Situé dans le sud-ouest de la Crète, Paleóchora est un ancien petit village de pêcheurs. Au fil du temps, il s’est transformé en petite station balnéaire, mais en conservant son authenticité.
Aujourd’hui, c’est le lieu idéal pour faire une halte de quelques jours, car il permet à la fois de visiter des sites intéressants en ville et de profiter des nombreuses plages du coin. Mais il peut aussi servir de « camp de base » pour rayonner un peu partout dans l’ouest de l’île…
Les premiers touristes sont arrivés à Paleóchora il y a cinquante ans : il s’agissait de hippies qui avaient fait de la ville une étape sur la route de Katmandou. Depuis, le tourisme s’est beaucoup développé mais Paleóchora a su garder une dimension humaine.
Pour les touristes d’aujourd’hui, les deux principaux sites de la ville peuvent être visités l’un après l’autre puisqu’ils sont voisins : l’église et la forteresse…
L’église Evangelistra
Il est difficile de trouver des infos sur le web concernant cette jolie petite église et c’est étonnant, car elle mérite vraiment le détour. Elle est même incontournable quand on visite Paleóchora.
La première chose que l’on aperçoit, c’est son fameux clocher à trois niveaux, surplombant un grand portail.
Le clocher de l’église Evangelistra
Le clocher n’est pas attenant à l’église, dont la façade est ornée d’une jolie mosaïque dorée.
L’église Evangelistra
A l’extérieur, le clocher est donc atypique et l’église est différente de toutes celles que l’on a l’habitude de voir en Crète : rien que pour ça, elle mérite une visite. Mais c’est surtout lorsqu’on pénètre à l’intérieur de l’édifice qu’on est surpris.
L’intérieur de l’église
Murs, plafonds et colonnes sont en effet richement décorés par de nombreuses peintures, caractérisées par des couleurs vives et une grande finesse du trait.
Contrairement à bien d’autres églises crétoises, la prise de vues est autorisée à l’intérieur car aucun panneau ne l’interdit.
Le jour de ma visite, j’ai donc sorti ostensiblement mon appareil photo devant le pope qui passait à côté de moi, pour m’assurer que photographier ce joli site était bien autorisé. Il m’a laissé faire, j’ai donc pris quelques clichés, sans abuser.
Le tour de cette petite église et de son clocher se fait rapidement, c’est une raison de plus pour ne pas rater la visite.
La forteresse de Selino
Pour s’y rendre, il faut emprunter le petit chemin montant qui longe l’église Evangelistra. La montée est rapide, on arrive donc vite là-haut.
La forteresse Selino
La forteresse de Selino a été construite au 13e siècle par les Vénitiens pour défendre Paleóchora, à la fois contre les insurrections locales et contre les raids des pirates.
La forteresse de Selino domine Paleóchora
Au 14e siècle, la forteresse fut détruite au cours d’une révolte, puis reconstruite juste après.
Les meurtrières permettaient de guetter les pirates
Vue sur Paleochora
Un siècle plus tard, elle fut à nouveau détruite, par Barberousse en personne cette fois, puis encore reconstruite. C’est cette reconstruction-là qui est en ruine aujourd’hui, et qu’on visite.
Des deux côtés de la forteresse, on a vue sur mer.
Vue sur la baie à l’est…
… et vue sur la baie à l’ouest.
D’un point de vue pratique, visiter les ruines de la forteresse en fin d’après-midi permet à la fois d’éviter les fortes chaleur de la journée, surtout l’été, et d’observer le site sous une lumière dorée.
Les activités
La randonnée
Il existe plusieurs possibilités de randonner autour de Paleóchora, on peut se renseigner auprès de l’office du tourisme.
Mais la rando la plus réputée du coin, c’est celle qui relie Paleóchora au village de Sougia.
Elle fait partie du fameux sentier de randonnée européen E4, le plus long du continent (plus de 10.000 kilomètres), qui traverse entre autres la Crète d’ouest en est.
Le sentier est bien balisé, il est entretenu et on ne peut donc pas vraiment se tromper.
Une balise du sentier E4, à Sougia
Distance : 14 km – Durée : 5 à 6 heures – Niveau : aucune difficulté
Pour le retour, il suffit de prendre le bateau de Sougia à Paleóchora.
Les restaurants
Difficile de parler de Paleóchora sans évoquer les innombrables restaurants dont elle est dotée ! Il y en a plusieurs dizaines en tout, ce qui est énorme pour un si petit village. Du coup, tant mieux pour nos papilles…
L’essentiel des restos est concentré dans deux endroits : sur le front de mer…
… et tout le long de la petite rue qui mène à l’église Evangelistra.
La plupart des restaurants servent les spécialités gastronomiques grecques et crétoises, et les tarifs pratiqués sont généralement bon marché.
La côte en kayak
Il existe la possibilité de découvrir les beautés du joli littoral en kayak : la côte en kayak.
Le départ se fait depuis Paleóchora.
Les traversées
Le ferry est un moyen beaucoup plus rapide que la voiture pour se déplacer vers les autres villes de la côte sud car, les routes étant très sinueuses, les trajets en voiture prennent du temps.
La seule compagnie opérant ces liaisons est Anendyk.
Les villes desservies sont Hora Sfakion, Loutro, Agia Roumeli et Sougia, ainsi que la petite île de Gavdos.
On peut soit acheter les billets sur place, soit réserver en ligne (Anendyk).
Le ferry transporte les voitures.
Attention, certains trajets peuvent être complets, notamment en haute saison.
Les plages
Située sur une presqu’île, Paleóchora est enserrée entre deux jolies baies, chacune bordée par une plage. Sur une poignée de kilomètres le long du littoral, à l’est comme à l’ouest, on trouve une succession d’autres plages, ainsi que des criques isolées qui plongent dans les eaux cristallines : on n’a donc que l’embarras du choix. En voici quelques-unes…
La plage de Chalikia
Située à la sortie de la ville en direction de l’est, la plage de Chalikia est essentiellement constituée de galets.
La plage de Chalikia
Il s’agit d’une plage dont une petite partie est aménagée, c’est-à-dire dotée de transats et de parasols, où l’on peut prendre un verre.
Au fond, Paleóchora
Il suffit de marcher un peu pour s’éloigner de la zone des transats et des parasols. On se retrouve alors à peu près seul, avec la possibilité de poser sa serviette à l’ombre des arbres qui bordent la plage.
Ici, la baie est en général un peu plus abritée du vent que la plage de Pachia Ammos (située de l’autre côté de la ville, voir ci-dessous).
Ce sont notamment les eaux cristallines qui ont fait la réputation de Chalikia.
Malgré ces eaux translucides et comme souvent en Crète, le snorkeling ne vaut pas le coup ici car il y a peu de poissons.
A une vingtaine de mètres à peine de la plage se trouve un bar-restaurant.
D’un point de vue pratique, il y a suffisamment de place pour garer la voiture le long de la plage.
Enfin, il est nécessaire d’avoir des chaussures de rochers.
La plage de Pachia Ammos
Il ne faut pas la confondre avec la plage du même nom qui est située, elle, à l’autre bout de la Crète, tout à l’est. Ici, Pachia Ammos est la grande plage située à la sortie ouest de Paleóchora.
C’est même la plage principale de la ville, on la rejoint en moins de cinq minutes à pied depuis le centre.
Elle présente de multiples avantages :
Plage de sable fin, et non pas de galets
Eau peu profonde, plage surveillée
Transats et parasols, ainsi que douches
Plage bordée de nombreux cafés, restaurants, tavernes et bars, ouverts du matin au soir
Activités nautiques
Plage située face au coucher du soleil
La plage de Pachia Ammos
Enfin, elle est assez vaste, ce qui laisse beaucoup de place à tous ceux qui ne souhaitent pas prendre de transat.
La plage Paralia Psilos Volakas
Il s’agit d’une toute petite plage aménagée située à un kilomètre de Paleóchora, en direction de l’ouest. Outre les parasols et les transats, une petite paillotte propose de quoi boire et manger à des prix corrects.
La plage Paralia Psilos Volakas
Si vos enfants ou vous-même aimez les plongeons, rendez-vous sur le côté gauche de la plage, où la côte rocheuse offre des plongeoirs naturels dans l’eau translucide (de un à huit mètres environ).
La plage Paralia Karavopetra
Trois kilomètres à l’ouest de Paleóchora se trouve encore une plage agréable : Paralia Karavopetra.
La plage de Paralia Karavopetra
Cette plage est connue pour les gros rochers qui sont posés dessus, au bord de l’eau turquoise.
Contrairement aux plages présentées ci-dessus, celle-ci n’est pas aménagée. Il n’y a donc aucune commodité : ni transats, ni parasols, ni douches, ni restaurants…
Et c’est justement ce qui fait son charme : elle est plus sauvage, moins fréquentée, mais l’eau est tout aussi cristalline ici.
Le littoral est une succession de petites plages, généralement peu fréquentées voire carrément désertes, même en plein mois d’août. Il suffit donc de marcher à peine quelques minutes pour se dégoter un coin tranquille.
Paralia Karavopetra
Quelques rochers ainsi qu’une ou deux toutes petites grottes assurent un peu d’ombre mais il y en a assez peu, et la place est parfois prise par les autres estivants. Par forte chaleur, notamment l’été où ça tape vraiment fort, il vaut donc mieux prévoir parasol ou casquette, et beaucoup d’eau…
Rayonner autour de Paleóchora
Il y a ceux qui privilégient le voyage en itinérance en faisant une nouvelle étape quotidiennement, et ceux qui préfèrent se poser quelques jours dans un seul et même endroit, depuis lequel ils peuvent rayonner tout autour pour visiter.
La ville la plus fréquentée pour rayonner dans l’ouest de l’île, c’est La Canée (ou Chania). Mais Paleóchora peut également constituer un excellent « camp de base » pour visiter cette partie occidentale de la Crète.
La Canée
Paleóchora
Nous avons visité les deux et bien sûr, les deux valent le coup ! Simplement, La Canée est plutôt destinée à ceux qui recherchent une grande ville animée (108.000 habitants, banlieue comprise), alors que Paleóchora est un village qui a su garder une dimension humaine (2.500 habitants…), bien qu’étant animé le soir quand même, avec tous ses bars et restaurants.
En voiture, il y a pas mal de sites à visiter autour de Paleóchora, en voici quelques-uns.
La plage de Falassarna
Elle est située à 58 kilomètres de Paleóchora (1h20 en voiture).
La plage de Falassarna
Il s’agit en fait d’une succession de plages de sable fin, de petites criques et, par endroits, de dunes.
Les petites criques de Falassarna
Le tout s’étend sur trois kilomètres. Chacun a donc de quoi y trouver son compte.
Les dunes de Falassarna
La plage principale est aménagée : transats, parasols, snacks, et possibilité de pratiquer les sports nautiques ainsi que la plongée sous-marine.
Mais la plage est si longue qu’une partie seulement est aménagée, ce qui laisse toute la place qu’il faut à ceux qui ne louent pas de transat.
Et pour ceux qui veulent se retrouver seuls, il suffit de quelques minutes de marche pour découvrir très vite des petites plages et des petites criques désertes.
La plage étant orientée à l’ouest, il arrive que le vent souffle. C’est donc également un spot apprécié des véliplanchistes, kitesurfers etc.
Kitesurf à Falassarna
Enfin, les couleurs de l’eau sont si belles que les visiteurs passent une bonne partie de leur temps à y faire des selfies.
Deux instagrammeuses reviennent d’un shooting photo
Le littoral a été particulièrement préservé ici puisqu’il n’y a aucun hébergement sur la plage. Ils sont situés un peu en arrière et ne dénaturent donc pas le paysage.
Au bout de la plage, à l’extrémité nord, un petit chemin (20 minutes de marche ou 5 minutes de voiture) permet de rejoindre les ruines du village antique de Falassarna.
Enfin, d’un point de vue pratique, on trouve des parkings un peu partout le long des trois kilomètres de plage.
La plage d’Elafonissi
Elafonissi a la réputation d’être l’une des deux plus belles plages de Crète (avec Balos Beach, située plus au nord).
Elle est située à 47 kilomètres de Paleóchora par la route, mais à 14 kilomètres seulement à vol d’oiseau ! En effet, il n’y a pas de route le long du littoral et pour s’y rendre, il faut donc faire un détour en s’enfonçant dans les terres.
Une fois sur place, la plage est plutôt décevante car, malgré son joli lagon, elle n’a rien d’exceptionnel.
Le lagon d’Elafonissi
Il faut traverser ce lagon à gué pour rejoindre la petite île qui, elle, est beaucoup plus jolie et nature que la plage. Et paradoxalement, moins fréquentée !
Les dunes sauvages d’Elafonisi
Cette île est une succession de plages, de dunes et de criques peu fréquentées.
Le sable est réputé être rose à Elafonissi, mais ce n’est vrai qu’à de rares endroits. De plus, quand il y en a, c’est du sable rose pâle et non pas rose vif, contrairement à ce que l’on voit sur les photos hyper-retouchées du web, mais qui ne reflètent en rien la réalité.
Il y est notamment question de savoir si cette plage mérite sa réputation ou pas. Selon nous, pas vraiment…
La plage de Kedrodasos
Elle est située à 48 kilomètres de Paleóchora, et juste à côté d’Elafonissi.
Elle est beaucoup moins connue que son illustre voisine mais du coup, elle est également beaucoup moins fréquentée, et c’est tant mieux !
Kedrodasos
On y accède après une courte marche (10 minutes). A la sortie d’une agréable zone de genévriers, on débouche sur la plage.
L’arrivée sous les genévriers
Contrairement à Elafonissi, la plage est sauvage et elle n’est pas bondée l’été.
Baignade à Kedrodasos en plein mois d’août
Kedrodasos n’est pas une plage aménagée : il n’y a ni transat, ni parasol, ni snack etc. Bref, quand on y va, il faut tout prévoir : parasol ou casquette, crème solaire, de quoi manger et surtout beaucoup d’eau notamment l’été, la chaleur pouvant être écrasante, comme partout en Crète.
Un conseil : allez-y vite avant qu’elle ne devienne trop connue, et qu’elle ne soit à son tour prise d’assaut, comme Elafonissi…
Le petit village d’Agia Roumeli
Agia Roumeli est située à une heure de bateau de Paleóchora. On ne peut pas y aller en voiture.
C’est le point d’arrivée de la fameuse randonnée des gorges de Samaria. Les randonneurs qui y arrivent n’y restent pas et repartent sitôt leur rando terminée. Et c’est dommage car ce village mérite une petite visite à part entière.
Le tout petit village d’Agia Roumeli
Ponts vénitiens, ruines d’une forteresse ottomane, églises byzantines, chapelle troglodyte… Les curiosités ne manquent pas autour de ce charmant petit village.
La chapelle troglodyte Agios Antonios (Saint-Antoine)
La forteresse ottomane
Et comme partout sur le littoral crétois, il y des plages à Agia Roumeli. A la sortie du village, la jolie plage de Mashali est d’origine volcanique.
La plage de Mashali en plein mois d’août
Les infos sur Agia Roumeli sont rarissimes sur le web, nous avons donc consacré à ce joli petit village tranquille un article détaillé : Agia Roumeli et les gorges de Samaria.
Si la Crète regorge de jolies plages, la plupart d’entre elles sont prises d’assaut par les touristes, notamment l’été.
Ce n’est pas le cas de celle de Kedrodasos, qui est pourtant l’une des plus jolies et des plus sauvages de l’île.
C’est peut-être bien l’un des derniers sites hors des sentiers battus en Crète, c’est pourquoi il faut vite y aller et profiter de sa beauté avant qu’elle ne devienne à son tour à la mode. Ce qui ne saurait tarder…
Kedrodasos
Après avoir garé la voiture sur le parking (ou y être arrivé/e en bus), on arrive à cette plage au prix d’une petite marche d’une dizaine de minutes, sur un chemin rocailleux légèrement descendant et sans difficulté particulière.
Puis on traverse une agréable zone de genévriers qui bordent la plage. Ces vieux arbres aux formes parfois tourmentées ont une croissance lente, quelques centimètres par an seulement : vu leur taille actuelle, on imagine leur âge vénérable…
L’arrivée sous les genévriers
Ces vieux arbres ont le mérite d’offrir de l’ombre aux estivants.
On se baigne dans des eaux translucides couleur turquoise, dans une zone qui alterne sable et rochers.
Les eaux de Kedrodasos
En réalité, Kedrodasos est une succession de plages et de criques. La plage principale, qui est la plus longue, est un peu plus fréquentée que ses petites voisines. Mais même en haute saison, ce n’est pas la grande foule.
La plage principale de Kedrodasos en plein mois d’août n’est pas sur-fréquentée
Il n’en reste pas moins que si vous voulez vous prélasser dans une zone plus sauvage et plus isolée, il vous suffit de marcher quelques minutes le long du littoral pour trouver votre bonheur.
Kedrodasos est située à deux kilomètres à peine d’Elafonissi, sa célèbre voisine. Un petit sentier côtier de randonnée relie d’ailleurs les deux, et permet d’admirer une succession de petites criques.
Baignade à Kedrodasos
Malgré cette proximité géographique, tout les oppose : Elafonissi est connue, bondée, animée, instagrammable, aménagée et finalement surfaite. Alors que Kedrodasos est méconnue, peu fréquentée et même déserte par endroits, calme, pas tendance, pas aménagée et sous-côtée. Du moins pour l’instant…
L’une des criques désertes de Kedrodasos
Ici, il n’y a donc ni bar, ni snack, ni transats. La plage est restée vierge et sauvage, et c’est ce qui fait son charme.
Bon à savoir
Il y a du sable à Kedrodasos mais les endroits les plus jolis étant des criques, il est plus confortable de s'y rendre avec des chaussures de rochers...
C’est ce côté nature et authentique qui attire les visiteurs. On y croise quelques campeurs, dont des naturistes. Les tentes sont posées sous les arbres, face à la mer. Le camping est pourtant interdit afin de protéger le site, notamment les genévriers séculaires, qui peuvent être fragiles.
Camping sauvage à Kedrodasos
La plage n’étant pas aménagée, il est important que chacun ramène ses déchets, ce qui semble être le cas car la plage est propre.
Genévriers à Kedrodasos
Si vous passez dans les parages, ce sera certainement pour faire comme tout le monde : découvrir Elafonissi. Mais si vous avez un peu de temps, ne ratez pas sa voisine Kedrodasos : vous ne le regretterez pas…
Kedrodasos
Bon à savoir
Comme il n'y a pas de snack à Kedrodasos, il y a deux possibilités pour se restaurer :
- apporter de quoi manger et boire (prévoir beaucoup d'eau en été car il peut faire extrêmement chaud) ;
- aller manger au petit resto situé à quelques minutes de voiture : le restaurant Glykeria. Le personnel est extrêmement accueillant, les plats sont délicieux, et la terrasse est très agréable avec sa vue sur la mer.
Difficile de résumer l’île de Tenerife (Canaries) en quelques mots. Des petits villages perchés, des plages sauvages, des volcans partout, des villes coloniales multicolores, mais aussi une météo agréable toute l’année et une gastronomie délicieuse ! Que demander de plus ?…
Sans compter que cette destination pas très chère est accessible depuis l’Europe en trois ou quatre heures à peine.
Bref, Tenerife a tout du bon plan. Voici un exemple de tout ce que l’on peut découvrir en quelques jours seulement sur cette île dépaysante…
Sur de nombreux sites et blogs, il est présenté comme le plus beau village de Tenerife. C’est donc pour nous faire notre propre idée que nous nous y sommes rendus.
Le village se divise en deux parties séparées de quelques centaines de mètres. Posée au pied d’un pain de sucre emblématique, la partie basse est la plus touristique. Et c’est dans la partie haute, plus calme car sensiblement moins fréquentée, que vivent la plupart des habitants.
Le village du haut vu depuis le village du bas
Très isolé, Masca est resté accessible uniquement à pied et à dos d’âne pendant très longtemps. Puis une route a fini par être construite, et l’électricité est arrivée. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore, accéder à ce petit village se mérite.
Car la route est à la fois très sinueuse et étroite, à tel point qu’il faut régulièrement s’arrêter sur le bord pour pouvoir laisser passer les voitures d’en face. Par contre, le bitume est en excellent état.
Masca (en bas à gauche) et la route pour y accéder
Que faire à Masca ?
Visiter le village du bas
Le principal attrait de Masca réside dans la vue d’ensemble des quelques maisons posées aux pieds du rocher de Catana, un pain de sucre photogénique, avec vue sur la mer au loin.
Situées sur une arête rocheuse et encadrées par deux précipices, ces habitations traditionnelles ont été construites sur les quelques rares mètres carrés du coin qui sont plus ou moins horizontaux !
Masca : le village du bas
La place du village est dotée à la fois d’une jolie petite église, d’un vieil arbre impressionnant, d’une vue imprenable sur le village et d’un bar restaurant.
L’ermitage de l’Immaculée Conception
L’église fut construite au XVIIIe siècle avec des pierres volcaniques et du bois de thé.
Le fameux laurier indien de la place de Masca
Visiter le village du haut
Il est construit à flanc de colline, ce qui signifie que lorsqu’on s’y promène, soit on monte, soit on descend mais une chose est sûre : on ne marche jamais à l’horizontale !
Le village du bas (à droite) vu depuis celui du haut
Il n’y a pas une foule de choses à faire là-haut (néanmoins, il ne faut surtout pas rater le restaurant Casa Riquelme et sa terrasse divine, voir les infos pratiques ci-dessous). Mais la balade est agréable dans de jolies petites ruelles fleuries, coincées entre la mer, la montagne et le ravin.
Une habitation au bord du précipiceLa montagne qui surplombe Masca
Faire la randonnée du Barranco de Masca
Barranco signifie ravin. La rando du Barranco de Masca, c’est la randonnée qui relie Masca à la plage et à la mer en passant par les gorges, à travers le réputé parc rural de Teno.
On arrive à l’océan sur une jolie plage de sable noir, la Playa de Masca.
Le musée ethnographique
Masca a beau n’être qu’un petit hameau, il est quand même doté d’un musée ethnographique : il raconte l’histoire des habitants de Masca, depuis ses premiers occupants aborigènes.
Outre son musée ethnographique, Masca compte quelques commerces et services : une poignée d’hébergements, une dizaines de bars-restaurants, un centre de la nature et une boutique de souvenirs. Rien de plus, mais c’est déjà pas mal pour un si petit village.
La randonnée du Barranco de Masca
L’accès à ce sentier de randonnée est rigoureusement réglementé pour des raisons de sécurité, car une fois qu’on est au fond du ravin, il suffit d’un changement brusque de météo (ce qui arrive fréquemment par ici), par exemple une crue subite de la rivière, pour que les randonneurs se retrouvent coincés et exposés à des dangers potentiels.
Cela s’est déjà produit par le passé, c’est pour cette raison qu’il faut désormais réserver sa randonnée à l’avance, via le site officiel Camino Barranco de Masca.
L’itinéraire va de Masca à une plage de sable volcanique noir.
Distance : 10 km aller - retour
Durée : 3 bonnes heures à l'aller (en descente), 4 bonnes heures au retour (en montée).
Dénivelé : 800 m+ et 800 m- environ
Niveau de difficulté : élevé
Prix (écotaxe) : 28 euros par adulte, 14 euros par mineur
Les départs se font exclusivement le matin, pour que tout le monde ait le temps de rentrer dans la journée, y compris les marcheurs lents : on part avant 11h00 l’été, et avant 10h30 l’hiver.
Enfin, il y a le centre de la nature de Masca. C’est une sorte d’office du tourisme spécialisé sur ce sentier de randonnée du Barranco de Masca. Il est situé juste en-dessous de la place de Masca.
Il y a une dizaine de restaurants à Masca, tous ouverts en haute saison. Lors de notre venue, ils étaient quasiment tous fermés alors que nous n’étions pourtant que fin septembre. Prévoyez donc de quoi manger si vous venez hors saison, surtout le dimanche, qui est souvent le jour de fermeture hebdomadaire.
Et justement, le dimanche de notre arrivée, aucun resto n’était ouvert. On nous avait conseillé d’aller quand même jeter un œil chez Riquelme, dans la partie haute du village, la moins touristique.
La trouvaille : le resto Casa Riquelme
A peine arrivés devant (il est 17h00), un type qui passe par là nous demande ce que nous voulons. Nous répondons que nous aurions bien aimé y manger le soir. Ce type, il s’avère que c’est Riquelme.
Il nous propose gentiment de revenir vers 20h00-20h30. Bien que son resto soit fermé, il nous promet qu’il l’ouvrira rien que pour nous !
Par contre, il nous prévient que ce sera menu unique : assiette charcuterie – fromage, puis poulet en sauce avec pommes de terre à la canarienne, et pas de dessert : il n’en a plus !
Chez Riquelme, le repas pris en terrasse
Ce menu nous convient à merveille mais nous sommes un peu gênés que Riquelme n’ouvre son resto que pour nous. Il nous certifie que ça ne lui pose aucun problème et que nous sommes les bienvenus. Nous acceptons, ravis.
Lorsque nous revenons le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que le resto comporte une jolie petite terrasse que nous n’avions pas vue trois heures plus tôt.
Casa Riquelme : la terrasse face à la mer
Elle n’est pas très grande car construite à flanc de colline mais le peu de place qu’il y a sur cette pente a été parfaitement optimisé. D’un côté, la terrasse domine la mer et de l’autre, elle est surplombée par la montagne.
Au milieu des cactus et des bougainvillées, le cadre est simple mais enchanteur.
Vue sur la mer…
… et vue sur la montagne
Nous regardons tranquillement le soleil se coucher en sirotant une ou deux bières, alors que nous sommes absolument seuls dans ce bout-du-monde sublime. Un privilège.
Nous ne pouvons que recommander ce petit resto : le repas, bon et pas cher, est fait maison. Et Riquelme, qui est un personnage haut en couleur, réserve un excellent accueil à ses visiteurs.
La vue depuis la terrasse
Si la terrasse a des airs de petit paradis, l’intérieur du resto semble lui aussi plutôt agréable.
Si vous souhaitez manger vous aussi chez Riquelme, ne perdez pas de temps à chercher ce restaurant dans la partie basse du village, celle qui est touristique : il est situé dans la partie haute, à une dizaine de minutes de marche (attention, ça monte quand même un peu pour y aller mais la bonne nouvelle, c’est qu’au retour avec le ventre plein, ça descend !)
Où dormir ?
Il y a quelques hébergements à Masca, mais la plupart des visiteurs n’y dorment pas : le village n’est pour eux qu’un lieu de passage obligé et ils n’y restent en général qu’une heure ou deux, puis repartent.
Si toutefois vous y faites étape, comme nous, alors le plus simple pour trouver de quoi dormir à Masca, notamment en haute saison, consiste à réserver à l’avance via les plateformes habituelles : Booking (Masca), par exemple, propose six hébergements.
Nous en avons dégoté un qui cochait toutes les bonnes cases : Casa Berna.
Casa Berna : la terrasse et le jardinet
Il est idéalement placé (à 100 mètres du rocher de Catana, le fameux pain de sucre), avec un petit jardinet fleuri très agréable et une jolie vue sur les montagnes alentours. D’un point de vue pratique, on peut garer la voiture juste devant (la place est réservée).
Casa Berna et sa terrasse
Deux chambres, cuisine équipée, terrasse, jardinet, parking, wi-fi, emplacement idéal, vue sur les montagnes…
Le prix : 95 euros la nuit pour quatre personnes.
Où se garer à Masca ?
Les voitures se garent toutes sur le parking situé sur le bord de la route qui mène à Masca. On ne peut pas le rater.
Quand on vient du sud, il y a un premier parking, tout petit (quelques voitures) au niveau du village du haut. 300 ou 400 mètres plus bas, il y en a un second, pas immense mais beaucoup plus grand quand même, qui surplombe le village du bas.
Attention, ils affichent vite complet tous les deux, notamment l’été.
On peut très bien se garer à un parking et aller à l’autre à pied, cela ne prend que quelques minutes de marche.
C’est au niveau du second parking qu’il y a un belvédère avec un superbe point de vue sur le village : tous les visiteurs s’y arrêtent pour prendre leurs photos.
Juste en-dessous du belvédère
C’est de là également que part le petit chemin qui descend dans le hameau, jusqu’au pain de sucre. Le dénivelé est assez fort, sur un chemin en partie pavé, et le retour montant peut s’avérer un peu fatigant pour les personnes en mauvaise condition physique. Toutefois, ce chemin n’est pas très long (+/- 300 mètres environ).
Si vous avez réservé un hébergement en bas (comme Casa Berna par exemple), vous pouvez y descendre en voiture mais attention, le chemin est si étroit qu’on a du mal à y croiser… les piétons ! Or, ils sont justement nombreux à arpenter ce chemin dans les deux sens. C’est un peu galère mais ça se fait quand même.
L’ascension du volcan Teide et les randonnées dans la caldeira
Culminant à 3718 mètres d’altitude, le volcan Teide (qui se prononce Té-i-dé) est non seulement le plus haut sommet des îles Canaries, mais aussi celui de l’Espagne et de tout l’Océan Atlantique. Pourtant, il est loin de figurer parmi les plus hauts volcans du monde. Du moins si l’on mesure leur hauteur par rapport au niveau de la mer.
Car si l’on prend en compte leur hauteur totale, c’est-à-dire depuis leur base située au fond des océans, le Teide devient alors… le troisième volcan le plus haut du monde ! Seuls deux volcans hawaïens le précèdent.
Le volcan Teide domine l’île de Tenerife
Depuis le plancher océanique, la hauteur réelle du Teide dépasse ainsi les 7000 mètres, ce qui en fait une montagne située à mi-chemin entre… le Mont Blanc et l’Everest !
On peut faire l’ascension de cette impressionnante montagne volcanique à pied mais aussi en téléphérique. Depuis le sommet, on peut assister à des levers et couchers du soleil majestueux.
Le coucher du soleil depuis le Teide
Mais il y a également de nombreuses randonnées à faire dans les paysages lunaires de la caldeira : soit au milieu des nombreux volcans qu’elle contient, soit à travers une végétation étonnante, ou encore sur des chemins qui descendent tranquillement jusqu’à l’océan…
Bref, c’est tout le parc national du Teide qui est une pure merveille : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est d’ailleurs le parc le plus visité d’Europe.
La caldeira du Teide
Une route unique traverse entièrement le parc national du Teide et mène jusqu’au volcan.
L’unique route qui traverse entièrement le parc
Mais elle permet aussi d’observer des panoramas exceptionnels tout au long du chemin. Notamment, il y a des cratères partout, souvent drappés de nuages.
Si vous y allez entre fin mai et début juillet, vous aurez la chance de pouvoir observer l’une des stars des lieux, la vipérine de Tenerife, en pleine floraison.
Une vipérine de Tenerife fanée (en septembre)
C’est à cette époque de l’année que cette magnifique plante herbacée, endémique de l’île et qui peut atteindre les deux à trois mètres de haut, se pare de centaines de petites fleurs couleur rouge corail.
En poursuivant la route vers le Teide, il y a le passage obligé aux Roques de Garcia. Il s’agit de formations rocheuses aux formes tourmentées, derrière lesquelles on aperçoit le volcan, au loin.
Le plus connu de ces rochers, le Roque Cinchado, semble tenir miraculeusement en équilibre au milieu d’un décor de western.
Le Roque Cinchado
Un peu plus loin, c’est la dernière ligne droite vers le maître des lieux : le Teide.
L’ascension du Teide
Le volcan Teide étant un site naturel d’exception, il est victime de son succès. Aussi, pour le préserver du tourisme de masse, les autorités ont instauré l’obligation d’obtenir un permis pour en faire l’ascension.
Le but est forcément noble mais l’inconvénient, c’est que ce permis est assez long obtenir : il faut compter deux à trois mois minimum, et parfois un ou deux mois de plus, notamment en haute saison.
C’est ce qui dissuade bon nombre de touristes de tenter l’expérience car, ne connaissant pas l’existence de ce permis obligatoire, ils en font souvent la demande trop tard par rapport aux dates de leur voyage, alors qu’ils ont déjà réservé l’avion.
Si c’est votre cas, il vous reste quand même trois options pour vous rendre au sommet du géant : faire l’ascension soit de nuit (pour laquelle l’autorisation n’est pas nécessaire), soit en téléphérique, soit avec un tour-opérateur et ses guides officiels.
Coucher de soleil depuis le sommet du Teide
Généralités sur le permis d’ascension
Tout d’abord, il faut savoir que ce permis est gratuit, mais que seuls 200 permis sont délivrés chaque jour (guides officiels compris).
Attention : il est nominatif, ce qui signifie que vous êtes la seule personne à pouvoir en bénéficier. Les contrôles existent réellement (notamment à l’entrée du sentier Telesforo Bravo, c’est-à-dire entre l’arrivée du téléphérique et le sommet du Teide), et il vous faudra présenter à la fois votre permis d’ascension et votre pièce d’identité).
Enfin, il faut savoir que ce permis ne concerne pas toute l’ascension du Teide, mais seulement sa partie finale, qui commence à la Rambleta, c’est-à-dire la partie supérieure du téléphérique, située à 3555 mètres d’altitude, et va jusqu’au sommet. En-dessous, pas besoin de permis.
Voilà pour les généralités.
En résumé, pour obtenir son permis, la règle est simple : il faut préparer son voyage longtemps à l’avance.
La caldeira vue depuis le Teide
L’ascension du Teide avec permis d’ascension obligatoire
Le permis est obligatoire pour grimper au sommet en journée, de 9h00 à 17h00. Avant 9h00 et après 17h00, plus besoin de permis.
La date ainsi que le créneau horaire sont choisis au moment ou l’on fait la demande de permis. Ce qui signifie qu’il y a zéro flexibilité, et qu’il faut espérer qu’il fera beau ce jour-là : c’est le principal inconvénient.
La demande de permis doit être effectuée via le site officiel de réservation des parcs nationaux espagnols : reservasparquesnacionales.es (soyez patients, la connexion est parfois incroyablement longue).
L’ombre du Teide sur la caldeira
L’ascension du Teide sans permis… c’est permis !
Malgré toutes ces contraintes, il est quand même autorisé de grimper sans permis en haut du Teide, avant 9h00 et après 17h00. Ce qui laisse plusieurs options.
Faire l’ascension de nuit
Pour cette option, la règle est d’être au sommet avant 9h00. Il ne faut donc pas hésiter à planifier un départ vers 2h00 du matin.
Le principal avantage, c’est qu’on peut choisir la date de l’ascension un jour où les prévisions météo sont bonnes. Alors qu’avec le permis réservé plusieurs mois à l’avance, on n’a aucune certitude de ce côté-là.
Pour cette ascension de nuit, le départ se fait au parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude).
Du parking de la Montaña Blanca au sommet du Teide
Distance : 8,3 km (16,6 km A/R si vous ne descendez pas en téléphérique) Dénivelé positif : 1368 m Durée : 4 à 6 heures d'ascension en moyenne, voire plus en prenant son temps...
Il ne faut pas négliger le mal des montagnes, qui peut rendre l’ascension pénible et la faire durer beaucoup plus longtemps que prévu. D’où l’importance de prévoir une petite marge afin d’être sûrs d’arriver là-haut avant 9h00…
Faire l’ascension avec une halte d’une nuit au refuge Altavista
L’itinéraire est exactement le même que pour l’ascension de nuit, mais on monte sur deux jours au lieu d’un, en passant la nuit au refuge. On fait donc la première étape, qui va du parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude) au refuge (3260 mètres d’altitude) le premier jour sachant que pour cette étape, le permis n’est pas nécessaire. Puis on fait l’ascension finale tôt le lendemain matin (n’oublions pas que sans permis, il faut être au sommet avant 9h00), après la nuit passée au refuge.
Du coup, pour ceux qui sont sensibles au mal des montagnes, cette option peut être une solution intéressante : elle permet en effet de s’acclimater une nuit entière à 3260 mètres, au lieu d’enchaîner non stop jusqu’au sommet (3718 m).
Du refuge Altavista au sommet du Teide
Distance : 3 km Dénivelé positif : 500 m environ Durée : 1 à 2 heures en moyenne
Attention : le refuge est toujours complet, il faut donc le réserver des semaines à l’avance, et parfois bien plus… Ce qui pose finalement le même problème que pour l’obtention du permis d’ascension, avec d’une part l’obligation de s’organiser longtemps avant le voyage, et d’autre part celle de choisir une date fixe…
Choisir l’ascension clé-en-main, avec un guide officiel
En choisissant cette option, vous n’avez aucune formalité à accomplir pour obtenir le permis, c’est le tour-opérateur qui s’en charge lui-même ! Ainsi, le principal avantage est la très forte diminution du délai pour obtenir le permis : il passe de plusieurs mois si vous faites les formalités vous-même, à quelques jours seulement avec cette option clé-en-main ! Et en plus, vous ne vous occupez de rien…
Avec cette option, en haute saison, on peut en principe réserver seulement 8 à 10 jours à l’avance (faites-le quand même un peu plus tôt si vous pouvez, histoire d’être sûrs d’avoir une place). En basse saison, il arrive même que le délai descende à 2 ou 3 jours !
Pour cette formule d’ascension, la durée annoncée est d’environ 6h00, et le prix de 135 euros par personne.
A peu près tout est inclus : le permis donc, mais aussi l’aller-retour en téléphérique, le guide (en espagnol ou en anglais, mais pas en français)… Il vous reste juste à prévoir de quoi manger et boire.
Faire l’ascension en téléphérique
Attention : avec cette option, on n’atteint pas tout à fait le sommet du Teide car on s’arrête à la Rambleta (la station du haut du téléphérique) située à 3555 mètres d’altitude. C’est-à-dire juste en-dessous du sommet du géant (3718 m).
Tarifs et horaires
Tarifs de l’aller-retour en téléphérique en journée, de 9h00 à 18h00 (l’horaire varie légèrement en fonction de la saison) :
41 euros par adulte
20,50 euros par enfant (moins de 13 ans)
L’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins 3 ans, aux femmes enceintes ni aux personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.
L’accès aux personnes handicapées serait à l’étude mais n’existe pas à l’heure actuelle.
La station du bas du téléphérique (2556 m)
A noter qu’il ne faut que 8 minutes au téléphérique pour effectuer le trajet.
Même si on n’est pas tout à fait au sommet du volcan, il faut bien avouer que le panorama est exceptionnel là aussi, surtout si l’on choisit l’option du téléphérique au coucher du soleil. Il faut alors réserver quelques jours à l’avance, et c’est l’option que nous avons choisie.
La vue sur la caldeira depuis la Rambleta (la station du haut du téléphérique, à 3555 m)
Le prix n’est pas donné (70 euros par adulte, 49.50 euros par enfant de 8 à 13 ans) mais le spectacle en vaut tellement la peine…
Il faut noter que l’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins de 8 ans.
Attention : des vêtements longs (pantalon, veste etc.) sont obligatoires pour l’option téléphérique au coucher du soleil. Si vous avez un short ou un T-shirt, vous ne passerez pas, les agents sont intransigeants sur ce point.
Il se peut en effet qu’il fasse extrêmement froid là-haut, 0°C voire parfois moins, c’est pourquoi cette règle de sécurité est incontournable : ceux qui ne la respectent pas sont refoulés et non remboursés, y compris lorsque la température là-haut est de 10 ou 15°C.
Un cratère, en contrebas
Le seul inconvénient de cette formule, c’est qu’elle est très encadrée. Il y a 90 personnes réparties en trois groupes d’une trentaine de personnes chacun, avec un guide par groupe.
On va au rythme du guide et, pour des raisons écologiques, on n’est pas autorisé à sortir du chemin, l’écosystème tout autour étant fragile. Mais heureusement, le spectacle vaut le coup quand même.
Il existe de nombreuses façons de découvrir les beautés du parc national du Teide, puisqu’il comporte pas moins de 41 itinéraires balisés de randonnées !
Un excellent site décrit dans le détail un grand nombre de ces randonnées : webtenerife.
Distance, dénivelé, altitude, niveau de difficulté, descriptif de l’itinéraire, vidéos, tout y est ! N’hésitez pas à vous y référer pour choisir et planifier vos randos…
Au fond, le Teide
Parmi tous ces sentiers de randonnées, celui qui mène au Chinyero. Ce volcan qui culmine à 1552 mètres d’altitude est notamment connu pour avoir été le dernier en éruption sur toute l’île de Tenerife. C’était en 1909.
Le départ se fait dans le petit village de San Jose de Los Llanos.
Le départ de la rando, à San Jose de Los Llanos
En partant tôt le matin, on aperçoit le soleil se lever au loin, derrière les volcans vers lesquels on se dirige.
Lever du soleil sur les volcans, depuis San Jose de Los Llanos
Très vite, on quitte le village pour s’enfoncer dans une jolie forêt de pins, dans laquelle on va marcher un bon petit moment.
On quitte le village pour la forêt
Le dénivelé montant est modéré, ce qui rend la marche plutôt facile et agréable. Et le sentier est si bien balisé qu’il n’est pas possible de se tromper.
Bonne direction : continuer
Mauvaise direction : faire demi-tour
La sortie de la forêt est mémorable car elle coïncide avec l’arrivée dans la caldeira, face à un joli volcan, le Trevejo.
Son éruption de 1706 ravagea le vieux port de la ville de Garachico, située 8 kilomètres en contrebas. La lave eut beau s’arrêter aux pieds de l’église, l’édifice s’enflamma quand même à cause de l’extrême chaleur due à la proximité de la lave.
Cette éruption, qui amorça le déclin de la ville, fut celle qui eut le plus de conséquences sociales et économiques dans toute l’histoire volcanique de l’île.
Le volcan Trevejo
En arrière-plan du Trevejo, on aperçoit au loin le Teide, majestueux.
Au loin, le Teide
A partir de là, on rejoint le Chinyero en empruntant des chemins de lave sur laquelle prospèrent les pins.
Si vous faites cette rando et qu’au retour, comme nous, vous n’êtes pas encore rassasiés par ces paysages, alors vous pouvez faire une petite bifurcation juste après avoir fait demi-tour au Chinyero.
Une petite extension de 2 kilomètres (donc 4 km aller-retour) en direction des Sables Noirs (Arenas Negras) permet alors de continuer à en prendre plein les yeux dans ces paysages lunaires.
Cela permet de prolonger le plaisir au milieu d’amas de roches volcaniques, dont la noirceur contraste avec le vert des pins omniprésents. Sur cette partie, le dénivelé est un peu plus prononcé que sur le parcours précédent mais la distance de cette extension étant relativement courte, ça passe sans trop de difficulté.
Ensuite, le retour se fait sur le même chemin que l’aller. On repasse donc devant le Trevejo. Il faut noter qu’il est interdit d’en faire l’ascension car il s’agit d’un milieu fragile qui doit être préservé, comme l’indique un gros panneau situé juste devant.
Le Trevejo
Il ne reste plus qu’à traverser la forêt de pins en sens inverse jusqu’à San Jose de Los Llanos.
La petite église de San Jose de Los Llanos
D’un point de vue pratique, il y a un petit parking municipal gratuit juste à côté de l’église, où l’on peut laisser la voiture pendant toute la rando.
La randonnée San Jose de Los Llanos - Volcan Chinyero (A/R)
Distance : 8,6 km aller-retour Dénivelé : 322 m+ et 322 m- (A/R) Durée : 3 à 4 heures (A/R)
L'extension vers Arenas Negras fait 4 km aller-retour et prend +/1 une heure.
Les villes coloniales
San Cristobal de La Laguna (classée au patrimoine mondial de l’Unesco) et La Orotava sont généralement présentées comme les deux plus belles villes coloniales de l’île.
La Orotava
La Orotava est une ville que l’on pourrait presque qualifier de verticale ! Car il faut avoir des mollets solides pour arpenter son dénivelé très marqué, à flanc de colline. La ville historique est située dans la partie basse (aussi, gare à vous si votre hôtel est, lui, dans la partie haute !)
La place de la Constitution
Cette place est un lieu incontournable de la ville puisqu’elle comprend plusieurs points d’intérêt.
D’un côté, on trouve l’église San Agustin. Elle abritait à une époque un ancien couvent de moines augustins.
L’église San Agustin
Un peu plus loin, on a une jolie vue dégagée sur la mer ainsi que sur une partie de la ville.
A l’opposé se trouve le Liceo de Taoro. Il s’agit d’un palais urbain du 20e siècle, entouré de jardins abondants et fleuris.
Le Liceo de Taoro
Il accueille aujourd’hui des expositions d’art ainsi que des concerts, mais on peut également y boire un verre.
Le liceo de Taoro
Enfin, au centre de la place, on trouve un joli kiosque de style mauresque.
Il est un peu devenu au fil du temps l’emblème de la place.
Au rez-de-chaussée et à l’ombre des arbres, il abrite un bar-restaurant qui sert des plats canariens typiques.
L’église Notre-Dame-de-la Conception
Construite au 16e siècle puis détruite au 18e par des séismes, et enfin reconstruite 60 ans plus tard, elle est aujourd’hui considérée comme le plus bel exemple d’architecture baroque des Canaries.
L’église Notre-Dame-de-la-Conception
Inspiré de celui de la cathédrale de Florence, son dôme constitue sa caractéristique architecturale la plus notable.
Les Jardins du marquisat de la Quinta Roja
Encore appelés Jardins Victoria, c’est en guise de protestation qu’ils furent construits au 19e siècle par la marquise de la Quinta Roja. En effet, à la mort de son fils, l’évêché ordonna qu’il fut enterré dans le cimetière des non catholiques, au motif qu’il appartenait à la franc-maçonnerie.
Pour contourner cette véritable humiliation, la marquise fit construire ces jardins, au milieu desquels se trouve le mausolée destiné à son fils.
L’évêché finit par revenir sur son interdiction et l’enterrement put avoir lieu dans le caveau familial, mais ce mausolée constitue aujourd’hui encore un symbole fort contre l’intolérance religieuse.
Le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste)
Il a été conçu pour être la pépinière de son voisin, le jardin d’acclimatation. C’est pourtant un superbe jardin à part entière, qui constitue un véritable poumon vert en plein cœur de la ville.
Un dragonnier des Canaries
Un « oiseau de paradis »
Déclaré bien culturel en tant que jardin historique, il est très fourni en plantes tropicales.
Un fuschia hybride
Un anthurium
Les ruelles colorées
Qui dit ville coloniale dit ruelles colorées, et La Orotava ne fait pas exception à la règle.
Une maison colorée dans une ruelle pentue
La seule chose, c’est que ces maisons se méritent ! En effet, le fort dénivelé de la ville oblige à monter ou à descendre en permanence dans des rues parfois très pentues.
La mairie de La Orotava
Il s’agit d’un bâtiment néoclassique abritant une riche collection de peintures.
L’hôtel de ville
San Cristobal de la Laguna
C’est une ville classée au patrimoine de l’Unesco. Les églises y sont si nombreuses qu’on la surnomme parfois « la Florence des Canaries ». Aujourd’hui, on l’appelle surtout par son diminutif : La Laguna.
L’église et l’ancien couvent San Agustin
L’église fut détruite par un incendie en 1964 et n’a toujours pas été reconstruite.
Le clocher du couvent San Agustin
En revanche, on peut accéder à son cloître qui abrite un jardin luxuriant.
Le cloître San Agustin
Les salles attenantes abritent des expositions d’art réalisées par des artistes ténérifiens.
L’église Notre-Dame de la Conception
C’est la toute première église qui fut construite sur l’île (1502).
Le clocher de N-D de la Conception
Sa principale attraction quand on la visite, c’est la possibilité de monter au sommet du clocher pour admirer la ville d’en-haut.
Attention !
Quand vous êtes là-haut, regardez bien l’heure.
Car toutes les quinze minutes, toutes les cloches se mettent à sonner en même temps, et ça explose les tympans…
Le clocher de N-D de la Conception
La cathédrale
L’édifice d’origine est une petite chapelle construite en 1511, qui fut aménagée à plusieurs reprises au fil des siècles, pour aboutir à la cathédrale actuelle. Sa façade néoclassique fut construite en 1820.
La cathédrale
Son grand dôme peut être vu depuis de nombreux endroits de la ville.
A l’intérieur se trouve un trésor. Mais un vrai. Car c’est ici que sont rassemblées toutes les pièces d’orfèvrerie des Canaries. Des couronnes, les deux plus grands chandeliers en argent d’Espagne, des costumes d’époque richement décorés etc.
Enfin, l’une des pièces majeures de cette cathédrale, c’est sa fameuse chaire en marbre de Carrare, très finement sculptée.
A gauche, la chaire en marbre de Carrare
Le palais Salazar
Il s’agit d’un palais baroque du XVIIe siècle, dont l’architecture est typique des Canaries.
Le palais Salazar
Des galeries à colonnes encadrent le jardin, et l’intérieur du palais abrite une importante collection de peintures et de sculptures.
Les ruelles colorées
La plupart des rues du centre historique sont piétonnes.
Elles permettent de se balader tranquillement de monument en monument, et sont remplies de commerces, de bars et de restaurants.
Un magasin de chaussures
Les plages
Il ne s’agit évidemment pas de faire ici une liste exhaustive de toutes les plages de Tenerife. Voici simplement quelques exemples de plages qu’on peut trouver tout autour de l’île, souvent très natures et très sauvages…
Playa de Castro
A propos de plages natures et sauvages, la Playa de Castro en est une !
Depuis la route où se trouve un petit parking, il faut marcher une bonne vingtaine de minutes sur la Rambla de Castro, un chemin qui offre de jolis points de vue sur la mer tout le long du littoral.
L’ermitage de San Pedro, au début de la Rambla de Castro
Attention : le chemin descend à l’aller, le retour est donc plus difficile et plus long, surtout par forte chaleur. Il faut donc prévoir de l’eau par temps chaud.
La Casona de Castro
En poursuivant, on arrive au fortin de San Bernardo (XVIIIe siècle), qui domine l’océan.
La vue depuis le fortin San Bernardo
A partir de là, on attaque la descente finale vers la plage de Castro.
Le chemin descendant à l’aller…
… et montant au retour !
Dominée par les palmiers dattiers, la Playa de Castro est une petite plage composée à la fois de sable volcanique noir et de galets.
La Playa de Castro
Elle est coincée entre deux falaises et quand on foule enfin son sable noir, on comprend pourquoi beaucoup la considèrent comme l’une des plus belles plages de l’île. Y compris quand le soleil brille par son absence, comme lors de notre venue.
Playa de CastroPlaya de Castro
Deux cascades dégoulinent sur cette plage sauvage depuis le haut des falaises. La première n’est pas très impressionnante, la deuxième est le lieu de rassemblement de tou/te/s les intagrameurs/euses qui viennent jusqu’ici.
Le site n’a pourtant rien d’exceptionnel mais apparemment, il plaît beaucoup.
L’eau atterrit sur un gros rocher posé sur la plage, et tout le monde se fait photographier devant.
Il faut préciser que la mer est parfois agitée ici, ce qui dissuade parfois les baigneurs de piquer une tête, mais cela ajoute à la magie de cette plage sauvage.
Playa de Castro
Playa del Roque de Las Bodegas
Nous sommes allés à cette plage par erreur, en cherchant à rejoindre la magnifique Playa de Benijo, l’une des plus belles de Tenerife paraît-il. Pensant à tort y être arrivés, nous n’avons hélas pas poussé plus loin que la Playa del Roque de Las Bodegas. Ce n’est que plus tard que nous avons réalisé notre erreur.
Dans l’eau, les rochers de la Playa de Benijo
Bref, pour arriver à l’une puis à l’autre, il faut prendre une route qui descend de la montagne en offrant de jolis points de vue sur la mer. Comme un peu partout sur cette île, finalement.
Le village de Taganana
La playa del Roque de las Bodegas est située à proximité du village de Taganana. Elle est vaste et bien qu’elle soit située en contrebas d’une route (pas trop passante), le massif d’Anaga qui la surplombe lui donne un certain charme.
Mais surtout, le gros avantage de cette plage familiale, c’est qu’elle est située à proximité d’un certain nombre de restaurants où l’on propose de la cuisine locale, souvent basée sur la pêche du jour.
Si vous arrivez vous aussi à cette plage, sachez que la fameuse Playa de Benijo n’est située qu’à 1,5 km de là, en longeant la côte…
Playa de La Montaña Amarilla
Avec un avion du retour pour la France planifié à 4h00 du mat’ et donc un lever à 1h00, nous avions dégoté un petit appartement pas très loin de l’aéroport pour passer notre dernière nuit (ou plutôt demi-nuit) à Tenerife. Le nom de ce village ? Costa del Silencio.
Et là, pour notre dernière journée, nous avons eu une bonne surprise à la lisière du village : la découverte de la plage de la Montagne Jaune.
La playa de la Montaña Amarilla
Elle est située à l’entrée est de la ville.
Il s’agit d’une jolie plage à l’aspect inhabituel, car elle est située aux pieds d’un cratère qui plonge ses falaises jaunes (en réalité plutôt marron-orangées) dans l’eau verte.
L’eau est si transparente que les clubs de plongée proposent de nombreux baptêmes sur ce site : les roches volcaniques forment des arches et des grottes sous-marines dans lesquelles les poissons s’abritent.
Pour une fois, nous n’avons pas plongé mais voici quand même quelques-uns des clubs de plongée les mieux notés du coin :
LJ Diving Tenerife : non loin de la Playa Amarilla, et focalisé sur les plongées éco-responsables.
La plage est constituée de roches mais elle comporte un espace aménagé doté d’un petit escalier pour se mettre facilement à l’eau.
N’oubliez pas palmes, masque et tuba, mais aussi chaussures de rochers.
Playa Los Enojados
Elle est située elle aussi à Costa del Silencio, mais cette fois-ci à la sortie ouest de la ville.
Pour y accéder, on passe d’abord devant une autre plage posée au bord de la route : la playa Las Galletas.
Playa Las Galletas
Ce sont surtout des locaux qui y font trempette.
C’est juste après cette plage qu’est située la playa los Enojados. Il faut marcher cinq minutes sur un petit sentier pour l’atteindre.
Playa los Enojados
On arrive alors sur une jolie petite plage de sable volcanique noir.
Playa los Enojados
La plage n’est pas grande mais elle est très agréable. Elle est généralement appréciée pour sa beauté naturelle.
Playa los Enojados
De petits sentiers permettent de longer la côte au milieu d’une végétation où les cactus prolifèrent.
C’est dans ce cadre typique de l’île qu’on découvre d’autre petites plages et criques, de plus en plus désertes au fur et à mesure que l’on marche.
Il n’y a aucun service sur cette plage. Cela contribue à son charme car du coup, elle n’est pas très fréquentée. Si vous souhaitez y passer la journée, il faut donc prévoir de quoi manger et boire.
« Gardons notre plage propre »
Enfin, l’eau y est généralement calme.
Le Parc Rural d’Anaga
Situé à l’extrême nord-est de l’île, il est classé Réserve de biosphère par l’Unesco, et ses paysages atypiques valent vraiment le détour.
Depuis le mirador Jardina
Avec ses miradors qui offrent des points de vue magnifiques, ses forêts remplies d’arbres aux formes tourmentées, ou encore ses petits villages pleins de charme, on peut aussi bien le traverser en voiture que prendre le temps de le parcourir en randonnée.
Le petit village de Lomo de las Bodegas
L’itinéraire décrit ci-dessous relie la jolie ville coloniale de San Cristobal de La Laguna (160.000 habitants) au petit village de Chamorga, isolé dans les montagnes (35 habitants dans une poignée de maisons).
La route qui traverse le Parc Rural d’Anaga
La route des miradors
Sur la première partie de la route entre La Laguna et Chamorga se succèdent des belvédères d’où la vue est chaque fois sublime. Les photos ne restituent pas complètement la grandeur des paysages, mais voici quand même à quoi ils ressemblent.
Le Teide vu depuis le belvédère de Jardina
Des villages, des forêts, des cratères de volcans et en toile de fond, l’océan : les paysages qu’on observe depuis ces belvédères sont aussi jolis que variés.
La vue sur l’océan depuis le belvédère de Jardina
Voici quelques liens sur les principaux miradors du Parc Rural d’Anaga : Jardina, Pico del Ingles, Cruz del Carmen. Toutefois, il suffit de suivre la route (voire les panneaux lorsqu’il y a un court détour à faire) pour enchaîner ces belvédères, d’où la vue est souvent saisissante.
Et quand il n’y a pas de miradors, on peut toujours s’arrêter sur le bas-côté chaque fois qu’il y a une belle vue sur la mer ou la montagne. C’est-à-dire assez souvent…
Bateau au mouillage à Santa Cruz de Tenerife
A noter : la vue peut parfois être bouchée car, ces miradors étant situés en altitude, ils sont régulièrement traversés par les nuages.
Insolite : le « vieux chemin du pic de l’anglais »
… ou plus précisément, el Camino Viejo al Pico del Ingles.
Il suffit de cinq ou dix minutes pour jeter un œil à ce lieu insolite, même si on peut y rester évidemment plus longtemps. Mais bien qu’on puisse en faire le tour assez vite, c’est vrai qu’il vaut le coup d’œil.
El Camino Viejo al Pico del Ingles
Une entaille a été creusée dans la roche et le sol de la forêt pour y faire passer un petit bout de route, le but étant qu’il soit situé au même niveau que la route principale située à proximité. Ce qui permet de relier les deux tronçons.
La forêt située de part et d’autre de cette route est extrêmement humide, et ses arbres aux branches moussues et aux formes biscornues semblent sortis tout droit de chez Walt Disney.
L’atmosphère y est envoûtante et le paysage unique.
La brume qui investit souvent les lieux ajoute au côté mystérieux de ce site inhabituel.
Du coup, il est l’un des plus photographiés de tout le Parc Rural d’Anaga.
Bon à savoir : on ne peut pas se promener sur ce chemin pendant des heures car il ne mesure que 100 à 200 mètres de long !
De plus, il y a toujours un peu de monde qui le fréquente, surtout l’été. L’idéal pour s’y retrouver plus ou moins seul, c’est d’y aller relativement tôt le matin.
Chamorga
Chamorga est un village minuscule perdu dans les montagnes, avec des airs de bout-du-monde.
Chamorga, 35 âmes
Ce petit village isolé est le point de départ de différents parcours de randonnées à travers la montagne, sa faune et sa flore. Certains itinéraires vont même jusqu’à la mer.
Petite rando autour de Chamorga
Chamorga, paradis des randonneurs
Ces agréables chemins offrent régulièrement de jolis points de vues sur la mer, ou sur les quelques villages qui se sont perdus par ici.
Le petit village coloré de La Cumbrilla
Ces petits sentiers à flanc de montagne traversent une jolie végétation posée sur la rocaille et comportant notamment beaucoup de cactus.
Au fond, Chamorga
Le bilan
Tenerife est une petite île où les paysages sont si variés, la nature si généreuse et les activités si nombreuses, qu’une semaine s’avère largement insuffisante pour la découvrir comme elle le mérite.
Le Parc Rural d’Anaga
Pour notre part, en six jours seulement, il fallait faire des choix, c’est pourquoi nous avons zappé notamment toutes les activités liées à la mer qui sont possibles à Tenerife : faire du kayak avec les tortues, observer les baleines, plonger dans des eaux tropicales poissonneuses etc.
A l’entrée de Garachico
Ce sera donc pour une prochaine fois car c’est sûr, nous reviendrons sur cette île qui nous a tant plu…
Sur de nombreux sites et blogs, il est présenté comme le plus beau village de Tenerife. C’est donc pour nous faire notre propre idée que nous y sommes allés.
Le village se divise en deux parties séparées de quelques centaines de mètres. Posée au pied d’un pain de sucre emblématique, la partie basse est la plus touristique. La plupart des habitants vivent dans la partie haute, sensiblement moins fréquentée et donc plus calme.
Le village du haut vu depuis le village du bas
Très isolé, Masca est resté accessible uniquement à pied et à dos d’âne pendant très longtemps. Puis une route a fini par être construite, et l’électricité est arrivée. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore, accéder à ce petit village se mérite.
Car la route est à la fois très sinueuse et étroite, à tel point qu’il faut régulièrement s’arrêter sur le bord pour pouvoir laisser passer les voitures d’en face. Par contre, le bitume est en excellent état.
Masca (en bas à gauche) et la route pour y accéder
Le principal attrait de Masca réside dans la vue d’ensemble des quelques maisons posées aux pieds du rocher de Catana, un pain de sucre photogénique, avec vue sur la mer au loin.
Situées sur une arête rocheuse et encadrées par deux précipices, ces habitations traditionnelles ont été construites sur les quelques rares mètres carrés du coin qui sont plus ou moins horizontaux !
Masca : le village du bas
La place du village est dotée à la fois d’une jolie petite église, d’un vieil arbre impressionnant, d’une vue imprenable sur le village et d’un bar restaurant.
L’ermitage de l’Immaculée Conception
L’église fut construite au XVIIIe siècle avec des pierres volcaniques et du bois de thé.
Le fameux laurier indien de la place de Masca
Le village du haut
Il est construit à flanc de colline, ce qui signifie que lorsqu’on s’y promène, soit on monte, soit on descend mais une chose est sûre : on ne marche jamais à l’horizontale !
Le village du bas (à droite) vu depuis celui du haut
Il n’y a pas une foule de choses à faire là-haut (néanmoins, il ne faut surtout pas rater le restaurant Casa Riquelme et sa terrasse divine, voir les infos pratiques ci-dessous). Mais la balade est agréable dans de jolies petites ruelles fleuries, coincées entre la mer, la montagne et le ravin.
Une habitation au bord du précipiceLa montagne qui surplombe Masca
La randonnée du Barranco de Masca
Barranco signifie ravin. La rando du Barranco de Masca, c’est la randonnée qui relie Masca à la plage et à la mer en passant par les gorges, à travers le réputé parc rural de Teno.
On arrive à l’océan sur une jolie plage de sable noir, la Playa de Masca.
Le musée ethnographique
Masca a beau n’être qu’un petit hameau, il est quand même doté d’un musée ethnographique : il raconte l’histoire des habitants de Masca, depuis ses premiers occupants aborigènes.
Outre son musée ethnographique, Masca compte quelques commerces et services : une poignée d’hébergements, une dizaines de bars-restaurants, un centre de la nature et une boutique de souvenirs. Rien de plus, mais c’est déjà pas mal pour un si petit village.
La randonnée du Barranco de Masca
L’accès à ce sentier de randonnée est rigoureusement réglementé pour des raisons de sécurité, car une fois qu’on est au fond du ravin, il suffit d’un changement brusque de météo (ce qui arrive fréquemment par ici), par exemple une crue subite de la rivière, pour que les randonneurs se retrouvent coincés et exposés à des dangers potentiels.
Cela s’est déjà produit par le passé, c’est pour cette raison qu’il faut désormais réserver sa randonnée à l’avance, via le site officiel Camino Barranco de Masca.
L’itinéraire va de Masca à une plage de sable volcanique noir.
Distance : 10 km aller - retour
Durée : 3 bonnes heures à l'aller (en descente), 4 bonnes heures au retour (en montée).
Dénivelé : 800 m+ et 800 m- environ
Niveau de difficulté : élevé
Prix (écotaxe) : 28 euros par adulte, 14 euros par mineur
Les départs se font exclusivement le matin, pour que tout le monde ait le temps de rentrer dans la journée, y compris les marcheurs lents : on part avant 11h00 l’été, et avant 10h30 l’hiver.
Enfin, il y a le centre de la nature de Masca. C’est une sorte d’office du tourisme spécialisé sur ce sentier de randonnée du Barranco de Masca. Il est situé juste en-dessous de la place de Masca.
Il y a une dizaine de restaurants à Masca, tous ouverts en haute saison. Lors de notre venue, ils étaient quasiment tous fermés alors que nous n’étions pourtant que fin septembre. Prévoyez donc de quoi manger si vous venez hors saison, surtout le dimanche, qui est souvent le jour de fermeture hebdomadaire.
Et justement, le dimanche de notre arrivée, aucun resto n’était ouvert. On nous avait conseillé d’aller quand même jeter un œil chez Riquelme, dans la partie haute du village, la moins touristique.
La trouvaille : le resto Casa Riquelme
A peine arrivés devant (il est 17h00), un type qui passe par là nous demande ce que nous voulons. Nous répondons que nous aurions bien aimé y manger le soir. Ce type, il s’avère que c’est Riquelme.
Il nous propose gentiment de revenir vers 20h00-20h30. Bien que son resto soit fermé, il nous promet qu’il l’ouvrira rien que pour nous !
Par contre, il nous prévient que ce sera menu unique : assiette charcuterie – fromage, puis poulet en sauce avec pommes de terre à la canarienne, et pas de dessert : il n’en a plus !
Chez Riquelme, le repas pris en terrasse
Ce menu nous convient à merveille mais nous sommes un peu gênés que Riquelme n’ouvre son resto que pour nous. Il nous certifie que ça ne lui pose aucun problème et que nous sommes les bienvenus. Nous acceptons, ravis.
Lorsque nous revenons le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que le resto comporte une jolie petite terrasse que nous n’avions pas vue trois heures plus tôt.
Casa Riquelme : la terrasse face à la mer
Elle n’est pas très grande car construite à flanc de colline mais le peu de place qu’il y a sur cette pente a été parfaitement optimisé. D’un côté, la terrasse domine la mer et de l’autre, elle est surplombée par la montagne.
Au milieu des cactus et des bougainvillées, le cadre est simple mais enchanteur.
Vue sur la mer…
… et vue sur la montagne
Nous regardons tranquillement le soleil se coucher en sirotant une ou deux bières, alors que nous sommes absolument seuls dans ce bout-du-monde sublime. Un privilège.
Nous ne pouvons que recommander ce petit resto : le repas, bon et pas cher, est fait maison. Et Riquelme, qui est un personnage haut en couleur, réserve un excellent accueil à ses visiteurs.
La vue depuis la terrasse
Si la terrasse a des airs de petit paradis, l’intérieur du resto semble lui aussi plutôt agréable.
Si vous souhaitez manger vous aussi chez Riquelme, ne perdez pas de temps à chercher ce restaurant dans la partie basse du village, celle qui est touristique : il est situé dans la partie haute, à une dizaine de minutes de marche (attention, ça monte quand même un peu pour y aller mais la bonne nouvelle, c’est qu’au retour avec le ventre plein, ça descend !)
Où dormir ?
Il y a quelques hébergements à Masca, mais la plupart des visiteurs n’y dorment pas : le village n’est pour eux qu’un lieu de passage obligé et ils n’y restent en général qu’une heure ou deux, puis repartent.
Si toutefois vous y faites étape, comme nous, alors le plus simple pour trouver de quoi dormir à Masca, notamment en haute saison, consiste à réserver à l’avance via les plateformes habituelles : Booking (Masca), par exemple, propose six hébergements.
Nous en avons dégoté un qui cochait toutes les bonnes cases : Casa Berna.
Casa Berna : la terrasse et le jardinet
Il est idéalement placé (à 100 mètres du rocher de Catana, le fameux pain de sucre), avec un petit jardinet fleuri très agréable et une jolie vue sur les montagnes alentours. D’un point de vue pratique, on peut garer la voiture juste devant (la place est réservée).
Casa Berna et sa terrasse
Deux chambres, cuisine équipée, terrasse, jardinet, parking, wi-fi, emplacement idéal, vue sur les montagnes…
Le prix : 95 euros la nuit pour quatre personnes.
Où se garer à Masca ?
Les voitures se garent toutes sur le parking situé au bord de la route qui mène à Masca. On ne peut pas le rater.
Quand on vient du sud, il y a un premier parking, tout petit (quelques voitures) au niveau du village du haut. 300 ou 400 mètres plus bas, il y en a un second, pas immense mais beaucoup plus grand quand même, qui surplombe le village du bas.
Attention, ils affichent vite complet tous les deux, notamment l’été.
On peut très bien se garer à un parking et aller à l’autre à pied, cela ne prend que quelques minutes de marche.
C’est au niveau du second parking qu’il y a un belvédère avec un superbe point de vue sur le village : tous les visiteurs s’y arrêtent pour prendre leurs photos.
Juste en-dessous du belvédère
C’est de là également que part le petit chemin qui descend dans le hameau, jusqu’au pain de sucre. Le dénivelé est assez fort, sur un chemin en partie pavé, et le retour montant peut s’avérer un peu fatigant pour les personnes en mauvaise condition physique. Toutefois, ce chemin n’est pas très long (+/- 300 mètres environ).
Si vous avez réservé un hébergement en bas (comme Casa Berna par exemple), vous pouvez y descendre en voiture mais attention, le chemin est si étroit qu’on a du mal à y croiser… les piétons ! Or, ils sont justement nombreux à arpenter ce chemin dans les deux sens. C’est un peu galère mais ça se fait quand même.
Culminant à 3718 mètres d’altitude, le volcan Teide (qui se prononce Té-i-dé) est non seulement le plus haut sommet des îles Canaries, mais aussi celui de l’Espagne et de tout l’Océan Atlantique. Pourtant, il est loin de figurer parmi les plus hauts volcans du monde. Du moins si l’on mesure leur hauteur par rapport au niveau de la mer.
Car si l’on prend en compte leur hauteur totale, c’est-à-dire depuis leur base située au fond des océans, le Teide devient alors… le troisième volcan le plus haut du monde ! Seuls deux volcans hawaïens le précèdent.
Le volcan Teide domine l’île de Tenerife
Depuis le plancher océanique, la hauteur réelle du Teide dépasse ainsi les 7000 mètres, ce qui en fait une montagne située à mi-chemin entre le Mont Blanc et l’Everest !
On peut faire l’ascension de cette impressionnante montagne volcanique à pied mais aussi en téléphérique. Depuis le sommet, on peut assister à des levers et couchers du soleil majestueux.
Le coucher du soleil depuis le Teide
Mais il y a également de nombreuses randonnées à faire dans les paysages lunaires de la caldeira : soit au milieu des nombreux volcans qu’elle contient, soit à travers une végétation étonnante, ou encore sur des chemins qui descendent tranquillement jusqu’à l’océan…
Bref, c’est tout le parc national du Teide qui est une pure merveille : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est d’ailleurs le parc le plus visité d’Europe.
Une route unique traverse entièrement le parc national du Teide et mène jusqu’au volcan.
L’unique route qui traverse le parc
Mais elle permet aussi d’observer des panoramas exceptionnels tout au long du chemin. Notamment, il y a des cratères partout, souvent drappés de nuages.
Si vous y allez entre fin mai et début juillet, vous aurez la chance de pouvoir observer l’une des stars des lieux, la vipérine de Tenerife, en pleine floraison.
Une vipérine de Tenerife fanée (en septembre)
C’est à cette époque de l’année que cette magnifique plante herbacée, endémique de l’île et qui peut atteindre les deux à trois mètres de haut, se pare de centaines de petites fleurs couleur rouge corail.
En poursuivant la route vers le Teide, il y a le passage obligé aux Roques de Garcia. Il s’agit de formations rocheuses aux formes tourmentées, derrière lesquelles on aperçoit le volcan, au loin.
Le plus connu de ces rochers, le Roque Cinchado, semble tenir miraculeusement en équilibre au milieu d’un décor de western.
Le Roque Cinchado
Un peu plus loin, c’est la dernière ligne droite vers le maître des lieux : le Teide.
L’ascension du Teide
Le volcan Teide étant un site naturel d’exception, il est victime de son succès. Aussi, pour le préserver du tourisme de masse, les autorités ont instauré l’obligation d’obtenir un permis pour en faire l’ascension.
Le but est forcément noble mais l’inconvénient, c’est que ce permis est assez long obtenir : il faut compter deux à trois mois minimum, et parfois un ou deux mois de plus, notamment en haute saison.
C’est ce qui dissuade bon nombre de touristes de tenter l’expérience car, ne connaissant pas l’existence de ce permis obligatoire, ils en font souvent la demande trop tard par rapport aux dates de leur voyage, alors qu’ils ont déjà réservé l’avion.
Si c’est votre cas, il vous reste quand même trois options pour vous rendre au sommet du géant : faire l’ascension soit de nuit (pour laquelle l’autorisation n’est pas nécessaire), soit en téléphérique, soit avec un tour-opérateur et ses guides officiels.
Coucher de soleil depuis le sommet du Teide
Généralités sur le permis d’ascension
Tout d’abord, il faut savoir que ce permis est gratuit, mais que seuls 200 permis sont délivrés chaque jour (guides officiels compris).
Attention : il est nominatif, ce qui signifie que vous êtes la seule personne à pouvoir en bénéficier. Les contrôles existent réellement (notamment à l’entrée du sentier Telesforo Bravo, c’est-à-dire entre l’arrivée du téléphérique et le sommet du Teide), et il vous faudra présenter à la fois votre permis d’ascension et votre pièce d’identité).
Enfin, il faut savoir que ce permis ne concerne pas toute l’ascension du Teide, mais seulement sa partie finale, qui commence à la Rambleta, c’est-à-dire la partie supérieure du téléphérique, située à 3555 mètres d’altitude, et va jusqu’au sommet. En-dessous, pas besoin de permis.
Voilà pour les généralités.
En résumé, pour obtenir son permis, la règle est simple : il faut préparer son voyage longtemps à l’avance.
La caldeira vue depuis le Teide
L’ascension du Teide avec permis d’ascension obligatoire
Le permis est obligatoire pour grimper au sommet en journée, de 9h00 à 17h00. Avant 9h00 et après 17h00, plus besoin de permis.
La date ainsi que le créneau horaire sont choisis au moment ou l’on fait la demande de permis. Ce qui signifie qu’il y a zéro flexibilité, et qu’il faut espérer qu’il fera beau ce jour-là : c’est le principal inconvénient.
La demande de permis doit être effectuée via le site officiel de réservation des parcs nationaux espagnols : reservasparquesnacionales.es (soyez patients, la connexion est parfois incroyablement longue).
L’ombre du Teide sur la caldeira
L’ascension du Teide sans permis… c’est permis !
Malgré toutes ces contraintes, il est quand même autorisé de grimper sans permis en haut du Teide, avant 9h00 et après 17h00. Ce qui laisse plusieurs options.
Faire l’ascension de nuit
Pour cette option, la règle est d’être au sommet avant 9h00. Il ne faut donc pas hésiter à planifier un départ vers 2h00 du matin.
Le principal avantage, c’est qu’on peut choisir la date de l’ascension un jour où les prévisions météo sont bonnes. Alors qu’avec le permis réservé plusieurs mois à l’avance, on n’a aucune certitude de ce côté-là.
Pour cette ascension de nuit, le départ se fait au parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude).
Du parking de la Montaña Blanca au sommet du Teide
Distance : 8,3 km (16,6 km A/R si vous ne descendez pas en téléphérique) Dénivelé positif : 1368 m Durée : 4 à 6 heures d'ascension en moyenne, voire plus en prenant son temps...
Il ne faut pas négliger le mal des montagnes, qui peut rendre l’ascension pénible et la faire durer beaucoup plus longtemps que prévu. D’où l’importance de prévoir une petite marge afin d’être sûrs d’arriver là-haut avant 9h00…
Faire l’ascension avec une halte d’une nuit au refuge Altavista
L’itinéraire est exactement le même que pour l’ascension de nuit, mais on monte sur deux jours au lieu d’un, en passant la nuit au refuge. On fait donc la première étape, qui va du parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude) au refuge (3260 mètres d’altitude) le premier jour sachant que pour cette étape, le permis n’est pas nécessaire. Puis on fait l’ascension finale tôt le lendemain matin (n’oublions pas que sans permis, il faut être au sommet avant 9h00), après la nuit passée au refuge.
Du coup, pour ceux qui sont sensibles au mal des montagnes, cette option peut être une solution intéressante : elle permet en effet de s’acclimater une nuit entière à 3260 mètres, au lieu d’enchaîner non stop jusqu’au sommet (3718 m).
Du refuge Altavista au sommet du Teide
Distance : 3 km Dénivelé positif : 500 m environ Durée : 1 à 2 heures en moyenne
Attention : le refuge est toujours complet, il faut donc le réserver des semaines à l’avance, et parfois bien plus… Ce qui pose finalement le même problème que pour l’obtention du permis d’ascension, avec d’une part l’obligation de s’organiser longtemps avant le voyage, et d’autre part celle de choisir une date fixe…
Choisir l’ascension clé-en-main, avec un guide officiel
En choisissant cette option, vous n’avez aucune formalité à accomplir pour obtenir le permis, c’est le tour-opérateur qui s’en charge lui-même ! Ainsi, le principal avantage est la très forte diminution du délai pour obtenir le permis : il passe de plusieurs mois si vous faites les formalités vous-même, à quelques jours seulement avec cette option clé-en-main ! Et en plus, vous ne vous occupez de rien…
Avec cette option, en haute saison, on peut en principe réserver seulement 8 à 10 jours à l’avance (faites-le quand même un peu plus tôt si vous pouvez, histoire d’être sûrs d’avoir une place). En basse saison, il arrive même que le délai descende à 2 ou 3 jours !
Pour cette formule d’ascension, la durée annoncée est d’environ 6h00, et le prix de 135 euros par personne.
A peu près tout est inclus : le permis donc, mais aussi l’aller-retour en téléphérique, le guide (en espagnol ou en anglais, mais pas en français)… Il vous reste juste à prévoir de quoi manger et boire.
Faire l’ascension en téléphérique
Attention : avec cette option, on n’atteint pas tout à fait le sommet du Teide car on s’arrête à la Rambleta (la station du haut du téléphérique) située à 3555 mètres d’altitude. C’est-à-dire juste en-dessous du sommet du géant (3718 m).
Tarifs et horaires
Tarifs de l’aller-retour en téléphérique en journée, de 9h00 à 18h00 (l’horaire varie légèrement en fonction de la saison) :
41 euros par adulte
20,50 euros par enfant (moins de 13 ans)
L’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins 3 ans, aux femmes enceintes ni aux personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.
L’accès aux personnes handicapées serait à l’étude mais n’existe pas à l’heure actuelle.
La station du bas du téléphérique (2556 m)
A noter qu’il ne faut que 8 minutes au téléphérique pour effectuer le trajet.
Même si on n’est pas tout à fait au sommet du volcan, il faut bien avouer que le panorama est exceptionnel là aussi, surtout si l’on choisit l’option du téléphérique au coucher du soleil. Il faut alors réserver quelques jours à l’avance, et c’est l’option que nous avons choisie.
La vue sur la caldeira depuis la Rambleta (la station du haut du téléphérique, à 3555 m)
Le prix n’est pas donné (70 euros par adulte, 49.50 euros par enfant de 8 à 13 ans) mais le spectacle en vaut tellement la peine…
Il faut noter que l’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins de 8 ans.
Attention : des vêtements longs (pantalon, veste etc.) sont obligatoires pour l’option téléphérique au coucher du soleil. Si vous avez un short ou un T-shirt, vous ne passerez pas, les agents sont intransigeants sur ce point.
Il se peut en effet qu’il fasse extrêmement froid là-haut, 0°C voire parfois moins, c’est pourquoi cette règle de sécurité est incontournable : ceux qui ne la respectent pas sont refoulés et non remboursés, y compris lorsque la température là-haut est de 10 ou 15°C.
Le cratère d’un volcan, en contrebas
Le seul inconvénient de cette formule, c’est qu’elle est très encadrée. Il y a 90 personnes réparties en trois groupes d’une trentaine de personnes chacun, avec un guide par groupe.
On va au rythme du guide et, pour des raisons écologiques, on n’est pas autorisé à sortir du chemin, l’écosystème tout autour étant fragile. Mais heureusement, le spectacle vaut le coup quand même.
Il existe de nombreuses façons de découvrir les beautés du parc national du Teide, puisqu’il comporte pas moins de 41 itinéraires balisés de randonnées !
Un excellent site décrit dans le détail un grand nombre de ces randonnées : webtenerife.
Distance, dénivelé, altitude, niveau de difficulté, descriptif de l’itinéraire, vidéos, tout y est ! N’hésitez pas à vous y référer pour choisir et planifier vos randos…
Au fond, le Teide
Parmi tous ces sentiers de randonnées, celui qui mène au Chinyero. Ce volcan qui culmine à 1552 mètres d’altitude est notamment connu pour avoir été le dernier en éruption sur toute l’île de Tenerife. C’était en 1909.
Le départ se fait dans le petit village de San Jose de Los Llanos.
Le départ de la rando, à San Jose de Los Llanos
En partant tôt le matin, on aperçoit le soleil se lever au loin, derrière les volcans vers lesquels on se dirige.
Lever du soleil sur les volcans, depuis San Jose de Los Llanos
Très vite, on quitte le village pour s’enfoncer dans une jolie forêt de pins, dans laquelle on va marcher un bon petit moment.
On quitte le village pour la forêt
Le dénivelé montant est modéré, ce qui rend la marche plutôt facile et agréable. Et le sentier est si bien balisé qu’il n’est pas possible de se tromper.
Bonne direction : continuer
Mauvaise direction : faire demi-tour
La sortie de la forêt est mémorable car elle coïncide avec l’arrivée dans la caldeira, face à un joli volcan, le Trevejo.
Son éruption de 1706 ravagea le vieux port de la ville de Garachico, située 8 kilomètres en contrebas. La lave eut beau s’arrêter aux pieds de l’église, l’édifice s’enflamma quand même à cause de l’extrême chaleur due à la proximité de la lave.
Cette éruption, qui amorça le déclin de la ville, fut celle qui eut le plus de conséquences sociales et économiques dans toute l’histoire volcanique de l’île.
Le volcan Trevejo
En arrière-plan du Trevejo, on aperçoit au loin le Teide, majestueux.
Au loin, le Teide
A partir de là, on rejoint le Chinyero en empruntant des chemins de lave sur laquelle prospèrent les pins.
Si vous faites cette rando et qu’au retour, comme nous, vous n’êtes pas encore rassasiés par ces paysages, alors vous pouvez faire une petite bifurcation juste après avoir fait demi-tour au Chinyero.
Une petite extension de 2 kilomètres (donc 4 km aller-retour) en direction des Sables Noirs (Arenas Negras) permet alors de continuer à en prendre plein les yeux dans ces paysages lunaires.
Cela permet de prolonger le plaisir au milieu d’amas de roches volcaniques, dont la noirceur contraste avec le vert des pins omniprésents. Sur cette partie, le dénivelé est un peu plus prononcé que sur le parcours précédent mais la distance de cette extension étant relativement courte, ça passe sans trop de difficulté.
Ensuite, le retour se fait sur le même chemin que l’aller. On repasse donc devant le Trevejo. Il faut noter qu’il est interdit d’en faire l’ascension car il s’agit d’un milieu fragile qui doit être préservé, comme l’indique un gros panneau situé juste devant.
Le Trevejo
Il ne reste plus qu’à traverser la forêt de pins en sens inverse jusqu’à San Jose de Los Llanos.
La petite église de San Jose de Los Llanos
D’un point de vue pratique, il y a un petit parking municipal gratuit juste à côté de l’église, où l’on peut laisser la voiture pendant toute la rando.
La randonnée San Jose de Los Llanos - Volcan Chinyero (A/R)
Distance : 8,6 km aller-retour Dénivelé : 322 m+ et 322 m- (A/R) Durée : 3 à 4 heures (A/R)
L'extension vers Arenas Negras fait 4 km aller-retour et prend +/1 une heure.
Agia Roumeli est un petit village crétois à la fois connu et méconnu.
Connu, parce que les nombreux touristes qui font la fameuse randonnée des gorges de Samaria y passent forcément, Agia Roumeli marquant l’arrivée de la rando.
La randonnée dans les impressionnantes gorges de Samaria
Et méconnu, parce que la plupart d’entre eux ne font qu’y transiter, se précipitant sitôt la rando terminée sur l’un des deux bateaux quotidiens qui quittent le village en fin d’après-midi pour les villes voisines. Et c’est dommage de ne pas s’attarder à Agia Roumeli car ce petit village a d’autres atouts.
L’arrivée en bateau à Agia Roumeli
En effet, sa minuscule population de 125 habitants est accueillante, il comporte différents centres d’intérêts et quelques activités en plus de la fameuse rando dans les gorges. Enfin, il fait tout simplement bon vivre dans ce petit village paisible qui n’est accessible qu’en bateau ou à pied (après quand même 16 kilomètres de marche dans les gorges) ! Ce qui en fait malgré tout un endroit isolé…
Le tout petit village d’Agia Roumeli
Sommaire
La courte randonnée au château
Sur la colline qui domine Agia Roumeli se trouvent les ruines d’une forteresse ottomane du XIXe siècle, face à la mer. Deux chemins y mènent, l’un côté mer, l’autre côté montagne. J’ai testé les deux.
Faire la randonnée à l’ombre
Le premier est le plus direct et le plus rapide (côté mer, +/- 30 minutes), et on peut y croiser parfois quelques personnes. Le second est plus long (côté montagne, +/- 1h00) mais il est beaucoup plus nature et il n’y a personne : à la période la plus touristique de l’année (mi-août), les seules traces de vies que j’y ai croisées étaient… des chèvres ! Pas un humain.
C’est un local, Joseph (le propriétaire de Zorbas Studios Apartments où nous avons logé, voir les infos pratiques ci-dessous) qui m’a donné toutes les infos sur cette rando. Cet octogénaire adorable est né ici à une époque où le village n’existait pas encore et pendant tout notre séjour ici, il s’est toujours montré de bon conseil et s’est mis en quatre pour nous aider chaque fois qu’il le pouvait.
C’est donc lui qui m’a expliqué que l’idéal pour faire cette rando consistait à faire l’aller par l’arrière de la montagne à partir de 17h00, c’est-à-dire quand la zone est à l’ombre, plutôt que par devant en plein cagnard. Il avait raison, la température était tout à fait correcte de l’autre côté.
Églises byzantines, ponts vénitiens et chapelle troglodyte
Avant d’attaquer la randonnée proprement dite vers le château, on commence par une marche de quinze à vingt minutes sans aucune difficulté, sur une route pavée. Elle permet de découvrir différents points d’intérêt. A noter que ce court itinéraire est commun à celui de la rando dans les gorges.
Le départ consiste à quitter le village par la route, dos à la mer, en direction de la montagne et du château (suivre les panneaux indiquant les gorges). On arrive rapidement à une petite église orthodoxe, surplombée au loin par le château, en haut de la colline.
L’église Panagia Kera (de la Sainte-Mère)
Cette église est classée comme point d’intérêt par l’Unesco.
Un court instant plus tard, on arrive au lit de la rivière (à sec à cet endroit lors de mon passage).
En partie en ruines, deux petits ponts vénitiens à arches l’enjambent.
Une dizaine de minutes plus tard, on arrive à une nouvelle église byzantine, elle aussi aux pieds des montagnes mais toute blanche celle-là : l’église Agia Triada.
L’église Agia Triada (de la Sainte-Trinité)
Mais si l’on regarde au loin derrière elle, on en aperçoit une autre, beaucoup plus originale : c’est la chapelle Agios Antonios. Elle a été construite dans une grotte à flanc de falaise.
La chapelle Agios Antonios (Saint-Antoine)
En observant cette chapelle improbable, on se dit que pour aller à la messe dans un endroit pareil, il faut être sacrément motivé/e !
Puis il faut continuer à suivre le chemin jusqu’à un embranchement : à droite, on continue vers les gorges ; à gauche, on prend la direction du château. On ne peut pas se tromper.
Si vous ne souhaitez pas aller dans les gorges ni au château, c’est là qu’il faut faire demi-tour : en trois-quarts d’heure aller-retour, cette petite marche agréable vous aura donc permis de voir ces différents points d’intérêt.
Marcher à flanc de montagne vers le château
En continuant vers le château, on prend tout de suite un joli petit sentier de randonnée très nature, qui passe au milieu des arbres et des éboulis de pierres.
Vers le château
Dès le début du chemin, les premiers points de vues sur la fin des gorges attirent l’œil.
La fin des gorges de Samaria
Conformément à ce que m’a dit Joseph, le sentier est entièrement à l’ombre après 17h00, ce qui est appréciable par une telle chaleur (lors de ma venue ici, on était en plein mois d’août).
Les photos ne restituent ni les odeurs, ni les bruits et c’est bien dommage. Car sur ce sentier ombragé, les parfums de la végétation, qui rappellent le maquis corse, viennent gentiment nous chatouiller les narines pendant que le chant des oiseaux, mêlé à celui des cigales, enchante nos tympans !
Pour couronner le tout, on croise de temps en temps quelques fabricantes de féta.
La rando se poursuit dans de chouettes paysages, à l’ombre de la canicule ambiante et avec vue sur la mer.
En poursuivant ma route, je croise une chèvre qui est poursuivie par un mâle. A l’évidence, il a une idée derrière la tête. Leur aisance sur ces chemins pierreux et escarpés m’épate. Ils feront leur petite affaire un peu plus loin.
Bref, je poursuis tranquillement mon chemin, lequel monte de plus en plus en approchant de l’arrivée.
Un crâne de chèvre
Et enfin, c’est l’arrivée à la forteresse ottomane du 19e siècle. Ou du moins ce qu’il en reste puisque elle est en ruine.
Les ruines de la forteresse ottomane
Juchée au sommet de la colline qui domine Agia Roumeli, elle offre une jolie vue sur le village, les montagnes et la mer.
On peut pénétrer dans le château, dont l’intérieur n’est pas mieux conservé que l’extérieur.
Pour le chemin du retour, j’opte pour la voie directe : je vais donc descendre par le versant qui fait face au village et à la mer qui était en plein soleil une heure plus tôt, et non par le versant opposé, où je suis passé à l’aller.
Agia Roumeli vue depuis le château
Car maintenant, ce deuxième versant est à l’ombre lui aussi.
Le sentier du retour
Du coup, je croiserai quatre ou cinq couples et familles sur ce chemin, qui ont attendu que ce versant soit à l’ombre à son tour pour monter sans le cagnard.
Mais le soleil ne va pas tarder à se coucher et ils ne vont pas avoir beaucoup de temps pour faire l’aller-retour. Joseph a été de très bon conseil en me faisant passer de l’autre côté car j’ai pu partir plus tôt, en profiter et voir plus de choses.
C’est donc l’option que je conseille ici à mon tour…
Un peu avant d’arriver, je jette un dernier coup d’œil au château, tout là-haut derrière moi. Il m’aura permis de faire une petite rando très agréable de bout en bout… que je vous conseille donc, si vous prenez le temps de vous arrêter un jour ou deux à Agia Roumeli.
Pour conclure, j’ajoute que si c’était à refaire, je partirais juste un peu plus tôt. Joseph m’avait dit que le versant nord était ombragé à partir de 17h, mais je suis parti après 17h30. C’était un peu trop tard.
Car une fois en haut, le château était à l’ombre, ce qui le rend un peu fade sur les photos. Alors que quelques minutes plus tôt, il devait être éclairé par la lumière chaude du soleil déclinant, ce qui est beaucoup plus photogénique.
La montagne au soleil mais le château à l’ombre
Les plages
Il y a trois plages à Agia Roumeli :
la plage centrale située aux pieds du village ;
la plage de Zeromouri (à gauche de la plage centrale quand on est face à la mer) ;
la plage de Mashali (à droite de la plage centrale quand on est face à la mer).
La plage de Mashali
La plage « centrale »
Il s’agit d’une petite plage de galets avec quelques transats payants et les parasols qui vont avec. Il n’y a en général pas grand monde qui s’y prélasse, même en plein mois d’août, sauf… quand les randonneurs arrivent en provenance des gorges de Samaria. C’est-à-dire en gros entre 13h00 et 17h00.
La plage « centrale »
Pour eux, c’est l’endroit idéal pour se délasser dans la Grande Bleue après leur rando, ou pour se rafraîchir un verre à la main, les bars et restos étant situés juste derrière.
Si vous restez un ou plusieurs jours à Agia Roumeli, c’est donc le matin ou après 17h00 que cette petite plage est le plus agréable (c’est-à-dire avant l’arrivée des randonneurs ou après leur départ).
La plage de Zeromouri
Pour rejoindre la plage de Zeromouri depuis la plage « centrale », il faut marcher quelques minutes en ayant la mer à droite et la montagne à gauche. On traverse tout d’abord une zone de gros rochers, non naturels et plutôt moches, qui servent de digue. La plage est juste après. A noter qu’on ne la voit quasiment pas depuis le village.
J’y suis allé non pas à pied mais en snorkeling (voir le chapitre « les activités » ci-dessous) mais à cause d’un dysfonctionnement intempestif de ma GoPro, je n’ai hélas aucune photo à publier ici : ni des fonds marins, ni de la jolie plage !
Cette plage de Zeromouri se divise en plusieurs zones : il y a le plus souvent des galets, parfois du sable et au milieu, une succession de grottes qui ont les pieds dans l’eau, et dans lesquelles on peut s’étendre à l’abri du soleil.
Ce sont ces petites cavités naturelles qui font toute l’originalité et le charme de cette plage.
Si vous voulez en trouver une rien que pour vous, n’y allez pas trop tard dans la journée car même si cette plage est assez peu fréquentée (ce qui contribue aussi à son charme), ces petites grottes ne sont pas très nombreuses et elles sont assez convoitées, en tout cas l’été.
La plage de Mashali
Cette plage de sable noir d’origine volcanique est située à droite d’Agia Roumeli quand on est face à la mer.
C’est une plage très longue donc elle a beau être un peu fréquentée du côté où elle jouxte le village, elle est totalement déserte dès qu’on s’éloigne un peu, y compris en haute saison.
La plage de Mashali en plein mois d’août
C’est la plage la plus appréciée d’Agia Roumeli. Sur la partie la plus proche du village, il y a quelques bars-restaurants les pieds dans l’eau avec leurs transats et leurs parasols payants. On peut donc y prendre un verre, ou plusieurs, entre deux baignades.
Cette zone est assez fréquentée, notamment par les randonneurs qui attendent leur bateau (en gros de 13h à 17h), mais comme la plage est longue, on n’a jamais aucune sensation de promiscuité (contrairement à Balos Beach ou Elafonissi par exemple).
La plage de Mashali
La quasi-totalité de la plage de Mashali reste donc déserte toute la journée, les touristes se concentrant sur les transats. D’ailleurs, si vous en voulez un, n’oubliez pas qu’entre 13h00 et 17h00, les randonneurs se jettent dessus pour se reposer après leur longue marche.
La randonnée des gorges de Samaria
Présentation des gorges
Cette célèbre randonnée a la réputation d’être LA plus belle randonnée de Crète.
D’une longueur de 16 kilomètres, les gorges de Samaria comptent parmi les plus longues gorges d’Europe. Elles relient le village de Xyloskalo sur leplateau d’Omalos (1200 mètres d’altitude) à celui d’Agia Roumeli, sur la mer de Lybie.
Dans un premier temps il y a quelques millions d’années, les mouvements tectoniques ont soulevé les terres assez haut.
Puis c’est le travail inlassable de l’eau (de pluie et de source) qui a érodé lentement mais sûrement la roche pendant des milliers d’années, creusant ainsi la faille actuelle qui mesure jusqu’à 600 mètres de haut par endroits !
C’est fou quand même ce que des gouttes d’eau peuvent faire…
Au fond des gorges
Ces gorges sont classées réserve de biosphère par l’Unesco : elles comptent de nombreuses espèces végétales dont quatorze sont endémiques, et elles offrent un habitat parfait à de nombreux animaux comme la chouette, le faucon, l’aigle royal, le putois, le blaireau… Enfin, elles constituent le dernier territoire naturel de la chèvre sauvage crétoise.
La conséquence logique, c’est qu’elles sont très prisées : au plus fort de la haute saison, elles peuvent accueillir jusqu’à 4000 randonneurs par jour !
Cette randonnée est-elle difficile ?
Le profil
16 km – 1250 m de dénivelé négatif – 6h à 7h
La randonnée dans les gorges à proprement parler est longue de 13 kilomètres, après lesquels il faut marcher 3 kilomètres de plus pour arriver au petit village d’Agia Roumeli, terminus de la randonnée.
Le niveau de difficulté
Cette randonnée est réputée de difficulté moyenne, c’est-à-dire qu’on peut l’effectuer avec une condition physique correcte.
La principale difficulté se situe dans les quatre premiers kilomètres au départ de Xyloskalo car le parcours descend fortement, ce qui met entre autres les articulations à rude épreuve.
En plein été, la chaleur parfois difficile à supporter peut constituer une difficulté supplémentaire, même si la hauteur des parois ainsi que les nombreux arbres le long du parcours procurent de l’ombre, et la rivière de la fraîcheur.
Le parcours
La rando se fait le plus souvent dans le sens de la descente, c’est-à-dire depuis l’intérieur des terres vers la mer.
Pour notre part, un imprévu de dernière minute nous a contraints à changer nos plans pour la faire finalement « à l’envers ». Nous ne l’avons donc pas parcourue en entier puisqu’il fallait prévoir le retour ! Nous avons marché 10 kilomètres depuis Agia Roumeli, soit 20 km aller-retour. C’est donc dans ce sens-là que nous vous la présentons ici.
Pour commencer, il faut marcher 2 à 3 kilomètres (soit 20 à 30 minutes) du village d’Agia Roumeli à l’entrée des gorges. Sur cette portion, les différents points d’intérêt qu’on trouve sont décrits dans le paragraphe ci-dessus intitulé « la courte randonnée au château » : églises byzantines, ponts vénitiens, chapelle troglodyte.
A l’entrée des gorges (ou à la sortie dans le sens classique de la descente) se trouvent les ruines de l’ancien village d’Agia Roumeli.
Le village fût abandonné après le déluge et les grandes inondations de 1954.
Les vestiges de l’ancien village
Puis on entre dans le vif du sujet puisqu’on se retrouve vite au fond de la gigantesque faille creusée par l’eau pendant des millénaires.
Il ne faut pas prendre à la légère les nombreux panneaux qui rappellent sans cesse qu’ici, il y a des risques importants de chutes de pierres. Il faut donc presser le pas car, renseignements pris, il paraît que ces chutes de pierres ne sont pas si rares et qu’elles peuvent s’avérer réellement dangereuses pour ceux qui passent en-dessous.
Et dans certains cas, ce qui s’est produit ici est bien pire que de simples chutes de pierres…
Une coulée de pierres impressionnante
Au petit matin, avant que la grosse chaleur estivale ne nous tombe dessus, la rando est très agréable, le long de la rivière et aux pieds de ces impressionnantes falaises, joliment striées par le temps.
On se sent minuscule au fond de ces gorges immenses, d’où l’on mesure mieux le travail incroyable fait par la nature.
Un kilomètre après l’entrée dans les gorges (c’est-à-dire 12 kilomètres après le départ depuis Xyloskalo), on arrive au point le plus connu des gorges : les Portes.
C’est l’endroit le plus étroit des gorges : 3 à 4 mètres de large seulement pour 300 mètres de haut ! Un couloir vertical vertigineux.
L’endroit est majestueux.
La rando se poursuit dans le lit de la rivière qui s’assèche au fur et à mesure qu’on avance. Ce qui n’enlève pas grand-chose aux paysages qu’on traverse au milieu de parois monumentales.
Il faut savoir que sur l’ensemble du parcours, il y a huit aires de repos avec des fontaines d’eau. La plupart d’entre elles comportent également des toilettes et parfois quelques tables sous les arbres. En gros, ces zones se succèdent tous les un à deux kilomètres environ.
Il est important de ne pas quitter le sentier. D’une part, pour des raisons de sécurité. D’autre part, pour préserver les espèces animales qui vivent ici. En effet, le tracé du sentier a été étudié pour ne pas empiéter sur leur habitat naturel, et ainsi ne pas les perturber. On peut donc les apercevoir de loin mais il ne faut pas sortir du sentier pour les approcher.
Il y a quelques rares endroits où la rivière offre une petite piscine naturelle aux visiteurs. L’eau est fraîche et le cadre impressionnant.
S’il fait chaud et que vous êtes fatigué/e par la rando, alors cette petite baignade vous requinquera en moins de deux.
Pour plus d’informations sur le parc national (par exemple, les avis d’urgence, les heures d’ouverture, les catégories de billets, l’itinéraire, la sécurité, etc.) ainsi que pour l’émission de billets électroniques, vous pouvez visiter le site web : site officiel gorges de Samaria
Comment organiser sa rando ?
La randonnée des gorges de Samaria n’est pas une rando en boucle (= on arrive à l’endroit d’où on est parti) mais une rando en ligne (= le point d’arrivée est différent du point de départ). Cela nécessite une organisation particulière, par exemple si on a laissé la voiture au point de départ. Il y a plusieurs options.
Option 1 : la rando clé-en-main
C’est l’option la plus simple car vous réservez la rando clé en main via un site spécialisé qui s’occupe de tout :
Le bus passe vous chercher à votre hôtel (en général à La Canée mais cela peut être ailleurs : Réthymnon…)
Le bus vous emmène à Xyloskalo, le village de départ de la rando.
Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Hora Sfakion.
Là, un nouveau bus vous attend et il vous ramène jusqu’à votre ville de départ (La Canée, Réthymnon etc.).
Les gorges de Samaria
Pour organiser cette journée de rando, vous pouvez vous adresser à votre hôtel, ou passer par l’un des sites spécialisés dans ce type d’activités : Get Your Guide Samaria etc.
Option 2 : se rendre aux gorges de Samaria en voiture
Cette option ressemble à la précédente sauf que là, vous devez tout organiser vous-même !
Vous devez vous rendre à Xyloskalo en voiture et la garer au parking (5 euros par jour). A titre indicatif, le trajet La Canée-Xyloskalo dure 1h00 à 1h10 pour 42 kilomètres.
Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Sougia (40 minutes de traversée). Le prix varie selon la saison, l’ordre de grandeur est de 15 à 20 euros par adulte. Il y a des réductions étudiants (prenez votre carte) et enfants. Le site de la compagnie pour réserver vos billets : Anendyk.
A Sougia, vous prenez un bus pour Xyloskalo où vous récupérez votre voiture. Le trajet dure 1h15 à 1h30 et coûte 7,50 euros par adulte. Le site de la compagnie de bus en Grèce pour réserver vos billets : Ktel. Attention : il est parfois préférable de réserver vos billets de bus quelques jours à l’avance, surtout en haute saison.
Le bon plan
Vous pouvez aussi dormir à Omalos (à 5 kilomètres de Xyloskalo). Les hôtels emmènent leurs clients au départ de la rando tôt le matin.
Cette option vous permet de dormir un peu plus que si vous veniez de La Canée, ou de commencer la rando avant la plupart de ceux qui ont dormi là-bas puisque contrairement à eux, vous n’avez pas la route à faire.
Option 3 : se rendre aux gorges de Samaria en bus
Cette option ressemble à la précédente, mais avec l’autonomie de la voiture en moins !
Vous prenez le bus à La Canée. Il faut réserver vos places quelques jours à l’avance via le site de la compagnie de bus en Grèce Ktel. Les différents départs ont lieu entre 6h00 et 9h00. Le bus vous dépose à Xyloskalo, lieu de départ de la rando. Notez que l’été, plus vous partez tôt, moins vous aurez chaud sur le parcours.
Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Hora Sfakion (la traversée dure une heure). Le prix varie selon la saison, l’ordre de grandeur est de 15 à 20 euros par adulte. Il y a des réductions étudiants (prenez votre carte) et enfants. Le site de la compagnie pour réserver vos billets : Anendyk.
A Hora Sfakion, vous prenez un bus pour La Canée. Le trajet dure environ 2h00 et coûte 9 euros par adulte. Le site de la compagnie de bus en Grèce pour réserver vos billets : Ktel. Attention : il est parfois préférable de réserver vos billets de bus quelques jours à l’avance, surtout en haute saison. Autrement, vous pouvez les acheter directement à la descente du bateau où se trouve un guichet.
L’embarcadère d’Agia Roumeli
Option 4 : se rendre à Agia Roumeli en bateau
Pour plus de détails sur cette question, rendez-vous en fin d’article dans les « infos pratiques » mais en quelques mots, disons qu’on peut prendre le bateau pour Agia Roumeli depuis Paleochora, Sougia, Loutro et Hora Sfakion, ainsi que depuis l’île de Gavdos.
On peut acheter les billets de bateau directement aux guichet situés dans chacun de ces ports, ou bien réserver à l’avance sur le site de la compagnie Anendyk.
Pour le retour, il peut être nécessaire de réserver à l’avance surtout en haute saison, le bateau étant souvent bien rempli. Si en plus l’état de la mer a empêché les bateaux de circuler la veille, il y aura deux fois plus de monde à embarquer…
Le guichet Anendyk de Sougia, face à l’embarcadère
Option 5 : les voyageurs itinérants
C’est sans doute l’option la plus fun car avec votre sac à dos, vous voyagez librement ! Vous n’avez donc pas à vous poser la question du retour à Xyloskalo ou La Canée après la rando puisque vous passez directement à l’étape suivante.
Vous prenez le bus pour Xyloskalo, lieu de départ de la rando. Il faut réserver vos billets quelques jours à l’avance via le site de la compagnie de bus en Grèce Ktel. Les départs ont lieu entre 6h00 et 9h00. Notez que l’été, plus vous partirez tôt, moins vous aurez chaud sur le parcours.
Vous marchez dans les gorges jusqu’à Agia Roumeli, le village d’arrivée.
En fin d’après-midi, vous prenez le bateau jusqu’à Hora Sfakion, Loutro, Sougia, Paleochora ou Gavdos, au choix selon la suite de votre périple. Il y a des réductions étudiants (prenez votre carte) et enfants. Le site de la compagnie pour réserver vos billets : Anendyk.
Le sentier de randonnée européen E4, au port de Sougia
Les activités
J’ai décrit ci-dessus l’activité phare d’Agia Roumeli, la randonnée des gorges de Samaria, et j’ai également évoqué encore au-dessus la randonnée vers le château.
Mais il y a d’autres activités possibles à Agia Roumeli, pour lesquelles il faut s’adresser aux hôtels du coin, y compris si l’on n’est pas client.
Canoë-kayak et stand-up paddle
Le Agia Roumeli Hotel est situé face à la mer, à 150 mètres du « centre » du village. D’un côté, on a vue sur la mer et de l’autre, vue sur la montagne…
Agia Roumeli Hotel
L’hôtel loue des canoë-kayaks, mais propose également des sorties encadrées en canoë-kayak sur des plages désertes sublimes, ou encore dans des grottes de marbre.
On peut également s’adresser à cet hôtel pour louer des vélos.
Enfin, si vous souhaitez y loger, il faut juste savoir que, sans être hors de prix, c’est quand même l’hôtel le plus cher d’Agia Roumeli.
Le Calypso Hotel est situé dans le centre du village, à deux pas de la mer et de la plage de Mashali, ainsi que de l’embarcadère.
Calypso Hotel
Le Calypso Hotel loue lui aussi des canoë-kayaks, ainsi que des SUP (stand-up paddles).
Nous n’y avons pas dormi mais nous y avons mangé, et l’accueil était très sympa.
Le snorkeling
Je l’ai déjà évoqué plus haut mais ma GoPro a dysfonctionné pendant ma session snorkeling, je ne peux donc publier aucune photo ici.
On peut faire du snorkeling partout où il y a des rochers à Agia Roumeli.
Des habitants m’avaient dit que c’était le long de la plage de Zeromouri (à gauche du village quand on est face à la mer) et juste après elle qu’il y avait les plus beaux spots de snorkeling du coin. Mais au final, j’ai été déçu : les fonds ne sont vraiment pas fous.
En partant de la digue (en fait un amas désordonné de rochers non naturels) située au bout de la plage centrale, on croise d’abord beaucoup de petits crabes graciles couleur bordeaux.
Puis on voit les poissons classiques en Crète : la jolie girelle-paon multicolore, des rougets, des sars communs et des sars à tête noire, quelques petits bancs de castagnoles et de mulets.
Dans la zone située face aux grottes de la plage, on croise pas mal de mérous juvéniles qui slaloment entre les petits rochers. J’y ai également vu un poisson-flûte d’une cinquantaine de centimètres de long juste à côté de moi, qui m’observait tranquillement en faisant du surplace.
Et le clou du spectacle, cent mètres plus loin : deux jolies rascasses volantes qui s’abritaient sous un rocher dans à peine un mètre cinquante d’eau.
Enfin, il paraît qu’il y a pas mal de poulpes mais pour ma part, j’ai eu beau les chercher, je n’en ai vu aucun.
Niveau flore, rien du tout !
Sous l’eau, les rochers sont gris, même en plein soleil dans un mètre d’eau, là où les couleurs explosent habituellement. Du coup, les fonds sont tristounets malgré les poissons, comme dans beaucoup d’endroits en Crète d’ailleurs.
En conclusion, la mer est superbe à Agia Roumeli vue de l’extérieur, mais elle est plutôt décevante dès qu’on met la tête sous l’eau.
Le sentier européen de grande randonnée E4
Du haut de ses 10.500 kilomètres de long, c’est tout simplement le plus long sentier de randonnée d’Europe ! Il commence en Espagne et se termine à Chypre, passant par 11 pays en tout. Sur le parcours, il traverse la Crète d’ouest en est.
Vers l’est, l’étape Agia Roumeli – Loutro vaut le détour, Loutro étant souvent considéré comme l’un des villages les plus beaux et les plus calmes de Crète.
Cette étape est réputée très jolie.
Distance : 15 km – Dénivelé : 350 m+ et 350 m- – Durée : 5 à 6 h – Difficulté : moyenne
On peut aussi n’en faire qu’une portion A/R, et revenir dormir à Agia Roumeli le soir.
Vers l’ouest, l’étape Agia Roumeli – Sougia peut être un bon plan si vous avez laissé la voiture à Sougia avant de faire la rando des gorges de Samaria. Car cela vous évite de prendre le bateau pour rentrer à Sougia. Mais attention, cette rando est plus difficile.
Cette portion du sentier vous fait découvrir les magnifiques gorges de Tripiti.
Distance : 22 km – Dénivelé : 1500 m+ et 1500 m- – Durée : 8 à 9 h – Randonnée difficile
Infos pratiques
Comment se rendre à Agia Roumeli ?
C’est bien simple, il n’y a que deux possibilités d’y aller : en bateau ou à pied (moyennant 16 kilomètres de marche dans les gorges).
Une seule compagnie maritime dessert Agia Roumeli : Anendyk Seaways.
Dans quelles villes peut-on prendre le bateau pour Agia Roumeli ?
Agia Roumeli est relié à quatre villages par bateau : Paleochora et Sougia à l’ouest, et Loutro et Hora Sfakion à l’est. On peut également prendre le bateau depuis l’île de Gavdos (à 60 kilomètres au sud).
Autrement, vous pouvez les acheter dans les guichets Anendyk de chaque port.
Embarquement à Sougia
A noter que, dans la mesure où la plupart des gens qui prennent le bateau du retour (pour quitter Agia Roumeli) ont fait l’aller à pied par les gorges, les bateaux sont généralement vides dans le sens de l’aller (vers Agia Roumeli), et pleins au retour (pour quitter Agia Roumeli).
Le bateau Sougia – Agia Roumeli…
… et le bateau Agia Roumeli – Sougia !
Attention
Il n’y a qu’un seul bateau qui quitte Agia Roumeli l’après-midi (vers 17h00 – 17h30) en direction de Paleochora (via Sougia), et un seul en direction de Hora Sfakion (via Loutro). Il ne faut donc pas le louper. A noter que les horaires varient selon la saison.
Autrement, comme il y a beaucoup de monde pour le retour notamment l’été, le bon plan consiste à acheter les billets du bateau au petit guichet du centre-ville dès que vous terminez la rando, sans attendre.
Comme ça, c’est fait et vous êtes sûrs d’avoir vos places même si, en pratique, Anendyk a tendance à vendre autant de billets qu’il y a de demandeurs. Mais le bateau est vite plein à craquer en haute saison.
Le guichet Anendyk d’Agia Roumeli
Peut-on embarquer sa voiture à bord ?
Oui ! Il est possible d’embarquer sa voiture sur le bateau, puis de circuler sur le minuscule réseau routier d’Agia Roumeli. Mais il est tellement réduit que la voiture n’est vraiment pas nécessaire.
Toutefois, il peut être utile d’emmener votre voiture avec vous si le village d’où vous venez n’est pas le même que celui où vous irez en quittant Agia Roumeli.
Par exemple, si vous venez à Agia Roumeli depuis Paleochora et que vous repartez en direction de Hora Sfakion, embarquer votre voiture sur le bateau vous évitera de retourner la chercher à Paleochora pour ensuite rejoindre Hora Sfakion par la route.
A l’aller vers Agia Roumeli, le parking du bateau est vide
Dans tous les cas, attention pour le retour : en haute saison, les voitures ne peuvent pas toujours toutes monter à bord.
Lors de notre trajet Agia Roumeli – Sougia en plein mois d’août, le parking du bateau était complet et quelques voitures sont restées à quai.
Il faut donc vous y prendre à l’avance, le plus sûr consistant à réserver vos billets, dont celui de la voiture, sur le site internet d’Anendyk (revoici le lien : Anendyk horaires et réservations). Et le jour du départ, n’arrivez pas sur le quai au dernier moment…
Attention aux impondérables !
Ne prévoyez pas cette rando la veille de votre avion du retour car lorsque les conditions de mer sont mauvaises, ce qui arrive parfois, les bateaux sont purement et simplement annulés. Prévoyez donc une marge…
Aucun bateau pour Agia Roumeli, Paleochora et Sougia ce jour-là à cause du mauvais temps
Y a-t-il des commerces dans le village ?
Avec une population de 125 habitants, il ne faut pas s’attendre à trouver tout ce que l’on veut à Agia Roumeli.
Il y a quand même une douzaine d’hôtels et autant de restaurants, ce qui montre bien l’impact du tourisme sur si peu d’habitants.
Un restaurant les pieds dans l’eau (plage de Mashali)
Il y a également deux toutes petites supérettes dans lesquelles on ne trouve que le strict nécessaire. On n’a que très peu de choix entre les différents produits.
Enfin, on trouve une boutique de souvenirs à l’hôtel Zorbas Studios.
Nous avons dormi dans cet hôtel et je dois souligner ici la gentillesse de son patron extrêmement serviable, Joseph.
L’hôtel est particulièrement bien placé et en plus, c’est le moins cher du village !
« Elafonissi est l’une des plus belles plages de Crète, si ce n’est LA plus belle. Voire même l’une des plus belles plages de Grèce ! »
Voilà ce que nous avons pu lire un peu partout avant d’aller en Crète, aussi bien dans les guides papier que sur de nombreux sites et blogs. Alléchés par ces descriptions unanimes, nous avons décidé d’aller profiter nous aussi de ce petit paradis crétois…
Une petite crique déserte sur l’île d’Elafonisi
Au final, je me demande si en grec, Elafonissi ne signifierait pas plutôt « grosse déception » voire « piège à c… »
Pour résumer, disons qu’il s’agit d’un site qui, à une époque, a bien dû être nature et sauvage… jusqu’au jour où un/e instagrammeur/euse l’a découvert. Il y a pris une tonne de selfies identiques devant quelques grains de sable rosâtres, puis a partagé massivement ses photos sur les réseaux.
Du coup, le site est vite devenu une destination branchée et surfaite. La conséquence, c’est qu’il est aujourd’hui pollué par le tourisme de masse alors que franchement, s’il est en effet plutôt joli, il n’a rien d’exceptionnel non plus. Surtout quand il est pris d’assaut par la foule et qu’il faut slalomer entre les selfie-addicts pour pouvoir sortir de l’eau !
Bref, en allant faire trempette dans les eaux translucides d’Elafonissi, puisque cela reste malgré tout un endroit incontournable en Crète, chacun se fera son propre avis. Voici le nôtre…
Sommaire
La plage d’Elafonissi est-elle aussi belle qu’on le dit ?
Première chose à faire pour nous en arrivant à Elafonissi : réserver des transats et leur parasol, en prévision de la journée bouillante qui nous attend en ce mois d’août (33° « seulement » mais avec un indice UV de 10 !).
La plage d’Elafonissi déserte, tôt le matin
Deuxième chose à faire, prendre des photos tant que le site est presque désert. Nous sommes arrivés tôt, parmi les premiers : il n’y avait que dix voitures sur le parking lorsque nous nous sommes garés, il y en aura des centaines lorsque nous partirons… Le but est donc de pouvoir profiter des lieux une heure ou deux tranquillement, avant l’arrivée du gros des touristes.
L’arrivée à Elafonissi
J’ai lu avant de venir qu’on trouvait facilement quelques jolies criques désertes en marchant à peine quelques minutes. J’ai envie de vérifier ça par moi-même. Il est tôt et comme les rares personnes présentes vont toutes à droite, je pars à gauche !
Les petites criques d’Elafonissi
C’est vrai que ces petites criques ne sont pas vilaines mais franchement, elles n’ont absolument rien d’exceptionnel non plus. Rien qui justifie en tout cas pour l’instant la réputation d’Elafonissi.
Il y a bien un petit ponton qui, cerné par des eaux d’un vert intense, s’avère plutôt photogénique.
Mais pour l’instant, je suis un peu déçu car je cherche LA superbe photo à faire, celle qui résumera à elle seule la beauté de cette plage soi-disant mythique et franchement, je ne vois rien d’exceptionnel.
Alors je marche, je marche mais comme je ne vois toujours rien qui sorte de l’ordinaire, je finis par photographier… un arbre mort !
Bon, avec la jolie mer verte en arrière-plan. C’est toujours ça de pris…
Je continue à marcher, je continue à chercher mais comme il n’y a toujours rien à photographier, j’en suis réduit à me rabattre sur… un drapeau !
Bon, je commence à comprendre que cette plage de rêve n’est peut-être pas vraiment une plage de rêve, finalement…
Pourtant, c’est vrai qu’en repassant devant le lagon, je m’aperçois que son eau est quand même belle et accueillante. D’autant plus que les accros au selfie ne sont pas encore arrivés en masse dedans.
Le lagon avant l’arrivée de la foule
Je décide d’aller jeter un œil de l’autre côté de la plage, vers la droite cette fois, comme tout le monde.
Nous ne sommes pas encore nombreux sur cette plage soi-disant mythique, mais les gens commencent à arriver quand même.
Je marche jusqu’au bout d’une jolie petite langue de sable blanc, sur laquelle je ne suis pas tout seul. Il faut ensuite traverser le lagon sur une cinquantaine de mètres, l’eau ne dépassant jamais le nombril.
Là, on arrive à Elafonisi : avec un seul « s », c’est l’île où je viens de poser les pieds, alors qu’Elafonissi avec deux « s », c’est la plage d’où je viens.
Et là, je comprends vite qu’Elafonisi va être beaucoup plus sympa, sauvage et nature qu’Elafonissi ! Et moins fréquentée. Tant mieux, je ne serai pas venu pour rien, finalement.
Sur cette île, si on n’a pas le droit de marcher n’importe où, c’est pour la bonne cause.
L’île d’Elafonisi, réserve naturelle protégée
Car l’île est classée réserve naturelle par le réseau européen Natura 2000 et en tant que telle, elle est protégée.
Cela signifie qu’on ne peut pas marcher dans les dunes, par exemple, ni collecter quoi que ce soit.
Le but étant de protéger la nature et entre autres, les quelques espèces végétales endémiques du coin.
Bizarrement, il y a beaucoup moins de monde ici, sur cette jolie petite île, que sur la plage d’Elafonissi, où les gens ne cessent d’arriver et de s’entasser au fil de la journée.
Les dunes sauvages d’Elafonisi
Un lis maritime
Et plus on marche vers le bout de l’île, moins il y a de monde.
Le littoral est constellé de jolies petites criques désertes. Ici, pas de transats et pas de parasols. Juste un ou deux naturistes, parfois.
Au bout de l’île, on peut apercevoir une grande croix en bois.
Elle commémore la mort de 38 passagers de l’Imperatrix, un bateau à vapeur autrichien qui fit naufrage ici en 1907.
Toutes les victimes furent enterrées sur l’île, et l’épave gît toujours dans les eaux d’Elafonisi.
A droite, la croix érigée en hommage aux naufragés de l’Imperatrix
En conclusion de cette première partie, je dirais simplement que l’île d’Elafonisi est à la fois moins connue, moins fréquentée mais plus jolie que sa voisine, la plage d’Elafonissi.
Elafonissi est-elle vraiment une plage de sable rose ?
C’est vrai qu’il y a un peu de sable rose à Elafonissi. Il se trouve toujours dans la zone où la mer vient lécher le sable.
Mais si vous avez déjà vu sur le web des photos du sable rose d’Elafonissi, alors autant vous le dire tout de suite : en arrivant là-bas, vous risquez d’être déçus. Pour deux raisons.
D’une part, il y a très peu de sable rose, il ne représente qu’une toute petite minorité du sable de quelques plages, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.
D’autre part, sur la plupart des photos publiées sur les blogs et les sites internet, les images ont été préalablement retouchées en saturant à l’excès les bleus du lagon, et surtout le rose du sable.
Par exemple, j’ai fait le test ici : voici ci-dessous l’original non retouché de la photo ci-dessus (qui, elle, a été légèrement modifiée).
La deuxième photo, qui est donc l’originale, est nettement plus fade que la première, dont je n’ai pourtant que peu saturé les couleurs. Sensiblement moins en tout cas que tout ce que l’on peut voir sur le web.
Voilà, ne vous attendez surtout pas à pouvoir admirer le sable rose vif que vous avez vu en consultant votre smartphone, car celui que l’on voit en vrai à Elafonissi ne correspond pas à celui qui pullule sur Internet. Si vous êtes conscients de ça, vous ne devriez pas être déçus une fois là-bas.
J’ajoute que souvent, dès qu’il y a quelques grains de sable rose, les gens font la queue pour les photographier ! D’un côté, c’est à la limite du ridicule mais d’un autre côté, je vous l’avoue : j’ai fait la queue moi aussi comme tout le monde pour immortaliser ces trois grains de sable pinky…
Enfin, rappelons que tout le site est une zone naturelle protégée. Ce qui signifie qu’il est interdit de ramasser du sable pour le ramener chez soi…
Mais au fait, pourquoi ce sable est-il rose ?…
Il y a deux versions, chacun choisira la sienne…. Commençons par la légende, tirée d’un événement historique.
Le 18 avril 1824, 800 personnes, essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards, se cachent sur l’île d’Elafonisi pour échapper aux soldats ottomans.
Ils attendent un bateau censé venir les sauver. Mais il n’arrivera jamais. Les soldats découvrent les fuyards, les massacrent presque tous et vendent les rares survivants comme esclaves.
Ça, c’est l’Histoire. Ensuite, selon la légende, c’est tout ce sang versé qui aurait donné au sable d’Elafonissi sa couleur rose actuelle…
Bon, il y a une deuxième version légèrement plus scientifique, selon laquelle les coquilles de mollusques roses en décomposition viennent se mélanger au sable, ainsi qu’à une infinité de micro-organismes pigmentés eux aussi de rose.
Elafonissi est-elle victime de son succès ?
La réponse est claire : oui !
Elafonissi est victime de son succès notamment en haute saison. La plage est alors assaillie par les touristes. Conséquence : sa beauté et son charme s’évanouissent instantanément. La preuve par l’image…
Quand on prépare son voyage sur Internet, on ne voit quasiment jamais ces images d’Elafonissi bondée. C’est dommage car du coup, on nous vend du rêve alors que la réalité est différente.
A fortiori en plein mois d’août, bien sûr. Justement, c’est la période à laquelle nous y sommes allés et il faut bien dire que dès le matin, la plage commence à se remplir. Du coup, le lagon aussi.
Les transats et les parasols à louer affichent complet assez vite, et tous les gens qui arrivent par la suite s’agglutinent sur la plage, en plein soleil. Et comme ici il tape fort, ils sont nombreux à se mettre rapidement à l’affût du premier transat ombragé qui se libère…
Pour terminer, je ne résiste pas à la tentation légèrement sadique (pardon, pardon…) de vous livrer un chiffre qui fait froid dans le dos : Elafonissi peut recevoir jusqu’à… 8000 touristes par jour ! Sans commentaires…
Comment éviter le tourisme de masse à Elafonissi ?
Nous sommes allés à Elafonissi en plein mois d’août, c’est-à-dire que nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’une fourmilière humaine. Je n’exagère pas tant que ça puisque vous avez vu les photos ci-dessus.
Alors, si vous non plus vous n’avez pas la possibilité de vous y rendre hors saison, nous avons deux conseils à vous donner, ainsi qu’une alternative à vous proposer, pour esquiver au mieux cette concentration de touristes :
Arriver tôt le matin. Comme je l’ai évoqué précédemment, notre voiture était la onzième sur le parking en arrivant le matin. Quand nous sommes repartis l’après-midi, il y en avait des centaines, sans compter les bus qui manœuvraient comme ils pouvaient au milieu de toutes ces voitures. Tôt le matin, il y a peu de monde sur la plage et on peut en profiter une heure ou deux dans des conditions de fréquentation plus que correctes, y compris en août : on le sait, on y était !
La plage et le lagon tôt le matin en plein mois d’août
Privilégier l’île d’Elafonisi. C’est paradoxal voire incompréhensible : l’île d’Elafonisi a beau être sensiblement plus jolie et beaucoup plus sauvage que la célèbre plage d’à côté, elle est pourtant nettement moins fréquentée. De plus, la plupart de ceux qui s’y rendent ne vont pas bien loin, donc si vous marchez un peu plus longtemps qu’eux (5 ou 10 minutes à peine) sur le littoral de l’île, vous trouverez vite une jolie petite crique rien que pour vous.
Une petite crique sur l’île d’Elafonisi
Le bon plan : si vous voulez arriver tôt à la plage sans pour autant vous lever aux aurores, vous pouvez dormir sur place. En effet, il y a un hôtel à 5 minutes de marche de la plage : Elafonisi Resort. D’apparence presque luxueuse, c’est un hôtel 3 étoiles aux tarifs tout à fait corrects. A titre de comparaison, les nombreux touristes qui viennent à Elafonissi à la journée depuis La Canée ont 1h20 à 1h30 de route alors que depuis Elafonissi Resort, c’est 5 minutes à pied. En arrivant ainsi tôt le matin, la plage ne sera rien que pour vous !
L’alternative : la plage voisine de Kedrodasos
Si nous avions un conseil à donner, ce serait le suivant : arriver tôt le matin à Elafonissi (par exemple en dormant à Elafonisi Resort), puis y passer une partie de la matinée jusqu’à ce que le pression touristique commence à devenir pénible.
Il suffit alors de se rendre à la plage voisine de Kedrodasos (à 2 kilomètres) beaucoup plus sauvage, au moins aussi jolie et tellement moins mais tellement moins fréquentée…
Elle est accessible en voiture, mais aussi à pied, en suivant le balisage du chemin de rando E4.
Nous lui avons consacré un article à part entière :
Contrairement à ce que l’on peut lire sur de nombreux sites et blogs, le parking de la plage d’Elafonissi n’est pas gratuit ! Ou du moins il ne l’est plus. Vous devez garer la voiture en arrivant, puis vous payez en repartant (3 à 5 euros selon l’éloignement de la plage).
Louer un transat et un parasol
L’idée de devoir payer pour avoir droit à un bout de plage est plutôt inconcevable pour nous, tant nous sommes habitués à notre bonne vieille côte Aquitaine, dont les plages à perte de vue offrent du sable gratuit à tout le monde.
Et pourtant, à Elafonissi, cela nous semble plutôt une bonne idée de louer transats + parasols, surtout l’été tellement il y fait chaud. Transats et parasols deviennent alors un petit luxe très agréable… mais convoité !
En effet, pour louer transats + parasols en haute saison, il faut s’y prendre tôt car il n’y en a pas pour tout le monde. Quand tout est complet, les estivants posent leur serviette sur la plage mais dès qu’ils commencent à bouillir, il s’approchent des transats pour se jeter sur le premier qui se libère.
Le prix : 20 euros par jour pour deux transats et leur parasol. Et si vous êtes en nombre impair, c’est 5 euros seulement le transat supplémentaire.
Côté pratique : douches et toilettes
Il y a des douches gratuites à l’entrée de la plage, ainsi que des toilettes payantes (1 euro)
Les activités nautiques
Bonne nouvelle : contrairement à Balos Beach, les activités nautiques sont possibles à Elafonissi.
Pour le kayak et le paddle, vous pouvez vous adresser sur place au plagiste Aquaholics.
Kayak encore mais aussi jet-ski, kite-surf et même… flyboard : Elafonisi Kite – info@elafonisi-kite.gr
Se restaurer
Il y a deux petits snacks sur la plage, où l’on peut acheter de quoi survivre une journée au soleil : on y trouve à la fois de quoi manger (pizzas, glaces etc.) et des boissons fraîches.
Mais si vous décidez de passer la journée sur les plages et les criques de l’île, soyez prévoyants : apportez à manger car il n’y a aucune construction là-bas. N’oublions pas que l’île est protégée.
Que faut-il apporter à Elafonissi ?
En toute saison, il faut prévoir de la petite monnaie si l’on veut aller aux toilettes (1 euro) ainsi qu’un peu d’argent si l’on veut consommer (repas, boissons).
L’été, des bouteilles d’eau sont indispensables tellement il fait chaud. A titre d’exemple, en une journée, nous avons épuisé notre stock de 7 litres d’eau à 4… puis acheté 2 litres supplémentaires en partant !
De même, un petit parasol peut s’avérer très utile si vous ne voulez pas en louer un, ou si vous prévoyez de passer la journée sur l’île. Et bien sûr, crème solaire, casquette…
La Crète a beau être une île pas si grande, elle accueille quand même 5 millions de visiteurs chaque année ! Il est donc devenu difficile de dénicher des lieux préservés du tourisme, a fortiori sur la côte et pendant l’été. Pourtant, il en existe encore quelques-uns, et Lendas en fait partie.
Lendas, entre mer et montagnes
C’est un petit village tout blanc qui compte… 53 âmes ! Il est niché dans une petite crique aux pieds des montagnes. Le lieu est éloigné de la plupart des transports en commun ainsi que des sites les plus visités de l’île. C’est cet isolement qui le place en dehors des itinéraires touristiques classiques, et c’est tant mieux.
Le village, qui comprend un petit site archéologique intéressant et désert, est donc plutôt destiné à ceux qui veulent profiter de la Crète hors des sentiers battus, à un rythme paisible, dans le calme, la tranquillité et les jolis paysages. Bref, c’est un endroit où il fait bon vivre…
Lendas est situé à 70 km au sud d’Héraklion, ce qui prend quand même 1h20 en voiture, à cause des routes sinueuses qui montent et descendent à travers les montagnes.
Juste avant d’arriver à Lendas, on est accueilli par une jolie petite église orthodoxe qui domine la grande bleue.
Lendas est un petit village de pêcheurs qui s’est orienté au fil du temps vers le tourisme même si, encore une fois, il s’agit d’un tourisme modéré et largement maîtrisé.
En me baladant dans les alentours du village pour le photographier, quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver nez-à-nez avec un morceau de colonne datant de l’Antiquité !
Une pièce archéologique en pleine nature, à Lendas
Elle était posée là, au milieu de nulle part, entre la montagne d’un côté et la mer de l’autre.
Pour l’apercevoir, il suffit de marcher quelques minutes sur le petit chemin côtier, juste après la plage du village, en direction de l’est…
La même colonne, vue de l’autre côté
Je comprendrai plus tard qu’elle fait partie d’un site archéologique situé à proximité (voir plus bas).
Se balader dans le village et sur les petits chemins des alentours est l’une des rares activités qui sont possibles à Lendas.
Lendas
Le « centre-ville » est agrémenté d’une petite plage mignonnette.
On peut y louer des transats qui sont posés à l’ombre de gros arbres et de parasols.
On peut prendre un verre ou manger un morceau dans l’un des bars et restaurants qui donnent sur la plage.
Et même quand il y a un peu de monde (comme c’était notre cas en plein mois d’août), on ne se sent pourtant pas comprimés contre les autres.
La plage du village
Et justement l’un des atouts de Lendas, ce sont ses restaurants situés tout le long du petit front de mer. Ils proposent bien sûr la pêche du jour, mais également de nombreuses spécialités grecques.
La terrasse ouverte du restaurant Porto Lenta
Ici, la coutume veut que les clients entrent dans les cuisines pour voir tous les plats qui sont au menu, histoire de les aider à faire leur choix. Le plus souvent, le personnel propose d’emblée cette visite en cuisine mais s’il ne le fait pas, il ne faut pas hésiter à le demander : c’est la tradition.
Le site archéologique
Juste au-dessus du village se trouve un petit site archéologique méconnu. Il s’agit du temple d’Asclepios, construit au IVe siècle avant notre ère.
Dans la mythologie grecque, Asclepios n’était pas n’importe qui : il était à la fois dieu de la médecine et fils d’Apollon !
Les ruines du sanctuaire d’Asclepios
A cette époque, une source minérale fut découverte ici. Les riches romains d’Afrique du Nord venaient s’y faire soigner car on prêtait à cette eau certaines vertus thérapeutiques. C’est ce qui a fait prospérer ce sanctuaire. Jusqu’en -46, quand un tremblement de terre le ravagea en partie.
Les deux seules colonnes de marbre encore debout du temple d’Asclepios
Le vestige le plus notable du site est une mosaïque posée sur le sol, qui représente un hippocampe. Non pas le poisson que nous connaissons, mais l’animal marin de la mythologie grecque, qui était constitué de la tête et des pattes avant d’un cheval, avec le corps et la queue d’un poisson.
Cette mosaïque originale a le mérite de changer un peu des vestiges antiques que l’on voit un peu partout en Crète.
L’hippocampe mythique du temple d’Asclepios
N’étant pas un spécialiste de la Grèce antique, je ne sais pas ce que vaut ce sanctuaire d’Asclépios. J’imagine que son importance est relativement mineure, sinon il serait bien plus connu et fréquenté.
Pourtant, il présente deux avantages pour les néophytes comme moi. D’une part, il est situé dans un joli cadre, aux pieds de la montagne et face à la mer. Et d’autre part, et bien il n’y a pas un chat ! Même en plein mois d’août, on se retrouve facilement tout seul à le visiter.
L’hippocampe est l’animal mythique qui tractait le char de Poséidon
Contrairement à ce qu’indique un panneau posé sur une vieille clôture rouillée, l’entrée est libre 24h/24.
De plus, elle est gratuite.
En conclusion, on fait assez vite le tour du temple d’Asclepios car il y a finalement peu de vestiges à voir. Mais mon ressenti, c’est que c’est un régal voire un privilège de pouvoir profiter tout seul de ce petit site antique désert, situé dans un joli cadre naturel.
Mais la visite n’est pas terminée ! Car non loin de là se trouve une petite église byzantine.
L’église Saint-Jean l’évangéliste
Tout autour d’elle sont disposés des vestiges du sanctuaire d’Asclepios : morceaux de colonnes en marbre, vieilles pierres etc.
L’église byzantine Saint-Jean
Malgré le peu de vestiges qu’il comporte, le temple d’Asclepios est classé par l’Unesco comme un point d’intérêt de la Crète : Unesco Asclepios Lendas.
Comment se rendre au temple d’Asclepios ?
Il n’y a rien de plus simple !
Il faut d’abord prendre la route en direction de Lendas. Puis juste avant d’atteindre le village, il suffit de bifurquer en direction de la petite église Saint-Jean évoquée ci-dessus. Le temple est situé à 50 mètres de là. Si vous arrivez de l’est, vous tournez à droite, et si vous arrivez de l’ouest, vous bifurquez à gauche. Dans les deux cas, vous apercevrez l’église non loin.
Autour de Lendas
Comme indiqué précédemment, il n’y a pas énormément de choses à faire à Lendas. Ni autour, d’ailleurs. Ici, le but principal est de profiter et de se ressourcer. Bref, de vivre au rythme crétois.
La côte, à l’est de Lendas
Toutefois, si l’on se balade en voiture sur la route qui quitte Lendas vers l’est, le littoral est assez joli et il comporte régulièrement de petites plages.
Le littoral et ses plages, à la sortie de Lendas
Et dès qu’on s’éloigne du village, elles sont à peu près désertes.
On peut également faire de jolies balades à pied le long de la côte, sur des petits chemins sans difficultés qui surplombent la mer.
Conclusion
Lendas est un agréable petit village calme et peu fréquenté, destiné notamment à ceux qui veulent flâner et se reposer pendant quelques jours.
On peut aussi s’y poser juste un jour ou deux si par exemple on vient de faire un périple fatigant à travers la Crète.
En revanche, si vous avez toujours besoin de bouger, de visiter et de crapahuter, alors n’y passez pas plus d’une demi-journée : vous vous y ennuieriez…
Hébergements : bon à savoir
Nous avons dormi au Gaitani Village, qui propose des appartements à un tarif avantageux (65 euros l’appartement pour 4 personnes en plein mois d’août, c’est le moins cher de tous nos hébergements pendant 15 jours en Crète, et de loin !). Les appartements sont propres et fonctionnels, il y a une piscine extérieure et le personnel, qui est originaire d’ici, est accueillant. Nous le conseillons donc.
Toutefois, avec les quelques hébergements situés juste à côté, il est un tout petit peu éloigné du centre du village. A vol d’oiseau, il semble être juste à côté mais on ne peut y aller que par la route, même à pied, et cette route, elle fait un bon petit détour. En plus, elle comporte du dénivelé, ce qui peut s’avérer pénible dans le sens de la montée, notamment sous la chaleur écrasante de l’été.
Si l’on veut profiter plus facilement du village, c’est-à-dire de ses bars, de ses restos, de ses boutiques et de sa plage, il peut être préférable de payer un peu plus cher pour être hébergé sur place. Même si, depuis Gaitani Village, il suffit d’un coup de voiture de quelques minutes.
Voilà, maintenant que vous êtes informés, vous n’avez plus qu’à faire votre choix…
Balos Beach est l’un des joyaux de la Crète : avec son lagon turquoise, ses plages de sable blanc et la grosse île rocheuse qui la protège, la plage de Balos a des allures de carte postale qu’on n’est pas près d’oublier.
L’île de Tigani et la plage de Balos
Le revers de la médaille ? Une forte fréquentation touristique, qui atteint carrément un rythme industriel l’été !
Alors voici comment optimiser la visite de ce site d’exception sans qu’elle soit gâchée par une telle foule, y compris pour ceux qui, comme nous, s’y rendent au pire moment de l’année : en plein cœur du mois d’août…
Balos Beach est souvent présentée comme l’une des deux plus belles plages de Crète, et ce n’est pas nous qui dirons le contraire !
La première image que l’on a du site est l’île de Tigani.
Au fond, Tigani
Cette espèce de grosse colline rocheuse a le mérite de protéger toute la zone contre la mer et les vents du large : c’est elle qui permet au calme de régner sur les lagons.
L’île de Tigani et les bancs de sable de Balos
Mais ce site très nature comporte aussi d’autres paysages.
Balos Beach et son lagon. Au fond, l’île de Gramvousa.
On peut faire des rencontres à Balos
En marchant quelques minutes, on découvre notamment quelques jolies petites criques. Jusqu’en milieu de matinée, elles sont plus ou moins désertes.
Un peu plus tard dans la journée, les estivants commencent à arriver mais l’été, c’est toute la lagune qui est littéralement assaillie par les touristes (voir plus bas).
Voilà pour le décor.
Que peut-on faire à Balos ?
Pour commencer bien sûr, on s’y baigne ! L’eau est tiède voire chaude une bonne partie de l’année. Elle est translucide et peu profonde. Sa couleur dominante, le turquoise, lui donne des airs de petit paradis tropical.
Pour le farniente sur la plage de sable blanc, il ne faut pas hésiter à prévoir un parasol l’été car le soleil tape vraiment fort (indice UV : 10 !). On peut aussi louer sur place le combi transat/parasol (10 euros par jour et par transat) : le parasol en dur est planté dans le sable, on loue donc en quelque sorte le transat ombragé qui est juste dessous !
L’île de Tigani, la plage, les lagons…
Si vous avez plutôt la bougeotte, vous pouvez marcher jusqu’en haut de l’île de Tigani, d’où la vue sur le lagon est imprenable.
En revanche, les activités nautiques ne sont pas possibles à Balos car le site est protégé par le programme européen Natura 2000. Le but consiste à préserver la faune et la flore locales.
On trouve ainsi à Balos trois espèces végétales uniques au monde, ainsi que des faucons pèlerins, des cormorans, des phoques méditerranéens ou encore des tortues marines (la Caouanne).
Comment se rendre à Balos ? Les bons plans…
Avant d’aller à Balos, nous avions lu un peu partout qu’il existait essentiellement deux façons de s’y rendre : en voiture et en bateau. Et parfois une troisième : à pied.
En fouillant un peu, nous avons découvert deux moyens beaucoup plus fun d’y aller : en quad et en jet-ski ! Et en effet, ces deux modes de transport présentent de nombreux avantages par rapport à la voiture et au bateau…
En voiture
La voiture est le moyen de transport classique pour se rendre à Balos.
Mais avant d’entrer dans les détails du parcours et des pièges à éviter, parlons du prix d’accès à Balos ! Rassurez-vous, il est modique mais il ne faut pas oublier d’avoir quelques pièces sur soi !
A quelques kilomètres de l’arrivée, il faut payer un droit d’entrée de 1 euro par personne (en contrepartie de la protection de la zone par le programme Natura 2000 évoqué plus haut).
Puis au bout de la route, il faut payer la place de parking dont le tarif est unique, quels que soient le véhicule et la durée du stationnement : 3 euros la place.
Venons-en au parcours et à ses particularités. Depuis La Canée par exemple, la distance est de 52 kilomètres, que l’on parcourt en 1h15 à 1h30 environ.
Pourquoi un temps de trajet si long pour une distance si courte ? Tout simplement parce que les 8 derniers kilomètres se font sur une piste caillouteuse plus ou moins accidentée, qui oblige à rouler très lentement.
La piste cabossée qui mène à la plage de Balos.
Cette piste, qui est large et ne présente pas de danger particulier, est tout à fait praticable en voiture pourvu qu’on roule lentement. Mais le problème, c’est qu’elle est interdite aux voitures de location par les loueurs (à part aux 4×4 bien sûr).
Et pourtant, la plupart des touristes se rendent quand même à Balos avec leur voiture de loc. Certains prennent soin de leur véhicule en roulant lentement, d’autres sont beaucoup moins précautionneux…
Ne tombez pas dans le piège !
Pour y remédier, lors de la restitution du véhicule, de plus en plus de loueurs vérifient à l’aide du traceur GPS de la voiture si leur client s’est rendu à Balos, ou pas. Si oui, ils lui facturent une pénalité qu’ils prélèvent directement sur la caution. Tous les loueurs ne le font pas, mais cette pratique est de plus en plus fréquente. Alors faites attention, un conducteur averti en vaut deux…
Afin d’éviter ça, nous avions décidé de louer un 4×4 à la journée pour aller à Balos. Le problème, c’est que très peu d’agences en louent. Et les rares d’entre elles que nous avons trouvées, aussi bien à La Canée qu’à Kissamos, avaient tous leurs 4×4 réservés pendant une semaine environ. Impossible pour nous d’intégrer un tel délai à notre planing.
Nous commencions donc à nous résigner à l’idée de prendre un bateau au milieu de centaines d’autres touristes pour aller à Balos, jusqu’à ce que nous apercevions des quads dans l’une de ces agences : coup de foudre immédiat et marché conclu !
En quad : le bon plan !
Le calcul est simple : plutôt que de prendre le risque de payer une pénalité au loueur de voitures si, malgré l’interdiction, on s’est rendu à Balos avec le véhicule de location, il est plus rentable de payer directement la location d’un quad, à Kissamos par exemple : le quad pour deux personnes nous est revenu à 100 euros la journée.
En plus de ça, le gros avantage, c’est que sur cette fameuse piste cahoteuse d’accès à Balos, on va beaucoup plus vite en quad qu’en voiture.
D’abord, on les double lentement pour ne pas leur projeter de cailloux dessus, mais on peut accélérer immédiatement après, ce qui les laisse littéralement sur place, loin derrière nous.
C’est carrément jubilatoire.
Et il y a un dernier avantage, c’est que par temps chaud, on reçoit de l’air en permanence et qu’au niveau des sensations, c’est tellement plus agréable que d’être enfermé dans une voiture. Bref, dans les jolis paysages côtiers qu’on traverse, on éprouve un sentiment grisant de liberté.
Des fabricantes de feta nous barrent la route…
Pour en terminer avec les quads, précisons que comme pour les voitures, le prix d’accès à Balos est de 1 euro par personne, et celui du parking de 3 euros par quad.
Où louer un quad ?
Ce sont certaines agences de location de voitures qui louent parfois également des quads. Nous avons loué les deux nôtres pas très loin de Balos (15 km), à Kissamos, chez Sunset Rental.
L’agence est tenue par un jeune couple de slovaques très accueillants et serviables. Ils sont à l’écoute, ils prennent le temps de répondre aux questions et ils donnent de bons conseils.
Outre des quads, ils louent bien sûr tout le reste : voitures, motos…
Le prix du quad (pour deux personnes) commence à partir de 100 euros la journée.
Il n’y a pas que nous qui avons apprécié Sunset Rental puisque sur Google, au moment où j’écris ces lignes, ils ont la note maximale (5,0 sur 5), évalués par… 169 avis !
En bateau
Pour se rendre à Balos par la mer, il existe deux ports de départ.
Il faut prendre le bateau soit à Kissamos, soit à Falassarna.
Le temps de navigation pour arriver au lagon de Balos est d’environ une heure depuis Kissamos, et d’une trentaine de minutes depuis Falassarna.
On peut se contenter de prendre le ferry, qui fait juste la navette à Balos. On réserve les places aux horaires que l’on souhaite pour l’aller et le retour. A noter que la plupart des ferries transportent quand même entre 300 et 1.000 passagers chacun !
On peut aussi choisir une excursion. Les options sont alors nombreuses et souvent similaires : le bateau fait un arrêt à Balos (dont la durée varie selon les formules et les prestataires), puis un autre sur l’île de Gramvousa, située à proximité. Il y a la possibilité de faire ces excursions en groupes sur des bateaux plus ou moins gros, mais aussi de les privatiser, ou encore de louer un fast-boat etc. Bref, les possibilités sont nombreuses.
Un petit ferry traverse les eaux cristallines de Balos Lagoon
Pour choisir, le mieux est de se rendre sur place, à Kissamos ou à Falassarna, afin de comparer les offres et choisir celle qui convient le mieux. Toutefois, si vous préférez réserver via Internet, voici quelques liens :
Balos Travel, Blue Daily Cruises, Cretan Daily Cruises : prendre le ferry pour Balos et/ou Gramvousa. Pas d’excursion, on fait juste l’aller-retour. En haute saison, les prix varient entre 30 et 40 euros par adulte (et entre 15 et 20 euros environ par enfant, selon les prestataires).
Balos Travel et Falassarnacruise : visite de la lagune de Balos et de l’île de Gramvousa. Depuis Falassarna. 12h00-18h00, 50 euros par personne.
Check Yeti : excursion en fast-boat, balade privatisée, bateau-navette etc. bref, de nombreuses façons de se rendre à Balos, à tous les prix. Depuis Kissamos et Falassarna, mais aussi La Canée.
Get Your Guide : croisière privée sur un petit hors-bord, 300 euros le groupe de 5 personnes maximum. Visite de la lagune de Balos et de l’île de Gramvousa. Durée : 2 heures. Depuis Falassarna.
Un ferry amarré à Balos
En jet-ski : l’autre bon plan
De même que le quad est une très bonne option pour concurrencer la voiture quand on se rend à Balos, le jet-ski constitue une excellente alternative au bateau.
Il faut préciser tout de suite le principal inconvénient du jet-ski : son prix. Il faut compter en effet entre 200 et 250 euros selon les formules pour un jet-ski de deux personnes. La durée est généralement de deux heures.
Il faut également savoir qu’on navigue en petits groupes de quelques jet-skis. Mais pas trop nombreux heureusement. Pour le seul groupe que nous avons vu, ils étaient six jet-skis seulement, avec le semi-rigide qu’ils suivaient.
Au final, si vous souhaitez découvrir les beautés de la lagune de Balos sans y passer la journée entière, l’excursion en jet-ski de deux heures peut s’avérer idéale. En tout cas, elle est nettement plus ludique que l’option des ferries. Et avec la promiscuité en moins…
Comme pour le bateau, les départs en jet-ski pour Balos ont lieu depuis Falassarna et Kissamos. Le mieux est d’aller sur place pour comparer les offres et faire son choix, sinon, on peut aussi réserver via les liens suivants (qui sont un tout petit peu plus chers puisqu’ils prennent leur petite commission au passage) : Check Yeti, Get Your Guide, Tripadvisor etc. Mais l’avantage, c’est qu’on peut anticiper en réservant à l’avance, même quand on n’est pas sur place.
A pied
Si vous êtes plutôt sportif/sportive, et si vous préférez faire le trajet en pleine nature plutôt qu’enfermé dans une voiture ou un bateau, alors il existe aussi une option pour vous : rejoindre Balos à la force des mollets !
En effet, il existe un petit chemin de randonnée de 9 km dont le départ est situé à Falassarna, non loin de la jolie plage du même nom. La durée moyenne de cette rando est de 5 à 6 heures.
Nous ne l’avons pas faite mais si ça vous intéresse, vous pouvez consulter son compte-rendu plutôt intéressant sur le blog suivant, spécialisé sur la Crète : île de Crète.
Comment éviter la foule à Balos ?
Nous ne sommes pas trop mal placés pour répondre à cette question puisque nous sommes allés à Balos mi-août. C’est-à-dire au pire moment de l’année ! Et mi-août, voici à quoi ressemble la plus belle plage de Crète…
Avouez que ça ne donne pas trop envie. Allez, une petite dernière pour se faire du mal…
Bon, ne croyez pas que je veuille vous dégoûter d’aller là-bas, c’est même exactement le contraire. Alors si vous voulez fuir cette promiscuité et profiter de ce superbe lagon qui est vraiment incontournable lors de tout voyage en Crète, il n’y a pas de solution-miracle bien sûr, mais voici quand même quelques tuyaux. Ils ont peut-être l’air évidents, mais ils sont surtout efficaces.
Choisir la bonne période
Oui, je sais bien, on ne part pas toujours quand on veut. La preuve, nous sommes nous-mêmes allés là-bas en plein mois d’août ! Mais il faut bien que j’évoque ici les meilleures périodes pour se rendre à Balos.
Donc, pour bénéficier de la meilleure météo avec le moins de touristes possible, le meilleur compromis est le mois d’octobre : la température moyenne est de 20°C chaque jour (mais c’est une moyenne du matin au soir, donc il fait sensiblement plus de 20° l’après-midi), l’eau est encore bonne (23 à 24°C), les précipitations sont très faibles, et l’affluence touristique commence enfin à chuter.
Le mois de mai est une bonne période également, mais l’eau est plus fraîche (19 à 20°C).
Juin est une période correcte mais les touristes commencent à arriver en nombre.
Évidemment, en juillet, août et dans une moindre mesure septembre, la surfréquentation touristique est importante.
Mais bien sûr, on ne fait pas toujours ce qu’on veut : si, comme nous, vous ne pouvez aller en Crète qu’en haute saison, alors il reste quand même un moyen de profiter de Balos en esquivant la foule…
Se rendre à Balos tôt le matin ou en fin de journée
Nous sommes arrivés sur la plage de Balos vers 8h20 un 11 août : à notre grande surprise, il n’y avait que très peu de monde, comme le montrent les premières photos qui illustrent cet article. Et si vous arrivez encore plus tôt, vous serez donc quasiment seuls…
Le lagon de Balos au petit matin, désert en plein mois d’août
Vers 10h00 ou 11h00, les voitures qui continuent à arriver au parking commencent à le saturer, ce qui signifie que ces touristes qui arrivent à la plage sont assez nombreux. Mais le site est suffisamment vaste pour que cela ne soit pas encore trop gênant à ce moment-là : il y a encore du sable blanc et de l’eau turquoise pour tout le monde.
C’est seulement quand les premiers ferries déboulent dans le lagon que ça se gâte fortement. Car ils débarquent des hordes de touristes à longueur d’après-midi ! Toutefois, le premier ferry n’arrive qu’entre 11h30 et 12h00, ce qui nous laisse donc la matinée pour bien profiter des lieux.
C’est à partir de midi que Balos prend des airs de plage bondée et si vous n’avez pas envie de partager votre coin de serviette avec des inconnus, c’est le moment de partir (bon là, j’exagère un peu, on n’est quand même pas si serré). Vous aurez malgré tout eu le temps d’en prendre plein les yeux et de profiter de ce site incontournable pendant plusieurs heures.
Si vous n’êtes pas des lève-tôt, il y a aussi une solution pour vous : venez en fin de journée. Car le dernier ferry quitte les lieux entre 16h30 et 17h00. A partir de là, la plage retrouve son calme et vous pourrez vous aussi savourer tranquillement Balos.
Les touristes font la queue pour repartir avec le dernier ferry du jour, peu avant 17h00
Ainsi, si vous voulez optimiser votre fin d’après-midi, l’idéal est d’arriver au parking entre 15h30 et 16h00 : le temps de marcher jusqu’à la plage (une vingtaine de minutes, voir plus bas), elle se sera en grande partie vidée quand vous y poserez les pieds, et il vous restera encore assez de temps pour en profiter.
Optimiser son temps
Une bonne option, a fortiori si vous n’êtes pas des lève-tôt, consiste à dormir le moins loin possible de Balos (rappelons que c’est une zone protégée, il n’y a donc aucun hébergement sur place).
Cela permet d’arriver à cette plage avant tout le monde, mais sans avoir à se lever aux aurores. Ce qui peut faire gagner pas mal de temps, qu’on choisisse d’y aller au petit matin ou en fin d’après-midi.
L’île de Tigani
En effet, la plupart des touristes qui visitent la lagune de Balos dorment assez loin : à La Canée (52 km), Paleochora (58 km) ou Réthymnon (110 km). Pire encore, assez nombreux sont ceux qui font l’aller – retour dans la journée depuis Héraklion (située à près de 200 km, soit plus de 6h00 l’aller-retour !). Ces nombreux touristes n’arrivent donc pas à Balos tôt le matin et ne peuvent pas savourer la lagune quand elle est déserte. Contrairement à ceux qui, du coup, y arrivent au petit matin.
Le bon plan consiste donc à dormir à proximité : à Kissamos (située à 15 km et 45 mn de Balos) ou mieux encore : à Trachilos (12 km, 35-40 mn) ou Kaliviani (10 km, 35 mn), juste avant la piste caillouteuse.
Attention, ce sont deux tout petits villages : il y a 136 habitants à Kaliviani et 74 à Trachilos ! Mais il y a de belles plages peu fréquentées juste à côté.
Pour vous donner un ordre d’idée, nous étions logés à La Canée (52 km de Balos) et nous nous sommes levés à… 5h45 ! Ouille ! Nous devions récupérer les deux quads à Kissamos (15 km de Balos), où l’agence ouvrait à 7h00. Nous avons dû y passer un peu de temps, même si les formalités avaient été accomplies la veille. Nous sommes arrivés à la plage de Balos vers 8h20.
Si c’était à refaire, nous choisirions un hébergement sur Kaliviani.
Infos pratiques
Le parking
Pour rappel, le prix de la place de parking est forfaitaire : 3 euros le véhicule, quel qu’il soit.
Attention : le parking peut être complet dès 10h00 ou 11h00. Il faut alors se garer sur le bord de la route avant d’arriver au parking, parfois même assez loin en haute saison.
Au fil de l’après-midi, les places se libèrent au fur et à mesure que les touristes quittent la plage. Il y a alors un peu plus de possibilités de se garer à ce moment-là.
En revenant de la plage, l’exotisme des lieux fait que si vous retrouvez le capot de votre voiture tout cabossé, vous pourrez dire adieu à votre caution…
La marche, du parking à la plage, A/R
Une fois le véhicule garé sur le parking, il faut marcher sur un chemin accidenté d’un peu moins de 2 kilomètres. La première partie ressemble à un chemin de randonnée classique, sans réelle difficulté.
Puis c’est dans la deuxième partie que commence vraiment la descente, via de nombreuses marches irrégulières en pierres.
Les différents points de vue tout au long du trajet valent le détour, et le temps nécessaire pour arriver à la plage dépend du nombre d’arrêts photos que l’on fait.
Une petite habitante de Balos, sur le chemin du retour
Si à l’aller le chemin descend, forcément au retour il monte ! Mais si je mentionne cette évidence, c’est parce que le retour peut s’avérer éprouvant, notamment par temps de fortes chaleurs. Il est alors indispensable de prévoir de l’eau ainsi que toute protection contre le soleil.
Au fond à gauche, l’île de Gramvousa
Que faut-il apporter avec soi ?
Les indispensables (surtout l’été)
L’eau : à quatre, nous avons bu 8 litres d’eau en une journée ! Pour qu’elle ne se réchauffe pas trop au point de devenir imbuvable au fil de la journée, nous avons pour habitude de congeler nos bouteilles d’eau la veille, et de mettre dans le frigo celles qui ne rentrent pas dans le congélateur. Ensuite, un simple sac isotherme et de l’ombre suffisent à les garder au frais toute la journée.
Les protections contre le soleil : ça a beau être évident, certains ont tendance à négliger ce point important. Pendant tout notre séjour en Crète, l’indice UV a été de 10 sans discontinuer pendant 15 jours ! C’est énorme. Le soleil tape donc extrêmement fort l’été, bien plus qu’en France. Crème solaire et chapeau/casquette sont donc de rigueur, et pourquoi pas également un parasol, si vous ne voulez pas passer une journée trop inconfortable sur le sable en plein cagnard…
Le soleil peut taper très fort à Balos
Non indispensable
Des chaussures fermées ne sont pas indispensables pour marcher sur le chemin d’accès à la plage (+/- 20 mn à l’aller, +/- 30 mn au retour), des tongs ou sandales peuvent suffire mais si vous n’êtes pas très à l’aise sur les chemins comme celui décrit ci-dessus, alors prévoyez les deux : les chaussures fermées pour le chemin aller/retour, et les tongs ou sandales pour la plage et les petits chemins qui longent la mer. De même, les chaussures de rochers ne sont absolument pas indispensables (elles peuvent juste s’avérer utiles dans quelques criques mais on s’en passe très bien).
Palmes, masque et tuba sont également loin d’être indispensables : comme presque partout en Crète, le snorkeling n’est pas terrible. Si vous n’avez jamais mis la tête sous l’eau, ou si au contraire vous êtes un vrai passionné de snorkeling, alors prenez-les. Sinon, vous ne raterez pas grand-chose en les laissant dans le coffre de la voiture.
Éventuellement un pique-nique : les possibilités de se restaurer sur place existent mais sont limitées et peuvent être prises d’assaut. L’alternative consiste donc à apporter soi-même de quoi manger.
Un peu d’argent liquide : outre le prix d’accès au site (pour mémoire, 1 euro par personne puis 3 euros par place de parking), vous aurez peut-être envie d’acheter à boire ou à manger (voir plus bas), de louer un transat avec parasol, ou encore d’aller aux toilettes (1 euro).
Y a-t-il des dépenses à faire ?
L’accès à Balos Beach
J’ai déjà évoqué plus haut le tarif d’accès au site (1 euro par personne) et celui du parking (3 euros par véhicule). Prévoyez de la monnaie.
Les activités
A Balos, il n’y a aucune activité nautique, le site étant protégé (Natura 2000). Donc il n’y a aucune dépense à envisager de ce côté-là.
Louer un transat et un parasol
On peut louer un transat les pieds dans l’eau pour 10 euros par jour. A noter qu’il y a un parasol en dur (fixé au sol) pour deux transats. Également, il faut savoir que si vous souhaitez louer ces transats, il faut le faire dès que vous arrivez : ce ne sera pas plus cher mais surtout, ils sont pris d’assaut et affichent vite complet l’été.
Ne cherchez pas un guichet ou un humain pour payer, c’est inutile, vous n’en trouverez pas ! Il suffit de vous installer sur le transat. A un moment ou un autre dans la matinée, quelqu’un viendra encaisser. Vous pouvez aller vous baigner ou vous balader en laissant vos affaires sur le transat, il attendra que vous soyez revenu/e dessus pour venir vous demander le paiement. Il faut juste attendre qu’il arrive, c’est comme ça que ça fonctionne. Et ne vous inquiétez pas : ils ont l’œil…
Si vous arrivez en bateau, il sera au moins 11h45-12h00 et ce sera trop tard pour avoir un transat, en tout cas en haute saison. Sauf si vous guettez le premier client qui part et que vous vous ruez immédiatement sur son transat… Pour le paiement, là non plus ne vous inquiétez pas : quelqu’un viendra vite vous présenter l’addition…
Enfin, précisons que certains ferries proposent à leurs passagers la location de parasols de plage en toile.
Manger et boire !
Et oui, il faut bien parler des choses sérieuses ! Il y a plusieurs solutions pour se restaurer à Balos :
Apporter soi-même de quoi manger et boire.
Manger au seul petit snack qui existe sur la plage (nommé « cantine municipale de Balos »).
Certains bateaux proposent un repas à leurs clients.
Manger en haut, au parking, où se trouve un autre petit snack qui permet de grignoter.
Le snack de la plage ne propose pas de vrais repas complets, il s’agit plutôt de plats basiques (sandwiches, pizzas, glaces etc.).
En haute saison, il peut être pris d’assaut à l’heure du repas.
Le jour de notre venue, il a fermé tôt (18h00) alors qu’il restait encore des gens sur la plage et qu’il faisait très chaud, donc impossible pour eux d’acheter à boire après 18h00 malgré la forte chaleur. Sachant qu’il leur restait la marche du retour d’une demi-heure, en montée et en plein cagnard…
A l’origine, je ne pensais pas écrire d’article sur Bacalar car nous n’y sommes pas restés très longtemps.
Mais je m’aperçois qu’il n’est pas possible de passer sous silence ce coin du Mexique, tant il constitue une étape idéale pour se détendre dans des eaux enchanteresses, cernées par un environnement naturel préservé.
Alors, voici une brève présentation de ce site de toute beauté…
Les eaux enchanteresses de la lagune de Bacalar
Les couleurs de l’eau sont sublimes, et sa température rend la baignade tout simplement délicieuse.
La lagune de Bacalar est surnommée “lagune aux 7 couleurs” à cause, ou plutôt grâce à ses nuances de bleus, de turquoises et de verts, dues aux différentes profondeurs de l’eau et à la nature des fonds.
Douceur de vivre à Bacalar
On peut y pratiquer différentes activités liées à l’eau : kayak, paddle, voile, snorkeling…
Le canal des Pirates en kayak ou paddle
On peut louer facilement un canoë ou un paddle pour aller jusqu’au fameux Canal des Pirates. On doit d’abord ramer une bonne vingtaine de minutes pour le rejoindre.
Le canal des Pirates
En cas de vent, le trajet peut prendre un peu plus de temps.
Il faut en tenir compte car si on a le vent de face au retour, un loueur de kayak un peu tatillon peut facturer une heure de plus…
A l’arrivée au canal, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que de se baigner dans un cadre très nature.
D’un point de vue pratique, on trouve des kayaks et des paddles à louer un peu partout sur le front de mer, ainsi qu’en s’adressant à l’accueil de n’importe quel hôtel. Y compris si on n’en est pas client.
Le tarif est de 200 pesos environ pour un kayak double, et 500 pesos pour un paddle.
Le front de mer et les balnearios publics
En revenant sur la côte, si vous pensez pouvoir vous y baigner, il vaut mieux savoir tout de suite que c’est compliqué ! L’eau turquoise est toujours aussi attirante mais les hôtels ont carrément colonisé le front de mer, privatisant ainsi l’accès à la grande bleue !
On peut se rabattre sur un balneario public. Il s’agit de petits pontons situés au milieu des eaux turquoises, et qui font office de stations balnéaires gratuites mais en contrepartie assez fréquentées.
Juste à côté de l’un de ces balnearios, nous avons quand même réussi à dégoter un petit ponton qui était, lui, à peu près désert bien que gratuit :
Il est situé en plein centre de Bacalar.
Vu depuis notre ponton, voici ce que donne l’un de ces balnearios publics très prisés :
Balneario public
Tout autour et en enfilade se trouvent les pontons privés des hôtels.
Les pontons privés
Visite de la lagune en bateau, puis baignade
En arrivant à Bacalar, l’idéal est de commencer par faire une visite de la lagune en bateau, car cela permet d’avoir d’emblée une bonne vue d’ensemble du site. Sachant que la balade se termine obligatoirement par une longue pause baignade…
Divers types d’excursions sont possibles : 2 heures, à la demi-journée, journée entière…
Elles permettent de découvrir notamment un cénote immergé et cerné par la végétation tropicale. On aperçoit parfaitement sa forme circulaire à fleur d’eau.
L’un des cénotes immergés de Bacalar
On se dirige ensuite vers l’île aux oiseaux, sauvage et accessible uniquement en bateau. Elle est protégée et du coup, les nombreux oiseaux qui y nidifient le sont aussi. On peut s’en approcher mais il n’est pas possible d’y poser les pieds.
Puis direction une vaste zone de baignade, à proximité des îles protégées de la lagune.
Là, il n’y a pas grand-chose à faire : juste savourer et profiter. A ce moment-là, le quotidien du boulot en France paraît bien loin…
Comme pour le kayak et le paddle, on peut réserver des promenades en bateau le long du front de mer, ou en s’adressant à l’accueil des hôtels.
Un resto plus sympa que les autres !
Pour terminer, un petit mot sur un resto qui a surpassé tous les autres que nous avons testés à Bacalar, et pour lequel nous avons eu un petit coup de cœur.
Il s’agit du Baluartes Marina Laguna Azul (Avenida Costera 1, por Calles 20 y 22, Bacalar, 77930), situé en plein centre et à proximité de la mer.
Les plats et cocktails y sont bons et copieux, et l’ambiance du soir agréable.
Le bon plan, c’est de demander à être installé à la terrasse de l’étage, dont on ne soupçonne même pas l’existence depuis le rez-de-chaussée bondé :
L’étage du resto Baluartes Marina Laguna Azul
On a plus d’espace qu’en bas et l’ambiance y est plus détendue.
En voyage, le street-art fait partie des curiosités que l’on aperçoit souvent dans les villes, et qu’on s’empresse de photographier.
Qu’il soit à caractère politique, culturel ou purement artistique, voici un rapide tour d’horizon de quelques fresques contemporaines aperçues aux quatre coins du monde…
Cap-Vert
Île de Maio
Île de Maio
Île de Maio
Nelson Mandela à côté d’un héros de l’indépendance du Cap-Vert : Amilcar Cabral (Île de Santiago)Île de Maio
République Tchèque
Le street-art est parfois l’occasion de faire passer des messages politiques.
A Prague, le fameux mur John Lennon, sur lequel n’importe qui peut laisser son message, évolue donc au fil des graffitis des passants. Même les arbres sont peints.
Le mur John Lennon
Ce lieu d’apparence anodine est pourtant chargé d’histoire. Il est né sous le régime communiste à la fin des années 1960, et il constituait l’un des rares espaces de liberté d’expression du pays, contre la dictature alors en place.
Nicaragua
Au Nicaragua aussi, le peuple sait faire passer ses messages politiques sur les murs des villes.
La Guardia Nacional (GN), fondée il y a un siècle lors de l’occupation du pays par les États-Unis, symbolise pour une partie de la population le pouvoir arbitraire.
Street-art dans les rues de Leon
« Sandino vit »… et il piétine l’Oncle Sam !
Le leader de la guérilla nicaraguayenne, Augusto Sandino, fut assassiné en 1934 sur ordre de l’ambassadeur américain. Pourtant, un siècle plus tard, ses idéaux restent très présents au Nicaragua.
Bolivie
Le street-art n’est pas toujours politique, il est souvent purement artistique et décoratif.
Terminons cet article en rendant hommage aux grapheurs. J’en ai approché deux : Hendrik Beikirch et Yann Müller.
Hendrik Beikirch dit ECB : la star mondiale
ECB est connu pour les immenses portraits qu’il réalise sur les façades des immeubles du monde entier. L’extrême attention qu’il porte aux détails des visages rend ses portraits hyperréalistes, à tel point qu’on dirait des photos. Et l’utilisation du noir et blanc augmente l’émotion que l’on ressent en contemplant ses portraits.
Portrait réalisé par Hendrik Beikirch
Quant à sa technique pour peindre, elle est déconcertante : au lieu de dessiner de manière classique, il peint ligne par ligne depuis la nacelle de sa grue, un peu comme une imprimante. Et sans l’aide du moindre croquis ! Le résultat est bluffant.
Après Busan (Corée du Sud), New York ou encore New Delhi, c’est Bordeaux qu’il gratifie d’une de ses œuvres magistrales, en 2018.
Yann Müller, le papa de M le Chat (prononcer « aime » le Chat)
Yann Müller est un artiste dont la petite galerie est située à Soulac-sur-Mer (Gironde). Il peint notamment sur les blockhaus qui jonchent les plages du littoral, donnant à ces monstres de béton de sinistre mémoire, une touche contemporaine et colorée.
Yann Müller devant son œuvre
Sur un blockaus, M le Chat n’est visible que du ciel…
Le canal des Deux-Mers relie l’Atlantique à la Méditerranée, de Royan à Sète ou inversement. Pour aller d’une mer à l’autre, on longe successivement la Gironde, puis le canal de Garonne et le canal du Midi.
Sillonner à vélo les berges du canal des Deux-Mers, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, permet d’en prendre plein les yeux d’un bout à l’autre, dans un joli cadre naturel.
La piste cyclable (à droite) longe le canal sur des centaines de kilomètres, loin des voitures…
On peut le parcourir en entier (700 km environ) ou par tronçons. Je l’ai arpenté deux fois (j’ai donc mixé ces deux voyages dans le récit qui suit) :
La première fois, de Bordeaux à Sète, avec un ami et de manière plutôt sportive (570 km en 4 jours, en gravel et bikepacking).
Bordeaux – Sète : notre itinéraire
La seconde fois, de Bordeaux à Montauban avec ma femme, en mode détente (324 km en 4 jours, vélo électrique et sacoches pour elle, gravel et bikepacking pour moi).
Dans les deux cas, nous avons dormi dans de petites maisons d’hôtes, mais il y a également de nombreuses possibilités de bivouac tout le long du canal.
Alors à quoi ressemble ce canal des Deux-Mers pour les cyclotouristes ? Voici notre retour d’expérience sur ce beau parcours cyclable.
Pour nous, le périple commence dans notre bonne vieille ville de Bordeaux.
Bordeaux, la place de la Bourse et le Miroir d’eau
La traversée de la ville est rapide. Roulant sur des pistes cyclables protégées, on sort rapidement de Bordeaux sans vraiment s’en apercevoir.
La Garonne à la sortie de Bordeaux
Peu après Bordeaux, on rejoint la piste Lapébie. Elle s’étend sur 47 km, de Latresne à Sauveterre-de-Guyenne. Il s’agit d’une ancienne voie ferrée reconvertie en jolie piste cyclable.
Elle passe devant d’anciennes petites gares locales, transformées depuis en restaurants, elle nous emmène dans de vieux tunnels ferroviaires, et surtout, elle traverse les jolies forêts du coin ainsi que le vignoble bordelais.
L’itinéraire alterne entre verdure et petits villages de campagne.
Le lavoir de Bellefond
A 18 km de Latresne, on peut quitter la piste Lapébie par la droite et rejoindre en quelques minutes le petit village de La Sauve, afin de visiter l’abbaye de La Sauve-Majeure, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.
Cette petite merveille du patrimoine roman girondin abrita à son apogée jusqu’à 300 moines bénédictins.
Un peu plus loin, on découvre un autre château, viticole celui-là : le château de Lavison.
Le château de Lavison…
… et ses vignes.
On avait quitté la Garonne à Bordeaux, c’est 67 km plus loin qu’on la retrouve, dans les environs de La Réole. Ce petit bourg fortifié (4.000 habitants) bénéficie du label national Ville d’Art et d’Histoire.
La Réole
Le tronçon du canal de Garonne qui commence ici est certainement le plus beau et le plus agréable jusqu’à Sète.
Le canal de Garonne et sa piste cyclable
C’est sur cette portion qu’il m’arrivera pourtant une mésaventure rare : quatre crevaisons successives sur à peine 75 bornes !
Pendant que je remplace ma première chambre à air au bord de l’eau, mon pote me crie « attention, un serpent » ! Je crois qu’il plaisante mais non : nous avons pour voisine une jolie couleuvre verte et jaune (ce sont ses couleurs mais c’est aussi son nom commun, Hierophis viridiflavus étant son nom scientifique). Elle nage paisiblement dans la Garonne à un petit mètre de nous. Elle est totalement inoffensive.
J’ai bien fait de crever là, sinon, nous ne l’aurions pas vue !
Par contre, je me serais bien passé des trois crevaisons suivantes…
Le canal de Garonne
Sur cette portion ombragée, très agréable à vélo quand il fait chaud car elle conserve une fraîcheur relative, les paysages classiques du canal de Garonne se succèdent.
Notre premier coucher de soleil aura lieu dans un cadre champêtre, à Saint-Laurent.
Parmi les villages traversés où il fait bon faire une halte, citons le Mas d’Agenais.
L’église Saint-Vincent du Mas-d’Agenais
La particularité de cette petite commune, c’est qu’elle est liée à deux authentiques chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art :
La Vénus du Mas, une sculpture antique découverte dans un champ des alentours il y a 150 ans (et aujourd’hui exposée à Agen).
Le Christ en croix, un authentique Rembrandt (exposé quant à lui dans l’église Saint-Vincent du Mas-d’Agenais, visible sur la photo ci-dessus).
Lors de notre visite, le Rembrandt a mis les voiles, il se trouve qu’il est temporairement exposé à la cathédrale de… Bordeaux, d’où nous venons justement !
Le Mas d’Agenais : une simple photo du célèbre Rembrandt, dans une vitrine
Conclusion : nous sommes venus jusqu’ici pour le voir alors qu’il se trouve actuellement exposé juste à côté de chez nous, à une centaine de kilomètres d’ici…
Le canal et la piste cyclable, vus depuis les hauteurs du Mas d’Agenais
Un peu plus loin, la petite ville de Tonneins (9.000 habitants) borde la Garonne.
Tonneins
Si elle a souffert historiquement de la guerre de Cent Ans puis des guerres de religions, c’est aujourd’hui une petite cité paisible.
Pour la petite histoire, échaudé par mes quatre crevaisons successives, c’est à Agen que je dégoterai un spécialiste vélo pour acheter des pneus réputés « increvables », les fameux Schwalbe Marathon.
Réparation le long du canal de Garonne…
Avant d’arriver à Agen, j’avais rencontré deux autres voyageurs à vélo qui m’avaient donné une chambre à air de secours, au cas où les crevaisons continueraient à s’abattre sur moi ! Dont Tom, un nantais qui pédalait jusqu’à Athènes avec son petit chien. Si par hasard ils lisent ces lignes, je les remercie encore… Athènes à vélo (Insta)
Je ne le sais pas encore quand je change mes pneus, mais je roulerai 18.000 kilomètres avec eux au cours des deux années suivantes sans jamais crever, pas même une seule fois. Un bonheur après mes quatre crevaisons en 75 kilomètres au début de ce périple…
Le slow tourisme continue le long de ce canal qui a toujours une belle vue à offrir aux cyclistes de passage.
Quelques tours de pédales plus loin se trouve un autre petit village agréable : Donzac (1.000 habitants). Il est à l’image de la plupart des villages que l’on traverse le long de la Garonne : calme, paisible, et où il fait bon s’arrêter pour visiter, flâner, se restaurer…
Donzac : l’église Saint-Barthélémy
En poursuivant sur les berges du canal, on arrive ensuite à la centrale nucléaire de Golfech. C’est vrai qu’elle détonne un peu dans son écrin de nature.
La centrale de Golfech
Plus loin arrive une étape qui est sans doute incontournable : Moissac (12.000 habitants).
Moissac : le pont Napoléon
Le joyau du village, c’est son abbaye Saint-Pierre, classée avec son célèbre cloître au patrimoine de l’Unesco (sous le titre des chemins de Compostelle). Notamment, son vieux portail de 1130 est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture romane.
Le fameux portail de l’abbaye Saint-Pierre
23 kilomètres après Moissac (et 47 kilomètres avant Toulouse), on arrive à Montech : c’est là qu’il faut suivre la bifurcation vers la gauche si l’on veut rallier Montauban, qui est la première « grande » ville (60.000 habitants) que l’on traverse depuis longtemps.
Montauban
Cette cité médiévale à l’histoire riche regorge de sites à visiter.
Montauban
Si l’on ne fait pas ce détour vers Montauban depuis Montech, alors il ne reste plus que 47 kilomètres à parcourir pour arriver à Toulouse.
Le canal du Midi
La ville rose marque à la fois la fin du canal de Garonne (280 km depuis Bordeaux) et le début du canal du Midi (260 km jusqu’à Sète).
Toulouse, la ville rose
Toulouse est l’autre grande cité du sud-ouest car, ne soyons pas chauvins, il n’y a finalement pas que Bordeaux dans ce joli coin de France.
Le fameux Capitole…
… et le bâtiment qui lui fait face, place du Capitole
La ville rose mérite une halte, tant la ville est à voir et à vivre : monuments, histoire, culture, gastronomie, douceur de vivre, chacun y trouve forcément son compte.
La basilique Saint-Sernin
L’intérieur de la basilique Saint-Sernin
Immédiatement après Toulouse, le canal du Midi s’avère aussi agréable que le canal de Garonne. Après 37 kilomètres, on arrive encore dans un joli petit village (décidément…) : Gardouch.
Gardouch
Puis juste avant d’arriver à Castelnaudary, le bitume de la piste du canal des Deux-Mers disparaît définitivement. Il est remplacé par des petits chemins de pierres et de terre qui nous accompagneront jusqu’à l’arrivée : désormais, fini le confort !
Le chemin cyclable le long du canal du Midi
Mise à jour : depuis que ce voyage a été réalisé, une bonne partie des chemins entre Castelnaudary et Sète ont été refaits, ou sont en passe de l’être. Pour plus d’infos : travaux de réfection des berges du canal du Midi.
C’est vers là que se situe le point le plus stratégique du canal des Deux-Mers : le seuil de Naurouze. C’est à la fois le point culminant du canal et la ligne de partage des eaux. En d’autres termes, à partir d’ici, l’eau descend : d’un côté vers la Méditerranée et de l’autre, vers l’Atlantique.
Seuil de Naurouze : l’allée de platanes bicentenaires
L’avantage, c’est qu’on évolue maintenant sur des petits chemins natures qui sont le plus souvent isolés et déserts, contrairement à la piste bitumée qui est assez fréquentée par les cyclotouristes, les promeneurs et les joggeurs depuis Bordeaux. C’est un peu plus tape-cul mais bon, c’est tellement nature…
Sur cette portion jusqu’au seuil de Naurouze, on longe pendant un petit moment… l’autoroute ! Ce n’est pas la partie la plus agréable mais elle ne dure pas très longtemps.
La voie cyclable, coincée entre l’autoroute et le canal du Midi…
Je ne l’ai pas encore évoqué ici mais l’un des paysages typiques et qui revient sans cesse sur le canal des Deux-Mers, ce sont bien sûr les écluses : il y en a plus d’une centaine tout le long du canal sur plus de 500 kilomètres (66 pour le canal de Garonne et 63 pour le canal du Midi).
Remplissage d’une écluse
190 kilomètres après avoir découvert la capitale du pruneau à Agen, nous atteignons celle du cassoulet : Castelnaudary !
L’avantage de ce canal à vélo, c’est qu’après avoir brûlé plein de calories à coups de pédales, on peut en recharger plein d’autres à coups de fourchette…
Castelnaudary
Plus loin, la nature continue à escorter le canal.
Mais un peu plus loin encore arrive la mauvaise surprise, celle que nous redoutions après avoir épluché le web à propos du canal du Midi.
En effet, à partir d’ici, l’ombre devient de plus en plus rare. Le coupable ? Le chancre coloré.
Un érable sycomore ou faux platane, sur les rives du canal
Depuis 2006, ce champignon ravageur détruit inlassablement les mythiques platanes du canal du Midi, sans qu’aucun remède n’existe.
C’est ainsi que fin 2020, sur les 42.000 platanes du canal, 26.000 avaient dû être abattus.
Quelques pins ont été replantés par endroits…
Le paysage devient donc ici plus clairsemé, et la température sur les épaules des cyclistes plus élevée.
Heureusement, pédaler le long de ce canal reste agréable, mais le canal de Garonne compte désormais des paysages plus jolis et surtout beaucoup plus verdoyants que le canal du Midi. Même si le long de ce dernier, ils sont souvent plus sauvages. Chacun ses goûts…
L’un des plus beaux sites à proximité du canal des Deux-Mers, c’est Carcassonne et sa somptueuse cité médiévale.
Idéalement, cette ville incroyable mérite qu’on y fasse une étape, plutôt que de la traverser en coup de vent.
Une ruelle de la cité médiévale
Le meilleur moment pour la photographier, c’est juste avant le coucher du soleil.
Bon, il y a aussi la ville moderne mais ce n’est pas forcément la partie la plus intéressante à arpenter.
Le musée des beaux-arts
Retour donc sur les hauteurs de la ville, que la cité domine fièrement.
Carcassonne : la ville moderne et la cité médiévale
Notre dernière étape, Carcassonne – Sète, est longue normalement de 135 kilomètres environ. Une « petite » erreur de navigation nous contraindra à en parcourir 169, en plein cagnard.
Nous nous retrouvons ainsi à traverser, inutilement et dans les deux sens, un vieux pont SNCF.
Bref, les aléas du voyage à vélo…
En tant que bordelais, nous ne sommes pas dépaysés par la vigne, omniprésente aussi dans cette autre région de vin.
La principale curiosité de cette partie du trajet, c’est le tunnel de Malpas. C’est en effet là que Pierre-Paul Riquet, le génial concepteur du canal du Midi, décida de creuser la montagne, rien que ça, pour faire passer le canal dessous !
Le tunnel de Malpas
Pour nous, cette dernière étape se fera sous une chaleur écrasante, avec peu d’ombre et beaucoup de poussière.
Avant…
… après !
Sans compter les moucherons, qui viendront se coller par dizaines à la crème solaire dont nous nous sommes enduits…
Sans transition, en arrivant à Béziers, c’est un autre ouvrage majeur du canal qui attend le visiteur : les neuf écluses de Fonséranes. Le dénivelé est tel (21 mètres) que pour faire passer les bateaux, il a fallu construire toutes ces écluses les unes à la suite des autres.
Les neuf écluses de Fonséranes
Le pont-canal de Béziers
Un peu plus loin, le solide pont-canal de Béziers transporte carrément le canal du Midi par dessus l’Orb.
Ayant perdu beaucoup de temps et d’énergie à cause de notre erreur de navigation, nous décidons en fin de parcours de quitter les berges du canal, où les cailloux omniprésents nous ralentissent trop.
Les plages de sable fin à l’approche de Sète
Sète
Nous terminons donc notre périple par la route, ce qui ne nous permettra pas de voir l’étang de Thau, une petite merveille paraît-il. Dommage.
Le port de Sète
Après 570 kilomètres parcourus depuis Bordeaux en quatre jours, nous arrivons à l’autre extrémité du canal des Deux-Mers : Sète.
Sète
Notre périple est fini, le retour se fera en train…
Vous vous apprêtez vous aussi à arpenter le canal des Deux-Mers à vélo ? Alors vous allez vous régaler : bon voyage…
Infos pratiques
Sites internet
Tout d’abord, pour préparer votre périple à vélo sur le canal des Deux Mers, il y a deux sites incontournables à explorer :
Tout y est : les étapes, le kilométrage, le dénivelé, les sites touristiques, les hébergements (notamment ceux qui sont « bike-friendly »), les adresses pour réparer le vélo etc. Une mine d’informations. Ou plutôt deux.
Attention à la fermeture annuelle du canal
Si le printemps et l’automne sont les deux périodes idéales du point de vue de la météo et de la fréquentation, il faut quand même savoir que le canal ferme chaque année un mois et demi à deux mois, répartis sur la période qui va de novembre à février, pour des questions de maintenance du canal.
Les distances
Il faut distinguer la longueur du canal lui-même (c’est-à-dire de la voie navigable), et la longueur du parcours cyclable qui longe ce cours d’eau (et qui n’en épouse pas toujours exactement le tracé). Le kilométrage n’est donc pas le même, aussi, attention à cette différence lorsque vous planifiez votre périple.
Au fil de l’eau, le canal des Deux-Mers s’écoule sur 538 km (98 km de l’estuaire de la Gironde à Bordeaux, 247 km pour le canal de Garonne et 193 pour le canal du Midi).
L’itinéraire vélo s’étend, lui, sur 695 km (161 km le long de la Gironde, 278 km le long du canal de Garonne et 256 le long du canal du Midi).
N.B. Juste après ces infos pratiques, je propose un parcours alternatif de 140 km empruntant la Vélodyssée, pour rejoindre Bordeaux depuis l’estuaire en traversant le Médoc, c’est-à-dire en passant par la rive gauche de la Gironde plutôt que par la rive droite.
La Vélodyssée (ici au Verdon-sur-Mer, 33) est une piste cyclable qui relie Roscoff (29) à Hendaye (64) sur 1300 km
Demandez votre autorisation de circulation…
A partir du seuil de Naurouze (12 km avant Castelnaudary dans le sens Bordeaux-Sète), et jusqu’à Agde, de nombreuses portions du parcours nécessitent l’obtention… d’une autorisation de circuler ! Mais avant d’entrer dans les détails, je précise tout de suite que cette autorisation est impossible à obtenir, et que tout le monde se balade donc quand même par là sans l’avoir reçue.
Avant de partir, j’avais lu de nombreux témoignages sur le web indiquant que ceux qui demandaient cette autorisation ne réussissaient jamais à l’obtenir. Je l’ai quand même demandée à mon tour aux Voies Navigables de France (VNF) comme il se doit, et j’ai suivi à la lettre leurs recommandations pour la formuler : ils ne m’ont jamais répondu !
Alors, de quoi s’agit-il exactement ?
En deux mots, des chemins de halage longent le canal du midi : ils étaient utilisés à une époque par les chevaux pour tracter les péniches sur le canal !
Aujourd’hui, ce sont des chemins de service utilisés pour l’entretien du canal. Ils sont sauvages car contrairement au canal, ils ne sont quant à eux pas entretenus : par exemple, ces chemins pierreux et bosselés sont par endroit recouverts par des herbes hautes d’un bon mètre, voire plus. Ces portions sont rares et courtes mais on est bien loin de la piste cyclable bitumée. D’où l’intérêt de prévoir un vélo adapté…
Aussi, pour se promener à pied ou à vélo sur ces chemins à l’abandon, on doit demander l’autorisation aux VNF. Lesquelles n’ont donc jamais, à ma connaissance, la courtoisie la plus élémentaire de répondre.
Si comme moi vous souhaitez néanmoins tout faire dans les règles (ce sera donc peine perdue mais n’hésitez pas quand même), vous devez remplir le formulaire suivant : demande d’autorisation VNF. Puis l’adresser aux VNF :
Par mail : us.adve.dt-sud-ouest@vnf.fr
Par voie postale : VNF – ADVE/Bureau des usagers – 2, port Saint-Étienne – BP 7204 – 31073 TOULOUSE cedex 7
Bon courage…
NDLR Comme évoqué plus haut, depuis que ce voyage a été réalisé, une bonne partie des chemins entre Castelnaudary et Sète ont été refaits, ou sont en passe de l’être. Pour plus d’infos : travaux de réfection des berges du canal du Midi.
Les points d’eau
Point crucial quand on voyage à vélo : le ravitaillement en eau potable !
Aucun souci pour ça tout au long du canal des 2 Mers : on trouve des robinets et des fontaines un peu partout (le plus souvent au niveau des villages traversés, des ponts ou des écluses, avec parfois en prime des toilettes publiques).
Hébergements
Pour chercher où dormir, l’avantage d’utiliser les deux liens indiqués ci-dessus (et que re-voici : Le canal des Deux Mers à vélo et France Vélo Tourisme), c’est que l’emplacement des hébergements proposés apparaît directement sur la carte du canal : cela permet donc d’éviter de faire un détour pour aller dormir en choisissant ceux qui sont les plus proches de l’itinéraire vélo. On peut également rechercher des hébergements via des filtres, comme « hébergements insolites » par exemple, etc.
Parmi les hébergements où nous avons dormi, voici une sélection des plus sympas…
Sète : dormir sur un bateau !
A Sète, nous avons trouvé un hébergement insolite : un bateau ! Bien sûr, il est resté à quai mais c’était tellement mieux qu’un hôtel. Et les quelques bières nocturnes dégustées sur le pont supérieur, à la belle étoile, pour fêter la fin du périple, ont eu à cet endroit une saveur exceptionnelle…
L’Octopus à Sète
Le nom de ce bateau ? L’Octopus. Les prix étaient très abordables lors de notre venue (90 euros la nuitée pour 2), et l’accueil excellent. Il vient d’y avoir un changement de propriétaire. Insolite Boat Sète.
Dans le même genre, il existe un site de réservation de bateaux pour la nuit à Sète (attention, cela concerne souvent des groupes) : Bed Boat Sète.
Le pont supérieur de l’Octopus
Saint-Loup (82)
Nous avons eu un coup de cœur pour les Chambres de Lili, une adorable petite maison d’hôtes située dans le Tarn-et-Garonne (à 4 kilomètres de Donzac), qui mérite d’être mise en avant.
Sans trop entrer dans les détails, c’est la petite Liséa, atteinte d’une maladie rare, qui est au cœur de ce projet monté par ses parents. Pour eux, il s’agit entre autres d’offrir des stages à des personnes en situation de handicap, afin de les aider à développer leur autonomie.
Les Chambres de Lili
Ils ont joliment rénové une ancienne grange ainsi que le vaste jardin qui l’entoure. Les chambres sont évidemment accessibles et adaptées aux personnes en situation de handicap.
Il y a une piscine, un terrain de pétanque, des espaces de jeux, une agréable terrasse, un potager, des espaces verts… Le bonheur !
Les Chambres de Lili : la salle à manger
Pour louer, l’idéal est de passer par le site officiel les Chambres de Lili (+33.6.74.56.43.26, ou par mail : ici), mais il y a aussi Booking.
Un dernier mot : Lili et ses parents sont extrêmement accueillants…
Ça roule ma poule ?
Saint-Laurent (47)
Le moulin de Saint-Laurent – Cet hébergement situé non loin du canal propose des gites de différentes superficies, et donc des prix variables : de 39 euros seulement à 180 euros la nuitée pour 2 (voire plus selon la capacité du gite). Il y a également quelques emplacements en pleine verdure pour planter sa tente…
Le Moulin de Saint-Laurent
L’accueil y est excellent : il était tard quand nous y sommes arrivés et les cuisines étaient donc fermées mais pour nous dépanner, le gérant très accueillant nous a ouvert ses conserves de rougail-saucisses faits maison qui se sont avérées copieuses, succulentes et bon marché ! Le tout avec le sourire. Un bonheur après avoir roulé 153 bornes et crevé trois fois (la 4e crevaison aura lieu dès le lendemain matin, après seulement 8 km)…
Frontenac (33)
L’Archange est situé à 50 km de Bordeaux mais tout près de la piste Lapébie. C’est un petit bar-restaurant qui fait aussi chambres d’hôtes. Il ne paye pas de mine mais la terrasse est agréable, les repas sont bons et l’accueil très sympa (le patron s’est très gentiment mis en quatre pour me trouver une petite vis identique à celle de mon vélo que j’avais perdue en cours de route).
Le jacuzzi et la terrasse de l’Archange
Bon à savoir – Il vaut mieux réserver directement auprès de l’établissement que par les plateformes classiques : nous avons eu la nuitée à 62 euros via le site officiel L’Archange (ou 05 56 30 83 35) alors que via Booking, la même chambre était proposée à 72 euros.
La portion du canal des Deux-Mers qui va de Royan à Bordeaux s’étire sur 160 km sur la rive droite de la Gironde (avec une variante de 150 km). Je n’ai pas encore évoqué ce trajet dans cet article, et pour cause : je ne l’ai jamais parcouru !
En revanche, je roule presque tous les week-ends, en tout ou partie, sur l’itinéraire parallèle qui va du Verdon-sur-Mer à Bordeaux (140 km), de l’autre côté de la Gironde.
La piste dite de Lacanau, relie Bordeaux… à Lacanau
C’est donc ce trajet que je vais présenter ici (si les photos montrent différentes saisons, c’est parce que je roule par ici tout au long de l’année).
Soulac – Mérignac à vélo (130 km)
L’estuaire de la Gironde est gardé par deux villes qui se font face : Royan (Charente-Maritime) sur la rive nord, et Le Verdon-sur-Mer (Gironde) sur la rive sud.
La phare de Grave, au Verdon
Elles sont reliées par un bac qui fait la traversée de l’une à l’autre en une demi-heure (7 à 8 rotations par jour l’hiver, environ 25 l’été).
L’arrivée du bac au Verdon
Ainsi, si vous roulez sur l’Eurovélo 1 (cette véloroute européenne qui traverse l’Europe depuis la Norvège jusqu’au Portugal en passant par la France, en longeant son littoral atlantique), alors il vous sera facile de prendre le bac pour traverser l’estuaire de la Gironde, avant de prendre la direction de Bordeaux.
Le départ se fait donc depuis cette petite station balnéaire du Verdon-sur-Mer, située sur la pointe du Médoc.
Le port de plaisance historique du Verdon
La piste cyclable traverse le Médoc du nord au sud et paradoxalement, on n’aperçoit pas la moindre parcelle de vigne sur cet itinéraire, qui passe presqu’exclusivement à travers de jolies forêts de pins.
Les forêts de pins girondines le long de la piste cyclable
A dix kilomètres du Verdon, on arrive à Soulac-sur-Mer. Aaah Soulac, je ne dirai pas ici tout le bien que j’en pense car ce serait un peu hors-sujet mais si ça vous intéresse, j’ai écrit un article détaillé sur cette adorable petite station balnéaire : mon petit coin de paradis…
Les plages soulacaises à marée basse
A 35 kilomètres environ vers le sud, la route traverse la forêt entre le lac d’Hourtin à gauche et l’océan à droite (voir la carte un peu plus haut). On ne voit ni l’un ni l’autre mais de légers détours suffisent pour aller les voir.
Pour changer des pins omniprésents, quelques chênes bordent parfois la piste
Cette route entre lac et océan, dans un cadre très nature, s’étend sur 18 kilomètres. C’est la seule portion de l’itinéraire jusqu’à Bordeaux qui soit ouverte aux voitures, mais seulement six mois par an (du 1er octobre au 31 mars). Toutefois, même ouverte, elle est de toute façon extrêmement peu fréquentée. Du 1er avril au 30 septembre, elle n’est ouverte qu’aux vélos (ainsi qu’à quelques rares véhicules de service).
Sur cette portion de 18 kilomètres, je n’ai jamais croisé plus de six ou sept voitures grand maximum, et parfois quelques camions qui chargent du bois, puisqu’on est ici en plein territoire des sylviculteurs.
La petite route déserte entre Hourtin et Maubuisson
L’arrivée à Maubuisson, sur la rive sud du lac d’Hourtin, marque la fin de cette petite route déserte et le retour sur la piste cyclable.
Le lac d’Hourtin à Maubuisson
Maubuisson
Une quinzaine de kilomètres plus au sud, on arrive à Lacanau-ville. Si l’on veut aller voir la mer, il y a là deux bifurcations possibles :
La première vers la droite à l’entrée de la ville (Lacanau-Océan est à 14 km, avec une petite partie en route partagée mais peu fréquentée) ;
La seconde également vers la droite mais à la sortie de la ville (26 km de pistes cyclables dans les bois jusqu’au bassin d’Arcachon, à Arès).
La piste cyclable entre Lacanau et le bassin d’Arcachon
Entre Lacanau et Bordeaux, il ne reste plus qu’une cinquantaine de kilomètres mais qui sont, disons… contrastés !
Le long de la piste cyclable, à la sortie de Lacanau
Car en effet, les terribles incendies de l’été 2022 ont en partie défiguré notre belle région. Les stigmates du brasier crèvent les yeux sur une dizaine de kilomètres le long de la piste de Lacanau, entre Saumos et Sainte-Hélène (à respectivement 40 et 30 km de Bordeaux).
La piste de Lacanau, défigurée après les incendies de l’été 2022
La Teste-de-Buch, Landiras, Sainte-Hélène : les incendies se sont succédés durant l’été 2022, avec des conséquences terribles dans la région.
Depuis le camion des pompiers…
Celui de Landiras, alors qu’il était pourtant éteint, a repris un mois plus tard après s’être propagé sous terre via des gisements profonds de tourbe.
Pour celui de La Teste, les pompiers indiqueront qu’au cœur du brasier incontrôlable, les flammes atteignaient les 100 mètres de haut…
Avant…
… après.
Bref, un massacre pour la faune et la flore, une cicatrice pour les paysages de la région, et une plaie béante dans le cœur des habitants…
Je ne terminerai donc pas ce chapitre sans dire un mot de nos pompiers qui, aidés par leurs collègues d’autres régions de France ainsi que quelques-uns venus spécialement de l’étranger pour leur prêter main forte, ont réalisé un travail colossal pendant ces incendies hors norme.
Au bord de la piste, deux mois après l’incendie…
Par exemple, sur le bord de la piste cyclable, on a pu apercevoir pendant quelques mois certaines maisons isolées au milieu des bois, entièrement intactes alors que tous les arbres autour d’elles avaient brûlé (les arbres carbonisés ont été abattus depuis). Ce sont les pompiers qui les ont sauvées, et leurs habitants avec.
Quelques mois plus tard, c’est non plus le feu mais l’eau qui est omniprésente : après les incendies, les inondations…
La piste entre Lacanau et SaumosLa piste de Lacanau, l’hiver
Mais poursuivons notre route…
La piste cyclable qui va du Verdon à Bordeaux étant malgré ce feu un site très nature, on peut y apercevoir de nombreux animaux sauvages. J’y vois régulièrement (ou j’y ai vu au moins une fois) : chevreuils, sangliers, écureuils, ragondins, cigognes, grues, milans, faisans, lièvres, orvets, biches… Alors si vous vous baladez par là et que vous aimez la nature, un conseil : ouvrez l’œil…
Pour terminer, voici quelques images panoramiques de l’itinéraire cyclable Le Verdon – Bordeaux :
140 kilomètres après Le Verdon, on arrive à Bordeaux.
Bordeaux, le pont de pierre
La flèche Saint-Michel, la Garonne et le pont de pierre
Le pont Chaban-Delmas
Les quais dans le quartier des Chartrons
La cité du vin
La fontaine des Trois Grâces (ou des filles de Zeus), place de la Bourse
Le meilleur du canal des Deux-Mers en vidéo (2 mn)
Holbox (qui se prononce « Holboche ») est une île superbe où l’on peut se détendre dans un cadre enchanteur.
Holbox : la plage de Cabo Catoche
L’activité phare est la nage avec des requins-baleines. Pour nous, elle s’est transformée en grosse déconvenue que je vais raconter ici, afin d’aider les autres à ne pas tomber dans le même panneau que nous…
Notre but principal en allant à Holbox est de plonger avec des requins-baleines. C’est donc la première chose que nous expliquons à notre hôtel, Los Arcos Holbox, dès notre arrivée. Il nous organise une excursion avec l’un des nombreux tours-opérateurs de l’île : Glendy Tours Holbox. Le départ a lieu le lendemain, tôt le matin.
Le programme de cette sortie est le suivant (c’est le même pour tous les tour-opérateurs, qui sont une trentaine !) : environ deux heures de bateau rapide, puis snorkeling avec les requins-baleines, puis nouveau trajet en bateau pour rejoindre la côte à Cabo Catoche pour le repas, puis encore du bateau pour aller faire du snorkeling sur un site assez poissonneux, après quoi l’on rentre. Au total, la sortie peut prendre huit heures, voire plus. J’en profite pour le dire tout de suite : attention si vous êtes sujet au mal de mer, puisque l’excursion dure longtemps. Nous avons eu droit à une mer calme mais ce n’est pas toujours le cas…
Direction : les requins-baleines…
Outre mes deux fils et moi, il n’y a que deux autres clients à bord, un couple de français. Notre bateau est l’un des tout premiers à partir mais au bout de dix minutes, le pilote reçoit un appel radio. Nous faisons demi-tour sans la moindre explication, pour retourner sur le ponton du départ.
Là, une jeune femme qui se prend carrément pour une diva nous attend. Elle est mexicaine et monte à bord en nous snobant tous les cinq, mais en aguichant le pilote et le guide, lesquels du coup n’ont pas les yeux dans leur poche. Nous ne comprenons pas comment cette diva a pu convaincre notre tour-opérateur de faire faire demi-tour au bateau pour venir la chercher alors qu’elle n’avait pas réservé et que nous étions déjà loin. Nous repartons avec 20 minutes de retard.
Le trajet de deux heures passe étonnamment vite, et pour cause : nous croisons des dauphins à six reprises ! Ils se déplacent en sautant hors de l’eau. Un vrai bonheur. Nous nous arrêtons lorsqu’ils sont près du bateau.
Couple de dauphins dans le grand bleu
L’objectif grand-angle de ma GoPro les rapetisse un peu mais ça me permet quand même de ramener une photo-souvenir.
Quelques exocets (les poissons dits « volants ») planent également à un ou deux mètres du bateau pendant que nous naviguons à pleine vitesse. Le faux-départ est oublié, la journée commence vraiment bien dans cette nature marine somptueuse…
Arrivés sur la zone où sont censés se trouver les grands squales, le guide nous explique qu’il faut maintenant scruter la mer jusqu’à ce que nous en apercevions un. Cela peut durer 5 minutes comme trois-quarts d’heure, nous dit-il, et si on n’a pas de chance, on n’en verra même aucun !
Une heure et demie plus tard, toujours rien ! Le capitaine met alors le cap sur une zone que nous apercevons au loin, où se trouvent déjà une bonne vingtaine de bateaux.
Il y a là en effet un requin-baleine juvénile (qui doit bien mesurer ses huit mètres quand même) et tous ces bateaux font la queue pour s’en approcher lentement à tour de rôle, afin de ne pas effrayer l’animal. Chacun passe une trentaine de secondes à quelques mètres de lui, moteur au ralenti, puis laisse la place au suivant, et ainsi de suite.
On aperçoit l’aileron et la queue du requin
On a le droit de s’approcher ainsi à trois reprises, mais on n’a pas celui de plonger. C’est normal, une telle foule de plongeurs pour un seul animal lui provoquerait un gros coup de stress et ici, les requins sont protégés par la réglementation : la plongée avec les requins-baleines est strictement encadrée. Il y a d’ailleurs en permanence un bateau de garde-côtes avec nous, qui surveille les agissements de chacun.
Nous sommes partagés entre la chance de pouvoir observer un si bel animal, même depuis la surface, et la gêne que nous ressentons vis-à-vis de cette situation grotesque. Tous ces bateaux à la queue-leu-leu pour apercevoir vaguement ce requin pendant quelques secondes, soyons honnêtes : c’est ridicule. Bref, la situation est désagréable, et sans doute plus encore pour le requin que pour nous, finalement. Même s’il est vrai qu’il continue à avaler ses kilos de plancton comme si de rien n’était…
Quand c’est notre tour d’approcher, je plonge ma GoPro dans l’eau du bout du bras et je cadre au pif, en espérant que j’aurai une image correcte du squale.
Le requin-baleine est planctonophage
L’autre client français fait de même.
Au troisième et dernier passage, la sixième cliente du bord, celle pour qui nous avons dû rebrousser chemin dix minutes après le départ, s’adresse discrètement au guide et au capitaine après avoir enfilé ses palmes (alors que, je le rappelle, personne n’a le droit de plonger). Elle veut qu’ils demandent aux garde-côtes de lui donner l’autorisation de plonger avec le requin, à elle toute seule ! Elle parle à voix basse pour que nous ne comprenions pas ce qu’elle leur propose en échange.
Les deux sbires s’exécutent et crient la demande aux officiels, devant tous les autres bateaux et sans aucune honte. Face à tant de témoins, les garde-côtes sont bien obligés de refuser. La diva ne lâche rien et demande aux deux sbires d’insister, ce qu’ils font lourdement mais le refus s’avère ferme et définitif.
Sur les bateaux les plus proches du nôtre, les occupants ont tous entendu et sont sidérés. Ils se moquent ostensiblement de cette bimbo qui n’a décidément pas froid aux yeux. Cachée derrière ses lunettes de soleil de star, elle les gratifie en retour d’un sourire dédaigneux. Pitoyable.
La rencontre avec le requin se termine, et nous repartons en mettant le cap sur Cabo Catoche, un site sur l’île d’Holbox où nous allons manger.
Nous sommes un peu déçus de ne pas avoir eu la chance de croiser le banc habituel de requins-baleines (ils sont régulièrement plusieurs dizaines à nager ensemble !) mais c’est la loi de la nature, nous le savons bien.
Et en chemin, le coup de chance improbable se produit : un bateau qui nous précède est en train de mettre ses plongeurs à l’eau avec un couple de requins-baleines, adultes ceux-là. Nous les rejoignons et, pendant que nous mettons masque et tuba, le guide nous briefe. Il nous indique que mes fils et moi ferons partie de la première palanquée, puis le couple de français et la diva de la deuxième.
Mais Miss Monde, vraisemblablement mécontente de cet ordre de passage, se plaint discrètement au guide, lequel inverse finalement l’ordre de passage. Cela ne nous pose pas de problème particulier puisqu’on ne peut passer qu’une petite minute dans l’eau : nous ne sommes pas à une minute près.
Ils se mettent donc tous les trois à l’eau puis un instant plus tard, ils en terminent avec leur plongée. Mes 2 fils et moi, assis sur le rebord du bateau, masque sur le museau et tuba en bouche, sommes fin prêts à piquer enfin une tête. Mais le capitaine, au lieu de continuer à suivre le requin, n’a plus d’yeux que pour Miss Silicone ! Il en arrive même à lâcher la barre un court instant pour l’aider à se hisser à bord.
L’un des deux requins est déjà parti depuis quelques minutes, et le deuxième file un peu plus loin. D’autres bateaux arrivent et le capitaine repart faire la queue à 100 mètres du squale. Très vite, toujours plus de bateaux arrivent. Il y a finalement beaucoup trop de monde, le requin s’en va et il n’est plus possible de plonger.
Je suis bien sûr un peu déçu de ne pas avoir pu réaliser ce vieux rêve qui est le mien de plonger un jour avec un requin-baleine, même brièvement. Mais je suis surtout écoeuré pour mes deux fistons, qui se faisaient une joie de vivre ça. Je dis au guide ma façon de penser et je lui demande un dédommagement, non pas pour ne pas avoir pu plonger avec ce gros poisson car on n’est jamais assuré d’en voir un, la nature n’étant pas à notre disposition, mais pour nous avoir clairement zappés au moment où c’était notre tour de plonger. Il me promet un remboursement.
A la fin de la journée, arrivés à terre, il nous débarque tous et au moment où il s’apprête à partir, je lui rappelle qu’il doit me rembourser. Il accepte à nouveau, remonte tranquillement à bord et s’en va plein gaz comme si de rien n’était, avec le capitaine, comme deux grands lâches. Je n’arrive pas à y croire.
La plage située au bout de la rue principale d’Holbox
Bien sûr, de retour à notre hôtel (qui nous a réservé ce tour -opérateur : Glendy Tours), j’explique la situation et redemande mon remboursement. Le réceptionniste convoque le gérant, qui arrive avec le guide. Notre fuyard fait moins le fier. Intérieurement, je bous mais je prends sur moi pour garder mon calme pendant la discussion qui s’ensuit.
D’emblée, je mets un point d’honneur à regarder le pseudo-guide dans les yeux, tout en lui reprochant de s’être enfui comme un lâche. Je fais mon possible pour m’exprimer calmement, j’articule bien, je le fixe en permanence et je répète à plusieurs reprises que c’est un lâche, devant le gérant qui ne dit pas un mot. Le guide, de toute évidence, a reçu au préalable la consigne de son patron de la fermer car il ne bronche pas de tout l’entretien, lequel dure une bonne vingtaine de minutes.
Bref, je vous passe les détails mais au final, le gérant ne nous proposera que de nous offrir une autre excursion, le lendemain, en contrepartie de ce « désagrément ». Il s’agit uniquement de nager avec les poissons, pas de retourner voir les requins. Il admet donc leurs torts, mais comme nous devons partir justement le lendemain tôt le matin et assumer nos autres réservations pour la suite du voyage, nous ne pouvons pas accepter. Et lui, il refuse de nous rembourser.
Sur Tripadvisor, ce Glendy Tours est évalué très moyennement (sur une échelle de 1 à 5, il a la note de 3), mais il arrive surtout en 29e position seulement sur 36 tour-opérateurs nautiques qui sont notés par les clients. Je suis un peu remonté contre l’hôtel, qui a réservé pour nous un tel amateur.
La notation de Glendy Tours par ses clients en dit long sur la « qualité » de ses prestations…
Si vous voulez plonger avec les requins-baleines à Holbox, vous le ferez peut-être avec Glendy Tours. Et ça se passera peut-être bien, c’est en tout cas ce que je vous souhaite. Mais au vu du prix que coûte une telle excursion (3.000 pesos par personne, soit 160 euros environ !), je me permets quand même de vous suggérer de chercher rapidement sur le web, avant de partir, quels sont les prestataires les mieux notés : vous aurez forcément plus de chances que ça se passe bien avec ceux qui sont le mieux notés, plutôt qu’avec ceux qui sont aussi mal classés que Glendy Tours.
En revanche, si vous êtes une belle jeune femme, alors vous pouvez les choisir sans crainte : vous serez mieux reçue que les autres…
En voilà au moins un qu’on a pu observer !
Pour en terminer avec cette excursion, je dois évoquer l’aspect respect de la nature, que mettent en avant tous les tours-opérateurs qui organisent cette activité. Ils nous expliquent qu’ils respectent les requins : on ne peut plonger simultanément que par deux ou trois maximum, et pendant quelques minutes seulement pour ne pas perturber ces géants des mers…
Nous y avons cru avant le départ, mais ce n’est pas ce que nous avons vu. Quand les requins sont introuvables sauf un, tout le monde se rue dessus et seule la présence permanente des garde-côtes empêche les tours-opérateurs de mettre leurs clients à l’eau.
Car pour le deuxième requin que nous avons vu, quand les plongeurs de notre bateau sont sortis de l’eau et que nous sommes partis faire la queue alors que c’était notre tour de plonger, d’autres bateaux sont arrivés assez rapidement et ont commencé à se ruer sur le pauvre requin qui, du coup, a fini par mettre les voiles.
En d’autres termes, il est clair que ces entreprises ne respectent les requins que lorsqu’elles sont contrôlées.
Les pilotes des bateaux (ici en marche arrière !) ne se soucient pas des animaux
Et pour le snorkeling à proximité de Cabo Catoche, ils attirent les poissons quotidiennement en les nourrissant, ce qui est normalement une pratique à proscrire. Car ensuite, ces poissons ne savent plus s’alimenter naturellement et deviennent dépendants de Glendy Tours et de ses concurrents.
Cabo Catoche
Un petit mot quand même sur le reste de l’excursion. Cabo Catoche (le site où nous avons pris le repas, sur l’île d’Holbox) est le point le plus septentrional de tout le Yucatan. L’endroit est paradisiaque.
Le repas a lieu face à la mer, sur la plage de Cabo Catoche
Sur le chemin du retour, nous passerons une demi-heure à faire du snorkeling sur un site qui ne s’avère finalement poissonneux que parce que les tours-opérateurs ont la mauvaise idée de nourrir les poissons. Mais cette pratique non respectueuse de la nature est normalement à proscrire.
Snorkeling à proximité de Cabo Catoche
En plus, le gilet de sauvetage, comme dans de nombreux endroits au Yucatan d’ailleurs, est obligatoire !!
Étant plongeurs, nous n’avons pas trouvé ce site très intéressant mais objectivement, il devrait ravir tous ceux qui n’ont pas trop l’habitude de mettre la tête sous l’eau dans de beaux sites de plongée.
Nous avons détesté nous sentir prisonniers de ce gilet qui nous bloquait à la surface et pour ma part, ce que j’ai préféré finalement, c’est de pouvoir nager à côté d’un pélican assez peu farouche, qui palmait juste à côté de moi dans une eau verte.
En conclusion, notre rêve de plonger avec des requins-baleines est tombé à l’eau, contrairement à nous qui sommes restés à bord ! Mais ce n’est pas grave finalement car il nous reste 18 à jours à profiter du Mexique, et ce ne sont pas ces types et leur dulcinée plastifiée qui vont nous gâcher le plaisir.
La suite de notre périple dans le Yucatan va s’avérer en effet grandiose et notamment, à défaut d’avoir pu plonger avec des requins-baleines, nous allons plonger dans quelques jours, nous ne le savons pas encore, avec un crocodile sauvage !…
La bioluminescence
Tout à l’ouest de l’île (à 15 mn de la petite ville d’Holbox en voiturette de golf) se trouve un site de bioluminescence réputé : dans l’eau, le plancton est lumineux en pleine nuit.
Les photos que j’avais vues vues sur le web montraient une eau très lumineuse d’un bleu métallique impressionnant, en pleine nuit. C’était magnifique (bioluminescence à Holbox sur le web).
Si vous avez vu les mêmes images, alors ne vous y trompez pas : le plancton brille un peu mais beaucoup moins que sur ces photos, et il émet une lumière non pas bleue mais plutôt grisâtre.
Bref, c’est magique pour les enfants, intéressant pour les plus curieux, mais globalement plutôt décevant (décidément…).
Mais peut-être cette teinte bleutée et très lumineuse varie-t-elle en fonction de la saison, ou des conditions de l’eau…
Les plages
L’île d’Holbox est pourvue de grandes et magnifiques plages de sable blanc.
Playa Punta Cocos
Dans la ville d’Holbox, elles sont colonisées par les hôtels mais dès qu’on s’éloigne un peu, on trouve des endroits paradisiaques : sable blanc donc, mer tantôt verte et tantôt turquoise, cocotiers…
La plage de Cabo Catoche
Street-art
De nombreux murs sont joliment graffés à Holbox. En voici un aperçu.
Direction Chiquila – Holbox est une île, et les bateaux qui s’y rendent partent du petit port de Chiquila, lequel est situé à 2 heures de voiture de Cancun, 2h30 minimum en bus.
Le parking à Chiquila – On entre dans Chiquila via une longue artère qui mène au port. De part et d’autre de cette rue, il y a de nombreux parkings qu’on ne peut pas manquer : les employés agitent des drapeaux rouges pour attirer les voyageurs. On peut y laisser la voiture de location le temps du séjour à Holbox, ils sont tous sécurisés. En effet, il n’y a pas de voitures sur Holbox. Les prix sont les mêmes partout : 50 pesos pour 12 heures, 100 pesos pour 24 heures. Du coup, choisissez de préférence le parking le plus proche du port afin d’éviter de marcher en plein cagnard avec vos sacs à dos (ou valises).
La traversée Chiquila – Holbox – Deux compagnies proposent cette traversée : 9 Hermanos et Holbox Express. Les tarifs pratiqués sont identiques : 220 pesos l’aller simple (12 euros en 2023). La traversée dure 20 minutes et il y a un départ en alternance toutes les 30 minutes.
Le bon plan : au niveau des guichets de ces deux compagnies, il y a également la possibilité de choisir la traversée en lancha (bateau rapide), en négociant le prix en-dessous de celui des ferries, soit entre 150 et 200 pesos. Le moment idéal pour la négo : quelques minutes avant le départ du ferry… Ces lanchas sont plus rapides, plus sympas et moins chères.
Se déplacer sur Holbox
Faute de voitures sur l’île, on se déplace essentiellement en voiturette -taxi.
On peut également louer un vélo mais attention à ceux qui ne sont pas très sportifs car ce n’est pas toujours facile de pédaler : il fait très chaud et les chemins ne sont pas toujours très praticables.
Il est plus simple de louer une voiturette de golf mais le tarif est élevé : +/- 2000 pesos soit 105 euros environ les 24 heures (on peut aussi louer à la journée ou à la demi-journée). En plus, il y a pas mal de retours négatifs quant à l’état des véhicules, qui auraient tendance à tomber régulièrement en panne. Si vous choisissez cette option, il est donc conseillé de bien regarder les avis sur le web avant de choisir votre loueur…
Où loger ?
Les hôtels ne manquent pas sur l’île : on peut aussi bien en choisir un de visu une fois sur place, que réserver à l’avance sur les plateformes habituelles (Booking, Agoda, Airbnb etc.) ou encore sur ce site spécialisé : Hoteles Isla Holbox.
Nous avons choisi de dormir dans le petit centre-ville pour avoir toutes les commodités à quelques pas, et la plage au bout de la rue : c’est le quartier le plus recherché par les touristes donc les hébergements y sont un peu plus chers qu’ailleurs.
Nous avons dormi à Hotel Los Arcos Holbox pour 75 euros par nuit pour 4 personnes, en plein mois de juillet (le prix plancher pour 3 personnes est de 33 euros la nuitée, en fonction de la saison).
Tout aurait été parfait pour nous dans cet hôtel, s’il ne nous avait pas réservé l’excursion avec les requins-baleines chez les amateurs de Glendy Tours…
Hotel Los Arcos Holbox
Nager avec les requins-baleines
Inutile de vous répéter ici les problèmes que nous avons rencontrés avec Glendy Tours, classé 29e sur 36 par ses clients sur Tripadvisor, malgré un coût de… 3000 pesos par personne (160 euros !)
En un bref coup d’oeil sur le web, on peut trouver facilement d’autres prestataires beaucoup mieux notés par leurs clients. Cela n’empêchera pas forcément de mauvaises expériences avec eux, mais ce sera beaucoup moins probable qu’avec Glendy. Ainsi, en deux clics, j’ai trouvé Holbox Adventure ou encore VIP Holbox Experience et il y en a plein d’autres. Bref, pour limiter les risques, il suffit juste de fouiller un peu…
La civilisation Maya, qui connut son apogée entre 300 et 900, nous a laissé en héritage de fabuleuses cités. Nous en avons visité cinq, de tailles et de prestiges différents.
Chichen Itza est une vaste cité maya qui fut habitée à partir du VIIIe siècle et qui compta jusqu’à 50.000 habitants. Aujourd’hui, sa structure la plus emblématique, mondialement connue, est la pyramide de Kukulcan, le Dieu serpent à plumes en l’honneur duquel elle fut érigée. On l’appelle également El Castillo.
La pyramide de Kukulcan…
Du haut de ses trente mètres, cette pyramide à l’allure élégante est incroyablement bien conservée. Sa conception adresse quelques clins d’oeil aux scientifiques puisque ses quatre façades sont orientées face aux quatre points cardinaux, et que chacun de ses quatre escaliers (un par façade) compte environ 90 marches pour un nombre total de… 365 ! Soit autant de marches sur la pyramide que de jours dans l’année…
… également appelée El Castillo
De plus, elle possède plusieurs particularités étonnantes qui ont contribué à l’élever au rang d’édifice mythique. Par exemple, si l’on se positionne face à l’escalier central et qu’on tape dans ses mains, un écho ressemblant au cri du quetzal (l’oiseau sacré des Mayas) surgit du sommet de la pyramide à chaque « applaudissement ». L’expérience est bluffante.
Il faut arriver tôt pour profiter du site avant le flot des touristes
Plus fort encore : lors des solstices, le soleil en se couchant projette sur les escaliers de la pyramide une ombre ressemblant à un serpent qui semble onduler lentement au fur et à mesure que le soleil décline. Il s’agit bien sûr du Dieu serpent à plumes.
Mais ce site archéologique ne se résume pas à cette pyramide, aussi incroyable soit-elle. S’étirant sur 300 hectares, il comporte d’autres petites merveilles, telles que le temple des guerriers et ses soi-disant « mille » colonnes (il y en a en réalité environ 200).
Le temple des guerriers
Quelques-unes des « mille » colonnes
Contrairement à la grande pyramide de Kukulcan, le temple des guerriers et ses « mille » colonnes n’ont pas traversé les siècles intacts. Les plafonds se sont effondrés au fil du temps, et la nature a repris en partie possession des lieux, ce qui donne un côté sauvage au site.
Les « mille » colonnes
Un autre lieu emblématique de Chichen Itza est son grand terrain du jeu de balle. Les joueurs devaient faire circuler une sorte de balle en caoutchouc puis l’envoyer à travers un anneau situé à quelques mètres de hauteur.
Le terrain du jeu de balle
L’anneau
La légende (ainsi que certains sites internet) affirment que le perdant était sacrifié à l’issue du jeu. Mais en l’absence de la moindre preuve en ce sens, la majorité des chercheurs considère aujourd’hui que ce jeu constituait plutôt un rite de fertilité agricole sans sacrifice. Le site officiel de Chichen Itza ne fait d’ailleurs aucune mention de tels sacrifices dans sa page consacrée à ce jeu, consultable ici.
En revanche, les Tzompantli ne prêtent, eux, à aucune confusion : il s’agit de pans de murs sculptés, représentant des crânes humains empalés sur des piquets ! Cette violente pratique maya, elle, a bien existé. L’un de ces tzompantli se trouve à proximité de la pyramide de Kukulcan.
Tzompantli à Chichen Itza
Un iguane se balade innocemment sur les crânes du tzompantli…
Enfin, terminons avec l’élément qui a permis aux Mayas de fonder leurs cités : l’eau ! Car toutes les villes mayas étaient bâties à proximité d’un ou plusieurs cénotes, ces gouffres remplis d’eau qui leur permettaient de vivre car ils constituaient la seule source d’eau de la région.
Le cénote Sagrado à Chichen Itza
Dans la culture Maya, ces puits géants, qui étaient donc vitaux pour eux, représentaient également l’inframonde, c’est-à-dire un monde sacré où reposaient les morts. Ils faisaient donc des offrandes en jetant dans les cénotes des objets précieux (or, quartz, coquillages, bois…) puis en y pratiquant plus tard des sacrifices humains (guerriers, enfants, jeunes filles).
En effet, les fouilles des dernières années ont permis de découvrir au fond de certains cénotes à la fois des objets précieux et des ossements humains
Le cénote Xtoloc à Chichen Itza
Infos pratiques – Chichen Itza
Le prix : 614 pesos (33 euros)
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 16h00
Le bon plan : Chichen Itza étant un site touristique sur-fréquenté, le bon plan consiste à arriver non pas dès l’ouverture (8h00), mais 20 à 30 minutes avant. Nous sommes arrivés à 7h40, il y avait deux guichets comportant chacun une file de 8 à 10 personnes seulement, soit 15 à 20 personnes devant nous. Quand les guichets ont ouvert à 8h00, il y avait déjà 100 à 150 personnes qui faisaient la queue derrière nous.
Billets coupe-file : vous pouvez les réserver sur le site officiel chichenitza.com
Bon à savoir : avant de descendre de voiture (ou avant de quitter votre hôtel si vous arrivez en bus ou en collectivo), assurez-vous de n’avoir sur vous rien de tout ce qui figure sur la longue liste des interdits, au risque d’être refoulé/e/s. En effet, il est interdit d’entrer sur le site de Chichen Itza avec de quoi manger ou boire, ainsi qu’avec une balle ou un ballon, une valise, un liquide quelconque, un chien, un instrument de musique, ou encore un paquet de cigarettes ! Mais ce n’est pas tout : vous êtes âgé/e ou mal portant/e ? Votre siège pliable est interdit lui aussi, tant pis pour vous. Vous êtes photographe ou vidéaste amateur ? Alors vous avez l’interdiction d’amener votre drone (bon ça, ça peut se comprendre) mais également un trépied, ou même un simple stabilisateur d’image ! Comble de l’absurde, vous n’avez même pas le droit non plus d’entrer avec le micro de votre caméra, ni avec une Go Pro mais je vous rassure, les smartphones, qui pourtant assurent chacune de ces fonctions interdites, sont eux autorisés ! Comprenne qui pourra…
Bienvenue à Chichen Itza !…
L’Unesco a classé la cité Maya de Chichen Itza au patrimoine de l’humanité : Unesco Chichen Itza
Plan du site (source : Inah)
Chichen Itza : le plan du site archéologique
Uxmal
Pendant longtemps, la région d’Uxmal (qui se prononce « Ouchmal ») compta très peu d’habitants pour une raison simple : les cénotes étaient beaucoup plus rares dans cette partie du Yucatan qu’ailleurs, et cette pénurie d’eau rendait la région difficilement habitable. La cité d’Uxmal fut ainsi peuplée sur une période courte, essentiellement aux IXe et Xe siècles.
Le bâtiment principal de ce merveilleux site est la pyramide du Devin. On l’appelle aussi pyramide de la Diseuse de bonne aventure, ou encore pyramide du Magicien ! Et la magie, c’est justement ce qui opère quand on admire ce superbe édifice haut de 40 mètres, avec bien moins de touristes qu’à Chichen Itza.
La pyramide du Devin…
Elle a une forme originale et inhabituelle puisque sa base est ovale, plutôt que carrée ou rectangulaire comme pour la majorité des pyramides mayas. La cité est considérée comme l’un des plus beaux exemples de l’architecture Puuc.
… également appelée pyramide de la Diseuse de bonne aventure…
Il s’agit d’un temple dont les cinq phases de constructions successives se sont superposées les unes aux autres au fil du temps.
… ou encore la pyramide du Magicien !
Parmi les autres édifices majeurs du site, le quadrilatère des nonnes est long de 81 mètres et large de 54. Les spécialistes n’ont pas encore tranché entre les différentes hypothèses de ce à quoi il était dédié.
Le quadrilatère des nonnes
Le quadrilatère des nonnes…
… et ses serpents décoratifs.
Un peu plus loin, le palais du gouverneur est considéré comme un chef-d’oeuvre architectural, caractérisé notamment par un grand raffinement. Sa centaine de mètres de long est décorée par près de 20.000 petits éléments sculptés (personnages, masques etc.)
Le palais du gouverneur
En contrebas du palais est érigée la grande pyramide à neuf degrés, richement décorée, et dont trois des quatre façades restent enfouies dans la végétation.
La pyramide à neuf degrés
Et comme toujours sur les sites archéologiques mayas, on trouve un peu partout des iguanes qui se réchauffent sur les vieilles pierres chargées d’histoire…
Infos pratiques – Uxmal
Le prix : 441 pesos (23 euros)
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 16h00
Uxmal est beaucoup moins assailli par les touristes que Chichen Itza, toutefois là aussi, plus on arrive tôt sur site, moins il est fréquenté et plus il est agréable à visiter.
Amis photographes : trépieds, stabilisateurs et Go Pro sont interdits…
Le site d’Uxmal est classé au patrimoine de l’humanité par l’Unesco : Uxmal Unesco
Plan du site (source Inah)
Uxmal : le plan du site archéologique
Calakmul
Ce chapitre consacré à la magnifique cité maya de Calakmul est extrait de notre article plus large Dormir dans la jungle et visiter la cité maya de Calakmul. En plus du site archéologique de Calakmul, cet article évoque la jungle qui l’entoure. Elle a été classée réserve de biosphère par l’Unesco, que ce soit pour sa végétation ou pour les animaux qu’elle héberge.
Pour commencer, il faut savoir que toute cette zone est située au milieu de la partie la plus isolée de tout le Yucatan. C’est l’empire de la jungle, et c’est donc là que se situe Calakmul.
C’est cet isolement qui explique pourquoi cette superbe cité Maya est si peu visitée. Pourtant, ses deux grandes pyramides qui dominent la jungle laissent un souvenir impérissable à tous ceux qui sont montés à leur sommet…
Pour vous donner une idée, quand nous sommes arrivés sur place le matin, il n’y avait que trois voitures garées sur le parking ! A titre de comparaison, il y a deux millions de visiteurs annuels à Chichen Itza ! Nous avons donc eu cette superbe cité maya de Calakmul quasiment rien que pour nous. Un incroyable privilège.
Le chemin d’accès au site archéologique
Calakmul est une cité Maya qui connut son apogée vers 650. Très puissante à l’époque, elle compta jusqu’à 50.000 habitants.
Aujourd’hui, outre son histoire bien sûr, ce qui rend cette cité magique pour les profanes dont nous faisons partie, c’est que la jungle a repris possession des lieux au fil des siècles. Ce qui donne un peu des airs d’Indiana Jones à cette cité perdue.
La première pyramide, dite structure I
Seule une vingtaine des 6.000 structures qui sont éparpillées dans la jungle ont été nettoyées et sont accessibles, malgré les arbres qui ont colonisé ces vieilles pierres.
Le cadre naturel de ce site historique est donc impressionnant.
L’un des principaux intérêts pour le visiteur qui arpente Calakmul, c’est que contrairement aux sites mayas plus connus et beaucoup plus fréquentés tels que Chichen Itza ou Uxmal, il peut monter en haut des pyramides ici.
Et comme toujours sur les pyramides précolombiennes, la montée est abrupte.
La première pyramide sur l’itinéraire est la structure I. Elle mesure 50 mètres de haut et fait face au principal joyau du site : la deuxième pyramide ou structure II.
Vue sur la structure II depuis la structure I
Alors que nous escaladons la première pyramide, nous entendons au loin des cris d’animaux non identifiables dont le niveau sonore est incroyablement élevé.
Nous nous demandons ce que ça peut bien être et pensons à un félin, mais ce n’est qu’en arrivant à la deuxième pyramide que nous comprenons : ces cris proviennent d’un groupe de singes hurleurs. A l’évidence, ils n’ont pas été affublés d’un tel nom pour rien !
Les bien nommés singes hurleurs
Pour bien comprendre à quel point le hurlement de cet animal impressionne celui qui l’entend, il faut savoir que dans tout le règne animal, le singe hurleur fait partie des trois animaux dont le cri est le plus puissant. Avec 140 décibels, il se situe même devant le cerf qui brame et le lion qui rugit (110 à 120 décibels « seulement ») et quasiment au même niveau… qu’un avion de ligne qui décolle paraît-il (140 à 170 décibels) ! Il faut l’entendre pour le croire. Vraiment impressionnant.
Pour se défouler les cordes vocales, l’arbre que ces sept ou huit singes ont choisi est situé aux pieds de l’un des plus importants temples-pyramides du monde Maya. C’est la magie de la jungle : pour nous, cette rencontre animale dans ce haut-lieu historique sera mémorable.
Nous quittons nos amis primates, visuellement mais pas auditivement, pour entreprendre la montée de cette fameuse pyramide dont la base carrée mesure 120 mètres de côté ! Du sommet, on aperçoit au loin la première pyramide, celle que nous avons escaladée quelques minutes plus tôt, enfouie dans la jungle qui s’étend à l’infini.
La vue est impressionnante depuis la cime de ce joyau qui émerge de la végétation.
A bien y réfléchir, le paysage n’a pas dû beaucoup changer depuis l’époque des Mayas. Tant mieux.
C’est l’heure de partir.
Plus bas, les singes continuent à s’époumoner…
Infos pratiques – Calakmul
Le prix : 344 pesos (19 euros). La spécificité de Calakmul, c’est qu’on paye en trois fois ! Ne soyez donc pas étonnés. Voici comment le prix total d’accès au site se décompose (tarifs 2023) :
1 – A la sortie du petit village de Conhuas, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée correspondant à l’entretien de la route (104 pesos par personne).
2 – 20 km plus loin, on paye l’entrée dans la réserve de biosphère (150 pesos par personne).
3 – Et à l’arrivée (40 km de plus), on paye l’accès au site archéologique maya (90 pesos par personne).
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 15h30
On peut visiter Calakmul en une journée même si l’on vient de loin (par exemple Campeche ou Chetumal), mais le mieux est de passer la nuit à proximité du site archéologique pour avoir tout le temps de le visiter le lendemain et en profiter à fond. C’est ce que nous avons fait, en dormant la veille dans la jungle. Si cela vous intéresse, vous pouvez lire notre article Dormir dans la jungle et visiter la cité Maya de Calakmul
L’ancienne cité maya de Tulum n’est plus à présenter : c’est le fameux site maya qui surplombe la mer des Caraïbes.
El Castillo domine la mer des Caraïbes
La cité était fortifiée (Tulum signifie « clôture » en maya) et située sur le point le plus haut de la côte. Cela lui permettait de contrôler les routes commerciales maritimes tout en étant imprenable.
Le bâtiment le plus emblématique du site est le Castillo.
El Castillo
Le deuxième édifice qui surplombe la mer des Caraïbes, plus petit qu’el Castillo, est le temple du dieu du vent (ou temple du dieu descendant).
La maison du Grand Seigneur aujourd’hui
La maison du Grand Seigneur à l’époque des Mayas
La maison du cénote était située au-dessus d’un cénote qui permettait aux Mayas de s’approvisionner en eau douce.
La maison du cénote aujourd’hui
La maison du cénote à l’époque des Mayas
Et aujourd’hui, le site de Tulum continue à faire le bonheur des archéologues.
Infos pratiques – Tulum
Le prix : 90 pesos (moins de 5 euros). Il faut également prévoir le prix du stationnement si vous êtes en voiture : c’est 100 pesos de plus (5 euros).
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 15h30
Le bon plan : arriver dès l’ouverture. Non seulement la foule, importante à Tulum, n’est pas encore arrivée mais en plus, le soleil tape un peu moins fort que le reste de la journée.
Bon à savoir : il est interdit de se restaurer dans l’enceinte du site. Du coup, il n’y a aucun stand pour acheter à boire ou à manger, il faut donc prévoir de l’eau avant d’entrer car il peut faire très chaud, vraiment…
Le conseil aux photographes : si vous voulez faire, comme tout le monde, la fameuse photo des deux bâtiments qui dominent la mer des Caraïbes (le Castillo et/ou le temple du dieu descendant), alors venez l’après-midi. Car le matin, ce point de vue emblématique du site est à contre-jour. J’ai dû revenir l’après-midi pour photographier la mer des Caraïbes et le ciel sous leur manteau bleu (le matin à contre-jour, ils étaient gris), démonstration en images :
Plan du site (source : Inah)
Tulum : le plan des ruines
Muyil
Pour terminer cet article sur les cités mayas, voici un aperçu du site archéologique de Muyil, quelques kilomètres au sud de Tulum.
Ce court chapitre est extrait de notre article plus complet Sian Ka’an, réserve de biosphère qui aborde, outre la cité maya de Muyil, la somptueuse réserve naturelle de Sian Ka’an ainsi que la baignade inoubliable dans les canaux mayas (l’un de nos meilleurs souvenirs de tout notre périple dans le Yucatan).
A première vue, le site archéologique de Muyil n’est pas spécialement impressionnant comparé à ceux de Chichen Itza, Uxmal ou Calakmul.
Les ruines mayas de Muyil
Il n’empêche que ce site noyé dans la nature, où les visiteurs ne se bousculent pas, est extrêmement agréable à visiter.
La végétation autour des ruines mayas
Habité très tôt par les Mayas (de l’an – 300 à l’an 900 environ), la position stratégique du site permettait à ses habitants de contrôler une route commerciale maritime importante.
Aujourd’hui, sa principale attraction archéologique est sa pyramide à degrés, dite El Castillo. C’est aussi sa plus haute structure (17 mètres).
El Castillo, la pyramide à degrés de Muyil
Le chemin qui mène d’une structure à l’autre
Cerné par la jungle, le site de Muyil est également bordé par une superbe lagune, que l’on peut traverser en bateau pour aller se baigner dans les anciens canaux mayas (voir ci-dessous).
La lagune de Muyil
Infos pratiques – Muyil
Le prix : 70 pesos (moins de 4 euros)
Le plan du site
Photo ci-dessous : en haut à gauche, le site archéologique ; à droite : la lagune de Muyil ; et au milieu, la jungle.
Se restaurer
Juste en face de l’entrée du site archéologique, de l’autre côté de la route 307, il y a un excellent petit resto typique.
La cuisine est bonne, l’hygiène aussi, les prix sont corrects, la famille qui tient le resto est accueillante et la petite terrasse intérieure est particulièrement agréable !
Donc si vous avez un creux en quittant le site archéologique, n’hésitez pas à vous arrêter là…
Cuisine typique à Chunyaxché
Si vous voulez profiter de la visite du site archéologique de Muyil (laquelle est assez rapide vu les dimensions réduites du site) pour traverser la lagune de Muyil et sa mangrove en bateau, puis faire une baignade inoubliable dans les canaux mayas de la réserve de biosphère, vous pouvez vous reporter à notre article Sian Ka’an, réserve de biosphère
Rio Lagartos est un village tranquille situé sur la côte nord du Yucatan, et qui présente deux avantages : sa réserve de biosphère fait le bonheur des amoureux de la nature, et c’est l’un des rares endroits du Yucatan encore épargnés par le tourisme de masse. A l’est de la ville, Las Coloradas est connue pour ses bassins d’une étonnante couleur rose vif.
Rio Lagartos fait face à la mangrove…
… vue ici depuis le malecon
La visite de Rio Lagartos et Las Coloradas
Le bon plan consiste à visiter la réserve de Ria Lagartos au petit matin car il est plus facile d’observer les animaux lorsqu’ils sont encore à moitié endormis. C’est pourquoi il est souhaitable d’arriver sur place la veille.
Si c’est le cas, on peut profiter de la fin d’après-midi (le jour de l’arrivée sur place) pour visiter les deux cénotes de Peten Mac et Chikila, situés à la sortie de la ville.
Le lendemain matin, on visite donc la réserve de biosphère en bateau et l’après-midi, on peut se rendre à Las Coloradas.
On accède au cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.
Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.
Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux…
Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche, avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.
Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.
Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux…). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.
Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.
Le nid de maman croco.
Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.
Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.
Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.
Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.
Le cénote Chikila
Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a bien expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent celui de Peten Mac.
C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.
Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »
Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.
Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !
Le crocodile inattendu du cénote Chikila
Nous sommes sidérés. Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.
Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en ne trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !
Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !
Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.
Une fois la frayeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage…
La principale attraction de la petite ville de Rio Lagartos (qui signifie la rivière des lézards, mais comprenez des crocodiles !), c’est sa réserve de biosphère (ainsi classée par l’Unesco) qui s’appelle quant à elle Ria Lagartos (l’estuaire des lézards).
Le malecon, point de départ des excursions
La réserve se visite en bateau, idéalement au petit matin, car c’est le moment où les animaux se réveillent tout juste : encore à moitié endormis, ils sont plus faciles à observer.
L’embarcadère, sur le malecon
En quelques minutes, on rejoint la mangrove située sur la rive d’en face, puis on navigue en serpentant dans les canaux.
Ria Lagartos est une zone d’une importance capitale pour la conservation de nombreuses espèces menacées. Certains animaux considérés en danger critique d’extinction, comme les tortues marines par exemple, se trouvent ainsi protégés.
Au niveau ambiance, la quiétude et le calme qui règnent dans la réserve correspondent parfaitement à un site aussi nature que celui-là.
Ce site protégé permet d’observer de nombreux oiseaux un peu partout. Il fait d’ailleurs office de halte pour un certain nombre d’oiseaux migrateurs.
Frégate
Mouette
Parmi tous les volatiles qui vivent dans le coin, nous avons la chance d’apercevoir un balbuzard pêcheur. C’est un beau rapace de plus de 1m50 d’envergure, qui se nourrit quasi-exclusivement de poissons.
La pression de ses serres est si forte que parfois, lorsque le poisson qu’il a saisi s’avère trop lourd, il peut lui arriver de ne pas réussir à les desserrer à tel point… qu’il finit par se noyer !
Un balbuzard pêcheur
Notre guide José nous explique qu’il y a quelques années, une partie de la mangrove n’a pas survécu au passage d’El Niño, qui a provoqué une hausse importante de la température de l’eau par ici.
Les stigmates d’El Niño sur la mangrove
La zone concernée n’est pas bien grande, mais c’est dans cet endroit apparemment sans vie que nous apercevons un crocodile.
Il a beau exhiber devant nous son impressionnante dentition, il n’attaque en principe jamais les humains puisqu’il se nourrit exclusivement de poissons, d’oiseaux et de petits mammifères.
Un crocodile de Morelet
Notez que si vous voulez optimiser vos chances d’apercevoir un crocodile, il faut partir de Rio Lagartos le plus tôt possible, c’est-à-dire vers 7h00-7h30 dernier délai. Car dès qu’il commence à faire chaud, ces gros reptiles ont tendance à aller se cacher dans la mangrove.
La visite en bateau se poursuit par une balade dans un marais salant dont l’eau arbore des couleurs étonnantes.
Puis on arrive sur le territoire des flamands roses. Là, il y a deux solutions : soit le guide respecte la réglementation, qui interdit d’approcher de trop près ces gracieux volatiles afin de ne pas les effrayer, soit il la transgresse allègrement afin de satisfaire ses clients, en espérant obtenir à la fin un pourboire.
Notre guide José, très pro, restera consciencieusement à l’écart. D’où les photos un peu lointaines qui illustrent cet article.
José nous explique qu’il y a quelques années, les flamands étaient beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui par ici. Les bateaux les approchaient de très près et souvent à grande vitesse, pour les contraindre à s’envoler devant l’objectif des touristes. Ces derniers étaient forcément ravis de leurs photos, réalisées au détriment des flamands effrayés.
Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva : les flamands sont partis vivre ailleurs, loin des humains pour avoir la paix. Ils sont donc aujourd’hui beaucoup moins nombreux qu’avant, dans cette partie de la réserve accessible aux touristes même si, au final, on en aperçoit quand même quelques dizaines.
A noter qu’au cours de ces tours en bateau, on peut faire, si on le souhaite, une halte au milieu de l’estuaire pour s’enduire le corps de boue, puis se rincer dans l’eau une demi-heure plus tard. Nous ne l’avons pas fait mais c’est, paraît-il, du meilleur effet pour la peau…
C’est sur l’observation des flamands roses que le tour prend fin.
Las Coloradas
Las Coloradas est situé à 25 minutes en voiture à l’est de Rio Lagartos.
A l’origine, le site actuel de Las Coloradas était un lieu où les Mayas produisaient du sel. Cette activité perdure aujourd’hui encore : l’eau de mer est stockée dans de grands bassins, puis s’évapore peu à peu sous le soleil torride de la région pendant que son sel se cristallise.
Cette eau est également chargée en algues, en plancton et en petites crevettes roses : ce sont elles qui transmettent cette couleur unique à l’eau (ainsi qu’aux flamands roses qui les mangent, d’ailleurs). Visuellement, ce paysage est assez spectaculaire.
Il y a quelques années, ce site était à peu près vierge de touristes. On pouvait même se baigner dans ces eaux roses pour faire des photos incroyables. Mais depuis que le drone d’un touriste s’est écrasé dans l’un de ces bassins, le polluant pour un bon moment, la baignade est interdite.
Lors de notre visite (juillet 2023), l’entrée était payante mais surtout, il était obligatoire d’être accompagné par un guide : on ne peut désormais plus se balader librement par ici.
Et ce n’est rien à côté de ce qui se trame : les autorités sont en train d’investir massivement sur ce site en construisant des infrastructures touristiques de grande envergure, tout autour de l’usine de production de sel. Le but affiché est clair : il s’agit de réaliser des recettes touristiques records…
Une fois que ces travaux seront terminés et que la capacité touristique sera décuplée, la question sera donc de savoir si le jeu en vaudra la chandelle : à notre avis, non.
En effet, la couleur de ces bassins, dont on fait le tour en une demi-heure, est étonnante et photogénique, c’est indéniable, mais pas au point de justifier les prix et le manque d’authenticité qui iront immanquablement avec…
Infos pratiques
Rio Lagartos : où dormir ?
Rio Lagartos est une petite ville de 2.000 habitants, où les hôtels sont concentrés le long du malecon : on n’a donc que l’embarras du choix. Si l’on a un peu de temps, on peut aller d’un hôtel à l’autre pour comparer les prix et faire jouer la concurrence.
Nous avons dormi à la Posada El Perico Marinero, qu’on peut réserver via toutes les plateformes habituelles : Booking, Tripadvisor, Agoda etc.
Le plus : c’est l’un des deux seuls hôtels de toute la ville avec piscine, ce qui n’est pas du luxe vu la chaleur accablante qui règne là-bas.
L’hôtel comprend un restaurant sur place et un autre, très bon, dans le centre-ville (à 5 mn à pied), pour lequel les réceptionnistes de l’hôtel donnent des bons de réductions (voir ci-dessous).
La Posada El Perico Marinero
L’hôtel est donc légèrement excentré, ce qui en fait un lieu d’hébergement calme, et il suffit de 5 minutes de marche pour rejoindre le minuscule centre-ville.
Trouver un guide
Il n’y a rien de plus simple ! On peut demander un guide à la réception des hôtels, c’est ce que nous avons fait à la Posada El Perico Marinero. On peut aussi se balader en ville, où l’on devient vite la cible des différents guides qui proposent leurs services. Toutefois, lorsqu’on refuse, ils ne sont pas insistants.
Attention : il y a les guides officiels, et les autres ! En général, ces derniers sont des pêcheurs qui emmènent les touristes sur leur bateau, car cette activité est bien plus rentable pour eux que la pêche. Mais ils n’ont reçu aucune formation pour ce métier de guide et ne donnent donc pas forcément des informations fiables.
Notre guide, Jose Ramos Gamboa, est un guide officiel que connaissaient tous ceux qui nous ont proposé leurs services sur le malecon, et tous nous ont dit que c’était un excellent guide ! Après coup, c’est également l’impression que nous avons eue. C’est sans doute pourquoi plusieurs hôtels travaillent avec lui…
Le prix : 1.800 pesos (95 euros environ) le tour de 2 heures pour 4 personnes. Plutôt que de négocier le prix comme la plupart des gens, nous avons négocié la durée et Jose a accepté de nous faire faire un tour de 3 heures au lieu de 2 pour ce tarif.
Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à le joindre par téléphone ou via WhatsApp : (999) 910 57 83 – Par mail : contacto@riolagartosdiscovery.com (précisez son nom : Jose Ramos Gamboa) – Le site de son employeur : Rio Lagartos Discovery (différents types de tours sont organisés, y compris de nuit).
Jose Ramos Gamboa, guide officiel
Rio Lagartos : où manger ?
La Posada El Perico Marinero possède donc un restaurant sur place, mais aussi un autre dans le centre-ville (à 5 mn à pied de l’hôtel) : le Perico Marinero. On y mange très bien, la situation sur le malecon est parfaite, les prix sont corrects et le personnel est accueillant.
Au Périco Marinero…
Ria Lagartos, réserve de biosphère de l’Unesco
L’Unesco a donc élevé au rang de réserve de biosphère la nature sauvage qui fait face à la petite ville de Rio Lagartos.