Le canal des 2 Mers à vélo : de Bordeaux à Sète

Le canal des Deux-Mers relie l’Atlantique à la Méditerranée, de Royan à Sète ou inversement. Pour aller d’une mer à l’autre, on longe successivement la Gironde, puis le canal de Garonne et le canal du Midi.

Sillonner à vélo les berges du canal des Deux-Mers, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, permet d’en prendre plein les yeux d’un bout à l’autre, dans un joli cadre naturel.

Le canal de Garonne (qui fait partie du canal des Deux-Mers), ses platanes et sa piste cyclable
La piste cyclable (à droite) longe le canal sur des centaines de kilomètres, loin des voitures…

On peut le parcourir en entier (700 km environ) ou par tronçons. Je l’ai arpenté deux fois (j’ai donc mixé ces deux voyages dans le récit qui suit) :

  • La première fois, de Bordeaux à Sète, avec un ami et de manière plutôt sportive (570 km en 4 jours, en gravel et bikepacking).
Bordeaux – Sète : notre itinéraire
  • La seconde fois, de Bordeaux à Montauban avec ma femme, en mode détente (324 km en 4 jours, vélo électrique et sacoches pour elle, gravel et bikepacking pour moi).

Dans les deux cas, nous avons dormi dans de petites maisons d’hôtes, mais il y a également de nombreuses possibilités de bivouac tout le long du canal.

Alors à quoi ressemble ce canal des Deux-Mers pour les cyclotouristes ? Voici notre retour d’expérience sur ce beau parcours cyclable.



Pour nous, le périple commence dans notre bonne vieille ville de Bordeaux.

Bordeaux, la place de la Bourse, patrimoine mondial de l'Unesco
Bordeaux, la place de la Bourse et le Miroir d’eau

La traversée de la ville est rapide. Roulant sur des pistes cyclables protégées, on sort rapidement de Bordeaux sans vraiment s’en apercevoir.

La Garonne vue depuis la sortie de Bordeaux
La Garonne à la sortie de Bordeaux

Peu après Bordeaux, on rejoint la piste Lapébie. Elle s’étend sur 47 km, de Latresne à Sauveterre-de-Guyenne. Il s’agit d’une ancienne voie ferrée reconvertie en jolie piste cyclable.

Elle passe devant d’anciennes petites gares locales, transformées depuis en restaurants, elle nous emmène dans de vieux tunnels ferroviaires, et surtout, elle traverse les jolies forêts du coin ainsi que le vignoble bordelais.

Une cycliste dans un ancien tunnel ferroviaire transformé en piste cyclable sur la piste Lapébie
La piste Lapébie à vélo

L’itinéraire alterne entre verdure et petits villages de campagne.

Le lavoir de Bellefond, à proximité de la piste Lapébie
Le lavoir de Bellefond
Le lavoir de Bellefond, à proximité de la piste Lapébie

A 18 km de Latresne, on peut quitter la piste Lapébie par la droite et rejoindre en quelques minutes le petit village de La Sauve, afin de visiter l’abbaye de La Sauve-Majeure, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.

Cette petite merveille du patrimoine roman girondin abrita à son apogée jusqu’à 300 moines bénédictins.

L'abbaye de La Sauve-Majeure (Gironde) à proximité de la piste cycliste Lapébie
L’abbaye de la Sauve-Majeure

Parmi les autres points d’intérêt qui jalonnent l’itinéraire, notons le château médiéval de Rauzan.

Le château médiéval de Rauzan (Gironde) à proximité du canal des Deux-Mers
Le château de Rauzan
Le château médiéval de Rauzan (Gironde) à proximité du canal des Deux-Mers

Un peu plus loin, on découvre un autre château, viticole celui-là : le château de Lavison.

Le château de Lavison (Gironde) à proximité du canal des Deux-Mers
Le château de Lavison…
Les vignes du château de Lavison (Gironde) à proximité du canal des Deux-Mers
… et ses vignes.

On avait quitté la Garonne à Bordeaux, c’est 67 km plus loin qu’on la retrouve, dans les environs de La Réole. Ce petit bourg fortifié (4.000 habitants) bénéficie du label national Ville d’Art et d’Histoire.

Cycliste sur le pont de La Réole (Gironde) à proximité du canal des Deux-Mers
La Réole
Le canal latéral à la Garonne à Castets-en-Dorthe (Gironde) fait partie du canal des Deux-Mers

Le tronçon du canal de Garonne qui commence ici est certainement le plus beau et le plus agréable jusqu’à Sète.

Le canal latéral à la Garonne et sa piste cyclable
Le canal de Garonne et sa piste cyclable
Bateau sur le canal latéral à la Garonne depuis la piste cyclable

C’est sur cette portion qu’il m’arrivera pourtant une mésaventure rare : quatre crevaisons successives sur à peine 75 bornes !

Pendant que je remplace ma première chambre à air au bord de l’eau, mon pote me crie « attention, un serpent » ! Je crois qu’il plaisante mais non : nous avons pour voisine une jolie couleuvre verte et jaune (ce sont ses couleurs mais c’est aussi son nom commun, Hierophis viridiflavus étant son nom scientifique). Elle nage paisiblement dans la Garonne à un petit mètre de nous. Elle est totalement inoffensive.

Une couleuvre verte et jaune ou Hierophis viridiflavus nage dans les eaux du canal latéral à la Garonne
Une couleuvre verte et jaune ou Hierophis viridiflavus nage dans les eaux du canal latéral à la Garonne

J’ai bien fait de crever là, sinon, nous ne l’aurions pas vue !

Par contre, je me serais bien passé des trois crevaisons suivantes…

Péniches amarrées sur le canal latéral à la Garonne, prises depuis la piste cyclable
Le canal de Garonne

Sur cette portion ombragée, très agréable à vélo quand il fait chaud car elle conserve une fraîcheur relative, les paysages classiques du canal de Garonne se succèdent.

Le canal latéral à la Garonne, pris depuis la piste cyclable
Le canal latéral à la Garonne, pris depuis la piste cyclable

Péniches amarrées sur le canal latéral à la Garonne, prises depuis la piste cyclable
Le canal latéral à la Garonne, pris depuis la piste cyclable

Notre premier coucher de soleil aura lieu dans un cadre champêtre, à Saint-Laurent.

Coucher de soleil champêtre à Saint-Laurent (Lot-et-Garonne), à proximité de la piste cyclable du canal des Deux-Mers

Parmi les villages traversés où il fait bon faire une halte, citons le Mas d’Agenais.

Une cycliste devant l'église Saint-Vincent du Mas-d'Agenais, sur l'itinéraire du canal des Deux-Mers à vélo
L’église Saint-Vincent du Mas-d’Agenais

La particularité de cette petite commune, c’est qu’elle est liée à deux authentiques chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art :

  • La Vénus du Mas, une sculpture antique découverte dans un champ des alentours il y a 150 ans (et aujourd’hui exposée à Agen).
  • Le Christ en croix, un authentique Rembrandt (exposé quant à lui dans l’église Saint-Vincent du Mas-d’Agenais, visible sur la photo ci-dessus).

Lors de notre visite, le Rembrandt a mis les voiles, il se trouve qu’il est temporairement exposé à la cathédrale de… Bordeaux, d’où nous venons justement !

Le Mas d'Agenais : une simple photo du célèbre Rembrandt, dans une vitrine
Le Mas d’Agenais : une simple photo du célèbre Rembrandt, dans une vitrine

Conclusion : nous sommes venus jusqu’ici pour le voir alors qu’il se trouve actuellement exposé juste à côté de chez nous, à une centaine de kilomètres d’ici…

Le canal de Garonne et sa piste cyclable, vus depuis les hauteurs du Mas d'Agenais
Le canal et la piste cyclable, vus depuis les hauteurs du Mas d’Agenais

Un peu plus loin, la petite ville de Tonneins (9.000 habitants) borde la Garonne.

Tonneins, à proximité du canal des Deux-Mers
Tonneins

Si elle a souffert historiquement de la guerre de Cent Ans puis des guerres de religions, c’est aujourd’hui une petite cité paisible.

Tonneins, à proximité du canal des Deux-Mers
Tonneins, à proximité du canal des Deux-Mers

Le canal de Garonne traverse ensuite la « capitale » du pruneau : Agen !

Agen vue depuis la piste cyclable du canal des Deux-Mers
Agen

Pour la petite histoire, échaudé par mes quatre crevaisons successives, c’est à Agen que je dégoterai un spécialiste vélo pour acheter des pneus réputés « increvables », les fameux Schwalbe Marathon.

Réparation vélo le long du canal de Garonne...
Réparation le long du canal de Garonne…

Avant d’arriver à Agen, j’avais rencontré deux autres voyageurs à vélo qui m’avaient donné une chambre à air de secours, au cas où les crevaisons continueraient à s’abattre sur moi ! Dont Tom, un nantais qui pédalait jusqu’à Athènes avec son petit chien. Si par hasard ils lisent ces lignes, je les remercie encore… Athènes à vélo (Insta)


Je ne le sais pas encore quand je change mes pneus, mais je roulerai 18.000 kilomètres avec eux au cours des deux années suivantes sans jamais crever, pas même une seule fois. Un bonheur après mes quatre crevaisons en 75 kilomètres au début de ce périple…


Le slow tourisme continue le long de ce canal qui a toujours une belle vue à offrir aux cyclistes de passage.

La vue le long du canal de Garonne...
Navigation sur le canal de Garonne, et la piste cyclable du canal des Deux-Mers

Quelques tours de pédales plus loin se trouve un autre petit village agréable : Donzac (1.000 habitants). Il est à l’image de la plupart des villages que l’on traverse le long de la Garonne : calme, paisible, et où il fait bon s’arrêter pour visiter, flâner, se restaurer…

L'église Saint-Barthélémy à Donzac
Donzac : l’église Saint-Barthélémy

En poursuivant sur les berges du canal, on arrive ensuite à la centrale nucléaire de Golfech. C’est vrai qu’elle détonne un peu dans son écrin de nature.

La centrale nucléaire de Golfech
La centrale nucléaire de Golfech et des tournesols
La centrale de Golfech

Plus loin arrive une étape qui est sans doute incontournable : Moissac (12.000 habitants).

Le pont Napoléon à Moissac
Moissac : le pont Napoléon

Le joyau du village, c’est son abbaye Saint-Pierre, classée avec son célèbre cloître au patrimoine de l’Unesco (sous le titre des chemins de Compostelle). Notamment, son vieux portail de 1130 est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture romane.

L'abbaye Saint-Pierre à Moissac
Le fameux portail de l'abbaye Saint-Pierre à Moissac
Le fameux portail de l’abbaye Saint-Pierre
L'intérieur de l'abbaye Saint-Pierre à Moissac

23 kilomètres après Moissac (et 47 kilomètres avant Toulouse), on arrive à Montech : c’est là qu’il faut suivre la bifurcation vers la gauche si l’on veut rallier Montauban, qui est la première « grande » ville (60.000 habitants) que l’on traverse depuis longtemps.

Montauban
Montauban

Cette cité médiévale à l’histoire riche regorge de sites à visiter.

Montauban
Montauban

Si l’on ne fait pas ce détour vers Montauban depuis Montech, alors il ne reste plus que 47 kilomètres à parcourir pour arriver à Toulouse.


La ville rose marque à la fois la fin du canal de Garonne (280 km depuis Bordeaux) et le début du canal du Midi (260 km jusqu’à Sète).

Toulouse, la ville rose

Toulouse est l’autre grande cité du sud-ouest car, ne soyons pas chauvins, il n’y a finalement pas que Bordeaux dans ce joli coin de France.

Le fameux Capitole…
… et le bâtiment qui lui fait face, place du Capitole

La ville rose mérite une halte, tant la ville est à voir et à vivre : monuments, histoire, culture, gastronomie, douceur de vivre, chacun y trouve forcément son compte.

La basilique Saint-Sernin
L’intérieur de la basilique Saint-Sernin

Immédiatement après Toulouse, le canal du Midi s’avère aussi agréable que le canal de Garonne. Après 37 kilomètres, on arrive encore dans un joli petit village (décidément…) : Gardouch.

Le village de Gardouch sur le canal du Midi
Gardouch

Puis juste avant d’arriver à Castelnaudary, le bitume de la piste du canal des Deux-Mers disparaît définitivement. Il est remplacé par des petits chemins de pierres et de terre qui nous accompagneront jusqu’à l’arrivée : désormais, fini le confort !

La piste cyclable en terre et en pierre le long du canal du Midi, à l'approche de Castelnaudary
Le chemin cyclable le long du canal du Midi

Mise à jour : depuis que ce voyage a été réalisé, une bonne partie des chemins entre Castelnaudary et Sète ont été refaits, ou sont en passe de l’être. Pour plus d’infos : travaux de réfection des berges du canal du Midi.

C’est vers là que se situe le point le plus stratégique du canal des Deux-Mers : le seuil de Naurouze. C’est à la fois le point culminant du canal et la ligne de partage des eaux. En d’autres termes, à partir d’ici, l’eau descend : d’un côté vers la Méditerranée et de l’autre, vers l’Atlantique.

L'allée de platanes bicentenaires au seuil de Naurouze, le long du canal du Midi
Seuil de Naurouze : l’allée de platanes bicentenaires

L’avantage, c’est qu’on évolue maintenant sur des petits chemins natures qui sont le plus souvent isolés et déserts, contrairement à la piste bitumée qui est assez fréquentée par les cyclotouristes, les promeneurs et les joggeurs depuis Bordeaux. C’est un peu plus tape-cul mais bon, c’est tellement nature…

 La piste cyclable sauvage qui longe le canal du Midi (canal des Deux-Mers)
 La piste cyclable sauvage qui longe le canal du Midi (canal des Deux-Mers)

Sur cette portion jusqu’au seuil de Naurouze, on longe pendant un petit moment… l’autoroute ! Ce n’est pas la partie la plus agréable mais elle ne dure pas très longtemps.

La voie cyclable entre l'autoroute et le canal du Midi (canal des Deux-Mers)
La voie cyclable, coincée entre l’autoroute et le canal du Midi…

Je ne l’ai pas encore évoqué ici mais l’un des paysages typiques et qui revient sans cesse sur le canal des Deux-Mers, ce sont bien sûr les écluses : il y en a plus d’une centaine tout le long du canal sur plus de 500 kilomètres (66 pour le canal de Garonne et 63 pour le canal du Midi).

Une écluse sur le canal des Deux-Mers
Remplissage d'une écluse sur le canal des Deux-Mers
Remplissage d’une écluse

190 kilomètres après avoir découvert la capitale du pruneau à Agen, nous atteignons celle du cassoulet : Castelnaudary !

L’avantage de ce canal à vélo, c’est qu’après avoir brûlé plein de calories à coups de pédales, on peut en recharger plein d’autres à coups de fourchette…

Le canal du Midi passe à Castelnaudary
Castelnaudary

Plus loin, la nature continue à escorter le canal.

Une aigrette dans les eaux du canal du Midi, sauvage
Un bateau navigue sur le canal du Midi (Canal des Deux-Mers)

Mais un peu plus loin encore arrive la mauvaise surprise, celle que nous redoutions après avoir épluché le web à propos du canal du Midi.


En effet, à partir d’ici, l’ombre devient de plus en plus rare. Le coupable ? Le chancre coloré.

Les platanes du canal du Midi ont été abattus à cause du chancre coloré

Un érable sycomore ou faux platane, sur les rives du canal du Midi
Un érable sycomore ou faux platane, sur les rives du canal

Depuis 2006, ce champignon ravageur détruit inlassablement les mythiques platanes du canal du Midi, sans qu’aucun remède n’existe.


C’est ainsi que fin 2020, sur les 42.000 platanes du canal, 26.000 avaient dû être abattus.

Un érable sycomore ou faux platane, sur les rives du canal du Midi

Des pins le long du canal du Midi
Quelques pins ont été replantés par endroits…

Le paysage devient donc ici plus clairsemé, et la température sur les épaules des cyclistes plus élevée.


Heureusement, pédaler le long de ce canal reste agréable, mais le canal de Garonne compte désormais des paysages plus jolis et surtout beaucoup plus verdoyants que le canal du Midi. Même si le long de ce dernier, ils sont souvent plus sauvages. Chacun ses goûts…

Un petit pont en pierres enjambe le canal du Midi

L’un des plus beaux sites à proximité du canal des Deux-Mers, c’est Carcassonne et sa somptueuse cité médiévale.

La cité médiévale de Carcassonne (vue d'ensemble)

Idéalement, cette ville incroyable mérite qu’on y fasse une étape, plutôt que de la traverser en coup de vent.

Une ruelle de la cité médiévale de Carcassonne
Une ruelle de la cité médiévale de Carcassonne au coucher du soleil
Une ruelle de la cité médiévale

Le meilleur moment pour la photographier, c’est juste avant le coucher du soleil.

La cité médiévale de Carcassonne éclairée par le soleil couchant

L'église de la cité médiévale de Carcassonne éclairée par le soleil couchant
Une gargouille de l'église de la cité médiévale de Carcassonne éclairée par le soleil couchant

Bon, il y a aussi la ville moderne mais ce n’est pas forcément la partie la plus intéressante à arpenter.

La ville moderne de Carcassonne
Le musée des beaux-arts de la ville moderne de Carcassonne
Le musée des beaux-arts

Retour donc sur les hauteurs de la ville, que la cité domine fièrement.

La cité médiévale de Carcassonne, éclairée par le soleil couchant, domine la ville moderne

La cité médiévale de Carcassonne

La cité médiévale de Carcassonne vue depuis la ville moderne à la tombée de la nuit (vue d'ensemble)
Carcassonne : la ville moderne et la cité médiévale
La cité médiévale de Carcassonne au coucher du soleil (vue d'ensemble)

Notre dernière étape, Carcassonne – Sète, est longue normalement de 135 kilomètres environ. Une « petite » erreur de navigation nous contraindra à en parcourir 169, en plein cagnard.

Nous nous retrouvons ainsi à traverser, inutilement et dans les deux sens, un vieux pont SNCF.

Un vieux pont SNCF

Bref, les aléas du voyage à vélo…

En tant que bordelais, nous ne sommes pas dépaysés par la vigne, omniprésente aussi dans cette autre région de vin.

Les vignes dans le sud de la France

La principale curiosité de cette partie du trajet, c’est le tunnel de Malpas. C’est en effet là que Pierre-Paul Riquet, le génial concepteur du canal du Midi, décida de creuser la montagne, rien que ça, pour faire passer le canal dessous !

Le tunnel de Malpas permet au canal du Midi de passer sous la montagne
Le tunnel de Malpas permet au canal du Midi de passer sous la montagne
Le tunnel de Malpas

Pour nous, cette dernière étape se fera sous une chaleur écrasante, avec peu d’ombre et beaucoup de poussière.

Vélo et sacoches de bikepacking pour rouler sur le canal des Deux-Mers
Avant…
Vélo et sacoches de bikepacking poussiéreux après avoir roulé sur le canal des Deux-Mers
… après !

Sans compter les moucherons, qui viendront se coller par dizaines à la crème solaire dont nous nous sommes enduits…


Sans transition, en arrivant à Béziers, c’est un autre ouvrage majeur du canal qui attend le visiteur : les neuf écluses de Fonséranes. Le dénivelé est tel (21 mètres) que pour faire passer les bateaux, il a fallu construire toutes ces écluses les unes à la suite des autres.

Le canal du Midi aux neuf écluses de Fonséranes à Béziers
Les neuf écluses de Fonséranes

Le pont-canal de Béziers transporte le canal du Midi
Le pont-canal de Béziers

Un peu plus loin, le solide pont-canal de Béziers transporte carrément le canal du Midi par dessus l’Orb.


Ayant perdu beaucoup de temps et d’énergie à cause de notre erreur de navigation, nous décidons en fin de parcours de quitter les berges du canal, où les cailloux omniprésents nous ralentissent trop.

Ombre d'un cycliste le long des plages de Sète
Les plages de sable fin à l’approche de Sète
Vieux cargo rouillé amarré dans le port de Sète
Sète

Nous terminons donc notre périple par la route, ce qui ne nous permettra pas de voir l’étang de Thau, une petite merveille paraît-il. Dommage.

Le petit port de plaisance de Sète
Le port de Sète

Après 570 kilomètres parcourus depuis Bordeaux en quatre jours, nous arrivons à l’autre extrémité du canal des Deux-Mers : Sète.

Les façades des maisons de Sète au coucher du soleil
Sète

Notre périple est fini, le retour se fera en train…

Vélos accrochés dans un train


Vous vous apprêtez vous aussi à arpenter le canal des Deux-Mers à vélo ? Alors vous allez vous régaler : bon voyage…


Tout d’abord, pour préparer votre périple à vélo sur le canal des Deux Mers, il y a deux sites incontournables à explorer :

Tout y est : les étapes, le kilométrage, le dénivelé, les sites touristiques, les hébergements (notamment ceux qui sont « bike-friendly »), les adresses pour réparer le vélo etc. Une mine d’informations. Ou plutôt deux.


Si le printemps et l’automne sont les deux périodes idéales du point de vue de la météo et de la fréquentation, il faut quand même savoir que le canal ferme chaque année un mois et demi à deux mois, répartis sur la période qui va de novembre à février, pour des questions de maintenance du canal.


Il faut distinguer la longueur du canal lui-même (c’est-à-dire de la voie navigable), et la longueur du parcours cyclable qui longe ce cours d’eau (et qui n’en épouse pas toujours exactement le tracé). Le kilométrage n’est donc pas le même, aussi, attention à cette différence lorsque vous planifiez votre périple.

  • Au fil de l’eau, le canal des Deux-Mers s’écoule sur 538 km (98 km de l’estuaire de la Gironde à Bordeaux, 247 km pour le canal de Garonne et 193 pour le canal du Midi).
  • L’itinéraire vélo s’étend, lui, sur 695 km (161 km le long de la Gironde, 278 km le long du canal de Garonne et 256 le long du canal du Midi).

N.B. Juste après ces infos pratiques, je propose un parcours alternatif de 140 km empruntant la Vélodyssée, pour rejoindre Bordeaux depuis l’estuaire en traversant le Médoc, c’est-à-dire en passant par la rive gauche de la Gironde plutôt que par la rive droite.

La Vélodyssée, ici au Verdon-sur-Mer (33), fait partie de l'Eurovélo 1, une piste cyclable trans-européenne
La Vélodyssée (ici au Verdon-sur-Mer, 33) est une piste cyclable qui relie Roscoff (29) à Hendaye (64) sur 1300 km

A partir du seuil de Naurouze (12 km avant Castelnaudary dans le sens Bordeaux-Sète), et jusqu’à Agde, de nombreuses portions du parcours nécessitent l’obtention… d’une autorisation de circuler ! Mais avant d’entrer dans les détails, je précise tout de suite que cette autorisation est impossible à obtenir, et que tout le monde se balade donc quand même par là sans l’avoir reçue.

Avant de partir, j’avais lu de nombreux témoignages sur le web indiquant que ceux qui demandaient cette autorisation ne réussissaient jamais à l’obtenir. Je l’ai quand même demandée à mon tour aux Voies Navigables de France (VNF) comme il se doit, et j’ai suivi à la lettre leurs recommandations pour la formuler : ils ne m’ont jamais répondu !

Alors, de quoi s’agit-il exactement ?

En deux mots, des chemins de halage longent le canal du midi : ils étaient utilisés à une époque par les chevaux pour tracter les péniches sur le canal !

Aujourd’hui, ce sont des chemins de service utilisés pour l’entretien du canal. Ils sont sauvages car contrairement au canal, ils ne sont quant à eux pas entretenus : par exemple, ces chemins pierreux et bosselés sont par endroit recouverts par des herbes hautes d’un bon mètre, voire plus. Ces portions sont rares et courtes mais on est bien loin de la piste cyclable bitumée. D’où l’intérêt de prévoir un vélo adapté…

Aussi, pour se promener à pied ou à vélo sur ces chemins à l’abandon, on doit demander l’autorisation aux VNF. Lesquelles n’ont donc jamais, à ma connaissance, la courtoisie la plus élémentaire de répondre.

Si comme moi vous souhaitez néanmoins tout faire dans les règles (ce sera donc peine perdue mais n’hésitez pas quand même), vous devez remplir le formulaire suivant : demande d’autorisation VNF. Puis l’adresser aux VNF :

  • Par mail : us.adve.dt-sud-ouest@vnf.fr
  • Par voie postale : VNF – ADVE/Bureau des usagers – 2, port Saint-Étienne – BP 7204 – 31073 TOULOUSE cedex 7

Bon courage…

NDLR Comme évoqué plus haut, depuis que ce voyage a été réalisé, une bonne partie des chemins entre Castelnaudary et Sète ont été refaits, ou sont en passe de l’être. Pour plus d’infos : travaux de réfection des berges du canal du Midi.


Point crucial quand on voyage à vélo : le ravitaillement en eau potable !

Aucun souci pour ça tout au long du canal des 2 Mers : on trouve des robinets et des fontaines un peu partout (le plus souvent au niveau des villages traversés, des ponts ou des écluses, avec parfois en prime des toilettes publiques).

Une fontaine sur le bord de la piste cyclable qui longe le canal du Midi
La fontaine de Frontenac (Gironde) le long de la piste cyclable Lapébie (canal des Deux-Mers)


Pour chercher où dormir, l’avantage d’utiliser les deux liens indiqués ci-dessus (et que re-voici : Le canal des Deux Mers à vélo et France Vélo Tourisme), c’est que l’emplacement des hébergements proposés apparaît directement sur la carte du canal : cela permet donc d’éviter de faire un détour pour aller dormir en choisissant ceux qui sont les plus proches de l’itinéraire vélo. On peut également rechercher des hébergements via des filtres, comme « hébergements insolites » par exemple, etc.

Parmi les hébergements où nous avons dormi, voici une sélection des plus sympas…


A Sète, nous avons trouvé un hébergement insolite : un bateau ! Bien sûr, il est resté à quai mais c’était tellement mieux qu’un hôtel. Et les quelques bières nocturnes dégustées sur le pont supérieur, à la belle étoile, pour fêter la fin du périple, ont eu à cet endroit une saveur exceptionnelle…

Le bateau Octopus amarré dans le port de Sète, au coucher du soleil
L’Octopus à Sète
Une cabine du bateau Octopus, amarré dans le port de Sète

Le nom de ce bateau ? L’Octopus. Les prix étaient très abordables lors de notre venue (90 euros la nuitée pour 2), et l’accueil excellent. Il vient d’y avoir un changement de propriétaire. Insolite Boat Sète.

Dans le même genre, il existe un site de réservation de bateaux pour la nuit à Sète (attention, cela concerne souvent des groupes) : Bed Boat Sète.

Le salon de bateau Octopus amarré dans le port de Sète
Le pont supérieur du bateau Octopus amarré dans le port de Sète, au coucher du soleil
Le pont supérieur de l’Octopus

Saint-Loup (82)

Nous avons eu un coup de cœur pour les Chambres de Lili, une adorable petite maison d’hôtes située dans le Tarn-et-Garonne (à 4 kilomètres de Donzac), qui mérite d’être mise en avant.

Sans trop entrer dans les détails, c’est la petite Liséa, atteinte d’une maladie rare, qui est au cœur de ce projet monté par ses parents. Pour eux, il s’agit entre autres d’offrir des stages à des personnes en situation de handicap, afin de les aider à développer leur autonomie.

La terrasse de la maison d'hôtes Les Chambres de Lili (Tarn-et-Garonne)
Les Chambres de Lili

Ils ont joliment rénové une ancienne grange ainsi que le vaste jardin qui l’entoure. Les chambres sont évidemment accessibles et adaptées aux personnes en situation de handicap.

Il y a une piscine, un terrain de pétanque, des espaces de jeux, une agréable terrasse, un potager, des espaces verts… Le bonheur !

La salle à manger de la maison d'hôtes Les Chambres de Lili (Tarn-et-Garonne)
Les Chambres de Lili : la salle à manger
La salle à manger de la maison d'hôtes Les Chambres de Lili (Tarn-et-Garonne)

Pour louer, l’idéal est de passer par le site officiel les Chambres de Lili (+33.6.74.56.43.26, ou par mail : ici), mais il y a aussi Booking.

Un dernier mot : Lili et ses parents sont extrêmement accueillants…

Un vélo et une poule dans le jardin des chambres de Lili
Ça roule ma poule ?

Le moulin de Saint-Laurent – Cet hébergement situé non loin du canal propose des gites de différentes superficies, et donc des prix variables : de 39 euros seulement à 180 euros la nuitée pour 2 (voire plus selon la capacité du gite). Il y a également quelques emplacements en pleine verdure pour planter sa tente…

La maison d'hôtes Le Moulin de Saint-Laurent (Lot-et-Garonne)
Le Moulin de Saint-Laurent
La maison d'hôtes Le Moulin de Saint-Laurent (Lot-et-Garonne)

L’accueil y est excellent : il était tard quand nous y sommes arrivés et les cuisines étaient donc fermées mais pour nous dépanner, le gérant très accueillant nous a ouvert ses conserves de rougail-saucisses faits maison qui se sont avérées copieuses, succulentes et bon marché ! Le tout avec le sourire. Un bonheur après avoir roulé 153 bornes et crevé trois fois (la 4e crevaison aura lieu dès le lendemain matin, après seulement 8 km)…


L’Archange est situé à 50 km de Bordeaux mais tout près de la piste Lapébie. C’est un petit bar-restaurant qui fait aussi chambres d’hôtes. Il ne paye pas de mine mais la terrasse est agréable, les repas sont bons et l’accueil très sympa (le patron s’est très gentiment mis en quatre pour me trouver une petite vis identique à celle de mon vélo que j’avais perdue en cours de route).

Le jacuzzi et la terrasse de l'hôtel L'Archange (Gironde) à proximité de la piste cyclable Lapébie (canal des Deux-Mers)
Le jacuzzi et la terrasse de l’Archange

Bon à savoir – Il vaut mieux réserver directement auprès de l’établissement que par les plateformes classiques : nous avons eu la nuitée à 62 euros via le site officiel L’Archange (ou 05 56 30 83 35) alors que via Booking, la même chambre était proposée à 72 euros.



La portion du canal des Deux-Mers qui va de Royan à Bordeaux s’étire sur 160 km sur la rive droite de la Gironde (avec une variante de 150 km). Je n’ai pas encore évoqué ce trajet dans cet article, et pour cause : je ne l’ai jamais parcouru !

En revanche, je roule presque tous les week-ends, en tout ou partie, sur l’itinéraire parallèle qui va du Verdon-sur-Mer à Bordeaux (140 km), de l’autre côté de la Gironde.

La forêt de pins le long de la piste dite de Lacanau, qui relie Bordeaux à Lacanau, éclairée par la lumière chaude du soleil levant
La piste dite de Lacanau, relie Bordeaux… à Lacanau

C’est donc ce trajet que je vais présenter ici (si les photos montrent différentes saisons, c’est parce que je roule par ici tout au long de l’année).

L'itinéraire à vélo de Soulac-sur-Mer à Bordeaux (Gironde)
Soulac – Mérignac à vélo (130 km)

L’estuaire de la Gironde est gardé par deux villes qui se font face : Royan (Charente-Maritime) sur la rive nord, et Le Verdon-sur-Mer (Gironde) sur la rive sud.

La phare de Grave, au Verdon-sur-Mer
La phare de Grave, au Verdon

Elles sont reliées par un bac qui fait la traversée de l’une à l’autre en une demi-heure (7 à 8 rotations par jour l’hiver, environ 25 l’été).

L'arrivée du bac au Verdon-sur-Mer
L’arrivée du bac au Verdon

Ainsi, si vous roulez sur l’Eurovélo 1 (cette véloroute européenne qui traverse l’Europe depuis la Norvège jusqu’au Portugal en passant par la France, en longeant son littoral atlantique), alors il vous sera facile de prendre le bac pour traverser l’estuaire de la Gironde, avant de prendre la direction de Bordeaux.

Le départ se fait donc depuis cette petite station balnéaire du Verdon-sur-Mer, située sur la pointe du Médoc.

Le port de plaisance historique du Verdon-sur-Mer (Gironde)
Le port de plaisance historique du Verdon

La piste cyclable traverse le Médoc du nord au sud et paradoxalement, on n’aperçoit pas la moindre parcelle de vigne sur cet itinéraire, qui passe presqu’exclusivement à travers de jolies forêts de pins.

La forêt de pins le long de la piste dite de Lacanau, qui relie Bordeaux à Lacanau, éclairée par la lumière chaude du soleil levant
Les forêts de pins girondines le long de la piste cyclable

A dix kilomètres du Verdon, on arrive à Soulac-sur-Mer. Aaah Soulac, je ne dirai pas ici tout le bien que j’en pense car ce serait un peu hors-sujet mais si ça vous intéresse, j’ai écrit un article détaillé sur cette adorable petite station balnéaire : mon petit coin de paradis…

La petite station balnéaire de Soulac-sur-Mer, éclairée par le soleil couchant, domine la plage à marée basse face à l'océan Atlantique
Les plages soulacaises à marée basse

A 35 kilomètres environ vers le sud, la route traverse la forêt entre le lac d’Hourtin à gauche et l’océan à droite (voir la carte un peu plus haut). On ne voit ni l’un ni l’autre mais de légers détours suffisent pour aller les voir.

La piste cyclable de Lacanau au Porge et au bassin d'Arcachon
Pour changer des pins omniprésents, quelques chênes bordent parfois la piste

Cette route entre lac et océan, dans un cadre très nature, s’étend sur 18 kilomètres. C’est la seule portion de l’itinéraire jusqu’à Bordeaux qui soit ouverte aux voitures, mais seulement six mois par an (du 1er octobre au 31 mars). Toutefois, même ouverte, elle est de toute façon extrêmement peu fréquentée. Du 1er avril au 30 septembre, elle n’est ouverte qu’aux vélos (ainsi qu’à quelques rares véhicules de service).

Sur cette portion de 18 kilomètres, je n’ai jamais croisé plus de six ou sept voitures grand maximum, et parfois quelques camions qui chargent du bois, puisqu’on est ici en plein territoire des sylviculteurs.

Des tas de pins coupés le long de la petite route entre Hourtin et Maubuisson
La petite route déserte entre Hourtin et Maubuisson

L’arrivée à Maubuisson, sur la rive sud du lac d’Hourtin, marque la fin de cette petite route déserte et le retour sur la piste cyclable.

Le lac d'Hourtin et l'une de ses plages vus depuis Maubuisson
Le lac d’Hourtin à Maubuisson
A Maubuisson, un canal d'accès au lac d'Hourtin
Maubuisson

Une quinzaine de kilomètres plus au sud, on arrive à Lacanau-ville. Si l’on veut aller voir la mer, il y a là deux bifurcations possibles :

  • La première vers la droite à l’entrée de la ville (Lacanau-Océan est à 14 km, avec une petite partie en route partagée mais peu fréquentée) ;
  • La seconde également vers la droite mais à la sortie de la ville (26 km de pistes cyclables dans les bois jusqu’au bassin d’Arcachon, à Arès).
Un petit pont jaune au milieu de la forêt sur la piste cyclable entre Lacanau et le bassin d'Arcachon
La piste cyclable entre Lacanau et le bassin d’Arcachon

Entre Lacanau et Bordeaux, il ne reste plus qu’une cinquantaine de kilomètres mais qui sont, disons… contrastés !

Une grande rétention d'eau ressemblant à un lac le long de la piste cyclable de Lacanau (Gironde), à la sortie de Lacanau
Le long de la piste cyclable, à la sortie de Lacanau

Car en effet, les terribles incendies de l’été 2022 ont en partie défiguré notre belle région. Les stigmates du brasier crèvent les yeux sur une dizaine de kilomètres le long de la piste de Lacanau, entre Saumos et Sainte-Hélène (à respectivement 40 et 30 km de Bordeaux).

Un vélo sur la piste de Lacanau au milieu de la forêt de pins brûlée après l'incendie de Saumos en 2022
La piste de Lacanau, défigurée après les incendies de l’été 2022

La Teste-de-Buch, Landiras, Sainte-Hélène : les incendies se sont succédés durant l’été 2022, avec des conséquences terribles dans la région.

Écran du moniteur de la caméra d'une journaliste montrant les pompiers qui luttent contre l'incendie de la forêt de pins à Saumos en 2022
L'incendie de 2022 à Saumos ravage la forêt de pins (vu depuis un camion de pompiers)
Depuis le camion des pompiers…

Celui de Landiras, alors qu’il était pourtant éteint, a repris un mois plus tard après s’être propagé sous terre via des gisements profonds de tourbe.

Pour celui de La Teste, les pompiers indiqueront qu’au cœur du brasier incontrôlable, les flammes atteignaient les 100 mètres de haut…

La piste cyclable de Lacanau au milieu de la forêt
Avant…
La piste cyclable de Lacanau au milieu de la forêt, après l'incendie ravageur de Saumos en 2022
… après.

Bref, un massacre pour la faune et la flore, une cicatrice pour les paysages de la région, et une plaie béante dans le cœur des habitants…

Je ne terminerai donc pas ce chapitre sans dire un mot de nos pompiers qui, aidés par leurs collègues d’autres régions de France ainsi que quelques-uns venus spécialement de l’étranger pour leur prêter main forte, ont réalisé un travail colossal pendant ces incendies hors norme.

Une fumerolle dans la forêt brûlée par l'incendie ravageur de Saumos en 2022, deux mois après qu'il a été éteint
Au bord de la piste, deux mois après l’incendie…

Par exemple, sur le bord de la piste cyclable, on a pu apercevoir pendant quelques mois certaines maisons isolées au milieu des bois, entièrement intactes alors que tous les arbres autour d’elles avaient brûlé (les arbres carbonisés ont été abattus depuis). Ce sont les pompiers qui les ont sauvées, et leurs habitants avec.

Quelques mois plus tard, c’est non plus le feu mais l’eau qui est omniprésente : après les incendies, les inondations…

La piste entre Lacanau et Saumos
Glace dans un fossé le long de la piste cyclable de Lacanau, l'hiver
La piste de Lacanau, l’hiver

Mais poursuivons notre route…

La piste cyclable qui va du Verdon à Bordeaux étant malgré ce feu un site très nature, on peut y apercevoir de nombreux animaux sauvages. J’y vois régulièrement (ou j’y ai vu au moins une fois) : chevreuils, sangliers, écureuils, ragondins, cigognes, grues, milans, faisans, lièvres, orvets, biches… Alors si vous vous baladez par là et que vous aimez la nature, un conseil : ouvrez l’œil…

Pour terminer, voici quelques images panoramiques de l’itinéraire cyclable Le Verdon – Bordeaux :

La piste cyclable entre Lacanau et le Bassin d'Arcachon, au milieu de la forêt

La route cyclable entre Maubuisson et Hourtin, au milieu de la forêt et des genêts fleuris, au printemps

La piste cyclable entre Lacanau et Bordeaux, au milieu de la forêt

La piste cyclable entre Lacanau et Bordeaux, au milieu de la forêt

140 kilomètres après Le Verdon, on arrive à Bordeaux.

Bordeaux, le pont de pierre
La flèche Saint-Michel, la Garonne et le pont de pierre
Le pont Chaban-Delmas
Les quais dans le quartier des Chartrons
La cité du vin
La fontaine des Trois Grâces (ou des filles de Zeus), place de la Bourse

Le meilleur du canal des Deux-Mers en vidéo (2 mn)


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Isla Holbox et les requins-baleines

Holbox (qui se prononce « Holboche ») est une île superbe où l’on peut se détendre dans un cadre enchanteur.

Cabo Catoche, sur l'île d'Holbox, est situé à l'extrémité nord de toute la péninsule du Yucatan
Holbox : la plage de Cabo Catoche

L’activité phare est la nage avec des requins-baleines. Pour nous, elle s’est transformée en grosse déconvenue que je vais raconter ici, afin d’aider les autres à ne pas tomber dans le même panneau que nous…



Notre but principal en allant à Holbox est de plonger avec des requins-baleines. C’est donc la première chose que nous expliquons à notre hôtel, Los Arcos Holbox, dès notre arrivée. Il nous organise une excursion avec l’un des nombreux tours-opérateurs de l’île : Glendy Tours Holbox. Le départ a lieu le lendemain, tôt le matin.

Le programme de cette sortie est le suivant (c’est le même pour tous les tour-opérateurs, qui sont une trentaine !) : environ deux heures de bateau rapide, puis snorkeling avec les requins-baleines, puis nouveau trajet en bateau pour rejoindre la côte à Cabo Catoche pour le repas, puis encore du bateau pour aller faire du snorkeling sur un site assez poissonneux, après quoi l’on rentre. Au total, la sortie peut prendre huit heures, voire plus. J’en profite pour le dire tout de suite : attention si vous êtes sujet au mal de mer, puisque l’excursion dure longtemps. Nous avons eu droit à une mer calme mais ce n’est pas toujours le cas…

Excursion en bateau à la recherche des requins-baleines
Direction : les requins-baleines…

Outre mes deux fils et moi, il n’y a que deux autres clients à bord, un couple de français. Notre bateau est l’un des tout premiers à partir mais au bout de dix minutes, le pilote reçoit un appel radio. Nous faisons demi-tour sans la moindre explication, pour retourner sur le ponton du départ.

Là, une jeune femme qui se prend carrément pour une diva nous attend. Elle est mexicaine et monte à bord en nous snobant tous les cinq, mais en aguichant le pilote et le guide, lesquels du coup n’ont pas les yeux dans leur poche. Nous ne comprenons pas comment cette diva a pu convaincre notre tour-opérateur de faire faire demi-tour au bateau pour venir la chercher alors qu’elle n’avait pas réservé et que nous étions déjà loin. Nous repartons avec 20 minutes de retard.

Le trajet de deux heures passe étonnamment vite, et pour cause : nous croisons des dauphins à six reprises ! Ils se déplacent en sautant hors de l’eau. Un vrai bonheur. Nous nous arrêtons lorsqu’ils sont près du bateau.

Des dauphins plongent dans le grand bleu à l'approche du bateau
Couple de dauphins dans le grand bleu

L’objectif grand-angle de ma GoPro les rapetisse un peu mais ça me permet quand même de ramener une photo-souvenir.

Quelques exocets (les poissons dits « volants ») planent également à un ou deux mètres du bateau pendant que nous naviguons à pleine vitesse. Le faux-départ est oublié, la journée commence vraiment bien dans cette nature marine somptueuse…

Arrivés sur la zone où sont censés se trouver les grands squales, le guide nous explique qu’il faut maintenant scruter la mer jusqu’à ce que nous en apercevions un. Cela peut durer 5 minutes comme trois-quarts d’heure, nous dit-il, et si on n’a pas de chance, on n’en verra même aucun !

Une heure et demie plus tard, toujours rien ! Le capitaine met alors le cap sur une zone que nous apercevons au loin, où se trouvent déjà une bonne vingtaine de bateaux.

Une vingtaine de bateaux font la queue pour essayer d'apercevoir un requin-baleine juvénile

Il y a là en effet un requin-baleine juvénile (qui doit bien mesurer ses huit mètres quand même) et tous ces bateaux font la queue pour s’en approcher lentement à tour de rôle, afin de ne pas effrayer l’animal. Chacun passe une trentaine de secondes à quelques mètres de lui, moteur au ralenti, puis laisse la place au suivant, et ainsi de suite.

Une vingtaine de bateaux font la queue pour essayer d'apercevoir un requin-baleine juvénile
On aperçoit l’aileron et la queue du requin

On a le droit de s’approcher ainsi à trois reprises, mais on n’a pas celui de plonger. C’est normal, une telle foule de plongeurs pour un seul animal lui provoquerait un gros coup de stress et ici, les requins sont protégés par la réglementation : la plongée avec les requins-baleines est strictement encadrée. Il y a d’ailleurs en permanence un bateau de garde-côtes avec nous, qui surveille les agissements de chacun.

Nous sommes partagés entre la chance de pouvoir observer un si bel animal, même depuis la surface, et la gêne que nous ressentons vis-à-vis de cette situation grotesque. Tous ces bateaux à la queue-leu-leu pour apercevoir vaguement ce requin pendant quelques secondes, soyons honnêtes : c’est ridicule. Bref, la situation est désagréable, et sans doute plus encore pour le requin que pour nous, finalement. Même s’il est vrai qu’il continue à avaler ses kilos de plancton comme si de rien n’était…

Quand c’est notre tour d’approcher, je plonge ma GoPro dans l’eau du bout du bras et je cadre au pif, en espérant que j’aurai une image correcte du squale.

Un requin-baleine observé pendant l'excursion depuis Holbox
Le requin-baleine est planctonophage
Un requin-baleine observé pendant l'excursion depuis Holbox

L’autre client français fait de même.

Un requin-baleine observé pendant l'excursion depuis Holbox

Au troisième et dernier passage, la sixième cliente du bord, celle pour qui nous avons dû rebrousser chemin dix minutes après le départ, s’adresse discrètement au guide et au capitaine après avoir enfilé ses palmes (alors que, je le rappelle, personne n’a le droit de plonger). Elle veut qu’ils demandent aux garde-côtes de lui donner l’autorisation de plonger avec le requin, à elle toute seule ! Elle parle à voix basse pour que nous ne comprenions pas ce qu’elle leur propose en échange.

Les deux sbires s’exécutent et crient la demande aux officiels, devant tous les autres bateaux et sans aucune honte. Face à tant de témoins, les garde-côtes sont bien obligés de refuser. La diva ne lâche rien et demande aux deux sbires d’insister, ce qu’ils font lourdement mais le refus s’avère ferme et définitif.

Sur les bateaux les plus proches du nôtre, les occupants ont tous entendu et sont sidérés. Ils se moquent ostensiblement de cette bimbo qui n’a décidément pas froid aux yeux. Cachée derrière ses lunettes de soleil de star, elle les gratifie en retour d’un sourire dédaigneux. Pitoyable.

La rencontre avec le requin se termine, et nous repartons en mettant le cap sur Cabo Catoche, un site sur l’île d’Holbox où nous allons manger.

Un requin-baleine observé pendant l'excursion depuis Holbox

Nous sommes un peu déçus de ne pas avoir eu la chance de croiser le banc habituel de requins-baleines (ils sont régulièrement plusieurs dizaines à nager ensemble !) mais c’est la loi de la nature, nous le savons bien.

Et en chemin, le coup de chance improbable se produit : un bateau qui nous précède est en train de mettre ses plongeurs à l’eau avec un couple de requins-baleines, adultes ceux-là. Nous les rejoignons et, pendant que nous mettons masque et tuba, le guide nous briefe. Il nous indique que mes fils et moi ferons partie de la première palanquée, puis le couple de français et la diva de la deuxième.

Mais Miss Monde, vraisemblablement mécontente de cet ordre de passage, se plaint discrètement au guide, lequel inverse finalement l’ordre de passage. Cela ne nous pose pas de problème particulier puisqu’on ne peut passer qu’une petite minute dans l’eau : nous ne sommes pas à une minute près.

Ils se mettent donc tous les trois à l’eau puis un instant plus tard, ils en terminent avec leur plongée. Mes 2 fils et moi, assis sur le rebord du bateau, masque sur le museau et tuba en bouche, sommes fin prêts à piquer enfin une tête. Mais le capitaine, au lieu de continuer à suivre le requin, n’a plus d’yeux que pour Miss Silicone ! Il en arrive même à lâcher la barre un court instant pour l’aider à se hisser à bord.

L’un des deux requins est déjà parti depuis quelques minutes, et le deuxième file un peu plus loin. D’autres bateaux arrivent et le capitaine repart faire la queue à 100 mètres du squale. Très vite, toujours plus de bateaux arrivent. Il y a finalement beaucoup trop de monde, le requin s’en va et il n’est plus possible de plonger.

Je suis bien sûr un peu déçu de ne pas avoir pu réaliser ce vieux rêve qui est le mien de plonger un jour avec un requin-baleine, même brièvement. Mais je suis surtout écoeuré pour mes deux fistons, qui se faisaient une joie de vivre ça. Je dis au guide ma façon de penser et je lui demande un dédommagement, non pas pour ne pas avoir pu plonger avec ce gros poisson car on n’est jamais assuré d’en voir un, la nature n’étant pas à notre disposition, mais pour nous avoir clairement zappés au moment où c’était notre tour de plonger. Il me promet un remboursement.

A la fin de la journée, arrivés à terre, il nous débarque tous et au moment où il s’apprête à partir, je lui rappelle qu’il doit me rembourser. Il accepte à nouveau, remonte tranquillement à bord et s’en va plein gaz comme si de rien n’était, avec le capitaine, comme deux grands lâches. Je n’arrive pas à y croire.

La plage située au bout de la rue principale d'Holbox
La plage située au bout de la rue principale d’Holbox

Bien sûr, de retour à notre hôtel (qui nous a réservé ce tour -opérateur : Glendy Tours), j’explique la situation et redemande mon remboursement. Le réceptionniste convoque le gérant, qui arrive avec le guide. Notre fuyard fait moins le fier. Intérieurement, je bous mais je prends sur moi pour garder mon calme pendant la discussion qui s’ensuit.

D’emblée, je mets un point d’honneur à regarder le pseudo-guide dans les yeux, tout en lui reprochant de s’être enfui comme un lâche. Je fais mon possible pour m’exprimer calmement, j’articule bien, je le fixe en permanence et je répète à plusieurs reprises que c’est un lâche, devant le gérant qui ne dit pas un mot. Le guide, de toute évidence, a reçu au préalable la consigne de son patron de la fermer car il ne bronche pas de tout l’entretien, lequel dure une bonne vingtaine de minutes.

Bref, je vous passe les détails mais au final, le gérant ne nous proposera que de nous offrir une autre excursion, le lendemain, en contrepartie de ce « désagrément ». Il s’agit uniquement de nager avec les poissons, pas de retourner voir les requins. Il admet donc leurs torts, mais comme nous devons partir justement le lendemain tôt le matin et assumer nos autres réservations pour la suite du voyage, nous ne pouvons pas accepter. Et lui, il refuse de nous rembourser.

Sur Tripadvisor, ce Glendy Tours est évalué très moyennement (sur une échelle de 1 à 5, il a la note de 3), mais il arrive surtout en 29e position seulement sur 36 tour-opérateurs nautiques qui sont notés par les clients. Je suis un peu remonté contre l’hôtel, qui a réservé pour nous un tel amateur.

Glendy Tours, qui nous a arnaqués, est mal noté sur Tripadvisor
La notation de Glendy Tours par ses clients en dit long sur la « qualité » de ses prestations…

Si vous voulez plonger avec les requins-baleines à Holbox, vous le ferez peut-être avec Glendy Tours. Et ça se passera peut-être bien, c’est en tout cas ce que je vous souhaite. Mais au vu du prix que coûte une telle excursion (3.000 pesos par personne, soit 160 euros environ !), je me permets quand même de vous suggérer de chercher rapidement sur le web, avant de partir, quels sont les prestataires les mieux notés : vous aurez forcément plus de chances que ça se passe bien avec ceux qui sont le mieux notés, plutôt qu’avec ceux qui sont aussi mal classés que Glendy Tours.

En revanche, si vous êtes une belle jeune femme, alors vous pouvez les choisir sans crainte : vous serez mieux reçue que les autres…

En voilà au moins un qu’on a pu observer !

Pour en terminer avec cette excursion, je dois évoquer l’aspect respect de la nature, que mettent en avant tous les tours-opérateurs qui organisent cette activité. Ils nous expliquent qu’ils respectent les requins : on ne peut plonger simultanément que par deux ou trois maximum, et pendant quelques minutes seulement pour ne pas perturber ces géants des mers…

Nous y avons cru avant le départ, mais ce n’est pas ce que nous avons vu. Quand les requins sont introuvables sauf un, tout le monde se rue dessus et seule la présence permanente des garde-côtes empêche les tours-opérateurs de mettre leurs clients à l’eau.

Car pour le deuxième requin que nous avons vu, quand les plongeurs de notre bateau sont sortis de l’eau et que nous sommes partis faire la queue alors que c’était notre tour de plonger, d’autres bateaux sont arrivés assez rapidement et ont commencé à se ruer sur le pauvre requin qui, du coup, a fini par mettre les voiles.

En d’autres termes, il est clair que ces entreprises ne respectent les requins que lorsqu’elles sont contrôlées.

Le pilote d'un bateau qui vient d'Holbox fait tourner l'hélice de son moteur juste à côté d'un pélican
Les pilotes des bateaux (ici en marche arrière !) ne se soucient pas des animaux

Et pour le snorkeling à proximité de Cabo Catoche, ils attirent les poissons quotidiennement en les nourrissant, ce qui est normalement une pratique à proscrire. Car ensuite, ces poissons ne savent plus s’alimenter naturellement et deviennent dépendants de Glendy Tours et de ses concurrents.


Un petit mot quand même sur le reste de l’excursion. Cabo Catoche (le site où nous avons pris le repas, sur l’île d’Holbox) est le point le plus septentrional de tout le Yucatan. L’endroit est paradisiaque.

Cabo Catoche, sur l'île d'Holbox, est situé à l'extrémité nord de toute la péninsule du Yucatan
Le repas a lieu face à la mer, sur la plage de Cabo Catoche
Cabo Catoche, sur l'île d'Holbox, est situé à l'extrémité nord de toute la péninsule du Yucatan
Cabo Catoche, sur l'île d'Holbox, est situé à l'extrémité nord de toute la péninsule du Yucatan

Sur le chemin du retour, nous passerons une demi-heure à faire du snorkeling sur un site qui ne s’avère finalement poissonneux que parce que les tours-opérateurs ont la mauvaise idée de nourrir les poissons. Mais cette pratique non respectueuse de la nature est normalement à proscrire.

A Cabo Catoche, les locaux pratiquent le nourrissage ou feeding des poissons. Cette pratique irrespectueuse de la nature, qui est donc à proscrire, permet de satisfaire les clients
Snorkeling à proximité de Cabo Catoche

En plus, le gilet de sauvetage, comme dans de nombreux endroits au Yucatan d’ailleurs, est obligatoire !!

A Cabo Catoche, les locaux pratiquent le nourrissage ou feeding des poissons. Cette pratique irrespectueuse de la nature, qui est donc à proscrire, permet de satisfaire les clients

Étant plongeurs, nous n’avons pas trouvé ce site très intéressant mais objectivement, il devrait ravir tous ceux qui n’ont pas trop l’habitude de mettre la tête sous l’eau dans de beaux sites de plongée.

Nous avons détesté nous sentir prisonniers de ce gilet qui nous bloquait à la surface et pour ma part, ce que j’ai préféré finalement, c’est de pouvoir nager à côté d’un pélican assez peu farouche, qui palmait juste à côté de moi dans une eau verte.

Snorkeling avec un pélican à Cabo Catoche
Snorkeling avec un pélican à Cabo Catoche

En conclusion, notre rêve de plonger avec des requins-baleines est tombé à l’eau, contrairement à nous qui sommes restés à bord ! Mais ce n’est pas grave finalement car il nous reste 18 à jours à profiter du Mexique, et ce ne sont pas ces types et leur dulcinée plastifiée qui vont nous gâcher le plaisir.

La suite de notre périple dans le Yucatan va s’avérer en effet grandiose et notamment, à défaut d’avoir pu plonger avec des requins-baleines, nous allons plonger dans quelques jours, nous ne le savons pas encore, avec un crocodile sauvage !…


Tout à l’ouest de l’île (à 15 mn de la petite ville d’Holbox en voiturette de golf) se trouve un site de bioluminescence réputé : dans l’eau, le plancton est lumineux en pleine nuit.

Les photos que j’avais vues vues sur le web montraient une eau très lumineuse d’un bleu métallique impressionnant, en pleine nuit. C’était magnifique (bioluminescence à Holbox sur le web).

Si vous avez vu les mêmes images, alors ne vous y trompez pas : le plancton brille un peu mais beaucoup moins que sur ces photos, et il émet une lumière non pas bleue mais plutôt grisâtre.

Bref, c’est magique pour les enfants, intéressant pour les plus curieux, mais globalement plutôt décevant (décidément…).

Mais peut-être cette teinte bleutée et très lumineuse varie-t-elle en fonction de la saison, ou des conditions de l’eau…


L’île d’Holbox est pourvue de grandes et magnifiques plages de sable blanc.

Playa Punta Cocos est située à l'ouest de l'île d'Holbox
Playa Punta Cocos

Dans la ville d’Holbox, elles sont colonisées par les hôtels mais dès qu’on s’éloigne un peu, on trouve des endroits paradisiaques : sable blanc donc, mer tantôt verte et tantôt turquoise, cocotiers…

Cabo Catoche, sur l'île d'Holbox, est situé à l'extrémité nord de toute la péninsule du Yucatan
La plage de Cabo Catoche

De nombreux murs sont joliment graffés à Holbox. En voici un aperçu.

Le street-art est très présent dans les rues d'Holbox

Le street-art est très présent dans les rues d'Holbox

Le street-art est très présent dans les rues d'Holbox, même en mer...

Le street-art est très présent dans les rues d'Holbox

Street-art à Holbox : plus d’images…


  • Direction Chiquila – Holbox est une île, et les bateaux qui s’y rendent partent du petit port de Chiquila, lequel est situé à 2 heures de voiture de Cancun, 2h30 minimum en bus.
  • Le parking à Chiquila – On entre dans Chiquila via une longue artère qui mène au port. De part et d’autre de cette rue, il y a de nombreux parkings qu’on ne peut pas manquer : les employés agitent des drapeaux rouges pour attirer les voyageurs. On peut y laisser la voiture de location le temps du séjour à Holbox, ils sont tous sécurisés. En effet, il n’y a pas de voitures sur Holbox. Les prix sont les mêmes partout : 50 pesos pour 12 heures, 100 pesos pour 24 heures. Du coup, choisissez de préférence le parking le plus proche du port afin d’éviter de marcher en plein cagnard avec vos sacs à dos (ou valises).
  • La traversée Chiquila – Holbox – Deux compagnies proposent cette traversée : 9 Hermanos et Holbox Express. Les tarifs pratiqués sont identiques : 220 pesos l’aller simple (12 euros en 2023). La traversée dure 20 minutes et il y a un départ en alternance toutes les 30 minutes.
Un bateau de la compagnie nueve hermanos assure la traversée entre Chiquila et Holbox

Le bon plan : au niveau des guichets de ces deux compagnies, il y a également la possibilité de choisir la traversée en lancha (bateau rapide), en négociant le prix en-dessous de celui des ferries, soit entre 150 et 200 pesos. Le moment idéal pour la négo : quelques minutes avant le départ du ferry… Ces lanchas sont plus rapides, plus sympas et moins chères.


Faute de voitures sur l’île, on se déplace essentiellement en voiturette -taxi.

Déplacement en voiturette-taxi dans la rue principale d'Holbox

On peut également louer un vélo mais attention à ceux qui ne sont pas très sportifs car ce n’est pas toujours facile de pédaler : il fait très chaud et les chemins ne sont pas toujours très praticables.

Il est plus simple de louer une voiturette de golf mais le tarif est élevé : +/- 2000 pesos soit 105 euros environ les 24 heures (on peut aussi louer à la journée ou à la demi-journée). En plus, il y a pas mal de retours négatifs quant à l’état des véhicules, qui auraient tendance à tomber régulièrement en panne. Si vous choisissez cette option, il est donc conseillé de bien regarder les avis sur le web avant de choisir votre loueur…

Déplacement en voiturette-taxi dans la rue principale d'Holbox

Les hôtels ne manquent pas sur l’île : on peut aussi bien en choisir un de visu une fois sur place, que réserver à l’avance sur les plateformes habituelles (Booking, Agoda, Airbnb etc.) ou encore sur ce site spécialisé : Hoteles Isla Holbox.

Nous avons choisi de dormir dans le petit centre-ville pour avoir toutes les commodités à quelques pas, et la plage au bout de la rue : c’est le quartier le plus recherché par les touristes donc les hébergements y sont un peu plus chers qu’ailleurs.

Nous avons dormi à Hotel Los Arcos Holbox pour 75 euros par nuit pour 4 personnes, en plein mois de juillet (le prix plancher pour 3 personnes est de 33 euros la nuitée, en fonction de la saison).

Tout aurait été parfait pour nous dans cet hôtel, s’il ne nous avait pas réservé l’excursion avec les requins-baleines chez les amateurs de Glendy Tours…

Quelques chambres de l'hotel Los Arcos Holbox
Hotel Los Arcos Holbox

Inutile de vous répéter ici les problèmes que nous avons rencontrés avec Glendy Tours, classé 29e sur 36 par ses clients sur Tripadvisor, malgré un coût de… 3000 pesos par personne (160 euros !)

En un bref coup d’oeil sur le web, on peut trouver facilement d’autres prestataires beaucoup mieux notés par leurs clients. Cela n’empêchera pas forcément de mauvaises expériences avec eux, mais ce sera beaucoup moins probable qu’avec Glendy. Ainsi, en deux clics, j’ai trouvé Holbox Adventure ou encore VIP Holbox Experience et il y en a plein d’autres. Bref, pour limiter les risques, il suffit juste de fouiller un peu…

Un requin-baleine aperçu pendant l'excursion depuis Holbox


Différentes activités sur Holbox : manger, plonger, se reposer...
Isla Holbox…


Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :




Rio Lagartos et Las Coloradas

Rio Lagartos est un village tranquille situé sur la côte nord du Yucatan, et qui présente deux avantages : sa réserve de biosphère fait le bonheur des amoureux de la nature, et c’est l’un des rares endroits du Yucatan encore épargnés par le tourisme de masse. A l’est de la ville, Las Coloradas est connue pour ses bassins d’une étonnante couleur rose vif.

Une paillote sur le malecon à Rio Lagartos.
Rio Lagartos fait face à la mangrove…
Une paillote sur le malecon à Rio Lagartos, au coucher du soleil.
… vue ici depuis le malecon

Le bon plan consiste à visiter la réserve de Ria Lagartos au petit matin car il est plus facile d’observer les animaux lorsqu’ils sont encore à moitié endormis. C’est pourquoi il est souhaitable d’arriver sur place la veille.

Si c’est le cas, on peut profiter de la fin d’après-midi (le jour de l’arrivée sur place) pour visiter les deux cénotes de Peten Mac et Chikila, situés à la sortie de la ville.

Le lendemain matin, on visite donc la réserve de biosphère en bateau et l’après-midi, on peut se rendre à Las Coloradas.



On accède au cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.

Le sentier Peten Mac permet d'accéder au cénote Peten Mac.
Le sentier Peten Mac permet d'accéder au cénote Peten Mac.

Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.

Deux crocodiles sauvages vivent dans le cénote Peten Mac

Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux…

Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche, avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.

Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.

L'un des deux crocodiles du cénote Peten Mac nage vers les visiteurs.
L'un des deux crocodiles du cénote Peten Mac nage vers les visiteurs.

Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux…). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.

Les deux crocodiles du cénote Peten Mac rodent en surface

Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.

Un nid de crocodile sur la rive du cénote Peten Mac
Le nid de maman croco.

Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.

Un crocodile plonge la gueule grande ouverte dans le cénote Peten Mac

Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.


Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a bien expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent celui de Peten Mac.

C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.

Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »

Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.

Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !

Un crocodile a réussi à entrer dans le cénote Chikila, où les enfants se baignent quotidiennement...
Le crocodile inattendu du cénote Chikila

Nous sommes sidérés. Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.

Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en ne trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !

Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !

Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.

Une fois la frayeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage…

Et nous ne le savons pas encore mais dans quelques jours, nous plongerons avec un vrai crocodile (lire notre article plonger dans la mangrove avec un crocodile).


La principale attraction de la petite ville de Rio Lagartos (qui signifie la rivière des lézards, mais comprenez des crocodiles !), c’est sa réserve de biosphère (ainsi classée par l’Unesco) qui s’appelle quant à elle Ria Lagartos (l’estuaire des lézards).

Le malecon à Rio Lagartos est le point de départ des excursions vers la réserve biosphère de Ria Lagartos.
Le malecon, point de départ des excursions

La réserve se visite en bateau, idéalement au petit matin, car c’est le moment où les animaux se réveillent tout juste : encore à moitié endormis, ils sont plus faciles à observer.

Le malecon à Rio Lagartos est le point de départ des excursions vers la réserve biosphère de Ria Lagartos.
L’embarcadère, sur le malecon

En quelques minutes, on rejoint la mangrove située sur la rive d’en face, puis on navigue en serpentant dans les canaux.

Excursion en bateau dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos, à travers la mangrove.

Ria Lagartos est une zone d’une importance capitale pour la conservation de nombreuses espèces menacées. Certains animaux considérés en danger critique d’extinction, comme les tortues marines par exemple, se trouvent ainsi protégés.

Au niveau ambiance, la quiétude et le calme qui règnent dans la réserve correspondent parfaitement à un site aussi nature que celui-là.

La réserve de biosphère de Ria Lagartos.

Ce site protégé permet d’observer de nombreux oiseaux un peu partout. Il fait d’ailleurs office de halte pour un certain nombre d’oiseaux migrateurs.

Une frégate dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Frégate
Une mouette en plein vol dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Mouette

Parmi tous les volatiles qui vivent dans le coin, nous avons la chance d’apercevoir un balbuzard pêcheur. C’est un beau rapace de plus de 1m50 d’envergure, qui se nourrit quasi-exclusivement de poissons.

La pression de ses serres est si forte que parfois, lorsque le poisson qu’il a saisi s’avère trop lourd, il peut lui arriver de ne pas réussir à les desserrer à tel point… qu’il finit par se noyer !

Un balbuzard pêcheur dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Un balbuzard pêcheur

Notre guide José nous explique qu’il y a quelques années, une partie de la mangrove n’a pas survécu au passage d’El Niño, qui a provoqué une hausse importante de la température de l’eau par ici.

La mangrove est morte suite au passage d'El Niño
Les stigmates d’El Niño sur la mangrove

La zone concernée n’est pas bien grande, mais c’est dans cet endroit apparemment sans vie que nous apercevons un crocodile.

Un crocodile nage dans la mangrove, dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Un crocodile nage dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

Il a beau exhiber devant nous son impressionnante dentition, il n’attaque en principe jamais les humains puisqu’il se nourrit exclusivement de poissons, d’oiseaux et de petits mammifères.

Un crocodile nage dans la lumière chaude du soleil levant, dans la mangrove, dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.
Un crocodile de Morelet

Notez que si vous voulez optimiser vos chances d’apercevoir un crocodile, il faut partir de Rio Lagartos le plus tôt possible, c’est-à-dire vers 7h00-7h30 dernier délai. Car dès qu’il commence à faire chaud, ces gros reptiles ont tendance à aller se cacher dans la mangrove.

La visite en bateau se poursuit par une balade dans un marais salant dont l’eau arbore des couleurs étonnantes.

Marais salant dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos

Puis on arrive sur le territoire des flamands roses. Là, il y a deux solutions : soit le guide respecte la réglementation, qui interdit d’approcher de trop près ces gracieux volatiles afin de ne pas les effrayer, soit il la transgresse allègrement afin de satisfaire ses clients, en espérant obtenir à la fin un pourboire.

Notre guide José, très pro, restera consciencieusement à l’écart. D’où les photos un peu lointaines qui illustrent cet article.

Des flamands roses dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

José nous explique qu’il y a quelques années, les flamands étaient beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui par ici. Les bateaux les approchaient de très près et souvent à grande vitesse, pour les contraindre à s’envoler devant l’objectif des touristes. Ces derniers étaient forcément ravis de leurs photos, réalisées au détriment des flamands effrayés.

Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva : les flamands sont partis vivre ailleurs, loin des humains pour avoir la paix. Ils sont donc aujourd’hui beaucoup moins nombreux qu’avant, dans cette partie de la réserve accessible aux touristes même si, au final, on en aperçoit quand même quelques dizaines.

Des flamands roses dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

A noter qu’au cours de ces tours en bateau, on peut faire, si on le souhaite, une halte au milieu de l’estuaire pour s’enduire le corps de boue, puis se rincer dans l’eau une demi-heure plus tard. Nous ne l’avons pas fait mais c’est, paraît-il, du meilleur effet pour la peau…

C’est sur l’observation des flamands roses que le tour prend fin.

Navigation dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos.

Las Coloradas est situé à 25 minutes en voiture à l’est de Rio Lagartos.

A l’origine, le site actuel de Las Coloradas était un lieu où les Mayas produisaient du sel. Cette activité perdure aujourd’hui encore : l’eau de mer est stockée dans de grands bassins, puis s’évapore peu à peu sous le soleil torride de la région pendant que son sel se cristallise.

Cette eau est également chargée en algues, en plancton et en petites crevettes roses : ce sont elles qui transmettent cette couleur unique à l’eau (ainsi qu’aux flamands roses qui les mangent, d’ailleurs). Visuellement, ce paysage est assez spectaculaire.

Un "lac rose", en réalité un bassin de rétention d'eau pour produire du sel, à Las Coloradas.

Il y a quelques années, ce site était à peu près vierge de touristes. On pouvait même se baigner dans ces eaux roses pour faire des photos incroyables. Mais depuis que le drone d’un touriste s’est écrasé dans l’un de ces bassins, le polluant pour un bon moment, la baignade est interdite.

Lors de notre visite (juillet 2023), l’entrée était payante mais surtout, il était obligatoire d’être accompagné par un guide : on ne peut désormais plus se balader librement par ici.

Et ce n’est rien à côté de ce qui se trame : les autorités sont en train d’investir massivement sur ce site en construisant des infrastructures touristiques de grande envergure, tout autour de l’usine de production de sel. Le but affiché est clair : il s’agit de réaliser des recettes touristiques records…

Un "lac rose", en réalité un bassin de rétention d'eau pour produire du sel, à Las Coloradas.

Une fois que ces travaux seront terminés et que la capacité touristique sera décuplée, la question sera donc de savoir si le jeu en vaudra la chandelle : à notre avis, non.

En effet, la couleur de ces bassins, dont on fait le tour en une demi-heure, est étonnante et photogénique, c’est indéniable, mais pas au point de justifier les prix et le manque d’authenticité qui iront immanquablement avec…


  • Rio Lagartos : où dormir ?

Rio Lagartos est une petite ville de 2.000 habitants, où les hôtels sont concentrés le long du malecon : on n’a donc que l’embarras du choix. Si l’on a un peu de temps, on peut aller d’un hôtel à l’autre pour comparer les prix et faire jouer la concurrence.

Nous avons dormi à la Posada El Perico Marinero, qu’on peut réserver via toutes les plateformes habituelles : Booking, Tripadvisor, Agoda etc.

Le plus : c’est l’un des deux seuls hôtels de toute la ville avec piscine, ce qui n’est pas du luxe vu la chaleur accablante qui règne là-bas.

L’hôtel comprend un restaurant sur place et un autre, très bon, dans le centre-ville (à 5 mn à pied), pour lequel les réceptionnistes de l’hôtel donnent des bons de réductions (voir ci-dessous).

La Posada El Perico Marinero, petit hôtel à Rio Lagartos
La Posada El Perico Marinero

L’hôtel est donc légèrement excentré, ce qui en fait un lieu d’hébergement calme, et il suffit de 5 minutes de marche pour rejoindre le minuscule centre-ville.


  • Trouver un guide

Il n’y a rien de plus simple ! On peut demander un guide à la réception des hôtels, c’est ce que nous avons fait à la Posada El Perico Marinero. On peut aussi se balader en ville, où l’on devient vite la cible des différents guides qui proposent leurs services. Toutefois, lorsqu’on refuse, ils ne sont pas insistants.

Attention : il y a les guides officiels, et les autres ! En général, ces derniers sont des pêcheurs qui emmènent les touristes sur leur bateau, car cette activité est bien plus rentable pour eux que la pêche. Mais ils n’ont reçu aucune formation pour ce métier de guide et ne donnent donc pas forcément des informations fiables.

Notre guide, Jose Ramos Gamboa, est un guide officiel que connaissaient tous ceux qui nous ont proposé leurs services sur le malecon, et tous nous ont dit que c’était un excellent guide ! Après coup, c’est également l’impression que nous avons eue. C’est sans doute pourquoi plusieurs hôtels travaillent avec lui…

Le prix : 1.800 pesos (95 euros environ) le tour de 2 heures pour 4 personnes. Plutôt que de négocier le prix comme la plupart des gens, nous avons négocié la durée et Jose a accepté de nous faire faire un tour de 3 heures au lieu de 2 pour ce tarif.

Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à le joindre par téléphone ou via WhatsApp : (999) 910 57 83 – Par mail : contacto@riolagartosdiscovery.com (précisez son nom : Jose Ramos Gamboa) – Le site de son employeur : Rio Lagartos Discovery (différents types de tours sont organisés, y compris de nuit).

Jose Ramos Gamboa, guide officiel de la réserve de biosphère de Ria Lagartos
Jose Ramos Gamboa, guide officiel

  • Rio Lagartos : où manger ?

La Posada El Perico Marinero possède donc un restaurant sur place, mais aussi un autre dans le centre-ville (à 5 mn à pied de l’hôtel) : le Perico Marinero. On y mange très bien, la situation sur le malecon est parfaite, les prix sont corrects et le personnel est accueillant.

Le dessert et la terrasse du Perico Marinero
Au Périco Marinero…

  • Ria Lagartos, réserve de biosphère de l’Unesco

L’Unesco a donc élevé au rang de réserve de biosphère la nature sauvage qui fait face à la petite ville de Rio Lagartos.

Vous trouverez plus d’explications sur le site de l’Unesco (Ria Lagartos).

Deux cormorans dans la réserve de biosphère de Ria Lagartos


Détail du panneau de la ville de Rio Lagartos

Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :




Sian Ka’an, réserve de biosphère

Sian Ka’an est une merveille de la nature difficile à résumer en quelques mots. L’Unesco, qui l’a classée réserve de biosphère, la décrit ainsi : « Le vert luxuriant des forêts et les nombreuses nuances de bleu des lagunes et de la mer des Caraïbes, sous un grand ciel, offrent des visions spectaculaires  » Et c’est peu de le dire !

En effet, cette superbe réserve comprend notamment des forêts tropicales et des mangroves, des lagunes et des plages de sable fin, et même une partie de la deuxième plus grande barrière de corail du monde.

Les variétés de plantes sont si nombreuses qu’elles n’ont pas encore été toutes répertoriées, et les espèces d’animaux qui y prospèrent sont d’une infinie variété : félins, reptiles, oiseaux, primates, poissons… A croire que Noé a vidé son arche ici !

Et pour parfaire ce tableau idyllique, il n’y a pas forcément beaucoup de visiteurs : lors de notre venue, nous étions quasiment seuls…


Il y a trois façons de visiter la réserve de Sian Ka’an :

  • L’excursion depuis Muyil en version courte (2 à 3 heures)
  • L’excursion depuis Muyil en version longue (5 heures)
  • L’excursion de Sian Ka’an (8 heures).

Vous trouverez les détails de ces trois excursions dans nos infos pratiques, en fin d’article.

Excursion courte de Muyil dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an : la balade en bateau dans la mangrove Muyil.
A travers la mangrove

Chacun choisit donc son excursion en fonction de ses propres attentes et nous, nous avons choisi la première option : l’excursion courte depuis Muyil.

Elle se déroule en trois étapes :


Le plan de l'excursion de Muyil, à l'entrée de la jungle, à proximité de Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
1/ Les ruines (en h. à g.). 2/ La jungle (au milieu). 3/ Lagune et canaux mayas (à d.)

  • On commence donc par la visite de l’ancienne petite cité maya de Muyil
  • On poursuit par une courte mais agréable traversée de la jungle, sous les cris incessants des oiseaux exotiques
  • Et on termine par une jolie balade en bateau, qui finit par une baignade inoubliable dans les canaux mayas.

Enfin, précisons qu’il est possible de faire cette excursion, au choix, avec ou sans guide. Il faut également noter qu’on peut se rendre directement à l’embarcadère pour prendre le bateau, si l’on veut zapper les deux premières étapes.


Il s’agit d’un site archéologique maya qui n’est pas spécialement impressionnant à première vue, comparé à ceux de Chichen Itza, Uxmal ou Calakmul.

Les vestiges mayas de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an, à l'entrée du village de Chunyaxché
Les ruines mayas de Muyil

Il n’empêche que ce site noyé dans la nature, où les visiteurs ne se bousculent pas, est extrêmement agréable à visiter.

La végétation autour des vestiges mayas de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an, à l'entrée du village de Chunyaxché
La végétation autour des ruines mayas
Une broméliacée dans la végétation autour des vestiges mayas de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an, à l'entrée du village de Chunyaxché
Détail d'une feuille de palmier dans la végétation autour des vestiges mayas de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an, à l'entrée du village de Chunyaxché
Une tradescantia spathacea dans la végétation autour des vestiges mayas de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an, à l'entrée du village de Chunyaxché

Habité très tôt par les Mayas (de l’an – 300 à l’an 900 environ), la position stratégique du site permettait à ses habitants de garder une route commerciale importante.

Aujourd’hui, sa principale attraction archéologique est sa pyramide à degrés, dite El Castillo. C’est aussi sa plus haute structure (17 mètres).

La pyramide à degré du site archéologique de Muyil, El Castillo (17 mètres de haut) (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
El Castillo, la pyramide à degrés de Muyil
La végétation autour des vestiges mayas de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an, à l'entrée du village de Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
Le chemin qui mène d’une structure à l’autre

A titre indicatif, on peut aussi bien plier la visite des ruines en un quart-d’heure si on n’est pas très curieux, que la faire durer une heure voire plus en mode slow tourisme. Nous, nous avons pris tout notre temps tellement nous l’avons trouvée agréable.


On traverse ensuite une zone de jungle sur un petit chemin en lames de bois très agréable : le sentier Canan Ha.

Le chemin qui traverse la jungle de Muyil, à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
Le sentier Canan Ha

Le panneau situé à l’entrée présente différents habitants du coin même si, en réalité, il n’est pas très fréquent de pourvoir les observer sur cette portion de jungle. En revanche, le chant des oiseaux exotiques nous chatouille en permanence les oreilles.

Un panneau indiquant les animaux de la jungle de Muyil, à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)

Après 10 à 15 minutes de marche, on arrive à une tour d’observation dont le sommet est situé juste au-dessus de la canopée.

La tour d'observation qui domine la jungle de Muyil, à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
La tour d’observation émerge de la jungle

La montée est à peu près aussi abrupte que sur une pyramide maya !

L'escalier abrupt de la tour d'observation qui domine la jungle de Muyil, à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)

Une fois là-haut, la vue sur la lagune et la jungle vaut le détour.

Le sommet de la tour d'observation qui domine la jungle de Muyil, à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
Au fond, la lagune
Le sommet de la tour d'observation qui domine la jungle de Muyil, à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
Panorama sur la canopée

Il ne reste alors plus qu’un petit bout de chemin (5 minutes) avant d’arriver à l’embarcadère.

Le chemin en bois qui traverse la jungle de Muyil à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
L'arrivée à l'embarcadère de la lagune de Muyil, à la fin du chemin en bois qui traverse la jungle de Muyil à Chunyaxché (dans la réserve de biosphère de Sian Ka'an)
L’embarcadère, sur la lagune


Si les deux premières étapes (ruines et jungle) sont déjà très agréables, la troisième laisse carrément un souvenir impérissable. Je l’avais lu avant d’y aller mais j’étais sceptique : à tort, car ce n’est vraiment que du plaisir…

Traversée en bateau de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
Traversée de la lagune de Muyil

La sortie nautique commence par la traversée de la lagune de Muyil. Peu profonde, son eau translucide prend de multiples couleurs : des tons de verts et de bleus, des bancs de sable blanc, des hauts-fonds marrons…

Traversée en bateau de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an

On arrive ensuite aux fameux canaux mayas, qui sillonnent la mangrove.

Traversée en bateau de la mangrove à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
Traversée en bateau d'un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an

Historiquement, ils permettaient aux Mayas de s’approvisionner en eau douce, ce qui était vital pour eux. Aujourd’hui, on s’y baigne !

Nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an

Avant de se jeter à l’eau, on doit enfiler un gilet de sauvetage, non pas par les bras mais par les jambes : le but est de le porter… comme une couche !

Nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
La mise à l’eau

On n’est pas spécialement fier ainsi accoutré mais il faut reconnaître qu’au niveau confort, les sensations dans l’eau sont top. Sa température parfaite fait d’ailleurs un bien fou par rapport à la chaleur ambiante et contribue à rendre le moment magique.

Nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
Nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
Flottaison dans les canaux mayas

On n’a plus qu’à se laisser porter tranquillement par le courant, sans nager.

La mangrove vue depuis sous l'eau pendant la nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
La mangrove vue depuis sous l’eau

On serpente lentement à travers une jolie mangrove, dans une eau vert émeraude.

La mangrove sous l'eau pendant la nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
La mangrove pendant la nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an

Pour cette balade flottante, le pilote du bateau nous avait annoncé une durée d’environ 45 minutes, mais on peut aussi faire durer le plaisir : nous avons tellement profité du moment qu’elle nous a pris plus d’une heure.

On finit par arriver à un petit ponton perdu dans la végétation, qui marque le terminus. Là, il y a deux possibilités : soit le pilote est venu ici en bateau pour récupérer ses nageurs, soit il est venu à pied par un ponton à travers la végétation, par lequel on retourne avec lui au bateau, toujours amarré à l’endroit où on s’est mis à l’eau.

Retour en bateau après la nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
Retour en bateau…
Retour au bateau à pied sur un ponton après la nage dans un canal maya à la sortie de la lagune de Muyil, à Chunyaxché, dans la réserve de Sian Ka'an
… ou retour à pied au bateau (10 mn)

Nous sommes revenus par ce sentier pédestre, seuls au milieu de nulle part. Après 10 minutes de marche sous le cagnard, nous récupérons le bateau.

Il ne reste plus qu’une dizaine de minutes de navigation à travers la mangrove et la lagune de Muyil dans de jolis paysages, pour rentrer à l’embarcadère du début de l’étape 3.

Traversée en bateau de la lagune de Muyil, dans la réserve de Sian Ka'an
La traversée de la lagune Muyil

De là, on peut rejoindre la sortie du site, soit directement (5 minutes à pied), soit en reprenant le chemin de l’aller en sens inverse (traversée de la portion de jungle puis du site archéologique). Nous avons choisi cette deuxième option, histoire de continuer à en profiter au maximum…



C’est celle que nous avons choisie et qui est détaillée dans cet article. Elle comprend la visite du site archéologique maya de Muyil (+/- 30 minutes), puis la traversée d’une portion de jungle à pied (20 minutes), puis la balade en bateau dans la lagune de Muyil puis dans la mangrove, avec nage dans les canaux mayas (1h30 à 2h00).

Tarifs (juillet 2023) : 1120 pesos par personne (environ 60 euros). Le tarif par personne se décline ainsi : 70 pesos pour les ruines, 50 pesos pour la jungle et 1000 pesos la place dans le bateau.


Ce tour en version longue va plus loin dans la réserve que celui de la version courte, il comprend donc :

  • Le tour en version courte.
  • Une balade supplémentaire en bateau qui permet de traverser une autre lagune (la lagune de Chunyaxché), une autre mangrove et d’autres canaux mayas. On peut y apercevoir des crocodiles et des lamantins depuis le bateau.
  • Une pause sur une plage de sable blanc idyllique, où l’on peut observer quantité d’oiseaux et parfois, des tortues. La baignade est bien sûr au programme.

Tarifs (juillet 2023) : comme pour la version courte, le tarif par personne est de 70 pesos pour les ruines et de 50 pesos pour la jungle. Pour le bateau, le mode de tarification change : son prix est de 7500 pesos quel que soit le nombre de passagers (maximum : 6 personnes). Ce qui revient par personne à 1250 pesos s’il y a 6 passagers, 1500 pesos s’il y en a 5, 1875 pesos s’il y en a 4, 2500 pesos s’il y en a 3 etc. N’oubliez pas d’ajouter les 120 pesos pour le site archéologique et la jungle.


Son point de départ est situé bien plus au sud, ce qui ne permet pas de faire cette excursion dans la même journée que celles que l’on fait depuis Muyil (même la version courte) : si vous voulez enchaîner les deux (Sian Ka’an et Muyil), il faudra donc prévoir un jour et demi à deux jours en tout.

Cette excursion en bateau permet en principe d’observer : des crocodiles dans la mangrove, de nombreux volatiles sur l’île aux oiseaux, des tortues, lamantins et dauphins dans un lagon (mais depuis le bateau car la baignade est interdite) et enfin, en snorkeling, l’écosystème habituel d’une barrière de corail.

La pause déjeuner a lieu sur une plage en compagnie de tous les autres touristes du jour, et le tour se termine par une visite du village de Punta Allen et de sa communauté maya.

Attention : si vous êtes plongeur/euse habitué/e aux beautés sous-marines, vous risquez d’être déçu/e car la barrière à cet endroit est un peu abîmée et n’a rien d’exceptionnel. Si au contraire vous n’avez jamais mis la tête sous l’eau, vous devriez vous régaler.


Un panneau dans la réserve de Sian Ka'an, sur un canal maya

L’excursion de Sian Ka’an est devenue si touristique que des quotas de visiteurs quotidiens ont dû être instaurés afin de préserver un peu mieux la nature.

Le bon plan : pour l’excursion de Muyil, le mieux est d’y aller relativement tôt le matin et si possible, dès l’ouverture. C’est ce que nous avons fait et nous avons eu la bonne surprise de n’y croiser quasiment personne de toute la matinée.


L’un des pires ennemis de la réserve de Sian Ka’an, c’est paraît-il la crème solaire !

Il est donc conseillé de jouer le jeu en se protégeant du soleil omniprésent avec du tissu (casquette, T-shirt manches longues, pantalon léger, licra pour la nage, etc.) plutôt qu’avec de la crème solaire. Même les crèmes dites biodégradables (du moins si l’on croit ceux qui nous les vendent) sont néfastes pour les écosystèmes aquatiques de la réserve.

Tous les pilotes de bateaux donnent d’ailleurs le bon exemple.

Balade en bateau sur un canal maya, dans la réserve de Sian Ka'an

Le site archéologique maya est situé à l’entrée du petit village de Chunyaxché.

En voiture – Depuis Tulum : 25 à 30 minutes. Depuis Playa del Carmen : 1h30. Depuis Cancun : 2h00.

Si vous n’avez pas de voiture, il faut prendre un collectivo qui vous déposera à l’entrée du site.

Enfin, vous pouvez réserver ces tours depuis votre hôtel mais attention à la majoration des prix…


Restaurant de Chunyaxché, en face des ruines de Muyil, à la lisière de la réserve de Sian Ka'an

Juste en face de l’entrée du site archéologique, de l’autre côté de la route 307, il y a un excellent petit resto typique.

La cuisine est bonne, l’hygiène aussi, les prix sont corrects, la famille qui tient le resto est accueillante et la petite terrasse intérieure est particulièrement agréable !

Donc si vous avez un creux en quittant le site archéologique, n’hésitez pas à vous arrêter là…

Restaurant de Chunyaxché, en face des ruines de Muyil, à la lisière de la réserve de Sian Ka'an

Restaurant de Chunyaxché, en face des ruines de Muyil, à la lisière de la réserve de Sian Ka'an : tacos, guacamole, quesadillas, empanadas...
Cuisine typique à Chunyaxché

  • Si vous optez pour l’excursion de Sian Ka’an (8 heures), alors il vaut mieux la réserver, à cause des quotas de visiteurs qui ont été instaurés. De plus, cela permet d’accéder au site en van, ce qui évite d’abîmer sa voiture de location sur le chemin d’accès qui est complètement défoncé. A tel point que l’excursion est déconseillée aux femmes enceintes.
  • Disons-le clairement : le tarif des différentes excursions est élevé. Pour certains, ces prix peuvent s’avérer rédhibitoires. Il n’en reste pas moins que l’expérience est inoubliable. Pour nous, famille de quatre, elle a fait l’unanimité et représente même l’un de nos tout meilleurs souvenirs de notre road-trip dans le Yucatan : nous n’avons donc pas regretté d’avoir payé ce prix élevé, au contraire…
  • Comme indiqué précédemment, la crème solaire est à bannir quand on se baigne dans la réserve, afin de préserver sa nature exceptionnelle. Idéalement, il faut donc prévoir des vêtements longs ainsi que chapeau/casquette. En effet, le soleil tape vraiment fort, surtout lors des excursions longues. Et il faut apporter suffisamment d’eau, évidemment.
  • Nous avons fait notre excursion sans guide afin d’avoir plus de liberté. Mais si vous voulez des informations détaillées tout au long de votre visite, il faut vous assurer les services d’un guide dès l’entrée du site. En effet, les pilotes de bateaux peuvent bien donner des informations mais il ne sont pas guides. Et si certains d’entre eux sont loquaces, d’autres pas…

La réserve de Sian Ka'an, à la sortie de la lagune de Muyil : canal may, panneau explicatif, vue sur la canopée depuis le sommet d'une tour d'observation située dans la jungle de Muyil

Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :




Calakmul : dormir dans la jungle et visiter la cité Maya

Ruines de temples mayas colonisée par les arbres, cité Calakmul, Yucatan, Mexique

Comment organiser une excursion dans la cité Maya sublime mais isolée de Calakmul ? Afin d’y arriver tôt le matin, nous avons dormi la veille dans la jungle, bercés par les cris des animaux. Récit de ces deux jours hors des sentiers battus, toutes nos infos pratiques sont en fin d’article…



Bon, je précise tout de suite que lorsque je parle de dormir dans la jungle, je n’évoque pas une expédition à la Mike Horn ! Il s’agit simplement de passer une nuit sous une tente dans un petit campement isolé, à la lisière de la jungle de Calakmul. C’est tellement mieux qu’un petit hôtel et pour les voyageurs de base comme nous, cela suffit amplement à vivre une expérience dépaysante et inoubliable.

L’emplacement de ce campement est un peu moins éloigné de la cité Maya (52 km) que les autres hébergements de la région (60 km). Cela permet d’arriver au site archéologique relativement tôt le lendemain matin, et de s’y retrouver à peu près seuls (voir la mise à jour 2026 dans les infos pratiques, en fin d’article…).

Pour commencer, il faut savoir que ce site précolombien est situé au milieu de la zone la plus isolée de tout le Yucatan. La carte ci-dessous montre bien à quel point les réseaux routiers et les villes fourmillent dans toute la moitié nord du Yucatan.

Calakmul : en violet, en bas à gauche

A l’inverse, la moitié sud est en grande partie restée vierge de toute activité humaine. C’est l’empire de la jungle, et c’est là que se situe Calakmul.

C’est cet isolement qui explique pourquoi cette superbe cité Maya est si peu visitée. Pourtant, ses deux grandes pyramides qui dominent la jungle laissent un souvenir impérissable à ceux qui sont montés à leur sommet…

Et pour couronner le tout, l’Unesco a classé une partie de la zone réserve de biosphère.


Pour se rendre à Calakmul, il faut passer par le petit village de Conhuas, situé sur la route 186. Six kilomètres au sud, un chemin sur la droite pénètre dans la jungle, au bout duquel est situé un petit campement, le Campamento Yaax’ Che (voir les infos pratiques en fin d’article). C’est là que nous allons dormir.

L’entrée du campement Yaax’ Che

Dès notre arrivée, nous vivons une expérience rare paraît-il, mais qui nous met immédiatement dans l’ambiance de la jungle. Après avoir marché à peine une vingtaine de mètres, juste après les panneaux de bienvenue de la photo ci-dessus, nous nous trouvons nez-à-nez avec… un serpent corail au venin mortel ! Le décor est planté.

C’est un petit serpent corail au venin mortel qui nous accueille dans la jungle !

Ce petit reptile est aussi joli que dangereux puisque parmi tous les serpents, son venin est l’un des plus puissants. Il ne faut donc pas se fier à sa modeste taille d’une cinquantaine de centimètres seulement.

Le serpent corail

Les couleurs vives du serpent corail font vite comprendre à ceux qui envisageraient de l'attaquer qu'il est dangereux et qu'il vendra chèrement sa peau !

Il existe de faux serpents corail qui lui ressemblent. Pour les distinguer, il y a un proverbe aux États-Unis qui dit : "red touches yellow, kills a fellow. Red touches black, friend of Jack", ou en d'autres termes : "le rouge touche le jaune, ça tue un homme. Le rouge touche le noir, ami de Jack". Cette maxime vaut surtout pour les serpents corail nord-américains, dont les mexicains.

Concernant le nôtre, le doute n'est pas permis : les anneaux rouges touchent bien les anneaux jaunes...

Bref, nous comprenons vite qu’il va nous falloir bien regarder où nous mettons les pieds, notamment quand la nuit sera tombée et que nous marcherons ici à la lumière de nos frontales…

Nous quittons notre ami sans pattes pour être accueillis vingt mètres plus loin par de joyeux quadrupèdes : deux singes-araignées jouent dans les arbres au-dessus de nos têtes.

En une poignée de minutes à peine, notre premier contact avec les habitants de cette jungle dans laquelle nous allons dormir va donc au-delà de nos espérances.

Le troisième animal qui nous signale sa présence n’est ni aussi sympa que les singes, ni aussi dangereux que le serpent : ce sont les moustiques ! Il n’y en a pas des hordes, mais suffisamment pour que nous nous tartinions rapidement d’anti-moustique.

Parmi les autres habitants de la jungle, signalons la néphile. Mais c’est quoi cette bête ?! C’est une jolie araignée d’une dizaine de centimètres de long, gracile et colorée, qui tisse la plus grande toile du monde arachnide.

Mais surtout, cette grande toile est extrêmement solide et collante puisque même des oiseaux comme les colibris s’y font piéger. Si solide d’ailleurs qu’elle est très sérieusement étudiée dans le but d’améliorer la fabrication… des gilets pare-balles !

Bien d’autres animaux peuplent la jungle. Quelques gros félins notamment vivent dans le coin comme les deux stars des lieux, le jaguar et le puma, mais ils sont peu nombreux dans une vaste zone et par conséquent, il est rare de pouvoir les observer. Nous n’en verrons pas.

Mais revenons-en au campement : il est composé de neuf tentes seulement. Elles sont suffisamment espacées et toutes abritées par un toit en tôle, afin de protéger les visiteurs des fortes pluies saisonnières.

Lors de notre venue, il n’y a pas foule : seules deux tentes en plus de la nôtre sont occupées, ce qui conforte notre sensation d’isolement.

Le confort est modeste bien sûr mais ça, nous le savions avant d’arriver. Dans les tentes, il y a juste les matelas.

Dans un tel cadre, le campement est forcément très respectueux de la nature : toilettes sèches, tri sélectif, récupérateurs d’eau, tout est fait pour préserver l’environnement, lequel est exceptionnel par ici.

Il n’y a évidemment ni eau courante, ni électricité dans le coin. Dans chaque douche a donc été préparé un seau rempli d’eau pour que les visiteurs puissent se laver. Mais il faut bien dire que la couleur de cette eau nous dissuade vite de prendre la douche dont nous avons pourtant rêvé toute la journée.

C’est un peu dommage, tellement le taux d’humidité élevé nous fait transpirer, mais à la roots comme à la roots : nous ne nous attendions pas non plus à un quatre étoiles, et nous savourons malgré tout la chance que nous allons avoir de passer la nuit dans un tel site.

La douche et le seau d’eau

Une fois installés, nous prenons en sens inverse le petit chemin par lequel nous sommes arrivés. A un petit kilomètre du campement est situé le restaurant Oxte’ Tun, très roots lui aussi : un toit en tôle supporté par quelques piliers en bois, et aucun mur. Sa simplicité se fond parfaitement dans la jungle qui l’entoure et comme le campement, c’est exactement le genre d’endroit que nous sommes venus chercher ici.

Le restaurant Oxte’ Tun

Il est tenu par le couple de gérants du campement, Laeticia et Fernando, aidés par leur ouvrier, Manuel, tous issus d’une communauté locale.

Manuel
Fernando

Le premier contact avec eux n’est pas très chaleureux. Du coup, nous sommes un peu déçus mais en voyant Laeticia s’activer derrière ses fourneaux, nous ne pouvons nous empêcher de la bombarder de questions sur la gastronomie mexicaine. Ça les déride et ils deviennent vite plus souriants et carrément sympas.

Laeticia cuisine au feu de bois

Pour la petite histoire, Laeticia maîtrise parfaitement la cuisine mexicaine car avec le peu d’ingrédients dont elle dispose ici, elle arrive à nous régaler. Donc si vous passez par là, n’hésitez pas à faire une petite halte dans ce délicieux petit restaurant de bord de route : Oxte’ Tun.

Une cuisine typique et simple mais efficace !

Le soleil se couche tôt ici et du coup, nous aussi !

L’intérêt de dormir dans la jungle est double pour nous. D’un point de vue purement pratique, nous sommes un peu plus près de la cité Maya que si nous avions dormi à Conhuas, et nous pourrons donc y arriver dès l’ouverture demain matin, histoire de ne pas croiser trop de touristes.

Mais pour les citadins que nous sommes, l’intérêt consiste avant tout à dormir dans un cadre inhabituel, au son des cris des animaux de la jungle.

Finalement, on n’entend pas tant d’animaux que ça la nuit, mais ils font suffisamment de bruit pour que lorsqu’ils se manifestent, on ne puisse pas les rater !

Tout d’abord, la musique de fond est assurée par les cigales, qui ne s’arrêtent jamais. C’est une berceuse très efficace.

Ensuite, on entend de temps en temps des singes, qui communiquent entre eux par des sortes de grondements brefs et sourds. Ils se répondent alors qu’ils sont éloignés les uns des autres, du coup, ces cris assez puissants semblent surgir de tous les côtés de la tente.

De temps en temps, on entend aussi quelques cris non identifiés.

Et enfin, juste avant le lever du jour, on est réveillé par les différents oiseaux qui semblent faire un concours de chants, lesquels sont en général assez mélodieux.

Passer une nuit dans un endroit aussi nature et aussi isolé a un côté enchanteur, notamment quand on est habitué aux bruits et aux odeurs de la ville…


Il fait jour, nous partons pour la cité Maya de Calakmul, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est située à 52 kilomètres du campement. Mais comme la route se transforme vite en piste avec une limitation à 30 km/h, il faut rouler lentement (on n’est pas là pour écraser nos amis les animaux). Ce qui prend du coup 1h50 environ pour atteindre le site.

Cette piste traverse la jungle, dont une vaste partie a elle aussi été classée par l’Unesco, mais en tant que réserve de biosphère. Comme quoi une merveille de l’Unesco peut en cacher une autre…

En chemin, nous croisons à plusieurs reprises des dindons ocellés.

Il s’agit de grands oiseaux (près d’un mètre de long) au très joli plumage multicolore. La tête est bleue et comporte une multitude d’excroissances rondes et rouges, un peu comme des verrues mais en plus joli (ou en moins moche) !

Le joli plumage coloré du dindon ocellé

Notez bien : le dindon ocellé n’aime pas être photographié ! En tous cas, celui que j’immortalise par la fenêtre de la voiture fait mine de nous attaquer à plusieurs reprises en courant vers nous subitement. Puis il s’éloigne lentement pendant une poignée de secondes, puis il fonce à nouveau vers nous, et ainsi de suite.

Et quand je décide enfin de partir pour le laisser tranquille car après tout, c’est sa jungle à lui, pas la nôtre, il court fièrement après notre voiture, l’air satisfait et le sourire au coin du bec. Le dindon a gagné, je m’avoue vaincu.

Parmi les autres animaux qui peuplent la réserve, pas forcément tous faciles à observer, citons pêle-mêle le jaguar et le puma, le singe-araignée et le singe-hurleur, le tapir…

Il y a également 350 espèces d’oiseaux, notamment des toucans et plusieurs espèces d’aigles, de vautours et de perroquets ; 70 espèces de reptiles ; près de 400 espèces de papillons…

Et avec ses 1500 espèces végétales, la flore n’est pas en reste.

Bref, amoureux de la nature, la réserve de biosphère de Calakmul est faite pour vous…


Nous nous sommes levés tôt ce matin et ça paye car lorsque nous arrivons au site Maya, il n’y a que trois voitures garées sur place ! C’est incroyable mais nous allons donc avoir un site Maya, et pas le moindre, quasiment rien que pour nous.

A l’accueil, on doit d’abord choisir l’un des trois itinéraires possibles : 1 heure 30, 2 heures 30 ou 4 heures.

Le plan du site

Pour le parcours court, le chemin est bien indiqué et on ne peut pas vraiment se tromper.

Pour les deux autres parcours, plus longs, comme on ne peut pas emporter le plan consultable à l’accueil, on peut par contre le photographier afin de s’y reporter plus tard, au cours de la visite.

Quelques panneaux expliquent rapidement l’histoire du site, agrémentés de quelques plans et diverses pièces.

Puis on arrive rapidement aux premiers vestiges. Calakmul est une cité Maya qui connut son apogée vers 650. Très puissante à l’époque, elle compta jusqu’à 50.000 habitants.

Aujourd’hui, outre son histoire bien sûr, ce qui rend cette cité magique pour les profanes dont nous faisons partie, c’est que la jungle a repris possession des lieux au fil des siècles. Ce qui donne un peu des airs d’Indiana Jones à cette cité perdue.

La première pyramide, dite structure I

Seule une vingtaine des 6.000 structures qui sont éparpillées dans la jungle ont été nettoyées et sont accessibles, malgré les arbres qui ont colonisé ces vieilles pierres.

Le cadre naturel de ce site historique est donc impressionnant.

L’un des principaux intérêts pour le visiteur qui arpente Calakmul, c’est que contrairement aux sites mayas plus connus et beaucoup plus fréquentés tels que Chichen Itza ou Uxmal, il peut monter en haut des pyramides ici.

Et comme toujours sur les pyramides précolombiennes, la montée est abrupte.

La première pyramide sur l’itinéraire est la structure I. Elle mesure 50 mètres de haut et fait face au principal joyau du site : la deuxième pyramide ou structure II.

Vue sur la structure II depuis la structure I

Alors que nous escaladons la première pyramide, nous entendons au loin des cris d’animaux non identifiables dont le niveau sonore est incroyablement élevé.

Nous nous demandons ce que ça peut bien être et pensons à un félin, mais ce n’est qu’en arrivant à la deuxième pyramide que nous comprenons : ces cris proviennent d’un groupe de singes hurleurs. A l’évidence, ils n’ont pas été affublés d’un tel nom pour rien !

Les bien nommés singes hurleurs

Pour bien comprendre à quel point le hurlement de cet animal impressionne celui qui l’entend, il faut savoir que dans tout le règne animal, le singe hurleur fait partie des trois animaux dont le cri est le plus puissant. Avec 140 décibels, il se situe même devant le cerf qui brame et le lion qui rugit (110 à 120 décibels « seulement ») et pas très loin derrière… un avion de ligne qui décolle paraît-il (140 à 170 décibels) ! Il faut l’entendre pour le croire. Vraiment impressionnant.

Pour se défouler les cordes vocales, l’arbre que ces sept ou huit singes ont choisi est situé aux pieds de l’un des plus importants temples-pyramides du monde Maya. C’est la magie de la jungle : pour nous, cette rencontre animale dans ce haut-lieu historique sera mémorable.

La structure II

Nous quittons nos amis primates, visuellement mais pas auditivement, pour entreprendre la montée de cette fameuse pyramide dont la base carrée mesure 120 mètres de côté ! Du sommet, on aperçoit au loin le haut de la première pyramide, celle que nous avons escaladée quelques minutes plus tôt, enfouie dans la jungle qui s’étend à l’infini.

Vue sur la structure I, enfouie dans la jungle, depuis la structure II

La vue est impressionnante depuis la cime de ce joyau qui émerge de la végétation.

A bien y réfléchir, le paysage n’a pas dû beaucoup changer depuis l’époque des Mayas. Tant mieux.

C’est l’heure de partir.

Plus bas, les singes continuent à s’époumoner…


Avec le recul, ce combo nuit dans la jungle/visite de la cité Maya de Calakmul constitue l’une de nos plus belles expériences de voyage dans le Yucatan.

Ce campement, en activité depuis 2003, est géré par une famille issue d’une communauté locale. L’objectif initial consistait à établir un camp doté d’infrastructures à faible impact environnemental. Vingt ans plus tard, ce camp est une réussite puisqu’il accueille des touristes tout en contribuant à la préservation de l’environnement de la réserve.

Contact : serveursturisticos@yahoo.com.mx

Téléphone : +52.983.101.1921

Adresse : campamento Yaax Che en Calakmul, Carretera 186 Escacega – Chetumal KM 98 Entronque a Calakmul KM 7, 24640 Conhuas

Pour y réserver une tente (ou plusieurs), le mieux est de passer par l’excellent site de l’association de tourisme communautaire à laquelle adhère ce campement : alliance péninsulaire pour le tourisme communautaire.

N’hésitez pas à le consulter : vous y trouverez peut-être votre bonheur car il comporte également d’autres adresses intéressantes, communautaires et hors des sentiers battus dans le Yucatan…

Autrement, on peut aussi réserver via les plateformes classiques : Booking, Agoda, Tripadvisor

Prix : cela peut paraître étonnant mais ici, le prix est inversement proportionnel au niveau de confort ! Nous avons réglé 78 euros la tente pour quatre personnes (au mois de juillet). Certains trouveront ce tarif trop élevé par rapport aux prestations. Nous, non : pour une fois qu’on peut sortir un peu des sentiers battus dans ce Yucatan ultra-touristique, ça vaut bien ce prix-là…

Repas inclus : un petit déjeuner (peu copieux) est inclus dans le prix. On peut l’échanger avec un petit sandwich en vue de la journée de visite à Calakmul, sachant qu’il n’y a aucun endroit où acheter à manger dans le coin.

Accès : sur la route 186 en direction de l’est (vers Bacalar, Chetumal etc.), 1 km après la sortie du petit village de Conhuas, il faut tourner à droite en direction du site maya. Là, on ne peut pas manquer la barrière qui fait office de péage. 6 km plus loin, on aperçoit le restaurant Oxte’ Tun sur le bas-côté droit. De là part un petit chemin d’un kilomètre qui s’enfonce dans la jungle : le campement est au bout.

A noter qu’il existe deux courts sentiers d’observation de la nature autour du campement, avec notamment une tour d’observation des oiseaux en pleine jungle.


Il fait partie intégrante du campement Yaax’Che. Les gérants sont donc les mêmes, et le principe d’écotourisme ne change pas non plus. C’est le seul lieu de restauration du coin et on y mange très bien.

Accès : sur la route 186 en direction de l’est (vers Bacalar, Chetumal etc.), 1 km après la sortie du petit village de Conhuas, il faut tourner à droite en direction du site maya. Là, on ne peut pas manquer la barrière qui fait office de péage. Le restaurant Oxte’ Tun est situé 6 km plus loin, sur le bas-côté droit.

Restaurant Oxte’ Tun : le menu
Plat typique
La cuisine mexicaine de Laeticia

Un hôtel a ouvert ses portes récemment, à l’intérieur de la zone où il n’y en avait pas, c’est-à-dire proche de la cité maya. Il s ‘agit de l’hôtel Mundo Maya Calakmul.

Ses caractéristiques sont à l’opposé de celles du campement Yaax Che, que j’ai longuement décrit dans cet article. Alors que dormir au campement constitue une expérience roots, authentique et orientée tourisme équitable au sein d’une communauté locale, le Mundo Maya Calakmul comprend tout le confort, pour ne pas dire le luxe, nécessaire : climatisation, deux piscines, spa… Mais son principal avantage, c’est qu’il n’est situé qu’à une douzaine de kilomètres de la fameuse cité maya.

Le prix : il varie selon la période mais l’ordre de grandeur du tarif de base est de +/- 120 euros pour une nuitée en chambre double.


Disons-le clairement, les prix flambent d’une année sur l’autre.

Pour visiter la cité de Calakmul, le prix total était de 188 pesos en 2019 et de… 344 pesos en 2023 !

Ce qui correspond à 10 euros en 2019 et 19 euros en 2023 (taux de conversion 2023)…

De plus, ne soyez pas étonné(e)s si on vous facture plusieurs tarifs successifs ! Voici comment le prix total d’accès au site se décompose (tarifs 2023) :

  • A la sortie du petit village de Conhuas, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée correspondant à l’entretien de la route (104 pesos par personne).
  • 20 km plus loin, on paye l’entrée dans la réserve de biosphère (150 pesos par personne).
  • Et à l’arrivée (40 km de plus), on paye l’accès au site archéologique maya (90 pesos par personne).

Le prix total est donc de 344 pesos par personne (environ 19 euros au taux de conversion 2023).

Avec tous ces paiements successifs, on a un peu l’impression d’être pris pour des vaches à lait mais au final, ce prix est une bouchée de pain pour un site aussi exceptionnel que Calakmul.


Horaires d’ouverture : 8h00 – 17h00, 7 jours /7 (attention : dernière entrée à 15h30)

Prix : 344 pesos par personne (19 euros, taux de conversion 2023)

Site officiel (gouvernement) : zone archéologique de Calakmul



Calakmul est complètement isolée dans la jungle, il n’y a rien à proximité, elle est loin de tout. Cela fait partie de son charme mais cela comporte en contrepartie quelques inconvénients : il faut notamment anticiper l’approvisionnement en essence, en eau et en nourriture.


Pour l’essence :

Il faut faire le plein bien avant d’arriver à Conhuas car les postes d’essence sont quasi-inexistants sur la route 186.

En venant de l’ouest, la dernière pompe à essence que nous avons trouvée avant Conhuas était située à Silvituc (à 45 km de Conhuas et 105 km de Calakmul).

Pour être tranquilles si vous venez de l’est (Bacalar, Chetumal etc.), il faut idéalement faire le plein à Bacalar, notamment si vous faites l’aller-retour Bacalar-Calakmul (470 km).


Pour l’eau et la nourriture :

Là aussi, il faut s’approvisionner bien avant d’arriver à Calakmul, sous peine de jeûne ! Car ne pas avoir d’eau, par exemple, quand on marche dans ce site généralement écrasé par la chaleur, ça peut gâcher la visite…

L’idéal consiste à acheter de quoi manger et boire, soit dans une ville qu’on traverse en chemin (qu’on vienne de Campeche, Bacalar ou d’ailleurs), soit dans un petit magasin typique comme on en trouve souvent en bord de route, mais dans tous les cas bien avant d’arriver à Conhuas.

Sinon, on peut quand même trouver de quoi s’approvisionner à Conhuas mais avec un choix réduit, les magasins étant rares, petits, peu garnis et pas forcément ouverts quand on arrive…

Et enfin, si on passe la première barrière située 1 km juste après Conhuas, à l’entrée de la route qui descend plein sud vers Calakmul, alors on n’a plus qu’à s’arrêter 6 km plus loin, au restaurant Oxte’ Tun situé à droite en bord de route. Là, il est possible d’acheter des petits sandwichs. On n’y vend pas d’eau en bouteille, mais on peut y remplir ses bouteilles vides (ne faites pas comme nous : conservez vos bouteilles vides en allant à Calakmul au lieu de les jeter…). On y vend également des sodas.


Calakmul peut se targuer d’une double reconnaissance de prestige par l’Unesco :

Les ruines mayas et la jungle omniprésente

El volcan de los murcielagos est une grotte dans laquelle vivent 2 à 3 millions de chauve-souris. Tous les soirs, 45 minutes environ avant le coucher du soleil, elles sortent en même temps pour aller se nourrir.

L’accès à ce site a toujours été libre jusqu’à très récemment : désormais, on ne peut plus y accéder qu’accompagné d’un « guide » (un habitant du coin qui accompagne ses clients sur un chemin tout tracé pendant 5 minutes) pour la somme de 75 pesos par adulte.

Accès : à la sortie du village de Conhuas, il faut rouler en direction de l’est (vers Chetumal et Bacalar). La grotte est située à 10 km sur la droite de la route.


Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :




Mexique : la magie des cénotes…

Impossible de visiter le Yucatan sans découvrir ces sites naturels d’exception que sont les cénotes (et tant qu’on y est, c’est un cénote, et non pas une…).

Pour faire simple, d’innombrables rivières souterraines quadrillent le Yucatan. Cette eau vive en mouvement permanent a creusé de nombreuses galeries dans le sous-sol de la région pendant des millions d’années, à tel point qu’il a fini par s’effondrer à certains endroits.

Ces affaissements géants ont créé une multitude de gouffres naturels remplis d’eau : les cénotes.

Le cénote Sagrado était un cénote sacré pour les Mayas, qui y pratiquaient entre autres le sacrifice humain.
Le cénote Sagrado, à Chichen Itza : 60 m de diamètre, 22 m de hauteur de falaises et 12 m de profondeur

Ces merveilles de la nature ont généralement une forme circulaire. La plupart d’entre eux mesurent entre 10 et 60 mètres de diamètre.



Ce sont des gouffres remplis d’eau et entourés de petites falaises (le plus souvent de 5 à 30 mètres de haut).

Le cénote Las Piedras

La principale différence avec ceux en forme de puits, c’est que leur plafond ne s’est pas effondré (du moins pas encore). Ce sont donc de véritables grottes, qui comportent un lac intérieur.

Le cénote Chihuan

Ils ressemblent à de simples lacs à ciel ouvert, généralement situés en pleine nature : dans la mangrove ou la jungle, ou encore en bord de plage voire en pleine mer…

Cénote immergé à Bacalar


Je ne vais pas me lancer comme tant d’autres dans la liste des 10 ou 20 plus beaux cénotes, car il y en a environ 8.000 dans tout le Yucatan ! Inutile de vous dire que nous ne les avons pas tous visités… Voici donc simplement la liste de ceux où nous avons eu la chance d’aller… et que je vous recommande !

Plonger dans les cénotes

Si vous êtes plongeur/euse, alors vous allez vous régaler dans les cénotes, mais il faut noter que ceux où l'on plonge sont essentiellement situés près de la côte et notamment dans la région de Tulum.

Parmi les dix cénotes décrits ci-dessous, vous trouverez des détails sur les deux dans lesquels nous avons fait des plongées incroyables : les cénotes Ponderosa (surnommé Jardin del Eden) et Casa Cenote (également appelé cénote Manati).

Sommaire


A ne pas confondre avec le cénote Ik’kil !

Ce cénote est situé à Tizimin, sur l’itinéraire qui va de Rio Lagartos à Valladolid. Pour ceux qui font la route entre ces deux villes, il est donc très agréable de faire une pause là pour se baigner et se délasser.

Le cénote Kikil est situé à Tizimin, à 47 km au sud de Rio Lagartos et 59 km au nord de Valladolid.
Le cénote Kikil, à Tizimin

Kikil est fréquenté par un oiseau coloré présent en grand nombre, le motmot à sourcils bleus.

Ces jolies boules de plumes multicolores passent leur temps à virevolter au-dessus de la tête des baigneurs pour regagner leur nid, qu’ils ont construit sur les parois du cénote.

Le motmot à sourcils bleux (ou Toh en maya) est un oiseau multicolore très présent dans le cénote Kikil.
Le motmot à sourcils bleus

On accède au cénote Kikil par un court chemin qui traverse une jolie végétation, agrémentée de quelques décorations.

La végétation et le panneau directionnel local indiquant le chemin menant à l'entrée du cénote Kikil.
Un lieu très instagramable dédié aux amoureux qui se rendent au cénote Kikil.

C’est un cénote assez joli, sauvage et peu fréquenté. Les quelques personnes présentes quand nous sommes arrivés ne sont pas restées longtemps et nous nous sommes vite retrouvés là tout seuls. Un régal.

Le cénote Kikil est peu fréquenté.
Tout seul dans le cénote…
Le cénote Kikil en bref...
Entrée : 150 pesos
Peu touristique
Restaurant, boutique d'artisanat
A 47 km de Rio Lagartos et 59 km de Valladolid
Gilet de sauvetage obligatoire
Géré par une coopérative de familles maya
Horaires : 8h00-18h00

A ne pas confondre avec le cénote Kikil !

C’est à la fois l’un des plus connus, l’un des plus beaux et fatalement… l’un des plus fréquentés !

Le cénote d'Ik'kil, non loin de la cité maya de Chichen Itza, n'est pas un cénote sacré, contrairement à ce que les tour-opérateurs essaient de faire croire abusivement aux touristes..

Ce gouffre est une pure merveille de la nature.

Une végétation luxuriante au sommet des falaises, plonge dans l'eau du cénote 30 mètres plus bas.

Il impressionne par la hauteur de ses dizaines de lianes qui plongent dans l’eau dans laquelle on se baigne, tantôt bleue, tantôt verte…

Le cénote Ik'kil et ses dizaines de lianes.

Le seul inconvénient du site, mais pas le moindre, c’est que les bus qui reviennent de la cité maya voisine de Chichen Itza déposent dans ce magnifique cénote leurs hordes de touristes à longueur de journée.

En effet, les tour-opérateurs vendent souvent le package cité de Chichen Itza – Cénote Ik’kil aux nombreux touristes qui font l’aller-retour dans la journée depuis Cancun et Tulum.

Le cénote Ik'kil est victime de son succès.
La foule des grands jours à Ik’Kil…

Le bon plan : pour profiter pleinement de ce cénote exceptionnel, l’idéal consiste à arriver dès l’ouverture, à 9h00, avant l’arrivée des flots de touristes.

De nombreux petits poissons vivent dans le cénote Ik'kil.

Conclusion : ce cénote émerveille par sa beauté sauvage qui le rend incontournable, mais son affluence excessive peut s’avérer dérangeante…

Carte : emplacement du cénote Ik'kil dans le Yucatan.
Le cénote Ik'kil en bref...
Entrée = 180 pesos, ou entrée + restaurant = 400 pesos
Casiers, douches, vestiaires, boutique de souvenirs...
Très, trop touristique
A 40 km de Valladolid et 121 km de Mérida
Gilet de sauvetage obligatoire
Horaires : 9h00-17h00
Site officiel : cénote Ik'kil

X’ux Ha est un joli cénote formant une grotte. Il est situé à quelques kilomètres à l’est de Valladolid.

Le joli cénote X'ux Ha est un cénote-grotte peu fréquenté.

Décoré de quelques petits stalactites, son plafond troué laisse passer la lumière jusqu’au fond du cénote, où elle transperce la surface de l’eau.

Cénote X'ux Ha : trouées dans le plafond de la grotte.
Les rayons du soleil plongent dans l'eau du cénote X'ux Ha en passant à travers son plafond troué.

Nous y sommes arrivés longtemps (1h30) après l’ouverture et pourtant, nous avons été tout seuls pendant 45 minutes. Un privilège.

Plongée dans les eaux du cénote X'ux Ha, transpercées par les rayons du soleil.
Plongée dans les eaux du cénote X'ux Ha, transpercées par les rayons du soleil.

X’ux Ha comporte un petit ponton d’où l’on peut plonger, avec deux échelles pour aller et venir facilement dans l’eau. Sur la paroi d’en face, il y a un plongeoir de quatre mètres de haut pour s’amuser un peu.

Ponton et plongeoir du cénote X'ux Ha.

Carte : emplacement du cénote X'ux Ha dans le Yucatan.
Le cénote X'ux Ha en bref...
Entrée : 150 pesos
Peu touristique
Snack-bar, douches
Gilet de sauvetage non obligatoire
A 16 km de Valladolid
Ouvert de 8h00 à 17h00
Géré par une famille maya accueillante

Visuellement, ce magnifique cénote porte bien son surnom de Jardin d’Eden ! Situé au beau milieu d’une végétation luxuriante, son eau attrayante passe à peu près par tous les tons de verts et de bleus.

Les eaux limpides du cénote Ponderosa (ou jardin d'Eden)

L’inconvénient, c’est qu’il est assez fréquenté : baigneurs, snorkelers et plongeurs, tout le monde vient se régaler dans ce superbe cénote. Mais on peut quand même y passer une demi-journée voire la journée entière tellement il est joli, agréable et parfaitement aménagé.

Nous y avons plongé, car c’est l’un des cénotes où cette activité est possible. Après avoir admiré sous l’eau le bassin principal (celui de la photo ci-dessus), on pénètre dans un réseau de galeries et de grottes sous-marines. Claustrophobes s’abstenir.

Plongée dans le cénote Ponderosa

Au bout du tunnel se trouve le clou du spectacle : des jeux de lumière subaquatiques impressionnants. En levant la tête, on aperçoit la jolie mangrove de l’autre côté de la surface. Elle est située dans un deuxième cénote, inaccessible à pied celui-là.

Les rayons du soleil se frayent un chemin à travers cette végétation tropicale puis transpercent la surface de l’eau jusqu’au fond du cénote. On dirait un décor de cinéma mais non, c’est juste la nature.

Les jeux de lumière au fond du cénote Ponderosa (jardin d'Eden) en plongée
Les jeux de lumière au fond du cénote Ponderosa (jardin d'Eden) en plongée.

De retour dans le bassin du départ, une jolie petite tortue d’eau douce viendra nager tranquillement parmi nous. Une plongée cinq étoiles…

LA PLONGÉE A PONDEROSA
Profondeur max : 13 mètres
Site pas très poissonneux mais présence
de jolies petites tortues d'eau douce
Quelques fossiles de coquillages
Et surtout : des jeux de lumière exceptionnels

A Tulum comme à Playa del Carmen, les clubs de plongée sont nombreux et il n’y a que l’embarras du choix. Nous avons plongé avec Scuba Tulum, qui a été impeccable de bout en bout et que nous recommandons vivement.

Carte : emplacement du cénote Ponderosa (jardin d'Eden) dans le Yucatan.
Le cénote Ponderosa en bref...
Entrée : 200 pesos (enfants : 100 pesos)
Snack-bar, massages
Gratuit : toilettes et douches
Payant : casier, gilet de sauvetage (non obligatoire) et équipement de snorkeling
A 41 km de Tulum et 97 km de Cancun
Horaires : 8h00-17h00 mais fermé le samedi
Page Facebook : cénote Ponderosa

Il est situé, avec son voisin le cénote Chikila (voir ci-après), tout à l’est de la ville de Rio Lagartos. Ils constituent tous les deux une excellente visite à faire quand on vient d’arriver dans la ville et qu’on a du temps à tuer avant la traditionnelle excursion du lendemain dans la mangrove.

On accède au Cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.

Le sentier Peten Mac permet d'accéder au cénote Peten Mac.
Le sentier Peten Mac permet d'accéder au cénote Peten Mac.

Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.

Deux crocodiles sauvages vivent dans le cénote Peten Mac

Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux…

Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.

Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.

L'un des deux crocodiles du cénote Peten Mac nage vers les visiteurs.
L'un des deux crocodiles du cénote Peten Mac nage vers les visiteurs.

Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux…). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.

Les deux crocodiles du cénote Peten Mac rodent en surface

Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.

Un nid de crocodile sur la rive du cénote Peten Mac
Le nid de maman croco.

Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.

Un crocodile plonge la gueule grande ouverte dans le cénote Peten Mac

Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.

Crocodile en surface dans le cénote Peten Mac

Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.

Carte : emplacement du cénote Peten Mac dans le Yucatan.
Le cénote Peten Mac en bref...
Entrée libre
Sauvage et très peu touristique
Cénote fermé à la baignade
Situé à l'extrémité est de Rio Lagartos
Restaurant à 500 mètres

Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent Peten Mac.

C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.

Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »

Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.

Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !

Un crocodile a réussi à entrer dans le cénote Chikila, où les enfants se baignent quotidiennement...
Le crocodile inattendu du cénote Chikila

Nous sommes abasourdis. Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.

Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en n’y trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !

Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !

Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.

Une fois la stupeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage…

Et nous ne le savons pas encore mais dans quelques jours, nous plongerons avec un vrai crocodile (cf. Casa Cenote, ci-dessous).

Carte : emplacement du cénote Chikila dans le Yucatan.
Le cénote Chikila en bref...
Entrée libre
Très peu touristique
Situé à l'extrémité est de Rio Lagartos
Jetez un oeil au fond de l'eau avant de vous baigner !
Restaurant à 100 mètres

Nous avons eu un coup de coeur pour ce joli petit cénote apparemment méconnu. Du moins pour l’instant…

Vue d'ensemble du cénote Las Piedras

Les propriétaires sont en train de terminer des travaux d’aménagement sans trop en faire : il y a toutes les commodités, un petit restaurant est à l’étude, mais rien n’est fait au détriment de la nature environnante, qui enjolive le site.

La végétation du cénote Las Piedras

Une tyrolienne (6 mètres de haut pour une douzaine de mètres de long) et trois sautoirs (5 mètres, 6 mètres et 8 mètres) permettent de bien s’amuser, a fortiori quand on est tout seul sur place, comme ce fût le cas pour nous pendant deux heures.

Bon, il faut dire que nous avons eu droit à un orage pendant une demi-heure mais quand même, nous avons beaucoup aimé ce très agréable cénote.

L'un des trois sautoirs du cénote Las Piedras
Le départ de la tyrolienne du cénote Las Piedras
Ici, la tyrolienne est gratuite !

Enfin, il faut ajouter que le propriétaire est très sympa, ouvert et disponible.

Pour résumer, si vous recherchez un cénote proche de Cancun mais loin des foules, alors foncez à celui de Las Piedras avant qu’il ne se fasse connaître…

Carte : emplacement du cénote Las Piedras dans le Yucatan.
Le cénote Las Piedras en bref...
Entrée : 150 pesos
Peu touristique, mais pour combien de temps encore ?...
Gilet de sauvetage obligatoire
A 38 km de Cancun et 121 km de Valladolid
Ouvert de 8h00 à 17h00

Après le cénote Ponderosa (el Jardin del Eden), c’est le deuxième et dernier cénote dans lequel nous avons plongé, mais quelle plongée !

Si l’expérience vous intéresse, ce cénote fait l’objet d’un article beaucoup plus détaillé : plonger avec un crocodile, qui comprend notamment toutes les infos pratiques nécessaires à la fin.

Autrement, voici un résumé de cette plongée inoubliable.

ATTENTION !

A 37 kilomètres au nord de Casa Cenote existe un autre... Casa Cenote ! Pour ne pas vous tromper, celui dont il est question dans cet article s'appelle également cénote Manati (ou Manatee). L'autre Casa Cenote a lui aussi un deuxième nom, c'est le cénote Xpu-Ha.

Dans le pire des cas, si vous arrivez par erreur au cénote Xpu-Ha, vous aurez juste 37 kilomètres à rouler pour rejoindre le cénote Manati (28 minutes en voiture selon Google...)

Et avant de faire demi-tour, vous pouvez toujours en profiter pour piquer une tête à Xpu-Ha...

Casa Cenote est une sorte de petit lagon aux eaux d’un vert irréel et enchanteur. Il est cerné par une mangrove luxuriante dans laquelle vit depuis des années un crocodile.

Les eaux incroyablement colorées du cénote Casa Cénote (ou cénote Manati)
Casa Cenote

Pourtant, il y a tous les jours des gens qui se baignent dans ce cénote ! Et régulièrement, le reptile vient même nager parmi eux, de la manière la plus pacifique qui soit. Cela fait des années que ça dure, et il n’a jamais attaqué personne.

Les autorités surveillent régulièrement la croissance de cet animal qui est à l’âge adolescent, et qui continue donc à grandir et grossir. Aujourd’hui, il mesure environ deux mètres.

C’est un crocodile de Morelet, un crocodile d’eau douce qui mange uniquement des poissons et qui n’est pas agressif envers l’homme, tant qu’on le laisse tranquille.

Le crocodile de Casa Cenote est donc connu des locaux depuis des années, à tel point qu’ils lui ont donné un prénom, Pancho, et même un surnom affectueux : Panchito. Certains viennent de loin pour le voir de près ! C’est notre cas et c’est en plongée que nous sommes allés à sa rencontre.

Après avoir longé la mangrove pendant quelques minutes à très faible profondeur (un à trois mètres), nous passons carrément… en-dessous !

Plongée sous la mangrove à Casa Cénote (ou cénote Manati)
Plongée sous la mangrove à Casa Cénote (ou cénote Manati)

C’est ainsi que nous nous retrouvons à palmer dans un réseau inattendu de tunnels et de galeries, qui traversent même une ou deux petites grottes sous-marines.

Ce genre de plongées spéléos présentent un certain nombre de particularités :

  • Il y fait évidemment très sombre (ce qui n’arrange pas la qualité de mes photos !).
  • Surtout, il est impossible de remonter à la surface, puisqu’il n’y a pas de surface dans ces tunnels sous-marins entièrement immergés ! Il faut d’ailleurs signer une décharge avant la plongée.
  • Il est obligatoire de plonger au fil d’Ariane, que déroule mètre après mètre notre guide, la plongeuse expérimentée Isella.
  • Le/la guide, justement, doit obligatoirement avoir une habilitation spécifique aux plongées spéléos, en plus des diplômes habituels de prof de plongée.
  • Enfin, ce cénote communique avec la mer par les galeries sous-marines. Un peu d’eau de mer salée pénètre ainsi dans le cénote, mais elle ne se mélange pas à l’eau douce. Cette séparation entre l’eau salée et l’eau douce, qui s’appelle halocline, a des conséquences. En effet, l’eau salée étant naturellement plus dense que l’eau douce, elle stagne au fond où, étonnamment, on arrive à la distinguer visuellement de l’eau douce. Car elle ressemble à une sorte de grande nappe d’huile. Et dès qu’on nage dedans, tout devient trouble, un peu comme quand on ouvre les yeux sous l’eau sans masque. Ce manque de visibilité n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant quand on guette un crocodile sauvage, mais cette expérience déstabilisante vaut le détour.

Plongée dans une grotte située sous la mangrove à Casa Cénote (ou cénote Manati)
Plongée dans les entrailles de Casa Cenote

Voilà pour le décor de cette plongée surréaliste…

Le long de ce réseau de galeries sous-marines, quelques trouées dans la mangrove au-dessus de nos têtes laissent passer les rayons du soleil, ce qui est visuellement du plus bel effet.

Plongée sous la mangrove à Casa Cénote (ou cénote Manati), dans les rayons du soleil qui transpercent la mangrove
Plongée dans les rayons du soleil qui transpercent la mangrove à Casa Cénote (ou cénote Manati)

Pendant le briefing précédant la plongée, Isella nous avait prévenus que dès la sortie des tunnels commençait le territoire de Panchito.

Et en effet, à peine extirpés de ces galeries, Isella nous montre la patte palmée de Panchito juste sous la surface de l’eau, délicatement posée sur la mangrove, au milieu des rayons du soleil. Le reste de la bête est donc au-dessus de la surface, non visible pour nous à cet instant précis.

Aperçu de la patte de Panchito le crocodile, qui traîne dans l'eau

A part quelques bouts de racines, tout est noir autour de cette patte et l’eau est chargée en particules, mais l’instant est fascinant à vivre.

Isella nous fait signe que nous allons remonter à la surface, pour le voir de plus près et en entier. Du coup, l’adrénaline aussi monte un peu, bien que nous nous sentions tous les trois d’une étonnante sérénité.

Observation d'une patte de crocodile, celle de Panchito, à Casa Cenote (ou cénote Manati)
Plongeur et poisson observent une patte de crocodile

Nous nous demandons dans quelle posture nous allons le trouver de l’autre côté de la surface : sera-t-il en train de nous observer ? ou sur la défensive ? ou la gueule ouverte ? Et bien en fait, une fois à la surface, il s’avère… qu’il pique un somme !

Panchito le crocodile se repose sous la mangrove à Casa Cenote (ou cénote Manati)
A l’ombre de la mangrove, Panchito… lézarde !

Il est à quatre ou cinq mètres de nous, tranquillement affalé sur la mangrove à l’ombre de la végétation, où il somnole. Du moins en a-t-il l’air, car nous voyons bien qu’il nous observe quand même du coin de son oeil entrouvert. Mais il n’est évidemment pas plus agressif qu’il ne l’a jamais été avec personne et il se repose paisiblement, vraisemblablement habitué aux visiteurs tels que nous.

Impossible de prendre une photo correcte de lui, à cause de l’objectif ultra-grand angle de ma GoPro qui éloigne et rapetisse Panchito (la photo suivante est juste recadrée).

Panchito

En plus, il est caché dans l’ombre de la mangrove et ce fort contraste, entre les basses lumières de l’ombre de la végétation et les hautes lumières des feuillages en plein soleil, ne facilite pas non plus la prise de vues.

Mais tant pis, le moment est intense quand même pour mes deux fils et moi. Je les photographie tour à tour devant Panchito avant de replonger. Il ne nous suivra pas.

Nous gardons aujourd’hui encore un souvenir impérissable de cette plongée unique.

LA PLONGÉE A CASA CENOTE
Profondeur max : 8 mètres
Plongée dans une mangrove
Site étonnamment poissonneux
Quelques fossiles de coquillages
Plongée avec un crocodile 

Nous avons plongé avec Scuba Tulum, un club comme on les aime : accueil simple et amical, conditions de sécurité respectées mais sans la prise de tête qui va parfois avec.

Adresse : calle sagitario Ote. 8, Tulum, QR 77780 – Téléphone : 01.984.115.2336 – Mail : scubatulum@gmail.com

Carte : emplacement du cénote Casa Cenote (Manati) dans le Yucatan.
Casa Cenote en bref...
Entrée : 150 pesos
Fréquentation touristique variable
A louer : équipements de snorkeling, kayaks, paddle
Gilet de sauvetage non obligatoire
A 12 km de Tulum et 122 km de Cancun
Horaires : 9h00-17h00

Voilà un cénote parfait quand on fait la route de Valladolid à Mérida ou inversement, car il est situé à mi-chemin entre ces deux belles villes coloniales.

L’entrée du cénote ainsi que sa galerie d’accès creusée à même la roche (attention, le plafond est très bas) sont décorées façon locale.

L'entrée et la galerie d'accès au cénote-grotte Chihuan.

Cette galerie naturelle débouche sur un cénote atypique en forme de grotte. Il est assez fascinant avec ses dimensions réduites, ses stalactites, sa roche beige et grise, et son eau d’un bleu profond, délicieusement rafraîchissante au vu du taux d’humidité très élevé dans ce lieu clos.

La grotte du cénote Chihuan

Carte : emplacement du cénote Chihuan dans le Yucatan.
Le cénote Chihuan en bref...
Entrée : 100 pesos
Douches
Gilet de sauvetage non obligatoire
A 82 km de Valladolid et 78 km de Mérida
Horaires : 9h00-22h00 !

Situé au nord de Valladolid et juste à côté du site maya d’Ek Balam, il est cerné par une végétation luxuriante dans un très joli cadre naturel.

Vue d'ensemble du cénote Xcanche

Dominant le cénote depuis le haut des falaises qui l’entourent, quelques arbres à l’âge vénérable envoient leurs racines boire l’eau du cénote une quinzaine de mètres plus bas.

Les lianes et les racines plongeant dans les eaux du cénote Xcanche, par temps de pluie

Quelques aménagements permettent de s’amuser : un plongeoir (8 mètres de haut) ainsi qu’une corde de Tarzan tous deux gratuits, mais aussi une tyrolienne abusivement payante (100 pesos pour deux misérables sauts).

Vue du cénote Xcanche depuis le haut de ses falaises
Le Cénote Xcanche par temps gris…

Nous n’avons eu que de la pluie pendant notre baignade dans ce cénote, c’est pourquoi les photos présentées ici ont des couleurs fades qui ne rendent pas justice à la beauté réelle du site.

Carte : emplacement du cénote Xcanche dans le Yucatan.
Le cénote Xcanche en bref...
Entrée : 170 pesos
Tyrolienne payante : 100 pesos pour 2 sauts
Gilet de sauvetage non obligatoire
Possibilité de dormir dans des cabanes
A 29 km de Valladolid, 93 km de Rio Lagartos et 173 km de Cancun
Cénote géré par une coopérative de familles mayas

Bilan

Difficile de prétendre que tel cénote est plus beau ou plus agréable que tel autre car cela dépend évidemment des goûts et des attentes de chacun, mais ces sites sont généralement enchanteurs.

Pour notre part, nous avons adoré :

  • Ik’kil pour sa beauté sauvage
  • X’ux Ha et Chihuan, pour leur ambiance et leur beauté spécifiques aux grottes
  • Ponderosa et Casa Cenote pour les plongées incroyables que nous avons eu la chance d’y faire
  • Las Piedras : notre coup de coeur

J’ajoute que j’ai été le seul de la famille à me régaler à Peten Mac, car j’ai adoré pouvoir observer longuement et de près deux crocodiles sauvages.

En tout cas, une chose est sûre : les cénotes, il y en a pour tous les goûts, et chacun y trouve son compte…


Sommaire


Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :




PLONGER AVEC UN CROCODILE ! (Mexique)

Crocodile de Morelet nage, reflets de la jungle, Rio Lagartos, Mexique

Casa Cenote, c’est le nom de ce joli site très nature, est une sorte de petit lagon aux eaux d’un vert irréel et enchanteur. Il est cerné par une mangrove luxuriante.

Casa Cenote (ou cénote Manatee), sa mangrove et son eau vert-émeraude.
Casa Cenote, sa mangrove et son eau vert-émeraude

C’est donc là qu’habite un crocodile sauvage. Pourtant, il y a tous les jours des gens qui s’y baignent ! Et régulièrement, le reptile vient même nager parmi eux, de la manière la plus pacifique qui soit. Cela fait des années que ça dure, et il n’a jamais attaqué personne.

Si vous voulez vous lancer vous aussi, que ce soit à la nage ou en plongée sous-marine (les deux étant possibles), toutes les infos pratiques sont en fin d’article.



A ce stade du récit, il faut faire tomber un mythe : les crocodiles ne sont pas forcément tous des mangeurs d’hommes, loin de là. Cela dépend des espèces et de leur répartition géographique, les crocodiles d’eau douce étant généralement peu voire pas agressifs, à la différence des crocodiles marins.

Le crocodile de Casa Cenote est un crocodile de Morelet (cf. infos pratiques en fin d’article). Il s’agit d’une espèce de crocodiles d’eau douce qui ne s’approchent guère des humains, même s’il faut bien évidemment toujours rester prudent : si on le menace ou si on l’approche d’un peu trop près, il peut devenir agressif pour se défendre.

Son menu alimentaire est essentiellement composé de poissons, de petits mammifères et d’oiseaux. Pas d’humains.

Le crocodile de Morelet ne dépasse guère les trois mètres à l’âge adulte. Celui de Casa Cenote, encore jeune, en mesure environ deux actuellement.


Ce crocodile de Casa Cenote est donc connu des locaux depuis des années, à tel point qu’ils lui ont donné un prénom, Pancho, et même un surnom affectueux : Panchito ! La bête est devenue la star des lieux et, si les baigneurs ne se bousculent pas forcément au portillon, il y en a quand même tous les jours quelques-uns qui nagent ici. Certains viennent même de loin pour le voir de près !

C’est notre cas, et c’est en plongée sous-marine que nous sommes allés à la rencontre de Panchito…

Casa Cénote : plongée dans la mangrove
Plongée dans la mangrove

La plongée commence dans ce qui est bien souvent le territoire des crocodiles : la mangrove.

La mangrove au-dessus de nos têtes pendant la plongée

Longer cette jolie végétation la tête sous l’eau en guettant un crocodile est une expérience unique. La mangrove vue du dessous est superbe, ses multiples dégradés de verts se reflètent à la surface en scintillant au soleil, et je regrette tellement de ne pas avoir un appareil photo qui puisse restituer fidèlement ces magnifiques images. Heureusement, elles restent gravées dans ma mémoire…

La mangrove vue de sous la surface
La mangrove vue de sous la surface
La mangrove au-dessus de nos têtes, pendant la plongée.

Après avoir longé la mangrove pendant quelques minutes à très faible profondeur (un à trois mètres), nous passons carrément… en-dessous ! C’est ainsi que nous nous retrouvons à palmer dans un réseau de tunnels et de galeries, qui traversent même une ou deux petites grottes sous-marines.

Ce genre de plongées de type spéléo présentent un certain nombre de particularités :

  • Il y fait évidemment très sombre (ce qui n’arrange décidément pas la qualité de mes photos !)
  • Surtout, dans ces tunnels sous-marins entièrement immergés, il est impossible de remonter à la surface pour respirer à l’air libre puisque… il n’y a pas de surface ! Il faut d’ailleurs signer une décharge (stipulant qu’on a bien été informé/e) avant la plongée.
  • Il est obligatoire de plonger au fil d’Ariane, que déroule mètre après mètre notre guide, la plongeuse expérimentée Isella.
  • Le/la guide, justement, doit obligatoirement avoir une habilitation spécifique aux plongées spéléo, en plus des diplômes habituels de prof de plongée.
  • Enfin, ce cénote communique avec la mer par des galeries sous-marines. Un peu d’eau de mer salée pénètre ainsi dans le cénote, mais elle ne se mélange pas à l’eau douce. Cette séparation entre l’eau salée et l’eau douce s’appelle halocline. L’eau salée étant naturellement plus dense que l’eau douce, elle stagne au fond où, étonnamment, on arrive quand même à la distinguer visuellement de l’eau douce ! Car elle ressemble à une sorte de grande nappe d’huile. Dès qu’on nage dedans, tout devient trouble, un peu comme quand on ouvre les yeux sous l’eau sans masque. Ce manque de visibilité n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant quand on guette un crocodile sauvage, mais cette expérience déstabilisante vaut le détour.
Cénote Manatee : arrivée dans une grotte, sous la mangrove
Arrivée dans une grotte, sous la mangrove

Voilà pour le décor de cette plongée surréaliste…

Le long de ce réseau de galeries sous-marines, quelques trouées dans la mangrove au-dessus de nos têtes laissent passer les rayons du soleil, ce qui est visuellement du plus bel effet.

Cénote Manati : trouée dans la mangrove
Les rayons du soleil passent à travers la mangrove

Et oui, un photographe pro avec de l’excellent matos photo de plongée est venu nous tirer le portrait là-dessous, d’où la bien meilleure qualité des images ci-dessus.

Quand nous sortons du tunnel, nous savons que c’est plus précisément ici que commence le territoire de Panchito. Car pendant son briefing précédant la plongée, Isella nous a bien expliqué que notre grand saurien dentu vivait essentiellement dans cette partie-là du cénote, dès la sortie des galeries.


Et en effet, à peine extirpés des tunnels, elle nous fait immédiatement de grands signes, pointant du doigt la surface de l’eau. Dans un premier temps, nous n’apercevons aucun crocodile à l’horizon. Face à notre passivité, Isella joint ses deux coudes pour former un grand V avec ses deux avant-bras puis claque ses deux mains, mimant une mâchoire qui se referme brusquement !

Le doute n’est plus permis, Panchito est quelque part par là.

Et en effet, nous finissons par apercevoir sa patte palmée juste sous la surface de l’eau, délicatement posée sur la mangrove, au milieu des rayons du soleil. Le reste de la bête est donc au-dessus de la surface, non visible pour nous à cet instant précis.

La patte palmée de Panchito, quelques mètres au-dessus de nos têtes

A part quelques bouts de racines, tout est noir autour de cette patte et l’eau est chargée en particules, mais l’instant est fascinant à vivre.

Isella nous fait signe que nous allons remonter à la surface, pour le voir de plus près et en entier. Du coup, l’adrénaline aussi monte un peu mais pas tant que ça finalement, car nous nous sentons tous les trois d’une étonnante sérénité.

Observation de Panchito le crocodile en plongée, Casa Cénote, Mexique.
Poisson et plongeur observent la patte d’un crocodile…

Nous nous demandons dans quelle posture nous allons le trouver de l’autre côté de la surface : sera-t-il en train de nous observer ? ou sur la défensive ? ou la gueule ouverte ? Et bien en fait, une fois à la surface, il s’avère… qu’il pique un somme !

Panchito le crocodile se repose dans la mangrove (Casa Cenote, Mexique)
A l’ombre de la mangrove, Panchito le crocodile… lézarde !

Il est à quatre ou cinq mètres de nous, tranquillement affalé sur la mangrove à l’ombre de la végétation, où il somnole. Du moins en a-t-il l’air, car nous voyons bien qu’il nous observe quand même du coin de son oeil entrouvert. Mais il n’est évidemment pas plus agressif qu’il ne l’a jamais été avec personne et il se repose paisiblement, vraisemblablement habitué aux visiteurs tels que nous.

Impossible de prendre une photo correcte de lui, à cause de l’objectif ultra-grand angle de ma GoPro qui éloigne et rapetisse Panchito (la photo suivante est un simple recadrage).

En plus, il est caché dans l’ombre de la mangrove et ce fort contraste, entre les basses lumières de l’ombre de la végétation et les hautes lumières des feuillages en plein soleil, ne facilite pas non plus la prise de vues.

Mais tant pis, le moment est intense quand même pour mes deux fils et moi. A tour de rôle, ils me demandent de leur tirer le portrait devant la bête.

Nous savourons à fond ces deux petites minutes passées avec ce compagnon unique, qui n’aura au final pas bougé une écaille !


Mais il faut déjà repartir. Nous remettons la tête sous l’eau en espérant qu’il fasse de même, car il paraît que l’observation d’un crocodile qui se dandine dans l’eau vaut son pesant d’or.

Mais non : Panchito préfère continuer tranquillement sa sieste, malgré les poissons sous la surface qui viennent le narguer sans relâche jusque devant ses quenottes. Mais peut-être est-il justement sur la digestion de son dernier repas…

Retour de plongée en longeant la mangrove
Le long de la mangrove, avec mes deux fistons…

Avant de venir au Mexique, j’avais lu beaucoup d’infos diverses et variées sur le web, à propos de Panchito. Donc avant et après cette plongée, j’interroge Isella pour essayer de faire le tri entre toutes ces infos, car certaines m’intriguent. Par exemple, j’avais lu que Panchito mesurait un mètre et ne grandissait plus, ou encore que le cénote était fermé et donc inaccessible aux autres crocodiles, etc.

Un sourire au coin des lèvres, Isella dément diplomatiquement ces fake news. Elle nous explique que ce crocodile est régulièrement suivi par les autorités, qui l’ont d’ailleurs mesuré et pesé encore récemment. Il a grandi un peu et pris du poids depuis les mesures précédentes, ce qui est normal. Selon les spécialistes, il est encore à l’âge « adolescent » et du haut de ses deux mètres, il ne présente actuellement aucun danger pour l’homme.

Elle nous explique également que, comme à peu près tous les cénotes, celui-ci communique bel et bien avec la mer par un réseau de galeries sous-marines. Et contrairement à ce que j’ai lu sur le web, il arrive, même si c’est rare, que d’autres crocodiles y pénètrent.

Mais ce grand reptile est par nature un animal territorial : il défend notamment son nid, ou encore les zones dans lesquelles il se nourrit, etc. C’est pourquoi les congénères de Panchito qui arrivent parfois jusqu’ici ne restent jamais bien longtemps sur son territoire…

Pour terminer et sans transition, je dois préciser que le site est globalement assez poissonneux dans l’ensemble, ce qui rend cette plongée atypique encore plus belle.


Je ne retire que deux regrets, sans grande importance finalement, de cette rencontre de Panchito : ne pas l’avoir vu nager, et ne pas avoir pu le prendre correctement en photo.

Bien sûr, nous aurions aimé le voir nager autour de nous mais d’un autre côté, nous aurions aussi pu ne pas l’apercevoir du tout.

En effet, il arrive que Panchito soit sorti du cénote quand des visiteurs viennent l’observer, ou encore qu’il soit trop bien caché dans la mangrove pour qu’on puisse déceler sa présence. Ces visiteurs-là repartent donc bredouilles, c’est pourquoi nous savourons la chance que nous avons eue de pouvoir le voir et l’approcher : nous ne sommes pas près d’oublier ce moment.

Cela étant dit, il est quand même frustrant d’écrire cet article sans pouvoir vous montrer plus en détails à quoi ressemblent de près ces crocodiles d’eau douce du Yucatan. Aussi, voici quand même deux photos, non pas de Panchito lui-même mais de deux de ses semblables. Je les ai prises en eau douce trois jours plus tôt dans le nord du Yucatan, non plus avec le grand-angle de ma GoPro mais avec le téléobjectif d’un appareil photo digne de ce nom….

Cénote de Peten Mac (Rio Lagartos)
Dans la mangrove en face de Rio Lagartos

Objectivement, s’il paraît contre nature d’aller ainsi à la rencontre d’un crocodile sauvage sur son propre territoire, je me rends compte avec le recul qu’il faut relativiser un peu la portée de cette expérience.

Car si le crocodile apparaît souvent dans l’inconscient collectif comme un animal effrayant (à cause notamment de son impressionnante dentition et de la puissance phénoménale de sa mâchoire), cette phobie générale est aussi et surtout due à notre méconnaissance de l’animal. C’est un peu comme l’énorme phobie qu’on avait… des baleines au 19e siècle, juste parce qu’on ne savait rien d’elles, ce qui nous fait doucement sourire maintenant qu’on les connaît et qu’on les sait totalement inoffensives.

Ainsi, en se renseignant un peu, on apprend que les crocodiles d’eau douce comme le crocodile de Morelet, n’attaquent à peu près jamais l’homme. Seules quelques espèces peuvent être réellement dangereuses, notamment le crocodile du Nil, présent dans une vaste partie de l’Afrique, et le crocodile marin que l’on trouve essentiellement en Australie et en Asie du Sud-Est (voir les infos pratiques en fin d’article pour le comparatif des mensurations…).

Au final, la rencontre de Panchito fut un grand moment pour nous, parce que cet animal mythique est impressionnant à observer.

Cette plongée unique s’avère être l’une des plus mémorables de toutes celles que nous ayons jamais faites, grâce à Panchito le croco bien sûr, mais aussi pour les galeries sous-marines et pour la beauté de la mangrove, si belle à observer depuis le dessous…

Si cette expérience magique vous attire vous aussi (on peut donc partir à la rencontre de Panchito en plongée, mais aussi simplement en nageant dans le cénote), voici quelques infos pratiques qui pourront vous aider.

Après les avoir lues, il ne vous restera plus… qu’à vous jeter à l’eau…


Les beautés du Yucatan en 2 mn.


En préambule, il convient de rappeler l’évidence : même si le crocodile de Morelet en général, et Panchito en particulier, ne sont pas considérés comme dangereux pour les humains, on ne peut jamais connaître à l’avance les réactions d’un animal sauvage, a fortiori d’un crocodile. Alors, n’oubliez pas de toujours rester en retrait par rapport à Panchito. C’est la base.

Certes, les crocodiles d’eau douce ne sont pas aussi agressifs que les crocodiles marins. Mais quand on est sur le territoire naturel de Panchito, il ne faut quand même pas l’approcher de trop près même si cela peut paraître tentant, car il pourrait se sentir agressé et se défendre. Et se défendre pour un crocodile, ça veut dire attaquer…

Parfois, l’inverse se produit et c’est lui qui vient quasiment au contact des nageurs et des plongeurs. Si c’est le cas, il ne faut évidemment pas essayer de le toucher, toujours pour les mêmes raisons.

Enfin, il faut garder à l’esprit qu’on n’est pas assuré de rencontrer Panchito à tous les coups. Il arrive qu’il soit caché quelque part dans la mangrove sans qu’on arrive à l’apercevoir, ou encore qu’il sorte du cénote pendant qu’on l’y cherche, etc.


Ce joli cénote est situé en bord de mer, sur la côte est du Yucatan, à 12 km au nord de Tulum et 56 km au sud de Playa del Carmen, sur la nationale 307 qui relie ces deux villes. Il est donc très facile de s’y rendre en voiture, ou en collectivo (mini-bus qui sillonne les routes et qui est beaucoup moins cher qu’un taxi).

Comme pour beaucoup de cénotes, l’entrée est indiquée en bord de route par un grand panneau. Si vous arrivez en collectivo, il ne vous reste plus qu’à marcher un à deux kilomètres (quelques taxis guettent parfois les clients à cet endroit pour leur éviter de marcher en plein cagnard).

Localisation de Casa Cénote

Attention, il existe deux cénotes portant le nom de Casa Cenote, à quelques kilomètres de distance l’un de l’autre !

Celui dont nous parlons dans cet article (en rouge sur la carte ci-dessus), s’appelle également Cenote Manatee (ou Manati). C’est là que vit Panchito.

Il ne faut pas le confondre avec l’autre Casa Cenote, plus souvent appelé Cenote Xpuha, situé à une vingtaine de kilomètres plus au nord.


La profondeur maximale est de 8 mètres, et c’est l’un des rares cénotes où les débutants peuvent plonger, car on peut y faire des baptêmes.

Nous avons plongé avec Scuba Tulum, un club comme on les aime : accueil simple et amical, conditions de sécurité respectées mais sans la prise de tête qui va parfois avec, présence de quelques clients mais pas trop comme dans certains clubs où c’est l’usine.

Les deux interlocutrices que nous avons eues, Gwadalupe et Isella, ont toujours su rester simples et ouvertes. Elles ont répondu patiemment à nos nombreuses questions et nous ont appris une foule de choses passionnantes, sur les crocodiles mais aussi sur la nature du Yucatan, les habitants, leur mode de vie etc.

Comme toutes les plongées au Mexique, le prix n’est pas donné mais il est conforme à ceux pratiqués dans les différents clubs de plongée de Tulum : 2 plongées pour 150 euros par personne (mais quelles plongées !). Dans tous les cénotes, il faut y ajouter les frais d’entrée : pour Casa Cénote, c’est 200 pesos par personne (environ 10-11 euros).

En conclusion, nous gardons un magnifique souvenir de l’expérience de plongée vécue avec ce club.

A noter que, outre les plongées dans les différents cénotes de la région, Scuba Tulum organise aussi des plongées dans l’océan.

Scuba TulumAdresse : calle sagitario Ote. 8, Tulum, QR 77780 – Téléphone : 01.984.115.2336 – Mail : scubatulum@gmail.com

N.B. A l’heure où j’écris ces lignes, Scuba Tulum est noté… 5/5 sur Tripadvisor, sur 218 avis, rien que ça ! Comme quoi il n’y a pas que nous qui avons apprécié…



Toutefois, il existe également la possibilité de s’adresser aux nombreux autres clubs de plongée de Tulum, qui se rendent tous régulièrement sur ce spot.


On n’est pas obligé de plonger pour rencontrer Panchito le Croco : on peut aussi nager. Il suffit pour cela de s’équiper d’un masque, d’un tuba et de palmes, puis de se mettre à l’eau à l’entrée du cénote.

Certains nageurs, notamment des locaux qui viennent se baigner ici en famille, restent dans cette partie du cénote, laquelle est visuellement superbe avec son eau vert-émeraude.

Pour aller voir le crocodile, il faut nager vers la zone qu’il fréquente le plus. Une poignée de minutes suffisent pour y aller. En gros, il faut suivre la mangrove à main gauche, mais le mieux est de visualiser le plan du site, affiché à l’entrée et que voici :

Le plan de Casa Cénote est affiché à l'entrée du site
Le plan du cénote est affiché à l’entrée, au niveau de la mise à l’eau

Autrement, pour plus de précisions, il suffit de demander aux locaux présents sur place.


Il y a la possibilité de louer sur place masque et tuba mais aussi kayak et paddle : il est donc également possible d’aller à la rencontre de Panchito à la rame !

Du strict point de vue pratique, on peut louer un casier pour entreposer ses affaires.


Entre le parking et l’arrivée dans l’eau (séparés d’une vingtaine de mètres à peine), on trouve le photographe officiel du cénote dans une petite paillotte. C’est lui qui suit régulièrement les palanquées de plongeurs afin de les immortaliser.

En sortant de l’eau, on lui demande de visualiser les photos qu’il a prises et si on veut les acheter, il y a deux tarifs : 300 pesos la photo (environ 16 euros) ou 800 pesos toutes les photos (environ 42 euros). Le nombre d’images dépend du nombre de plongeurs, pour nous c’est environ six à sept photos de chacun de nous trois, soit une vingtaine en tout.

Pour les snorkelers démunis d’appareil photo étanche et qui voudraient absolument se faire immortaliser avec Panchito, il y a moyen de négocier une session photos avec le photographe du cénote avant de se mettre à l’eau…


Casa Cénote étant cerné par la mangrove, il n’y a pas vraiment la place d’étaler sa serviette pour aller se baigner. On peut simplement la poser dans un coin le temps de la baignade, ou louer un casier.

Mais de l’autre côté de la mangrove, il y a la mer, et notamment la très jolie plage de Tankah Beach (ou Tankah Bay, ou encore Tankah Tres). Bon, c’est vrai qu’elle est bordée d’hôtels, mais cela reste un bon plan d’aller se poser sur cette belle plage après la baignade à Casa Cenote. En plus, il y a la possibilité de se restaurer dans les hôtels.


S’ils voulaient nous faire peur, les crocodiles de mords-les ne s’appelleraient pas autrement ! Mais leur nom est en fait celui du découvreur de l’espèce en 1850, un naturaliste français : Pierre Marie Arthur Morelet.

Comme tous les autres crocodiles, leur oeil est recouvert d’une membrane nictitante, c’est-à-dire qui leur permet de voir sous l’eau, comme nous avec un masque. Ils la rétractent dès qu’il reviennent à la surface.

Sur terre, leurs pattes courtes mais puissantes leur permettent des projections fulgurantes.

Le seul prédateur de ce crocodile (devinez qui ? L’homme, bien sûr…) l’a en partie décimé en le chassant longtemps pour sa peau, de grande qualité paraît-il…

Aujourd’hui protégé dans les trois seuls pays où il vit (côte est du Mexique, Guatemala et Belize), le crocodile de Morelet est désormais menacé par la déforestation (elle aussi d’origine humaine…) qui réduit dangereusement son habitat naturel.

Enfin, terminons par une petite comparaison des mensurations du crocodile de Morelet, et des deux crocodiles les plus dangereux du monde : le crocodile du Nil (Afrique) et le crocodile marin (Australie et sud-est asiatique).

  • Crocodile de Morelet : environ 3 mètres et 200 kilos.
  • Crocodile du Nil et crocodile marin : jusqu’à 6 mètres et une tonne !

  • Casa Cenote fait partie de Sac Actun, le plus grand réseau de galeries souterraines du monde : 350 kilomètres en tout, dont 260 sont immergés.
  • Manatee, l’autre nom de Casa Cenote, signifie lamantin, en référence à l’époque où ce cénote était aussi fréquenté par des lamantins.
  • Le gouvernement mexicain a créé un site web encyclopédique passionnant, recensant toutes les espèces animales et végétales vivant sur le territoire : enciclovida.mx. On y parle bien entendu, entre autres, de crocodiles.

Les autres étapes de notre road trip dans le Yucatan :





LA MALAISIE

En provenance de Thaïlande, nous n’avons réellement prévu d’escales en Malaisie que dans deux endroits, mais quels endroits : Kuala Lumpur et les îles Perhentian. Nous avons également fait une brève halte dans le petit village côtier de Kuala Besut, principal point de départ vers les Perhentian…




La capitale malaisienne n’aurait dû constituer pour nous qu’un simple transit entre la Thaïlande et les îles Perhentian. Pourtant, nous avions fait de Kuala Lumpur une étape incontournable de notre périple en Asie du Sud-Est. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avions dégoté une adresse incroyable, celle d’une suite magnifique à un tarif défiant toute concurrence !

La vue depuis la terrasse située au 51e étage
La vue depuis la terrasse située au 51e étage

Il s’agit en fait d’un groupe immobilier qui loue, à bas prix, des suites et appartements de standing au sein d’un vaste immeuble. Ce dernier est idéalement situé, en plein cœur de Kuala Lumpur, pile en face des fameuses tours Petronas.

Son principal attrait ? Un rooftop de fou, avec une piscine à débordement qui offre une vue de dingue sur la ville.

Même par temps gris et avec une grue juste devant, ce rooftop est incroyable.

Pour nous qui avons moins de vingt-quatre heures à passer à Kuala Lumpur, le choix est vite fait, entre visiter la ville dans une chaleur suffocante pendant deux-trois heures, ou passer la fin de l’après-midi et la soirée à piquer des têtes dans cette piscine de rêve.

Depuis la terrasse de notre rooftop de luxe, la vue sur la ville est incroyable, avec en arrière-plan le soleil couchant qui se déchaîne.

Alors bien sûr, on a tendance à pester un peu contre ces maudites grues qui tentent de nous boucher la vue sur les fameuses tours Petronas.

Mais finalement, ce lieu est tellement incroyable que malgré tous leurs efforts, les deux grues ne parviendront pas à nous gâcher le plaisir de nous trouver dans un endroit pareil.

Si j’osais, je mentionnerais quand même un « inconvénient » de cette tour : la vue est telle depuis la grande baie vitrée de notre chambre qu’il est difficile de fermer l’œil, ce dernier étant plus attiré durant toute la nuit par la vue sur la ville éclairée qui s’étend aux pieds de notre lit, que par l’envie de dormir !

Le lendemain matin avant de partir, nous comprenons comment Kuala Lumpur a fait pour se moderniser autant : elle a rasé ses quartiers modestes les uns après les autres pour que les promoteurs les remplacent par des tours. Aux pieds de celle dans laquelle nous nous trouvons survit pourtant l’un de ces quartiers. Mais pour combien de temps encore ?…


Ce petit port de 16.000 habitants constitue le principal point de départ vers les Perhentian, et il est donc surtout fréquenté par les voyageurs de passage qui se rendent dans le petit archipel voisin.

Même si elle n’est pas d’une propreté absolue, la plage située face aux Perhentian permet d’aller se rafraîchir.

L’avantage de passer une nuit à Kuala Besut, c’est qu’on peut acheter les tickets de bateau pour les Perhentian la veille. Ainsi, on est sûr d’avoir une place dans le premier bateau du lendemain matin.

Car en effet, s’il n’est pas difficile de se procurer des billets (il suffit pour cela de se rendre sur la jetée d’où partent quotidiennement de nombreux bateaux), les premiers départs du matin sont souvent complets.

La foudre s'abat sur l'océan (au fond)
Au fond, la foudre s’abat sur l’océan


Les îles Perhentian sont situées en Mer de Chine méridionale, à vingt kilomètres des côtes malaisiennes.

Elles sont composées de deux îles principales qui reçoivent les touristes, et d’une poignée d’îlots inhabités.

Presque entièrement recouvertes d’une forêt tropicale, elles sont délimitées soit par des plages de sable blanc bordées de cocotiers, soit par de gros rochers polis par le temps, rappelant (un peu) ceux des Seychelles.

La mer turquoise et translucide héberge une grande diversité d’habitants : poissons-clowns à gogo, poissons-anges, bénitiers, tortues marines, requins de récifs et tant d’autres, qui évoluent tous au milieu de coraux multicolores.

Un requin pointe noire juvénile

Le petit archipel faisant partie d’un parc marin, la pêche y est interdite afin de préserver cette faune plutôt riche.

Grâce à leur beauté, ces îles constituent une destination touristique de premier choix. Les hébergements, aux tarifs le plus souvent très accessibles, sont tous situés sur les deux îles principales : Perhentian Besar (qui signifie la « grande ») et Perhentian Kecil (qui signifie la « petite »). Quant aux habitants, ils vivent dans l’unique village de l’archipel, situé sur la côte est de Perhentian Kecil.

Ce décor idyllique étant posé, que peut-on faire aux Perhentian ? En gros, trois choses : du farniente de plage en plage, une visite du village de pêcheurs, et admirer les fonds marins, en snorkeling ou en plongée.


C’est le menu de base d’un séjour aux Perhentian ! Les plages les plus fréquentées sont celles situées aux pieds des hôtels, même si ce n’est pas non plus la grande foule.

En marchant un peu, on peut trouver des plages très peu fréquentées.

Aux Perhentian, les plages sont toutes dominées par la forêt tropicale.

Sur Perhentian Besar (la grande), il existe d’ailleurs un court sentier de randonnée qui traverse la forêt : le trajet dure une quinzaine de minutes.

Certes, ce n’est pas la forêt vierge dans toute sa splendeur, mais tous les sens sont aux aguets quand même : les cris d’animaux, oiseaux et autres, sont omniprésents surtout au petit matin, et on y croise régulièrement des varans, des singes, des chauves-souris, voire parfois des serpents.

A noter que les varans (1,50 mètre de long, queue comprise) sont totalement inoffensifs tant qu’on ne les provoque pas.

Au bout de la balade, les quelques plages qui se succèdent récompensent les marcheurs.


Situé sur Perhentian Kecil (la petite), ce village est peu fréquenté par les touristes.

Sa principale curiosité est sa jolie mosquée blanche, en partie construite sur pilotis.

Les touristes, hommes et femmes, peuvent s’y rendre en veillant à porter une tenue correcte (pas de maillot de bain…).

Sur les plages du village, les bateaux de pêcheurs sont omniprésents, la pêche étant ici l’activité principale des habitants.


Plus encore que les plages, les fonds marins constituent certainement la principale attraction des Perhentian.

Ce site incontournable est situé sur la côte ouest de Perhantian Besar (la grande).

Sur cet excellent spot, il faut ouvrir les yeux dès les premiers mètres passés sous l’eau. Car au bord de la plage, de nombreux requins juvéniles pointe noire se baladent aux milieu des baigneurs, lesquels ne les voient d’ailleurs pas, la plupart du temps !

Du haut des soixante centimètres de long qu’ils atteignent péniblement, ces petits squales ont déjà une attitude de prédateurs très belle à observer sous l’eau, même s’ils sont inoffensifs pour les humains.

Puis il faut nager au-delà de la digue, où se situe un herbier à quatre ou cinq mètres de profondeur environ.

Car c’est là que viennent brouter les tortues, en toute quiétude malgré la présence de snorkelers.

L’inconvénient du site, c’est qu’on n’y est pas tout seul ! Il y a notamment des bateaux qui déversent chacun, à tour de rôle, une dizaine de passagers qui sont tous harnachés d’un gilet de sauvetage flashy, car ils sont issus de pays de la région dans lesquels on n’a pas la chance d’apprendre à nager à l’école.

Ce qui présente à l’inverse un avantage : ils sont bloqués à la surface par leur gilet et ne peuvent pas descendre au fond en apnée, où l’on se retrouve donc tout seul avec les tortues. Un pur bonheur.

Ainsi, on peut enchaîner les apnées en toute tranquillité et approcher ces gracieux reptiles marins de près, voire de très près, sans jamais les perturber.

Le seul impératif, c’est de ne pas les toucher car de toute évidence, les tortues n’aiment pas ça : elles se dégagent assez brusquement dès qu’un nageur pose la main sur elles. Ce qui n’est hélas pas si rare…

Toutes les cinq à dix minutes, elles remontent brièvement à la surface pendant une poignée de secondes, afin de prendre une bonne bouffée d’air.

Les rayons du soleil n’étant quasiment plus filtrés par l’eau au fur et à mesure que les tortues approchent de la surface, c’est le moment où leur carapace s’illumine en retrouvant toutes ses couleurs naturelles.

Apparemment, elles viennent se nourrir là tous les jours. Nous avons été deux fois sur ce superbe spot, et nous avons rencontré deux tortues à chaque fois.

Passer trois quarts-d’heure à une heure avec elles dans l’eau tiède est une expérience fabuleuse pour qui aime les animaux et la mer. Même si de leur côté, les tortues nous auront royalement ignorés de bout en bout !

D’un point de vue purement pratique, pour se rendre sur ce spot en bateau, il faut bien préciser au chauffeur « Turtle Point » et non pas « Turtle Beach », qui est une plage située plus au nord et qui n’a rien à voir…


On peut faire du snorkeling à peu près partout aux Perhentian même si aux abords des plages, on trouve pas mal de coraux morts.

Car si le petit archipel se trouve au beau milieu d’une zone protégée, la mentalité de quelques habitants et le comportement de certains touristes tardent à évoluer !

Un pomacentrus

Il n’est pas rare de voir l’ancre des bateaux racler le fond et donc les coraux, ou encore les touristes les détruire à coups de palmes.

Il faut donc s’attendre à trouver des zones de coraux morts en alternance avec de superbes patates de corail, quand on fait du snorkeling aux Perhentian.

Un couple de seiches

Un poisson-coffre
Un bénitier

Parmi les nombreux spots de snorkeling de ces îles, on peut noter celui de Shark Point, où il est souvent possible d’approcher des requins pointe noire adultes nager entre les coraux et la surface, parfois à seulement deux ou trois mètres de profondeur. Il est également possible d’y plonger avec bouteille (voir ci-dessous).

Sites de snorkeling : voir nos infos pratiques en fin d’article.


On trouve des spots de plongée tout autour des îles Perhentian. Nous en avons testé quatre, dont celui considéré par beaucoup comme étant le plus beau de l’archipel : Tokong Laut. Globalement, ils nous ont tous semblé assez poissonneux.


Pour nous, cette plongée s’avère moyenne, ce qui peut s’expliquer par le temps maussade ce jour-là, et donc le manque de lumière et de couleurs qui va avec. De plus, c’est la seule plongée où nous n’apercevons pas la moindre tortue. Le poisson que nous croisons le plus souvent est le poisson-clown. A noter aussi quelques idoles maures et une grosse raie pastenague.


Ce spot est fréquenté par quelques requins pointe noire adultes, d’où son nom, bien qu’on ne puisse pas être sûr d’en voir à chaque fois.

Plongée à Shark Point

Dès le début de la plongée, nous avons la chance d’en apercevoir un. Il fait un aller-retour sous nos yeux mais un peu trop loin de nous – à une dizaine de mètres – pour que nous puissions bien l’observer. Nous n’en verrons pas d’autres.

Un requin pointe noire passe furtivement au loin

Ce joli spot nous offre néanmoins plein d’autres poissons.

Une raie pastenague à pois bleus à l’abri des coraux
Un platax


Ce spot est situé en face de Turtle Point. Malgré des conditions à nouveau défavorables (peu de lumière et de couleurs), nous nous régalons : une tortue posée sur les coraux, un banc de sept ou huit perroquets à bosse gros et massifs, un requin-nourrice juvénile posé sur le fond et roupillant tranquillement à l’abri d’un rocher…

Poissons perroquets à bosse


Encore une fois, le manque de lumière et de couleurs (également dû en partie à la profondeur cette fois-ci) ne nous permet pas de savourer ce spot comme il le mérite. Néanmoins, nous sentons bien tout son potentiel car la plongée est vraiment belle quand même.

Poisson-ballon étoilé

Sur ce site très poissonneux, on rencontre un peu de tout : gros poissons porc-épics, murènes, tortues vertes, poissons-anges, poissons-papillons, balistes… Un régal !

Le spot de Shark Point, pendant le briefing qui précède la plongée
Plongée sur Tokong Laut: le briefing qui précède la plongée

Quel club de plongée ? Voir nos infos pratiques ci-dessous.

Le Victoria Home Platinum Suites est un grand immeuble idéalement situé, en plein cœur de Kuala Lumpur, pile en face des fameuses tours Petronas. Ses appartements de standing se louent à un tarif abordable.

Pour réserver, on peut passer par les principales centrales de réservations :

Booking (Platinum KLCC by Victoria Home)

Agoda (Victoria Home)

→ Prix (selon les centrales) : à partir de 114 euros l’appartement pour quatre à six personnes, à partir de 40 euros la chambre pour deux. A nos dates en plein mois de juillet, nous avons payé 124 euros pour quatre :

Notre appartement entièrement équipé était situé au 43e étage. Sa superficie s’élevait approximativement à une centaine de mètres carrés.

→ Équipements : la piscine à débordement sur la terrasse du 51e étage domine la ville, et est accessible sans supplément : elle est incluse dans le prix, de même qu’une salle de sport.

→ A proximité :

  • Métro à 5 minutes à pied (station Bukit Nanas)
  • Centre commercial avec une vaste galerie marchande
  • Restaurants
  • Banques
  • Les tours Petronas sont à 15 minutes à pied.

Voilà, vous savez tout sur ce lieu rare : y’a plus qu’à…


Rumah Hentian Ayah : petite maison d’hôtes qui ne paye pas de mine mais très correcte, avec un personnel discret mais serviable.

La vue depuis la chambre

L’embarcadère des ferrys pour les Perhentian est à cinq minutes à pied. Également à proximité : plage, centre-ville, port de pêche, restaurants et petits commerces.

Il y a quatre chambres (de 3 à 4 personnes) avec lits superposés. Elles sont petites mais correctes, et climatisées.

Prix : 20 à 27 euros par nuit et par chambre.


Dépourvues d’aéroport, les Perhentian sont accessibles en bateau, tant mieux pour la planète ! Le principal port de départ pour les Perhentian est la petite ville de Kuala Besut, située sur la côte, à 20 kilomètres des îles.

Plusieurs bateaux font le trajet quotidiennement : on achète les billets sur l’embarcadère et on prend le prochain bateau. A noter qu’à bord, chaque passager doit donner le nom de son hôtel, pour que le chauffeur puisse organiser sa tournée en arrivant dans les îles.

Attention : il arrive que les bateaux soient pleins (notamment les premiers départs du matin, qui permettent de profiter pleinement de la première journée aux Perhentian) : il faut alors attendre le bateau suivant. On peut donc acheter le billet soit la veille si l’on passe la nuit à Kuala Besut, soit tôt le matin avant le premier départ, soit en réservant ici, soit enfin à l’aéroport de Kota Bharu.

L’aéroport le plus proche de Kuala Besut est celui de Kota Bharu, à 56 kilomètres de là. Le trajet se fait soit en taxi (durée : 1h00 – Prix : 25 à 30 euros), soit en bus (durée : 1h15 – Prix : 8 euros).

Enfin, on peut faire le trajet Kuala Lumpur – Kuala Besut en bus (durée : 9h00 – Prix : 10 à 13 euros – Distance : 530 km)


La période idéale court de janvier à mai (idéalement février). Précipitations mensuelles min/max : 50/120 mm.

C’est correct de juin à septembre. Précipitations mensuelles min/max : 130/160 mm.

La période à éviter, extrêmement pluvieuse, va d’octobre à décembre. Précipitations mensuelles min/max : 220/470 mm.

La température est chaude toute l’année, entre 29° (novembre à janvier) et 32° (avril à août).

Enfin, la température de la mer est agréable toute l’année : 27° à 30° !

Voir le climat détaillé des îles Perhentian


Il n’y a aucune route aux Perhentian, le seul moyen de transport est donc le bateau-taxi. En effet, la végétation tropicale qui recouvre les îles empêche d’en faire le tour à pied. On trouve facilement des bateaux-taxis à peu près partout. Il existe des pratiques tarifaires que tout le monde respecte, donc les prix sont rarement négociables (selon le trajet, entre 5 et 25 Ringgit, soit entre 1 et 5 euros environ).


Pour trouver les bons spots de snorkeling, on peut s’adresser aux clubs de plongée qui organisent des tours de snorkeling.

Pomacentrus au-dessus d'un platier de corail aux îles Perhentian (Malaisie)

On peut également rejoindre ces sites en bateau-taxi : les chauffeurs connaissent les bons coins et sont de bon conseil. Il est possible de louer le matériel de snorkeling sur place, même si en termes de qualité il est préférable d’avoir son propre matériel.

Le poisson-clown est omniprésent aux Perhentian

On peut mettre la tête sous l’eau avec un masque à peu près n’importe où autour des îles Perhentian, mais voici les meilleurs spots de snorkeling que nous avons trouvés (et le premier est carrément incontournable) :

1 – Turtle Point : il est situé à l’ouest de Perhentian Besar. Bon à savoir : quand on demande à un chauffeur de bateau-taxi de s’y rendre, il ne faut pas confondre avec Turtle Beach qui est une simple plage, située plus au nord, et qui n’a rien à voir.

Turtle Point est un spot de snorkeling incontournable…
… où l’on peut approcher les tortues de très près.

Attention : le spot de snorkeling est situé quelques mètres à l’extérieur des zones de baignades, en plein dans la zone de passage des bateaux qui vont et viennent à la plage.

Les pilotes y sont habitués et font donc très attention, mais les snorkelers doivent aussi être vigilants et lever la tête chaque fois qu’ils entendent un bateau arriver.

Une tortue et son remora à Turtle Point

2 – Shark Point : il est situé au sud-ouest de Perhentian Besar. On y croise régulièrement des requins pointe noire qui nagent entre les coraux et la surface, parfois à deux ou trois mètres de profondeur à peine. Le site de plongée est situé juste à côté, à une profondeur à peine plus importante (10 mètres).

3 – Tanjung Batu Lochek : il est situé à la pointe sud-ouest de Perhentian Besar, à proximité de Shark Point. Le site est incroyablement poissonneux, avec notamment des centaines de poissons-demoiselles au-dessus des coraux, dans à peine un à deux mètres de profondeur. On dirait un aquarium, à tel point que je soupçonne le site de faire régulièrement l’objet de nourrissage pour attirer les poissons et donc indirectement, les clients…

Les eaux miraculeuses de Tanjung Batu Lochek

Ce spot est accessible à pied depuis les hôtels de la côte ouest (Suhaila Palace, Coral View etc.), ou en bateau-taxi. Il est posé au milieu d’une superbe anse où la mer reflète la couleur vert-émeraude de la forêt-vierge qui la surplombe. La plage est cernée par de jolis rochers que la mer et le temps ont poli. Le spot est visible depuis la rive car il y a un petit ponton flottant, qu’on peut rejoindre en quelques coups de palmes.


Perhentian Dive Center : club situé au sud-ouest de Perhentian Besar. Le club est sérieux, le matériel récent, le personnel compétent et accueillant, et les plongées se font dans les règles de sécurité.

Prix – Le tarif (équipement compris) est dégressif : de 95 Ringgit la plongée unique (environ 20 euros) à 75 Ringgit par plongée (environ 16 euros) pour 10 plongées et plus.

Universal Diver : club sérieux situé à l’ouest de Perhentian Besar, matériel récent, personnel compétent, plongées dans les règles de sécurité.

Prix – Le tarif (équipement compris) est similaire à celui du Perhentian Dive Center : de 95 Ringgit la plongée unique (environ 20 euros) à 75 Ringgit par plongée (environ 16 euros) pour 10 plongées et plus.

Et plouf !


Suhaila Palace – Comme tous les hôtels ici, le Suhaila Palace a les pieds dans l’eau. Les chambres sont propres et confortables. Surtout, l’accueil y est exceptionnel, de la part de sa patronne (surnommée Mister President) et son adjointe (Atom) : nous y avions réservé 7 nuits mais des travaux bruyants dans l’hôtel mitoyen à notre chambre nous ont empêchés de dormir. L’hôtel étant complet, Mister President a accepté sans sourciller d’annuler nos 5 dernières nuitées sans frais, et nous a carrément recommandé un autre hôtel voisin.

A noter que les 2 chambres pour quatre personnes sont au rez-de-chaussée et ne comportent pas de fenêtres. Les 8 chambres pour deux sont à l’étage avec une grande terrasse commune et une belle vue sur la mer. L’hôtel est situé juste à côté d’un club de plongée (Universal Diver).

Prix : à partir de 35 euros par nuit la chambre pour deux personnes.

New Cocohut Chalet

Chalets tout confort posés sur une jolie plage. Très bon accueil. Grand restaurant qui surplombe la mer.

Prix : il varie selon la saison (basse / haute / et en juillet août : super haute !)

Le tarif minimal (= chalets « Deluxe ») par nuitée pour un chalet de deux personnes est de 180 Ringgit (environ 39 euros) en basse saison, et de 330 Ringgit (72 euros environ) en « super haute » saison.

La vue depuis le balcon d’un chalet « Deluxe » (= de base)

Les chalets situés sur la plage ainsi que ceux qui surplombent la mer sont plus chers (430 Ringgit/94 euros environ en « super haute » saison).


Kuala Lumpur en bref…

Kuala Besut : la porte d’entrée vers les Perhentian

Les Îles Perhentian : le petit archipel idyllique

Malaisie : infos pratiques



Lire l’article sur la Thaïlande




LA THAÏLANDE

Le regard bienveillant d’un moine bouddhiste

La Thaïlande est la première partie de notre périple en famille en Asie-du Sud-Est, juste avant la Malaisie et Singapour.

Une capitale trépidante, une rivière mythique, un peuple souriant, des temples et des bouddhas partout, des cascades paradisiaques, et des animaux côtoyés de très près, voici en quelques mots le sommaire d’un séjour inoubliable en Thaïlande…

Il manque juste à notre programme ce dont tout le monde rêve : les îles paradisiaques de la mer d’Andaman ! Pourtant, elles nous font bien rêver nous aussi, mais nous sommes en juillet et en cette saison, le temps y est mauvais. D’où l’idée de terminer notre périple asiatique en descendant jusqu’en Malaisie pour trouver des îles où il fait beau à cette période de l’année : les îles Perhentian

Cet article est très détaillé donc il est assez long, mais pour obtenir les infos plus rapidement, il vous suffit de naviguer dans l’article à l’aide des liens du sommaire :



Et au cas où, les deux articles les plus lus sont directement accessibles ici :



Bangkok fait partie des villes les plus visitées au monde. Selon le classement des villes les plus touristiques de la planète en 2019, la capitale thaïlandaise se situait même à… la première place ! Devant Paris (2e) et Londres (3e), excusez du peu. Et s’il est évident que certains quartiers de la ville ne présentent pas spécialement d’intérêt, d’autres sites en revanche constituent de pures merveilles et justifient un tel classement.

Petit tour d’horizon de tout ce que nous avons pu voir à Bangkok en moins de quarante-huit heures.


Ce magnifique temple bouddhiste est l’un des plus anciens du pays.

En pénétrant dans son enceinte, il est important de se rappeler qu’avant d’être un site qui se visite, c’est surtout un lieu de culte et de méditation très fréquenté par les bouddhistes. Ainsi, une tenue correcte et un comportement respectueux sont exigés.

Le temple est composé de plusieurs bâtiments à l’architecture dépaysante pour les occidentaux que nous sommes, abondamment décorés de mosaïques multicolores.

A l’intérieur des bâtiments, les bouddhas sont omniprésents et rivalisent de sérénité.

Le plus grand et le plus impressionnant d’entre eux, c’est Bouddha couché, représenté sur son lit de mort juste avant d’atteindre le Parinirvāṇa (la fin de l’existence physique pour qui a atteint l’éveil).

Ce magnifique bouddha est entièrement recouvert de feuilles d’or.

La salle qui l’accueille, bien que très grande, semble trop exiguë pour cette statue qui en impose : 46 mètres de long sur 15 de haut.

Et que dire de ses pieds, qui sont au moins aussi beaux que tout le reste : incrustés de nacre, ils représentent les 108 actions qui ont permis à Bouddha d’atteindre la perfection.

Détail de la plante d’un pied de Bouddha

Un peu plus loin se trouve le sanctuaire principal : l’Ubosot. A l’intérieur, on retrouve Bouddha, mais assis cette fois. C’est en dessous de cette statue toute en or et en cristal que sont conservées les cendres du célèbre roi Rama Ier (1737-1809).

A noter enfin que dans l’enceinte du Wat Pho, on trouve également une école de médecine et de massages traditionnels, qui fut créée pour assurer la transmission des savoirs ancestraux.

Aujourd’hui, elle assure la formation des étudiants venus du monde entier. Les visiteurs peuvent d’ailleurs se faire masser dans les règles de l’art, même si l’attente peut parfois être un peu longue… Le site officiel :  école de médecine et de massages traditionnels,


Bien que bouddhiste, c’est à un dieu hindou, Aruna, que le temple doit son nom : Aruna symbolise l’aurore, et le Wat Arun voit chaque matin la première lumière du jour éclairer sa superbe façade…

Ce temple est devenu au fil du temps le symbole de Bangkok, on le retrouve d’ailleurs souvent en photo sur la couverture des magazines.

De près, on constate que c’est une infinité de petites mosaïques colorées qui constituent ce gigantesque ensemble.

Si l’escalier du prang central est très abrupt (le prang étant une tour typique de style khmer, en général richement sculptée), c’est pour évoquer la grande difficulté qui existe à atteindre les niveaux supérieurs de l’existence, selon les préceptes bouddhistes.

Une partie seulement des escaliers du prang central (72 mètres de haut) est ouverte au public, ce qui est suffisant pour avoir une jolie vue sur Bangkok quand le temps s’y prête… ce qui n’était pas le cas le jour de notre visite !


Tous les bangkokiens que nous rencontrons nous le disent : parmi toutes les merveilles de leur ville, le summum, c’est le Wat Phra Kaeo.

Il est situé à l’intérieur du domaine royal, lequel est lui-même cerné par une muraille blanche crénelée longue de deux kilomètres.

L’origine du site date de la fin du 18e siècle, lorsque le roi Rama Ier fonda officiellement Bangkok pour en faire la nouvelle capitale du pays. Il décida d’y construire un temple qui devait surpasser ceux des capitales précédentes, Ayutthaya et Thonburi.

Ce temple, ou plus précisément cette enceinte sacrée, c’est le Wat Phra Kaeo : il comprend notamment un ubosot (bâtiment principal d’un temple) abritant le fameux Bouddha d’Émeraude, ainsi qu’un ensemble comportant divers édifices, stèles et autres statues de toute beauté.

Photographier le Bouddha d’Émeraude est interdit, mais vous pouvez le voir ici.

A noter que le Bouddha d’Émeraude… est en jade !

L’architecture raffinée des différents édifices est embellie par le remarquable travail de décorations à base de feuilles d’or, de porcelaine, de céramiques, ou encore d’incrustations de nacre… Certains bâtiments sont carrément recouverts d’une pluie de dorures.

Le Phra Mondop est une magnifique bibliothèque. Elle renferme notamment de vieux livres en feuilles de palmier contenant des textes bouddhiques anciens. Ces pièces rares et fragiles sont précieusement conservées à l’intérieur.

On ne peut admirer cet incroyable bâtiment que de l’extérieur, ses salles étant fermées au public.

Le Prasat Phra Thep Bidon est le Panthéon Royal. Il contient des statues grandeur nature de tous les rois de la dynastie Chakri, laquelle est toujours au pouvoir.

Il se caractérise par la dominante bleue des innombrables céramiques qui le décorent.

Le Prasat Phra Thep Bidon

Le site comprend également plusieurs chedis dorés (constructions bouddhistes en forme de tours coniques).

Au pied de l’un d’entre eux, de jolies créatures mythologiques multicolores semblent s’amuser.

Pour résumer, le Wat Phra Kaeo permet d’en prendre plein les yeux. La richesse des décorations, l’explosion des couleurs et le raffinement de l’architecture font de ce site un pur joyau.

Ce site somptueux est incontournable à Bangkok.


Nombreuses sont les grandes villes à travers le monde qui possèdent un quartier chinois, mais celui de Bangkok est l’un des plus grands.

Lorsqu’on pénètre dans ce quartier, on est frappé par la frénésie qui l’anime et qui met nos sens en éveil : ça grouille de voitures et de piétons, les gaz d’échappements se mêlent aux parfums de la cuisine de rue, les tuks-tuks pétaradent haut et fort, les innombrables enseignes éclaboussent les rues de toutes leurs couleurs…

Il est très agréable et dépaysant de se balader dans le dédale de ruelles qui sont tantôt bordées de magasins, tantôt dédiées au marché.

Dans ce quartier réputé pour sa gastronomie, la rue présente toujours de quoi se nourrir et se régaler.

Si l’on manque de temps pour visiter Chinatown, alors il faut privilégier la tombée de la nuit. Car c’est le moment où les rues se transforment en un restaurant géant, pendant que toutes les enseignes multicolores s’illuminent d’un seul coup.


Fondée en 1350, Ayutthaya, surnommée la « Cité Scintillante », fut la capitale du royaume de Siam pendant quatre siècles. Elle fut l’une des villes d’Asie du Sud-Est les plus prospères de son époque, et figura même parmi les plus grandes villes du monde au 18e siècle.

Bien que son nom d’origine sanskrite signifie « qui ne peut être conquis », elle finit bel et bien par être pillée puis détruite par le voisin birman en 1767. Ensuite, la cité tomba en ruines petit à petit.

Wat Phanan Choeng

Aujourd’hui, les vestiges de ses dizaines de temples témoignent de sa grandeur passée. Ce sont eux qui valent à la ville d’être classée au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, et qui font de la Cité Scintillante une étape incontournable de la Thaïlande.

Ayutthaya est traversée par plusieurs cours d’eau, sur lesquels c’est un vrai régal de se déplacer pour découvrir les nombreux temples qui embellissent les rives.

Poissons-chats

Ceux qui veulent découvrir des temples n’ont que l’embarras du choix à Ayutthaya.

Mais avant de vous montrer ceux que nous avons visités, une toute petite leçon d’architecture bouddhiste s’impose :


Voici une liste, évidemment subjective, de quelques-uns des plus beaux temples d’Ayutthaya, à ne rater sous aucun prétexte.


Construit en 1324.

Bien qu’il soit très prisé des touristes, il ne faut pas passer à côté de ce temple.

Bouddha, bouddhiste et chat

Car son principal joyau, c’est l’immense Bouddha doré qu’il abrite (19 mètres de haut). Particulièrement vénéré des bouddhistes, il est enserré dans une salle presque trop petite pour lui, et richement décorée. L’ensemble est somptueux.


Proche du palais royal d’Ayutthaya, il servait de temple royal. C’est l’un des temples les plus importants d’Ayutthaya. Ses vestiges sont situés dans une zone arborée, ce qui rend la visite particulièrement agréable, notamment par temps chaud.

Il est situé sur le même site qu’un autre temple très intéressant mais plus récent (voir plus bas) : Wiharn Phra Mongkon Bophit.


Construit en 1630.

Situé sur la rive du fleuve Chao Phraya, ce célèbre temple est l’un des plus réputés d’Ayutthaya.

Le roi Prasat Thong le fit ériger en hommage à sa mère. Aujourd’hui, ce temple est plutôt bien conservé.

Le meilleur moyen pour s’y rendre est le bateau, et le moment idéal pour le découvrir est le soir au coucher du soleil.

S’il ne fallait voir qu’un seul temple à Ayutthaya, ce serait peut-être bien celui-là…



Construit en 1353.

En arrivant par la rivière, ce sont quatre statues étonnantes qui accueillent les visiteurs.

Ce qui attire l’œil d’emblée, c’est ce prang tout blanc qui domine les lieux.

A ses pieds, une armée de bouddhas veille paisiblement sur le site.


Construit en 1395.

Le nom de ce temple signifie la montagne dorée. Peu fréquenté, il est assez différent de la plupart des temples de la région, que ce soit par sa couleur ou son architecture.

En haut des escaliers qui permettent de monter dessus, la vue sur les rizières environnantes vaut le coup d’œil.


La visite de ce site est rapide. En effet, outre un grand bouddha couché (environ 40 mètres de long sur 8 mètres de haut), il subsiste simplement un prang qui domine quelques ruines.

Ce bouddha est parfois drapé d’orange, mais pas le jour de notre visite.


La date précise de sa construction n’est pas connue avec certitude, mais il daterait de la fin du 14e siècle.

Ce temple est l’un des plus visités de la région. C’est ici que l’on trouve notamment la fameuse tête de Bouddha enserrée dans les racines d’un banian.

Lorsque les birmans détruisirent une bonne partie d’Ayutthaya au 18e siècle, ils décapitèrent avec acharnement presque tous les bouddhas de Wat Mahathat. Selon la légende, l’une des têtes coupées roula jusqu’à un banian qui la recueillit dans ses racines. Aujourd’hui sacrée, elle est vénérée par les bouddhistes.

Pour le reste, bien qu’une bonne partie du temple soit en ruines, il est intéressant à découvrir.


Situé juste à côté de Wat Phra Si Sanphet (voir plus haut), on peut faire d’une pierre deux coups : ils sont si proches qu’il est presque impossible de visiter l’un sans visiter l’autre !

Au fond : Wihan Phra Mongkhon Bophit - Au premier plan : Wat Phra Si Sanphet

Le Wihan Phra Mongkhon Bophit est notamment réputé pour abriter un superbe bouddha doré, haut d’une dizaine de mètres.


Construit en 1357.

Ce vaste temple est l’un des plus anciens de Thaïlande.

Outre de beaux alignements de bouddhas drapés d’orange, ce temple est réputé notamment pour son grand chedi, que l’on peut voir de très loin : il commémore une grande victoire d’Ayutthaya sur l’envahisseur birman, en 1592.

Ce temple est très fréquenté, et nombreux sont les fidèles qui s’y pressent pour venir prier.


Le Mae Klong est un fleuve qui se jette dans le golfe de Thaïlande à Samut Prakan, à 80 kilomètres au sud-est de Bangkok. Sur ses berges est situé le fameux Railway Market, ce marché situé sur une voie ferrée, dont il se retire en quelques secondes pour laisser passer les trains !

De toute évidence, cette petite ville de 50.000 habitants est orientée vers la pêche. Pourtant, de nombreux chalutiers sont bloqués à quai, certains dans un état de décrépitude avancée.

En effet, la Thaïlande n’ayant pas toujours respecté certains règlements internationaux, elle est aujourd’hui sanctionnée par quelques restrictions en matière de pêche dans le golfe de Thaïlande.

Toujours est-il que l’on croise de nombreux habitants sur de petites embarcations, qui viennent prélever péniblement de quoi nourrir leur famille. En effet, les poissons qu’ils  réussissent à sortir de leurs filets sont aussi rares que petits.

Régulièrement, un varan ou deux passent par là, longeant la coque des bateaux à quai, à la recherche d’un peu de nourriture, sous l’œil imperturbable des pêcheurs.


A quelques encablures du port, un temple bouddhiste est situé au bord de l’eau lui aussi.

Sa jolie façade ornée de têtes d’éléphants change un peu des temples habituels.

Aux abords, quelques moines bouddhistes s’affairent, au milieu d’une multitude de chiens qui ont trouvé refuge ici.

J’essaie de discuter avec l’un des moines mais il ne parle que le thaï.

Qu’importe. Il sourit beaucoup et quand je lui montre le temple, il va aussitôt en chercher les clés pour m’ouvrir les portes. C’est ainsi que je me retrouve avec un temple pour moi tout seul !

Pas un seul touriste aux alentours, juste ce moine souriant et moi.

C’est un vrai privilège qu’il m’offre là. Il semble aussi heureux de m’accueillir ici que je le suis de pouvoir profiter de ce joli temple vide, ce qui me change des temples plus ou moins fréquentés d’Ayutthaya.


Si ce marché est si atypique, c’est parce que, comme son nom l’indique, il est situé sur une voie de chemin de fer… en activité ! Tous les jours, le train en provenance ou à destination de Bangkok traverse ce marché.

Il arrive au ralenti et au fur et à mesure qu’il avance, les commerçants remballent les uns après les autres leurs marchandises à toute vitesse. Peu avant l’arrivée du train, ils plient leur étal, le train les frôle et dès qu’il est passé, ils remettent tout en place, comme si de rien n’était.

Lire la vidéo (voir après 2 mn 15 s) : Railway Market Train.

Nous nous sommes rendus à ce marché un soir mais nous n’avons pas pu assister au spectacle puisque le train était sagement garé, en attendant l’horaire de départ du lendemain…

Mais c’est une expérience à vivre paraît-il, alors si vous avez un peu de temps devant vous…


C’est l’un des marchés flottants les plus connus de toute la région du grand Bangkok, et le seul du coin à être ouvert tous les jours. Pourtant, les habitants y font rarement leurs emplettes, laissant ce soin aux touristes pour lesquels on « adapte » les prix ! Mais le spectacle vaut malgré tout le coup d’œil.

Il existe deux façons de visiter ce marché : soit à pied en admirant le spectacle du marché flottant depuis les ponts qui enjambent la rivière, soit en barque pour être au cœur de l’action.

Nous avions choisi la première solution mais, nous étant fait conduire sur place par un Thaïlandais qui ne parlait pas un traître mot d’anglais, il nous a déposés hors de la ville, à une sorte de terminal pour barques. Nous nous sommes donc trouvés « obligés » d’en payer une…

Mais au final, naviguer sur ces canaux dans la lumière douce du petit matin fut un enchantement.

Ce marché étant considéré comme un nid à touristes, l’idéal consiste à s’y rendre assez tôt le matin. Car après 9h30, les cars venus de Bangkok débarquent leurs nombreux visiteurs. Le marché n’a alors plus grand-chose d’authentique alors qu’en arrivant tôt, on ne croise quasiment aucun touriste.

Ici, on fait son marché de barque à barque : il suffit de se déplacer sur l’eau et de regarder ce qu’il y a dans la barque du voisin, puis de faire son choix parmi les produits qu’il/elle propose.

L’heure totalement indue à laquelle nous nous sommes levés pour arriver tôt a au moins le mérite de ne nous faire croiser quasiment que des locaux. Sans touristes, le dépaysement est total dans ce marché aquatique et atypique !

Si l’essentiel du marché se passe donc sur les barques, il y a quand même de nombreuses boutiques de souvenirs ainsi que des restaurants tout le long des quais, ce qui montre bien le potentiel touristique du site…


Kanchanaburi et ses 50.000 habitants sont posés sur la rivière Kwaï (ou plus précisément au confluent des rivières Kwaï Yai et Kwaï Noi).

Un bateau-restaurant remonte la rivière Kwaï à Kanchanaburi

La ville est assez animée, notamment sur la longue avenue bordée de restaurants qui mène au fameux pont de la rivière Kwaï.

Le pont est évidemment le site le plus connu de la petite ville. Mais non loin de là, un autre site permet de passer un superbe moment : Elephants’ World, un parc en pleine nature où le visiteur côtoie des éléphants et s’occupe d’eux pendant un ou plusieurs jours.


Pendant la seconde guerre mondiale, le Japon entreprend la construction d’une ligne de chemin de fer entre la Thaïlande et la Birmanie. Il y affecte quelques dizaines de milliers de travailleurs asiatiques et de prisonniers de guerre. Leur mortalité est élevée à cause des conditions parfois inhumaines dans lesquelles ils sont traités ainsi que des maladies tropicales. D’où le surnom de « train de la mort » que porte aujourd’hui le train circulant sur cette ligne.

Le pont originel fut construit en bois mais un autre pont, métallique celui-là, surplombe les flots à proximité.

Bombardé puis restauré dès la fin de la guerre, c’est celui qui enjambe aujourd’hui encore la fameuse rivière Kwaï Yai.

A part son importance historique, on ne peut pas vraiment dire qu’aujourd’hui ce pont présente un très grand intérêt.

Bloqués sur le pont, les promeneurs attendent que le train passe…

A noter qu’à Kanchanaburi, un cimetière allié de la seconde guerre mondiale est réservé aux prisonniers qui ont laissé leur vie dans la construction de ce pont.


Il existe différentes structures en Thaïlande, qui accueillent les visiteurs pour leur faire approcher des éléphants. Nombre d’entre elles sont réputées exploiter ces animaux. Elephants’ World a la réputation inverse.

Alors bien sûr, il est difficile de se faire une idée objective sur la façon dont ces organisations traitent réellement les animaux quand, comme moi, on est assis derrière son ordi à l’autre bout du monde pour réserver.

Je me suis donc fié aux nombreux avis et commentaires trouvés sur le web. Et Elephants’ World semble à peu près faire l’unanimité en matière de traitement respectueux des animaux, c’est pourquoi nous l’avons choisi… Et nous n’avons pas été déçus ! Récit d’une journée mémorable…


Le principe est le suivant : Elephants’ World recueille des éléphants qui ont été exploités et parfois maltraités. Ils sont alors soignés et bichonnés par cette organisation, jusqu’à ce qu’ils se refassent une santé. Puis ils coulent des jours heureux au sein de l’organisation.

Un éléphant heureux dans la rivière Kwaï

Les visiteurs participent activement à ce projet en s’occupant des éléphants durant toute une journée (ou plus, ou moins, selon la formule choisie : voir les infos pratiques en fin d’article).

La journée commence dans un vaste bâtiment en bois qui semble perdu en pleine nature. C’est là qu’a lieu le briefing pour expliquer aux visiteurs la journée qui les attend.

Elephants’ world : l’espace d’accueil

D’un côté, cet agréable bâtiment domine la rivière Kwaï, où les visiteurs passeront une partie de la journée à laver les éléphants tout en se baignant avec eux.

De l’autre côté, on aperçoit déjà les premiers pachydermes.

Sitôt le briefing terminé commence le nourrissage. Les éléphants sont déjà en place et nous attendent pour le festin.

Ils n’ont en effet pas de temps à perdre puisqu’ils engloutissent jusqu’à… 200 kilos de nourriture par jour !


On leur distribue alors des dizaines de fruits et légumes, qu’ils attrapent par la trompe avec une grande délicatesse, avant de se bâfrer goulûment : bananes, potimarrons, pastèques, papayes, pommes de terre, ananas, tout y passe !


On les accompagne ensuite à la rivière.

Là, pendant qu’ils s’amusent, on prépare dans un vaste récipient (un mètre de diamètre) le repas des plus vieux éléphants, ceux qui n’ont plus de dents.

La bouillie pour les éléphants les plus vieux

La recette ? Du riz avec des fruits et des vitamines.

Puis on rejoint le grand bâtiment en bois où a eu lieu le briefing du matin, pour manger à notre tour (et soit dit en passant, notre repas à nous aussi est bon).

C’est l’après-midi qu’arrive le moment que tout le monde attend : la baignade avec les éléphants dans la mythique rivière Kwaï !


Mais auparavant, il faut les laver. On les enduit donc de boue, à la main et comme on peut !

Heureusement, les encadrants sont là pour parfaire le travail car tout seuls, on n’arriverait pas à enduire une telle surface…

Le bain de boue

Puis on les emmène à la rivière où, de toute évidence, ils s’amusent comme des fous.


Pour de tels animaux, c’est le balai-brosse à poils durs qui fait office de gant de toilette ! Et pendant qu’on les gratouille, ils aspergent tout le monde autour d’eux avec leur trompe !

La température de la rivière est délicieuse, le moment est magique.

Franche rigolade avec les éléphants

C’est sur cette activité toilette/baignade (qui dure un bon moment) que se termine la journée.

Les visites chez Elephants’ World durent, au choix, une demi-journée à quatre semaines mais dans tous les cas, on repart un grand sourire aux lèvres.


Un petit mot sur le logement à Kanchanaburi. Quitte à dormir quelque part dans cette ville, autant choisir un endroit mythique : la rivière Kwaï !

Les hôtels flottants y sont assez nombreux, souvent pas spécialement chers, et la quiétude des lieux vaut vraiment le coup.

Nous avons passé deux nuits au VN Guesthouse (voir les infos pratiques en fin d’article) dans un cadre très délassant, mais il y a pas mal d’autres hôtels similaires sur les berges de la rivière. On n’a donc que l’embarras du choix.

La salle de restaurant du VN Guesthouse

A noter que depuis Kanchanaburi, on peut aussi rallier le parc national d’Erawan et ses fameuses chutes, situés à 70 kilomètres de là.


Les chutes d’Erawan étant assez fréquentées, le bon plan consiste à y arriver dès l’ouverture (8h00), avant le débarquement de tous les visiteurs basés à Kanchanaburi. Il y a alors peu de monde et c’est le meilleur moment pour en profiter.

Idéalement, il faut donc passer la nuit à proximité, c’est pourquoi la veille de notre visite des cascades, nous avons pris le « train de la mort » pour aller dormir à Nam Tok, non loin d’Erawan. Et là, nous avons découvert par hasard qu’il y avait également de très belles cascades : celles de Sai Yok Noi.


Elles sont généralement inconnues des touristes et fréquentées presque uniquement par des locaux.

Le parc national de Sai Yok, très arboré, est situé en pleine nature.

Il est donc relativement peu fréquenté car même s’il y a un peu de monde par endroits, on peut profiter quand même des cascades sans promiscuité, dans un cadre naturel idyllique.

On peut aller et venir dans les petites grottes situées derrière les rideaux d’eau.

Il fait chaud, l’eau est rafraîchissante et la verdure cerne le site.

Cet avant-goût des fameuses cascades d’Erawan est une excellente étape.


Les chutes d’Erawan dégoulinent sur sept niveaux. Il est possible (et délicieux) de se baigner dans chaque piscine naturelle entre deux chutes.

On les atteint en marchant dans la forêt, sur un terrain qui monte souvent mais où un sentier et parfois des escaliers sont aménagés, ce qui rend la balade assez facile. Elle est d’autant plus agréable qu’elle est régulièrement ponctuée des fameuses cascades.

La première, Lai Kun Rang, est accessible très rapidement. Si on y arrive tôt le matin, elle est déserte et on s’y baigne absolument seul.

Plus tard dans la journée, elle est d’autant plus prise d’assaut par les touristes qu’elle est accessible en quelques minutes de marche seulement, contrairement à celles des niveaux supérieurs qui nécessitent de marcher plus longtemps. Voici la même chute, quelques heures plus tard :

Entre deux baignades dans les cascades, la balade dans la forêt est très agréable.

La troisième cascade, Pha Nam Tok, est l’une des plus hautes.

Parfois, quelques offrandes abandonnées au milieu de nulle part ponctuent l’itinéraire dans la forêt.

Au cinquième niveau, Buar Mai Long est l’une des cascades les plus agréables pour se baigner. Mais du coup, elle devient vite aussi l’une des plus fréquentées.

Les cascades sont tellement paradisiaques qu’on a presque tendance à négliger la balade dans la forêt, pourtant elle aussi très agréable.

La cascade du sixième niveau, Dong Pruk Sa, est peut-être la plus sauvage car elle est difficilement accessible.

Mais la plus agréable est sans doute celle du septième et dernier niveau, Phu Pha Erawan : ceux qui entament la balade tôt le matin sans s’arrêter à aucune cascade y arrivent les premiers, et peuvent donc la savourer tout seuls.

Mais très vite dans la matinée, elle devient assez fréquentée, ce qui n’enlève pourtant rien à cette sensation de petit paradis tropical qu’elle laisse à tous ceux qui s’y baignent. La température de l’eau, dans cette chaleur ambiante, est tout simplement délicieuse…

Une fois terminée la journée de détente dans les cascades et la forêt d’Erawan, on peut faire un petit détour par le barrage de Srinakarin, situé non loin de là.

L’ouvrage, qui permet de réguler les rivières et de produire de l’énergie hydroélectrique, est assez impressionnant. On peut se balader à son sommet, d’où la vue dégagée en direction de la Birmanie voisine vaut le coup d’œil.


La monnaie thaïlandaise est le Bath (THB). Les conversions indiquées ci-dessous en euros tiennent compte du taux de change de juin 2024 (1 euro = 40 THB environ).



Se rendre d’un point à l’autre de la mégapole trépidante et saturée peut relever du parcours du combattant.

Pour y remédier, voici le site idéal : transitbangkok.com. Il répertorie toutes les lignes de tous les moyens de transports de la ville, propose des cartes et calcule même les itinéraires d’un point à l’autre, en combinant les différents moyens de transports existants (métro + bateau par exemple, etc.)


Totalement dépaysant, c’est l’un des symboles de la Thaïlande ! Au rayons des avantages, ses petites dimensions lui permettent de se faufiler entre les voitures à l’arrêt, ce qui en fait un moyen de transport plutôt rapide.

Côté inconvénients, les gaz d’échappements et le vacarme ambiants font fonctionner nos narines et nos oreilles à plein régime !

Mais malgré tout, ce moyen de transport emblématique du pays fait partie des incontournables.

Le tuk-tuk (ici à Kanchanaburi)

A noter que par temps de pluie, la chaussée est glissante et il vaut mieux préférer un autre moyen de déplacement.

A savoir : afin d’éviter toute mauvaise surprise, il faut négocier le prix avant le départ.


Il est à la fois plus lent que le tuk-tuk mais aussi plus confortable, et surtout moins cher ! Comme le tuk-tuk, on en trouve partout, il faut juste privilégier les taxis-meters (c’est-à-dire dotés d’un compteur) et veiller à ce que le chauffeur le mette bien en marche au départ.


Il s’agit de navettes fluviales sillonnant la Chao Phraya, la fameuse rivière qui serpente à travers Bangkok. C’est un moyen de transport simple, rapide, agréable et dépaysant, qui est idéal pour circuler dans la capitale, loin du bitume saturé.

C’est sans doute le meilleur moyen de se déplacer pour se rendre à certains monuments comme le Wat Arun ou le Grand Palais, l’arrivée par le fleuve constituant en plus un point de vue différent et intéressant.

→ Prix : 15 THB par trajet pour la ligne orange (0,40 euro environ), qui dessert les principaux sites touristiques (et 13 à 32 THB pour les deux autres lignes, la verte et la jaune, pour des trajets plus longs). On achète généralement les billets à bord (possible également sur le quai, au guichet).


Il existe deux types de métros : le métro aérien BTS (Bangkok Transit System) et le métro souterrain MRT (Mass Rapide Transit). Bien qu’ils soient connectés entre eux par quelques stations de correspondances, ils appartiennent à deux réseaux différents, ce qui signifie qu’on doit acheter des tickets de métro spécifiques à chaque réseau. Les tickets communs aux deux réseaux n’en sont pour l’instant qu’au stade de l’étude…

→ Prix : 15 à 50 THB (env. 0,40 à 1,25 euro) selon la longueur du trajet

→ Horaires : de 6h00 à minuit 

→ Fréquence : toutes les 5 minutes maximum aux heures de pointe (6h00-9h00 et 16h30-19h30), et toutes les 10 minutes maximum le reste du temps.


Les bus urbains de Bangkok ont essentiellement deux caractéristiques : d’une part, ils ne coûtent presque rien (7 à 20 THB par trajet, soit 0,20 à 0,50 euro environ) mais d’autre part, les trajets sont plutôt longs à cause de la circulation très dense dans laquelle ils s’enlisent bien souvent, malgré l’existence de quelques files de bus. A éviter si l’on est pressé.


La ville est évidemment bien trop grande pour être parcourue à la seule force des mollets ! Marcher fait néanmoins partie du quotidien, et cela permet de s’imprégner de l’ambiance unique de la ville. A noter que pour traverser certaines artères très fréquentées, il faut obligatoirement emprunter les fameux Fly Over, des ponts enjambant la chaussée et qui font office de passages pour piétons.



→ Il faut éviter de pointer les pieds vers Bouddha, car c’est considéré comme un manque de respect (même si en pratique, il suffit de jeter un œil vers les pieds des touristes pour se rendre compte que peu d’entre eux le savent…)

→ Une tenue correcte en adéquation avec ces sites sacrés est généralement exigée.

→ Toujours prendre de l’eau avec soi car on n’en trouve pas forcément partout et avec la chaleur fréquente à Bangkok, ce n’est pas du luxe !


L’accès à tous les temples du pays est gratuit pour les thaïlandais. Voici le tarif d’entrée pour les visiteurs étrangers.

Wat Pho : depuis le 1er janvier 2019, le tarif d’entrée a doublé, passant de 100 à 200 THB par personne (2,50 à 5 euros environ).

Pour s’y rendre en bateau (pavillon orange) : descendre à l’arrêt Tha Thien n°8.

La traversée en bateau du Wat Arun au Wat Pho : 4 THB (0,10 euro environ)

Wat Arun : 50 THB par personne (1,25 euro environ).

A noter qu’on peut admirer le temple depuis l’autre rive, à la terrasse de l’un des nombreux bars/restaurant qui lui font face, idéalement au coucher du soleil : Resto Sala ArunResto Rattanakosin


→ Attention : le Wat Phra Kaeo ferme dès 15h30, il faut donc prévoir d’arriver suffisamment tôt (ouverture : 8h30).

→ S’y rendre en bateau (pavillon orange) : descendre à l’arrêt Tha Chang Pier

→ Le prix : 500 THB par personne (12,50 euros environ). Le billet donne donc accès au Wat Phra Kaeo ainsi qu’au Grand Palais, mais aussi au musée de la Monnaie et du Trésor Royal, et au musée des textiles de la reine Sirikit.

→ Tenue correcte exigée : on ne peut entrer en short ou en tongs. Sinon, il est possible de louer un sarong.

→ Il est interdit de photographier le Bouddha d’Émeraude.

→ L’arnaque : le grand classique, c’est le chauffeur de tuk-tuk qui vous dit que le site du Grand Palais, qui comprend le Wat Phra Kaeo, est fermé. Le but est de vous proposer de vous emmener visiter d’autres sites, mais de finir par vous rabattre vers des magasins où il perçoit une commission sur tous vos achats.

Le site officiel du Grand Palais : www.royalgrandpalace


  • We Bangkok at Ratchaprarop

Il s’agit d’un appart’hôtel situé dans le centre de Bangkok  (quartier de Ratchathewi), à dix minutes à pied de la première station de métro aérien (= Sanam Pao). Piscine en terrasse (fermée quand il pleut). Nombreux petits restaurants et petits commerces à proximité, sur une artère animée.

Prix : à partir de 1000 THB (25 euros) la chambre pour deux, et 1600 THB (40 euros) l’appartement pour 4.

  • Resort M-BTS Chong Nonsi

Il est situé en plein cœur de bangkok (quartier de Bang Rak), aux pieds du métro aérien (station du même nom : Chong Nonsi) et à 15-20 minutes à pied du Chao Phraya Express, le « bateau-taxi » qui sillonne la rivière traversant Bangkok, la Chao Phraya.

Hôtel pas authentique du tout mais tout confort, plutôt design, ultra propre, avec une jolie piscine idéale pour se rafraîchir après une journée de visites dans la moiteur ambiante de Bangkok.

Prix : 550 THB (14 euros) la chambre pour deux en juillet 2019. Il semble que le prix ait considérablement augmenté depuis juillet 2019, étant désormais plus en conformité avec le standing de l’hôtel.

A noter qu’en levant les yeux depuis la piscine, on a une vue étonnante sur la plus haute tour de Thaïlande, la King Power Mahanakhon (314 m) et son fameux SkyWalk : il s’agit d’un sol transparent littéralement suspendu au-dessus du vide, sur lequel on peut marcher, s’allonger, se rouler…

Cette activité insolite est très prisée, notamment en fin d’après-midi où la file d’attente s’allonge pour accéder au SkyWalk. A noter que le sommet de la tour offre aussi une vue à 360° sur Bangkok.



Ayutthaya est située à 80 kilomètres au nord de Bangkok.


Le moyen de transport le moins cher est le train : en fait, il est quasi-gratuit puisque le prix d’un aller simple en 3e classe est de 15 THB (0,40 euro). Le confort est certes basique mais correct : sièges en bois et absence de clim, et contact avec la population garanti !

Le prix est de 66 THB (1,70 euros environ) en 1e classe et 35 THB (0,90 euro environ) en 2nde classe.

Le trajet est censé durer 1h20 mais les trains prennent facilement une demi-heure de retard, parfois plus…

On prend le train depuis la gare Hua Lamphong de Bangkok (accessible notamment par le MRT, le métro souterrain).

Le site officiel pour réserver : Thaïland Railway


Si l’on veut éviter de prendre le train, on peut se tourner vers le bus : ils sont nombreux à partir pour Ayutthaya depuis la gare routière de Mo Chit, ainsi que des mini-vans. Le prix tourne autour d’une dizaine d’euros.


Enfin, le taxi reste une option sensiblement plus chère mais facile à organiser : il suffit pour cela de négocier le prix avant de monter dans la voiture.


Le Oyo 356 PU Guesthouse est situé à un kilomètre de Wat Mahathat, l’un des principaux temples d’Ayutthaya.

→ Prix : à partir de 500 THB la chambre double (12,50 euros environ).

L’hôtel propose différents tours pour visiter les temples, dont un tour en bateau de 2h00 (qui peut déborder) pour 200 THB par personne (5 euros environ) et qui se termine par la visite du magnifique temple Wat Chai Watthanaram sous les rayons du soleil couchant.



Le Tonnum Resort est situé à une vingtaine de minutes en voiture du marché flottant. Il constitue une excellente solution pour arriver tôt le matin au marché flottant, avant l’arrivée en bus des nombreux touristes en provenance de Bangkok (à 1h30 de route de là environ).

Le gérant nous a réservé un accueil exceptionnel, nous emmenant même gratuitement dans sa voiture passer la soirée dans un petit marché nocturne très vivant et vide de touristes (juste à côté du Mae Klong Railway Market), situé à quinze minutes de route de l’hôtel.

Le Tonnum Resort

Les chambres disposent de café, thé et eau ainsi que d’un frigo.

→ Prix : à partir de 33 euros la chambre double et 39 euros la chambre pour quatre.


Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, voici la mésaventure que nous avons vécue et qu’il faut éviter.

Quand on se rend sur place en taxi ou avec un chauffeur privé, on s’expose à ce qu’il nous emmène, non pas au cœur du marché comme on le lui a demandé, mais à quelques encablures de là, à un terminal de barques situé sur le canal, à l’écart du marché flottant.

A cet endroit, situé en plein dans la gueule du loup (!), les différents tours proposés atteignent des prix exorbitants : 3000, 4000, 5000 Baths (75 à 125 euros), le prix variant en fonction de la durée (une heure, deux heures…) et du contenu (visites de temples incluses ou pas, par exemple)

Le tour en barque traverse le cœur du marché un peu trop vite et s’attarde beaucoup plus longuement dans les nombreux magasins de souvenirs qui jalonnent les rives. Le but est de faire acheter des souvenirs au touriste, le chauffeur qui l’a conduit là étant rémunéré à la commission.

Ne sachant pas du tout où nous étions et disposant d’un timing serré, nous n’avons pas pu prendre le temps de nous débrouiller autrement, d’autant plus que notre chauffeur ne parlait pas (semble-t-il…) l’anglais. Nous avons donc juste négocié à la baisse le tarif du tour en barque (2000 THB, soit quelque 50 euros quand même).

En ce qui nous concerne, bien que gardant en mémoire un arrière-goût d’arnaque de cette petite escapade fluviale, il faut reconnaître que ce marché, ou du moins le peu que nous en avons vu, nous a beaucoup plu malgré tout.

D’après les infos que nous avons eues beaucoup plus tard, la balade en barque au cœur du marché nous serait revenue à 600 THB (15 euros !) à quatre au lieu de 2000…



Le fameux Mae Klong Railway Market dispose de quelques étals qui continuent à accueillir le client le soir.

On y trouve également une zone animée où de nombreux stands permettent de s’attabler dans la rue pour manger. Nous nous y sommes franchement régalés à cinq pour un total de 260 THB (6,50 euros environ).


Leur devise : « Chez Elephants’ World, nous travaillons pour les éléphants, au lieu que ce soit eux qui travaillent pour nous »

Différentes organisations permettent d’approcher les éléphants en Thaïlande, mais toutes ne respectent pas forcément ces animaux. Par exemple, il est souvent possible de monter à dos d’éléphant, ce qui est néfaste pour les pachydermes car leur dos est finalement comme celui des humains : fragile.

En effet, s’ils peuvent porter 500 kilos avec leur trompe, le maximum raisonnable pour leur dos est d’une centaine de kilos seulement. Les harnacher d’une lourde chaise métallique, pour transporter en général deux touristes à la fois, est donc beaucoup trop lourd pour eux : il faut bannir cette pratique douloureuse.

Elephants’ World ne fait donc pas partie de ces organisations-là. Elle agit pour la protection de l’environnement et assure les soins quotidiens d’une trentaine d’éléphants, en visant uniquement le bien-être de ses pachydermes.

Sur place, les « éco-voyageurs » passent leur temps, qui varie selon la formule choisie, à s’occuper de ces animaux : préparation de leur pitance, nourrissage, toilette, et le clou du spectacle, un bain avec eux dans la rivière Kwaï.

Avant le covid, il existait également des formules longues (une à quatre semaines en pension complète). Elles reviendront peut-être un jour…


  • 1/2 journée : 1800 THB (à partir de 12 ans, soit 45 euros environ) et 1300 THB (moins de 12 ans, 33 euros)
  • 1 jour : 2500 THB (à partir de 12 ans, soit 63 euros environ) et 1800 THB (moins de 12 ans, 45 euros)
  • 2 jours/1 nuit : 4900 THB (à partir de 12 ans, soit 123 euros environ) et 3500 THB (moins de 12 ans, 88 euros), avec balade en forêt, randonnée en montagne, observation des oiseaux…

Le prix comprend l’aller-retour depuis Kanchanaburi : l’association vient chercher les visiteurs à leur hôtel, puis les y ramène.


N’hésitez pas à vous y connecter : Elephants’ World.

Le site est complet, tout y est : le programme détaillé des différentes formules, des infos générales instructives sur le monde des éléphants, et même la fiche individuelle de chaque animal qui vit là (par exemple, on y apprend que le jeune Saiyok est né en 2018, et Tangmo en… 1950 !)

Contact : info@elephantsworld.org (cette adresse reçoit toute demande, sauf celles pour réserver : pour ça, il faut passer par leur site).


ElephantsWorld
90 Moo 4, Ban Nong Hoi,
Amphoe Mueang, Tambon Wang Dong,
Kanchanaburi 71190, Thailand


Nous avons passé deux nuits au VN Guesthouse dans un cadre délassant, mais il y a pas mal d’autres hôtels similaires sur les berges de la rivière. On n’a donc que l’embarras du choix.

Le VN Guesthouse bénéficie d’un superbe emplacement et respire la sérénité. Il n’y a rien de plus reposant que de prendre un verre ou un repas sur la terrasse du restaurant qui surplombe la rivière.

La restauration est bonne, le plat est à partir de 80 THB (2 euros environ).

Les chambres sont minimalistes mais propres et correctes, mais surtout très bon marché.

→ Prix : à partir de 400 THB la chambre double (10 euros).

Il est situé à une demi-heure de marche du fameux pont de la rivière Kwaï (qu’on peut bien sûr aussi rejoindre en tuk-tuk ou en taxi).

Pour se rendre à Elephants’ World, une voiture de l’organisation passe prendre ses clients dans tous les hôtels flottants du coin, dont bien sûr le VN Guesthouse.

Nettoyage quotidien de l’hôtel


Le Plaifon & Tonnaw House est une maison d’hôtes où l’accueil est tout simplement excellent.

Le personnel est venu nous chercher en voiture à la gare, gratuitement.

Cette maison d’hôtes est située à Sai Yok, à 45 minutes en voiture du parc national et des chutes d’Erawan, et à 10 minutes à pied des jolies chutes de Sai Yok.

Prix : à partir de 370 THB la chambre double (9 euros environ) et 570 THB la chambre pour 4 (14 euros environ).

Le Plaifon & Tonnaw House


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LA FRANCE

La côte Basque. Au fond : Biarritz.

La France est la première destination touristique du monde !

Si de nombreux français/es, dont nous faisons partie, adorent voyager à l’autre bout du globe, il serait dommage de négliger notre beau pays.

Car ce n’est pas pour rien qu’il attire les foules des quatre coins du monde depuis tant d’années.

Voici quelques jolis coins à explorer…


Mon petit coin de paradis… J’ai longtemps hésité à mettre cet article en ligne, mais je finis par vous livrer mon petit secret…

La réserve marine de Cerbère-Banyuls, ou comment en prendre plein les yeux en mettant la tête sous l’eau…

Corse : tour rapide de l’Île de Beauté en quelques images…


Les Pyrénées : quelques-unes des plus belles randonnées de la chaîne.

Réunion : l’île nature

Bordeaux est-elle vraiment la meilleure destination du monde ?…


La randonnée du Puy de Sancy est une rando de toute beauté, au cœur du Massif Central…

Grand Sud-Ouest : le canal des Deux-Mers à vélo (canal de Garonne et canal du Midi)



INSOLITE : qu’est donc devenu le Mur de l’Atlantique ?…




UNE DESTINATION HORS DES SENTIERS BATTUS ? LE CAP-VERT…

Le Cap Vert est un petit archipel volcanique, composé de dix îles isolées au milieu de l’Océan Atlantique. A la croisée des routes maritimes entre trois continents, l’Afrique, l’Amérique et l’Europe, son nom reste lié à l’histoire de l’esclavage.

(Google Maps)

Mais aujourd’hui, ce petit morceau d’Afrique aux accents créoles a beaucoup à offrir aux voyageurs en mal de dépaysement et d’escapades hors des sentiers battus.

Nous avons visité trois de ces dix jolis cailloux qui émergent de l’océan : Maio l’île sauvage et authentique, Fogo l’île volcanique et Santiago l’île cosmopolite.

(Google Maps)


Le carnet de voyage qui suit étant assez détaillé, il est plutôt long. Aussi, pour obtenir les infos plus rapidement, n’hésitez pas à naviguer dans le sommaire qui suit…


Pour effectuer le trajet entre les îles voisines de Santiago où nous avons atterri depuis la France, et Maio, la première étape de notre voyage, il existe deux moyens : l’avion et le bateau. Afin d’éviter une éventuelle annulation du bateau en cas de mer trop forte, mais aussi pour gagner un peu de temps, nous avons choisi de prendre l’avion : le vol dure en effet quinze petites minutes, alors que la traversée en bateau prend trois heures. Notre séjour ne durant que quinze jours, cette petite demi-journée gagnée n’est pas négligeable.

Les maisons colorées de Vila de Maio

Notre première journée sur l’île ne nous permettra pas d’apercevoir le soleil. Il faut dire que nous sommes mi-août, ce qui correspond au tout début de la saison des pluies, qu’on devrait d’ailleurs plutôt appeler la saison des nuages. Car cette période de pluies n’a rien à voir avec ce qui se passe dans d’autres régions du monde, comme l’Asie du Sud-Est par exemple où la mousson est parfois dévastatrice. Ici, les habitants n’ont pas vu tomber une goutte d’eau depuis un an, à quelques jours près, et pour eux c’est un drame. C’est pourquoi le sol est si sec et la végétation si pauvre.

Du coup, les fruits et légumes sont rares, et le cheptel souffre à un tel point que certains éleveurs sont parfois obligés d’abattre quelques bêtes. Ironie du sort, en France, nous sortons d’un hiver abominable avec près de cinq mois de grisaille incessante et de pluies fréquentes, notamment dans certaines régions. Déréglé, notre climat ?…

La plage qui borde le village de Vila de Maio

Nous allons rester une semaine sur Maio. Nous sommes logés au Stella Maris Village, une petite résidence située à l’extrémité de Vila. Une piscine commune, juchée sur le rebord d’une petite falaise, domine la Grande Bleue.

Le crépuscule sur Stella Maris Village

Cette falaise n’est donc pas bien haute mais elle permet d’avoir une vue agréable sur les alentours.

Depuis cette résidence, il suffit de dix petites minutes de marche pour traverser le village et rejoindre la plage.


Nous n’avons pas choisi l’île de Maio que pour son côté calme, sauvage et authentique. Il s’agit aussi pour Victor et Arthur, nos deux fils, de passer leur niveau 1 de plongée dans les jolies eaux du Cap Vert, réputées poissonneuses mais relativement épargnées par les plongeurs. Du moins pour le moment…

Dès le premier jour, nous partons donc à la rencontre de Bernard, qui tient le club AAA Maio Plongée, afin de planifier les cinq plongées nécessaires à la formation en vue du diplôme (normalement il en faut six, mais exceptionnellement Victor et Arthur n’en feront que cinq chacun car ils ont déjà une bonne petite expérience de plongée avec une dizaine de baptêmes à leur actif chacun).

Les sites de plongée sont accessibles en bateau mais pour rejoindre ce dernier, il faut passer la barre. Les vagues sont en effet plus ou moins fortes et, si elles sont clémentes pour la première sortie en snorkeling, passer la barre sera un peu plus sportif pour les plongées suivantes avec les bouteilles sur le dos. Une expérience  très sympa néanmoins.

Pour la première sortie snorkeling, les vagues sont clémentes…

La semaine de plongée avec Bernard se déroulera à merveille, dans des eaux cap-verdiennes étonnamment poissonneuses.

Le matin de la dernière plongée, en observant la mer afin de passer la barre sans encombre, nous apercevrons même un banc de dauphins traverser la baie au loin. Un moment toujours magique…

En une semaine, la plage de Vila, où est situé le club de plongée, est l’endroit le plus animé que nous verrons sur toute l’île. A longueur de journée, les bateaux de pêche reviennent chargés de poissons plus ou moins gros.

Retour de pêche

Ici, tous les pêcheurs ont un sens aigu de la solidarité, car ils ne peuvent sortir tout seuls leur bateau de l’eau, a fortiori lorsqu’il est ballotté par des vagues parfois puissantes.

Ainsi, tout au long de la journée, chaque fois qu’un bateau rentre, les pêcheurs présents sur la plage accourent pour l’aider à tirer son bateau et le poser un peu plus haut sur le sable, à l’abri de la mer.

La présence de ces bateaux de pêche colorés sur la plage est une constante que nous rencontrerons un peu partout au Cap Vert.

Parfois, les pêcheurs ramènent de superbes prises. Plutôt que de transporter le poisson à la main dans un lieu adéquat, ils le découpent alors sur la plage.

Espadon-voilier

Mais tous les soirs pendant notre séjour, c’est également sur cette plage qu’a lieu le tournoi de foot annuel de Maio : les habitants des différents villages de toute l’île se donnent rendez-vous ici en fin de journée pour s’affronter, y compris quelques équipes féminines.

Joueurs et joueuses sont encouragés par quelques centaines de spectateurs, ce qui n’est pas rien sur une petite île qui compte à peine 8000 habitants.

La plage fait ainsi office de stade : le sable remplace la pelouse, et les bateaux multicolores des pêcheurs servent de sièges et de gradins. La fête se déroule dans une ambiance bon enfant, au son de la musique que crachent de puissantes enceintes, et au milieu des odeurs de poisson grillé.

Pendant ce temps, les jeunes ainsi que les très rares touristes barbotent dans une mer qui peut s’avérer parfois dangereuse, du moins si l’on est imprudent.

Les vagues peuvent être fortes, mais c’est surtout des courants qu’il faut se méfier.

Bon, il suffit juste de faire un peu attention pour pouvoir se baigner en toute tranquillité, y compris au cœur des tubes que les vagues forment en permanence.


Lors de notre semaine à Maio, pas un seul jour nous ne manquerons de nous rendre sur cette plage. Pourtant, aussi agréable soit-elle, il y a heureusement d’autres lieux à découvrir sur l’île. A commencer par sa principale bourgade : Vila de Maio.

A Maio comme un peu partout au Cap Vert, les maisons ont un point commun avec les bateaux de pêche : elles sont gaies et colorées.

Surplombant la mer, le petit fort San José et ses vieux canons rappellent qu’il y a deux à trois cents ans, il était vital de lutter contre les pirates qui naviguaient dans les parages.

Changement d’époque, changement de déco ! Aujourd’hui, certaines maisons sont taguées par des artistes (voir le récapitulatif en fin d’article).

Vila compte à peine 3.000 habitants et quand on se balade dans ses ruelles, on a vite l’impression que tout le monde connaît tout le monde.

C’est pourquoi nous saluons, en portugais qui est la langue locale, chaque habitant que nous croisons. En retour, il est rarissime qu’ils ne nous gratifient pas d’un grand sourire.

Ils semblent ne jamais vraiment faire attention à nous mais dès que nous les saluons et que nous essayons d’engager la discussion, ils nous répondent systématiquement avec une grande gentillesse. Pour moi qui adore discuter avec les gens que je rencontre en voyage, puis les prendre en photo lorsqu’ils sont d’accord, cette île est un pur régal.

Un matin, en me baladant dans les ruelles colorées, je salue un monsieur qui prend tranquillement le frais à sa fenêtre. Il me répond en anglais et engage aussitôt la discussion. Il s’appelle Mario et me raconte fièrement qu’il a visité de nombreux pays lointains comme la Suède, la Russie ou encore le Canada. Aujourd’hui à la retraite, il a exercé toute sa carrière en tant que marin au long cours, ce qui l’a mené aux quatre coins du globe. Ce baroudeur Cap-Verdien est sympa et ouvert, et je me régalerai à discuter avec lui presque tous les jours, puisque je le croiserai régulièrement dans les ruelles de Vila.

Mario, marin au long cours retraité

Le lendemain de cette rencontre, au détour d’une autre ruelle, je me fais ferrer par un pêcheur, Manuel : il a vu mon appareil photo et me demande de faire une image de lui. Aussitôt dit, aussitôt fait.

Manuel

Jovial et théâtral, il ose quelques pas de danse avec le fruit de sa pêche posé en équilibre instable sur sa tête, manquant de tout faire tomber par terre à plusieurs reprises.

Puis il exhibe fièrement devant mon objectif les superbes dorades qu’il a pêchées, et qui n’ont pas grand-chose à voir avec celles de vingt centimètres de long de nos supermarchés…

Puis Manuel s’en va comme il est arrivé, tranquillement et en chantonnant, sa cuvette de dorades plus ou moins bien calée sur la tête…

Je m’en vais donc moi aussi et, au fil des ruelles et des rencontres, j’immortalise les lieux et les gens.

Isandra et son œil malicieux
Kalao


Branco

Quand je tire le portrait aux habitants, le meilleur moment est toujours celui où je leur montre les images réalisées. Et avec Sandra, Kalao et Branco, comme toujours, les commentaires fusent et les éclats de rire aussi. Isandra me donne son adresse mail pour que je lui envoie les trois photos, ce que je ferai effectivement une fois rentré en France.


Le Cap Vert fait partie de ces sites dans le monde où chaque année, les tortues viennent pondre leurs œufs. Et cet endroit n’est pas le moindre puisque, bien qu’étant minuscule, ce pays est le troisième site le plus important de tout l’Atlantique où vient pondre ce placide reptile.

Pour assister à ce spectacle nocturne, nous nous adressons à la Fondation de Maio pour la Biodiversité, dont l’un des rôles consiste à favoriser la protection des tortues marines.

C’est donc Dennis, un jeune membre de la fondation, qui nous emmène à la tombée de la nuit sur une plage de l’île habituellement fréquentée par les tortues. Un couple de français rencontré à Vila est venu ici il y a trois jours : ils ont pu observer six tortues en train de pondre ! Nous sommes donc plein d’espoir, d’autant que le créneau semble assez long : la sortie va durer quatre heures.

Et pourtant, nous allons passer un très long moment sans apercevoir la moindre tortue à l’horizon, bien que nous scrutions inlassablement la mer dans la pénombre. Le seul spectacle dont nous gratifie la nature est celui de la voûte étoilée qui brille au-dessus de nos têtes.

Pour patienter, Dennis nous donne plein d’infos sur les tortues. Par exemple, il nous explique que l’une des caractéristiques les plus surprenantes de cet animal est sa faculté à venir pondre systématiquement ses œufs sur la plage sur laquelle il est né, malgré les milliers de kilomètres qu’il a parcourus entre-temps dans les océans. A croire que la tortue a inventé le GPS bien avant l’homme…

Après quasiment trois heures d’attente, un membre de la fondation nous fait un signal lumineux avec sa frontale rouge à au moins deux cents mètres de nous : cela signifie qu’il a repéré une tortue qui s’apprête à pondre.

Pourquoi une lumière rouge ? Tout simplement parce que si une tortue aperçoit une lumière blanche, elle fait immédiatement demi-tour. La lumière rouge, elle, ne la perturbe pas.

Lorsque nous arrivons à hauteur de la tortue, elle a déjà commencé son travail. Le contraste est étonnant entre ce gros animal pataud et la façon extrêmement délicate dont il creuse  : la tortue récolte le sable avec une grande précision, dans le creux de sa nageoire qu’elle utilise exactement comme si c’était une pelle !

N.B. Qui dit lumière rouge dit photos rouges, donc photos bizarres, c’est pourquoi je les présente ici en noir et blanc. Rien à voir donc avec des photos d’art en noir et blanc, c’est juste une question pratique !

Un membre de la Fondation Maio Biodiversité observe une tortue en train de creuser

Dès que la tortue semble avoir terminé son trou, un membre de la fondation y dépose un sac plastique grand ouvert. C’est donc à l’intérieur de ce sac, et non pas directement dans le sable, que la tortue va pondre.

Le but consiste à récolter les œufs (60 à 80 en moyenne par ponte) afin de les mettre ensuite dans ce qu’on appelle une nurserie : il s’agit d’un autre trou dans le sable mais creusé par les membres de la fondation. Ce trou-là sera donc protégé, lui, des prédateurs naturels (crabes, rats, chiens errants, voire oiseaux etc.) mais aussi des négligences des humains.

Le but de cette nurserie consiste à placer les œufs dans les meilleures conditions pour que les futurs bébés tortues soient aussi nombreux que possible à naître puis survivre.

Pour l’instant, nous devons toujours rester derrière la tortue afin de ne pas la déranger : pendant la ponte en effet, la lumière, même rouge, ne doit surtout pas éclairer l’animal de face pour ne pas le perturber. Nous verrons donc sa tête plus tard…

Quand la ponte se termine, les membres de la fondation se dépêchent de mesurer la longueur de la carapace. Verdict : 90 centimètres quand même, sans tenir compte de la tête !

Ensuite, ils récoltent rapidement le sac contenant les œufs car la future maman, guidée par son instinct, a déjà commencé à ensabler le trou ! Elle ne sait pas qu’il est vide, mais nous la regardons le reboucher quand même jusqu’au bout car il est évidemment important de la laisser faire son travail instinctivement, du début à la fin. Les œufs seront comptés plus tard.

A ce moment, nous pouvons enfin passer de l’autre côté de la carapace afin de voir à quoi ressemble notre animal.

Reboucher ce trou vide semble lui demander un effort considérable. Nous sommes à quelques centimètres d’elle et nous percevons parfaitement son souffle d’effort. Une fois son devoir accompli, elle regagne enfin la mer, de manière assez rapide d’ailleurs au vu de ses mensurations et de ses origines aquatiques.

Retour à la mer

Une fois qu’elle a disparu dans son élément naturel, c’est l’heure du comptage des œufs, lesquels ressemblent comme deux gouttes d’eau à des balles de ping-pong, mais en plus visqueux. Et il s’avère que notre amie n’a pas chômé : elle a expulsé 101 œufs en tout !

Bilan de la ponte : 101 œufs !


Maio étant également réputée pour ses plages désertes et ses dunes sauvages, nous décidons d’aller voir à quoi ressemblent ces paysages typiques de l’île. Pour cela, il faut nous rendre à Morinho, un petit village situé au nord-ouest de Maio. Nous pensions y aller en quad mais, n’ayant pas cru bon prendre nos permis de conduire en quittant la France, nous en sommes quittes pour faire appel à un taxi.

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Neal, un jeune cap-verdien qui nous emmène dans son combi rouge-écarlate au pied des dunes.

De là, nous allons en avoir pour une quinzaine de minutes à crapahuter à travers les dunes. Les montées et les descentes se succèdent donc pendant que le soleil brille… par son absence.

Au bout de cette petite marche nous attend une jolie plage, sauvage et entièrement déserte.

Autour de l’unique bateau de pêche qui la décore, quelques restes de poissons ont été abandonnés mais pas n’importe lesquels : il s’agit de deux requins juvéniles. Et ce qui tranche avec les pratiques des pêcheurs de bien d’autres pays, c’est qu’ici ils jettent les ailerons du requin, et mangent à peu près tout le reste. Alors qu’ailleurs, c’est justement pour leurs ailerons et le prix élevé auquel ils sont vendus, que les requins sont sur-pêchés. Dans ces cas-là, ils sont d’ailleurs souvent rejetés encore vivants à l’eau où ils agonisent. La pratique cap-verdienne nous rassure donc : ici, les pêcheurs n’ont prélevé que ce qu’ils ont mangé.

Après une petite baignade seuls au monde dans l’eau tiède, nous quittons cette plage pour aller retrouver Neal. Il nous attend au pied des dunes avec sa femme et leur fillette Nilsa, qui l’ont rejoint.

La petite Nilsa et ses parents

Le soir, nous les croiserons dans une petite paillote posée sur la plage de Vila : c’est dans ce petit resto agréable qu’ils dépenseront en famille une partie des escudos gagnés l’après-midi avec nous. Quant à nous, ce sera notre dernière soirée sur l’île de Maio, dont nous garderons un superbe souvenir.

L’île de Santiago vue depuis celle de Maio

Toutes les infos pratiques sont en fin d’article.



Du haut de ses 2.829 mètres d’altitude, le Pico do Fogo (« Pic de Feu ») est le point culminant du Cap Vert, dont il est également le seul volcan encore actif.

Grafiti (Sao Filipe)

Notre séjour sur Fogo va se dérouler en deux temps : nous allons d’abord passer trois jours en quelque sorte sur une autre planète, c’est-à-dire dans les paysages irréels de la caldeira, avant de terminer par une visite de Sao Filipe, la principale ville de l’île.

Grafiti (Sao Filipe)


Ce qui fait la réputation du Pico do Fogo, c’est qu’il s’agit de l’un des rares volcans actifs dans le monde à être habité (et même le seul, si l’on en croit les gens d’ici).

A l’intérieur de cette caldeira de neuf kilomètres de diamètre, dans laquelle les cratères ont poussé comme des champignons au fil du temps et des éruptions, habitaient environ un millier de personnes jusqu’au 23 novembre 2014.

Ce jour-là, le volcan entra en éruption. La lave se répandit alors dans une bonne partie de la caldeira au cours des jours et des semaines suivantes, engloutissant lentement mais sûrement toutes les habitations qui se trouvaient sur son passage. Même s’il n’y eut aucune victime à déplorer, car la population avait pu être évacuée à temps, les quelques hameaux qui étaient posés là furent quasiment rayés de la carte.

Le Pico do Fogo entre deux éruptions : celle dévastatrice de 2014, et la prochaine…

Mais reprenons depuis le début. Pour rejoindre ce cratère depuis la ville de Sao Filipe, il faut prendre un aluguer (petit taxi collectif). Son horaire quotidien ne coïncidant pas avec celui de l’atterrissage de notre avion, c’est en taxi « privé » que nous devons gagner le site. Il nous a été réservé par José, qui tient une pension située au cœur de la caldeira et aux pieds du Grand Pico, le cratère principal. Nous partageons ce taxi avec Leïla, une voyageuse marocaine avec qui nous allons très vite sympathiser et passer les trois prochains jours.

Il faut d’abord rouler pendant une heure sur une route qui serpente en permanence, pour monter de Sao Filipe, située au niveau de la mer, à la caldeira juchée à environ 2.000 mètres d’altitude. Là, on pénètre dans le vaste cratère par une route pavée en mauvais état.

Mais très vite, juste après être entrés dans la caldeira, cette route est coupée par une coulée de lave de trois ou quatre mètres de haut. On doit donc emprunter une piste secondaire de contournement, qui a été façonnée dans les semaines qui ont suivi l’éruption.

L’arrivée dans la caldeira vue depuis le Grand Pico : en blanc, la route coupée par la lave ; en gris, la piste de contournement

Le paysage est à la fois lunaire et hypnotisant, à tel point que nous ne voyons pas passer les trois-quarts-d’heure de piste nécessaires pour rallier le village. Le site s’appelle Chã das Caldeiras. En théorie, c’est le nom de la caldeira mais en pratique, c’est ainsi qu’on dénomme le village et plus précisément les hameaux construits (ou plutôt reconstruits) au fond de la caldeira.

En arrivant à la pension Pensao Casa José Doce, où nous allons avoir la chance de passer trois jours et trois nuits inoubliables, nous sommes accueillis par Carole. Française, c’est aussi la femme de José, le propriétaire cap-verdien des lieux.

Pour les matériaux de construction et de décoration de la pension, il n’a pas fallu aller chercher bien loin : on a utilisé notamment les roches volcaniques et les morceaux de lave durcie, dont la couleur varie en fonction de la date d’éruption.

Pensao Casa José Doce : la pension est située aux pieds du volcan

En 2014, José a eu beaucoup de chance : sur les 22 pensions qui garnissaient alors le cratère, la sienne fut l’une des deux seules à ne pas être ensevelie sous la lave. Cette dernière s’est en effet arrêtée à une dizaine de mètres de ses murs.

En 2014, la lave (au premier plan) s’est arrêtée à dix mètres de la pension de José (le bâtiment gris à gauche)

José nous explique que pendant les deux mois et demi qu’a duré l’éruption de 2014, les habitants s’étaient trouvés contraints de vivre temporairement à Sao Filipe et ne pouvaient pas retourner dans le cratère. Ils épluchaient alors les images satellites via internet pour essayer de voir si leur habitation était engloutie ou pas. L’attente et surtout l’impuissance qu’ils ressentaient face aux éléments déchaînés leur étaient insupportables.

Parfois, la lave s’arrêtait à quelques mètres d’une maison et n’avançait plus. Les gens croyaient alors que leur habitation était sauvée. Mais quelques jours plus tard, elle reprenait inexorablement sa marche en avant et avalait tout sur son passage.

Par ici, le paysage de désolation est total. Pourtant après l’éruption, les habitants de ce site irréel, armés d’un courage hors-normes, ont décidé de revenir y vivre et donc de tout reconstruire. Mais sans aucune aide, car les pouvoirs publics considèrent qu’en cas de nouvelle éruption…

José nous explique alors le sentiment qui l’habite : il est né ici, il a grandi ici, il a toujours vécu ici, et il n’est donc pas question pour lui d’être déraciné. Et ici, tout le monde pense comme lui. Alors ces habitants, que les forces de la nature ont expulsés de chez eux, ont décidé de tout reconstruire, alors qu’ils avaient tout perdu. Et à force de patience, de persévérance et de travail acharné, ils ont fini par réussir leur pari insensé. Tout seuls, sans aide.

José

José est intarissable quand il nous raconte l’histoire de son village, qui est aussi la sienne. Il poursuit donc et nous explique que l’église aussi a été submergée par la coulée de lave. Voici tout ce qu’il en reste.

Au premier plan, l’église engloutie ; à gauche, le sommet de son fronton

Depuis, une petite église adventiste a été reconstruite sur la lave, aux pieds des remparts de la caldeira.

Un peu plus loin, la coopérative de vin a subi le même sort que l’église.

Quand José m’expliquait qu’il avait vu le vin brûler, j’avais du mal à imaginer la scène. Mais quand je me retrouve face aux vestiges du désastre, je comprends subitement beaucoup mieux ce qui s’est passé ici.

Une cuve de vin a été emportée par la lave

Quant au chai, il n’en reste plus grand-chose non plus.

L’intérieur du chai a été entièrement dévasté par la lave, du sol au plafond

En 2014, très peu de médias occidentaux ont parlé de cette éruption et de ses conséquences sur les habitants. Un silence incompréhensible pour nous après avoir vu ce champ de ruines, mais aussi pour certains vulcanologues, qui ont parlé de « l’éruption oubliée ».

Si cette histoire nous paraît édifiante, une telle adversité n’a pourtant pas aigri les gens d’ici, car ils considèrent comme normal d’avoir tout reconstruit.

D’ailleurs, cette reconstruction s’est faite dans la plus pure tradition locale. On peut voir notamment un certain nombre de maisons typiques, de forme circulaire, construites avec les pierres recrachées par le volcan, ce dernier semblant d’ailleurs avoir inspiré la forme des toits.

Chã das Caldeiras : maison traditionnelle

Aujourd’hui, la vie normale a repris son cours, même si la spécificité de ce lieu unique rend le quotidien compliqué, comme nous l’explique Carole. Par exemple, il n’y a pas d’eau courante : il faut se faire livrer l’eau par camion et remplir des réservoirs grâce auxquels on peut quant même prendre une douche.

Il n’y a pas d’électricité non plus, ou à peine : quelques panneaux solaires permettent simplement de chauffer l’eau de la douche, ou encore de recharger les batteries des appareils photos des voyageurs de passage. Mais le soir venu, on s’éclaire uniquement à la bougie.

Également, pour s’approvisionner en quoi que ce soit, il faut sortir du cratère pour aller faire les courses à Sao Filipe, c’est-à-dire non pas au petit supermarché du coin comme chez nous, mais à trois ou quatre heures d’ici aller-retour.

Et puis les habitants ont su s’adapter. Ils savent par exemple que, contre toute attente, leur terre volcanique est d’une étonnante fertilité pour leurs plantes, leurs légumes et leurs arbres fruitiers. Car cela peut paraître étonnant mais tout pousse ici, et plutôt bien.

Un grenadier aux pieds du volcan

Grenades, coings, figues, mangues, pommes de terre, haricots etc : fruits et légumes s’épanouissent totalement ici. Mais aussi le café, ou encore le raisin bien sûr, puisque la spécialité du volcan, c’est le Manecom, ce fameux vin local.

Notre premier soir se profile dans ce lieu incroyable. Ce n’est pas encore tout à fait l’heure d’aller se coucher pour le soleil, néanmoins en descendant, il plonge rapidement tout l’intérieur de la caldeira à l’ombre de ses hauts remparts. Quelques habitants profitent des dernières lueurs du jour pour jouer au foot dans la poussière volcanique, juste à côté de la dernière coulée de lave.

Pour nous, après cette journée de récits et de visites qui s’est avérée assez forte émotionnellement, il est temps d’aller nous coucher, d’autant plus que demain à l’aube, nous ferons l’ascension du Grand Pico, réputée sportive. Néanmoins, je ne résiste pas à l’envie d’aller immortaliser les lieux de nuit avant d’aller me coucher.

Les remparts de la caldeira


Pour que tout soit clair, commençons par un bref descriptif des lieux :

  • La caldeira : elle ressemble à un vaste cratère volcanique mais n’en est pas un. Lors d’une méga-éruption il y a quelques dizaines de millénaires, la chambre magmatique située sous le volcan, en se vidant, a provoqué un effondrement gigantesque : c’est ainsi qu’est née la caldeira. Son diamètre est de neuf kilomètres. C’est au fond de cette vaste dépression circulaire que se répand la lave à chaque éruption, et c’est donc aussi là que vivent les habitants de Chã das Caldeiras. L’intérieur de la caldeira est jalonné de nombreux cratères, dont le Grand Pico et le Petit Pico.
  • Le Grand Pico : c’est le fameux cône volcanique dont le sommet atteint les 2.829 mètres d’altitude, point culminant du Cap-Vert. Les éruptions ont eu lieu à son sommet jusqu’en 1769.
  • Le Petit Pico : petit cratère situé sur l’un des flancs du Grand Pico, c’est par lui qu’a eu lieu l’éruption dévastatrice de 2014.
  • Les autres cratères : les éruptions postérieures à celle de 1769 se sont produites depuis les flancs du Grand Pico, formant un certain nombre de cratères de tailles relativement modestes.
En route pour le sommet

L’ascension classique du Grand Pico dure en moyenne six à sept heures. Une fois-là-haut, on redescend par l’autre côté, ce qui permet de découvrir le Petit Pico, lequel vaut vraiment le détour. Pour avoir un guide, il suffit de demander la veille à José.

Le départ se fait en théorie à 6h00 du matin, en pratique pour nous à 6h20 ! C’est-à-dire dans la pénombre. Notre guide s’appelle Dony et c’est lui aussi un habitant de la caldeira, un vrai de vrai, comme José. Il est toujours de bonne humeur et rit beaucoup, ce qui est très agréable. Enfin, Leïla, rencontrée la veille dans la voiture qui nous a emmenés ici depuis Sao Filipe, vient compléter notre équipée.

Nous partons donc à six et après vingt minutes d’une marche plutôt facile car ça monte peu jusque-là, le soleil levant réchauffe subitement les couleurs de la caldeira derrière nous.

Quant au volcan, il nous fait face et il est majestueux. Les quelques randonneurs que nous apercevons loin devant nous sur les pentes du volcan sont loin d’être arrivés en haut et pourtant, ils nous paraissent déjà minuscules. Cela nous fait vite comprendre que le sommet est beaucoup plus éloigné qu’il n’en a l’air. Et le soleil a beau être encore assez bas, il commence déjà à chauffer.

Notre petite équipe à l’assaut du volcan

Nous laissons derrière nous les derniers pieds de vigne qui servent à fabriquer le fameux Manecom, parfois surnommé « vin de lave ». Ce qui signifie que pour la récolte, les villageois-viticulteurs ont quand même une bonne petite trotte à faire pour venir vendanger jusqu’ici.

Quelques pieds de vignes au milieu des cratères

Puis nous entrons dans le vif du sujet, puisque nous nous retrouvons dans la foulée au beau milieu de paysages lunaires à n’en plus finir.

Le soleil de plomb qui nous tombe dessus nous oblige à faire quelques pauses, au cours desquelles nous essayons de ne pas dilapider notre stock d’eau.

Nous apercevons en contrebas quelques cratères qui ont tous été à l’origine d’éruptions de plus ou moins grande importance depuis le 18e siècle. Derrière eux, les remparts marquent les limites de la caldeira et au-delà, une mer de nuages s’étend à perte de vue au-dessus de l’océan.

Après quatre heures de montée, c’est enfin l’arrivée au sommet. 2.928 mètres d’altitude : ici, nous sommes géographiquement au point culminant du pays, mais ce volcan marque sans doute aussi le point culminant de notre voyage du point de vue des paysages et des émotions.

Nous avions prévenu Dony avant le départ que nous souhaitions prendre notre temps afin de faire à la fois des pauses-photos et des « pauses-repos ». Très à l’écoute, il a parfaitement su s’adapter à notre rythme.

Nous faisons une longue pause sur la petite arête sommitale qui nous offre deux vues différentes. D’un côté, le cratère du Grand Pico.

L’intérieur du cratère du Grand Pico

Le cratère

De l’autre côté, la vue sur la caldeira et son contenu : habitations, cratères, coulées de lave…

La caldeira

Dony nous propose alors de descendre au fond du cratère. Leïla, Marie et moi ne sommes pas très chauds et préférons rester là à admirer le paysage, contrairement à Victor et Arthur qui n’ont pas vraiment l’air fatigués. Dony les emmène donc quelques centaines de mètres plus bas, dans un décor grandiose.

Descente au fond du cratère

Une fois terminée leur escapade dans les entrailles du volcan, nous commençons le retour tous ensemble en contournant le cratère par sa ligne de crête. Puis nous descendons dans les rochers pendant quelques dizaines de minutes avant de découvrir la surprise du chef : la descente de la pente du volcan en courant dans la cendre !

En réalité, ce n’est pas exactement de la cendre. C’est de la pouzzolane, c’est-à-dire une multitude de toutes petites roches volcaniques (plus ou moins de la taille d’un ongle) ultra-légères. On s’enfonce dedans comme dans du sable. Courir là-dedans en descente, avec une vue imprenable sur la caldeira, provoque des sensations grisantes.

Descente vers le Petit Pico (au pourtour clair, au fond de la caldeira)

Lorsque nous observons le Petit Pico au départ de cette descente mémorable, il nous paraît tout proche. A tel point que nous avons l’impression que nous l’aurons rejoint en deux petites minutes. Il nous en faudra en réalité vingt, en courant pourtant de bout en bout.

L’arrivée au Petit Pico

Ce cratère porte bien son nom car il est tout petit comparé à son grand frère, duquel nous venons. Et pourtant, c’est bien ce Petit Pico qui a tout dévasté en contrebas en 2014-2015.

Dépôts de soufre autour du Petit Pico

Notre journée de trek touche à sa fin et nous profitons des derniers paysages.

Un peu plus bas, nous effectuons nos retrouvailles avec la végétation. Nous mourons de chaud et les raisins que nous fait goûter Dony, cueillis sur les pieds de vignes qui nous entourent, sont un pur délice. Certains sont mûrs et juteux, d’autres sont plus vieux et desséchés, mais tous nous font un bien fou.

Au niveau de ces premières vignes, les anciennes coulées de lave prennent des formes tourmentées.

Peu avant d’arriver à la pension, nous jetons un dernier œil au monstre assoupi (du moins pour le moment) que nous avons mis une bonne partie de la journée à gravir puis descendre.

Au total, nous aurons mis huit heures, au lieu des six à sept heures que mettent en moyenne les autres randonneurs. De retour chez José, nous nous précipitons sur les boissons fraîches du frigo avant de prendre la direction de la douche. Puis je pars compléter ma moisson d’images avant le repas régénérant du soir.

En l’absence d’électricité dans la pension, il faut s’éclairer le soir à la bougie. Et la conséquence géniale, c’est que ça donne une ambiance extrêmement chaleureuse aux repas pris en communauté avec les autres voyageurs. A chacun des trois dîners que nous aurons pris là-bas, nous aurons passé des moments particulièrement conviviaux avec toutes les personnes rencontrées. Même Arthur, du haut de ses douze ans, nous fera part de cette ambiance particulière qu’il aura nettement ressentie et appréciée.

Nous passons notre dernière nuit dans ce site magique et le lendemain, je profite de la lumière dorée du petit matin pour faire mes dernières images juste avant de partir.

Un figuier prospère en terre volcanique

L’ombre du volcan plane sur la caldeira

José préparant le pain du petit déjeuner

Puis vient l’heure de quitter non seulement ce lieu unique, mais aussi Carole, José et Dony grâce à qui nous venons de vivre des moments inoubliables. Nous les remercions chaleureusement puis, comme à l’aller, nous devons à nouveau prendre un taxi privé puisque nous sommes dimanche et que ce jour-là, il n’y a pas d’aluguer. Direction la principale ville de Fogo : São Filipe.


PICO DO FOGO : trois petites minutes pour revivre en vidéo le témoignage de José, ainsi que les paysages irréels de ce volcan bien éveillé…



Du haut de ses 8.000 habitants, São Filipe est la principale ville de Fogo. Elle est surtout connue pour ses fameuses « sobrados », ces vastes maisons où vivaient les portugais à l’époque coloniale.

Ici comme un peu partout au Cap-Vert, les rues sont pleines de couleurs.

Alors que nous nous baladons dans ces agréables ruelles en nous dirigeant vers la mer, c’est par hasard que nous tombons sur le jardin du Presidio. Si nous ne lui trouvons rien d’exceptionnel, il présente quand même le double avantage de surplomber une belle plage de sable noir, et d’offrir une vue sur l’île de Brava, située 25 kilomètres plus loin.

La plage volcanique de Sao Filipe fait face à l’île de Brava

Nous décidons d’aller faire un tour sur cette plage. En chemin, en longeant plus ou moins la mer, nous apercevons une petite église colorée.

L’élise Notre-Dame de la Conception

Un peu plus loin, nous dénichons le long escalier qui va nous faire descendre jusqu’à cette fameuse plage de sable noir, laquelle ne peut nier ses origines volcaniques.

Il paraît qu’ici, la baignade est très dangereuse à cause des forts courants. On nous a même prévenus que chaque année, on déplorait des noyades. Et en effet, malgré la forte chaleur et une grosse envie d’aller se rafraîchir dans l’eau, la plage et la mer sont désertes.

Juchée sur la falaise, São Filipe contemple l’océan

Nous terminons la journée dans un hôtel qui comporte une piscine. Il est un peu cher par rapport à la moyenne ici, mais nous avions prévu de nous délasser un peu après les trois jours magnifiques mais fatigants passés à crapahuter dans la caldeira et sur les flancs du Pico do Fogo.

La piscine de l’hôtel Casas do Sol

Le lendemain, nous prendrons un avion pour l’île de Santiago, deux jours avant celui du retour pour la France. Nous aurions préféré visiter une autre île que celle-là mais nous prévoyons toujours une petite marge de sécurité quand nous sommes sur des îles, en cas d’impondérable : s’il y a un contre-temps quelconque qui a pour conséquence l’annulation des vols inter-îles, alors nous ne serons pas touchés et nous ne raterons pas l’avion du retour pour la France car nous serons déjà sur Santiago.


PICO DO FOGO : des images de l’éruption de 2014 (1 mn)


Cette île est à la fois la plus grande et la plus peuplée de l’archipel. Nous allons rapidement visiter deux des endroits les plus réputés de toute l’île : les jolies villes de Cidade Velha et Tarrafal.

Cidade Velha est située à une petite demi-heure en voiture de l’aéroport de Praia. Nous y débarquons en fin d’après-midi, juste au moment où la lumière du soleil couchant est la plus belle.

La plage de Cidade Velha

Nous passons la soirée sur une jolie plage bordée de quelques restaurants, particulièrement agréable et très fréquentée par les gens du coin.

En 2009, Cidade Velha fut le premier site du pays à être inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

C’est loin d’être la première impression que dégage aujourd’hui la ville vue depuis sa jolie plage, mais Cidade Velha fut pendant longtemps un carrefour maritime important dans la traite négrière entre l’Afrique et l’Amérique.

Et justement, une fois la nuit tombée, nous passons devant le fameux pilhourino (pilori) : c’est à lui qu’étaient attachés les esclaves récalcitrants pour y être torturés en public, souvent à mort. En le voyant, nous ne savons pas encore ce qu’il représente et ce n’est qu’a posteriori que nous apprendrons son histoire ! Après coup donc, nous trouverons saisissant le contraste qui existe entre l’apparence totalement anodine de ce petit poteau, et toute l’horreur qu’il symbolise.

Nous n’aurons pas le temps d’en voir plus dans cette ville chargée d’histoire qui vaut vraiment le détour. Car le lendemain matin, nous devons annuler la visite que nous avions prévue de la ville : je me suis en effet un peu emmêlé les pinceaux dans nos horaires et nous nous retrouvons à devoir partir précipitamment pour notre étape suivante…

En quittant la ville, nous passons devant les restes du vaste bâtiment dans lequel étaient entassés les esclaves avant leur départ pour l’Amérique, dans des bateaux où les conditions étaient inhumaines.


C’est à Tarrafal, située à près de deux heures de voiture de la capitale, que nous allons passer nos deux derniers jours au Cap Vert.

Une ruelle de Tarrafal

Nous nous posons dans un petit hôtel en pleine ville, le Tarrafal’s Meeting Point. Il est situé à cent mètres d’un marché multicolore, et à cinq minutes de marche d’une jolie plage bordée de cocotiers.

La plage de Tarrafal, bien que située en ville, est très agréable

Le site est abrité donc la mer est calme et en l’absence de vagues, nous pouvons faire du snorkeling tranquillement dans les rochers situés à l’extrémité de la plage. Sans être exceptionnel, l’endroit est plutôt joli et assez poissonneux dès le bord.

La fin de notre séjour sera un peu gâchée par une petite mésaventure : le deuxième jour au réveil, Victor approche les 41° de fièvre ! Nous le soignons avec notre trousse de médicaments de voyage, et notamment avec un antibiotique à spectre large qui nous a parfois rendu de fiers services par le passé, lorsque nous étions à l’autre bout du monde dans des endroits plus ou moins isolés. Depuis, nous ne nous en séparons plus lors de nos périples. Tout rentrera dans l’ordre pour lui après un petit séjour à l’hôpital.

Conclusion : concernant Santiago, nous n’avons pu que la survoler car cette île regorge de lieux à découvrir et de randos à faire. Ce sera peut-être pour un prochain voyage dans ce pays qui nous aura enchantés de bout en bout…


Avant de passer aux infos pratiques, un petit mot sur une constante que nous avons trouvée dans toutes les villes du Cap Vert où nous sommes allés : la présence de graffitis artistiques apposés sur les murs de nombreuses habitations. En voici un petit florilège.

Vila (Maio)

Vila (Maio)

Vila (Maio)

Sao Filipe (Fogo)

Sao Filipe (Fogo)

Sao Filipe (Fogo)

Tarrafal (Santiago)

« L’éducation est une arme puissante pour changer le monde. » Nelson Mandela

« Les enfants sont les fleurs de notre lutte et la raison de notre combat. » Amilcar Cabral, héros de l’indépendance du Cap-Vert assassiné par la police politique portugaise, quelques mois avant l’indépendance…

Merci à Rosie et Marie pour la traduction 😉


LE CAP-VERT D’ÎLE EN ÎLE (Maio, Fogo, Santiago) : la vidéo (4 mn)


Nous avons pris deux vols aller-retour inter-îles avec Binter, qui a changé de nom en mars 2020 pour devenir Transportes Interilhas de Cabo Verde (TICV). 

  • Praia (Santiago) – Vila (Maio) : 68 euros par personne.
  • Praia (Santiago) – São Filipe (Fogo) : 92 euros par personne.

Attention : ces vols sont proposés sur le web par de nombreux sites marchands plus ou moins connus (Travelgenio etc.). La lecture de forums de voyageurs nous avait dissuadés de passer par certains d’entre eux, qui semblent bien être à bannir pour avoir floué de nombreux voyageurs. Nous sommes donc passés directement par la compagnie cap-verdienne qui assurait ces vols jusqu’en 2020, Binter.


Depuis qu’elle est devenue TICV en 2020, le site internet de réservation de vols de cette nouvelle compagnie a lui aussi été accusé d’avoir floué bon nombre de voyageurs. Nous avons donc supprimé sur ce blog le lien vers ce site (qui s’avère d’ailleurs introuvable aujourd’hui, en 2023).

Pour effectuer les vols inter-îles de l’archipel, il faut donc désormais passer par Best Fly Cabo Verde (mais il n’est pas toujours possible de réserver en direct…). Nous n’avons pas testé cette compagnie mais elle semble désormais être la seule en activité pour ce type de vols courts d’une île cap-verdienne à l’autre…

L’aéroport de Praia


Depuis août 2019, il n’existe plus qu’une seule compagnie de ferries : CV Interilhas. Néanmoins, il convient d’être prudent car les nouveaux horaires ne sont communiqués que mois par mois, et les horaires sont régulièrement modifiés, parfois même d’un jour sur l’autre !


En juillet – août, c’est la basse saison pour les touristes mais c’est la haute saison pour les Cap-Verdiens expatriés qui sont de retour au pays. Il est ainsi fréquent que les touristes n’ayant pas réservé de billet d’avion ou de bateau restent coincés sur une île plusieurs jours avant de pouvoir en partir. Sur cette période, il est donc fortement conseillé de réserver un billet à l’avance pour éviter toute déconvenue.


Stella Maris Village : appartement pour 4 personnes dans une résidence bien placée à Vila. Belle vue, piscine qui domine la mer, logement propre etc. Que du bonheur.

En l’absence de Maryse la propriétaire, c’est Detlev, un allemand, qui est venu nous accueillir à l’aéroport et nous emmener à l’appartement après nous avoir fait une petite visitée guidée de Vila de Maio. Nous avons eu un excellent contact avec lui. Pour nous, pour une semaine sur place, le transport a été gratuit (à l’arrivée et au départ).

Le bon plan : dans un premier temps, nous avions réservé sur Booking pour 614 euros les 7 nuits mais, voyant quelques minutes plus tard le même appartement (chez Maryse) sur Airbnb pour 454 euros aux mêmes dates, nous avons annulé sans frais sur Booking pour réserver dans la foulée sur Airbnb. Conclusion : il faut bien faire la tournée des popotes avant de réserver… Stella Maris Village.

La piscine du Stella Maris Village


  • Tasuef, chez Natalia (à Vila) : notre cantine ! Destiné uniquement à ceux qui aiment la cuisine locale façon familiale. Ce petit resto est situé juste à côté de la principale église de Vila, dans un container aux couleurs jamaïcaines ! Il dispose d’une petite terrasse ombragée mais est fermé le dimanche.

Le prix : +/- 5 euros (500 à 550 cve) pour un plat principal et une boisson : poulet ou poisson frais à peine sorti de l’eau puis grillé ; accompagnement : frites et/ou riz et /ou légumes. Pour la Cachupa (spécialité cap-verdienne : ragoût à base de haricots noirs et de maïs, accompagné selon les variantes de poisson, viande, légumes etc.), il est préférable de la commander à Natalia le matin même. Enfin, petite précision : nous n’avons rencontré aucun problème de tourista alors que nous y avons mangé presque tous les jours.

Natalia et Dulce

  • Bar Tropikal (à Vila) : c’est une petite paillote posée sur la plage de Vila. Les pizzas sont un peu étouffe-chrétien mais elles sont correctes. Le prix : +/- 8 à 9 euros pour un plat (pizza, tartare etc.) et une boisson. Bar Tropikal.
  • Big Game (à Vila) : resto italien sur l’avenue qui longe la plage. Le prix : +/- 4 à 7 euros environ la pizza (500 à 800 cve). Activités : le Big Game propose toutes sortes d’activités (pêche au gros etc.) Big Game.
  • Strella (à Vila) : resto situé juste à côté du fort San José, en bord de mer. Tout le monde le connaît car il bénéficie du wifi gratuit, ce qui explique qu’il y ait toujours quelques personnes qui pianotent sur leur téléphone à quelques mètres du resto ! Le prix : +/- 8 euros pour un plat (poisson grillé ou viande, avec riz et légumes variés) et une boisson.
  • A Caminhada (à Morro) : ce resto est donc situé à l’entrée de Morro, petit village à quelques kilomètres au nord de Vila et de l’aéroport. Difficile d’affirmer que c’est le meilleur resto de toute l’île car nous ne les avons pas tous testés, mais ce resto-là est une excellente adresse. La dorade coryphène  est une pure tuerie. Les propriétaires, un couple de belges Bernard et Valérie (et non pas Catherine comme indiqué dans le Petit Fûté) sont des amoureux de l’Afrique. Ils ont confié la gestion du restaurant à l’accueillante Louisette. Cette cap-verdienne travaille avec une jeune serveuse, Lucie, qui a eu son heure de gloire dans la chanson au Cap Vert grâce à une émission télé populaire. Bernard et Valérie font également la location de chambres et d’appartements, et organisent de nombreuses activités : randonnées etc. Une super adresse. Leur site internet : A Caminhada.
    Le prix :  je n’ai relevé que celui de la dorade Coryphène, dont le rapport qualité-prix est exceptionnel : environ 6 euros (700 cve) accompagnée de frites faites maison (et non pas surgelées comme un peu partout ailleurs), de riz et de légumes.

Il y a deux petites épiceries pour faire les courses, à proximité du Stella Maris Village (en descendant vers la plage de Vila) : Mini Mercado Kulor Kafé, tenue par des français, et une autre située non loin, en face de la voyante Casa Benfica.


On peut découvrir l’île en quad. La circulation automobile étant quasi-inexistante sur Maio, le quad peut s’avérer très agréable pour visiter l’île. Nous nous sommes adressés à Marco Pompeo (tél : 928.60.85). On peut également le joindre par l’intermédiaire du gardien du Stella Maris Village.

Le prix : 40 euros la journée de quad (4.400 cve), possibilité de forfaits de deux ou trois jours, mais pas à la demi-journée. Prévoir son permis de conduire, contrairement à nous ! On peut louer sans, mais la Police contrôle souvent paraît-il…


Benvindo (tél : 995.97.13) : ce chauffeur de taxi répond à toutes les demandes d’excursions sur l’île. On peut également le joindre par l’intermédiaire du gardien du Stella Maris Village.

Benvindo et son outil de travail


Le club : AAA Maio Plongée. Posé sur la jolie plage de Vila, il est tenu par un couple de français, Bernard et Catherine, avec qui le courant est très bien passé pour nous. Nous avons tout planifié avec Catherine par mails, quelques semaines avant notre séjour à Maio. Une fois sur place, c’est Bernard qui s’est extrêmement bien occupé de nos deux ados pour leur faire passer leur diplôme de niveau 1. La formation nous a semblé de qualité.

Les coordonnéesAAA Maio PlongéeTél. : +238 951 81 02. Mail : maio.plongee@capvert-plongee.com. Adresse : Bitxe Rotxa, Cidade do Porto Ingles, Ilha do Maio, Cabo Verde.

Les prix : 65 euros le baptême, 36 à 40 euros la plongée (le tarif est dégressif en fonction du nombre de plongées), 430 euros le passage du diplôme de niveau 1 (+ coût de la licence) qui comprend 6 plongées, la théorie, le matériel etc.

AAA Maio Plongée


Pour assister à la ponte des tortues, nous nous sommes adressés à la fondation de Maio pour la biodiversité (leur site internet est en cours de construction mais je poste quand même le lien pour quand il sera prêt ; en attendant : info@fmb-maio.org). Animée par des volontaires, elle œuvre pour la protection de l’environnement sur l’île, la sauvegarde des espèces, le développement durable, le bien-être des communautés etc.

La sortie nocturne se déroule de 20 heures à minuit. On se rend sur le site de la ponte en 4×4. On roule pendant huit kilomètres sur une route depuis Vila, avant de bifurquer sur un petit chemin qui aboutit à la plage des tortues. De là, il ne reste plus qu’à marcher quelques centaines de mètres sous les étoiles.

Notre venue mi-août correspondait à peu près à la fin de la période de ponte, mais il y a des sorties à faire sur d’autres thèmes tout au long de l’année.

Le prix : 50 euros environ pour quatre personnes (5500 cve).

Un volontaire de la fondation aide une tortue à creuser à la lumière rouge des frontales


Pensao Casa José Doce : la pension de José est située dans la caldeira, aux pieds des cratères actifs, et au beau milieu des coulées de laves qui ont dévasté le village en 2014. L’endroit est à la fois l’un des plus fascinants et l’un des plus dépaysants qui soient. La pension est propre, et l’accueil de José et Carole est très bon. On peut réserver à l’avance sur quelques-unes des centrales de réservation web : Tripadvisor

Les coordonnées – Page Facebook : Pensao Casa José Doce. Mail : pensao.jose.carole@hotmail.com – Tél : +238 952 70 93.

Remarque : comme évoqué dans l’article ci-dessus, les conditions de vie au fond de ce site irréel sont elles aussi dépaysantes, notamment parce qu’il n’y a ni électricité, ni eau courante. Même si quelques panneaux solaires et réservoirs d’eau permettent de bénéficier du minimum nécessaire pour le quotidien. Si on n’est pas trop accro au confort et si on ne rechigne pas à utiliser ponctuellement une bougie à la place d’un interrupteur pour s’éclairer, alors on trouvera ce site tout simplement enchanteur.

Le prix : à partir de 23 euros par nuit la chambre pour deux personnes, petit déjeuner compris. Il faut en principe ajouter le prix du repas, soit 9 euros chez José (1.000 cve), car les possibilités de manger ailleurs dans la caldeira existent mais sont rares. A noter : le règlement se fait en espèces, dont il faut s’être muni avant le séjour dans la caldeira car dans cette dernière, on ne peut pas s’en procurer.

Pensao Casa José Doce


Trouver un guide : il suffit de demander à José la veille de la rando (si vous n’êtes pas logé/e/s chez lui, il faut demander dans le village : on trouve rapidement un contact). Le prix : 18 euros environ par personne (2000 cve) à partir de quatre (jusqu’à trois personnes, un tarif forfaitaire de 54 euros en tout (6000 cve) est appliqué, mais on peut en général s’arranger sur place avec d’autres voyageurs pour compléter le groupe).

Durée de l’ascension : 6 à 7 heures en moyenne – Distance : 15 km environ – Dénivelé : 1000 mètres positifs et 1000 mètres négatifs environ – Altitude max : 2.928 mètres (en réalité, on ne monte pas tout à fait jusque là, on passe quelques mètres en dessous). Le guide : demandez Dony ! Tous les guides avaient l’air sympa mais le nôtre, Dony, s’est montré vraiment top ! En plus, il se débrouille en français.

– Bon à savoir : lors de la descente, on court dans la pouzzolane et de nombreux petits morceaux de roches volcaniques pénètrent alors dans les chaussures. Abrasifs avec les frottements, ils provoquent de nombreuses petites brûlures désagréables, a fortiori avec toute cette poussière. Il faut donc prévoir des chaussettes montantes et idéalement, rentrer le pantalon dedans. Pas très seyant certes, mais tellement plus indolore…

Le début de l’ascension du Grand Pico, au petit matin et au milieu des cratères


Il y a deux possibilités : l’aluguer (petit taxi collectif très bon marché) et le taxi privé. Nous avons dû prendre ce dernier à deux reprises : à l’aller parce que l’aluguer quotidien était déjà parti quand notre avion a atterri, et au retour parce qu’il n’y a pas d’aluguer le dimanche ! Le prix du taxi privé : 60 à 65 euros environ (7000 cve), à partager entre les voyageurs.


Juste un mot sur le petit « plus » : dans l’avion en provenance de Santiago, il faut essayer d’avoir une place sur la droite de l’appareil (et sur la gauche au retour) car en arrivant au niveau de l’île, la vue sur le volcan au loin qui émerge des nuages en dominant la mer vaut le détour.


Casas do Sol : cet hôtel est situé sur la falaise qui domine l’océan, en face de l’île de Brava, à quelques minutes du centre-ville en voiture ou vingt minutes à pied. Agréable piscine face à la mer. Le prix : 63 euros environ le petit appartement pour quatre personnes (7000 cve) petit déjeuner inclus.

La piscine de Casas do Sol, face à la petite île de Brava

Zebras Corner (hôtel) : nous y avons juste mangé, pas dormi. A titre indicatif, voici le prix de la chambre : 80 euros environ pour deux personnes (9.000 cve). Il faut dire que le cadre est superbe puisqu’il s’agit d’une sobrado (ancienne maison de maître à l’époque coloniale) comportant aussi une petite piscine. Toutefois, les avis des voyageurs sont très contrastés sur le net : Zebras Corner.


Zebras Corner (restaurant) : cet hôtel de charme fait donc aussi restaurant, mais pour des prix nettement plus en rapport avec ce qui se pratique au Cap Vert, que les prix de l’hôtel. Le cadre est très agréable, le personnel plutôt accueillant dans l’ensemble, et la nourriture très correcte. Les prix : 4 à 6 euros la pizza.

Le Zebras Corner : hôtel et restaurant


Réservé depuis la France, nous nous sommes retrouvés une fois sur place non pas à l’hôtel lui-même mais dans une petite annexe située à une centaine de mètres. Le motif : il y avait une pénurie d’eau courante sur toute l’île de Santiago, et on nous donnait le choix entre cette annexe où les douches étaient alimentées en eau par des réservoirs, et l’hôtel principal où il n’y avait soi-disant plus d’eau. Résultat, nous avons eu droit à une petite chambre plus que basique, qui comportait quelques dizaines de petites fourmis mortes dans les deux lits du haut. Douches communes (mais individuelles), personnel sympa, environnement bruyant. N.B. Le personnel est resté jusqu’à 2h00 du matin pour nous accueillir après notre arrivée tardive depuis la France.

Le prix : 27 euros environ la petite chambre pour quatre personnes (3.000 cve) petit déjeuner non inclus.

Le lien : Morabeza Kriol Hostel


> Por do Sol

Excellent hôtel dans l’ancienne capitale du pays, chargée d’histoire. Avec une superbe piscine qui domine l’océan et un excellent accueil, cet établissement vaut largement son prix.

Le prix : 32-33 euros environ la chambre double (3.590 cve) petit déjeuner non inclus.

Une excellente adresse : Por do Sol.

Por do Sol


> Tarrafal’s Meeting Point

Encore une excellente adresse. Ce petit hôtel style auberge de jeunesse est propre, dispose de chambres avec ou sans sanitaires, d’une machine à laver et d’une cuisine commune. Il est très bien situé dans le centre-ville mais sans être bruyant, à deux pas d’un petit marché local et à cinq minutes de marche d’une jolie plage. Possibilité de réserver (à l’avance) une navette depuis l’aéroport.

Surtout, la propriétaire, Kaida, s’est montré d’une gentillesse exceptionnelle avec nous, faisant pendant deux bonnes heures plusieurs allées et venues à l’hôpital avec sa voiture personnelle pour nous y emmener avec notre fils et ses (presque) 41° de fièvre, ou aller chercher un docteur, puis ramener tout le monde, le tout en sacrifiant une bonne partie de son après-midi. Sans compter l’aide qu’elle nous a apportée en jouant l’interprète avec le corps médical. A en juger par les notes des autres internautes sur les sites de réservations en ligne, nous ne sommes pas les seuls à avoir gardé un excellent souvenir de cet établissement et de la gentillesse de Kaida.

Le lien : Tarrafal’s Meeting Point

Le prix : nous avons réglé 20 euros environ par chambre double et par nuit, avec sanitaires communs (2.220 cve) petit déjeuner non compris. Les prix démarrent à 16 euros la chambre pour deux personnes.

Coordonnées : rua dos Correios (si on vient en taxi, bien préciser : entre CV Telecom e Farmácia Tarrafal) à Tarrafal. Tél : +238 931 67 63.


Restaurant Buzio

Il semble être très réputé à Tarrafal. Cuisine locale mais il y a aussi des plats « internationaux » (pizzas…). Très bon accueil. Musique d’ambiance tous les soirs jouée par des artistes locaux. En un mot : incontournable.

> Les prix : ils tournent autour de 5 euros pour la plupart des plats (400 à 600 cve). Par exemple : le hamburger accompagné de frites et de légumes = à peine 4 euros (400 cve). Excellent rapport qualité-prix.

> Coordonnées : Rua Macaco Raiz Do Chao, 7110 Tarrafal. Restaurant Buzio.


Pour plus d’infos, voici les autres articles liés à notre voyage au Cap-Vert :

 Maio : la petite île sauvage et authentique

 Fogo : l’île-volcan

 Santiago : l’île cosmopolite

Street Art au Cap-Vert !


LE CAP-VERT D’ÎLE EN ÎLE (Maio, Fogo, Santiago) : la vidéo (4 mn)





RÉUNION : L’ÎLE NATURE

Île de la Réunion, caldeira Piton de la Fournaise, cratère Formica Léo

Situé en plein cœur de l’île, le Piton des Neiges est un volcan aujourd’hui éteint qui culmine à 3070 m. C’est lui qui, en surgissant des eaux de l’Océan Indien il y a quelques millions d’années, donna naissance à La Réunion.

L’île est partagée en quatre zones naturelles d’exception : les trois cirques (Salazie, Cilaos et Mafate) classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, et un autre volcan, bien actif celui-là : le bien-nommé Piton de la Fournaise. Sa majestueuse caldeira, qu’on appelle ici « l’enclos », vaut le détour à elle seule.

Cette île où la nature et les sports de plein air sont rois, comprend en son cœur d’innombrables cascades ainsi qu’une végétation luxuriante. Émergeant de récifs coralliens, elle est bordée par quelques lagons de toute beauté.



C’est l’un des endroits les plus humides au monde car il est la cible de précipitations extrêmement élevées. C’est pourquoi il est recouvert d’une végétation luxuriante où le vert règne sans partage.

De même, ce cirque fait le bonheur des nombreuses chutes d’eau qui le parcourent car elles sont alimentées en permanence par ces fortes précipitations. Parmi toutes ces cascades qui dévalent la pente à flancs de rochers, celle du Voile de la Mariée est souvent considérée comme la plus belle de l’île.

La cascade du Voile de la Mariée


Longtemps resté dans l’isolement du haut de ses 1200 mètres d’altitude, le petit village de Cilaos est aujourd’hui accessible grâce à une route construite en 1932, et quelle route ! Elle comporte en effet quelques quatre cents virages sur une trentaine de kilomètres à peine, dont quelques passages particulièrement étroits ainsi que, parfois, des éboulements.

Bref, accéder à Cilaos se mérite mais lorsqu’on y arrive, on peut savourer l’atmosphère particulière qui y règne : car on y retrouve non seulement les conditions d’un village d’altitude, avec ses faux airs de « camp de base » du Piton des Neiges, mais aussi celles d’une commune tropicale, où les records mondiaux de précipitations sont régulièrement approchés !

Cilaos : l’église Notre-Dame-des-Neiges

Les lieux des alentours ont tous reçu des noms plus exotiques les uns que les autres : le canyon de Fleurs Jaunes, le Morne de Gueule Rouge, le sommet du Bonnet de Prêtre à Bras-Sec…

A proximité du village foisonnent les chemins de grande randonnée, les descentes en canyoning et les voies d’escalade.

En haut à droite : les minuscules points de couleurs sont des adeptes du canyoning s’apprêtant à descendre la cascade vertigineuse qui s’ouvre sous leurs pieds…


Cet écrin de végétation est cerné de remparts abrupts qui en rendent l’accès difficile : c’est pourquoi on ne peut s’y rendre qu’à pied… ou en hélico ! C’est justement pour ce caractère inhospitalier que nombre d’esclaves y trouvèrent refuge pendant longtemps.

L’inhospitalité d’ailleurs, c’est tout le contraire de ce qui attend aujourd’hui les randonneurs qui se rendent dans ce site d’exception. Car les habitants des lieux ont la réputation de faire preuve d’un sens aigu de l’accueil et de l’hospitalité.

Nous ne sommes pas entrés dans ce cirque mais nous l’avons survolé en ULM.


Bras-Panon et la côte

En revenant de Salazie, nous traversons la petite commune de Bras-Panon où trône le joli temple hindouiste de l’Union, haut en couleurs et situé non loin de la mer.

Mais le temps tourne étonnamment vite à l’orage, ce qui ne nous change finalement pas trop de toutes les averses que nous avons endurées dans le cirque de Salazie. Cela nous permet d’admirer une autre facette de la Réunion : la côte par temps orageux.


Les chutes de Takamaka

Elles sont situées dans une zone où les pluies tombent en abondance. Elles nourrissent les nombreuses chutes d’eau qui elles-mêmes alimentent la centrale hydroélectrique qui habite les lieux, et grâce à laquelle une bonne partie de l’île reçoit de l’électricité.

De nombreux filets d’eau dégringolent sur la roche à travers une végétation dense, avant de terminer leur course dans de jolies piscines naturelles. Les pics effilés qui les dominent ajoutent à la sauvagerie du paysage.

Les chutes de Takamaka

Ce cadre 100% nature offre des conditions idéales pour la pratique de la randonnée et du canyoning, dont certains spots ont d’ailleurs acquis une renommée internationale.


La cascade Biberon

Elle est située sur le territoire de la commune de La Plaine-des-Palmistes, à l’ouest des cirques de Salazie et Cilaos. Pour la rejoindre, il suffit de faire une courte marche de trois-quarts d’heure à travers la végétation, les rochers et les rivières.

La cascade Biberon

Mais ce sentier est actuellement fermé suite à un éboulis qui a coûté la vie à plusieurs personnes. Un projet est à l’étude afin de permettre la visite de ce site en toute sécurité : on admirerait alors la cascade et son bassin depuis une passerelle. A suivre…


Ce volcan réputé est considéré comme l’un des dix plus actifs de la planète. C’est la star incontournable de l’île et s’y rendre permet d’en prendre plein les yeux.

Tout commence à 1600 mètres d’altitude, dans la petite bourgade de Bourg Murat d’où part la route en direction du volcan. Cette route est une attraction à elle seule car les paysages successifs qu’elle traverse sont à la fois jolis et étonnants.

Elle serpente d’abord à travers une belle forêt de conifères où l’on peut pique-niquer dans un cadre agréable. Puis à huit kilomètres de Bourg Murat se trouve le Nez-de-Bœuf (alt. 2065 m) : une aire de stationnement offre un superbe point de vue plongeant sur la rivière des Remparts.

Huit kilomètres plus loin se trouve une nouvelle aire de stationnement qu’il ne faut rater à aucun prix. Bordé par une lande courte, l’endroit ne paye pourtant pas de mine.

Il faut alors suivre le vague sentier qui traverse cette végétation sur 150 à 200 mètres.

Il débouche sur un profond cratère dont on ne soupçonne pas l’existence depuis la route voisine : le cratère de Commerson (alt. 2310 m). L’histoire de ce volcan aujourd’hui éteint, qui végète dans l’ombre du Piton de la Fournaise, est méconnue.

Pourtant, lors de sa dernière éruption il y a très longtemps, les volumes de laves émis furent plusieurs dizaines de fois supérieurs aux quantités de laves expulsées par le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs au monde, lors de ses éruptions pourtant historiques de 1977 et 1986 !

Le cratère de Commerson

Respect donc pour ce monstre aujourd’hui endormi.


Puis il faut reprendre la route, laquelle réserve un peu plus loin une surprise de taille : car au détour d’un col anodin, on se retrouve subitement en plein survol … de la Lune !

Au fond : le Piton de la Fournaise

La vue plongeante sur cette immense cuvette de cendres aux tons successivement noirs, rouges et ocres est sidérante. C’est la Plaine des Sables, fièrement dominée par le maître des lieux : le Piton de la Fournaise. Le guide du Routard a trouvé les bons mots pour décrire ce site en le qualifiant de « piste d’atterrissage pour Martiens ».

La descente vers ce paysage de toute beauté est à la fois courte par la distance et longue par le temps, car on a tendance à s’arrêter tous les cent mètres pour admirer et photographier cet étonnant paysage lunaire.

Par endroits, on se demande bien comment la végétation parvient à reprendre ses droits dans un tel lieu.


Après la traversée de ce paysage d’un autre monde, on finit par arriver au Pas de Bellecombe (alt. 2311 m).

De là, juché sur le rebord de la caldeira, la vue sur le volcan est imprenable.

Quelques respirations d’air pur plus tard, nous remontons dans la voiture pour effectuer les quelques dernières centaines de mètres qu’il nous reste avant d’arriver au Gîte du Volcan, où nous allons passer la nuit.

Le Gîte du Volcan

Les derniers rayons du soleil rougissent le paysage alors que nous sommes cernés par les montagnes, elles-mêmes englouties par les nuages.


La grande inconnue quand on part randonner sur le Piton de la Fournaise, c’est le temps qu’il va faire. Car depuis hier, en discutant avec les autres randonneurs, nous entendons une multitude de témoignages nous raconter qu’ici, à cette altitude, le temps est plutôt instable et assez souvent bouché. Mais aujourd’hui, la chance est avec nous : le ciel est totalement dégagé et la météo n’annonce une dégradation que pour l’après-midi. Nous devrions donc avoir « le temps » d’en profiter.

Le grand classique consiste à faire la randonnée qui mène jusqu’au rebord du cratère afin d’en admirer les pourtours et le fond. Ils sont recouverts de roches volcaniques rouges, noires ou marrons. Si cette randonnée est plutôt réputée, son chemin est en contrepartie assez fréquenté.

C’est pourquoi nous avons choisi une autre option, qui consiste à marcher sur le rebord de la caldeira pendant deux bonnes heures, jusqu’au lieu-dit du Nez Coupé de Sainte-Rose : on a alors une vue quasi-permanente sur le volcan, ainsi que sur l’enclos recouvert de lave qui s’étale à ses pieds. Et dès le début de la randonnée, les points de vues qui se succèdent sur le petit cratère Formica Leo nous mettent dans l’ambiance.

Cette rando sans difficulté réelle ne prend qu’environ quatre heures aller-retour, aussi avons-nous prévu d’aller voir de plus près ce joli petit cratère lorsque nous reviendrons, puis de terminer la journée en nous baladant dans l’enclos.

Le cratère Formica Leo

Nous reprenons notre marche et traversons une jolie zone arborée, qui sera d’ailleurs la seule de tout le parcours. La présence de toute cette verdure est étonnante, à cette altitude et si près de « la Montagne de Feu », comme on appelait ce volcan au XVIIe siècle.

Notre chemin fend la végétation en nous offrant une vue permanente sur l’enclos dominé par le volcan à notre droite, et sur les remparts au loin à gauche.

Le Nez Coupé de Sainte-Rose (le pic rocheux du fond, qui domine l’enclos)

Au loin, les remparts de la caldeira

L’arrivée de la rando est marquée par une petite table d’orientation posée face au volcan, et où il fait forcément bon pique-niquer.

  

Le retour se fait par le même chemin que l’aller, et nous avons donc la chance de pouvoir profiter doublement de tous ces points de vues uniques. Avec en plus le sentiment d’être seuls au monde puisqu’en quatre heures, nous croiserons en tout et pour tout deux couples.

Peu avant de rejoindre le point de départ, nous bifurquons sur notre gauche pour descendre un très long escalier qui nous mène au fond de la caldeira. Là, nous nous rendons compte que le sol est loin d’être aussi lisse qu’il nous semblait depuis en haut : la lave séchée monte et descend en permanence, elle est striée partout et comporte d’innombrables brèches. De toute évidence, les forces de la nature ont fait un sacré travail ici.

Au fond à gauche, le cratère Formica Leo

L’intérieur du Formica Leo

Cette superbe journée sans le moindre nuage est à peine terminée que nous nous régalons déjà rien qu’en pensant à la suivante : le survol de l’île en ULM.


Nous ne l’avions pas prévu à l’avance mais nous avons trouvé l’île tellement belle au fil des quelques jours passés à la visiter, que nous décidons finalement d’alourdir un peu la colonne « dépenses » de notre budget de voyage : nous allons nous offrir un survol des principaux sites en ULM.

Différentes formules sont proposées : survol des cirques et/ou du lagon et/ou du volcan. Nous choisissons celle qui nous emmènera au-dessus des cirques et du lagon. Nous aurions aimé pousser jusqu’au volcan mais il est situé un peu plus loin et c’est donc un peu plus cher.

Vues de là-haut, les arêtes rocheuses sont tellement effilées que leur survol en est impressionnant.

Nous voyons mieux à quel point certaines habitations, cernées par des pics infranchissables, sont isolées et difficiles d’accès.

Après un large tour au-dessus des cirques, nous gagnons la mer.

  

Bien loin en-dessous de nos ailes, nous apercevons deux baleines. Avec l’altitude, ces deux géantes nous paraissent si petites qu’elles en sont impossibles à photographier.


La Réunion est le paradis des amoureux de la nature est des sports de plein air. Et si ses plages n’ont rien d’exceptionnel, elles sont malgré tout très agréables. Nous avons commencé par nous rendre à celle de Boucan Canot, située sur la côte ouest juste au nord de Saint-Gilles. Elle est fortement tributaire de l’état de la mer, laquelle rejette sur le sable blanc une multitude de petits coquillages et morceaux de coraux.

La plage de Boucan Canot

Un peu plus au sud nous attend un premier lagon qui s’étend de Saint-Gilles à La Saline. La plage de l’Hermitage qui le borde n’est pas très éloignée du cliché de la plage tropicale, avec ses eaux turquoises abritant de superbes coraux multicolores dans moins de deux mètres d’eau.

Mais au lieu des traditionnels cocotiers, ce sont de nombreux filaos qui ont poussé là, car c’est l’un des rares arbres tolérants au sel.

Le lieu est assez fréquenté, aussi bien par les touristes que par les habitants : ces derniers y pratiquent le pique-nique familial le week-end et ensuite, c’est dans leur hamac tendu entre deux filaos qu’ils procèdent tranquillement à la digestion. L’ambiance de toute cette zone est très détendue, avec également des petits restos les pieds dans le sable à l’ombre des filaos.

Outre le farniente, l’autre activité phare du site est le snorkeling. Les nombreuses patates de coraux multicolores abritent une faune riche et variée dans une profondeur pourtant très faible (un à deux mètres maximum).

Murène juvénile

Enfin, un peu plus au sud encore se situe le deuxième lagon de l’île, celui de Saint-Leu. Sa plage est située au niveau du centre-ville. Au nord, il faut éviter de s’approcher du port et de l’embouchure de la rivière car les courants peuvent y être assez forts.


Après avoir découvert toutes ces merveilles de la nature dont La Réunion a le secret, nous rejoignons Saint-Denis avant le départ de notre avion. Nous traversons notamment le quartier du Barachois, dont les canons pointés vers le large nous rappellent l’histoire de la ville.

Enfin, après quelques emplettes au marché, nous terminons notre séjour en déambulant dans les rues de cette ville cosmopolite et métissée.

La cathédrale Saint-Denis
La mosquée Noor-e-Islam


Le bus : c’est la solution la plus économique. L’île est relativement bien desservie par de nombreuses lignes de bus, dont on peut se procurer la carte auprès des offices de tourisme ou dans les gares routières.

La voiture : plus onéreux que le bus, le moyen de transport le plus pratique pour se déplacer sur l’île est la voiture. Au moment de choisir un loueur, on peut privilégier ceux qui bénéficient du label Qualité Tourisme de l’Île de La Réunion (infos label QTIR) : cela permet parfois d’éviter différentes désillusions qu’on peut rencontrer avec des loueurs peu scrupuleux. Ce label s’applique d’ailleurs à toutes les activités liées au tourisme.

Le taxi : on peut utiliser ce moyen de transport ponctuellement sachant que les taxis sont à la fois assez rares et plutôt chers…


A Cilaos : hôtel** Les Aloes. Petit hôtel de charme de style créole, très agréable et très propre, face aux montagnes.

Le prix : à partir de 60 euros par nuit la chambre double. +262(0)2.62.31.81.00

A proximité du volcan : le gîte du volcan. C’est LE site incontournable où il faut dormir si l’on veut optimiser le temps pour les randonnées vers le Piton de la Fournaise ou aux alentours. Cela permet de partir tôt le matin en étant déjà sur place (en réalité à 600 mètres du volcan), alors que si on loge ailleurs, il faut prévoir en plus le temps de trajet jusqu’au volcan qui n’est pas négligeable.

Pour réserver (s’y prendre à l’avance…) : 06 92 85 20 91. Pour les dortoirs, la réservation n’est pas possible : on prend les places qui sont éventuellement libres.

Le prix : à partir de 18 euros par nuit en dortoir avec sanitaires communs.

Bon à savoir : pour les repas, il faut réserver minimum 48 heures à l’avance (restaurant fermé le mercredi).


La cascade du voile de la mariée : pour s’y rendre, peu après la sortie du bourg de Salazie, prendre la route en direction du village de Hell-Bourg. Une courte marche de 1h30 A/R permet de se rendre à la piscine naturelle située aux pieds de la cascade.

Les chutes de Takamaka : depuis Bras-Panon, prendre la D53 en direction d’Abondance. Là, la route continue sur une quinzaine de kilomètres. Elle monte à travers une végétation belle et dense et se termine par une impasse devant une station EDF. De là, on a de jolis points de vues sur les chutes au loin.

Le Piton de la Fournaise

  • La randonnée du volcan – Durée : 5 heures A/R – Distance : 11 km – Dénivelé positif : 500 mètres – Altitude max : 2492 m. Depuis le point de départ situé au Pas de Bellecombe c’est-à-dire depuis le rebord de la caldeira (qu’on rejoint en 10 minutes depuis le gîte du volcan situé en léger contrebas), on descend un long escalier pour pénétrer dans l’enclos. On atteint alors le cratère Formica Leo en quelques minutes, qu’on ne résiste généralement pas à escalader. Puis il faut suivre les marquages blancs au sol en direction du Piton de la Fournaise, avant la montée finale qui conduit jusqu’au bord du cratère. A noter qu’après chaque éruption, certains sentiers sont fermés au public.
  • Le sentier du Nez Coupé de Sainte-Rose – Durée : 4 heures A/R – Distance : 9 km – Dénivelé positif : 350 mètres – Altitude max : 2361 m. Le départ est là aussi situé au niveau du parking du Pas de Bellecombe. Il longe en permanence le rebord de la caldeira et offre de superbes vues sur le petit cratère Formica Leo, les différentes coulées de laves et bien sûr le Piton de la Fournaise en toile de fond.

Survol de l’île en ULM : Félix ULM. La base est située au nord-ouest de l’île, c’est-à-dire à proximité des lagons mais à l’opposé du volcan. Félix ULM est le pionnier de l’ULM à La Réunion et nous avons apprécié son sérieux.


Site de l’Office de Tourisme : reunion.fr





A lire aussi : 


 

LA CORSE EN IMAGES

Aujourd’hui avec les vols low-cost, il est facile de faire un bref aller-retour hors-saison sur l’Île de Beauté. Nous y avons fait une courte escapade, juste le temps de ramener quelques images de l’Île de Beauté…



Le désert des Agriates

Qui a bien pu avoir l’idée saugrenue d’appeler « désert » cette région dont la végétation est si riche ? Car ici, c’est bien la nature et non pas l’homme qui a pris possession des lieux : un maquis délicieusement odorant est présent à perte de vue et de nez, contrairement aux villages qui sont peu nombreux à pointer le leur à l’horizon.

Et puis il y a la mer. Cette mer colorée de toute la gamme possible des bleus n’existe pas que sous les tropiques puisqu’elle est omniprésente ici aussi.

Si la plage du Lotu est desservie par les bateaux-bus depuis le village de Saint-Florent, elle est du coup excessivement fréquentée. En revanche, les autres plages sont plus difficilement accessibles et donc plus désertes : on ne peut s’y rendre qu’en bateau ou à pied, au prix de très agréables randonnées plus ou moins longues qui traversent le maquis (de 45 minutes à 4 heures, voire plus).

A une époque où tant de sites naturels sont défigurés à jamais par de puissants groupes immobiliers et hôteliers accros au béton, il faut ici rendre hommage au Conservatoire du Littoral. C’est en effet lui qui, en acquérant une partie de ce site exceptionnel, l’a préservé de l’avidité de ces entreprises sans scrupules. Pour le plus grand plaisir des amoureux de l’Île de Beauté.


Comment s’y rendre ?

Depuis Saint-Florent :

  • En bateau : il existe plusieurs types de navettes, du gros bateau chargé de touristes à la petite navette rapide. La plupart des liaisons régulières sont assurées de mi-avril à fin octobre : U Saleccia (06 62 16 23 76) – Taxi Beach, navette rapide (06 01 22 43 22). Mais il y a aussi la possibilité de s’y rendre de début janvier à fin octobre avec Découverte Aventure (06 72 00 02 14). N.B. En haute saison, il est préférable de réserver à l’avance.
  • Par la route : on peut s’approcher des fameuses plages du désert des Agriates en voiture, ce qui impose dans la foulée une randonnée jusqu’à la mer en traversant une végétation très agréable (en général pas moins de 45 minutes, avec possibilité de faire de vraies randonnées de 3 ou 4 heures voire plus).
  • En 4×4, VTT et quad : pour se rendre sur ces plages de rêve, diverses activités sont proposées par Agriates Évasion (06 67 99 35 90)

 


Le golfe de Porto

L’UNESCO, en classant le golfe de Porto ainsi que ses environs au patrimoine de l’humanité, explique que la « végétation est un remarquable exemple de maquis. On y trouve des goélands, des cormorans et des aigles de mer. Les eaux transparentes, aux îlots et aux grottes inaccessibles, abritent une riche vie marine. »

Puis c’est dans la poésie que poursuit l’UNESCO, visiblement sous le charme des lieux : « Ce golfe étonne par la sauvagerie de ses côtes escarpées et la brusquerie de ses découpures. Il est ceint tout entier d’une muraille sanglante de granit rouge, et dans la mer bleue ces rochers écarlates se reflètent. » Je n’aurais pas dit mieux.

Certes, lors de notre visite, la Méditerranée était plutôt déchaînée. Mais pour être venu ici plusieurs fois dans le passé, je dois dire que les lieux sont divins par temps calme, notamment si on a la chance de les découvrir en bateau : naviguer entre les roches rouges qui contrastent avec cette mer profondément bleue est un moment inoubliable.

 


La réserve naturelle de Scandola

  • L’incontournable : découverte de cette réserve sauvage en bateau  → Excursions Porto Linea
  • Plongée sous-marine et snorkeling : pour découvrir l’un des plus beaux et des plus riches sites de plongée de Corse →  centre de plongée de Porto
  • Canoë kayak : visiter la réserve en kayak, c’est possible et même vivement recommandé →  Gradelle Kayak

 

Randonnée : le Capo Rosso

Durée : 3 à 4 heures • Distance : 8 km • Dénivelé : 450 m+ et 450 m-  •  Altitude maximale : 306 m

Depuis le petit village de Piana, célèbre pour ses magnifiques calanques rougies chaque soir par les derniers rayons du soleil, il faut prendre la D824 en direction du Capo Rosso. On arrive sur un petit parking d’où part le chemin de randonnée. Le sentier qui longe la mer offre de superbes points de vue. La montée finale dans la rocaille est un peu raide mais ne présente pas vraiment de difficultés. Le sommet du promontoire rocheux fait office de ligne d’arrivée. Il est surmonté d’une tour génoise qui domine la Grande Bleue dans toute sa splendeur. La vue est à couper le souffle.

Au retour, on peut terminer cette superbe randonnée par un peu de farniente sur la jolie plage d’Arone, située quelques kilomètres plus loin : elle est accessible en voiture en poursuivant sur la route par laquelle on est arrivé.

Bon à savoir : comme partout dans le maquis corse l’été, il est fortement conseillé de débuter cette rando à la fraîche. Sinon, le maquis se transforme vite en fournaise. Quelle que soit l’heure, il est prudent d’emporter beaucoup d’eau.

 

L’aquarium de Porto

Le petit aquarium de Porto, situé aux pieds de la tour génoise emblématique de la ville, est à visiter. On peut en faire assez vite le tour entre deux activités et s’il pleut, c’est un moyen intéressant de passer le temps

 


Le golfe de Sagone

Le golfe de Sagone est situé sur la côte ouest de l’île, au sud du golfe de Porto. Il commence avec le village de Cargèse, connu notamment pour le face-à-face étonnant que se livrent ses deux petites églises : l’une est byzantine, l’autre latine, et toutes deux dominent la Grande Bleue.

En descendant vers le sud, le littoral est ponctué de plusieurs jolies plages jusqu’à l’extrémité méridionale du golfe, peu avant Ajaccio.

 


Bonifacio et ses falaises

Plus encore que le reste de la Corse, ce n’est surtout pas l’été qu’il faut découvrir Bonifacio. Car ce village de trois mille habitants est alors littéralement pris d’assaut par des hordes de touristes. Mais il est vrai que ce site exceptionnel laisse un souvenir impérissable à ses visiteurs.

Car on ne sait plus où donner de la tête sur ce site d’exception : que ce soit les maisons en équilibre précaire sur le rebord de la falaise qui s’effrite, les remparts de la citadelle, la balade en bateau dans les grottes qui creusent la falaise, une escapade sur les îles Lavezzi 100% nature, les plages de sable fin ou encore de multiples activités nautiques : il y a tant à faire et à voir, à Bonifacio et dans ses environs…

 


Les plages

La plage pour le moins originale de Sutta Rocca est accessible en descendant un long escalier sculpté dans les rochers, à la sortie de la ville. Se baigner là, dans une eau translucide, aux pieds d’impressionnantes falaises surmontées de maisons en équilibre, a assurément quelque chose de jouissif. A quelques mètres de la petite plage est situé le fameux rocher du Grain de Sable.

Dans les environs de Bonifacio, on peut accéder à quelques plages très renommées, notamment celles de Rondinara et Sperone.

 

L’escalier du Roy d’Aragon

Creusé à la main à même la falaise, il offre des vues imprenables sur la mer et la Sardaigne toute proche, dans un cadre original.

 

Les grottes

On peut faire une courte balade en bateau afin de pénétrer dans quelques-unes des grottes situées aux pieds des falaises de la ville. Si l’on a prévu une visite des îles Lavezzi, il ne sert à rien de faire celle des grottes : elle est en général incluse dans l’excursion vers ces îles.

 

Les îles Lavezzi

Voilà encore l’un de ces petits paradis naturels dont la Corse a le secret ! Posées sur l’eau à une dizaine de kilomètres au sud de Bonifacio, ces îles protégées sont accessibles aux navettes qui partent du port. Diverses compagnies aux offres à peu près similaires se font concurrence. A la descente du bateau, on se retrouve sur une île sauvage où l’on n’a plus qu’à se laisser aller pour passer une journée de rêve. On peut se baigner dans des eaux cristallines desquelles émergent une multitude de rochers arrondis, tous plus photogéniques les uns que les autres. Le snorkeling est incontournable en ces lieux.

Bon à savoir : en contrepartie de cet environnement sauvage, les îles Lavezzi ne comptent aucune route : on ne s’y déplace donc qu’à pied. Il n’y a pas d’hôtels non plus, ni de campings, ni de restaurants : on ne peut pas dormir sur place et pour manger, il faut avoir prévu son propre casse-croûte. L’absence d’arbres oblige à apporter casquette ou chapeau et crème solaire. Il faut également se munir d’une grande quantité d’eau pour pallier la forte chaleur estivale ainsi que l’absence de point d’eau. Enfin, il faut évidemment respecter ce sublime site naturel en ramassant tous ses déchets, les îles étant également dépourvues de poubelles. Évident me direz-vous ? Et pourtant : il n’est pas rare de voir certaines personnes peu scrupuleuses abandonner leurs mégots dans le sable…

 


Les fonds marins

Difficile d’évoquer la Corse sans parler de ses fonds marins. S’ils ne sont pas aussi riches que ceux des tropiques, on peut quand même faire du snorkeling et des plongées de toute beauté sur tout le littoral corse.

Les fonds et certains poissons sont en effet très colorés.

Murènes et éponges encroûtantes oranges…
… et castagnoles juvéniles bleu électrique

La plongée bouteilles est interdite dans la fameuse réserve de Scandola, laquelle fait partie, avec le golfe de Porto, du site classé par l’UNESCO. Les lieux sont à ce titre particulièrement protégés. Cette réserve constitue toutefois l’un des meilleurs sites de snorkeling de Corse (attention en bateau, le mouillage aussi est interdit). En plongée bouteilles, s’il n’est donc pas possible de pénétrer à l’intérieur de la réserve, on peut néanmoins s’aventurer jusqu’à ses limites afin d’observer une faune très riche à cet endroit.


Le site officiel du tourisme corse Visit Corsica

L’excellent site de l’office du tourisme de Bonifacio

Le site des Gîtes de France en Corse

 


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LES MALDIVES


Au coeur de l’hiver, rien de tel qu’un petit voyage au soleil pour se remonter le moral : des Seychelles à Hawaï, les îles de rêve ne manquent pas. Ainsi, c’est non sans difficultés que notre choix a fini par se porter sur… les Maldives.

Le survol de ce tout petit pays est impressionnant : vues du ciel, ses 1200 îles recouvertes de sable blanc et de cocotiers tranchent avec le bleu profond de l’Océan Indien sur lequel elles sont posées.

Depuis Male, la capitale où atterrissent tous les avions (les autres îles étant trop petites pour accueillir un aéroport international), c’est par bateau ou par hydravion que l’on rejoint, soit l’une des 200 îles habitées par la population, soit l’une des quelques dizaines d’îles-hôtels dénuées d’habitants.

En effet, si l’application de plus en plus stricte de la loi islamique, dans ce pays musulman, permet bien le contact entre les étrangers et les locaux, il n’en reste pas moins que sauf rare exception, les femmes ne peuvent par exemple pas porter le bikini à la vue des habitants.

C’est pourquoi nous avons décidé de passer une semaine sur l’une de ces îles-hôtels, Embudu, donc sans véritable contact avec la population, hélas. Les dimensions de notre petite île sont dans la moyenne locale : elle mesure à peine quelques centaines de mètres de long…

Les Maldives sont les vestiges d’anciens volcans dont les cratères, en s’affaissant et s’érodant au fil du temps, ont été immergés puis colonisés par les coraux.

Embudu est si petite que le tour du propriétaire se fait en une quinzaine de minutes. L’île a beau être minuscule, il y a un nombre impressionnant de plages à tel point qu’on ne sait pas laquelle choisir.

Les trois-quarts des voyageurs qui viennent ici font de la plongée sous-marine, car la faune est variée et les fonds coralliens extrêmement riches.

Ce petit paradis îlien comporte toutefois un inconvénient, et pas le moindre : les changements climatiques actuels le menacent de disparition. En effet, la montée permanente du niveau des mers, combinée à l’absence d’altitude du pays (son point culminant naturel s’élève seulement à 2,30 mètres) pourraient bien provoquer son immersion à court terme.

C’est ainsi qu’en 2009, le président maldivien a organisé un conseil des ministres sous-marin, afin d’alerter l’opinion publique internationale sur le risque de disparition des  petits États insulaires dont font partie les Maldives.

Aujourd’hui, l’espoir repose notamment sur certaines études, selon lesquelles les récifs coralliens en bonne santé pourraient s’adapter aux changements climatiques, et entraîner dans leur mouvement les îles auxquelles ils sont accrochés…

Dans l’avion du retour, nous avons des images d’atolls ensoleillés plein la tête. Mais le survol de certaines zones montagneuses d’Asie nous remet vite les idées à l’endroit : en France, c’est bel et bien l’hiver qui nous attend…

En termes d’hébergement, si les Maldives sont une destination globalement hors de prix, Embudu est l’une des îles-hôtels les plus accessibles de l’archipel : selon la saison, le petit bungalow pour deux est accessible à partir de 180 euros par nuit en pension complète. Le site officiel :  Embudu Village


Le gros point fort d’Embudu est le gigantesque aquarium naturel qui l’entoure. L’île est bordée par un récif qui attire d’ailleurs tous les clubs de plongée des îles voisines. Notamment, son spot phare, le bien nommé  « jardin de corail », est une pure merveille.

Situé à quelques mètres du bord seulement, ce site est également accessible en snorkelling. Armé simplement d’un masque et d’un tuba, on peut y approcher de très près une faune extrêmement riche : poissons multicolores, murènes léopard, tortues, requins de récifs juvéniles voire adultes etc.

Les autres activités sont la pêche, le spa et les massages. Il y a en outre un petit terrain de sport.


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LA CROATIE


Chaque année, les 12 millions de touristes qui visitent la Croatie représentent le triple de sa population (4 millions d’habitants) ! C’est pourquoi l’été notamment, ce pays dix fois plus petit que la France est noir de monde.

Si le récit qui suit, assez détaillé, vous paraît trop long, n’hésitez pas utiliser le sommaire…

→ Toutes les infos pratiques sont en fin d’article.




Le temps est magnifique sur la côte dalmate lorsque nous la quittons pour Plitvice, mais il change radicalement quand nous traversons les montagnes, pour virer carrément à la bruine peu avant l’arrivée. Assez classique paraît-il.

La route principale qui traverse Plitvice est bordée de chaque côté par des dizaines de maisons transformées en chambres à louer : la proximité des fameux lacs et chutes de Plitvice a permis à la plupart des habitants de trouver, grâce au tourisme, des ressources financières importantes. Mais vu le nombre de maisons qui reçoivent des voyageurs, cela signifie aussi que demain, lorsque nous visiterons le site, nous serons loin d’être tout seuls… En attendant, les maisons d’ici sont toutes plus fleuries les unes que les autres et ça met un peu de couleurs dans la grisaille ambiante.

Nous sommes accueillis par la propriétaire des lieux, Lidija, qui nous présente sa famille. Une fois nos affaires installées dans nos deux chambres doubles et pendant que nos deux fils s’amusent à une balançoire sous une bruine incessante, nous faisons connaissance avec Lidija. Nous discutons un peu du site naturel tout proche qui attire tant de visiteurs.

L’arrivée aux chutes de Plitvice

Mais la conversation bascule rapidement sur les guerres de Yougoslavie, et notamment celle qui s’est déroulée ici dans les années 90. Nous avons évidemment vérifié au préalable que ça ne la dérangeait pas d’en parler. Mais nous nous rendons finalement compte que cette femme, discrète et peu bavarde au premier abord, se laisse vite aller à un quasi monologue ô combien édifiant sur l’horreur que la population locale a vécu ici il n’y a pas si longtemps. Elle nous explique que le village a été rasé, dont la maison , reconstruite depuis, dans laquelle nous allons dormir ; que tout le monde ici a perdu un ou plusieurs membres de sa famille ou de ses amis ; que certains ont été amputés d’un membre (nous en croiserons en effet quelques-uns un peu partout dans le pays). Bref, l’horreur à deux pas de chez nous.

Mais heureusement, la vie a depuis longtemps repris ses droits, et les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas vraiment connu cette époque tragique. Les villes et les villages ont été reconstruits petit à petit, et le tourisme est d’ailleurs l’un des atouts qui ont aidé le pays à se relever.

Le lendemain matin, nous nous levons tôt pour pénétrer dans l’enceinte du site dès l’ouverture ou presque. Car Lidija nous a bien prévenus que dès le milieu de la matinée, il y avait de longues files d’attente à l’entrée du parc. Et quand nous y arrivons en effet, ce n’est pas encore la grande foule. Pour nous défendre contre la pluie, nous avons acheté la veille des protections qui se situent à mi-chemin entre des espèces de K-Ways légers et des sacs poubelles contenant quelques trous pour passer la tête et les bras.

C’est donc ainsi accoutrés que nous pénétrons dans l’enceinte du Parc National des lacs de Plitvice, qui est classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. Il est situé dans un joli cadre de montagnes verdoyantes.

La forêt qui recouvre ce relief tourmenté présente des trouées ça et là : ce sont les fameux lacs de Plitvice, de couleur vert émeraude (du moins par temps ensoleillé !).

Au nombre de seize, ils sont disposés en escaliers. Les chutes d’eau sont le moyen qu’a trouvé la nature pour que chaque lac, en débordant, alimente le suivant situé juste en dessous.

Le jour de notre visite, la nature en question ne se montre pas très clémente avec nous puisqu’elle nous accueille par un véritable déluge. Nous ne pouvons donc pas profiter pleinement de la beauté du site.

Pourtant, malgré la pluie, la balade est particulièrement agréable : on marche sur des passerelles en bois qui semblent posées sur l’eau, dans un cadre éclatant de verdure. Le paysage n’est pas très varié mais les chutes ne sont jamais identiques.

Après une demi-journée passée sous la pluie mais à marcher sur l’eau, nous quittons ce site en sachant que le soleil nous attend enfin sur la côte, dans la petite ville d’Omis, notre prochaine étape.


Plitvice et Dubrovnik étant distantes de près de cinq cents kilomètres, nous avons prévu une halte entre les deux, à Omis. Située au sud de Split, cette petite ville séduit à la fois par sa situation, sa douceur de vivre et son arrière-pays.

Omis est nichée sur les flancs de la montagne qui borde la mer. Ainsi, où qu’on se trouve, on a presque toujours une belle vue dégagée. C’est le cas de l’appartement que nous avons loué, extrêmement bien situé.

La terrasse de notre appartement !

Il ne peut pas être mieux situé : à cinq minutes de la plage, à cinq minutes du centre-ville, et dans un endroit calme. Sans compter la vue imprenable depuis la terrasse. Le top !

La vue depuis la terrasse le soir…
… et le jour !

A proximité du centre, depuis la vieille ville, un petit escalier monte en direction de la montagne. Ses quelques dizaines de marches mènent à la citadelle vénitienne d’où, là encore, la vue vaut le détour.

Difficile de croire qu’il y a quelques siècles, à l’époque vénitienne, ce petit port paisible était un repaire de pirates.

Le lendemain, nous avons prévu de quitter un peu Omis et sa foule pour découvrir l’autre côté de la montagne. Là, dans le Parc Naturel du Biokovo, les amoureux de la nature trouvent leur compte.

Cet ensemble géologique de premier ordre est constitué de forêts, de grottes et de galeries. Y vit une faune exceptionnelle où les loups, les chamois et les aigles royaux se volent la vedette.

C’est dans cet environnement naturel que coule la Cetina, petite rivière tranquille sur laquelle nous allons faire du rafting.

A Omis, les agences pour faire du rafting ne manquent pas, il n’est donc pas difficile d’en trouver une. Le départ de la ville se fait en bus sur une route qui surplombe d’abord la mer avant de s’avancer dans la forêt. Une fois arrivés, on se rend compte que la Cetina ne présente aucune difficulté.

C’est pourquoi les descentes en raft se déroulent dans un cadre familial plutôt que sportif.

Parfois, la Cetina comporte de petits rapides qui secouent l’embarcation et en mouillent les occupants, ce qui pimente un peu la sortie. Mais dans l’ensemble, la rivière coule paisiblement dans ce site naturel de toute beauté.

De retour à Omis, nous prenons un dernier bain dans une eau relativement froide, comme souvent en Croatie, avant de mettre le cap le lendemain sur la fameuse Perle de l’Adriatique : Dubrovnik.


Ce qui surprend d’emblée quand on se rend à Dubrovnik par la route qui longe la côte, c’est que la Croatie est littéralement coupée en deux par la Bosnie-Herzégovine. Cette dernière dispose en effet d’un petit accès incongru à la mer, long d’une dizaine de kilomètres, qui sépare la Croatie en deux parties bien distinctes. Le passage de la frontière est donc inévitable.

Bosnie-Herzégovine : la ville de Neum est cernée par les deux parties distinctes de la Croatie

Dans la pratique, ce léger contretemps n’est pas trop gênant car en effet, de nombreux croates passent par là tous les jours : certains d’entre eux travaillent d’un côté de la Bosnie-Herzégovine et habitent de l’autre, et font donc l’aller-retour quotidiennement. Le passage de la frontière est donc réputé ne pas poser de problème en général.

Pour les touristes que nous sommes, le passage est en effet rapide à l’aller : il n’y a que quelques voitures qui passent par là en même temps que nous et nous n’attendons même pas cinq minutes. Après un vague contrôle de nos passeports pour la forme, le douanier nous libère. Au retour quelques jours plus tard, ce sera encore plus expéditif : le simple fait de saluer le douanier dans sa propre langue (« Dobar dan ») semble l’énerver un peu car il n’a apparemment pas prévu de perdre son temps avec nous. Il nous fait vaguement signe de passer. Je ne me fais pas prier afin de ne pas l’énerver un peu plus et je m’éclipse rapidement, m’asseyant sur ma politesse habituelle. Tant pis, je gratifierai quelqu’un d’autre de l’habituel « Do videnja » (au revoir) que j’ai appris par cœur.

Après cette escapade, courte mais obligée, en dehors de l’Union Européenne, seuls soixante kilomètres en direction du sud nous séparent de Dubrovnik. Une fois arrivés, nous déposons nos affaires dans une petite maisonnette que nous louons à quelques kilomètres de la ville.

Quand nous l’avions louée sur le web, nous ne l’avions pas trouvée très chère. En arrivant, nous comprenons pourquoi : pour y accéder, il faut traverser une cité de banlieue qui peut déranger certains. Pour notre part, nous ne regretterons pas notre choix car outre le prix plutôt bon marché, la vue sur l’entrée maritime de la ville est agréable depuis la terrasse ombragée et fleurie.

Nous passons notre première soirée à flâner dans les jolies ruelles de la vieille ville, dans lesquelles nous rencontrons toutes les difficultés du monde pour trouver quatre malheureuses places dans un resto.

La vieille ville est très fréquentée et nous comprenons qu’il aurait mieux valu réserver un resto à l’avance.

Le lendemain, nous voulons avoir une vue d’ensemble de cette fameuse vieille ville. Pour ça, rien de tel que de prendre le téléphérique, car une fois arrivés là-haut, nous constatons que la Perle de l’Adriatique porte bien son surnom. La vue est impressionnante sur la ville fortifiée ainsi que sur la Grande Bleue qui s’étend à perte de vue en arrière-plan.

Le quadrillage des rues vues d’en haut fera dire à notre fils Victor : « on dirait une carte ! »

Une fois redescendus, nous arpentons à nouveau les rues, mais de jour cette fois.

Dubrovnik a bien du mérite de pouvoir étaler aujourd’hui encore ses richesses historiques, car elle fût sévèrement endommagée à deux reprises au cours de son histoire : par un tremblement de terre au 17e siècle, puis par la guerre à la fin du 20e..

.Bien évidemment, le tourisme de masse est de mise en ce site incontournable, surtout l’été. Pourtant, il fait bon déambuler dans ses ruelles chargées d’histoire.

Il existe plusieurs points de vues différents pour admirer Dubrovnik. Par exemple depuis la colline au sommet de laquelle on accède en téléphérique ou en voiture, comme nous l’avons fait dès notre arrivée. Mais on peut aussi faire le tour de la ville par ses fameux remparts. On la découvre alors sous un autre angle, toujours avec une vue sur la mer en arrière-plan, et sous un soleil de plomb l’été.

N’ayant pu réserver notre maisonnette que pour deux jours, nous déménageons le troisième jour pour prendre possession des deux chambres que nous avons louées chez l’habitant. Comme un peu partout depuis que nous sommes arrivés dans ce pays, la vue depuis le petit balcon vaut le détour.

Ceci est dû au fait qu’une bonne partie de la côte croate est constituée de collines qui plongent dans la mer. Les habitants n’ont donc eu d’autre choix que de construire leurs maisons à flancs de collines, d’où ils ont systématiquement une vue imprenable.

Puisque nous avons déjà visité la vieille ville de l’intérieur, nous décidons le lendemain de la découvrir sous un nouvel angle, plutôt original celui-là : depuis un canoë kayak.

CCar c’est l’une des activités classiques ici : les loueurs de kayaks se font concurrence et on n’a donc que l’embarras du choix pour préparer cette petite découverte insolite de la ville.

Les formules sont souples : on peut louer des kayaks à l’heure ou à la demi-journée, ou encore choisir l’excursion de groupe à la journée.

Pour l’excursion de groupe, on commence par rejoindre la petite île de Lokrum à la rame, dont on fait le tour. Là, on pénètre en kayak dans des grottes dont l’eau est d’un vert intense.

Puis on quitte l’île à la rame en direction de la côte. On atteint alors une grande grotte, Betina Cave, agrémentée d’une jolie petite plage. On y fait une pause assez longue : casse-croûte, baignades, bronzette…

Betina Cave (ici à l’heure de pointe !)

Le site est vraiment joli mais lors de notre venue, il était beaucoup trop fréquenté.

Il est toutefois possible de profiter de Betina Cave, de sa plage et de ses eaux vert-émeraude sans la foule. Pour ça, reportez-vous aux infos pratiques en fin d’article.

Pour en revenir à notre excursion de groupe, cette grotte constitue la dernière étape avant le retour à Dubrovnik.

Vue sur la cité fortifiée depuis les kayaks

Et c’est à ce moment-là qu’on peut le mieux admirer les remparts qui se dressent majestueusement au-dessus de la Grande Bleue.

A noter qu’il existe aussi la possibilité de louer un jet-ski. Les sensations ne sont évidemment pas les mêmes mais c’est vrai qu’on se sent privilégié à fendre l’eau dans un décor aussi prestigieux.

C’est sur cette belle découverte de la ville depuis la mer que s’achève la première partie de notre voyage. Il est temps pour nous de regagner Split afin de rendre la voiture de location, puis surtout de prendre notre bateau pour les fameuses îles croates…


Choisir une île croate parmi les 1.100 qui émergent de l’Adriatique est un moment agréable, car chacune d’entre elles rivalise d’efforts pour attirer les visiteurs. A l’heure de faire un choix, nous avons fini par jeter notre dévolu sur l’une des plus éloignées de la côte croate, ce qui en fait donc aussi l’une des moins fréquentées : Vis.

Cet éloignement n’explique pas tout puisque Vis a de toute manière toujours su cultiver sa discrétion. C’est ainsi que pendant la seconde guerre mondiale, le maréchal Tito échappa aux nazis en se cachant dans l’une des grottes de l’île.

Puis Vis devint une base militaire secrète, si bien que c’est seulement dans la deuxième moitié des années 1990, après l’indépendance de la Croatie, qu’elle fût enfin ouverte au tourisme. Depuis, ce dernier ne se développe que lentement, ce qui explique que Vis soit l’une des rares îles croates à avoir su garder toute son authenticité.

Le petit port de Komiza

Les 3.000 habitants sont répartis dans les deux villages de l’île : Vis à l’est, plus animé car il accueille les ferries, et Komiza à l’ouest, animé aussi mais un peu plus préservé. C’est là que nous avons séjourné.

Komiza


Le bâtiment dans lequel est situé l’appartement que nous avons loué n’a vraiment rien d’attrayant : c’est un immeuble tout ce qu’il y a de plus basique style années 60, dans lequel s’agglutinent une bonne vingtaine d’appartements.

Dans un premier temps, nous regrettons presque de l’avoir réservé depuis la France car bien qu’étant en plein mois d’août, nous remarquons qu’il y a pas mal de panneaux « chambres à louer » aux balcons des maisons du village.

Mais finalement, notre petit appart’ sans prétention a plusieurs points forts : il est situé à moins de cinq minutes de la plage et autant du centre du village, il bénéficie d’une petite terrasse ombragée avec beaucoup de verdure, et son prix défie toute concurrence.

Le petit port de Komiza

C’est donc de là que nous allons rayonner sur Vis et l’île voisine de Bisevo pendant une bonne semaine.


Les maisons de pierres qui bordent les petites ruelles peu fréquentées de Komiza rendent le village pittoresque.


Car le gros des touristes profite surtout des nombreux attraits du front de mer : bars, restaurants, marina, musée de la pêche (le seul de Croatie), et bien sûr plages et baignades…



Bien que constituées de galets et assez fréquentées, les plages de l’île sont très agréables. Voici nos préférées…


Elle est agrémentée d’un bar extérieur qui fait office de boîte de nuit ouverte sur la mer une fois le soleil couché. Mais de jour, elle est plutôt calme et du coup, elle devient vite notre plage préférée. Comme nous avons de la chance, il se trouve aussi que c’est la plus proche de notre appartement.

La plage de Kamenice

Au sud se situe la plage sans doute la plus connue de l’île : Stiniva. C’est aussi l’une des moins faciles d’accès, car on ne peut s’y rendre qu’en bateau, ou après une marche dans une descente assez raide au milieu des arbres et des rochers. Mais l’effort en vaut la peine, même si cette plage fermée par de petites falaises est très fréquentée en journée.

La plage de Stiniva

Dans la partie sud de Komiza, quelques maisons anciennes sont posées sur la petite plage de Lucica, et affrontent tous les soirs les derniers rayons du soleil. Cette plage agréable est assez fréquentée par les locaux.

La plage de Lucica

Entre deux plages, on peut nager dans de très agréables petites criques à peu près désertes. L’eau y est si transparente que la visibilité est excellente, ce qui rend presque incontournable la pratique du snorkeling.

Petite crique à proximité de la plage de Kamenice

Il ne s’agit pas d’une plage mais il faut bien la citer quelque part !

Cette petite grotte est accessible uniquement en bateau car elle s’ouvre sur la mer. Son plafond comporte un petit trou dans lequel s’engouffrent les rayons du soleil.

Ils terminent leur course en transperçant l’eau de la grotte jusqu’au fond.

Ces jeux de lumière sont visuellement très jolis à observer sous l’eau.

Selon la lumière, l’état de l’eau et l’heure de la journée, ces rayons subaquatiques sont censés paraître verts. Lors de notre venue, ils étaient franchement bleus.


Faire de la plongée sous-marine avec un champion du monde d’apnée, c’est possible ! C’est ce que nous avons fait dans les eaux d’une petite île croate méconnue : Vis !

Détenteur d’innombrables records de Croatie en apnée, Veljano Zanki fut champion du monde par équipe en 2012 et 3e en individuel en 2007.

Il a porté ses principaux records d’apnée à 107 mètres de profondeur, et à 9 minutes 42 secondes en apnée statique !

Veljano Zanki

Oui, vous avez bien lu : près de 10 minutes sans respirer !

Et bien c’est cet homme-là qui plonge avec ses clients (mais en plongée bouteilles) dans le club qu’il a ouvert à Komiza, sur la petite île de Vis.

D’emblée, sa modestie impressionne. Il a toujours le sourire aux lèvres et plaisante souvent, mais en restant toujours très pro dans l’encadrement de ses plongées.

Les enfants peuvent faire des baptêmes de plongée avec Veljano Zanki

On ne plonge pas forcément avec lui, on peut aussi plonger avec l’un des encadrants du club mais dans tous les cas, c’est la convivialité, la bonne humeur mais aussi le sérieux qui règnent dans son club.

Les enfants peuvent plonger dès l’âge de 8 ans (les nôtres avaient 9 et 11 ans). Il s’agit donc de baptêmes.

La première plongée de mes deux fils se déroule à 6 mètres de profondeur, le but étant de jauger leur aisance dans l’eau, mais aussi vis-à-vis du matériel.

Cette plongée-test s’avérant concluante, ils sont autorisés à replonger le lendemain, à 12 mètres de profondeur cette fois, sur l’épave du Teti, un cargo coulé en 1930. Le site est très poissonneux.

Plongée au-dessus de l’épave du cargo Teti

Mes deux petits plongeurs sont émerveillés à la fois par la découverte de leur première épave, par la multitude de poissons qui nous entourent tout au long de la plongée… et par le fait d’être encadrés par un champion du monde en chair et en os, à la fois humble et très accessible.

Tout au long de la plongée, ils essaient de toucher ces innombrables poissons typiques de la Méditerranée (sars, serrans, girelles, oblades…) qui leur tournent autour. En vain bien sûr.

La plongée se termine et, pour achever de faire rêver mes fistons, c’est un champion du monde qui les extirpe de l’eau l’un après l’autre.


L’une des curiosités naturelles de la région se situe sur l’îlot voisin de Bisevo : Blue Cave (la Grotte Bleue). Il est facile de s’y rendre depuis Komiza car les bateaux pour y aller sont nombreux.

Une fois arrivé, il faut acheter son billet numéroté puis attendre son tour. L’été, il y a beaucoup de monde mais le cadre de bord de mer est agréable pour patienter.

Blue Cave : le site de l’attente…

Au bout d’une heure, notre tour arrive enfin. Le trajet qu’on effectue à bord d’une petite barque à moteur ne dure lui que cinq minutes. Sur place, les barques qui sortent une par une sont aussitôt remplacées par celles qui rentrent. Pour pénétrer dans la grotte, il faut bien baisser la tête.

Puis au fur et à mesure qu’on progresse à l’intérieur, la forte pénombre qui y règne est chassée peu à peu par la lumière bleue et irréelle qui provient du fond sous-marin. Elle émane d’une entrée submergée par la mer, mais que la lumière réussit à traverser jusqu’à l’intérieur de la grotte, transmettant à cette dernière les couleurs de l’eau, qui tirent ici sur le bleu électrique.

Dans l’après-midi, la grotte finit par retrouver son calme quand elle n’est plus éclairée par le soleil, ce qui entraîne l’arrêt des visites jusqu’au lendemain. On ne peut pas s’y baigner, mais la plongée sous-marine y est autorisée (mais réglementée) hors saison.

L’ouverture submergée de la grotte, par laquelle pénètre la lumière

Notre séjour sur Vis sera écourté par la règle de prudence numéro un que nous respectons chaque fois que nous voyageons sur une île : afin de prévenir une éventuelle dégradation de l’état de la mer qui pourrait interrompre les liaisons maritimes, et donc nous faire rater l’avion du retour vers la France, nous quittons l’île deux jours plus tôt, par sécurité.

Le côté positif, c’est que cela va nous permettre de visiter la belle ville de Split pendant ces deux jours. La grande cité dalmate est un délicieux mélange de vestiges antiques et de palais vénitiens, dans l’ambiance décontractée d’une grande station balnéaire.


Les vestiges du palais de l’empereur romain Dioclétien occupent la partie la plus étonnante de la ville.

Au Moyen-Âge, les habitants trouvèrent refuge dans ce gigantesque palais. C’est donc là, à l’intérieur de ce fabuleux vestige antique à ciel ouvert qu’ils construisirent leurs maisons. Ainsi, on compte aujourd’hui de nombreuses habitations qui ont pour cloison… le mur du palais d’un empereur romain !

Dans l’enceinte du palais est située la cathédrale Saint-Domnius, l’un des principaux trésors historiques de la ville. La montée en haut du Campanile permet d’avoir une très belle vue.

Le campanile

La petite place située aux pieds du campanile est l’un des sites les plus fréquentés de la ville.

L’histoire de Split a également été marquée par la période de domination vénitienne, qui assura à la ville une certaine prospérité économique. De cette époque, l’un des plus beaux vestiges parvenus jusqu’à nous est sans doute la place de la République, qui fût construite afin d’imiter la place Saint-Marc de Venise.


Le musée archéologique de la ville décrit l’histoire de la Croatie depuis l’Antiquité. Il comporte quelques pièces rares d’une grande valeur.

Sarcophages antiques :

Mosaïque et stèle antiques :

    


Dès la sortie du musée archéologique, c’est sans transition que nous emmenons nos fils visiter le stade de foot du Hajduk Split, l’équipe phare de la ville et, avec le Dinamo Zagreb, du pays.

Depuis deux semaines que nous visitons la Croatie, nous avons vu des dizaines de murs taggés par le logo du club. Dans la région bien sûr, mais aussi bien plus au sud, ou encore sur l’île de Vis. On ressent assez nettement l’importance que revêt ce club dans le pays.

Pour commencer notre visite du stade, la petite plaque apposée à l’entrée n’échappe pas aux français que nous sommes : elle commémore l’incroyable record du monde du 4 x 100 mètres battu ici même en 1990, au nez et à la barbe des géants américains, par une équipe tricolore restée dans les annales du sport français.

Puis au fil de la visite de l’intérieur du stade, c’est un peu l’histoire de la Croatie que nous raconte le guide à travers celle du club. Par exemple pour l’anecdote, à l’issue de la finale de l’ultime édition de la coupe de Yougoslavie (encore unifiée) avant les guerres qui entraînèrent la disparition du pays, coupe remportée en 1991 par les croates du Hajduk Split aux dépens de leur ennemi juré serbe de l’Étoile Rouge de Belgrade, les Splitois ne rendirent jamais le trophée comme ils auraient dû le faire. Une fierté pour eux aujourd’hui que la possession de cette coupe (en bas et au centre de la photo ci-dessous).

Mais surtout, ce stade est l’antre du plus ancien groupe de supporters d’Europe : « Torcida Split ». Ses membres ultra-nationalistes ont été parmi les premiers, au début des années 1990, à s’engager dans l’armée croate en vue de l’indépendance du pays. Ceux qui en sont revenus vivants et entiers quelques années plus tard se sont remis ensuite à fréquenter activement les travées de ce stade, qu’ils rendent bouillant les soirs de grands matches.


Zagreb – Belgrade : le match du chaos annonciateur de la guerre (1990)


C’est dans cette belle ville de Split que nous terminons notre périple en Croatie où en quinze jours, nous n’aurons finalement rencontré qu’un seul jour de mauvais temps : le premier, à Plitvice.


Résumé vidéo (2 mn)…

 


Nous n’avons pris que trois moyens de transports différents : le bus à Dubrovnik, le bateau pour les trajets vers les îles et la voiture de location le reste du temps.


Nous avons loué notre petite voiture à l’aéroport de Split chez Car Hire Labs, et nous l’avons rendue à leurs bureaux du centre-ville, sur le port, où il ne nous restait donc plus qu’à prendre le bateau. Nous avions réservé un peu tard depuis la France et les prix avaient augmenté : nous avons payé 350 euros pour une semaine.

Attention : les loueurs demandent toujours si on a prévu d’aller à l’étranger avec la voiture (en général, Bosnie-Herzégovine et Montenegro). Si oui, ils font payer une taxe transfrontalière injustifiée (à l’exception du bref et classique passage de la frontière bosniaque au niveau de Neum, sur le trajet Split – Dubrovnik : sur cette courte portion, la taxe n’est pas obligatoire). Le tarif de cette taxe varie fortement d’une agence à l’autre. Il faut éviter de la payer et simplement vérifier avant de signer que le pays à visiter figure bien sur la carte verte d’assurance (sans être barré).


Nous ne l’avons pris qu’à Dubrovnik et nous le recommandons fortement pour cette ville, car il est difficile de circuler et encore plus de se garer dans la vieille ville, à l’exception du parking onéreux de la Porte Pile. Le bus est la meilleure solution alternative : à peu près toutes les lignes passent par la Porte Pile et il y a en général un bus toutes les 10 à 20 minutes. Vous pouvez consulter ici tous les horaires de bus croates.


Le port de Split est très actif et les îles sont nombreuses ainsi que les bateaux qui les desservent. Il est donc possible et même facile, même en haute saison, d’acheter ses billets sur place juste avant le départ du bateau, sur l’embarcadère. C’est ce que nous avons fait en plein mois d’août. Pour plus d’infos :

     → Si on fait la traversée en catamaran avec la compagnie Jadrolinija – Gat Sv. Duje bb, Split. +385.21.33.83.33 (ou 04 ou 05 à la fin). ag.split@jadrolinija.hr

     → Si on fait la traversée en ferry, il est impossible de réserver à l’avance. Compagnie Kriloget – Adresse : Kapetan Luka Kiosk – Gat Sv. Petra, ferry port, Split. +385.21.64.54.76

Liste des compagnies maritimes effectuant la traversée entre le continent et les îles : Croatia Ferries

Split – La flotte de la Jadrolinija en pleine activité.

La côte croate est interrompue sur dix kilomètres par la Bosnie-Herzégovine. Ainsi, pour aller par exemple de Split à Dubrovnik, le passage de cette frontière est obligatoire.

Nous sommes donc passés par cette douane à deux reprises et tout s’est déroulé sans problème, exactement comme tout le monde nous l’avait dit : cinq minutes de queue à l’aller avec un bref contrôle de nos passeports, et cinq secondes seulement au retour, le temps de dire « Dobar dan » (« bonjour ») au douanier, que notre politesse a eu l’air d’énerver et qui nous a immédiatement fait signe de rouler.

Courte escapade en Bosnie-Herzégovine

Comme indiqué plus haut, il faut noter qu’avec une voiture de location, on doit souscrire une assurance supplémentaire (peu onéreuse) au moment de la réservation si l’on compte sortir du pays avec le véhicule loué (Bosnie-Herzégovine, Montenegro…). Cette assurance n’est toutefois pas obligatoire si l’on passe la frontière avec la Bosnie-Herzégovine au niveau de Neum comme nous l’avons fait, pour effectuer simplement les quelques kilomètres hors Croatie qu’il y a à cet endroit-là.


Chambres chez l’habitant : House Luketic – Rastovača 32/1, 53231 Rastovača.

Elles sont situées à 1,6 km des chutes de Plitvice, au bout d’une longue rue des deux côtés de laquelle toutes les maisons louent des chambres ! Le cadre est verdoyant, calme et reposant. Bon accueil de la propriétaire, qui nous a raconté l’histoire glaçante de ce village et de cette maison, détruits pendant la guerre dans les années 1990. Prix : 45 euros/nuit la chambre double.

Délicieux resto local (en fait cuisine familiale) situé juste en face, Chez Sasa. Il fait aussi chambres d’hôtes.

En haute saison, il faut si possible arriver aux guichets dès l’ouverture car il y a alors très peu de monde. Après, ça se gâte ! Ainsi, en milieu de matinée, la file d’attente pour acheter les billets d’entrée mesure déjà plusieurs dizaines de mètres de long.


→ Hébergement – Appartement Micmac – Fra Stjepana Vrlića 28, Omiš.

Cet appartement est une tuerie. Grand, design, fonctionnel et bien situé (à 3 minutes de la plage et 5 minutes du centre-ville), propriétaires accueillants, avec en prime un gros point fort : la vue depuis la petite terrasse.

La vue depuis la terrasse

Le prix : 70 euros/nuit

Nous avons loué cet appartement quelques jours après sa mise en location. Il était donc à un prix défiant toute concurrence. Depuis, au vu de la forte demande dont il fait l’objet, il semblerait que le prix augmente régulièrement et en plus, il faut le réserver très longtemps à l’avance. Mais il en vaut tellement la peine (ça vaut ce que ça vaut mais il est noté 9,9 / 10 sur Booking pour 70 clients ayant voté).

La vue depuis la terrasse

Nova Mokosika, Dubrovacko – Neretvanska Zupanija 20236 (Ulica Marina Knezevica). +385 97 6766 098

Points forts : petite maisonnette (une chambre, et un canapé-lit dans le séjour) avec terrasse verdoyante et belle vue. Tarif attractif.

Points faibles : situé à 20 minutes en bus de Dubrovnik, sur les hauteurs d’une cité qui ne conviendra pas à tout le monde. Nous n’avons pas de préjugés et nous n’avons rencontré aucun problème, mais cet environnement peut surprendre.

Prix : 77 euros/nuit

Le Tarik Panorama est situé Majkovska 1, 20000 Dubrovnik. +385 9152 88 326. Maison entièrement dédiée à la location de chambres, située à Dubrovnik mais à plus de 20 minutes à pied du centre, avec des côtes à monter et sous le soleil. Belle vue sur l’entrée du port depuis le balcon.

Le prix : à partir de 54 euros la chambre double (nous avons payé 60 euros en plein mois d’août).

La vue depuis le petit balcon-terrasse de Tarik Panorama

Le balcon-terrasse

Les loueurs de kayaks sont regroupés sous l’ancien fort, au pied de la forteresse nord de la vieille ville. Nous sommes passés par Adventure Dalmatia/Sea Kayaking Dubrovnik, qui propose également d’autres activités (scooter des mers, que nous avons également testé, etc.)

Bon à savoir – Ça va sembler un peu naïf mais croyez-moi, les kayaks bleus sont beaucoup plus lourds que les kayaks rouges, oranges ou jaunes : on se fatigue à ramer et on avance sensiblement moins vite que tout le monde ! A éviter.


Appartement Andy – Matije Gupca 26, 21485, Komiža, Vis. +385 9921 48 212

Petit appartement de 35 m2 en rez-de-chaussée dans un immeuble pas vraiment glamour, intérieur un peu vieillot (mais on n’a fait qu’y manger et y dormir), mais dans l’ensemble très correct.

  • Points forts : situé à 5 minutes à pied de la jolie petite plage (de galets) de Kamenice, ainsi que du centre du village de Komiza. Terrasse ombragée.
  • Prix : 60 euros/nuit.

Bon à savoir – A Komiza, il est possible de louer directement un hébergement sur place puisque lorsque nous sommes arrivés dans ce village en plein mois d’août, nous avons vu pas mal de panneaux « chambres à louer » sur les maisons.


 

Le B24 Diving Center est le club de plongée tenu par un enfant du pays devenu en 2012 champion du monde d’apnée : Veljano Zanki. Il est situé à la sortie du village de Komiza, sur la petite plage de Lucica.

Le matériel est récent donc en parfait état, du bateau aux blocs de plongée en passant par les combis etc.

Le prix : 30 euros la plongée, puis tarifs dégressifs jusqu’à 12 plongées.

Vidéo : les exploits de Veljano Zanki (-107 mètres en apnée !)


 

Le départ pour l’îlot de Bisevo se fait depuis le port de Komiza, où il est facile de trouver des billets à acheter.

Bon à savoir : c’est entre 10h00 et 12h00 environ que la lumière est la plus belle dans la grotte. Du coup, il y a plus de monde et quelques dizaines de minutes d’attente l’été. Si on veut réduire l’attente, il faut venir plus tôt mais la lumière sera moins belle.

Le prix : 70 kunas par personne (moins de 10 euros) et 35 kunas de 6 à 12 ans. 


Chambres à louer Private accomodation Raspudic – Tolstojeva 33, 21000 Split. +385 922 77 4291

Appartement transformé en chambres à louer, situé à 15 minutes à pied du port. Un concierge efficace est dans l’appartement 24/24 pour répondre à toutes les questions, et donner toutes les bonnes adresses.

Le prix : 46 euros/nuit la chambre double.


Le site de l’office de tourisme en Croatie : Croatia.hr