Voici le récit détaillé d’un voyage en Bosnie-Herzégovine, quatrième étape d’une traversée de l’Europe à vélo.
Dans ce petit pays des Balkans, j’ai pédalé dans des conditions météo désastreuses, ce qui a plus ou moins fait passer mon voyage du tourisme à l’aventure !
En fin d’article, retrouvez toutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.
Sommaire
L’arrivée en Bosnie-Herzégovine
Après une petite semaine de pluies diluviennes, qui ont commencé en Italie et m’ont harcelé à travers la Slovénie jusqu’en Croatie, j’ai eu la chance d’avoir un temps magnifique pendant un jour et demi sur l’île de Pag. Mais depuis que j’ai quitté ce petit coin de rêve, je suis à nouveau assailli par des trombes d’eau.
A la petite frontière bosnienne que j’atteins en plein cœur des montagnes, le jeune douanier m’informe que la météo prévoit encore deux jours de fortes pluies. Je ne le sais pas encore mais elles dureront finalement une semaine.

A première vue, la Bosnie-Herzégovine me paraît bien moins développée que sa voisine croate. Ici, les vieilles voitures et les charrettes tractées par des chevaux remplacent les grosses berlines allemandes qui foisonnaient en Croatie. Les routes bosniennes sont plus étroites et leur bitume déliquescent. Mais surtout, ce qui me marque le plus, c’est le nombre de maisons en ruine qui bordent les routes et n’ont toujours pas été rasées. La guerre a beau être terminée depuis trente ans, ces vestiges délabrent toujours le paysage.
Le principal problème que je dois affronter dans ce nouveau pays, c’est la météo. Car ici, la pluie tombe sans discontinuer pendant des jours et des jours. Elle transperce littéralement tous mes vêtements techniques de cycliste itinérant. Pourtant censés être imperméables, ils s’avèrent tous incapables de repousser les quantités phénoménales d’eau qui s’écroulent en permanence du ciel.

Résultat, je suis détrempé à longueur de journée. Malgré mes guêtres et mes sur-chaussures, toutes imperméables, mes pieds sont imbibés chaque matin dès les premiers coups de pédales. Idem pour mes mains malgré deux paires de gants, eux aussi censés être imperméables. Et même chose pour tout le reste du corps. Mais le pire est à venir : le glacial vent de face, en s’alliant à la pluie, achève de me congeler.

Je passe mes journées à dégouliner et tous mes vêtements sont à tordre. Ces conditions difficiles ne m’empêchent pas d’éprouver une certaine sympathie pour ce pays et ses habitants, qui ont tant souffert de la guerre, il y a trente ans. Mes souffrances à moi sont tellement ridicules à côté. Je ne vais quand même pas me plaindre pour quelques tonnes de pluie. Alors je me tais et je pédale.
Squatter une maison en ruine
Au soir de ma troisième journée dans le pays, je rêve de poser ma tente dans la nature du coin, tellement elle semble propice au bivouac. Mais je suis si mouillé que je décide de dormir dans l’une de ces petites maisons en ruine qui bordent la route un peu partout. Au moins, j’y serai un peu à l’abri.
C’est ainsi qu’au milieu de nulle part, sur l’une de ces petites routes de montagnes désertes, je finis par trouver mon bonheur. Il s’agit d’une petite maisonnette abandonnée, dont la façade est toute taguée.

A l’intérieur, il ne fait pas bien chaud avec ce vent permanent qui circule, les portes et les fenêtres ayant disparu depuis longtemps. L’avantage de ce gruyère, c’est que l’air qui s’y balade devrait permettre à toutes les éponges qui me servent de vêtements de sécher pendant la nuit. Pour l’occasion, je transforme donc mon vélo en étendoir.

A l’intérieur, tout est dévasté : le sol est jonché de miettes de briques et de tessons de bouteilles mais aussi de détritus de toutes sortes, sans compter quelques excréments d’origine humaine. Ils semblent squatter les lieux depuis longtemps, tout desséchés qu’ils sont. Je les balaie à l’aide d’un morceau de tuile cassée, ainsi que toutes les saletés jonchant le coin où je vais poser ma tente.

J’enfile enfin des vêtements secs, je dévore un plat de pâtes chaudes, et je découvre que lorsqu’on vit dans un certain dénuement, un petit rien peut vite se transformer en véritable luxe : cette maisonnette en ruine qui fait figure de repoussoir, je la vois plutôt, moi, comme un petit palace qui va me permettre de passer enfin une nuit bien au sec et ça, ça n’a pas de prix.
Dans ces montagnes isolées, il n’y a aucun réseau et je ne peux donc pas donner ma position à ma femme restée en France, comme je le fais tous les soirs. Je lui avais bien dit, avant de partir, que cette éventualité ne manquerait pas de se produire un jour et qu’il ne faudrait alors pas qu’elle s’en alarme. Il n’empêche que je la sais inquiète, et cela m’empêche de fermer l’œil.

Déluge dans les montagnes
Après une nuit blanche, il me suffit de rouler quelques kilomètres pour accrocher brièvement un peu de réseau. Suffisant pour la rassurer d’un texto rapide.
Une poignée de kilomètres plus loin, mon GPS me fait quitter le bitume pour un petit chemin sauvage montant dans les cailloux. La journée est l’une des plus pluvieuses depuis le début du périple, le chemin est boueux et ses innombrables pierres extrêmement glissantes. Le GPS m’indique que je vais devoir affronter dix kilomètres de montées, et donc de galères vu la météo exécrable, avant de retrouver enfin une route asphaltée.
Ce chemin monte tellement et les pierres sont si glissantes que je dois régulièrement pousser mes cinquante-quatre kilos de vélo. Je n’ai jamais progressé aussi lentement. Il pleut toujours autant, le paysage est complètement bouché par la brume qui m’entoure, je suis trempé et gelé. J’ai tellement hâte d’en finir avec ces dix kilomètres d’enfer pour retrouver enfin un peu de bitume.

Et quand mon GPS m’indique que je vais enfin rejoindre la route, c’est faux : il n’y a pas le moindre bitume autour de moi. Le chemin continue à monter, il devient de plus en plus pierreux donc de moins en moins praticable. Par endroits, il traverse des plaques de neige. Il fait froid et un brouillard de plus en plus épais m’entoure.
A ce moment-là, je m’aperçois que l’écran de mon téléphone change de couleurs : il devient vaguement bleu, rose, vert… En d’autres termes, il commence à souffrir de l’humidité. Je prends ça très au sérieux car la dernière fois que ça m’est arrivé, c’était au cours d’une rando humide (décidément) dans les Pyrénées, et mon téléphone avait fini par rendre l’âme définitivement à cause de l’humidité. Je réalise donc que si ça se reproduit ici, je n’aurai plus de GPS. Et même s’il n’y a un vague croisement que tous les deux ou trois kilomètres sur ce chemin désespérément isolé, sans GPS, je finirai forcément par me perdre.

Je retire donc immédiatement mon téléphone de la petite sacoche soi-disant étanche dont la vitre plastifiée me permettait jusque-là de voir mon chemin sur l’écran, et je le mets dans l’une de mes quatre grandes sacoches étanches de porte-bagages. Il pleut tellement que pendant l’opération, l’eau a le temps de pénétrer dans la sacoche. Je décide de ne plus penser à l’hypothèse d’un décès de mon téléphone-GPS : pour l’instant, il fonctionne donc tout va bien. S’il rend l’âme, il sera toujours temps d’aviser…

A ce moment-là, j’ai si froid et les efforts physiques sont si intenses que je pense avoir touché le fond. Mais non. Trois chiens sortis de nulle part me foncent dessus en aboyant de toutes leurs forces. Quelques copains à eux se joignent à la fête petit à petit, jusqu’à ce qu’ils soient sept. Ils n’ont pas l’air féroces mais leurs aboiements en boucle m’agressent les tympans. J’essaie bien de les amadouer mais rien n’y fait. Il y en a notamment un qui ne me lâche pas et qui approche dangereusement ses crocs de mes mollets, au fil des tours de pédales. Il me suivra pendant plus d’une demi-heure sans jamais cesser d’aboyer, alors que les autres ont abandonné depuis longtemps. Impressionnant.

Au final, je mettrai cinq heures et demie pour faire dix-neuf misérables kilomètres avec mon vélo et rejoindre enfin une petite route bitumée. Défoncée, c’est vrai mais dans mon esprit, elle prend des allures de paradis. Car elle me permet de quitter l’enfer de ce chemin de montagne et en plus, même si mon téléphone-GPS devait me lâcher maintenant, il me suffirait de suivre cette route éclatée pour finir par arriver à ma prochaine étape : Mostar.
Mostar
Lorsque j’y arrive enfin, je décide de prendre une chambre dans une petite auberge familiale aux prix modiques, carrément pour trois nuits. La météo ne prévoit en effet aucune amélioration au cours des prochains jours, excepté une brève éclaircie pendant quelques heures le lendemain. Inutile de remonter sur mon vélo au petit matin pour revivre le cauchemar d’aujourd’hui. Trois nuits dans un lit confortable avec une couette propre, ainsi que deux jours de repos ne me feront pas de mal. Je repartirai le troisième jour tout frais et reposé, avec un moral en béton…
La propriétaire de l’auberge, Inga, se montre extrêmement accueillante si bien qu’en trois jours, nous aurons le temps de sympathiser.
Ma première nuit à Mostar, dans des draps propres et après une douche délicieuse, est peut-être bien la plus confortable de tout mon périple alors que la précédente, que j’ai dû passer au milieu d’immondices dans un nid à rats, a sans doute été la pire. Je ne connais pas encore vraiment Mostar mais une chose est sûre : j’adore déjà cette ville !
Le lendemain de mon arrivée, Inga m’explique qu’en me voyant débarquer dans son auberge la veille, elle a eu peur pour moi, tellement j’avais l’air en piteux état selon elle. Elle m’avoue l’avoir carrément signalé à son mari car elle avait peur qu’il m’arrive quelque chose ! Et dire que moi, j’étais si heureux d’arriver dans son auberge chauffée après la journée difficile que je venais de vivre, que je pensais être souriant et détendu !
Mon premier jour de repos et de visite de la ville commence sans pluie, et avec ma première éclaircie depuis bien longtemps. Je ne savais plus que le soleil existait. Certains bâtiments de Mostar comportent toujours des trous d’obus au milieu de façades criblées de balles. La guerre qui a fait rage il y a plus d’un quart de siècle, dans cette ville aux profondes divisions ethniques, a laissé des cicatrices qui sont toujours visibles un peu partout aujourd’hui.

Ici, c’est toujours une poudrière, paraît-il. Car il suffirait aujourd’hui d’une petite étincelle pour que la situation explose à nouveau entre bosniaques musulmans, croates catholiques et serbes orthodoxes, qui se partagent la ville.

La veille de mon départ, Inga frappe à la porte de ma chambre. Toujours aussi souriante, elle m’offre une part du gâteau qu’elle vient de préparer.
Elle est passionnée de pâtisserie et ce gâteau aux fruits rouges est aussi élaboré qu’un vrai gâteau de pâtissier. Elle l’a fait à l’occasion de l’anniversaire de son mari. Pauvre homme : alors qu’il ne me connaît même pas, le voilà obligé de partager ce succulent dessert avec moi !

L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’hospitalité important. Espérant en bénéficier au cours de mon périple, je voulais pourvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.
J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.

Inutile de dire que lorsqu’Inga m’offre une part de son gâteau, je m’empresse de lui donner en retour une petite tour Eiffel bleue. Et comme toutes les personnes à qui j’en offre une, elle marque d’abord un bref étonnement avant d’éclater de rire avec moi, puis de me remercier chaleureusement.

Après deux jours entiers de remise à neuf, je reprend gaiement la route. Il pleut toujours abondamment et le ciel ne s’est pas éclairci.

La nécropole de Radimlja, patrimoine de l’humanité
Dans les Balkans, quelques milliers de stecci sont éparpillés dans la nature. Il s’agit de pierres tombales médiévales monumentales. On en trouve un peu partout : dans les forêts, dans les champs, le long des rivières… Avec 60.000 spécimens, c’est la Bosnie-Herzégovine qui en compte le plus.
Pour la première fois depuis je ne sais plus combien de jours, la pluie baisse d’intensité au moment précis où je passe à hauteur de la nécropole de Radimlja, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. J’en profite pour y faire une brève halte et me balader dans ce cimetière impressionnant, tout droit sorti du Moyen-Âge.


Trahison du GPS
Komoot est un excellent GPS vélo. La plupart du temps, il m’emmène soit sur des petites routes très peu fréquentées, soit carrément sur des chemins déserts à travers la nature. Ces endroits sont parfois si isolés que j’ai alors l’impression d’être arrivé au bout du monde. C’est tout ce que j’aime. Mais parfois aussi, peut-être une fois par semaine, Komoot est subitement et inexplicablement atteint de folie. Et dans ces moments-là, il peut m’emmener absolument n’importe où.
Ce jour-là donc, après avoir roulé trois bonnes heures après Mostar sur ces routes et chemins perdus à travers les bois, je finis par me retrouver en pleine campagne. Les nuages sont toujours aussi noirs et le ciel ne cesse de pleurer des torrents. Mon itinéraire se poursuit sur un petit chemin inondé qui rétrécit de plus en plus. Il traverse des champs si verts qu’à l’évidence, ils ne connaissent pas l’existence du mot sécheresse.

A un moment, Komoot m’indique qu’il faut tourner à gauche mais il n’y a en réalité aucun croisement. Pourtant, le GPS est précis au mètre près. Je décide donc de tourner quand même à gauche comme il l’indique et de rouler dans l’herbe du vaste champ qui se trouve là, tout en suivant exactement le tracé de l’itinéraire GPS sur mon écran. Car au fond de moi, je pense que le chemin finira sans doute par réapparaître un peu plus loin. Mais au bout de quelques centaines de mètres, toujours rien, sauf un fossé bordé par un talus qui me barrent tous les deux la route. N’ayant pas le choix, je fais demi-tour.
La pluie n’arrête toujours pas de tomber, mon GPS m’a planté, je suis complètement perdu et le coin est désert, sans personne pour m’aider. Je reviens donc sur mes pas jusqu’à ce que je retrouve un chemin carrossable. Là, à court d’idées, je décide d’attendre sous la pluie comme un misérable. Au bout d’une dizaine de minutes, un homme sorti de nulle part arrive dans ma direction.

Je lui demande la direction de ma prochaine étape, la ville de Trebinje. Avec une grosse voix et dans sa langue à couper au couteau, il se lance dans un monologue auquel je ne comprends pas un traître mot.

Pourtant, grâce aux gestes qu’il fait pour accompagner ses explications, je finis par comprendre que je dois aller tout droit jusqu’à un bled nommé Mosko ; puis tourner à droite et continuer droit devant jusqu’à Trebinje. Faute de GPS, je suis ses indications et en fin de journée, j’arrive à Trebinje comme si de rien n’était, avec en prime quelques rayons de soleil entre les nuages.


Le lendemain, le soleil fera à nouveau quelques apparitions, qui me permettront de voir enfin de voir un peu à quoi ressemble la Bosnie-Herzégovine. Il était temps car dans quelques kilomètres, j’arriverai au Monténégro…
Infos pratiques – Le coin du cycliste
La pépite : Trans Dinarica, l’itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Le site officiel de la Trans Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans-Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
Le lien : Trans Dinarica
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.
En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂
Les itinéraires Eurovélo
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
- Eurovélo 1 : côte Atlantique (10.650 km !)
- Eurovélo 12 : Mer du Nord (7.250 km)
- Eurovélo 14 : lacs et rivières d’Europe centrale (1.150 km)
- Eurovélo 15 : le Rhin (1.450 km)
- Eurovélo 17 : le Rhône (1.000 km)
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
Les étapes précédentes :
Les étapes suivantes :





















































































































































































































































































































































































































































































































































































