Les spots de bivouacs de rêve, ce n’est pas ce qui manque dans les Pyrénées. Mais quand on débute en rando, en bivouac ou les deux, on ne sait pas forcément toujours très bien comment s’y prendre, ni quel itinéraire choisir.
Alors voici une idée de rando globalement facile, qui se termine en apothéose avec un spot de bivouac de rêve. La rando parfaite pour débuter, se tester, ou encore essayer son matériel de rando et de bivouac…
Le départ se fait du plateau du Lienz, au niveau de la fameuse auberge Chez Louisette (alt. 1600 m).
Le plateau du Lienz
On remonte alors une prairie bordée d’arbres.
Au départ du plateau du Lienz
On rejoint assez vite un chemin carrossable, destiné à approvisionner le refuge de la Glère, plus haut.
Le chemin carrossable en direction du refuge
Dans cette première partie de la rando, la végétation est toujours présente de part et d’autre du chemin.
On finit par atteindre une petite zone arborée, après laquelle l’univers devient de plus en plus minéral.
Cette zone rocailleuse et aride débouche au moment où l’on s’y attend le moins sur le lac de la Glère.
Le lac de la Glère, vu depuis le refuge
Ce point de vue est également le site où est posé le refuge de la Glère (voir les infos pratiques, plus bas).
Le refuge de la Glère
A partir de là, le lac de Coume Escure n’est plus qu’à 400 mètres, sur un petit chemin globalement plat voire descendant.
Le lac de Coume Escure
Mais on n’est pas encore tout à fait arrivé : le superbe spot de bivouac se trouve sur la rive d’en face. Il reste donc encore environ 400 mètres à parcourir en contournant ce joli lac, sur un petit chemin qui joue parfois à cache-cache dans la végétation. On peut malgré tout progresser au jugé sans difficulté.
Et puis c’est l’arrivée, face au lac de Coume Escure dominé au loin par le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère.
Le lac de Coume Escure…
… et le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère
On peut trouver du monde autour de ce lac notamment l’été mais en général, la plupart des randonneurs s’attardent plutôt autour du lac de la Glère, ou des lacs situés un peu plus loin, dans le parc national des Pyrénées. Le lac de Coume Escure est souvent un peu plus épargné que tous ses voisins : c’est son principal atout, au même titre que la vue qu’il offre sur le double pic de la Glère.
Le lac de Coume Escure
Le cadre est très nature, c’est l’endroit idéal où poser la tente.
Coucher du soleil sur le lac de Coume Escure
Même si l’eau est toujours très froide en montagne, difficile de résister à l’appel d’un joli lac après une rando où l’on a eu chaud.
La récompense !
Le spot de bivouac
La plage herbeuse du lac de Coume Escure est relativement petite. Ayant fait cette rando à trois couples d’amis, il y avait néanmoins suffisamment de place pour pouvoir poser là nos trois tentes, face au lac.
Petit bivouac entre amis
Sur ce site face au coucher du soleil, prendre l’apéro entre amis est un pur bonheur.
Pour nous, un bon gueuleton est une notion indissociable du bivouac. Nous n’hésitons donc jamais à alourdir nos sacs pour cet incontournable plaisir du soir. Les puristes de la rando ne nous comprennent pas toujours mais après tout, chacun ses goûts.
Poivrons de Padrón grillés
Le barbecue en rando ? C’est possible.
Alors évidemment, nous ne faisons jamais de feux par temps de canicule ou de sécheresse, et nous les allumons toujours dans des foyers déjà existants.
Car faire un feu sur l’herbe revient à la brûler et à détériorer le sol, ce qui est une pratique à proscrire en rando-bivouac : on aime la nature, on n’est donc pas là pour la détruire.
Au fil de l’apéro et du repas, le soleil décline puis disparaît, modifiant régulièrement les couleurs et la lumière de cette vue paisible sur le lac de Coume Escure.
La nuit tombe sur le lac de Coume Escure
Si le Grand Pic et le Petit Pic de la Glère apparaissent le soir en ombres chinoises au moment où le soleil se couche, il sont éclairés par une jolie lumière chaque matin quand le soleil se lève.
Lever de soleil sur le lac de Coume Escure
Alors que nous prenons le petit déjeuner, les montagnes reprennent des couleurs en face de nous.
Puis vient l’heure de lever le camp. La rando continue.
Le lac de Coume Escure
Remarque : si le spot de bivouac évoqué dans cet article est déjà occupé quand vous arrivez au lac de Coume Escure, vous pouvez tout à fait poser votre tente de l’autre côté du lac, celui par lequel on arrive en venant du refuge de la Glère. Il y a là aussi différents endroits où l’on peut bivouaquer et la vue est un jolie aussi. Le chemin menant du refuge au parc national des Pyrénées passe non loin mais ce plan B reste malgré tout une bonne alternative.
Poursuivre en direction du parc national des Pyrénées
Cette rando n’étant ni très longue, ni très difficile jusqu’au lac de Coume Escure, on peut très bien la poursuivre en direction du parc national des Pyrénées, où se situent de nombreux lacs.
Les lacs de la Glère (à gauche) et de Coume Escure (à droite)
Pour cela, il faut suivre les panneaux situés au niveau du refuge de la Glère, puis le balisage tout au long du chemin.
Le parcours est globalement joli mais pour notre part, nous nous sommes arrêtés aux limites du parc national des Pyrénées le premier jour, juste avant de pouvoir apercevoir les premiers lacs du parc. Nous sommes ensuite retournés au lac de Coume Escure pour y poser nos tentes.
Attention, les règles sont évidemment plus sévères dans le parc national des Pyrénées car il s’agit d’un véritable sanctuaire de montagne. Le but est de préserver cette nature aussi belle que fragile.
La réglementation du parc national
Le retour
Pour retourner au point de départ de la rando (le plateau du Lienz et l’auberge Chez Louisette) après avoir bivouaqué au lac de Coume Escure, il y a deux possibilités : soit revenir par là ou l’on est arrivé, soit finir la boucle (voir les infos pratiques, en fin d’article). Nous avons choisi la deuxième option.
Le lac et le refuge de la Glère
On commence par rejoindre et suivre le chemin du parc national des Pyrénées. Dès le début, et comme la veille pour nous puisque nous sommes déjà passés par là pour aller aux portes du parc national, ça monte.
Le lac de Coume Escure
Après avoir traversé un pierrier, on attaque une longue descente qui va continuer jusqu’à l’arrivée. Il faut traverser un petit ruisseau qui dégouline de la montagne, et dont la largeur peut varier en fonction de la saison. La descente se poursuit dans une sorte de jolie petite prairie encadrée de part et d’autre par de hautes montagnes.
La descente se poursuit dans une zone de gros blocs de pierres, qui n’est pas le passage le plus agréable ni le plus joli de la rando. On arrive un peu plus loin à la cabane de Sardiche. Pour notre part, ce sont des vaches qui nous y ont accueilli.
La cabane de la Sardiche
On arrive ensuite à un joli passage à flanc de montagne, au milieu de la végétation.
A partir de là, il ne reste plus qu’à poursuivre à travers champs et forêts en alternance, jusqu’au plateau de Lienz et au parking Chez Louisette, point de départ et d’arrivée de la rando.
Attention : pour votre timing, si vous choisissez de faire la grande boucle plutôt que l’aller – retour, la deuxième journée (12 km) est beaucoup plus longue que la première (7 km).
Infos pratiques
Le point de départ
Le départ de la rando se fait au plateau du Lienz, au niveau du restaurant Chez Louisette. Un petit parking est situé à proximité, où l’on peut laisser la voiture un ou plusieurs jours selon l’itinéraire choisi, le temps de la rando.
Le parking et le début de la rando
Pour rejoindre ce point de départ depuis Barèges, il y a deux solutions :
En voiture, par une petite route de 4,6 km.
A pied, via un petit chemin de rando : 3 km – 386 m+
La trace GPX
On peut évidemment faire cette randonnée en suivant le chemin carrossable. Pour le retour, si l’on fait la grande boucle, on peut se fier au balisage et aux cairns. Mais si l’on a le moindre doute, le meilleur moyen de ne pas se perdre est encore de télécharger la trace GPX.
Chez Louisette, bien sûr ! Comme évoqué précédemment, c’est le point de départ et d’arrivée de la rando, mais il s’agit également d’une petite auberge de montagne au décor chaleureux, qui propose des plats montagnards avec un excellent rapport qualité – prix. Tout est fait maison. Le site officiel a été supprimé, voici leur Insta pour vous mettre l’eau à la bouche : Chez Louisette.
Attention : n’oubliez pas de réserver car l’auberge est réputée dans toute la région. Vous pouvez le faire via le site officiel résa Louisette, ou par téléphone au 05.62.92.67.17.
Où dormir ?
A Barèges ! C’est l’endroit le plus proche du départ de la rando et les possibilités d’hébergement sont assez nombreuses, même s’il vaut mieux prévoir de réserver à l’avance.
Nous avons dormi à l’hôtel Alphée, un peu cher (110 euros la chambre double) mais c’est le cas de nombreux hébergements à Barèges.
Point fort : le petit déjeuner, ce qui n’est pas négligeable pour prendre des forces juste avant de partir en randonnée !
Il délivre toutes sortes d’informations sur la région, ses randonnées, son patrimoine etc. Surtout, il permet de s’adresser à des humains plutôt qu’à Internet…
Place Urbain Cazaux 65120 BAREGES
Téléphone +33 (0)5 62 92 16 00
Sites internet utiles
Le site du parc national des Pyrénées est incontournable : conseils pour la randonnée, bivouac et refuges, la faune et la flore, les différentes vallées, tout y est ! Toute la réglementation du parc est accessible ici.
On peut retrouver la randonnée présentée dans cet article en consultant les deux sites suivants :
Le site Rando vallées de Gavarnie présente l’aller simple, avec une petite extension jusqu’au lac Det Mail.
Le site Entre Aure et Lavedan – Randonnées présente la grande boucle (en sens inverse du nôtre, raconté dans cet article), au départ et à l’arrivée du plateau du Lienz.
Recommandations habituelles en montagne
La montagne est un écosystème fragile. Les règles sont donc faites, non pas pour embêter les randonneurs et randonneuses, mais pour préserver la nature. Voici quelques règles de base, d’apparence évidente mais pas suffisamment respectées :
Les déchets : prévoyez des sacs poubelles afin de pouvoir redescendre vos déchets. Ne laissez aucune trace de votre passage dans la nature.
La flore : évitez de sortir des sentiers balisés afin de ne pas abîmer la flore en la piétinant. Ni cueillette, ni prélèvement.
Les lacs : ne vous baignez pas dans les lacs si vous êtes enduit.e.s de crème solaire, car elle abîme le fragile écosystème lacustre. Par exemple, randonnez avec des vêtements longs, un chapeau ou une casquette, ou encore baignez-vous avec un lycra : dans le sac, ce n’est pas bien lourd.
Le feu : pas de feu en période de sécheresse ou de canicule. Si vous en allumez un, faites-le dans un foyer existant afin de ne pas dégrader le sol.
Le bruit : discrétion requise : pas de bruit, par respect de la faune locale et des autres randonneurs.
Bref, le b-a, ba, quoi…
Informations diverses
Les chiens sont autorisés sur le parcours de cette randonnée, à condition qu’ils soient tenus en laisse. Un peu plus loin, dans le parc national des Pyrénées, leur présence est strictement interdite.
La randonnée sur ce parcours est déconseillée l’hiver car la zone est propice aux coulées de neige. Il convient de bien se renseigner auprès de professionnels avertis avant de se risquer à randonner dans la zone lorsqu’il neige.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires (votre adresse mail sera demandée mais pas publiée, et il faudra compter quelques heures avant la publication de la question et de la réponse).
Voici le récit détaillé d’un voyage en Turquie, huitième et dernière étape d’une traversée de l’Europe à vélo, où j’ai prévu de visiter la fameuse Cappadoce.Mais un coup du sort ne me permettra pas de découvrir ce vaste pays comme je l’avais prévu…
En provenance de la Grèce, je décide d’entrer en Turquie non pas par voie terrestre à vélo, mais par la mer en bateau. Je fais donc une courte traversée de la petite île de Nisyros, l’une des plus belles de Grèce, à sa voisine, celle de Kos. C’est de cette dernière que partent les ferries pour la Turquie.
En montant à bord, je me blesse au genou gauche. Inutile de détailler ce sombre souvenir ici car il ne passionnera personne mais si je le mentionne malgré tout, c’est parce qu’il me contraindra à revoir mes plans de visite du pays. Même si dans un premier temps, je me sens en état de continuer à rouler, ce que je fais donc.
En provenance de Kos la grecque, le ferry accoste Bodrum la turque. Cette station balnéaire est plus réputée dans le monde aujourd’hui pour ses plages, son farniente, ses activités nautiques et sa vie nocturne que pour son histoire pourtant riche : c’est ici que naquit Hérodote, ou encore que fut érigé le fameux mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde. Alexandre le Grand, qui passa lui aussi par ici, incendia la cité.
Brochette de bateaux de luxe amarrés à Bodrum
Mais aujourd’hui, c’est surtout grâce à sa situation idéale, au bord de la Mer Égée, que Bodrum attire jusqu’à un demi-million de touristes l’été. Et même si je me retrouve ici au printemps, cette foule, c’est tout ce que je fuis justement depuis le début de mon périple. Alors une chose est sûre : je ne vais pas m’attarder longtemps dans cette ville que je trouve globalement surfaite, à l’exact opposé de l’authenticité que je recherche en voyage. J’y passe juste une nuit, dans une petite pension située à l’écart du centre-ville très fréquenté, pour essayer de reposer un peu mon genou abîmé. Je quitterai cette fourmilière touristique demain matin.
Quelques pierres du mausolée d’Halicarnasse, l’une des Sept Merveilles du Monde, ont servi à construire la forteresse de Bodrum
Après une nuit écourtée par les muezzins du voisinage, je reprends ma route en direction de la Cappadoce. A la sortie de la ville, je croise un couple de sangliers. A mon approche, ils traversent un petit terrain de buissons au milieu des maisons. Je n’imaginais pas voir ces mammifères à groin se balader en toute impunité en pleine ville, dans ce pays dont la population de croyants les abhorre.
La sortie de Bodrum
Une fois sorti de l’ancienne Halicarnasse, mon itinéraire côtier m’offre de jolies vues plongeantes sur la mer. Je comprends alors mieux pourquoi il y a tant de touristes dans les parages.
Les environs de Bodrum
J’arrive assez rapidement sur une quatre-voies. En Turquie, les vélos y sont autorisés, de même que sur les autoroutes. Ici, les poids lourds qui me doublent m’emportent à grande vitesse dans leur sillage, grâce à l’appel d’air qu’ils créent derrière eux. Je me retrouve ainsi à rouler à des vitesses folles, notamment dans les descentes. Je me régale, c’est tellement grisant.
En revanche, il y a quelques portions sur lesquelles la largeur de la bande est très réduite, voire inexistante et dans ces endroits, je me retrouve à rouler avec voitures et camions sur la file de droite. Et ça, ce n’est plus du tout une partie de plaisir. Cela me vaut un ou deux coups de klaxon mais globalement, la cohabitation se passe bien car quasiment aucun véhicule ne me frôle.
Toutefois, je prends vite conscience que sur cette quatre-voies, il n’y a aucun paysage à voir, aucun village à traverser ni aucune rencontre à faire. C’est pourquoi je décide d’en sortir et d’aller voir de plus près à quoi ressemble la Turquie profonde.
Petite route de montagne (sud-ouest de la Turquie)
Dans cette région calme de la Turquie, la petite route de montagne qui défile sous mes pneus est bordée de fleurs. Au contraire de la quatre-voies d’où je viens, les voitures sont rares ici, et le silence règne.
A la sortie de la ville de Milas est posé un paisible lac bleu. Sur ses berges, quelques habitants du coin sont venus poser leur table de camping pour pique-niquer en famille.
Le lac de Milas
Je monterais bien ma tente ici, face à ce joli paysage lacustre mais il y a un peu trop de monde à mon goût. Moi qui aime bien bivouaquer discrètement, je décide de quitter le lac pour planter ma tente quelques kilomètres plus loin.
Après une nuit passée dans le silence des montagnes, j’attaque la journée suivante avec de grosses montées. Bien que pas encore réveillé, mon genou tient toujours le choc.
Au fil de la journée, la chaleur devient de plus en plus intense. A l’entrée d’un village, je m’arrête pour discuter avec un habitant devant son hangar. Il s’appelle Ashkan, il est menuisier et il me fait visiter son atelier.
Ashkan dans son atelier
Sans doute compatissant à la vue de ma tête desséchée par une matinée de pédalage montagneux en plein cagnard, Ashkan envoie son fils Inan m’offrir une grande bouteille d’eau fraîche : à ce moment-là, l’hospitalité turque, dont j’avais déjà entendu parler, devient réalité.
Inan m’offre une grande bouteille d’eau fraîche
Je poursuis ma route mais quand j’arrive dans la ville de Yatagan, mon genou est proche de l’obésité. Pourtant, je n’ai roulé que trente-huit kilomètres aujourd’hui, mais sous un soleil qui m’a fait fondre et surtout, avec près de neuf cents mètres de dénivelé positif. J’ai notamment dû forcer pas mal pour grimper plusieurs pentes entre 10 et 15%, sur mon vélo de 54 kilos. Cet effort de pédalage soutenu voire intense, à l’évidence, mon genou ne l’a pas adoré : il est devenu énorme.
Je décide de m’arrêter dans cette ville inconnue pour reposer mon articulation récalcitrante pendant quelques jours.
J’achète des petits pois surgelés, non pas pour les manger mais pour glacer mon genou, et j’achète une genouillère dans une pharmacie.
Soixante-douze heures plus tard, mon genou n’a pas dégonflé d’un millimètre. Sans entrer dans les détails ici, je décide de mettre un terme à mon périple et de rentrer chez moi. Je ne verrai pas la Cappadoce.
Dans la campagne turque
Afin de ne pas polluer un tel périple, je fais le choix de ne pas céder à la facilité : pour le retour, au lieu de prendre l’avion qui me tend pourtant les bras, j’effectuerai quelques traversées au long cours en bateau, et les liaisons en voitures de location. Quand ce ne sera pas possible, je pédalerai un peu malgré tout. Ce voyage retour me reviendra sensiblement plus cher qu’un aller simple en avion, et il me prendra une douzaine de jours au lieu de trois heures mais au moins, l’esprit de mon périple sera préservé et je pourrai être fier de mon voyage jusqu’au dernier kilomètre.
La mosquée Rüya Gibye
Et pour commencer, comme il n’y a pas de voitures de location ici, à Yatagan (les plus proches se trouvent quarante kilomètres plus loin, à Mugla), je n’ai pas vraiment le choix : je vais devoir retourner à Bodrum à vélo.
La campagne turque, pendant le chemin du retour
Je prends donc le même chemin qu’à l’aller et je repasse devant les mêmes paysages : des forêts verdoyantes, la mer d’un bleu intense…
Après les quelques dizaines de nuits que j’ai eu la chance de passer sous la tente au cours des dernières semaines, c’est maintenant l’heure de mon dernier bivouac.
Avec un dénivelé globalement descendant malgré quelques pentes raides, ma patte folle tiendra le coup jusqu’à Bodrum, d’où je quitterai la Turquie.
Le chemin du retour :
Traversée Bodrum (Turquie) – Île de Kos ( Grèce)
L’île de Kos
Traversée Kos – Athènes
Athènes
Traversée Patras (Grèce) – Ancône ( Italie), après la jonction Athènes – Patras en voiture de location
Ancône
Traversée Gênes (Italie) – Barcelone (Espagne), après la jonction Ancône – Gênes en voiture de location
De Gênes à Barcelone
Retour à Bordeaux en voiture
La dernière galère de mon périple, malgré une voiture de location neuve : crevaison à Tarrega !
Infos pratiques
Les automobilistes turcs et les cyclistes
Comme dans tous les pays précédents que j’ai traversés au cours de ce périple de la France à la Turquie, je n’ai pas rencontré le moindre problème de sécurité avec les automobilistes turcs. Je n’ai jamais vraiment croisé de chauffards. Il y a bien eu quelques bolides qui fonçaient sur les quatre-voies limitées à cent dix kilomètres heure, mais ils passaient toujours loin de moi et ne me mettaient donc jamais en danger. Sur les petites routes de campagne et de montagne ainsi que dans les villes et villages, les voitures faisaient là aussi toujours très attention à moi. D’après ce que j’en ai vu, les routes turques m’ont donc paru très sûres pour les cyclistes. Mais le pays est vaste : se comportent-ils aussi bien ailleurs ?…
Les itinéraires Eurovélo
Les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
L’un des principes de base d’Eurovélo, c’est de toujours prendre en compte la sécurité des usagers. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le réseau Eurovélo
La Turquie est très peu concernée par le réseau Eurovélo. Elle ne compte en effet que deux petites portions d’itinéraires sur son territoire : l’une est située dans la partie européenne du pays (au nord-ouest d’Istanbul), et l’autre se trouve autour d’Izmir. Lien vers le réseau Eurovélo en Turquie
Mais si j’évoque quand même ce vaste réseau cyclable ici, c’est parce que les nombreux itinéraires qu’il comporte à travers le continent peuvent s’avérer utiles pour pédaler jusqu’en Turquie, quel que soit le pays européen d’où l’on vient.
Se rendre à Bodrum en bateau, depuis la Grèce
Il est facile de se rendre à Bodrum en bateau depuis la petite île grecque voisine de Kos puisque plusieurs compagnies assurent la traversée. On trouve donc normalement des ferries tous les jours.
Prix : il varie selon la saison et la compagnie mais il tourne autour de 30 euros pour un piéton adulte. Le transport du vélo est gratuit (il serait néanmoins prudent de demander confirmation à l’achat du billet).
Durée : environ 30 minutes.
Attention : si en basse saison on peut en général acheter son billet au dernier moment, en haute saison il est préférable de réserver à l’avance.
Douane : cette traversée inclut un passage de frontière (Grèce – Turquie), ce qui signifie qu’il faut prévoir le temps de passage de la douane. Mais surtout, les voyageurs à vélo s’exposent à la confiscation des couteaux, cartouches de gaz etc. D’après ma propre expérience, les douaniers ne sont pas très regardants : à l’aller, ils m’ont laissé passer sans me contrôler et au retour, ils m’ont contrôlé mais sans rien confisquer. En revanche, lors d’une autre traversée (en Italie), on m’a confisqué toutes mes cartouches de gaz, donc c’est une situation rageante qui peut toujours se produire quand on passe une douane…
Prix : très variable, de moins de 10 euros à près de 20 euros pour un piéton selon la saison, la compagnie, le type de navire etc. Gratuité pour le vélo.
Durée : de 45 mn à 1h45, selon le type de navire.
Fréquence : en basse saison, il n’y a que deux traversées par semaine (à vérifier, cette fréquence pouvant changer).
Attention : en haute saison, il est plus prudent de réserver son billet à l’avance.
Voici le récit détaillé d’un voyage en Grèce, septième étape d’une traversée de l’Europe à vélo.J’ai découvert une Grèce hors des sentiers battus, notamment dans les montagnes du nord, bien loin de la carte postale habituelle représentant des petites églises aux coupoles bleues qui se détachent sur une mer d’azur...
Mon premier bivouac en Grèce, quelques kilomètres après avoir passé la frontière albanaise, se fait en mode camouflage.
Le lendemain de mon arrivée en Grèce, je rencontre une galère que je n’ai absolument pas anticipée : la soif. Comme tous les matins depuis quarante jours que j’ai quitté la France, je pense que je trouverai bien de l’eau en chemin. Mais au fil des heures, le soleil chauffe de plus en plus et le problème qui se pose, auquel je n’ai pas pensé un seul instant, c’est que mon itinéraire ne me fait pas traverser le moindre village. Car habituellement, je rencontre presque tous les jours des habitants qui acceptent gentiment de remplir mes gourdes, sinon, j’attends de trouver une fontaine sur mon chemin. Mais aujourd’hui, mes bidons sont vides et autour moi, rien ! Pas un village, pas un habitant, pas une fontaine, pas une épicerie. A moins de faire un gros détour, ce que je ne souhaite pas. Bref, je suis à sec.
Personne à des kilomètres à la ronde
Après un bon moment à rouler sans boire une goutte d’eau, une fourgonnette des services de l’autoroute voisine s’arrête à ma hauteur. Le conducteur, avec son gilet jaune de l’autoroute, me demande où je vais, persuadé que je veux emprunter l’autoroute alors que c’est interdit. C’est pourtant hors de question pour moi car l’un des objectifs de mon voyage, c’est justement de fuir les fous du volant, et non pas d’aller passer sous leurs roues. Mais il a du mal à me croire. Au fil de la discussion, je finis par lui demander où je peux acheter de l’eau. Nulle part, me répond-il car ici, on est loin de tout, il n’y a rien. Il retourne remonte brièvement dans sa voiture puis en redescend en me tendant deux petites bouteilles d’eau. Pour lui, ce n’est pas grand-chose mais pour moi, elles ont une valeur inestimable !
Le sauveur de l’autoroute !
Douceur de vivre à la grecque
Le nord du pays est très peu touristique, a fortiori à cette période de l’année, en avril. Pourtant, je suis étonné par les paysages que je traverse à longueur de journée car ils ne ressemblent en rien aux cartes postales habituelles de la Grèce, représentant la mer et le soleil en plein été. Ici, les paysages sont un mélange d’hiver et de printemps. Les champs sont entièrement recouverts de fleurs, il y en a partout, je n’en ai jamais vu autant. Elles tranchent avec les montagnes encore copieusement enneigées qui s’élèvent en arrière-plan. Mais plus je descends vers le sud, plus la neige disparaît.
Une petite fabricante de miel grecque
Je croise parfois une petite tortue sauvage, sur le bord de la route ou à côté de ma tente, tout juste sortie de son hibernation.
Cette nature sauvage et fleurie est agréable et très propice au bivouac. Pourtant, ce dernier est interdit en Grèce !
Recherche d’un spot de bivouac autour du lac Amvrakia
Si j’ai pris le parti de ne pas respecter cette interdiction, c’est pour plusieurs raisons. Déjà, quand je dors sous la tente, je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets. Ensuite, je bivouaque toujours discrètement, loin des habitations, afin de ne déranger personne. Enfin et surtout, je n’allume mon réchaud que lorsque la végétation est mouillée, ou lorsqu’il n’y en a pas du tout à proximité. Et en prime, quand il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose la tente, je les ramasse et je les emporte avec moi pour les jeter dans la première poubelle que je trouve après avoir levé le camp, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.
Bivouac dans les environs d’Etoliko
Alors bien sûr, ces précautions ne m’autorisent pas pour autant à bivouaquer dans ce pays et j’en suis bien conscient. Mais quitte à ne pas respecter la règlementation, autant le faire proprement et sans déranger personne.
Les lacs constituent souvent des sites parfaits pour poser la tente.
Pêcheurs, sur la rive du lac Amvrakia
Le lac Amvrakia
Non seulement ces paysages lacustres sont agréables mais en plus, le voyageur un peu cradingue peut en profiter pour faire un brin de toilette.
Sur la rive du lac Amvrakia
Après une pause agréable sur les berges du lac Amvrakia, je poursuis ma descente vers le sud. Par chance, l’itinéraire que me propose mon GPS vélo me fait emprunter des petits chemins isolés très agréables, parfois dans les terres, parfois en bord de mer.
Les champs d’orangers et de citronniers son désormais omniprésents dans cette partie du pays. Ils bordent la route sur des dizaines de kilomètres, en alternance avec les plantations d’oliviers.
Champ de fleurs et d’oliviers
Je réalise la chance folle que j’ai de vivre des moments si grisants sur mon vélo, face à ces panoramas naturels bruts.
Au fond, quelques cimes encore enneigées surplombent la mer
Corinthe
Pour rejoindre Athènes, je décide de transiter par Corinthe : ce sera ma dernière étape avant le terminus de mon périple.
Le canal de Corinthe
Cette ville est connue notamment pour son fameux canal, qui relie la mer Ionienne à la mer Égée. Long de six kilomètres, il permet aux navires d’éviter un détour de quatre cents kilomètres tout autour du Péloponnèse.
C’est lorsque de gros navires l’empruntent qu’il devient spectaculaire car leur coque frôle les parois. C’est le spectacle auquel je veux assister. Je rejoins donc l’un des ponts qui franchissent le canal. Trois heures plus tard, toujours rien : pas le moindre rafiot à l’horizon. La nuit commence à tomber quand enfin, j’entends ronronner un moteur de bateau. Ce n’est pas le monstre des mers que j’espérais, mais c’est mieux que rien.
Un petit bateau franchit le canal
Le canal de Corinthe en quelques chiffres :
- 6 km de long
- 25 m de large
- 52 m de hauteur maximale
- 8 m de profondeur
Le soleil se couche sur le canal
Athènes : objectif final atteint
Depuis Corinthe, je n’ai plus que soixante-dix kilomètres à pédaler jusqu’à la destination finale de mon périple : Athènes. Totalement euphorique pour avoir réussi à faire ce long périple à la force des mollets, j’y arrive en quelques coups de pédales.
Bilan : Nice - Athènes à vélo
- 3.000 km parcourus
- 26.000 m de dénivelé positif
- 50 jours
- 8 kg perdus !
Là, une semaine de pause m’attend avec ma petite femme, venue spécialement de France. Après l’effort, le réconfort…
Athènes
Le temple de Poséidon, Cap Sounion
Depuis le temple de Poséidon
Après deux mois de pédalage en solitaire, cette semaine de retrouvailles me fait un bien fou. C’est la belle vie pendant une semaine dans un joli petit coin de Grèce, à 70 kilomètres de la capitale.
Mais comme toujours, les vacances ont une fin. Mon périple a été si exaltant que juste avant d’arriver à Athènes, j’ai décidé de ne pas faire demi-tour tout de suite : je vais continuer à rouler un peu, vers la Turquie en l’occurrence puisqu’elle est située juste derrière. Ainsi, pendant que ma femme rentre en France, je reprends le cours de mon périple, mais en le prolongeant jusqu’à ce nouvel objectif : la Turquie. Et pour y aller, j’ai décidé de transiter par une toute petite île grecque méconnue et, paraît-il, somptueuse : Nisyros.
Nisyros, l’une des plus belles îles de Grèce
Située à une bonne vingtaine d’heures de bateau d’Athènes, son éloignement des côtes grecques dissuade la plupart des touristes de s’y rendre. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent car c’est ce qui en fait une île hors des sentiers battus. Et moi, c’est justement cet isolement qui m’attire comme un aimant.
Villages, plages et montagnes
Le ferry que j’ai pris à Athènes accoste dans le petit port de Mandraki : c’est le principal village de Nisyros.
Une ruelle de Mandraki
Il est calme et la plupart de ses ruelles sont trop étroites pour permettre aux voitures d’y accéder. Ce qui laisse une voie royale aux vélos comme le mien…
Une ruelle de Mandraki
Après avoir flâné là un bon moment, je me dirige vers le haut de la colline qui surplombe le village. C’est là que se trouvent les ruines de la ville ancienne de Nisyros, à l’époque où elle était fortifiée. Le site offre une vue d’ensemble sur le village actuel en contrebas, sur la mer et sur les îles voisines.
Mandraki : le village actuel vu depuis le village ancien.
Mais la principale raison de ma venue sur Nisyros, c’est son volcan. Il est situé à l’intérieur de l’île et pour le rejoindre, il faut grimper des côtes très pentues. Sur ma route, je passe d’abord par un autre village, Pali. Il est situé sur la côte.
L’église de Pali
Il s’agit d’un petit village de pêcheurs où le temps s’écoule paisiblement. Sur le quai, je rencontre Mohamed. Il démêle ses filets de pêche. Curieux de croiser un type qui pédale comme un forcené pour avancer sous ce cagnard, il m’invite à monter à bord pour discuter.
Les échanges ne sont pas faciles car il ne parle que grec et moi pas, mais il est agréable et souriant. Il exhibe fièrement devant mon appareil photo sa pêche du jour : deux belles raies et quelques poissons aux couleurs vives.
Mohamed
Avant de bifurquer vers l’intérieur de l’île et son fameux volcan, je longe de longues plages entièrement désertes. Avec leur sable noir, elle ne peuvent nier leurs origines volcaniques.
Les plages à la sortie de Pali
Un peu plus tôt, on m’a expliqué que nombre de migrants qui fuient leur pays, notamment des afghans et des syriens, transitent régulièrement par Nisyros et que souvent, on retrouve leurs effets personnels sur ces plages. Pour moi, cela ne va pas rater : un anorak, une bouée et divers autres témoignages de leur histoire dramatique gisent ici, sur les galets.
Je remonte sur mon vélo en tournant désormais le dos à la mer mais avant de rejoindre le volcan, il y a un dernier site que je voudrais découvrir : le village de Nikia.
Sur les hauteurs de l’île
Pour m’y rendre, je dois faire un petit détour en montant les côtes très raides de l’intérieur de l’île, avec des pentes affichant des pourcentages entre 10 et 15%. Ce ne sont pas mes pires ascensions depuis le début du périple puisque j’ai déjà atteint trois fois la barre folle des 20% mais il faut savoir qu’à partir de 10% de pente, le pédalage en côte devient vraiment difficile avec un vélo de cinquante-quatre kilos.
Mon vélo admire la vue
Avec ce soleil qui tabasse, j’en bave un peu mais heureusement, les vues plongeantes sur la mer constituent ma récompense.
La vue depuis les montagnes
Sur la route de Nikia, je passe devant un premier village perché : Emporios. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants.
Emporios
Peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui fait office de sauna naturel pour les visiteurs, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de Nisyros. En effet, si tout semble normal sur cette île, il se trouve qu’en réalité, rien ne l’est ! Son existence même n’est que le fruit d’une succession d’éruptions volcaniques au fil des millénaires. Actuellement, son sous-sol est encore et toujours bouillant.
Quand j’arrive à Nikia, en haut des montagnes qui dominent la mer, j’ai un véritable coup de foudre.
Nikia
Les minuscules ruelles du village, désertes et colorées, dégagent une indescriptible impression de poésie. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà ressenti pareille sensation.
Une ruelle de Nikia
Elles sont pleines de charme et aucune voiture ne peut les emprunter : seul un vélo peut s’y aventurer tellement elles sont étroites. Et encore…
Dans cette petite bourgade, le clou du spectacle, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays. Impossible de la photographier en entier car elle est en partie occupée par des tables de restaurants, je ne l’immortalise donc qu’à moitié. J’en profite pour m’attabler là afin de m’empiffrer de salades grecques et de boissons fraîches.
Nikia et sa fameuse mosaïque de cailloux au sol
Après avoir pédalé jusqu’ici uniquement dans des montées, l’avantage, c’est que pour rejoindre le volcan en contrebas, il ne me reste plus qu’à redescendre. Idéal pour la digestion.
Le volcan
Quand j’y arrive en fin d’après-midi, il est déjà assez tard : le guichet d’entrée est fermé et le passage est libre. Sur le parking, il n’y a plus qu’une seule voiture. C’est celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Il m’indique que l’entrée est gratuite pour tous ceux qui arrivent ici à pied… ou à vélo ! Mon deux-roues n’ayant pas pollué, je peux entrer gratuitement.
Le cratère Stefanos
Ce volcan est le plus jeune de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située juste en dessous a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.
Au début du petit chemin qui mène tout au fond du cratère, un panneau rappelle que le site est potentiellement dangereux.
Pendant la descente, je savoure le privilège que j’ai de me retrouver entièrement seul sur ce site naturel d’exception.
Le cratère Stephanos, vide de touristes…
Dans ce cratère, les couleurs explosent. Certaines parties des parois ont été jaunies par les dépôts de soufre, alors que d’autres parties ont été rougies par l’oxydation de certaines roches.
Juste avant d’arriver dans le cratère principal, je passe devant Andreas, un cratère beaucoup plus petit.
Andreas, également appelé Mikros Stefanos (le petit Stéphane)
Un peu plus loin arrive le moment que j’attends, celui où je peux enfin fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.
Au fond du cratère
Ici, la terre chauffe, bouillonne, fume et brûle ! L’eau bout en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.
Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante
Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel.
Les fumerolles au fond du cratère
Pour les photos, j’ai de la chance : c’est la fin d’après-midi et le soleil, en déclinant, enrobe le volcan de sa lumière chaude et photogénique.
Les parois soufrées du cratère
Mais le soleil va bientôt se cacher derrière les parois de la caldeira et plonger le volcan dans la pénombre. Je me résous donc à quitter ce lieu magique, sans doute le plus incroyable depuis le début de mon périple, car maintenant il va bien falloir penser à dormir.
Au fond de la caldeira
Et pour ça, mon idée, c’est de trouver un spot de bivouac discret le plus près possible du site. J’en dégote un assez rapidement et je pose ma tente face au volcan : ce soir, je mangerai en admirant les cratères.
Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère
La journée du lendemain commence comme celle de la veille s’est terminée : par la vue sur les cratères et les parois de la caldeira.
Lever de soleil face au volcan
Aujourd’hui, je vais essayer de découvrir les quatre autres cratères. Essayer, car ils sont plus ou moins bien cachés et pas indiqués.
Une fois le camp levé, je reprends mon vélo en direction du volcan.
Lorsque le chemin devient impraticable pour mon vélo, je l’abandonne sur le bord pour continuer à pied. Personne ne viendra ici pour me le prendre, surtout que tout le monde est arrivé ici en voiture. Alors repartir sur un vélo tout poussiéreux et qui pèse un âne mort, c’est peu probable…
Le petit chemin qui mène à Polyvotis
Tout au bout du sentier, je débouche sur le cratère Megalos Polyvotis. Avec sa profusion de couleurs, on dirait un tableau de maître : les parois du cratère sont jaunes, celles de la caldeira qui le surplombe sont ocres. Quelques tâches verdâtres de végétation et un ciel profondément bleu complètent le paysage.
Le cratère Megalos Polyvotis
Il n’est pas possible de descendre au fond. Le lieu dégage une impression de gigantisme face auquel je me sens minuscule.
Descente à pied vers Megalos Polyvotis
Son petit voisin, Mikros Polyvotis, est moins impressionnant mais dans celui-là, je peux descendre au fond et me balader au milieu de quelques fumerolles.
Le cratère Mikros Polyvotis
Après les deux cratères Stefanos hier, le grand et le petit, et les deux cratères Polyvotis ce matin, il ne me reste plus que les deux derniers cratères du volcan à découvrir : Alexandre et Logothetis. Mais ils ne sont indiqués nulle part. Je me dirige donc vers ce qui me semble être les parois d’un cratère.
Direction les deux derniers cratères
Je passe d’abord devant une multitude de petites bouches de souffre fumantes.
Depuis cet endroit, je domine la plaine de Lakki, le fond plat de la caldeira, avec une vue à 180°.
Sitôt passée cette zone fumante de souffre, je me retrouve sur la paroi du cratère, nue. Là, tout de suite, mes pas résonnent. Je frappe le sol du pied pour vérifier et aussitôt, il tremblote. Ce qui signifie que sous mes pieds, le sol est creux et pas forcément très solide ! Au vu des fumerolles présentes tout autour, je sais pertinemment qu’en dessous de moi, le sous-sol atteint des températures bouillantes. Ne m’appelant pas Mike Horn, je fais immédiatement demi-tour.
Je ne pourrai donc pas observer de plus près les deux derniers cratères mais tant pis, ce n’est pas bien grave car j’en ai déjà pris plein les yeux avec les quatre autres. Je redescends tranquillement au milieu des éboulis de pierres colorées.
Depuis hier, je suis fasciné par ce site qui est une démonstration de ce que peuvent faire les forces de la nature lorsqu’elles se déchaînent. Je passe donc le reste de la journée à errer à vélo au fond de cette caldeira où je me plais tant. Le soir venu, je pose ma tente à l’opposé du volcan, dans un petit champ ou paissent quelques vaches.
Dernier bivouac dans la caldeira
Elles ont beau être pacifiques, cela ne les empêchera pas de transpercer la nuit par quelques beuglements. Au réveil, je reprends ma route, qui commence par la montée des parois de la caldeira.
Vue sur le fond de la caldeira avec le volcan en arrière-plan
Tout en pédalant, je surveille les chèvres qui se baladent telles des équilibristes sur les parois abruptes de la caldeira au-dessus de ma tête, car elles projettent régulièrement des cailloux sur ma route.
Mais le pire, ce sont les chutes de pierres, qui sont fréquentes par ici et si les plus petites parviennent souvent à atteindre le bitume, les plus grosses, heureusement, sont bloquées par des protections.
Chutes de pierres
Pour redescendre vers Mandraki, le principal village de Nisyros, je traverse à nouveau les paysages typiques de l’île, qui plongent inlassablement dans la Grande Bleue.
Retour à Mandraki
Mon dernier objectif sur cette île qui ne cesse de m’enchanter depuis que j’ai posé les pieds dessus, c’est de photographier Mandraki sous la belle lumière du crépuscule, car ce petit village m’avait paru photogénique le jour de mon arrivée. Je me rends donc au petit monastère Panagia Spiliani qui domine le village.
Avec le pope
Le monastère Panagia Spiliani
Je profite du soleil rougeoyant puis de la nuit qui tombe pour faire les images pour lesquelles je suis monté jusqu’ici.
Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki
C’était mon dernier jour sur Nisyros. Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan coloré, cette petite île au côté enchanteur m’aura marqué. Après la petite île croate de Pag et l’Albanie tout entière, Nisyros constitue le troisième gros coup de cœur de mon périple.
J’en ai fini maintenant avec la Grèce. Demain, je prendrai un bateau pour la Turquie, où rien ne se passera comme prévu. Hélas…
Encore quelques images de la Grèce avant les infos pratiques…
Infos pratiques
Le volcan de Nisyros
Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, les visiteurs se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ. En effet, la plupart d’entre eux viennent à la journée seulement, en provenance des îles voisines de Kos et Rhodes.
Le bon plan
Idéalement, il faut donc se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :
Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;
Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.
Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.
Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).
Le prix : 5 euros ou gratuit !
L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).
Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !
Que faut-il apporter avec soi ?
Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.
L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.
Commodités
Il y a un parking pour garer la voiture
Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).
L’excursion à la journée depuis l’île voisine de Kos
En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.
La vue depuis le Romantzo Hotel
La terrasse des chambres
Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.
Trans-Dinarica : l’itinéraire de rêve pour les cyclistes
Je dois commencer par préciser que la Trans-Dinarica… ne passe pas par la Grèce ! Elle traverse les pays des Balkans situés juste au-dessus de la Grèce mais si je l’évoque quand même dans cet article, c’est parce que les cyclo-voyageurs se rendant en Grèce transitent le plus souvent par les Balkans. Alors, si les infos suivantes peuvent vous aider à trouver un bel itinéraire…
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…
La Trans-Dinarica en Croatie
Il passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Bivouac sur le parcours de la Trans-Dinarica
Tout au long du parcours, on découvre le sens de l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans-Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !
Sur la Trans-Dinarica mais sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.
La Trans-Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)
Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit de se connecter au site officiel : Trans-Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est exceptionnel.
On peut se procurer le pack pour les huit pays à un tarif avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans-Dinarica.
L’itinéraire de la Trans-Dinarica (Croatie)
Remarque : aucun lien de ce blog n’est sponsorisé, je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !
En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂
Voici le récit détaillé d’un voyage en immersion dans l’Albanie profonde, sixième étape d’un périple à vélo à travers l’Europe.
Dans ce petit pays des Balkans, j’ai traversé des paysages à couper le souffle, que ce soit le long du littoral ou au cœur des montagnes. Mais en plus de sa nature, l’Albanie compte un autre joyau : la générosité sans faille de ses habitants, qui savent accueillir les voyageurs avec un sens aigu de l’hospitalité.
En fin d’article,retrouveztoutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.
Mes premiers pas en Albanie, ou plutôt mes premiers tours de roues, se font sous une pluie fine mais peu mouillante.
La première particularité qui me saute aux yeux, c’est que les nombreuses églises qui ont jalonné mon chemin dans les pays chrétiens que j’ai traversés précédemment, font place ici à des mosquées.
Ma première mosquée albanaise
Mais je suis arrivé tard dans le pays et il me faut déjà trouver un spot de bivouac car la nuit va bientôt me tomber dessus.
Je dégote un petit chemin montant accessible depuis la route. Je m’y engouffre en poussant mon vélo jusqu’en haut. Là, je surplombe la vallée, au fond de laquelle sont éparpillées quelques fermes, villages et mosquées. Le paysage est cerné par les montagnes.
Premier bivouac en Albanie
La nuit a été hachée à tour de rôle par le crépitement de la pluie sur ma toile de tente, et par les appels des muezzins à la prière, en provenance des différentes mosquées éparpillées dans la vallée en contrebas de mon bivouac. Cette double sensation, de vivre en pleine nature et de dépaysement inhérent au voyage, c’est tout ce que j’aime. Alors si la nuit n’a pas été très reposante, elle m’a quand même régalé.
La mosquée de Fierza
Pour ma deuxième journée dans le pays, je demande aux premières personnes que je rencontre comment on dit bonjour en albanais. Et chaque fois, je suis sidéré car au lieu de recevoir une réponse simple, ma question fait naître des débats entre eux. Comment est-il possible de ne pas savoir dire bonjour dans sa propre langue ? Je ne me l’explique pas. Mirmengjesi, pershendetya, nyetnyetta, les réponses sont aussi variées qu’imprononçables. J’opte temporairement pour la dernière solution, nyetnyetta, qui signifie bonjour dans une sorte de patois local, si j’ai bien compris, que tous les albanais parlent ici, dans le nord du pays. Lorsque je descendrai vers le sud, il sera toujours temps pour moi d’apprendre un nouveau mot de vingt-cinq lettres pour dire bonjour en albanais.
La rivière Drin
De rencontre en rencontre, ce qui me frappe, c’est que les gens avec qui je discute au fil de la route sont tous extrêmement gentils, souriants et bienveillants avec moi. Moi qui aime tant discuter avec les habitants en voyage, je sens que ce pays va me plaire…
Ce monsieur sorti de nulle part m’offre une petite bouteille d’eau.
Croisière sur la rivière Drin
Si je suis venu dans le nord du pays, c’est pour découvrir la rivière Drin, qui serpente entre les montagnes. Elle se caractérise par une couleur vert-émeraude très vive.
La rivière DrinLa rivière Drin
Par ici, la route est en travaux. De nombreux engins de chantiers cassent littéralement la montagne pour l’élargir et la sécuriser. A l’heure de la pause déjeuner, je croise une équipe d’ouvriers qui va manger. L’un d’entre eux, que j’ai juste salué en passant, m’offre directement un verre. C’est ma première prise de contact avec l’hospitalité albanaise, qui va me marquer profondément tout au long de ma traversée du pays.
Le soir, j’arrive à Koman. Du haut de ses deux cents habitants, le village est minuscule, bien plus que je ne l’imaginais. Je passe la nuit dans un petit hôtel sympa mais miteux, en dormant dans mon sac à viande car les draps ont l’air sales : je ne suis visiblement pas le premier à dormir dedans, et sans doute pas le dernier non plus…
Départ de la croisière sur la Drin River
Je suis venu à Koman car je veux naviguer jusqu’à Fierza sur la rivière Drin.
Croisière sur la rivière Drin
Nous sommes en basse saison et à cette époque de l’année, il n’y a qu’un seul aller – retour par jour. Il s’agit d’une petite navette fluviale, une sorte de bateau-bus, qui permet de relier les minuscules villages de la région. Il n’y a donc que des locaux à bord, je suis le seul touriste.
Kula, un passager albanais, va débarquer
Le coin est aussi joli que reculé.
Le temps est couvert et durant les deux heures et demie de traversée, je me précipite sur mon appareil photo dès que le soleil réussit à transpercer les nuages, ce qui est assez rare dans l’ensemble.
Jelosh, le capitaine du bateau
Cette petite croisière est régulièrement élue par différents médias du monde entier, généralistes ou spécialisés dans le voyage, comme l’une des plus belles d’Europe. Et l’avantage par rapport à celles des fjords norvégiens auxquelles elle est souvent comparée, c’est qu’ici, il n’y a pas foule.
La rivière Drin
Deux heures et demie de navigation plus tard, le petit bateau accoste à Fierza. Il me reste une cinquantaine de kilomètres de vélo jusqu’à l’étape suivante, Valbona. Mais encore une fois, c’est devenu une habitude depuis le début de mon périple, la météo s’annonce abominable sur mon itinéraire : on y attend des chutes de neige qui dureront au moins trois jours sans discontinuer, avec des températures de -9° C !
Les environs de Fierza
Je décide de faire demi-tour.
Le bateau du retour amarré à Fierza, au petit matin
Les bergers
Du début à la fin de ma traversée de l’Albanie, je croise régulièrement des bergers.
Ghezim, un berger, au milieu de ses brebis
Et avec eux, le courant passe toujours incroyablement bien.
Paolo fait redescendre son troupeau de la montagne
Au début, j’étais étonné chaque fois que j’en apercevais un, au loin, tout seul dans son champ, fixant son troupeau en restant immobile comme une statue.
Discussion pastorale en vue…
Et puis lorsque j’ai commencé à m’approcher et à discuter avec eux, je me suis vite rendu compte qu’ils aimaient le contact.
Un berger jovial avec qui je partagerai de grands éclats de rire
Leur solitude les pousse à discuter chaleureusement dès qu’on leur dit nyetnyetta (bonjour).
Les bergers m’accueillent toujours à bras ouverts…
Ils sont toujours amicaux, ouverts, souriants et rigolards, mais aussi bruts de décoffrage et sincères, et c’est cette authenticité que j’aime chez eux.
Avec Ghezim
Avant de les connaître, je pensais que leur solitude leur pesait obligatoirement. C’est peut-être un peu vrai mais en tout cas, je sais maintenant qu’ils se sentent bien dans leurs montagnes, lesquelles au passage sont magnifiques, accompagnés de leurs animaux dont ils prennent tant soin.
La capitale : Tirana
Depuis mon demi-tour à Fierza, je poursuis ma route vers le sud, qui passe désormais en partie par la côte. Le littoral albanais est globalement joli mais je n’aime pas le bétonnage abusif dont il est victime. Les cités balnéaires ont une architecture hétéroclite et désordonnée qui ne me plaît pas du tout, je ne leur trouve absolument aucun charme.
La plage à Durrës
Quand j’arrive dans la capitale albanaise, Tirana, je suis K-O debout. Après un gros mois passé jour et nuit dans le calme et la douceur de la nature au fil des pays traversés, me retrouver subitement à rouler dans cette fourmilière bruyante de voitures qui foncent dans tous les sens me donne un peu le tournis.
Immeuble avec la forme de la tête de Skanderbeg, héros national qui résista à l’Empire Ottoman
Ainsi, à peine arrivé, je sais déjà que je ne vais pas y rester bien longtemps. Je la visite brièvement avant de retourner rapidement dans les jolies montagnes de ce pays, où je me suis senti si bien jusqu’ici.
La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de Namazgâh
L’incroyable hospitalité albanaise
L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’accueil important, notamment les albanais. Espérant en bénéficier moi aussi au cours de mon périple, je voulais pouvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide à un moment ou à un autre de mon voyage, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.
J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.
Et je dois bien dire aujourd’hui qu’en Albanie, j’ai été impressionné au quotidien par l’incroyable sens de l’hospitalité des habitants. Pas un jour ne s’est écoulé sans qu’ils aient fait preuve à mon égard d’une générosité d’autant plus étonnante qu’ils ne me m’avaient jamais vu. Voici en vrac quelques exemples d’anecdotes vécues sur le bord de la route.
Un jour, alors que je suis en train de prendre en photo les montagnes enneigées au loin, une vieille voiture s’arrête à côté de moi. Son conducteur en descend, il m’offre une canette de boisson énergisante, il s’excuse de devoir repartir rapidement car il est pressé, il remonte dans sa voiture et démarre. En m’apercevant, il n’a pas pu s’empêcher de s’arrêter et de m’offrir ce qui lui tombait sous la main alors que pour lui, je n’étais qu’un illustre inconnu.
C’est sur cette petite route qu’un automobiliste m’offre de manière inattendue un soda
Un autre jour, à Koman, je m’arrête devant un restaurant qui semble fermé. Je demande à la gérante si je peux prendre le petit déjeuner, elle me répond que non, son resto est fermé et il n’ouvrira que dans quelques jours, pour Pâques. Je la remercie, je retourne à mon vélo et au moment de repartir, elle déboule dans mon dos pour m’offrir une part du gâteau encore tiède qu’elle vient tout juste de préparer.
Une inconnue m’offre une part de gâteau.
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, je m’arrête dans une minuscule épicerie pour acheter de quoi manger. Après avoir payé, le patron m’offre un café et une petite bouteille d’eau pour la route.
Une demi-heure plus tôt, j’avais rencontré Emiliano, qui s’affairait dans son jardin. A peine lui avais-je dit bonjour qu’il se précipitait dans sa maison. Il en ressortait un instant plus tard avec trois canettes de sodas, qu’il m’offrait !
Emiliano
Une autre fois, un habitant m’interpelle quand je passe à sa hauteur. Il parle français car, ancien migrant, il a passé cinq ans en France, dont deux en centre de rétention. Il a une petite dent contre les français, qui prennent tous les albanais pour des voleurs me dit-il, et pourtant il m’offre généreusement… un coup de gnôle ! Faite maison, elle s’avère un délice…
Dans un autre village, je m’arrête dans une petite cahute sur le bord de la route pour acheter deux oranges. Malgré mon insistance, le commerçant refuse que je les lui paye. Le temps de retourner à mon vélo pour extirper de mes sacoches une petite tour Eiffel couleur Schtroumph, il arrive sur mes talons pour m’offrir deux pommes, en plus des deux oranges !
Encore un albanais au sens de l’hospitalité démesuré
Et pour couronner le tout, je me retrouve tous les soirs à bivouaquer dans la somptueuse nature albanaise, où je peux déguster tranquillement ce que m’offrent les habitants à longueur de journée.
Un seul bémol : la saleté du pays
Quand on arpente l’Albanie à vélo, une chose saute aux yeux : la saleté le long des routes. Les gens jettent tout par la fenêtre de leur voiture et cela s’accumule par terre.
Aucun nettoyage ne semble avoir lieu. Cette situation aberrante existe aussi dans les autres pays des Balkans que j’ai traversés, mais dans une moindre mesure. L’Albanie est le gros coup de cœur de mon périple mais je dois bien avouer que la saleté des routes est le gros point noir de ce si beau pays.
Amas exceptionnel d’ordures
Heureusement, la nature albanaise reste globalement somptueuse et tout au long de ma traversée du pays à la force des mollets, je dégote régulièrement des spots de bivouac enchanteurs, perdus en pleine nature dans des endroits où rien ne traîne par terre.
Le bivouac quotidien
La dernière rivière sauvage d’Europe : la Vjosa
Quand on traverse l’Albanie, il y a une curiosité que l’on remarque très vite : la multitude de petits bunkers qui sont éparpillés un peu partout dans le paysage.
Ils ont été construits dans les années 1970-1980 par le dictateur paranoïaque d’alors, Enver Hoxha. Évidemment, ils n’ont jamais vraiment servi. Aujourd’hui, ils font partie du paysage.
L’un des 600.000 petits bunkers albanais qui jalonnent le paysage
Le sud du pays est traversé par la Vjosa (prononcez Viossa) : cette superbe rivière est considérée comme la dernière rivière entièrement sauvage d’Europe (hors Russie occidentale).
Longer ce cours d’eau à vélo procure un plaisir indescriptible pour qui aime la nature.
La rivière Vjosa
Il n’est pas trop difficile de trouver des spots de bivouac sur la berge, en pleine nature, loin des habitations.
Ma petite tente face à la Vjosa
Mon spot de bivouac, sur les berges de la rivière Vjosa
Au-delà de la Vjosa, c’est toute la région qui est sauvage et nature. Quelques vieux ponts, suspendus et rouillés, jalonnent le cours de la rivière et permettent de la traverser.
Le pont suspendu de Tepelenë
Un habitant croisé sur le bord de la route me dira fièrement les seuls mots qu’il connaît dans la langue de Molière : « je t’aime » !
Les montagnes en face de ma tente
Përmet et le vieux pont ottoman
Dans le sud du pays, plusieurs albanais m’ont conseillé d’aller faire un tour à Përmet et ses environs. Avec ses huit mille habitants, ce petit village est situé sur la Vjosa.
La Vjosa
J’arrive à Permët par l’un de ces vieux ponts rouillés qui enjambent la Vjosa, et dont la solidité n’est pas la première chose qui saute aux yeux.
L’arrivée à Përmet
Pourtant, il a de la gueule avec toutes ces fleurs qui poussent juste à côté, cette rivière verte qui coule en dessous, et ces sommets encore enneigés en arrière-plan. On dirait un pont du bout du monde.
Le vieux pont rouillé de Përmet
Mais ce sont surtout les environs de Përmet qui m’attirent, et notamment un vieux pont ottoman situé à une quinzaine de kilomètres. Pour y aller, je dois longer la Vjosa dont les couleurs naviguent du bleu turquoise au vert émeraude. Elle s’écoule aux pieds de montagnes dont les pentes sont fleuries et les cimes enneigées. Ma route est déserte et c’est tellement grisant de se sentir si seul au monde, dans ce décor majestueux.
Le paysage de bord de route
J’arrive assez vite au fameux pont ottoman, le pont de Katiut. Il s’agit d’une vieille arche en pierres relativement bien conservée, construite par les ottomans au XVIIe siècle.
Le vieux pont ottoman de Katiut
Cerné par les montagnes, il enjambe la rivière Lengarica.
Mais ce joli site très nature est surtout connu pour ses sources thermales aux vertus thérapeutiques réputées. Les gens viennent se délasser et se soigner ici depuis l’Antiquité.
Une petite cascade aux pieds du pont ottoman
Pour rejoindre le principal bassin thermal, il suffit de traverser le pont puis de marcher une cinquantaine de mètres. La température de l’eau est de trente degrés y compris quand il neige, voire plus selon la saison.
Le principal bassin thermal, à proximité de Permët et Bënjë
En se délassant dans cette eau délicieusement tiède, on a une vue imprenable sur le pont d’un côté et les montagnes enneigées de l’autre.
La vue depuis le pont
Le site n’est pas très grand mais le bel écrin naturel dans lequel il est posé le rend particulièrement attrayant. Nous ne sommes que début avril mais il commence déjà à y avoir un peu de monde. L’été, le site, victime de son succès, est paraît-il pris d’assaut.
Le pont de Katiut dans son cadre naturel
Moi qui avais hésité ce matin à faire le petit détour nécessaire pour venir jusqu’ici, je ne regrette vraiment pas d’avoir pédalé ces quelques kilomètres supplémentaires malgré les montées. C’est l’un de mes plus gros coups de cœur depuis le début de mon périple.
La route du pont de Katiut
Je reprends mon chemin sur une petite route où presque aucune voiture ne passe. Seul avec mon vélo, je traverse des paysages où les arbres en pleine floraison font face aux dernières neiges qui habillent encore le sommet des montagnes. Plus pour très longtemps.
Mon itinéraire rejoignant rapidement le cours de la Vjosa, je continue à en prendre plein les yeux.
La Vjosa aux pieds des montagnes
A chaque méandre de la rivière, les paysages changent : des montagnes, des forêts, des champs de fleurs… Je comprends mieux pourquoi ce cours d’eau est réputé être la dernière rivière sauvage d’Europe.
La Vjosa
Rouler à vélo dans de tels paysages procure un sentiment de liberté très fort, bien plus que je ne l’aurais imaginé. Mais les plus belles choses ont une fin et à l’approche de la Grèce, le cours de la Vjosa s’éloigne petit à petit.
A l’heure du bilan, je dois bien dire que l’Albanie m’a profondément marqué. Je me sens même un peu sous le choc de quitter ce pays où la nature est si belle, et dont le peuple est si attachant, si généreux. Mais maintenant, c’est l’heure de découvrir un nouveau pays : la Grèce…
Mirupovshim Shqipëria (au revoir l’Albanie)
Encore quelques photos de l’Albanie à vélo avant les infos pratiques…
Le coin du cycliste
Trans Dinarica : l’itinéraire de rêve pour les cyclistes
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…
La Trans Dinarica en Croatie
Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica
Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !
Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)
Le site officiel de la Trans Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)
Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.
L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)
Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !
En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂
Les itinéraires Eurovélo
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Le réseau Eurovélo
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
Les différents stades de développement des routes Eurovélo
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
Les automobilistes albanais
Pour les cyclistes qui recherchent une sécurité optimale sur la route, l’Albanie est un petit paradis. En effet, les automobilistes sont si respectueux des cyclistes qu’ils les doublent systématiquement en roulant sur la voie de gauche, y compris quand une voiture arrive en face d’eux ! J’ai pu le constater dès que j’ai passé la frontière depuis le Monténégro, puis quotidiennement pendant les onze jours que j’ai passés en Albanie.
A plusieurs reprises, j’ai carrément eu peur pour ces automobilistes car ils me doublaient sur la file de gauche alors qu’une voiture arrivait en face. Mais ceux qui arrivaient en face justement, fonctionnent de la même manière et ce sont donc eux qui se poussaient sur l’extrême bord de la route, parfois au ras du fossé, pour laisser passer la voiture en train de me doubler. Parfois ils se frôlaient, parfois ils devaient piler tous les deux pour ne pas se rentrer dedans, mais toujours ils passaient vraiment au large de moi, tout à gauche, donc.
Dans les pays que j’avais traversés précédemment (un peu en Italie et au Monténégro mais surtout en Croatie, et plus encore en Bosnie-Herzégovine), les voitures attendaient brièvement derrière moi lorsqu’une voiture arrivait en face, avant de me doubler. En Albanie, c’est différent : ils ne ralentissent pas, ils n’attendent pas derrière les cyclistes, ils passent, avec une grande marge de sécurité puisqu’ils doublent toujours sur la file de gauche et si quelqu’un arrive en face, c’est lui qui se pousse !
Je ne me suis donc absolument jamais senti en danger sur les routes albanaises. Le seul bémol concerne la capitale, Tirana, où quelques automobilistes pressés d’aller travailler à l’heure de pointe ont parfois un peu forcé le passage, mais sans jamais que je ne me sente vraiment en danger. Il me suffisait de les laisser passer dans les bouchons tiranais.
Petite queue de poisson à Tirana
En conclusion, les seules fois où j’ai eu peur sur les routes albanaises, c’était pour les automobilistes eux-mêmes, lorsqu’ils étaient à deux doigts de se percuter parce que l’un d’eux me doublait trop largement. Et pour tout dire, c’est anecdotique mais je me sentais tellement en sécurité que c’est dans ce pays que j’ai définitivement enlevé mon casque.
Infos pratiques
Où dormir à Përmet ?
J’ai dormi au Ramis Hotel & Outdoor Sports Center. C’est l’un des hôtels les moins chers de Përmet, il est propre, le confort est correct, les propriétaires sont accueillants et le petit déjeuner est copieux.
En plus de la partie hôtelière, l’établissement propose diverses activités, notamment la location de vélos et surtout, des sorties rafting sur la magnifique Vjosa. C’est l’un des fils des propriétaires qui assure l’encadrement de ces activités.
La Vjosa est un petit paradis naturel dans lequel de nombreuses activités sont possibles : le rafting est la plus prisée, mais on peut également descendre la rivière en bouée, faire des randonnées, du vélo (y compris électrique), du quad, de l’équitation…
Pour réserver ces activités, il y a plusieurs possibilités :
Demander des infos à votre hôtel, qui vous guidera ou, dans certains cas, qui vous proposera lui-même ses propres activités.
Voici un récit détaillé de ma traversée rapide du Monténégro, cinquième étape d’un périple à véloà travers l’Europe.
Retrouveztoutes les infos pratiques, en fin d’article, sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.
Après les deux semaines de pluies diluviennes qui ont émaillé mon périple, notamment en Bosnie-Herzégovine, je quitte ce pays et son humidité par une petite frontière située au cœur des montagnes. Sitôt la bascule faite, je me retrouve à dévaler mes premières pentes monténégrines sous un soleil éclatant. La grisaille ambiante bosnienne, omniprésente pendant ces derniers jours, laisse ici la place au beau temps et à la floraison des champs. En quelques centaines de mètres à peine, je suis passé de l’hiver pluvieux à un printemps radieux. Le contraste est incroyable. Désormais, c’est un autre voyage qui commence pour moi et la conséquence immédiate, c’est qu’après ces quinze jours de pluie quasi ininterrompue, mon moral se regonfle à bloc d’un seul coup.
L’entrée des bouches de Kotor
La baie de Kotor
L’un des objectifs de ce périple, c’était de fuir au maximum les villes et les sites les plus fréquentés pour me balader dans des endroits peu touristiques et reculés. C’est pour cette raison que j’avais exclu de mon itinéraire la perle du Monténégro : la sur-fréquentée baie de Kotor.
Notre-Dame-des-Anges, baie de Kotor
Mais le temps était catastrophique en Bosnie-Herzégovine, à tel point que j’ai dû finir par adapter mon itinéraire à la météo : au lieu d’arriver au Monténégro par les montagnes du nord sous le déluge annoncé, j’ai décidé de passer par la côte sud-ouest du pays, où les prévisions météo étaient plus clémentes. Exactement là où se situent ces fameuses bouches de Kotor.
Le site est constitué de montagnes abruptes qui plongent dans la mer. A leurs pieds est située une petite ville fortifiée : Kotor. ne vaste partie de la baie est classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.
Les touristes affluent ici à peu près toute l’année mais j’ai la chance d’y être en plein mois de mars, c’est-à-dire en basse saison, et s’il y a déjà beaucoup trop de monde à mon goût, ce n’est quand même pas encore la foule estivale. Et puis, je dois bien l’avouer, le site vaut le déplacement.
La vieille ville de Kotor
Mon but consiste à crapahuter, à pied pour une fois, sur un petit chemin de montagne qui monte sans arrêt, afin de pouvoir admirer depuis là-haut le paysage sur la ville et la baie en contrebas.
Kotor
Autant j’ai trouvé qu’il y avait du monde dans les étroites ruelles médiévales de Kotor, autant j’ai la bonne surprise de croiser peu de gens en balade dans cette jolie montagne qui domine la ville. Ainsi, une fois l’ascension terminée, je ne dois partager la jolie vue qu’avec les quelques chèvres présentes là-haut autour de moi.
Une chèvre admire le paysage
La côte monténégrine
Pour me diriger vers l’Albanie, ma prochaine étape, j’ai donc décidé de longer la côte, globalement touristique, au lieu de franchir les montagnes initialement prévues, trop pluvieuses ces jours-ci. Et si cet itinéraire n’est pas celui que je me faisais une joie de suivre, je dois bien avouer qu’il m’offre finalement de jolis paysages baignés de soleil. Le ciel est bleu, la mer aussi et toutes les couleurs explosent. Ces improvisations font partie intégrante du voyage à vélo et vu le temps exécrable qui règne sur les montagnes dans l’intérieur du pays, la côte s’avère finalement la meilleure alternative possible.
La côte monténégrine
Je traverse à tour de rôle les différentes stations balnéaires qui se succèdent sur la côte, aux accents locaux : Budva, Sveti Stefan, Petrovac Na Moru…
L’île surprenante de Sveti Stefan
L’inconvénient du littoral pour un cyclotouriste en quête de paysages reculés et isolés, c’est qu’il est bétonné à peu près partout. C’est pourquoi un soir, j’arrive dans la ville de Bar sans jamais avoir réussi à trouver le spot de bivouac que je cherche, discret et à l’abri des regard : il y a des maisons et des habitants partout autour de moi. A l’approche de la nuit, je dégote donc un petit hébergement de dernière minute, à prix bradé. C’est la seule fois de tout mon périple que je ne trouverai pas de bivouac.
L’église Saint-Jovan-Vladimir de Bar
Le lendemain, un petit problème mécanique me contraint à faire réparer mon vélo. Je dégote péniblement un mécano à la sortie de Bar. Il s’appelle Novak Djinovic et il est ancien cycliste professionnel, comme en témoignent toutes les coupes qui décorent le mur de son petit atelier. Les plus prestigieuses trônent dans le salon de sa maison voisine.
Il répare mon vélo en dix minutes à peine, avant de m’annoncer qu’il me fait cadeau de sa prestation ! Beaucoup de cyclo-voyageurs passent par chez lui, me dit-il, et il apprécie de leur venir en aide plutôt que de leur facturer ses réparations. Comme à toutes les personnes sympas que je rencontre depuis le début de mon voyage, je lui offre en retour une petit tour Eiffel bleue. Dans un sourire radieux, il la place parmi toutes ses coupes, sur l’étagère du bas.
Novak Djinovic, ex-cycliste pro monténégrin
Après une longue discussion amicale avec Novak, il est temps de reprendre la route.
Dans l’après-midi, alors que j’approche de la frontière albanaise, un type dans une camionnette arrêtée sur le bord de la route me fait de grands signes. En même temps que je m’arrête, il descend de son véhicule : c’est un policier en uniforme. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait une boulette et je m’attends plutôt à une demande de bakchich mais heureusement pour moi, le bonhomme est hilare !
En le regardant s’approcher, je ne le reconnais pas tout de suite car son uniforme perturbe mes souvenirs.
« Apartman dobra ? » me demande-t-il sans se départir de son rire, c’est-à-dire je crois : « l’appartement était bien ? » Ça me revient alors enfin : c’est le gars qui m’a loué le petit appartement la veille au soir, à la dernière minute et à prix bradé, alors que la nuit tombait et que pour une fois, je ne trouvais pas de bivouac. Mais il était en civil et c’est vrai qu’un uniforme, ça vous transforme un bonhomme ! Bref, il m’explique qu’il travaille pour la douane et contrôle les voyageurs en provenance de l’Albanie voisine.
C’est sur cette dernière rencontre inattendue et amicale que je quitte le Monténégro pour entrer dans un pays qui, je ne le sais pas encore, va me marquer profondément : l’Albanie…
Le coin du cycliste
La pépite : Trans Dinarica, l’itinéraire de rêve pour les cyclistes
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…
La Trans Dinarica en Croatie
Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre ou de pierres en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica, face à la mer.
Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !
Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)
Le site Trans-Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)
Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.
L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)
Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !
Le long de la Trans Dinarica
Je dois préciser que le Monténégro est le seul pays dans lequel je n’ai pas emprunté la Trans Dinarica. A cause d’une météo exécrable, j’ai en effet dû changer d’itinéraire en quittant la Bosnie-Herzégovine, ce qui m’a amené à traverser le Monténégro par sa côte sud, plutôt que par les montagnes du nord, comme initialement prévu. Mais cet itinéraire cycliste vaut tellement la peine de rouler dessus que je le cite quand même dans cet article, pour tous ceux qu’il pourrait attirer…
Du coup, en préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Le réseau Eurovélo
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
Les différents stades de développement des routes Eurovélo
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
La cohabitation avec les automobilistes monténégrins…
Si je ne me suis jamais senti réellement en danger sur les routes du Monténégro, c’était quand même la première fois que je voyais les voitures me doubler d’aussi près. La plupart des automobilistes, comme dans les pays précédents, faisaient très attention à moi et respectaient une bonne distance de sécurité en me doublant, mais pas tous. Il y en avait en effet quelques-uns qui passaient assez près de moi et assez vite, ce qui ne m’était jamais arrivé dans les pays précédents (et qui ne m’arrivera plus non plus dans les pays suivants).
Il ne faut évidemment pas généraliser car globalement, en tant que cycliste, les routes monténégrines m’ont paru assez sûres, mais j’ai dû rester un peu plus vigilant que d’habitude.
Voici le récit détaillé d’un voyage en Bosnie-Herzégovine, quatrième étape d’une traversée de l’Europe à vélo.
Dans ce petit pays des Balkans, j’ai pédalé dans des conditions météo désastreuses, ce qui a plus ou moins fait passer mon voyage du tourisme à l’aventure !
En fin d’article,retrouveztoutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.
Après une petite semaine de pluies diluviennes, qui ont commencé en Italie et m’ont harcelé à travers la Slovénie jusqu’en Croatie, j’ai eu la chance d’avoir un temps magnifique pendant un jour et demi sur l’île de Pag. Mais depuis que j’ai quitté ce petit coin de rêve, je suis à nouveau assailli par des trombes d’eau.
A la petite frontière bosnienne que j’atteins en plein cœur des montagnes, le jeune douanier m’informe que la météo prévoit encore deux jours de fortes pluies. Je ne le sais pas encore mais elles dureront finalement une semaine.
Mes premiers kilomètres en Bosnie-Herzégovine
A première vue, la Bosnie-Herzégovine me paraît bien moins développée que sa voisine croate. Ici, les vieilles voitures et les charrettes tractées par des chevaux remplacent les grosses berlines allemandes qui foisonnaient en Croatie. Les routes bosniennes sont plus étroites et leur bitume déliquescent. Mais surtout, ce qui me marque le plus, c’est le nombre de maisons en ruine qui bordent les routes et n’ont toujours pas été rasées. La guerre a beau être terminée depuis trente ans, ces vestiges délabrent toujours le paysage.
Le principal problème que je dois affronter dans ce nouveau pays, c’est la météo. Car ici, la pluie tombe sans discontinuer pendant des jours et des jours. Elle transperce littéralement tous mes vêtements techniques de cycliste itinérant. Pourtant censés être imperméables, ils s’avèrent tous incapables de repousser les quantités phénoménales d’eau qui s’écroulent en permanence du ciel.
Résultat, je suis détrempé à longueur de journée. Malgré mes guêtres et mes sur-chaussures, toutes imperméables, mes pieds sont imbibés chaque matin dès les premiers coups de pédales. Idem pour mes mains malgré deux paires de gants, eux aussi censés être imperméables. Et même chose pour tout le reste du corps. Mais le pire est à venir : le glacial vent de face, en s’alliant à la pluie, achève de me congeler.
Une semaine de vélo sous une pluie battante dans les montagnes de Bosnie-Herzégovine
Je passe mes journées à dégouliner et tous mes vêtements sont à tordre. Ces conditions difficiles ne m’empêchent pas d’éprouver une certaine sympathie pour ce pays et ses habitants, qui ont tant souffert de la guerre, il y a trente ans. Mes souffrances à moi sont tellement ridicules à côté. Je ne vais quand même pas me plaindre pour quelques tonnes de pluie. Alors je me tais et je pédale.
Squatter une maison en ruine
Au soir de ma troisième journée dans le pays, je rêve de poser ma tente dans la nature du coin, tellement elle semble propice au bivouac. Mais je suis si mouillé que je décide de dormir dans l’une de ces petites maisons en ruine qui bordent la route un peu partout. Au moins, j’y serai un peu à l’abri.
C’est ainsi qu’au milieu de nulle part, sur l’une de ces petites routes de montagnes désertes, je finis par trouver mon bonheur. Il s’agit d’une petite maisonnette abandonnée, dont la façade est toute taguée.
Squatter une maison en ruine
A l’intérieur, il ne fait pas bien chaud avec ce vent permanent qui circule, les portes et les fenêtres ayant disparu depuis longtemps. L’avantage de ce gruyère, c’est que l’air qui s’y balade devrait permettre à toutes les éponges qui me servent de vêtements de sécher pendant la nuit. Pour l’occasion, je transforme donc mon vélo en étendoir.
A l’intérieur, tout est dévasté : le sol est jonché de miettes de briques et de tessons de bouteilles mais aussi de détritus de toutes sortes, sans compter quelques excréments d’origine humaine. Ils semblent squatter les lieux depuis longtemps, tout desséchés qu’ils sont. Je les balaie à l’aide d’un morceau de tuile cassée, ainsi que toutes les saletés jonchant le coin où je vais poser ma tente.
J’enfile enfin des vêtements secs, je dévore un plat de pâtes chaudes, et je découvre que lorsqu’on vit dans un certain dénuement, un petit rien peut vite se transformer en véritable luxe : cette maisonnette en ruine qui fait figure de repoussoir, je la vois plutôt, moi, comme un petit palace qui va me permettre de passer enfin une nuit bien au sec et ça, ça n’a pas de prix.
Dans ces montagnes isolées, il n’y a aucun réseau et je ne peux donc pas donner ma position à ma femme restée en France, comme je le fais tous les soirs. Je lui avais bien dit, avant de partir, que cette éventualité ne manquerait pas de se produire un jour et qu’il ne faudrait alors pas qu’elle s’en alarme. Il n’empêche que je la sais inquiète, et cela m’empêche de fermer l’œil.
Déluge dans les montagnes
Après une nuit blanche, il me suffit de rouler quelques kilomètres pour accrocher brièvement un peu de réseau. Suffisant pour la rassurer d’un texto rapide.
Une poignée de kilomètres plus loin, mon GPS me fait quitter le bitume pour un petit chemin sauvage montant dans les cailloux. La journée est l’une des plus pluvieuses depuis le début du périple, le chemin est boueux et ses innombrables pierres extrêmement glissantes. Le GPS m’indique que je vais devoir affronter dix kilomètres de montées, et donc de galères vu la météo exécrable, avant de retrouver enfin une route asphaltée.
Ce chemin monte tellement et les pierres sont si glissantes que je dois régulièrement pousser mes cinquante-quatre kilos de vélo. Je n’ai jamais progressé aussi lentement. Il pleut toujours autant, le paysage est complètement bouché par la brume qui m’entoure, je suis trempé et gelé. J’ai tellement hâte d’en finir avec ces dix kilomètres d’enfer pour retrouver enfin un peu de bitume.
Montée et brume
Et quand mon GPS m’indique que je vais enfin rejoindre la route, c’est faux : il n’y a pas le moindre bitume autour de moi. Le chemin continue à monter, il devient de plus en plus pierreux donc de moins en moins praticable. Par endroits, il traverse des plaques de neige. Il fait froid et un brouillard de plus en plus épais m’entoure.
A ce moment-là, je m’aperçois que l’écran de mon téléphone change de couleurs : il devient vaguement bleu, rose, vert… En d’autres termes, il commence à souffrir de l’humidité. Je prends ça très au sérieux car la dernière fois que ça m’est arrivé, c’était au cours d’une rando humide (décidément) dans les Pyrénées, et mon téléphone avait fini par rendre l’âme définitivement à cause de l’humidité. Je réalise donc que si ça se reproduit ici, je n’aurai plus de GPS. Et même s’il n’y a un vague croisement que tous les deux ou trois kilomètres sur ce chemin désespérément isolé, sans GPS, je finirai forcément par me perdre.
Je retire donc immédiatement mon téléphone de la petite sacoche soi-disant étanche dont la vitre plastifiée me permettait jusque-là de voir mon chemin sur l’écran, et je le mets dans l’une de mes quatre grandes sacoches étanches de porte-bagages. Il pleut tellement que pendant l’opération, l’eau a le temps de pénétrer dans la sacoche. Je décide de ne plus penser à l’hypothèse d’un décès de mon téléphone-GPS : pour l’instant, il fonctionne donc tout va bien. S’il rend l’âme, il sera toujours temps d’aviser…
Conditions de vélo hivernales
A ce moment-là, j’ai si froid et les efforts physiques sont si intenses que je pense avoir touché le fond. Mais non. Trois chiens sortis de nulle part me foncent dessus en aboyant de toutes leurs forces. Quelques copains à eux se joignent à la fête petit à petit, jusqu’à ce qu’ils soient sept. Ils n’ont pas l’air féroces mais leurs aboiements en boucle m’agressent les tympans. J’essaie bien de les amadouer mais rien n’y fait. Il y en a notamment un qui ne me lâche pas et qui approche dangereusement ses crocs de mes mollets, au fil des tours de pédales. Il me suivra pendant plus d’une demi-heure sans jamais cesser d’aboyer, alors que les autres ont abandonné depuis longtemps. Impressionnant.
Au final, je mettrai cinq heures et demie pour faire dix-neuf misérables kilomètres avec mon vélo et rejoindre enfin une petite route bitumée. Défoncée, c’est vrai mais dans mon esprit, elle prend des allures de paradis. Car elle me permet de quitter l’enfer de ce chemin de montagne et en plus, même si mon téléphone-GPS devait me lâcher maintenant, il me suffirait de suivre cette route éclatée pour finir par arriver à ma prochaine étape : Mostar.
Mostar
Lorsque j’y arrive enfin, je décide de prendre une chambre dans une petite auberge familiale aux prix modiques, carrément pour trois nuits. La météo ne prévoit en effet aucune amélioration au cours des prochains jours, excepté une brève éclaircie pendant quelques heures le lendemain. Inutile de remonter sur mon vélo au petit matin pour revivre le cauchemar d’aujourd’hui. Trois nuits dans un lit confortable avec une couette propre, ainsi que deux jours de repos ne me feront pas de mal. Je repartirai le troisième jour tout frais et reposé, avec un moral en béton…
La propriétaire de l’auberge, Inga, se montre extrêmement accueillante si bien qu’en trois jours, nous aurons le temps de sympathiser.
Ma première nuit à Mostar, dans des draps propres et après une douche délicieuse, est peut-être bien la plus confortable de tout mon périple alors que la précédente, que j’ai dû passer au milieu d’immondices dans un nid à rats, a sans doute été la pire. Je ne connais pas encore vraiment Mostar mais une chose est sûre : j’adore déjà cette ville !
Le lendemain de mon arrivée, Inga m’explique qu’en me voyant débarquer dans son auberge la veille, elle a eu peur pour moi, tellement j’avais l’air en piteux état selon elle. Elle m’avoue l’avoir carrément signalé à son mari car elle avait peur qu’il m’arrive quelque chose ! Et dire que moi, j’étais si heureux d’arriver dans son auberge chauffée après la journée difficile que je venais de vivre, que je pensais être souriant et détendu !
Mon premier jour de repos et de visite de la ville commence sans pluie, et avec ma première éclaircie depuis bien longtemps. Je ne savais plus que le soleil existait. Certains bâtiments de Mostar comportent toujours des trous d’obus au milieu de façades criblées de balles. La guerre qui a fait rage il y a plus d’un quart de siècle, dans cette ville aux profondes divisions ethniques, a laissé des cicatrices qui sont toujours visibles un peu partout aujourd’hui.
Mostar : trou d’obus et impacts de balles, trente ans après…
Ici, c’est toujours une poudrière, paraît-il. Car il suffirait aujourd’hui d’une petite étincelle pour que la situation explose à nouveau entre bosniaques musulmans, croates catholiques et serbes orthodoxes, qui se partagent la ville.
Amin, artisan graveur
La veille de mon départ, Inga frappe à la porte de ma chambre. Toujours aussi souriante, elle m’offre une part du gâteau qu’elle vient de préparer.
Elle est passionnée de pâtisserie et ce gâteau aux fruits rouges est aussi élaboré qu’un vrai gâteau de pâtissier. Elle l’a fait à l’occasion de l’anniversaire de son mari. Pauvre homme : alors qu’il ne me connaît même pas, le voilà obligé de partager ce succulent dessert avec moi !
Inga m’offre une part de son gâteau-maison
L’un des objectifs de mon périple, c’était de faire des rencontres. Avant mon départ, j’avais lu un peu partout que les habitants des Balkans étaient souvent dotés d’un sens de l’hospitalité important. Espérant en bénéficier au cours de mon périple, je voulais pourvoir remercier tous les habitants qui m’accueilleraient ou me viendraient en aide, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre : impossible d’emporter sur mon vélo des bouquets de fleurs, du chocolat où des bouteilles de vin à offrir, comme on le fait en France lorsqu’on est invité chez quelqu’un.
J’avais alors pensé à un symbole de la France mondialement connu : la tour Eiffel. J’ai donc acheté sur Internet quelques dizaines de petites tour Eiffel bleues (il n’y avait que cette couleur) en porte-clés. Elles ne sont pas lourdes et ne prennent quasiment aucune place sur mon vélo : le petit cadeau idéal.
Inutile de dire que lorsqu’Inga m’offre une part de son gâteau, je m’empresse de lui donner en retour une petite tour Eiffel bleue. Et comme toutes les personnes à qui j’en offre une, elle marque d’abord un bref étonnement avant d’éclater de rire avec moi, puis de me remercier chaleureusement.
L’emblème de Mostar : son fameux pont
Après deux jours entiers de remise à neuf, je reprend gaiement la route. Il pleut toujours abondamment et le ciel ne s’est pas éclairci.
La nécropole de Radimlja, patrimoine de l’humanité
Dans les Balkans, quelques milliers de stecci sont éparpillés dans la nature. Il s’agit de pierres tombales médiévales monumentales. On en trouve un peu partout : dans les forêts, dans les champs, le long des rivières… Avec 60.000 spécimens, c’est la Bosnie-Herzégovine qui en compte le plus.
Pour la première fois depuis je ne sais plus combien de jours, la pluie baisse d’intensité au moment précis où je passe à hauteur de la nécropole de Radimlja, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. J’en profite pour y faire une brève halte et me balader dans ce cimetière impressionnant, tout droit sorti du Moyen-Âge.
Stecci de la nécropole de Radimlja
Le chevalier défunt représenté avec son arc
Trahison du GPS
Komoot est un excellent GPS vélo. La plupart du temps, il m’emmène soit sur des petites routes très peu fréquentées, soit carrément sur des chemins déserts à travers la nature. Ces endroits sont parfois si isolés que j’ai alors l’impression d’être arrivé au bout du monde. C’est tout ce que j’aime. Mais parfois aussi, peut-être une fois par semaine, Komoot est subitement et inexplicablement atteint de folie. Et dans ces moments-là, il peut m’emmener absolument n’importe où.
Ce jour-là donc, après avoir roulé trois bonnes heures après Mostar sur ces routes et chemins perdus à travers les bois, je finis par me retrouver en pleine campagne. Les nuages sont toujours aussi noirs et le ciel ne cesse de pleurer des torrents. Mon itinéraire se poursuit sur un petit chemin inondé qui rétrécit de plus en plus. Il traverse des champs si verts qu’à l’évidence, ils ne connaissent pas l’existence du mot sécheresse.
Komoot m’enverra au milieu de ces champs sur un chemin inexistant
A un moment, Komoot m’indique qu’il faut tourner à gauche mais il n’y a en réalité aucun croisement. Pourtant, le GPS est précis au mètre près. Je décide donc de tourner quand même à gauche comme il l’indique et de rouler dans l’herbe du vaste champ qui se trouve là, tout en suivant exactement le tracé de l’itinéraire GPS sur mon écran. Car au fond de moi, je pense que le chemin finira sans doute par réapparaître un peu plus loin. Mais au bout de quelques centaines de mètres, toujours rien, sauf un fossé bordé par un talus qui me barrent tous les deux la route. N’ayant pas le choix, je fais demi-tour.
La pluie n’arrête toujours pas de tomber, mon GPS m’a planté, je suis complètement perdu et le coin est désert, sans personne pour m’aider. Je reviens donc sur mes pas jusqu’à ce que je retrouve un chemin carrossable. Là, à court d’idées, je décide d’attendre sous la pluie comme un misérable. Au bout d’une dizaine de minutes, un homme sorti de nulle part arrive dans ma direction.
Rencontre providentielle sous la pluie
Je lui demande la direction de ma prochaine étape, la ville de Trebinje. Avec une grosse voix et dans sa langue à couper au couteau, il se lance dans un monologue auquel je ne comprends pas un traître mot.
Pourtant, grâce aux gestes qu’il fait pour accompagner ses explications, je finis par comprendre que je dois aller tout droit jusqu’à un bled nommé Mosko ; puis tourner à droite et continuer droit devant jusqu’à Trebinje. Faute de GPS, je suis ses indications et en fin de journée, j’arrive à Trebinje comme si de rien n’était, avec en prime quelques rayons de soleil entre les nuages.
Trebinje sous un rayon de soleil
L’église du Saint-Archange Michel, à Trebinje
Le lendemain, le soleil fera à nouveau quelques apparitions, qui me permettront de voir enfin de voir un peu à quoi ressemble la Bosnie-Herzégovine. Il était temps car dans quelques kilomètres, j’arriverai au Monténégro…
Infos pratiques – Le coin du cycliste
La pépite : Trans Dinarica, l’itinéraire de rêve pour les cyclo-voyageurs
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…
La Trans Dinarica en Croatie
Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Le bivouac quotidien, sur le parcours de la Trans Dinarica
Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !
Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)
Le site officiel de la Trans Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans-Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
Les pays traversés sont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Serbie.
La Trans-Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)
Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.
L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)
Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !
En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂
Les itinéraires Eurovélo
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Le réseau Eurovélo
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
Les différents stades de développement des routes Eurovélo
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
Voici le récit détaillé d’un voyage en Croatie, troisième étape d’une traversée de l’Europe à vélo.
Dans ce petit pays des Balkans, j’ai pédalé dans des paysages sublimes : des îles, des forêts, des rivières et des montagnes. Partout la nature sauvage s’est avérée de toute beauté.
En fin d’article,retrouveztoutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.
Après avoir quitté le pays des ours, la Slovénie, je bascule en Croatie.
Après la frontière, je continue à guetter ces grosses boules de poils griffues et dentues pendant plusieurs heures, à travers les forêts épaisses qui enserrent la route. Mais tuons le suspense tout de suite : je n’apercevrai pas le moindre nounours de tout mon périple…
La forêt croate
Dans les côtes, mon vélo commence à faire des siennes : de petits sauts de chaîne se produisent de plus en plus souvent, rendant toujours un peu plus difficiles les montées qui se succèdent. Je finis par me rendre à l’évidence : je vais devoir faire une escale en ville pour faire remplacer la chaîne, visiblement plus usée que je ne le pensais car dans cet état-là, elle représente un vrai handicap pour grimper les côtes. Direction : Rijeka, sur la côte Adriatique. Ce sont les aléas du voyage à vélo, il faut bien faire avec.
Rijeka sous un ciel d’encre
Une fois sur place, je laisse mon vélo à un réparateur. Pendant son intervention, un déluge impressionnant s’abat sur la ville. Cette petite escale forcée s’avère presque une aubaine pour moi, finalement : au lieu de me noyer en pédalant, je reste bien au sec et au chaud dans un petit café, à enchaîner les cappuccinos. J’en profite pour aller acheter un billet de bateau vers ma prochaine étape : l’île de Pag. Mais sur place, la vendeuse m’informe que les ferries faisant la longue traversée Rijeka-Pag ne prennent pas les vélos. Ils font bien embarquer les motos et les voitures mais va savoir pourquoi, pas les vélos. Tant pis pour moi, je ferai les 200 bornes jusqu’à Prizna à vélo. Car les petits bateaux qui font la traversée jusqu’à Pag depuis ce micro-port ne font aucune discrimination, eux, contre les vélos.
Le village de Bakar
Sur ma route, le temps se déchaîne. Des trombes d’eau s’effondrent du ciel quasiment sans discontinuer sur les voyageurs de passage, c’est-à-dire moi puisque je n’en croise aucun autre sur ces petites routes désertes. Et quand les nuages n’ont plus d’eau à me cracher dessus, le ciel apparaît sous un noir d’encre impressionnant. Pas grave. Un jour, il fera beau à nouveau.
Une petite route croate
La meute de chacals
Le soir venu, quelques kilomètres avant Prizna, je profite de l’arrivée de quelques éclaircies, aussi inattendues que bienvenues, pour poser ma tente. A peine une heure plus tard, alors que je dors déjà comme un bébé, je suis réveillé par une petite dizaine de hurlements simultanés. D’abord lointains, ils se rapprochent assez vite de la tente, jusqu’à me transpercer littéralement les tympans. Ils passent en effet à quelques mètres de moi seulement puis s’éloignent tranquillement : c’est une meute de chacals. Étonnamment, leurs cris sont plutôt mélodieux, beaucoup plus jolis à écouter que celui du loup. De plus, ils chantent tous en même temps. Un peu comme une chorale, mais de canidés. Ils ne présentent pas de danger pour les humains. C’est le premier moment fort, très fort, de ce périple.
Quelques heures après le passage des chacals
Depuis deux semaines maintenant que je suis parti, j’ai passé le plus clair de mon temps dans la nature, de jour comme de nuit. Mais ce soir, cette meute de chacals a fini de balayer les derniers repères de confort que j’avais conservés de ma vie citadine. A partir de maintenant, j’ai presque l’impression de faire partie intégrante de cette nature qui m’entoure : c’est toute la magie de ce voyage qui est en train de me tomber dessus.
L’île de Pag
Le lendemain matin, je rejoins Prizna, sous un soleil matinal qui ne va pas tarder à s’enfuir.
Là, je prends un bateau qui, après une courte traversée de trente minutes, nous emmène, mon vélo et moi, sur l’île de Pag.
Mes premiers kilomètres sur l’île de Pag
Longue d’une soixantaine de kilomètres, elle est relativement grande. C’est une île sauvage, aride et battue par les vents, c’est d’ailleurs à cause de ça que pas grand-chose n’y pousse. Sa population est essentiellement composée de moutons ! On en croise un peu partout et ça lui donne un certain charme. Ma découverte de l’île, très fréquentée l’été mais vide de touristes l’hiver, va constituer pour moi un véritable coup de cœur. Le premier du voyage, mais pas le dernier…
Le soir venu, je descend dans une petite pension afin de pouvoir prendre enfin une bonne douche et tant pis si après ça, mon effluve naturelle n’attire plus aucun chacal. La propriétaire septuagénaire des lieux, Sofiya, m’accueille à bras ouverts. Installée ici depuis quarante-cinq ans, elle est bosniaque. Elle est polyglotte mais nous ne pouvons pas communiquer pour autant : elle ne parle que des langues et dialectes croates, bosniaques et serbes. Moi pas.
Avec Sofiya
Dotée d’un sens aigu de l’hospitalité, elle sacrifie une partie de son temps pour me préparer un café turc dans les règles de l’art. Nous le dégustons ensemble sans pouvoir bien communiquer, faute de langue commune. J’arrive quand même à comprendre quelques bribes de ses propos, notamment qu’elle a beaucoup souffert de la guerre dans son pays, dans les années 90.
L’arrivée de sa fille anglophone fait subitement progresser nos échanges. Elle m’explique notamment pourquoi sa mère est encore si marquée par ce conflit, pourtant terminé depuis un quart de siècle : deux de ses frères y ont perdu la vie. Le premier a sauté sur une mine à l’âge de vingt-quatre ans, le corps du deuxième n’a jamais été retrouvé. C’était à Srebrenica. L’histoire est dramatique et me touche profondément. Pourtant, j’aime ce genre de rencontres où nous échangeons nos tranches de vies, si amicalement alors que nous ne nous connaissons même pas. Je n’oublierai pas Sofiya.
Pag à l’aube
Le lendemain matin, je mets le cap sur le sud de l’île. Il y a là un pont qui la relie au continent et qui m’évitera de prendre à nouveau un bateau. Normalement, je serai de l’autre côté ce soir.
Pour la première fois depuis cinq ou six jours, le ciel ne s’effondre plus sur moi. Le temps est même passé d’un extrême à l’autre puisque malgré le froid mordant, il fait désormais un soleil éclatant. Conséquence, toutes les couleurs hivernales de l’île explosent.
Au fond, la Croatie continentale vue depuis Pag
Mon GPS vélo me fait traverser Pag en quittant le bitume de la route principale pour emprunter de petits chemins entièrement déserts, à travers une jolie nature sauvage et battue par les vents. Ici, je suis tout seul et j’ai un peu l’impression d’être arrivé au bout du monde.
Au fond, la Croatie continentale vue depuis Pag
Les chemins sur lesquels je roule sont faits de terre, de pierres, de boue et ils sont modérément praticables, mais les vues plongeantes sur la mer et les montagnes en valent tellement la peine. Le cadre est enchanteur.
Pendant une bonne partie de la journée, je ne croise pas un chat. Par contre, beaucoup de moutons. Il y en a partout. Quand je ne les vois pas brouter, je les entends bêler.
Dans l’après-midi, je croise enfin une présence humaine.
C’est celle de Luka, un jeune pèlerin croate sympa, qui se rend à pied dans l’ouest de l’Herzégovine, à Medjugorje. Ce petit village constitue un lieu de pèlerinage important pour les catholiques, à tel point que ses deux mille habitants accueillent chaque année plus de deux millions de pèlerins.
Avec Luka et son bâton de pèlerin
Comme moi, avec toute l’eau qui lui est tombée dessus les jours précédents, il a pas mal ramassé. Plus que moi, d’ailleurs, car il m’explique que sa tente a pris l’eau et qu’au lieu de dormir, il a dû passer une partie de ses nuits à éponger !
Champs inondés par la pluie des derniers jours
Je me rends compte que j’ai un vrai coup de cœur pour cette île. Je m’arrête si souvent pour prendre des photos, filmer et tout simplement profiter de cette nouvelle vie, que je n’avance pas beaucoup.
Mon itinéraire et son dénivelé
Autoportrait !
Je pensais quitter l’île dans l’après-midi en rejoignant le continent par le pont sud mais à cause de mes si nombreux arrêts photos, je ne progresse pas assez vite pour y arriver avant la nuit. Je décide donc de profiter un peu plus que prévu de Pag, en bivouaquant ici plutôt que sur le continent.
Bien calé entre une petite route peu fréquentée et la mer calme, un vaste terrain boisé me tend les bras pour planter ma tente.
Encore un spot de bivouac très nature
Il est assez isolé et semble en friche, avec son herbe haute, humide et jaunie, et débouche sur de jolies petites criques désertes.
Une petite crique face à la tente
Je place ma petite maison face à la mer : je dînerai en admirant le coucher du soleil.
Bivouac sur l’île de Pag
Cette journée est la plus belle depuis le début du périple et comme prévu, elle s’achève par le spectacle classique mais toujours efficace du soleil rougeoyant qui s’effondre dans la mer. Comme lui, je finis par me coucher. Demain, je quitterai la magie de Pag.
Le coucher de soleil vu depuis la tente
La Croatie profonde et sauvage
Ma vie nomade m’impose une triple quête quotidienne : trouver suffisamment d’eau pour tenir jusqu’au lendemain, trouver une poubelle où jeter mes ordures puis le soir, trouver un spot de bivouac pour dormir comme un bienheureux.
Ainsi, à peine de retour sur la Croatie continentale, je dois déjà remplir mes gourdes qui sont vides. Mon itinéraire m’a fait quitter la côte, où les villes et villages n’étaient pas rares, pour m’enfoncer dans les terres montagneuses de l’intérieur, beaucoup moins habitées. Là, pendant un bon moment, je ne traverse pas le moindre village.
L’un des rares signes de vie que je rencontre se présente sous la forme d’un motard. Il s’arrête à un croisement pour me laisser passer, alors qu’il aurait largement la place de me doubler puisqu’à part nous deux, cette petite route de montagne est entièrement déserte. Nous nous saluons brièvement de la main puis, une fois passé devant lui, je m’attends à l’entendre accélérer et le voir me doubler en trombe. Mais non. Il arrive au pas puis roule à ma hauteur, à vingt kilomètres à l’heure au lieu de cent cinquante. Nous discutons comme ça quelques minutes tout en roulant au milieu de la route. Il est allemand et va en Inde. Quand je lui réponds que pour ma part, je vais en Grèce, il observe avec étonnement tout mon chargement, me fait un grand sourire et me dit « respect ». Nous faisons un check, toujours en roulant, puis il pousse une accélération qui me laisse sur place. A ce rythme-là, il arrivera sur la terre de Gandhi avant que je n’atteigne celle d’Aristote.
Un peu plus loin, j’arrive dans un minuscule hameau qui semble figé : pas un habitant ne se montre et le silence règne. Ce n’est pas ici que je pense résoudre ma pénurie d’eau.
Mais par chance, je dégote un habitant qui s’active discrètement derrière le mur de son jardin. Le plus improbable, c’est qu’il parle français ! Il s’appelle Danilo et il a vécu cinq ans à Paris.
Avec Danilo
Quand je lui demande où je peux trouver de l’eau, il me propose immédiatement de remplir mes bidons avec celle de son puits. Puis il me fait visiter son potager et son verger : salades, choux, figuiers, pruniers, vignes, il a de quoi vivre en autarcie pour un bon moment dans ce coin reculé de la Croatie.
Après avoir fait le tour du propriétaire, je le salue dans sa langue par un do vidjenia hésitant qui signifie au revoir. Mon accent pas terrible lui arrache un sourire et nous nous quittons là-dessus.
Alourdis de trois kilos grâce à l’eau du puits de Danilo, mon vélo et moi reprenons la route. Tout en le propulsant à la vitesse d’un escargot dans ces montées qui n’en finissent pas, je réalise que depuis mon départ de France, j’ai déjà grimpé près de 10.000 mètres de dénivelé positif. C’est-à-dire sensiblement plus que l’altitude de la reine des montagnes, l’Everest.
Ciel croate menaçant
Je passe la nuit suivante à dormir seulement par bribes, uniquement quand mes voisins, un troupeau d’ânes apparemment joyeux, ne braient pas haut et fort. Leurs grands cris taillent en pièces le silence profond de la montagne, et il se trouve toujours un de leurs congénères pour leur répondre, quelque part au loin.
Mes voisins bruyants, au petit matin
Par ici, la nature croate est belle et sauvage. Je roule dans de vastes forêts effeuillées traversées par de jolies rivières, en étant toujours seul au monde.
Ici, je suis loin de la ville, de son bruit, de sa pollution, de sa foule et de son stress.
Les chutes de la rivière Zrmanja à Bilisane
Ils sont remplacés par le chant des oiseaux, les senteurs de la forêt et cette incroyable sensation de liberté qui m’accompagne désormais.
Les chutes de la Zrmanja
Un peu avant de passer en Bosnie-Herzégovine, dans la petite ville croate de Sinj, je m’arrête comme souvent dans une minuscule épicerie de bord de route. J’y suis accueilli à bras ouverts par la gérante, Milanka, et son employée Anna.
Le courant passe si bien que Milanka m’offre vite de quoi me sustenter : charcuterie maison et fromage, avec morceaux de pain et petits biscuits. Ce festin est destiné à tous ses clients mais comme je suis le seul dans le magasin, elle m’oblige à me resservir plusieurs fois ! Mon estomac de cycliste toujours affamé ne se fait pas prier. Je dévaste l’assiette et je reprends la route.
Avec Ana et Milanka
Ce sera ma dernière rencontre en Croatie. Légèrement alourdi par les produits du terroir de Milanka, je prends la direction de la Bosnie-Herzégovine toute proche mais auparavant, j’ai un dernier site croate à découvrir : l’œil de la Terre ! Il s’agit de la source d’une rivière très connue dans le pays, la Cetina, qui se présente sous la forme d’un gigantesque trou rempli d’une eau dont les couleurs naviguent du vert émeraude au bleu saphir.
L’œil de la Terre
La Croatie a dépassé mes espérances, que ce soit grâce à la beauté de ses paysages marins, aux habitants si attachants que j’y ai rencontrés, ou à sa nature brute dans laquelle je me suis tant régalé à pédaler et bivouaquer. Derrière ces montagnes dans lesquelles je donne mes derniers coups de pédales croates m’attend ma prochaine étape : la Bosnie-Herzégovine…
Le coin du cycliste
La pépite : Trans Dinarica, l’itinéraire de rêve pour les cyclistes
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…
La Trans Dinarica en Croatie
Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Le bivouac quotidien sur le parcours de la Trans Dinarica
Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !
Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)
Le site officiel de la Trans Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)
Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica.
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.
L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)
Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non !
En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’y répondrai 🙂
Les itinéraires Eurovélo
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Le réseau Eurovélo
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
Les différents stades de développement des routes Eurovélo
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
La cohabitation vélos – voitures en Croatie
Sur mon itinéraire, la Croatie était le pays qui m’inquiétait le plus en termes de risques d’accidents de la route. Car j’avais lu de nombreux témoignages de voyageurs à vélo, sur des blogs et forums, qui disaient tous invariablement la même chose, et cela faisait peur : les Croates conduisent comme des fous, ils s’amusent à frôler les cyclistes à grande vitesse, ils doublent comme des malades tout en klaxonnant sans la moindre raison, certains font carrément des bras d’honneur en passant, etc.
Alors disons-le tout de suite : j’ai vécu exactement le contraire sur les routes croates ! En dix jours passés à rouler dans ce pays, aucun automobiliste (ni poids lourd etc.) ne m’a jamais mis en danger. Pas une seule fois.
Les automobilistes croates m’ont toujours doublé à distance très respectable. Quand il n’y avait pas la place de passer sans me frôler, ils restaient derrière moi et attendaient qu’il n’y ait plus de voiture en face pour passer, sans énervement ostensible.
C’est vrai que les grosses voitures allemandes sont très répandues en Croatie (Audi, Porsche, Mercedes, BMW…) mais pour ce que j’en ai vu, les croates en ont toujours fait un usage respectueux et sécurisé par rapport au cycliste que je suis.
Pourtant, je fais plutôt confiance à tous les témoignages évoqués plus haut. Alors pourquoi une telle différence de ressenti ?
D’une part, j’ai traversé la Croatie à vélo mi-mars, c’est-à-dire en basse saison, à une période de l’année où les locaux ne sont pas encore envahis par les nuées de cyclotouristes passant par là. Sans doute sont-ils donc un peu moins énervés !
D’autre part, j’ai pédalé à l’intérieur des terres sur une bonne partie de mon itinéraire, contrairement à la plupart des voyageurs à vélo qui traversent le pays du nord au sud en longeant la côte. Là, il est possible que les habitants soient excédés l’été sur ces petites routes, étroites mais très fréquentées, qui les empêchent de doubler les nombreux vélos roulant au ralenti.
En tout cas, si vous avez lu les mêmes témoignages alarmistes que moi, alors un conseil : attendez d’être là-bas pour vous faire votre propre idée.
Moi, j’ai juste une chose à dire aux automobilistes croates : hvala puno (merci beaucoup) !
La Slovénie est la deuxième étape d’un périple à vélo à travers l’Europe.
Contrairement aux autres pays, le passage en Slovénie fut très court (dix-huit kilomètres seulement), donc cet article le sera aussi !
En fin d’article,retrouveztoutes les infos pratiques sur la Trans-Dinarica. Cette petite pépite est un itinéraire nature dédié aux vélos. Il traverse les Balkans en passant par des endroits sauvages, isolés et reculés.
Ce matin-là, mes premiers coups de pédales de la journée sont aussi les derniers que je donne en Italie, et une petite montée m’emmène vers le pays des ours : la Slovénie.
La frontière italo-slovène
Sitôt la frontière passée, tout seul sur cette route peu fréquentée, je fouille du regard l’épaisse forêt qui m’entoure, avec le petit espoir mais la grosse trouille d’apercevoir l’un de ces gros plantigrades.
Je repense alors à Mike Horn, qui décrivait ainsi l’odorat très développé des ours : « si je pète ici, l’ours qui est à cinquante kilomètres va le sentir »
Je m’empresse aussitôt de faire le nécessaire pour que les ursidés du coin détectent ma présence. Peine perdue : aucun d’entre eux ne sortira son museau du bois.
La forêt autour de la frontière italo-slovène
Sans transition, le paradoxe du jour après avoir essuyé quarante-huit heures de pluies abondantes, c’est que je n’ai plus d’eau : mes gourdes sont vides. C’est à ce moment-là que j’arrive dans mon premier village slovène, où j’aperçois autant de gens dans les rues que d’ours dans la forêt voisine.
Je me dirige donc vers le cimetière pour m’approvisionner en eau mais là, aucune goutte ne jaillit du robinet. Sans doute l’eau a-t-elle été coupée pour ne pas geler dans les canalisations pendant l’hiver ? En tout cas, c’est totalement bredouille que je remonte sur mon vélo. Mais il faut toujours voir le bon côté des choses : je ne l’alourdirai pas de trois kilos supplémentaires.
Après dix-huit kilomètres sur les routes slovènes, j’arrive déjà à une autre frontière, croate celle-là. Je ne pensais pas traverser la Slovénie aussi vite. Bilan : je n’y aurai vu aucun humain, aucun ours et aucune goutte d’eau, à part celles dégoulinant du ciel. C’est donc aussi frustré que mouillé que je quitte le pays.
La pépite : Trans Dinarica, l’itinéraire de rêve pour les cyclistes
La Trans Dinarica est un itinéraire cycliste qui relie les pays des Balkans occidentaux en traversant une superbe chaîne de montagnes, les Alpes Dinariques. Ce parcours a été conçu pour permettre aux cyclo-voyageurs qui s’aventurent par là de découvrir tout le patrimoine local : naturel, culturel, gastronomique…
La Trans Dinarica en Croatie
Cet itinéraire passe par des villages, des forêts, des montagnes, ou encore par la mer. Il alterne entre routes bitumées très peu fréquentées et chemins de terre en pleine nature. Il traverse des parcs nationaux et des sites classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Le bivouac quotidien, sur le parcours de la Trans Dinarica
Tout au long du parcours, on découvre l’hospitalité des habitants des Balkans ainsi que les paysages à couper le souffle de cette superbe région méconnue, en plein cœur de l’Europe. Bref, quand on roule sur la Trans Dinarica, on en prend plein les yeux et on se sent une âme d’aventurier !
Sur la Trans Dinarica, sous la pluie (Bosnie-Herzégovine)
Le site officiel de la Trans Dinarica
La carte suivante montre sommairement le parcours de la Trans Dinarica (copie d’écran extraite du site Trans Dinarica).
En cliquant pays par pays, ce site propose également de nombreux itinéraires alternatifs : rejoindre le parcours depuis les grandes villes, faire des détours pour aller visiter des sites intéressants à proximité, etc.
A titre d’exemple, c’est l’un de ces détours que j’ai utilisé pour traverser l’île de Pag, qui s’est avérée l’un des plus beaux endroits visités lors de ma « Trans Europa » !
La distance totale de la Trans Dinarica est de 3.364 kilomètres et son dénivelé positif de 60.000 mètres. En comptant les nombreuses extensions (variantes plus sportives, détours vers des sites remarquables, liaisons vers les grandes villes…), la distance totale monte à 5.000 kilomètres et le dénivelé positif à près de… 100.000 mètres !
La Trans Dinarica passe par la rivière Drin (Albanie)
Pour se procurer le parcours précis ainsi que sa trace GPS, ce que j’ai fait, il suffit donc de se connecter au site officiel : Trans Dinarica .
Bien sûr, ce n’est pas gratuit mais ce n’est pas très cher non plus et surtout, cela vaut tellement le coup : si, comme moi, vous êtes un.e cycliste amoureux.se de la nature, alors le rapport qualité-prix de ces packs est carrément exceptionnel. On traverse des endroits tellement natures, isolés et sauvages sans jamais se perdre que ça vaut largement la peine, selon moi, de s’offrir ces packs.
A l’inverse, l’itinéraire de la Trans Dinarica traverse peu de villes. Aussi, si vous êtes attiré.e par les grandes métropoles, ces packs ne vous conviendront peut-être pas : privilégiez alors plutôt les itinéraires Eurovélo (lire plus bas), qui seront beaucoup plus adaptés à vos goûts citadins (capitales, monuments, musées, hébergements etc).
Pour résumer, la Trans Dinarica a plutôt tendance à fuir les zones touristiques et notamment la côte Adriatique, avec ses stations balnéaires souvent prises d’assaut, pour s’enfoncer dans les montagnes beaucoup moins fréquentées. Contrairement à Eurovélo, qui ne dévie à peu près jamais des itinéraires touristiques.
On peut se procurer le pack de la Trans Dinarica pour les huit pays à un tarif à mon avis avantageux (à partir de 90 euros), ou bien choisir un pack par pays (de 8 à 23 euros selon le pays). Le lien : se procurer le pack de navigation de la Trans Dinarica.
L’itinéraire de la Trans Dinarica (Croatie)
Remarque : au cas où vous vous poseriez la question, aucun lien de ce blog n’est sponsorisé. Je ne perçois donc aucune commission, que vous cliquiez ou non.
En préparant votre périple à vélo, si vous vous interrogez sur la Trans Dinarica, n’hésitez pas à me poser vos questions dans la rubrique « commentaires » (votre @dresse mail ne sera pas publiée, contrairement à votre question qui le sera avec un léger décalage, généralement de quelques heures) : c’est avec plaisir que j’essaierai d’y répondre 🙂
Les itinéraires Eurovélo
Beaucoup plus connus que la Trans Dinarica encore confidentielle, les itinéraires Eurovélo ont fait leurs preuves depuis longtemps. Au nombre de dix-sept à ce jour, ils sillonnent l’Europe du Cap Nord à Malte, et de l’Irlande occidentale aux confins de l’Orient.
L’esprit est de constituer un réseau cohérent de grands itinéraires cyclables européens, en connectant les capitales et les grandes villes du continent. Le patrimoine naturel et culturel est mis en valeur tout en favorisant le tourisme durable.
Le réseau Eurovélo
Enfin, la sécurité des usagers est toujours prise en compte. Ainsi, les routes doivent être balisées et continues. Elles doivent également éviter les routes à fort trafic. Elles combinent donc pistes cyclables et routes secondaires, voire chemins balisés.
Le principal inconvénient, c’est que peu de ces routes Eurovélo sont totalement terminées.
Je suis attentivement l’évolution de certaines d’entre elles depuis cinq ans et pourtant, rien n’a bougé : elles en sont toujours au même stade (en général l’un des trois stades en rouge sur le tableau suivant) selon le site Eurovélo lui-même. Aucune évolution en cinq ans !
Percevoir les fonds européens, c’est bien, mais les utiliser pour procéder aux aménagements promis, ce serait mieux !
Les différents stades de développement des routes Eurovélo
J’enfonce un peu le clou : Eurovélo existe depuis 1995 mais trente ans plus tard (au 27 octobre 2025), une seule route est entièrement terminée ! Il s’agit de l’Eurovélo 19 : la route cyclable de la Meuse (1.050 km). Et cinq autres sont (enfin) à un état d’avancement supérieur à 90% :
Une seule route terminée en vingt ans, et cinq autres qui ne sont plus très loin de l’être, sur dix-sept routes en tout (les n° 16 et 18 n’existant pas encore), ce n’est quand même pas énorme. Bien sûr, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : ces dix-sept routes ont au moins le mérite d’exister, et Eurovélo reste un superbe projet pour les voyageurs à vélo.
L’Italie est la première étape d’une traversée de l’Europe effectuée à vélo.
De la Méditerranée à l’Adriatique en passant par les montagnes du nord-ouest et la plaine du Pô, voici le récit détaillé de cette traversée de la Botte dans les froidures de l’hiver.
Toutes les infos pratiques sont en fin d’article : itinéraire etc.
Le départ a lieu à Villefranche, à la sortie de Nice. D’emblée, Komoot, mon appli GPS, m’emmène vers l’ouest c’est-à-dire vers Nice, alors que la destination finale de mon périple, Athènes, se situe à l’exact opposé, plein est ! Mais je lui fais confiance car c’est une appli paramétrée pour dégoter les itinéraires les plus isolés possible, le plus souvent loin des voitures et du trafic routier. Quitte à faire parfois quelques menus détours !
Villefranche-sur-Mer
Mais lorsqu’il m’emmène sur les pentes sadiques de la grande corniche qui domine Nice, je commence à m’interroger : Komoot ne serait-il pas dans les choux ?
Je rencontre alors un habitant du coin qui me déconseille de poursuivre dans cette direction. Il m’indique une petite route qui me fait vite redescendre vers la moyenne corniche, et cette fois en direction de l’est : celle de la Grèce. Mon vélo de 54 kilos et moi-même sommes soulagés d’interrompre cette montée interminable. A partir de là, regonflé à bloc comme un pneu de vélo grâce à ce passant, j’enfile enfin les kilomètres comme des perles.
Sur les hauteurs de Nice
Le littoral sur lequel je roule désormais comporte un dénivelé permanent, mais moins costaud qu’il ne l’était pour atteindre la grande corniche. Avec les vues plongeantes sur la Méditerranée qui se succèdent, j’en prends plein les yeux.
Monaco
Finalement, j’arrive assez rapidement au deuxième pays de mon périple, après la France : Monaco ! Trop bling-bling pour que je m’y éternise. Mon vélo de baroudeur jure un peu avec toutes les voitures de luxe qui l’entourent mais finalement, nombre d’entre elles sont bloquées dans les ruelles étroites et encombrées de la ville. Conséquence, c’est mon vélo qui double les bolides à quatre roues et non l’inverse : ce voyage au long cours qui débute à peine a déjà un petit côté jouissif.
Monaco
Je quitte la Principauté, je traverse un dernier petit bout de France et peu après, j’atteins déjà mon troisième pays : l’Italie.
Menton
L’Italie
La frontière italienne franchie, j’arrive dans l’un des bastions du cyclisme italien dont les transalpins sont si fiers : San Remo. Mon itinéraire passe par le fameux tunnel de Capo Nero, long de 1700 mètres. Il est réservé aux cyclistes (ainsi qu’aux piétons) et constitue un véritable hommage à l’un des Cinq Monuments du cyclisme mondial : la course mythique Milan – San Remo (les quatre autres Monuments sont Paris – Roubaix, Liège – Bastogne – Liège, le Tour des Flandres et, encore en Italie, le Tour de Lombardie).
Le fameux tunnel cyclable de Capo Nero
La Méditerranée
L’itinéraire continue le long du littoral, qui est aussi plaisant à admirer côté italien que côté français.
En fin de journée, alors que le soleil décline et que la nuit tombe, je n’ai toujours pas trouvé d’endroit où poser ma tente.
En effet, le littoral est bétonné partout et, pour moi qui aime bien bivouaquer discrètement, aussi bien pour ne pas déranger les habitants que pour ma tranquillité personnelle, la première nuit du périple s’annonce déjà compliquée, faute d’endroit où dormir.
Et c’est au moment où je commence à envisager de chercher un petit hôtel que je dégote enfin, dans la pénombre, un petit coin non bétonné. Sur un talus, une minuscule zone de buissons sépare la ville de la mer.
Le premier bivouac du périple, en bord de mer
Les vaguelettes viennent se briser sur de grands rochers horizontaux qui, contrairement à la route que j’ai arpentée toute la journée, sont plats : l’endroit parfait où poser ma tente, malgré la noirceur de la nuit qui a maintenant fini de tomber.
Ma première journée s’achève ainsi. Je suis déçu de n’avoir parcouru que 67 kilomètres, mais les 1.000 mètres de dénivelé positif que j’ai grimpés avec mon enclume à deux roues m’aident à sombrer rapidement dans un sommeil à découper au couteau.
Le clapotis des vagues toute la nuit, le cri des mouettes au petit matin puis le petit déjeuner à dix mètres de la mer : la deuxième journée du périple commence de manière plus agréable que la première, qui me proposait des corniches à grimper. Mais une fois le séant posé sur la selle, le dénivelé du littoral italien me ramène vite à la réalité : ici aussi ça monte.
Je profite des derniers paysages côtiers avant de bifurquer vers le nord. En tournant ainsi le dos à la mer, je ne reverrai la Grande Bleue que dans une dizaine de jours, côté Adriatique.
Porto Maurizio
Les montagnes du nord
En attendant, je vais occuper mes trois prochaines journées à franchir des montagnes. Des vraies cette fois-ci.
D’ailleurs, mon vélo chargé est si lourd que je me questionne déjà sur ma capacité à franchir tous ces cols en pédalant : ne me serais-je pas surestimé ?
Zuccarello, un petit village de montagne
J’affronte désormais un gros vent glacial de face. Parfois, je ne le sens pas trop car je suis à l’abri de la montagne. Mais dès que je passe de l’autre côté du versant, il me souffle lâchement en pleine poire.
Au fil de la montée, je me rends compte qu’au-dessus de ma tête, le sommet est constellé d’éoliennes. Ce n’est donc pas une vue de l’esprit, la zone est bien connue pour être venteuse.
L’arrivée au sommet de ma première montagne
Les paysages de montagne n’ont pas grand-chose à envier à ceux du littoral. Ils sont plus bruts, plus sauvages, plus impressionnants. En plus, la route est calme, j’y suis presque seul, à tel point que j’ai beau n’être parti que depuis hier, j’ai presque l’impression d’être au bout du monde.
Les montagnes italiennes
Les montagnes sont dures à grimper avec mes 54 kilos de vélo mais je me vois progresser sur mon appli GPS : elle me représente par un petit point rouge sur le flanc des montagnes. Et quand j’arrive au sommet, c’est la jubilation totale. C’est difficile à décrire et un peu gênant à avouer mais dans ces moments-là, je me sentirais presque invincible.
Je ne reste jamais bien longtemps au sommet car le vent y souffle en général très fort, puis je dévale ma récompense : la descente. Ce rythme montagnard sera le mien pendant trois jours, au cours desquels je progresserai quotidiennement de 77 kilomètres en moyenne, pour un peu plus de 900 mètres de dénivelé positif chaque fois.
Pour un cycliste sportif averti, ce n’est pas le Pérou mais pour un girondin qui ne pédale habituellement que dans sa région désespérément plate, cette moyenne n’est pas mauvaise, a fortiori avec un vélo aussi chargé.
Le périple continue et une petite routine s’installe déjà. Le soir, je pose ma tente en pleine nature et je prends le temps de savourer ces moments. Au petit matin, ma tente est souvent blanchie par le givre. Les températures matinales sont de saison : entre -2° et +2° la plupart du temps.
Je me surprends à méditer une bonne partie de mon temps sur mon vélo. Car à part pédaler et regarder les paysages qui m’entourent, je n’ai finalement rien d’autre à faire.
De temps en temps, je passe quand même une nuit dans un petit hôtel, le moins cher que je dégote car peu m’importe son niveau d’inconfort, pourvu qu’il soit doté d’une douche : c’est la seule chose qui m’intéresse. Le but n’est pas de passer enfin une nuit dans un lit confortable ou sous un toit étanche (ce que ma tente n’est pas toujours complètement quand il pleut). C’est plutôt de chasser cette effluve qui m’accompagne parfois, après plusieurs nuits passées sous la tente sans jamais voir le moindre bout de savon.
L’un des objectifs de ce voyage, c’est de faire des rencontres. Ce n’est pas en Italie que je pense en faire le plus mais quand même, je croise déjà des gens très sympas. A commencer par la grande confrérie des cyclistes.
Giuseppe
Anna et Rafaele
Levy et Yolanda
Avant de terminer ma traversée des montagnes italiennes, j’atteins le sommet d’une colline d’où la vue panoramique donne sur une immense chaîne de montagnes au loin. Vues d’ici, elles sont blanches des pieds à la tête. Ce sont les Alpes et elles sont majestueuses.
La plaine du Pô
C’est à partir de là que mon itinéraire décide enfin de s’aplanir. Normal, j’arrive dans la plaine du Pô. Le Pô, c’est ce fleuve qui serpente dans le nord de l’Italie et grâce auquel les sols sont extrêmement fertiles. Son importance est telle qu’il génère, directement ou indirectement, quasiment la moitié des emplois du pays.
Sur plusieurs centaines de kilomètres, je traverse donc désormais une infinité de champs cultivés labourés en permanence par des tracteurs. D’innombrables oiseaux parsèment les champs ainsi qu’un nombre impressionnant de lièvres.
Le soir, en pleine nature, je cuisine au réchaud devant ma tente, face au soleil qui se couche. Et dire que dans certains hôtels et restaurants, plus la vue est belle, plus les prix augmentent. Face à la tente et au réchaud, elle est toujours gratuite.
Le spectacle quotidien au moment du bivouacLe coucher du soleil depuis la tente
Un matin, je sors péniblement de ma tente, mal réveillé. En m’entendant, un lièvre qui a dormi là, juste à côté de moi, s’enfuit brusquement. Je ne m’attendais pas à voir là ce petit bolide à quatre pattes. Je marche quelques mètres jusqu’au sommet de la petit butte qui protège ma tente du vent et là, je me retrouve face aux champs nappés de brume. Seuls quelques arbres et le clocher d’une église en émergent.
C’est pour vivre ce genre de moments, tout seul en pleine nature, que je fais ce voyage.
Les jours qui suivent s’écoulent paisiblement, dans la monotonie des paysages agricoles de cette plaine du Pô. A force, elle en deviendrait presque insipide.
Les champs de la plaine du Pô à perte de vue
L’Adriatique
Sur la côte Adriatique, je retrouve enfin la Grande Bleue qui, en huit jours, a changé de couleur : elle est désormais toute grise ! Il faut dire qu’ici, il pleut comme vache qui pisse. Il n’y a ni un rayon de soleil, ni un coin de ciel bleu. Ce dernier est désespérément gris et se vide sur les voyageurs de passage. Je suis donc détrempé puisque la pluie incessante transperce mes vêtements. Malgré leur indice d’imperméabilité exceptionnel (28.000 Schmerbers !) et le prix élevé qui allait avec quand je les ai achetés, ils s’avèrent de véritables passoires.
Trieste
Je passe mon dernier bivouac italien dans une petite forêt aussi imbibée que moi, sur les hauteurs de Trieste.
Tout-à-l’heure, j’arriverai en Slovénie…
Le coin du cycliste
La cohabitation vélos – voitures en Italie
Contrairement à leur réputation, les automobilistes que j’ai croisés en Italie ont toujours fait attention à moi en tant que cycliste. En douze jour passés à rouler dans le pays, pas une seule fois ils ne m’ont mis en danger : ni en ville, ni dans les montagnes, ni à la campagne, ni sur le littoral.
Le réseau cyclable italien
Moins développé qu’en France, il est toutefois correct, du moins d’après ce que j’ai pu voir en Italie du nord, mais j’ai parfois eu du mal à trouver des voies cyclables sur les grands axes.
En ville, les pistes cyclables sont souvent désagréables car aménagées sur les trottoirs. Elles comportent régulièrement des bosses et des trous, et beaucoup m’ont paru vieillissantes et peu entretenues. Sans compter les piétons…
Une piste cyclable flambant neuve
Les routes Eurovélo
Les principales routes cyclables italiennes, du moins les trois plus connues, sont les véloroutes européennes : carte Eurovélo en Italie.
Elle date de 2022 et ne recense donc pas les dernières voies cyclables mais elle est très pratique malgré tout.
S’approvisionner en eau
Il est très simple de remplir ses gourdes en Italie si l’on ne veut pas acheter d’eau en bouteille :
Les villes ainsi qu’à peu près tous les villages comportent des fontaines d’eau potable. Dans les villages, elles sont souvent situées autour de l’église ou autour de la place centrale du village (mairie etc.)
Il y a des points d’eau dans tous les cimetières, lesquels sont omniprésents dans le pays.
On trouve parfois des fontaines sur le bord des routes, notamment en montagne.
A noter que, contrairement à d’autres pays, je n’ai trouvé aucun robinet ni aucune fontaine fermée l’hiver à cause du gel, dans le nord de l’Italie.
Nisyros est une petite île somptueuse mais heureusement, elle est bien cachée. Située à une bonne vingtaine d’heures de bateau d’Athènes, son éloignement des côtes grecques dissuade la plupart des touristes de s’y rendre. C’est ce qui en fait une île hors des sentiers battus.
Alors bien sûr, la fréquentation touristique augmente en haute saison (juillet-août), mais la plupart des visiteurs commettent alors l’erreur de ne pas y rester : ils viennent souvent à la journée, en provenance des îles voisines de Rhodes et Kos, beaucoup plus connues mais tellement plus fréquentées. L’objet de leur visite ? Le volcan de Nisyros, et notamment le cratère Stefanos.
Conséquence : il n’y a pas foule sur Nisyros avant 11h00 (heure d’arrivée de la plupart de ces touristes qui viennent juste à la journée), ni après 15h00 ou 16h00 (heure à laquelle ils en repartent).
Le bon plan : puisque ces voyageurs pressés vont tous au volcan entre 10h30-11h00 et maximum 16h00, alors l’idéal consiste à visiter le volcan en dehors de ce créneau pour être tranquille, c’est-à-dire en début de matinée avant leur arrivée, ou en fin d’après-midi après leur départ. Et à l’inverse, sur le reste de l’île, on ne croisera quasiment jamais ce flot de touristes éphémères entre 10h30 et 16h00 : on est alors tranquille pour découvrir les plages volcaniques de Nisyros, ses villages pittoresques, ou encore ses montagnes verdoyantes avec des vues à couper le souffle…
C’est le plus jeune volcan de la mer Égée. Même si sa dernière éruption date de 1888, il n’est pas considéré comme éteint. D’ailleurs, en 1995, la chambre magmatique située sous le volcan a grossi au point de provoquer une crise sismique dans toute la zone.
La caldeira de Nisyros, d’un diamètre de quatre kilomètres, comporte six cratères (et non pas un seul, comme le croient la plupart des visiteurs). Le plus connu d’entre eux, qui est aussi la principale attraction de l’île, est le cratère Stefanos.
Le cratère Stefanos et, plus ou moins visibles, les cinq autres cratères (l’un à sa gauche, les autres en arrière-plan)
Le cratère Stefanos
J’ai eu la chance de pouvoir visiter Nisyros hors-saison (début mai) à une période où il y avait donc très peu de touristes.
Je suis arrivé au cratère en fin d’après-midi, à vélo. Il n’y avait plus personne pour tenir le guichet d’entrée, et une seule voiture était garée là : celle du gérant du petit snack situé juste après le guichet. Nous étions les deux seules personnes présentes sur tout le site.
L’arrivée au cratère Stefanos (sur le sommet du fond : le petit village de Nikia – voir plus bas)
Je suis alors descendu dans le cratère, où je me suis retrouvé absolument seul pendant toute la durée de ma visite (près d’une heure). Un privilège.
Le cratère Stephanos, vide de touristes…
Dans ce cratère, la première chose qui attire le regard, ce sont les couleurs. Ses parois sont jaunies par les dépôts de soufre.
Au début du petit chemin qui mène au fond du cratère, un panneau nous rappelle que le site est potentiellement dangereux.
Juste avant d’arriver dans le cratère principal, on passe devant un cratère beaucoup plus petit, le cratère Andreas (appelé également Mikros Stefanos, par opposition à son illustre voisin, Megalos Stefanos, celui que tout le monde visite).
Le cratère Andreas (ou Mikros Stefanos)
Arrive alors le moment attendu, celui où l’on peut fouler le sol bouillonnant du cratère principal de Nisyros.
Au fond du cratère
Reliés par de fines cordes, des piquets délimitent les zones auxquelles il est interdit d’accéder, pour des raisons de sécurité évidentes. Car par ici, la terre chauffe, voire surchauffe. Et disons-le carrément : elle bouillonne, elle fume et elle brûle ! Dans ces zones interdites d’accès, l’eau bout en effet en permanence au fond de sortes de petites marmites naturelles.
Une petite marmite naturelle d’eau bouillonnante
Un peu partout, de petites colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel, rappelant elles aussi au visiteur qu’il est bien sur un site naturel d’exception.
Les fumerolles au fond du cratère
Se rendre au volcan juste avant le coucher du soleil permet de l’admirer éclairé par une jolie lumière : les fameuses golden hours, si prisées des photographes.
Les parois soufrées du cratèreLe cratère Stefanos pendant les golden hours
Bivouac de rêve au milieu des cratères
Étant un amoureux de la nature, j’ai terminé ma journée de visite de ce joli volcan par une nuit de rêve, puisque j’ai dormi sur cette terre volcanique, sous ma tente posée au beau milieu des cratères !
Dormir à quelques dizaines de mètres du cratère
J’ai passé la nuit complètement seul à proximité du cratère principal, mais apparemment seul aussi dans toute la caldeira, puisqu’elle n’est pas habitée et qu’il n’y a aucune maison. Cette nuit-là, la sensation de plénitude fut totale.
Bon, je dois quand même rappeler qu’en Grèce, contrairement à tant d’autres pays, le bivouac est interdit. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 300 euros.
Si je me suis permis de braver souvent cette interdiction, à Nisyros comme ailleurs en Grèce, c’est pour plusieurs raisons :
Je bivouaque toujours discrètement afin de ne déranger personne ;
Je n’allume mon réchaud qu’en l’absence totale de risque (par exemple, pas de végétation à proximité, ou alors mouillée) ;
Je ne laisse absolument aucune trace de mon passage dans cette nature que j’aime, et j’emporte donc tous mes déchets ;
Et en prime, lorsqu’il y a déjà des déchets par terre dans la zone où je pose ma tente, je les ramasse et je les emporte pour les jeter dans la première poubelle que je trouve, histoire que les lieux soient plus propres après mon passage qu’avant.
Alors bien sûr, cette façon respectueuse de bivouaquer ne m’autorise pas pour autant à dormir là, toutefois, en procédant de cette manière, tout le monde est gagnant :
les autorités émettrices de cette interdiction abusive, puisque je nettoie ces zones à leur place ;
La nature, parce qu’elle est plus propre après mon bivouac qu’avant ;
Et moi-même bien sûr, tellement je me régale à passer ainsi mes nuits en pleine nature.
Bref, quitte à braver la réglementation, autant le faire proprement…
Ce que je ne savais pas en revanche en posant ma tente au-dessus du cratère Stefanos, c’est qu’en Grèce, le bivouac est sanctionné beaucoup plus sévèrement lorsqu’il a lieu dans les zones touristiques : jusqu’à 3000 euros d’amende et trois mois d’emprisonnement ! Je ne l’ai appris que plus tard.
Lever de soleil face au volcan
Les autres cratères de Nisyros
Si la plupart des visiteurs croient qu’il n’y a qu’un seul cratère à Nisyros, il s’avère qu’en réalité, il y en a… six !
Comme indiqué précédemment, il y a donc les deux cratères décrits ci-dessus : le cratère principal Stefanos (ou Megalos Stefanos), et son petit voisin Andreas (ou Mikros Stefanos). Voici les quatre autres.
Les cratères Megalos Polyvotis et Mikros Polyvotis
Pour se rendre aux deux plus accessibles, il suffit de passer le guichet d’entrée puis le snack situé juste après, et de prendre ensuite le petit chemin situé à droite (au lieu de celui de gauche, qui mène à Stefanos).
Le petit chemin qui mène aux quatre autres cratères, notamment Mikros et Megalos Polyvotis.
On rejoint alors deux nouveaux cratères : le magnifique Megalos Polyvotis, et son petit voisin, Mikros Polyvotis.
Ils sont situés au bout du chemin, où a été érigé un petit poste d’observation. De là, on domine le plus grand cratère, Megalos Polyvotis, lequel est jauni par le souffre et toisé par la paroi rougeâtre de la caldeira.
Le cratère Megalos Polyvotis
Les photos écrasent un peu la sensation de grandeur qu’on ressent lorsqu’on admire ce somptueux cratère aux pieds des parois de la caldeira, à côté desquelles on se sent minuscule.
Megalos Polyvotis
Si l’on poursuit en descendant vers la droite (où le chemin n’est plus balisé), on arrive à son petit frère : Mikros Polyvotis.
Le cratère Mikros Polyvotis
Il a beau être moins impressionnant et moins joli, il est possible de descendre au fond de ce cratère, au milieu de petites fumerolles, contrairement à son voisin Megalos Polyvotis qui, lui, n’est pas accessible. En n’oubliant pas, toutefois, les risques que cela peut présenter, notamment si le sol s’avère instable…
Les cratères Alexandre (ou Flegethron) et Logothetis
Ces deux cratères ne sont indiqués nulle part.
Profusion de couleurs
Souhaitant quand même les découvrir, je me suis dirigé au hasard vers ce qui me semblait être les parois de cratères. Toujours à pied, et depuis les deux cratères de Polyvotis, situés juste à côté.
Direction les deux derniers cratères
Pour cela, il faut sortir du chemin menant aux deux cratères Polyvotis. On se retrouve alors à marcher dans des amas de pierres, beaucoup moins praticables que le chemin en question.
Mon point de repère, c’était les zones de souffre, visibles de loin car très jaunes. C’est donc vers elles que je me suis dirigé. Là, de près, on remarque tout de suite la présence de multiples petites bouches de souffre fumantes, alors qu’on ne les distingue pas de loin.
De là, on a également une jolie vue sur la plaine de Lakki (le fond plat de la caldeira), qu’on domine à 180°.
Sitôt passée la zone de souffre, le sol de pierres disparaît pour laisser place à la paroi du cratère, nue. Et là, ça commence à monter de manière nettement plus abrupte.
Au bout d’une dizaine de mètres à peine, il m’a semblé que mes pas résonnaient. J’ai donc frappé le sol du pied pour vérifier et là, petite frayeur : non seulement ça résonnait bel et bien mais en plus, ça tremblait ! Ce qui signifiait que sous mes pieds, le sol était creux et pas forcément très solide, donc potentiellement écroulable !
Comme je venais tout juste de la zone où de multiples petites fumerolles bouillantes s’échappaient des bouches de souffre, il était évident que le sous-sol était carrément brûlant dans le coin ! Je ne me suis donc pas éternisé et j’ai fait demi-tour, sans pouvoir observer de plus près les deux derniers cratères.
Infos pratiques volcan
Le volcan reçoit la visite de 200 à 1.000 visiteurs environ chaque jour ! Heureusement, il est suffisamment vaste pour qu’on ne s’y bouscule pas et de toute façon, comme indiqué précédemment, ils se concentrent sur le créneau 10h00-15h00 environ.
Le bon plan
Idéalement, il faut se rendre au cratère Stefanos en fin de journée :
Lorsque les bus de touristes sont partis, afin de bénéficier de la plus faible fréquentation possible ;
Et 1h00 – 1h30 avant le coucher du soleil, quand la lumière est la plus belle.
Si vous souhaitez également jeter un œil sur les cratères voisins, alors prévoyez d’arriver encore une heure plus tôt, voire deux si vous voulez prendre tout votre temps pour visiter.
Si vous êtes des lève-tôt, vous pouvez également arriver en début de matinée, avant l’arrivée des bus de touristes. Toutefois, la lumière est un peu moins belle le matin que le soir car les parois de la caldeira masquent plus le soleil quand il se lève que quand il se couche (elles sont plus hautes d’un côté que de l’autre).
Le prix : 5 euros ou gratuit !
L’entrée coûte désormais 5 euros par personne (et non plus 3 euros, comme on peut encore le lire un peu partout sur Internet).
Toutefois, elle est gratuite pour tous ceux qui s’y rendent… à vélo ou à pied !
Que faut-il apporter avec soi ?
Une paire de bonnes chaussures : on peut s’en passer mais le sol est boueux et brûlant dans toute la partie humide du cratère, donc de bonnes chaussures sont préférables. Si vous vous posez la question d’y aller en tongs, c’est possible mais déconseillé.
L’été : prévoir une bouteille d’eau ainsi que casquette et crème solaire, car le soleil peut taper très fort.
Commodités
Il y a un parking pour garer la voiture
Il y a également un snack avec terrasse ombragée et toilettes gratuites (accessibles à tout le monde, y compris aux non-clients du snack).
L’excursion à la journée depuis l’île voisine de Kos
Cette excursion inclut une brève visite du village de Mandraki.
Le prix d’entrée dans le volcan (5 euros), le repas du midi et les boissons ne sont pas inclus.
Le site internet incontournable : Géoparc
Si vous êtes curieux, voici un site Internet à ne pas rater : le site géoparc de Nisyros.
Tout y est : carte interactive, cratères, chemins de randos, biodiversité, mais également l’histoire de l’île et de ses habitants…
Les villages de Nisyros
L’île ne comptant qu’un petit millier d’habitants, les villages ne sont pas nombreux. Mais quels villages ! Les quatre principaux sont Mandraki, Nikia, Emporios et Pali.
Mandraki
Quand on arrive sur l’île, c’est dans le petit port de Mandraki qu’on accoste.
Une ruelle de Mandraki
Ce qui frappe d’emblée, ce sont ses agréables petites ruelles, dont les façades de maisons sont blanchies à la chaux.
Une ruelle de Mandraki
En haut de la colline qui surplombe le village se trouve le Paleokastro. Il s’agit de la ville ancienne de Nisyros, qui était alors fortifiée. Depuis ces ruines, la vue sur le village en contrebas, la mer et les îles voisines vaut le détour.
Mandraki, vu depuis le Paleokastro
Un peu plus bas, mais toujours au-dessus du village, se situe le monastère Panagia Spiliani (Notre-Dame de la Caverne).
Le monastère Panagia Spiliani domine le village de Mandraki
Ce joli petit monastère vaut le coup d’œil même si, pour ma part, je n’ai pas pu visiter l’intérieur car il a rapidement fermé lors de ma venue.
Si l’on descend quelques marches depuis le monastère, on arrive à un autre point de vue sur Mandraki, moins élevé que depuis le Paleokastro, mais offrant lui aussi une jolie vue d’ensemble sur le village.
Enfin, pour parfaire le tableau de ce joli petit village, ajoutons que Mandraki dispose de nombreux petits commerces et restaurants sur le front de mer.
Nikia
Pour ma part, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce petit village, perché sur la crète des montagnes qui dominent le volcan.
Nikia
Pour l’anecdote, j’y suis arrivé à vélo, après avoir grimpé les montagnes du centre de l’île, dont certaines côtes atteignent les 15%. Avec mon vélo de 54 kilos, sacoches comprises, et le soleil qui tapait fort, je n’avais qu’une seule envie : m’asseoir à l’ombre, sur la terrasse d’un café et dévaliser le frigo !
Mais pour arriver là, il fallait passer par les petites ruelles du village. Et là, j’ai eu un vrai coup de foudre.
Une ruelle de Nikia
Du coup, je me suis arrêté tous les dix mètres pour photographier et filmer, repoussant à plus tard le moment pourtant tant attendu de me rafraîchir…
Certaines ruelles sont très étroites, ce qui ajoute à leur charme.
La principale attraction de ce petit village, c’est sa place centrale. Elle est pavée d’une mosaïque qui a la réputation, dans toute la Grèce, d’être l’une des plus belles du pays.
Impossible de la photographier en entier le jour de ma venue car elle était en partie remplie de tables de restaurants, mais c’est vrai qu’elle est jolie et surtout, très agréable. Idéale pour prendre un verre et/ou un bon repas…
La fameuse place de Nikia et sa mosaïque de cailloux au sol
Enfin, il faut noter que, depuis le cratère Stefanos, c’est ce petit village blanc que l’on aperçoit tout là-haut, au loin, juché sur la crête de la caldeira. Et à l’inverse, on a une vue plongeante sur le volcan depuis le village.
Pali
Comme Mandraki, Pali est situé sur la côte.
L’église de Pali
Il s’agit d’un petit village de pêcheurs, qui s’anime un peu l’été avec la venue de quelques touristes.
Le port de Pali
Le village est tout petit, il est surtout animé grâce à son port de pêche et de plaisance, et à ses bars et restaurants. Mais c’est également un point de chute parfait pour pouvoir rayonner sur l’île, et sur les plages de sable volcanique noir situées juste à côté.
Mohamed, pêcheur à Pali
Enfin, Pali dispose d’une plage, raison pour laquelle certains visiteurs la préfèrent à Mandraki pour séjourner sur Nisyros.
Emporios
Comme Nikia, Emporios est un petit village situé dans l’intérieur de l’île et sur le rebord de la caldeira. Il a été déserté au fil des années pour ne plus compter aujourd’hui qu’une trentaine d’habitants ! Puisque très peu de touristes s’y rendent, l’avantage, c’est qu’il a su conserver toute son authenticité.
Emporios
A noter que peu avant l’entrée du village, au bord de la route, se trouve une petite grotte qui, grâce à l’activité volcanique du sous-sol de l’île, fait office de sauna naturel pour les visiteurs.
En plus de mes deux nuits en bivouac tout seul dans la caldeira, j’ai dormi au Romantzo Hotel, réservé via Booking. Si vous cherchez un hôtel dans le centre de Mandraki, alors le Romantzo ne vous conviendra peut-être pas car il est légèrement excentré (il suffit néanmoins de 5 à 10 minutes de marche à peine pour s’y rendre). Par contre, si vous cherchez le calme, alors il est parfait.
Le Romantzo Hotel est situé face à la mer
La terrasse des chambres
Les prix sont corrects (37 euros hors saison, début mai, lors de ma venue, petit déj’ inclus), la vue sur la mer est agréable, l’accueil est sympa et le petit déjeuner varié.
Plages volcaniques et montagnes verdoyantes
Les plages
Bien qu’elles vaillent le coup, on ne vient généralement pas à Nisyros pour ses plages.
Une plage volcanique, à l’est de Pali
Les plus réputées d’entre elles sont essentiellement situées sur la côte est, et les plus accessibles pullulent sur la côte nord, juste après le village de Pali (en direction de l’est) : là, elles se succèdent sur des centaines et des centaines de mètres, avec leur sable noir d’origine volcanique.
Une plage à l’est de Pali
Nisyros n’est pas forcément synonyme d’île de rêve pour tout le monde. En effet, certains habitants m’ont expliqué que régulièrement, on trouvait sur les plages de Nisyros des affaires, notamment des vêtements, appartenant à des migrants qui échouent parfois ici avec leur radeau de fortune.
Et en effet, il n’y a pas besoin de chercher bien longtemps pour trouver traces de ces objets gisant sur les plages, qui témoignent du vécu dramatique de ces miraculés de la mer.
Les montagnes
Lorsqu’on s’aventure dans les montagnes de l’île en direction du volcan, on passe par de nombreux points de vues sur la mer.
On croise régulièrement des vaches au milieu de la route, mais aussi des chèvres dans les arbres ! Elles y grimpent avec une agilité de singes pour déguster les feuilles !
Les bus qui emmènent les touristes à la journée visiter le volcan passent par cette route mais ils ne prennent pas le temps de s’arrêter en chemin, alors que les vues successives sur la mer en valent pourtant la peine.
Au final, que vaut Nisyros ?
Dans cet article, je n’ai pas encore répondu à la question posée dans le titre : « Nisyros : la plus belle île de Grèce ?… » Et pour cause : n’ayant pas visité chacune des 9.000 îles que compte le pays, difficile de les comparer !
A l’inverse, beaucoup de blogs et de sites Internet ne s’embarrassent pas autant, et ils nous pondent des classements sur les dix, quinze ou vingt plus belles îles de Grèce (ce qui, en général, correspond tout simplement à la liste plus ou moins longue des quelques îles grecques qu’ils ont eu le temps de visiter !)
C’est ainsi que Nisyros n’apparaît que très rarement dans ces classements des plus belles îles du pays : notre jolie petite île volcanique étant située trop loin pour que les auteurs de ces articles y aient mis les pieds, ils ne la connaissent pas et ne peuvent donc pas la prendre en compte dans leur classement !
Qu’en pensent les grecs ?…
Le signe qui ne trompe pas, c’est l’opinion des locaux, non pas les habitants de Nisyros mais tous ceux que j’ai rencontrés en traversant la Grèce continentale. Ils ont tous été unanimes : selon eux, Nisyros est une superbe petite île dont ils sont généralement fiers, l’une des plus belles de leur pays selon eux.
Je partage cette opinion : Nisyros est magnifique, c’est même la plus belle île de toutes celles que j’ai visitées en Grèce au fil des années, en cinq voyages au pays d’Aristote.
Avec sa douceur de vivre, sa faible fréquentation touristique, ses vues à couper le souffle et son volcan, c’est réellement une destination à ne pas rater…
Il ne vous reste donc plus qu’à vous y rendre pour vous faire votre propre point de vue…
Chargement…
Une dernière petite salve d’images pour terminer…
Dans la caldeira
Le monastère Panagia Spiliani, à Mandraki
Autoportrait !Les parois du cratère recouvertes de soufreL’un des nombreux points de vues sur la merDans le volcanLe coucher du soleil vu depuis Mandraki
Congé sabbatique pour périple à vélo : de la France à la Grèce…
J’en ai longtemps rêvé, j’ai fini par le faire : prendre un congé sabbatique pour partir en voyage pendant plusieurs mois !
Voici le compte-rendu de ce périple hors-normes, à vélo, en solo et en bivouac, qui m’a emmené dans les coins les plus reculés des Balkans. Pour moi, le but était de fuir les villes pour privilégier au maximum la nature, les lieux à peu près vierges de tourisme et les rencontres avec les habitants.
Ce voyage fut tellement fort émotionnellement qu’une fois arrivé à destination, la Grèce, j’ai décidé de continuer un peu au lieu de faire demi-tour : direction la Turquie !
Le petit village de BakarL’île de Krk sous les nuages.Île de PagTraversée de l’île de PagLe coucher du soleil vu depuis la tente. Île de Pag.
La Bosnie-Herzégovine
Mostar et son fameux pont
Le Monténégro
La baie de KotorTrebinje
L’Albanie
La Grande Mosquée de Tirana, ou mosquée de NamazgâhLe vieux pont suspendu et rouillé de PërmetLe vieux pont ottoman, dans les environs de PërmetA proximité du village de PërmetLa Vjosa, considérée comme le dernier long fleuve sauvage d’Europe (hors Russie)
La Grèce
Dans la caldeira de l’île de Nisyros (Dodécanèse)Athènes
Le petit village de Nikia (île de Nisyros, Dodécanèse)
Vue sur le cratère de Stefanos (île de Nisyros, Dodécanèse)Le cratère de Stefanos (île de Nisyros, Dodécanèse)En route vers le volcan (île de Nisyros, Dodécanèse)Le village de Mandraki (île de Nisyros, Dodécanèse)
La Turquie
Le lac de Milas
Quelques rencontres…
Avec Giuseppe (Italie)
Vanessa, une allemande, son compagnon hollandais Albert et leur fillette de 11 mois Alva (île de Pag, Croatie)
Sofiya, une bosniaque, m’offre son délicieux café turc fait maison (île de Pag, Croatie)
Luka, un pèlerin croate qui marche vers la ville de Medjugorje, dans le sud de l’Herzégovine (île de Pag, Croatie)
Danilo remplira gentiment mes gourdes avec l’eau de son puits (Croatie)
A Sinj, pendant mes courses dans une toute petite épicerie, Ana et Milanka m’offrent à manger (Croatie)
Inga, passionnée de pâtisserie, m’offre une part du succulent gâteau qu’elle a préparé (Mostar, Bosnie-Herzégovine)
Novak Djinovik, ex-cycliste professionnel, me fait cadeau de la brève réparation de mon vélo (Bar, Monténégro)
Sur un chantier, des ouvriers m’offrent un soda pendant leur pause de midi (Albanie)
Koula, rencontré pendant une traversée féérique sur la rivière Drin (Albanie)
Un grand-père me complimente sur mon voyage à vélo, avec son fils et son petit-fils, à Fierza (Albanie)
Emiliano (ici avec son père et des voisins) m’offre trois boissons sur le bord de la route (Albanie)
A Koman, cette dame, à qui je demande simplement un renseignement, m’offre une part du gâteau qu’elle vient juste de préparer (Albanie)
A Koman (Albanie)
Le monsieur de gauche, curieux sur mon voyage, remplira gentiment mes gourdes d’eau (Albanie)
Ce vendeur de fruits d’une incroyable gentillesse refuse que je paye deux oranges : il me les offre… et ajoute deux pommes (Albanie)
Ces messieurs me bombardent de questions sur mon voyage et me félicitent en boucle (Albanie)
Longue discussion en bord de route avec Ghezim, un berger, devant ses brebis au loin (Albanie)
Ce monsieur me dira avec humour les seuls mots qu’il connaît en français : « je t’aime ! » (Albanie)
A court d’eau, assoiffé par l’effort et la chaleur, je me vois offrir deux petites bouteilles d’eau (Grèce)
Rencontre de deux pêcheurs (Grèce)
Chris et son père Alexandros m’offrent le café à Corinthe (Grèce)
Pendant la longue traversée vers Nisyros (20 h), je sympathise avec un couple franco-hollandais, Michelle et Peter (Grèce)…
… et je sympathise également avec Adonis, un skipper grec qui a navigué sur toutes les mers du monde ! (Grèce)
Avec le pope du monastère Panagia Spiliani à Mandraki (île de Nisyros, Grèce)
Mohamed exhibe fièrement une petite partie de sa pêche du jour à Pali (île de Nisyros, Grèce)
Avec Mohamed sur son chalutier (île de Nisyros, Grèce)
Avec Simplet (c’est celui de gauche, je précise…) à Athènes
Avec Sono, un indien Sikh, sur l’île de Kos (Grèce)
Avec Sono et un couple d’allemands, sur l’île de Kos (Grèce)
Au moment de payer un Fanta au patron d’un petit bar-resto à Yatagan, il me l’offre ! (Turquie)
Olgun, un prof d’anglais, devant son collège à Turgut (Turquie)
Fathi se balade tous les dimanches avec son scooter pour admirer les jolis paysages du coin (Turquie)
Patrick, architecte à la retraite, rencontré à Gènes lors de mon retour en France (Italie)
Ne cherchez pas Preveli sur une carte : ce n’est ni une ville, ni un village. C’est le nom de la riche famille qui participa à la restauration d’un monastère il y a 200 ans, lui donnant son nom. Du coup, la sublime plage voisine, réputée l’une des plus belles de Crète, a également pris ce nom.
A Preveli, le monastère est en réalité composé de deux monastères distincts, séparés de trois kilomètres. Le moins connu est le monastère inférieur, Kato Moni Preveli. Le plus visité est le monastère supérieur, Piso.
Kato Moni Preveli, le monastère inférieur
Commençons par un petit mot sur la route qui permet d’accéder à ce joli monastère perdu dans les montagnes.
Quelques curiosités de bord de route…
On traverse de paisibles champs d’oliviers dont l’âge vénérable se compte en siècles.
Puis on longe la rivière Megalopotamos. C’est celle qui se jette spectaculairement dans la mer au milieu de la fameuse plage de Preveli (lire plus bas). Elle est enjambée par le pont Mega Kamara, classé monument historique.
Le pont Mega Kamara et ses anciennes plaques gravées
Un peu plus loin, on arrive au monastère du bas, fermé actuellement pour cause de rénovation. Il est juste possible de l’apercevoir du bord de la route, dans son écrin de montagnes.
Le monastère inférieur Kato Moni Preveli
Piso, le monastère supérieur
Il est situé sur le flanc de la montagne qui domine la mer, sur un site qui respire le calme et la sérénité.
Piso, le monastère supérieur de Preveli
Il est connu pour avoir joué un rôle important dans l’histoire de la Crète puisqu’avec ses moines, il a toujours été un centre de résistance contre l’ennemi : d’abord contre l’envahisseur ottoman au 19e siècle, puis contre les soldats allemands pendant la deuxième guerre mondiale.
Cette résistance reconnue fait la fierté des gens du coin, à tel point qu’un mémorial a été érigé non loin du monastère, en hommage à ces moines.
Il montre cette statue étonnante et inattendue d’un pope, la croix autour du cou mais le fusil à la main.
Mais revenons dans l’enceinte du monastère. La décoration intérieure de l’église est riche et impressionnante mais, les photos étant interdites à l’intérieur, il est impossible de vous montrer à quoi cela ressemble. Il ne vous reste donc plus qu’une solution pour le savoir : aller voir par vous-même…
La chapelle du monastère
Un peu plus loin se trouve un petit musée qui contient notamment des icônes richement décorées et des habits de prêtres finement brodés. Là encore, photos interdites…
Mosaïque dans l’enceinte du monastère
La plage et la palmeraie
Le parking d’accès à la plage est situé à deux kilomètres du monastère supérieur.
La plage de Preveli
Depuis ce parking, on rejoint la plage après une marche de 15 à 20 minutes dans les rochers, en descente. Le retour en montée est nettement plus difficile, notamment quand il fait chaud. Ce qui est à peu près toujours le cas l’été !
La plage de Preveli
Ici, pas besoin de drone : le tout début du sentier offre un point de vue plongeant et spectaculaire sur la plage et la palmeraie… laissant également deviner la descente puis la montée qui nous attendent…
Mais rassurez-vous, le chemin serpente, donc le retour est un peu éprouvant mais n’est pas si difficile que ça non plus.
Une fois en bas, on a le choix entre la mer et la rivière Megalopotamos pour se baigner. En général, on se jette d’abord dans l’une, ensuite dans l’autre !
Le cadre idyllique de la rivière Megalopotamos
La palmeraie
Une fois rafraîchi/e, il faut se diriger vers le fond de la plage pour découvrir sa superbe palmeraie.
La palmeraie
Les palmiers prospèrent sur les deux rives de la rivière Megalopotamos, laquelle vient jusqu’à cette plage pour se jeter dans la mer, après avoir serpenté sur des kilomètres au fond des gorges de Kourtaliotiko.
En 2010 s’est produit une catastrophe : la palmeraie a été totalement détruite par un incendie. Elle a été replantée et aujourd’hui, tout semble avoir déjà repoussé. Elle est redevenue le havre de paix qu’elle était avant l’incendie.
On peut la visiter en cinq minutes ou y passer plusieurs heures, selon l’envie. Certains viennent poser là leur serviette, afin de profiter du calme au bord de la rivière, plutôt que sur la plage, beaucoup plus animée.
Par les temps qui courent, c’est suffisamment rare pour être signalé : l’entrée de la palmeraie est libre et gratuite.
Infos pratiques
Comment se rendre à la plage de Preveli ?
En voiture, il y a deux solutions : la plus prisée consiste à se garer au parking de la plage de Preveli (2 euros par jour). Son principal avantage réside dans la vue plongeante et spectaculaire qu’on a sur la plage et la palmeraie. Mais on peut aussi se garer au parking de la plage Drymiskiano Ammoudi, voisine de celle de Preveli mais beaucoup moins fréquentée. On rejoint Preveli soit à la nage en quelques minutes à peine (en sécurité car l’eau est le plus souvent très calme, et en longeant les rochers donc en restant au bord), soit après une courte randonnée.
En bus : les principales lignes de bus pour Preveli sont en provenance de Plakias ou de Réthymnon (voir les horaires de la compagnie grecque de bus interurbains : Ktel), mais on peut aussi faire une excursion organisée, au départ de Réthymnon ou La Canée (Preveli en bus).
En bateau : il s’agit soit d’un bateau-taxi depuis Plakias ou Agia Galini, soit d’excursions organisées : Preveli en bateau.
La palmeraie
Hébergements
Bien sûr, les hébergements ne manquent pas dans le coin (Booking Preveli), mais autant partager notre très bonne expérience vécue à Ikaros Studios : site officiel Ikaros (ikarosst@otenet.gr – Tél : (+30) 6937490057) ou Ikaros via Booking.
Ikaros Studios et sa piscine
Accueil excellent (la gérante est venue nous accueillir chaleureusement, alors qu’il était 23h00).
Prix corrects : en haute saison (19-21 août) et pour 4 personnes, nous avons payé 122 euros par nuit.
Très bon emplacement : situé à moins de 10 kilomètres de la plage de Preveli et des monastères, et proche de toutes les commodités du village de Plakias (commerces, restaurants, port…)
Autour de Preveli
Sur la route en direction de Koxare et de Réthymnon, dans le canyon de Kourtaliotiko, se trouve une étonnante petite église rupestre.
Elle donne l’impression de soutenir la montagne au-dessus d’elle.
La petite église rupestre des gorges de Kourtaliotiko
Si vous allez à Réthymnon (ou si vous en venez), vous devriez passer devant…
Si la Crète regorge de jolies plages, la plupart d’entre elles sont prises d’assaut par les touristes, notamment l’été.
Ce n’est pas le cas de celle de Kedrodasos, qui est pourtant l’une des plus jolies et des plus sauvages de l’île.
C’est peut-être bien l’un des derniers sites hors des sentiers battus en Crète, c’est pourquoi il faut vite y aller et profiter de sa beauté avant qu’elle ne devienne à son tour à la mode. Ce qui ne saurait tarder…
Kedrodasos
Après avoir garé la voiture sur le parking (ou y être arrivé/e en bus), on arrive à cette plage au prix d’une petite marche d’une dizaine de minutes, sur un chemin rocailleux légèrement descendant et sans difficulté particulière.
Puis on traverse une agréable zone de genévriers qui bordent la plage. Ces vieux arbres aux formes parfois tourmentées ont une croissance lente, quelques centimètres par an seulement : vu leur taille actuelle, on imagine leur âge vénérable…
L’arrivée sous les genévriers
Ces vieux arbres ont le mérite d’offrir de l’ombre aux estivants.
On se baigne dans des eaux translucides couleur turquoise, dans une zone qui alterne sable et rochers.
Les eaux de Kedrodasos
En réalité, Kedrodasos est une succession de plages et de criques. La plage principale, qui est la plus longue, est un peu plus fréquentée que ses petites voisines. Mais même en haute saison, ce n’est pas la grande foule.
La plage principale de Kedrodasos en plein mois d’août n’est pas sur-fréquentée
Il n’en reste pas moins que si vous voulez vous prélasser dans une zone plus sauvage et plus isolée, il vous suffit de marcher quelques minutes le long du littoral pour trouver votre bonheur.
Kedrodasos est située à deux kilomètres à peine d’Elafonissi, sa célèbre voisine. Un petit sentier côtier de randonnée relie d’ailleurs les deux, et permet d’admirer une succession de petites criques.
Baignade à Kedrodasos
Malgré cette proximité géographique, tout les oppose : Elafonissi est connue, bondée, animée, instagrammable, aménagée et finalement surfaite. Alors que Kedrodasos est méconnue, peu fréquentée et même déserte par endroits, calme, pas tendance, pas aménagée et sous-côtée. Du moins pour l’instant…
L’une des criques désertes de Kedrodasos
Ici, il n’y a donc ni bar, ni snack, ni transats. La plage est restée vierge et sauvage, et c’est ce qui fait son charme.
Bon à savoir
Il y a du sable à Kedrodasos mais les endroits les plus jolis étant des criques, il est plus confortable de s'y rendre avec des chaussures de rochers...
C’est ce côté nature et authentique qui attire les visiteurs. On y croise quelques campeurs, dont des naturistes. Les tentes sont posées sous les arbres, face à la mer. Le camping est pourtant interdit afin de protéger le site, notamment les genévriers séculaires, qui peuvent être fragiles.
Camping sauvage à Kedrodasos
La plage n’étant pas aménagée, il est important que chacun ramène ses déchets, ce qui semble être le cas car la plage est propre.
Genévriers à Kedrodasos
Si vous passez dans les parages, ce sera certainement pour faire comme tout le monde : découvrir Elafonissi. Mais si vous avez un peu de temps, ne ratez pas sa voisine Kedrodasos : vous ne le regretterez pas…
Kedrodasos
Bon à savoir
Comme il n'y a pas de snack à Kedrodasos, il y a deux possibilités pour se restaurer :
- apporter de quoi manger et boire (prévoir beaucoup d'eau en été car il peut faire extrêmement chaud) ;
- aller manger au petit resto situé à quelques minutes de voiture : le restaurant Glykeria. Le personnel est extrêmement accueillant, les plats sont délicieux, et la terrasse est très agréable avec sa vue sur la mer.
Difficile de résumer l’île de Tenerife (Canaries) en quelques mots. Des petits villages perchés, des plages sauvages, des volcans partout, des villes coloniales multicolores, mais aussi une météo agréable toute l’année et une gastronomie délicieuse ! Que demander de plus ?…
Sans compter que cette destination pas très chère est accessible depuis l’Europe en trois ou quatre heures à peine.
Bref, Tenerife a tout du bon plan. Voici un exemple de tout ce que l’on peut découvrir en quelques jours seulement sur cette île dépaysante…
Sur de nombreux sites et blogs, il est présenté comme le plus beau village de Tenerife. C’est donc pour nous faire notre propre idée que nous nous y sommes rendus.
Le village se divise en deux parties séparées de quelques centaines de mètres. Posée au pied d’un pain de sucre emblématique, la partie basse est la plus touristique. Et c’est dans la partie haute, plus calme car sensiblement moins fréquentée, que vivent la plupart des habitants.
Le village du haut vu depuis le village du bas
Très isolé, Masca est resté accessible uniquement à pied et à dos d’âne pendant très longtemps. Puis une route a fini par être construite, et l’électricité est arrivée. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore, accéder à ce petit village se mérite.
Car la route est à la fois très sinueuse et étroite, à tel point qu’il faut régulièrement s’arrêter sur le bord pour pouvoir laisser passer les voitures d’en face. Par contre, le bitume est en excellent état.
Masca (en bas à gauche) et la route pour y accéder
Que faire à Masca ?
Visiter le village du bas
Le principal attrait de Masca réside dans la vue d’ensemble des quelques maisons posées aux pieds du rocher de Catana, un pain de sucre photogénique, avec vue sur la mer au loin.
Situées sur une arête rocheuse et encadrées par deux précipices, ces habitations traditionnelles ont été construites sur les quelques rares mètres carrés du coin qui sont plus ou moins horizontaux !
Masca : le village du bas
La place du village est dotée à la fois d’une jolie petite église, d’un vieil arbre impressionnant, d’une vue imprenable sur le village et d’un bar restaurant.
L’ermitage de l’Immaculée Conception
L’église fut construite au XVIIIe siècle avec des pierres volcaniques et du bois de thé.
Le fameux laurier indien de la place de Masca
Visiter le village du haut
Il est construit à flanc de colline, ce qui signifie que lorsqu’on s’y promène, soit on monte, soit on descend mais une chose est sûre : on ne marche jamais à l’horizontale !
Le village du bas (à droite) vu depuis celui du haut
Il n’y a pas une foule de choses à faire là-haut (néanmoins, il ne faut surtout pas rater le restaurant Casa Riquelme et sa terrasse divine, voir les infos pratiques ci-dessous). Mais la balade est agréable dans de jolies petites ruelles fleuries, coincées entre la mer, la montagne et le ravin.
Une habitation au bord du précipiceLa montagne qui surplombe Masca
Faire la randonnée du Barranco de Masca
Barranco signifie ravin. La rando du Barranco de Masca, c’est la randonnée qui relie Masca à la plage et à la mer en passant par les gorges, à travers le réputé parc rural de Teno.
On arrive à l’océan sur une jolie plage de sable noir, la Playa de Masca.
Le musée ethnographique
Masca a beau n’être qu’un petit hameau, il est quand même doté d’un musée ethnographique : il raconte l’histoire des habitants de Masca, depuis ses premiers occupants aborigènes.
Outre son musée ethnographique, Masca compte quelques commerces et services : une poignée d’hébergements, une dizaines de bars-restaurants, un centre de la nature et une boutique de souvenirs. Rien de plus, mais c’est déjà pas mal pour un si petit village.
La randonnée du Barranco de Masca
L’accès à ce sentier de randonnée est rigoureusement réglementé pour des raisons de sécurité, car une fois qu’on est au fond du ravin, il suffit d’un changement brusque de météo (ce qui arrive fréquemment par ici), par exemple une crue subite de la rivière, pour que les randonneurs se retrouvent coincés et exposés à des dangers potentiels.
Cela s’est déjà produit par le passé, c’est pour cette raison qu’il faut désormais réserver sa randonnée à l’avance, via le site officiel Camino Barranco de Masca.
L’itinéraire va de Masca à une plage de sable volcanique noir.
Distance : 10 km aller - retour
Durée : 3 bonnes heures à l'aller (en descente), 4 bonnes heures au retour (en montée).
Dénivelé : 800 m+ et 800 m- environ
Niveau de difficulté : élevé
Prix (écotaxe) : 28 euros par adulte, 14 euros par mineur
Les départs se font exclusivement le matin, pour que tout le monde ait le temps de rentrer dans la journée, y compris les marcheurs lents : on part avant 11h00 l’été, et avant 10h30 l’hiver.
Enfin, il y a le centre de la nature de Masca. C’est une sorte d’office du tourisme spécialisé sur ce sentier de randonnée du Barranco de Masca. Il est situé juste en-dessous de la place de Masca.
Il y a une dizaine de restaurants à Masca, tous ouverts en haute saison. Lors de notre venue, ils étaient quasiment tous fermés alors que nous n’étions pourtant que fin septembre. Prévoyez donc de quoi manger si vous venez hors saison, surtout le dimanche, qui est souvent le jour de fermeture hebdomadaire.
Et justement, le dimanche de notre arrivée, aucun resto n’était ouvert. On nous avait conseillé d’aller quand même jeter un œil chez Riquelme, dans la partie haute du village, la moins touristique.
La trouvaille : le resto Casa Riquelme
A peine arrivés devant (il est 17h00), un type qui passe par là nous demande ce que nous voulons. Nous répondons que nous aurions bien aimé y manger le soir. Ce type, il s’avère que c’est Riquelme.
Il nous propose gentiment de revenir vers 20h00-20h30. Bien que son resto soit fermé, il nous promet qu’il l’ouvrira rien que pour nous !
Par contre, il nous prévient que ce sera menu unique : assiette charcuterie – fromage, puis poulet en sauce avec pommes de terre à la canarienne, et pas de dessert : il n’en a plus !
Chez Riquelme, le repas pris en terrasse
Ce menu nous convient à merveille mais nous sommes un peu gênés que Riquelme n’ouvre son resto que pour nous. Il nous certifie que ça ne lui pose aucun problème et que nous sommes les bienvenus. Nous acceptons, ravis.
Lorsque nous revenons le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que le resto comporte une jolie petite terrasse que nous n’avions pas vue trois heures plus tôt.
Casa Riquelme : la terrasse face à la mer
Elle n’est pas très grande car construite à flanc de colline mais le peu de place qu’il y a sur cette pente a été parfaitement optimisé. D’un côté, la terrasse domine la mer et de l’autre, elle est surplombée par la montagne.
Au milieu des cactus et des bougainvillées, le cadre est simple mais enchanteur.
Vue sur la mer…
… et vue sur la montagne
Nous regardons tranquillement le soleil se coucher en sirotant une ou deux bières, alors que nous sommes absolument seuls dans ce bout-du-monde sublime. Un privilège.
Nous ne pouvons que recommander ce petit resto : le repas, bon et pas cher, est fait maison. Et Riquelme, qui est un personnage haut en couleur, réserve un excellent accueil à ses visiteurs.
La vue depuis la terrasse
Si la terrasse a des airs de petit paradis, l’intérieur du resto semble lui aussi plutôt agréable.
Si vous souhaitez manger vous aussi chez Riquelme, ne perdez pas de temps à chercher ce restaurant dans la partie basse du village, celle qui est touristique : il est situé dans la partie haute, à une dizaine de minutes de marche (attention, ça monte quand même un peu pour y aller mais la bonne nouvelle, c’est qu’au retour avec le ventre plein, ça descend !)
Où dormir ?
Il y a quelques hébergements à Masca, mais la plupart des visiteurs n’y dorment pas : le village n’est pour eux qu’un lieu de passage obligé et ils n’y restent en général qu’une heure ou deux, puis repartent.
Si toutefois vous y faites étape, comme nous, alors le plus simple pour trouver de quoi dormir à Masca, notamment en haute saison, consiste à réserver à l’avance via les plateformes habituelles : Booking (Masca), par exemple, propose six hébergements.
Nous en avons dégoté un qui cochait toutes les bonnes cases : Casa Berna.
Casa Berna : la terrasse et le jardinet
Il est idéalement placé (à 100 mètres du rocher de Catana, le fameux pain de sucre), avec un petit jardinet fleuri très agréable et une jolie vue sur les montagnes alentours. D’un point de vue pratique, on peut garer la voiture juste devant (la place est réservée).
Casa Berna et sa terrasse
Deux chambres, cuisine équipée, terrasse, jardinet, parking, wi-fi, emplacement idéal, vue sur les montagnes…
Le prix : 95 euros la nuit pour quatre personnes.
Où se garer à Masca ?
Les voitures se garent toutes sur le parking situé sur le bord de la route qui mène à Masca. On ne peut pas le rater.
Quand on vient du sud, il y a un premier parking, tout petit (quelques voitures) au niveau du village du haut. 300 ou 400 mètres plus bas, il y en a un second, pas immense mais beaucoup plus grand quand même, qui surplombe le village du bas.
Attention, ils affichent vite complet tous les deux, notamment l’été.
On peut très bien se garer à un parking et aller à l’autre à pied, cela ne prend que quelques minutes de marche.
C’est au niveau du second parking qu’il y a un belvédère avec un superbe point de vue sur le village : tous les visiteurs s’y arrêtent pour prendre leurs photos.
Juste en-dessous du belvédère
C’est de là également que part le petit chemin qui descend dans le hameau, jusqu’au pain de sucre. Le dénivelé est assez fort, sur un chemin en partie pavé, et le retour montant peut s’avérer un peu fatigant pour les personnes en mauvaise condition physique. Toutefois, ce chemin n’est pas très long (+/- 300 mètres environ).
Si vous avez réservé un hébergement en bas (comme Casa Berna par exemple), vous pouvez y descendre en voiture mais attention, le chemin est si étroit qu’on a du mal à y croiser… les piétons ! Or, ils sont justement nombreux à arpenter ce chemin dans les deux sens. C’est un peu galère mais ça se fait quand même.
L’ascension du volcan Teide et les randonnées dans la caldeira
Culminant à 3718 mètres d’altitude, le volcan Teide (qui se prononce Té-i-dé) est non seulement le plus haut sommet des îles Canaries, mais aussi celui de l’Espagne et de tout l’Océan Atlantique. Pourtant, il est loin de figurer parmi les plus hauts volcans du monde. Du moins si l’on mesure leur hauteur par rapport au niveau de la mer.
Car si l’on prend en compte leur hauteur totale, c’est-à-dire depuis leur base située au fond des océans, le Teide devient alors… le troisième volcan le plus haut du monde ! Seuls deux volcans hawaïens le précèdent.
Le volcan Teide domine l’île de Tenerife
Depuis le plancher océanique, la hauteur réelle du Teide dépasse ainsi les 7000 mètres, ce qui en fait une montagne située à mi-chemin entre… le Mont Blanc et l’Everest !
On peut faire l’ascension de cette impressionnante montagne volcanique à pied mais aussi en téléphérique. Depuis le sommet, on peut assister à des levers et couchers du soleil majestueux.
Le coucher du soleil depuis le Teide
Mais il y a également de nombreuses randonnées à faire dans les paysages lunaires de la caldeira : soit au milieu des nombreux volcans qu’elle contient, soit à travers une végétation étonnante, ou encore sur des chemins qui descendent tranquillement jusqu’à l’océan…
Bref, c’est tout le parc national du Teide qui est une pure merveille : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est d’ailleurs le parc le plus visité d’Europe.
La caldeira du Teide
Une route unique traverse entièrement le parc national du Teide et mène jusqu’au volcan.
L’unique route qui traverse entièrement le parc
Mais elle permet aussi d’observer des panoramas exceptionnels tout au long du chemin. Notamment, il y a des cratères partout, souvent drappés de nuages.
Si vous y allez entre fin mai et début juillet, vous aurez la chance de pouvoir observer l’une des stars des lieux, la vipérine de Tenerife, en pleine floraison.
Une vipérine de Tenerife fanée (en septembre)
C’est à cette époque de l’année que cette magnifique plante herbacée, endémique de l’île et qui peut atteindre les deux à trois mètres de haut, se pare de centaines de petites fleurs couleur rouge corail.
En poursuivant la route vers le Teide, il y a le passage obligé aux Roques de Garcia. Il s’agit de formations rocheuses aux formes tourmentées, derrière lesquelles on aperçoit le volcan, au loin.
Le plus connu de ces rochers, le Roque Cinchado, semble tenir miraculeusement en équilibre au milieu d’un décor de western.
Le Roque Cinchado
Un peu plus loin, c’est la dernière ligne droite vers le maître des lieux : le Teide.
L’ascension du Teide
Le volcan Teide étant un site naturel d’exception, il est victime de son succès. Aussi, pour le préserver du tourisme de masse, les autorités ont instauré l’obligation d’obtenir un permis pour en faire l’ascension.
Le but est forcément noble mais l’inconvénient, c’est que ce permis est assez long obtenir : il faut compter deux à trois mois minimum, et parfois un ou deux mois de plus, notamment en haute saison.
C’est ce qui dissuade bon nombre de touristes de tenter l’expérience car, ne connaissant pas l’existence de ce permis obligatoire, ils en font souvent la demande trop tard par rapport aux dates de leur voyage, alors qu’ils ont déjà réservé l’avion.
Si c’est votre cas, il vous reste quand même trois options pour vous rendre au sommet du géant : faire l’ascension soit de nuit (pour laquelle l’autorisation n’est pas nécessaire), soit en téléphérique, soit avec un tour-opérateur et ses guides officiels.
Coucher de soleil depuis le sommet du Teide
Généralités sur le permis d’ascension
Tout d’abord, il faut savoir que ce permis est gratuit, mais que seuls 200 permis sont délivrés chaque jour (guides officiels compris).
Attention : il est nominatif, ce qui signifie que vous êtes la seule personne à pouvoir en bénéficier. Les contrôles existent réellement (notamment à l’entrée du sentier Telesforo Bravo, c’est-à-dire entre l’arrivée du téléphérique et le sommet du Teide), et il vous faudra présenter à la fois votre permis d’ascension et votre pièce d’identité).
Enfin, il faut savoir que ce permis ne concerne pas toute l’ascension du Teide, mais seulement sa partie finale, qui commence à la Rambleta, c’est-à-dire la partie supérieure du téléphérique, située à 3555 mètres d’altitude, et va jusqu’au sommet. En-dessous, pas besoin de permis.
Voilà pour les généralités.
En résumé, pour obtenir son permis, la règle est simple : il faut préparer son voyage longtemps à l’avance.
La caldeira vue depuis le Teide
L’ascension du Teide avec permis d’ascension obligatoire
Le permis est obligatoire pour grimper au sommet en journée, de 9h00 à 17h00. Avant 9h00 et après 17h00, plus besoin de permis.
La date ainsi que le créneau horaire sont choisis au moment ou l’on fait la demande de permis. Ce qui signifie qu’il y a zéro flexibilité, et qu’il faut espérer qu’il fera beau ce jour-là : c’est le principal inconvénient.
La demande de permis doit être effectuée via le site officiel de réservation des parcs nationaux espagnols : reservasparquesnacionales.es (soyez patients, la connexion est parfois incroyablement longue).
L’ombre du Teide sur la caldeira
L’ascension du Teide sans permis… c’est permis !
Malgré toutes ces contraintes, il est quand même autorisé de grimper sans permis en haut du Teide, avant 9h00 et après 17h00. Ce qui laisse plusieurs options.
Faire l’ascension de nuit
Pour cette option, la règle est d’être au sommet avant 9h00. Il ne faut donc pas hésiter à planifier un départ vers 2h00 du matin.
Le principal avantage, c’est qu’on peut choisir la date de l’ascension un jour où les prévisions météo sont bonnes. Alors qu’avec le permis réservé plusieurs mois à l’avance, on n’a aucune certitude de ce côté-là.
Pour cette ascension de nuit, le départ se fait au parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude).
Du parking de la Montaña Blanca au sommet du Teide
Distance : 8,3 km (16,6 km A/R si vous ne descendez pas en téléphérique) Dénivelé positif : 1368 m Durée : 4 à 6 heures d'ascension en moyenne, voire plus en prenant son temps...
Il ne faut pas négliger le mal des montagnes, qui peut rendre l’ascension pénible et la faire durer beaucoup plus longtemps que prévu. D’où l’importance de prévoir une petite marge afin d’être sûrs d’arriver là-haut avant 9h00…
Faire l’ascension avec une halte d’une nuit au refuge Altavista
L’itinéraire est exactement le même que pour l’ascension de nuit, mais on monte sur deux jours au lieu d’un, en passant la nuit au refuge. On fait donc la première étape, qui va du parking de la Montaña Blanca (2350 mètres d’altitude) au refuge (3260 mètres d’altitude) le premier jour sachant que pour cette étape, le permis n’est pas nécessaire. Puis on fait l’ascension finale tôt le lendemain matin (n’oublions pas que sans permis, il faut être au sommet avant 9h00), après la nuit passée au refuge.
Du coup, pour ceux qui sont sensibles au mal des montagnes, cette option peut être une solution intéressante : elle permet en effet de s’acclimater une nuit entière à 3260 mètres, au lieu d’enchaîner non stop jusqu’au sommet (3718 m).
Du refuge Altavista au sommet du Teide
Distance : 3 km Dénivelé positif : 500 m environ Durée : 1 à 2 heures en moyenne
Attention : le refuge est toujours complet, il faut donc le réserver des semaines à l’avance, et parfois bien plus… Ce qui pose finalement le même problème que pour l’obtention du permis d’ascension, avec d’une part l’obligation de s’organiser longtemps avant le voyage, et d’autre part celle de choisir une date fixe…
Choisir l’ascension clé-en-main, avec un guide officiel
En choisissant cette option, vous n’avez aucune formalité à accomplir pour obtenir le permis, c’est le tour-opérateur qui s’en charge lui-même ! Ainsi, le principal avantage est la très forte diminution du délai pour obtenir le permis : il passe de plusieurs mois si vous faites les formalités vous-même, à quelques jours seulement avec cette option clé-en-main ! Et en plus, vous ne vous occupez de rien…
Avec cette option, en haute saison, on peut en principe réserver seulement 8 à 10 jours à l’avance (faites-le quand même un peu plus tôt si vous pouvez, histoire d’être sûrs d’avoir une place). En basse saison, il arrive même que le délai descende à 2 ou 3 jours !
Pour cette formule d’ascension, la durée annoncée est d’environ 6h00, et le prix de 135 euros par personne.
A peu près tout est inclus : le permis donc, mais aussi l’aller-retour en téléphérique, le guide (en espagnol ou en anglais, mais pas en français)… Il vous reste juste à prévoir de quoi manger et boire.
Faire l’ascension en téléphérique
Attention : avec cette option, on n’atteint pas tout à fait le sommet du Teide car on s’arrête à la Rambleta (la station du haut du téléphérique) située à 3555 mètres d’altitude. C’est-à-dire juste en-dessous du sommet du géant (3718 m).
Tarifs et horaires
Tarifs de l’aller-retour en téléphérique en journée, de 9h00 à 18h00 (l’horaire varie légèrement en fonction de la saison) :
41 euros par adulte
20,50 euros par enfant (moins de 13 ans)
L’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins 3 ans, aux femmes enceintes ni aux personnes souffrant de maladies cardiovasculaires.
L’accès aux personnes handicapées serait à l’étude mais n’existe pas à l’heure actuelle.
La station du bas du téléphérique (2556 m)
A noter qu’il ne faut que 8 minutes au téléphérique pour effectuer le trajet.
Même si on n’est pas tout à fait au sommet du volcan, il faut bien avouer que le panorama est exceptionnel là aussi, surtout si l’on choisit l’option du téléphérique au coucher du soleil. Il faut alors réserver quelques jours à l’avance, et c’est l’option que nous avons choisie.
La vue sur la caldeira depuis la Rambleta (la station du haut du téléphérique, à 3555 m)
Le prix n’est pas donné (70 euros par adulte, 49.50 euros par enfant de 8 à 13 ans) mais le spectacle en vaut tellement la peine…
Il faut noter que l’accès n’est pas autorisé aux enfants de moins de 8 ans.
Attention : des vêtements longs (pantalon, veste etc.) sont obligatoires pour l’option téléphérique au coucher du soleil. Si vous avez un short ou un T-shirt, vous ne passerez pas, les agents sont intransigeants sur ce point.
Il se peut en effet qu’il fasse extrêmement froid là-haut, 0°C voire parfois moins, c’est pourquoi cette règle de sécurité est incontournable : ceux qui ne la respectent pas sont refoulés et non remboursés, y compris lorsque la température là-haut est de 10 ou 15°C.
Un cratère, en contrebas
Le seul inconvénient de cette formule, c’est qu’elle est très encadrée. Il y a 90 personnes réparties en trois groupes d’une trentaine de personnes chacun, avec un guide par groupe.
On va au rythme du guide et, pour des raisons écologiques, on n’est pas autorisé à sortir du chemin, l’écosystème tout autour étant fragile. Mais heureusement, le spectacle vaut le coup quand même.
Il existe de nombreuses façons de découvrir les beautés du parc national du Teide, puisqu’il comporte pas moins de 41 itinéraires balisés de randonnées !
Un excellent site décrit dans le détail un grand nombre de ces randonnées : webtenerife.
Distance, dénivelé, altitude, niveau de difficulté, descriptif de l’itinéraire, vidéos, tout y est ! N’hésitez pas à vous y référer pour choisir et planifier vos randos…
Au fond, le Teide
Parmi tous ces sentiers de randonnées, celui qui mène au Chinyero. Ce volcan qui culmine à 1552 mètres d’altitude est notamment connu pour avoir été le dernier en éruption sur toute l’île de Tenerife. C’était en 1909.
Le départ se fait dans le petit village de San Jose de Los Llanos.
Le départ de la rando, à San Jose de Los Llanos
En partant tôt le matin, on aperçoit le soleil se lever au loin, derrière les volcans vers lesquels on se dirige.
Lever du soleil sur les volcans, depuis San Jose de Los Llanos
Très vite, on quitte le village pour s’enfoncer dans une jolie forêt de pins, dans laquelle on va marcher un bon petit moment.
On quitte le village pour la forêt
Le dénivelé montant est modéré, ce qui rend la marche plutôt facile et agréable. Et le sentier est si bien balisé qu’il n’est pas possible de se tromper.
Bonne direction : continuer
Mauvaise direction : faire demi-tour
La sortie de la forêt est mémorable car elle coïncide avec l’arrivée dans la caldeira, face à un joli volcan, le Trevejo.
Son éruption de 1706 ravagea le vieux port de la ville de Garachico, située 8 kilomètres en contrebas. La lave eut beau s’arrêter aux pieds de l’église, l’édifice s’enflamma quand même à cause de l’extrême chaleur due à la proximité de la lave.
Cette éruption, qui amorça le déclin de la ville, fut celle qui eut le plus de conséquences sociales et économiques dans toute l’histoire volcanique de l’île.
Le volcan Trevejo
En arrière-plan du Trevejo, on aperçoit au loin le Teide, majestueux.
Au loin, le Teide
A partir de là, on rejoint le Chinyero en empruntant des chemins de lave sur laquelle prospèrent les pins.
Si vous faites cette rando et qu’au retour, comme nous, vous n’êtes pas encore rassasiés par ces paysages, alors vous pouvez faire une petite bifurcation juste après avoir fait demi-tour au Chinyero.
Une petite extension de 2 kilomètres (donc 4 km aller-retour) en direction des Sables Noirs (Arenas Negras) permet alors de continuer à en prendre plein les yeux dans ces paysages lunaires.
Cela permet de prolonger le plaisir au milieu d’amas de roches volcaniques, dont la noirceur contraste avec le vert des pins omniprésents. Sur cette partie, le dénivelé est un peu plus prononcé que sur le parcours précédent mais la distance de cette extension étant relativement courte, ça passe sans trop de difficulté.
Ensuite, le retour se fait sur le même chemin que l’aller. On repasse donc devant le Trevejo. Il faut noter qu’il est interdit d’en faire l’ascension car il s’agit d’un milieu fragile qui doit être préservé, comme l’indique un gros panneau situé juste devant.
Le Trevejo
Il ne reste plus qu’à traverser la forêt de pins en sens inverse jusqu’à San Jose de Los Llanos.
La petite église de San Jose de Los Llanos
D’un point de vue pratique, il y a un petit parking municipal gratuit juste à côté de l’église, où l’on peut laisser la voiture pendant toute la rando.
La randonnée San Jose de Los Llanos - Volcan Chinyero (A/R)
Distance : 8,6 km aller-retour Dénivelé : 322 m+ et 322 m- (A/R) Durée : 3 à 4 heures (A/R)
L'extension vers Arenas Negras fait 4 km aller-retour et prend +/1 une heure.
Les villes coloniales
San Cristobal de La Laguna (classée au patrimoine mondial de l’Unesco) et La Orotava sont généralement présentées comme les deux plus belles villes coloniales de l’île.
La Orotava
La Orotava est une ville que l’on pourrait presque qualifier de verticale ! Car il faut avoir des mollets solides pour arpenter son dénivelé très marqué, à flanc de colline. La ville historique est située dans la partie basse (aussi, gare à vous si votre hôtel est, lui, dans la partie haute !)
La place de la Constitution
Cette place est un lieu incontournable de la ville puisqu’elle comprend plusieurs points d’intérêt.
D’un côté, on trouve l’église San Agustin. Elle abritait à une époque un ancien couvent de moines augustins.
L’église San Agustin
Un peu plus loin, on a une jolie vue dégagée sur la mer ainsi que sur une partie de la ville.
A l’opposé se trouve le Liceo de Taoro. Il s’agit d’un palais urbain du 20e siècle, entouré de jardins abondants et fleuris.
Le Liceo de Taoro
Il accueille aujourd’hui des expositions d’art ainsi que des concerts, mais on peut également y boire un verre.
Le liceo de Taoro
Enfin, au centre de la place, on trouve un joli kiosque de style mauresque.
Il est un peu devenu au fil du temps l’emblème de la place.
Au rez-de-chaussée et à l’ombre des arbres, il abrite un bar-restaurant qui sert des plats canariens typiques.
L’église Notre-Dame-de-la Conception
Construite au 16e siècle puis détruite au 18e par des séismes, et enfin reconstruite 60 ans plus tard, elle est aujourd’hui considérée comme le plus bel exemple d’architecture baroque des Canaries.
L’église Notre-Dame-de-la-Conception
Inspiré de celui de la cathédrale de Florence, son dôme constitue sa caractéristique architecturale la plus notable.
Les Jardins du marquisat de la Quinta Roja
Encore appelés Jardins Victoria, c’est en guise de protestation qu’ils furent construits au 19e siècle par la marquise de la Quinta Roja. En effet, à la mort de son fils, l’évêché ordonna qu’il fut enterré dans le cimetière des non catholiques, au motif qu’il appartenait à la franc-maçonnerie.
Pour contourner cette véritable humiliation, la marquise fit construire ces jardins, au milieu desquels se trouve le mausolée destiné à son fils.
L’évêché finit par revenir sur son interdiction et l’enterrement put avoir lieu dans le caveau familial, mais ce mausolée constitue aujourd’hui encore un symbole fort contre l’intolérance religieuse.
Le jardin Hijuela del botanico (la fille du botaniste)
Il a été conçu pour être la pépinière de son voisin, le jardin d’acclimatation. C’est pourtant un superbe jardin à part entière, qui constitue un véritable poumon vert en plein cœur de la ville.
Un dragonnier des Canaries
Un « oiseau de paradis »
Déclaré bien culturel en tant que jardin historique, il est très fourni en plantes tropicales.
Un fuschia hybride
Un anthurium
Les ruelles colorées
Qui dit ville coloniale dit ruelles colorées, et La Orotava ne fait pas exception à la règle.
Une maison colorée dans une ruelle pentue
La seule chose, c’est que ces maisons se méritent ! En effet, le fort dénivelé de la ville oblige à monter ou à descendre en permanence dans des rues parfois très pentues.
La mairie de La Orotava
Il s’agit d’un bâtiment néoclassique abritant une riche collection de peintures.
L’hôtel de ville
San Cristobal de la Laguna
C’est une ville classée au patrimoine de l’Unesco. Les églises y sont si nombreuses qu’on la surnomme parfois « la Florence des Canaries ». Aujourd’hui, on l’appelle surtout par son diminutif : La Laguna.
L’église et l’ancien couvent San Agustin
L’église fut détruite par un incendie en 1964 et n’a toujours pas été reconstruite.
Le clocher du couvent San Agustin
En revanche, on peut accéder à son cloître qui abrite un jardin luxuriant.
Le cloître San Agustin
Les salles attenantes abritent des expositions d’art réalisées par des artistes ténérifiens.
L’église Notre-Dame de la Conception
C’est la toute première église qui fut construite sur l’île (1502).
Le clocher de N-D de la Conception
Sa principale attraction quand on la visite, c’est la possibilité de monter au sommet du clocher pour admirer la ville d’en-haut.
Attention !
Quand vous êtes là-haut, regardez bien l’heure.
Car toutes les quinze minutes, toutes les cloches se mettent à sonner en même temps, et ça explose les tympans…
Le clocher de N-D de la Conception
La cathédrale
L’édifice d’origine est une petite chapelle construite en 1511, qui fut aménagée à plusieurs reprises au fil des siècles, pour aboutir à la cathédrale actuelle. Sa façade néoclassique fut construite en 1820.
La cathédrale
Son grand dôme peut être vu depuis de nombreux endroits de la ville.
A l’intérieur se trouve un trésor. Mais un vrai. Car c’est ici que sont rassemblées toutes les pièces d’orfèvrerie des Canaries. Des couronnes, les deux plus grands chandeliers en argent d’Espagne, des costumes d’époque richement décorés etc.
Enfin, l’une des pièces majeures de cette cathédrale, c’est sa fameuse chaire en marbre de Carrare, très finement sculptée.
A gauche, la chaire en marbre de Carrare
Le palais Salazar
Il s’agit d’un palais baroque du XVIIe siècle, dont l’architecture est typique des Canaries.
Le palais Salazar
Des galeries à colonnes encadrent le jardin, et l’intérieur du palais abrite une importante collection de peintures et de sculptures.
Les ruelles colorées
La plupart des rues du centre historique sont piétonnes.
Elles permettent de se balader tranquillement de monument en monument, et sont remplies de commerces, de bars et de restaurants.
Un magasin de chaussures
Les plages
Il ne s’agit évidemment pas de faire ici une liste exhaustive de toutes les plages de Tenerife. Voici simplement quelques exemples de plages qu’on peut trouver tout autour de l’île, souvent très natures et très sauvages…
Playa de Castro
A propos de plages natures et sauvages, la Playa de Castro en est une !
Depuis la route où se trouve un petit parking, il faut marcher une bonne vingtaine de minutes sur la Rambla de Castro, un chemin qui offre de jolis points de vue sur la mer tout le long du littoral.
L’ermitage de San Pedro, au début de la Rambla de Castro
Attention : le chemin descend à l’aller, le retour est donc plus difficile et plus long, surtout par forte chaleur. Il faut donc prévoir de l’eau par temps chaud.
La Casona de Castro
En poursuivant, on arrive au fortin de San Bernardo (XVIIIe siècle), qui domine l’océan.
La vue depuis le fortin San Bernardo
A partir de là, on attaque la descente finale vers la plage de Castro.
Le chemin descendant à l’aller…
… et montant au retour !
Dominée par les palmiers dattiers, la Playa de Castro est une petite plage composée à la fois de sable volcanique noir et de galets.
La Playa de Castro
Elle est coincée entre deux falaises et quand on foule enfin son sable noir, on comprend pourquoi beaucoup la considèrent comme l’une des plus belles plages de l’île. Y compris quand le soleil brille par son absence, comme lors de notre venue.
Playa de CastroPlaya de Castro
Deux cascades dégoulinent sur cette plage sauvage depuis le haut des falaises. La première n’est pas très impressionnante, la deuxième est le lieu de rassemblement de tou/te/s les intagrameurs/euses qui viennent jusqu’ici.
Le site n’a pourtant rien d’exceptionnel mais apparemment, il plaît beaucoup.
L’eau atterrit sur un gros rocher posé sur la plage, et tout le monde se fait photographier devant.
Il faut préciser que la mer est parfois agitée ici, ce qui dissuade parfois les baigneurs de piquer une tête, mais cela ajoute à la magie de cette plage sauvage.
Playa de Castro
Playa del Roque de Las Bodegas
Nous sommes allés à cette plage par erreur, en cherchant à rejoindre la magnifique Playa de Benijo, l’une des plus belles de Tenerife paraît-il. Pensant à tort y être arrivés, nous n’avons hélas pas poussé plus loin que la Playa del Roque de Las Bodegas. Ce n’est que plus tard que nous avons réalisé notre erreur.
Dans l’eau, les rochers de la Playa de Benijo
Bref, pour arriver à l’une puis à l’autre, il faut prendre une route qui descend de la montagne en offrant de jolis points de vue sur la mer. Comme un peu partout sur cette île, finalement.
Le village de Taganana
La playa del Roque de las Bodegas est située à proximité du village de Taganana. Elle est vaste et bien qu’elle soit située en contrebas d’une route (pas trop passante), le massif d’Anaga qui la surplombe lui donne un certain charme.
Mais surtout, le gros avantage de cette plage familiale, c’est qu’elle est située à proximité d’un certain nombre de restaurants où l’on propose de la cuisine locale, souvent basée sur la pêche du jour.
Si vous arrivez vous aussi à cette plage, sachez que la fameuse Playa de Benijo n’est située qu’à 1,5 km de là, en longeant la côte…
Playa de La Montaña Amarilla
Avec un avion du retour pour la France planifié à 4h00 du mat’ et donc un lever à 1h00, nous avions dégoté un petit appartement pas très loin de l’aéroport pour passer notre dernière nuit (ou plutôt demi-nuit) à Tenerife. Le nom de ce village ? Costa del Silencio.
Et là, pour notre dernière journée, nous avons eu une bonne surprise à la lisière du village : la découverte de la plage de la Montagne Jaune.
La playa de la Montaña Amarilla
Elle est située à l’entrée est de la ville.
Il s’agit d’une jolie plage à l’aspect inhabituel, car elle est située aux pieds d’un cratère qui plonge ses falaises jaunes (en réalité plutôt marron-orangées) dans l’eau verte.
L’eau est si transparente que les clubs de plongée proposent de nombreux baptêmes sur ce site : les roches volcaniques forment des arches et des grottes sous-marines dans lesquelles les poissons s’abritent.
Pour une fois, nous n’avons pas plongé mais voici quand même quelques-uns des clubs de plongée les mieux notés du coin :
LJ Diving Tenerife : non loin de la Playa Amarilla, et focalisé sur les plongées éco-responsables.
La plage est constituée de roches mais elle comporte un espace aménagé doté d’un petit escalier pour se mettre facilement à l’eau.
N’oubliez pas palmes, masque et tuba, mais aussi chaussures de rochers.
Playa Los Enojados
Elle est située elle aussi à Costa del Silencio, mais cette fois-ci à la sortie ouest de la ville.
Pour y accéder, on passe d’abord devant une autre plage posée au bord de la route : la playa Las Galletas.
Playa Las Galletas
Ce sont surtout des locaux qui y font trempette.
C’est juste après cette plage qu’est située la playa los Enojados. Il faut marcher cinq minutes sur un petit sentier pour l’atteindre.
Playa los Enojados
On arrive alors sur une jolie petite plage de sable volcanique noir.
Playa los Enojados
La plage n’est pas grande mais elle est très agréable. Elle est généralement appréciée pour sa beauté naturelle.
Playa los Enojados
De petits sentiers permettent de longer la côte au milieu d’une végétation où les cactus prolifèrent.
C’est dans ce cadre typique de l’île qu’on découvre d’autre petites plages et criques, de plus en plus désertes au fur et à mesure que l’on marche.
Il n’y a aucun service sur cette plage. Cela contribue à son charme car du coup, elle n’est pas très fréquentée. Si vous souhaitez y passer la journée, il faut donc prévoir de quoi manger et boire.
« Gardons notre plage propre »
Enfin, l’eau y est généralement calme.
Le Parc Rural d’Anaga
Situé à l’extrême nord-est de l’île, il est classé Réserve de biosphère par l’Unesco, et ses paysages atypiques valent vraiment le détour.
Depuis le mirador Jardina
Avec ses miradors qui offrent des points de vue magnifiques, ses forêts remplies d’arbres aux formes tourmentées, ou encore ses petits villages pleins de charme, on peut aussi bien le traverser en voiture que prendre le temps de le parcourir en randonnée.
Le petit village de Lomo de las Bodegas
L’itinéraire décrit ci-dessous relie la jolie ville coloniale de San Cristobal de La Laguna (160.000 habitants) au petit village de Chamorga, isolé dans les montagnes (35 habitants dans une poignée de maisons).
La route qui traverse le Parc Rural d’Anaga
La route des miradors
Sur la première partie de la route entre La Laguna et Chamorga se succèdent des belvédères d’où la vue est chaque fois sublime. Les photos ne restituent pas complètement la grandeur des paysages, mais voici quand même à quoi ils ressemblent.
Le Teide vu depuis le belvédère de Jardina
Des villages, des forêts, des cratères de volcans et en toile de fond, l’océan : les paysages qu’on observe depuis ces belvédères sont aussi jolis que variés.
La vue sur l’océan depuis le belvédère de Jardina
Voici quelques liens sur les principaux miradors du Parc Rural d’Anaga : Jardina, Pico del Ingles, Cruz del Carmen. Toutefois, il suffit de suivre la route (voire les panneaux lorsqu’il y a un court détour à faire) pour enchaîner ces belvédères, d’où la vue est souvent saisissante.
Et quand il n’y a pas de miradors, on peut toujours s’arrêter sur le bas-côté chaque fois qu’il y a une belle vue sur la mer ou la montagne. C’est-à-dire assez souvent…
Bateau au mouillage à Santa Cruz de Tenerife
A noter : la vue peut parfois être bouchée car, ces miradors étant situés en altitude, ils sont régulièrement traversés par les nuages.
Insolite : le « vieux chemin du pic de l’anglais »
… ou plus précisément, el Camino Viejo al Pico del Ingles.
Il suffit de cinq ou dix minutes pour jeter un œil à ce lieu insolite, même si on peut y rester évidemment plus longtemps. Mais bien qu’on puisse en faire le tour assez vite, c’est vrai qu’il vaut le coup d’œil.
El Camino Viejo al Pico del Ingles
Une entaille a été creusée dans la roche et le sol de la forêt pour y faire passer un petit bout de route, le but étant qu’il soit situé au même niveau que la route principale située à proximité. Ce qui permet de relier les deux tronçons.
La forêt située de part et d’autre de cette route est extrêmement humide, et ses arbres aux branches moussues et aux formes biscornues semblent sortis tout droit de chez Walt Disney.
L’atmosphère y est envoûtante et le paysage unique.
La brume qui investit souvent les lieux ajoute au côté mystérieux de ce site inhabituel.
Du coup, il est l’un des plus photographiés de tout le Parc Rural d’Anaga.
Bon à savoir : on ne peut pas se promener sur ce chemin pendant des heures car il ne mesure que 100 à 200 mètres de long !
De plus, il y a toujours un peu de monde qui le fréquente, surtout l’été. L’idéal pour s’y retrouver plus ou moins seul, c’est d’y aller relativement tôt le matin.
Chamorga
Chamorga est un village minuscule perdu dans les montagnes, avec des airs de bout-du-monde.
Chamorga, 35 âmes
Ce petit village isolé est le point de départ de différents parcours de randonnées à travers la montagne, sa faune et sa flore. Certains itinéraires vont même jusqu’à la mer.
Petite rando autour de Chamorga
Chamorga, paradis des randonneurs
Ces agréables chemins offrent régulièrement de jolis points de vues sur la mer, ou sur les quelques villages qui se sont perdus par ici.
Le petit village coloré de La Cumbrilla
Ces petits sentiers à flanc de montagne traversent une jolie végétation posée sur la rocaille et comportant notamment beaucoup de cactus.
Au fond, Chamorga
Le bilan
Tenerife est une petite île où les paysages sont si variés, la nature si généreuse et les activités si nombreuses, qu’une semaine s’avère largement insuffisante pour la découvrir comme elle le mérite.
Le Parc Rural d’Anaga
Pour notre part, en six jours seulement, il fallait faire des choix, c’est pourquoi nous avons zappé notamment toutes les activités liées à la mer qui sont possibles à Tenerife : faire du kayak avec les tortues, observer les baleines, plonger dans des eaux tropicales poissonneuses etc.
A l’entrée de Garachico
Ce sera donc pour une prochaine fois car c’est sûr, nous reviendrons sur cette île qui nous a tant plu…
Sur de nombreux sites et blogs, il est présenté comme le plus beau village de Tenerife. C’est donc pour nous faire notre propre idée que nous y sommes allés.
Le village se divise en deux parties séparées de quelques centaines de mètres. Posée au pied d’un pain de sucre emblématique, la partie basse est la plus touristique. La plupart des habitants vivent dans la partie haute, sensiblement moins fréquentée et donc plus calme.
Le village du haut vu depuis le village du bas
Très isolé, Masca est resté accessible uniquement à pied et à dos d’âne pendant très longtemps. Puis une route a fini par être construite, et l’électricité est arrivée. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore, accéder à ce petit village se mérite.
Car la route est à la fois très sinueuse et étroite, à tel point qu’il faut régulièrement s’arrêter sur le bord pour pouvoir laisser passer les voitures d’en face. Par contre, le bitume est en excellent état.
Masca (en bas à gauche) et la route pour y accéder
Le principal attrait de Masca réside dans la vue d’ensemble des quelques maisons posées aux pieds du rocher de Catana, un pain de sucre photogénique, avec vue sur la mer au loin.
Situées sur une arête rocheuse et encadrées par deux précipices, ces habitations traditionnelles ont été construites sur les quelques rares mètres carrés du coin qui sont plus ou moins horizontaux !
Masca : le village du bas
La place du village est dotée à la fois d’une jolie petite église, d’un vieil arbre impressionnant, d’une vue imprenable sur le village et d’un bar restaurant.
L’ermitage de l’Immaculée Conception
L’église fut construite au XVIIIe siècle avec des pierres volcaniques et du bois de thé.
Le fameux laurier indien de la place de Masca
Le village du haut
Il est construit à flanc de colline, ce qui signifie que lorsqu’on s’y promène, soit on monte, soit on descend mais une chose est sûre : on ne marche jamais à l’horizontale !
Le village du bas (à droite) vu depuis celui du haut
Il n’y a pas une foule de choses à faire là-haut (néanmoins, il ne faut surtout pas rater le restaurant Casa Riquelme et sa terrasse divine, voir les infos pratiques ci-dessous). Mais la balade est agréable dans de jolies petites ruelles fleuries, coincées entre la mer, la montagne et le ravin.
Une habitation au bord du précipiceLa montagne qui surplombe Masca
La randonnée du Barranco de Masca
Barranco signifie ravin. La rando du Barranco de Masca, c’est la randonnée qui relie Masca à la plage et à la mer en passant par les gorges, à travers le réputé parc rural de Teno.
On arrive à l’océan sur une jolie plage de sable noir, la Playa de Masca.
Le musée ethnographique
Masca a beau n’être qu’un petit hameau, il est quand même doté d’un musée ethnographique : il raconte l’histoire des habitants de Masca, depuis ses premiers occupants aborigènes.
Outre son musée ethnographique, Masca compte quelques commerces et services : une poignée d’hébergements, une dizaines de bars-restaurants, un centre de la nature et une boutique de souvenirs. Rien de plus, mais c’est déjà pas mal pour un si petit village.
La randonnée du Barranco de Masca
L’accès à ce sentier de randonnée est rigoureusement réglementé pour des raisons de sécurité, car une fois qu’on est au fond du ravin, il suffit d’un changement brusque de météo (ce qui arrive fréquemment par ici), par exemple une crue subite de la rivière, pour que les randonneurs se retrouvent coincés et exposés à des dangers potentiels.
Cela s’est déjà produit par le passé, c’est pour cette raison qu’il faut désormais réserver sa randonnée à l’avance, via le site officiel Camino Barranco de Masca.
L’itinéraire va de Masca à une plage de sable volcanique noir.
Distance : 10 km aller - retour
Durée : 3 bonnes heures à l'aller (en descente), 4 bonnes heures au retour (en montée).
Dénivelé : 800 m+ et 800 m- environ
Niveau de difficulté : élevé
Prix (écotaxe) : 28 euros par adulte, 14 euros par mineur
Les départs se font exclusivement le matin, pour que tout le monde ait le temps de rentrer dans la journée, y compris les marcheurs lents : on part avant 11h00 l’été, et avant 10h30 l’hiver.
Enfin, il y a le centre de la nature de Masca. C’est une sorte d’office du tourisme spécialisé sur ce sentier de randonnée du Barranco de Masca. Il est situé juste en-dessous de la place de Masca.
Il y a une dizaine de restaurants à Masca, tous ouverts en haute saison. Lors de notre venue, ils étaient quasiment tous fermés alors que nous n’étions pourtant que fin septembre. Prévoyez donc de quoi manger si vous venez hors saison, surtout le dimanche, qui est souvent le jour de fermeture hebdomadaire.
Et justement, le dimanche de notre arrivée, aucun resto n’était ouvert. On nous avait conseillé d’aller quand même jeter un œil chez Riquelme, dans la partie haute du village, la moins touristique.
La trouvaille : le resto Casa Riquelme
A peine arrivés devant (il est 17h00), un type qui passe par là nous demande ce que nous voulons. Nous répondons que nous aurions bien aimé y manger le soir. Ce type, il s’avère que c’est Riquelme.
Il nous propose gentiment de revenir vers 20h00-20h30. Bien que son resto soit fermé, il nous promet qu’il l’ouvrira rien que pour nous !
Par contre, il nous prévient que ce sera menu unique : assiette charcuterie – fromage, puis poulet en sauce avec pommes de terre à la canarienne, et pas de dessert : il n’en a plus !
Chez Riquelme, le repas pris en terrasse
Ce menu nous convient à merveille mais nous sommes un peu gênés que Riquelme n’ouvre son resto que pour nous. Il nous certifie que ça ne lui pose aucun problème et que nous sommes les bienvenus. Nous acceptons, ravis.
Lorsque nous revenons le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que le resto comporte une jolie petite terrasse que nous n’avions pas vue trois heures plus tôt.
Casa Riquelme : la terrasse face à la mer
Elle n’est pas très grande car construite à flanc de colline mais le peu de place qu’il y a sur cette pente a été parfaitement optimisé. D’un côté, la terrasse domine la mer et de l’autre, elle est surplombée par la montagne.
Au milieu des cactus et des bougainvillées, le cadre est simple mais enchanteur.
Vue sur la mer…
… et vue sur la montagne
Nous regardons tranquillement le soleil se coucher en sirotant une ou deux bières, alors que nous sommes absolument seuls dans ce bout-du-monde sublime. Un privilège.
Nous ne pouvons que recommander ce petit resto : le repas, bon et pas cher, est fait maison. Et Riquelme, qui est un personnage haut en couleur, réserve un excellent accueil à ses visiteurs.
La vue depuis la terrasse
Si la terrasse a des airs de petit paradis, l’intérieur du resto semble lui aussi plutôt agréable.
Si vous souhaitez manger vous aussi chez Riquelme, ne perdez pas de temps à chercher ce restaurant dans la partie basse du village, celle qui est touristique : il est situé dans la partie haute, à une dizaine de minutes de marche (attention, ça monte quand même un peu pour y aller mais la bonne nouvelle, c’est qu’au retour avec le ventre plein, ça descend !)
Où dormir ?
Il y a quelques hébergements à Masca, mais la plupart des visiteurs n’y dorment pas : le village n’est pour eux qu’un lieu de passage obligé et ils n’y restent en général qu’une heure ou deux, puis repartent.
Si toutefois vous y faites étape, comme nous, alors le plus simple pour trouver de quoi dormir à Masca, notamment en haute saison, consiste à réserver à l’avance via les plateformes habituelles : Booking (Masca), par exemple, propose six hébergements.
Nous en avons dégoté un qui cochait toutes les bonnes cases : Casa Berna.
Casa Berna : la terrasse et le jardinet
Il est idéalement placé (à 100 mètres du rocher de Catana, le fameux pain de sucre), avec un petit jardinet fleuri très agréable et une jolie vue sur les montagnes alentours. D’un point de vue pratique, on peut garer la voiture juste devant (la place est réservée).
Casa Berna et sa terrasse
Deux chambres, cuisine équipée, terrasse, jardinet, parking, wi-fi, emplacement idéal, vue sur les montagnes…
Le prix : 95 euros la nuit pour quatre personnes.
Où se garer à Masca ?
Les voitures se garent toutes sur le parking situé au bord de la route qui mène à Masca. On ne peut pas le rater.
Quand on vient du sud, il y a un premier parking, tout petit (quelques voitures) au niveau du village du haut. 300 ou 400 mètres plus bas, il y en a un second, pas immense mais beaucoup plus grand quand même, qui surplombe le village du bas.
Attention, ils affichent vite complet tous les deux, notamment l’été.
On peut très bien se garer à un parking et aller à l’autre à pied, cela ne prend que quelques minutes de marche.
C’est au niveau du second parking qu’il y a un belvédère avec un superbe point de vue sur le village : tous les visiteurs s’y arrêtent pour prendre leurs photos.
Juste en-dessous du belvédère
C’est de là également que part le petit chemin qui descend dans le hameau, jusqu’au pain de sucre. Le dénivelé est assez fort, sur un chemin en partie pavé, et le retour montant peut s’avérer un peu fatigant pour les personnes en mauvaise condition physique. Toutefois, ce chemin n’est pas très long (+/- 300 mètres environ).
Si vous avez réservé un hébergement en bas (comme Casa Berna par exemple), vous pouvez y descendre en voiture mais attention, le chemin est si étroit qu’on a du mal à y croiser… les piétons ! Or, ils sont justement nombreux à arpenter ce chemin dans les deux sens. C’est un peu galère mais ça se fait quand même.