Trans Dinarica : un itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs


La Trans Dinarica est une véritable pépite. Il s’agit d’un itinéraire cyclable immersif à travers les paysages sauvages des Balkans. Le parcours étant encore très confidentiel, on n’y croise pas grand monde : dépêchez-vous d’aller y pédaler avant qu’elle ne se fasse connaître…

Sur les routes désertes de l’île de Pag. Croatie.

Sommaire


Sur ma route vers la Turquie, j’ai arpenté la Trans Dinarica dans trois pays : la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie.


L’itinéraire de la Trans Dinarica relie les pays des Balkans occidentaux, tout en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Le parcours a été conçu de manière à ce que les voyageurs à vélo qui s’aventurent par là puissent découvrir toute la richesse du patrimoine local : nature sauvage, sens de l’hospitalité des habitants, sites culturels et bien sûr, gastronomie de pays…


Distance totale (*)

Dénivelé positif (*)

Altitude maximale (**)

(*) Si l’on compte les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

(**) Le point culminant du parcours est le col de Sedlo (Prevoj Sedlo) dans le massif du Durmitor, au Monténégro.

Les plus sportifs et sportives s’essaieront à la totalité du parcours, d’autres préféreront simplement se balader sur de petites portions mais dans tous les cas, la Trans Dinarica offre à tous les profils de cyclovoyageurs des parcours vélo de rêve, souvent en pleine nature.


Physiquement, le parcours de la Trans Dinarica est assez exigeant.

  • Le dénivelé est important (voir les chiffres ci-dessus) : cela monte ou descend quasiment en permanence.
  • De nombreuses portions atteignent ou dépassent les 10% ! Heureusement, elles sont en général très courtes, ce qui les rend faisables.
  • Quand l’itinéraire quitte le bitume pour des chemins de terre, de boue, de cailloux et de pierres, le dénivelé devient encore plus difficile à maîtriser.

La Trans Dinarica reste accessible à toute personne voyageant à vélo : si vous avez une condition physique plutôt bonne, ou si vous êtes capable de traverser des pays ou des continents en pédalant, alors vous saurez venir à bout de la Trans Dinarica et de son copieux dénivelé. Sinon, c’est également possible en raccourcissant plus ou moins les étapes, chacun selon son niveau : le dénivelé passera alors plus facilement.


L’itinéraire traverse les pays des Balkans occidentaux :

  • Slovénie
  • Croatie
  • Bosnie-Herzégovine
  • Monténégro
  • Albanie
  • Macédoine du Nord
  • Kosovo
  • Serbie

Avant d’entrer dans les détails, voici un aperçu rapide et purement visuel de la Trans Dinarica, si vous voulez savoir à quoi elle ressemble avant de vous rendre sur place pour la tester vous-même…

Son itinéraire transite par des villages isolés.

Un village éolien en Croatie.

Les forêts sont omniprésentes.

Croatie

Le tracé passe par les Dinarides, cette chaîne de montagnes majestueuse qui serpente à travers les Balkans occidentaux.

La rivière Drin aux pieds des montagnes, Albanie

Plus rarement, le parcours quitte la montagne pour s’égarer sur la côte.

L’île de Pag, Croatie

Les villes aussi sont rares sur le parcours, mais celles qu’on traverse valent le détour.

Mostar, Bosnie-Herzégovine

L’itinéraire alterne entre routes bitumées secondaires très peu fréquentées…

Bosnie-Herzégovine

… et chemins de terre et de pierres, perdus en pleine nature.

Île de Pag, Croatie

Il nous emmène à la découverte de sites culturels locaux ainsi que dans de nombreuses zones classées : parcs nationaux, sites inscrits au patrimoine de l’humanité par l’Unesco…

En bordure du parc national de Valbona, Albanie

Les possibilités de bivouac dans la nature pullulent tout au long du parcours.

Albanie

Partout, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans…

Une inconnue m’offre une part de gâteau encore tiède. Albanie

… et on traverse les jolis paysages qu’offre cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe.

La rivière Zrmanja, Croatie

Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sentirait presque une âme d’aventurier !

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

En théorie, on peut rencontrer de nombreux animaux emblématiques de cette partie de l’Europe comme l’ours brun, le loup ou le lynx. Mais en pratique, ils sont généralement très difficiles à observer car dès qu’ils repèrent des humains, par la vue, l’ouïe ou leur odorat très développé, ils s’enfuient rapidement, sans qu’on ait le temps de détecter leur présence.

Bien d’autres animaux habitent les lieux, tout aussi sauvages mais sensiblement moins discrets, comme le lièvre, le renard, diverses variétés de serpents, le chacal, certains rapaces comme le vautour fauve, etc. Ceux-là sont beaucoup plus facile à apercevoir.

Un troupeau d’ânes croates

Les animaux sauvages ne sont pas les seuls à peupler les alentours de la Trans Dinarica. On y aperçoit également de nombreux animaux d’élevage : ânes, brebis, chèvres, chevaux…

Brebis albanaises

Je développerai plus en détail les animaux rencontrés tout le long de la Trans Dinarica dans la partie suivante : « Je l’ai fait ! Retour d’expérience… »


Pour moi, arpenter la Trans Dinarica pendant des semaines, tout seul sur mon vélo et sous ma tente, fut une expérience marquante que je ne suis pas près d’oublier, et que je souhaite aujourd’hui partager.

La rivière Drin, dans le nord de l’Albanie.

Que ce soit l’aspect sportif voire parfois démoniaque du dénivelé quotidien, la magnifique nature sauvage des Balkans, les habitants accueillants que j’ai rencontrés ou encore mes bivouacs de rêve, voici quelques infos, basées exclusivement sur du vécu, qui pourront être utiles à toutes les personnes souhaitant elles aussi user leurs pneus par là-bas.


Ce qui m’a agréablement surpris dès mes premiers tours de roues sur la Trans Dinarica, effectués en Croatie, c’est la rareté des voitures sur la plupart des routes qu’emprunte l’itinéraire.

La Trans Dinarica en Croatie

Cela s’est vérifié dans tous les pays que j’ai traversés par la suite.

La Trans Dinarica en Bosnie-Herzégovine

Les concepteurs de la Trans Dinarica ont en effet privilégié au maximum les routes secondaires, sur lesquelles le trafic routier est toujours faible.

La Trans Dinarica déserte sur l’île de Pag, en Croatie.

Mais ces routes secondaires laissent parfois la place à de petites voies bitumées bien plus étroites et beaucoup plus reculées, donc encore moins fréquentées.

Une toute petite route isolée de montagne. Bosnie-Herzégovine.

Se perdre sur ces routes minuscules permet de découvrir des endroits souvent authentiques, si loin du tourisme de masse.

Petite route à Fierza, Albanie.

Les routes de la TD en images…


Mais surtout, la Trans Dinarica emprunte régulièrement des pistes et des petits chemins, de terre ou de cailloux, parfois carrément de pierres, souvent rendus boueux dès qu’il pleut.

Une piste de la Trans Dinarica. Croatie.

Il arrive que certains d’entre eux soient difficilement praticables, il convient donc de bien consulter l’itinéraire prévu sur le site officiel de la Trans Dinarica chaque jour avant de s’engager dessus, afin de ne pas avoir de mauvaise surprise. A titre d’exemple, pour l’étape la plus dure de tout mon périple, entre Tomislavgrad et Mostar (Bosnie-Herzégovine), le site de la TD prévenait les voyageurs comme moi de manière explicite :

« Voici une étape mémorable […] le revêtement devient plus meuble et jonché de pierres plus grosses, ce qui rend le cyclisme avec un vélo chargé assez difficile (préparez-vous à quelques portions de marche et de vélo). » Cette étape, « certains la trouvent horrible, d’autres la considèrent comme la meilleure étape de toute la Transdinarica »

Si vous avez prévu de faire cette étape, sachez qu’il est fortement conseillé de la faire à VTT ou en gravel, et en bikepacking, c’est-à-dire en mode maniable et léger. Pour ma part, je l’ai parcourue avec un vélo de voyage certes polyvalent mais typé route, pesant 54 kilos en tout. Résultat, j’ai progressé de 19 kilomètres en… 5h30 ! L’enfer. J’ajoute que c’était en fin d’hiver, sous une pluie permanente et dans un froid aussi glacial que pénétrant. Les pierres souvent grosses étaient glissantes et casse-gueule, je patinais dans la boue… L’enfer, vous dis-je 🙂

Quelque part entre Tomislavgrad et Mostar. Bosnie-Herzégovine.

Mais objectivement, les paysages traversés lors de cette étape, bien que souvent bouchés par une météo récalcitrante le jour de ma venue, m’ont semblé magnifiques. On se trouve là dans une nature sauvage, loin de toute présence humaine. Bref, si ce parcours est exigeant, il est également somptueux et ça, ce n’est plus l’enfer, ça devient le paradis.

La TD sur l’île de Pag, en Croatie.

D’une manière générale, les petits chemins de la TD emmènent les voyageurs à vélo dans des endroits sauvages et isolés en pleine nature.

Le chemin de la TD traverse l’île de Pag. Croatie.
Un chemin de la TD, en Croatie (au fond, petite portion de dénivelé classique…)

Quelques pistes et chemins de la TD en images…


Les côtes, les montées, les descentes et le dénivelé, c’est l’essence même de la Trans Dinarica.

Fin de la montée depuis le niveau de la mer. Croatie.

Qu’on aille là-bas pour franchir ces montagnes en mode sportif ou en mode slow tourisme, il faut s’attendre à ce que les mollets travaillent. Tout le long de l’itinéraire de la TD, quand ça ne monte pas ça descend, et inversement !

La descente qui s’offre à moi, après une montée raide. Bosnie-Herzégovine.

Le parcours est exigeant au quotidien. Dans les montagnes que j’ai traversées, j’ai grimpé tous les jours ou presque des côtes à 10% et plus. Souvent sur quelques dizaines de mètres seulement, pour les pourcentages les plus élevés (plus ou moins 15%), ce qui rendait les montées faisables, même lourdement chargé.

Les bons tuyaux avant de se lancer sur la Trans Dinarica

Si vous traversez des pays et des continents à la force des mollets, alors vous viendrez à bout de la TD et de son dénivelé permanent sans problème. Sinon, il faut savoir qu’une condition physique correcte est conseillée. Et pour mettre toutes les chances de la parcourir sans trop souffrir, voici quelques tuyaux supplémentaires, qui peuvent sembler évidents mais qu’il ne faut pas négliger…

-> Bikepacking et légèreté

Lorsque vous préparez votre voyage, mettez le moins de choses possible dans vos sacoches et dès que c’est fait, enlevez-en encore la moitié ! Car le poids est un ennemi bien plus redoutable qu’on ne le croit dans les côtes souvent pentues de la Trans Dinarica. Le bikepacking est le mode de voyage idéal sur ce parcours exigeant.


-> Un vélo adapté

Je ne suis pas passionné par la technique ni par le matériel vélo car ce que j’aime, c’est juste pédaler, néanmoins, un braquet adapté me semble capital sur ce parcours. Peut-être pas pour les plus sportifs, car ils ont largement les jambes pour passer, mais pour tous les autres. Pour parler simplement, il faut avoir un vélo qui permette de mouliner afin de faciliter au maximum les montées, notamment les plus abruptes.

Petite portion forestière et boueuse annoncée à 15% ! Croatie.

Pour ma part, avec un petit plateau de 26 dents (26-36-48) et une cassette comptant jusqu’à 36 dents (11-36), j’avais un braquet de 0,7 : cela s’est avéré parfait pour moi. Par exemple, je suis venu à bout une fois (en Grèce donc hors-TD) d’une pente de quarante mètres de long indiquée à 20%, ce dont je ne me croyais pas capable avec mon vélo de 54 kilos. Arrivé en haut, mon cœur battait sans doute son record historique de pulsations, mais quelle satisfaction d’être venu à bout de cette petite grimpette !

Si tout ce qui a trait au braquet est du chinois pour vous (comme ça l’était pour moi), alors n’hésitez pas à lire l’excellent article suivant : Transmission : quel développement pour voyager à vélo ? Il démocratise habilement tout ce charabia technique et vous permettra de faire les bons choix de matériel, avant de vous lancer sur les pentes parfois violentes de la Trans Dinarica.


-> Pédaler en zigzag et marcher

Cette technique peut sembler simpliste mais elle est tellement efficace !

Dans les pentes les plus difficiles à grimper, si on n’a pas les jambes, on peut toujours faire des zigzags sur la largeur de la route. Les voitures étant rares sur la Trans Dinarica, c’est souvent possible. Quitte à se rabattre à droite de la chaussée dès qu’on en entend une arriver. Cette technique atténue un peu la pente. J’ai grimpé ainsi chaque fois qu’une côte atteignait les 7 ou 8%. C’est-à-dire tous les jours !…

Et quand on se trouve sur des petites pistes de terre où les roues patinent, ou sur des chemins de cailloux qui glissent, il suffit de mettre brièvement sa fierté dans sa poche pour descendre du vélo puis le pousser un peu, généralement sur quelques dizaines de mètres seulement.

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie et face au vent ! Bosnie-Herzégovine.

-> Et si c’est trop dur…

Enfin, pour ceux qui douteraient de leurs capacités physiques, un dernier conseil : n’hésitez pas à vous lancer quand même sur la TD car, si elle s’avère trop difficile, vous pourrez toujours modifier votre itinéraire en choisissant un tracé alternatif moins exigeant physiquement, via une appli comme Komoot par exemple, qui privilégie elle aussi les routes secondaires peu fréquentées. Cela abrègera vos souffrances et vous ferez un beau voyage malgré tout !


L’un des objectifs des concepteurs du parcours de la Trans Dinarica consistait à faire découvrir aux voyageurs à vélo le superbe écrin naturel dans lequel elle serpente. Incontestablement, ils ont réussi leur pari.

Les chutes de la rivière Zrmanja, Croatie.
La côte adriatique face au bivouac, en Croatie.

Que ce soit la côte adriatique, les forêts, lacs et rivières ou, bien sûr, la montagne, la TD est un véritable paradis pour les amoureux de la nature.

La rivière Drin, Albanie.
L’île de Pag, Croatie.


Les animaux sauvages

Tout au long de mon pédalage à travers les Balkans, j’ai eu beau guetter les animaux évoqués plus haut (ours, loups et lynx), je n’ai pas aperçu le moindre d’entre eux. J’ai juste entendu un loup hurler au loin, une seule fois, en Bosnie-Herzégovine, depuis ma tente que j’avais posée dans une forêt. Mais il n’y a rien à craindre : selon une étude de 2021, il n’y avait eu que six attaques de loups sur les humains depuis 2002 dans toute l’Europe, dont aucune mortelle. Autant dire que, si le loup fait souvent peur, il n’est finalement pas vraiment dangereux pour les humains.

D’autres animaux sauvages sont beaucoup plus faciles à observer dans les Balkans. J’ai pu voir des lièvres, divers rapaces, un renard et deux serpents (un peu après la Trans Dinarica, en réalité : l’un en Grèce, petit et non identifié, et le second en Turquie, un grand malpolon oriental qui atteignait les deux mètres). Mais surtout, j’ai entendu cinq ou six fois les hurlements des chacals tout au long de mes bivouacs successifs la nuit, sur la TD, en pleine nature.

Mon spot de bivouac au petit matin, quelques heures après le passage nocturne, bruyant et mélodieux d’une meute de chacals juste à côté de ma tente (Croatie).

La première fois fut la plus mémorable : ils sont venus hurler, ou plutôt chanter très fort, en passant juste à côté de ma tente, vraisemblablement alors qu’ils chassaient. J’ai été impressionné par le niveau sonore de leurs cris, qui explosent carrément les tympans mais en tant qu’amoureux de la nature, cela m’a permis de vivre un grand moment. Pour la suite de mon périple, j’ai encore entendu des chacals chanter ainsi à quatre ou cinq reprises, toujours de nuit, en Croatie puis en Bosnie-Herzégovine. Mais beaucoup plus loin de la tente. A noter que le chacal n’est pas considéré comme dangereux pour les humains.


Les animaux d’élevage

Ceux-là, on les aperçoit bien sûr plus facilement et un peu partout : ânes, brebis, chèvres, chevaux…

Ils offrent d’ailleurs souvent l’occasion aux cyclovoyageurs et voyageuses de rencontrer les bergers qui, passant leurs journées entières dans une solitude totale, ne demandent qu’à discuter avec les étrangers roulant par là.

Avec Paolo, un berger albanais.
Les bergers m’ont toujours accueilli…
… à bras ouverts !

NDLR Pour être transparent, les photos de bergers ci-dessus ont bien été prises dans les montagnes albanaises mais un peu à l’ouest de la Trans Dinarica, et non pas sur son tracé précis.

Les nombreux bergers rencontrés tout au long de mon périple ont fait partie de mes plus belles rencontres.


Les patous et les chiens errants

Impossible de terminer ce couplet sur les animaux que l’on rencontre le long de la Trans Dinarica sans aborder l’épineuse question des chiens.

Commençons par les patous. Ce sont ces énormes chiens de bergers qui sont dressés pour défendre les troupeaux de tout agresseur. Entendez par tout agresseur les loups, les ours et… les cyclovoyageurs ! Car les patous ne font aucune différence, et c’est bien ça le problème.

Les chiens errants ne sont pas plus sympas. Eux, ce qui les excite, ce sont nos mollets qui pédalent. Cela leur donne le tournis et les rend fous.

Dans tous les cas, il est inutile d’accélérer quand un chien – errant, patou ou autre – vous pourchasse. Car il ira toujours plus vite qu’un vélo chargé, sauf en descente (ce qui m’a d’ailleurs sauvé la mise une ou deux fois). Et si les chiens deviennent un peu trop agressifs, il est souvent préférable de s’arrêter, de leur parler calmement et de faire écran avec le vélo.

Sept chiens errants me harcèleront sans discontinuer pendant 30 mn (mon record), dans les montagnes bosniennes

Entre la France et la Turquie, dans tous les pays traversés, je me suis fait pourchasser une bonne vingtaine de fois au total par des chiens, au fil des semaines. Le plus souvent, cela n’a duré que quelques dizaines ou centaines de mètres avant que mes poursuivants n’abandonnent et rentrent chez eux. Je n’ai eu en tout qu’une seule morsure à déplorer : c’était en pédalant et par chance, c’est dans la semelle de ma chaussure de rando que le molosse a maladroitement planté ses ratiches ! Plus de peur que de mal pour moi, donc.


C’est l’une des grandes forces d’un voyage dans les Balkans : les habitants sont souvent ouverts à l’égard des voyageurs et voyageuses à vélo.

Sofiya m’offre son café turc préparé maison. Croatie.

Quand on pédale en solo, ils sont toujours heureux de pouvoir nous donner un coup de main.

Danilo a rempli mes bidons avec l’eau de son puits

Même les commerçants m’ont souvent offert quelque chose à boire ou à manger, alors que c’est pourtant leur gagne-pain.

Ana et Milanka me régalent. Sinj, Croatie.
Inga m’offre sa pâtisserie faite maison. Mostar, Bosnie-Herzégovine.

Mais comment faire face à tant de générosité ? J’avais entendu parler de ce sens de l’hospitalité qui caractérise les habitants des Balkans. Alors avant de partir, j’avais acheté quelques dizaines de petites tours Eiffel bleues en porte-clés (c’était la seule couleur) dans le but d’en offrir une à chaque personne qui me viendrait en aide au cours de mon périple. J’en ai distribué dans tous les pays traversés mais en Albanie, les habitants étaient si accueillants, si hospitaliers et si généreux que j’ai bien cru que j’allais tomber en rupture ! Un vrai bonheur que toutes ces rencontres…

Quelque part en Albanie (un peu à l’ouest de la TD), ce commerçant primeur de bord de route vient de m’offrir deux oranges et deux pommes. Alors forcément, je me venge, à l’aide d’une petite tour Eiffel bleue…

L’hospitalité albanaise dans toute sa splendeur.

Ces porte-clés si symboliques de mon pays constituent le petit cadeau idéal, car ils ne sont pas lourds et prennent peu place dans mes sacoches. Et en plus, ils séduisent toujours les habitants à qui je les offre.

Précisons pour terminer que les habitants des Balkans sont généralement fiers de faire découvrir aux étrangers leur gastronomie locale. Ce qui tombe bien quand on est un voyageur à vélo toujours affamé…

Vente de produits locaux. Croatie.
Spécialité albanaise.


L’itinéraire de la Trans Dinarica a été étudié pour que l’on puisse dormir dans les hébergements des petits villages traversés, et participer ainsi au soutien de l’activité économique locale.

Île de Pag, Croatie.

L’action est louable évidemment mais pour ma part, étant fan des bivouacs en pleine nature, je passais généralement deux ou trois nuits sous la tente avant d’en passer une dans une petite auberge ou une petite pension, dont le principal avantage pour moi était surtout la présence d’une douche !

Bivouac aux pieds des montagnes enneigées. Croatie.

Je ne fais pas partie de tous ceux qui aiment bien bivouaquer à la vue de tout le monde. Au contraire, je plante toujours ma tente à l’abri des regards, aussi bien pour ne pas déranger les habitants que pour ma tranquillité personnelle.

Forêt croate entre deux villages.
Bivouac dans une forêt d’arbustes. Bosnie-Herzégovine.

En d’autres termes, impossible pour moi de dormir en bord de route. Aussi, je commence généralement à chercher un spot de bivouac en fin d’après-midi, tout en roulant.

Cerné par les montagnes croates.

Mon but, c’est de trouver un petit chemin qui s’éloigne de la route, en espérant qu’il débouche sur le spot idéal : un lac, une rivière, un sous-bois agréable, une petite crique hospitalière…

Bercé par le clapotis des vaguelettes croates.

Bien sûr, quand on dort sous la tente, on doit parfois affronter des conditions météo difficiles. Cela fait partie du jeu et l’on doit faire avec mais pour ma part, j’aime ces moments d’immersion totale dans la nature brute.

Le givre après une nuit à -2°. Croatie.

En fonction de la météo justement, ou de la saison, une autre problématique se pose : l’humidité de la tente. Sa toile est souvent mouillée au petit matin. Aussi, il ne faut pas hésiter à la faire sécher chaque fois que c’est possible, juste avant de reprendre la route.

Séchage de la tente, au soleil et au vent, pendant la préparation des sacoches et du vélo. Croatie.

Un jour, après avoir essuyé des pluies diluviennes sur mon vélo toute la journée, mes vêtements soi-disants imperméables étaient imbibés et du coup, moi aussi ! Avec le froid ambiant en plus, j’étais congelé, c’est pourquoi j’ai décidé de passer la nuit à l’abri, dans une maisonnette en ruine. Mes vêtements ont séché dans les courants d’air de la maison délabrée, mon vélo leur servant d’étendoir.

Bosnie-Herzégovine

Dormir en pleine nature m’a toujours procuré un très fort sentiment de liberté. C’est l’une des raisons qui me poussent à voyager à vélo.

La cuisine au réchaud est souvent indissociable du bivouac. Albanie.
Ma routine quotidienne : le coucher du soleil face à la tente. Île de Pag, Croatie.
Vue sur mer. Île de Pag, Croatie.

Les dernières images de bivouacs…


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (extraite du site officiel Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, laquelle s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, obtenir ce parcours n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

La rivière Drin, en Albanie.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e.s par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Rijeka, Croatie.
Bakar, Croatie.

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones excessivement touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non, alors, n’hésitez pas !

Le long de la Trans Dinarica

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.



Lanzarote sauvage : explorez les paysages naturels les plus surprenants de l’île

Couverte de champs de lave, de cratères et de falaises qui plongent dans l’océan, Lanzarote est une île qui a été façonnée par un volcanisme intense. La nature y a créé des paysages sauvages et atypiques, parfaits pour explorer l’île sous son visage le plus brut et le plus spectaculaire. Voici notre sélection des sites les plus étonnants…


LANZAROTE EN BREF...

🗺️ Ce que vous verrez : des couloirs de lave, un littoral déchiqueté, une lagune colorée, des points de vues saisissants...

🚗 Accès : facile en voiture.

🎒 Niveau : facile, peu de marche.

Ce qui rend l’île incontournable : hors saison, l'avion n'est pas cher, il fait doux toute l'année et les paysages naturels sont époustouflants.



Imaginez le cratère d’un ancien volcan qui émerge d’une mer profondément bleue. Ses parois sont marron-orangé et un lac vert repose au fond, cerné par une plage de sable noir. Et bien vous ne rêvez pas, ce paysage étonnant et inhabituel existe : il s’appelle Charco de los Clicos.

Charco de los Clicos : el Lago Verde

Avant d’accéder à ce panorama atypique, il ne faut pas rater le minuscule détour par le mirador El Golfo. Il permet d’admirer la plage du même nom, constituée de sable noir volcanique.

La plage el Golfo vue depuis le mirador

Ensuite, quand on arrive à la lagune, on est saisi par sa couleur verte qui présente un gros contraste avec le noir de la plage volcanique.

Pourquoi la lagune est-elle verte ?

Pour commencer, la présence de la lagune à cet endroit est due aux infiltrations de l’eau de mer au fond de l’ancien cratère. Puis peu à peu, elle a été colonisée par des algues : ce sont elles qui lui ont donné cette couleur verte.

El Lago Verde

Ce site a de véritables airs de bout du monde. Bien qu’exposé aux vents et aux embruns, son panorama sublime respire le calme et la sérénité.

Pour parfaire la visite, on peut aller se régaler dans l’un des excellents restaurants du petit village voisin, El Golfo, posé à 600 mètres de là (voir les conseils pratiques ci-dessous).



L’accès au site est gratuit mais le chemin est balisé, on ne peut pas aller jusqu’à la lagune pour s’y baigner par exemple, le but étant de préserver cet espace naturel unique.


Le site est doté d’un parking gratuit, en bordure de la route LZ-703.


Le mirador El Golfo qui domine la plage est situé à droite du parking. A quelques mètres de là démarre le chemin très court (moins de cinq minutes de marche) qui mène au point de vue sur El Charco de los Clicos et sa lagune verte.


Le temps de visite est globalement court. Même en prenant son temps, il est peu probable qu’il dépasse la demi-heure même si, évidemment, on peut flâner sur place autant qu’on veut.

Ce gain de temps permet donc, soit de visiter d’autres sites dans cette zone de l’île (Los Hervideros par exemple), soit d’aller prendre un verre et/ou manger un morceau face à la mer à El Golfo, à 600 mètres de là.


El Golfo est un village doté de nombreux petits bars et restaurants, qui ont tous les pieds dans l’eau. Nous avons testé le restaurant Bogavente et nous le recommandons fortement : terrasse exceptionnelle, cuisine délicieuse, service sympa, prix contenus (20 à 40 euros le repas complet). Du coup, le rapport qualité-prix est excellent.

Sangria au resto Bogavente
Le resto Bogavente

Charco de los Clicos est situé dans le sud-ouest de l’île : à 15 minutes de Playa Blanca, à 25 minutes de Puerto del Carmen, à 30 minutes d’Arrecife et de Teguise.



Las Grietas signifie les fissures en espagnol. Lorsqu’on arpente les failles de ce site très nature et atypique, on ressent une atmosphère particulière, emprunte de mystère.

Las Grietas

La première fissure est aussi haute qu’étroite.

Par endroits, elle dépasse parfois les cinq mètres de haut alors qu’en largeur, elle se resserre considérablement, laissant péniblement passer les humains.

Au fil de la progression, il faut donc carrément se contorsionner pour pouvoir franchir certaines zones, ce qui procure une petite sensation d’aventure.

Les rayons du soleil se fraient un chemin comme ils peuvent jusqu’au fond de ces petites failles, mettant en valeur les stries naturelles des parois.

Au fil de la journée et de l’évolution de la lumière, les couleurs peuvent varier, rendant le site particulièrement photogénique (même si, le jour de notre visite, la lumière était le plus souvent voilée).

L’un des gros avantages du site, c’est qu’il a su rester authentique. Car contrairement à bien d’autres lieux à visiter sur Lanzarote, il n’y a aucun aménagement, aucun guichet, aucune barrière, aucune contrainte : le site a su rester 100% nature, on peut se balader où l’on veut, comme on veut, quand on veut, ce qui change de certaines visites très (trop ?) encadrées sur l’île. Une raison de plus pour aller le visiter.

Comment ce site atypique s’est-il créé ?

Les fissures dégoulinent des flancs d’un volcan, la Montaña Blanca. Elles sont tout simplement le fruit de l’érosion ainsi que de l’action du vent et de la pluie sur la lave solidifiée, au fil du temps.



L’entrée est gratuite, le site est en accès libre.


Un assez grand parking naturel gratuit est disponible sur le bord de la route (la LZ-35).

A partir de là, il faut marcher sur le chemin pendant quelques minutes pour arriver à la première fissure.


Chaussures : il est préférable de porter des chaussures fermées car certains endroits sont assez glissants au fond des fissures, même en chaussures de rando. Alors en tongs…

Fréquentation : s’il y a un peu trop de monde à votre goût lorsque vous arrivez dans la première fissure, ne vous y engagez pas et rendez-vous directement dans la deuxième ou la troisième, situées juste derrière : elles sont sensiblement moins fréquentés alors que tout le monde se précipite sur la première.

Le vent : éviter de visiter le site par temps venteux car le sable voltige dans les fissures, ce qui peut devenir gênant.

S’y rendre en début ou en fin de journée : il y a moins de monde, et la lumière est plus photogénique.


Le site se visite assez rapidement. 45 minutes voire une heure seront largement suffisantes pour la plupart des visiteurs et visiteuses, en incluant les 15 minutes de marche aller – retour, du parking aux fissures.


Las Grietas jouit d’un emplacement plus ou moins central sur l’île, légèrement sud, ce qui lui permet d’être accessible assez rapidement de presque tous les endroits de l’île.

Ainsi, Puerto del Carmen et Arrecife sont à 10 minutes, Teguise à 15 minutes et Playa Blanca à 25 minutes.



Le Mirador del Rio est un belvédère situé au sommet d’une falaise, 500 mètres au-dessus de la mer. Sa terrasse panoramique offre une vue à couper le souffle sur la jolie petite île voisine de la Graciosa et sur El Rio, ce petit bras de mer qui la sépare de Lanzarote.

L’ile de la Graciosa vue depuis le mirador del Rio

La Graciosa est une toute petite île volcanique sauvage, peu habitée, et dont les plages de sable blanc se détachent parfaitement sur la mer d’un bleu profond. La vue panoramique à 180° a un côté sidérant, que les photos ne peuvent restituer.

Malgré ses dimensions réduites (8 km de long par 4 km de large), l’île de la Graciosa compte sur ses terres pas moins de cinq volcans.

Le volcan Montaña Amarilla, sur La Graciosa

Situé tout au nord de Lanzarote, le mirador del Rio fait partie de l’œuvre de César Manrique, le fameux artiste à la fois local et international. Ce site s’inscrit dans son travail sur l’intégration de l’art dans la nature. A Lanzarote, ce lieu magnifique est incontournable.

A l’intérieur de cette œuvre architecturale renommée et parfaitement intégrée à l’environnement, on trouve une sculpture de Manrique, un bar-restaurant dont les tables donnent sur des fenêtres panoramiques hypnotiques, ou encore un escalier en colimaçon réputé…

Vue sur les volcans de Lanzarote


Le prix : 8,50 euros par adulte et 4,25 euros par enfant.

Horaires d’ouverture : 10h00 – 16h40

La cafétéria et le magasin ferment à 16h50.


Idéalement, il faut s’y rendre par beau temps. Si la météo n’est pas optimale, il est préférable d’attendre le lendemain car c’est par beau temps que la vue est vraiment exceptionnelle.


Commodités

Il y a un parking gratuit à cent mètres du mirador.

A l’intérieur de ce dernier, il y a toutes les commodités : toilettes, magasin de souvenirs, bar, restaurant…


Pour être honnête, oui ! En effet, bien que le Mirador del Rio nous semble incontournable, si seule la vue vous intéresse, alors sachez que vous pouvez très bien faire l’impasse sur le mirador : il y a différents points de vues quasi-identiques et entièrement gratuits accessibles depuis la route LZ-202, situés juste à gauche du mirador.

Il y a même un autre mirador, le Mirador de Guinate qui lui est gratuit, situé deux kilomètres après le Mirador del Rio. Après une descente en virages, on se retrouve sur une petite route trop étroite pour que deux véhicules puissent se croiser. Il faut alors guetter une petite impasse sur la droite. Là, on se gare sur un parking gratuit. Et ici aussi, de cet autre mirador, la vue est somptueuse.

La vue sur La Graciosa depuis le mirador de Guinate

Un chemin de randonnée comportant des vues éblouissantes existe entre Orzola et le Mirador del Rio.

Distance : 13 km / Dénivelé : 710 m+ et 649 m- / Durée approximative : +/- 6h00 / Difficulté moyenne

Nous ne l’avons pas testée mais pour plus d’infos, et pour télécharger la trace GPX : VisoRando Lanzarote


Le plus beau site à visiter alentour est justement la petite île de la Graciosa.

Pour s’y rendre, il faut prendre le bateau depuis la petite ville d’Orzola, située à 3 kilomètres du Mirador del Rio à vol d’oiseau, mais à 10 kilomètres par la route !

Deux compagnies assurent la traversée, Lineas Maritimas Romeo et Biosfera Express. Elles alternent les départs, ce qui offre aux touristes une multitude d’horaires quotidiens.

Durée de la traversée : 25 minutes.

Prix de la traversée : 60 euros en moyenne (le tarif varie fortement suivant la saison : entre 30 et 120 euros l’aller-retour).

Attention : les ferries ne prennent pas les voitures. Il faut en louer une sur l’île de La Graciosa ou, mieux encore, un vélo (électrique ou pas mais attention, il y a du dénivelé et du sable).


Le Mirador del Rio est situé à l’extrême nord de l’île.

Il est situé à 15 minutes d’Haria, à 35 minutes de Teguise et Arrecife ou encore à 45 minutes de Puerto del Carmen.


Pour commencer, il faut remonter à l’éruption du mont Corona, il y a plus de 4000 ans. Le volcan cracha un tel volume de lave qu’elle atteignit une épaisseur de 400 mètres !

Pendant que la croûte extérieure de l’un des torrents de lave séchait, la roche en fusion continuait à s’écouler à l’intérieur. Bien plus tard, quand la source de lave se tarit à la fin de l’éruption, elle laissa la place à cet immense tube volcanique : 8 kilomètres de long, dont plus d’un kilomètre est entièrement immergé sous l’océan.

Deux portions de ce tunnel peuvent être visitées : légèrement à l’intérieur des terres, La Cueva de los Verdes et à proximité de la mer, Los Jameos del Agua. Voici une description détaillée de ces deux merveilles de la nature.


Cette première portion du tube de lave est aménagée pour qu’on puisse la visiter à pied (la grotte ne peut pas se visiter seul et sans guide).

Le groupe au début de la visite

La longueur du tunnel est d’environ un kilomètre, sa hauteur atteint au maximum les 50 mètres et sa largeur les 15 mètres.

Mais à l’inverse, on doit se baisser par endroits pour pouvoir traverser les parties les plus étroites du couloir.

L’aménagement de ce couloir de lave fut confié en 1960 à Jesús Soto, un artiste vénézuelo-français. Il y apporta le moins de modifications possible afin de conserver au maximum l’ambiance naturelle des lieux. Ses aménagements furent donc minimalistes : il conçut un chemin praticable pour les visiteurs (aplanissement du sol, création de quelques escaliers, sécurisation des lieux), et il disposa un éclairage coloré de manière optimale.

Il voulait que ce site sauvage et atypique conserve tout son naturel et toute son authenticité, en lui conférant une ambiance mystérieuse dans un cadre féérique. Et force est de constater qu’une fois à l’intérieur, la magie opère.

Au fil de la progression du groupe, on peut observer les différentes strates de lave ainsi que ses différentes couleurs.

Au-dessus de nos têtes, on aperçoit de minuscules stalactites : ce sont les milliers de gouttelettes qu’elle a laissées sur les parois de la voûte en se solidifiant.

C’est à ce niveau-là que se situe un auditorium, dont les qualités acoustiques sont paraît-il exceptionnelles.

En fin de visite arrive le clou du spectacle.

Le tube de lave est mis en valeur par l’éclairage à cet endroit-là, et à nos pieds se trouve un gouffre tout aussi bien éclairé.

Mais quand la guide demande à un visiteur de jeter un caillou dans cette crevasse, surprise : c’est en réalité un lac dont la surface est au niveau de nos pieds.

Il était si calme qu’il s’était transformé en véritable miroir, et on croyait vraiment qu’il y avait un gouffre sous nos pieds à la place de ce petit lac intérieur.

Ce trompe-l’œil naturel est sidérant et le lieu est de toute beauté.

La visite se termine sur cette partie bluffante du tunnel, le temps de remonter à la surface de la Terre !



Le site est ouvert de 9h30 à 16h15 tous les jours (365/365)

Pour réserver sur le site officiel : Réserver les billets


  • Adultes : 16 euros par personne (11,20 euros si handicap)
  • Enfants (de 7 à 12 ans) : 8 euros (5,60 euros si handicap)
  • Enfants (moins de 7 ans) : gratuit.
La sortie de la galerie

Elle dure 45 à 50 minutes. On ne peut pas trop flâner en route car les groupes se suivent de près, c’est un peu l’usine…


Stationnement : il y a un vaste parking gratuit à proximité du site.

Toilettes : il est également doté de toilettes (avec tables à langer) mais à l’entrée du tunnel. Il faut donc prendre ses précautions avant de descendre dans les entrailles de la terre !

Restauration : il n’y a rien à manger ni à boire sur place.


Personnes à mobilité réduite : en raison de sa configuration (certains passages sont très étroits ou très bas), le site n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

Claustrophobie : les personnes claustrophobes peuvent se sentir oppressées dans ce site souterrain qui comporte quelques couloirs et escaliers très étroits.

Poussettes : elles ne sont pas admises dans le tunnel.

Animaux de compagnies : ils ne sont pas admis non plus, à l’exception des chiens d’assistance.


La Cueva de los Verdes est située tout au nord-ouest de l’île, en bordure de la LZ-205, et à un kilomètres de Los Jameos del Agua.

Pour s’y rendre, il faut 25 minutes depuis Costa Teguise et Teguise, 30 minutes depuis Arrecife ou encore 40 minutes depuis Puerto del Carmen. Et si vous venez de Playa Blanca, à l’extrémité opposée de l’île, alors il vous faudra 1 heure.



Créé sur un site naturel unique par César Manrique, Los Jameos del Agua est un centre d’art, de culture et de tourisme. Situé dans le même tunnel de lave que la Cueva de los Verdes mais un peu plus loin, il s’agit d’un site étonnant qui met en avant l’insertion harmonieuse de l’art dans la nature, selon les principes chers à l’artiste.

Los Jameos del Agua est donc le prolongement naturel du site présenté ci-dessus, La Cueva de los Verdes.

Sur ce second site, une partie de la voûte s’effondra par endroits, créant de grands trous dans le plafond (ce sont ces trous que désigne le mot aborigène Jameos).

Puis l’eau de mer s’infiltra au fil du temps au fond de ce tunnel, créant une sorte de lac intérieur.

Los Jameos del Agua

L’artiste optimisa de façon exceptionnelle une partie de ce tunnel de lave pour créer les différentes parties de son œuvre.

Il disposa des plantes exubérantes à l’intérieur du couloir volcanique, afin d’augmenter encore la sensation du visiteur de se sentir dans un environnement naturel d’exception.

Puis il conçut un bar et un restaurant improbables au bout du lac intérieur, où l’on peut donc boire un verre ou manger un morceau dans ce décor unique.

A la sortie de ce couloir volcanique se trouve la surprise du chef : une piscine d’une blancheur éblouissante dont les parois arrondies épousent en partie les formes de la lave solidifiée.

Le tunnel de lave qui reprend un peu plus loin comprend un auditorium de 550 places aux qualités acoustiques paraît-il exceptionnelles, et au cadre visuel somptueux. Toujours pour rester fidèle à ses grands principes artistiques, Manrique disposa les sièges en suivant la pente descendante naturelle du sol de lave, ce qui permet aux spectateurs d’avoir une visibilité parfaite.

Et puisque la nature est au centre du génie artistique de Manrique, mentionnons le fameux Munidopsis Polymorpha ! Ce crabe minuscule (un centimètre de long) est endémique de Lanzarote. Après avoir vécu 4000 ans dans la pénombre, il a fini par devenir aveugle et il a perdu peu à peu toutes ses couleurs, pour être totalement blanc aujourd’hui.

Très sensible à la rouille, il a failli disparaître ces dernières années à cause de la présence dans le lac souterrain de nombreuses pièces de monnaie jetées par les touristes. Ce qu’il est désormais interdit de faire.

Enfin, une Maison des Volcans a été érigée sur le site, au-dessus du tunnel de lave. Il s’agit d’un musée dédié à la volcanologie de l’île.



  • Ouverture : 10h00 – 17h15 tous les jours

  • Pour le restaurant : 12h00 – 16h00 tous les jours, 19h00 – 21h00 le mercredi et le vendredi

  • Les prix (2025) : 16 euros par adulte (11,20 euros si handicap) – 8,25 euros par enfant de 7 à 12 ans (5,60 euros si handicap) – Gratuit aux moins de 7 ans

Stationnement : il y a un vaste parking gratuit à proximité du site.

Restauration : un bar-restaurant fait face au lac.

Toilettes : le site est doté de toilettes.

Baignade interdite, que ce soit dans le lac intérieur ou la piscine extérieure.


Ou du moins, ne la jetez pas dans le lac intérieur : c’est désormais interdit afin de protéger les petits crabes blancs endémiques de l’île, qui ont failli disparaître par le passé à cause de cette pratique aussi répandue qu’inutile…

Ce lac héberge d’ailleurs 76 autres espèces endémiques, elles aussi à protéger…


Los Jameos del Agua est situé tout au nord-ouest de l’île, en bordure de la LZ-1, et à un kilomètre de La Cueva de los Verdes.

Pour s’y rendre, il faut 25 minutes depuis Costa Teguise et Teguise, 30 minutes depuis Arrecife ou encore 40 minutes depuis Puerto del Carmen. Et si vous venez de Playa Blanca, à l’extrémité opposée de l’île, alors il vous faudra 1 heure.



Stratified City est un site qui permet d’admirer de somptueux paysages naturels, composés de formations rocheuses aux formes tourmentées sur fond de volcans.

Les formations rocheuses de Stratified City

Notre visite sur ce site étonnant s’est déroulée un jour où la lumière du soleil jouait à cache-cache entre les nuages. Pas l’idéal pour les photos, j’ai donc décidé d’y revenir le lendemain matin très tôt, au lever du soleil, pour essayer de faire de meilleures images. Je me suis alors retrouvé tout seul pendant plus d’une heure face à des panoramas de toute beauté.

Stratified City et le volcan Montaña de Guenia

Quand le soleil levant éclaire le site de sa lumière chaude, le paysage s’enflamme. Les différentes formations rocheuses aux formes énigmatiques (colonnes, arches et petites grottes) se mettent alors à rougeoyer. Ce panorama est d’une beauté sauvage qui ne laisse pas insensibles les amoureux.ses de la nature.

Le volcan Montaña de Guenia

A l’origine, ce site, également appelé Los Roferos, était une carrière d’extraction de roches, celles avec lesquelles sont construites les maisons de l’île. Au fil du temps, la carrière a fini par péricliter et être abandonnée. L’activité minière avait déjà commencé à creuser ces formations rocheuses, et la nature a fini le travail grâce à la pluie et au vent, ainsi qu’à son activité permanente d’érosion.

Le volcan Montaña de Tinaguache, sous une arche de Stratified City

Se balader au milieu de ces curieuses formations rocheuses face à des volcans majestueux laisse un souvenir impérissable.

Le volcan Montaña de Tinaguache


Le site est déjà photogénique sous la lumière brute de la mi-journée mais pour le photographier dans les meilleures conditions, il faut impérativement venir au lever ou au coucher du soleil. C’est à ces moments-là, pendant les fameuses golden hours, qu’il se présente sous son plus beau jour.

En arrivant, garez bien votre voiture côté route et non pas coté formations rocheuses. Sinon, en fonction des photos que vous prendrez, vous risqueriez d’avoir votre véhicule dans votre champ de vision…

La boulette : garer sa voiture en plein dans le champ de la photo

Le conseil précédent vaut également pour tous les visiteurs : le meilleur moment pour admirer les lieux, ce sont les premières et les dernières lueurs du jour, car ce sont les deux moments de la journée où les couleurs sont de loin les plus belles.

L’autre avantage, c’est qu’à ces moments-là, surtout tôt le matin, le site est vide de touristes : on peut alors profiter des lieux tout seul.


Un parking naturel borde le site, le long de la route.

Il n’y a pas d’autres commodités.


L’entrée est gratuite, le site est en accès libre.


Le site se visite assez rapidement. On peut y passer quelques minutes comme une bonne heure, voire plus si l’on veut faire le tour de toutes les formations rocheuses, en prenant le temps de les photographier et de les admirer.


Vous pouvez trouver différents noms qui désignent tous ce seul et même site : Stratified City, Ciudada Estratificada, Los Roferos (qui vient de rofe, le nom des pierres qui étaient extraites du site), Antigua Rofera de Teseguite…


Stratified City se situe juste au bord de la route (la LZ-404). Lorsqu’on arrive à hauteur du site, on ne peut pas le rater car on aperçoit les formations rocheuses depuis la voiture : on est arrivé.


Le site se trouve dans l’ouest de l’île et il est accessible relativement rapidement depuis à peu près tous les points de l’île : l’une des villes les plus éloignées du site, Playa Blanca, n’est qu’à 45 minutes.

Pour les autres villes principales, Puerto del Carmen est à 25 minutes, Arrecife à 20 minutes, Haria à 15 minutes et Teguise à 5 minutes.



La Geria est une vallée viticole du centre de Lanzarote, classée Réserve de Biosphère par l’Unesco, qui présente des paysages uniques au monde.

La vigne de la Geria cernée par les volcans

La vigne y est cultivée depuis trois siècle avec un savoir-faire endémique à l’île. Après les éruptions de Timanfaya en 1730, les viticulteurs ont commencé à faire de grands trous circulaires dans le sol. Au centre de chaque trou, ils ont creusé suffisamment en profondeur pour atteindre la terre qui avait été recouverte par la lave. Ils ont alors planté leurs ceps de vigne à ce niveau-là, pour qu’ils prennent racine dans la terre fertile.

Mais ce n’est par tout. Car pour parfaire leur œuvre, ils ont construit patiemment des murets semi-circulaires en roches volcaniques (les zocos) sur le rebord de chaque trou, afin de protéger les ceps du vent. L’ingéniosité de ce mode d’agriculture réside enfin dans la pente des trous, qui permet de faire dégouliner la rosée du matin jusqu’aux pieds de vigne afin de les alimenter en eau. Et là, le picòn, cette fameuse cendre volcanique qui recouvre le sol, présente la particularité de conserver l’humidité, pour le plus grand bénéfice de la vigne.

La répétition de ces anneaux à perte de vue a un impact visuel qui ne laisse pas les visiteurs insensibles. Le contraste des villages blancs sur la terre volcanique noire et l’omniprésence des volcans en arrière-plan ajoutent à la magie de ces paysages inimitables.



Le point fort des paysages de la Geria, c’est l’impact visuel de ce graphisme viticole. Pour optimiser les images, l’idéal consiste à utiliser un drone (dans la limite des autorisations de vols évidemment) car c’est vus du ciel que ces paysages sont le plus impressionnant.


La route des vins de la Geria est la LZ-30, qui relie Mogaza à Uga. Elle est bordée de nombreuses caves et bodegas, ainsi bien sûr que de ces paysages de vignes si typiques de l’île. Des visites, des dégustations et des ventes de ces vins locaux y sont organisées : si vous cherchiez une idée de cadeau…

Voici un lien vers l’une des caves les plus réputées de l’île : El Grifo.


Quand on visite la Geria, on peut prolonger le plaisir par un petit détour vers la grotte de Los Naturalistas, longue de 1600 mètres.

Les infos sur le web étant rares, voici comment s’y rendre : sur la route des vins (la LZ-30), lorsqu’on arrive dans le petit village de Masdache (à environ 5 kilomètres de Mogaza et 10 kilomètres de Uga), il faut prendre la LZ-58 en direction du nord (tourner à droite si l’on vient de Mogaza, et à gauche si l’on vient de Uga). La grotte est située deux kilomètres plus loin, sur la gauche. Coordonnées GPS : 29.01200,-13.65966


La Geria est située dans le centre de l’île.

Puerto del Carmen est à 15 minutes, Playa Blanca et Arrecife sont à 20 minutes.



La randonnée de la Montaña Colorada est l’une de celles qu’il ne faut pas rater à Lanzarote. En réalité, c’est plus une balade qu’une véritable randonnée, elle est donc de niveau très facile. Il s’agit de faire à pied le tour d’un volcan, qui offre de jolis paysages tout au long du parcours.

Le départ de la balade est facile à trouver : il se trouve au bout du parking et aux pieds du volcan, on ne peut pas se tromper.

Un panneau montrant le plan détaillé de la rando se trouve là, sur lequel on distingue d’ailleurs très bien le flanc rouge du volcan.

Le panneau du départ

A partir de là, il suffit de suivre un petit chemin balisé qui est jalonné de quinze panneau explicatifs. Ils donnent une foule d’informations relatives au site : les différentes curiosités visibles tout au long du parcours, l’activité volcanique ou encore, la culture de la vigne à flanc de volcan. Tout y est pour mieux s’imprégner des lieux.

Assez rapidement après le départ, on arrive au flanc sud-est du volcan : c’est ce côté-là qui est rougeâtre et qui fait la réputation du site ainsi que de sa courte randonnée.

La Montaña Colorada, ou le volcan rouge

Tout au long du parcours, on aperçoit au loin une multitude d’autres volcans, posés au milieu des roches volcaniques.

Les volcans autour de la Montaña Colorada

Cette petite rando est une jolie balade qui comporte un seul inconvénient : les visiteurs ne sont pas autorisés à sortir du sentier dans un but de préservation de l’environnement, lequel est fragile par ici.

Le tour de la Montaña Colorada

Ce type d’interdiction vaut pour de nombreux sites à Lanzarote et cela a parfois un petit côté frustrant.

Par exemple, il n’est pas possible de s’approcher de la fameuse Bomba Volcanica Gigantesca, cet énorme rocher volcanique qui fut projeté à quelques centaines de mètres de hauteur avant de s’écraser au sol.

Ses dimensions :

  • 4 m de large
  • 5 m de haut (sans compter la partie enfouie dans la cendre volcanique)

Nombreux sont ceux qui sortent du sentier malgré l’interdiction, et piétinent les zones prohibées pour aller photographier cette fameuse Bombe avec le volcan rouge en arrière-plan.

La fameuse Bombe Volcanique Gigantesque

En conclusion, la randonnée de la Montaña Colorada est à faire absolument parce qu’elle est belle, facile et rapide. Cela ne vaut donc vraiment pas la peine de faire l’impasse dessus…



Distance : 3 km

Dénivelé : 50 mètres

Durée : 1 heure à 1h 30

Niveau : très facile


Un parking de terre est situé aux pieds du volcan. Le départ est au bout du parking.

Le parking vu depuis la Montaña Colorada

Il n’y a aucune autre commodité sur place, donc prévoyez tout ce dont vous avez besoin : de l’eau, à manger, casquette, crème solaire etc.


C’est au lever du soleil que la face rouge du volcan bénéficie de la plus belle lumière. En fin de journée, il est à l’ombre, il est donc préférable de venir marcher ici le matin.

En haute saison (juillet – août), le parcours peut être assez fréquenté. Aussi, plus on fait cette rando tôt, moins on a de chances de croiser du monde. Le reste de l’année, le site est plus agréable car il n’est pas trop fréquenté.


Si vous manquez de temps, vous pouvez vous contenter de rejoindre le versant rouge du volcan pour l’admirer, puis faire demi-tour.

Pour cela, il faut compter une demi-heure environ, cette durée étant évidemment variable en fonction du rythme de marche de chacun.

Mais surtout, si vous êtes pressé.e, ne vous trompez pas de sens ! Depuis le parking, il faut faire le tour dans le sens des panneaux (sens contraire des aiguilles d’une montre). Sinon, ce sera beaucoup plus long !


En quittant la Montaña Colorada, il y a une autre petite randonnée à ne pas rater à un kilomètre de là : la randonnée de la Montaña Cuervo.

Le principe est le même, c’est-à-dire qu’on fait le tour du volcan. Mais le gros avantage de cette rando-là, c’est qu’on peut pénétrer dans le cratère, qui vaut le coup d’œil.

La Montaña Cuervo


La Montaña Colorada est située en plein cœur du parc national des volcans de Lanzarote. Ce qui en fait un site rapidement accessible en voiture, où que l’on se trouve sur l’île (le plus souvent entre 15 et 30 minutes).


Contrairement aux sites présentés ci-dessus, le jardin de cactus de Lanzarote n’est pas un site naturel à proprement parler.

Mais cette œuvre végétale de César Manrique s’intègre si parfaitement aux paysages naturels de l’île qu’elle a forcément sa place dans cet article.

Avec ces 4500 spécimens de cactus issus de 1400 espèces différentes, et provenant des cinq continents, César Manrique a réussi le tour de force de faire de ce jardin exceptionnel l’un des plus réputés de la planète.

Le jardin de cactus et le volcan Montaña Tinamala
Le jardin de cactus et le volcan Montaña Cobrada

Le sol est recouvert de picòn, cette fameuse cendre volcanique, et comporte quelques petits bassins où flottent des nénuphars et nagent de gros poissons rouges. Priorité de César Manrique, ce jardin magistral, qui constitue une véritable œuvre d’art, s’intègre parfaitement dans son environnement naturel et volcanique.

Dans ce sanctuaire paisible règnent le calme et la sérénité. Les cactus prennent toutes les formes possibles, mais aussi toutes les couleurs imaginables lorsqu’ils sont en fleurs.

Il faut déambuler tranquillement dans ces allées pour mieux s’imprégner de l’atmosphère poétique créée par ces cactées en tous genres.

Au fond du jardin, un vieux moulin domine le site. Parmi les différentes variétés de cactus qui prospèrent à ses pieds, mentionnons le coussin de belle-mère, au nom si explicite…

Le fameux coussin de belle-mère


Le jardin de cactus est ouvert tous les jours de 10h00 à 17h00 (dernière entrée à 16h30), 365 jours par an.

Adultes : 8,50 euros – Adultes en situation de handicap : 6 euros

Enfants : 4,25 euros – Enfants en situation de handicap : 3 euros


Le site est doté d’un vaste parking.

A l’intérieur, il y a une cafétéria qui sert à manger et à boire à des tarifs corrects : voir le menu.

A noter que deux œuvres de Manrique décorent les toilettes, pour distinguer celles des femmes de celles des hommes.

L’entrée des toilettes hommes…
… et celle des toilettes femmes.

Le jardin de cactus est situé dans l’ouest de l’île à Guatiza, qui dépend de la municipalité de Teguise, bien que la ville soit située à 15 minutes de là.

Costa Teguise est également à 15 minutes, Arrecife à 20 minutes, Puerto del Carmen à 30 minutes.


Le jardin de cactus a été conçu en amphithéâtre


La forte activité volcanique de Lanzarote a façonné des paysages naturels étonnants aux quatre coins de l’île. Cette dernière étant relativement petite, il est assez facile d’explorer tous ces sites en quelques jours seulement, sans jamais avoir à se dépêcher.

Le prix du billet d’avion n’est pas cher hors saison, le vol est rapide depuis l’Europe, avec laquelle il n’y a quasiment pas de décalage horaire (une heure), le climat est doux toute l’année…

Conclusion : foncez sur Lanzarote, vous ne le regretterez pas…








Rando facile, volcan spectaculaire : la Montaña Colorada

La randonnée de la Montaña Colorada est l’une de celles qu’il ne faut pas rater à Lanzarote. En réalité, c’est plus une balade qu’une véritable randonnée, elle est donc de niveau très facile. Il s’agit de faire à pied le tour d’un volcan, qui offre de jolis paysages tout le long du parcours.

Le sentier de la Montaña Colorada (au fond, la Montaña Negra)


Le départ de la balade est facile à trouver : il se trouve au bout du parking et aux pieds du volcan, on ne peut pas se tromper.

Un panneau montrant le plan détaillé de la rando se trouve là, sur lequel on distingue d’ailleurs très bien le flanc rouge du volcan.

Le panneau du départ

A partir de là, il suffit de suivre un petit chemin balisé qui est jalonné de quinze panneau explicatifs. Ils donnent une foule d’informations relatives au site : les différentes curiosités visibles tout au long du parcours, l’activité volcanique ou encore, la culture de la vigne à flanc de volcan. Tout y est pour mieux s’imprégner des lieux.

Assez rapidement après le départ, on arrive au flanc sud-est du volcan : c’est ce côté-là qui est rougeâtre et qui fait la réputation du site ainsi que de sa courte randonnée.

La Montaña Colorada, ou le volcan rouge

Tout au long du parcours, on aperçoit au loin une multitude d’autres volcans, posés au milieu des roches volcaniques.

Les volcans autour de la Montaña Colorada

Parmi eux, la Montaña Negra. Il s’agit du troisième plus haut sommet de l’île (518 m) et il offre la possibilité, lui aussi, de randonner sur son pourtour.

Lichens et Montaña Negra

Cette petite rando est une jolie balade qui comporte un seul inconvénient : les visiteurs ne sont pas autorisés à sortir du sentier dans un but de préservation de l’environnement, lequel est fragile par ici. Il n’est donc pas possible d’escalader la Montaña Colorada.

Le tour de la Montaña Colorada

Ce type d’interdiction vaut pour de nombreux sites à Lanzarote et cela a parfois un petit côté frustrant.

Par exemple, il n’est pas possible de s’approcher de la fameuse Bomba Volcanica Gigantesca, cet énorme rocher volcanique qui fut projeté à quelques centaines de mètres de hauteur avant de s’écraser au sol.

Ses dimensions :

  • 4 m de large
  • 5 m de haut (sans compter la partie enfouie dans la cendre volcanique)

Nombreux sont ceux qui sortent du sentier malgré l’interdiction, et piétinent les zones prohibées pour aller photographier cette fameuse Bombe avec le volcan rouge en arrière-plan.

La fameuse Bombe Volcanique Gigantesque

En conclusion, la randonnée de la Montaña Colorada est à faire absolument parce qu’elle est belle, facile et rapide. Cela ne vaut donc vraiment pas la peine de faire l’impasse dessus…


Distance : 3 km

Dénivelé : 50 mètres

Durée : 1 heure à 1h 30

Niveau : très facile


  • La Montaña Colorada est située en plein cœur du parc national des volcans de Lanzarote. Ce qui en fait un site rapidement accessible en voiture, où que l’on se trouve sur l’île (le plus souvent entre 15 et 30 minutes).

  • Un parking de terre est situé aux pieds du volcan. Le départ est au bout du parking.
Le parking vu depuis la Montaña Colorada

  • Si vous arrivez du sud-ouest (via la route LZ 30), alors vous traverserez la très pittoresque zone viticole de la Geria, qui présente une particularité notable : la vigne est plantée au centre de grands trous creusés dans la cendre volcanique.
La zone viticole de la Geria

N’hésitez pas à visiter le beau site internet du fameux domaine viticole El Grifo.


C’est au lever du soleil que la face rouge du volcan bénéficie de la plus belle lumière. En fin de journée, il est à l’ombre, il est donc préférable de venir marcher ici le matin.

En haute saison (juillet – août), le parcours peut être assez fréquenté. Aussi, plus on fait cette rando tôt, moins on a de chances de croiser du monde. Le reste de l’année, le site est plus agréable car il n’est pas trop fréquenté.

Si vous manquez de temps, vous pouvez vous contenter de rejoindre le versant rouge du volcan pour l’admirer, puis faire demi-tour.

Pour cela, il faut compter une demi-heure environ, cette durée étant évidemment variable en fonction du rythme de marche de chacun.

Mais surtout, si vous êtes pressé.e, ne vous trompez pas de sens ! Depuis le parking, il faut faire le tour dans le sens des panneaux (sens contraire des aiguilles d’une montre). Sinon, ce sera beaucoup plus long !

Il n’y a aucune commodité sur place, donc prévoyez tout ce dont vous avez besoin : de l’eau, à manger, casquette, crème solaire etc.


En quittant la Montaña Colorada, il y a une autre petite randonnée à ne pas rater à un kilomètre de là : la randonnée de la Montaña Cuervo.

Le principe est le même, c’est-à-dire qu’on fait le tour du volcan. Mais le gros avantage de cette rando-là, c’est qu’on peut pénétrer dans le cratère, qui vaut le coup d’œil.

La Montaña Cuervo





La rando du Puy de Sancy et ses vues grandioses

Du haut de ses 1885 mètres d’altitude, le sommet du Puy de Sancy offre une vue panoramique à couper le souffle sur près de 15% du territoire français, paraît-il ! Ce qui en fait une randonnée incontournable, celle qu’il faut avoir faite. Si vous passez dans le coin, ne manquez pas l’occasion d’aller faire un tour tout là-haut, sur le toit du Massif Central…

Si ce volcan éteint a pris avec le temps une apparence plus anodine de simple montagne, les superbes cônes éruptifs qui l’entourent rappellent aux visiteurs le passé géologique intense de la région.

L’itinéraire détaillé dans cet article part de la station de ski du Mont-Dore, mais il y a trois autres départs possibles :

  • Super-Besse

  • Chastreix-Sancy

  • La vallée de Chaudefour.

Après avoir longé le bas de la station, on entre dans une jolie forêt à flanc de montagne.

Si le sentier qui serpente entre les arbres par ici est relativement pentu, ce n’est rien à côté de la partie suivante : le chemin qui monte alors, et qui fait office de couloir de ski l’hiver, est lui beaucoup plus abrupt. Mais il n’est pas très long, quelques centaines de mètres seulement. Quand la pente s’adoucit enfin, on se retrouve alors sur un petit sentier à flanc de volcan.

La vue est souvent considérée comme superbe tout au long de cette rando. Mais les conditions de montagne ne permettent pas toujours de vérifier cette réputation : nous faisons partie des randonneurs et randonneuses qui ont marché dans les nuages pendant toute la première partie du parcours. Pourtant, l’ascension dans une telle brume confère à la rando une atmosphère particulière, typique de la montagne.

Quand on sort enfin des nuages, on se retrouve au beau milieu des pistes de ski, avec une vue de plus en plus belle sur la nature qui nous entoure.

On aperçoit très vite les premiers volcans qui sont posés là, majestueux.

Ici, le parcours est beaucoup moins pentu que dans la première partie de la randonnée.

Aux pieds du Puy de Sancy

Dans cette partie finale de l’ascension se succèdent les paysages époustouflants sur la vallée et ses volcans.

Si l’on effectue la montée dans les nuages avec une vue bouchée, il ne faut pas trop s’inquiéter car on a de bonnes chances d’avoir droit plus haut à cette vue exceptionnelle sur la mer de nuages. Elle procure alors la sensation forte de randonner en haute montagne.

Émotions fortes au-dessus des nuages

Une fois au sommet, les émotions visuelles sont toujours intenses avec un panorama impressionnant sur les volcans qui émergent des nuages. Les puys, ces fameux monstres façonnés par les forces la nature, nous semblent tout petits vus d’ici.

La vue à 360° est belle de tous les côtés. Une table d’orientation permet de se repérer.

De l’autre côté du sommet du Puy de Sancy, on attaque la descente par un long escalier. En face arrivent les randonneurs qui font le tour en sens inverse, ou qui viennent du téléphérique.

Attention aux marches verglacées

On arrive très vite à un petit poste d’observation d’où la vue, là aussi, vaut le coup d’œil.

Le lieu est magique, beaucoup en profitent pour casser la croûte face à cette vue imprenable.

La descente se poursuit par un long escalier qui fend le paysage.

Attention, quand il a gelé la nuit (voire en journée), les marches sont verglacées et très glissantes. Il n’est pas rare de retrouver un randonneur ou une randonneuse le cul par terre. Pour être honnêtes, nous l’avons testé par nous-mêmes, nos fesses rougies peuvent en témoigner…

Une fois la descente de l’escalier avalée, une bifurcation vers la gauche permet de prendre la direction du Mont-Dore (à droite, on va vers le téléphérique). On se retrouve alors sur un petit sentier dont les pentes abruptes plongent dans la vallée.

Le chemin descendant serpente une dernière fois entre les volcans avant de rejoindre la vallée.

C’est dans cette phase finale de la descente que nous apercevrons, très loin au-dessus de nos têtes, un groupe de chamois s’enfuyant à l’approche d’un couple de randonneurs, sur une ligne de crête.


A l’heure du bilan, le constat est simple. Cette petite randonnée offre des paysages somptueux, et pas seulement depuis le sommet : c’est le cas tout au long du parcours. Elle n’est globalement pas trop difficile même si la première partie, parfois très pentue, peut paraître ardue aux personnes peu habituées à ce type d’effort.


(Pour rappel, il s’agit du parcours au départ de la station du Mont-Dore)

  • Distance : 7,2 km
  • Dénivelé : 546 m+ et 546 m-
  • Durée : +/- 3h30
  • Altitude max : 1885 m


Le parcours est très facile à suivre grâce au balisage présent tout le long de la rando.

Néanmoins, on peut également télécharger gratuitement la trace GPX sur VisuGPX (le lien est situé tout en bas de leur page).

On peut également la télécharger via l’appli Décathlon Outdoor, que nous avons testée et qui s’avère très fonctionnelle.


L’auberge de jeunesse Le Mont Dore (chalet Le Grand Volcan) est située aux pieds des pistes, et à 400 mètres seulement du point de départ de la rando du Puy de Sancy.

Il s’agit d’un grand chalet très agréable posé en pleine nature.



Ils sont bons et copieux.

Le petit déjeuner est généralement compris.

On peut commander un panier repas pour la rando.

Le dîner est parfois compris dans le prix de la nuitée, sinon il faut le réserver.

Mangeons local : une truffade


  • Adresse : route du Sancy – 63240 Le Mont-Dore
  • Téléphone : 04 73 65 03 53

Il est extrêmement variable selon la saison et selon le type d’hébergement (dortoir, chambre…)

A titre d’indication, pour un week-end férié (11 novembre), nous avons réglé 70 euros la nuit pour une chambre double avec sanitaires privatifs, et petit déjeuner inclus.


  • Pour avoir un autre aperçu de la rando du Puy de Sancy : Sancy.com

  • L’office du tourisme Auvergne Volcans Sancy donne de nombreuses infos sur les volcans, les activités outdoor etc.


Un départ a lieu toutes les 15 minutes.

Le téléphérique vous emmène à 1790 mètres d’altitude. Pour rejoindre le sommet du Puy de Sancy, il faut ensuite emprunter un escalier (+/- 20 minutes d’ascension).

Tarifs 2025 :

L’aller-retour : 20 euros par adulte, 12 euros par enfant

L’aller simple : 15 euros par adulte, 10 euros par enfant

Plus d’infos sur le site officiel : station du Mont Dore


  • Les chiens sont interdits sur l’ensemble du parcours de cette randonnée, y compris s’ils sont tenus en laisse.
  • Attention : à l’approche du sommet, en arrivant à l’escalier, attention aux marches : elles peuvent être (très) glissantes en cas de gel ou de neige, ce qui est fréquent à cette altitude.
  • Fréquentation : cette rando est victime de son succès. Il y avait beaucoup de monde quand nous l’avons faite (un 9 novembre), alors je n’ose pas imaginer ce que cela doit être en plein mois d’août…



Rando facile pour bivouac de rêve : voici une suggestion de dépaysement total en montagne.

Comment faire l’ascension du plus haut sommet des Pyrénées, le pic d’Aneto, quand on est néophyte ?

Traversée de l’Albanie à vélo. Récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde.




L’île de Paros (Grèce, Cyclades)

Parmi les plus jolies îles des Cyclades, Paros n’est pas la plus réputée… et tant mieux car la conséquence, c’est qu’elle est beaucoup moins fréquentée que certaines de ses voisines, lesquelles sont prises d’assaut. On peut donc y découvrir les plus belles plages, des villages blancs pittoresques et de magnifiques paysages sans la frénésie touristique qui règne ailleurs dans les Cyclades.

A découvrir aussi dans les alentours, l’île d’Antiparos et pour finir, petite escapade à Athènes.


  1. L’île de Paros
  2. L’île d’Antiparos
  3. Athènes
  4. Infos pratiques


Il y a tellement de choses à faire et à voir à Paros : des plages bien sûr, des petits villages pittoresques, diverses activités nautiques, sans compter une multitude d’églises orthodoxes dans toute leur splendeur. Du coup, c’est un petit paradis pour les visiteurs comme pour les amateurs de photos…

L’église d’Agkeria


Vu la forte chaleur qui nous tombe dessus en ce mois de juillet, la première urgence en débarquant à Paros consiste à trouver… une plage ! Rien de très culturel certes, mais le summum du point de vue pratique. C’est à la sortie du petit village d’Aliki, au sud-ouest de l’île, que nous trouvons rapidement notre bonheur.

Piso Aliki Beach

Nous ne le savons pas encore mais cette plage est si agréable, notamment grâce à l’ombre des petits arbres qui ont poussé tout au bout, qu’elle deviendra notre repaire jusqu’à la fin du séjour.

A son extrémité, les rochers forment un récif naturel qui permet de faire du snorkeling.

En marchant un peu dans les rochers, on se rend compte que cette plage d’apparence sauvage est située juste à la sortie du village.

Aliki

De là, il n’y a que quelques pas à faire pour découvrir notre première petite église grecque, qui trône sereinement face à la mer. Comme sortie de messe, il doit y avoir pire.

L’église Saint-Nicholas

Paros est extrêmement réputée pour son marbre blanc, qui est le plus translucide qui existe. C’est avec lui que furent sculptés bon nombre de chefs-d’œuvre antiques, dont la Vénus de Milo. Idem pour le tombeau de Napoléon.

Au fil des jours, nous allons faire le tour de cette petite île de 21 kilomètres de long afin d’en découvrir tous les recoins…


Sur la route de Parikia, le littoral est très coloré et sous cette forte chaleur, il est difficile de résister à l’eau translucide qui nous tend les bras.

Les points de vues se succèdent donc, sur cette côte peuplée notamment de moulins fleuris et de petites églises orthodoxes à la blancheur éclatante.

Parikia est le point d’entrée de Paros, puisque c’est dans ce petit port qu’accostent les ferries en provenance du Pirée.

Une ruelle de Parikia

La ville est à la fois agréable et animée sur son front de mer, et calme et pittoresque dans ses ruelles blanches, où vivent paisiblement ses 6000 habitants.

Les ruelles blanches de Parikia

  

Mais la principale richesse de Parikia est son église dite « aux cent portes ». Sa construction fût lancée en 326 par l’empereur Constantin Ier lui-même, quelques années à peine avant que son nom ne passe à la postérité en étant donné à la cité mythique de Byzance : Constantinople.

Il s’agit de la plus ancienne église orthodoxe encore en activité. Le site contient en réalité trois églises, un cloître et le musée byzantin.


Sans transition : la petite île d’Antiparos est située juste en face de Paros, plein ouest.

Au fond : Antiparos

Un couloir d’un petit kilomètre de large sépare les deux îles. Le vent qui vient les fouetter se renforce en les longeant, et lorsqu’il débouche dans ce couloir, il s’y engouffre avec une puissance décuplée.

C’est donc là, sur ce vaste plan d’eau transformé par les fortes rafales de vent en spot de kite-surf, que les passionnés de glisse se donnent rendez-vous. Débutants s’abstenir.

Cette plage de Pounda, à la fois très fréquentée et très colorée, respire la passion du kite.

Pendant que certains préparent leur voile sur le sable, d’autres rivalisent de prouesses à quelques mètres de là, dans l’eau.


Pendant longtemps, la très stricte législation grecque ne permettait de pratiquer la plongée sous-marine que sur quelques sites dans tout le pays. Son application sévère visait pourtant un objectif des plus louables : protéger des pilleurs les innombrables vestiges antiques qui jonchent aujourd’hui encore les fonds marins grecs.

Finalement, c’est assez récemment que cette loi s’est enfin assouplie de sorte qu’aujourd’hui, on puisse plonger normalement à la condition d’être supervisé par une école de plongée. Du coup, ces dernières fleurissent dans tout le pays…

C’est ainsi que j’ai eu la chance de plonger au-dessus des ruines d’un village minoen vieux de quelque 5000 ans. Quelle fabuleuse impression que celle qu’on ressent en palmant paisiblement au-dessus des vestiges de ces maisons antiques noyées. Notre guide de palanquée nous montrera les morceaux d’une amphore cachés sous les restes d’un pan de mur.

Les restes d’une amphore antique

Colonisée par les algues et les coquillages, il n’en reste certes plus grand-chose, mais suffisamment pour que nous laissions vagabonder notre imagination sur tous ces trésors antiques qui se cachent toujours au fond de la Mer Égée…

La suite de la plongée nous permet d’observer la faune méditerranéenne habituelle.

Cigale de mer

Vers de feu

Tout au nord de l’île au fond d’une grande baie, s’étale la jolie petite ville blanche de Naoussa.

Longtemps cantonnée au statut de paisible port de pêche, elle s’est transformée au fil des années en destination touristique en vogue, à tel point que certaines célébrités ont fini par en faire leur lieu de villégiature préféré : Stéphane Bern ou encore Nikos Aliagas, pour ne citer qu’eux.

Outre quelques petits musées et les plages alentour, la principale attraction de la ville réside dans son front de mer qui donne sur le port.

Les quais font face à la multitude de restaurants qui animent ce front de mer, et les pêcheurs n’ont donc qu’à traverser la rue pour vendre aux restaurateurs leurs produits tout juste sortis de l’eau.


Longue de douze kilomètres et assez sauvage, cette petite île est particulièrement calme. Son pourtour est agrémenté d’une multitude de plages.

Mais son principal attrait touristique est la vaste grotte dont l’entrée est située sur les hauteurs de l’île. Ses dimensions sont impressionnantes puisqu’elle plonge sous terre à plus de cent mètres de profondeur.

Au fil des millénaires, elle s’est fait coloniser lentement mais sûrement par des milliers de stalactites et stalagmites, parmi lesquelles la plus ancienne stalagmite d’Europe, qui atteint l’âge vénérable de 45 millions d’années.

Ce n’est qu’au XVIIème siècle, alors qu’elle était totalement inconnue jusque-là, que cette merveille de la nature fut rendue célèbre : la tenue d’une messe de Noël dans ce décor surréaliste eut un effet retentissant bien au-delà des frontières grecques.


Si notre périple grec est essentiellement axé sur la découverte des Cyclades, c’est parce que l’été n’est pas le meilleur moment pour découvrir Athènes : non seulement la chaleur y est écrasante mais en plus, le nombre de touristes bat des records.

Nous avons donc décidé de passer seulement deux jours dans la Cité d’Athéna, et encore… s’il fait vraiment trop chaud, nous avons prévu un plan B : nous terminerons alors chacune de ces deux journées par un rafraîchissement dans la petite piscine de l’hôtel.

Inutile de dire qu’une fois à Athènes, Victor et Arthur n’ont qu’une seule envie : gravir cette fameuse colline de l’Acropole afin d’en découvrir toutes les richesses dont ils ont l’impression d’avoir toujours entendu parler, dans les livres d’histoire comme dans les dessins animés.

L’été, le bon plan consiste à arriver sur ce fabuleux site antique dès l’ouverture : la forte chaleur ainsi que la foule de touristes n’inondent pas encore les lieux.

La dernière fois que je suis venu à Athènes, le Parthénon était presque laid tellement il était enfoui sous des tonnes d’échafaudages. Il restait alors 18 ans de travaux et j’avais été très frustré à l’époque de ne pas pouvoir l’admirer sans cet habit de ferraille. Aujourd’hui, c’est-à-dire 21 ans plus tard, je me réjouis donc à l’idée de le découvrir enfin dans toute sa splendeur.

Encore raté ! Un vieux panneau confirme que ces travaux ont pris du retard au fil des années. J’essaie donc d’immortaliser comme je peux ce monument mythique aux endroits où il n’y a plus d’échafaudages, plutôt que d’envisager de revenir ici à l’âge de la retraite en espérant que les travaux seront enfin terminés…

Qu’à cela ne tienne, nous allons jeter notre dévolu sur l’autre merveille du site : l’Érechtéion. Car si le Parthénon est bien le symbole mondialement connu de la Grèce Antique, son voisin l’Érechtéion revêt lui aussi une importance majeure : c’est bien lui qui était le véritable sanctuaire de l’Acropole, dédié au culte de la déesse Athéna notamment.

La principale caractéristique de ce temple, ce sont les Caryatides, ces six statues de femmes qui servent de colonnes et semblent avoir la ville à leurs pieds.

Très vite, les flots de touristes commencent à se répandre entre les différentes ruines antiques qui habillent l’Acropole. Nous avons bien profité du site dès son ouverture quand il y avait relativement peu de monde mais maintenant, il est temps de rallier l’étape suivante : l’Agora athénienne.

La Stoa d’Attale dans l’Agora athénienne

Située à deux pas de l’Acropole en contrebas, c’est là que battait le cœur de la cité d’Athènes pendant l’Antiquité. Aujourd’hui, on en visite les ruines dans un vaste écrin de verdure particulièrement agréable. L’Agora romaine est située à deux pas de là.

L’église des Saints-Apôtres (coupole)

Nous terminerons cette visite athénienne par l’un des plus anciens quartiers d’Europe : la Plaka, avec son mélange de vestiges antiques, d’églises byzantines et de bâtiments néoclassiques. C’est dans ce contexte étonnant qu’il est de coutume de flâner, de prendre un verre ou de s’attabler dans l’un des nombreux petits restos qui se font agréablement concurrence.

 


Le réseau de ferries a beau être particulièrement développé en Grèce, il comporte néanmoins un certain nombre d’aléas : d’une part, les horaires varient fréquemment à cause de l’état de la mer, voire des mouvements de grèves. D’autre part, les tarifs sont parfois soumis à certaines modifications.

Pour la ligne Athènes – Paros :

  • Le prix A/R par passager : à partir de 45 euros (105 euros en speedboat)
  • Le prix A/R, voiture et conducteur : à partir de 215 euros (270 en speedboat)
  • La durée : 4 heures (2h40 à 3h00 en speedboat)

Les horaires de toutes les liaisons maritimes grecques sont indiquées sur le site : Greek Ferry Schedules.

Attention : les horaires varient parfois, il faut donc les contrôler régulièrement. Idem pour les changements de quais sans prévenir : ceux qui arrivent sur le quai au dernier moment peuvent rater leur bateau qui se trouve finalement à l’autre bout du Pirée. Il existe bien des navette portuaires mais elles sont souvent pleines à ras-bord.

Pour les tarifs et réservations : Danae Travel.

Bon à savoir : quand on a l’avion du retour à prendre à Athènes, il faut éviter d’attendre le dernier moment pour quitter l’île sur laquelle on se trouve. Car avec l’état de la mer qui peut changer rapidement, on risque de se retrouver avec des retards voire des annulations de bateaux… et donc de rater son avion. L’idée consiste donc à prévoir un ou deux jours de battement par sécurité, et d’en profiter pour visiter Athènes par exemple, ou d’autres sites à proximité. Ça permet d’éviter les mauvaises surprises.


Il y a évidemment beaucoup de possibilités de se loger sur les deux principales villes de l’île, Parikia et Naoussa : appartements, hôtels, campings etc.

Nous avons choisi un hébergement un peu plus en retrait, légèrement dans les terres et avec une vue superbe : Apianes Villas

La vue depuis la terrasse, le matin…

… et le soir.

Situé au-dessus du petit village d’Aliki sur la côte sud, à moins de dix minutes de la mer en voiture ou en scooter, le logement fait partie d’une résidence comprenant quelques appartements, et bénéficie d’une petite piscine commune susceptible de ravir les enfants.


Une fois n’est pas coutume, nous avons logé au Novotel d’Athènes grâce à une promo intéressante. L’hôtel est situé en plein centre-ville et bénéficie d’une vue imprenable sur l’Acropole depuis le toit terrasse, lequel fait aussi office de bar, restaurant et piscine. Après une journée de visite sous un soleil de plomb, quel bonheur de se rafraîchir là avec une telle vue. Novotel Athènes

Le prix : 78 euros par nuit pour 4 personnes fin juillet.

Difficile de résister à une telle offre, d’autant plus que le personnel de l’hôtel s’est avéré d’une rare efficacité pour toutes les demandes de renseignements que nous lui avons adressées.

La vue depuis la terrasse-bar-restaurant-piscine de l’hôtel :

 

Pour les budgets plus modestes, un site intéressant : auberges de jeunesse à Athènes


  • Tarif : 20 euros par adulte (gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes handicapées)
  • Horaires : 8h00-17h00.
  • Bon à savoir : en été, le site est pris d’assaut par une foule de touristes très compacte. Il faut y aller dès l’ouverture pour en profiter pleinement : il y fait bon et il y a peu de monde jusqu’à 9h30. Après, ça se complique…
  • Accès – Outre le taxi : métro ligne 2, bus 1-5-15-40-230






 


 

Rando facile et bivouac de rêve : le lac de Coume Escure par le refuge de la Glère

Les spots de bivouacs de rêve, ce n’est pas ce qui manque dans les Pyrénées. Mais quand on débute en rando, en bivouac ou les deux, on ne sait pas forcément toujours très bien comment s’y prendre, ni quel itinéraire choisir.

Alors voici une idée de rando globalement facile, qui se termine en apothéose avec un spot de bivouac de rêve. La rando parfaite pour débuter, se tester, ou encore essayer son matériel de rando et de bivouac…



Profil de la rando


L'aller simple : 6,8 km - 640 m+


La grande boucle : 19 km - 925 m+


Le départ se fait du plateau du Lienz, au niveau de la fameuse auberge Chez Louisette (alt. 1600 m).

Le plateau du Lienz

On remonte alors une prairie bordée d’arbres.

Au départ du plateau du Lienz

On rejoint assez vite un chemin carrossable, destiné à approvisionner le refuge de la Glère, plus haut.

Le chemin carrossable en direction du refuge

Dans cette première partie de la rando, la végétation est toujours présente de part et d’autre du chemin.

On finit par atteindre une petite zone arborée, après laquelle l’univers devient de plus en plus minéral.

Cette zone rocailleuse et aride débouche au moment où l’on s’y attend le moins sur le lac de la Glère.

Le lac de la Glère, vu depuis le refuge

Ce point de vue est également le site où est posé le refuge de la Glère (voir les infos pratiques, plus bas).

Le refuge de la Glère

A partir de là, le lac de Coume Escure n’est plus qu’à 400 mètres, sur un petit chemin globalement plat voire descendant.

Le lac de Coume Escure

Mais on n’est pas encore tout à fait arrivé : le superbe spot de bivouac se trouve sur la rive d’en face. Il reste donc encore environ 400 mètres à parcourir en contournant ce joli lac, sur un petit chemin qui joue parfois à cache-cache dans la végétation. On peut malgré tout progresser au jugé sans difficulté.

Et puis c’est l’arrivée, face au lac de Coume Escure dominé au loin par le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère.

Le lac de Coume Escure…
… et le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère

On peut trouver du monde autour de ce lac notamment l’été mais en général, la plupart des randonneurs s’attardent plutôt autour du lac de la Glère, ou des lacs situés un peu plus loin, dans le parc national des Pyrénées. Le lac de Coume Escure est souvent un peu plus épargné que tous ses voisins : c’est son principal atout, au même titre que la vue qu’il offre sur le double pic de la Glère.

Le lac de Coume Escure

Le cadre est très nature, c’est l’endroit idéal où poser la tente.

Coucher du soleil sur le lac de Coume Escure

Même si l’eau est toujours très froide en montagne, difficile de résister à l’appel d’un joli lac après une rando où l’on a eu chaud.

La récompense !


La plage herbeuse du lac de Coume Escure est relativement petite. Ayant fait cette rando à trois couples d’amis, il y avait néanmoins suffisamment de place pour pouvoir poser là nos trois tentes, face au lac.

Petit bivouac entre amis

Sur ce site face au coucher du soleil, prendre l’apéro entre amis est un pur bonheur.

Pour nous, un bon gueuleton est une notion indissociable du bivouac. Nous n’hésitons donc jamais à alourdir nos sacs pour cet incontournable plaisir du soir. Les puristes de la rando ne nous comprennent pas toujours mais après tout, chacun ses goûts.

Poivrons de Padrón grillés
Le barbecue en rando ? C’est possible.

Alors évidemment, nous ne faisons jamais de feux par temps de canicule ou de sécheresse, et nous les allumons toujours dans des foyers déjà existants.

Car faire un feu sur l’herbe revient à la brûler et à détériorer le sol, ce qui est une pratique à proscrire en rando-bivouac : on aime la nature, on n’est donc pas là pour la détruire.

Au fil de l’apéro et du repas, le soleil décline puis disparaît, modifiant régulièrement les couleurs et la lumière de cette vue paisible sur le lac de Coume Escure.

La nuit tombe sur le lac de Coume Escure

Si le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère apparaissent le soir en ombres chinoises au moment où le soleil se couche, il sont éclairés par une jolie lumière chaque matin quand le soleil se lève.

Lever de soleil sur le lac de Coume Escure

Alors que nous prenons le petit déjeuner, les montagnes reprennent des couleurs en face de nous.

Puis vient l’heure de lever le camp. La rando continue.

Le lac de Coume Escure

Remarque : si le spot de bivouac évoqué dans cet article est déjà occupé quand vous arrivez au lac de Coume Escure, vous pouvez tout à fait poser votre tente de l’autre côté du lac, celui par lequel on arrive en venant du refuge de la Glère. Il y a là aussi différents endroits où l’on peut bivouaquer et la vue est un jolie aussi. Le chemin menant du refuge au parc national des Pyrénées passe non loin mais ce plan B reste malgré tout une bonne alternative.


Cette rando n’étant ni très longue, ni très difficile jusqu’au lac de Coume Escure, on peut très bien la poursuivre en direction du parc national des Pyrénées, où se situent de nombreux lacs.

Les lacs de la Glère (à gauche) et de Coume Escure (à droite)

Pour cela, il faut suivre les panneaux situés au niveau du refuge de la Glère, puis le balisage tout au long du chemin.

Le parcours est globalement joli mais pour notre part, nous nous sommes arrêtés aux limites du parc national des Pyrénées le premier jour, juste avant de pouvoir apercevoir les premiers lacs du parc. Nous sommes ensuite retournés au lac de Coume Escure pour y poser nos tentes.

Attention, les règles sont évidemment plus sévères dans le parc national des Pyrénées car il s’agit d’un véritable sanctuaire de montagne. Le but est de préserver cette nature aussi belle que fragile.

La réglementation du parc national

Pour retourner au point de départ de la rando (le plateau du Lienz et l’auberge Chez Louisette) après avoir bivouaqué au lac de Coume Escure, il y a deux possibilités : soit revenir par là ou l’on est arrivé, soit finir la boucle (voir les infos pratiques, en fin d’article). Nous avons choisi la deuxième option.

Le lac et le refuge de la Glère

On commence par rejoindre et suivre le chemin du parc national des Pyrénées. Dès le début, et comme la veille pour nous puisque nous sommes déjà passés par là pour aller aux portes du parc national, ça monte.

Le lac de Coume Escure

Après avoir traversé un pierrier, on attaque une longue descente qui va continuer jusqu’à l’arrivée. Il faut traverser un petit ruisseau qui dégouline de la montagne, et dont la largeur peut varier en fonction de la saison. La descente se poursuit dans une sorte de jolie petite prairie encadrée de part et d’autre par de hautes montagnes.

La descente se poursuit dans une zone de gros blocs de pierres, qui n’est pas le passage le plus agréable ni le plus joli de la rando. On arrive un peu plus loin à la cabane de Sardiche. Pour notre part, ce sont des vaches qui nous y ont accueilli.

La cabane de la Sardiche

On arrive ensuite à un joli passage à flanc de montagne, au milieu de la végétation.

A partir de là, il ne reste plus qu’à poursuivre à travers champs et forêts en alternance, jusqu’au plateau de Lienz et au parking Chez Louisette, point de départ et d’arrivée de la rando.

Attention : pour votre timing, si vous choisissez de faire la grande boucle plutôt que l’aller – retour, la deuxième journée (12 km) est beaucoup plus longue que la première (7 km).


Le départ de la rando se fait au plateau du Lienz, au niveau du restaurant Chez Louisette. Un petit parking est situé à proximité, où l’on peut laisser la voiture un ou plusieurs jours selon l’itinéraire choisi, le temps de la rando.

Le parking et le début de la rando

Pour rejoindre ce point de départ depuis Barèges, il y a deux solutions :

  • En voiture, par une petite route de 4,6 km.
  • A pied, via un petit chemin de rando : 3 km – 386 m+


On peut évidemment faire cette randonnée en suivant le chemin carrossable. Pour le retour, si l’on fait la grande boucle, on peut se fier au balisage et aux cairns. Mais si l’on a le moindre doute, le meilleur moyen de ne pas se perdre est encore de télécharger la trace GPX.

Vous pouvez le faire sur le site VisuGpx.com : la Glère


Capacité :

  • 60 couchages (en période d’ouverture gardiennée, en général de février à octobre)
  • 20 couchages (en période hivernale d’ouverture sans gardiennage, d’octobre à février)

Réservation obligatoire :

  • Par téléphone : 09 82 12 55 32 (ou 06 80 01 25 64)
  • En ligne : @contact

Tarifs 2025 :

  • 25,50 euros par adulte
  • 17,85 euros (8-18 ans)
  • Tarifs complets sur le site officiel

Voici le site officiel, pour des infos complètes : refuge de la Glère


Chez Louisette, bien sûr ! Comme évoqué précédemment, c’est le point de départ et d’arrivée de la rando, mais il s’agit également d’une petite auberge de montagne au décor chaleureux, qui propose des plats montagnards avec un excellent rapport qualité – prix. Tout est fait maison. Le site officiel a été supprimé, voici leur Insta pour vous mettre l’eau à la bouche : Chez Louisette.

Attention : n’oubliez pas de réserver car l’auberge est réputée dans toute la région. Vous pouvez le faire via le site officiel résa Louisette, ou par téléphone au 05.62.92.67.17.


A Barèges ! C’est l’endroit le plus proche du départ de la rando et les possibilités d’hébergement sont assez nombreuses, même s’il vaut mieux prévoir de réserver à l’avance.

Nous avons dormi à l’hôtel Alphée, un peu cher (110 euros la chambre double) mais c’est le cas de nombreux hébergements à Barèges.

Point fort : le petit déjeuner, ce qui n’est pas négligeable pour prendre des forces juste avant de partir en randonnée !

Le site officiel : hôtel Alphée

Toutes les possibilités d’hébergement sur Booking à Barèges.


Il délivre toutes sortes d’informations sur la région, ses randonnées, son patrimoine etc. Surtout, il permet de s’adresser à des humains plutôt qu’à Internet…

Place Urbain Cazaux
65120 BAREGES

Téléphone
+33 (0)5 62 92 16 00


Le site du parc national des Pyrénées est incontournable : conseils pour la randonnée, bivouac et refuges, la faune et la flore, les différentes vallées, tout y est ! Toute la réglementation du parc est accessible ici.

On peut retrouver la randonnée présentée dans cet article en consultant les deux sites suivants :


La montagne est un écosystème fragile. Les règles sont donc faites, non pas pour embêter les randonneurs et randonneuses, mais pour préserver la nature. Voici quelques règles de base, d’apparence évidente mais pas suffisamment respectées :

  • Les déchets : prévoyez des sacs poubelles afin de pouvoir redescendre vos déchets. Ne laissez aucune trace de votre passage dans la nature.
  • La flore : évitez de sortir des sentiers balisés afin de ne pas abîmer la flore en la piétinant. Ni cueillette, ni prélèvement.
  • Les lacs : ne vous baignez pas dans les lacs si vous êtes enduit.e.s de crème solaire, car elle abîme le fragile écosystème lacustre. Par exemple, randonnez avec des vêtements longs, un chapeau ou une casquette, ou encore baignez-vous avec un lycra : dans le sac, ce n’est pas bien lourd.
  • Le feu : pas de feu en période de sécheresse ou de canicule. Si vous en allumez un, faites-le dans un foyer existant afin de ne pas dégrader le sol.
  • Le bruit : discrétion requise : pas de bruit, par respect de la faune locale et des autres randonneurs.

Bref, le b-a, ba, quoi…


  • Les chiens sont autorisés sur le parcours de cette randonnée, à condition qu’ils soient tenus en laisse. Un peu plus loin, dans le parc national des Pyrénées, leur présence est strictement interdite.

  • La randonnée sur ce parcours est déconseillée l’hiver car la zone est propice aux coulées de neige. Il convient de bien se renseigner auprès de professionnels avertis avant de se risquer à randonner dans la zone lorsqu’il neige.


Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires (votre adresse mail sera demandée mais pas publiée, et il faudra compter quelques heures avant la publication de la question et de la réponse).


D’autre montagnes, d’autres bivouacs…

Comment faire l’ascension du plus haut sommet des Pyrénées, le pic d’Aneto, quand on est néophyte ?

Le tour des lacs d’Ayous est une belle randonnée d’un ou deux jours avec peu de difficultés.

Traversée de l’Albanie à vélo. Récit détaillé de ce voyage en immersion dans l’Albanie profonde, au cœur des montagnes et en mode bivouac.




La Turquie à vélo (suite et fin du périple)

Voici le récit détaillé d’un voyage en Turquie, huitième et dernière étape d’une traversée de l’Europe à vélo, où j’ai prévu de visiter la fameuse Cappadoce. Mais un coup du sort ne me permettra pas de découvrir ce vaste pays comme je l’avais prévu…

En provenance de la Grèce, je décide d’entrer en Turquie non pas par voie terrestre à vélo, mais par la mer en bateau. Je fais donc une courte traversée de la petite île de Nisyros, l’une des plus belles de Grèce, à sa voisine, celle de Kos. C’est de cette dernière que partent les ferries pour la Turquie.

En montant à bord, je me blesse au genou gauche. Inutile de détailler ce sombre souvenir ici car il ne passionnera personne mais si je le mentionne malgré tout, c’est parce qu’il me contraindra à revoir mes plans de visite du pays. Même si dans un premier temps, je me sens en état de continuer à rouler, ce que je fais donc.

En provenance de Kos la grecque, le ferry accoste Bodrum la turque. Cette station balnéaire est plus réputée dans le monde aujourd’hui pour ses plages, son farniente, ses activités nautiques et sa vie nocturne que pour son histoire pourtant riche : c’est ici que naquit Hérodote, ou encore que fut érigé le fameux mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde. Alexandre le Grand, qui passa lui aussi par ici, incendia la cité.

Brochette de bateaux de luxe amarrés à Bodrum

Mais aujourd’hui, c’est surtout grâce à sa situation idéale, au bord de la Mer Égée, que Bodrum attire jusqu’à un demi-million de touristes l’été. Et même si je me retrouve ici au printemps, cette foule, c’est tout ce que je fuis justement depuis le début de mon périple. Alors une chose est sûre : je ne vais pas m’attarder longtemps dans cette ville que je trouve globalement surfaite, à l’exact opposé de l’authenticité que je recherche en voyage. J’y passe juste une nuit, dans une petite pension située à l’écart du centre-ville très fréquenté, pour essayer de reposer un peu mon genou abîmé. Je quitterai cette fourmilière touristique demain matin.

Quelques pierres du mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde, ont servi à construire la forteresse de Bodrum

Après une nuit écourtée par les muezzins du voisinage, je reprends ma route en direction de la Cappadoce. A la sortie de la ville, je croise un couple de sangliers. A mon approche, ils traversent un petit terrain de buissons au milieu des maisons. Je n’imaginais pas voir ces mammifères à groin se balader en toute impunité en pleine ville, dans ce pays dont la population de croyants les abhorre.

La sortie de Bodrum

Une fois sorti de l’ancienne Halicarnasse, mon itinéraire côtier m’offre de jolies vues plongeantes sur la mer. Je comprends alors mieux pourquoi il y a tant de touristes dans les parages.

Les environs de Bodrum

J’arrive assez rapidement sur une quatre-voies. En Turquie, les vélos y sont autorisés, de même que sur les autoroutes. Ici, les poids lourds qui me doublent m’emportent à grande vitesse dans leur sillage, grâce à l’appel d’air qu’ils créent derrière eux. Je me retrouve ainsi à rouler à des vitesses folles, notamment dans les descentes. Je me régale, c’est tellement grisant.

En revanche, il y a quelques portions sur lesquelles la largeur de la bande est très réduite, voire inexistante et dans ces endroits, je me retrouve à rouler avec voitures et camions sur la file de droite. Et ça, ce n’est plus du tout une partie de plaisir. Cela me vaut un ou deux coups de klaxon mais globalement, la cohabitation se passe bien car quasiment aucun véhicule ne me frôle.

Toutefois, je prends vite conscience que sur cette quatre-voies, il n’y a aucun paysage à voir, aucun village à traverser ni aucune rencontre à faire. C’est pourquoi je décide d’en sortir et d’aller voir de plus près à quoi ressemble la Turquie profonde.

Petite route de montagne (sud-ouest de la Turquie)

Dans cette région calme de la Turquie, la petite route de montagne qui défile sous mes pneus est bordée de fleurs. Au contraire de la quatre-voies d’où je viens, les voitures sont rares ici, et le silence règne.

A la sortie de la ville de Milas est posé un paisible lac bleu. Sur ses berges, quelques habitants du coin sont venus poser leur table de camping pour pique-niquer en famille.

Le lac de Milas

Je monterais bien ma tente ici, face à ce joli paysage lacustre mais il y a un peu trop de monde à mon goût. Moi qui aime bien bivouaquer discrètement, je décide de quitter le lac pour planter ma tente quelques kilomètres plus loin.

Après une nuit passée dans le silence des montagnes, j’attaque la journée suivante avec de grosses montées. Bien que pas encore réveillé, mon genou tient toujours le choc.

Au fil de la journée, la chaleur devient de plus en plus intense. A l’entrée d’un village, je m’arrête pour discuter avec un habitant devant son hangar. Il s’appelle Ashkan, il est menuisier et il me fait visiter son atelier.

Ashkan dans son atelier

Sans doute compatissant à la vue de ma tête desséchée par une matinée de pédalage montagneux en plein cagnard, Ashkan envoie son fils Inan m’offrir une grande bouteille d’eau fraîche : à ce moment-là, l’hospitalité turque, dont j’avais déjà entendu parler, devient réalité.

Inan m’offre une grande bouteille d’eau fraîche

Je poursuis ma route mais quand j’arrive dans la ville de Yatagan, mon genou est proche de l’obésité. Pourtant, je n’ai roulé que trente-huit kilomètres aujourd’hui, mais sous un soleil qui m’a fait fondre et surtout, avec près de neuf cents mètres de dénivelé positif. J’ai notamment dû forcer pas mal pour grimper plusieurs pentes entre 10 et 15%, sur mon vélo de 54 kilos. Cet effort de pédalage soutenu voire intense, à l’évidence, mon genou ne l’a pas adoré : il est devenu énorme.

Je décide de m’arrêter dans cette ville inconnue pour reposer mon articulation récalcitrante pendant quelques jours.

J’achète des petits pois surgelés, non pas pour les manger mais pour glacer mon genou, et j’achète une genouillère dans une pharmacie.

Soixante-douze heures plus tard, mon genou n’a pas dégonflé d’un millimètre. Sans entrer dans les détails ici, je décide de mettre un terme à mon périple et de rentrer chez moi. Je ne verrai pas la Cappadoce.

Dans la campagne turque

Afin de ne pas polluer un tel périple, je fais le choix de ne pas céder à la facilité : pour le retour, au lieu de prendre l’avion qui me tend pourtant les bras, j’effectuerai quelques traversées au long cours en bateau, et les liaisons en voitures de location. Quand ce ne sera pas possible, je pédalerai un peu malgré tout. Ce voyage retour me reviendra sensiblement plus cher qu’un aller simple en avion, et il me prendra une douzaine de jours au lieu de trois heures mais au moins, l’esprit de mon périple sera préservé et je pourrai être fier de mon voyage jusqu’au dernier kilomètre.

La mosquée Rüya Gibye

Et pour commencer, comme il n’y a pas de voitures de location ici, à Yatagan (les plus proches se trouvent quarante kilomètres plus loin, à Mugla), je n’ai pas vraiment le choix : je vais devoir retourner à Bodrum à vélo.

La campagne turque, pendant le chemin du retour

Je prends donc le même chemin qu’à l’aller et je repasse devant les mêmes paysages : des forêts verdoyantes, la mer d’un bleu intense…

Après les quelques dizaines de nuits que j’ai eu la chance de passer sous la tente au cours des dernières semaines, c’est maintenant l’heure de mon dernier bivouac.

Avec un dénivelé globalement descendant malgré quelques pentes raides, ma patte folle tiendra le coup jusqu’à Bodrum, d’où je quitterai la Turquie.


Le chemin du retour :

  • Traversée Bodrum (Turquie) – Île de Kos ( Grèce)

L’île de Kos


  • Traversée Kos – Athènes

Athènes


  • Traversée Patras (Grèce) – Ancône ( Italie), après la jonction Athènes – Patras en voiture de location

Ancône


  • Traversée Gênes (Italie) – Barcelone (Espagne), après la jonction Ancône – Gênes en voiture de location

De Gênes à Barcelone


  • Retour à Bordeaux en voiture

La dernière galère de mon périple, malgré une voiture de location neuve : crevaison à Tarrega !


Comme dans tous les pays précédents que j’ai traversés au cours de ce périple de la France à la Turquie, je n’ai pas rencontré le moindre problème de sécurité avec les automobilistes turcs. Je n’ai jamais vraiment croisé de chauffards. Il y a bien eu quelques bolides qui fonçaient sur les quatre-voies limitées à cent dix kilomètres heure, mais ils passaient toujours loin de moi et ne me mettaient donc jamais en danger. Sur les petites routes de campagne et de montagne ainsi que dans les villes et villages, les voitures faisaient là aussi toujours très attention à moi. D’après ce que j’en ai vu, les routes turques m’ont donc paru très sûres pour les cyclistes. Mais le pays est vaste : se comportent-ils aussi bien ailleurs ?…


Les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

L’un des principes de base d’Eurovélo, c’est de toujours prendre en compte la sécurité des usagers. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le réseau Eurovélo

La Turquie est très peu concernée par le réseau Eurovélo. Elle ne compte en effet que deux petites portions d’itinéraires sur son territoire : l’une est située dans la partie européenne du pays (au nord-ouest d’Istanbul), et l’autre se trouve autour d’Izmir. Lien vers le réseau Eurovélo en Turquie

Mais si j’évoque quand même ce vaste réseau cyclable ici, c’est parce que les nombreux itinéraires qu’il comporte à travers le continent peuvent s’avérer utiles pour pédaler jusqu’en Turquie, quel que soit le pays européen d’où l’on vient.


Il est facile de se rendre à Bodrum en bateau depuis la petite île grecque voisine de Kos puisque plusieurs compagnies assurent la traversée. On trouve donc normalement des ferries tous les jours.

Réserver un ferry Kos – Bodrum avec :

Prix : il varie selon la saison et la compagnie mais il tourne autour de 30 euros pour un piéton adulte. Le transport du vélo est gratuit (il serait néanmoins prudent de demander confirmation à l’achat du billet).

Durée : environ 30 minutes.

Attention : si en basse saison on peut en général acheter son billet au dernier moment, en haute saison il est préférable de réserver à l’avance.

Douane : cette traversée inclut un passage de frontière (Grèce – Turquie), ce qui signifie qu’il faut prévoir le temps de passage de la douane. Mais surtout, les voyageurs à vélo s’exposent à la confiscation des couteaux, cartouches de gaz etc. D’après ma propre expérience, les douaniers ne sont pas très regardants : à l’aller, ils m’ont laissé passer sans me contrôler et au retour, ils m’ont contrôlé mais sans rien confisquer. En revanche, lors d’une autre traversée (en Italie), on m’a confisqué toutes mes cartouches de gaz, donc c’est une situation rageante qui peut toujours se produire quand on passe une douane…


Si vous avez eu la chance de séjourner à Nisyros (lire l’article : Nisyros, la plus belle île de Grèce ?…), alors il vous faut faire au préalable la traversée entre Nisyros et Kos avant de rejoindre Bodrum :

Réserver un ferry Nisyros – Kos avec :

Prix : très variable, de moins de 10 euros à près de 20 euros pour un piéton selon la saison, la compagnie, le type de navire etc. Gratuité pour le vélo.

Durée : de 45 mn à 1h45, selon le type de navire.

Fréquence : en basse saison, il n’y a que deux traversées par semaine (à vérifier, cette fréquence pouvant changer).

Attention : en haute saison, il est plus prudent de réserver son billet à l’avance.




Les étapes précédentes :


La Grèce à vélo


Voici le récit détaillé d’un voyage en Grèce, septième étape d’une traversée de l’Europe à vélo. J’ai découvert une Grèce hors des sentiers battus, notamment dans les montagnes du nord, bien loin de la carte postale habituelle représentant des petites églises aux coupoles bleues qui se détachent sur une mer d’azur...

Mon premier bivouac en Grèce, quelques kilomètres après avoir passé la frontière albanaise, se fait en mode camouflage.

Ma tente en mode camouflage



Le lendemain de mon arrivée en Grèce, je rencontre une galère que je n’ai absolument pas anticipée : la soif. Comme tous les matins depuis quarante jours que j’ai quitté la France, je pense que je trouverai bien de l’eau en chemin. Mais au fil des heures, le soleil chauffe de plus en plus et le problème qui se pose, auquel je n’ai pas pensé un seul instant, c’est que mon itinéraire ne me fait pas traverser le moindre village. Car habituellement, je rencontre presque tous les jours des habitants qui acceptent gentiment de remplir mes gourdes, sinon, j’attends de trouver une fontaine sur mon chemin. Mais aujourd’hui, mes bidons sont vides et autour moi, rien ! Pas un village, pas un habitant, pas une fontaine, pas une épicerie. A moins de faire un gros détour, ce que je ne souhaite pas. Bref, je suis à sec.

Personne à des kilomètres à la ronde

Après un bon moment à rouler sans boire une goutte d’eau, une fourgonnette des services de l’autoroute voisine s’arrête à ma hauteur. Le conducteur, avec son gilet jaune de l’autoroute, me demande où je vais, persuadé que je veux emprunter l’autoroute alors que c’est interdit. C’est pourtant hors de question pour moi car l’un des objectifs de mon voyage, c’est justement de fuir les fous du volant, et non pas d’aller passer sous leurs roues. Mais il a du mal à me croire. Au fil de la discussion, je finis par lui demander où je peux acheter de l’eau. Nulle part, me répond-il car ici, on est loin de tout, il n’y a rien. Il retourne remonte brièvement dans sa voiture puis en redescend en me tendant deux petites bouteilles d’eau. Pour lui, ce n’est pas grand-chose mais pour moi, elles ont une valeur inestimable !

Le sauveur de l’autoroute !


Le nord du pays est très peu touristique, a fortiori à cette période de l’année, en avril. Pourtant, je suis étonné par les paysages que je traverse à longueur de journée car ils ne ressemblent en rien aux cartes postales habituelles de la Grèce, représentant la mer et le soleil en plein été. Ici, les paysages sont un mélange d’hiver et de printemps. Les champs sont entièrement recouverts de fleurs, il y en a partout, je n’en ai jamais vu autant. Elles tranchent avec les montagnes encore copieusement enneigées qui s’élèvent en arrière-plan. Mais plus je descends vers le sud, plus la neige disparaît.

Une petite fabricante de miel grecque

Je croise parfois une petite tortue sauvage, sur le bord de la route ou à côté de ma tente, tout juste sortie de son hibernation.

Cette nature sauvage et fleurie est agréable et très propice au bivouac. Pourtant, ce dernier est interdit en Grèce !

Recherche d’un spot de bivouac autour du lac Amvrakia

Si j’ai pris le parti de ne pas respecter cette interdiction, c’est pour plusieurs raisons. Déjà, quand je dors sous la tente, je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets. Ensuite, je bivouaque toujours discrètement, loin des habitations, afin de ne déranger personne. Enfin et surtout, je n’allume mon réchaud que lorsque la végétation est mouillée, ou lorsqu’il n’y en a pas du tout à proximité. Et en prime, quand il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose la tente, je les ramasse et je les emporte avec moi pour les jeter dans la première poubelle que je trouve après avoir levé le camp, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.

Bivouac dans les environs d’Etoliko

Alors bien sûr, ces précautions ne m’autorisent pas pour autant à bivouaquer dans ce pays et j’en suis bien conscient. Mais quitte à ne pas respecter la règlementation, autant le faire proprement et sans déranger personne.

Les lacs constituent souvent des sites parfaits pour poser la tente.

Pêcheurs, sur la rive du lac Amvrakia

Le lac Amvrakia

Non seulement ces paysages lacustres sont agréables mais en plus, le voyageur un peu cradingue peut en profiter pour faire un brin de toilette.

Sur la rive du lac Amvrakia

Après une pause agréable sur les berges du lac Amvrakia, je poursuis ma descente vers le sud. Par chance, l’itinéraire que me propose mon GPS vélo me fait emprunter des petits chemins isolés très agréables, parfois dans les terres, parfois en bord de mer.

Les champs d’orangers et de citronniers son désormais omniprésents dans cette partie du pays. Ils bordent la route sur des dizaines de kilomètres, en alternance avec les plantations d’oliviers.

Champ de fleurs et d’oliviers

Je réalise la chance folle que j’ai de vivre des moments si grisants sur mon vélo, face à ces panoramas naturels bruts.

Au fond, quelques cimes encore enneigées surplombent la mer


Pour rejoindre Athènes, je décide de transiter par Corinthe : ce sera ma dernière étape avant le terminus de mon périple.

Le canal de Corinthe

Cette ville est connue notamment pour son fameux canal, qui relie la mer Ionienne à la mer Égée. Long de six kilomètres, il permet aux navires d’éviter un détour de quatre cents kilomètres tout autour du Péloponnèse.

C’est lorsque de gros navires l’empruntent qu’il devient spectaculaire car leur coque frôle les parois. C’est le spectacle auquel je veux assister. Je rejoins donc l’un des ponts qui franchissent le canal. Trois heures plus tard, toujours rien : pas le moindre rafiot à l’horizon. La nuit commence à tomber quand enfin, j’entends ronronner un moteur de bateau. Ce n’est pas le monstre des mers que j’espérais, mais c’est mieux que rien.

Un petit bateau franchit le canal

Le canal de Corinthe en quelques chiffres :

- 6 km de long

- 25 m de large

- 52 m de hauteur maximale

- 8 m de profondeur

Le soleil se couche sur le canal


Depuis Corinthe, je n’ai plus que soixante-dix kilomètres à pédaler jusqu’à la destination finale de mon périple : Athènes. Totalement euphorique pour avoir réussi à faire ce long périple à la force des mollets, j’y arrive en quelques coups de pédales.

Bilan : Nice - Athènes à vélo

- 3.000 km parcourus

- 26.000 m de dénivelé positif

- 50 jours

- 8 kg perdus !

Là, une semaine de pause m’attend avec ma petite femme, venue spécialement de France. Après l’effort, le réconfort…

Athènes
Le temple de Poséidon, Cap Sounion
Depuis le temple de Poséidon

Après deux mois de pédalage en solitaire, cette semaine de retrouvailles me fait un bien fou. C’est la belle vie pendant une semaine dans un joli petit coin de Grèce, à 70 kilomètres de la capitale.

Mais comme toujours, les vacances ont une fin. Mon périple a été si exaltant que juste avant d’arriver à Athènes, j’ai décidé de ne pas faire demi-tour tout de suite : je vais continuer à rouler un peu, vers la Turquie en l’occurrence puisqu’elle est située juste derrière. Ainsi, pendant que ma femme rentre en France, je reprends le cours de mon périple, mais en le prolongeant jusqu’à ce nouvel objectif : la Turquie. Et pour y aller, j’ai décidé de transiter par une toute petite île grecque méconnue et, paraît-il, somptueuse : Nisyros.


Une ruelle de Mandraki

Il est calme et la plupart de ses ruelles sont trop étroites pour permettre aux voitures d’y accéder. Ce qui laisse une voie royale aux vélos comme le mien…

Une ruelle de Mandraki

Après avoir flâné là un bon moment, je me dirige vers le haut de la colline qui surplombe le village. C’est là que se trouvent les ruines de la ville ancienne de Nisyros, à l’époque où elle était fortifiée. Le site offre une vue d’ensemble sur le village actuel en contrebas, sur la mer et sur les îles voisines.

Mandraki : le village actuel vu depuis le village ancien.

Mais la principale raison de ma venue sur Nisyros, c’est son volcan. Il est situé à l’intérieur de l’île et pour le rejoindre, il faut grimper des côtes très pentues. Sur ma route, je passe d’abord par un autre village, Pali. Il est situé sur la côte.

L’église de Pali

Il s’agit d’un petit village de pêcheurs où le temps s’écoule paisiblement. Sur le quai, je rencontre Mohamed. Il démêle ses filets de pêche. Curieux de croiser un type qui pédale comme un forcené pour avancer sous ce cagnard, il m’invite à monter à bord pour discuter.

Les échanges ne sont pas faciles car il ne parle que grec et moi pas, mais il est agréable et souriant. Il exhibe fièrement devant mon appareil photo sa pêche du jour : deux belles raies et quelques poissons aux couleurs vives.

Mohamed

Avant de bifurquer vers l’intérieur de l’île et son fameux volcan, je longe de longues plages entièrement désertes. Avec leur sable noir, elle ne peuvent nier leurs origines volcaniques.

Les plages à la sortie de Pali

Un peu plus tôt, on m’a expliqué que nombre de migrants qui fuient leur pays, notamment des afghans et des syriens, transitent régulièrement par Nisyros et que souvent, on retrouve leurs effets personnels sur ces plages. Pour moi, cela ne va pas rater : un anorak, une bouée et divers autres témoignages de leur histoire dramatique gisent ici, sur les galets.

Je remonte sur mon vélo en tournant désormais le dos à la mer mais avant de rejoindre le volcan, il y a un dernier site que je voudrais découvrir : le village de Nikia.

Sur les hauteurs de l’île

Pour m’y rendre, je dois faire un petit détour en montant les côtes très raides de l’intérieur de l’île, avec des pentes affichant des pourcentages entre 10 et 15%. Ce ne sont pas mes pires ascensions depuis le début du périple puisque j’ai déjà atteint trois fois la barre folle des 20% mais il faut savoir qu’à partir de 10% de pente, le pédalage en côte devient vraiment difficile avec un vélo de cinquante-quatre kilos.

Mon vélo admire la vue

Avec ce soleil qui tabasse, j’en bave un peu mais heureusement, les vues plongeantes sur la mer constituent ma récompense.

La vue depuis les montagnes

Sur la route de Nikia, je passe devant un premier village perché : Emporios. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants.

Emporios

Peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui fait office de sauna naturel pour les visiteurs, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de Nisyros. En effet, si tout semble normal sur cette île, il se trouve qu’en réalité, rien ne l’est ! Son existence même n’est que le fruit d’une succession d’éruptions volcaniques au fil des millénaires. Actuellement, son sous-sol est encore et toujours bouillant.

Quand j’arrive à Nikia, en haut des montagnes qui dominent la mer, j’ai un véritable coup de foudre.

Nikia

Les minuscules ruelles du village, désertes et colorées, dégagent une indescriptible impression de poésie. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà ressenti pareille sensation.

Une ruelle de Nikia

Elles sont pleines de charme et aucune voiture ne peut les emprunter : seul un vélo peut s’y aventurer tellement elles sont étroites. Et encore…

Dans cette petite bourgade, le clou du spectacle, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays. Impossible de la photographier en entier car elle est en partie occupée par des tables de restaurants, je ne l’immortalise donc qu’à moitié. J’en profite pour m’attabler là afin de m’empiffrer de salades grecques et de boissons fraîches.

Nikia et sa fameuse mosaïque de cailloux au sol

Après avoir pédalé jusqu’ici uniquement dans des montées, l’avantage, c’est que pour rejoindre le volcan en contrebas, il ne me reste plus qu’à redescendre. Idéal pour la digestion.


Quand j’y arrive en fin d’après-midi, il est déjà assez tard : le guichet d’entrée est fermé et le passage est libre. Sur le parking, il n’y a plus qu’une seule voiture. C’est celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Il m’indique que l’entrée est gratuite pour tous ceux qui arrivent ici à pied… ou à vélo ! Mon deux-roues n’ayant pas pollué, je peux entrer gratuitement.

Le cratère Stefanos

Ce volcan est le plus jeune de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située juste en dessous a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.

Au début du petit chemin qui mène tout au fond du cratère, un panneau rappelle que le site est potentiellement dangereux.

Pendant la descente, je savoure le privilège que j’ai de me retrouver entièrement seul sur ce site naturel d’exception.

Le cratère Stephanos, vide de touristes…

Dans ce cratère, les couleurs explosent. Certaines parties des parois ont été jaunies par les dépôts de soufre, alors que d’autres parties ont été rougies par l’oxydation de certaines roches.

Juste avant d’arriver dans le cratère principal, je passe devant Andreas, un cratère beaucoup plus petit.

Andreas, également appelé Mikros Stefanos (le petit Stéphane)

Un peu plus loin arrive le moment que j’attends, celui où je peux enfin fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.

Au fond du cratère

Ici, la terre chauffe, bouillonne, fume et brûle ! L’eau bout en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.

Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante

Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel.

Les fumerolles au fond du cratère

Pour les photos, j’ai de la chance : c’est la fin d’après-midi et le soleil, en déclinant, enrobe le volcan de sa lumière chaude et photogénique.

Les parois soufrées du cratère

Mais le soleil va bientôt se cacher derrière les parois de la caldeira et plonger le volcan dans la pénombre. Je me résous donc à quitter ce lieu magique, sans doute le plus incroyable depuis le début de mon périple, car maintenant il va bien falloir penser à dormir.

Au fond de la caldeira

Et pour ça, mon idée, c’est de trouver un spot de bivouac discret le plus près possible du site. J’en dégote un assez rapidement et je pose ma tente face au volcan : ce soir, je mangerai en admirant les cratères.

Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère

La journée du lendemain commence comme celle de la veille s’est terminée : par la vue sur les cratères et les parois de la caldeira.

Lever de soleil face au volcan

Aujourd’hui, je vais essayer de découvrir les quatre autres cratères. Essayer, car ils sont plus ou moins bien cachés et pas indiqués.

Une fois le camp levé, je reprends mon vélo en direction du volcan.

Lorsque le chemin devient impraticable pour mon vélo, je l’abandonne sur le bord pour continuer à pied. Personne ne viendra ici pour me le prendre, surtout que tout le monde est arrivé ici en voiture. Alors repartir sur un vélo tout poussiéreux et qui pèse un âne mort, c’est peu probable…

Le petit chemin qui mène à Polyvotis

Tout au bout du sentier, je débouche sur le cratère Megalos Polyvotis. Avec sa profusion de couleurs, on dirait un tableau de maître : les parois du cratère sont jaunes, celles de la caldeira qui le surplombe sont ocres. Quelques tâches verdâtres de végétation et un ciel profondément bleu complètent le paysage.

Le cratère Megalos Polyvotis

Il n’est pas possible de descendre au fond. Le lieu dégage une impression de gigantisme face auquel je me sens minuscule.

Descente à pied vers Megalos Polyvotis

Son petit voisin, Mikros Polyvotis, est moins impressionnant mais dans celui-là, je peux descendre au fond et me balader au milieu de quelques fumerolles.

Le cratère Mikros Polyvotis

Après les deux cratères Stefanos hier, le grand et le petit, et les deux cratères Polyvotis ce matin, il ne me reste plus que les deux derniers cratères du volcan à découvrir : Alexandre et Logothetis. Mais ils ne sont indiqués nulle part. Je me dirige donc vers ce qui me semble être les parois d’un cratère.

Direction les deux derniers cratères

Je passe d’abord devant une multitude de petites bouches de souffre fumantes.

Depuis cet endroit, je domine la plaine de Lakki, le fond plat de la caldeira, avec une vue à 180°.

Sitôt passée cette zone fumante de souffre, je me retrouve sur la paroi du cratère, nue. Là, tout de suite, mes pas résonnent. Je frappe le sol du pied pour vérifier et aussitôt, il tremblote. Ce qui signifie que sous mes pieds, le sol est creux et pas forcément très solide ! Au vu des fumerolles présentes tout autour, je sais pertinemment qu’en dessous de moi, le sous-sol atteint des températures bouillantes. Ne m’appelant pas Mike Horn, je fais immédiatement demi-tour.

Je ne pourrai donc pas observer de plus près les deux derniers cratères mais tant pis, ce n’est pas bien grave car j’en ai déjà pris plein les yeux avec les quatre autres. Je redescends tranquillement au milieu des éboulis de pierres colorées.

Depuis hier, je suis fasciné par ce site qui est une démonstration de ce que peuvent faire les forces de la nature lorsqu’elles se déchaînent. Je passe donc le reste de la journée à errer à vélo au fond de cette caldeira où je me plais tant. Le soir venu, je pose ma tente à l’opposé du volcan, dans un petit champ ou paissent quelques vaches.

Dernier bivouac dans la caldeira

Elles ont beau être pacifiques, cela ne les empêchera pas de transpercer la nuit par quelques beuglements. Au réveil, je reprends ma route, qui commence par la montée des parois de la caldeira.

Vue sur le fond de la caldeira avec le volcan en arrière-plan

Tout en pédalant, je surveille les chèvres qui se baladent telles des équilibristes sur les parois abruptes de la caldeira au-dessus de ma tête, car elles projettent régulièrement des cailloux sur ma route.

Mais le pire, ce sont les chutes de pierres, qui sont fréquentes par ici et si les plus petites parviennent souvent à atteindre le bitume, les plus grosses, heureusement, sont bloquées par des protections.

Chutes de pierres

Pour redescendre vers Mandraki, le principal village de Nisyros, je traverse à nouveau les paysages typiques de l’île, qui plongent inlassablement dans la Grande Bleue.


Mon dernier objectif sur cette île qui ne cesse de m’enchanter depuis que j’ai posé les pieds dessus, c’est de photographier Mandraki sous la belle lumière du crépuscule, car ce petit village m’avait paru photogénique le jour de mon arrivée. Je me rends donc au petit monastère Panagia Spiliani qui domine le village.

Avec le pope
Le monastère Panagia Spiliani

Je profite du soleil rougeoyant puis de la nuit qui tombe pour faire les images pour lesquelles je suis monté jusqu’ici.

Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki

C’était mon dernier jour sur Nisyros. Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan coloré, cette petite île au côté enchanteur m’aura marqué. Après la petite île croate de Pag et l’Albanie tout entière, Nisyros constitue le troisième gros coup de cœur de mon périple.

J’en ai fini maintenant avec la Grèce. Demain, je prendrai un bateau pour la Turquie, où rien ne se passera comme prévu. Hélas…


Encore quelques images de la Grèce avant les infos pratiques…


Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, les visiteurs se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ. En effet, la plupart d’entre eux viennent à la journée seulement, en provenance des îles voisines de Kos et Rhodes.

Idéalement, il faut donc se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :

  • Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;

  • Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.

Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.

Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).


L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).

Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !


  • Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.

  • L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.


  • Il y a un parking pour garer la voiture

  • Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).


Elle coûte 40 euros par adulte et 20 euros par enfant (2 à 12 ans) : excursion Nisyros depuis Kos.

Cette excursion inclut une brève visite du village de Mandraki.

Le prix d’entrée dans le volcan (5 euros), le repas du midi et les boissons ne sont pas inclus.


Si vous êtes curieux, voici un site Internet à ne pas rater : le site géoparc de Nisyros.

Tout y est : carte interactive, cratères, chemins de randos, biodiversité, mais également l’histoire de l’île et de ses habitants…


  • En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.

La vue depuis le Romantzo Hotel
La terrasse des chambres

Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.


Je dois commencer par préciser que la Trans-Dinarica… ne passe pas par la Grèce ! Elle traverse les pays des Balkans situés juste au-dessus de la Grèce mais si je l’évoque quand même dans cet article, c’est parce que les cyclo-voyageurs se rendant en Grèce transitent le plus souvent par les Balkans. Alors, si les infos suivantes peuvent vous aider à trouver un bel itinéraire…

La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans-Dinarica en Croatie

Il passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Bivouac sur le parcours de la Trans-Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre le sens de l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans-Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans-Dinarica mais sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)

La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans-Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit de se connecter au site officiel : Trans-Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est exceptionnel.

On peut se procurer le pack pour les huit pays à un tarif avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans-Dinarica.

L’itinéraire de la Trans-Dinarica (Croatie)

Remarque : aucun lien de ce blog n’est sponsorisé, je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Sur le parcours de la Trans-Dinarica (Croatie)

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂




Les étapes précédentes :


L’étape suivante, suite et fin du périple :


L’Albanie à vélo

Voyageur à vélo dans un paysage de montagnes enneigées et d'arbres fleuris

Voici le récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde, sixième étape d’un périple à vélo à travers l’Europe.

Dans ce petit pays des Balkans, j’ai traversé des paysages à couper le souffle, que ce soit le long du littoral ou au cœur des montagnes. Mais en plus de sa nature, l’Albanie compte un autre joyau : la générosité sans faille de ses habitants, qui savent accueillir les voyageurs avec un sens aigu de l’hospitalité.

En fin d’article, retrouvez toutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.



Mes premiers pas en Albanie, ou plutôt mes premiers tours de roues, se font sous une pluie fine mais peu mouillante.

La première particularité qui me saute aux yeux, c’est que les nombreuses églises qui ont jalonné mon chemin dans les pays chrétiens que j’ai traversés précédemment, font place ici à des mosquées.

Ma première mosquée albanaise

Mais je suis arrivé tard dans le pays et il me faut déjà trouver un spot de bivouac car la nuit va bientôt me tomber dessus.

Je dégote un petit chemin montant accessible depuis la route. Je m’y engouffre en poussant mon vélo jusqu’en haut. Là, je surplombe la vallée, au fond de laquelle sont éparpillées quelques fermes, villages et mosquées. Le paysage est cerné par les montagnes.

Premier bivouac en Albanie

La nuit a été hachée à tour de rôle par le crépitement de la pluie sur ma toile de tente, et par les appels des muezzins à la prière, en provenance des différentes mosquées éparpillées dans la vallée en contrebas de mon bivouac. Cette double sensation, de vivre en pleine nature et de dépaysement inhérent au voyage, c’est tout ce que j’aime. Alors si la nuit n’a pas été très reposante, elle m’a quand même régalé.

La mosquée de Fierza

Pour ma deuxième journée dans le pays, je demande aux premières personnes que je rencontre comment on dit bonjour en albanais. Et chaque fois, je suis sidéré car au lieu de recevoir une réponse simple, ma question fait naître des débats entre eux. Comment est-il possible de ne pas savoir dire bonjour dans sa propre langue ? Je ne me l’explique pas. Mirmengjesi, pershendetya, nyetnyetta, les réponses sont aussi variées qu’imprononçables. J’opte temporairement pour la dernière solution, nyetnyetta, qui signifie bonjour dans une sorte de patois local, si j’ai bien compris, que tous les albanais parlent ici, dans le nord du pays. Lorsque je descendrai vers le sud, il sera toujours temps pour moi d’apprendre un nouveau mot de vingt-cinq lettres pour dire bonjour en albanais.

La rivière Drin

De rencontre en rencontre, ce qui me frappe, c’est que les gens avec qui je discute au fil de la route sont tous extrêmement gentils, souriants et bienveillants avec moi. Moi qui aime tant discuter avec les habitants en voyage, je sens que ce pays va me plaire…

Ce monsieur sorti de nulle part m’offre une petite bouteille d’eau.


Si je suis venu dans le nord du pays, c’est pour découvrir la rivière Drin, qui serpente entre les montagnes. Elle se caractérise par une couleur vert-émeraude très vive.

La rivière Drin

La rivière Drin

Par ici, la route est en travaux. De nombreux engins de chantiers cassent littéralement la montagne pour l’élargir et la sécuriser. A l’heure de la pause déjeuner, je croise une équipe d’ouvriers qui va manger. L’un d’entre eux, que j’ai juste salué en passant, m’offre directement un verre. C’est ma première prise de contact avec l’hospitalité albanaise, qui va me marquer profondément tout au long de ma traversée du pays.

Le soir, j’arrive à Koman. Du haut de ses deux cents habitants, le village est minuscule, bien plus que je ne l’imaginais. Je passe la nuit dans un petit hôtel sympa mais miteux, en dormant dans mon sac à viande car les draps ont l’air sales : je ne suis visiblement pas le premier à dormir dedans, et sans doute pas le dernier non plus…

Départ de la croisière sur la Drin River

Je suis venu à Koman car je veux naviguer jusqu’à Fierza sur la rivière Drin.

Croisière sur la rivière Drin

Nous sommes en basse saison et à cette époque de l’année, il n’y a qu’un seul aller – retour par jour. Il s’agit d’une petite navette fluviale, une sorte de bateau-bus, qui permet de relier les minuscules villages de la région. Il n’y a donc que des locaux à bord, je suis le seul touriste.

Kula, un passager albanais, va débarquer

Le coin est aussi joli que reculé.

Le temps est couvert et durant les deux heures et demie de traversée, je me précipite sur mon appareil photo dès que le soleil réussit à transpercer les nuages, ce qui est assez rare dans l’ensemble.

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Jelosh, le capitaine du bateau

Cette petite croisière est régulièrement élue par différents médias du monde entier, généralistes ou spécialisés dans le voyage, comme l’une des plus belles d’Europe. Et l’avantage par rapport à celles des fjords norvégiens auxquelles elle est souvent comparée, c’est qu’ici, il n’y a pas foule.

La rivière Drin

Deux heures et demie de navigation plus tard, le petit bateau accoste à Fierza. Il me reste une cinquantaine de kilomètres de vélo jusqu’à l’étape suivante, Valbona. Mais encore une fois, c’est devenu une habitude depuis le début de mon périple, la météo s’annonce abominable sur mon itinéraire : on y attend des chutes de neige qui dureront au moins trois jours sans discontinuer, avec des températures de -9° C !

Les environs de Fierza

Je décide de faire demi-tour.

Le bateau du retour amarré à Fierza, au petit matin


Du début à la fin de ma traversée de l’Albanie, je croise régulièrement des bergers.

Ghezim, un berger, au milieu de ses brebis

Et avec eux, le courant passe toujours incroyablement bien.

Paolo fait redescendre son troupeau de la montagne

Au début, j’étais étonné chaque fois que j’en apercevais un, au loin, tout seul dans son champ, fixant son troupeau en restant immobile comme une statue.

Discussion pastorale en vue…

Et puis lorsque j’ai commencé à m’approcher et à discuter avec eux, je me suis vite rendu compte qu’ils aimaient le contact.

Un berger jovial avec qui je partagerai de grands éclats de rire

Leur solitude les pousse à discuter chaleureusement dès qu’on leur dit nyetnyetta (bonjour).

Les bergers m’accueillent toujours à bras ouverts…

Ils sont toujours amicaux, ouverts, souriants et rigolards, mais aussi bruts de décoffrage et sincères, et c’est cette authenticité que j’aime chez eux.

Avec Ghezim

Avant de les connaître, je pensais que leur solitude leur pesait obligatoirement. C’est peut-être un peu vrai mais en tout cas, je sais maintenant qu’ils se sentent bien dans leurs montagnes, lesquelles au passage sont magnifiques, accompagnés de leurs animaux dont ils prennent tant soin.


Depuis mon demi-tour à Fierza, je poursuis ma route vers le sud, qui passe désormais en partie par la côte. Le littoral albanais est globalement joli mais je n’aime pas le bétonnage abusif dont il est victime. Les cités balnéaires ont une architecture hétéroclite et désordonnée qui ne me plaît pas du tout, je ne leur trouve absolument aucun charme.

La plage à Durrës

Quand j’arrive dans la capitale albanaise, Tirana, je suis K-O debout. Après un gros mois passé jour et nuit dans le calme et la douceur de la nature au fil des pays traversés, me retrouver subitement à rouler dans cette fourmilière bruyante de voitures qui foncent dans tous les sens me donne un peu le tournis.

Immeuble avec la forme de la tête de Skanderbeg, héros national qui résista à l’Empire Ottoman

Ainsi, à peine arrivé, je sais déjà que je ne vais pas y rester bien longtemps. Je la visite brièvement avant de retourner rapidement dans les jolies montagnes de ce pays, où je me suis senti si bien jusqu’ici.

La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de Namazgâh


L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’accueil important, notamment les albanais. Espérant en bénéficier moi aussi au cours de mon périple, je voulais pouvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide à un moment ou à un autre de mon voyage, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.

J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.

Et je dois bien dire aujourd’hui qu’en Albanie, j’ai été impressionné au quotidien par l’incroyable sens de l’hospitalité des habitants. Pas un jour ne s’est écoulé sans qu’ils aient fait preuve à mon égard d’une générosité d’autant plus étonnante qu’ils ne me m’avaient jamais vu. Voici en vrac quelques exemples d’anecdotes vécues sur le bord de la route.

Un jour, alors que je suis en train de prendre en photo les montagnes enneigées au loin, une vieille voiture s’arrête à côté de moi. Son conducteur en descend, il m’offre une canette de boisson énergisante, il s’excuse de devoir repartir rapidement car il est pressé, il remonte dans sa voiture et démarre. En m’apercevant, il n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter et de m’offrir ce qui lui tombait sous la main alors que pour lui, je n’étais qu’un illustre inconnu.

C’est sur cette petite route qu’un automobiliste m’offre de manière inattendue un soda

Un autre jour, à Koman, je m’arrête devant un restaurant qui semble fermé. Je demande à la gérante si je peux prendre le petit déjeuner, elle me répond que non, son resto est fermé et il n’ouvrira que dans quelques jours, pour Pâques. Je la remercie, je retourne à mon vélo et au moment de repartir, elle déboule dans mon dos pour m’offrir une part du gâteau encore tiède qu’elle vient tout juste de préparer.

Une inconnue m’offre une part de gâteau.

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, je m’arrête dans une minuscule épicerie pour acheter de quoi manger. Après avoir payé, le patron m’offre un café et une petite bouteille d’eau pour la route.

Une demi-heure plus tôt, j’avais rencontré Emiliano, qui s’affairait dans son jardin. A peine lui avais-je dit bonjour qu’il se précipitait dans sa maison. Il en ressortait un instant plus tard avec trois canettes de sodas, qu’il m’offrait !

Emiliano

Une autre fois, un habitant m’interpelle quand je passe à sa hauteur. Il parle français car, ancien migrant, il a passé cinq ans en France, dont deux en centre de rétention. Il a une petite dent contre les français, qui prennent tous les albanais pour des voleurs me dit-il, et pourtant il m’offre généreusement… un coup de gnôle ! Faite maison, elle s’avère un délice…

Dans un autre village, je m’arrête dans une petite cahute sur le bord de la route pour acheter deux oranges. Malgré mon insistance, le commerçant refuse que je les lui paye. Le temps de retourner à mon vélo pour extirper de mes sacoches une petite tour Eiffel couleur Schtroumph, il arrive sur mes talons pour m’offrir deux pommes, en plus des deux oranges !

Encore un albanais au sens de l’hospitalité démesuré

Et pour couronner le tout, je me retrouve tous les soirs à bivouaquer dans la somptueuse nature albanaise, où je peux déguster tranquillement ce que m’offrent les habitants à longueur de journée.


Quand on arpente l’Albanie à vélo, une chose saute aux yeux : la saleté le long des routes. Les gens jettent tout par la fenêtre de leur voiture et cela s’accumule par terre.

Aucun nettoyage ne semble avoir lieu. Cette situation aberrante existe aussi dans les autres pays des Balkans que j’ai traversés, mais dans une moindre mesure. L’Albanie est le gros coup de cœur de mon périple mais je dois bien avouer que la saleté des routes est le gros point noir de ce si beau pays.

Amas exceptionnel d’ordures

Heureusement, la nature albanaise reste globalement somptueuse et tout au long de ma traversée du pays à la force des mollets, je dégote régulièrement des spots de bivouac enchanteurs, perdus en pleine nature dans des endroits où rien ne traîne par terre.

Le bivouac quotidien


Quand on traverse l’Albanie, il y a une curiosité que l’on remarque très vite : la multitude de petits bunkers qui sont éparpillés un peu partout dans le paysage.

Ils ont été construits dans les années 1970-1980 par le dictateur paranoïaque d’alors, Enver Hoxha. Évidemment, ils n’ont jamais vraiment servi. Aujourd’hui, ils font partie du paysage.


L’un des 600.000 petits bunkers albanais qui jalonnent le paysage

Le sud du pays est traversé par la Vjosa (prononcez Viossa) : cette superbe rivière est considérée comme la dernière rivière entièrement sauvage d’Europe (hors Russie occidentale).

Longer ce cours d’eau à vélo procure un plaisir indescriptible pour qui aime la nature.

La rivière Vjosa

Il n’est pas trop difficile de trouver des spots de bivouac sur la berge, en pleine nature, loin des habitations.

Ma petite tente face à la Vjosa
Mon spot de bivouac, sur les berges de la rivière Vjosa

Au-delà de la Vjosa, c’est toute la région qui est sauvage et nature. Quelques vieux ponts, suspendus et rouillés, jalonnent le cours de la rivière et permettent de la traverser.

Le pont suspendu de Tepelenë

Un habitant croisé sur le bord de la route me dira fièrement les seuls mots qu’il connaît dans la langue de Molière : « je t’aime » !

Les montagnes en face de ma tente

Dans le sud du pays, plusieurs albanais m’ont conseillé d’aller faire un tour à Përmet et ses environs. Avec ses huit mille habitants, ce petit village est situé sur la Vjosa.

La Vjosa

J’arrive à Permët par l’un de ces vieux ponts rouillés qui enjambent la Vjosa, et dont la solidité n’est pas la première chose qui saute aux yeux.

L’arrivée à Përmet

Pourtant, il a de la gueule avec toutes ces fleurs qui poussent juste à côté, cette rivière verte qui coule en dessous, et ces sommets encore enneigés en arrière-plan. On dirait un pont du bout du monde.

Le vieux pont rouillé de Përmet

Mais ce sont surtout les environs de Përmet qui m’attirent, et notamment un vieux pont ottoman situé à une quinzaine de kilomètres. Pour y aller, je dois longer la Vjosa dont les couleurs naviguent du bleu turquoise au vert émeraude. Elle s’écoule aux pieds de montagnes dont les pentes sont fleuries et les cimes enneigées. Ma route est déserte et c’est tellement grisant de se sentir si seul au monde, dans ce décor majestueux.

Le paysage de bord de route

J’arrive assez vite au fameux pont ottoman, le pont de Katiut. Il s’agit d’une vieille arche en pierres relativement bien conservée, construite par les ottomans au XVIIe siècle.

Le vieux pont ottoman de Katiut

Cerné par les montagnes, il enjambe la rivière Lengarica.

Mais ce joli site très nature est surtout connu pour ses sources thermales aux vertus thérapeutiques réputées. Les gens viennent se délasser et se soigner ici depuis l’Antiquité.

Une petite cascade aux pieds du pont ottoman

Pour rejoindre le principal bassin thermal, il suffit de traverser le pont puis de marcher une cinquantaine de mètres. La température de l’eau est de trente degrés y compris quand il neige, voire plus selon la saison.

Le principal bassin thermal, à proximité de Permët et Bënjë

En se délassant dans cette eau délicieusement tiède, on a une vue imprenable sur le pont d’un côté et les montagnes enneigées de l’autre.

La vue depuis le pont

Le site n’est pas très grand mais le bel écrin naturel dans lequel il est posé le rend particulièrement attrayant. Nous ne sommes que début avril mais il commence déjà à y avoir un peu de monde. L’été, le site, victime de son succès, est paraît-il pris d’assaut.

Le pont de Katiut dans son cadre naturel

Moi qui avais hésité ce matin à faire le petit détour nécessaire pour venir jusqu’ici, je ne regrette vraiment pas d’avoir pédalé ces quelques kilomètres supplémentaires malgré les montées. C’est l’un de mes plus gros coups de cœur depuis le début de mon périple.

La route du pont de Katiut

Je reprends mon chemin sur une petite route où presque aucune voiture ne passe. Seul avec mon vélo, je traverse des paysages où les arbres en pleine floraison font face aux dernières neiges qui habillent encore le sommet des montagnes. Plus pour très longtemps.

Mon itinéraire rejoignant rapidement le cours de la Vjosa, je continue à en prendre plein les yeux.

La Vjosa aux pieds des montagnes

A chaque méandre de la rivière, les paysages changent : des montagnes, des forêts, des champs de fleurs… Je comprends mieux pourquoi ce cours d’eau est réputé être la dernière rivière sauvage d’Europe.

La Vjosa

Rouler à vélo dans de tels paysages procure un sentiment de liberté très fort, bien plus que je ne l’aurais imaginé. Mais les plus belles choses ont une fin et à l’approche de la Grèce, le cours de la Vjosa s’éloigne petit à petit.

A l’heure du bilan, je dois bien dire que l’Albanie m’a profondément marqué. Je me sens même un peu sous le choc de quitter ce pays où la nature est si belle, et dont le peuple est si attachant, si généreux. Mais maintenant, c’est l’heure de découvrir un nouveau pays : la Grèce…

Mirupovshim Shqipëria (au revoir l’Albanie)


Encore quelques photos de l’Albanie à vélo avant les infos pratiques…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Pour les cyclistes qui recherchent une sécurité optimale sur la route, l’Albanie est un petit paradis. En effet, les automobilistes sont si respectueux des cyclistes qu’ils les doublent systématiquement en roulant sur la voie de gauche, y compris quand une voiture arrive en face d’eux ! J’ai pu le constater dès que j’ai passé la frontière depuis le Monténégro, puis quotidiennement pendant les onze jours que j’ai passés en Albanie.

A plusieurs reprises, j’ai carrément eu peur pour ces automobilistes car ils me doublaient sur la file de gauche alors qu’une voiture arrivait en face. Mais ceux qui arrivaient en face justement, fonctionnent de la même manière et ce sont donc eux qui se poussaient sur l’extrême bord de la route, parfois au ras du fossé, pour laisser passer la voiture en train de me doubler. Parfois ils se frôlaient, parfois ils devaient piler tous les deux pour ne pas se rentrer dedans, mais toujours ils passaient vraiment au large de moi, tout à gauche, donc.

Dans les pays que j’avais traversés précédemment (un peu en Italie et au Monténégro mais surtout en Croatie, et plus encore en Bosnie-Herzégovine), les voitures attendaient brièvement derrière moi lorsqu’une voiture arrivait en face, avant de me doubler. En Albanie, c’est différent : ils ne ralentissent pas, ils n’attendent pas derrière les cyclistes, ils passent, avec une grande marge de sécurité puisqu’ils doublent toujours sur la file de gauche et si quelqu’un arrive en face, c’est lui qui se pousse !

Je ne me suis donc absolument jamais senti en danger sur les routes albanaises. Le seul bémol concerne la capitale, Tirana, où quelques automobilistes pressés d’aller travailler à l’heure de pointe ont parfois un peu forcé le passage, mais sans jamais que je ne me sente vraiment en danger. Il me suffisait de les laisser passer dans les bouchons tiranais.

Petite queue de poisson à Tirana

En conclusion, les seules fois où j’ai eu peur sur les routes albanaises, c’était pour les automobilistes eux-mêmes, lorsqu’ils étaient à deux doigts de se percuter parce que l’un d’eux me doublait trop largement. Et pour tout dire, c’est anecdotique mais je me sentais tellement en sécurité que c’est dans ce pays que j’ai définitivement enlevé mon casque.


J’ai dormi au Ramis Hotel & Outdoor Sports Center. C’est l’un des hôtels les moins chers de Përmet, il est propre, le confort est correct, les propriétaires sont accueillants et le petit déjeuner est copieux.

En plus de la partie hôtelière, l’établissement propose diverses activités, notamment la location de vélos et surtout, des sorties rafting sur la magnifique Vjosa. C’est l’un des fils des propriétaires qui assure l’encadrement de ces activités.

Pour d’autres possibilités d’hébergement : voir tous les hôtels de Përmet.


La Vjosa est un petit paradis naturel dans lequel de nombreuses activités sont possibles : le rafting est la plus prisée, mais on peut également descendre la rivière en bouée, faire des randonnées, du vélo (y compris électrique), du quad, de l’équitation

Pour réserver ces activités, il y a plusieurs possibilités :

  • Demander des infos à votre hôtel, qui vous guidera ou, dans certains cas, qui vous proposera lui-même ses propres activités.

  • Réserver des activités clé en main, via des plateformes connues : GetYourGuide par exemple, propose une gamme d’activités très variée.


La Vjosa





Les étapes suivantes :


Le Monténégro à vélo





Après les deux semaines de pluies diluviennes qui ont émaillé mon périple, notamment en Bosnie-Herzégovine, je quitte ce pays et son humidité par une petite frontière située au cœur des montagnes. Sitôt la bascule faite, je me retrouve à dévaler mes premières pentes monténégrines sous un soleil éclatant. La grisaille ambiante bosnienne, omniprésente pendant ces derniers jours, laisse ici la place au beau temps et à la floraison des champs. En quelques centaines de mètres à peine, je suis passé de l’hiver pluvieux à un printemps radieux. Le contraste est incroyable. Désormais, c’est un autre voyage qui commence pour moi et la conséquence immédiate, c’est qu’après ces quinze jours de pluie quasi ininterrompue, mon moral se regonfle à bloc d’un seul coup.

L’entrée des bouches de Kotor


L’un des objectifs de ce périple, c’était de fuir au maximum les villes et les sites les plus fréquentés pour me balader dans des endroits peu touristiques et reculés. C’est pour cette raison que j’avais exclu de mon itinéraire la perle du Monténégro : la sur-fréquentée baie de Kotor.

Notre-Dame-des-Anges, baie de Kotor

Mais le temps était catastrophique en Bosnie-Herzégovine, à tel point que j’ai dû finir par adapter mon itinéraire à la météo : au lieu d’arriver au Monténégro par les montagnes du nord sous le déluge annoncé, j’ai décidé de passer par la côte sud-ouest du pays, où les prévisions météo étaient plus clémentes. Exactement là où se situent ces fameuses bouches de Kotor.

Le site est constitué de montagnes abruptes qui plongent dans la mer. A leurs pieds est située une petite ville fortifiée : Kotor. ne vaste partie de la baie est classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.

Les touristes affluent ici à peu près toute l’année mais j’ai la chance d’y être en plein mois de mars, c’est-à-dire en basse saison, et s’il y a déjà beaucoup trop de monde à mon goût, ce n’est quand même pas encore la foule estivale. Et puis, je dois bien l’avouer, le site vaut le déplacement.

La vieille ville de Kotor

Mon but consiste à crapahuter, à pied pour une fois, sur un petit chemin de montagne qui monte sans arrêt, afin de pouvoir admirer depuis là-haut le paysage sur la ville et la baie en contrebas.

Kotor

Autant j’ai trouvé qu’il y avait du monde dans les étroites ruelles médiévales de Kotor, autant j’ai la bonne surprise de croiser peu de gens en balade dans cette jolie montagne qui domine la ville. Ainsi, une fois l’ascension terminée, je ne dois partager la jolie vue qu’avec les quelques chèvres présentes là-haut autour de moi.

Une chèvre admire le paysage

Pour me diriger vers l’Albanie, ma prochaine étape, j’ai donc décidé de longer la côte, globalement touristique, au lieu de franchir les montagnes initialement prévues, trop pluvieuses ces jours-ci. Et si cet itinéraire n’est pas celui que je me faisais une joie de suivre, je dois bien avouer qu’il m’offre finalement de jolis paysages baignés de soleil. Le ciel est bleu, la mer aussi et toutes les couleurs explosent. Ces improvisations font partie intégrante du voyage à vélo et vu le temps exécrable qui règne sur les montagnes dans l’intérieur du pays, la côte s’avère finalement la meilleure alternative possible.

La côte monténégrine

Je traverse à tour de rôle les différentes stations balnéaires qui se succèdent sur la côte, aux accents locaux : Budva, Sveti Stefan, Petrovac Na Moru…

L’île surprenante de Sveti Stefan

L’inconvénient du littoral pour un cyclotouriste en quête de paysages reculés et isolés, c’est qu’il est bétonné à peu près partout. C’est pourquoi un soir, j’arrive dans la ville de Bar sans jamais avoir réussi à trouver le spot de bivouac que je cherche, discret et à l’abri des regard : il y a des maisons et des habitants partout autour de moi. A l’approche de la nuit, je dégote donc un petit hébergement de dernière minute, à prix bradé. C’est la seule fois de tout mon périple que je ne trouverai pas de bivouac.

L’église Saint-Jovan-Vladimir de Bar

Le lendemain, un petit problème mécanique me contraint à faire réparer mon vélo. Je dégote péniblement un mécano à la sortie de Bar. Il s’appelle Novak Djinovic et il est ancien cycliste professionnel, comme en témoignent toutes les coupes qui décorent le mur de son petit atelier. Les plus prestigieuses trônent dans le salon de sa maison voisine.

Il répare mon vélo en dix minutes à peine, avant de m’annoncer qu’il me fait cadeau de sa prestation ! Beaucoup de cyclo-voyageurs passent par chez lui, me dit-il, et il apprécie de leur venir en aide plutôt que de leur facturer ses réparations. Comme à toutes les personnes sympas que je rencontre depuis le début de mon voyage, je lui offre en retour une petit tour Eiffel bleue. Dans un sourire radieux, il la place parmi toutes ses coupes, sur l’étagère du bas.

Novak Djinovic, ex-cycliste pro monténégrin

Après une longue discussion amicale avec Novak, il est temps de reprendre la route.

Dans l’après-midi, alors que j’approche de la frontière albanaise, un type dans une camionnette arrêtée sur le bord de la route me fait de grands signes. En même temps que je m’arrête, il descend de son véhicule : c’est un policier en uniforme. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait une boulette et je m’attends plutôt à une demande de bakchich mais heureusement pour moi, le bonhomme est hilare !

En le regardant s’approcher, je ne le reconnais pas tout de suite car son uniforme perturbe mes souvenirs.

« Apartman dobra ? » me demande-t-il sans se départir de son rire, c’est-à-dire je crois : « l’appartement était bien ? » Ça me revient alors enfin : c’est le gars qui m’a loué le petit appartement la veille au soir, à la dernière minute et à prix bradé, alors que la nuit tombait et que pour une fois, je ne trouvais pas de bivouac. Mais il était en civil et c’est vrai qu’un uniforme, ça vous transforme un bonhomme ! Bref, il m’explique qu’il travaille pour la douane et contrôle les voyageurs en provenance de l’Albanie voisine.

C’est sur cette dernière rencontre inattendue et amicale que je quitte le Monténégro pour entrer dans un pays qui, je ne le sais pas encore, va me marquer profondément : l’Albanie…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre ou de pierres en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica, face à la mer.

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Je dois préciser que le Monténégro est le seul pays dans lequel je n’ai pas emprunté la Trans Dinarica. A cause d’une météo exécrable, j’ai en effet dû changer d’itinéraire en quittant la Bosnie-Herzégovine, ce qui m’a amené à traverser le Monténégro par sa côte sud, plutôt que par les montagnes du nord, comme initialement prévu. Mais cet itinéraire cycliste vaut tellement la peine de rouler dessus que je le cite quand même dans cet article, pour tous ceux qu’il pourrait attirer…

Du coup, en préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Si je ne me suis jamais senti réellement en danger sur les routes du Monténégro, c’était quand même la première fois que je voyais les voitures me doubler d’aussi près. La plupart des automobilistes, comme dans les pays précédents, faisaient très attention à moi et respectaient une bonne distance de sécurité en me doublant, mais pas tous. Il y en avait en effet quelques-uns qui passaient assez près de moi et assez vite, ce qui ne m’était jamais arrivé dans les pays précédents (et qui ne m’arrivera plus non plus dans les pays suivants).

Il ne faut évidemment pas généraliser car globalement, en tant que cycliste, les routes monténégrines m’ont paru assez sûres, mais j’ai dû rester un peu plus vigilant que d’habitude.




Les étapes précédentes :


Les étapes suivantes :


La Bosnie-Herzégovine à vélo





Après une petite semaine de pluies diluviennes, qui ont commencé en Italie et m’ont harcelé à travers la Slovénie jusqu’en Croatie, j’ai eu la chance d’avoir un temps magnifique pendant un jour et demi sur l’île de Pag. Mais depuis que j’ai quitté ce petit coin de rêve, je suis à nouveau assailli par des trombes d’eau.

A la petite frontière bosnienne que j’atteins en plein cœur des montagnes, le jeune douanier m’informe que la météo prévoit encore deux jours de fortes pluies. Je ne le sais pas encore mais elles dureront finalement une semaine.

Mes premiers kilomètres en Bosnie-Herzégovine

A première vue, la Bosnie-Herzégovine me paraît bien moins développée que sa voisine croate. Ici, les vieilles voitures et les charrettes tractées par des chevaux remplacent les grosses berlines allemandes qui foisonnaient en Croatie. Les routes bosniennes sont plus étroites et leur bitume déliquescent. Mais surtout, ce qui me marque le plus, c’est le nombre de maisons en ruine qui bordent les routes et n’ont toujours pas été rasées. La guerre a beau être terminée depuis trente ans, ces vestiges délabrent toujours le paysage.

Le principal problème que je dois affronter dans ce nouveau pays, c’est la météo. Car ici, la pluie tombe sans discontinuer pendant des jours et des jours. Elle transperce littéralement tous mes vêtements techniques de cycliste itinérant. Pourtant censés être imperméables, ils s’avèrent tous incapables de repousser les quantités phénoménales d’eau qui s’écroulent en permanence du ciel.

Résultat, je suis détrempé à longueur de journée. Malgré mes guêtres et mes sur-chaussures, toutes imperméables, mes pieds sont imbibés chaque matin dès les premiers coups de pédales. Idem pour mes mains malgré deux paires de gants, eux aussi censés être imperméables. Et même chose pour tout le reste du corps. Mais le pire est à venir : le glacial vent de face, en s’alliant à la pluie, achève de me congeler.

Une semaine de vélo sous une pluie battante dans les montagnes de Bosnie-Herzégovine

Je passe mes journées à dégouliner et tous mes vêtements sont à tordre. Ces conditions difficiles ne m’empêchent pas d’éprouver une certaine sympathie pour ce pays et ses habitants, qui ont tant souffert de la guerre, il y a trente ans. Mes souffrances à moi sont tellement ridicules à côté. Je ne vais quand même pas me plaindre pour quelques tonnes de pluie. Alors je me tais et je pédale.


Au soir de ma troisième journée dans le pays, je rêve de poser ma tente dans la nature du coin, tellement elle semble propice au bivouac. Mais je suis si mouillé que je décide de dormir dans l’une de ces petites maisons en ruine qui bordent la route un peu partout. Au moins, j’y serai un peu à l’abri.

C’est ainsi qu’au milieu de nulle part, sur l’une de ces petites routes de montagnes désertes, je finis par trouver mon bonheur. Il s’agit d’une petite maisonnette abandonnée, dont la façade est toute taguée.

Squatter une maison en ruine

A l’intérieur, il ne fait pas bien chaud avec ce vent permanent qui circule, les portes et les fenêtres ayant disparu depuis longtemps. L’avantage de ce gruyère, c’est que l’air qui s’y balade devrait permettre à toutes les éponges qui me servent de vêtements de sécher pendant la nuit. Pour l’occasion, je transforme donc mon vélo en étendoir.

A l’intérieur, tout est dévasté : le sol est jonché de miettes de briques et de tessons de bouteilles mais aussi de détritus de toutes sortes, sans compter quelques excréments d’origine humaine. Ils semblent squatter les lieux depuis longtemps, tout desséchés qu’ils sont. Je les balaie à l’aide d’un morceau de tuile cassée, ainsi que toutes les saletés jonchant le coin où je vais poser ma tente.

J’enfile enfin des vêtements secs, je dévore un plat de pâtes chaudes, et je découvre que lorsqu’on vit dans un certain dénuement, un petit rien peut vite se transformer en véritable luxe : cette maisonnette en ruine qui fait figure de repoussoir, je la vois plutôt, moi, comme un petit palace qui va me permettre de passer enfin une nuit bien au sec et ça, ça n’a pas de prix.

Dans ces montagnes isolées, il n’y a aucun réseau et je ne peux donc pas donner ma position à ma femme restée en France, comme je le fais tous les soirs. Je lui avais bien dit, avant de partir, que cette éventualité ne manquerait pas de se produire un jour et qu’il ne faudrait alors pas qu’elle s’en alarme. Il n’empêche que je la sais inquiète, et cela m’empêche de fermer l’œil.


Après une nuit blanche, il me suffit de rouler quelques kilomètres pour accrocher brièvement un peu de réseau. Suffisant pour la rassurer d’un texto rapide.

Une poignée de kilomètres plus loin, mon GPS me fait quitter le bitume pour un petit chemin sauvage montant dans les cailloux. La journée est l’une des plus pluvieuses depuis le début du périple, le chemin est boueux et ses innombrables pierres extrêmement glissantes. Le GPS m’indique que je vais devoir affronter dix kilomètres de montées, et donc de galères vu la météo exécrable, avant de retrouver enfin une route asphaltée.

Ce chemin monte tellement et les pierres sont si glissantes que je dois régulièrement pousser mes cinquante-quatre kilos de vélo. Je n’ai jamais progressé aussi lentement. Il pleut toujours autant, le paysage est complètement bouché par la brume qui m’entoure, je suis trempé et gelé. J’ai tellement hâte d’en finir avec ces dix kilomètres d’enfer pour retrouver enfin un peu de bitume.

Montée et brume

Et quand mon GPS m’indique que je vais enfin rejoindre la route, c’est faux : il n’y a pas le moindre bitume autour de moi. Le chemin continue à monter, il devient de plus en plus pierreux donc de moins en moins praticable. Par endroits, il traverse des plaques de neige. Il fait froid et un brouillard de plus en plus épais m’entoure.

A ce moment-là, je m’aperçois que l’écran de mon téléphone change de couleurs : il devient vaguement bleu, rose, vert… En d’autres termes, il commence à souffrir de l’humidité. Je prends ça très au sérieux car la dernière fois que ça m’est arrivé, c’était au cours d’une rando humide (décidément) dans les Pyrénées, et mon téléphone avait fini par rendre l’âme définitivement à cause de l’humidité. Je réalise donc que si ça se reproduit ici, je n’aurai plus de GPS. Et même s’il n’y a un vague croisement que tous les deux ou trois kilomètres sur ce chemin désespérément isolé, sans GPS, je finirai forcément par me perdre.

Je retire donc immédiatement mon téléphone de la petite sacoche soi-disant étanche dont la vitre plastifiée me permettait jusque-là de voir mon chemin sur l’écran, et je le mets dans l’une de mes quatre grandes sacoches étanches de porte-bagages. Il pleut tellement que pendant l’opération, l’eau a le temps de pénétrer dans la sacoche. Je décide de ne plus penser à l’hypothèse d’un décès de mon téléphone-GPS : pour l’instant, il fonctionne donc tout va bien. S’il rend l’âme, il sera toujours temps d’aviser…

Conditions de vélo hivernales

A ce moment-là, j’ai si froid et les efforts physiques sont si intenses que je pense avoir touché le fond. Mais non. Trois chiens sortis de nulle part me foncent dessus en aboyant de toutes leurs forces. Quelques copains à eux se joignent à la fête petit à petit, jusqu’à ce qu’ils soient sept. Ils n’ont pas l’air féroces mais leurs aboiements en boucle m’agressent les tympans. J’essaie bien de les amadouer mais rien n’y fait. Il y en a notamment un qui ne me lâche pas et qui approche dangereusement ses crocs de mes mollets, au fil des tours de pédales. Il me suivra pendant plus d’une demi-heure sans jamais cesser d’aboyer, alors que les autres ont abandonné depuis longtemps. Impressionnant.

Au final, je mettrai cinq heures et demie pour faire dix-neuf misérables kilomètres avec mon vélo et rejoindre enfin une petite route bitumée. Défoncée, c’est vrai mais dans mon esprit, elle prend des allures de paradis. Car elle me permet de quitter l’enfer de ce chemin de montagne et en plus, même si mon téléphone-GPS devait me lâcher maintenant, il me suffirait de suivre cette route éclatée pour finir par arriver à ma prochaine étape : Mostar.


Lorsque j’y arrive enfin, je décide de prendre une chambre dans une petite auberge familiale aux prix modiques, carrément pour trois nuits. La météo ne prévoit en effet aucune amélioration au cours des prochains jours, excepté une brève éclaircie pendant quelques heures le lendemain. Inutile de remonter sur mon vélo au petit matin pour revivre le cauchemar d’aujourd’hui. Trois nuits dans un lit confortable avec une couette propre, ainsi que deux jours de repos ne me feront pas de mal. Je repartirai le troisième jour tout frais et reposé, avec un moral en béton…

La propriétaire de l’auberge, Inga, se montre extrêmement accueillante si bien qu’en trois jours, nous aurons le temps de sympathiser.

Ma première nuit à Mostar, dans des draps propres et après une douche délicieuse, est peut-être bien la plus confortable de tout mon périple alors que la précédente, que j’ai dû passer au milieu d’immondices dans un nid à rats, a sans doute été la pire. Je ne connais pas encore vraiment Mostar mais une chose est sûre : j’adore déjà cette ville !

Le lendemain de mon arrivée, Inga m’explique qu’en me voyant débarquer dans son auberge la veille, elle a eu peur pour moi, tellement j’avais l’air en piteux état selon elle. Elle m’avoue l’avoir carrément signalé à son mari car elle avait peur qu’il m’arrive quelque chose ! Et dire que moi, j’étais si heureux d’arriver dans son auberge chauffée après la journée difficile que je venais de vivre, que je pensais être souriant et détendu !

Mon premier jour de repos et de visite de la ville commence sans pluie, et avec ma première éclaircie depuis bien longtemps. Je ne savais plus que le soleil existait. Certains bâtiments de Mostar comportent toujours des trous d’obus au milieu de façades criblées de balles. La guerre qui a fait rage il y a plus d’un quart de siècle, dans cette ville aux profondes divisions ethniques, a laissé des cicatrices qui sont toujours visibles un peu partout aujourd’hui.

Mostar : trou d’obus et impacts de balles, trente ans après…

Ici, c’est toujours une poudrière, paraît-il. Car il suffirait aujourd’hui d’une petite étincelle pour que la situation explose à nouveau entre bosniaques musulmans, croates catholiques et serbes orthodoxes, qui se partagent la ville.

Amin, artisan graveur

La veille de mon départ, Inga frappe à la porte de ma chambre. Toujours aussi souriante, elle m’offre une part du gâteau qu’elle vient de préparer.

Elle est passionnée de pâtisserie et ce gâteau aux fruits rouges est aussi élaboré qu’un vrai gâteau de pâtissier. Elle l’a fait à l’occasion de l’anniversaire de son mari. Pauvre homme : alors qu’il ne me connaît même pas, le voilà obligé de partager ce succulent dessert avec moi !

Inga m’offre une part de son gâteau-maison

L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’hospitalité important. Espérant en bénéficier au cours de mon périple, je voulais pourvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.

J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.

Inutile de dire que lorsqu’Inga m’offre une part de son gâteau, je m’empresse de lui donner en retour une petite tour Eiffel bleue. Et comme toutes les personnes à qui j’en offre une, elle marque d’abord un bref étonnement avant d’éclater de rire avec moi, puis de me remercier chaleureusement.

L’emblème de Mostar : son fameux pont

Après deux jours entiers de remise à neuf, je reprend gaiement la route. Il pleut toujours abondamment et le ciel ne s’est pas éclairci.


Dans les Balkans, quelques milliers de stecci sont éparpillés dans la nature. Il s’agit de pierres tombales médiévales monumentales. On en trouve un peu partout : dans les forêts, dans les champs, le long des rivières… Avec 60.000 spécimens, c’est la Bosnie-Herzégovine qui en compte le plus.

Pour la première fois depuis je ne sais plus combien de jours, la pluie baisse d’intensité au moment précis où je passe à hauteur de la nécropole de Radimlja, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. J’en profite pour y faire une brève halte et me balader dans ce cimetière impressionnant, tout droit sorti du Moyen-Âge.

Stecci de la nécropole de Radimlja
Le chevalier défunt représenté avec son arc

Komoot est un excellent GPS vélo. La plupart du temps, il m’emmène soit sur des petites routes très peu fréquentées, soit carrément sur des chemins déserts à travers la nature. Ces endroits sont parfois si isolés que j’ai alors l’impression d’être arrivé au bout du monde. C’est tout ce que j’aime. Mais parfois aussi, peut-être une fois par semaine, Komoot est subitement et inexplicablement atteint de folie. Et dans ces moments-là, il peut m’emmener absolument n’importe où.

Ce jour-là donc, après avoir roulé trois bonnes heures après Mostar sur ces routes et chemins perdus à travers les bois, je finis par me retrouver en pleine campagne. Les nuages sont toujours aussi noirs et le ciel ne cesse de pleurer des torrents. Mon itinéraire se poursuit sur un petit chemin inondé qui rétrécit de plus en plus. Il traverse des champs si verts qu’à l’évidence, ils ne connaissent pas l’existence du mot sécheresse.

Komoot m’enverra au milieu de ces champs sur un chemin inexistant

A un moment, Komoot m’indique qu’il faut tourner à gauche mais il n’y a en réalité aucun croisement. Pourtant, le GPS est précis au mètre près. Je décide donc de tourner quand même à gauche comme il l’indique et de rouler dans l’herbe du vaste champ qui se trouve là, tout en suivant exactement le tracé de l’itinéraire GPS sur mon écran. Car au fond de moi, je pense que le chemin finira sans doute par réapparaître un peu plus loin. Mais au bout de quelques centaines de mètres, toujours rien, sauf un fossé bordé par un talus qui me barrent tous les deux la route. N’ayant pas le choix, je fais demi-tour.

La pluie n’arrête toujours pas de tomber, mon GPS m’a planté, je suis complètement perdu et le coin est désert, sans personne pour m’aider. Je reviens donc sur mes pas jusqu’à ce que je retrouve un chemin carrossable. Là, à court d’idées, je décide d’attendre sous la pluie comme un misérable. Au bout d’une dizaine de minutes, un homme sorti de nulle part arrive dans ma direction.

Rencontre providentielle sous la pluie

Je lui demande la direction de ma prochaine étape, la ville de Trebinje. Avec une grosse voix et dans sa langue à couper au couteau, il se lance dans un monologue auquel je ne comprends pas un traître mot.

Pourtant, grâce aux gestes qu’il fait pour accompagner ses explications, je finis par comprendre que je dois aller tout droit jusqu’à un bled nommé Mosko ; puis tourner à droite et continuer droit devant jusqu’à Trebinje. Faute de GPS, je suis ses indications et en fin de journée, j’arrive à Trebinje comme si de rien n’était, avec en prime quelques rayons de soleil entre les nuages.

Trebinje sous un rayon de soleil
L’église du Saint-Archange Michel, à Trebinje

Le lendemain, le soleil fera à nouveau quelques apparitions, qui me permettront de voir enfin de voir un peu à quoi ressemble la Bosnie-Herzégovine. Il était temps car dans quelques kilomètres, j’arriverai au Monténégro…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien, sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans-Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans-Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.




Les étapes précédentes :


Les étapes suivantes :


La Croatie à vélo



Après avoir quitté le pays des ours, la Slovénie, je bascule en Croatie.

Après la frontière, je continue à guetter ces grosses boules de poils griffues et dentues pendant plusieurs heures, à travers les forêts épaisses qui enserrent la route. Mais tuons le suspense tout de suite : je n’apercevrai pas le moindre nounours de tout mon périple…

La forêt croate

Dans les côtes, mon vélo commence à faire des siennes : de petits sauts de chaîne se produisent de plus en plus souvent, rendant toujours un peu plus difficiles les montées qui se succèdent. Je finis par me rendre à l’évidence : je vais devoir faire une escale en ville pour faire remplacer la chaîne, visiblement plus usée que je ne le pensais car dans cet état-là, elle représente un vrai handicap pour grimper les côtes. Direction : Rijeka, sur la côte Adriatique. Ce sont les aléas du voyage à vélo, il faut bien faire avec.

Rijeka sous un ciel d’encre

Une fois sur place, je laisse mon vélo à un réparateur. Pendant son intervention, un déluge impressionnant s’abat sur la ville. Cette petite escale forcée s’avère presque une aubaine pour moi, finalement : au lieu de me noyer en pédalant, je reste bien au sec et au chaud dans un petit café, à enchaîner les cappuccinos. J’en profite pour aller acheter un billet de bateau vers ma prochaine étape : l’île de Pag. Mais sur place, la vendeuse m’informe que les ferries faisant la longue traversée Rijeka-Pag ne prennent pas les vélos. Ils font bien embarquer les motos et les voitures mais va savoir pourquoi, pas les vélos. Tant pis pour moi, je ferai les 200 bornes jusqu’à Prizna à vélo. Car les petits bateaux qui font la traversée jusqu’à Pag depuis ce micro-port ne font aucune discrimination, eux, contre les vélos.

Le village de Bakar

Sur ma route, le temps se déchaîne. Des trombes d’eau s’effondrent du ciel quasiment sans discontinuer sur les voyageurs de passage, c’est-à-dire moi puisque je n’en croise aucun autre sur ces petites routes désertes. Et quand les nuages n’ont plus d’eau à me cracher dessus, le ciel apparaît sous un noir d’encre impressionnant. Pas grave. Un jour, il fera beau à nouveau.

Une petite route croate


Le soir venu, quelques kilomètres avant Prizna, je profite de l’arrivée de quelques éclaircies, aussi inattendues que bienvenues, pour poser ma tente. A peine une heure plus tard, alors que je dors déjà comme un bébé, je suis réveillé par une petite dizaine de hurlements simultanés. D’abord lointains, ils se rapprochent assez vite de la tente, jusqu’à me transpercer littéralement les tympans. Ils passent en effet à quelques mètres de moi seulement puis s’éloignent tranquillement : c’est une meute de chacals. Étonnamment, leurs cris sont plutôt mélodieux, beaucoup plus jolis à écouter que celui du loup. De plus, ils chantent tous en même temps. Un peu comme une chorale, mais de canidés. Ils ne présentent pas de danger pour les humains. C’est le premier moment fort, très fort, de ce périple.

Quelques heures après le passage des chacals

Depuis deux semaines maintenant que je suis parti, j’ai passé le plus clair de mon temps dans la nature, de jour comme de nuit. Mais ce soir, cette meute de chacals a fini de balayer les derniers repères de confort que j’avais conservés de ma vie citadine. A partir de maintenant, j’ai presque l’impression de faire partie intégrante de cette nature qui m’entoure : c’est toute la magie de ce voyage qui est en train de me tomber dessus.


Le lendemain matin, je rejoins Prizna, sous un soleil matinal qui ne va pas tarder à s’enfuir.

Là, je prends un bateau qui, après une courte traversée de trente minutes, nous emmène, mon vélo et moi, sur l’île de Pag.

Mes premiers kilomètres sur l’île de Pag

Longue d’une soixantaine de kilomètres, elle est relativement grande. C’est une île sauvage, aride et battue par les vents, c’est d’ailleurs à cause de ça que pas grand-chose n’y pousse. Sa population est essentiellement composée de moutons ! On en croise un peu partout et ça lui donne un certain charme. Ma découverte de l’île, très fréquentée l’été mais vide de touristes l’hiver, va constituer pour moi un véritable coup de cœur. Le premier du voyage, mais pas le dernier…

Le soir venu, je descend dans une petite pension afin de pouvoir prendre enfin une bonne douche et tant pis si après ça, mon effluve naturelle n’attire plus aucun chacal. La propriétaire septuagénaire des lieux, Sofiya, m’accueille à bras ouverts. Installée ici depuis quarante-cinq ans, elle est bosniaque. Elle est polyglotte mais nous ne pouvons pas communiquer pour autant : elle ne parle que des langues et dialectes croates, bosniaques et serbes. Moi pas.

Avec Sofiya

Dotée d’un sens aigu de l’hospitalité, elle sacrifie une partie de son temps pour me préparer un café turc dans les règles de l’art. Nous le dégustons ensemble sans pouvoir bien communiquer, faute de langue commune. J’arrive quand même à comprendre quelques bribes de ses propos, notamment qu’elle a beaucoup souffert de la guerre dans son pays, dans les années 90.

L’arrivée de sa fille anglophone fait subitement progresser nos échanges. Elle m’explique notamment pourquoi sa mère est encore si marquée par ce conflit, pourtant terminé depuis un quart de siècle : deux de ses frères y ont perdu la vie. Le premier a sauté sur une mine à l’âge de vingt-quatre ans, le corps du deuxième n’a jamais été retrouvé. C’était à Srebrenica. L’histoire est dramatique et me touche profondément. Pourtant, j’aime ce genre de rencontres où nous échangeons nos tranches de vies, si amicalement alors que nous ne nous connaissons même pas. Je n’oublierai pas Sofiya.

Pag à l’aube

Le lendemain matin, je mets le cap sur le sud de l’île. Il y a là un pont qui la relie au continent et qui m’évitera de prendre à nouveau un bateau. Normalement, je serai de l’autre côté ce soir.

Pour la première fois depuis cinq ou six jours, le ciel ne s’effondre plus sur moi. Le temps est même passé d’un extrême à l’autre puisque malgré le froid mordant, il fait désormais un soleil éclatant. Conséquence, toutes les couleurs hivernales de l’île explosent.

Au fond, la Croatie continentale vue depuis Pag

Mon GPS vélo me fait traverser Pag en quittant le bitume de la route principale pour emprunter de petits chemins entièrement déserts, à travers une jolie nature sauvage et battue par les vents. Ici, je suis tout seul et j’ai un peu l’impression d’être arrivé au bout du monde.

Au fond, la Croatie continentale vue depuis Pag

Les chemins sur lesquels je roule sont faits de terre, de pierres, de boue et ils sont modérément praticables, mais les vues plongeantes sur la mer et les montagnes en valent tellement la peine. Le cadre est enchanteur.

Pendant une bonne partie de la journée, je ne croise pas un chat. Par contre, beaucoup de moutons. Il y en a partout. Quand je ne les vois pas brouter, je les entends bêler.

Dans l’après-midi, je croise enfin une présence humaine.

C’est celle de Luka, un jeune pèlerin croate sympa, qui se rend à pied dans l’ouest de l’Herzégovine, à Medjugorje. Ce petit village constitue un lieu de pèlerinage important pour les catholiques, à tel point que ses deux mille habitants accueillent chaque année plus de deux millions de pèlerins.

Avec Luka et son bâton de pèlerin

Comme moi, avec toute l’eau qui lui est tombée dessus les jours précédents, il a pas mal ramassé. Plus que moi, d’ailleurs, car il m’explique que sa tente a pris l’eau et qu’au lieu de dormir, il a dû passer une partie de ses nuits à éponger !

Champs inondés par la pluie des derniers jours

Je me rends compte que j’ai un vrai coup de cœur pour cette île. Je m’arrête si souvent pour prendre des photos, filmer et tout simplement profiter de cette nouvelle vie, que je n’avance pas beaucoup.

Mon itinéraire et son dénivelé
Autoportrait !

Je pensais quitter l’île dans l’après-midi en rejoignant le continent par le pont sud mais à cause de mes si nombreux arrêts photos, je ne progresse pas assez vite pour y arriver avant la nuit. Je décide donc de profiter un peu plus que prévu de Pag, en bivouaquant ici plutôt que sur le continent.

Bien calé entre une petite route peu fréquentée et la mer calme, un vaste terrain boisé me tend les bras pour planter ma tente.

Encore un spot de bivouac très nature

Il est assez isolé et semble en friche, avec son herbe haute, humide et jaunie, et débouche sur de jolies petites criques désertes.

Une petite crique face à la tente

Je place ma petite maison face à la mer : je dînerai en admirant le coucher du soleil.

Bivouac sur l’île de Pag

Cette journée est la plus belle depuis le début du périple et comme prévu, elle s’achève par le spectacle classique mais toujours efficace du soleil rougeoyant qui s’effondre dans la mer. Comme lui, je finis par me coucher. Demain, je quitterai la magie de Pag.

Le coucher de soleil vu depuis la tente


Ma vie nomade m’impose une triple quête quotidienne : trouver suffisamment d’eau pour tenir jusqu’au lendemain, trouver une poubelle où jeter mes ordures puis le soir, trouver un spot de bivouac pour dormir comme un bienheureux.

Ainsi, à peine de retour sur la Croatie continentale, je dois déjà remplir mes gourdes qui sont vides. Mon itinéraire m’a fait quitter la côte, où les villes et villages n’étaient pas rares, pour m’enfoncer dans les terres montagneuses de l’intérieur, beaucoup moins habitées. Là, pendant un bon moment, je ne traverse pas le moindre village.

L’un des rares signes de vie que je rencontre se présente sous la forme d’un motard. Il s’arrête à un croisement pour me laisser passer, alors qu’il aurait largement la place de me doubler puisqu’à part nous deux, cette petite route de montagne est entièrement déserte. Nous nous saluons brièvement de la main puis, une fois passé devant lui, je m’attends à l’entendre accélérer et le voir me doubler en trombe. Mais non. Il arrive au pas puis roule à ma hauteur, à vingt kilomètres à l’heure au lieu de cent cinquante. Nous discutons comme ça quelques minutes tout en roulant au milieu de la route. Il est allemand et va en Inde. Quand je lui réponds que pour ma part, je vais en Grèce, il observe avec étonnement tout mon chargement, me fait un grand sourire et me dit « respect ». Nous faisons un check, toujours en roulant, puis il pousse une accélération qui me laisse sur place. A ce rythme-là, il arrivera sur la terre de Gandhi avant que je n’atteigne celle d’Aristote.

Un peu plus loin, j’arrive dans un minuscule hameau qui semble figé : pas un habitant ne se montre et le silence règne. Ce n’est pas ici que je pense résoudre ma pénurie d’eau.

Mais par chance, je dégote un habitant qui s’active discrètement derrière le mur de son jardin. Le plus improbable, c’est qu’il parle français ! Il s’appelle Danilo et il a vécu cinq ans à Paris.

Avec Danilo

Quand je lui demande où je peux trouver de l’eau, il me propose immédiatement de remplir mes bidons avec celle de son puits. Puis il me fait visiter son potager et son verger : salades, choux, figuiers, pruniers, vignes, il a de quoi vivre en autarcie pour un bon moment dans ce coin reculé de la Croatie.

Après avoir fait le tour du propriétaire, je le salue dans sa langue par un do vidjenia hésitant qui signifie au revoir. Mon accent pas terrible lui arrache un sourire et nous nous quittons là-dessus.

Alourdis de trois kilos grâce à l’eau du puits de Danilo, mon vélo et moi reprenons la route. Tout en le propulsant à la vitesse d’un escargot dans ces montées qui n’en finissent pas, je réalise que depuis mon départ de France, j’ai déjà grimpé près de 10.000 mètres de dénivelé positif. C’est-à-dire sensiblement plus que l’altitude de la reine des montagnes, l’Everest.

Ciel croate menaçant

Je passe la nuit suivante à dormir seulement par bribes, uniquement quand mes voisins, un troupeau d’ânes apparemment joyeux, ne braient pas haut et fort. Leurs grands cris taillent en pièces le silence profond de la montagne, et il se trouve toujours un de leurs congénères pour leur répondre, quelque part au loin.

Mes voisins bruyants, au petit matin

Par ici, la nature croate est belle et sauvage. Je roule dans de vastes forêts effeuillées traversées par de jolies rivières, en étant toujours seul au monde.

Ici, je suis loin de la ville, de son bruit, de sa pollution, de sa foule et de son stress.

Les chutes de la rivière Zrmanja à Bilisane

Ils sont remplacés par le chant des oiseaux, les senteurs de la forêt et cette incroyable sensation de liberté qui m’accompagne désormais.

Les chutes de la Zrmanja

Un peu avant de passer en Bosnie-Herzégovine, dans la petite ville croate de Sinj, je m’arrête comme souvent dans une minuscule épicerie de bord de route. J’y suis accueilli à bras ouverts par la gérante, Milanka, et son employée Anna.

Le courant passe si bien que Milanka m’offre vite de quoi me sustenter : charcuterie maison et fromage, avec morceaux de pain et petits biscuits. Ce festin est destiné à tous ses clients mais comme je suis le seul dans le magasin, elle m’oblige à me resservir plusieurs fois ! Mon estomac de cycliste toujours affamé ne se fait pas prier. Je dévaste l’assiette et je reprends la route.

Avec Ana et Milanka

Ce sera ma dernière rencontre en Croatie. Légèrement alourdi par les produits du terroir de Milanka, je prends la direction de la Bosnie-Herzégovine toute proche mais auparavant, j’ai un dernier site croate à découvrir : l’œil de la Terre ! Il s’agit de la source d’une rivière très connue dans le pays, la Cetina, qui se présente sous la forme d’un gigantesque trou rempli d’une eau dont les couleurs naviguent du vert émeraude au bleu saphir.

L’œil de la Terre

La Croatie a dépassé mes espérances, que ce soit grâce à la beauté de ses paysages marins, aux habitants si attachants que j’y ai rencontrés, ou à sa nature brute dans laquelle je me suis tant régalé à pédaler et bivouaquer. Derrière ces montagnes dans lesquelles je donne mes derniers coups de pédales croates m’attend ma prochaine étape : la Bosnie-Herzégovine…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Sur mon itinéraire, la Croatie était le pays qui m’inquiétait le plus en termes de risques d’accidents de la route. Car j’avais lu de nombreux témoignages de voyageurs à vélo, sur des blogs et forums, qui disaient tous invariablement la même chose, et cela faisait peur : les Croates conduisent comme des fous, ils s’amusent à frôler les cyclistes à grande vitesse, ils doublent comme des malades tout en klaxonnant sans la moindre raison, certains font carrément des bras d’honneur en passant, etc.

Alors disons-le tout de suite : j’ai vécu exactement le contraire sur les routes croates ! En dix jours passés à rouler dans ce pays, aucun automobiliste (ni poids lourd etc.) ne m’a jamais mis en danger. Pas une seule fois.

Les automobilistes croates m’ont toujours doublé à distance très respectable. Quand il n’y avait pas la place de passer sans me frôler, ils restaient derrière moi et attendaient qu’il n’y ait plus de voiture en face pour passer, sans énervement ostensible.

C’est vrai que les grosses voitures allemandes sont très répandues en Croatie (Audi, Porsche, Mercedes, BMW…) mais pour ce que j’en ai vu, les croates en ont toujours fait un usage respectueux et sécurisé par rapport au cycliste que je suis.

Pourtant, je fais plutôt confiance à tous les témoignages évoqués plus haut. Alors pourquoi une telle différence de ressenti ?

D’une part, j’ai traversé la Croatie à vélo mi-mars, c’est-à-dire en basse saison, à une période de l’année où les locaux ne sont pas encore envahis par les nuées de cyclotouristes passant par là. Sans doute sont-ils donc un peu moins énervés !

D’autre part, j’ai pédalé à l’intérieur des terres sur une bonne partie de mon itinéraire, contrairement à la plupart des voyageurs à vélo qui traversent le pays du nord au sud en longeant la côte. Là, il est possible que les habitants soient excédés l’été sur ces petites routes, étroites mais très fréquentées, qui les empêchent de doubler les nombreux vélos roulant au ralenti.

En tout cas, si vous avez lu les mêmes témoignages alarmistes que moi, alors un conseil : attendez d’être là-bas pour vous faire votre propre idée.

Moi, j’ai juste une chose à dire aux automobilistes croates : hvala puno (merci beaucoup) !




Les étapes précédentes :


Les étapes suivantes :


La Slovénie à vélo


Ce matin-là, mes premiers coups de pédales de la journée sont aussi les derniers que je donne en Italie, et une petite montée m’emmène vers le pays des ours : la Slovénie.

La frontière italo-slovène

Sitôt la frontière passée, tout seul sur cette route peu fréquentée, je fouille du regard l’épaisse forêt qui m’entoure, avec le petit espoir mais la grosse trouille d’apercevoir l’un de ces gros plantigrades.

Je repense alors à Mike Horn, qui décrivait ainsi l’odorat très développé des ours : « si je pète ici, l’ours qui est à cinquante kilomètres va le sentir »

Je m’empresse aussitôt de faire le nécessaire pour que les ursidés du coin détectent ma présence. Peine perdue : aucun d’entre eux ne sortira son museau du bois.

La forêt autour de la frontière italo-slovène

Sans transition, le paradoxe du jour après avoir essuyé quarante-huit heures de pluies abondantes, c’est que je n’ai plus d’eau : mes gourdes sont vides. C’est à ce moment-là que j’arrive dans mon premier village slovène, où j’aperçois autant de gens dans les rues que d’ours dans la forêt voisine.

Je me dirige donc vers le cimetière pour m’approvisionner en eau mais là, aucune goutte ne jaillit du robinet. Sans doute l’eau a-t-elle été coupée pour ne pas geler dans les canalisations pendant l’hiver ? En tout cas, c’est totalement bredouille que je remonte sur mon vélo. Mais il faut toujours voir le bon côté des choses : je ne l’alourdirai pas de trois kilos supplémentaires.

Après dix-huit kilomètres sur les routes slovènes, j’arrive déjà à une autre frontière, croate celle-là. Je ne pensais pas traverser la Slovénie aussi vite. Bilan : je n’y aurai vu aucun humain, aucun ours et aucune goutte d’eau, à part celles dégoulinant du ciel. C’est donc aussi frustré que mouillé que je quitte le pays.


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le bivouac quotidien, sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica .

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non.

Le long de la Trans-Dinarica

Enfin, vous pouvez lire notre article complet sur cet itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs.

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.




Étape précédente :

L’Italie



L’Italie à vélo

Brume matinale dans la plaine du Pô.


  1. France : le départ
  2. Monaco
  3. L’Italie
  4. Le coin du cycliste


Le départ a lieu à Villefranche, à la sortie de Nice. D’emblée, Komoot, mon appli GPS, m’emmène vers l’ouest c’est-à-dire vers Nice, alors que la destination finale de mon périple, Athènes, se situe à l’exact opposé, plein est ! Mais je lui fais confiance car c’est une appli paramétrée pour dégoter les itinéraires les plus isolés possible, le plus souvent loin des voitures et du trafic routier. Quitte à faire parfois quelques menus détours !

Villefranche-sur-Mer

Mais lorsqu’il m’emmène sur les pentes sadiques de la grande corniche qui domine Nice, je commence à m’interroger : Komoot ne serait-il pas dans les choux ?

Je rencontre alors un habitant du coin qui me déconseille de poursuivre dans cette direction. Il m’indique une petite route qui me fait vite redescendre vers la moyenne corniche, et cette fois en direction de l’est : celle de la Grèce. Mon vélo de 54 kilos et moi-même sommes soulagés d’interrompre cette montée interminable. A partir de là, regonflé à bloc comme un pneu de vélo grâce à ce passant, j’enfile enfin les kilomètres comme des perles.

Sur les hauteurs de Nice

Le littoral sur lequel je roule désormais comporte un dénivelé permanent, mais moins costaud qu’il ne l’était pour atteindre la grande corniche. Avec les vues plongeantes sur la Méditerranée qui se succèdent, j’en prends plein les yeux.


Finalement, j’arrive assez rapidement au deuxième pays de mon périple, après la France : Monaco ! Trop bling-bling pour que je m’y éternise. Mon vélo de baroudeur jure un peu avec toutes les voitures de luxe qui l’entourent mais finalement, nombre d’entre elles sont bloquées dans les ruelles étroites et encombrées de la ville. Conséquence, c’est mon vélo qui double les bolides à quatre roues et non l’inverse : ce voyage au long cours qui débute à peine a déjà un petit côté jouissif.

Monaco

Je quitte la Principauté, je traverse un dernier petit bout de France et peu après, j’atteins déjà mon troisième pays : l’Italie.

Menton

La frontière italienne franchie, j’arrive dans l’un des bastions du cyclisme italien dont les transalpins sont si fiers : San Remo. Mon itinéraire passe par le fameux tunnel de Capo Nero, long de 1700 mètres. Il est réservé aux cyclistes (ainsi qu’aux piétons) et constitue un véritable hommage à l’un des Cinq Monuments du cyclisme mondial : la course mythique Milan – San Remo (les quatre autres Monuments sont Paris – Roubaix, Liège – Bastogne – Liège, le Tour des Flandres et, encore en Italie, le Tour de Lombardie).

Le fameux tunnel cyclable de Capo Nero


L’itinéraire continue le long du littoral, qui est aussi plaisant à admirer côté italien que côté français.

En fin de journée, alors que le soleil décline et que la nuit tombe, je n’ai toujours pas trouvé d’endroit où poser ma tente.

En effet, le littoral est bétonné partout et, pour moi qui aime bien bivouaquer discrètement, aussi bien pour ne pas déranger les habitants que pour ma tranquillité personnelle, la première nuit du périple s’annonce déjà compliquée, faute d’endroit où dormir.

Et c’est au moment où je commence à envisager de chercher un petit hôtel que je dégote enfin, dans la pénombre, un petit coin non bétonné. Sur un talus, une minuscule zone de buissons sépare la ville de la mer.

Le premier bivouac du périple, en bord de mer

Les vaguelettes viennent se briser sur de grands rochers horizontaux qui, contrairement à la route que j’ai arpentée toute la journée, sont plats : l’endroit parfait où poser ma tente, malgré la noirceur de la nuit qui a maintenant fini de tomber.

Ma première journée s’achève ainsi. Je suis déçu de n’avoir parcouru que 67 kilomètres, mais les 1.000 mètres de dénivelé positif que j’ai grimpés avec mon enclume à deux roues m’aident à sombrer rapidement dans un sommeil à découper au couteau.

Le clapotis des vagues toute la nuit, le cri des mouettes au petit matin puis le petit déjeuner à dix mètres de la mer : la deuxième journée du périple commence de manière plus agréable que la première, qui me proposait des corniches à grimper. Mais une fois le séant posé sur la selle, le dénivelé du littoral italien me ramène vite à la réalité : ici aussi ça monte.

Je profite des derniers paysages côtiers avant de bifurquer vers le nord. En tournant ainsi le dos à la mer, je ne reverrai la Grande Bleue que dans une dizaine de jours, côté Adriatique.

Porto Maurizio


En attendant, je vais occuper mes trois prochaines journées à franchir des montagnes. Des vraies cette fois-ci.

D’ailleurs, mon vélo chargé est si lourd que je me questionne déjà sur ma capacité à franchir tous ces cols en pédalant : ne me serais-je pas surestimé ?

Zuccarello, un petit village de montagne

J’affronte désormais un gros vent glacial de face. Parfois, je ne le sens pas trop car je suis à l’abri de la montagne. Mais dès que je passe de l’autre côté du versant, il me souffle lâchement en pleine poire.

Au fil de la montée, je me rends compte qu’au-dessus de ma tête, le sommet est constellé d’éoliennes. Ce n’est donc pas une vue de l’esprit, la zone est bien connue pour être venteuse.

L’arrivée au sommet de ma première montagne

Les paysages de montagne n’ont pas grand-chose à envier à ceux du littoral. Ils sont plus bruts, plus sauvages, plus impressionnants. En plus, la route est calme, j’y suis presque seul, à tel point que j’ai beau n’être parti que depuis hier, j’ai presque l’impression d’être au bout du monde.

Les montagnes italiennes

Les montagnes sont dures à grimper avec mes 54 kilos de vélo mais je me vois progresser sur mon appli GPS : elle me représente par un petit point rouge sur le flanc des montagnes. Et quand j’arrive au sommet, c’est la jubilation totale. C’est difficile à décrire et un peu gênant à avouer mais dans ces moments-là, je me sentirais presque invincible.

Je ne reste jamais bien longtemps au sommet car le vent y souffle en général très fort, puis je dévale ma récompense : la descente. Ce rythme montagnard sera le mien pendant trois jours, au cours desquels je progresserai quotidiennement de 77 kilomètres en moyenne, pour un peu plus de 900 mètres de dénivelé positif chaque fois.

Pour un cycliste sportif averti, ce n’est pas le Pérou mais pour un girondin qui ne pédale habituellement que dans sa région désespérément plate, cette moyenne n’est pas mauvaise, a fortiori avec un vélo aussi chargé.

Le périple continue et une petite routine s’installe déjà. Le soir, je pose ma tente en pleine nature et je prends le temps de savourer ces moments. Au petit matin, ma tente est souvent blanchie par le givre. Les températures matinales sont de saison : entre -2° et +2° la plupart du temps.

Je me surprends à méditer une bonne partie de mon temps sur mon vélo. Car à part pédaler et regarder les paysages qui m’entourent, je n’ai finalement rien d’autre à faire.

De temps en temps, je passe quand même une nuit dans un petit hôtel, le moins cher que je dégote car peu m’importe son niveau d’inconfort, pourvu qu’il soit doté d’une douche : c’est la seule chose qui m’intéresse. Le but n’est pas de passer enfin une nuit dans un lit confortable ou sous un toit étanche (ce que ma tente n’est pas toujours complètement quand il pleut). C’est plutôt de chasser cette effluve qui m’accompagne parfois, après plusieurs nuits passées sous la tente sans jamais voir le moindre bout de savon.

L’un des objectifs de ce voyage, c’est de faire des rencontres. Ce n’est pas en Italie que je pense en faire le plus mais quand même, je croise déjà des gens très sympas. A commencer par la grande confrérie des cyclistes.

Giuseppe
Anna et Rafaele
Levy et Yolanda

Avant de terminer ma traversée des montagnes italiennes, j’atteins le sommet d’une colline d’où la vue panoramique donne sur une immense chaîne de montagnes au loin. Vues d’ici, elles sont blanches des pieds à la tête. Ce sont les Alpes et elles sont majestueuses.


C’est à partir de là que mon itinéraire décide enfin de s’aplanir. Normal, j’arrive dans la plaine du Pô. Le Pô, c’est ce fleuve qui serpente dans le nord de l’Italie et grâce auquel les sols sont extrêmement fertiles. Son importance est telle qu’il génère, directement ou indirectement, quasiment la moitié des emplois du pays.

Sur plusieurs centaines de kilomètres, je traverse donc désormais une infinité de champs cultivés labourés en permanence par des tracteurs. D’innombrables oiseaux parsèment les champs ainsi qu’un nombre impressionnant de lièvres.

Le soir, en pleine nature, je cuisine au réchaud devant ma tente, face au soleil qui se couche. Et dire que dans certains hôtels et restaurants, plus la vue est belle, plus les prix augmentent. Face à la tente et au réchaud, elle est toujours gratuite.

Le spectacle quotidien au moment du bivouac

Le coucher du soleil depuis la tente

Un matin, je sors péniblement de ma tente, mal réveillé. En m’entendant, un lièvre qui a dormi là, juste à côté de moi, s’enfuit brusquement. Je ne m’attendais pas à voir là ce petit bolide à quatre pattes. Je marche quelques mètres jusqu’au sommet de la petit butte qui protège ma tente du vent et là, je me retrouve face aux champs nappés de brume. Seuls quelques arbres et le clocher d’une église en émergent.

C’est pour vivre ce genre de moments, tout seul en pleine nature, que je fais ce voyage.

Les jours qui suivent s’écoulent paisiblement, dans la monotonie des paysages agricoles de cette plaine du Pô. A force, elle en deviendrait presque insipide.

Les champs de la plaine du Pô à perte de vue


Sur la côte Adriatique, je retrouve enfin la Grande Bleue qui, en huit jours, a changé de couleur : elle est désormais toute grise ! Il faut dire qu’ici, il pleut comme vache qui pisse. Il n’y a ni un rayon de soleil, ni un coin de ciel bleu. Ce dernier est désespérément gris et se vide sur les voyageurs de passage. Je suis donc détrempé puisque la pluie incessante transperce mes vêtements. Malgré leur indice d’imperméabilité exceptionnel (28.000 Schmerbers !) et le prix élevé qui allait avec quand je les ai achetés, ils s’avèrent de véritables passoires.

Trieste

Je passe mon dernier bivouac italien dans une petite forêt aussi imbibée que moi, sur les hauteurs de Trieste.

Tout-à-l’heure, j’arriverai en Slovénie…


Contrairement à leur réputation, les automobilistes que j’ai croisés en Italie ont toujours fait attention à moi en tant que cycliste. En douze jour passés à rouler dans le pays, pas une seule fois ils ne m’ont mis en danger : ni en ville, ni dans les montagnes, ni à la campagne, ni sur le littoral.


Moins développé qu’en France, il est toutefois correct, du moins d’après ce que j’ai pu voir en Italie du nord, mais j’ai parfois eu du mal à trouver des voies cyclables sur les grands axes.

En ville, les pistes cyclables sont souvent désagréables car aménagées sur les trottoirs. Elles comportent régulièrement des bosses et des trous, et beaucoup m’ont paru vieillissantes et peu entretenues. Sans compter les piétons…

Une piste cyclable flambant neuve


Les principales routes cyclables italiennes, du moins les trois plus connues, sont les véloroutes européennes : carte Eurovélo en Italie.


Ce site recense un grand nombre d’informations sur le vélo en Italie.

Notamment, il comporte une carte détaillée de toutes les pistes cyclables qui sillonnent le pays :

Carte des pistes cyclables en Italie.

Elle date de 2022 et ne recense donc pas les dernières voies cyclables mais elle est très pratique malgré tout.


Il est très simple de remplir ses gourdes en Italie si l’on ne veut pas acheter d’eau en bouteille :

  • Les villes ainsi qu’à peu près tous les villages comportent des fontaines d’eau potable. Dans les villages, elles sont souvent situées autour de l’église ou autour de la place centrale du village (mairie etc.)

  • Il y a des points d’eau dans tous les cimetières, lesquels sont omniprésents dans le pays.

  • On trouve parfois des fontaines sur le bord des routes, notamment en montagne.

A noter que, contrairement à d’autres pays, je n’ai trouvé aucun robinet ni aucune fontaine fermée l’hiver à cause du gel, dans le nord de l’Italie.




Les étapes suivantes :




Fresque en bord de route

La vue en sortant de la tente.

Les églises sont omniprésentes en Italie

La vue depuis la tente


Nisyros : la plus belle île de Grèce ?…

Voir la carte détaillée de l’île.


Sommaire


C’est le plus jeune volcan de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située sous le volcan a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.

La caldeira de Nisyros, d’un diamètre de quatre kilomètres, comporte six cratères (et non pas un seul, comme le croient la plupart des visiteurs). Le plus connu d’entre eux, qui est aussi la principale attraction de l’île, est le cratère Stefanos.

Le cratère Stefanos et, plus ou moins visibles, les cinq autres cratères (l’un à sa gauche, les autres en arrière-plan)

J’ai eu la chance de pouvoir visiter Nisyros hors-saison (début mai) à une période où il y avait donc très peu de touristes.

Je suis arrivé au cratère en fin d’après-midi, à vélo. Il n’y avait plus personne pour tenir le guichet d’entrée, et une seule voiture était garée là : celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Nous étions les deux seules personnes présentes sur tout le site.

L’arrivée au cratère Stefanos (sur le sommet du fond : le petit village de Nikia – voir plus bas)

Je suis alors descendu dans le cratère, où je me suis retrouvé absolument seul pendant toute la durée de ma visite (près d’une heure). Un privilège.

Le cratère Stephanos, vide de touristes…

Dans ce cratère, la première chose qui attire le regard, ce sont les couleurs. Ses parois sont jaunies par les dépôts de soufre.

Au début du petit chemin qui mène au fond du cratère, un panneau nous rappelle que le site est potentiellement dangereux.

Juste avant d’arriver dans le cratère principal, on passe devant un cratère beaucoup plus petit, le cratère Andreas (appelé également Mikros Stefanos, par opposition à son illustre voisin, Megalos Stefanos, celui que tout le monde visite).

Le cratère Andreas (ou Mikros Stefanos)

Arrive alors le moment attendu, celui où l’on peut fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.

Au fond du cratère

Reliés par de fines cordes, des piquets délimitent les zones auxquelles il est interdit d’accéder, pour des raisons de sécurité évidentes. Car par ici, la terre chauffe, voire surchauffe. Et disons-le carrément : elle bouillonne, elle fume et elle brûle ! Dans ces zones interdites d’accès, l’eau bout en effet en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.

Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante

Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel, rappelant elles aussi au visiteur qu’il est bien sur un site naturel d’exception.

Les fumerolles au fond du cratère

Se rendre au volcan juste avant le coucher du soleil permet de l’admirer éclairé par une jolie lumière : les fameuses golden hours, si prisées des photographes.

Les parois soufrées du cratère

Le cratère Stefanos pendant les golden hours


Étant un amoureux de la nature, j’ai terminé ma journée de visite de ce joli volcan par une nuit de rêve, puisque j’ai dormi sur cette terre volcanique, sous ma tente posée au beau milieu des cratères !

Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère

J’ai passé la nuit complètement seul à proximité du cratère principal, mais apparemment seul aussi dans toute la caldeira, puisqu’elle n’est pas habitée et qu’il n’y a aucune maison. Cette nuit-là, la sensation de plénitude fut totale.

Bon, je dois quand même rappeler qu’en Grèce, contrairement à tant d’autres pays, le bivouac est interdit. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 300 euros.

Si je me suis permis de braver souvent cette interdiction, à Nisyros comme ailleurs en Grèce, c’est pour plusieurs raisons :

  • Je bivouaque toujours discrètement afin de ne déranger personne ;

  • Je n’allume mon réchaud qu’en l’absence totale de risque (par exemple, pas de végétation à proximité, ou alors mouillée) ;

  • Je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets ;

  • Et en prime, lorsqu’il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose ma tente, je les ramasse et je les emporte pour les jeter dans la première poubelle que je trouve, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.

Alors bien sûr, cette façon respectueuse de bivouaquer ne m’autorise pas pour autant à dormir là, toutefois, en procédant de cette manière, tout le monde est gagnant :

  • les autorités émettrices de cette interdiction abusive, puisque je nettoie ces zones à leur place ;

  • La nature, parce qu’elle est plus propre après mon bivouac qu’avant ;

  • Et moi-même bien sûr, tellement je me régale à passer ainsi mes nuits en pleine nature.

Bref, quitte à braver la réglementation, autant le faire proprement…

Ce que je ne savais pas en revanche en posant ma tente au-dessus du cratère Stefanos, c’est qu’en Grèce, le bivouac est sanctionné beaucoup plus sévèrement lorsqu’il a lieu dans les zones touristiques : jusqu’à 3000 euros d’amende et trois mois d’emprisonnement ! Je ne l’ai appris que plus tard.

Lever de soleil face au volcan


Si la plupart des visiteurs croient qu’il n’y a qu’un seul cratère à Nisyros, il s’avère qu’en réalité, il y en a… six !

Comme indiqué précédemment, il y a donc les deux cratères décrits ci-dessus : le cratère principal Stefanos (ou Megalos Stefanos), et son petit voisin Andreas (ou Mikros Stefanos). Voici les quatre autres.

Pour se rendre aux deux plus accessibles, il suffit de passer le guichet d’entrée puis le snack situé juste après, et de prendre ensuite le petit chemin situé à droite (au lieu de celui de gauche, qui mène à Stefanos).

Le petit chemin qui mène aux quatre autres cratères, notamment Mikros et Megalos Polyvotis.

On rejoint alors deux nouveaux cratères : le magnifique Megalos Polyvotis, et son petit voisin, Mikros Polyvotis.

Ils sont situés au bout du chemin, où a été érigé un petit poste d’observation. De là, on domine le plus grand cratère, Megalos Polyvotis, lequel est jauni par le souffre et toisé par la paroi rougeâtre de la caldeira.

Le cratère Megalos Polyvotis

Les photos écrasent un peu la sensation de grandeur qu’on ressent lorsqu’on admire ce somptueux cratère aux pieds des parois de la caldeira, à côté desquelles on se sent minuscule.

Megalos Polyvotis

Si l’on poursuit en descendant vers la droite (où le chemin n’est plus balisé), on arrive à son petit frère : Mikros Polyvotis.

Le cratère Mikros Polyvotis

Il a beau être moins impressionnant et moins joli, il est possible de descendre au fond de ce cratère, au milieu de petites fumerolles, contrairement à son voisin Megalos Polyvotis qui, lui, n’est pas accessible. En n’oubliant pas, toutefois, les risques que cela peut présenter, notamment si le sol s’avère instable…

Ces deux cratères ne sont indiqués nulle part.

Profusion de couleurs

Souhaitant quand même les découvrir, je me suis dirigé au hasard vers ce qui me semblait être les parois de cratères. Toujours à pied, et depuis les deux cratères de Polyvotis, situés juste à côté.

Direction les deux derniers cratères

Pour cela, il faut sortir du chemin menant aux deux cratères Polyvotis. On se retrouve alors à marcher dans des amas de pierres, beaucoup moins praticables que le chemin en question.

Mon point de repère, c’était les zones de souffre, visibles de loin car très jaunes. C’est donc vers elles que je me suis dirigé. Là, de près, on remarque tout de suite la présence de multiples petites bouches de souffre fumantes, alors qu’on ne les distingue pas de loin.

De là, on a également une jolie vue sur la plaine de Lakki (le fond plat de la caldeira), qu’on domine à 180°.

Sitôt passée la zone de souffre, le sol de pierres disparaît pour laisser place à la paroi du cratère, nue. Et là, ça commence à monter de manière nettement plus abrupte.

Au bout d’une dizaine de mètres à peine, il m’a semblé que mes pas résonnaient. J’ai donc frappé le sol du pied pour vérifier et là, petite frayeur : non seulement ça résonnait bel et bien mais en plus, ça tremblait ! Ce qui signifiait que sous mes pieds, le sol était creux et pas forcément très solide, donc potentiellement écroulable !

Comme je venais tout juste de la zone où de multiples petites fumerolles bouillantes s’échappaient des bouches de souffre, il était évident que le sous-sol était carrément brûlant dans le coin ! Je ne me suis donc pas éternisé et j’ai fait demi-tour, sans pouvoir observer de plus près les deux derniers cratères.


Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, comme indiqué précédemment, ils se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ.

Idéalement, il faut se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :

  • Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;

  • Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.

Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.

Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).


L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).

Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !


  • Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.

  • L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.


  • Il y a un parking pour garer la voiture

  • Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).


Elle coûte 40 euros par adulte et 20 euros par enfant (2 à 12 ans) : excursion Nisyros depuis Kos.

Cette excursion inclut une brève visite du village de Mandraki.

Le prix d’entrée dans le volcan (5 euros), le repas du midi et les boissons ne sont pas inclus.


Si vous êtes curieux, voici un site Internet à ne pas rater : le site géoparc de Nisyros.

Tout y est : carte interactive, cratères, chemins de randos, biodiversité, mais également l’histoire de l’île et de ses habitants…


L’île ne comptant qu’un petit millier d’habitants, les villages ne sont pas nombreux. Mais quels villages ! Les quatre principaux sont Mandraki, Nikia, Emporios et Pali.


Quand on arrive sur l’île, c’est dans le petit port de Mandraki qu’on accoste.

Une ruelle de Mandraki

Ce qui frappe d’emblée, ce sont ses agréables petites ruelles, dont les façades de maisons sont blanchies à la chaux.

Une ruelle de Mandraki

En haut de la colline qui surplombe le village se trouve le Paleokastro. Il s’agit de la ville ancienne de Nisyros, qui était alors fortifiée. Depuis ces ruines, la vue sur le village en contrebas, la mer et les îles voisines vaut le détour.

Mandraki, vu depuis le Paleokastro

Un peu plus bas, mais toujours au-dessus du village, se situe le monastère Panagia Spiliani (Notre-Dame de la Caverne).

Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki

Ce joli petit monastère vaut le coup d’œil même si, pour ma part, je n’ai pas pu visiter l’intérieur car il a rapidement fermé lors de ma venue.

Si l’on descend quelques marches depuis le monastère, on arrive à un autre point de vue sur Mandraki, moins élevé que depuis le Paleokastro, mais offrant lui aussi une jolie vue d’ensemble sur le village.

Enfin, pour parfaire le tableau de ce joli petit village, ajoutons que Mandraki dispose de nombreux petits commerces et restaurants sur le front de mer.


Pour ma part, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce petit village, perché sur la crète des montagnes qui dominent le volcan.

Nikia

Pour l’anecdote, j’y suis arrivé à vélo, après avoir grimpé les montagnes du centre de l’île, dont certaines côtes atteignent les 15%. Avec mon vélo de 54 kilos, sacoches comprises, et le soleil qui tapait fort, je n’avais qu’une seule envie : m’asseoir à l’ombre, sur la terrasse d’un café et dévaliser le frigo !

Mais pour arriver là, il fallait passer par les petites ruelles du village. Et là, j’ai eu un vrai coup de foudre.

Une ruelle de Nikia

Du coup, je me suis arrêté tous les dix mètres pour photographier et filmer, repoussant à plus tard le moment pourtant tant attendu de me rafraîchir…

Certaines ruelles sont très étroites, ce qui ajoute à leur charme.

La principale attraction de ce petit village, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays.

Impossible de la photographier en entier le jour de ma venue car elle était en partie remplie de tables de restaurants, mais c’est vrai qu’elle est jolie et surtout, très agréable. Idéale pour prendre un verre et/ou un bon repas…

La fameuse place de Nikia et sa mosaïque de cailloux au sol

Enfin, il faut noter que, depuis le cratère Stefanos, c’est ce petit village blanc que l’on aperçoit tout là-haut, au loin, juché sur la crête de la caldeira. Et à l’inverse, on a une vue plongeante sur le volcan depuis le village.


Comme Mandraki, Pali est situé sur la côte.

L’église de Pali

Il s’agit d’un petit village de pêcheurs, qui s’anime un peu l’été avec la venue de quelques touristes.

Le port de Pali

Le village est tout petit, il est surtout animé grâce à son port de pêche et de plaisance, et à ses bars et restaurants. Mais c’est également un point de chute parfait pour pouvoir rayonner sur l’île, et sur les plages de sable volcanique noir situées juste à côté.

Mohamed, pêcheur à Pali

Enfin, Pali dispose d’une plage, raison pour laquelle certains visiteurs la préfèrent à Mandraki pour séjourner sur Nisyros.


Comme Nikia, Emporios est un petit village situé dans l’intérieur de l’île et sur le rebord de la caldeira. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants ! Puisque très peu de touristes s’y rendent, l’avantage, c’est qu’il a su conserver toute son authenticité.

Emporios

A noter que peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de l’île, fait office de sauna naturel pour les visiteurs.


  • En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.

Le Romantzo Hotel est situé face à la mer
La terrasse des chambres

Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.

Bien qu’elles vaillent le coup, on ne vient généralement pas à Nisyros pour ses plages.

Une plage volcanique, à l’est de Pali

Les plus réputées d’entre elles sont essentiellement situées sur la côte est, et les plus accessibles pullulent sur la côte nord, juste après le village de Pali (en direction de l’est) : là, elles se succèdent sur des centaines et des centaines de mètres, avec leur sable noir d’origine volcanique.

Une plage à l’est de Pali


Nisyros n’est pas forcément synonyme d’île de rêve pour tout le monde. En effet, certains habitants m’ont expliqué que régulièrement, on trouvait sur les plages de Nisyros des affaires, notamment des vêtements, appartenant à des migrants qui échouent parfois ici avec leur radeau de fortune.

Et en effet, il n’y a pas besoin de chercher bien longtemps pour trouver traces de ces objets gisant sur les plages, qui témoignent du vécu dramatique de ces miraculés de la mer.


Lorsqu’on s’aventure dans les montagnes de l’île en direction du volcan, on passe par de nombreux points de vues sur la mer.

On croise régulièrement des vaches au milieu de la route, mais aussi des chèvres dans les arbres ! Elles y grimpent avec une agilité de singes pour déguster les feuilles !

Les bus qui emmènent les touristes à la journée visiter le volcan passent par cette route mais ils ne prennent pas le temps de s’arrêter en chemin, alors que les vues successives sur la mer en valent pourtant la peine.


Dans cet article, je n’ai pas encore répondu à la question posée dans le titre : « Nisyros : la plus belle île de Grèce ?… » Et pour cause : n’ayant pas visité chacune des 9.000 îles que compte le pays, difficile de les comparer !

A l’inverse, beaucoup de blogs et de sites Internet ne s’embarrassent pas autant, et ils nous pondent des classements sur les dix, quinze ou vingt plus belles îles de Grèce (ce qui, en général, correspond tout simplement à la liste plus ou moins longue des quelques îles grecques qu’ils ont eu le temps de visiter !)

C’est ainsi que Nisyros n’apparaît que très rarement dans ces classements des plus belles îles du pays : notre jolie petite île volcanique étant située trop loin pour que les auteurs de ces articles y aient mis les pieds, ils ne la connaissent pas et ne peuvent donc pas la prendre en compte dans leur classement !

Qu’en pensent les grecs ?…

Le signe qui ne trompe pas, c’est l’opinion des locaux, non pas les habitants de Nisyros mais tous ceux que j’ai rencontrés en traversant la Grèce continentale. Ils ont tous été unanimes : selon eux, Nisyros est une superbe petite île dont ils sont généralement fiers, l’une des plus belles de leur pays selon eux.

Je partage cette opinion : Nisyros est magnifique, c’est même la plus belle île de toutes celles que j’ai visitées en Grèce au fil des années, en cinq voyages au pays d’Aristote.

Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan, c’est réellement une destination à ne pas rater

Il ne vous reste donc plus qu’à vous y rendre pour vous faire votre propre point de vue…


Dans la caldeira

Le monastère Panagia Spiliani, à Mandraki

Autoportrait !

Les parois du cratère recouvertes de soufre

L’un des nombreux points de vues sur la mer

Dans le volcan

Le coucher du soleil vu depuis Mandraki