Les plus belles plages de l’île Maurice

Les plus belles plages de l'île Maurice

Entourée de sable blanc qui plonge inlassablement dans l’eau turquoise, l’île Maurice dispose de plages paradisiaques sur tout son littoral. Voici une liste non exhaustive des plus belles d’entre elles.



Le morne Brabant, c’est cette grande et belle montagne rocheuse qui domine les plages du sud-ouest de l’île, et qui leur donne un certain cachet.

Le morne Brabant domine la plage

La mer y est translucide. A son extrémité nord, la plage est bordée de filaos.

Puis très vite, ce sont les cocotiers qui prennent le relai.

La plage est bordée d’hôtels et comme elle est réputée être l’une des plus belles de l’île, sinon la plus belle, on n’y est jamais vraiment seul.

Au sud de la plage, on accède à un spot beaucoup plus exposé au vent, réputé pour le kite-surf.

Au niveau pratique, un long parking sous les filaos borde la plage, où l’on trouve des camions qui servent à manger et à boire…


La plage du Morne


Située au nord-ouest de Maurice, voici une plage magnifique bien qu’elle ne réponde pas exactement aux critères habituellement évocateurs de rêve : elle ne compte en effet aucun cocotier !

La plage de Mont Choisy

Mais son mince ruban de sable blanc est calé entre une superbe forêt de filaos, et la mer dont les couleurs sont particulièrement attrayantes.

Cette plage est réputée être l’une des plus belles de l’île, ce n’est pas nous qui dirons le contraire tellement elle nous a séduits. Et le signe qui ne trompe pas, c’est que les locaux eux-mêmes s’y rendent en nombre pour y passer leurs week-ends entiers en famille avec hamacs, barbecues, glacières…

Hamacs dans les filaos de Mont Choisy

Plus on marche sur la plage en direction du sud, moins on y trouve de monde. Si vous voulez être à peu près tranquilles, garez-vous non pas au début de la plage mais un peu plus loin. Il y aura toujours un peu de monde, mais moins.

Et une fois dans l’eau, il faut bien dire que nous avons été surpris par l’intensité des couleurs, malgré un temps nuageux.

Comme si Mont Choisy n’avait pas assez d’avantages, elle fait partie des plages mauriciennes orientées à l’ouest, c’est-à-dire face au coucher du soleil.

La partie nord de la plage n’est pas privatisée par les hôtels qui la bordent, contrairement aux apparences : elle reste en accès libre.

C’est à ce niveau qu’est située l’une des zones de Maurice réputées pour le snorkeling.

La profondeur est très faible, plus ou moins un mètre selon la marée.

Il s’agit donc surtout d’un snorkeling adapté aux enfants, ainsi qu’à ceux qui mettent la tête sous l’eau pour la première fois.

Couple de pompaneaux muscadins

Impossible de descendre en apnée donc, toutefois on aperçoit bon nombre de jolis poissons colorés, typiques des mers tropicales.

Un poisson-papillon vagabond

Bon à savoir

Si vous décidez de faire du snorkeling sur ce spot, n’y allez pas à marée basse : vous risqueriez par endroits de vous échouer ! La profondeur est vraiment trop faible, il faut y aller soit à marée haute, soit entre la marée haute et la marée basse, mais pas quand elle est au minimum.


Parking

La plage de Mont Choisy s’étend sur environ 3 km. On peut garer la voiture à peu près tout le long de la plage, sous les filaos.

Où manger ?

Toujours sous les filaos, on trouve de nombreux camions qui proposent de quoi manger et boire, les pieds dans l’eau. On peut donc passer la journée entière sur place, même quand on n’a strictement rien prévu pour le repas.

Street-food à Mont Choisy

Où dormir ?

L’hôtel La Maison du Nord est idéal pour rayonner dans tout le nord de l’île, et notamment pour découvrir ses plages idylliques.

La Maison du Nord

Si l’accueil des Mauriciens est très chaleureux partout dans l’île, que dire de La Maison du Nord ? L’ensemble du personnel est incroyablement souriant, accueillant et aux petits soins pour ses clients. Un véritable régal…

Prix

A partir de 61 euros la nuitée mais très variable selon la saison (91 euros quand nous y étions, en mars).

Emplacement

Toutes les plages du nord de l’île sont situées à proximité, à commencer par celle, sublime, de Mont Choisy.


La plage de Mont Choisy


D’un côté, il est difficile de dire que cette plage est l’une des plus jolies de l’île car elle comporte un inconvénient majeur : sur toute une partie, elle est bordée de gros sacs de sable destinés à lutter contre l’érosion.

La plage de Bain Bœuf 

Mais d’un autre côté, cette plage donne sur un petit lagon paradisiaque, protégé par la barrière de corail un peu plus au large.

Bain Bœuf  et son lagon

Certaines zones sont particulièrement agréables pour le farniente puisque, pour changer, on peut poser la serviette sur de la pelouse, à l’ombre des innombrables cocotiers qui se pavanent au-dessus de la mer.

Enfin, si l’on veut éviter d’avoir la vue sur les sacs de sable, il suffit de marcher un peu le long de la plage en direction de l’ouest (c’est-à-dire en laissant la mer à droite) : par là, on trouve de jolies petites plages qui font face à ce superbe lagon, mais sans les sacs anti-érosion.


Commodités

Un parking permet de se garer le long de la plage. Juste à côté, on trouve quelques camions pour manger, un stand de souvenirs, notamment de vêtements (paréos etc.), et des toilettes publiques.


Où dormir ?

L’hôtel La Maison du Nord est idéal pour rayonner dans tout le nord de l’île, et notamment pour découvrir ses plages idylliques (voir toutes les infos ci-dessus, à la fin du paragraphe sur la plage de Mont Choisy)

La Maison du Nord


A ne pas rater dans les environs

Il y a un site à ne surtout pas rater, à 2 km seulement de la plage de Bain Bœuf , en direction de l’est : Notre-Dame-Auxiliatrice de Cap Malheureux !

Sous ce nom à rallonge se cache une jolie petite église fleurie, avec la mer turquoise en toile de fond.

Pas besoin d’être croyant pour trouver le site carrément enchanteur.

Juste derrière sont situés quelques bouts de plages agréables, ainsi qu’un petit restaurant qui sert la pêche du jour : fraîcheur garantie.

La plage aux pieds de la petite église rouge

La plage de Bain Bœuf et Cap Malheureux


Elle est située dans le sud-ouest de l’île, et c’est l’une des plages les plus sauvages et les plus agréables de Maurice.

La plage de Tamarin

Sa particularité, c’est qu’à son extrémité nord se jettent dans la mer deux rivières descendant des montagnes : la rivière Tamarin et la rivière du Rempart.

La rivière du Rempart

Ces deux rivières peuvent parfois créer des courants plus ou moins forts, notamment à marée haute. Il est alors préférable de se baigner un peu plus loin (il suffit de marcher trente secondes).

En se rejoignant, les deux rivières se jettent dans la mer

Mais le plus souvent, la zone est calme et tout le monde se baigne dans le lit de ces deux rivières.

Cette plage très fréquentée par les locaux est la plus authentique de toutes celles où nous avons posé nos serviettes, sur tout le pourtour de l’île.

Tamarin est un ancien petit village de pêcheurs, dont l’activité a décliné au fil des années.

Aujourd’hui, la plage est à la fois fréquentée par des touristes, des pêcheurs, des surfers et des locaux, ce qui lui confère une ambiance aussi décontractée qu’agréable.

Louis Arnaud répare ses filets de pêche

Au niveau pratique, de nombreux arbres bordent la plage, ce qui permet de poser la serviette à l’ombre quand le soleil tape fort.

Enfin, cette plage comporte un dernier avantage, et pas le moindre : elle est orientée à l’ouest, c’est-à-dire pile en face des couchers du soleil.

Objectivement, ceux que nous avons vus étaient beaux mais n’avaient rien d’exceptionnel.

Pourtant, cette plage est connue pour offrir quelques-uns des plus beaux couchers du soleil de l’île, paraît-il, alors, n’hésitez pas à aller le vérifier par vous-mêmes…


On peut se garer tout le long de la plage. Bien qu’assez vaste, le parking peut saturer : il suffit alors de se garer dans les rues du village puis de marcher quelques minutes.


Il y a trois ou quatre stands de plage avec de la nourriture locale, bonne et pas chère.

Inconvénient : ils sont victimes de leur succès, aussi, à l’heure du déjeuner le midi, il faut faire la queue et elle est parfois assez longue : 10, 15, 20 personnes…

Il vaut donc mieux s’y prendre tôt, sinon, on peut acheter des plats à emporter au Ye Man, le restaurant du Veranda Tamarin Hotel situé lui aussi face à la plage.

En dernier recours, il suffit de marcher une poignée de minutes en direction des petites rues du village, où se trouvent quelques points de vente.


Face à la plage se trouve un excellent hôtel, le Veranda Tamarin Hotel & Spa : voir le site officiel.

Le prix : à partir de 125 euros la nuit

Le personnel est adorable, l’hôtel est idéalement situé, les repas sont bons.

La piscine principale de l’hôtel

Mais l’hôtel bénéficie d’un point fort : sa petite piscine à débordement face à la mer. Et comme il fait souvent chaud, elle est dotée d’un bar…

La petite piscine à débordement

C’est vraiment l’endroit idéal pour savourer les fins de journée : on peut vous le certifier, on l’a testé sans modération…

Enfin, l’hôtel dispose d’un spa, et il propose diverses excursions sur l’île.


  • Observation des dauphins

La baie de Tamarin héberge environ 500 dauphins ! Il existe différentes possibilités pour aller les observer. Une façon un peu plus originale que le bateau consiste à les approcher en kayak : observer les dauphins en kayak. Nous ne l’avons pas testé mais l’observation des dauphins dans la baie de Tamarin est un grand classique.


  • Plongée sous-marine

Face à la plage de Tamarin se trouve le club de plongée Tamarin Ocean Pro Diving Center. Le matériel est en bon état, l’encadrement est très sympa, comme partout à Maurice, mais le tarif était un peu élevé (70 euros). Le spot doit être superbe quand la visibilité est bonne, ce qui n’était pas le cas le jour de ma plongée.


  • Louer un surf ou un paddle

La plage de Tamarin est réputée pour être l’un des meilleurs spots de surf de toute l’île, voire le meilleur.

Leur site internet étant hors service à l’heure où nous écrivons ces lignes, voici les coordonnées de Tamarin Bay Surf School, le seul point de location de surfs, paraît-il, de l’île Maurice.

Mail : nish.suntoo@gmail.com – Tél : +230 5745 6759


Que visiter aux alentours ?

Le site phare du coin, c’est la Terre des Sept Couleurs à Chamarel : situé à 19 km en direction du sud, c’est un petit coin de nature hors du commun à ne rater sous aucun prétexte…


La plage de Tamarin


Grand Baie est un village situé au nord de l’île, réputé notamment pour ses jolies plages de sable fin.

La plage publique de Grand Baie

Elles présentent toutes la caractéristique d’être situées en ville. Ce qui signifie qu’elles disposent de toutes les commodités nécessaires : bars, restaurants etc.

Tout comme la plage de Bain Bœuf située non loin et évoquée ci-dessus, celle de Grand Baie se trouve à proximité de la fameuse petite église de Cap Malheureux, qu’il ne faut pas manquer d’aller voir.

Notre-Dame Auxiliatrice de Cap Malheureux

Où dormir ?

L’hôtel La Maison du Nord est idéal pour rayonner dans tout le nord de l’île, et notamment pour découvrir ses plages idylliques (voir toutes les infos ci-dessus, à la fin du paragraphe sur la plage de Mont Choisy)

La Maison du Nord

La plage de Grand Baie


Si les plages du nord de l’île sont réputées compter parmi les plus belles de Maurice, il y en a quelques-unes dans le sud qui ne sont pas en reste. C’est le cas de celle de Blue Bay.

Il s’agit d’une plage publique ombragée, assez fréquentée par les locaux, ce qui est souvent bon signe.

La baignade est protégée, l’atmosphère est paisible, et de petits stands situés juste derrière la plage permettent de s’acheter de quoi pique-niquer les pieds dans l’eau.

Protégée par une barrière de corail au loin, Blue Bay s’ouvre sur un lagon paradisiaque.

Depuis le bord, on peut rejoindre une zone de coraux assez poissonneuse.

Snorkeling à Blue Bay

Les coraux sont dans une zone fréquentée et, si certains sont encore colorés, d’autres sont morts.

Mais dans tous les cas, ils sont fréquentés par de nombreux poissons colorés, qu’on peut approcher de près.


Pratique

La plage de Blue Bay est située non loin de l’aéroport, ce qui en fait un point de chute idéal lorsqu’on vient d’atterrir, ou juste avant de repartir…


La plage de Blue Bay


Le littoral de l’île Maurice offre un choix infini de plages de rêve. Elles sont rarement désertes mais elles ont toutes ce côté enchanteur que les visiteurs recherchent : cocotiers et filaos, sable blanc, eaux turquoises, poissons multicolores…


Les plus belles plages de l’île Maurice…


Ailleurs sur Maurice…




Terre des Sept Couleurs : la féérie de Chamarel (Maurice)

Terre des Sept Couleurs à Chamarel, Maurice

Le géoparc de Chamarel est un site époustouflant qui offre aux visiteurs un spectacle féérique. Ce petit bijou de la nature est situé à proximité du village de Chamarel, dans le sud-ouest de l’île Maurice. Photos, conseils, infos pratiques : voici l’essentiel à savoir pour profiter au mieux de ce site d’exception.


  1. Le géoparc de Chamarel
    1. Les chutes de Chamarel
    2. La Terre des Sept Couleurs
    3. Le parc des tortues et le jardin endémique
    4. Infos pratiques
  2. La Rhumerie Chamarel
    1. Visite et dégustation
    2. Infos pratiques
  3. Que visiter dans les environs ?

La visite comprend l’accès à trois sites : les chutes de Chamarel (il s’agit en réalité d’un simple point de vue), la Terre des Sept Couleurs et le parc des tortues.

Peu après le guichet d’entrée, après une poignée de minutes, on arrive à un petit parking où il faut se garer. C’est là que se situe le premier des deux points de vues sur les chutes de Chamarel, au loin.

Les chutes de Chamarel

Située au cœur d’une végétation luxuriante, la double cascade s’élève à une centaine de mètres au-dessus du sol : c’est la plus haute de l’île Maurice.

Pour rejoindre le second point de vue, il faut poursuivre un court instant sur un petit sentier, agréable et ombragé.

Quelques panneaux explicatifs permettent d’en apprendre un peu plus sur ce petit coin enchanteur.

On arrive au second point de vue, légèrement différent du premier.

Les chutes de Chamarel

Il est possible de descendre au pied des chutes et de s’y baigner, via une randonnée à travers la nature sauvage qui les entoure : voir la rando des chutes de Chamarel.

Il s’agit d’une randonnée guidée car l’accès n’est pas libre : il traverse des terrains privés.

Durée : 3 heures. Baignade dans le bassin.

Les chutes de Chamarel sont situées au cœur d’une végétation luxuriante

Après cette jolie mise en bouche, on arrive au clou du spectacle : la promenade autour des dunes de la Terre des Sept Couleurs.


Un parking permet de se garer juste devant l’entrée. Et dès qu’on arrive sur le site, on est saisi par cette étonnante profusion de couleurs car ici, la terre n’est pas noire !

La Terre des Sept Couleurs

Il n’est pas possible de marcher sur les dunes, afin de ne pas les abîmer. On se balade donc sur un sentier qui ceinture le site, et qui traverse parfois des zones ombragées.


Mais comment les Sept Couleurs se sont-elles formées ?

L’île Maurice est d’origine volcanique : ce sont les éruptions successives qui lui ont donné naissance en la faisant progressivement sortir de l’eau.

Au cours des millions d’années qui ont suivi, la lave s’est lentement décomposée sous l’effet du climat tropical : cyclones dévastateurs, pluies diluviennes, chaleur torride.

Ce sont les particules de fer et d’aluminium nées de ces intempéries qui colorent aujourd’hui ce paysage bigarré : le fer donne à la terre les teintes chaudes (rouge, brun et jaune) et l’aluminium les teintes froides (violet, bleu, vert et pourpre).

Les 7 couleurs
Les 7 couleurs

Des couleurs figées

L’une des particularités les plus étonnantes de ces dunes, c’est que leurs couleurs ne se mélangent jamais.

En effet, l’aluminium et le fer ont une tendance naturelle à se repousser, c’est pourquoi, même si l’on mélangeait ces couleurs, elles finiraient par reprendre leur place d’origine.

Même lorsque de fortes pluies dégoulinent sur ces dunes, elles conservent à peu près toujours leur apparence d’origine.

Se rafraîchir face aux dunes

A l’issue de cette promenade hors du commun, on arrive à une terrasse panoramique où il est possible de prendre un rafraîchissement, face aux dunes.

A noter qu’ici, sous les arbres, on peut rencontrer un joli petit habitant : le Foudi de Maurice, encore appelé Cardinal. Attiré par les miettes laissées sur cette terrasse par les visiteurs, on le croise assez facilement. Et comme les dunes, il arbore des couleurs vives.

Le Foudi de Maurice, ou Cardinal

Il s’agit d’un oiseau endémique en danger d’extinction qui faisait partie, en 2012, des 100 animaux les plus menacés au monde. La marée noire de 2020, due au naufrage du Wakashio, n’a pas arrangé sa situation, malgré des efforts notables pour le préserver.


Ils sont situés au début de la promenade, à proximité immédiate de l’enclos qui ceinture les dunes.

Tous deux sont relativement petits et on en fait assez vite le tour.

Il serait donc dommage de les louper, a fortiori si vous avez des enfants : ils se régaleront sans doute plus à observer ces énormes tortues que les dunes multicolores !

Géoparc de Chamarel : les tortues d’Aldabra

On peut approcher de près ces énormes reptiles à carapace, dont les caractéristiques sont impressionnantes : les tortues d’Aldabra peuvent peser jusqu’à 250 kilos, et vivre pendant 150 ans.

Entre les dunes aux Sept Couleurs et le parc des tortues se trouve le jardin endémique. Il s’agit de quelques espèces végétales locales plantées çà et là, comportant parfois un petit panneau explicatif.


Le tarif de base (taux de conversion de mars 2026) est de :

750 roupies mauriciennes par adulte, soit 14 euros.

375 roupies mauriciennes par enfant, soit 7 euros.

Pour les résidents, ces prix passent à 400 roupies par adulte et 200 roupies par enfant.

Mais il existe d’autres formules : visite de la plantation de café (la seule du pays), découverte de la vie locale, dégustation de jus de canne fraîchement pressé etc. Tous les détail sur le site officiel : les différentes offres


Ouvert du lundi au samedi : de 8h30 à 17h00 l’hiver (en principe 21/03-20/12), et de 8h30 à 17h30 l’été (en principe 21/12-20/03)


Si vous manquez vraiment de temps, comptez environ 45 mn, trajet en voiture compris, pour visiter uniquement la Terre des Sept Couleurs.

Sinon, pour visiter l’ensemble des sites (points de vue sur les chutes d’eau, promenade des dunes et parc des tortues), il faut bien compter 1h30 à 2h00, en prenant son temps.


Il y a deux possibilités d’accès.

L’arrivée au Géoparc se fait en principe en voiture. Une route serpente ensuite à travers la forêt tropicale.

Le point de vue des cascades de Chamarel est situé à 1,5 km environ du guichet d’entrée, et les dunes à 3 km.

Dans les deux cas, il y a un parking.

Mais si on a suffisamment de temps (et de courage), on peut tout à fait parcourir ce trajet à pied afin de mieux profiter du site. L’aller-retour, qui comporte un peu de dénivelé, est long de 6 km.

Le Geoparc de Chamarel

Si vous n’êtes pas logés à proximité, comptez environ 1h10 de voiture depuis Port-Louis, 50 mn depuis Flic en Flac, ou encore 1h00 depuis l’aéroport de Mahébourg.


Et oui, il en faut bien quelques-unes ! Alors, voici une liste non exhaustive de ce qui est interdit dans le Géoparc de Chamarel :

  • Ramasser de la terre (ainsi que toute plante, fleur ou roche)
  • Utiliser un drone
  • Marcher sur les dunes
  • Fumer, boire de l’alcool
  • Être accompagné d’animaux (sauf animaux d’assistance)
  • Donner à manger aux tortues (car elles ont un régime alimentaire spécifique)

Ce blog est l’un des rares, le seul peut-être, sur lequel vous trouverez des photos des dunes de Chamarel montrant leurs couleurs entièrement naturelles ! En effet, à peu près partout ailleurs, vous verrez des photos où les couleurs des dunes sont saturées à l’excès, grâce à (ou à cause de ?) la retouche numérique.

Je n’ai ni Photoshop, ni aucun logiciel de retouche digne de ce nom. Pour les photos de dunes publiées dans cet article, j’ai simplement utilisé le logiciel gratuit de Microsoft destiné aux débutants, qui ne permet que certaines retouches de base. J’ai légèrement modifié quelques cadrages et contrastes, c’est tout, mais je n’ai pas touché aux couleurs.

Les dunes de Chamarel sont si belles et leurs teintes naturelles si intenses, qu’il me semble absurde d’exagérer encore leurs couleurs.

Dans tout cet article, voici ma photo où les couleurs sont les plus vives :

C’est déjà étonnant, non ?

A titre de comparaison, voici les mêmes dunes, telles qu’elles ressortent à la première recherche sur Google :

Si vous revenez à ma photo précédente, elle devient subitement plus terne, limite tristounette. Et pourtant, c’est elle qui est naturelle.

Alors bien sûr, je pourrais faire comme tout le monde en sur-saturant mes images moi aussi, mais y aurait-il un intérêt à cela ?…

Toujours ma même photo, mais en mode fallacieux cette fois-ci !

Dans une moindre mesure que tous ces abus, même nos smartphones comportent tous un réglage interne qui sature un peu les couleurs de toutes les photos que nous prenons, automatiquement. C’est pour éviter cet excès que je n’ai publié, dans cette partie consacrée aux dunes, aucune image prise avec mon smartphone (à l’exception… des panneaux directionnels !)

Pour illustrer cet article, j’ai utilisé un 24×36 reflex. Mes images sont donc beaucoup moins spectaculaires que celles des autres blogs, c’est vrai, mais elles ont au moins le mérite de vous montrer la réalité telle qu’elle est, sans artifice. Et au moins, vous ne serez pas décu.e.s en arrivant là-bas…


Elle est située à cinq kilomètres seulement de la Terre aux Sept Couleurs, il ne faut donc pas hésiter à faire ce léger détour pour aller la découvrir.


La visite se déroule en deux phases. On commence par un tour guidé de la distillerie (20 minutes), puis on enchaîne avec un moment qui n’est pas le plus déplaisant : la dégustation (20 minutes). Pour terminer, le magasin de la rhumerie étant situé juste avant la sortie, on repart rarement les mains vides…

L’arrivée à la rhumerie

Dès la conception de la rhumerie, c’est-à-dire avant sa construction, le futur visiteur a été mis au centre de toutes les attentions.

Posée aux pieds des montagnes, cernée par les cannes à sucre et décorée de nombreuses plantes et fleurs exotiques, ce n’est pas l’usine la plus désagréable à visiter.

Il n’est pas question de retracer ici toutes les étapes de la fabrication du rhum mais pour faire simple, le ou la guide explique en détail tout ce processus, de l’arrivée de la canne à sucre dans la distillerie à la mise en bouteilles du précieux breuvage.

Chamarel est la seule rhumerie de tout l’Océan Indien à pratiquer la double distillation

Puis vient la seconde partie de la visite : la dégustation. Et là, surprise. On nous fait goûter, non pas un verre, comme dans une autre rhumerie visitée il y a quelques années aux Antilles, mais… dix !

Passons aux choses sérieuses…

Oui, vous avez bien lu, dix verres. Rhums blancs, vieux ou ambrés ainsi que liqueurs aux parfums divers, Chamarel nous fait ingurgiter toute la panoplie de son brillant savoir-faire !


La rhumerie est située à 500 mètres du village de Chamarel, et à 5 km de la Terre aux Sept Couleurs.

Les visites se font du lundi au samedi, de 9h30 à 16h30. Il y a possibilité de visites privées (avec dégustation bien sûr).

Visite groupée : 650 roupies (12 euros). Visite privée : 1500 roupies (28 euros). Taux de conversion mars 2026.


Vous trouverez toutes les infos complémentaires sur le site officiel : Rhumerie Chamarel.


La rhumerie dispose de son propre restaurant, l’Alchimiste. Il propose des mets élaborés à base des produits du domaine.

Il était complet lors de notre visite, nous n’avions pas réservé donc nous n’avons pas pu y manger, et nous le regrettons.

Aussi, si vous ne voulez pas faire la même erreur que nous, pensez à réserver un peu à l’avance : c’est conseillé pour le midi, obligatoire pour le soir.

Le prix des menus, lesquels ne sont pas avares en rhum, débute à 40 euros environ, et il comprend la visite et la dégustation.

De plus, ces menus mettent l’eau à la bouche : consulter la carte de l’Alchimiste (je vous préviens tout de suite, si vous cliquez, ça va vous donner faim et soif…)

Tél. +230 483 4980 – info@rhumeriedechamarel.com


Les sites intéressants à visiter ne manquent pas à Maurice. Mais s’il fallait n’en citer qu’un, situé non loin de Chamarel, nous choisirions la plage du Morne.

La plage du Morne

Elle est située à 20 minutes (13 kilomètres) de Chamarel et, avec son sable blanc, ses eaux translucides et ses cocotiers, sans compter le Morne Brabant en arrière-plan, elle a tout de la plage paradisiaque.

Après la Terre aux Sept Couleurs de Chamarel, voici un autre site incontournable de l’île Maurice…


Chamarel…


Ailleurs sur Maurice…




Falassarna : la plage brute de l’ouest crétois

Plage de Falassarna Crète Eaux turquoise Crique Paysage

Grâce à sa beauté brute, Falassarna est considérée comme l’une des plus belles plages de Crète. Sable blanc, petites criques et eaux turquoise, elle répond aux critères de la plage idéale.


  1. Les principaux atouts de Falassarna
  2. Fuir la foule et se retrouver seul/e
  3. Situation
  4. Commodités
  5. Hébergements
  6. Que visiter autour ?


La première chose que nous avons remarquée en arrivant sur place, c’est la foule même si, en plein mois d’août, c’est normal ! En effet, tout le monde se précipite sur la plage principale car elle est aménagée : transats, parasols, snacks.

La plage aménagée de Falassarna (Crète)
La plage de Falassarna

Mais ce qui nous a sauté aux yeux en même temps, c’est la beauté du site ainsi que les couleurs de l’eau.

Une petite crique à côté de la plage de Falassarna (Crète)

Plutôt qu’une plage à proprement parler, il s’agit en réalité d’une succession de plages de sable fin, de petites criques et, par endroits, de dunes.

Une petite crique à côté de la plage de Falassarna (Crète)
Les petites criques de Falassarna

Le tout s’étend sur trois kilomètres. Chacun a donc de quoi y trouver son compte.

Falassarna est victime de son succès l’été mais heureusement, il existe des moyens de profiter des lieux sans subir la foule.

D’une part, la plage est si longue qu’une partie seulement est aménagée, ce qui laisse toute la place qu’il faut, à ceux qui ne louent pas de transat, pour étendre les serviettes un peu plus loin, à l’écart de la foule.

D’autre part, pour ceux qui veulent se retrouver encore plus seuls, il suffit de marcher quelques minutes pour découvrir très vite des petites plages et des petites criques désertes.

Une petite plage déserte à côté de la plage de Falassarna (Crète)

Il suffit de partir du sud de la zone des transats, c’est-à-dire de la gauche quand on est face à la mer : on se retrouve alors très vite à peu près seul (après trois ou quatre minutes de marche) dans de petites criques, ou sur de petites plages de sable fin.

De là, il y a également la possibilité d’aller marcher dans de petites dunes sauvages et désertes, elles aussi.

Dunes de sable à côté de la plage de Falassarna (Crète)
Les dunes de Falassarna

Il faut noter que le naturisme est toléré à l’écart de la plage aménagée.

La côte étant orientée à l’ouest, il arrive que le vent souffle. C’est donc également un spot apprécié des véliplanchistes, kitesurfers etc.

Kitesurfers en face de la plage de Falassarna (Crète)
Kitesurf à Falassarna

Le littoral a été particulièrement bien préservé ici puisqu’il n’y a aucun hébergement sur la plage. Ils sont situés un peu en arrière et ne dénaturent donc pas le paysage.



Falassarna est située dans le nord-ouest de l’île, à 188 kilomètres d’Heraklion (3h00 en voiture) et 51 kilomètres de La Canée (1h00 en voiture).


Parking – On trouve des parkings un peu partout le long des trois kilomètres de plage. Ils sont faciles d’accès, et gratuits.

Plage – La plage principale est aménagée : transats, parasols, snacks.

Activités – Possibilité de pratiquer les sports nautiques ainsi que la plongée sous-marine :

  • Le club de plongée est à Platanos (6 km de Falassarna) : Scuba Diving Club. Contact : divebuddyclub@gmail.com (+30)6987019820

Le littoral ayant été bien préservé, il n’y a aucun hôtel ni hébergement quelconque en bord de mer. Ce n’est peut-être pas très pratique, mais c’est ce qui contribue à faire le charme de Falassarna : il n’y a aucun bétonnage de la côte, et c’est ce qu’on apprécie quand on vient profiter de cette belle plage.

Alors où dormir ?

Voici la liste des hébergements qui sont à la fois les plus proches de Falassarna et les mieux notés : Booking Falassarna


Au bout de la plage, à l’extrémité nord, un petit chemin (20 minutes de marche ou 5 minutes de voiture) permet de rejoindre les ruines du village antique de Falassarna.


Falassarna est une plage incontournable lors de tout voyage en Crète. Tout le monde y trouve son compte, qu’on soit adepte de baignades et de bronzage, de repos sur un transat un verre à la main, ou encore de beaux paysages (la plage et ses environs sont très instagrammables).

Les abords de la plage de Falassarna (Crète)
Deux instagrammeuses reviennent d’un shooting photo




Le jardin de cactus de Lanzarote : découvrez une oasis surprenante

Jardin de cactus de Lanzarote César Manrique Gros plan sur une forêt de cactées fleuries

A Lanzarote, le jardin de cactus est une œuvre végétale de César Manrique qui s’intègre parfaitement dans les paysages naturels de l’île. L’exotisme de cette végétation piquante, plantée dans un insolite écrin volcanique, exerce une fascination certaine sur la plupart des visiteurs. Petit tour d’horizon de ce jardin d’exception.


LE JARDIN DE CACTUS EN BREF

📍 Localisation : à Guatiza, dans le nord-ouest de Lanzarote.

🚶 Durée totale : 1h en moyenne (de 1/2h minimum à 2h, voire plus selon les goûts).

Intérêt principal : les cactus dans toute leur splendeur, de toutes les formes, toutes les dimensions, et avec des fleurs de toutes les couleurs !

🎒 Niveau : un peu de marche sans aucune difficulté.

🕒 Meilleure saison : douceur toute l'année !

Avec ces 4500 spécimens de cactus, issus de 1400 espèces différentes provenant des cinq continents, César Manrique a réussi le tour de force de faire de ce jardin exceptionnel l’un des plus réputés de la planète.

Le jardin de cactus et le volcan Montaña Tinamala
Le jardin de cactus et le volcan Montaña Cobrada

Pour donner naissance à ce site épatant, Manrique a jeté son dévolu sur une ancienne zone agricole qui avait été laissée à l’abandon au fil des années. Située dans un joli cadre naturel, aux pieds des cratères et au milieu des roches volcaniques, il l’a réhabilitée avant d’y faire prospérer ces innombrables variétés de cactus. Son éternel objectif était alors atteint : relier l’art et la nature de la manière la plus harmonieuse qui soit.

Ce jardin magistral, qui constitue une véritable œuvre d’art, s’intègre donc parfaitement à son environnement naturel et volcanique.

Le sol est recouvert de picòn, cette fameuse cendre volcanique, et comporte quelques petits bassins où flottent des nénuphars et nagent de gros poissons rouges.

Dans ce sanctuaire paisible règnent le calme et la sérénité. Les cactus prennent toutes les formes possibles, mais aussi toutes les couleurs imaginables lorsqu’ils sont en fleurs.

Il faut déambuler tranquillement dans ces allées pour mieux s’imprégner de l’atmosphère poétique créée par ces cactées en tous genres. Comme de nombreux visiteurs, nous avons été touchés par la magie qui se dégage de ce site atypique.

Au fond du jardin, un vieux moulin domine le site. Parmi les différentes variétés de cactus qui prospèrent à ses pieds, mentionnons le coussin de belle-mère, au nom si explicite…

Le fameux coussin de belle-mère

Le jardin de cactus est ouvert tous les jours de 10h00 à 17h00 (dernière entrée à 16h30), 365 jours par an.

Adultes : 8,50 euros – Adultes en situation de handicap : 6 euros

Enfants : 4,25 euros – Enfants en situation de handicap : 3 euros


Le site est doté d’un vaste parking.

A l’intérieur, il y a une cafétéria qui sert à manger et à boire à des tarifs corrects : voir le menu.

A noter que deux œuvres de Manrique décorent les toilettes, pour distinguer celles des femmes de celles des hommes.

L’entrée des toilettes hommes…
… et celle des toilettes femmes.

Le jardin de cactus est situé dans le nord-ouest de l’île à Guatiza, qui dépend de la municipalité de Teguise, bien que cette ville soit située à 15 minutes de là.

Costa Teguise est également à 15 minutes, Arrecife à 20 minutes, Puerto del Carmen à 30 minutes.


Juste à côté du jardin de cactus est situé un lieu naturel époustouflant, auquel nous avons consacré un article à part entière : Los Roferos, encore appelé Stratified City.

Depuis le jardin de cactus :

  • En voiture : 5 minutes.
  • A pied : 50 minutes à 1 heure.


Le jardin de cactus a été conçu en amphithéâtre



Et encore quelques photos : car c’est vraiment trop difficile de s’arrêter de photographier ces jolies plantes, quand on déambule dans les allées de ce jardin d’exception…





Profitez d’un village calme et pittoresque : Arrieta (Lanzarote)

Maisons blanches du village d'Arrieta sur une coulée de lave face à la mer, volcans en arrière-plan

Réputé pour son calme et sa douceur de vivre, Arrieta est un petit village côtier qui a une âme. Peu touristique en dehors de la saison estivale, sa situation est idéale pour s’y poser quelques jours : cela permet de rayonner dans tout le nord de l’île, qui ne manque pas de sites intéressants à visiter. Avec ses plages agréables et ses excellents restaurants, ce charmant petit village constitue une halte incontournable.



Souvent appelée le chalet Juanita en français, cette bâtisse singulière est à Arrieta ce que la tour Eiffel est à Paris ! C’est-à-dire son symbole.

La Casa Juanita, sa plage et sa piscine naturelle

Derrière cette étrange maison colorée se cache une histoire tragique, celle de la petite Juanita.

Casa Juanita

Atteinte de tuberculose au début du XXe siècle, ses médecins préconisèrent une cure en bord de mer. Ils pensaient que respirer abondamment l’iode marin aurait des conséquences favorables sur sa santé.

Casa Juanita

En 1916, ses parents fortunés lui firent donc construire en bord de mer cette demeure qui porte son nom. Pour l’architecture, ils s’inspirèrent tout simplement de la maison de sa poupée.

Malheureusement, cinq ans plus tard, la maladie finit par emporter Juanita à l’âge de dix-sept ans. Elle fut enterrée dans le village voisin de Haría, où elle repose toujours.

Casa Juanita

Aujourd’hui, la maison appartient à une famille d’Arrecife qui, paraît-il, la loue de temps en temps…


Lorsqu’on arrive à Arrieta par le sud, la première vision que l’on a du village est celle de sa longue plage de sable fin faisant face à l’océan. C’est la plage de la Garita.

La plage de la Garita borde le village d’Arrieta

Avec ses huit cents mètres de long, elle est réputée assez calme car elle est abritée des vents dominants qui soufflent sur l’île. L’océan s’y déchaîne donc rarement.

Tout au bout de la plage, côté village, il y a une jetée très prisée des enfants et des ados car elle offre la possibilité de faire des plongeons dans la mer.

La Garita

Le climat étant doux tout au long de l’année à Lanzarote, on peut se baigner à la Garita à n’importe quelle période, comme partout sur l’île.


Située aux pieds de la fameuse Casa Juanita, cette plage est déjà toute petite mais en plus, elle subit un peu la variation des marées. L’eau y est extrêmement calme puisqu’une digue, prolongée par une rangée de gros rochers, ferme quasiment l’accès à la mer. C’est ce qui fait de cet endroit une jolie petite piscine naturelle, particulièrement adaptée aux familles.

La petite plage de Casa Juanita et sa piscine naturelle

Acculé entre les volcans et l’océan, Arrieta est un petit village de pêcheurs qui fut construit sur une coulée de lave.

Arrieta les pieds dans l’eau

L’un de ses gros points forts, c’est qu’il est peu touristique, en dehors de la saison estivale.

On peut donc s’y balader en toute tranquillité, et cette découverte du village à pied est rapide : en prenant son temps, la balade dure une quinzaine de minutes.

Elle démarre de l’une des deux extrémités du village, c’est-à-dire soit de la plage de la Casa Juanita, soit celle de la Garita. Dans les deux cas, il y a un parking naturel pour garer la voiture.

Arrieta

Chaque matin, les pêcheurs partent en mer et à leur retour, on peut voir les restaurateurs du village venir s’approvisionner avec la pêche du jour. De la mer à l’assiette, ici, la fraîcheur est garantie.

La rue principale est justement colonisée par une dizaines de restaurants, dont certains sont réputés. La plupart d’entre eux offrent une terrasse face à la mer.

Il y a aussi la possibilité de flâner dans ces jolies petites ruelles qui font le charme d’Arrieta.

En faisant un court détour en direction de l’intérieur des terres, on peut visiter le musée de l’aloe vera, à l’entrée du village.

Il y en a trois autres identiques sur l’île (à Punta Mujeres, Yaiza et Teguise, ainsi qu’un dernier sur l’île voisine de la Graciosa).

Le musée de l’aloe vera d’Arrieta

La balade se termine à la plage de la Garita ou à celle de Casa Juanita, en fonction du sens choisi.

La petite piscine naturelle de Casa Juanita, sur fond de volcans


S’il n’y a plus de places dans les petites rues à proximité, on peut se garer sur le parking qui fait face à la mer et à la Casa Juanita, dans une sorte de terrain vague.

A trente mètres de la jetée qui fait face à la Casa Juanita se trouve le minuscule restaurant El Pisquito.

Il ne comporte pas de salle : on mange exclusivement dehors, sur une petite terrasse qui domine la mer. Les prix sont bon marché, la nourriture délicieuse, le personnel adorable.

La petite adresse parfaite, à tel point qu’elle est vite devenue notre cantine.

Attention : il vaut mieux réserver, y compris en basse saison. Sinon, il y a d’autres restaurants à proximité..

Le resto el Pisquito


Là aussi, la plage est dotée d’un vaste parking naturel.

La plage de la Garita est dotée de WC et de douches.

La Casa de la Playa est un restaurant très agréable, posé sur la plage.

La nourriture y est délicieuse, les prix très corrects et la vue sur la mer parfaite.

La Casa de la Playa

Possibilité de ramener une foule de cadeaux et de souvenirs, dérivés non seulement de cette plante, mais aussi des roches volcaniques, de la vigne etc.

L’entrée est gratuite.

Le site internet : musée de l’aloe vera.


Si vous souhaitez photographier le coucher du soleil ou dîner face à lui, vous êtes du mauvais côté de l’île ! Ici, le soleil se lève derrière la mer mais se couche à l’opposé, derrière les volcans.


Les sites intéressants ne manquent pas dans le nord de l’île.

Depuis Arrieta, voici les temps approximatifs de trajets :

  • Cueva de los Verdes et Jameos del Agua : 7 minutes.
  • Mirador del Rio : 15 minutes.
  • Haria : 10 minutes.
  • Jardin de cactus : 8 minutes.


Arrieta est un petit village de pêcheurs authentique, avec beaucoup de charme et qui se visite paisiblement. Idéalement placé, il permet en plus de découvrir les principaux sites touristiques du nord de l’île. C’est donc un village à ne pas rater.






Découvrir les panoramas fascinants de Los Roferos (Stratified City, Lanzarote)

Arche de roches volcaniques, volcan Montaña de Tinaguache, lever du soleil, Los Roferos, Lanzarote

Los Roferos est un site qui permet d’admirer de somptueux paysages naturels, composés de formations rocheuses aux formes tourmentées sur fond de volcans. Niché dans le nord de Lanzarote, il est facile d’accès et n’est pas encore surfréquenté. Par endroits, on se croirait carrément dans l’ouest américain.

Photos, description, infos pratiques, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter au mieux de ce site méconnu mais, selon nous, incontournable.

Les formations rocheuses de Los Roferos

Notre visite sur ce site étonnant s’est déroulée un jour où la lumière du soleil jouait à cache-cache entre les nuages. Pas l’idéal pour les photos, j’ai donc décidé d’y revenir le lendemain matin très tôt, au lever du soleil, pour essayer de faire de meilleures images. Je me suis alors retrouvé tout seul pendant plus d’une heure face à des panoramas de toute beauté.

Stratified City et le volcan Montaña de Guenia

Quand le soleil levant éclaire le site de sa lumière chaude, le paysage s’enflamme brusquement. Les différentes formations rocheuses aux formes énigmatiques (colonnes, arches et petites grottes) se mettent alors à rougeoyer. Ce panorama est d’une beauté sauvage qui ne laisse pas insensibles les amoureux.ses de la nature.

Le volcan Montaña de Guenia

A l’origine, Los Roferos, qu’on appelle également Stratified City, était une carrière d’extraction de roches, celles avec lesquelles sont construites les maisons de l’île. Au fil du temps, la carrière a fini par péricliter et être abandonnée. L’activité minière avait déjà commencé à creuser ces formations rocheuses, et la nature a fini le travail grâce à la pluie, au vent et à son activité permanente d’érosion.

Le volcan Montaña de Tinaguache, sous une arche de Stratified City

Aujourd’hui encore, la nature continue à façonner les paysages de ce site atypique. Particulièrement photogénique et sans doute très instagramable, Stratified City n’est pourtant pas encore pris d’assaut par les touristes même si, en haute saison (juillet – août), il vaut quand mieux y aller tôt le matin si l’on veut être tranquille.

Se balader au milieu de ces curieuses formations rocheuses face à des volcans majestueux laisse un souvenir impérissable.

Le volcan Montaña de Tinaguache


Le site est déjà photogénique sous la lumière brute de la mi-journée mais pour le photographier dans les meilleures conditions, il faut impérativement venir au lever ou au coucher du soleil. C’est à ces moments-là, pendant les fameuses golden hours, qu’il se présente sous sa plus belle lumière.

En arrivant, garez bien votre voiture à côté de la route et non pas à coté des formations rocheuses. Sinon, en fonction des photos que vous prendrez, vous risqueriez d’avoir votre véhicule dans votre champ de vision…

La boulette : garer sa voiture en plein dans le champ de la photo

Un parking naturel borde le site, le long de la route.

Il n’y a pas d’autres commodités.


Stratified City se situe juste au bord de la route (la LZ-404).

Lorsqu’on arrive à hauteur du site, on ne peut pas le rater car on aperçoit les formations rocheuses depuis la voiture : c’est qu’on est arrivé.


L’entrée est gratuite, le site est en accès libre.


Le site se visite assez rapidement. On peut y passer quelques minutes comme une bonne heure, voire plus si l’on veut faire le tour de toutes les formations rocheuses, en prenant le temps de les photographier et de les admirer.


Le conseil précédent vaut également pour tous les visiteurs : le meilleur moment pour admirer les lieux, ce sont les premières et les dernières lueurs du jour, car ce sont les deux moments de la journée où les couleurs sont de loin les plus belles.

L’autre avantage, c’est qu’à ces moments-là, surtout tôt le matin, le site est vide de touristes : on peut alors profiter des lieux tout seul.


Vous pouvez trouver différents noms qui désignent tous ce seul et même site : Stratified City, Los Roferos (qui vient de rofe, le nom des pierres qui étaient extraites du site), Ciudada Estratificada, Antigua Rofera de Teseguite…


Si Los Roferos vous plaît, alors vous pourriez tomber sous le charme d’un autre site naturel d’origine volcanique, lui aussi façonné par l’érosion au fil des millénaires : Las Grietas (qui signifie les fissures). Il est situé à environ 20 km et 20 minutes de Los Roferos.

Tout comme les principales curiosités naturelles de Lanzarote, vous pouvez le retrouver dans notre article Lanzarote sauvage : explorez les paysages les plus surprenants de l’île.

Las Grietas


Le site se trouve dans l’ouest de l’île et il est accessible relativement rapidement depuis à peu près tous les points de l’île : l’une des villes les plus éloignées du site, Playa Blanca, n’est qu’à 45 minutes.

Pour les autres villes principales, Puerto del Carmen est à 25 minutes, Arrecife à 20 minutes, Haria à 15 minutes et Teguise à 5 minutes.


Pour résumer, Los Roferos est un site naturel atypique qui offre des paysages sublimes et fascinants. Ne faisant généralement pas partie des circuits touristiques, il est encore peu fréquenté pour l’instant. C’est pourquoi il faut vite en profiter avant que le secret ne se répande…






Lanzarote sauvage : explorez les paysages naturels les plus surprenants de l’île

Couverte de champs de lave, de cratères et de falaises qui plongent dans l’océan, Lanzarote est une île qui a été façonnée par un volcanisme intense. La nature y a créé des paysages sauvages et atypiques, parfaits pour explorer l’île sous son visage le plus brut et le plus spectaculaire. Voici notre sélection des sites les plus étonnants…


LANZAROTE EN BREF...

🗺️ Ce que vous verrez : des couloirs de lave, un littoral déchiqueté, une lagune colorée, des points de vues saisissants...

🚗 Accès : facile en voiture.

🎒 Niveau : facile, peu de marche.

Ce qui rend l’île incontournable : hors saison, l'avion n'est pas cher, il fait doux toute l'année et les paysages naturels sont époustouflants.



Imaginez le cratère d’un ancien volcan qui émerge d’une mer profondément bleue. Ses parois sont marron-orangé et un lac vert repose au fond, cerné par une plage de sable noir. Et bien vous ne rêvez pas, ce paysage étonnant et inhabituel existe : il s’appelle Charco de los Clicos.

Charco de los Clicos : el Lago Verde

Avant d’accéder à ce panorama atypique, il ne faut pas rater le minuscule détour par le mirador El Golfo. Il permet d’admirer la plage du même nom, constituée de sable noir volcanique.

La plage el Golfo vue depuis le mirador

Ensuite, quand on arrive à la lagune, on est saisi par sa couleur verte qui présente un gros contraste avec le noir de la plage volcanique.

Pourquoi la lagune est-elle verte ?

Pour commencer, la présence de la lagune à cet endroit est due aux infiltrations de l’eau de mer au fond de l’ancien cratère. Puis peu à peu, elle a été colonisée par des algues : ce sont elles qui lui ont donné cette couleur verte.

El Lago Verde

Ce site a de véritables airs de bout du monde. Bien qu’exposé aux vents et aux embruns, son panorama sublime respire le calme et la sérénité.

Pour parfaire la visite, on peut aller se régaler dans l’un des excellents restaurants du petit village voisin, El Golfo, posé à 600 mètres de là (voir les conseils pratiques ci-dessous).



L’accès au site est gratuit mais le chemin est balisé, on ne peut pas aller jusqu’à la lagune pour s’y baigner par exemple, le but étant de préserver cet espace naturel unique.


Le site est doté d’un parking gratuit, en bordure de la route LZ-703.


Le mirador El Golfo qui domine la plage est situé à droite du parking. A quelques mètres de là démarre le chemin très court (moins de cinq minutes de marche) qui mène au point de vue sur El Charco de los Clicos et sa lagune verte.


Le temps de visite est globalement court. Même en prenant son temps, il est peu probable qu’il dépasse la demi-heure même si, évidemment, on peut flâner sur place autant qu’on veut.

Ce gain de temps permet donc, soit de visiter d’autres sites dans cette zone de l’île (Los Hervideros par exemple), soit d’aller prendre un verre et/ou manger un morceau face à la mer à El Golfo, à 600 mètres de là.


El Golfo est un village doté de nombreux petits bars et restaurants, qui ont tous les pieds dans l’eau. Nous avons testé le restaurant Bogavente et nous le recommandons fortement : terrasse exceptionnelle, cuisine délicieuse, service sympa, prix contenus (20 à 40 euros le repas complet). Du coup, le rapport qualité-prix est excellent.

Sangria au resto Bogavente
Le resto Bogavente

Charco de los Clicos est situé dans le sud-ouest de l’île : à 15 minutes de Playa Blanca, à 25 minutes de Puerto del Carmen, à 30 minutes d’Arrecife et de Teguise.



Las Grietas signifie les fissures en espagnol. Lorsqu’on arpente les failles de ce site très nature et atypique, on ressent une atmosphère particulière, emprunte de mystère.

Las Grietas

La première fissure est aussi haute qu’étroite.

Par endroits, elle dépasse parfois les cinq mètres de haut alors qu’en largeur, elle se resserre considérablement, laissant péniblement passer les humains.

Au fil de la progression, il faut donc carrément se contorsionner pour pouvoir franchir certaines zones, ce qui procure une petite sensation d’aventure.

Les rayons du soleil se fraient un chemin comme ils peuvent jusqu’au fond de ces petites failles, mettant en valeur les stries naturelles des parois.

Au fil de la journée et de l’évolution de la lumière, les couleurs peuvent varier, rendant le site particulièrement photogénique (même si, le jour de notre visite, la lumière était le plus souvent voilée).

L’un des gros avantages du site, c’est qu’il a su rester authentique. Car contrairement à bien d’autres lieux à visiter sur Lanzarote, il n’y a aucun aménagement, aucun guichet, aucune barrière, aucune contrainte : le site a su rester 100% nature, on peut se balader où l’on veut, comme on veut, quand on veut, ce qui change de certaines visites très (trop ?) encadrées sur l’île. Une raison de plus pour aller le visiter.

Comment ce site atypique s’est-il créé ?

Les fissures dégoulinent des flancs d’un volcan, la Montaña Blanca. Elles sont tout simplement le fruit de l’érosion ainsi que de l’action du vent et de la pluie sur la lave solidifiée, au fil du temps.



L’entrée est gratuite, le site est en accès libre.


Un assez grand parking naturel gratuit est disponible sur le bord de la route (la LZ-35).

A partir de là, il faut marcher sur le chemin pendant quelques minutes pour arriver à la première fissure.


Chaussures : il est préférable de porter des chaussures fermées car certains endroits sont assez glissants au fond des fissures, même en chaussures de rando. Alors en tongs…

Fréquentation : s’il y a un peu trop de monde à votre goût lorsque vous arrivez dans la première fissure, ne vous y engagez pas et rendez-vous directement dans la deuxième ou la troisième, situées juste derrière : elles sont sensiblement moins fréquentés alors que tout le monde se précipite sur la première.

Le vent : éviter de visiter le site par temps venteux car le sable voltige dans les fissures, ce qui peut devenir gênant.

S’y rendre en début ou en fin de journée : il y a moins de monde, et la lumière est plus photogénique.


Le site se visite assez rapidement. 45 minutes voire une heure seront largement suffisantes pour la plupart des visiteurs et visiteuses, en incluant les 15 minutes de marche aller – retour, du parking aux fissures.


Las Grietas jouit d’un emplacement plus ou moins central sur l’île, légèrement sud, ce qui lui permet d’être accessible assez rapidement de presque tous les endroits de l’île.

Ainsi, Puerto del Carmen et Arrecife sont à 10 minutes, Teguise à 15 minutes et Playa Blanca à 25 minutes.



Le Mirador del Rio est un belvédère situé au sommet d’une falaise, 500 mètres au-dessus de la mer. Sa terrasse panoramique offre une vue à couper le souffle sur la jolie petite île voisine de la Graciosa et sur El Rio, ce petit bras de mer qui la sépare de Lanzarote.

L’ile de la Graciosa vue depuis le mirador del Rio

La Graciosa est une toute petite île volcanique sauvage, peu habitée, et dont les plages de sable blanc se détachent parfaitement sur la mer d’un bleu profond. La vue panoramique à 180° a un côté sidérant, que les photos ne peuvent restituer.

Malgré ses dimensions réduites (8 km de long par 4 km de large), l’île de la Graciosa compte sur ses terres pas moins de cinq volcans.

Le volcan Montaña Amarilla, sur La Graciosa

Situé tout au nord de Lanzarote, le mirador del Rio fait partie de l’œuvre de César Manrique, le fameux artiste à la fois local et international. Ce site s’inscrit dans son travail sur l’intégration de l’art dans la nature. A Lanzarote, ce lieu magnifique est incontournable.

A l’intérieur de cette œuvre architecturale renommée et parfaitement intégrée à l’environnement, on trouve une sculpture de Manrique, un bar-restaurant dont les tables donnent sur des fenêtres panoramiques hypnotiques, ou encore un escalier en colimaçon réputé…

Vue sur les volcans de Lanzarote


Le prix : 8,50 euros par adulte et 4,25 euros par enfant.

Horaires d’ouverture : 10h00 – 16h40

La cafétéria et le magasin ferment à 16h50.


Idéalement, il faut s’y rendre par beau temps. Si la météo n’est pas optimale, il est préférable d’attendre le lendemain car c’est par beau temps que la vue est vraiment exceptionnelle.


Commodités

Il y a un parking gratuit à cent mètres du mirador.

A l’intérieur de ce dernier, il y a toutes les commodités : toilettes, magasin de souvenirs, bar, restaurant…


Pour être honnête, oui ! En effet, bien que le Mirador del Rio nous semble incontournable, si seule la vue vous intéresse, alors sachez que vous pouvez très bien faire l’impasse sur le mirador : il y a différents points de vues quasi-identiques et entièrement gratuits accessibles depuis la route LZ-202, situés juste à gauche du mirador.

Il y a même un autre mirador, le Mirador de Guinate qui lui est gratuit, situé deux kilomètres après le Mirador del Rio. Après une descente en virages, on se retrouve sur une petite route trop étroite pour que deux véhicules puissent se croiser. Il faut alors guetter une petite impasse sur la droite. Là, on se gare sur un parking gratuit. Et ici aussi, de cet autre mirador, la vue est somptueuse.

La vue sur La Graciosa depuis le mirador de Guinate

Un chemin de randonnée comportant des vues éblouissantes existe entre Orzola et le Mirador del Rio.

Distance : 13 km / Dénivelé : 710 m+ et 649 m- / Durée approximative : +/- 6h00 / Difficulté moyenne

Nous ne l’avons pas testée mais pour plus d’infos, et pour télécharger la trace GPX : VisoRando Lanzarote


Le plus beau site à visiter alentour est justement la petite île de la Graciosa.

Pour s’y rendre, il faut prendre le bateau depuis la petite ville d’Orzola, située à 3 kilomètres du Mirador del Rio à vol d’oiseau, mais à 10 kilomètres par la route !

Deux compagnies assurent la traversée, Lineas Maritimas Romeo et Biosfera Express. Elles alternent les départs, ce qui offre aux touristes une multitude d’horaires quotidiens.

Durée de la traversée : 25 minutes.

Prix de la traversée : 60 euros en moyenne (le tarif varie fortement suivant la saison : entre 30 et 120 euros l’aller-retour).

Attention : les ferries ne prennent pas les voitures. Il faut en louer une sur l’île de La Graciosa ou, mieux encore, un vélo (électrique ou pas mais attention, il y a du dénivelé et du sable).


Le Mirador del Rio est situé à l’extrême nord de l’île.

Il est situé à 15 minutes d’Haria, à 35 minutes de Teguise et Arrecife ou encore à 45 minutes de Puerto del Carmen.


Pour commencer, il faut remonter à l’éruption du mont Corona, il y a plus de 4000 ans. Le volcan cracha un tel volume de lave qu’elle atteignit une épaisseur de 400 mètres !

Pendant que la croûte extérieure de l’un des torrents de lave séchait, la roche en fusion continuait à s’écouler à l’intérieur. Bien plus tard, quand la source de lave se tarit à la fin de l’éruption, elle laissa la place à cet immense tube volcanique : 8 kilomètres de long, dont plus d’un kilomètre est entièrement immergé sous l’océan.

Deux portions de ce tunnel peuvent être visitées : légèrement à l’intérieur des terres, La Cueva de los Verdes et à proximité de la mer, Los Jameos del Agua. Voici une description détaillée de ces deux merveilles de la nature.


Cette première portion du tube de lave est aménagée pour qu’on puisse la visiter à pied (la grotte ne peut pas se visiter seul et sans guide).

Le groupe au début de la visite

La longueur du tunnel est d’environ un kilomètre, sa hauteur atteint au maximum les 50 mètres et sa largeur les 15 mètres.

Mais à l’inverse, on doit se baisser par endroits pour pouvoir traverser les parties les plus étroites du couloir.

L’aménagement de ce couloir de lave fut confié en 1960 à Jesús Soto, un artiste vénézuelo-français. Il y apporta le moins de modifications possible afin de conserver au maximum l’ambiance naturelle des lieux. Ses aménagements furent donc minimalistes : il conçut un chemin praticable pour les visiteurs (aplanissement du sol, création de quelques escaliers, sécurisation des lieux), et il disposa un éclairage coloré de manière optimale.

Il voulait que ce site sauvage et atypique conserve tout son naturel et toute son authenticité, en lui conférant une ambiance mystérieuse dans un cadre féérique. Et force est de constater qu’une fois à l’intérieur, la magie opère.

Au fil de la progression du groupe, on peut observer les différentes strates de lave ainsi que ses différentes couleurs.

Au-dessus de nos têtes, on aperçoit de minuscules stalactites : ce sont les milliers de gouttelettes qu’elle a laissées sur les parois de la voûte en se solidifiant.

C’est à ce niveau-là que se situe un auditorium, dont les qualités acoustiques sont paraît-il exceptionnelles.

En fin de visite arrive le clou du spectacle.

Le tube de lave est mis en valeur par l’éclairage à cet endroit-là, et à nos pieds se trouve un gouffre tout aussi bien éclairé.

Mais quand la guide demande à un visiteur de jeter un caillou dans cette crevasse, surprise : c’est en réalité un lac dont la surface est au niveau de nos pieds.

Il était si calme qu’il s’était transformé en véritable miroir, et on croyait vraiment qu’il y avait un gouffre sous nos pieds à la place de ce petit lac intérieur.

Ce trompe-l’œil naturel est sidérant et le lieu est de toute beauté.

La visite se termine sur cette partie bluffante du tunnel, le temps de remonter à la surface de la Terre !



Le site est ouvert de 9h30 à 16h15 tous les jours (365/365)

Pour réserver sur le site officiel : Réserver les billets


  • Adultes : 16 euros par personne (11,20 euros si handicap)
  • Enfants (de 7 à 12 ans) : 8 euros (5,60 euros si handicap)
  • Enfants (moins de 7 ans) : gratuit.
La sortie de la galerie

Elle dure 45 à 50 minutes. On ne peut pas trop flâner en route car les groupes se suivent de près, c’est un peu l’usine…


Stationnement : il y a un vaste parking gratuit à proximité du site.

Toilettes : il est également doté de toilettes (avec tables à langer) mais à l’entrée du tunnel. Il faut donc prendre ses précautions avant de descendre dans les entrailles de la terre !

Restauration : il n’y a rien à manger ni à boire sur place.


Personnes à mobilité réduite : en raison de sa configuration (certains passages sont très étroits ou très bas), le site n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

Claustrophobie : les personnes claustrophobes peuvent se sentir oppressées dans ce site souterrain qui comporte quelques couloirs et escaliers très étroits.

Poussettes : elles ne sont pas admises dans le tunnel.

Animaux de compagnies : ils ne sont pas admis non plus, à l’exception des chiens d’assistance.


La Cueva de los Verdes est située tout au nord-ouest de l’île, en bordure de la LZ-205, et à un kilomètres de Los Jameos del Agua.

Pour s’y rendre, il faut 25 minutes depuis Costa Teguise et Teguise, 30 minutes depuis Arrecife ou encore 40 minutes depuis Puerto del Carmen. Et si vous venez de Playa Blanca, à l’extrémité opposée de l’île, alors il vous faudra 1 heure.



Créé sur un site naturel unique par César Manrique, Los Jameos del Agua est un centre d’art, de culture et de tourisme. Situé dans le même tunnel de lave que la Cueva de los Verdes mais un peu plus loin, il s’agit d’un site étonnant qui met en avant l’insertion harmonieuse de l’art dans la nature, selon les principes chers à l’artiste.

Los Jameos del Agua est donc le prolongement naturel du site présenté ci-dessus, La Cueva de los Verdes.

Sur ce second site, une partie de la voûte s’effondra par endroits, créant de grands trous dans le plafond (ce sont ces trous que désigne le mot aborigène Jameos).

Puis l’eau de mer s’infiltra au fil du temps au fond de ce tunnel, créant une sorte de lac intérieur.

Los Jameos del Agua

L’artiste optimisa de façon exceptionnelle une partie de ce tunnel de lave pour créer les différentes parties de son œuvre.

Il disposa des plantes exubérantes à l’intérieur du couloir volcanique, afin d’augmenter encore la sensation du visiteur de se sentir dans un environnement naturel d’exception.

Puis il conçut un bar et un restaurant improbables au bout du lac intérieur, où l’on peut donc boire un verre ou manger un morceau dans ce décor unique.

A la sortie de ce couloir volcanique se trouve la surprise du chef : une piscine d’une blancheur éblouissante dont les parois arrondies épousent en partie les formes de la lave solidifiée.

Le tunnel de lave qui reprend un peu plus loin comprend un auditorium de 550 places aux qualités acoustiques paraît-il exceptionnelles, et au cadre visuel somptueux. Toujours pour rester fidèle à ses grands principes artistiques, Manrique disposa les sièges en suivant la pente descendante naturelle du sol de lave, ce qui permet aux spectateurs d’avoir une visibilité parfaite.

Et puisque la nature est au centre du génie artistique de Manrique, mentionnons le fameux Munidopsis Polymorpha ! Ce crabe minuscule (un centimètre de long) est endémique de Lanzarote. Après avoir vécu 4000 ans dans la pénombre, il a fini par devenir aveugle et il a perdu peu à peu toutes ses couleurs, pour être totalement blanc aujourd’hui.

Très sensible à la rouille, il a failli disparaître ces dernières années à cause de la présence dans le lac souterrain de nombreuses pièces de monnaie jetées par les touristes. Ce qu’il est désormais interdit de faire.

Enfin, une Maison des Volcans a été érigée sur le site, au-dessus du tunnel de lave. Il s’agit d’un musée dédié à la volcanologie de l’île.



  • Ouverture : 10h00 – 17h15 tous les jours

  • Pour le restaurant : 12h00 – 16h00 tous les jours, 19h00 – 21h00 le mercredi et le vendredi

  • Les prix (2025) : 16 euros par adulte (11,20 euros si handicap) – 8,25 euros par enfant de 7 à 12 ans (5,60 euros si handicap) – Gratuit aux moins de 7 ans

Stationnement : il y a un vaste parking gratuit à proximité du site.

Restauration : un bar-restaurant fait face au lac.

Toilettes : le site est doté de toilettes.

Baignade interdite, que ce soit dans le lac intérieur ou la piscine extérieure.


Ou du moins, ne la jetez pas dans le lac intérieur : c’est désormais interdit afin de protéger les petits crabes blancs endémiques de l’île, qui ont failli disparaître par le passé à cause de cette pratique aussi répandue qu’inutile…

Ce lac héberge d’ailleurs 76 autres espèces endémiques, elles aussi à protéger…


Los Jameos del Agua est situé tout au nord-ouest de l’île, en bordure de la LZ-1, et à un kilomètre de La Cueva de los Verdes.

Pour s’y rendre, il faut 25 minutes depuis Costa Teguise et Teguise, 30 minutes depuis Arrecife ou encore 40 minutes depuis Puerto del Carmen. Et si vous venez de Playa Blanca, à l’extrémité opposée de l’île, alors il vous faudra 1 heure.



Stratified City est un site qui permet d’admirer de somptueux paysages naturels, composés de formations rocheuses aux formes tourmentées sur fond de volcans.

Les formations rocheuses de Stratified City

Notre visite sur ce site étonnant s’est déroulée un jour où la lumière du soleil jouait à cache-cache entre les nuages. Pas l’idéal pour les photos, j’ai donc décidé d’y revenir le lendemain matin très tôt, au lever du soleil, pour essayer de faire de meilleures images. Je me suis alors retrouvé tout seul pendant plus d’une heure face à des panoramas de toute beauté.

Stratified City et le volcan Montaña de Guenia

Quand le soleil levant éclaire le site de sa lumière chaude, le paysage s’enflamme. Les différentes formations rocheuses aux formes énigmatiques (colonnes, arches et petites grottes) se mettent alors à rougeoyer. Ce panorama est d’une beauté sauvage qui ne laisse pas insensibles les amoureux.ses de la nature.

Le volcan Montaña de Guenia

A l’origine, ce site, également appelé Los Roferos, était une carrière d’extraction de roches, celles avec lesquelles sont construites les maisons de l’île. Au fil du temps, la carrière a fini par péricliter et être abandonnée. L’activité minière avait déjà commencé à creuser ces formations rocheuses, et la nature a fini le travail grâce à la pluie et au vent, ainsi qu’à son activité permanente d’érosion.

Le volcan Montaña de Tinaguache, sous une arche de Stratified City

Se balader au milieu de ces curieuses formations rocheuses face à des volcans majestueux laisse un souvenir impérissable.

Le volcan Montaña de Tinaguache


Le site est déjà photogénique sous la lumière brute de la mi-journée mais pour le photographier dans les meilleures conditions, il faut impérativement venir au lever ou au coucher du soleil. C’est à ces moments-là, pendant les fameuses golden hours, qu’il se présente sous son plus beau jour.

En arrivant, garez bien votre voiture côté route et non pas coté formations rocheuses. Sinon, en fonction des photos que vous prendrez, vous risqueriez d’avoir votre véhicule dans votre champ de vision…

La boulette : garer sa voiture en plein dans le champ de la photo

Le conseil précédent vaut également pour tous les visiteurs : le meilleur moment pour admirer les lieux, ce sont les premières et les dernières lueurs du jour, car ce sont les deux moments de la journée où les couleurs sont de loin les plus belles.

L’autre avantage, c’est qu’à ces moments-là, surtout tôt le matin, le site est vide de touristes : on peut alors profiter des lieux tout seul.


Un parking naturel borde le site, le long de la route.

Il n’y a pas d’autres commodités.


L’entrée est gratuite, le site est en accès libre.


Le site se visite assez rapidement. On peut y passer quelques minutes comme une bonne heure, voire plus si l’on veut faire le tour de toutes les formations rocheuses, en prenant le temps de les photographier et de les admirer.


Vous pouvez trouver différents noms qui désignent tous ce seul et même site : Stratified City, Ciudada Estratificada, Los Roferos (qui vient de rofe, le nom des pierres qui étaient extraites du site), Antigua Rofera de Teseguite…


Stratified City se situe juste au bord de la route (la LZ-404). Lorsqu’on arrive à hauteur du site, on ne peut pas le rater car on aperçoit les formations rocheuses depuis la voiture : on est arrivé.


Le site se trouve dans l’ouest de l’île et il est accessible relativement rapidement depuis à peu près tous les points de l’île : l’une des villes les plus éloignées du site, Playa Blanca, n’est qu’à 45 minutes.

Pour les autres villes principales, Puerto del Carmen est à 25 minutes, Arrecife à 20 minutes, Haria à 15 minutes et Teguise à 5 minutes.



La Geria est une vallée viticole du centre de Lanzarote, classée Réserve de Biosphère par l’Unesco, qui présente des paysages uniques au monde.

La vigne de la Geria cernée par les volcans

La vigne y est cultivée depuis trois siècle avec un savoir-faire endémique à l’île. Après les éruptions de Timanfaya en 1730, les viticulteurs ont commencé à faire de grands trous circulaires dans le sol. Au centre de chaque trou, ils ont creusé suffisamment en profondeur pour atteindre la terre qui avait été recouverte par la lave. Ils ont alors planté leurs ceps de vigne à ce niveau-là, pour qu’ils prennent racine dans la terre fertile.

Mais ce n’est par tout. Car pour parfaire leur œuvre, ils ont construit patiemment des murets semi-circulaires en roches volcaniques (les zocos) sur le rebord de chaque trou, afin de protéger les ceps du vent. L’ingéniosité de ce mode d’agriculture réside enfin dans la pente des trous, qui permet de faire dégouliner la rosée du matin jusqu’aux pieds de vigne afin de les alimenter en eau. Et là, le picòn, cette fameuse cendre volcanique qui recouvre le sol, présente la particularité de conserver l’humidité, pour le plus grand bénéfice de la vigne.

La répétition de ces anneaux à perte de vue a un impact visuel qui ne laisse pas les visiteurs insensibles. Le contraste des villages blancs sur la terre volcanique noire et l’omniprésence des volcans en arrière-plan ajoutent à la magie de ces paysages inimitables.



Le point fort des paysages de la Geria, c’est l’impact visuel de ce graphisme viticole. Pour optimiser les images, l’idéal consiste à utiliser un drone (dans la limite des autorisations de vols évidemment) car c’est vus du ciel que ces paysages sont le plus impressionnant.


La route des vins de la Geria est la LZ-30, qui relie Mogaza à Uga. Elle est bordée de nombreuses caves et bodegas, ainsi bien sûr que de ces paysages de vignes si typiques de l’île. Des visites, des dégustations et des ventes de ces vins locaux y sont organisées : si vous cherchiez une idée de cadeau…

Voici un lien vers l’une des caves les plus réputées de l’île : El Grifo.


Quand on visite la Geria, on peut prolonger le plaisir par un petit détour vers la grotte de Los Naturalistas, longue de 1600 mètres.

Les infos sur le web étant rares, voici comment s’y rendre : sur la route des vins (la LZ-30), lorsqu’on arrive dans le petit village de Masdache (à environ 5 kilomètres de Mogaza et 10 kilomètres de Uga), il faut prendre la LZ-58 en direction du nord (tourner à droite si l’on vient de Mogaza, et à gauche si l’on vient de Uga). La grotte est située deux kilomètres plus loin, sur la gauche. Coordonnées GPS : 29.01200,-13.65966


La Geria est située dans le centre de l’île.

Puerto del Carmen est à 15 minutes, Playa Blanca et Arrecife sont à 20 minutes.



La randonnée de la Montaña Colorada est l’une de celles qu’il ne faut pas rater à Lanzarote. En réalité, c’est plus une balade qu’une véritable randonnée, elle est donc de niveau très facile. Il s’agit de faire à pied le tour d’un volcan, qui offre de jolis paysages tout au long du parcours.

Le départ de la balade est facile à trouver : il se trouve au bout du parking et aux pieds du volcan, on ne peut pas se tromper.

Un panneau montrant le plan détaillé de la rando se trouve là, sur lequel on distingue d’ailleurs très bien le flanc rouge du volcan.

Le panneau du départ

A partir de là, il suffit de suivre un petit chemin balisé qui est jalonné de quinze panneau explicatifs. Ils donnent une foule d’informations relatives au site : les différentes curiosités visibles tout au long du parcours, l’activité volcanique ou encore, la culture de la vigne à flanc de volcan. Tout y est pour mieux s’imprégner des lieux.

Assez rapidement après le départ, on arrive au flanc sud-est du volcan : c’est ce côté-là qui est rougeâtre et qui fait la réputation du site ainsi que de sa courte randonnée.

La Montaña Colorada, ou le volcan rouge

Tout au long du parcours, on aperçoit au loin une multitude d’autres volcans, posés au milieu des roches volcaniques.

Les volcans autour de la Montaña Colorada

Cette petite rando est une jolie balade qui comporte un seul inconvénient : les visiteurs ne sont pas autorisés à sortir du sentier dans un but de préservation de l’environnement, lequel est fragile par ici.

Le tour de la Montaña Colorada

Ce type d’interdiction vaut pour de nombreux sites à Lanzarote et cela a parfois un petit côté frustrant.

Par exemple, il n’est pas possible de s’approcher de la fameuse Bomba Volcanica Gigantesca, cet énorme rocher volcanique qui fut projeté à quelques centaines de mètres de hauteur avant de s’écraser au sol.

Ses dimensions :

  • 4 m de large
  • 5 m de haut (sans compter la partie enfouie dans la cendre volcanique)

Nombreux sont ceux qui sortent du sentier malgré l’interdiction, et piétinent les zones prohibées pour aller photographier cette fameuse Bombe avec le volcan rouge en arrière-plan.

La fameuse Bombe Volcanique Gigantesque

En conclusion, la randonnée de la Montaña Colorada est à faire absolument parce qu’elle est belle, facile et rapide. Cela ne vaut donc vraiment pas la peine de faire l’impasse dessus…



Distance : 3 km

Dénivelé : 50 mètres

Durée : 1 heure à 1h 30

Niveau : très facile


Un parking de terre est situé aux pieds du volcan. Le départ est au bout du parking.

Le parking vu depuis la Montaña Colorada

Il n’y a aucune autre commodité sur place, donc prévoyez tout ce dont vous avez besoin : de l’eau, à manger, casquette, crème solaire etc.


C’est au lever du soleil que la face rouge du volcan bénéficie de la plus belle lumière. En fin de journée, il est à l’ombre, il est donc préférable de venir marcher ici le matin.

En haute saison (juillet – août), le parcours peut être assez fréquenté. Aussi, plus on fait cette rando tôt, moins on a de chances de croiser du monde. Le reste de l’année, le site est plus agréable car il n’est pas trop fréquenté.


Si vous manquez de temps, vous pouvez vous contenter de rejoindre le versant rouge du volcan pour l’admirer, puis faire demi-tour.

Pour cela, il faut compter une demi-heure environ, cette durée étant évidemment variable en fonction du rythme de marche de chacun.

Mais surtout, si vous êtes pressé.e, ne vous trompez pas de sens ! Depuis le parking, il faut faire le tour dans le sens des panneaux (sens contraire des aiguilles d’une montre). Sinon, ce sera beaucoup plus long !


En quittant la Montaña Colorada, il y a une autre petite randonnée à ne pas rater à un kilomètre de là : la randonnée de la Montaña Cuervo.

Le principe est le même, c’est-à-dire qu’on fait le tour du volcan. Mais le gros avantage de cette rando-là, c’est qu’on peut pénétrer dans le cratère, qui vaut le coup d’œil.

La Montaña Cuervo


La Montaña Colorada est située en plein cœur du parc national des volcans de Lanzarote. Ce qui en fait un site rapidement accessible en voiture, où que l’on se trouve sur l’île (le plus souvent entre 15 et 30 minutes).


Contrairement aux sites présentés ci-dessus, le jardin de cactus de Lanzarote n’est pas un site naturel à proprement parler.

Mais cette œuvre végétale de César Manrique s’intègre si parfaitement aux paysages naturels de l’île qu’elle a forcément sa place dans cet article.

Avec ces 4500 spécimens de cactus issus de 1400 espèces différentes, et provenant des cinq continents, César Manrique a réussi le tour de force de faire de ce jardin exceptionnel l’un des plus réputés de la planète.

Le jardin de cactus et le volcan Montaña Tinamala
Le jardin de cactus et le volcan Montaña Cobrada

Le sol est recouvert de picòn, cette fameuse cendre volcanique, et comporte quelques petits bassins où flottent des nénuphars et nagent de gros poissons rouges. Priorité de César Manrique, ce jardin magistral, qui constitue une véritable œuvre d’art, s’intègre parfaitement dans son environnement naturel et volcanique.

Dans ce sanctuaire paisible règnent le calme et la sérénité. Les cactus prennent toutes les formes possibles, mais aussi toutes les couleurs imaginables lorsqu’ils sont en fleurs.

Il faut déambuler tranquillement dans ces allées pour mieux s’imprégner de l’atmosphère poétique créée par ces cactées en tous genres.

Au fond du jardin, un vieux moulin domine le site. Parmi les différentes variétés de cactus qui prospèrent à ses pieds, mentionnons le coussin de belle-mère, au nom si explicite…

Le fameux coussin de belle-mère


Le jardin de cactus est ouvert tous les jours de 10h00 à 17h00 (dernière entrée à 16h30), 365 jours par an.

Adultes : 8,50 euros – Adultes en situation de handicap : 6 euros

Enfants : 4,25 euros – Enfants en situation de handicap : 3 euros


Le site est doté d’un vaste parking.

A l’intérieur, il y a une cafétéria qui sert à manger et à boire à des tarifs corrects : voir le menu.

A noter que deux œuvres de Manrique décorent les toilettes, pour distinguer celles des femmes de celles des hommes.

L’entrée des toilettes hommes…
… et celle des toilettes femmes.

Le jardin de cactus est situé dans l’ouest de l’île à Guatiza, qui dépend de la municipalité de Teguise, bien que la ville soit située à 15 minutes de là.

Costa Teguise est également à 15 minutes, Arrecife à 20 minutes, Puerto del Carmen à 30 minutes.


Le jardin de cactus a été conçu en amphithéâtre


La forte activité volcanique de Lanzarote a façonné des paysages naturels étonnants aux quatre coins de l’île. Cette dernière étant relativement petite, il est assez facile d’explorer tous ces sites en quelques jours seulement, sans jamais avoir à se dépêcher.

Le prix du billet d’avion n’est pas cher hors saison, le vol est rapide depuis l’Europe, avec laquelle il n’y a quasiment pas de décalage horaire (une heure), le climat est doux toute l’année…

Conclusion : foncez sur Lanzarote, vous ne le regretterez pas…








Rando facile, volcan spectaculaire : la Montaña Colorada

La randonnée de la Montaña Colorada est l’une de celles qu’il ne faut pas rater à Lanzarote. En réalité, c’est plus une balade qu’une véritable randonnée, elle est donc de niveau très facile. Il s’agit de faire à pied le tour d’un volcan, qui offre de jolis paysages tout le long du parcours.

Le sentier de la Montaña Colorada (au fond, la Montaña Negra)


Le départ de la balade est facile à trouver : il se trouve au bout du parking et aux pieds du volcan, on ne peut pas se tromper.

Un panneau montrant le plan détaillé de la rando se trouve là, sur lequel on distingue d’ailleurs très bien le flanc rouge du volcan.

Le panneau du départ

A partir de là, il suffit de suivre un petit chemin balisé qui est jalonné de quinze panneau explicatifs. Ils donnent une foule d’informations relatives au site : les différentes curiosités visibles tout au long du parcours, l’activité volcanique ou encore, la culture de la vigne à flanc de volcan. Tout y est pour mieux s’imprégner des lieux.

Assez rapidement après le départ, on arrive au flanc sud-est du volcan : c’est ce côté-là qui est rougeâtre et qui fait la réputation du site ainsi que de sa courte randonnée.

La Montaña Colorada, ou le volcan rouge

Tout au long du parcours, on aperçoit au loin une multitude d’autres volcans, posés au milieu des roches volcaniques.

Les volcans autour de la Montaña Colorada

Parmi eux, la Montaña Negra. Il s’agit du troisième plus haut sommet de l’île (518 m) et il offre la possibilité, lui aussi, de randonner sur son pourtour.

Lichens et Montaña Negra

Cette petite rando est une jolie balade qui comporte un seul inconvénient : les visiteurs ne sont pas autorisés à sortir du sentier dans un but de préservation de l’environnement, lequel est fragile par ici. Il n’est donc pas possible d’escalader la Montaña Colorada.

Le tour de la Montaña Colorada

Ce type d’interdiction vaut pour de nombreux sites à Lanzarote et cela a parfois un petit côté frustrant.

Par exemple, il n’est pas possible de s’approcher de la fameuse Bomba Volcanica Gigantesca, cet énorme rocher volcanique qui fut projeté à quelques centaines de mètres de hauteur avant de s’écraser au sol.

Ses dimensions :

  • 4 m de large
  • 5 m de haut (sans compter la partie enfouie dans la cendre volcanique)

Nombreux sont ceux qui sortent du sentier malgré l’interdiction, et piétinent les zones prohibées pour aller photographier cette fameuse Bombe avec le volcan rouge en arrière-plan.

La fameuse Bombe Volcanique Gigantesque

En conclusion, la randonnée de la Montaña Colorada est à faire absolument parce qu’elle est belle, facile et rapide. Cela ne vaut donc vraiment pas la peine de faire l’impasse dessus…


Distance : 3 km

Dénivelé : 50 mètres

Durée : 1 heure à 1h 30

Niveau : très facile


  • La Montaña Colorada est située en plein cœur du parc national des volcans de Lanzarote. Ce qui en fait un site rapidement accessible en voiture, où que l’on se trouve sur l’île (le plus souvent entre 15 et 30 minutes).

  • Un parking de terre est situé aux pieds du volcan. Le départ est au bout du parking.
Le parking vu depuis la Montaña Colorada

  • Si vous arrivez du sud-ouest (via la route LZ 30), alors vous traverserez la très pittoresque zone viticole de la Geria, qui présente une particularité notable : la vigne est plantée au centre de grands trous creusés dans la cendre volcanique.
La zone viticole de la Geria

N’hésitez pas à visiter le beau site internet du fameux domaine viticole El Grifo.


C’est au lever du soleil que la face rouge du volcan bénéficie de la plus belle lumière. En fin de journée, il est à l’ombre, il est donc préférable de venir marcher ici le matin.

En haute saison (juillet – août), le parcours peut être assez fréquenté. Aussi, plus on fait cette rando tôt, moins on a de chances de croiser du monde. Le reste de l’année, le site est plus agréable car il n’est pas trop fréquenté.

Si vous manquez de temps, vous pouvez vous contenter de rejoindre le versant rouge du volcan pour l’admirer, puis faire demi-tour.

Pour cela, il faut compter une demi-heure environ, cette durée étant évidemment variable en fonction du rythme de marche de chacun.

Mais surtout, si vous êtes pressé.e, ne vous trompez pas de sens ! Depuis le parking, il faut faire le tour dans le sens des panneaux (sens contraire des aiguilles d’une montre). Sinon, ce sera beaucoup plus long !

Il n’y a aucune commodité sur place, donc prévoyez tout ce dont vous avez besoin : de l’eau, à manger, casquette, crème solaire etc.


En quittant la Montaña Colorada, il y a une autre petite randonnée à ne pas rater à un kilomètre de là : la randonnée de la Montaña Cuervo.

Le principe est le même, c’est-à-dire qu’on fait le tour du volcan. Mais le gros avantage de cette rando-là, c’est qu’on peut pénétrer dans le cratère, qui vaut le coup d’œil.

La Montaña Cuervo





La rando du Puy de Sancy et ses vues grandioses

Du haut de ses 1885 mètres d’altitude, le sommet du Puy de Sancy offre une vue panoramique à couper le souffle sur près de 15% du territoire français, paraît-il ! Ce qui en fait une randonnée incontournable, celle qu’il faut avoir faite. Si vous passez dans le coin, ne manquez pas l’occasion d’aller faire un tour tout là-haut, sur le toit du Massif Central…

Si ce volcan éteint a pris avec le temps une apparence plus anodine de simple montagne, les superbes cônes éruptifs qui l’entourent rappellent aux visiteurs le passé géologique intense de la région.

L’itinéraire détaillé dans cet article part de la station de ski du Mont-Dore, mais il y a trois autres départs possibles :

  • Super-Besse

  • Chastreix-Sancy

  • La vallée de Chaudefour.

Après avoir longé le bas de la station, on entre dans une jolie forêt à flanc de montagne.

Si le sentier qui serpente entre les arbres par ici est relativement pentu, ce n’est rien à côté de la partie suivante : le chemin qui monte alors, et qui fait office de couloir de ski l’hiver, est lui beaucoup plus abrupt. Mais il n’est pas très long, quelques centaines de mètres seulement. Quand la pente s’adoucit enfin, on se retrouve alors sur un petit sentier à flanc de volcan.

La vue est souvent considérée comme superbe tout au long de cette rando. Mais les conditions de montagne ne permettent pas toujours de vérifier cette réputation : nous faisons partie des randonneurs et randonneuses qui ont marché dans les nuages pendant toute la première partie du parcours. Pourtant, l’ascension dans une telle brume confère à la rando une atmosphère particulière, typique de la montagne.

Quand on sort enfin des nuages, on se retrouve au beau milieu des pistes de ski, avec une vue de plus en plus belle sur la nature qui nous entoure.

On aperçoit très vite les premiers volcans qui sont posés là, majestueux.

Ici, le parcours est beaucoup moins pentu que dans la première partie de la randonnée.

Aux pieds du Puy de Sancy

Dans cette partie finale de l’ascension se succèdent les paysages époustouflants sur la vallée et ses volcans.

Si l’on effectue la montée dans les nuages avec une vue bouchée, il ne faut pas trop s’inquiéter car on a de bonnes chances d’avoir droit plus haut à cette vue exceptionnelle sur la mer de nuages. Elle procure alors la sensation forte de randonner en haute montagne.

Émotions fortes au-dessus des nuages

Une fois au sommet, les émotions visuelles sont toujours intenses avec un panorama impressionnant sur les volcans qui émergent des nuages. Les puys, ces fameux monstres façonnés par les forces la nature, nous semblent tout petits vus d’ici.

La vue à 360° est belle de tous les côtés. Une table d’orientation permet de se repérer.

De l’autre côté du sommet du Puy de Sancy, on attaque la descente par un long escalier. En face arrivent les randonneurs qui font le tour en sens inverse, ou qui viennent du téléphérique.

Attention aux marches verglacées

On arrive très vite à un petit poste d’observation d’où la vue, là aussi, vaut le coup d’œil.

Le lieu est magique, beaucoup en profitent pour casser la croûte face à cette vue imprenable.

La descente se poursuit par un long escalier qui fend le paysage.

Attention, quand il a gelé la nuit (voire en journée), les marches sont verglacées et très glissantes. Il n’est pas rare de retrouver un randonneur ou une randonneuse le cul par terre. Pour être honnêtes, nous l’avons testé par nous-mêmes, nos fesses rougies peuvent en témoigner…

Une fois la descente de l’escalier avalée, une bifurcation vers la gauche permet de prendre la direction du Mont-Dore (à droite, on va vers le téléphérique). On se retrouve alors sur un petit sentier dont les pentes abruptes plongent dans la vallée.

Le chemin descendant serpente une dernière fois entre les volcans avant de rejoindre la vallée.

C’est dans cette phase finale de la descente que nous apercevrons, très loin au-dessus de nos têtes, un groupe de chamois s’enfuyant à l’approche d’un couple de randonneurs, sur une ligne de crête.


A l’heure du bilan, le constat est simple. Cette petite randonnée offre des paysages somptueux, et pas seulement depuis le sommet : c’est le cas tout au long du parcours. Elle n’est globalement pas trop difficile même si la première partie, parfois très pentue, peut paraître ardue aux personnes peu habituées à ce type d’effort.


(Pour rappel, il s’agit du parcours au départ de la station du Mont-Dore)

  • Distance : 7,2 km
  • Dénivelé : 546 m+ et 546 m-
  • Durée : +/- 3h30
  • Altitude max : 1885 m


Le parcours est très facile à suivre grâce au balisage présent tout le long de la rando.

Néanmoins, on peut également télécharger gratuitement la trace GPX sur VisuGPX (le lien est situé tout en bas de leur page).

On peut également la télécharger via l’appli Décathlon Outdoor, que nous avons testée et qui s’avère très fonctionnelle.


L’auberge de jeunesse Le Mont Dore (chalet Le Grand Volcan) est située aux pieds des pistes, et à 400 mètres seulement du point de départ de la rando du Puy de Sancy.

Il s’agit d’un grand chalet très agréable posé en pleine nature.



Ils sont bons et copieux.

Le petit déjeuner est généralement compris.

On peut commander un panier repas pour la rando.

Le dîner est parfois compris dans le prix de la nuitée, sinon il faut le réserver.

Mangeons local : une truffade


  • Adresse : route du Sancy – 63240 Le Mont-Dore
  • Téléphone : 04 73 65 03 53

Il est extrêmement variable selon la saison et selon le type d’hébergement (dortoir, chambre…)

A titre d’indication, pour un week-end férié (11 novembre), nous avons réglé 70 euros la nuit pour une chambre double avec sanitaires privatifs, et petit déjeuner inclus.


  • Pour avoir un autre aperçu de la rando du Puy de Sancy : Sancy.com

  • L’office du tourisme Auvergne Volcans Sancy donne de nombreuses infos sur les volcans, les activités outdoor etc.


Un départ a lieu toutes les 15 minutes.

Le téléphérique vous emmène à 1790 mètres d’altitude. Pour rejoindre le sommet du Puy de Sancy, il faut ensuite emprunter un escalier (+/- 20 minutes d’ascension).

Tarifs 2025 :

L’aller-retour : 20 euros par adulte, 12 euros par enfant

L’aller simple : 15 euros par adulte, 10 euros par enfant

Plus d’infos sur le site officiel : station du Mont Dore


  • Les chiens sont interdits sur l’ensemble du parcours de cette randonnée, y compris s’ils sont tenus en laisse.
  • Attention : à l’approche du sommet, en arrivant à l’escalier, attention aux marches : elles peuvent être (très) glissantes en cas de gel ou de neige, ce qui est fréquent à cette altitude.
  • Fréquentation : cette rando est victime de son succès. Il y avait beaucoup de monde quand nous l’avons faite (un 9 novembre), alors je n’ose pas imaginer ce que cela doit être en plein mois d’août…



Rando facile pour bivouac de rêve : voici une suggestion de dépaysement total en montagne.

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Traversée de l’Albanie à vélo. Récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde.




L’île de Paros (Grèce, Cyclades)

Parmi les plus jolies îles des Cyclades, Paros n’est pas la plus réputée… et tant mieux car la conséquence, c’est qu’elle est beaucoup moins fréquentée que certaines de ses voisines, lesquelles sont prises d’assaut. On peut donc y découvrir les plus belles plages, des villages blancs pittoresques et de magnifiques paysages sans la frénésie touristique qui règne ailleurs dans les Cyclades.

A découvrir aussi dans les alentours, l’île d’Antiparos et pour finir, petite escapade à Athènes.


  1. L’île de Paros
  2. L’île d’Antiparos
  3. Athènes
  4. Infos pratiques


Il y a tellement de choses à faire et à voir à Paros : des plages bien sûr, des petits villages pittoresques, diverses activités nautiques, sans compter une multitude d’églises orthodoxes dans toute leur splendeur. Du coup, c’est un petit paradis pour les visiteurs comme pour les amateurs de photos…

L’église d’Agkeria


Vu la forte chaleur qui nous tombe dessus en ce mois de juillet, la première urgence en débarquant à Paros consiste à trouver… une plage ! Rien de très culturel certes, mais le summum du point de vue pratique. C’est à la sortie du petit village d’Aliki, au sud-ouest de l’île, que nous trouvons rapidement notre bonheur.

Piso Aliki Beach

Nous ne le savons pas encore mais cette plage est si agréable, notamment grâce à l’ombre des petits arbres qui ont poussé tout au bout, qu’elle deviendra notre repaire jusqu’à la fin du séjour.

A son extrémité, les rochers forment un récif naturel qui permet de faire du snorkeling.

En marchant un peu dans les rochers, on se rend compte que cette plage d’apparence sauvage est située juste à la sortie du village.

Aliki

De là, il n’y a que quelques pas à faire pour découvrir notre première petite église grecque, qui trône sereinement face à la mer. Comme sortie de messe, il doit y avoir pire.

L’église Saint-Nicholas

Paros est extrêmement réputée pour son marbre blanc, qui est le plus translucide qui existe. C’est avec lui que furent sculptés bon nombre de chefs-d’œuvre antiques, dont la Vénus de Milo. Idem pour le tombeau de Napoléon.

Au fil des jours, nous allons faire le tour de cette petite île de 21 kilomètres de long afin d’en découvrir tous les recoins…


Sur la route de Parikia, le littoral est très coloré et sous cette forte chaleur, il est difficile de résister à l’eau translucide qui nous tend les bras.

Les points de vues se succèdent donc, sur cette côte peuplée notamment de moulins fleuris et de petites églises orthodoxes à la blancheur éclatante.

Parikia est le point d’entrée de Paros, puisque c’est dans ce petit port qu’accostent les ferries en provenance du Pirée.

Une ruelle de Parikia

La ville est à la fois agréable et animée sur son front de mer, et calme et pittoresque dans ses ruelles blanches, où vivent paisiblement ses 6000 habitants.

Les ruelles blanches de Parikia

  

Mais la principale richesse de Parikia est son église dite « aux cent portes ». Sa construction fût lancée en 326 par l’empereur Constantin Ier lui-même, quelques années à peine avant que son nom ne passe à la postérité en étant donné à la cité mythique de Byzance : Constantinople.

Il s’agit de la plus ancienne église orthodoxe encore en activité. Le site contient en réalité trois églises, un cloître et le musée byzantin.


Sans transition : la petite île d’Antiparos est située juste en face de Paros, plein ouest.

Au fond : Antiparos

Un couloir d’un petit kilomètre de large sépare les deux îles. Le vent qui vient les fouetter se renforce en les longeant, et lorsqu’il débouche dans ce couloir, il s’y engouffre avec une puissance décuplée.

C’est donc là, sur ce vaste plan d’eau transformé par les fortes rafales de vent en spot de kite-surf, que les passionnés de glisse se donnent rendez-vous. Débutants s’abstenir.

Cette plage de Pounda, à la fois très fréquentée et très colorée, respire la passion du kite.

Pendant que certains préparent leur voile sur le sable, d’autres rivalisent de prouesses à quelques mètres de là, dans l’eau.


Pendant longtemps, la très stricte législation grecque ne permettait de pratiquer la plongée sous-marine que sur quelques sites dans tout le pays. Son application sévère visait pourtant un objectif des plus louables : protéger des pilleurs les innombrables vestiges antiques qui jonchent aujourd’hui encore les fonds marins grecs.

Finalement, c’est assez récemment que cette loi s’est enfin assouplie de sorte qu’aujourd’hui, on puisse plonger normalement à la condition d’être supervisé par une école de plongée. Du coup, ces dernières fleurissent dans tout le pays…

C’est ainsi que j’ai eu la chance de plonger au-dessus des ruines d’un village minoen vieux de quelque 5000 ans. Quelle fabuleuse impression que celle qu’on ressent en palmant paisiblement au-dessus des vestiges de ces maisons antiques noyées. Notre guide de palanquée nous montrera les morceaux d’une amphore cachés sous les restes d’un pan de mur.

Les restes d’une amphore antique

Colonisée par les algues et les coquillages, il n’en reste certes plus grand-chose, mais suffisamment pour que nous laissions vagabonder notre imagination sur tous ces trésors antiques qui se cachent toujours au fond de la Mer Égée…

La suite de la plongée nous permet d’observer la faune méditerranéenne habituelle.

Cigale de mer

Vers de feu

Tout au nord de l’île au fond d’une grande baie, s’étale la jolie petite ville blanche de Naoussa.

Longtemps cantonnée au statut de paisible port de pêche, elle s’est transformée au fil des années en destination touristique en vogue, à tel point que certaines célébrités ont fini par en faire leur lieu de villégiature préféré : Stéphane Bern ou encore Nikos Aliagas, pour ne citer qu’eux.

Outre quelques petits musées et les plages alentour, la principale attraction de la ville réside dans son front de mer qui donne sur le port.

Les quais font face à la multitude de restaurants qui animent ce front de mer, et les pêcheurs n’ont donc qu’à traverser la rue pour vendre aux restaurateurs leurs produits tout juste sortis de l’eau.


Longue de douze kilomètres et assez sauvage, cette petite île est particulièrement calme. Son pourtour est agrémenté d’une multitude de plages.

Mais son principal attrait touristique est la vaste grotte dont l’entrée est située sur les hauteurs de l’île. Ses dimensions sont impressionnantes puisqu’elle plonge sous terre à plus de cent mètres de profondeur.

Au fil des millénaires, elle s’est fait coloniser lentement mais sûrement par des milliers de stalactites et stalagmites, parmi lesquelles la plus ancienne stalagmite d’Europe, qui atteint l’âge vénérable de 45 millions d’années.

Ce n’est qu’au XVIIème siècle, alors qu’elle était totalement inconnue jusque-là, que cette merveille de la nature fut rendue célèbre : la tenue d’une messe de Noël dans ce décor surréaliste eut un effet retentissant bien au-delà des frontières grecques.


Si notre périple grec est essentiellement axé sur la découverte des Cyclades, c’est parce que l’été n’est pas le meilleur moment pour découvrir Athènes : non seulement la chaleur y est écrasante mais en plus, le nombre de touristes bat des records.

Nous avons donc décidé de passer seulement deux jours dans la Cité d’Athéna, et encore… s’il fait vraiment trop chaud, nous avons prévu un plan B : nous terminerons alors chacune de ces deux journées par un rafraîchissement dans la petite piscine de l’hôtel.

Inutile de dire qu’une fois à Athènes, Victor et Arthur n’ont qu’une seule envie : gravir cette fameuse colline de l’Acropole afin d’en découvrir toutes les richesses dont ils ont l’impression d’avoir toujours entendu parler, dans les livres d’histoire comme dans les dessins animés.

L’été, le bon plan consiste à arriver sur ce fabuleux site antique dès l’ouverture : la forte chaleur ainsi que la foule de touristes n’inondent pas encore les lieux.

La dernière fois que je suis venu à Athènes, le Parthénon était presque laid tellement il était enfoui sous des tonnes d’échafaudages. Il restait alors 18 ans de travaux et j’avais été très frustré à l’époque de ne pas pouvoir l’admirer sans cet habit de ferraille. Aujourd’hui, c’est-à-dire 21 ans plus tard, je me réjouis donc à l’idée de le découvrir enfin dans toute sa splendeur.

Encore raté ! Un vieux panneau confirme que ces travaux ont pris du retard au fil des années. J’essaie donc d’immortaliser comme je peux ce monument mythique aux endroits où il n’y a plus d’échafaudages, plutôt que d’envisager de revenir ici à l’âge de la retraite en espérant que les travaux seront enfin terminés…

Qu’à cela ne tienne, nous allons jeter notre dévolu sur l’autre merveille du site : l’Érechtéion. Car si le Parthénon est bien le symbole mondialement connu de la Grèce Antique, son voisin l’Érechtéion revêt lui aussi une importance majeure : c’est bien lui qui était le véritable sanctuaire de l’Acropole, dédié au culte de la déesse Athéna notamment.

La principale caractéristique de ce temple, ce sont les Caryatides, ces six statues de femmes qui servent de colonnes et semblent avoir la ville à leurs pieds.

Très vite, les flots de touristes commencent à se répandre entre les différentes ruines antiques qui habillent l’Acropole. Nous avons bien profité du site dès son ouverture quand il y avait relativement peu de monde mais maintenant, il est temps de rallier l’étape suivante : l’Agora athénienne.

La Stoa d’Attale dans l’Agora athénienne

Située à deux pas de l’Acropole en contrebas, c’est là que battait le cœur de la cité d’Athènes pendant l’Antiquité. Aujourd’hui, on en visite les ruines dans un vaste écrin de verdure particulièrement agréable. L’Agora romaine est située à deux pas de là.

L’église des Saints-Apôtres (coupole)

Nous terminerons cette visite athénienne par l’un des plus anciens quartiers d’Europe : la Plaka, avec son mélange de vestiges antiques, d’églises byzantines et de bâtiments néoclassiques. C’est dans ce contexte étonnant qu’il est de coutume de flâner, de prendre un verre ou de s’attabler dans l’un des nombreux petits restos qui se font agréablement concurrence.

 


Le réseau de ferries a beau être particulièrement développé en Grèce, il comporte néanmoins un certain nombre d’aléas : d’une part, les horaires varient fréquemment à cause de l’état de la mer, voire des mouvements de grèves. D’autre part, les tarifs sont parfois soumis à certaines modifications.

Pour la ligne Athènes – Paros :

  • Le prix A/R par passager : à partir de 45 euros (105 euros en speedboat)
  • Le prix A/R, voiture et conducteur : à partir de 215 euros (270 en speedboat)
  • La durée : 4 heures (2h40 à 3h00 en speedboat)

Les horaires de toutes les liaisons maritimes grecques sont indiquées sur le site : Greek Ferry Schedules.

Attention : les horaires varient parfois, il faut donc les contrôler régulièrement. Idem pour les changements de quais sans prévenir : ceux qui arrivent sur le quai au dernier moment peuvent rater leur bateau qui se trouve finalement à l’autre bout du Pirée. Il existe bien des navette portuaires mais elles sont souvent pleines à ras-bord.

Pour les tarifs et réservations : Danae Travel.

Bon à savoir : quand on a l’avion du retour à prendre à Athènes, il faut éviter d’attendre le dernier moment pour quitter l’île sur laquelle on se trouve. Car avec l’état de la mer qui peut changer rapidement, on risque de se retrouver avec des retards voire des annulations de bateaux… et donc de rater son avion. L’idée consiste donc à prévoir un ou deux jours de battement par sécurité, et d’en profiter pour visiter Athènes par exemple, ou d’autres sites à proximité. Ça permet d’éviter les mauvaises surprises.


Il y a évidemment beaucoup de possibilités de se loger sur les deux principales villes de l’île, Parikia et Naoussa : appartements, hôtels, campings etc.

Nous avons choisi un hébergement un peu plus en retrait, légèrement dans les terres et avec une vue superbe : Apianes Villas

La vue depuis la terrasse, le matin…

… et le soir.

Situé au-dessus du petit village d’Aliki sur la côte sud, à moins de dix minutes de la mer en voiture ou en scooter, le logement fait partie d’une résidence comprenant quelques appartements, et bénéficie d’une petite piscine commune susceptible de ravir les enfants.


Une fois n’est pas coutume, nous avons logé au Novotel d’Athènes grâce à une promo intéressante. L’hôtel est situé en plein centre-ville et bénéficie d’une vue imprenable sur l’Acropole depuis le toit terrasse, lequel fait aussi office de bar, restaurant et piscine. Après une journée de visite sous un soleil de plomb, quel bonheur de se rafraîchir là avec une telle vue. Novotel Athènes

Le prix : 78 euros par nuit pour 4 personnes fin juillet.

Difficile de résister à une telle offre, d’autant plus que le personnel de l’hôtel s’est avéré d’une rare efficacité pour toutes les demandes de renseignements que nous lui avons adressées.

La vue depuis la terrasse-bar-restaurant-piscine de l’hôtel :

 

Pour les budgets plus modestes, un site intéressant : auberges de jeunesse à Athènes


  • Tarif : 20 euros par adulte (gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes handicapées)
  • Horaires : 8h00-17h00.
  • Bon à savoir : en été, le site est pris d’assaut par une foule de touristes très compacte. Il faut y aller dès l’ouverture pour en profiter pleinement : il y fait bon et il y a peu de monde jusqu’à 9h30. Après, ça se complique…
  • Accès – Outre le taxi : métro ligne 2, bus 1-5-15-40-230






 


 

Rando facile et bivouac de rêve : le lac de Coume Escure par le refuge de la Glère

Les spots de bivouacs de rêve, ce n’est pas ce qui manque dans les Pyrénées. Mais quand on débute en rando, en bivouac ou les deux, on ne sait pas forcément toujours très bien comment s’y prendre, ni quel itinéraire choisir.

Alors voici une idée de rando globalement facile, qui se termine en apothéose avec un spot de bivouac de rêve. La rando parfaite pour débuter, se tester, ou encore essayer son matériel de rando et de bivouac…



Profil de la rando


L'aller simple : 6,8 km - 640 m+


La grande boucle : 19 km - 925 m+


Le départ se fait du plateau du Lienz, au niveau de la fameuse auberge Chez Louisette (alt. 1600 m).

Le plateau du Lienz

On remonte alors une prairie bordée d’arbres.

Au départ du plateau du Lienz

On rejoint assez vite un chemin carrossable, destiné à approvisionner le refuge de la Glère, plus haut.

Le chemin carrossable en direction du refuge

Dans cette première partie de la rando, la végétation est toujours présente de part et d’autre du chemin.

On finit par atteindre une petite zone arborée, après laquelle l’univers devient de plus en plus minéral.

Cette zone rocailleuse et aride débouche au moment où l’on s’y attend le moins sur le lac de la Glère.

Le lac de la Glère, vu depuis le refuge

Ce point de vue est également le site où est posé le refuge de la Glère (voir les infos pratiques, plus bas).

Le refuge de la Glère

A partir de là, le lac de Coume Escure n’est plus qu’à 400 mètres, sur un petit chemin globalement plat voire descendant.

Le lac de Coume Escure

Mais on n’est pas encore tout à fait arrivé : le superbe spot de bivouac se trouve sur la rive d’en face. Il reste donc encore environ 400 mètres à parcourir en contournant ce joli lac, sur un petit chemin qui joue parfois à cache-cache dans la végétation. On peut malgré tout progresser au jugé sans difficulté.

Et puis c’est l’arrivée, face au lac de Coume Escure dominé au loin par le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère.

Le lac de Coume Escure…
… et le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère

On peut trouver du monde autour de ce lac notamment l’été mais en général, la plupart des randonneurs s’attardent plutôt autour du lac de la Glère, ou des lacs situés un peu plus loin, dans le parc national des Pyrénées. Le lac de Coume Escure est souvent un peu plus épargné que tous ses voisins : c’est son principal atout, au même titre que la vue qu’il offre sur le double pic de la Glère.

Le lac de Coume Escure

Le cadre est très nature, c’est l’endroit idéal où poser la tente.

Coucher du soleil sur le lac de Coume Escure

Même si l’eau est toujours très froide en montagne, difficile de résister à l’appel d’un joli lac après une rando où l’on a eu chaud.

La récompense !


La plage herbeuse du lac de Coume Escure est relativement petite. Ayant fait cette rando à trois couples d’amis, il y avait néanmoins suffisamment de place pour pouvoir poser là nos trois tentes, face au lac.

Petit bivouac entre amis

Sur ce site face au coucher du soleil, prendre l’apéro entre amis est un pur bonheur.

Pour nous, un bon gueuleton est une notion indissociable du bivouac. Nous n’hésitons donc jamais à alourdir nos sacs pour cet incontournable plaisir du soir. Les puristes de la rando ne nous comprennent pas toujours mais après tout, chacun ses goûts.

Poivrons de Padrón grillés
Le barbecue en rando ? C’est possible.

Alors évidemment, nous ne faisons jamais de feux par temps de canicule ou de sécheresse, et nous les allumons toujours dans des foyers déjà existants.

Car faire un feu sur l’herbe revient à la brûler et à détériorer le sol, ce qui est une pratique à proscrire en rando-bivouac : on aime la nature, on n’est donc pas là pour la détruire.

Au fil de l’apéro et du repas, le soleil décline puis disparaît, modifiant régulièrement les couleurs et la lumière de cette vue paisible sur le lac de Coume Escure.

La nuit tombe sur le lac de Coume Escure

Si le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère apparaissent le soir en ombres chinoises au moment où le soleil se couche, il sont éclairés par une jolie lumière chaque matin quand le soleil se lève.

Lever de soleil sur le lac de Coume Escure

Alors que nous prenons le petit déjeuner, les montagnes reprennent des couleurs en face de nous.

Puis vient l’heure de lever le camp. La rando continue.

Le lac de Coume Escure

Remarque : si le spot de bivouac évoqué dans cet article est déjà occupé quand vous arrivez au lac de Coume Escure, vous pouvez tout à fait poser votre tente de l’autre côté du lac, celui par lequel on arrive en venant du refuge de la Glère. Il y a là aussi différents endroits où l’on peut bivouaquer et la vue est un jolie aussi. Le chemin menant du refuge au parc national des Pyrénées passe non loin mais ce plan B reste malgré tout une bonne alternative.


Cette rando n’étant ni très longue, ni très difficile jusqu’au lac de Coume Escure, on peut très bien la poursuivre en direction du parc national des Pyrénées, où se situent de nombreux lacs.

Les lacs de la Glère (à gauche) et de Coume Escure (à droite)

Pour cela, il faut suivre les panneaux situés au niveau du refuge de la Glère, puis le balisage tout au long du chemin.

Le parcours est globalement joli mais pour notre part, nous nous sommes arrêtés aux limites du parc national des Pyrénées le premier jour, juste avant de pouvoir apercevoir les premiers lacs du parc. Nous sommes ensuite retournés au lac de Coume Escure pour y poser nos tentes.

Attention, les règles sont évidemment plus sévères dans le parc national des Pyrénées car il s’agit d’un véritable sanctuaire de montagne. Le but est de préserver cette nature aussi belle que fragile.

La réglementation du parc national

Pour retourner au point de départ de la rando (le plateau du Lienz et l’auberge Chez Louisette) après avoir bivouaqué au lac de Coume Escure, il y a deux possibilités : soit revenir par là ou l’on est arrivé, soit finir la boucle (voir les infos pratiques, en fin d’article). Nous avons choisi la deuxième option.

Le lac et le refuge de la Glère

On commence par rejoindre et suivre le chemin du parc national des Pyrénées. Dès le début, et comme la veille pour nous puisque nous sommes déjà passés par là pour aller aux portes du parc national, ça monte.

Le lac de Coume Escure

Après avoir traversé un pierrier, on attaque une longue descente qui va continuer jusqu’à l’arrivée. Il faut traverser un petit ruisseau qui dégouline de la montagne, et dont la largeur peut varier en fonction de la saison. La descente se poursuit dans une sorte de jolie petite prairie encadrée de part et d’autre par de hautes montagnes.

La descente se poursuit dans une zone de gros blocs de pierres, qui n’est pas le passage le plus agréable ni le plus joli de la rando. On arrive un peu plus loin à la cabane de Sardiche. Pour notre part, ce sont des vaches qui nous y ont accueilli.

La cabane de la Sardiche

On arrive ensuite à un joli passage à flanc de montagne, au milieu de la végétation.

A partir de là, il ne reste plus qu’à poursuivre à travers champs et forêts en alternance, jusqu’au plateau de Lienz et au parking Chez Louisette, point de départ et d’arrivée de la rando.

Attention : pour votre timing, si vous choisissez de faire la grande boucle plutôt que l’aller – retour, la deuxième journée (12 km) est beaucoup plus longue que la première (7 km).


Le départ de la rando se fait au plateau du Lienz, au niveau du restaurant Chez Louisette. Un petit parking est situé à proximité, où l’on peut laisser la voiture un ou plusieurs jours selon l’itinéraire choisi, le temps de la rando.

Le parking et le début de la rando

Pour rejoindre ce point de départ depuis Barèges, il y a deux solutions :

  • En voiture, par une petite route de 4,6 km.
  • A pied, via un petit chemin de rando : 3 km – 386 m+


On peut évidemment faire cette randonnée en suivant le chemin carrossable. Pour le retour, si l’on fait la grande boucle, on peut se fier au balisage et aux cairns. Mais si l’on a le moindre doute, le meilleur moyen de ne pas se perdre est encore de télécharger la trace GPX.

Vous pouvez le faire sur le site VisuGpx.com : la Glère


Capacité :

  • 60 couchages (en période d’ouverture gardiennée, en général de février à octobre)
  • 20 couchages (en période hivernale d’ouverture sans gardiennage, d’octobre à février)

Réservation obligatoire :

  • Par téléphone : 09 82 12 55 32 (ou 06 80 01 25 64)
  • En ligne : @contact

Tarifs 2025 :

  • 25,50 euros par adulte
  • 17,85 euros (8-18 ans)
  • Tarifs complets sur le site officiel

Voici le site officiel, pour des infos complètes : refuge de la Glère


Chez Louisette, bien sûr ! Comme évoqué précédemment, c’est le point de départ et d’arrivée de la rando, mais il s’agit également d’une petite auberge de montagne au décor chaleureux, qui propose des plats montagnards avec un excellent rapport qualité – prix. Tout est fait maison. Le site officiel a été supprimé, voici leur Insta pour vous mettre l’eau à la bouche : Chez Louisette.

Attention : n’oubliez pas de réserver car l’auberge est réputée dans toute la région. Vous pouvez le faire via le site officiel résa Louisette, ou par téléphone au 05.62.92.67.17.


A Barèges ! C’est l’endroit le plus proche du départ de la rando et les possibilités d’hébergement sont assez nombreuses, même s’il vaut mieux prévoir de réserver à l’avance.

Nous avons dormi à l’hôtel Alphée, un peu cher (110 euros la chambre double) mais c’est le cas de nombreux hébergements à Barèges.

Point fort : le petit déjeuner, ce qui n’est pas négligeable pour prendre des forces juste avant de partir en randonnée !

Le site officiel : hôtel Alphée

Toutes les possibilités d’hébergement sur Booking à Barèges.


Il délivre toutes sortes d’informations sur la région, ses randonnées, son patrimoine etc. Surtout, il permet de s’adresser à des humains plutôt qu’à Internet…

Place Urbain Cazaux
65120 BAREGES

Téléphone
+33 (0)5 62 92 16 00


Le site du parc national des Pyrénées est incontournable : conseils pour la randonnée, bivouac et refuges, la faune et la flore, les différentes vallées, tout y est ! Toute la réglementation du parc est accessible ici.

On peut retrouver la randonnée présentée dans cet article en consultant les deux sites suivants :


La montagne est un écosystème fragile. Les règles sont donc faites, non pas pour embêter les randonneurs et randonneuses, mais pour préserver la nature. Voici quelques règles de base, d’apparence évidente mais pas suffisamment respectées :

  • Les déchets : prévoyez des sacs poubelles afin de pouvoir redescendre vos déchets. Ne laissez aucune trace de votre passage dans la nature.
  • La flore : évitez de sortir des sentiers balisés afin de ne pas abîmer la flore en la piétinant. Ni cueillette, ni prélèvement.
  • Les lacs : ne vous baignez pas dans les lacs si vous êtes enduit.e.s de crème solaire, car elle abîme le fragile écosystème lacustre. Par exemple, randonnez avec des vêtements longs, un chapeau ou une casquette, ou encore baignez-vous avec un lycra : dans le sac, ce n’est pas bien lourd.
  • Le feu : pas de feu en période de sécheresse ou de canicule. Si vous en allumez un, faites-le dans un foyer existant afin de ne pas dégrader le sol.
  • Le bruit : discrétion requise : pas de bruit, par respect de la faune locale et des autres randonneurs.

Bref, le b-a, ba, quoi…


  • Les chiens sont autorisés sur le parcours de cette randonnée, à condition qu’ils soient tenus en laisse. Un peu plus loin, dans le parc national des Pyrénées, leur présence est strictement interdite.

  • La randonnée sur ce parcours est déconseillée l’hiver car la zone est propice aux coulées de neige. Il convient de bien se renseigner auprès de professionnels avertis avant de se risquer à randonner dans la zone lorsqu’il neige.


Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires (votre adresse mail sera demandée mais pas publiée, et il faudra compter quelques heures avant la publication de la question et de la réponse).


D’autre montagnes, d’autres bivouacs…

Comment faire l’ascension du plus haut sommet des Pyrénées, le pic d’Aneto, quand on est néophyte ?

Le tour des lacs d’Ayous est une belle randonnée d’un ou deux jours avec peu de difficultés.

Traversée de l’Albanie à vélo. Récit détaillé de ce voyage en immersion dans l’Albanie profonde, au cœur des montagnes et en mode bivouac.




La Turquie à vélo (suite et fin du périple)

Voici le récit détaillé d’un voyage en Turquie, huitième et dernière étape d’une traversée de l’Europe à vélo.

Mais un coup du sort ne m’a pas permis de découvrir ce vaste pays comme je l’avais prévu…

Pour continuer mon périple, j’ai décidé d’entrer en Turquie non pas par voie terrestre à vélo, mais par la mer en bateau. Je fais donc une courte traversée de Nisyros à l’île voisine de Kos, d’où partent les ferries pour la Turquie. Je ne le sais pas encore mais c’est là que mon voyage va basculer.

En approchant du ferry, je constate que la passerelle pour monter à bord est non seulement très étroite, mais aussi et surtout surélevée d’une bonne trentaine de centimètres au-dessus du quai, au lieu d’être posée dessus. Je rage un peu intérieurement en sachant déjà que je vais galérer dans quelques secondes pour hisser mon vélo de cinquante-quatre kilos sur cette passerelle mal ajustée. Mais cela fait partie de mes petites tracasseries quotidiennes, généralement sans conséquences.

Arrivé devant elle, je soulève l’avant du vélo puis je fais un effort supplémentaire pour faire suivre l’arrière, beaucoup plus lourd et là, d’un seul coup, crac ! Je ressens en une fraction de seconde une forte douleur au genou gauche. Pire, je sens tout de suite que dans ma jambe, quelque chose n’est plus à sa place. J’ai l’impression qu’un os est complètement sorti de son emplacement !

Cette sensation étant aussi douloureuse que désagréable, c’est la peur au ventre que je jette un œil à mon genou. Résultat, il est difforme ! Il a une énorme bosse à gauche et un grand trou inhabituel au milieu : la rotule n’est plus à sa place, elle s’est déboîtée vers l’extérieur de la jambe. La douleur est forte, je ne peux plus ni plier ni tendre la guibole, et il m’est impossible de faire un pas. La passerelle d’accès au navire étant très étroite, mon vélo, avec ses sacoches, en occupe toute la largeur et personne ne peut passer à côté de moi. Ça tombe mal, il y a encore une bonne cinquantaine de passagers derrière moi sur le quai, que j’empêche de monter à bord.

L’arrivée du ferry à Bodrum (Turquie)

Comme je souffre à voix haute, les deux membres d’équipage postés en haut de la passerelle pour accueillir les voyageurs descendent jusqu’à moi. Voulant m’aider, ils me demandent de lâcher le vélo pour le monter eux-mêmes à bord mais ils ne s’attendent pas à ce qu’il soit si lourd. Du coup, ils le font tomber dans les cordages qui bordent la passerelle, et dans lesquels le guidon s’empêtre. Quand ça veut pas…

Dans mon esprit, je me dis qu’il y a bien un toubib, une infirmière ou n’importe quelle personne avec un semblant de formation médicale, qui va venir m’aider et remettre ma rotule douloureuse à sa place, mais non. Alors que la douleur est toujours forte, personne ne se manifeste.

Bloquant toujours les passagers, et la douleur ne diminuant pas d’un iota, je décide d’essayer de la manipuler moi-même. Je la prends donc à deux mains et je la pousse vers sa place vide mais rien ne bouge. A la deuxième tentative, je force un peu plus et là, elle coulisse miraculeusement. Mes ligaments internes, qu’elle avait distendus comme deux élastiques au moment de la luxation, contribuent à la ramener automatiquement à son emplacement normal.

J’ai toujours très mal mais je suis surtout secoué psychologiquement après la vision de ma jambe si déformée. En revanche, au niveau sensations, j’avoue que ça va mieux car je vois bien que tout est désormais à sa place. Et du coup, je peux à nouveau marcher. Comme un canard boiteux, peut-être, mais au moins j’avance, libérant enfin l’accès à bord pour tous ceux qui poireautaient derrière moi.

Je finis de pousser mon vélo jusqu’en haut. Là, une jeune femme d’équipage me montre où le parquer pendant la traversée tout en me demandant comment ça va. Comme je n’ai qu’une seule envie, à savoir filer m’asseoir, je lui réponds que tout va bien alors qu’en fait, tout va mal ! Mais chose incroyable, une quinzaine de minutes plus tard, pendant que le bateau navigue quelque part entre la Grèce et la Turquie, une grande partie de la douleur a disparu. C’est fou qu’elle ait pu monter si haut en une fraction de seconde, puis dégringoler à ce point le quart d’heure suivant. Tant mieux pour moi.

Le port de Bodrum

Peu après, le bateau accoste à Bodrum, station balnéaire ultra fréquentée où le tourisme de masse est roi. C’est exactement ce que je n’aime pas mais à cet instant là, je m’en fous complètement : la seule chose qui compte, c’est mon genou. Notamment, je m’interroge sur l’étendue des dégâts causés par cette luxation. Je suis un peu inquiet car je n’ai pas l’impression d’être en état de faire du vélo. Je commence carrément à me demander si mon périple ne va pas se terminer dans cette ville, l’ancienne Halicarnasse. Alors bien sûr, ce serait un lieu d’arrivée prestigieux pour mon voyage, mais j’aimerais bien pouvoir continuer un peu quand même.

Quelques pierres du mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde, ont servi à construire la forteresse de Bodrum

Initialement, j’avais prévu de rouler un peu pour sortir de la ville avant la tombée de la nuit, puis bivouaquer quelque part dans la nature. Mais là, je sens bien que je dois reposer ce genou récalcitrant. Je décide donc de me poser pour la nuit dans une petite pension bon marché, à l’écart du centre-ville animé que je trouve surfait. Je passe la soirée à noyer ma déception dans la gastronomie locale, en m’empiffrant de kebabs certes gras, mais tellement réconfortants. Demain, en fonction de mes sensations, j’aviserai…

Après avoir passé une partie de la nuit à cogiter, et l’autre partie à essayer de digérer mon repas local, j’ai la bonne surprise, au petit matin, de sentir que la douleur a presque disparu. Elle se réveille dès que je tourne la jambe sur le côté mais si je la garde bien droite, je n’ai plus vraiment mal. C’est une bonne surprise, je vais pouvoir continuer mon voyage.

Je suis globalement rassuré même si, au fond de moi, je sens quand même que mon genou est fragilisé. Je suis donc un peu sceptique mais je reprends la route : je verrai bien en pédalant si ça passe ou si ça casse…

La sortie de Bodrum

A la sortie de la ville, je me retrouve nez-à-nez avec deux sangliers. A mon approche, ils détalent à travers un petit terrain, pentu et recouvert de végétation, au beau milieu des maisons. Dans ce pays où quatre-vingt-dix-huit pour cent de la population est musulmane, je ne m’attendais pas à croiser ce couple de mammifères dotés d’un groin. Renseignements pris, il s’avère qu’ils pullulent dans la nature turque, tout autant d’ailleurs que dans une bonne partie de l’Europe et de l’Asie.

Les premiers kilomètres montent pas mal et je suis heureux de constater que mon genou tient plutôt le coup : je n’ai pas vraiment mal, sauf quand je tords un peu la jambe. Et bien j’ai qu’à ne pas la tordre !

L’itinéraire côtier offre de jolies vues plongeantes sur la mer. Je comprends mieux pourquoi il y a tant de touristes dans les parages.

Les environs de Bodrum

J’arrive assez rapidement sur une quatre-voies. En Turquie, les vélos y sont autorisés, de même que sur les autoroutes. Moi qui suis si attaché aux conditions de sécurité à vélo (par exemple, je fais partie des zéro pour cent de cyclistes environ qui ne grillent pas les feux !), je suis surpris de prendre tant de plaisir à pédaler sur ces routes à grande vitesse. Les voitures foncent, un certain nombre d’entre elles pulvérisant allègrement la limitation à cent dix. Les bus et les poids lourds ne sont pas en reste car ils me doublent également en roulant vite. Leur moteur me hurle dans les oreilles et leur pot d’échappement me crache dans les poumons. Mais malgré tout, comme la bande d’arrêt d’urgence sur laquelle je roule est plutôt large et que je surveille dans mon rétro tous les véhicules en approche, j’ai plutôt tendance à m’éclater ici.

Quand un poids lourd me double, voire plusieurs à la suite, ils m’emportent dans leur sillage grâce à l’appel d’air qu’ils créent derrière eux. Cela me fait accélérer considérablement, a fortiori dans les descentes, et je me retrouve à rouler à des vitesses bien supérieures à celles que j’atteindrais à la seule force des mollets. Cette quatre-voies a décidément un petit côté grisant.

Par contre, il y a quelques portions sur lesquelles la largeur de la bande est très réduite voire inexistante et dans ces endroits, je me retrouve à rouler avec voitures et camions sur la file de droite. Ça, ce n’est plus du tout une partie de plaisir. Cela me vaut un ou deux coups de klaxon mais globalement, la cohabitation se passe bien car quasiment aucun véhicule ne me frôle.

Mais je prends vite conscience que sur cette quatre-voies, il n’y a aucun paysage à voir, aucun village à traverser ni aucune rencontre à faire. Alors je décide d’en sortir pour aller voir de plus près à quoi ressemble la Turquie profonde.

Petite route de montagne (sud-ouest de la Turquie)

Dans cette région paisible de la Turquie, la petite route de montagne qui défile sous mes pneus est bordée de fleurs. Les voitures sont rares et le silence règne, c’est tout le contraire de la quatre-voies d’où je viens.

Après quelques montées, j’arrive dans la petite ville de Milas, que je traverse assez rapidement. Elle est posée dans une vallée encaissée, aux pieds de montagnes dont les flancs sont défigurés par les carrières de marbre. Ce dernier a servi il y a bien longtemps à la construction des nombreux monuments antiques de la région.

A la sortie de la ville gît paisiblement un joli lac bleu. Je décide de faire un petit détour pour aller le voir de plus près. Sur ses berges, quelques habitants du coin sont venus poser leur table de camping pour pique-niquer en famille.

Le lac de Milas

Je poserais bien ma tente par là, face à ce joli paysage lacustre mais sans que ce soit la grande foule, il y a quand même des gens un peu partout. Je quitte donc le lac pour planter ma tente quelques kilomètres plus loin.

Vient l’heure de faire le bilan de la journée. J’ai roulé modérément, soixante-et-un kilomètres précisément mais avec quand même huit cents mètres de dénivelé positif, ce qui n’est pas rien avec un vélo toujours aussi lourd, mais avec en prime un genou en vrac, désormais. Mais ce genou justement, il ne m’a pas trop fait souffrir, finalement. Par contre, il a pas mal gonflé et je n’aime pas trop ça.

Après une nuit passée dans le silence des montagnes, j’attaque la journée suivante avec de grosses montées. Bien que pas encore réveillé, mon genou tient toujours le choc.

Au fil de la journée, la chaleur devient de plus en plus intense. A l’entrée d’un village, je m’arrête pour discuter avec un habitant devant son hangar. Il s’appelle Ashkan, il est menuisier et il me fait visiter son atelier.

Ashkan dans son atelier

Je ne sais pas si j’ai la tête du type qui souffre à pédaler dans les montagnes en plein cagnard mais quand je pars, Ashkan envoie son fils Inan m’offrir une grande bouteille d’eau fraîche : un moment d’allégresse pure pour un cyclotouriste en surchauffe. J’avais déjà entendu parler de l’hospitalité turque mais à ce moment précis, elle devient réalité.

Inan m’offre une grande bouteille d’eau fraîche

Je poursuis ma route mais quand j’arrive dans la ville de Yatagan, mon genou est proche de l’obésité. Pourtant, je n’ai roulé que trente-huit kilomètres aujourd’hui, mais sous un soleil qui m’a fait fondre et surtout, avec près de neuf cents mètres de dénivelé positif. J’ai notamment dû forcer pas mal pour grimper plusieurs pentes entre 10 et 15%. Cet effort de pédalage soutenu voire intense, à l’évidence, mon genou ne l’a pas adoré : il est devenu énorme.

Je décide de m’arrêter dans cette ville inconnue pour reposer mon genou pendant quelques jours.

Je vais également le glacer (avec des petits pois surgelés, n’ayant rien d’autre) et acheter une genouillère dans une pharmacie.

Soixante-douze heures plus tard, mon genou n’a pas dégonflé d’un millimètre. La douleur est faible mais elle est toujours là, notamment sur certains mouvements de la jambe. Entretemps, j’ai appris qu’avec ce type de blessures, il y avait une récidive pour plus d’une personne sur deux. C’est énorme. Or, j’ai encore des montagnes à grimper et dès ma prochaine étape, mon GPS vélo m’annonce qu’une côte à 24% m’attend ! C’est monstrueux. Je ne pourrai sans doute pas la monter, chargé comme un âne, il faudra donc que je pousse le vélo. Mais c’est justement en le poussant, sur une passerelle pourtant beaucoup moins pentue, que ma rotule s’est fait la malle : cela ressemble à des conditions idéales de récidive.

Et puis globalement, je me rends bien compte que je ne peux pas forcer normalement en pédalant. Alors avec toutes ces montagnes qui m’attendent, il va bien falloir que je me rende à l’évidence : la suite de mon périple est compromise.

Dans la campagne turque

Je passe des heures à réfléchir à ce que je dois faire ou pas, à ce qui est prudent ou imprudent, et à la récidive qui me pend au nez si je m’engage dans les montagnes de la région. Mon genou est toujours très enflé, je le sens vraiment fragilisé, la suite du parcours est très sportive, trop sans doute, et la luxation de ma rotule a été un moment extrêmement désagréable que je n’ai absolument pas envie de revivre.

Après trois jours de repos passés tout seul dans une petite chambre d’hôtel miteuse à Yatagan, à réfléchir dans tous les sens à la suite que je dois donner à mon périple, je finis par prendre ma décision : je vais faire demi-tour et rentrer à la maison. Le coup est rude et quelques gouttes s’échappent de mes yeux, les nerfs me lâchant brutalement. C’était le voyage d’une vie, je regrette tellement qu’il se termine ainsi.

Mais très vite, les belles images des endroits que j’ai traversés depuis le départ me reviennent à l’esprit. La douceur de vivre en Italie, les beauté de la côte et des forêts croates, les superbes montagnes albanaises, le volcan impressionnant en Grèce… Je repense aussi à tous les gens amicaux et si bienveillants que j’ai rencontrés depuis le premier jour. Je n’avais jamais vraiment repensé à tout ça en pédalant quotidiennement car finalement, ce qui m’intéressait chaque fois que je roulais, c’était ce qui m’attendait le jour même ou le lendemain, et non pas ce que j’avais déjà vécu.

Toutes ces images me réconfortent et me font prendre conscience que, même si aujourd’hui, tout se termine en eau de boudin, j’ai quand même eu la chance de vivre une aventure exceptionnelle. J’ai atteint mon objectif initial, Athènes, et je l’ai même dépassé puisque je suis arrivé jusqu’ici, en Turquie. Simplement, je ne vais finalement pas pouvoir pousser jusqu’en Cappadoce, ni rentrer chez moi à vélo.

Pour le retour justement, le plus simple consisterait à prendre l’avion. Mais j’ai traversé toute l’Europe pendant plus de deux mois pour arriver jusqu’ici en Asie, en utilisant uniquement mon vélo. C’est-à-dire un moyen de transport respectueux de l’environnement. Je ne peux quand même pas décemment polluer un tel voyage en prenant maintenant un vol pour rentrer à la maison.

Je rentrerai donc en bateau, en voiture de location et, quand il n’y aura aucune autre possibilité, j’avancerai à vélo. Alors bien sûr, la voiture polluera un peu mais ce ne sera que sur de courtes distances et il n’y aura de toute façon aucune commune mesure avec l’avion. Ce retour prendra du coup beaucoup plus longtemps, environ deux semaines au lieu de deux ou trois heures par les airs, et il me coûtera au total beaucoup plus cher qu’un vol en aller simple. Mais au moins, mon bilan carbone restera honorable et je serai fier de mon voyage jusqu’au bout. Et puis, ces quinze jours de retour me serviront de transition vers le retour à la vie normale…

La mosquée Rüya Gibye

Pour commencer, je n’ai pas vraiment le choix : je vais devoir retourner à Bodrum à vélo.

La campagne turque, pendant le chemin du retour

Je prends donc le même chemin qu’à l’aller et je repasse devant les mêmes paysages : des forêts verdoyantes, la mer d’un bleu intense…

Après les quelques dizaines de nuits que j’ai eu la chance de passer sous la tente au cours des dernières semaines, c’est maintenant l’heure de mon dernier bivouac.

Avec un dénivelé globalement descendant malgré quelques pentes raides, ma patte folle tiendra le coup jusqu’à Bodrum.


Le chemin du retour :

  • Traversée Bodrum (Turquie) – Île de Kos ( Grèce)

L’île de Kos


  • Traversée Kos – Athènes

Athènes


  • Traversée Patras (Grèce) – Ancône ( Italie), après la jonction Athènes – Patras en voiture de location

Ancône


  • Traversée Gênes (Italie) – Barcelone (Espagne), après la jonction Ancône – Gênes en voiture de location

De Gênes à Barcelone


  • Retour à Bordeaux en voiture

Voiture de location neuve et dernière galère du périple : crevaison à Tarrega !


Comme dans tous les pays précédents que j’ai traversés, je n’ai pas rencontré le moindre problème de sécurité avec les automobilistes turcs. Je n’ai jamais vraiment croisé de chauffards. Il y a bien eu quelques bolides qui fonçaient sur les quatre-voies limitées à cent dix kilomètres heure, mais ils passaient toujours loin de moi et ne me mettaient donc jamais en danger. Sur les petites routes de campagne et de montagne ainsi que dans les villes et villages, les voitures faisaient là aussi toujours très attention à moi. D’après ce que j’en ai vu, les routes turques m’ont donc paru très sûres pour les cyclistes.


Les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

L’un des principes de base d’Eurovélo, c’est de toujours prendre en compte la sécurité des usagers. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le réseau Eurovélo

La Turquie est très peu concernée par le réseau Eurovélo. Elle ne compte en effet que deux petites portions d’itinéraires sur son territoire : l’une est située dans la partie européenne du pays (au nord-ouest d’Istanbul), et l’autre se trouve autour d’Izmir. Lien vers le réseau Eurovélo en Turquie

Mais si j’évoque quand même ce vaste réseau cyclable ici, c’est parce que les nombreux itinéraires qu’il comporte à travers le continent peuvent s’avérer utiles pour pédaler jusqu’en Turquie, quel que soit le pays européen d’où l’on vient.


Il est facile de se rendre à Bodrum en bateau depuis la petite île grecque voisine de Kos puisque plusieurs compagnies assurent la traversée. On trouve donc normalement des ferries tous les jours.

Réserver un ferry Kos – Bodrum avec :

Prix : il varie selon la saison et la compagnie mais il tourne autour de 30 euros pour un piéton adulte. Le transport du vélo est gratuit (demander confirmation à l’achat du billet).

Durée : environ 30 minutes.

Attention : si en basse saison on peut en général acheter son billet au dernier moment, en haute saison il est préférable de réserver à l’avance.

Douane : cette traversée inclut un passage de frontière (Grèce – Turquie), ce qui signifie qu’il faut prévoir le temps de passage de la douane. Mais surtout, les voyageurs à vélo s’exposent à la confiscation des couteaux, cartouches de gaz etc. D’après ma propre expérience, les douaniers ne sont pas très regardants : à l’aller, ils m’ont laissé passer sans me contrôler et au retour, ils m’ont contrôlé mais sans rien confisquer. En revanche, lors d’une autre traversée (en Italie), on m’a confisqué toutes mes cartouches de gaz, donc c’est une situation rageante qui peut toujours se produire quand on passe une douane…


Si vous avez eu la chance de séjourner à Nisyros (lire l’article : Nisyros, la plus belle île de Grèce ?…), alors il vous faut faire au préalable la traversée entre Nisyros et Kos avant de rejoindre Bodrum :

Réserver un ferry Nisyros – Kos avec :

Prix : très variable, de moins de 10 euros à près de 20 euros pour un piéton selon la saison, la compagnie, le type de navire etc. Gratuité pour le vélo.

Durée : de 45 mn à 1h45, selon le type de navire.

Fréquence : en basse saison, il n’y a que deux traversées par semaine (à vérifier, cette fréquence pouvant changer).

Attention : en haute saison, il est plus prudent de réserver son billet à l’avance.




Les étapes précédentes :




La Grèce à vélo

Voici le récit détaillé d’un voyage en Grèce, septième étape d’une traversée de l’Europe à vélo.

J’ai découvert une Grèce hors des sentiers battus, notamment dans les montagnes du nord, bien loin de la carte postale habituelle représentant des petites églises aux coupoles bleues se détachant sur une mer d’azur...

J’ai pris tout mon temps pour profiter au maximum de ma dernière journée en Albanie. La conséquence immédiate, c’est qu’il est déjà tard lorsque je passe la frontière grecque, et qu’il ne me reste plus beaucoup de temps pour trouver un spot de bivouac avant la tombée de la nuit.

En plus, je me trouve dans une partie très montagneuse de la Grèce. D’un côté de la route, il y a la montagne, de l’autre, le ravin et partout, le terrain est à la fois très boisé et trop pentu pour poser ma tente dans les parages.

Mais comme toujours, à force de rouler, je finis par trouver un petit chemin en bord de route, au bout duquel quelques arbres pourront cacher ma tente de la vue des rares voitures qui passent par ici.

Ma tente en mode camouflage



Le lendemain, je rencontre une galère que je n’ai absolument pas anticipée : la soif.

Après un bivouac non loin de la ville de Ioannina, je donne mes premiers coups de pédales de bon matin, dans de jolis paysages de montagne et dans l’insouciance totale : comme toujours depuis quarante jours que j’ai quitté la France, je trouverai bien de l’eau en chemin.

Au fil des heures, le soleil chauffe de plus en plus et le problème qui se pose, auquel je n’avais pas pensé un seul instant, c’est que mon itinéraire ne me fait pas traverser le moindre village. Habituellement, je rencontre presque tous les jours des habitants qui acceptent gentiment de remplir mes gourdes, sinon, j’attends de trouver une fontaine sur mon chemin. Et en dernier recours, il me suffit d’acheter des bouteilles d’eau dans la première petite épicerie que je croise, ce que je n’ai fait qu’une seule fois jusque là.

Mais aujourd’hui, mes bidons sont vides et autour moi, rien ! Pas un village, pas un habitant, pas une fontaine, pas une épicerie. En d’autres termes, je suis à sec. En plus, il fait chaud et je transpire dans les montées, bref, je suis assoiffé. A midi, je dévore la tomate, le demi-concombre et l’orange qu’il me reste afin de m’hydrater un peu, puis j’étudie la carte du coin sur mon GPS pour essayer de trouver un village proche. En vain, il n’y a pas âme qui vive dans les parages.

Personne à des kilomètres à la ronde

Je suis au pays de la mythologie grecque et puisque j’ai le gosier si sec, je ne peux m’empêcher de penser aux Danaïdes, ces cinquante sœurs qui furent condamnées à verser éternellement de l’eau dans un vase sans fond : quel gâchis !

Mais comme souvent depuis le début du périple, je fais une rencontre providentielle. Une fourgonnette des services de l’autoroute voisine passe à un croisement, assez loin devant moi. Elle s’arrête un peu plus loin, fait demi-tour et revient vers moi avant de s’arrêter à ma hauteur. Le conducteur, avec son gilet jaune de l’autoroute, me demande où je vais. Je lui explique mon trajet mais il n’a pas vraiment l’air de me croire. Il est persuadé que je veux emprunter l’autoroute à vélo. Il essaie de m’en dissuader en m’expliquant que c’est interdit et que surtout, c’est dangereux. N’ayant plus huit ans depuis longtemps, je suis au courant de tout cela et je n’ai en effet pas prévu d’aller me faire aplatir aujourd’hui par un bolide à quatre roues. Malgré son insistance plutôt lourde, il est franchement sympa.

Au moment où il s’en va, je lui demande s’il y a un village dans le coin où je pourrais acheter de l’eau. Il me répond que non, qu’on est loin de tout ici et qu’il n’y a rien. Il retourne à sa fourgonnette, me laissant K-O debout après une info aussi sèche. Mais il en ressort avec deux petites bouteilles d’eau de vingt-cinq centilitres chacune, qu’il me tend dans un grand sourire.

Le sauveur de l’autoroute !

Quand on vit quotidiennement avec l’eau courante et qu’on a l’habitude d’ouvrir un robinet pour que l’eau coule à flots, on n’a pas idée de ce que peut représenter un petit demi-litre d’apparence aussi ridicule. Mais pour qui vit dans la nature et se retrouve assoiffé pendant des heures, en plein cagnard et en plein effort, comme moi aujourd’hui, alors ces deux micro-bouteilles valent tout l’or du monde. Il y a cinq minutes à peine, j’étais au fond du trou et là, d’un seul coup, je suis le plus heureux des hommes. La vie est belle.

Je descends la première bouteille cul-sec et je garde la seconde pour le bivouac du soir : j’aurai besoin d’un peu d’eau pour préparer mon dîner grâce à un sachet lyophilisé que je garde toujours en réserve, dans la perspective d’un jour où je n’aurais rien à manger. Je réalise alors que ces deux bouteilles sont à la fois beaucoup et trop peu. Elles me sauvent momentanément mais elles sont insuffisantes quand même.

Une petite fabricante de miel grecque

La chance me fait alors passer devant une maison isolée dont je me demande ce qu’elle peut bien faire là, si loin de tout. Son habitant jardine à proximité de la porte d’entrée. J’ouvre le dialogue par un kalimera amical (bonjour) censé briser la glace et le mettre en confiance. Il me répond la même chose mais sur le ton d’un ours hostile, avant de tenter de se réfugier dans sa maison. Je réalise alors que, habitant dans un endroit aussi reculé, il est légitime qu’il se méfie du premier type qui passe par là, a fortiori lorsqu’il s’agit d’un voyageur un peu cradingue comme moi.

Je lui demande alors très vite, juste avant qu’il ne passe le seuil de la porte, s’il peut me dépanner en eau. Il répond en râlant fort, me tourne le dos et rentre chez lui brusquement en claquant la porte. J’attends là un instant car je crois avoir compris qu’il va revenir quand même, et je profite de ces quelques secondes pour sortir une petite tour Eiffel bleue de mes sacoches : on ne sait jamais, ça peut toujours servir.

Le type revient alors, muni d’une grande bouteille d’eau de deux litres mais en arborant une tête de tueur : il me fait comprendre que s’il me donne cette eau, c’est juste pour que je dégage le plus vite possible. Mais moi, en voyant cette immense bouteille, qui prend sous ce cagnard autant de valeur qu’un ticket de loto gagnant, je pars tout seul dans un grand éclat de rire, sans doute un peu nerveux. Puis je couvre mon sauveur, le deuxième en vingt minutes à peine, de plusieurs efkaristo consécutifs (merci). Et bien sûr, je lui tends la petite tour Eiffel.

C’est fou l’impact de ce petit objet bleu sur les gens à qui je l’offre. Chaque fois, ils rient à tue-tête lorsqu’ils prennent la petite tour dans leurs mains. Mais avec ce grec, c’est différent. Il y a deux secondes, il semblait prêt à m’égorger et là, il se met subitement à rire avec moi comme si j’étais son vieux pote ! Ce petit cadeau l’a mis en confiance. Du coup, ce taiseux devient intarissable et n’arrête plus de me questionner sur mon voyage. Mais je finis par m’éclipser quand même, trop content de ces deux rencontres successives qui m’ont sorti d’une sale situation.

Il n’y a pas âme qui vive dans ce coin du pays.


La journée ayant été difficile physiquement à cause du gros dénivelé, de la chaleur et de la soif, je décide d’arrêter de pédaler un peu plus tôt que d’habitude, pour me reposer. Je vais poser ma tente dans les parages et profiter tranquillement de la soirée, quelque part dans la nature.

Je trouve assez rapidement un spot vraiment agréable, qui le serait encore plus si au préalable, un troupeau de vaches n’avait pas déposé tout un bataillon de bouses un peu partout. Les plus sèches sont inodores et ne me posent pas de problème, mais les plus fraîches sont répugnantes. Déjà, elles sont énormes mais surtout, elles sont colonisées chacune par des dizaines de grosses mouches vertes, qui n’ont rien trouvé de mieux à faire que de creuser une multitude de galeries dans cette odorante matière fécale d’origine bovine. C’est bien la première fois de ma vie que je suis amené à observer aussi finement cette manifestation peu ragoûtante de la nature, et j’espère surtout que ce sera la dernière.

Bien sûr, ce n’est pas le sujet le plus élégant à aborder mais cela fait partie du voyage, alors je ne peux pas le censurer non plus.

Une fois ma tente montée, je m’en éloigne un instant en faisant évidemment très attention où je pose les pieds. Je finis par me planter devant un gros buisson. Là, alors que je marque tranquillement mon territoire, j’entends subitement un gros bruissement de feuilles dans la végétation que je suis justement en train d’arroser. Je pense immédiatement à un serpent. Et en effet, un gros reptile surgit juste à côté de mon pied droit mais ce n’est pas celui que je crains : c’est une petite tortue sauvage.

Daisy la tortue

Par chance, elle semble être passée entre les gouttes puisqu’elle est toute sèche. Elle est mignonne comme tout, bien qu’étant furieuse après moi car j’ai marqué un territoire qui n’était pas le mien : c’est le sien. Je la baptise Daisy, du nom de sa congénère que nous avions à la maison quand j’étais petit. Puis je retourne à ma tente, lui rendant ses terres.

Croiser ce petit animal sur ma route est assez symbolique car nous présentons quelques similitudes, lui et moi. Nous n’avançons pas bien vite, et nous emportons tous les deux notre maison avec nous : la tortue sur son dos et moi dans mes sacoches de vélo.

L’avantage quand on roule à la vitesse de ce petit animal tout pataud, c’est qu’on peut prendre tout son temps, ce qui permet de profiter beaucoup plus du voyage. On n’a aucune contrainte, on peut rester aussi longtemps qu’on veut dans les endroits où l’on se plaît puisque on n’est attendu nulle part. Il suffit juste de profiter du moment présent, que ce soit face au paysage ou le temps d’une rencontre. Savourer ces instants sans se soucier du temps qui file, il s’agit bien d’un luxe qu’on ne possède jamais, dans la vie de tous les jours.

Le territoire de Daisy, sur lequel j’ai donc posé ma tente, est un petit coin de nature calme et paisible qui fait face aux montagnes. Dans une telle quiétude, la petite tortue sauvage et moi allons bien dormir.

En Grèce, le nord du pays n’est globalement pas touristique. Ici, je découvre la Grèce profonde, bien loin de la carte postale classique représentant des petites églises blanches surmontées de coupoles bleues, avec une mer d’azur en toile de fond.

Plus je descends vers le sud, plus les champs fleuris succèdent aux montagnes enneigées. Les fleurs sont omniprésentes, elles remplissent les champs, je n’en ai jamais vu autant. Les paysages en sont tout tachetés, ce qui les enjolive et tant mieux car franchement, sans ce saupoudrage de couleurs, ils seraient beaucoup plus banals. Un vrai petit paradis pour les abeilles.

Dans cette partie du pays, je traverse peu de villages et aucune ville. En conséquence, contrairement à ma traversée de l’Albanie, je ne fais pas beaucoup de rencontres. Mais comme la nature est omniprésente, j’y trouve mon compte quand même.

Ici, il y a un avantage et un inconvénient. L’avantage, c’est que cette nature fleurie est agréable et très propice au bivouac. Mais l’inconvénient, c’est que justement, le bivouac est interdit en Grèce !

Bivouac dans les environs d’Etoliko

Pourquoi cette discrimination à l’encontre des bivouaqueurs ? D’une part, pour protéger la nature du comportement de certains campeurs peu scrupuleux. D’autre part, pour préserver la tranquillité des habitants. Enfin et surtout, pour limiter au maximum les risques d’incendies.

Les contrevenants risquent une amende, et il faut savoir que la police traque de plus en souvent les bivouaqueurs en Grèce, notamment en haute saison.

Pour ma part, si j’ai pris le parti de ne pas respecter cette interdiction, ce dont je ne suis pas spécialement fier malgré mes convictions pro-bivouac, c’est pour plusieurs raisons. Déjà, quand je dors sous la tente, je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets. Ensuite, je bivouaque toujours discrètement, loin des habitations, afin de ne déranger personne. Enfin et surtout, je n’allume mon réchaud que lorsque la végétation est mouillée, ou lorsqu’il n’y en a pas du tout à proximité. Et en prime, quand il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose la tente, je les ramasse et je les emporte avec moi pour les jeter dans la première poubelle que je trouve après avoir levé le camp, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.

Alors bien sûr, ces précautions ne m’autorisent pas pour autant à bivouaquer dans ce pays et j’en suis bien conscient. Mais quitte à ne pas respecter la règlementation, autant le faire proprement et sans déranger personne.

Un soir, je longe des champs fleuris qui me séparent du lac Amvrakia, au loin. Il a l’air paisible et puisqu’il m’attire comme un aimant, je décide de quitter la route pour prendre un petit chemin dans sa direction, car j’aimerais bien poser ma tente sur la berge.

En direction du lac Amvrakia

Je roule un petit moment avant de trouver un site qui a l’air accueillant pour passer la nuit, à une poignée de mètres de l’eau. Mais une fois la tente posée, je repère deux pêcheurs à quelques centaines de mètres : moi qui aime bien bivouaquer discrètement, ça tombe mal !

La rive du lac Amvrakia

Ma tente ne se voit quasiment pas de loin, toute verte au milieu de la verdure, mais j’aime autant aller les voir pour discuter un peu et voir à qui j’ai affaire. Avec mon appareil photo en bandoulière, je passe vraiment pour le parfait touriste qui n’inspire aucune méfiance.

Avec mes voisins pêcheurs

Ils ont attrapé une poignée de poissons et s’apprêtent à repartir.

Nous discutons un peu avant qu’ils ne rentrent chez eux déguster le fruit de leur pêche. Une fois partis, je me retrouve tout seul sur la berge, à savourer égoïstement la vue sur le lac.

Le lac Amvrakia

Comme souvent après de bonnes journées de pédalage, je me couche tôt, juste après le soleil. C’est le moment que choisissent les crapauds du voisinage pour commencer à hurler. Et quand ils s’y mettent en bande, ils ne font pas dans la discrétion. Quel boucan ! Peu après, les quelques oiseaux qui ont prévu eux aussi de passer la nuit au bord du lac, décident de faire concurrence à mes voisins batraciens. Le cocktail coassements – gazouillis qui en résulte n’est pas le plus mélodieux qui soit mais finalement, il n’est pas désagréable non plus. Surtout, il me rappelle que je suis en pleine nature, et cette musique vaut tellement mieux que les klaxons que j’entendrais si je dormais en ville. En quelques minutes, elle me berce et je m’endors.

Sur la rive du lac Amvrakia

L’une des bonnes surprises du périple, c’est justement le bivouac. J’ai toujours aimé ça mais je n’en fais qu’un ou deux par an, au cours de randonnées en montagnes avec ma femme et nos amis. Là, depuis deux mois et demi que j’ai quitté la France, j’ai déjà passé plusieurs dizaines de nuits sous la tente. Ce n’est pas le fait de bivouaquer en lui-même qui me séduit tant, c’est surtout celui de dormir dans des coins sauvages, souvent vierges de toute présence humaine, excepté la mienne. Je prends un plaisir fou à observer la nature sous toutes ses coutures. Admirer le coucher du soleil tous les soirs, que ce soit depuis une forêt, une crique ou une montagne. Puis me faire bercer par le bruit du vent, de la pluie ou d’une rivière dès que je ferme les yeux, le plus souvent avec quelques cris d’animaux en toile de fond. Ensuite, tous les matins sans exception, c’est le chant des oiseaux qui me réveille dès les premières lueurs, qui apparaissent une vingtaine de minutes avant que le soleil ne pointe le bout de son nez derrière l’horizon. Et enfin, quand je sors de la tente pour prendre mon café, je me trouve au milieu d’un champ tout givré, ou bien sur la rive d’un lac, ou encore face à un paysage doré par la lumière de l’aube.

Ce matin, c’est sous les arbres et face au lac Amvrakia que je me réveille. Une fois le petit déjeuner englouti et mes affaires préparées, j’ai un peu de mal à m’arracher à ce spot si nature. Mais il faut bien poursuivre ma descente vers le sud. Par chance, l’itinéraire que me propose mon GPS vélo me fait emprunter des petits chemins isolés très agréables.

Les champs d’orangers et de citronniers sont de plus en plus nombreux sur le bord de la route, il y en a désormais sur des kilomètres sans interruption. Il n’y a toujours pas un seul touriste et je croise très peu d’habitants. Même si les rencontres, que j’affectionne tant, commencent à me manquer dans ce pays, je dois avouer que je me sens bien, tout seul sur ces chemins déserts.

Champ de fleurs et d’oliviers

La Grèce du nord est décidément une région très peu touristique. Du coup, je finis par arriver à la mer sans avoir jamais croisé personne, ou presque.

Une fois sur le littoral, le soleil tape mais pour compenser, Éole souffle assez fort, ce qui a le double effet de me rafraîchir et d’agiter la mer. Elle est hachée et dans les villages fantômes que je traverse, les vagues se fracassent contre les digues, projetant parfois de grandes gerbes d’eau sur la route, et des embruns sur ma figure.

Je réalise la chance folle que j’ai de vivre des moments si grisants sur mon vélo, face à ces panoramas naturels bruts. Depuis l’Albanie, dont j’ai trouvé les paysages si sauvages, si purs, je passe la plupart de mon temps en pleine nature, que ce soit de jour en pédalant ou de nuit sous ma tente. Lacs et rivières, forêts et fleurs, voilà l’environnement dans lequel je vis quotidiennement depuis quelques semaines maintenant, et je me rends compte que j’aurais bien du mal à m’en passer. J’ai perdu mes repères de citadin depuis longtemps et j’ai un peu l’impression de m’ensauvager.

Au fond, des montagnes aux cimes enneigées surplombent la mer

Je vis au quotidien avec peu de choses et bizarrement, ce dénuement ne me crée aucun manque, un peu comme l’un des illustres représentants de la Grèce antique, Diogène de Sinope, qui décéda d’ailleurs à Corinthe, ma prochaine étape.

La différence, c’est que lui s’était volontairement plongé dans la pauvreté, dans le but de s’affranchir de toute forme de servitude, notamment matérielle. Alors que moi, c’est juste parce que je ne pouvais pas emporter ma maison sur mon vélo ! C’est moins glorieux bien sûr et pourtant, le résultat est étonnamment le même : je me retrouve heureux de la simplicité dans laquelle je vis au quotidien, elle me fait du bien et bizarrement, j’aime cet inconfort. Est-ce cela la vraie liberté, comme l’affirmait Diogène ? Je n’en sais rien mais c’est vrai que cette sobriété de chaque instant, à laquelle je ne suis pas habitué, combinée au fait que je roule depuis quelques milliers de kilomètres sans la moindre contrainte, me convainc que oui : avec mon vélo et ma tente, je me sens libre comme jamais…

A ce stade du périple, je ressens un sentiment de plénitude assez fort. Et dire que je ne suis plus qu’à deux cents kilomètres d’Athènes, ma destination finale. C’est-à-dire à peine deux jours de pédalage si j’accélère un peu, et trois si je prends tout mon temps. Je ne peux pas croire que ce soit déjà l’heure de faire demi-tour : comment un voyage aussi exaltant peut-il déjà approcher de la fin ? J’ai du mal à accepter cette réalité : il y a encore tellement de choses à voir, tellement de moments à vivre par ici. J’en arrive alors à une conclusion qui me semble subitement évidente : il n’est pas question de faire demi-tour maintenant, je vais continuer encore un peu. Pourquoi pas jusqu’en Turquie, puisqu’elle est située juste derrière ? L’idée me rend fou de joie : il y a encore de beaux moments qui m’attendent…


Mais pour l’instant, je dois rejoindre Athènes et pour cela, je vais transiter par Corinthe, dont je veux voir le fameux canal.

Quelques kilomètres avant d’y arriver, je suis coursé par trois chiens alors que je roulais tranquillement sur un petit chemin caillouteux. Il sert à accéder aux quelques fermes qui sont disposées de part et d’autre de ce sentier.

Les trois bêtes sont agressives et elles aboient en boucle. Elles sont de gabarit moyen puisqu’elles culminent entre la taille d’un petit roquet et celle d’un berger allemand.

Je me suis déjà fait courser par des chiens au moins une vingtaine de fois depuis mon départ. C’est inhérent, hélas, au voyage à vélo même si le plus souvent, ces poursuites ne durent pas bien longtemps.

D’un pays à l’autre, ces bestioles sont toutes les mêmes : les mollets qui pédalent les rendant folles, elles éprouvent systématiquement le besoin irrépressible de pourchasser le moindre cycliste qui passe à proximité de leurs mâchoires. Je sais par expérience qu’il est alors inutile d’accélérer pour essayer de les distancer car ces chiens courent bien plus vite que je ne roule, sauf quand je suis en descente, ce qui m’a d’ailleurs déjà sauvé la mise deux ou trois fois.

Mais aujourd’hui, la particularité de ces trois molosses, c’est qu’ils sont plutôt organisés : l’un court à ma gauche, l’autre à ma droite et le troisième juste derrière moi. Et si je ne suis pas aussi terrorisé que le cerf poursuivi par la meute, je dois bien dire que ce harcèlement en règle est assez efficace car je n’en mène pas large.

En général, les chiens qui me pourchassent abandonnent au bout de quelques centaines de mètres puis rentrent chez eux. Pas ces trois là. Au bout d’un kilomètre, celui de droite m’attaque carrément : il me mord tout en galopant mais coup de chance pour moi et manque de pot pour lui, c’est dans la semelle de ma chaussure de randonnée que se plantent ses ratiches aiguisées. La morsure s’avère totalement indolore pour moi mais aussi pour la bête, puisque ses dents n’ont visiblement pas été abîmées par ma semelle pourtant rigide. Désormais surexcité, le canidé continue à me poursuivre en jappant de plus belle. Tout en roulant, je riposte par un grand coup de pied de défense si maladroit qu’il me déséquilibre et manque de me faire tomber. J’effleure à peine son museau.

Hasard ou improbable coordination canine, c’est le moment que choisit son pote de gauche pour me mordre à son tour. Heureusement, il me rate, son museau tapant juste ma chaussure. Je lui donne aussitôt un coup de pied à lui aussi : pas de jaloux. On ne dirait pas comme ça mais ce n’est vraiment pas facile de taper un chien le plus fort possible, quand on pédale vite. En tout cas, mon coup de latte en plein museau ne lui fait ni chaud ni froid, et lui aussi continue la poursuite en me hurlant dessus.

Quelques centaines de mètres plus loin, l’improbable absolu se produit : alors que je me trouve depuis le début sur un chemin de campagne, j’atterris… dans une impasse ! Mais comment une telle malchance est-elle possible ? Le chemin vient en effet mourir dans la cour d’une ferme, grillagée de toutes parts : je n’ai aucune issue.

Je n’arrive pas à y croire mais je n’ai pas le temps d’y penser car je vais être obligé de m’arrêter. En d’autres termes, dans une seconde, je vais poser le pied à terre et les cabots vont se jeter sur mes mollets douillets pour les déchiqueter. Alors que mon adrénaline se propulse à une altitude inconsidérée, je freine de toutes mes forces, ce qui fait déraper mon vélo lourd dans un grand bruit, les cailloux giclant dans tous les sens. Je pose brutalement le pied droit à terre et en attendant l’impact imminent des chicots de mes poursuivants sur mon mollet, mes cordes vocales expulsent de toutes leurs forces mon cri du cœur : « PUTAINS DE CLÉBARDS ! »

Là, l’improbable absolu se produit pour la deuxième fois en quelques secondes : sans doute surpris par tout ce raffut, les trois sauvages rebroussent chemin et rentrent chez eux en trottinant comme si de rien n’était, sans le moindre aboiement ! Je n’arrive pas à y croire, ni à comprendre comment ils peuvent abandonner si facilement après avoir été si agressifs. Mais peu importe, l’essentiel est là : mes mollets sont intacts.

Le danger permanent que représentent les chiens est connu de tous les voyageurs à vélo. Avant le début de mon périple, je savais bien que ce type de mésaventure surviendrait un jour où l’autre. C’est pourquoi, sur les conseils avisés de ma petite femme, je m’étais carrément fait vacciner contre la rage : ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ? Aujourd’hui, je suis entier mais je l’ai échappé belle.

Je remonte sur mon vélo, je fais demi-tour pour sortir de l’impasse et je roule derrière mes agresseurs, mais à distance très respectable. Puis je m’engouffre dans le premier chemin à droite qui me tend les bras. Un peu plus loin, je rejoins une route et là, enfin en sécurité, une petite défaillance physique m’oblige à m’arrêter : après être montée brutalement pendant la poursuite, l’adrénaline est maintenant en chute libre. Je prends ce prétexte pour dévorer une poignée de biscuits au chocolat qui, à défaut de me requinquer physiologiquement, me font un bien fou au moral. Essoré, je reprends la route pour Corinthe, qui n’est plus très loin.

Le canal de Corinthe

Cette ville est connue notamment pour son fameux canal. Il fut creusé à la fin du XIXe siècle afin de relier la mer Ionienne à la mer Égée. Long de six kilomètres, il permet aux navires d’éviter un détour de quatre cents kilomètres tout autour du Péloponnèse. Plus tout jeune donc mais sacrément utile, ce vieil ouvrage.

Observer les plus gros navires qui y naviguent est paraît-il spectaculaire car leur coque frôle les parois. Mais ces gros bâtiments sont rares et il faut être chanceux pour être là au bon moment, la plupart des navires qui passent ici étant de petits bateaux de plaisance. Je tente quand même ma chance, n’étant venu à Corinthe que pour ça, et je rejoins donc l’un des ponts qui franchissent le canal.

Trois heures plus tard, toujours rien : pas le moindre rafiot à l’horizon. La nuit commence à tomber quand enfin, j’entends ronronner un moteur de bateau. Ce n’est pas le monstre des mers que j’espérais, mais c’est mieux que rien.

Un petit bateau franchit le canal

Onze mille navires empruntent ce canal chaque année, soit une trentaine par jour, ce qui fait un bateau tous les trois quarts d’heure : avec une misérable coquille de noix en plus de trois heures d’attente, je n’ai donc pas été verni ! Mais ce n’est pas bien grave, je voulais quand même voir ce site atypique qui est plutôt impressionnant avec ses falaises creusées à la verticale, et qui montre bien à quel point l’humain est capable de faire de grandes choses, quand il veut…

Le canal de Corinthe en quelques chiffres :

- 6 km de long

- 25 m de large

- 52 m de hauteur maximale

- 8 m de profondeur

Le soleil se couche sur le canal


Il ne me reste plus que soixante-dix kilomètres à rouler jusqu’à la destination finale de mon périple : Athènes. Porté par un moral en béton pour avoir réussi à faire ce voyage à la force des mollets, j’y arrive en quelques coups de pédales.

Bilan : Nice - Athènes à vélo

- 3.000 km parcourus

- 29.000 m de dénivelé positif

- 50 jours

- 8 kg perdus !

Là, une semaine de pause m’attend avec ma petite femme, venue spécialement de France. Après l’effort, le réconfort…

Athènes
Le temple de Poséidon, Cap Sounion
Depuis le temple de Poséidon

Après deux mois en tête-à-tête avec un vélo, une semaine de retrouvailles, ça vous requinque un cyclo-voyageur !

Savourer le plaisir de se retrouver, visiter ensemble ce coin de Grèce, mais aussi me reposer un peu après tous ces kilomètres et surtout toutes ces montagnes à vélo : c’est la belle vie pendant une semaine.

Mais comme toujours, les vacances ont une fin. Ma femme rentre donc en France pendant que je reprends le cours de mon périple, mais en le prolongeant jusqu’à mon nouvel objectif : la Turquie. Et pour y aller, j’ai décidé de transiter par une toute petite île grecque méconnue et, paraît-il, somptueuse : Nisyros.



Une ruelle de Mandraki

Il est calme et la plupart de ses ruelles sont trop étroites pour permettre aux voitures d’y accéder. Ce qui laisse une voie royale aux vélos comme le mien…

Une ruelle de Mandraki

Après avoir flâné là un bon moment, je me dirige vers le haut de la colline qui surplombe le village. C’est là que se trouvent les ruines de la ville ancienne de Nisyros, à l’époque où elle était fortifiée. Le site offre une vue d’ensemble sur le village actuel en contrebas, sur la mer et sur les îles voisines.

Mandraki : le village actuel, en bas, vu depuis le village ancien, en haut

Mais la principale raison de ma venue sur Nisyros, c’est son volcan. Il est situé à l’intérieur de l’île et pour le rejoindre, il faut grimper des côtes très pentues. Sur ma route, je passe d’abord par un autre village, Pali. Il est situé sur la côte.

L’église de Pali

Il s’agit d’un petit village de pêcheurs où le temps s’écoule paisiblement.

En pédalant sur le quai, je passe juste à côté d’un type assis sur une chaise en plein soleil. Impassible malgré son front ruisselant, il démêle son filet de pêche avec une minutie qui force le respect. Je lui lance le kalimera de rigueur (bonjour) auquel il a la même réaction qu’un sourd-muet : aucune.

Heureusement, son employé me répond gentiment, depuis leur chalutier amarré juste à côté. Debout sur le pont, il démêle lui aussi des filets emmêlés et il m’invite à le rejoindre à bord pour discuter. C’est Mohamed. La communication n’est pas très facile car il ne parle que grec et moi pas, mais il est jovial et sa joie est communicative. Il exhibe fièrement leur pêche du jour : deux belles raies et quelques poissons aux couleurs vives.

Mohamed

Quand vient le moment de reprendre ma route pour le volcan, je dis au revoir à Mohamed, qui me répond tout sourire. Mais cette fois, son patron, qui dégouline toujours autant sur sa chaise en plein cagnard, me salue lui aussi : il n’est ni sourd, ni muet.

Avant de bifurquer vers l’intérieur de l’île et son fameux volcan, je fais un petit détour en longeant la côte car je veux voir les plages. Avec leur sable noir, elle ne peuvent nier leur origine volcanique.

Les plages à la sortie de Pali

Peter, un néerlandais rencontré sur le ferry et qui vit sur l’île voisine de Tilos, m’avait expliqué pendant la traversée depuis Athènes que sur les plages de Nisyros débarquaient régulièrement des migrants. La plupart d’entre eux viennent de Syrie et d’Afghanistan par familles entières, fuyant le chaos et les persécutions qui règnent dans leur pays. Ils sont à la recherche d’une vie meilleure sachant que de toute façon, elle ne pourra pas être pire ailleurs.

Peter m’avait raconté qu’on retrouvait régulièrement des effets personnels de ces migrants sur les plages : soit parce qu’ils les abandonnent sur le sable et les galets en arrivant, soit parce que leurs affaires se sont échouées là, portées par la mer après un naufrage…

Derrière chacun de ces objets divers gisant sur la plage se cache un vécu personnel souvent dramatique. Cela me touche d’autant plus que mon propre grand-père fut lui-même un migrant. Ukrainien, il dut fuir son pays, qui appartenait alors à la Russie, après la révolution bolchevique de 1917.

Alors bien sûr, pour venir jusqu’en France, il n’eut quant à lui aucune mer à traverser. Il ne risquait donc pas le naufrage, contrairement à tous ceux qui essaient de débarquer ici, parfois sans succès d’ailleurs, certains terminant leur voyage vers la liberté au fond de la mer Égée.

Mais traverser tout un continent à pied comme le fit mon grand-père, tout seul à l’âge de dix-sept ans, son petit baluchon sur le dos, à travers des forêts peuplées d’animaux sauvages et glacées par l’hiver slave, n’avait pas dû être une partie de plaisir non plus.

Ces tranches de vies dramatiques sont assez similaires finalement, qu’elles nous viennent de la Syrie de Bachar al-Assad, de l’Afghanistan des talibans ou de l’Ukraine des bolcheviks.

La différence, c’est que les temps ont bien changé. Car si mon grand-père eut la chance d’être accueilli à bras ouverts au pays de Voltaire, où il s’intégra ensuite parfaitement, rejoindre des contrées européennes libres est devenu beaucoup plus difficile aujourd’hui pour les migrants car ils y sont, c’est un euphémisme, rarement les bienvenus. L’Histoire est sans pitié.

Je remonte sur mon vélo en tournant désormais le dos à la mer mais avant de rejoindre le volcan, il y a un dernier site que je voudrais découvrir : le village de Nikia.

Sur les hauteurs de l’île

Pour m’y rendre, je dois faire un petit détour en montant les côtes très raides de l’intérieur de l’île, avec des pentes affichant des pourcentages entre 10 et 15%. Ce ne sont pas mes pires ascensions depuis le début du périple puisque j’ai atteint trois fois la barre folle des 20% mais il faut savoir qu’à partir de 10% de pente, le pédalage en côte devient vraiment difficile avec un vélo de cinquante-quatre kilos.

Mon vélo admire la vue

Avec ce soleil qui tabasse, mon front ruisselle désormais autant que celui du patron pêcheur qui démêlait ses filets, tout-à-l’heure sur le quai. Sauf que là, ça me fait beaucoup moins sourire ! Heureusement, les vues plongeantes sur la mer constituent ma récompense.

La vue depuis les montagnes

Je croise de temps en temps des vaches au milieu de la route, mais aussi des chèvres dans les arbres ! Elles y grimpent avec une agilité de singes pour déguster les feuilles. Impossible de les photographier car elles s’enfuient dès qu’elles m’entendent approcher.

Sur ma route, je passe devant un autre village perché : Emporios. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants.

Emporios

Peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui fait office de sauna naturel pour les visiteurs, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de Nisyros. En effet, si tout semble normal sur cette île, il se trouve qu’en réalité, rien ne l’est ! Son existence même n’est que le fruit d’une succession d’éruptions volcaniques au fil des millénaires. Actuellement, son sous-sol est encore et toujours bouillant.

Quand j’arrive à Nikia, en haut des montagnes qui dominent la mer, je suis assoiffé et je n’ai qu’une seule envie : m’asseoir à l’ombre de la terrasse d’un café et dévaliser son frigo.

Nikia

Mais avant ça, je dois passer par les petites ruelles du village et là, je dois bien l’avouer : c’est le coup de foudre !

Une ruelle de Nikia

Les petites ruelles paisibles et colorées sont pleines de charme. Il n’y a aucune voiture dans le village, et pour cause : elles sont bien trop larges pour pouvoir s’aventurer dans des ruelles si étroites où seul un vélo peut passer, et encore.

Du coup, moi qui rêvais de m’abreuver comme une bête il y a quelques minutes à peine, je ne peux plus m’empêcher de m’arrêter tous les dix mètres maintenant, pour photographier et filmer l’intérieur du village, repoussant à plus tard ce moment pourtant tant attendu de me rafraîchir…

Dans cette petite bourgade, le clou du spectacle, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays. Impossible de la photographier en entier car elle est en partie occupée par des tables de restaurants, je ne l’immortalise donc qu’à moitié.

Nikia et sa fameuse mosaïque de cailloux au sol

C’est d’ailleurs à l’une de ces tables que je m’auto-récompense enfin des efforts fournis dans les montagnes, en remplissant mon gosier de boissons fraîches et de salade grecque.

L’avantage quand on a pédalé jusqu’en haut d’une montagne, c’est que la seule chose qui reste à faire ensuite, c’est de redescendre. Après mon repas, l’itinéraire jusqu’au volcan s’avère donc une formalité.


Quand j’y arrive en fin d’après-midi, il est déjà assez tard : le guichet d’entrée est fermé et le passage est libre. Sur le parking, il n’y a plus qu’une seule voiture. C’est celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Il m’indique que l’entrée est gratuite pour tous ceux qui arrivent ici à pied… ou à vélo ! Mon deux-roues n’ayant pas pollué, je peux entrer gratuitement.

Le cratère Stefanos

Ce volcan est le plus jeune de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située juste en dessous a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.

Au début du petit chemin qui mène tout au fond du cratère, un panneau rappelle que le site est potentiellement dangereux.

Pendant la descente, je savoure le privilège que j’ai de me retrouver entièrement seul sur ce site naturel d’exception.

Le cratère Stephanos, vide de touristes…

Dans ce cratère, la première chose qui attire mon regard, ce sont les couleurs. Les parois sont jaunies par les dépôts de soufre.

Juste avant d’arriver dans le cratère principal, je passe devant Andreas, un cratère beaucoup plus petit.

Andreas, également appelé Mikros Stefanos

Un peu plus loin arrive le moment que j’attends, celui où je peux enfin fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.

Au fond du cratère

Reliés par de fines cordes, des piquets délimitent les zones auxquelles il est interdit d’accéder, pour des raisons de sécurité évidentes. Car par ici, la terre chauffe, voire surchauffe. Et disons-le carrément : elle bouillonne, elle fume et elle brûle ! Dans ces zones interdites d’accès, l’eau bout en effet en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.

Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante

Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel, me rappelant elles aussi que je suis bien sur un site naturel d’exception.

Les fumerolles au fond du cratère

Pour les photos, j’ai de la chance : c’est la fin d’après-midi et le soleil, en déclinant, enrobe le volcan de sa lumière chaude et photogénique.

Les parois soufrées du cratère

Je passe un bon moment à arpenter le fond du cratère dans tous les sens mais le soleil, qui poursuit sa descente, va bientôt se cacher derrière les parois de la caldeira et plonger le volcan dans la pénombre. Je décide donc de quitter ce lieu magique, sans doute le plus incroyable depuis le début de mon périple, car maintenant il va bien falloir penser à dormir.

Au fond de la caldeira

Et pour ça, mon idée, c’est de trouver un spot de bivouac discret le plus près possible du site. J’en dégote un assez rapidement et je pose ma tente face au volcan : ce soir, je mangerai en admirant les cratères.

Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère

De loin, je guette le départ du patron du snack, qui n’a pas l’air pressé de s’en aller. Lorsqu’il passe enfin en voiture à une trentaine de mètres de moi, sans me voir puisque ma tente est cachée par un monticule de pierres ocres, je me retrouve alors absolument seul sur ce site d’exception. En effet, la caldeira de quatre kilomètres de diamètre est inhabitée, elle ne contient pas la moindre maison. A part la mienne, faite de toile.

Le soleil finit tranquillement de se coucher. La nuit noire, en tombant, fait disparaître ce paysage volcanique jusqu’à demain. Au loin, j’entends l’aboiement d’un chien qui semble provenir du sommet de la caldeira, à un ou deux kilomètres de moi. Le silence qui règne ici est tel que ces aboiements lointains me paraissent tout proches. Puis j’entends de petits bruits de pierres à proximité de la tente. Il y a peu de chances que ce soit un humain, ce doit plutôt être un animal quelconque qui passe par là, comme une vache ou une chèvre.

C’est l’heure de dormir. En fermant les yeux, les images du volcan continuent à défiler en boucle derrière mes paupières. Ce soir, ici, ma sensation de plénitude est totale.

La journée du lendemain commence comme celle de la veille s’est terminée : par la vue sur les cratères et les parois de la caldeira.

Lever de soleil face au volcan

Je dévore rapidement mon petit déjeuner banane – yaourt – granola en réfléchissant tranquillement : je me suis tellement régalé hier au fond de la caldeira que je décide de modifier mes plans. Au lieu de retourner comme prévu à Mandraki, le principal village de l’île où je prendrai bientôt un ferry pour la Turquie, je vais passer la journée à profiter de ce volcan et je dormirai encore au fond de la caldeira ce soir : à l’époque où le tourisme de masse est roi, c’est tellement bon pour une fois de se sentir si seul dans un endroit si exceptionnel, qu’il faut savoir en profiter à fond. Je quitterai donc ce site qui m’émerveille non pas aujourd’hui mais demain.

Une fois le camp levé, je reprends mon vélo en direction du volcan.

Pour commencer la journée, je vais jeter un œil aux autres cratères. Car si le cratère principal de l’île, appelé Stefanos, est le seul que visitent la plupart des touristes qui s’aventurent jusqu’ici, ce volcan atypique comporte six cratères en tout. Je roule donc jusqu’à un petit chemin qui permet d’accéder à ceux que je n’ai pas vus.

Le petit chemin qui mène à Polyvotis

Tout au bout du sentier, je me retrouve subitement face à une profusion de couleurs : les parois ocres de la caldeira surplombent celles toutes jaunes d’un grand cratère. Quelques tâches verdâtres de végétation sous un ciel profondément bleu complètent le paysage.

Le cratère Megalos Polyvotis

C’est le cratère Megalos Polyvotis. Il n’est pas possible de descendre au fond. Le lieu dégage une impression de gigantisme face auquel je me sens minuscule.

Descente à pied vers Megalos Polyvotis

Son petit voisin, Mikros Polyvotis, est moins impressionnant mais dans celui-là, je peux descendre au fond et me balader au milieu de quelques fumerolles.

Le cratère Mikros Polyvotis

Après les deux cratères Stefanos hier, le grand et le petit, et les deux cratères Polyvotis ce matin, il ne me reste plus que les deux derniers cratères du volcan à découvrir : Alexandre et Logothetis. Mais ils ne sont indiqués nulle part. Je me dirige donc vers ce qui me semble être les parois d’un cratère.

Direction les deux derniers cratères

Pour cela, je dois sortir du chemin et je me retrouve alors à marcher dans des amas de pierres rougeâtres, beaucoup moins praticables.

Mon point de repère, ce sont des zones de souffre, visibles de loin car très jaunes. C’est donc vers elles que je me dirige. Là, de près, je distingue nettement mieux la présence de multiples petites bouches de souffre fumantes.

Depuis cet endroit, je domine la plaine de Lakki, le fond plat de la caldeira, avec une vue à 180°.

Sitôt passée la zone de souffre, je me retrouve sur la paroi du cratère, nue. Mais au bout d’une dizaine de mètres à peine, il me semble subitement entendre mes pas résonner. Je frappe le sol du pied pour vérifier et aussitôt, petite frayeur : non seulement ça résonne bel et bien mais en plus, ça tremblote. Ce qui signifie que sous mes pieds, le sol est creux et pas forcément très solide, donc potentiellement écroulable !

Au vu de toutes les fumerolles présentes dans la zone, je sais pertinemment que sous mes pieds, le sous-sol atteint des températures bouillantes. Ne m’appelant pas Mike Horn, je fais immédiatement demi-tour. Je ne pourrai donc pas observer de plus près les deux derniers cratères mais tant pis, ce n’est pas bien grave car j’en ai déjà pris plein les yeux avec les quatre autres. Je redescends tranquillement au milieu des éboulis de pierres colorées.

Depuis hier, je suis fasciné par ce site qui est une démonstration de ce que peuvent faire les forces de la nature lorsqu’elles se déchaînent. Je passe donc le reste de la journée à errer à vélo au fond de cette caldeira où je me plais tant. Le soir venu, je pose ma tente à l’opposé du volcan, dans un petit champ ou paissent quelques vaches.

Dernier bivouac dans la caldeira

Elles ont beau être pacifiques, cela ne les empêche pas de transpercer la nuit par quelques beuglements. Au réveil, je reprends ma route, qui commence par la montée des parois de la caldeira.

Vue sur le fond de la caldeira avec le volcan en arrière-plan

Tout en pédalant, je surveille les chèvres qui se baladent telles des équilibristes sur les parois abruptes de la caldeira au-dessus de moi, car elles projettent régulièrement des cailloux sur ma route.

D’une manière plus générale, les chutes de pierres sont fréquentes par ici et si les plus petites parviennent souvent à débouler sur le bitume, les plus grosses, heureusement, sont bloquées par des protections.

Chutes de pierres

Pour redescendre vers Mandraki, le principal village de Nisyros, je traverse à nouveau les paysages typiques de l’île, qui plongent inlassablement dans la Grande Bleue.


Mon dernier objectif sur cette île qui ne cesse de m’enchanter depuis que j’ai posé les pieds dessus, c’est de photographier Mandraki au crépuscule, car ce petit village m’avait paru photogénique le jour de mon arrivée.

Je me rends donc au petit monastère Panagia Spiliani qui domine le village, sur lequel il offre une vue plongeante. Les personnes que j’ai rencontrées en montant ici m’ont indiqué qu’à cette heure-ci, le monastère était fermé. Mais quand j’y arrive, il est ouvert. J’entre donc.

Le monastère Panagia Spiliani

En sortant, j’aperçois à quelques mètres en contrebas le pope, en train de fumer discrètement une clope. Il ne m’a pas vu, trop occupé à guetter en dessous de lui si quelqu’un arrive. Quand je le salue d’un kalimera amical (bonjour), il sursaute et cache immédiatement sa cigarette dans son dos, comme un gamin.

Je ne comprends absolument pas pourquoi mais peu importe, nous discutons un moment. Il se débarrasse dès que possible de son petit concentré de nicotine et de goudron en le jetant discrètement par dessus le mur de clôture, construit à flanc de falaise et qui domine la mer. Je fais comme si je n’avais rien vu et je fais comme toujours le petit selfie-souvenir.

Je profite du soleil rougeoyant puis de la nuit qui tombe pour faire les images pour lesquelles je suis venu.

Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki

C’était mon dernier jour sur Nisyros. Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan coloré, cette petite île au côté enchanteur m’aura marqué.

J’en ai fini maintenant avec la Grèce. Demain, je prendrai un bateau pour la Turquie, où rien ne se passera comme prévu. Hélas…


Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, les visiteurs se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ. En effet, la plupart d’entre eux viennent à la journée seulement, en provenance des îles voisines de Kos et Rhodes.

Idéalement, il faut donc se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :

  • Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;

  • Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.

Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.

Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).


L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).

Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !


  • Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.

  • L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.


  • Il y a un parking pour garer la voiture

  • Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).


Elle coûte 40 euros par adulte et 20 euros par enfant (2 à 12 ans) : excursion Nisyros depuis Kos.

Cette excursion inclut une brève visite du village de Mandraki.

Le prix d’entrée dans le volcan (5 euros), le repas du midi et les boissons ne sont pas inclus.


Si vous êtes curieux, voici un site Internet à ne pas rater : le site géoparc de Nisyros.

Tout y est : carte interactive, cratères, chemins de randos, biodiversité, mais également l’histoire de l’île et de ses habitants…


  • En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.

La vue depuis le Romantzo Hotel
La terrasse des chambres

Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.


Je dois commencer par préciser que la Trans-Dinarica… ne passe pas par la Grèce ! Elle passe par les pays des Balkans situés juste au-dessus de la Grèce mais si je l’évoque quand même dans cet article, c’est parce que les cyclo-touristes se rendant en Grèce passent le plus souvent par les Balkans. Alors, si les infos suivantes peuvent les aider à trouver un bel itinéraire…

La Trans-Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans-Dinarica en Croatie

Il passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Bivouac sur le parcours de la Trans-Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre le sens de l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans-Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans-Dinarica mais sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)

La distance totale de la Trans-Dinarica approche les 6.000 kilomètres, et son dénivelé positif les… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans-Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit de se connecter au site officiel : Trans-Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est exceptionnel.

On peut se procurer le pack pour les huit pays à un tarif avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans-Dinarica.

L’itinéraire de la Trans-Dinarica (Croatie)

Remarque : aucun lien de ce blog n’est sponsorisé, je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Sur le parcours de la Trans-Dinarica (Croatie)

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂




Les étapes précédentes :



L’étape suivante, suite et fin du périple :


L’Albanie à vélo

Voyageur à vélo dans un paysage de montagnes enneigées et d'arbres fleuris

Voici le récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde, sixième étape d’un périple à vélo à travers l’Europe.

Dans ce petit pays des Balkans, j’ai traversé des paysages à couper le souffle, que ce soit le long du littoral ou au cœur des montagnes. Mais en plus de sa nature, l’Albanie compte un autre joyau : la générosité sans faille de ses habitants, qui savent accueillir les voyageurs avec un sens aigu de l’hospitalité.

En fin d’article, retrouvez toutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.


  1. Premiers pas en Albanie
  2. Croisière sur la rivière Drin
  3. Les bergers
  4. La capitale : Tirana
  5. L’incroyable hospitalité albanaise
  6. Un seul bémol : la saleté du pays
  7. La dernière rivière sauvage d’Europe : la Vjosa
  8. Përmet et le vieux pont ottoman
  9. Le coin du cycliste
  10. Infos pratiques


Mes premiers pas en Albanie, ou plutôt mes premiers tours de roues, se font sous une pluie fine mais peu mouillante.

La première particularité qui me saute aux yeux, c’est que les nombreuses églises qui ont jalonné mon chemin dans les pays chrétiens que j’ai traversés précédemment, font place ici à des mosquées.

Ma première mosquée albanaise

Mais je suis arrivé tard dans le pays et il me faut déjà trouver un spot de bivouac car la nuit va bientôt me tomber dessus.

Je dégote un petit chemin montant accessible depuis la route. Je m’y engouffre en poussant mon vélo jusqu’en haut. Là, je surplombe la vallée, au fond de laquelle sont éparpillées quelques fermes, villages et mosquées. Le paysage est cerné par les montagnes

Premier bivouac en Albanie

La nuit a été hachée à tour de rôle par le crépitement de la pluie sur ma toile de tente, et par les appels des muezzins à la prière, en provenance des différentes mosquées éparpillées dans la vallée en contrebas de mon bivouac. Cette double sensation, de vivre en pleine nature et de dépaysement inhérent au voyage, c’est tout ce que j’aime. Alors si la nuit n’a pas été très reposante, elle m’a quand même régalé.

La mosquée de Fierza

Pour ma deuxième journée dans le pays, je demande aux premières personnes que je rencontre comment on dit bonjour en albanais. Et chaque fois, je suis sidéré car au lieu de recevoir une réponse simple, ma question fait naître des débats entre mes différents interlocuteurs. Comment est-il possible de ne pas savoir comment dire bonjour dans sa propre langue ? Je ne me l’explique pas. Mirmengjesi, pershendetya, nyetnyetta, les réponses sont aussi variées qu’imprononçables. J’opte temporairement pour la dernière solution, nyetnyetta, qui signifie bonjour dans une sorte de patois local, si j’ai bien compris, que tous les albanais parlent ici, dans le nord du pays. Lorsque je descendrai vers le sud, il sera toujours temps pour moi d’apprendre un nouveau mot de vingt-cinq lettres pour dire bonjour en albanais.

La rivière Drin

De rencontre en rencontre, ce qui me frappe, c’est que les gens avec qui je discute au fil de la route sont tous extrêmement gentils, souriants et bienveillants avec moi. Moi qui aime tant discuter avec les habitants en voyage, je sens que ce pays va me plaire…

Ce monsieur remplit une vingtaine de bidons de dix litres à une petite source de montagne, afin de les revendre plus tard, en ville.


Si je suis venu dans le nord du pays, c’est pour découvrir la rivière Drin, qui serpente entre les montagnes. Elle se caractérise par une couleur vert-émeraude très vive.

La rivière Drin

La rivière Drin

Par ici, la route est en travaux. De nombreux engins de chantiers cassent littéralement la montagne pour l’élargir et la sécuriser. A l’heure de la pause déjeuner, je croise une équipe d’ouvriers qui va manger. L’un d’entre eux, que j’ai juste salué en passant, m’offre directement un verre. C’est ma première prise de contact avec l’hospitalité albanaise, qui va me marquer profondément tout au long de ma traversée du pays.

Le soir, j’arrive à Koman. Du haut de ses deux cents habitants, le village est minuscule, bien plus que je ne l’imaginais. Je passe la nuit dans un petit hôtel sympa mais miteux, en dormant dans mon sac à viande car les draps ont l’air sale : je ne suis visiblement pas le premier à dormir dedans, et sans doute pas le dernier non plus…

Départ de la croisière sur la Drin River

Je suis venu à Koman car je veux naviguer jusqu’à Fierza sur la rivière Drin.

Croisière sur la rivière Drin

Nous sommes en basse saison et à cette époque de l’année, il n’y a qu’un seul aller – retour par jour. Il s’agit d’une petite navette fluviale, une sorte de bateau-bus, qui permet de relier les minuscules villages de la région. Il n’y a donc que des locaux à bord, je suis le seul touriste.

Kula, un passager albanais, va débarquer

Le coin est aussi joli que reculé.

Le temps est couvert et durant les deux heures et demie de traversée, je me précipite sur mon appareil photo dès que le soleil réussit à transpercer les nuages, ce qui est assez rare dans l’ensemble.

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Jelosh, le barreur du bateau

Cette petite croisière est régulièrement élue par différents médias du monde entier, généralistes ou spécialisés dans le voyage, comme l’une des plus belles d’Europe. Et l’avantage par rapport à celles des fjords norvégiens auxquelles elle est souvent comparée, c’est qu’ici, il n’y a pas foule.

La rivière Drin

Deux heures et demie de navigation plus tard, le petit bateau accoste à Fierza. Il me reste une cinquantaine de kilomètres de vélo jusqu’à l’étape suivante, Valbona. Mais encore une fois, c’est devenu une habitude depuis le début de mon périple, la météo s’annonce abominable sur mon itinéraire : on y attend des chutes de neige qui dureront au moins trois jours sans discontinuer, avec des températures de moins neuf degrés !

Les environs de Fierza

Je décide de faire demi-tour.

Le bateau du retour amarré à Fierza, au petit matin


Du début à la fin de ma traversée de l’Albanie, je croise régulièrement des bergers.

Ghezim, un berger, au milieu de ses brebis

Et avec eux, le courant passe toujours incroyablement bien.

Paolo fait redescendre son troupeau de la montagne

Au début, j’étais étonné chaque fois que j’en apercevais un, au loin, tout seul dans son champ, fixant son troupeau en restant immobile comme une statue.

Discussion pastorale en vue…

Et puis lorsque j’ai commencé à m’approcher et à discuter avec eux, je me suis vite rendu compte qu’ils aimaient le contact.

Un berger avec qui je partagerai de grands éclats de rire

Leur solitude les pousse à discuter chaleureusement dès qu’on leur dit nyetnyetta (bonjour).

Les bergers m’accueillent toujours à bras ouverts…

Ils sont toujours amicaux, ouverts, souriants et rigolards, mais aussi bruts de décoffrage et sincères, et c’est cette authenticité que j’aime chez eux.

Avec Ghezim

Avant de les connaître, je pensais que leur solitude leur pesait obligatoirement. C’est peut-être un peu vrai mais en tout cas, je sais maintenant qu’ils se sentent bien dans leurs montagnes, lesquelles au passage sont magnifiques, accompagnés de leurs animaux dont ils prennent tant soin.


Depuis mon demi-tour à Fierza, je poursuis ma route vers le sud, qui passe désormais en partie par la côte. Le littoral albanais est globalement joli mais je n’aime pas le bétonnage abusif dont il est victime. Les cités balnéaires ont une architecture hétéroclite et désordonnée qui ne me plaît pas du tout, je ne leur trouve absolument aucun charme.

La plage à Durrës

Quand j’arrive dans la capitale albanaise, Tirana, je suis K-O debout. Après un gros mois passé jour et nuit dans le calme et la douceur de la nature au fil des pays traversés, me retrouver subitement à rouler dans cette fourmilière bruyante de voitures qui foncent dans tous les sens me donne un peu le tournis.

Immeuble avec la forme de la tête de Skanderbeg, héros national qui a résisté à l’Empire Ottoman

Ainsi, à peine arrivé, je sais déjà que je ne vais pas y rester bien longtemps. Je la visite brièvement avant de retourner rapidement dans les jolies montagnes de ce pays, où je me suis senti si bien jusqu’ici.

La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de Namazgâh


L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’accueil important, notamment les albanais. Espérant en bénéficier au cours de mon périple, je voulais pouvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide à un moment ou à un autre de mon voyage, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.

J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.

Et je dois bien dire aujourd’hui qu’en Albanie, j’ai été impressionné tous les jours par l’incroyable sens de l’hospitalité des habitants. Pas un jour ne s’est écoulé sans qu’ils aient fait preuve à mon égard d’une générosité d’autant plus étonnante qu’ils ne me m’avaient jamais vu. Voici en vrac quelques exemples d’anecdotes vécues sur le bord de la route.

Un jour, alors que je suis en train de prendre en photo les montagnes enneigées au loin, une vieille voiture s’arrête à côté de moi. Son conducteur en descend, il m’offre une canette de boisson énergisante, il s’excuse de devoir repartir rapidement car il est pressé, il remonte dans sa voiture et démarre. En m’apercevant, il n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter et de m’offrir ce qu’il avait sous la main alors que pour lui, je n’étais qu’un illustre inconnu.

C’est sur cette petite route qu’un passant m’offre de manière inattendue un soda

Un autre jour, à Koman, je m’arrête devant un restaurant qui semble fermé. Je demande à la gérante si je peux prendre le petit déjeuner, elle me répond que non, son resto est fermé et il n’ouvrira que dans quelques jours, pour Pâques. Je la remercie, je retourne à mon vélo et au moment de repartir, elle arrive dans mon dos pour m’offrir une part du gâteau encore tiède qu’elle vient tout juste de préparer.

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, je m’arrête dans une minuscule épicerie pour acheter de quoi manger. Après avoir payé, le patron m’offre un café et une petite bouteille d’eau pour la route.

Le même jour, je rencontre Emiliano, qui s’affaire dans son jardin et parle couramment le français car il vit au Luxembourg. Je lui ai à peine dit bonjour qu’il se précipite dans sa maison. Il en ressort un instant plus tard avec trois canettes de sodas, qu’il m’offre !

Emiliano

Une autre fois, un habitant m’interpelle quand je passe à sa hauteur. Lui aussi parle français car, ancien migrant, il a passé cinq ans en France, dont deux en centre de rétention. Il a une petite dent contre les français, qui prennent tous les albanais pour des voleurs me dit-il, et pourtant il m’offre généreusement… un coup de gnôle ! Faite maison, elle s’avère un délice…

Dans un autre village, je m’arrête dans une petite cahute sur le bord de la route pour acheter deux oranges. Malgré mon insistance, le commerçant refuse que je les paye. Le temps de retourner à mon vélo pour extirper de mes sacoches une petite tour Eiffel bleue, il arrive sur mes talons pour m’offrir deux pommes, en plus des deux oranges !

Encore un albanais au sens de l’hospitalité démesuré

Et pour couronner le tout, je me retrouve tous les soirs à bivouaquer dans la somptueuse nature albanaise, où je peux déguster ce que m’offrent les habitants à longueur de journée.


Quand on arpente l’Albanie à vélo, une chose saute aux yeux : la saleté le long des routes. Les gens jettent tout par la fenêtre de leur voiture et cela s’accumule par terre.

Aucun nettoyage ne semble avoir lieu. Cette situation aberrante existe aussi dans les autres pays des Balkans que j’ai traversés, mais dans une moindre mesure. L’Albanie est le gros coup de cœur de mon périple mais je dois bien avouer que la saleté des routes est le gros point noir de ce si beau pays.

Amas exceptionnel d’ordures

Heureusement, la nature albanaise reste globalement somptueuse et tout au long de ma traversée du pays à la force des mollets, je dégote régulièrement des spots de bivouac enchanteurs, perdus en pleine nature dans des endroits où rien ne traîne par terre.

Le bivouac quotidien


Quand on traverse l’Albanie, il y a une curiosité que l’on remarque très vite : la multitude de petits bunkers qui sont éparpillés un peu partout dans le paysage.

Ils ont été construits dans les années 1970-1980 par le dictateur paranoïaque d’alors, Enver Hoxha. Évidemment, ils n’ont jamais vraiment servi. Aujourd’hui, ils font partie du paysage.


L’un des 600.000 petits bunkers albanais qui jalonnent le paysage

Le sud du pays est traversé par la Vjosa (prononcez Viossa) : cette superbe rivière est considérée comme la dernière rivière entièrement sauvage d’Europe (hors Russie occidentale).

Longer ce cours d’eau à vélo procure un plaisir indescriptible pour qui aime la nature.

La rivière Vjosa

Il n’est pas trop difficile de trouver des spots de bivouac sur la berge, en pleine nature, loin des habitations.

Ma petite tente face à la Vjosa
Mon spot de bivouac, sur les berges de la rivière Vjosa

Au-delà de la Vjosa, c’est toute la région qui est sauvage et nature. Quelques vieux ponts, suspendus et rouillés, jalonnent le cours de la rivière et permettent de la traverser.

Le pont suspendu de Tepelenë

Un habitant croisé sur le bord de la route me dira fièrement les seuls mots qu’il connaît dans la langue de Molière : « je t’aime » !

Les montagnes en face de ma tente

Dans le sud du pays, plusieurs albanais m’ont conseillé d’aller faire un tour à Përmet et ses environs. Avec ses huit mille habitants, ce petit village est situé sur la Vjosa.

La Vjosa

J’arrive à Permët par l’un de ces vieux ponts rouillés qui enjambent la Vjosa, et dont la solidité n’est pas la première chose qui saute aux yeux.

L’arrivée à Përmet

Pourtant, il a de la gueule avec toutes ces fleurs qui poussent juste à côté, cette rivière verte qui coule en dessous, et ces sommets encore enneigés en arrière-plan. On dirait un pont du bout du monde.

Le vieux pont rouillé de Përmet

Mais ce sont surtout les environs de Përmet qui m’attirent, et notamment un vieux pont ottoman situé à une quinzaine de kilomètres. Pour y aller, je dois longer la Vjosa dont les couleurs naviguent du bleu turquoise au vert émeraude. Elle s’écoule aux pieds de montagnes dont les pentes sont fleuries et les cimes enneigées. Ma route est déserte et c’est tellement grisant de se sentir si seul au monde, dans ce décor majestueux.

Le paysage de bord de route

J’arrive assez vite au fameux pont ottoman, le pont de Katiut. Il s’agit d’une vieille arche en pierres relativement bien conservée, construite par les ottomans au XVIIe siècle.

Le vieux pont ottoman de Katiut

Cerné par les montagnes, il enjambe la rivière Lengarica.

Mais ce joli site très nature est surtout connu pour ses sources thermales aux vertus thérapeutiques réputées. Les gens viennent se délasser et se soigner ici depuis l’Antiquité.

Une petite cascade aux pieds du pont ottoman

Pour rejoindre le principal bassin thermal, il suffit de traverser le pont puis de marcher une cinquantaine de mètres. La température de l’eau est de trente degrés y compris quand il neige, voire plus selon la saison.

Le principal bassin thermal, à proximité de Permët et Bënjë

En se délassant dans cette eau délicieusement tiède, on a une vue imprenable sur le pont d’un côté et les montagnes enneigées de l’autre.

La vue depuis le pont

Le site n’est pas très grand mais le bel écrin naturel dans lequel il est posé le rend particulièrement attrayant. Nous ne sommes que début avril mais il commence déjà à y avoir un peu de monde. L’été, le site, victime de son succès, est paraît-il pris d’assaut.

Le pont de Katiut dans son cadre naturel

Moi qui avais hésité ce matin à faire le petit détour nécessaire pour venir jusqu’ici, je ne regrette vraiment pas d’avoir pédalé ces quelques kilomètres supplémentaires malgré les montées. C’est l’un de mes plus gros coups de cœur depuis le début de mon périple.

La route du pont de Katiut

Je reprends mon chemin sur une petite route où presque aucune voiture ne passe. Seul avec mon vélo, je traverse des paysages où les arbres en pleine floraison font face aux dernières neiges qui habillent encore le sommet des montagnes. Plus pour très longtemps.

Mon itinéraire rejoignant rapidement le cours de la Vjosa, je continue à en prendre plein les yeux.

La Vjosa aux pieds des montagnes

A chaque méandre de la rivière, les paysages changent : des montagnes, des forêts, des champs de fleurs… Je comprends mieux pourquoi ce cours d’eau est réputé être la dernière rivière sauvage d’Europe.

La Vjosa

Rouler à vélo dans de tels paysages procure un sentiment de liberté très fort, bien plus que je ne l’aurais imaginé. Mais les plus belles choses ont une fin et à l’approche de la Grèce, le cours de la Vjosa s’éloigne petit à petit.

A l’heure du bilan, je dois bien dire que l’Albanie m’a profondément marqué. Je me sens même un peu sous le choc de quitter ce pays où la nature est si belle, et dont le peuple est si attachant, si généreux. Mais maintenant, c’est l’heure de découvrir un nouveau pays : la Grèce…

Mirupovshim Shqipëria (au revoir l’Albanie)


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Bivouac sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica approche les 6.000 kilomètres, et son dénivelé positif les… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous posiez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Pour les cyclistes qui recherchent une sécurité optimale sur la route, l’Albanie est un petit paradis. En effet, les automobilistes sont si respectueux des cyclistes qu’ils les doublent systématiquement en roulant sur la voie de gauche, y compris quand une voiture arrive en face d’eux ! J’ai pu le constater dès que j’ai passé la frontière depuis le Monténégro, puis quotidiennement pendant les onze jours que j’ai passés en Albanie.

A plusieurs reprises, j’ai carrément eu peur pour ces automobilistes car ils me doublaient sur la file de gauche alors qu’une voiture arrivait en face. Mais ceux qui arrivaient en face justement, fonctionnent de la même manière et ce sont donc eux qui se poussaient sur l’extrême bord de la route, parfois au ras du fossé, pour laisser passer la voiture en train de me doubler. Parfois ils se frôlaient, parfois ils devaient piler tous les deux pour ne pas se rentrer dedans, mais toujours ils passaient vraiment au large de moi, tout à gauche, donc.

Dans les pays que j’avais traversés précédemment (un peu en Italie et au Monténégro mais surtout en Croatie, et plus encore en Bosnie-Herzégovine), les voitures attendaient brièvement derrière moi lorsqu’une voiture arrivait en face, avant de me doubler. En Albanie, c’est différent : ils ne ralentissent pas, ils n’attendent pas derrière les cyclistes, ils passent, avec une grande marge de sécurité puisqu’ils doublent toujours sur la file de gauche et si quelqu’un arrive en face, c’est lui qui se pousse !

Je ne me suis donc absolument jamais senti en danger sur les routes albanaises. Le seul bémol concerne la capitale, Tirana, où quelques automobilistes pressés d’aller travailler à l’heure de pointe ont parfois un peu forcé le passage, mais sans jamais que je ne me sente vraiment en danger. Il me suffisait de les laisser passer dans les bouchons tiranais.

Petite queue de poisson à Tirana

En conclusion, les seules fois où j’ai eu peur sur les routes albanaises, c’était pour les automobilistes eux-mêmes, lorsqu’ils étaient à deux doigts de se percuter parce que l’un d’eux me doublait trop largement. Et pour tout dire, c’est anecdotique mais je me sentais tellement en sécurité que c’est dans ce pays que j’ai définitivement enlevé mon casque.


J’ai dormi au Ramis Hotel & Outdoor Sports Center. C’est l’un des hôtels les moins chers de Përmet, il est propre, le confort est correct, les propriétaires sont accueillants et le petit déjeuner est copieux.

En plus de la partie hôtelière, l’établissement propose diverses activités, notamment la location de vélos et surtout, des sorties rafting sur la magnifique Vjosa. C’est l’un des fils des propriétaires qui assure l’encadrement de ces activités.

Pour d’autres possibilités d’hébergement : voir tous les hôtels de Përmet.


La Vjosa est un petit paradis naturel dans lequel de nombreuses activités sont possibles : le rafting est la plus prisée, mais on peut également descendre la rivière en bouée, faire des randonnées, du vélo (y compris électrique), du quad, de l’équitation

Pour réserver ces activités, il y a plusieurs possibilités :

  • Demander des infos à votre hôtel, qui vous guidera ou, dans certains cas, qui vous proposera lui-même ses propres activités.

  • Réserver des activités clé en main, via des plateformes connues : GetYourGuide par exemple, propose une gamme d’activités très variée.


La Vjosa





Les étapes suivantes :


Le Monténégro à vélo




  1. La baie de Kotor
  2. La côte monténégrine
  3. Le coin du cycliste


Après les deux semaines de pluies diluviennes qui ont émaillé mon périple, notamment en Bosnie-Herzégovine, je quitte ce pays et son humidité par une petite frontière située au cœur des montagnes. Sitôt la bascule faite, je me retrouve à dévaler mes premières pentes monténégrines sous un soleil éclatant. La grisaille ambiante bosnienne, omniprésente pendant ces derniers jours, laisse ici la place au beau temps et à la floraison des champs. En quelques centaines de mètres à peine, je suis passé de l’hiver au printemps. Le contraste est incroyable. Désormais, c’est un autre voyage qui commence pour moi et la conséquence immédiate, c’est qu’après ces quinze jours de pluie quasi ininterrompue, mon moral se regonfle à bloc d’un seul coup.

L’entrée des bouches de Kotor


L’un des objectifs de ce périple, c’était de fuir au maximum les villes et les sites les plus fréquentés pour me balader dans des endroits peu touristiques et reculés. C’est pour cette raison que j’avais exclu de mon itinéraire la perle du Monténégro : la sur-fréquentée baie de Kotor.

Notre-Dame-des-Anges, baie de Kotor

Mais le temps était catastrophique en Bosnie-Herzégovine, à tel point que j’ai dû finir par adapter mon itinéraire à la météo : au lieu d’arriver au Monténégro par les montagnes du nord sous le déluge annoncé, j’ai décidé de passer par la côte sud-ouest du pays, où les prévisions météo étaient plus clémentes. Exactement là où se situent ces fameuses bouches de Kotor.

Le site est constitué de montagnes abruptes qui plongent dans la mer. A leurs pieds est située une petite ville fortifiée : Kotor. ne vaste partie de la baie est classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.

Les touristes affluent ici à peu près toute l’année mais j’ai la chance d’y être en plein mois de mars, c’est-à-dire en basse saison, et s’il y a déjà beaucoup trop de monde à mon goût, ce n’est quand même pas encore la foule estivale. Et puis, je dois bien l’avouer, le site vaut le déplacement.

La vieille ville de Kotor

Mon but consiste à crapahuter, à pied pour une fois, sur un petit chemin de montagne qui monte sans arrêt, afin de pouvoir admirer depuis là-haut le paysage sur la ville et la baie en contrebas.

Kotor

Autant j’ai trouvé qu’il y avait du monde dans les étroites ruelles médiévales de Kotor, autant j’ai la bonne surprise de croiser peu de monde dans cette montagne qui domine la ville. Ainsi, une fois l’ascension terminée, je ne dois partager la jolie vue qu’avec les quelques chèvres présentes là-haut avec moi.

Une chèvre admire le paysage

Pour me diriger vers l’Albanie, ma prochaine étape, j’ai donc décidé de longer la côte, globalement touristique, au lieu de franchir les montagnes initialement prévues, trop pluvieuses ces jours-ci. Et si cet itinéraire n’est pas celui que je me faisais une joie de suivre, je dois bien avouer qu’il m’offre finalement de jolis paysages baignés de soleil. Le ciel est bleu, la mer aussi et toutes les couleurs explosent. Ces improvisations font partie intégrante du voyage à vélo et vu le temps exécrable qui règne sur les montagnes dans l’intérieur du pays, la côte s’avère finalement la meilleure alternative possible.

La côte monténégrine

Je traverse à tour de rôle les différentes stations balnéaires qui se succèdent sur la côte, aux accents locaux : Budva, Sveti Stefan, Petrovac Na Moru…

L’île surprenante de Sveti Stefan

L’inconvénient du littoral pour un cyclotouriste en quête de paysages reculés et isolés, c’est qu’il est bétonné à peu près partout. C’est pourquoi un soir, j’arrive dans la ville de Bar sans jamais avoir réussi à trouver de spot de bivouac discret, à l’abri des regard : il y a des maisons et des habitants partout autour de moi. A l’approche de la nuit, je dégote donc un petit hébergement de dernière minute, à prix bradé. C’est la seule fois de tout mon périple où je ne trouverai pas de bivouac.

L’église Saint-Jovan-Vladimir de Bar

Le lendemain, un petit problème mécanique me contraint à faire réparer mon vélo. Je dégote péniblement un mécano à la sortie de Bar. Il s’appelle Novak Djinovic et il est ancien cycliste professionnel, comme en témoignent toutes les coupes qui décorent le mur de son petit atelier. Les plus prestigieuses trônent dans le salon de sa maison voisine.

Il répare mon vélo en dix minutes à peine, avant de m’annoncer qu’il me fait cadeau de sa prestation ! Beaucoup de cyclo-voyageurs passent par chez lui, me dit-il, et il apprécie de leur venir en aide plutôt que de leur facturer ses réparations. Comme à toutes les personnes sympas que je rencontre depuis le début de mon voyage, je lui offre en retour une petit tour Eiffel bleue. Dans un sourire radieux, il la place parmi toutes ses coupes, sur l’étagère du bas.

Novak Djinovic, ex-cycliste pro monténégrin

Après une longue discussion amicale avec Novak, il est temps de reprendre la route.

Dans l’après-midi, alors que j’approche de la frontière albanaise, un type dans une camionnette arrêtée sur le bord de la route me fait de grands signes. En même temps que je m’arrête, il descend de son véhicule : c’est un policier en uniforme. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait une boulette et je m’attends plutôt à une demande de bakchich mais heureusement pour moi, le bonhomme est hilare !

En le regardant s’approcher, je ne le reconnais pas tout de suite car son uniforme perturbe mes souvenirs.

« Apartman dobra ? » me demande-t-il sans se départir de son rire, c’est-à-dire je crois : « l’appartement était bien ? » Ça me revient alors enfin : c’est le gars qui m’a loué le petit appartement la veille au soir, à la dernière minute et à prix bradé, alors que la nuit tombait et que pour une fois, je ne trouvais pas de bivouac. Mais il était en civil et c’est vrai qu’un uniforme, ça vous transforme un bonhomme ! Bref, il m’explique qu’il travaille pour la douane et contrôle les voyageurs en provenance de l’Albanie voisine.

C’est sur cette dernière rencontre inattendue et amicale que je quitte le Monténégro pour entrer dans un pays qui, je ne le sais pas encore, va me marquer profondément : l’Albanie…


La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…

La Trans Dinarica en Croatie

Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre ou de pierres en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Bivouac sur le parcours de la Trans Dinarica

Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !

Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)


La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).

En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.

A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !

Le lien : Trans Dinarica


La distance totale de la Trans Dinarica approche les 6.000 kilomètres, et son dénivelé positif les… 100.000 mètres !

Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.

La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)

Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.

Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.

A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).

Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.

On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.

L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)

Remarque : au cas où vous vous posiez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !

Le long de la Trans Dinarica

Je dois préciser que le Monténégro est le seul pays dans lequel je n’ai pas emprunté la Trans Dinarica. A cause d’une météo exécrable, j’ai en effet dû changer d’itinéraire en quittant la Bosnie-Herzégovine, ce qui m’a amené à traverser le Monténégro par sa côte sud, plutôt que par les montagnes du nord, comme initialement prévu. Mais cet itinéraire cycliste vaut tellement la peine de rouler dessus que je le cite quand même dans cet article, pour tous ceux qu’il pourrait attirer…

Du coup, en préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂


Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.

L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.

Le réseau Eurovélo

Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.

Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.

Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !

Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !

Les différents stades de développement des routes Eurovélo

J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :

Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.


Si je ne me suis jamais senti réellement en danger sur les routes du Monténégro, c’était quand même la première fois que je voyais les voitures me doubler d’aussi près. La plupart des automobilistes, comme dans les pays précédents, faisaient très attention à moi et respectaient une bonne distance de sécurité en me doublant, mais pas tous. Il y en avait en effet quelques-uns qui passent assez près de moi et assez vite, ce qui ne m’était jamais arrivé dans les pays précédents (et qui ne m’arrivera plus non plus dans les pays suivants).

Il ne faut évidemment pas généraliser car globalement, en tant que cycliste, les routes monténégrines m’ont paru assez sûres, mais j’ai dû rester un peu plus vigilant que d’habitude.




Les étapes précédentes :


Les étapes suivantes :