de tels paysages procure un sentiment de liberté très fort, bien plus que je ne l’aurais imaginé. Mais les plus belles choses ont une fin et à l’approche de la Grèce, le cours de la Vjosa s’éloigne petit à petit.

A l’heure du bilan, je dois bien dire que l’Albanie m’a profondément marqué. Je me sens même un peu sous le choc de quitter ce pays où la nature est si belle, et dont le peuple est si attachant, si généreux. Mais maintenant, c’est l’heure de découvrir un nouveau pays : la Grèce…

Mirupovshim Shqipëria (au revoir l’Albanie)


Encore quelques photos de l’Albanie à vélo avant les infos pratiques…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Pour les cyclistes qui recherchent une sécurité optimale sur la route, l’Albanie est un petit paradis. En effet, les automobilistes sont si respectueux des cyclistes qu’ils les doublent systématiquement en roulant sur la voie de gauche, y compris quand une voiture arrive en face d’eux ! J’ai pu le constater dès que j’ai passé la frontière depuis le Monténégro, puis quotidiennement pendant les onze jours que j’ai passés en Albanie.

A plusieurs reprises, j’ai carrément eu peur pour ces automobilistes car ils me doublaient sur la file de gauche alors qu’une voiture arrivait en face. Mais ceux qui arrivaient en face justement, fonctionnent de la même manière et ce sont donc eux qui se poussaient sur l’extrême bord de la route, parfois au ras du fossé, pour laisser passer la voiture en train de me doubler. Parfois ils se frôlaient, parfois ils devaient piler tous les deux pour ne pas se rentrer dedans, mais toujours ils passaient vraiment au large de moi, tout à gauche, donc.

Dans les pays que j’avais traversés précédemment (un peu en Italie et au Monténégro mais surtout en Croatie, et plus encore en Bosnie-Herzégovine), les voitures attendaient brièvement derrière moi lorsqu’une voiture arrivait en face, avant de me doubler. En Albanie, c’est différent : ils ne ralentissent pas, ils n’attendent pas derrière les cyclistes, ils passent, avec une grande marge de sécurité puisqu’ils doublent toujours sur la file de gauche et si quelqu’un arrive en face, c’est lui qui se pousse !

Je ne me suis donc absolument jamais senti en danger sur les routes albanaises. Le seul bémol concerne la capitale, Tirana, où quelques automobilistes pressés d’aller travailler à l’heure de pointe ont parfois un peu forcé le passage, mais sans jamais que je ne me sente vraiment en danger. Il me suffisait de les laisser passer dans les bouchons tiranais.

Petite queue de poisson à Tirana

En conclusion, les seules fois où j’ai eu peur sur les routes albanaises, c’était pour les automobilistes eux-mêmes, lorsqu’ils étaient à deux doigts de se percuter parce que l’un d’eux me doublait trop largement. Et pour tout dire, c’est anecdotique mais je me sentais tellement en sécurité que c’est dans ce pays que j’ai définitivement enlevé mon casque.


J’ai dormi au Ramis Hotel & Outdoor Sports Center. C’est l’un des hôtels les moins chers de Përmet, il est propre, le confort est correct, les propriétaires sont accueillants et le petit déjeuner est copieux.

En plus de la partie hôtelière, l’établissement propose diverses activités, notamment la location de vélos et surtout, des sorties rafting sur la magnifique Vjosa. C’est l’un des fils des propriétaires qui assure l’encadrement de ces activités.

Pour d’autres possibilités d’hébergement : voir tous les hôtels de Përmet.


La Vjosa est un petit paradis naturel dans lequel de nombreuses activités sont possibles : le rafting est la plus prisée, mais on peut également descendre la rivière en bouée, faire des randonnées, du vélo (y compris électrique), du quad, de l’équitation

Pour réserver ces activités, il y a plusieurs possibilités :

  • Demander des infos à votre hôtel, qui vous guidera ou, dans certains cas, qui vous proposera lui-même ses propres activités.

  • Réserver des activités clé en main, via des plateformes connues : GetYourGuide par exemple, propose une gamme d’activités très variée.


La Vjosa





Les étapes suivantes :