COUP DE CŒUR : LE NICARAGUA

Le Nicaragua fait partie de ces rares pays qui reçoivent encore très peu de visiteurs, et on se demande bien pourquoi (N.B. nous y étions quelques mois avant les manifestations du printemps 2018, dont certaines furent à la fois violentes et violemment réprimées).

En effet, bordé par l’océan d’un côté et la mer des Caraïbes de l’autre, il regorge de sites superbes et il y en a pour tous les goûts : des volcans à couper le souffle, de jolies villes coloniales ainsi que des petits villages perdus, sans oublier des îles paradisiaques dans les Caraïbes… Petit tour d’horizon.

 


LES VOLCANS

La colonne vertébrale du Nicaragua est constituée d’une grosse vingtaine de volcans, dont un tiers sont très actifs.

Outre les incontournables randonnées à flanc de volcan, quelques activités insolites sont accessibles aux voyageurs de passage, comme la plongée bouteille dans le cratère de la Laguna de Apoyo, au milieu des fumerolles sous-marines.

 

Laguna de Apoyo

Nous sommes partis à l’assaut de trois de ces volcans.

Le Telica : nous en avons fait l’ascension, il est accessible depuis la jolie ville de Leon.

Le Masaya : il est, avec le Telica, l’un des deux seuls volcans du Nicaragua, et l’un des très rares dans le monde, au fond desquels on peut apercevoir un lac de lave bouillonnante quand les conditions le permettent.

Enfin, le Cerro Negro : nous avons testé en famille une activité grisante autant qu’insolite : la luge sur les pentes de ce volcan actif.


LE TELICA

C’est après avoir roulé un bon moment depuis Leon sur une piste très abîmée que notre 4×4 nous dépose enfin aux pieds du Telica. De là, il faut compter une heure et demie d’ascension à pied pour rallier le sommet. La montée est facile, même si le sol est très pierreux.

Bizarrement, le premier réflexe une fois là-haut consiste à se laisser attirer irrésistiblement par le rebord du cratère fumant, pour essayer d’en apercevoir le fond. Vainement pour nous, puisque l’épaisse fumée qui en jaillit en permanence ne permet pas une visibilité supérieure à deux ou trois mètres.

Si nos rêves d’apercevoir la lave s’évanouissent instantanément, nous n’allons pourtant pas être déçus. Car c’est une superbe randonnée qui nous attend tout autour du volcan jusqu’au coucher du soleil.

Seuls deux autres petits groupes de randonneurs se trouvent là-haut en même temps que nous. Mais au moment d’admirer les derniers rayons du soleil sur les parois du cratère, ils ont disparu de notre vue. Nous éprouvons donc une délicieuse sensation d’assister seuls à cette espèce de matin du monde.

Quand il faut se résoudre à quitter les lieux faute de lumière, c’est dans la nuit noire mais éclairés par nos frontales que nous attaquons la descente au milieu des roches instables.


LE MASAYA

Ce vaste et spectaculaire volcan compte plusieurs cratères, dont le fameux Cráter de Santiago.

Pour mieux comprendre à quel point ce site est impressionnant, il faut remonter le temps : au XVIe siècle en effet, lorsque les conquistadors et les missionnaires espagnols découvrirent les lieux, ils furent horrifiés par ce cratère béant qui crachait sa lave, rougeoyante mais chauffée à blanc.

A tel point qu’ils se persuadèrent d’avoir découvert… la porte d’entrée de l’enfer ! Ils « baptisèrent » donc les lieux La Boca del Infierno (la bouche de l’enfer). Mais pour eux, cela signifiait aussi que le démon était tout proche, c’est pourquoi ils firent ériger au sommet du volcan une grande croix, encore visible aujourd’hui, censée exorciser les lieux.

La Boca del Infierno
La bouche de l’enfer

Ces croyances d’un autre temps peuvent prêter à sourire, mais il faut reconnaître que les lieux ont conservé toute leur magie et que cinq cents ans plus tard, ils restent époustouflants.

Postés derrière une frêle barrière, contre laquelle il ne faut s’appuyer que si on envisage d’aller voir de plus près ce fameux démon, c’est quasiment à la verticale qu’on domine cette bouche de l’enfer. C’est un moment qu’il est impossible d’oublier.


LE CERRO NEGRO

Au Nicaragua, l’une des activités les plus courues est le surf, pour lequel les spots ne manquent pas sur la côte Pacifique. Nous n’y avons pas goûté, mais nous avons quand même pratiqué la glisse, et quelle glisse : la luge sur les pentes d’un volcan actif !

La luge a flancs de volcan

Parmi les volcans qui pullulent autour de la ville coloniale de Leon, le Cerro Negro. Ce superbe cratère est d’un noir d’encre car il est entièrement recouvert de cendres et de roches volcaniques.

C’est quand le 4×4 se gare aux pieds du volcan qu’on comprend ce qui nous attend : son cône majestueux nous domine de si haut que la rando pour rejoindre son sommet ne s’annonce pas de tout repos, a fortiori sous un soleil de plomb. Mais au fil de la montée, la vue s’avère magnifique. Nous prenons le temps d’admirer le paysage qui vaut vraiment le détour et mérite une rando à part entière.

Vient ensuite l’heure de la descente en « luge » : on s’assied sur une planche de bois d’un peu plus d’un mètre de long pour une quarantaine de centimètres de large ; puis on s’agrippe les mains à une corde en guise de rênes (en réalité, c’est en posant l’un des deux pieds au sol qu’on se dirige vaguement vers la droite ou la gauche) ; et enfin, on se lance.

Les habitués atteignent la vitesse de 80 km/h. Les débutants comme nous vont un peu moins vite, mais il faut quand même dire qu’une fois lancés, il est très difficile de ralentir. Les sensations sont top, à la fois grâce à la vitesse et au site d’exception qu’on dévale.

Pour ma part, arrivé en bas, impossible de m’arrêter : la petite bosse sur laquelle tout le monde s’immobilise se transforme pour moi en tremplin vu la vitesse à laquelle j’arrive, et je m’envole avant de faire un salto involontaire mais heureusement indolore. Dans le choc toutefois, ma planche se casse (du moins l’attache des rênes) et tous ceux qui sont autour de moi sont hilares.

Au final, il faut une grosse heure de montée pour une petite minute de descente. On n’a donc pas trop le temps d’en profiter mais c’est tellement fun qu’on n’a qu’une envie, c’est d’y retourner.

 


LES VILLES COLONIALES

Les deux anciennes capitales du Nicaragua, détrônées au fil du temps par Managua, sont considérées comme les deux plus belles villes du pays : Granada et León.


GRANADA

Il s’agit d’une belle ville à dimension humaine, où nous n’avons jamais ressenti le poids de ses 250.000 habitants. Son coeur historique est constitué d’une jolie place, qui compte une cathédrale entourée d’imposants bâtiments coloniaux.

Aux alentours, les ruelles sont toutes plus colorées les unes que les autres.

Nous avions lu un peu partout que l’été, la ville était prise d’assaut par les touristes mais nous n’en avons croisé que très peu, bien qu’étant déjà mi-juillet.

A seulement cinq minutes de marche du centre historique, nous avons la surprise de découvrir un quartier à la fois pauvre et très fréquenté. Là, nous sommes les seuls étrangers et plusieurs personnes me font signe en arrivant que je risque de me faire voler mon appareil photo. Je ne me sens pourtant pas spécialement en insécurité mais dans le doute, je range mon matériel.

Nous nous retrouvons alors dans un marché où mon matériel photo aurait en effet juré avec la pauvreté ambiante. Nous le traversons désabusés, au vu de l’important contraste qui sévit entre ce quartier pauvre et le centre prospère tout proche à l’écart duquel il est situé.


LEON

Bien que Leon compte deux fois moins d’habitants que Granada, elle nous paraît plus grande et bien plus animée : Granada est belle mais froide, alors que Leon semble un peu moins jolie mais beaucoup plus chaleureuse.

LA VILLE

Son principal attrait réside dans sa fameuse cathédrale blanche, qui change radicalement de Granada la multicolore.

Le clou du spectacle consiste à monter jusqu’aux toits, où l’on peut se balader pour admirer le paysage. De là-haut, la vue sur les ruelles de la ville, qui est cernée par les volcans, vaut le détour.

Bon, Leon n’est quand même pas toute blanche, seule sa cathédrale a cette particularité. Ailleurs, on retrouve les églises colorées typiques des villes coloniales.

Outre son patrimoine historique et sa vie animée, Leon est également le point de départ idéal de nombreuses excursions : d’une part, vers l’océan Pacifique situé à quelques kilomètres, dont les vagues attirent les surfers du monde entier ; d’autre part, vers la chaîne de volcans voisine, qui constitue l’épine dorsale du pays. D’autres excursions sont possibles, comme celle vers Somoto où l’on peut faire du canyoning dans un joli décor naturel.


LE CANYONING

Grâce au Lazybones Hotel (voir les infos pratiques plus bas), nous avons trouvé la seule personne qui propose le package à la journée : aller / retour pour Somoto en mini-bus et journée canyoning sur place, déjeuner compris.

Canyoning à Somoto

Pour les habitués du canyoning, cette sortie n’a rien d’exceptionnel, à part un saut de vingt mètres (que nous n’avons pas testé).

Pour ceux qui, comme nous, souhaitent pratiquer en famille une activité de plein air, c’est l’option parfaite. On est en pleine nature et le canyon, situé à la frontière du Honduras, est joli. Et bien sûr, il y a de quoi s’amuser dans l’eau, que ce soit en se laissant porter par les courants ou en sautant des rochers (de trois à dix mètres).

 


LES PETITS VILLAGES ISOLÉS

Inutile de dire que les petits villages reculés ne manquent pas au Nicaragua. Qu’ils soient accrochés aux pieds des volcans, perdus dans la jungle ou posés face à l’océan, il fait toujours bon s’y arrêter.

Nous avons été marqués par trois de ces endroits dépaysants :

  • le village d’El Castillo, dont les cases sur pilotis dominent la rivière San Juan qui serpente dans la jungle ;
  • la délicieuse petite île lacustre de San Fernando, dans l’archipel de Solentiname.
  • Dans les deux cas, pour s’y rendre, il faut prendre un bateau depuis un autre village reculé, San Carlos.

SAN CARLOS

Si l’on cherche le dépaysement, El Castillo est la destination idéale. Mais s’y rendre se mérite, et la petite ville de San Carlos, située sur l’embouchure de la rivière San Juan et du lac Cocibolca, est un passage obligé. Après six heures de route dans un bus bondé au-delà de l’imaginable (lire Nicaragua pratique : voyager en bus), nous ne sommes pas fâchés d’arriver à San Carlos.

San Carlos

Il s’agit d’un petit port de pêcheurs. Il constitue la dernière étape avant de s’aventurer sur le San Juan, rivière typiquement latino-américaine avec sa couleur marronnasse et qui, en serpentant à travers la jungle, fait office de frontière avec le Costa Rica.

Elle relie le lac Cocibolca (appelé par les occidentaux lac Nicaragua) à la mer des Caraïbes, ce qui explique que divers poissons, dont des requins bouledogues, la remontent jusqu’au lac où ils se sont familiarisés à l’eau douce avec le temps.

San Carlos, retour de pêche

San Carlos compte aussi un joli petit marché local où il fait bon se promener, discuter… et consommer.

Car les fruits et légumes qu’on y trouve ne sont pas vraiment les mêmes qu’en France : les avocats sont gros comme nos aubergines et leur chair est si fondante qu’elle en aurait presque la texture du guacamole ; les ananas sont tellement juteux et sucrés que même Victor, qui habituellement déteste ça, nous dira après en avoir pris et repris jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, que c’était le meilleur fruit qu’il avait mangé de toute sa vie !

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EL CASTILLO

Mais si nous sommes venus à San Carlos, c’est pour rejoindre notre objectif : El Castillo, la jungle avoisinante et les caïmans. Nous prenons donc une lancha, ce bateau rapide très effilé qui mesure une bonne quinzaine de mètres de long sur deux mètres de large à peine. Après une heure quarante de navigation au beau milieu de la jungle, à la lisière de laquelle on aperçoit régulièrement de petites communautés dans leur village, nous arrivons enfin à El Castillo.

El Castillo

La première chose qu’on remarque une fois à terre, c’est l’absence de routes et de voitures. Les ruelles sont étroites car elles ne sont utilisées que par les piétons, les charrettes et quelques animaux. Les cases, juchées sur pilotis, ont un certain charme malgré leur dénuement total.

Nous remarquons vite que les habitants sont beaucoup plus souriants et accueillants que tous ceux que nous avons rencontrés jusque-là, ce qui se vérifiera d’ailleurs jusqu’à la fin de notre séjour : comme souvent, c’est dans les endroits les plus reculés qu’on rencontre les gens les plus ouverts.


A la rencontre des caïmans

Nous avons un objectif principal à El Castillo : une sortie nocturne en barque sur la rivière, afin d’approcher les caïmans.

Le petit hôtel dans lequel nous sommes descendus est un peu cher. Ce n’était pas notre premier choix mais celui que nous convoitions ne dispose plus que de trois lits, or, nous sommes quatre. Toutefois, cette petite déception va vite s’avérer une aubaine. Car les deux soeurs qui tiennent l’autre hôtel vers lequel nous nous dirigeons finalement, sont d’une gentillesse rare et ont le sourire éternellement vissé aux lèvres. Ce sont elles qui vont nous dégoter un guide pour notre petite balade nocturne.

Le principe est simple : on monte à bord d’une toute petite barque armés d’une simple frontale, puis on part dans la nuit noire et on s’en remet totalement au guide. Ce dernier éclaire la rive pour repérer les reptiles.

De temps à autre, on accoste et le guide met le pied à terre, pas du tout impressionné par la perspective de se retrouver face à un caïman. Ainsi, il attrape successivement deux basiliques (ce petit reptile très vert qui semble courir sur l’eau), un iguane et un caïman juvénile qui frise quand même le mètre de long. Victor et Arthur les caressent et les prennent dans leurs mains, ils sont aux anges.

Iguane

 

Caïman juvénile

A quelques brasses de la barque, nous observerons deux caïmans adultes, dont seule une paire d’yeux brillants émerge sournoisement de l’eau noire.

Victor et Arthur sont si émerveillés par cette sortie nocturne dans l’habitat naturel des caïmans qu’ils en ont eux aussi l’oeil qui brille, mais de bonheur.

Retour à El Castillo

 


Le château

Le lendemain, nous visitons le château qui domine le village. Ses heures de gloire datent de l’époque où l’amiral Nelson, au prix d’une bataille acharnée, réussit à forcer le passage pour rallier le lac Cocibolca depuis la mer des Caraïbes, et traverser ainsi l’Amérique d’est en ouest.


La fabrique de chocolat

Nous visitons également la petite fabrique de chocolat, qui fait la fierté des habitants du village.

Là, l’employé de la fabrique qui nous guide nous explique toutes les étapes de la transformation de la fève de cacao en chocolat. A chaque étape, il nous fait sentir et goûter le cacao transformé. Classique mais toujours aussi intéressant.

Nous repartirons bien sûr avec nos petits ballotins de chocolats qui, il faut bien l’avouer, ne survivont pas jusqu’à notre retour en France…


SAN FERNANDO (SOLENTINAME)

Le petit archipel lacustre de Solentiname, qui compte quelques trente-six îles, est resté dans les mémoires des Nicas comme l’un des haut-lieux de la résistance à la dictature de Somoza. Tout comme El Castillo, il est accessible en bateau depuis San Carlos.

L’atmosphère qui y règne aujourd’hui est tout autre qu’à cette époque agitée : en retrait du reste du monde, ces petites îles 100% nature respirent le calme et la sérénité. Sur celle de San Fernando, nous sommes vite conquis par la douceur de vivre qui remplit les lieux.

Il n’y a pas grand-chose à faire sur San Fernando. Ou plutôt si : savourer le temps qui passe en admirant avec sérénité les paysages.

On peut aussi faire le tour de l’île en deux heures sur un sentier étroit, au milieu des cris exotiques des innombrables espèces d’oiseaux qui nichent dans ce petit archipel.

Et pour finir, il ne faut pas rater la Casa Taller, en face de l’embarcadère. Il s’agit d’une petite galerie où sont exposées les œuvres des artistes locaux : on peut y admirer et y acheter des toiles et des sculptures colorées, ainsi que divers petits objets issus de l’artisanat local.

 


CARAÏBES : LES CORN ISLANDS

Les deux bandes bleues du drapeau du Nicaragua représentent les deux mers qui bordent le pays de part et d’autre : l’Océan Pacifique à l’ouest et la Mer des Caraïbes à l’est. C’est dans cette dernière que nous nous sommes rendus pour alterner farniente et plongée, précisément dans les délicieuses îles du Maïs : les Corn Islands.


Little Corn ou Big Corn ?

C’est pour sa réputation de calme (absence de routes et de voitures) que nous avons choisi Little Corn, longue de deux kilomètres, plutôt que sa voisine Big Corn, quatre fois plus grande. Et les grands cris « Welcome to Paradise » avec lesquels les Rastas locaux nous accueillent lorsque notre petit bateau accoste après une heure de traversée très agitée, ne nous font pas regretter notre choix.

L’île est traversée par quelques chemins sinueux, en dur ou en terre, qui nous permettent de rejoindre en trois quarts-d’heure les plus belles plages de l’île situées tout au nord, à l’exact opposé des cases dans lesquelles nous sommes logés.

Ces chemins passent notamment par le stade de base-ball, le sport national du Nicaragua, où un match a lieu chaque week-end. Mais ces sentiers passent aussi par des forêts qui regorgent de fruits et légumes sauvages : des avocatiers de vingt bons mètres de haut aux branches desquels sont suspendus des centaines d’avocats énormes ; mais aussi des ananas, des mangues, des noix de coco à profusion etc. Un pur régal.


Plongée et snorkeling

Non seulement ces plages du nord sont les plus préservées et les plus belles de l’île, mais ce sont aussi les plus favorables au snorkeling.

Un gros barracuda et une magnifique raie aigle, c’est-à-dire toute noire à pois blancs et longue de deux bons mètres, voilà ce que nous avons pu voir lors de nos quinze premières minutes de snorkeling, dans un mètre cinquante d’eau seulement et à trois ou quatre mètres de nous à peine.

En plongée bouteille, nous pourrons observer les poissons multicolores habituels sous ces latitudes et à chaque plongée, nous approcherons de très près un ou deux requins nourrices de la taille d’un homme.

Ils ne sont pas farouches et accompagnent souvent les plongeurs, venant même régulièrement au contact.

En cette saison des pluies, les conditions ne nous permettent hélas pas de faire autant de snorkeling que nous voudrions, notamment avec une journée entière de tempête et de trombes d’eau. C’est dommage car les plages du nord de l’île offrent à tous les amateurs de fonds marins un excellent spot de snorkeling. Mais seulement par temps calme…

Un matin, en jouant au frisbee dans l’eau, un petit requin viendra nager parmi nous quelques instants. Nous nous précipitons sur nos palmes, masques et tubas afin de pouvoir l’observer mais c’est trop tard : il est déjà parti et ne reviendra pas. En tout cas, cet aquarium à ciel ouvert regorge de poissons de toute sorte et de toute taille.

 

Toutes nos infos pratiques sont ci-dessous…


  • Résumé vidéo : en immersion au Nicaragua (2 mn)…

 


INFOS PRATIQUES


GRANADA


Hébergement

A Granada, nous avons séjourné au Granada Boutique, que nous avions choisi pour son emplacement idéal, à cinquante mètres de la place centrale et de sa fameuse cathédrale. Sur le web, les avis étaient bons. Or, le petit bar qui jouxte l’hôtel met la musique à fond toute la nuit. On ne s’attendait pas spécialement à des nuits calmes en plein centre-ville, mais on n’aurait jamais cru qu’on pouvait cracher la musique aussi fort ! En deux nuits, aucun de nous quatre n’a jamais réussi à fermer l’oeil.

Le Granada Boutique

L’hôtel est pourtant agréable avec une petite piscine, idéale pour les enfants en période de forte chaleur. Le personnel est correct. Mais on va quand même à l’hôtel pour dormir un peu et là, ce fût impossible pour nous. A réserver exclusivement aux fêtards. Pour tous les autres, il vaut mieux descendre n’importe où ailleurs, ça ne pourra pas être pire.

  • Prix de la nuitée pour une chambre de quatre : 38 euros (petit déjeuner non inclus).

Les environs

Cet hôtel nous a quand même apporté un plus : de bons contacts. En effet, comme tous les hôtels, ils travaillent avec des chauffeurs qui font office de guides. Celui avec qui ils nous ont mis en contact était très bien. Il a répondu efficacement à nos demandes pour nous conduire au volcan Masaya, au marché artisanal de la ville de Masaya (sachant qu’il existe cinq ou six marchés différents, dont un ou deux qui ne sont pas très sûrs selon les locaux) ou encore à la Laguna de Apoyo pour admirer le panorama.

  • Prix : 40 dollars pour l’ensemble du trajet.

Nous avons quitté la ville en bus, au départ de la petite gare routière située non loin de la place de la cathédrale.


MASAYA : LE VOLCAN
  • Prix de l’entrée du parc du Masaya : 10 dollars par personne.

L’entrée du parc national du volcan Masaya est située en bordure d’une route très fréquentée. Il existe deux possibilités : la visite de jour et celle de nuit. Dans les deux cas, le nombre de visiteurs est important dans la mesure où le sommet est accessible en voiture. En contrepartie a été instaurée une règle, qui consiste à limiter fortement le temps de visite : cinq minutes au sommet de jour et dix le soir, en théorie. Toujours un peu plus en réalité.

La visite de jour (9h-17h) →  Elle comporte deux inconvénients : la durée très courte de la balade au sommet, et les difficultés pour apercevoir la lave au fond du cratère San Fernando (le Masaya compte deux autres cratères). L’avantage, c’est qu’on peut aussi visiter le musée et la grotte de Tzinaconostoc, un couloir forgé par la lave et colonisé par les chauves-souris. Puis on peut randonner dans le parc où vit une faune variée : singes, coyotes, opossums, iguanes, cerfs etc.

La visite de nuit (18h-20h) →  INCONTOURNABLE ! Car dès la tombée de la nuit, le cratère s’embrase avec les couleurs rouge-orangées de la lave qui bouillonne au fond.

  

Bon à savoir →  Il faut bien calculer son coup pour assister à ce spectacle. Car il faut compter au moins 45 minutes d’attente dans la voiture sur le bord de la route, et parfois bien plus, avant de pouvoir pénétrer dans l’enceinte du parc, les voitures n’étant habilitées à entrer qu’au compte-gouttes (par quinze ou vingt environ). Et si on arrive trop tard, on risque de ne pas pouvoir entrer si le parc entre-temps a fermé ses portes (20h00).


LEON


Hébergement

Contrairement au Granada Boutique, notre séjour au Lazybones de Leon fût parfait. Cet hôtel est tenu par Patrick, un français très sympa et serviable, et sa femme Nica. Ils vont bientôt déménager pour s’installer quelques rues plus loin. Patrick n’a cessé de nous distiller de bons conseils tous azimuts : pour les restos, les sorties, les excursions… Un matin, quand on s’est trompé en commandant un petit déjeuner en trop, il nous en a fait cadeau. Bref, la bonne adresse.

Lazybones Hostal

  • Prix : 45 dollars par nuit la chambre de quatre. Petit déjeuner plutôt copieux pour 70 cordobas (2 euros), avec café et thé à volonté. Piscine, billard et wi-fi.

Les excursions

Pour toutes nos excursions, nous sommes passés par Patrick (Lazybones), qui travaille avec l’agence Maribios.

Excursion au Telica

  • Le prix : 40 dollars par personne pour sept personnes. L’horaire théorique était de 14h00 à 20h00, mais le guide a laissé durer le plaisir sur place et nous sommes rentrés à 21h30.

Luge au Cerro Negro

  • Prix : 25 dollars par personne si on est plus de cinq, toujours avec Maribios. Départ à 8h00 du matin. Une heure de rando pour monter puis une minute pour descendre.

Canyoning à Somoto

Patrick nous a mis en contact avec Taz Tours, une petite société montée par un québécois dont il avait entendu dire qu’il avait déjà fait l’aller-retour dans la journée. Ce québécois, c’est Jean, installé à Las Penitas sur la côte Pacifique, et nous le recommandons vivement :

TAZ TOURS

Un type adorable qui nous a fait payer seulement 45 dollars par personne à sept. Cela comprenait le trajet aller-retour (huit heures en tout) dans un minibus très sûr et en excellent état + deux heures de canyoning, le matériel est compris ainsi que les services du guide, Osma, lui aussi adorable + le repas de midi (succulent) au sein d’une petite communauté locale, dans une case au milieu de la forêt… Le départ est à 5h00 du matin, le retour prévu vers 17h00.

 


SAN CARLOS


Comment s’y rendre ?

Depuis Managua, prendre l’un de ces fameux chicken bus à la gare routière : l’aller simple coûte 150 cordobas, soit 5 euros par personne. Durée du trajet : 6 heures, sur une route neuve en parfait état. Lire l’article Voyager en bus


Hébergement

On peut trouver facilement de quoi se loger à San Carlos. C’est d’ailleurs un peu vite que nous avons choisi l’Hospedaje Rio San Juan, face au port de pêche, pour 20 dollars la chambre de 4 avec douche (sachant que des douches, il n’y en a pas partout).

Hospedaje San Juan

La chambre très sommaire était conforme à ce qu’on trouve généralement dans des endroits plus ou moins reculés : sale et très loin de nos standards occidentaux.  Au petit matin, nous avons surpris une souris se baladant au milieu de nos sacs à dos… A réserver aux routards et encore, c’était un peu cher pour ce que c’était. L’accueil était néanmoins très bon.


Distributeurs de billets

ATTENTION : San Carlos est le dernier endroit où l’on peut retirer du liquide avant El Castillo et sa jungle. Il y a deux distributeurs : le premier est situé entre l’Hospedaje Rio San Juan et le petit port. Le second est le guichet automatique de la banque située à cinq minutes de marche après le marché et la gare routière, en venant du port (côté marché).

N.B. Pour tout renseignement à San Carlos, il ne faut pas hésiter à se rendre au bureau de l’INTUR (= INformation TOURistique, ouvert du lundi au vendredi, 8h00-12h00 et 13h00-17h00), situé juste avant la première jetée. L’accueil y est très sympa. Nous y sommes arrivés un soir à 18h00, soit une heure après la fermeture, mais on nous a fait signe d’entrer quand même. Là, la dame et son sourire ont pris tout leur temps pour nous renseigner.

Enfin, il faut prévoir des vêtements longs dès la tombée de la nuit à San Carlos, où les moustiques pullulent :

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SOLENTINAME


Comment s’y rendre ?

Depuis San Carlos, prendre un collectivo (petit bateau qui transporte quelques passagers au milieu du ravitaillement destiné aux îles : régimes de bananes, packs d’eau et de sodas, mobilier divers etc.) Prix : 90 cordobas par personne (environ 3 euros). Compter une heure et demie.


Hébergement

Sur l’île de San Fernando, la plupart des hébergements sont plutôt chers. Nous avons dormi au Cabañas Paraïso. L’accueil y est excellent. Le patron, un local fier de son archipel et qui se régale à en discuter, n’avait plus que deux chambres de deux personnes pour 90 euros en tout, pour nous loger tous les quatre. Mais il a accepté de transporter un lit dans une chambre de trois pour 70 euros : suffisamment rare pour être signalé. Le repas sur place était bon..

 


EL CASTILLO


Comment s’y rendre ?

Depuis San Carlos, prendre une lancha (bateau rapide), non pas depuis l’une des jetées d’où partent de nombreux bateaux, mais depuis la gare maritime. Elle est située juste avant le marché en venant du port de pêche, presque en face de la routière.

  • Le prix : 140 cordobas (4 à 5 euros) par personne. Durée : 1h40.

N.B. La lancha fait quelques arrêts tout au long du trajet, pour déposer dans leur village les membres des petites communautés qui vivent sur l’une ou l’autre rive du fleuve. Mais il fait surtout un arrêt principal à Boca de Sabalos, où l’on trouve les mêmes attraits qu’à El Castillo : excursions à pied ou en barque pour découvrir la jungle environnante et sa faune, visite d’une fabrique de chocolat, rencontre des habitants etc.


Hébergement

Nous avions prévu de dormir à la Casa de Huespedes Chinandegano, dont nous avions lu beaucoup de bien. Hélas, il ne restait plus que trois places. Nous nous sommes alors résolus à descendre dans un petit hôtel un peu plus chic qu’à notre habitude, le Victoria (www.hotelvictoriaelcastillo.com), pourtant hors budget pour nous. Mais la propriétaire était si sympa que nous n’avions pas envie d’aller voir ailleurs. Elle nous proposait une chambre pour quatre à 90 euros bien trop chère pour nous. Je lui ai dit que nous avions maximum 100 euros pour deux nuits, et elle nous a aussitôt proposé une petite chambre très confortable pour tous les quatre. Le meilleur accueil que nous avons trouvé au Nicaragua, c’est là (juste avant l’excellent Lazybones de Leon).

A la descente de la lancha, prendre à gauche et remonter la petite ruelle pendant cinq à dix minutes le long du fleuve. Le Victoria est au bout.


Restaurants

Alors là, il ne faut vraiment pas chercher loin. La meilleure table d’El Castillo, mais aussi de tout notre séjour au Nicaragua, c’est encore au Victoria Hotel. Si vous n’y séjournez pas, vous pouvez y manger et surtout, n’hésitez pas : foncez-y. Leur boeuf notamment est divin.


Excursion nocturne au milieu des caïmans

Là encore, nous nous en sommes remis au Victoria pour nous organiser cette excursion de deux heures. Le guide était particulièrement sympa et a su se mettre Victor et Arthur dans la poche en leur faisant tenir dans leurs mains toutes sortes de reptiles, notamment un caïman juvénile.

  • Le prix : 45 dollars pour quatre personnes. Durée : deux heures.

 


LITTLE CORN ISLAND


Hébergement

Avant de choisir son hébergement sur Little Corn, il faut savoir deux choses :

D’une part, la côte ouest de l’île peut s’avérer étouffante en saisons sèche, alors que la côte est bénéficie d’une légère brise qui la rend plus supportable, notamment la nuit.

D’autre part – mais ça nous ne l’avons appris qu’une fois sur place, c’est-à-dire trop tard – la côte est subit sévèrement  les effets du réchauffement climatique. Elle est battue par les vents et les vagues, et les jours des rares établissements qui y sont encore ouverts semblent comptés. En effet, un enrochement sommaire a été réalisé pour contenir quelque temps encore les assauts des vagues.

Nous avons logé au Grace Cool Spot, dont les petites paillotes à apéro, où il devait faire si bon vivre et trinquer il n’y a pas si longtemps, sont aujourd’hui condamnées. Les bungalows en sursis sont situés quelques mètres derrière seulement. Le nom de l’établissement a récemment été modifié : l’établissement s’appelle désormais Grace’s Place.

Il s’agit en réalité de simples cases sur pilotis sans grand confort, où il vaut mieux éviter d’aller en saisons des pluies (de mai à décembre).

    

La nuit en effet, le vent hurle, la pluie tabasse le toit en tôle ondulée de manière assourdissante, et les vagues se fracassent sur les rochers situés à cinq mètres, donnant l’impression qu’elles vont nous emporter.

Comme il s’agit de cases, elles sont dotées d’une ventilation naturelle (espace de 20 centimètres entre le toit et les parois), et à deux reprises, nos lits se sont retrouvés inondés au milieu de la nuit à cause des infiltrations massives d’eau, dues à des orages qui n’en finissaient pas.

Bref, il est possible que le site vaille le coup en saison sèche (février à avril dans la partie Caraïbe du Nicaragua) en négociant le prix, mais les hébergements sur cette partie de l’île semblent voués à disparaître. Les lieux ne sont d’ailleurs plus très fréquentés. C’est d’autant plus dommage que le personnel du Grace Cool Spot a été d’une grande gentillesse du début à la fin de notre séjour.

  • Prix : 40 $ la chambre pour quatre avec douche privée et petit déjeuner inclus (avec douche commune : 15 $ la chambre pour deux et 20 $ celle pour trois).

Arrivée et départ : le bateau

Depuis Big Corn, qui possède un petit aéroport, on arrive à Little Corn et on en repart en bateau. La traversée agitée dure environ une heure, en fonction de l’état de la mer.

Quand il y a de la houle, le trafic maritime entre les deux îles est interrompu. Quelques mois avant notre arrivée, des touristes pressés ont voulu contourner cette interruption, en payant des locaux pour faire la traversée. Ils sont donc partis sur leur bateau mais ne sont jamais arrivés.

Conclusion : il est plus prudent de quitter Little Corn un ou deux jours plus tôt si la météo est mauvaise et si on veut être sûr de ne pas rater l’avion du retour sur Big Corn. C’est ce que nous avons fait.


Plongée

Il y a deux clubs de plongée sur Little Corn, tous deux situés sur la côte ouest : Dolphin Dive et Dive Little Corn. Les deux patrons ont deux points communs : ils sont sérieux et plutôt froids. Les prix sont similaires :

  • Le prix : 35 $ la plongée, 150 $ les cinq plongées, 70 $ le premier baptême et s’il se passe bien, 40 $ les baptêmes suivants.

Nous avons plongé avec Dive Little Corn, y compris les enfants qui ont fait deux jolis baptêmes avec une instructrice francophone.

 


BIG CORN ISLAND


 Hébergement

Big Fish Guest House : propre et situé face à la mer avec un personnel très agréable. Le récif est l’un des meilleurs de l’île pour le snorkeling.

  • Le prix : 40 $ la chambre de quatre personnes. 1 à 6 $ le petit déjeuner. Prêts de palmes, masques et tubas.

Restauration

Comedor Mari’s : très bon resto avec un bon accueil, situé à côté du Big Fish Guest House. La langouste entière à 10 $.

Island Bakery and Sweets : bonne petite pâtisserie à base de produits naturels, située entre le Big Fish et le Comedor Mari’s, et tenue par une locale très accueillante.


  • Résumé vidéo : immersion au Nicaragua (2 mn)…

 


Plus d’infos pratiques sur le Nicaragua :

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TANZANIE : au coeur de la savane

 

TANZANIE : AU COEUR DE LA SAVANE

Tout au long de notre périple en Tanzanie, nous avons arpenté les fabuleux parcs animaliers du nord. Nous avons également été à la rencontre des habitants, notamment d’un peuple mythique : les Masaï.

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LES PARCS ANIMALIERS

Afin de préserver sa flore et surtout sa faune exceptionnelles, la Tanzanie a protégé pas moins du tiers de son territoire.

On traverse ces grands espaces naturels en 4×4, dont le chauffeur a reçu une triple formation très poussée : il est chauffeur-mécanicien, guide touristique incollable sur la faune locale, et trilingue. Le nôtre, Babou, nous passionnera du début à la fin du safari avec ses histoires africaines.

Quelques quatorze parcs nationaux constituent de véritables sanctuaires pour les animaux sauvages de Tanzanie. Nous en avons arpenté quatre : celui du lac Manyara, le fameux Serengeti, le cratère du Ngorongoro et le Tarangire.

 


LE PARC DU LAC MANYARA

Il est relativement petit et ce n’est sans doute pas le plus impressionnant. Mais pour qui vient d’une grande ville occidentale comme nous, le choc est immédiat quand même, car on y croise déjà toutes sortes d’animaux : singes, éléphants, gnous à barbiche etc.

Singe Vervet

Sans compter la principale attraction de ce parc : le lac Manyara et l’importante colonie de flamands roses qui y vivent, du moins à certaines périodes de l’année.

 


LE PARC DU SERENGETI

C’est l’un des parcs animaliers les plus réputés de toute l’Afrique et quand on le visite, on comprend vite pourquoi.

Aloe Vera dominant l’entrée du Serengeti

 

LES LIONS

Moins de cinq minutes après avoir passé l’entrée du parc, nous apercevons déjà notre première lionne qui se tapit sur le bord de la piste, à quelques mètres de notre 4×4. Elle est camouflée dans les herbes hautes de la même couleur que sa robe, les yeux rivés sur le troupeau d’impalas qui broutent un peu plus loin.

Elle s’apprête à lancer son attaque contre eux, et nous commençons déjà à nous demander comment nous pouvons préparer nos fistons à la boucherie qui s’annonce.

Mais les 4×4 arrivant les uns après les autres, le troupeau d’impalas s’éloigne tranquillement.

Un mal pour un bien apparemment pour notre lionne, puisqu’elle décide finalement de s’affaler au beau milieu de l’étroite piste, ce qui oblige d’ailleurs notre chauffeur à faire un écart pour ne pas lui rouler dessus.

C’est au-delà de nos espérances : nous avons tout juste passé l’entrée de ce parc mythique que, non seulement nous n’avons attendu qu’une poignée de minutes avant de pouvoir observer une lionne à l’affût, mais en plus, nous passons à une cinquantaine de centimètres d’elle seulement, juste séparés par la frêle vitre du 4×4.

Du coup, ironie du sort, avec mon téléobjectif de 300 mm qui m’a coûté un bras, il m’est impossible de la photographier tellement elle est près !

Heureusement, les autres occasions de tirer le portrait à ce grand félin seront fréquentes dans le Serengeti, car nous en croiserons plusieurs fois par jour.

Jeune lionne maculée du sang de son dernier repas

 


LA SAVANE

Dès le début du safari, Babou nous avait expliqué qu’il existait trois types de savanes : herbeuse, arbustive et arborée. La particularité de celle du Serengeti, c’est qu’elle fait partie de la première catégorie : des plaines entières sont ainsi recouvertes d’herbes plus ou moins hautes et couleur paille vu la saison (nous sommes en juillet). L’avantage, c’est qu’on peut voir les animaux de très loin, notamment toutes sortes d’antilopes, dont les bonds gracieux ne cessent de nous impressionner.

On trouve quand même des zones arborées dans le Serengeti, et les animaux qui vont avec.

 

 

 

Tanzanie (25)

 


LE CRATÈRE DU NGORONGORO

Le Ngorongoro est un immense volcan endormi dont la caldeira mesure une vingtaine de kilomètres de diamètre. Au fond, c’est une véritable oasis de vie : toute la faune africaine semble s’être donné rendez-vous dans ce superbe écrin végétal. Les parois de la caldeira sont hautes de cinq cents mètres et forment une barrière naturelle empêchant les animaux d’en sortir.

La densité d’animaux nous avait déjà paru importante dans le Serengeti, car nous ne passions jamais plus de cinq minutes sans en apercevoir. Mais au fond du Ngorongoro, c’est vraiment impressionnant : on a des animaux en ligne de mire en permanence.

Une grue à tête couronnée

 


SCÈNES DE VIE QUOTIDIENNE : LE CHACAL, LE FAON ET LES LIONS

Les scènes de la vie quotidienne se succèdent : nous apercevons d’abord un chacal, les pattes dans l’eau, qui tente en vain d’intégrer des flamands roses à son menu du jour.

Puis un premier moment fort : la mise bas d’une gazelle. Le faon, c’est son nom à lui aussi, doit absolument réussir à se lever dès les premières minutes de sa vie pour aller téter sa mère. En effet, c’est ce premier lait qui lui donnera la force indispensable de marcher afin d’aller se mettre à l’abri des prédateurs.

Hélas, l’équilibre de notre petit faon s’avère très précaire et il ne cesse de s’affaler, pas vraiment aidé par sa mère qui le fait vaciller à plusieurs reprises.

La scène ressemble à s’y méprendre à celle où un autre faon, Bambi, certes plus connu mais pas plus doué, prend gamelle sur gamelle en tentant de marcher sur la glace.

Qu’importe, la petite gazelle finit enfin par réussir à téter sa mère et gagner ainsi la première bataille de sa vie. Mais pas la dernière…

Au fil des virages qu’avale notre 4×4, nous avons l’impression de tourner à une vitesse effrénée les pages de cette encyclopédie à ciel ouvert : lions, antilopes, gnous, flamands, zèbres, tous les animaux de la savane défilent sous nos yeux écarquillés. Un moment magique.

 

Aigle pêcheur

 


LE ROI DE LA JUNGLE DANS TOUS SES ÉBATS

Pourtant, le moment le plus impressionnant est encore à venir : après avoir repéré l’odeur fétide d’une charogne, Babou roule quelques minutes au ralenti, guidé par son nez. Et il nous dégote rapidement deux couples de lions en train de se reposer autour des restes d’un zèbre, dont seule subsiste une patte arrière qui gît dans les herbes.

L’une des deux lionnes se lève alors et à sa façon de se frotter contre son compagnon, lequel dormait paisiblement jusque-là, nous comprenons vite qu’elle est en chaleur. Le lion en question, bien qu’encore assoupi, ne se fait pas trop prier pour accomplir sa besogne.

Puis le couple se roule par terre et s’amuse un peu avant de se rendormir brièvement.

Babou nous explique alors que lorsqu’une lionne a ses chaleurs, elle a besoin d’avoir un rapport… toutes les dix minutes pendant huit à dix jours ! Puis il ajoute que si le mâle fatigue un peu, la lionne change de partenaire. En tout cas, celle que nous observons a en effet un sacré appétit car nous assisterons à plusieurs accouplements successifs.

Moralité : manger, dormir, s’accoupler ; par ici, la vie des lions a l’air nettement moins rude que celle des zèbres ou des gazelles…

 


LE PARC NATIONAL DU TARANGIRE

C’est notre quatrième et dernier parc. Même si l’on y croise beaucoup d’animaux, il nous paraît un cran en-dessous des deux merveilles que sont le Serengeti et le Ngorongoro. Mais ce joli parc est à voir quand même, notamment pour ses deux points forts : les baobabs et les éléphants.


LES BAOBABS

Cet arbre possède un pedigree étonnant : notamment, il peut atteindre l’âge vénérable de mille ans, voire friser les deux mille. Du coup, sa circonférence peut dépasser les douze mètres.

Tanzanie (26)


LES ÉLÉPHANTS

Nous aurons dans ce parc quelques petites palpitations lorsqu’un jeune éléphant prendra un air menaçant en agitant sa trompe dans notre direction, les oreilles dressées. Babou nous explique alors que lorsque quelque chose qu’il ne connaît pas l’intrigue, c’est ainsi que ce pachyderme renifle. Le but : détecter par l’odeur un éventuel danger.

Malgré ce comportement, Babou est zen car il a coupé le moteur. Nous le sommes un peu moins. D’autant moins que les éléphants se rassemblent assez vite autour du jeune renifleur et l’imitent, face à nous. Puis ils finissent par s’approcher avant de traverser la piste au trot derrière notre 4×4. Le gros mâle qui ferme la marche passe en barrissant dans notre direction, en nous défiant du regard.

Nous terminerons notre séjour tanzanien au Tarangire en observant les animaux habituels, mais toujours sans la moindre lassitude.

 


LES MASAÏ

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LA CULTURE MASAÏ

Ce peuple vit de part et d’autre de la frontière entre la Tanzanie et le Kenya. Semi-nomades, la tradition veut qu’ils soient à la fois éleveurs et guerriers.

S’ils sont devenus célèbres dans le monde entier, c’est pour la tradition selon laquelle tout jeune Masaï devait tuer un lion pour pouvoir passer à l’âge adulte. Il s’agirait en fait d’un mythe et pourtant, la frontière avec la réalité reste floue. En effet, de tous temps, les Masaï ont bel et bien tué des lions car cela les couvrait de prestige. Ces temps sont révolus puisque aujourd’hui, tuer cet animal n’est plus autorisé.

Les Masaï se divisent en deux catégories : ceux qui souhaitent conserver leurs traditions, et ceux qui préfèrent se développer par le biais du tourisme. Si les premiers sont à l’écart des chemins touristiques, pas les seconds. Il n’est donc pas trop difficile de trouver l’un de leurs villages sur le bord de la piste et c’est ce que nous avons fait, entre les parcs du Serengeti et du Ngorongoro.

Dès notre arrivée, les femmes Masaï nous arrachent Marie pour l’emmener danser avec elles. Pendant ce temps, un solide guerrier guide Victor et Arthur vers le groupe des hommes. Ces derniers ont beau chanter et sauter de manière tout à fait pacifique, nos fistons ne sont qu’à moitié rassurés.

 


LE VILLAGE MASAÏ

Après avoir récupéré Marie, nous faisons le tour du village en compagnie d’un jeune Masaï qui parle à peu près anglais, et qui nous explique leur mode de vie et leurs traditions. Nous entrons discuter dans sa case, construite en branches et en boue séchée. Elle est également tapissée de bouse de vache (séchée donc non malodorante), qui fait office d’isolant thermique. Étonnant mais terriblement efficace, car il fait particulièrement bon à l’intérieur alors que dehors, la chaleur est écrasante.

On nous emmène ensuite dans l’école du village ou une vingtaine d’enfants de tout âge suivent le même enseignement. Nous avons droit à un chant de bienvenue que nos petits hôtes hurlent avec beaucoup d’enthousiasme. Puis Victor et Arthur sont invités à s’asseoir parmi eux, ce qui provoque l’effondrement du banc de fortune, fait de branchages divers. Tous les enfants assis dessus s’affalent par terre à l’exception d’Arthur qui, stoïque, provoque un éclat de rire général.

Lorsque vient l’heure de quitter le village, nous nous demandons si les Masaï n’ont pas suivi une formation chez Ikea. En effet, de même que le géant suédois fait suivre un chemin bien précis à ses clients pour leur faire visiter l’ensemble du magasin sans en rater le moindre recoin, nos Masaï ont installé sur une barrière de branches, entre l’école et notre 4×4, une multitude de bijoux qu’ils ont confectionnés à base de petites perles. On ne peut donc pas les rater.

Ils nous parent tous les quatre de ces colliers et bracelets faits main. Adeptes que nous sommes du tourisme équitable, nous nous prêtons volontiers à ce petit jeu jusqu’au moment de passer à la caisse : à partir de cinquante dollars le modeste bracelet de perles, le prix nous paraît quand même rédhibitoire. Nous reposons donc poliment nos ornements puis discutons encore quelques instants avec nos hôtes avant de les quitter.

Ce final nous gâche un peu la visite pour laquelle nous avions déjà versé un « droit d’entrée » de cinquante dollars. Avec du recul, nous ne regrettons absolument pas d’avoir passé cette matinée en compagnie de ce peuple mythique. Alors évidemment, cela manque un peu d’authenticité. Mais Victor et Arthur ont appris plein de choses à cette occasion, et nous aussi.

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LA CAMPAGNE ET SES HABITANTS

En quittant le Ngorongoro, nous nous rendons à un lodge situé quelques kilomètres plus loin, où nous avons rendez-vous avec un jeune habitant du coin, James. Il est cuistot dans cet établissement mais arrondit ses fins de mois en faisant visiter la campagne et les villages alentour aux voyageurs de passage.


LA PHARMACIE DE CAMPAGNE

Avant de nous emmener dans un village perdu au milieu des plantations de café, il tient à nous montrer comment les habitants de la campagne tanzanienne, de même que les Masaï, utilisent la nature généreuse qui les entoure comme une gigantesque pharmacie à ciel ouvert.

Ainsi, il nous invite tout d’abord à tester le dentifrice local : il s’agit de mâcher des feuilles d’eucalyptus dont les vertus aseptisantes nettoient la bouche. Elles servent plus généralement à désinfecter les plaies.

James ramasse ensuite des espèces de petits cailloux noirs comme du charbon. Il nous explique qu’en cas de morsure de serpent, lesquels pullulent dans la région, il faut frotter ces petits cailloux sur la zone infectée afin de ralentir la progression du venin dans l’organisme. Cela permettrait de gagner du temps pour aller voir un médecin et se faire administrer un antidote.

Il nous montre également un petit fruit appelé « demlèlè », qui ressemble à une tomate-cerise jaune. Le jus qu’il contient, délayé dans un peu d’eau, fait tout simplement office de savon.

 


LA VIE QUOTIDIENNE

Après une bonne heure d’étude en pharmacologie 100% bio, nous arrivons dans un minuscule hameau où nous sommes accueillis par une habitante, dont le visage respire autant la gentillesse que la pauvreté.

Elle nous invite à la suivre dans un petit abri. Là, juchée pieds nus au sommet d’un énorme tas de bouse de vache qui suinte entre ses orteils, elle nous explique qu’elle passe ses journées à la sortir de l’abri pour la faire sécher au soleil, puis à la rentrer le soir pour qu’elle ne prenne pas l’humidité de la nuit. Comme chez les Masaï, cette bouse de vache, qu’elle malaxe de ses mains une partie de la journée pour l’aider à sécher, est utilisée pour isoler thermiquement les parois des habitations.

En sortant, c’est donc une main maculée de bouse qu’elle tend gentiment à Victor et Arthur. Marie et moi sommes fiers de voir que, bien que pas très ragoûtés, ils la serrent quand même sans hésiter. Nous faisons de même, par politesse et par respect, en n’oubliant pas d’attraper discrètement et dès que possible une lingette désinfectante.

Mais entre-temps, Arthur, qui a déjà oublié ce qu’il a sur les mains, porte machinalement ses doigts à la bouche ! Qu’importe, tels de vrais Masaï, nous nous frottons tous les quatre les mains avec les feuilles du premier eucalyptus venu, et nous en faisons surtout mâcher à Arthur pour qu’il s’aseptise la bouche. La leçon de vie africaine transmise par James un instant plus tôt porte déjà ses fruits.

Avant de prendre congé de cette dame, elle nous montre fièrement toute sa fortune : une vieille chèvre, qui n’en a visiblement plus pour très longtemps. Nous la remercions chaleureusement en lui glissant un billet qui pourra l’aider un peu.

Nous terminons cette visite initiatique en passant devant un puits situé au milieu de nulle part. Il est pourtant vital pour tous les habitants du coin, qui s’y pressent assez nombreux. Certains doivent faire une ou deux heures de marche jusque-là chaque jour pour y puiser l’eau dont a besoin toute leur famille pour vivre.

Victor et Arthur connaissaient déjà la théorie selon laquelle l’eau douce est une ressource précieuse, mais elle prend là tout son sens : ils réalisent ainsi que les maisons du monde entier ne sont pas toutes équipées d’un robinet.


 

  • Plus d’images ?  → « Autour du monde » en passant par la Tanzanie (vidéo)

 


INFOS PRATIQUES


J’avoue que c’est un peu hors-sujet mais j’ai une belle-mère exceptionnelle : pour son anniversaire, c’est elle qui nous a offert un cadeau, et quel cadeau : un séjour en Tanzanie pour toute la famille ! C’est donc elle qui a réservé le tour, mais je me suis quand même procuré quelques infos pratiques…


COMMENT ORGANISER SON SAFARI ?

L’idéal, mais aussi le plus cher, consiste à réserver le tour avant son départ, a fortiori en haute saison (juin à septembre). Nous sommes passés par Léopard Tours, une grosse agence tanzanienne, très pro, avec d’excellents chauffeurs-guides.

Mais on peut aussi préparer son safari sur place, moyennant toutefois quelques précautions.

D’abord, prendre le temps de bien comparer les offres et ne surtout pas se précipiter, malgré la pression que peuvent mettre les agences et leurs rabatteurs.

Ensuite, pour faire descendre le prix, l’hébergement en tente s’impose : on dort alors en dehors des parcs. Cela signifie qu’on passe forcément un peu plus de temps dans le 4×4, pour rejoindre les parcs le matin et en sortir le soir.

  • Le prix : il a flambé en quelques années. Alors qu’on pouvait organiser son safari pour moins de 200 euros, par personne et par jour, jusqu’au milieu des années 2010, il faut compter au minimum 250 à 300 euros aujourd’hui pour des prestations similaires (basse saison, petite tente sans sanitaires etc…). A noter que ce prix comprend la fameuse taxe controversée de 18% créée en 2016, et applicable à tous les produits touristiques…
  • Bon à savoir : pour proposer des prix compétitifs, les agences ont tendance à entasser les clients dans les 4×4, et à limiter repas et boissons, en quantité comme en qualité. A prendre en compte au moment de la négociation.
  • Attention : le chauffeur-guide est obligatoire à l’intérieur des parcs et réserves.

→ Une alternative : découvrir les parcs du Kenya voisin, moins chers… pour l’instant ! La réputation du Masaï Mara ou d’Amboseli n’est plus à faire. Nous avions visité celui de Tsavo Est il y a quelques années et les prix étaient dérisoires comparé à ce qui se pratique aujourd’hui en Tanzanie. En revanche, la densité d’animaux était très faible et la qualité du safari n’avait rien eu à voir…

Si on n’a pas de contrainte de budget, alors l’idéal consiste à réserver les nuits dans les lodges situés dans les parcs.

D’une manière générale, il ne faut pas négliger la sécurité dans les parcs, y compris dans l’enceinte des lodges. Il y a parfois des accidents mortels avec les animaux : même si c’est rare, ça arrive (attaque mortelle d’un léopard sur un enfant en 2005 dans l’enceinte d’un hôtel du Tarangire).


ZANZIBAR

Beaucoup de voyageurs prolongent leur safari tanzanien à Zanzibar, petit archipel paradisiaque situé dans  l’Océan Indien. Cela permet de se délasser sur de longues plages désertes de sable blanc, après quelques jours de safari passés dans un 4×4 à arpenter des pistes poussiéreuses et bosselées…

Si l’on a choisi un safari organisé par une agence, l’extension de quelques jours à Zanzibar constitue en général un surcoût élevé : les agences en question ont tendance à se faire plaisir.

Toutefois, il est vrai que les hébergements ne sont pas donnés, le camping étant par exemple interdit. Mais en comparant les prix sur les traditionnels sites de réservations en ligne, on parvient vite à trouver de petits hébergements très corrects à des prix très abordables.


QUELQUES SITES UTILES

Office de tourisme de Tanzanie (en anglais)

Site des parcs nationaux (en anglais)

Office du tourisme de Zanzibar (en français)


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INDONÉSIE : les merveilles de Java, Flores et Komodo


 

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L’archipel lacustre de Solentiname

 

Chaîne de volcans. Au premier plan : le cratère du Telica

 

Caraïbes, Little Corn Island

 

El Castillo. A la chocolaterie

 

Habitante d’El Castillo

 

Navigation en lancha sur le San Juan

 

Maître potier, vers Masaya

 

Habitants d’El Castillo

 

Habitante d’El Castillo

 

L’archipel lacustre de Solentiname

 

Granada

 

Saison des pluies à Leon

 

San Carlos, l’embarcadère

 

Le San Juan à El Castillo

 

Passager d’une lancha sur le San Juan

 

Habitant d’El Castillo

 

Le guide pour l’ascension du Telica

 


Coup de coeur : le Nicaragua                                                 Accueil


 

AU CŒUR DES ANDES : LE PÉROU

Le lac Titicaca : l’île de Ticonata

C’est un voyage en immersion au cœur de l’Amérique du Sud que nous avons fait, pour y découvrir à la fois la culture andine dans les endroits les plus reculés, les paysages à couper le souffle qui bordent chaque chemin, et les vestiges précolombiens un peu partout…

Nous n’avions que deux semaines à passer sur place pour faire notre périple dans cette partie du monde qui nous attirait comme des aimants. Alors en préparant ce voyage, il nous a fallu faire des choix. Et pour nous, trois sites étaient incontournables :

  • le Machu Picchu au Pérou
  • les grands espaces du Salar d’Uyuni et du Sud-Lipez en Bolivie
  • le lac Titicaca de part et d’autre de la frontière entre les deux pays.

Outre ces trois sites, nous avons quand même pu flâner un peu partout au fil du parcours : à Lima et Cuzco au Pérou, ou encore à La Paz et Tiwanaku en Bolivie…

Une foule d’autres sites nous attiraient mais si nous manquions de temps pour en faire plus, c’est aussi parce que dans cette région du monde, un certain nombre de paramètres allongent les temps de trajets : l’acclimatation à l’altitude, les routes sinueuses des montagnes, ou encore les distances relativement longues (la superficie du Pérou et celle de la Bolivie représentent chacune le double de celle de la France)…


LIMA

Pour rejoindre notre première étape péruvienne, le mythique Machu Picchu, il nous faut passer par la ville de Cuzco. Ça tombe bien, elle est dotée d’un aéroport international. Mais le problème, c’est qu’elle est située à 3400 mètres d’altitude, soit l’équivalent du plus haut sommet des Pyrénées, rien que ça ! Or, si nous descendons directement de l’avion à cette altitude-là, il y a de fortes chances que nous soyons atteints par le fameux « sorroche », ce mal typique des montagnes.

C’est pourquoi nous avons préféré prendre un vol pour Lima, qui est située au niveau de la mer. De là, nous ferons quelques 21h30 de bus pour rejoindre Cuzco. Du moins en théorie, car le trajet durera finalement un peu plus de 25 heures… Le but de ce long voyage est de monter progressivement en altitude, afin de nous y accoutumer peu à peu et de résister ainsi au sorroche.

En attendant de prendre ce fameux bus, nous avons une demi-journée devant nous pour visiter un peu la capitale péruvienne. Au moment de quitter l’hôtel, la personne de l’accueil nous met directement dans l’ambiance de cette partie du monde : elle nous apprend en effet que cette nuit, il y a eu un tremblement de terre assez fort non loin de Lima (5,1 sur l’échelle de Richter). Apparemment, beaucoup de gens l’ont ressenti mais pas nous, qui étions trop occupés à récupérer du long vol depuis la France ainsi que du décalage horaire.

Notre hôtel étant situé à proximité immédiate de la basilique et du monastère Saint-François-d’Assise, c’est là que nous faisons notre première halte.

Cet édifice religieux abrite aussi les catacombes. Des milliers d’ossements y sont exposés, dans des souterrains sombres et exigus : comme toujours dans ce genre d’endroit, les lieux nous font frissonner.

Après la visite des catacombes, nous faisons un bref tour du centre-ville, où certaines ruelles sont bordées de belles bâtisses coloniales toutes plus colorées les unes que les autres.

Mais l’heure tourne et le départ pour Cuzco approche. Nous rejoignons donc la gare routière afin de monter dans le bus qui va nous faire traverser le pays en direction du Machu Picchu.

Le trajet en bus Lima – Cuzco

Ce bus à étage est un « super-cama », c’est-à-dire qu’il comporte des sièges larges, confortables et inclinables quasiment à l’horizontale. Nous qui allons y passer vingt-cinq heures, il nous fallait bien ce petit confort-là !

Le trajet Lima-Cuzco en bus, à travers les montagnes péruviennes

Si ce trajet est très long, il nous procure quand même un sacré avantage : nous pouvons admirer les superbes paysages péruviens tout en récupérant tranquillement du décalage horaire. Ce véritable marathon en bus n’est donc pas une mauvaise idée, d’autant que nous avons réservé les deux places de l’étage qui sont situées tout à l’avant, juste devant le pare-brise. Ainsi, non seulement nous avons un peu plus de place que les autres passagers, mais en plus nous pouvons dévorer des yeux les panoramas qui défilent tout au long du trajet : montagnes, petits villages etc.


CUZCO

C’est donc avec 3h30 de retard que nous débarquons enfin à Cuzco, sous une pluie battante. Nous qui avions déjà un timing assez serré, voilà qu’en plus le retard du bus nous rabote un peu le temps de visite prévu pour Cuzco. Mais ce n’est pas bien grave, nous ne nous attendions pas non plus à une ponctualité parfaite et de toute manière, nous sommes trop heureux de pouvoir enfin nous dégourdir un peu les jambes, surtout ici en terre Inca.

Nous rejoignons en taxi le Pantastico Bed and Bakery que nous avons réservé, une géniale petite auberge de jeunesse située à cinq ou dix minutes à pied du centre-ville. Notre petite chambre est accessible depuis l’étage de l’établissement par une étroite échelle de meunier. Du coup, elle nous offre une vue panoramique sur l’ancienne « capitale » de l’empire Inca et les montagnes qui la cernent.

Nous prenons à peine de le temps de poser nos sacs à dos dans la chambre et de faire un brin de toilette, puis nous partons à pied découvrir le cœur de la ville : la Plaza de Armas.

Évidemment, nous ne pouvons pas manquer la fameuse cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, bâtie par les conquistadors dès leur prise de la ville au 16e siècle, dans le but de faire triompher leur foi chrétienne et de l’imposer aux locaux.

Nous sommes déjà passés par là tout-à-l’heure en taxi et, comme à chaque fois qu’il passait devant une église, notre chauffeur se signait quatre ou cinq fois à la vitesse de l’éclair en marmonnant quelques paroles de croyant : cinq siècles plus tard, il semble bien que les conquistadors espagnols aient réussi leur entreprise de conversion forcée…

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption

Ça nous fait du bien de marcher un peu après ces vingt-cinq heures passées affalés dans le bus. Nous nous contentons donc de flâner dans les rues en prenant le pouls de la ville, et de finir la journée dans un bon petit resto local.

Le lendemain matin, nous rejoignons la gare ferroviaire de Cuzco. Nous avons réservé deux places dans le fameux train panoramique qui va nous faire traverser les Andes jusqu’à Aguas Calientes, notre prochaine étape.

Le train « Vistadome »

AGUAS CALIENTES

Nous aurions bien aimé faire un trek dans la vallée sacrée des Incas pour rallier Aguas Calientes mais ce n’était pas possible car nous manquions de temps. En plus, notre organisme n’est pas encore complètement acclimaté à l’altitude, et marcher longtemps aurait sans doute été trop éprouvant.

Aguas Calientes

Encastré dans les montagnes, ce petit village de moins de 2000 habitants est posé aux pieds du Machu Picchu, dont il est en quelque sorte l’incontournable « camp de base ».

Mais à part se délasser dans les eaux thermales (d’où le village tient son nom), il n’y a à peu près rien à voir ni à faire à Aguas Calientes : il y a beaucoup de touristes et donc beaucoup d’hôtels, de restos, de boutiques de souvenirs…

Il s’agit d’un village touristique, pas d’un village authentique. Il y a bien une petite église coloniale à découvrir ainsi que la statue de l’Inca Pachacutec, le fondateur du Machu Picchu, mais c’est à peu près tout.

  

La statue de Pachacutec

LE MACHU PICCHU

La ville est juste le point de départ quasi-obligé vers le Machu Picchu, ce fameux site inca où l’on se rend grâce à l’un des innombrables bus qui font le trajet quotidiennement. Ce fabuleux site archéologique n’ouvrant ses portes qu’à 6h00, le premier bus part vers 5h40.

Ainsi, quand nous arrivons au départ à 5h25, la file d’attente pour le bus est déjà si longue que nous n’en voyons même pas le bout ! Incroyable. Nous avions bien entendu parler de cette forte affluence mais nous ne pensions pas que c’était à ce point, qui plus est en période creuse (octobre). Combien sont-ils devant nous : cinq cents ? Six cents ?…

Heureusement, quelques dizaines de bus se succèdent sans relâche et au bout de près d’une heure d’attente, c’est enfin notre tour. Derrière nous patientent déjà autant de personnes qu’il y en avait devant nous une heure plus tôt. Impressionnant.

Pendant une bonne vingtaine de minutes, le bus monte sur une petite route en lacets. Arrivés en haut, nous descendons du bus et une fois l’entrée du site franchie, quelques lamas nous guident vers le premier gros objectif de notre périple andin : le Machu Picchu.

Dans un premier temps, pendant trois bonnes heures, Marie et moi arpentons l’ensemble de ce site mythique en savourant cette chance que nous avons de nous trouver dans un endroit pareil.

Si ce site a traversé les siècles sans bouger, c’est notamment grâce à des règles de construction d’exception : la façon de tailler les pierres pour qu’elles s’encastrent à la perfection les unes dans les autres, est impressionnante. Pourtant, elles sont si larges et épaisses que ce travail de taille a dû nécessiter une sacrée énergie.

Au cœur du site se trouve le fameux Temple du Soleil : il s’agit d’un gros rocher au sommet duquel a été construite une tour.

Cet ensemble surmonte une sorte de petite grotte où de fins travaux de sculptures ont été réalisés. On pense aujourd’hui qu’il s’agissait d’un mausolée où reposaient des momies, et où diverses cérémonies étaient organisées.

Après cette première visite avec Marie, je vais sortir du site afin de trouver un guide francophone à l’entrée puis retourner à l’intérieur de l’enceinte avec lui. En effet, je souhaite faire une vidéo de notre périple andin comportant quelques témoignages de locaux que nous rencontrerons au fil du voyage.

Revenu devant le guichet d’entrée, je demande au premier guide que je croise s’il est francophone. Ce n’est pas le cas mais il demande aussitôt à ses collègues qui l’entourent où se trouve un certain Alaïn (prononcé à l’espagnole, ça donne « Alahine »). On l’appelle pour me le présenter. Il a l’air très sympa et je lui expose mon projet de vidéo, auquel il adhère immédiatement avec un grand sourire.

Au cours de la marche qui nous emmène en face de la huitième merveille du monde, il m’explique que sa mère, lorsqu’elle était jeune, était une fan absolue d’Alain Delon. A sa naissance, c’est donc tout naturellement qu’elle voulut le prénommer « Alain Delon » ! Mais son mari s’y opposa (sans blague ?!), concédant quand même le prénom d’Alain qu’au Pérou, tout le monde prononce donc « Alahine ».

Alain, notre guide péruvien

Et pendant deux heures, Alain va nous emmener, d’une part dans les moindres recoins du Machu Picchu, et d’autre part dans un passionnant voyage à travers le temps.

Il nous explique pour commencer que, si le Machu Picchu fût construit ici, c’était dans le but d’unifier toutes les tribus de l’Amazonie.

Puis il poursuit : « Inca » signifie « Fils du Soleil ». L’Inca était considéré non pas comme un humain mais comme un Dieu. Lui et son peuple vénéraient le Soleil : quand le temps était gris, ils étaient tristes mais dès que le soleil brillait, eux aussi rayonnaient. Car ils savaient que tout allait pousser : la végétation, les plantes et bien sûr tous les fruits et légumes dont ils avaient besoin.

Petite sieste au milieu de ruines précolombiennes

Puis c’est sans transition que je questionne Alain sur les sacrifices humains que pratiquaient les incas. Il me répond que contrairement à une idée reçue, ces sacrifices n’étaient pas violents : ils se déroulaient paisiblement.

Quand un enfant naissait un jour spécial (jour de solstice, d’éclipse, de tremblement de terre etc.), on considérait qu’il ne venait pas de ce monde. On l’éduquait en lui expliquant que ses parents l’attendaient là-haut, dans le monde du ciel et des Dieux. Et que pour aller les rejoindre, il était nécessaire de le sacrifier. Il grandissait donc avec cette idée, jusqu’à l’arrivée du « grand jour » : on lui faisait alors mâcher de la coca fraîche qui, contrairement à la coca sèche, possède des vertus anesthésiantes.

Puis on emportait son corps, endormi mais vivant, au cours de grandes processions dans la montagne et les glaciers, lesquelles pouvaient réunir jusqu’à 15.000 personnes.

Le Putucusi vu depuis le Machu Picchu

Une fois là-haut, on abandonnait son corps après l’avoir recouvert de pierres et de neige, et il s’endormait pour toujours, pour ne jamais plus se réveiller…

C’est sur cette histoire d’un autre temps que nous quittons les lieux, sous les brefs rayons de ce soleil si cher aux incas.


LE LAC TITICACA

De retour dans notre auberge de jeunesse à Cuzco, notre petite chambre d’altitude et son simple vitrage nous réservent une nuit glaciale.

Le lendemain, toujours à cause du manque de temps, c’est en avion que nous allons faire le trajet entre Cuzco et Puno. Cette ville est posée sur la côte occidentale du lac Titicaca, notre prochaine étape. Nous regrettons un peu de ne pas avoir le temps de faire le trajet entre les deux cités en bus, car le paysage est réputé magnifique. Mais d’un autre côté, il tombe de tels abats d’eau au moment où nous quittons Cuzco que finalement, nous n’allons peut-être pas rater grand-chose…

Le lac Titicaca, dominé au loin par la Cordillère des Andes

Le vol passe rapidement et après l’atterrissage, nous rencontrons Beto, un chauffeur dont nous avions réservé les services depuis la France, via Tout Pérou (cf. les infos pratiques en fin d’article). Il s’agit d’une petite agence qui se présente comme un réseau solidaire, et qui organise des voyages très personnalisables à travers tout le pays, souvent hors des sentiers battus. Nous nous étions adressés à eux pour qu’ils réalisent l’impossible : nous organiser un séjour d’à peine vingt-quatre heures sur la petite île non touristique de Ticonata, en plein lac Titicaca.

De même que de nombreux voyageurs, nous avions initialement prévu de découvrir les fameuses îles flottantes des indiens Uros, qui sont construites avec les roseaux du Titicaca : la totora. Mais il se trouve qu’elles sont envahies par les touristes, et qu’elles sont donc totalement dénuées d’authenticité : ce n’est pas ce que nous recherchons.

Les autres îles du lac, solidement ancrées au fond celles-là, sont réputées pour leur beauté : Amantani et Taquile côté Pérou, l’Isla del Sol côté Bolivie. Mais si la densité de touristes n’y est pas énorme, elle n’est pas négligeable non plus. C’est pourquoi nous avons choisi celle de Ticonata, au moins aussi belle mais beaucoup moins connue, et donc très peu fréquentée.

Après nous avoir cueillis à l’aéroport, Beto nous emmène donc sans perdre de temps à Ccotos, face à notre petite île. A cet instant, il fait encore beau et l’eau du lac est d’un bleu profond.

Là, nous rencontrons Simon, le membre de la communauté qui vit sur l’île et qui va nous y emmener en barque. A part lui, l’endroit est à peu près désert et nous avons déjà l’impression d’être au bout du monde.

Simon

Mais nos premiers ennuis – et pas les derniers – commencent lorsque Simon ne réussit pas à faire démarrer le petit moteur de la barque. A force d’insister, il en casse même la corde du démarreur. C’est donc à la rame, vent de face, que nous devons gagner Ticonata.

Simon ayant 64 ans, je l’aiderais volontiers à ramer. Mais Marie et moi avons beau nous être un peu habitués à l’altitude depuis notre arrivée à Cuzco il y a trois jours (3400 mètres), les 3800 mètres du Titicaca constituent quand même une montée supplémentaire qui se fait ressentir dans mon organisme : clairement, je ne me sens pas capable de ramer efficacement sur cette petite barque. Ainsi, sans moteur, le trajet va durer plus d’une demi-heure au lieu de dix petites minutes.

Mais dans le même temps, la météo change brusquement. Le ciel devient noir, l’eau du lac aussi. La pluie fait son apparition, puis tombe de plus en plus fort. Simon nous tend une vieille bâche pour nous protéger, mais elle est percée partout et a l’efficacité d’une passoire. Les éclairs commencent à transpercer le ciel au loin, puis se rapprochent peu à peu, à grands coups de tonnerre. Le vent se lève et la « mer » se creuse de plus en plus. Quelques mètres au-dessus de nos têtes voltige une poignée de mouettes qui, nous prenant pour des pêcheurs, nous quémandent du poisson en hurlant.

Bien que « galérant » au beau milieu du lac Titicaca, saoulés par le vent et détrempés par le ciel andin qui se vide sur nous, Marie et moi avons le sourire aux lèvres : nous sommes heureux parce que ces conditions dantesques dans cet endroit mythique achèvent de rendre ce moment inoubliable.

Ticonata juste après l’orage

C’est donc sous une pluie battante que nous posons enfin les pieds sur Ticonata. Mais gagner les quelques habitations de l’île se mérite car notre chemin de croix n’est pas terminé : il nous faut encore gravir une colline à pied pendant une dizaine de minutes, chargés de nos sacs à dos de vingt kilos. A cette occasion d’ailleurs, Marie m’épate. L’adversité ne la ralentit pas, elle ne se plaint pas un instant et fait face, bien que trempée jusqu’aux os. Je dois dire que je suis assez fier d’elle.

C’est donc à l’état liquide que nous arrivons enfin dans la salle commune de l’île où nous attend Mariano, un septuagénaire en pleine forme. La soupe chaude qu’il nous a préparée est simple mais tellement régénérante.

Mariano

Nous pouvons enfin discuter avec nos hôtes. Comme tant d’autres dans cette région du Pérou, ils sont Quechuas et descendent donc des Incas. Mais contrairement à la plupart d’entre eux, ils parlent espagnol, ce qui nous permet de communiquer. La petite communauté qui vit ici ne compte qu’une quinzaine d’habitants, et ils ont monté une petite association qui leur permet d’accueillir les quelques baroudeurs de passage tout au long de l’année.

Lorsque nous nous risquons à remettre le nez dehors, la pluie a enfin cessé et le soleil tente péniblement de reprendre ses droits avant la tombée de la nuit.

Simon et Mariano nous expliquent que nos deux jours de présence sur l’île coïncident avec la fête annuelle du petit village situé juste en face, sur le continent. A cette occasion que pas un local ne veut rater, Ticonata s’est donc vidée de ses quelques habitants, à l’exception de Simon et Mariano, restés pour nous recevoir.

Certes, nous regrettons de ne pas pouvoir rencontrer les autres habitants. Mais d’un autre côté, nous avons droit à une île du Titicaca rien que pour nous, ce qui est tout simplement exceptionnel, et c’est sans doute un peu égoïstement que nous savourons cette aubaine.

Nous rentrons pour dîner avec nos hôtes, et nous passons une partie de la soirée à discuter tous les quatre de la vie sur Ticonata : la pêche, l’agriculture, leurs ancêtres, la vie quotidienne en harmonie avec la nature, la rudesse du climat etc. Un moment d’échanges et de découvertes comme nous les aimons.

C’est surtout le lendemain matin que nous allons pouvoir découvrir la beauté des lieux, dès les premiers rayons du soleil et quasiment sans nuages cette fois.

Isla Ticonata : la Puerta del Sol

Le temps est aussi beau maintenant qu’il était maussade hier lors de notre arrivée. Nous pouvons mieux voir à quoi ressemblent les petites maisons rondes typiques de Ticonata, dont celle où nous venons de passer la nuit.

Depuis ce village particulièrement dépaysant, on aperçoit les eaux bleues du Titicaca et encore plus loin, la Cordillère des Andes. Pour nous, l’endroit est magique.

Ces maisons rondes sont une tradition depuis longtemps. Ici et là subsistent les vestiges des plus anciennes, qui datent d’il y a plus de 3000 ans.

A part nous, la petite île est entièrement déserte et nous nous sentons tellement privilégiés d’être là… Nous savourons donc comme il se doit ce moment unique.

Nous retournons aux habitations pour prendre avec Simon et Mariano le petit déjeuner qu’ils nous ont préparé, avec les traditionnelles feuilles de coca qui, sèches, permettent de lutter contre les effets de l’altitude.

Comme hier, nous discutons un long moment avec eux.

Comme souvent dans ce genre d’endroits reculés, ils vivent en harmonie totale avec la nature. Ils nous montrent quelques exemples de « pharmacie » 100% naturelle qu’ils utilisent pour se soigner, comme cette jolie petite fleur orangée, omniprésente sur l’île, qu’ils consomment pour faire baisser la fièvre.

Pendant le petit déjeuner, nous avions dit à Simon et Mariano que s’ils étaient d’accord, nous souhaitions prendre encore quelques photos d’eux avant de partir. Nous n’avions pas remarqué que Mariano s’était alors discrètement éclipsé. Et c’est quand le moment vient pour nous de quitter notre petit paradis de Ticonata qu’il réapparaît comme par enchantement.

Dans un grand éclat de rire et avec l’œil malicieux d’un enfant, notre septuagénaire nous explique être rapidement allé se changer pour revêtir ses plus beaux habits, simplement pour faire honneur à nos photos !

Merci Mariano pour ce clin d’œil si sympa.

Le Titicaca constituait la dernière étape de notre périple au Pérou. Nous quittons donc Ticonata qui restera gravée dans nos mémoires, afin de gagner la Bolivie toute proche.

Avec sa barque dont il a passé une partie de la matinée à réparer le moteur, Simon nous dépose sur la jolie petite plage de Chiffron. Une poignée de maisons sont posées sur le sable, face au lac.

Là, nous prenons le temps de discuter avec l’une des familles qui y vivent, avant de prendre la direction de la frontière bolivienne toute proche…

La petite Cynthia devant sa maison, sur les rives du lac Titicaca

Suite et fin de notre périple andin : la Bolivie


  • Résumé vidéo (3 mn) : en immersion au cœur des Andes (Pérou et Bolivie)…

 


INFOS PRATIQUES PÉROU


PRATIQUE

Change : évitez de changer de l’argent au bureau de change de l’aéroport de Lima : le taux de change y est prohibitif !

Les prises électriques au Pérou sont de type 220 V plates, on peut se procurer des adaptateurs assez facilement un peu partout.


LE BILLET D’ENTRÉE AU MACHU PICCHU

Pour faire face à la détérioration lente mais sûre de ce fabuleux site, les autorités péruviennes en ont limité l’accès en 2011 à 2.500 visiteurs quotidiens. Depuis, le quota a augmenté un peu mais les places sont toujours comptées.

Le site officiel de réservation : billets Machu Picchu (ministère péruvien de la culture)

Formules et tarifs (mise à jour : janvier 2019) – Le Machu Picchu se visite selon trois formules, auxquelles il faut ajouter la visite du musée :

→ Le Machu Picchu seul : 152 PEN (40 EUR) par adulte – 70 PEN (18 EUR) par enfant

→ Le Machu Picchu et le Huayna Picchu (*) : 200 PEN (52 EUR) par adulte – 118 PEN (31 EUR) par enfant

→ Le Machu Picchu et la « Montagne » (**) : 200 PEN (52 EUR) par adulte – 118 PEN (31 EUR) par enfant

→ Le musée : 22 PEN (6 EUR) par adulte – 8 PEN (2 EUR) par enfant

(*) Le Huayna Picchu est le « pain de sucre » visible sur toutes les photos juste derrière le site, son ascension plus ou moins ardue dure plus ou moins deux heures.

(**) La « Montagne », plus facile d’accès, est située à l’opposé.

OBLIGATOIRE depuis juillet 2017 : on ne peut plus, en théorie, entrer sur le site du Machu Picchu sans guide. L’objectif affiché étant de fluidifier le flot de touristes. Si on n’en a pas prévu un à l’avance, ceux qui sont disponibles attendent les clients devant l’entrée du site.

NOUVEAUTÉ depuis le 1er janvier 2019 : dorénavant, l’accès au site ne peut plus se faire qu’à des heures précises (à savoir à 6h00, 7h00, 8h00, 9h00, 10h00, 11h00, 12h00, 13h00 ou 14h00) et pour une durée maximale de 4 heures (donc dernières sorties à 18h00). Les heures d’arrivée et de départ figurent sur le ticket d’entrée, et il n’est pas possible de pénétrer sur le site avant l’heure prévue.


TRANSPORT EN BUS

LIMA – CUZCO

Parmi les différentes compagnies qui assurent cette liaison, nous avons opté pour Cruz del Sur. Elles offrent à peu près toutes les mêmes niveaux de confort, soit en gros : le bus basique et inconfortable / le bus semi-cama avec siège partiellement inclinable mais pas beaucoup mieux que le précédent / et le bus super cama, c’est-à-dire avec un siège large et confortable quasiment transformable en lit.

Ce dernier bus est donc le top et c’est celui que nous avons choisi en prévision du long voyage qui nous attendait : 21h30 de trajet en théorie, 25h00 en réalité.

  • Prix : 52$ par personne, repas compris. 3 arrêts : Ica, Nazca, Abancay.

Le bon plan : quand on réserve son billet sur internet, on peut choisir sa place (via un plan du bus en ligne). Il faut prendre les premières places situées tout à l’avant, à l’étage, juste devant le pare-brise. L’avantage est double : ce sont les trois places les plus spacieuses de tout le bus (on gagne quelques centimètres en l’absence de sièges devant), et elles offrent une vue panoramique sur la route et le paysage, ce qui fait passer le temps beaucoup plus vite. Les vitres teintées et leurs rideaux efficaces empêchent toute gêne lumineuse.

AGUAS CALIENTES – MACHU PICCHU

Il y a deux solutions pour monter d’Aguas Calientes au Machu Picchu : le bus ou les jambes. Nous avons choisi la première malgré son prix élevé au vu du trajet (24$ par personne). Mais elle permet d’arriver relativement tôt alors qu’à pied… Le billet s’achète sur place (à côté d’une maquette de bus d’un mètre de long, à côté de la rivière qui traverse le village, et à peu près en face de l’inscription en photo ci-dessous) et l’acheter la veille fait gagner du temps, vu la foule.


TRANSPORT EN TRAIN

CUZCO – AGUAS CALIENTES (MACHU PICCHU)

Si l’on ne veut pas faire le fameux trek du Chemin de l’Inca pour rejoindre le Machu Picchu, on peut rallier la mythique Cité Inca en bus ou en train depuis Cuzco.

Pour le train, les deux compagnies concurrentes, Peru Rail et Inca Rail, offrent chacune trois prestations similaires. Nous avons choisi la formule intermédiaire de Peru Rail malgré son prix élevé : on avait lu sur le net 65 euros aller simple, ce fût 80 ! Bon, ce train panoramique appelé Vistadome car vitré du sol au plafond, permet d’avoir une belle vue sur les Andes pendant tout le trajet, même si ça ne justifie pas tout le prix.

Le train Vistadome.

HÉBERGEMENT

LIMA

Hôtel España (Jiron Azangaro 105, Lima 51). Il est idéalement situé en plein centre-ville, vaste et richement décoré. A tel point qu’on ne sait plus trop si on est dans un hôtel ou un musée :

  

La terrasse, aussi agréable qu’étonnante, est un havre de paix avec beaucoup de verdure et quelques animaux : paons, tortues, perroquets…

Paon en terrasse
  • Prix : 62 soles péruviens (soit 16 euros au moment de notre venue).
CUZCO

Hôtel Pantastico Bed and Bakery, l’un de nos coups de coeur (adresse : Carmen Bajo 226, San Blas, Cuzco). C’est une petite auberge de jeunesse située à proximité du centre-ville. L’accueil y est très chaleureux.

  • Prix : à partir de 20$, très bon petit déjeuner inclus. Notre chambre double à 40$ comprenait également une douche privée et avait une jolie vue sur Cuzco (notamment illuminée la nuit), ainsi que sur les montagnes qui la cernent.
Depuis le Pantastico Bed and Bakery
AGUAS CALIENTES

Dans le petit village d’Aguas Calientes, les 1.600 habitants sont moins nombreux que les touristes quotidiens. Sous ses airs de camp de base du Machu Picchu, on y trouve essentiellement des hôtels, des restos et des boutiques de souvenirs.

Nous sommes descendus à l’hôtel Ferre, histoire de profiter d’un hébergement confortable avec douche avant les quelques jours très roots qui allaient s’en suivre. Les chambres ont une jolie vue sur la rivière en contrebas et l’accueil est très bon.

  • Prix : à partir de 65$ la chambre pour deux, petit déjeuner inclus.
TICONATA (LAC TITICACA) CHEZ L’HABITANT

Pour se rendre sur Ticonata, il faut contacter directement l’association qu’ont montée les habitants : Isla Tikonata. Il s’agit d’un tourisme communautaire hors des sentiers battus. Seules quelques familles habitent l’île et très peu de touristes la fréquentent. Le dépaysement y est total. Ticonata est notre gros coup de coeur au Pérou.

Ticonata, petit déjeuner chez l’habitant

On peut également passer par l’intermédiaire de Tout Pérou (cf. ci-dessus), qui organisera tout le séjour, y compris le transport pour s’y rendre au besoin.

Enfin, si on n’est pas pris par le temps et si on est joueur (!), on peut tenter directement sa chance sur place en se rendant sur la jolie petite plage de Chiffron, sur les rives du Titicaca. Là, il faut discuter avec les rares locaux qui s’y trouvent pour entrer en contact avec les familles de Ticonata.


« TOUT PÉROU » : RÉSEAU SOLIDAIRE OU AGENCE DE VOYAGES DÉGUISÉE ?

Tout Pérou se présente comme un réseau solidaire francophone qui permet aux voyageurs se rendant au Pérou de trouver une mine d’infos sur son site Internet (Tout Pérou), via notamment le forum.

On peut rencontrer l’équipe sur place afin de glaner quelques tuyaux et, moyennant des cartes payantes (100$ ou 150$), on peut bénéficier d’un certain nombre de services.

Certains considèrent qu’il s’agit simplement d’une agence de voyages qui fonctionne différemment des autres.

Pour notre part, nous avons découvert Tout Pérou juste avant notre périple, donc trop tard. Et comme nous voulions absolument nous rendre sur le lac Titicaca en dehors des sentiers battus (c’est-à-dire hors des îles très prisées d’Amantani, Taquile et Isla del Sol, jolies mais trop fréquentées à notre goût, sans compter les îles flottantes des Uros), nous avons craqué au dernier moment pour la carte à 100 $. Nous ne l’avons finalement pas regretté.

Car Tout Pérou a tout organisé (transferts en voiture et nuitée chez l’habitant) pour que nous nous rendions sur la délicieuse petite île de Ticonata (voir plus bas), qui s’est avérée littéralement déserte. Comme nous manquions cruellement de temps pour organiser cette halte nous-mêmes, ce service clé-en-mains de dernière minute, dont nous ne raffolons pas d’habitude, s’est avéré idéal.

En outre, Tout Pérou nous a transmis une liste d’hébergements un peu partout au Pérou, a assuré nos transferts de/vers l’aéroport de Lima, nous a prêté un téléphone avec une carte etc.



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INDONÉSIE : les merveilles de Java, Flores et Komodo

 

Coup de cœur : le Nicaragua

 



DUBAÏ


Il y a une trentaine d’années, Dubaï n’était qu’un petit désert qui comptait peu d’habitants. Le développement phénoménal de l’émirat qui s’ensuivit grâce à ses ressources en pétrole fit dire au Cheikh Rashid, son émir : « Mon grand-père se déplaçait avec son dromadaire alors que moi, je conduis une Mercedes. Mais mon arrière-petit-fils se déplacera à nouveau en dromadaire. »

Et en effet, les réserves de pétrole s’asséchèrent. Mais afin de remédier par anticipation à cette disette, Cheikh Rashid décida de développer massivement le tourisme, notamment de luxe. Avec des moyens financiers longtemps illimités, le petit émirat mit alors en œuvre les projets les plus fous, à tel point qu’à un moment, il concentra à lui tout seul le quart des grues de la planète.

Aujourd’hui, la modernité de Dubaï est telle qu’on imagine mal la descendance de l’émir se déplacer à nouveau à dos de camélidé un jour…

 


DUBAÏ ET SES GRATTE-CIELS

Cette destination hors-normes sera le premier voyage lointain de nos deux fistons, Victor et Arthur. Mais pas le dernier…

Ce qui nous surprend d’emblée en descendant de l’avion, c’est la fastueuse avenue Cheik Zayed : elle relie l’aéroport au centre-ville et est bordée de gratte-ciels aux formes résolument modernes et avant-gardistes. Ces grands immeubles jurent avec leurs homologues New-Yorkais, certes plus connus mais aussi beaucoup plus classiques.

Avec cette somptueuse avenue qui est le premier endroit découvert par les visiteurs dès leur sortie de l’aéroport, le Cheik veut leur en mettre d’emblée plein la vue. Et il faut bien dire que c’est plutôt réussi.

 


LA PLUS HAUTE TOUR DU MONDE

Parmi les incontournables de Dubaï, Burj Khalifa. Du haut de ses 828 mètres, cette incroyable tour dame le pion à tous les autres gratte-ciels de la planète : la Shangai Tower, pourtant deuxième plus haute tour du monde, culmine péniblement à 632 mètres…

Lors de notre voyage à Dubaï, la construction de Burj Khalifa touchait à sa fin : la structure était terminée mais il restait quelques fenêtres à poser au sommet. Nous n’avons donc pas pu la visiter.

En 2016, Dubaï a posé la première pierre de « l’autre » plus haute tour du monde. Elle devrait être inaugurée en 2020 lors de l’Exposition Universelle qui se tiendra à Dubaï. Afin de ne pas permettre à d’éventuels concurrents de plancher sereinement sur un projet plus haut, sa hauteur exacte n’a pas été dévoilée.


L’EMBLÈME DE DUBAÏ

Nous nous sommes donc rabattus sur une autre tour, beaucoup moins impressionnante mais plus agréable : Burj Al-Arab. En forme de voile, cet hôtel de grand luxe posé sur la mer est devenu le symbole de l’émirat. Sa tour Eiffel à lui en quelque sorte.

La Medinat est l’un des plus beaux endroits pour l’admirer. Ce lieu totalement artificiel est lui aussi l’un des sites incontournables de la ville. Imitant l’architecture des anciennes villes arabes et sillonné par des canaux à l’eau vert-émeraude, le lieu s’avère dépaysant et calme.

 

 


DUBAÏ BLING-BLING…

Pour rester dans le domaine de la modernité et du luxe, il y a les « malls », ces immenses centres commerciaux cernés par des galeries commerciales sans fin. Elles font le bonheur des fans de shopping, mais pas seulement : aquariums géants (dont le plus grand du monde), pistes de ski, boutiques de luxe etc. Tout le monde y trouve son compte y compris, je l’avoue, les amoureux de la nature et des grands espaces comme moi.

 


… ET DUBAÏ HISTORIQUE

A quelques encablures de ces symboles de luxe et de modernité survit tant bien que mal « le vieux Dubaï ».

Ce quartier authentique jure fièrement avec le Dubaï bling-bling, c’est pourquoi il est finalement assez peu visité. Pourtant, il fait plaisir à voir car c’est sans aucun doute le seul endroit de la ville qui ait une âme.

 

 


« THE PALM », L’AUTRE EMBLÈME

Autre lieu emblématique, Palm Island dite « the Palm », cette immense presqu’île artificielle en forme de palmier sur laquelle s’agglutinent des centaines de maisons de luxe. Nombre d’entre elles ont été vendues à prix d’or à quelques-uns des plus grands champions sportifs de la planète, à des stars d’Hollywood ou encore à des capitaines d’industrie…

Bref, pas si facile donc de s’y aventurer puisque pour cela, il faut montrer patte blanche. Mais nous avons pu nous faire ouvrir la barrière qui donne accès à l’une des « branches » du palmier (merci Brigitte !)

D’une branche à l’autre de la « Palm », les maisons de grand luxe se font face

 


LE DÉSERT

Mais l’un des plus beaux endroits de l’émirat, c’est le désert sur lequel il est posé. Ce n’est certes pas lui qui attire à Dubaï les touristes du monde entier, pourtant l’endroit est superbe.

Les agences de tourisme y organisent de courtes virées, dont certaines incluent la nuit sous la tente. C’est l’occasion d’apprécier à sa juste valeur cette nature inviolée qui, à deux pas de la mégapole trépidante, nous fait croire un instant qu’on est seul au monde.

 


INFOS PRATIQUES


LA PLUS HAUTE TOUR DU MONDE : BURJ KHALIFA

Dans cette tour qui culmine à 828 mètres de haut, quelques 50 ascenseurs se relaient pour emmener à 40 km/h les visiteurs au 125e ou au 148e étage (il y en a en tout 160 habitables).

  • Prix : 525 AED (environ 115-120 euros) à partir de 4 ans et aux heures de pointe (9h30-18h00, horaires susceptibles de changements). 370 AED (80-85 euros environ) de 19h00 à la fermeture. Gratuit aux moins de 4 ans.
  • Bon à savoir : pour éviter l’attente parfois longue, il y a la possibilité d’acheter des billets coupe-files (315 AED, soit 70 euros environ)

BURJ AL-ARAB : LA « VOILE »

Une petite chambre à 3.000 Euros la nuit ? Vous êtes au Burj al-Arab, cet hôtel de luxe 5 étoiles qui a même été proclamé « sept étoiles » par certains journalistes.

Chambres de luxe, plage privée, arrivée en Rolls Royce, faites-vous plaisir, pour réserver, c’est ici : Burj al-Arab !

A part cet hôtel pas vraiment roots, nous n’avons pas d’autre hébergement à mettre en avant puisque nous étions logés chez de la famille proche.


PARC AQUATIQUE WILD WADI WATERPARK

Situé juste en face de Burj al-Arab mais nettement plus accessible, l’excellent parc aquatique Wild Wadi Waterpark ravira petits et grands.

  • Prix : à partir de 270 AED la journée (60 euros environ)

CENTRES COMMERCIAUX PHARAONIQUES : LES MALLS

Il y a une quinzaine de malls à Dubaï. Tous comprennent d’innombrables magasins, mais chacun a ses propres spécificités. En voici une sélection :

→ Le Mall of the Emirates a été rendu célèbre par sa piste de ski, la première du monde en salle : Ski Dubaï. Le site comporte cinq pistes de tous niveaux, une zone de freestyle, une petite piste de luge dans un couloir de glace, un parc pour enfants…

  • Prix : 200 AED (45 euros environ) pour 2h00, 310 AED (70 euros environ) pour la journée.
  • Parmi la panoplie d’activités proposées (mais payantes), citons une petite tyrolienne aussi courte que chère, ou encore la possibilité d’approcher des pingouins et même… de nager avec eux : 1300 AED (300 euros environ). Et oui, ici tout a un prix…

→ Le Dubaï Mall : c’est le plus grand centre commercial du monde : plus de 1.000 boutiques, rien que ça. Il comprend également un aquarium somptueux avec une quantité impressionnante de poissons, un zoo sous-marin, une patinoire olympique…

→ Promenade City Walk : faire du shopping à l’occidentale dans un décor d’architecture typiquement orientale, voilà ce qui vous attend dans ce mall récent et très branché. C’est aussi l’un des meilleurs endroits pour observer Burj Khalifa.

→ Le Dubai Outlet Mall : c’est le meilleur mall pour faire des affaires : quelques grandes marques vendent leurs produits à des prix très accessibles.


« THE PALM » ET L’HÔTEL ATLANTIS

L’hôtel Atlantis est situé à Dubaï, sur la plus grande île artificielle du monde : Palm Island.

L’hôtel Atlantis (photo d’un panneau publicitaire !)

Dévaler la pente d’un toboggan géant qui se termine par un tunnel sous-marin vitré autour duquel nagent des requins ? Bienvenue, vous êtes à Dubaï. A l’hôtel Atlantis plus précisément.

Ici, les activités dépassent l’entendement : parc aquatique démesuré, nourrissage des raies et baignades avec elles, aquarium géant dans lequel on plonge au milieu d’une faune aquatique exceptionnelle, possibilité de nager avec les otaries ou les dauphins, mais aussi restaurants gastronomiques et nuits endiablées sur des pistes de danse incroyables… Bref, l’Atlantis est l’endroit où petits et grands peuvent réaliser leurs rêves les plus fous.

Le site internet : hôtel Atlantis


SAFARI DANS LE DÉSERT

Pour profiter des charmes du désert dubaïote, de nombreux sites internet proposent des excursions : Tripadvisor, Expedia… Parmi eux, un site émirati : DXB Tours.

Les formules sont variées : lever ou coucher du soleil, virées en 4×4 ou à dos de chameau, possibilité de passer la nuit dans le désert etc.


Quelques sites internet :


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LES PYRÉNÉES

Le Soulit

On a beau être fan de contrées lointaines, on n’a pas forcément besoin de courir à l’autre bout du monde pour en prendre plein les yeux.

Pour les amoureux de la nature, les Pyrénées offrent la possibilité de faire des randonnées de tous niveaux dans un cadre superbe.

Pano montagne (2)

 


EXPÉDITION SUR LE TOIT DES PYRÉNÉES


A 3.404 mètres d’altitude et situé côté espagnol, le Pic d’Aneto est le point culminant de la chaîne. Nous en avons fait l’ascension, laquelle est accessible aux néophytes, pourvu qu’ils soient dotés d’une bonne condition physique et accompagnés d’un guide.

Nous avons choisi la version longue afin de profiter au maximum de la montagne : le premier jour, nous ferons la rando du Port de Venasque. On part des hospices de France (1350 mètres d’altitude), on monte jusqu’au Port de Venasque (2460 mètres) qui marque la frontière avec l’Espagne, et on redescend sur le refuge de la Rencluse (2140 mètres). En extrapolant un peu, disons que ce refuge est le « camp de base » de l’Aneto, dont nous partirons à l’assaut le deuxième jour.


Jour 1 : le Port de Venasque et le refuge de la Rencluse

La rando n’est ni trop longue, ni trop difficile, et elle vaut vraiment le coup d’œil. On commence par monter en douceur pendant deux ou trois heures au milieu des pentes vertes et fleuries, et sous un soleil intense et un magnifique ciel bleu.

Vers le Port de Benasque
Vers le Port de Venasque

De superbes paysages se succèdent au fil de la montée jusqu’à notre première halte : le refuge de Venasque. D’un côté, on a une vue sur la vallée d’où nous venons.

Pyrénées (7)

De l’autre côté se trouve le lac sur les rives duquel le refuge est posé.

Refuge de Venasque et son lac

Ce lieu marque, en tout cas ce jour-là, une frontière flagrante : on passe subitement d’un temps beau et chaud avec des paysages très verts, à des nuages, du froid, de la neige et un lac glacé. Aux abords du refuge se trouve une congère de plus de deux mètres de haut, qui a été creusée à coups de pelle.

Refuge de Venasque

Le casse-croûte nous fait un bien fou dans ce froid qui nous tombe dessus. Nous reprenons notre marche en traversant des paysages beaucoup plus marqués par l’altitude : plaques de neige glacée, vent hostile… Nous terminons ainsi notre montée en passant le Port de Venasque (une simple brèche hyper ventée dans la montagne), avant de redescendre côté espagnol dans des paysages différents mais tout aussi beaux.

Descente vers le refuge de la Rencluse, Espagne

Le soir au refuge, nous fêtons notre première étape mais sans excès, afin de pouvoir venir à bout de la deuxième le lendemain…


Jour 2 : l’ascension du Pic d’Aneto

Normalement, le départ se fait vers 6h00 mais pour nous, le temps est tel (pluie continue et visibilité quasi-nulle) que notre guide nous propose de partir un peu plus tard. Ce sont les aléas de la montagne.

Une heure après, bien qu’il fasse toujours un temps à ne pas mettre un randonneur dehors, nous décidons de partir quand même. Nous passons ainsi deux heures sous une bruine incessante, à escalader des rochers pas spécialement hauts (30, 40, 50 centimètres), mais qui nous cassent déjà un peu les pattes. Puis d’un seul coup, la pluie cesse et le soleil apparaît enfin. Nous nous retrouvons à la limite supérieure des nuages.

Après deux heures passées dans la nasse à crapahuter et transpirer sous la pluie, nous commençons enfin à apercevoir les paysages qui nous entourent.

Vers le Pic d'Aneto

Pendant sept heures, nous montons sans cesse. Après la pluie et les rochers glissants des deux premières heures, nous poursuivons inlassablement notre ascension. A l’approche du glacier, nous chaussons les crampons qui s’avèrent indispensables. En contrebas, la vue sur la mer de nuages, d’où émergent par-ci par-là quelques sommets, fait son petit effet.

Vers le Pic d'Aneto

Vers le Pic d'Aneto

Par moments, nous devons traverser les flancs gelés de la montagne, en marchant sur les traces que d’autres ont laissées dans la neige glacée. En aval, une pente vertigineuse. Le guide nous convainc de faire très attention : ça glisse tellement qu’en cas de chute, si on n’arrive pas à planter le piolet dans le sol pour se retenir, on se retrouve 500 mètres plus bas, tout pelé et cabossé. Du moins dans le meilleur des cas…

Vers le Pic d'Aneto

Le sommet

Lorsque nous arrivons enfin à proximité du sommet, il ne nous reste plus qu’une difficulté, mais pas la moindre : le fameux Pas de Mahomet. C’est une arête rocheuse étroite, disons d’une cinquantaine de centimètres de large environ, cernée de part et d’autre par le vide.

Dernière ligne droite : le Pas de Mahomet

Les vingt ou trente mètres de long de ce passage doivent se faire en cordée afin de limiter les risques. Le degré de difficulté est assez faible, sauf quand on est sujet au vertige, ce qui est mon cas. Mais la vue du sommet, situé à quelques mètres de nous seulement, nous donne des ailes, et il n’est donc pas question de ralentir : ce n’est qu’un mauvais moment à passer…

Pic d’Aneto : le toit des Pyrénées

La vue à 360° constitue notre récompense, et nous pouvons d’autant mieux la savourer que nous sommes absolument seuls là-haut : nous sommes partis un peu plus tard que prévu ce matin à cause du temps et par conséquent, tous ceux qui se sont lancés avant nous sont déjà sur le chemin du retour. Nous nous sentons donc privilégiés d’être tout seuls là-haut, sur le toit des Pyrénées.

Le sommet de l’Aneto

Au total, nous aurons mis onze heures aller-retour pour cette ascension, qui restera gravée dans nos souvenirs de débutants comme une véritable expédition de haute montagne !

 


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ESCAPADE A NEW YORK


Je l’avoue, cela fait une bonne dizaine d’années que Marie essaie de me traîner dans cette ville mythique. Et comme ça ne m’a jamais tenté, j’ai chaque fois réussi à esquiver.

 


DESTINATION NEW YORK

Mais j’ai toujours su qu’un jour ou l’autre, il faudrait bien lui accorder ce plaisir. Et quand ce jour-là s’est présenté, quelle ne fût pas ma surprise de découvrir sur place qu’en fait, elle avait raison : même pour un amoureux de la nature comme moi, cette ville est fascinante.

Le One World Trade Center (au fond)

La première surprise qu’on rencontre à New York, c’est l’aspect sportif des visites : on marche facilement une vingtaine de kilomètres par jour, soit un bon semi-marathon. Qui l’eût cru ? Du coup, même si la ville est très bruyante y compris la nuit, on a tendance à très bien dormir…

Une surprise pouvant en cacher une autre, ce qui m’a frappé ensuite, c’est cette sensation de connaître déjà une bonne partie de la ville alors que je n’y avais jamais mis les pieds : de la Statue de la Liberté à Central Park, en passant par le pont de Brooklyn etc, tous ces endroits nous sont familiers tellement ils font partie de notre quotidien visuel à travers les médias, les séries télé…

 


LE SITE DU 11-SEPTEMBRE

Le premier site que nous avons traversé est un lieu chargé d’émotion : le quartier du World Trade Center. Une nouvelle tour a été érigée à proximité de l’emplacement des Twin Towers. Elle culmine à 541 mètres de haut, ce qui en fait la sixième plus haute tour du monde.

Le One World Trade Center

A quelques minutes de marche de là se trouve le site des attentats du 11-Septembre. Deux gigantesques trous de forme carrée sont situé à l’emplacement qu’occupaient les tours jumelles. Une fine pellicule d’eau coule sur les parois et le nom de chacune des 2753 victimes est gravé sur le rebord. L’ensemble est simple mais émouvant.

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MANHATTAN EN HÉLICO

On peut faire le survol de Manhattan en hélicoptère. Certes, ce n’est pas donné (à partir de 160 euros le vol de douze minutes !), mais la vue est imprenable. Pour moi, la question du budget ne se posait pas puisque c’était mon cadeau d’anniversaire. Un cadeau superbe que je ne suis pas près d’oublier.

 


TIMES SQUARE

Parmi les lieux les plus emblématiques de Manhattan, Times Square. Car il est à l’image de ce pays : de part et d’autre de l’avenue, les immeubles se parent d’immenses panneaux publicitaires lumineux, à la consommation électrique desquels il vaut mieux ne pas trop penser.

Il y a un contraste que j’ai trouvé frappant à New York : quand on arpente les rues de jour, on a toujours l’impression que la nuit est en train de tomber, tellement les gratte-ciels empêchent la lumière du jour de s’aventurer jusqu’au bitume. Mais à l’inverse, quand on se balade à Times Square la nuit, on se croit en plein jour tellement la lumière jaillissant des panneaux publicitaires est puissante. Pas de doute, nous sommes bien aux States.

 


CENTRAL PARK

Un autre site mythique de Manhattan est Central Park. Créé au milieu du 19e siècle, ce véritable poumon vert de la Grosse Pomme a su traverser les décennies avec succès.

NEW YORK (14)
Le cœur de New York : Central Park

Cette véritable frontière végétale est infranchissable pour les gratte-ciels, qui semblent frustrés de ne pas pouvoir proliférer plus loin. Pour une fois, c’est bien la nature qui impose sa loi au béton.

NEW YORK - Central Park

A deux pas de l’endroit où John Lennon fût assassiné figure un lieu de commémoration toujours fréquenté.

NEW YORK- Central Park

 


LA STATUE DE LA LIBERTÉ

Mais le site le plus connu de la ville, dont il est d’ailleurs le symbole à travers le monde, c’est bien sûr la Statue de la Liberté. Elle fût offerte par le peuple français au peuple américain en signe d’amitié, et inaugurée en 1886. On y accède en bateau, généralement bondé. Les visites dans la couronne étant extrêmement limitées, on peut se contenter de faire le tour de l’île en flânant aux pieds de la statue, sur laquelle on a une vue imprenable.

NEW YORK - Statue de la Liberté

 

Certes, elle n’a absolument rien d’extraordinaire, mais elle reste THE site emblématique de la ville.

NEW YORK - Statue de la Liberté

 


L’EMPIRE STATE BUILDING

Mais revenons-en aux tours. La plus connue est sans nul doute l’Empire State Building, du sommet de laquelle la vue sur Manhattan est assez impressionnante.

NEW YORK - Vue depuis l'Empire State Building
Vue depuis le sommet de l’Empire State Building
NEW YORK - L'Empire State Building vu depuis le Top of the Rock
L’Empire State Building vu depuis le Top of the Rock

 


BROOKLYN

Mais pour ma part, l’endroit que j’ai préféré à New York, c’est le quartier de Brooklyn, son pont bien sûr, et la vue panoramique sur la Skyline, avec en prime la Statue de la Liberté au loin.

NEW YORK (16)

De là, les gratte-ciels qu’on observe ne donnent aucune sensation d’oppression, ou du moins de manque d’espace. Car l’endroit et la vue sont totalement dégagés.

NEW YORK (28)
La Skyline depuis Brooklyn

NEW YORK

NEW YORK - Le pont de Brooklyn

NEW YORK - Le pont de Brooklyn

NEW YORK - Le pont de Brooklyn

 


LES MUSÉES

Les musées prestigieux sont une autre attraction très prisée de New York, avec le Metropolitan Museum of Art, Guggenheim ou encore le Moma, pour ne citer qu’eux.

New York - Le Moma

Par manque de temps, nous devons faire un choix entre le Met’, qui m’attire particulièrement, et le Moma, qui abrite paraît-il quantité d’œuvres modernes d’une valeur inestimable. L’artiste qui sommeille en moi étant totalement analphabète en art contemporain, je décide de découvrir ce fameux Moma. Conclusion : si comme moi vous n’avez aucune sensibilité pour l’art contemporain tout en ayant envie d’essayer de le comprendre et de l’apprécier malgré tout, alors n’hésitez surtout pas : optez plutôt pour le Met’ !

 


BALADE LOVE A GREENWICH VILLAGE

Sans transition, comment ne pas évoquer Greenwich Village ? C’est le lieu que visite la gent féminine du monde entier quand elle se rend à New York, car c’est dans ce quartier, plutôt agréable à dire vrai, que bon nombre de séries « love » ont été tournées. Certaines maisons sont des lieux cultes pour bon nombre de touristes féminines, qui se font photographier sur leur devanture. Par exemple, celle d’une certaine Carrie Bradshaw (???), devant laquelle j’ai dû immortaliser Marie…

NEW YORK - Greenwich Village
Greenwich Village

Pendant une (trop) petite semaine, nous avons visité les cinq quartiers de New York, mais nous avons passé l’essentiel de notre temps à Manhattan, où il y a quelque chose à voir à chaque coin de rue ou presque.

NEW YORK - La tour Chrysler
La tour Chrysler
NEW YORK - Grand Central
Grand Central, la plus grande gare du monde : 120 quais…

  • Résumé vidéo (2 mn)…

 


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