Voici le récit détaillé d’un voyage en Croatie, troisième étape d’une traversée de l’Europe à vélo.
Dans ce petit pays des Balkans, j’ai pédalé dans des paysages sublimes : des îles, des forêts, des rivières et des montagnes. Partout la nature sauvage s’est avérée de toute beauté.
La Trans-Dinarica est l’itinéraire qui m’a permis de découvrir ces endroits isolés : retrouvez cette pépite dans les infos pratiques, en fin d’article.
Sommaire
Quelques déboires
Après avoir quitté le pays des ours, la Slovénie, je bascule en Croatie.
Après la frontière, je continue à guetter ces grosses boules de poils griffues et dentues pendant plusieurs heures, à travers les forêts épaisses qui enserrent la route. Mais tuons le suspense tout de suite : je n’apercevrai pas le moindre nounours de tout mon périple…

Dans les côtes, mon vélo commence à faire des siennes : de petits sauts de chaîne se produisent de plus en plus souvent, rendant toujours un peu plus difficiles les montées qui se succèdent. Je finis par me rendre à l’évidence : je vais devoir faire une escale en ville pour faire remplacer la chaîne, visiblement plus usée que je ne le pensais car dans cet état-là, elle représente un vrai handicap pour grimper les côtes. Direction : Rijeka, sur la côte Adriatique. Ce sont les aléas du voyage à vélo, il faut bien faire avec.

Une fois sur place, je laisse mon vélo à un réparateur. Pendant son intervention, un déluge impressionnant s’abat sur la ville. Cette petite escale forcée s’avère presque une aubaine pour moi, finalement : au lieu de me noyer en pédalant, je reste bien au sec et au chaud dans un petit café, à enchaîner les cappuccinos. J’en profite pour aller acheter un billet de bateau vers ma prochaine étape : l’île de Pag. Mais sur place, la vendeuse m’informe que les ferries faisant la longue traversée Rijeka-Pag ne prennent pas les vélos. Ils font bien embarquer les motos et les voitures mais va savoir pourquoi, pas les vélos. Tant pis pour moi, je ferai les 200 bornes jusqu’à Prizna à vélo. Car les petits bateaux qui font la traversée jusqu’à Pag depuis ce micro-port ne font aucune discrimination, eux, contre les vélos.

Sur ma route, le temps se déchaîne. Des trombes d’eau s’effondrent du ciel quasiment sans discontinuer sur les voyageurs de passage, c’est-à-dire moi puisque je n’en croise aucun autre sur ces petites routes désertes. Et quand les nuages n’ont plus d’eau à me cracher dessus, le ciel apparaît sous un noir d’encre impressionnant. Pas grave. Un jour, il fera beau à nouveau.

La meute de chacals
Le soir venu, quelques kilomètres avant Prizna, je profite de l’arrivée de quelques éclaircies, aussi inattendues que bienvenues, pour poser ma tente. A peine une heure plus tard, alors que je dors déjà comme un bébé, je suis réveillé par une petite dizaine de hurlements simultanés. D’abord lointains, ils se rapprochent assez vite de la tente, jusqu’à me transpercer littéralement les tympans. Ils passent en effet à quelques mètres de moi seulement puis s’éloignent tranquillement : c’est une meute de chacals. Étonnamment, leurs cris sont plutôt mélodieux, beaucoup plus jolis à écouter que celui du loup. De plus, ils chantent tous en même temps. Un peu comme une chorale, mais de canidés. Ils ne présentent pas de danger pour les humains. C’est le premier moment fort, très fort, de ce périple.

Depuis deux semaines maintenant que je suis parti, j’ai passé le plus clair de mon temps dans la nature, de jour comme de nuit. Mais ce soir, cette meute de chacals a fini de balayer les derniers repères de confort que j’avais conservés de ma vie citadine. A partir de maintenant, j’ai presque l’impression de faire partie intégrante de cette nature qui m’entoure : c’est toute la magie de ce voyage qui est en train de me tomber dessus.
L’île de Pag
Le lendemain matin, je rejoins Prizna, sous un soleil matinal qui ne va pas tarder à s’enfuir.

Là, je prends un bateau qui, après une courte traversée de trente minutes, nous emmène, mon vélo et moi, sur l’île de Pag.

Longue d’une soixantaine de kilomètres, elle est relativement grande. C’est une île sauvage, aride et battue par les vents, c’est d’ailleurs à cause de ça que pas grand-chose n’y pousse. Sa population est essentiellement composée de moutons ! On en croise un peu partout et ça lui donne un certain charme. Ma découverte de l’île, très fréquentée l’été mais vide de touristes l’hiver, va constituer pour moi un véritable coup de cœur. Le premier du voyage, mais pas le dernier…
Le soir venu, je descend dans une petite pension afin de pouvoir prendre enfin une bonne douche et tant pis si après ça, mon effluve naturelle n’attire plus aucun chacal. La propriétaire septuagénaire des lieux, Sofiya, m’accueille à bras ouverts. Installée ici depuis quarante-cinq ans, elle est bosniaque. Elle est polyglotte mais nous ne pouvons pas communiquer pour autant : elle ne parle que des langues et dialectes croates, bosniaques et serbes. Moi pas.


Dotée d’un sens aigu de l’hospitalité, elle sacrifie une partie de son temps pour me préparer un café turc dans les règles de l’art. Nous le dégustons ensemble sans pouvoir bien communiquer, faute de langue commune. J’arrive quand même à comprendre quelques bribes de ses propos, notamment qu’elle a beaucoup souffert de la guerre dans son pays, dans les années 90.
L’arrivée de sa fille anglophone fait subitement progresser nos échanges. Elle m’explique notamment pourquoi sa mère est encore si marquée par ce conflit, pourtant terminé depuis un quart de siècle : deux de ses frères y ont perdu la vie. Le premier a sauté sur une mine à l’âge de vingt-quatre ans, le corps du deuxième n’a jamais été retrouvé. C’était à Srebrenica. L’histoire est dramatique et me touche profondément. Pourtant, j’aime ce genre de rencontres où nous échangeons nos tranches de vies, si amicalement alors que nous ne nous connaissons même pas. Je n’oublierai pas Sofiya.

Le lendemain matin, je mets le cap sur le sud de l’île. Il y a là un pont qui la relie au continent et qui m’évitera de prendre à nouveau un bateau. Normalement, je serai de l’autre côté ce soir.
Pour la première fois depuis cinq ou six jours, le ciel ne s’effondre plus sur moi. Le temps est même passé d’un extrême à l’autre puisque malgré le froid mordant, il fait désormais un soleil éclatant. Conséquence, toutes les couleurs hivernales de l’île explosent.

Mon GPS vélo me fait traverser Pag en quittant le bitume de la route principale pour emprunter de petits chemins entièrement déserts, à travers une jolie nature sauvage et battue par les vents. Ici, je suis tout seul et j’ai un peu l’impression d’être arrivé au bout du monde.

Les chemins sur lesquels je roule sont faits de terre, de pierres, de boue et ils sont modérément praticables, mais les vues plongeantes sur la mer et les montagnes en valent tellement la peine. Le cadre est enchanteur.

Pendant une bonne partie de la journée, je ne croise pas un chat. Par contre, beaucoup de moutons. Il y en a partout. Quand je ne les vois pas brouter, je les entends bêler.


Dans l’après-midi, je croise enfin une présence humaine.
C’est celle de Luka, un jeune pèlerin croate sympa, qui se rend à pied dans l’ouest de l’Herzégovine, à Medjugorje. Ce petit village constitue un lieu de pèlerinage important pour les catholiques, à tel point que ses deux mille habitants accueillent chaque année plus de deux millions de pèlerins.

Comme moi, avec toute l’eau qui lui est tombée dessus les jours précédents, il a pas mal ramassé. Plus que moi, d’ailleurs, car il m’explique que sa tente a pris l’eau et qu’au lieu de dormir, il a dû passer une partie de ses nuits à éponger !


Je me rends compte que j’ai un vrai coup de cœur pour cette île. Je m’arrête si souvent pour prendre des photos, filmer et tout simplement profiter de cette nouvelle vie, que je n’avance pas beaucoup.


Je pensais quitter l’île dans l’après-midi en rejoignant le continent par le pont sud mais à cause de mes si nombreux arrêts photos, je ne progresse pas assez vite pour y arriver avant la nuit. Je décide donc de profiter un peu plus que prévu de Pag, en bivouaquant ici plutôt que sur le continent.
Bien calé entre une petite route peu fréquentée et la mer calme, un vaste terrain boisé me tend les bras pour planter ma tente.

Il est assez isolé et semble en friche, avec son herbe haute, humide et jaunie, et débouche sur de jolies petites criques désertes.

Je place ma petite maison face à la mer : je dînerai en admirant le coucher du soleil.

Cette journée est la plus belle depuis le début du périple et comme prévu, elle s’achève par le spectacle classique mais toujours efficace du soleil rougeoyant qui s’effondre dans la mer. Comme lui, je finis par me coucher. Demain, je quitterai la magie de Pag.

La Croatie profonde et sauvage
Ma vie nomade m’impose une triple quête quotidienne : trouver suffisamment d’eau pour tenir jusqu’au lendemain, trouver une poubelle où jeter mes ordures puis le soir, trouver un spot de bivouac pour dormir comme un bienheureux.

Ainsi, à peine de retour sur la Croatie continentale, je dois déjà remplir mes gourdes qui sont vides. Mon itinéraire m’a fait quitter la côte, où les villes et villages n’étaient pas rares, pour m’enfoncer dans les terres montagneuses de l’intérieur, beaucoup moins habitées. Là, pendant un bon moment, je ne traverse pas le moindre village.
L’un des rares signes de vie que je rencontre se présente sous la forme d’un motard. Il s’arrête à un croisement pour me laisser passer, alors qu’il aurait largement la place de me doubler puisqu’à part nous deux, cette petite route de montagne est entièrement déserte. Nous nous saluons brièvement de la main puis, une fois passé devant lui, je m’attends à l’entendre accélérer et le voir me doubler en trombe. Mais non. Il arrive au pas puis roule à ma hauteur, à vingt kilomètres à l’heure au lieu de cent cinquante. Nous discutons comme ça quelques minutes tout en roulant au milieu de la route. Il est allemand et va en Inde. Quand je lui réponds que pour ma part, je vais en Grèce, il observe avec étonnement tout mon chargement, me fait un grand sourire et me dit « respect ». Nous faisons un check, toujours en roulant, puis il pousse une accélération qui me laisse sur place. A ce rythme-là, il arrivera sur la terre de Gandhi avant que je n’atteigne celle d’Aristote.

Un peu plus loin, j’arrive dans un minuscule hameau qui semble figé : pas un habitant ne se montre et le silence règne. Ce n’est pas ici que je pense résoudre ma pénurie d’eau.
Mais par chance, je dégote un habitant qui s’active discrètement derrière le mur de son jardin. Le plus improbable, c’est qu’il parle français ! Il s’appelle Danilo et il a vécu cinq ans à Paris.

Quand je lui demande où je peux trouver de l’eau, il me propose immédiatement de remplir mes bidons avec celle de son puits. Puis il me fait visiter son potager et son verger : salades, choux, figuiers, pruniers, vignes, il a de quoi vivre en autarcie pour un bon moment dans ce coin reculé de la Croatie.
Après avoir fait le tour du propriétaire, je le salue dans sa langue par un do vidjenia hésitant qui signifie au revoir. Mon accent pas terrible lui arrache un sourire et nous nous quittons là-dessus.
Alourdis de trois kilos grâce à l’eau du puits de Danilo, mon vélo et moi reprenons la route. Tout en le propulsant à la vitesse d’un escargot dans ces montées qui n’en finissent pas, je réalise que depuis mon départ de France, j’ai déjà grimpé près de 10.000 mètres de dénivelé positif. C’est-à-dire sensiblement plus que l’altitude de la reine des montagnes, l’Everest.

Je passe la nuit suivante à dormir seulement par bribes, uniquement quand mes voisins, un troupeau d’ânes apparemment joyeux, ne braient pas haut et fort. Leurs grands cris taillent en pièces le silence profond de la montagne, et il se trouve toujours un de leurs congénères pour leur répondre, quelque part au loin.

Par ici, la nature croate est belle et sauvage. Je roule dans de vastes forêts effeuillées traversées par de jolies rivières, en étant toujours seul au monde.

Ici, je suis loin de la ville, de son bruit, de sa pollution, de sa foule et de son stress.

Ils sont remplacés par le chant des oiseaux, les senteurs de la forêt et cette incroyable sensation de liberté qui m’accompagne désormais.

Un peu avant de passer en Bosnie-Herzégovine, dans la petite ville croate de Sinj, je m’arrête comme souvent dans une minuscule épicerie de bord de route. J’y suis accueilli à bras ouverts par la gérante, Milanka, et son employée Anna.
Le courant passe si bien que Milanka m’offre vite de quoi me sustenter : charcuterie maison et fromage, avec morceaux de pain et petits biscuits. Ce festin est destiné à tous ses clients mais comme je suis le seul dans le magasin, elle m’oblige à me resservir plusieurs fois ! Mon estomac de cycliste toujours affamé ne se fait pas prier. Je dévaste l’assiette et je reprends la route.

Ce sera ma dernière rencontre en Croatie. Légèrement alourdi par les produits du terroir de Milanka, je prends la direction de la Bosnie-Herzégovine toute proche mais auparavant, j’ai un dernier site croate à découvrir : l’œil de la Terre ! Il s’agit de la source d’une rivière très connue dans le pays, la Cetina, qui se présente sous la forme d’un gigantesque trou rempli d’une eau dont les couleurs naviguent du vert émeraude au bleu saphir.

La Croatie a dépassé mes espérances, que ce soit grâce à la beauté de ses paysages naturels, aux habitants si attachants que j’y ai rencontrés, ou à sa nature brute dans laquelle je me suis tant régalé à pédaler et bivouaquer. Derrière ces montagnes dans lesquelles je donne mes derniers coups de pédales croates m’attend ma prochaine étape : la Bosnie-Herzégovine…
Le coin du cycliste
Trans Dinarica : l’itinéraire de rêve pour les cyclistes
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

La pépite : le site Trans Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
Le lien : Trans Dinarica
La distance totale de la Trans Dinarica approche les 6.000 kilomètres, et son dénivelé positif les… 100.000 mètres !
Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

Remarque : au cas où vous vous posiez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂
Les itinéraires Eurovélo
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
- Eurovélo 1 : côte Atlantique (10.650 km !)
- Eurovélo 12 : Mer du Nord (7.250 km)
- Eurovélo 14 : lacs et rivières d’Europe centrale (1.150 km)
- Eurovélo 15 : le Rhin (1.450 km)
- Eurovélo 17 : le Rhône (1.000 km)
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
La cohabitation vélos – voitures en Croatie
Sur mon itinéraire, la Croatie était le pays qui m’inquiétait le plus en termes de risques d’accidents de la route. Car j’avais lu de nombreux témoignages de voyageurs à vélo, sur des blogs et forums, qui disaient tous invariablement la même chose, et ça faisait peur : les Croates conduisent comme des fous, ils s’amusent à frôler les cyclistes à grande vitesse, ils doublent comme des malades tout en klaxonnant sans la moindre raison, certains font carrément des bras d’honneur en passant, etc.
Alors disons-le tout de suite : j’ai vécu exactement le contraire sur les routes croates ! En dix jours passés à rouler dans ce pays, aucun automobiliste (ni poids lourd etc.) ne m’a jamais mis en danger. Pas une seule fois.
Les automobilistes croates m’ont toujours doublé à distance très respectable. Quand il n’y avait pas la place de passer sans me frôler, ils restaient derrière moi et attendaient qu’il n’y ait plus de voiture en face pour passer, sans énervement ostensible.
C’est vrai que les grosses voitures allemandes sont très répandues en Croatie (Audi, Porsche, Mercedes, BMW…) mais pour ce que j’en ai vu, les croates en ont toujours fait un usage respectueux et sécurisé par rapport au cycliste que je suis.
Pourtant, je fais plutôt confiance à tous les témoignages évoqués plus haut. Alors pourquoi une telle différence de ressenti ?
D’une part, j’ai traversé la Croatie à vélo mi-mars, c’est-à-dire en basse saison, à une période de l’année où les locaux ne sont pas encore envahis par les nuées de cyclotouristes passant par là.
D’autre part, j’ai pédalé à l’intérieur des terres sur une bonne partie de mon itinéraire, contrairement à la plupart des voyageurs à vélo qui traversent le pays du nord au sud en longeant la côte. Là, il est possible que les locaux soient excédés l’été sur ces petites routes étroites mais très fréquentées qui les empêchent de doubler les nombreux vélos roulant au ralenti.
En tout cas, si vous avez lu les mêmes témoignages alarmistes que moi, alors un conseil : attendez d’être là-bas pour vous faire votre propre idée.
Moi, j’ai juste une chose à dire aux automobilistes croates : hvala puno (merci beaucoup) !
Les étapes précédentes :
Les étapes suivantes :













































































































