A l’origine, je ne pensais pas écrire d’article sur Bacalar car nous n’y sommes pas restés très longtemps.
Mais je m’aperçois qu’il n’est pas possible de passer sous silence ce coin du Mexique, tant il constitue une étape idéale pour se détendre dans des eaux enchanteresses, cernées par un environnement naturel préservé.
Alors, voici une brève présentation de ce site de toute beauté…
Les eaux enchanteresses de la lagune de Bacalar
Les couleurs de l’eau sont sublimes, et sa température rend la baignade tout simplement délicieuse.
La lagune de Bacalar est surnommée “lagune aux 7 couleurs” à cause, ou plutôt grâce à ses nuances de bleus, de turquoises et de verts, dues aux différentes profondeurs de l’eau et à la nature des fonds.
Douceur de vivre à Bacalar
On peut y pratiquer différentes activités liées à l’eau : kayak, paddle, voile, snorkeling…
Le canal des Pirates en kayak ou paddle
On peut louer facilement un canoë ou un paddle pour aller jusqu’au fameux Canal des Pirates. On doit d’abord ramer une bonne vingtaine de minutes pour le rejoindre.
Le canal des Pirates
En cas de vent, le trajet peut prendre un peu plus de temps.
Il faut en tenir compte car si on a le vent de face au retour, un loueur de kayak un peu tatillon peut facturer une heure de plus…
A l’arrivée au canal, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que de se baigner dans un cadre très nature.
D’un point de vue pratique, on trouve des kayaks et des paddles à louer un peu partout sur le front de mer, ainsi qu’en s’adressant à l’accueil de n’importe quel hôtel. Y compris si on n’en est pas client.
Le tarif est de 200 pesos environ pour un kayak double, et 500 pesos pour un paddle.
Le front de mer et les balnearios publics
En revenant sur la côte, si vous pensez pouvoir vous y baigner, il vaut mieux savoir tout de suite que c’est compliqué ! L’eau turquoise est toujours aussi attirante mais les hôtels ont carrément colonisé le front de mer, privatisant ainsi l’accès à la grande bleue !
On peut se rabattre sur un balneario public. Il s’agit de petits pontons situés au milieu des eaux turquoises, et qui font office de stations balnéaires gratuites mais en contrepartie assez fréquentées.
Juste à côté de l’un de ces balnearios, nous avons quand même réussi à dégoter un petit ponton qui était, lui, à peu près désert bien que gratuit :
Il est situé en plein centre de Bacalar.
Vu depuis notre ponton, voici ce que donne l’un de ces balnearios publics très prisés :
Balneario public
Tout autour et en enfilade se trouvent les pontons privés des hôtels.
Les pontons privés
Visite de la lagune en bateau, puis baignade
En arrivant à Bacalar, l’idéal est de commencer par faire une visite de la lagune en bateau, car cela permet d’avoir d’emblée une bonne vue d’ensemble du site. Sachant que la balade se termine obligatoirement par une longue pause baignade…
Divers types d’excursions sont possibles : 2 heures, à la demi-journée, journée entière…
Elles permettent de découvrir notamment un cénote immergé et cerné par la végétation tropicale. On aperçoit parfaitement sa forme circulaire à fleur d’eau.
L’un des cénotes immergés de Bacalar
On se dirige ensuite vers l’île aux oiseaux, sauvage et accessible uniquement en bateau. Elle est protégée et du coup, les nombreux oiseaux qui y nidifient le sont aussi. On peut s’en approcher mais il n’est pas possible d’y poser les pieds.
Puis direction une vaste zone de baignade, à proximité des îles protégées de la lagune.
Là, il n’y a pas grand-chose à faire : juste savourer et profiter. A ce moment-là, le quotidien du boulot en France paraît bien loin…
Comme pour le kayak et le paddle, on peut réserver des promenades en bateau le long du front de mer, ou en s’adressant à l’accueil des hôtels.
Un resto plus sympa que les autres !
Pour terminer, un petit mot sur un resto qui a surpassé tous les autres que nous avons testés à Bacalar, et pour lequel nous avons eu un petit coup de cœur.
Il s’agit du Baluartes Marina Laguna Azul (Avenida Costera 1, por Calles 20 y 22, Bacalar, 77930), situé en plein centre et à proximité de la mer.
Les plats et cocktails y sont bons et copieux, et l’ambiance du soir agréable.
Le bon plan, c’est de demander à être installé à la terrasse de l’étage, dont on ne soupçonne même pas l’existence depuis le rez-de-chaussée bondé :
L’étage du resto Baluartes Marina Laguna Azul
On a plus d’espace qu’en bas et l’ambiance y est plus détendue.
Holbox (qui se prononce « Holboche ») est une île superbe où l’on peut se détendre dans un cadre enchanteur.
Holbox : la plage de Cabo Catoche
L’activité phare est la nage avec des requins-baleines. Pour nous, elle s’est transformée en grosse déconvenue que je vais raconter ici, afin d’aider les autres à ne pas tomber dans le même panneau que nous…
Notre but principal en allant à Holbox est de plonger avec des requins-baleines. C’est donc la première chose que nous expliquons à notre hôtel, Los Arcos Holbox, dès notre arrivée. Il nous organise une excursion avec l’un des nombreux tours-opérateurs de l’île : Glendy Tours Holbox. Le départ a lieu le lendemain, tôt le matin.
Le programme de cette sortie est le suivant (c’est le même pour tous les tour-opérateurs, qui sont une trentaine !) : environ deux heures de bateau rapide, puis snorkeling avec les requins-baleines, puis nouveau trajet en bateau pour rejoindre la côte à Cabo Catoche pour le repas, puis encore du bateau pour aller faire du snorkeling sur un site assez poissonneux, après quoi l’on rentre. Au total, la sortie peut prendre huit heures, voire plus. J’en profite pour le dire tout de suite : attention si vous êtes sujet au mal de mer, puisque l’excursion dure longtemps. Nous avons eu droit à une mer calme mais ce n’est pas toujours le cas…
Direction : les requins-baleines…
Outre mes deux fils et moi, il n’y a que deux autres clients à bord, un couple de français. Notre bateau est l’un des tout premiers à partir mais au bout de dix minutes, le pilote reçoit un appel radio. Nous faisons demi-tour sans la moindre explication, pour retourner sur le ponton du départ.
Là, une jeune femme qui se prend carrément pour une diva nous attend. Elle est mexicaine et monte à bord en nous snobant tous les cinq, mais en aguichant le pilote et le guide, lesquels du coup n’ont pas les yeux dans leur poche. Nous ne comprenons pas comment cette diva a pu convaincre notre tour-opérateur de faire faire demi-tour au bateau pour venir la chercher alors qu’elle n’avait pas réservé et que nous étions déjà loin. Nous repartons avec 20 minutes de retard.
Le trajet de deux heures passe étonnamment vite, et pour cause : nous croisons des dauphins à six reprises ! Ils se déplacent en sautant hors de l’eau. Un vrai bonheur. Nous nous arrêtons lorsqu’ils sont près du bateau.
Couple de dauphins dans le grand bleu
L’objectif grand-angle de ma GoPro les rapetisse un peu mais ça me permet quand même de ramener une photo-souvenir.
Quelques exocets (les poissons dits « volants ») planent également à un ou deux mètres du bateau pendant que nous naviguons à pleine vitesse. Le faux-départ est oublié, la journée commence vraiment bien dans cette nature marine somptueuse…
Arrivés sur la zone où sont censés se trouver les grands squales, le guide nous explique qu’il faut maintenant scruter la mer jusqu’à ce que nous en apercevions un. Cela peut durer 5 minutes comme trois-quarts d’heure, nous dit-il, et si on n’a pas de chance, on n’en verra même aucun !
Une heure et demie plus tard, toujours rien ! Le capitaine met alors le cap sur une zone que nous apercevons au loin, où se trouvent déjà une bonne vingtaine de bateaux.
Il y a là en effet un requin-baleine juvénile (qui doit bien mesurer ses huit mètres quand même) et tous ces bateaux font la queue pour s’en approcher lentement à tour de rôle, afin de ne pas effrayer l’animal. Chacun passe une trentaine de secondes à quelques mètres de lui, moteur au ralenti, puis laisse la place au suivant, et ainsi de suite.
On aperçoit l’aileron et la queue du requin
On a le droit de s’approcher ainsi à trois reprises, mais on n’a pas celui de plonger. C’est normal, une telle foule de plongeurs pour un seul animal lui provoquerait un gros coup de stress et ici, les requins sont protégés par la réglementation : la plongée avec les requins-baleines est strictement encadrée. Il y a d’ailleurs en permanence un bateau de garde-côtes avec nous, qui surveille les agissements de chacun.
Nous sommes partagés entre la chance de pouvoir observer un si bel animal, même depuis la surface, et la gêne que nous ressentons vis-à-vis de cette situation grotesque. Tous ces bateaux à la queue-leu-leu pour apercevoir vaguement ce requin pendant quelques secondes, soyons honnêtes : c’est ridicule. Bref, la situation est désagréable, et sans doute plus encore pour le requin que pour nous, finalement. Même s’il est vrai qu’il continue à avaler ses kilos de plancton comme si de rien n’était…
Quand c’est notre tour d’approcher, je plonge ma GoPro dans l’eau du bout du bras et je cadre au pif, en espérant que j’aurai une image correcte du squale.
Le requin-baleine est planctonophage
L’autre client français fait de même.
Au troisième et dernier passage, la sixième cliente du bord, celle pour qui nous avons dû rebrousser chemin dix minutes après le départ, s’adresse discrètement au guide et au capitaine après avoir enfilé ses palmes (alors que, je le rappelle, personne n’a le droit de plonger). Elle veut qu’ils demandent aux garde-côtes de lui donner l’autorisation de plonger avec le requin, à elle toute seule ! Elle parle à voix basse pour que nous ne comprenions pas ce qu’elle leur propose en échange.
Les deux sbires s’exécutent et crient la demande aux officiels, devant tous les autres bateaux et sans aucune honte. Face à tant de témoins, les garde-côtes sont bien obligés de refuser. La diva ne lâche rien et demande aux deux sbires d’insister, ce qu’ils font lourdement mais le refus s’avère ferme et définitif.
Sur les bateaux les plus proches du nôtre, les occupants ont tous entendu et sont sidérés. Ils se moquent ostensiblement de cette bimbo qui n’a décidément pas froid aux yeux. Cachée derrière ses lunettes de soleil de star, elle les gratifie en retour d’un sourire dédaigneux. Pitoyable.
La rencontre avec le requin se termine, et nous repartons en mettant le cap sur Cabo Catoche, un site sur l’île d’Holbox où nous allons manger.
Nous sommes un peu déçus de ne pas avoir eu la chance de croiser le banc habituel de requins-baleines (ils sont régulièrement plusieurs dizaines à nager ensemble !) mais c’est la loi de la nature, nous le savons bien.
Et en chemin, le coup de chance improbable se produit : un bateau qui nous précède est en train de mettre ses plongeurs à l’eau avec un couple de requins-baleines, adultes ceux-là. Nous les rejoignons et, pendant que nous mettons masque et tuba, le guide nous briefe. Il nous indique que mes fils et moi ferons partie de la première palanquée, puis le couple de français et la diva de la deuxième.
Mais Miss Monde, vraisemblablement mécontente de cet ordre de passage, se plaint discrètement au guide, lequel inverse finalement l’ordre de passage. Cela ne nous pose pas de problème particulier puisqu’on ne peut passer qu’une petite minute dans l’eau : nous ne sommes pas à une minute près.
Ils se mettent donc tous les trois à l’eau puis un instant plus tard, ils en terminent avec leur plongée. Mes 2 fils et moi, assis sur le rebord du bateau, masque sur le museau et tuba en bouche, sommes fin prêts à piquer enfin une tête. Mais le capitaine, au lieu de continuer à suivre le requin, n’a plus d’yeux que pour Miss Silicone ! Il en arrive même à lâcher la barre un court instant pour l’aider à se hisser à bord.
L’un des deux requins est déjà parti depuis quelques minutes, et le deuxième file un peu plus loin. D’autres bateaux arrivent et le capitaine repart faire la queue à 100 mètres du squale. Très vite, toujours plus de bateaux arrivent. Il y a finalement beaucoup trop de monde, le requin s’en va et il n’est plus possible de plonger.
Je suis bien sûr un peu déçu de ne pas avoir pu réaliser ce vieux rêve qui est le mien de plonger un jour avec un requin-baleine, même brièvement. Mais je suis surtout écoeuré pour mes deux fistons, qui se faisaient une joie de vivre ça. Je dis au guide ma façon de penser et je lui demande un dédommagement, non pas pour ne pas avoir pu plonger avec ce gros poisson car on n’est jamais assuré d’en voir un, la nature n’étant pas à notre disposition, mais pour nous avoir clairement zappés au moment où c’était notre tour de plonger. Il me promet un remboursement.
A la fin de la journée, arrivés à terre, il nous débarque tous et au moment où il s’apprête à partir, je lui rappelle qu’il doit me rembourser. Il accepte à nouveau, remonte tranquillement à bord et s’en va plein gaz comme si de rien n’était, avec le capitaine, comme deux grands lâches. Je n’arrive pas à y croire.
La plage située au bout de la rue principale d’Holbox
Bien sûr, de retour à notre hôtel (qui nous a réservé ce tour -opérateur : Glendy Tours), j’explique la situation et redemande mon remboursement. Le réceptionniste convoque le gérant, qui arrive avec le guide. Notre fuyard fait moins le fier. Intérieurement, je bous mais je prends sur moi pour garder mon calme pendant la discussion qui s’ensuit.
D’emblée, je mets un point d’honneur à regarder le pseudo-guide dans les yeux, tout en lui reprochant de s’être enfui comme un lâche. Je fais mon possible pour m’exprimer calmement, j’articule bien, je le fixe en permanence et je répète à plusieurs reprises que c’est un lâche, devant le gérant qui ne dit pas un mot. Le guide, de toute évidence, a reçu au préalable la consigne de son patron de la fermer car il ne bronche pas de tout l’entretien, lequel dure une bonne vingtaine de minutes.
Bref, je vous passe les détails mais au final, le gérant ne nous proposera que de nous offrir une autre excursion, le lendemain, en contrepartie de ce « désagrément ». Il s’agit uniquement de nager avec les poissons, pas de retourner voir les requins. Il admet donc leurs torts, mais comme nous devons partir justement le lendemain tôt le matin et assumer nos autres réservations pour la suite du voyage, nous ne pouvons pas accepter. Et lui, il refuse de nous rembourser.
Sur Tripadvisor, ce Glendy Tours est évalué très moyennement (sur une échelle de 1 à 5, il a la note de 3), mais il arrive surtout en 29e position seulement sur 36 tour-opérateurs nautiques qui sont notés par les clients. Je suis un peu remonté contre l’hôtel, qui a réservé pour nous un tel amateur.
La notation de Glendy Tours par ses clients en dit long sur la « qualité » de ses prestations…
Si vous voulez plonger avec les requins-baleines à Holbox, vous le ferez peut-être avec Glendy Tours. Et ça se passera peut-être bien, c’est en tout cas ce que je vous souhaite. Mais au vu du prix que coûte une telle excursion (3.000 pesos par personne, soit 160 euros environ !), je me permets quand même de vous suggérer de chercher rapidement sur le web, avant de partir, quels sont les prestataires les mieux notés : vous aurez forcément plus de chances que ça se passe bien avec ceux qui sont le mieux notés, plutôt qu’avec ceux qui sont aussi mal classés que Glendy Tours.
En revanche, si vous êtes une belle jeune femme, alors vous pouvez les choisir sans crainte : vous serez mieux reçue que les autres…
En voilà au moins un qu’on a pu observer !
Pour en terminer avec cette excursion, je dois évoquer l’aspect respect de la nature, que mettent en avant tous les tours-opérateurs qui organisent cette activité. Ils nous expliquent qu’ils respectent les requins : on ne peut plonger simultanément que par deux ou trois maximum, et pendant quelques minutes seulement pour ne pas perturber ces géants des mers…
Nous y avons cru avant le départ, mais ce n’est pas ce que nous avons vu. Quand les requins sont introuvables sauf un, tout le monde se rue dessus et seule la présence permanente des garde-côtes empêche les tours-opérateurs de mettre leurs clients à l’eau.
Car pour le deuxième requin que nous avons vu, quand les plongeurs de notre bateau sont sortis de l’eau et que nous sommes partis faire la queue alors que c’était notre tour de plonger, d’autres bateaux sont arrivés assez rapidement et ont commencé à se ruer sur le pauvre requin qui, du coup, a fini par mettre les voiles.
En d’autres termes, il est clair que ces entreprises ne respectent les requins que lorsqu’elles sont contrôlées.
Les pilotes des bateaux (ici en marche arrière !) ne se soucient pas des animaux
Et pour le snorkeling à proximité de Cabo Catoche, ils attirent les poissons quotidiennement en les nourrissant, ce qui est normalement une pratique à proscrire. Car ensuite, ces poissons ne savent plus s’alimenter naturellement et deviennent dépendants de Glendy Tours et de ses concurrents.
Cabo Catoche
Un petit mot quand même sur le reste de l’excursion. Cabo Catoche (le site où nous avons pris le repas, sur l’île d’Holbox) est le point le plus septentrional de tout le Yucatan. L’endroit est paradisiaque.
Le repas a lieu face à la mer, sur la plage de Cabo Catoche
Sur le chemin du retour, nous passerons une demi-heure à faire du snorkeling sur un site qui ne s’avère finalement poissonneux que parce que les tours-opérateurs ont la mauvaise idée de nourrir les poissons. Mais cette pratique non respectueuse de la nature est normalement à proscrire.
Snorkeling à proximité de Cabo Catoche
En plus, le gilet de sauvetage, comme dans de nombreux endroits au Yucatan d’ailleurs, est obligatoire !!
Étant plongeurs, nous n’avons pas trouvé ce site très intéressant mais objectivement, il devrait ravir tous ceux qui n’ont pas trop l’habitude de mettre la tête sous l’eau dans de beaux sites de plongée.
Nous avons détesté nous sentir prisonniers de ce gilet qui nous bloquait à la surface et pour ma part, ce que j’ai préféré finalement, c’est de pouvoir nager à côté d’un pélican assez peu farouche, qui palmait juste à côté de moi dans une eau verte.
En conclusion, notre rêve de plonger avec des requins-baleines est tombé à l’eau, contrairement à nous qui sommes restés à bord ! Mais ce n’est pas grave finalement car il nous reste 18 à jours à profiter du Mexique, et ce ne sont pas ces types et leur dulcinée plastifiée qui vont nous gâcher le plaisir.
La suite de notre périple dans le Yucatan va s’avérer en effet grandiose et notamment, à défaut d’avoir pu plonger avec des requins-baleines, nous allons plonger dans quelques jours, nous ne le savons pas encore, avec un crocodile sauvage !…
La bioluminescence
Tout à l’ouest de l’île (à 15 mn de la petite ville d’Holbox en voiturette de golf) se trouve un site de bioluminescence réputé : dans l’eau, le plancton est lumineux en pleine nuit.
Les photos que j’avais vues vues sur le web montraient une eau très lumineuse d’un bleu métallique impressionnant, en pleine nuit. C’était magnifique (bioluminescence à Holbox sur le web).
Si vous avez vu les mêmes images, alors ne vous y trompez pas : le plancton brille un peu mais beaucoup moins que sur ces photos, et il émet une lumière non pas bleue mais plutôt grisâtre.
Bref, c’est magique pour les enfants, intéressant pour les plus curieux, mais globalement plutôt décevant (décidément…).
Mais peut-être cette teinte bleutée et très lumineuse varie-t-elle en fonction de la saison, ou des conditions de l’eau…
Les plages
L’île d’Holbox est pourvue de grandes et magnifiques plages de sable blanc.
Playa Punta Cocos
Dans la ville d’Holbox, elles sont colonisées par les hôtels mais dès qu’on s’éloigne un peu, on trouve des endroits paradisiaques : sable blanc donc, mer tantôt verte et tantôt turquoise, cocotiers…
La plage de Cabo Catoche
Street-art
De nombreux murs sont joliment graffés à Holbox. En voici un aperçu.
Direction Chiquila – Holbox est une île, et les bateaux qui s’y rendent partent du petit port de Chiquila, lequel est situé à 2 heures de voiture de Cancun, 2h30 minimum en bus.
Le parking à Chiquila – On entre dans Chiquila via une longue artère qui mène au port. De part et d’autre de cette rue, il y a de nombreux parkings qu’on ne peut pas manquer : les employés agitent des drapeaux rouges pour attirer les voyageurs. On peut y laisser la voiture de location le temps du séjour à Holbox, ils sont tous sécurisés. En effet, il n’y a pas de voitures sur Holbox. Les prix sont les mêmes partout : 50 pesos pour 12 heures, 100 pesos pour 24 heures. Du coup, choisissez de préférence le parking le plus proche du port afin d’éviter de marcher en plein cagnard avec vos sacs à dos (ou valises).
La traversée Chiquila – Holbox – Deux compagnies proposent cette traversée : 9 Hermanos et Holbox Express. Les tarifs pratiqués sont identiques : 220 pesos l’aller simple (12 euros en 2023). La traversée dure 20 minutes et il y a un départ en alternance toutes les 30 minutes.
Le bon plan : au niveau des guichets de ces deux compagnies, il y a également la possibilité de choisir la traversée en lancha (bateau rapide), en négociant le prix en-dessous de celui des ferries, soit entre 150 et 200 pesos. Le moment idéal pour la négo : quelques minutes avant le départ du ferry… Ces lanchas sont plus rapides, plus sympas et moins chères.
Se déplacer sur Holbox
Faute de voitures sur l’île, on se déplace essentiellement en voiturette -taxi.
On peut également louer un vélo mais attention à ceux qui ne sont pas très sportifs car ce n’est pas toujours facile de pédaler : il fait très chaud et les chemins ne sont pas toujours très praticables.
Il est plus simple de louer une voiturette de golf mais le tarif est élevé : +/- 2000 pesos soit 105 euros environ les 24 heures (on peut aussi louer à la journée ou à la demi-journée). En plus, il y a pas mal de retours négatifs quant à l’état des véhicules, qui auraient tendance à tomber régulièrement en panne. Si vous choisissez cette option, il est donc conseillé de bien regarder les avis sur le web avant de choisir votre loueur…
Où loger ?
Les hôtels ne manquent pas sur l’île : on peut aussi bien en choisir un de visu une fois sur place, que réserver à l’avance sur les plateformes habituelles (Booking, Agoda, Airbnb etc.) ou encore sur ce site spécialisé : Hoteles Isla Holbox.
Nous avons choisi de dormir dans le petit centre-ville pour avoir toutes les commodités à quelques pas, et la plage au bout de la rue : c’est le quartier le plus recherché par les touristes donc les hébergements y sont un peu plus chers qu’ailleurs.
Nous avons dormi à Hotel Los Arcos Holbox pour 75 euros par nuit pour 4 personnes, en plein mois de juillet (le prix plancher pour 3 personnes est de 33 euros la nuitée, en fonction de la saison).
Tout aurait été parfait pour nous dans cet hôtel, s’il ne nous avait pas réservé l’excursion avec les requins-baleines chez les amateurs de Glendy Tours…
Hotel Los Arcos Holbox
Nager avec les requins-baleines
Inutile de vous répéter ici les problèmes que nous avons rencontrés avec Glendy Tours, classé 29e sur 36 par ses clients sur Tripadvisor, malgré un coût de… 3000 pesos par personne (160 euros !)
En un bref coup d’oeil sur le web, on peut trouver facilement d’autres prestataires beaucoup mieux notés par leurs clients. Cela n’empêchera pas forcément de mauvaises expériences avec eux, mais ce sera beaucoup moins probable qu’avec Glendy. Ainsi, en deux clics, j’ai trouvé Holbox Adventure ou encore VIP Holbox Experience et il y en a plein d’autres. Bref, pour limiter les risques, il suffit juste de fouiller un peu…
La civilisation Maya, qui connut son apogée entre 300 et 900, nous a laissé en héritage de fabuleuses cités. Nous en avons visité cinq, de tailles et de prestiges différents.
Chichen Itza est une vaste cité maya qui fut habitée à partir du VIIIe siècle et qui compta jusqu’à 50.000 habitants. Aujourd’hui, sa structure la plus emblématique, mondialement connue, est la pyramide de Kukulcan, le Dieu serpent à plumes en l’honneur duquel elle fut érigée. On l’appelle également El Castillo.
La pyramide de Kukulcan…
Du haut de ses trente mètres, cette pyramide à l’allure élégante est incroyablement bien conservée. Sa conception adresse quelques clins d’oeil aux scientifiques puisque ses quatre façades sont orientées face aux quatre points cardinaux, et que chacun de ses quatre escaliers (un par façade) compte environ 90 marches pour un nombre total de… 365 ! Soit autant de marches sur la pyramide que de jours dans l’année…
… également appelée El Castillo
De plus, elle possède plusieurs particularités étonnantes qui ont contribué à l’élever au rang d’édifice mythique. Par exemple, si l’on se positionne face à l’escalier central et qu’on tape dans ses mains, un écho ressemblant au cri du quetzal (l’oiseau sacré des Mayas) surgit du sommet de la pyramide à chaque « applaudissement ». L’expérience est bluffante.
Il faut arriver tôt pour profiter du site avant le flot des touristes
Plus fort encore : lors des solstices, le soleil en se couchant projette sur les escaliers de la pyramide une ombre ressemblant à un serpent qui semble onduler lentement au fur et à mesure que le soleil décline. Il s’agit bien sûr du Dieu serpent à plumes.
Mais ce site archéologique ne se résume pas à cette pyramide, aussi incroyable soit-elle. S’étirant sur 300 hectares, il comporte d’autres petites merveilles, telles que le temple des guerriers et ses soi-disant « mille » colonnes (il y en a en réalité environ 200).
Le temple des guerriers
Quelques-unes des « mille » colonnes
Contrairement à la grande pyramide de Kukulcan, le temple des guerriers et ses « mille » colonnes n’ont pas traversé les siècles intacts. Les plafonds se sont effondrés au fil du temps, et la nature a repris en partie possession des lieux, ce qui donne un côté sauvage au site.
Les « mille » colonnes
Un autre lieu emblématique de Chichen Itza est son grand terrain du jeu de balle. Les joueurs devaient faire circuler une sorte de balle en caoutchouc puis l’envoyer à travers un anneau situé à quelques mètres de hauteur.
Le terrain du jeu de balle
L’anneau
La légende (ainsi que certains sites internet) affirment que le perdant était sacrifié à l’issue du jeu. Mais en l’absence de la moindre preuve en ce sens, la majorité des chercheurs considère aujourd’hui que ce jeu constituait plutôt un rite de fertilité agricole sans sacrifice. Le site officiel de Chichen Itza ne fait d’ailleurs aucune mention de tels sacrifices dans sa page consacrée à ce jeu, consultable ici.
En revanche, les Tzompantli ne prêtent, eux, à aucune confusion : il s’agit de pans de murs sculptés, représentant des crânes humains empalés sur des piquets ! Cette violente pratique maya, elle, a bien existé. L’un de ces tzompantli se trouve à proximité de la pyramide de Kukulcan.
Tzompantli à Chichen Itza
Un iguane se balade innocemment sur les crânes du tzompantli…
Enfin, terminons avec l’élément qui a permis aux Mayas de fonder leurs cités : l’eau ! Car toutes les villes mayas étaient bâties à proximité d’un ou plusieurs cénotes, ces gouffres remplis d’eau qui leur permettaient de vivre car ils constituaient la seule source d’eau de la région.
Le cénote Sagrado à Chichen Itza
Dans la culture Maya, ces puits géants, qui étaient donc vitaux pour eux, représentaient également l’inframonde, c’est-à-dire un monde sacré où reposaient les morts. Ils faisaient donc des offrandes en jetant dans les cénotes des objets précieux (or, quartz, coquillages, bois…) puis en y pratiquant plus tard des sacrifices humains (guerriers, enfants, jeunes filles).
En effet, les fouilles des dernières années ont permis de découvrir au fond de certains cénotes à la fois des objets précieux et des ossements humains
Le cénote Xtoloc à Chichen Itza
Infos pratiques – Chichen Itza
Le prix : 614 pesos (33 euros)
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 16h00
Le bon plan : Chichen Itza étant un site touristique sur-fréquenté, le bon plan consiste à arriver non pas dès l’ouverture (8h00), mais 20 à 30 minutes avant. Nous sommes arrivés à 7h40, il y avait deux guichets comportant chacun une file de 8 à 10 personnes seulement, soit 15 à 20 personnes devant nous. Quand les guichets ont ouvert à 8h00, il y avait déjà 100 à 150 personnes qui faisaient la queue derrière nous.
Billets coupe-file : vous pouvez les réserver sur le site officiel chichenitza.com
Bon à savoir : avant de descendre de voiture (ou avant de quitter votre hôtel si vous arrivez en bus ou en collectivo), assurez-vous de n’avoir sur vous rien de tout ce qui figure sur la longue liste des interdits, au risque d’être refoulé/e/s. En effet, il est interdit d’entrer sur le site de Chichen Itza avec de quoi manger ou boire, ainsi qu’avec une balle ou un ballon, une valise, un liquide quelconque, un chien, un instrument de musique, ou encore un paquet de cigarettes ! Mais ce n’est pas tout : vous êtes âgé/e ou mal portant/e ? Votre siège pliable est interdit lui aussi, tant pis pour vous. Vous êtes photographe ou vidéaste amateur ? Alors vous avez l’interdiction d’amener votre drone (bon ça, ça peut se comprendre) mais également un trépied, ou même un simple stabilisateur d’image ! Comble de l’absurde, vous n’avez même pas le droit non plus d’entrer avec le micro de votre caméra, ni avec une Go Pro mais je vous rassure, les smartphones, qui pourtant assurent chacune de ces fonctions interdites, sont eux autorisés ! Comprenne qui pourra…
Bienvenue à Chichen Itza !…
L’Unesco a classé la cité Maya de Chichen Itza au patrimoine de l’humanité : Unesco Chichen Itza
Plan du site (source : Inah)
Chichen Itza : le plan du site archéologique
Uxmal
Pendant longtemps, la région d’Uxmal (qui se prononce « Ouchmal ») compta très peu d’habitants pour une raison simple : les cénotes étaient beaucoup plus rares dans cette partie du Yucatan qu’ailleurs, et cette pénurie d’eau rendait la région difficilement habitable. La cité d’Uxmal fut ainsi peuplée sur une période courte, essentiellement aux IXe et Xe siècles.
Le bâtiment principal de ce merveilleux site est la pyramide du Devin. On l’appelle aussi pyramide de la Diseuse de bonne aventure, ou encore pyramide du Magicien ! Et la magie, c’est justement ce qui opère quand on admire ce superbe édifice haut de 40 mètres, avec bien moins de touristes qu’à Chichen Itza.
La pyramide du Devin…
Elle a une forme originale et inhabituelle puisque sa base est ovale, plutôt que carrée ou rectangulaire comme pour la majorité des pyramides mayas. La cité est considérée comme l’un des plus beaux exemples de l’architecture Puuc.
… également appelée pyramide de la Diseuse de bonne aventure…
Il s’agit d’un temple dont les cinq phases de constructions successives se sont superposées les unes aux autres au fil du temps.
… ou encore la pyramide du Magicien !
Parmi les autres édifices majeurs du site, le quadrilatère des nonnes est long de 81 mètres et large de 54. Les spécialistes n’ont pas encore tranché entre les différentes hypothèses de ce à quoi il était dédié.
Le quadrilatère des nonnes
Le quadrilatère des nonnes…
… et ses serpents décoratifs.
Un peu plus loin, le palais du gouverneur est considéré comme un chef-d’oeuvre architectural, caractérisé notamment par un grand raffinement. Sa centaine de mètres de long est décorée par près de 20.000 petits éléments sculptés (personnages, masques etc.)
Le palais du gouverneur
En contrebas du palais est érigée la grande pyramide à neuf degrés, richement décorée, et dont trois des quatre façades restent enfouies dans la végétation.
La pyramide à neuf degrés
Et comme toujours sur les sites archéologiques mayas, on trouve un peu partout des iguanes qui se réchauffent sur les vieilles pierres chargées d’histoire…
Infos pratiques – Uxmal
Le prix : 441 pesos (23 euros)
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 16h00
Uxmal est beaucoup moins assailli par les touristes que Chichen Itza, toutefois là aussi, plus on arrive tôt sur site, moins il est fréquenté et plus il est agréable à visiter.
Amis photographes : trépieds, stabilisateurs et Go Pro sont interdits…
Le site d’Uxmal est classé au patrimoine de l’humanité par l’Unesco : Uxmal Unesco
Plan du site (source Inah)
Uxmal : le plan du site archéologique
Calakmul
Ce chapitre consacré à la magnifique cité maya de Calakmul est extrait de notre article plus large Dormir dans la jungle et visiter la cité maya de Calakmul. En plus du site archéologique de Calakmul, cet article évoque la jungle qui l’entoure. Elle a été classée réserve de biosphère par l’Unesco, que ce soit pour sa végétation ou pour les animaux qu’elle héberge.
Pour commencer, il faut savoir que toute cette zone est située au milieu de la partie la plus isolée de tout le Yucatan. C’est l’empire de la jungle, et c’est donc là que se situe Calakmul.
C’est cet isolement qui explique pourquoi cette superbe cité Maya est si peu visitée. Pourtant, ses deux grandes pyramides qui dominent la jungle laissent un souvenir impérissable à tous ceux qui sont montés à leur sommet…
Pour vous donner une idée, quand nous sommes arrivés sur place le matin, il n’y avait que trois voitures garées sur le parking ! A titre de comparaison, il y a deux millions de visiteurs annuels à Chichen Itza ! Nous avons donc eu cette superbe cité maya de Calakmul quasiment rien que pour nous. Un incroyable privilège.
Le chemin d’accès au site archéologique
Calakmul est une cité Maya qui connut son apogée vers 650. Très puissante à l’époque, elle compta jusqu’à 50.000 habitants.
Aujourd’hui, outre son histoire bien sûr, ce qui rend cette cité magique pour les profanes dont nous faisons partie, c’est que la jungle a repris possession des lieux au fil des siècles. Ce qui donne un peu des airs d’Indiana Jones à cette cité perdue.
La première pyramide, dite structure I
Seule une vingtaine des 6.000 structures qui sont éparpillées dans la jungle ont été nettoyées et sont accessibles, malgré les arbres qui ont colonisé ces vieilles pierres.
Le cadre naturel de ce site historique est donc impressionnant.
L’un des principaux intérêts pour le visiteur qui arpente Calakmul, c’est que contrairement aux sites mayas plus connus et beaucoup plus fréquentés tels que Chichen Itza ou Uxmal, il peut monter en haut des pyramides ici.
Et comme toujours sur les pyramides précolombiennes, la montée est abrupte.
La première pyramide sur l’itinéraire est la structure I. Elle mesure 50 mètres de haut et fait face au principal joyau du site : la deuxième pyramide ou structure II.
Vue sur la structure II depuis la structure I
Alors que nous escaladons la première pyramide, nous entendons au loin des cris d’animaux non identifiables dont le niveau sonore est incroyablement élevé.
Nous nous demandons ce que ça peut bien être et pensons à un félin, mais ce n’est qu’en arrivant à la deuxième pyramide que nous comprenons : ces cris proviennent d’un groupe de singes hurleurs. A l’évidence, ils n’ont pas été affublés d’un tel nom pour rien !
Les bien nommés singes hurleurs
Pour bien comprendre à quel point le hurlement de cet animal impressionne celui qui l’entend, il faut savoir que dans tout le règne animal, le singe hurleur fait partie des trois animaux dont le cri est le plus puissant. Avec 140 décibels, il se situe même devant le cerf qui brame et le lion qui rugit (110 à 120 décibels « seulement ») et quasiment au même niveau… qu’un avion de ligne qui décolle paraît-il (140 à 170 décibels) ! Il faut l’entendre pour le croire. Vraiment impressionnant.
Pour se défouler les cordes vocales, l’arbre que ces sept ou huit singes ont choisi est situé aux pieds de l’un des plus importants temples-pyramides du monde Maya. C’est la magie de la jungle : pour nous, cette rencontre animale dans ce haut-lieu historique sera mémorable.
Nous quittons nos amis primates, visuellement mais pas auditivement, pour entreprendre la montée de cette fameuse pyramide dont la base carrée mesure 120 mètres de côté ! Du sommet, on aperçoit au loin la première pyramide, celle que nous avons escaladée quelques minutes plus tôt, enfouie dans la jungle qui s’étend à l’infini.
La vue est impressionnante depuis la cime de ce joyau qui émerge de la végétation.
A bien y réfléchir, le paysage n’a pas dû beaucoup changer depuis l’époque des Mayas. Tant mieux.
C’est l’heure de partir.
Plus bas, les singes continuent à s’époumoner…
Infos pratiques – Calakmul
Le prix : 344 pesos (19 euros). La spécificité de Calakmul, c’est qu’on paye en trois fois ! Ne soyez donc pas étonnés. Voici comment le prix total d’accès au site se décompose (tarifs 2023) :
1 – A la sortie du petit village de Conhuas, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée correspondant à l’entretien de la route (104 pesos par personne).
2 – 20 km plus loin, on paye l’entrée dans la réserve de biosphère (150 pesos par personne).
3 – Et à l’arrivée (40 km de plus), on paye l’accès au site archéologique maya (90 pesos par personne).
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 15h30
On peut visiter Calakmul en une journée même si l’on vient de loin (par exemple Campeche ou Chetumal), mais le mieux est de passer la nuit à proximité du site archéologique pour avoir tout le temps de le visiter le lendemain et en profiter à fond. C’est ce que nous avons fait, en dormant la veille dans la jungle. Si cela vous intéresse, vous pouvez lire notre article Dormir dans la jungle et visiter la cité Maya de Calakmul
L’ancienne cité maya de Tulum n’est plus à présenter : c’est le fameux site maya qui surplombe la mer des Caraïbes.
El Castillo domine la mer des Caraïbes
La cité était fortifiée (Tulum signifie « clôture » en maya) et située sur le point le plus haut de la côte. Cela lui permettait de contrôler les routes commerciales maritimes tout en étant imprenable.
Le bâtiment le plus emblématique du site est le Castillo.
El Castillo
Le deuxième édifice qui surplombe la mer des Caraïbes, plus petit qu’el Castillo, est le temple du dieu du vent (ou temple du dieu descendant).
La maison du Grand Seigneur aujourd’hui
La maison du Grand Seigneur à l’époque des Mayas
La maison du cénote était située au-dessus d’un cénote qui permettait aux Mayas de s’approvisionner en eau douce.
La maison du cénote aujourd’hui
La maison du cénote à l’époque des Mayas
Et aujourd’hui, le site de Tulum continue à faire le bonheur des archéologues.
Infos pratiques – Tulum
Le prix : 90 pesos (moins de 5 euros). Il faut également prévoir le prix du stationnement si vous êtes en voiture : c’est 100 pesos de plus (5 euros).
Horaires : de 8h00 à 17h00, attention : dernière entrée à 15h30
Le bon plan : arriver dès l’ouverture. Non seulement la foule, importante à Tulum, n’est pas encore arrivée mais en plus, le soleil tape un peu moins fort que le reste de la journée.
Bon à savoir : il est interdit de se restaurer dans l’enceinte du site. Du coup, il n’y a aucun stand pour acheter à boire ou à manger, il faut donc prévoir de l’eau avant d’entrer car il peut faire très chaud, vraiment…
Le conseil aux photographes : si vous voulez faire, comme tout le monde, la fameuse photo des deux bâtiments qui dominent la mer des Caraïbes (le Castillo et/ou le temple du dieu descendant), alors venez l’après-midi. Car le matin, ce point de vue emblématique du site est à contre-jour. J’ai dû revenir l’après-midi pour photographier la mer des Caraïbes et le ciel sous leur manteau bleu (le matin à contre-jour, ils étaient gris), démonstration en images :
Plan du site (source : Inah)
Tulum : le plan des ruines
Muyil
Pour terminer cet article sur les cités mayas, voici un aperçu du site archéologique de Muyil, quelques kilomètres au sud de Tulum.
Ce court chapitre est extrait de notre article plus complet Sian Ka’an, réserve de biosphère qui aborde, outre la cité maya de Muyil, la somptueuse réserve naturelle de Sian Ka’an ainsi que la baignade inoubliable dans les canaux mayas (l’un de nos meilleurs souvenirs de tout notre périple dans le Yucatan).
A première vue, le site archéologique de Muyil n’est pas spécialement impressionnant comparé à ceux de Chichen Itza, Uxmal ou Calakmul.
Les ruines mayas de Muyil
Il n’empêche que ce site noyé dans la nature, où les visiteurs ne se bousculent pas, est extrêmement agréable à visiter.
La végétation autour des ruines mayas
Habité très tôt par les Mayas (de l’an – 300 à l’an 900 environ), la position stratégique du site permettait à ses habitants de contrôler une route commerciale maritime importante.
Aujourd’hui, sa principale attraction archéologique est sa pyramide à degrés, dite El Castillo. C’est aussi sa plus haute structure (17 mètres).
El Castillo, la pyramide à degrés de Muyil
Le chemin qui mène d’une structure à l’autre
Cerné par la jungle, le site de Muyil est également bordé par une superbe lagune, que l’on peut traverser en bateau pour aller se baigner dans les anciens canaux mayas (voir ci-dessous).
La lagune de Muyil
Infos pratiques – Muyil
Le prix : 70 pesos (moins de 4 euros)
Le plan du site
Photo ci-dessous : en haut à gauche, le site archéologique ; à droite : la lagune de Muyil ; et au milieu, la jungle.
Se restaurer
Juste en face de l’entrée du site archéologique, de l’autre côté de la route 307, il y a un excellent petit resto typique.
La cuisine est bonne, l’hygiène aussi, les prix sont corrects, la famille qui tient le resto est accueillante et la petite terrasse intérieure est particulièrement agréable !
Donc si vous avez un creux en quittant le site archéologique, n’hésitez pas à vous arrêter là…
Cuisine typique à Chunyaxché
Si vous voulez profiter de la visite du site archéologique de Muyil (laquelle est assez rapide vu les dimensions réduites du site) pour traverser la lagune de Muyil et sa mangrove en bateau, puis faire une baignade inoubliable dans les canaux mayas de la réserve de biosphère, vous pouvez vous reporter à notre article Sian Ka’an, réserve de biosphère
Rio Lagartos est un village tranquille situé sur la côte nord du Yucatan, et qui présente deux avantages : sa réserve de biosphère fait le bonheur des amoureux de la nature, et c’est l’un des rares endroits du Yucatan encore épargnés par le tourisme de masse. A l’est de la ville, Las Coloradas est connue pour ses bassins d’une étonnante couleur rose vif.
Rio Lagartos fait face à la mangrove…
… vue ici depuis le malecon
La visite de Rio Lagartos et Las Coloradas
Le bon plan consiste à visiter la réserve de Ria Lagartos au petit matin car il est plus facile d’observer les animaux lorsqu’ils sont encore à moitié endormis. C’est pourquoi il est souhaitable d’arriver sur place la veille.
Si c’est le cas, on peut profiter de la fin d’après-midi (le jour de l’arrivée sur place) pour visiter les deux cénotes de Peten Mac et Chikila, situés à la sortie de la ville.
Le lendemain matin, on visite donc la réserve de biosphère en bateau et l’après-midi, on peut se rendre à Las Coloradas.
On accède au cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.
Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.
Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux…
Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche, avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.
Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.
Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux…). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.
Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.
Le nid de maman croco.
Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.
Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.
Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.
Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.
Le cénote Chikila
Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a bien expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent celui de Peten Mac.
C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.
Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »
Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.
Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !
Le crocodile inattendu du cénote Chikila
Nous sommes sidérés. Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.
Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en ne trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !
Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !
Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.
Une fois la frayeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage…
La principale attraction de la petite ville de Rio Lagartos (qui signifie la rivière des lézards, mais comprenez des crocodiles !), c’est sa réserve de biosphère (ainsi classée par l’Unesco) qui s’appelle quant à elle Ria Lagartos (l’estuaire des lézards).
Le malecon, point de départ des excursions
La réserve se visite en bateau, idéalement au petit matin, car c’est le moment où les animaux se réveillent tout juste : encore à moitié endormis, ils sont plus faciles à observer.
L’embarcadère, sur le malecon
En quelques minutes, on rejoint la mangrove située sur la rive d’en face, puis on navigue en serpentant dans les canaux.
Ria Lagartos est une zone d’une importance capitale pour la conservation de nombreuses espèces menacées. Certains animaux considérés en danger critique d’extinction, comme les tortues marines par exemple, se trouvent ainsi protégés.
Au niveau ambiance, la quiétude et le calme qui règnent dans la réserve correspondent parfaitement à un site aussi nature que celui-là.
Ce site protégé permet d’observer de nombreux oiseaux un peu partout. Il fait d’ailleurs office de halte pour un certain nombre d’oiseaux migrateurs.
Frégate
Mouette
Parmi tous les volatiles qui vivent dans le coin, nous avons la chance d’apercevoir un balbuzard pêcheur. C’est un beau rapace de plus de 1m50 d’envergure, qui se nourrit quasi-exclusivement de poissons.
La pression de ses serres est si forte que parfois, lorsque le poisson qu’il a saisi s’avère trop lourd, il peut lui arriver de ne pas réussir à les desserrer à tel point… qu’il finit par se noyer !
Un balbuzard pêcheur
Notre guide José nous explique qu’il y a quelques années, une partie de la mangrove n’a pas survécu au passage d’El Niño, qui a provoqué une hausse importante de la température de l’eau par ici.
Les stigmates d’El Niño sur la mangrove
La zone concernée n’est pas bien grande, mais c’est dans cet endroit apparemment sans vie que nous apercevons un crocodile.
Il a beau exhiber devant nous son impressionnante dentition, il n’attaque en principe jamais les humains puisqu’il se nourrit exclusivement de poissons, d’oiseaux et de petits mammifères.
Un crocodile de Morelet
Notez que si vous voulez optimiser vos chances d’apercevoir un crocodile, il faut partir de Rio Lagartos le plus tôt possible, c’est-à-dire vers 7h00-7h30 dernier délai. Car dès qu’il commence à faire chaud, ces gros reptiles ont tendance à aller se cacher dans la mangrove.
La visite en bateau se poursuit par une balade dans un marais salant dont l’eau arbore des couleurs étonnantes.
Puis on arrive sur le territoire des flamands roses. Là, il y a deux solutions : soit le guide respecte la réglementation, qui interdit d’approcher de trop près ces gracieux volatiles afin de ne pas les effrayer, soit il la transgresse allègrement afin de satisfaire ses clients, en espérant obtenir à la fin un pourboire.
Notre guide José, très pro, restera consciencieusement à l’écart. D’où les photos un peu lointaines qui illustrent cet article.
José nous explique qu’il y a quelques années, les flamands étaient beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui par ici. Les bateaux les approchaient de très près et souvent à grande vitesse, pour les contraindre à s’envoler devant l’objectif des touristes. Ces derniers étaient forcément ravis de leurs photos, réalisées au détriment des flamands effrayés.
Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva : les flamands sont partis vivre ailleurs, loin des humains pour avoir la paix. Ils sont donc aujourd’hui beaucoup moins nombreux qu’avant, dans cette partie de la réserve accessible aux touristes même si, au final, on en aperçoit quand même quelques dizaines.
A noter qu’au cours de ces tours en bateau, on peut faire, si on le souhaite, une halte au milieu de l’estuaire pour s’enduire le corps de boue, puis se rincer dans l’eau une demi-heure plus tard. Nous ne l’avons pas fait mais c’est, paraît-il, du meilleur effet pour la peau…
C’est sur l’observation des flamands roses que le tour prend fin.
Las Coloradas
Las Coloradas est situé à 25 minutes en voiture à l’est de Rio Lagartos.
A l’origine, le site actuel de Las Coloradas était un lieu où les Mayas produisaient du sel. Cette activité perdure aujourd’hui encore : l’eau de mer est stockée dans de grands bassins, puis s’évapore peu à peu sous le soleil torride de la région pendant que son sel se cristallise.
Cette eau est également chargée en algues, en plancton et en petites crevettes roses : ce sont elles qui transmettent cette couleur unique à l’eau (ainsi qu’aux flamands roses qui les mangent, d’ailleurs). Visuellement, ce paysage est assez spectaculaire.
Il y a quelques années, ce site était à peu près vierge de touristes. On pouvait même se baigner dans ces eaux roses pour faire des photos incroyables. Mais depuis que le drone d’un touriste s’est écrasé dans l’un de ces bassins, le polluant pour un bon moment, la baignade est interdite.
Lors de notre visite (juillet 2023), l’entrée était payante mais surtout, il était obligatoire d’être accompagné par un guide : on ne peut désormais plus se balader librement par ici.
Et ce n’est rien à côté de ce qui se trame : les autorités sont en train d’investir massivement sur ce site en construisant des infrastructures touristiques de grande envergure, tout autour de l’usine de production de sel. Le but affiché est clair : il s’agit de réaliser des recettes touristiques records…
Une fois que ces travaux seront terminés et que la capacité touristique sera décuplée, la question sera donc de savoir si le jeu en vaudra la chandelle : à notre avis, non.
En effet, la couleur de ces bassins, dont on fait le tour en une demi-heure, est étonnante et photogénique, c’est indéniable, mais pas au point de justifier les prix et le manque d’authenticité qui iront immanquablement avec…
Infos pratiques
Rio Lagartos : où dormir ?
Rio Lagartos est une petite ville de 2.000 habitants, où les hôtels sont concentrés le long du malecon : on n’a donc que l’embarras du choix. Si l’on a un peu de temps, on peut aller d’un hôtel à l’autre pour comparer les prix et faire jouer la concurrence.
Nous avons dormi à la Posada El Perico Marinero, qu’on peut réserver via toutes les plateformes habituelles : Booking, Tripadvisor, Agoda etc.
Le plus : c’est l’un des deux seuls hôtels de toute la ville avec piscine, ce qui n’est pas du luxe vu la chaleur accablante qui règne là-bas.
L’hôtel comprend un restaurant sur place et un autre, très bon, dans le centre-ville (à 5 mn à pied), pour lequel les réceptionnistes de l’hôtel donnent des bons de réductions (voir ci-dessous).
La Posada El Perico Marinero
L’hôtel est donc légèrement excentré, ce qui en fait un lieu d’hébergement calme, et il suffit de 5 minutes de marche pour rejoindre le minuscule centre-ville.
Trouver un guide
Il n’y a rien de plus simple ! On peut demander un guide à la réception des hôtels, c’est ce que nous avons fait à la Posada El Perico Marinero. On peut aussi se balader en ville, où l’on devient vite la cible des différents guides qui proposent leurs services. Toutefois, lorsqu’on refuse, ils ne sont pas insistants.
Attention : il y a les guides officiels, et les autres ! En général, ces derniers sont des pêcheurs qui emmènent les touristes sur leur bateau, car cette activité est bien plus rentable pour eux que la pêche. Mais ils n’ont reçu aucune formation pour ce métier de guide et ne donnent donc pas forcément des informations fiables.
Notre guide, Jose Ramos Gamboa, est un guide officiel que connaissaient tous ceux qui nous ont proposé leurs services sur le malecon, et tous nous ont dit que c’était un excellent guide ! Après coup, c’est également l’impression que nous avons eue. C’est sans doute pourquoi plusieurs hôtels travaillent avec lui…
Le prix : 1.800 pesos (95 euros environ) le tour de 2 heures pour 4 personnes. Plutôt que de négocier le prix comme la plupart des gens, nous avons négocié la durée et Jose a accepté de nous faire faire un tour de 3 heures au lieu de 2 pour ce tarif.
Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à le joindre par téléphone ou via WhatsApp : (999) 910 57 83 – Par mail : contacto@riolagartosdiscovery.com (précisez son nom : Jose Ramos Gamboa) – Le site de son employeur : Rio Lagartos Discovery (différents types de tours sont organisés, y compris de nuit).
Jose Ramos Gamboa, guide officiel
Rio Lagartos : où manger ?
La Posada El Perico Marinero possède donc un restaurant sur place, mais aussi un autre dans le centre-ville (à 5 mn à pied de l’hôtel) : le Perico Marinero. On y mange très bien, la situation sur le malecon est parfaite, les prix sont corrects et le personnel est accueillant.
Au Périco Marinero…
Ria Lagartos, réserve de biosphère de l’Unesco
L’Unesco a donc élevé au rang de réserve de biosphère la nature sauvage qui fait face à la petite ville de Rio Lagartos.
Sian Ka’an est une merveille de la nature difficile à résumer en quelques mots. L’Unesco, qui l’a classée réserve de biosphère, la décrit ainsi : « Le vert luxuriant des forêts et les nombreuses nuances de bleu des lagunes et de la mer des Caraïbes, sous un grand ciel, offrent des visions spectaculaires » Et c’est peu de le dire !
En effet, cette superbe réserve comprend notamment des forêts tropicales et des mangroves, des lagunes et des plages de sable fin, et même une partie de la deuxième plus grande barrière de corail du monde.
Les variétés de plantes sont si nombreuses qu’elles n’ont pas encore été toutes répertoriées, et les espèces d’animaux qui y prospèrent sont d’une infinie variété : félins, reptiles, oiseaux, primates, poissons… A croire que Noé a vidé son arche ici !
Et pour parfaire ce tableau idyllique, il n’y a pas forcément beaucoup de visiteurs : lors de notre venue, nous étions quasiment seuls…
Il y a trois façons de visiter la réserve de Sian Ka’an :
L’excursion depuis Muyil en version courte (2 à 3 heures)
L’excursion depuis Muyil en version longue (5 heures)
L’excursion de Sian Ka’an (8 heures).
Vous trouverez les détails de ces trois excursions dans nos infos pratiques, en fin d’article.
A travers la mangrove
Chacun choisit donc son excursion en fonction de ses propres attentes et nous, nous avons choisi la première option : l’excursion courte depuis Muyil.
1/ Les ruines (en h. à g.). 2/ La jungle (au milieu). 3/ Lagune et canaux mayas (à d.)
On commence donc par la visite de l’ancienne petite cité maya de Muyil
On poursuit par une courte mais agréable traversée de la jungle, sous les cris incessants des oiseaux exotiques
Et on termine par une jolie balade en bateau, qui finit par une baignade inoubliable dans les canaux mayas.
Enfin, précisons qu’il est possible de faire cette excursion, au choix, avec ou sans guide. Il faut également noter qu’on peut se rendre directement à l’embarcadère pour prendre le bateau, si l’on veut zapper les deux premières étapes.
Étape 1 : les vestiges mayas de Muyil
Il s’agit d’un site archéologique maya qui n’est pas spécialement impressionnant à première vue, comparé à ceux de Chichen Itza, Uxmal ou Calakmul.
Les ruines mayas de Muyil
Il n’empêche que ce site noyé dans la nature, où les visiteurs ne se bousculent pas, est extrêmement agréable à visiter.
La végétation autour des ruines mayas
Habité très tôt par les Mayas (de l’an – 300 à l’an 900 environ), la position stratégique du site permettait à ses habitants de garder une route commerciale importante.
Aujourd’hui, sa principale attraction archéologique est sa pyramide à degrés, dite El Castillo. C’est aussi sa plus haute structure (17 mètres).
El Castillo, la pyramide à degrés de Muyil
Le chemin qui mène d’une structure à l’autre
A titre indicatif, on peut aussi bien plier la visite des ruines en un quart-d’heure si on n’est pas très curieux, que la faire durer une heure voire plus en mode slow tourisme. Nous, nous avons pris tout notre temps tellement nous l’avons trouvée agréable.
Étape 2 : courte traversée de la jungle
On traverse ensuite une zone de jungle sur un petit chemin en lames de bois très agréable : le sentier Canan Ha.
Le sentier Canan Ha
Le panneau situé à l’entrée présente différents habitants du coin même si, en réalité, il n’est pas très fréquent de pourvoir les observer sur cette portion de jungle. En revanche, le chant des oiseaux exotiques nous chatouille en permanence les oreilles.
Après 10 à 15 minutes de marche, on arrive à une tour d’observation dont le sommet est situé juste au-dessus de la canopée.
La tour d’observation émerge de la jungle
La montée est à peu près aussi abrupte que sur une pyramide maya !
Une fois là-haut, la vue sur la lagune et la jungle vaut le détour.
Au fond, la lagune
Panorama sur la canopée
Il ne reste alors plus qu’un petit bout de chemin (5 minutes) avant d’arriver à l’embarcadère.
L’embarcadère, sur la lagune
Étape 3 : bateau, lagune, mangrove et baignade dans les canaux mayas
Si les deux premières étapes (ruines et jungle) sont déjà très agréables, la troisième laisse carrément un souvenir impérissable. Je l’avais lu avant d’y aller mais j’étais sceptique : à tort, car ce n’est vraiment que du plaisir…
Traversée de la lagune de Muyil
La sortie nautique commence par la traversée de la lagune de Muyil. Peu profonde, son eau translucide prend de multiples couleurs : des tons de verts et de bleus, des bancs de sable blanc, des hauts-fonds marrons…
On arrive ensuite aux fameux canaux mayas, qui sillonnent la mangrove.
Historiquement, ils permettaient aux Mayas de s’approvisionner en eau douce, ce qui était vital pour eux. Aujourd’hui, on s’y baigne !
Avant de se jeter à l’eau, on doit enfiler un gilet de sauvetage, non pas par les bras mais par les jambes : le but est de le porter… comme une couche !
La mise à l’eau
On n’est pas spécialement fier ainsi accoutré mais il faut reconnaître qu’au niveau confort, les sensations dans l’eau sont top. Sa température parfaite fait d’ailleurs un bien fou par rapport à la chaleur ambiante et contribue à rendre le moment magique.
Flottaison dans les canaux mayas
On n’a plus qu’à se laisser porter tranquillement par le courant, sans nager.
La mangrove vue depuis sous l’eau
On serpente lentement à travers une jolie mangrove, dans une eau vert émeraude.
Pour cette balade flottante, le pilote du bateau nous avait annoncé une durée d’environ 45 minutes, mais on peut aussi faire durer le plaisir : nous avons tellement profité du moment qu’elle nous a pris plus d’une heure.
On finit par arriver à un petit ponton perdu dans la végétation, qui marque le terminus. Là, il y a deux possibilités : soit le pilote est venu ici en bateau pour récupérer ses nageurs, soit il est venu à pied par un ponton à travers la végétation, par lequel on retourne avec lui au bateau, toujours amarré à l’endroit où on s’est mis à l’eau.
Retour en bateau…
… ou retour à pied au bateau (10 mn)
Nous sommes revenus par ce sentier pédestre, seuls au milieu de nulle part. Après 10 minutes de marche sous le cagnard, nous récupérons le bateau.
Il ne reste plus qu’une dizaine de minutes de navigation à travers la mangrove et la lagune de Muyil dans de jolis paysages, pour rentrer à l’embarcadère du début de l’étape 3.
La traversée de la lagune Muyil
De là, on peut rejoindre la sortie du site, soit directement (5 minutes à pied), soit en reprenant le chemin de l’aller en sens inverse (traversée de la portion de jungle puis du site archéologique). Nous avons choisi cette deuxième option, histoire de continuer à en profiter au maximum…
Les beautés du Yucatan en 2 mn…
INFOS PRATIQUES
LES 3 FAÇONS DE VISITER LA RÉSERVE DE BIOSPHÈRE DE SIAN KA’AN
L’excursion depuis Muyil en version courte (2 à 3 heures)
C’est celle que nous avons choisie et qui est détaillée dans cet article. Elle comprend la visite du site archéologique maya de Muyil (+/- 30 minutes), puis la traversée d’une portion de jungle à pied (20 minutes), puis la balade en bateau dans la lagune de Muyil puis dans la mangrove, avec nage dans les canaux mayas (1h30 à 2h00).
Tarifs (juillet 2023) : 1120 pesos par personne (environ 60 euros). Le tarif par personne se décline ainsi : 70 pesos pour les ruines, 50 pesos pour la jungle et 1000 pesos la place dans le bateau.
L’excursion depuis Muyil en version longue (5 heures)
Ce tour en version longue va plus loin dans la réserve que celui de la version courte, il comprend donc :
Le tour en version courte.
Une balade supplémentaire en bateau qui permet de traverser une autre lagune (la lagune de Chunyaxché), une autre mangrove et d’autres canaux mayas. On peut y apercevoir des crocodiles et des lamantins depuis le bateau.
Une pause sur une plage de sable blanc idyllique, où l’on peut observer quantité d’oiseaux et parfois, des tortues. La baignade est bien sûr au programme.
Tarifs (juillet 2023) : comme pour la version courte, le tarif par personne est de 70 pesos pour les ruines et de 50 pesos pour la jungle. Pour le bateau, le mode de tarification change : son prix est de 7500 pesos quel que soit le nombre de passagers (maximum : 6 personnes). Ce qui revient par personne à 1250 pesos s’il y a 6 passagers, 1500 pesos s’il y en a 5, 1875 pesos s’il y en a 4, 2500 pesos s’il y en a 3 etc. N’oubliez pas d’ajouter les 120 pesos pour le site archéologique et la jungle.
L’excursion de Sian Ka’an (8 heures)
Son point de départ est situé bien plus au sud, ce qui ne permet pas de faire cette excursion dans la même journée que celles que l’on fait depuis Muyil (même la version courte) : si vous voulez enchaîner les deux (Sian Ka’an et Muyil), il faudra donc prévoir un jour et demi à deux jours en tout.
Cette excursion en bateau permet en principe d’observer : des crocodiles dans la mangrove, de nombreux volatiles sur l’île aux oiseaux, des tortues, lamantins et dauphins dans un lagon (mais depuis le bateau car la baignade est interdite) et enfin, en snorkeling, l’écosystème habituel d’une barrière de corail.
La pause déjeuner a lieu sur une plage en compagnie de tous les autres touristes du jour, et le tour se termine par une visite du village de Punta Allen et de sa communauté maya.
Attention : si vous êtes plongeur/euse habitué/e aux beautés sous-marines, vous risquez d’être déçu/e car la barrière à cet endroit est un peu abîmée et n’a rien d’exceptionnel. Si au contraire vous n’avez jamais mis la tête sous l’eau, vous devriez vous régaler.
Fréquentation touristique
L’excursion de Sian Ka’an est devenue si touristique que des quotas de visiteurs quotidiens ont dû être instaurés afin de préserver un peu mieux la nature.
Le bon plan : pour l’excursion de Muyil, le mieux est d’y aller relativement tôt le matin et si possible, dès l’ouverture. C’est ce que nous avons fait et nous avons eu la bonne surprise de n’y croiser quasiment personne de toute la matinée.
Respecter la nature
L’un des pires ennemis de la réserve de Sian Ka’an, c’est paraît-il la crème solaire !
Il est donc conseillé de jouer le jeu en se protégeant du soleil omniprésent avec du tissu (casquette, T-shirt manches longues, pantalon léger, licra pour la nage, etc.) plutôt qu’avec de la crème solaire. Même les crèmes dites biodégradables (du moins si l’on croit ceux qui nous les vendent) sont néfastes pour les écosystèmes aquatiques de la réserve.
Tous les pilotes de bateaux donnent d’ailleurs le bon exemple.
Comment se rendre à Muyil / Chunyaxché ?
Le site archéologique maya est situé à l’entrée du petit village de Chunyaxché.
En voiture – Depuis Tulum : 25 à 30 minutes. Depuis Playa del Carmen : 1h30. Depuis Cancun : 2h00.
Si vous n’avez pas de voiture, il faut prendre un collectivo qui vous déposera à l’entrée du site.
Enfin, vous pouvez réserver ces tours depuis votre hôtel mais attention à la majoration des prix…
Se restaurer
Juste en face de l’entrée du site archéologique, de l’autre côté de la route 307, il y a un excellent petit resto typique.
La cuisine est bonne, l’hygiène aussi, les prix sont corrects, la famille qui tient le resto est accueillante et la petite terrasse intérieure est particulièrement agréable !
Donc si vous avez un creux en quittant le site archéologique, n’hésitez pas à vous arrêter là…
Cuisine typique à Chunyaxché
Bon à savoir
Si vous optez pour l’excursion de Sian Ka’an (8 heures), alors il vaut mieux la réserver, à cause des quotas de visiteurs qui ont été instaurés. De plus, cela permet d’accéder au site en van, ce qui évite d’abîmer sa voiture de location sur le chemin d’accès qui est complètement défoncé. A tel point que l’excursion est déconseillée aux femmes enceintes.
Disons-le clairement : le tarif des différentes excursions est élevé. Pour certains, ces prix peuvent s’avérer rédhibitoires. Il n’en reste pas moins que l’expérience est inoubliable. Pour nous, famille de quatre, elle a fait l’unanimité et représente même l’un de nos tout meilleurs souvenirs de notre road-trip dans le Yucatan : nous n’avons donc pas regretté d’avoir payé ce prix élevé, au contraire…
Comme indiqué précédemment, la crème solaire est à bannir quand on se baigne dans la réserve, afin de préserver sa nature exceptionnelle. Idéalement, il faut donc prévoir des vêtements longs ainsi que chapeau/casquette. En effet, le soleil tape vraiment fort, surtout lors des excursions longues. Et il faut apporter suffisamment d’eau, évidemment.
Nous avons fait notre excursion sans guide afin d’avoir plus de liberté. Mais si vous voulez des informations détaillées tout au long de votre visite, il faut vous assurer les services d’un guide dès l’entrée du site. En effet, les pilotes de bateaux peuvent bien donner des informations mais il ne sont pas guides. Et si certains d’entre eux sont loquaces, d’autres pas…
Les villes coloniales du Yucatan sont des lieux incontournables : se perdre dans les ruelles colorées, flâner dans les marchés locaux,admirer l’architecture coloniale… Elles valent toutes le détour. Notre coup de coeur : Campeche !
Avec son million d’habitants, Mérida est la plus grande ville du Yucatan.
Le palacio municipal vu depuis la Plaza Grande
Comme Valladolid, Mérida jouit d’une situation géographique idéale, ce qui permet d’en faire un excellent point de chute pour rayonner dans les alentours.
Une ruelle colorée après la pluie
En plus de la découverte de la ville, on peut ainsi aller visiter les cités mayas de Chichen Itza (à 124 km) et Uxmal (à 78 km), ainsi que les nombreux cénotes du coin.
La plaza grande ou zocalo : la place centrale
Comme dans tant de villes coloniales mexicaines, la place centrale est le coeur de la cité. Les familles et les touristes s’y retrouvent pour se balader, flâner, manger un morceau… C’est bien sûr un lieu incontournable.
Plaza Grande et cathédrale San Ildefonso
Autour d’elle sont articulés divers bâtiments importants qu’il faut visiter : la cathédrale San Ildefonso, le palais du gouverneur, le palais municipal, la casa Montejo…
La cathédrale du Yucatan ou cathédrale San Ildefonso
C’est la plus ancienne cathédrale du Mexique et l’une des plus anciennes de tout le continent américain.
Elle aurait été construite avec les pierres d’un ancien temple maya, et sur son emplacement.
Comme souvent dans les villes du Yucatan, elle domine la place centrale.
Le palais du gouverneur
Il s’agit d’un joli bâtiment accolé au zocalo (la place centrale).
Le palais du gouverneur
Il abrite de grandes peintures murales retraçant l’histoire tragique des mayas. Elles sont signées du peintre mexicain Fernando Castro Pacheco.
La vente des indiens mayas comme esclaves (1848-1861)
Le supplice de Jacinto Can Ek (14/12/1761)
Diego de Landa (1524-1579), bien que grand spécialiste de la civilisation maya, s’acharna à en détruire la culture avec zèle.
Plus tard, il fut jugé en Espagne pour les violences commises sur les indiens mayas qui refusaient de se convertir au christianisme.
Tous ces tableaux évocateurs sont exposés dans la grande salle du premier étage du palais.
Palais du gouverneur : la salle d’exposition des oeuvres de Fernando Castro Pacheco
Le palais municipal
Construit en 1735 sans sa tour (elle fut ajoutée en 1928) face à la place centrale, ce bâtiment aujourd’hui paisible servit à une époque de prison.
Ne manquez pas d’aller l’admirer à la tombée de la nuit, lorsque sa tour et ses arcades s’illuminent : c’est à ce moment-là qu’il est le plus beau.
La casa Montejo
Francisco de Montejo, conquérant du Yucatan, fît construire cette maison lorsqu’il fonda la ville de Mérida, en 1542. Terminée en 1549, c’est aujourd’hui la plus ancienne maison de la ville, mais c’est surtout la seule maison de style Renaissance de tout le Mexique.
La casa Montejo
Elle témoigne de ce à quoi ressemblait une maison entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. Elle abrite également un musée.
Les marchés de Mérida
Classique mais efficace : si vous aimez les couleurs et les senteurs des marchés latinos, alors vous n’aurez que l’embarras du choix à Mérida. Le marché San Benito et le marché Santa Ana, notamment, sont situés à quelques minutes de marche de la place centrale.
Le marché San Benito : les commerçants sont accueillants et leurs produits n’ont rien à voir avec ceux de nos supermarchés…
Où loger à Mérida ?
Nous avons choisi un hôtel en plein centre-ville pour pouvoir visiter la ville facilement, sans voiture : l’hôtel Santa Lucia, à 5-10 mn à pied de la Plaza Grande. Bien situé, personnel serviable.
Prix : nous avons payé 57 euros par nuit la chambre pour 4 (juillet 2023).
Bon à savoir : il dispose d’un parking (sachant qu’il est quasiment impossible de se garer dans Mérida).
Izamal, la ville jaune
Izamal est une charmante petite ville de 15.000 habitants. On comprend vite pourquoi elle porte le surnom de ville jaune !
Si vous commencez à vous lasser du nombre important de touristes dans les villes du Yucatan, rendez-vous à Izamal : on en fait vite le tour mais au moins, on n’y croise que peu de touristes.
Les colons espagnols construisirent Izamal sur les vestiges d’une cité maya, dont ils utilisèrent les pierres pour construire la principale attraction de la ville : le couvent Saint-Antoine de Padoue. Juché sur une petite colline, il domine la ville.
L’entrée du couvent Saint-Antoine de Padoue
L’église jaune dans l’enceinte du couvent
Aujourd’hui, Izamal est une ville authentique qui n’oublie pas ses racines : une majorité d’habitants préfère encore parler la langue maya plutôt que l’espagnol.
Le couvent et son atrium
Enfin, il faut noter qu’il existe plusieurs pyramides mayas à Izamal (dont l’entrée est gratuite).
Pour conclure, si vous faites la route entre Mérida et Valladolid, n’hésitez pas à faire une petite halte à Izamal (moyennant un court détour). Sa quiétude ne peut pas faire de mal, comparé à l’agitation constante de Mérida.
Contrairement aux autres villes coloniales situées à l’intérieur de la péninsule, Campeche a les pieds dans l’eau : elle borde le golfe du Mexique.
Il y a bien un malecon dans la ville, mais pas de plages. Quant à celles des environs, elles ne sont pas recommandées car elles sont polluées par les raffineries de la région : l’état de Campeche est le principal producteur de pétrole du pays.
Le malecon
Campeche est la seule ville fortifiée de tout le Mexique, même si les murs d’enceinte ont presque tous disparu avec le temps.
Le bastion San Juan
La cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception
Cette cathédrale n’est pas immense et pourtant, sa construction dura… 220 ans !
Notre-Dame de l’Immaculée Conception
Elle est située en plein coeur de la ville, bordant la place de l’Indépendance.
Si l’intérieur de la cathédrale n’a rien d’exceptionnel, le petit patio situé à ses pieds est, lui, assez agréable.
L’entrée du patio
La cathédrale vue depuis le patio
La place de l’Indépendance
Comme dans de nombreuses villes mexicaines, la place centrale ou zocalo, nommée place de l’Indépendance à Campeche, est un peu le coeur de la ville, même si c’est moins flagrant à Campeche qu’à Mérida ou Valladolid par exemple.
Au coeur de la place et au milieu de la verdure, un kiosque et des petits commerces : street-food, artisanat, etc.
La place de l’Indépendance
De chaque côté, elle est bordée de jolies arcades : jaunes d’un côté de la place, rouges de l’autre.
Les ruelles colorées
Ce qui fait surtout le charme de Campeche, ce sont ses innombrables façades de maisons colorées.
La ville a en effet lancé une vaste opération de rénovation de son centre historique. Et si certaines façades sont encore défraîchies, des rues entières ont d’ores et déjà été refaites.
La ville a beaucoup de charme et bénéficie en plus d’un gros avantage : elle n’est pas encore trop touristique, car elle est relativement éloignée du circuit que font la plupart des voyageurs dans le Yucatan.
Si l’on trouve des façades colorées dans les autres villes coloniales du Yucatan, ce n’est rien comparé au centre-ville de Campeche.
L’église San Roque y San Francisquito
Nous avons eu un coup de coeur pour Campeche : si nous devions n’en conseiller qu’une, ce serait celle-là…
Acheter des souvenirs
Bien sûr, on n’a que l’embarras du choix entre les différentes boutiques de souvenirs.
Mais nous en avons trouvé une qui sortait du lot : Mi cielo artesanal. Il s’agit d’une boutique de commerce équitable qui met en vente les oeuvres de plusieurs dizaines d’artisans locaux.
Elle est située à l’angle des rues 12 et 59, juste en face de l’église San Roque y San Francisquito.
Commerce équitable : la boutique Mi Cielo Artesanal
Vous voulez un aperçu de leurs produits artisanaux ? C’est ici : Mi Cielo Artesanal.
Où dormir à Campeche ?
Nous avons choisi l’hôtel Maculis pour sa situation, à dix petites minutes à pied du centre-ville. Il est agréable et bien situé.
Prix : 59 euros par nuit la chambre pour 4 (juillet 2023).
Valladolid est une ville à taille humaine (50.000 habitants). Tout comme Mérida située plus à l’ouest, c’est une ville idéale pour séjourner quelques jours.
En effet, sa situation géographique permet de rayonner tout autour pour découvrir les nombreux sites d’exception situés à proximité, notamment les cités maya de Chichen Itza (à 42 km), Coba (à 60 km) et Ek Balam (à 28 km) ainsi que les nombreux cénotes de la région (lire notre article la magie des cénotes).
La place centrale
La ville est organisée tout autour de la place centrale et de son parc. C’est là que flânent aussi bien les habitants en famille que les touristes.
Place centrale : la Jarana (danse typique du Yucatan)
Il y a également de nombreux petits kiosques de souvenirs et de street-food qui ne désemplissent pas. C’est un lieu très agréable pour se balader.
L’église San Servacio
La place est dominée par l’église San Servacio, la plus grande de la ville.
L’artère qui longe la place est bordée d’arcades typiques.
Où loger à Valladolid ?
Nous avons choisi l’hôtel San Clemente pour sa situation idéale : en plein centre-ville ! Il suffit de traverser la rue pour se retrouver aux pieds de l’église San Servacio, face à la place centrale.
Sa situation est donc exceptionnelle (la meilleure de tous les hôtels dans lesquels nous avons dormi dans les villes coloniales du Yucatan) et la terrasse pour le petit-déjeuner face à la piscine est très agréable.
Prix : 68 euros par nuit la chambre pour 4 (juillet 2023).
L’hôtel San Clemente fait face à l’église San Servacio
Il y a également toutes les commodités autour, à quelques pas seulement : restaurants, commerces, souvenirs, et même le cénote Zaci, situé en plein centre-ville.
Comment organiser une excursion dans la cité Maya sublime mais isolée de Calakmul ? Afin d’y arriver tôt le matin, nous avons dormi la veille dans la jungle, bercés par les cris des animaux. Récit de ces deux jours hors des sentiers battus, toutes nos infos pratiques sont en fin d’article…
Bon, je précise tout de suite que lorsque je parle de dormir dans la jungle, je n’évoque pas une expédition à la Mike Horn ! Il s’agit simplement de passer une nuit sous une tente dans un petit campement isolé, à la lisière de la jungle de Calakmul. C’est tellement mieux qu’un petit hôtel et pour les voyageurs de base comme nous, cela suffit amplement à vivre une expérience dépaysante et inoubliable.
L’emplacement de ce campement est un peu moins éloigné de la cité Maya (52 km) que les autres hébergements de la région (60 km). Cela permet d’arriver au site archéologique relativement tôt le lendemain matin, et de s’y retrouver à peu près seuls !
Pour commencer, il faut savoir que ce site précolombien est situé au milieu de la zone la plus isolée de tout le Yucatan. La carte ci-dessous montre bien à quel point les réseaux routiers et les villes fourmillent dans toute la moitié nord du Yucatan.
Calakmul : en violet, en bas à gauche
A l’inverse, la moitié sud est en grande partie restée vierge de toute activité humaine. C’est l’empire de la jungle, et c’est là que se situe Calakmul.
C’est cet isolement qui explique pourquoi cette superbe cité Maya est si peu visitée. Pourtant, ses deux grandes pyramides qui dominent la jungle laissent un souvenir impérissable à ceux qui sont montés à leur sommet…
Et pour couronner le tout, l’Unesco a classé une partie de la zone réserve de biosphère.
Le campement Yaax’ Che : bienvenue dans la jungle !
Pour se rendre à Calakmul, il faut passer par le petit village de Conhuas, situé sur la route 186. Six kilomètres au sud, un chemin sur la droite pénètre dans la jungle, au bout duquel est situé un petit campement, le Campamento Yaax’ Che (voir les infos pratiques en fin d’article). C’est là que nous allons dormir.
L’entrée du campement Yaax’ Che
Dès notre arrivée, nous vivons une expérience rare paraît-il, mais qui nous met immédiatement dans l’ambiance de la jungle. Après avoir marché à peine une vingtaine de mètres, juste après les panneaux de bienvenue de la photo ci-dessus, nous nous trouvons nez-à-nez avec… un serpent corail au venin mortel ! Le décor est planté.
C’est un petit serpent corail au venin mortel qui nous accueille dans la jungle !
Ce petit reptile est aussi joli que dangereux puisque parmi tous les serpents, son venin est l’un des plus puissants. Il ne faut donc pas se fier à sa modeste taille d’une cinquantaine de centimètres seulement.
Le serpent corail
Les couleurs vives du serpent corail font vite comprendre à ceux qui envisageraient de l'attaquer qu'il est dangereux et qu'il vendra chèrement sa peau !
Il existe de faux serpents corail qui lui ressemblent. Pour les distinguer, il y a un proverbe aux États-Unis qui dit : "red touches yellow, kills a fellow. Red touches black, friend of Jack", ou en d'autres termes : "le rouge touche le jaune, ça tue un homme. Le rouge touche le noir, ami de Jack". Cette maxime vaut surtout pour les serpents corail nord-américains, dont les mexicains.
Concernant le nôtre, le doute n'est pas permis : les anneaux rouges touchent bien les anneaux jaunes...
Bref, nous comprenons vite qu’il va nous falloir bien regarder où nous mettons les pieds, notamment quand la nuit sera tombée et que nous marcherons ici à la lumière de nos frontales…
Nous quittons notre ami sans pattes pour être accueillis vingt mètres plus loin par de joyeux quadrupèdes : deux singes-araignées jouent dans les arbres au-dessus de nos têtes.
En une poignée de minutes à peine, notre premier contact avec les habitants de cette jungle dans laquelle nous allons dormir va donc au-delà de nos espérances.
Le troisième animal qui nous signale sa présence n’est ni aussi sympa que les singes, ni aussi dangereux que le serpent : ce sont les moustiques ! Il n’y en a pas des hordes, mais suffisamment pour que nous nous tartinions rapidement d’anti-moustique.
Parmi les autres habitants de la jungle, signalons la néphile. Mais c’est quoi cette bête ?! C’est une jolie araignée d’une dizaine de centimètres de long, gracile et colorée, qui tisse la plus grande toile du monde arachnide.
Mais surtout, cette grande toile est extrêmement solide et collante puisque même des oiseaux comme les colibris s’y font piéger. Si solide d’ailleurs qu’elle est étudiée dans le but d’améliorer la fabrication… des gilets pare-balles !
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Bien d’autres animaux peuplent la jungle. Quelques gros félins notamment vivent dans le coin comme les deux stars des lieux, le jaguar et le puma, mais ils sont peu nombreux dans une vaste zone et par conséquent, il est rare de pouvoir les observer. Nous n’en verrons pas.
Mais revenons-en au campement : il est composé de neuf tentes seulement. Elles sont suffisamment espacées et toutes abritées par un toit en tôle, afin de protéger les visiteurs des fortes pluies saisonnières.
Lors de notre venue, il n’y a pas foule : seules deux tentes en plus de la nôtre sont occupées, ce qui conforte notre sensation d’isolement.
Le confort est modeste bien sûr mais ça, nous le savions avant d’arriver. Dans les tentes, il y a juste les matelas.
Dans un tel cadre, le campement est forcément très respectueux de la nature : toilettes sèches, tri sélectif, récupérateurs d’eau, tout est fait pour préserver l’environnement, lequel est exceptionnel par ici.
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Il n’y a évidemment ni eau courante, ni électricité dans le coin. Dans chaque douche a donc été préparé un seau rempli d’eau pour que les visiteurs puissent se laver. Mais il faut bien dire que la couleur de cette eau nous dissuade vite de prendre la douche dont nous avons pourtant rêvé toute la journée.
C’est un peu dommage, tellement le taux d’humidité élevé nous fait transpirer, mais à la roots comme à la roots : nous ne nous attendions pas non plus à un quatre étoiles, et nous savourons malgré tout la chance que nous allons avoir de passer la nuit dans un tel site.
La douche et le seau d’eau
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Une fois installés, nous prenons en sens inverse le petit chemin par lequel nous sommes arrivés. A un petit kilomètre du campement est situé le restaurant Oxte’ Tun, très roots lui aussi : un toit en tôle supporté par quelques piliers en bois, et aucun mur. Sa simplicité se fond parfaitement dans la jungle qui l’entoure et comme le campement, c’est exactement le genre d’endroit que nous sommes venus chercher ici.
Le restaurant Oxte’ Tun
Il est tenu par le couple de gérants du campement, Laeticia et Fernando, aidés par leur ouvrier, Manuel, tous issus d’une communauté locale.
Manuel
Fernando
Le premier contact avec eux n’est pas très chaleureux. Du coup, nous sommes un peu déçus mais en voyant Laeticia s’activer derrière ses fourneaux, nous ne pouvons nous empêcher de la bombarder de questions sur la gastronomie mexicaine. Ça les déride et ils deviennent vite plus souriants et carrément sympas.
Laeticia cuisine au feu de bois
Pour la petite histoire, Laeticia maîtrise parfaitement la cuisine mexicaine car avec le peu d’ingrédients dont elle dispose ici, elle arrive à nous régaler. Donc si vous passez par là, n’hésitez pas à faire une petite halte dans ce délicieux petit restaurant de bord de route : Oxte’ Tun.
Une cuisine typique et simple mais efficace !
La nuit dans la jungle
Le soleil se couche tôt ici et du coup, nous aussi !
L’intérêt de dormir dans la jungle est double pour nous. D’un point de vue purement pratique, nous sommes un peu plus près de la cité Maya que si nous avions dormi à Conhuas, et nous pourrons donc y arriver dès l’ouverture demain matin, histoire de ne pas croiser trop de touristes.
Mais pour les citadins que nous sommes, l’intérêt consiste avant tout à dormir dans un cadre inhabituel, au son des cris des animaux de la jungle.
Finalement, on n’entend pas tant d’animaux que ça la nuit, mais ils font suffisamment de bruit pour que lorsqu’ils se manifestent, on ne puisse pas les rater !
Tout d’abord, la musique de fond est assurée par les cigales, qui ne s’arrêtent jamais. C’est une berceuse très efficace.
Ensuite, on entend de temps en temps des singes, qui communiquent entre eux par des sortes de grondements brefs et sourds. Ils se répondent alors qu’ils sont éloignés les uns des autres, du coup, ces cris assez puissants semblent surgir de tous les côtés de la tente.
De temps en temps, on entend aussi quelques cris non identifiés.
Et enfin, juste avant le lever du jour, on est réveillé par les différents oiseaux qui semblent faire un concours de chants, lesquels sont en général assez mélodieux.
Passer une nuit dans un endroit aussi nature et aussi isolé a un côté enchanteur, notamment quand on est habitué aux bruits et aux odeurs de la ville…
La réserve de biosphère de Calakmul
Il fait jour, nous partons pour la cité Maya de Calakmul, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est située à 52 kilomètres du campement. Mais comme la route se transforme vite en piste avec une limitation à 30 km/h, il faut rouler lentement (on n’est pas là pour écraser nos amis les animaux). Ce qui prend du coup 1h50 environ pour atteindre le site.
Cette piste traverse la jungle, dont une vaste partie a elle aussi été classée par l’Unesco, mais en tant que réserve de biosphère. Comme quoi une merveille de l’Unesco peut en cacher une autre…
En chemin, nous croisons à plusieurs reprises des dindons ocellés.
Il s’agit de grands oiseaux (près d’un mètre de long) au très joli plumage multicolore. La tête est bleue et comporte une multitude d’excroissances rondes et rouges, un peu comme des verrues mais en plus joli (ou en moins moche) !
Le joli plumage coloré du dindon ocellé
Notez bien : le dindon ocellé n’aime pas être photographié ! En tous cas, celui que j’immortalise par la fenêtre de la voiture fait mine de nous attaquer à plusieurs reprises en courant vers nous subitement. Puis il s’éloigne lentement pendant une poignée de secondes, puis il fonce à nouveau vers nous, et ainsi de suite.
Et quand je décide enfin de partir pour le laisser tranquille car après tout, c’est sa jungle à lui, pas la nôtre, il court fièrement après notre voiture, l’air satisfait et le sourire au coin du bec. Le dindon a gagné, je m’avoue vaincu.
Parmi les autres animaux qui peuplent la réserve, pas forcément tous faciles à observer, citons pêle-mêle le jaguar et le puma, le singe-araignée et le singe-hurleur, le tapir…
Il y a également 350 espèces d’oiseaux, notamment des toucans et plusieurs espèces d’aigles, de vautours et de perroquets ; 70 espèces de reptiles ; près de 400 espèces de papillons…
Et avec ses 1500 espèces végétales, la flore n’est pas en reste.
Bref, amoureux de la nature, la réserve de biosphère de Calakmul est faite pour vous…
La cité Maya de Calakmul
Nous nous sommes levés tôt ce matin et ça paye car lorsque nous arrivons au site Maya, il n’y a que trois voitures garées sur place ! C’est incroyable mais nous allons donc avoir un site Maya, et pas le moindre, quasiment rien que pour nous.
A l’accueil, on doit d’abord choisir l’un des trois itinéraires possibles : 1 heure 30, 2 heures 30 ou 4 heures.
Le plan du site
Pour le parcours court, le chemin est bien indiqué et on ne peut pas vraiment se tromper.
Pour les deux autres parcours, plus longs, comme on ne peut pas emporter le plan consultable à l’accueil, on peut par contre le photographier afin de s’y reporter plus tard, au cours de la visite.
Quelques panneaux expliquent rapidement l’histoire du site, agrémentés de quelques plans et diverses pièces.
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Puis on arrive rapidement aux premiers vestiges. Calakmul est une cité Maya qui connut son apogée vers 650. Très puissante à l’époque, elle compta jusqu’à 50.000 habitants.
Aujourd’hui, outre son histoire bien sûr, ce qui rend cette cité magique pour les profanes dont nous faisons partie, c’est que la jungle a repris possession des lieux au fil des siècles. Ce qui donne un peu des airs d’Indiana Jones à cette cité perdue.
La première pyramide, dite structure I
Seule une vingtaine des 6.000 structures qui sont éparpillées dans la jungle ont été nettoyées et sont accessibles, malgré les arbres qui ont colonisé ces vieilles pierres.
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Le cadre naturel de ce site historique est donc impressionnant.
L’un des principaux intérêts pour le visiteur qui arpente Calakmul, c’est que contrairement aux sites mayas plus connus et beaucoup plus fréquentés tels que Chichen Itza ou Uxmal, il peut monter en haut des pyramides ici.
Et comme toujours sur les pyramides précolombiennes, la montée est abrupte.
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La première pyramide sur l’itinéraire est la structure I. Elle mesure 50 mètres de haut et fait face au principal joyau du site : la deuxième pyramide ou structure II.
Vue sur la structure II depuis la structure I
Alors que nous escaladons la première pyramide, nous entendons au loin des cris d’animaux non identifiables dont le niveau sonore est incroyablement élevé.
Nous nous demandons ce que ça peut bien être et pensons à un félin, mais ce n’est qu’en arrivant à la deuxième pyramide que nous comprenons : ces cris proviennent d’un groupe de singes hurleurs. A l’évidence, ils n’ont pas été affublés d’un tel nom pour rien !
Les bien nommés singes hurleurs
Pour bien comprendre à quel point le hurlement de cet animal impressionne celui qui l’entend, il faut savoir que dans tout le règne animal, le singe hurleur fait partie des trois animaux dont le cri est le plus puissant. Avec 140 décibels, il se situe même devant le cerf qui brame et le lion qui rugit (110 à 120 décibels « seulement ») et pas très loin derrière… un avion de ligne qui décolle paraît-il (140 à 170 décibels) ! Il faut l’entendre pour le croire. Vraiment impressionnant.
Pour se défouler les cordes vocales, l’arbre que ces sept ou huit singes ont choisi est situé aux pieds de l’un des plus importants temples-pyramides du monde Maya. C’est la magie de la jungle : pour nous, cette rencontre animale dans ce haut-lieu historique sera mémorable.
La structure II
Nous quittons nos amis primates, visuellement mais pas auditivement, pour entreprendre la montée de cette fameuse pyramide dont la base carrée mesure 120 mètres de côté ! Du sommet, on aperçoit au loin le haut de la première pyramide, celle que nous avons escaladée quelques minutes plus tôt, enfouie dans la jungle qui s’étend à l’infini.
Vue sur la structure I, enfouie dans la jungle, depuis la structure II
La vue est impressionnante depuis la cime de ce joyau qui émerge de la végétation.
A bien y réfléchir, le paysage n’a pas dû beaucoup changer depuis l’époque des Mayas. Tant mieux.
C’est l’heure de partir.
Plus bas, les singes continuent à s’époumoner…
Infos pratiques
Avec le recul, ce combo nuit dans la jungle/visite de la cité Maya de Calakmul constitue l’une de nos plus belles expériences de voyage dans le Yucatan.
Le campement Yaax’ Che
Ce campement, en activité depuis 2003, est géré par une famille issue d’une communauté locale. L’objectif initial consistait à établir un camp doté d’infrastructures à faible impact environnemental. Vingt ans plus tard, ce camp est une réussite puisqu’il accueille des touristes tout en contribuant à la préservation de l’environnement de la réserve.
Contact: serveursturisticos@yahoo.com.mx
Téléphone: +52.983.101.1921
Adresse: campamento Yaax Che en Calakmul, Carretera 186 Escacega – Chetumal KM 98 Entronque a Calakmul KM 7, 24640 Conhuas
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Pour y réserver une tente (ou plusieurs), le mieux est de passer par l’excellent site de l’association de tourisme communautaire à laquelle adhère ce campement : alliance péninsulaire pour le tourisme communautaire.
N’hésitez pas à le consulter : vous y trouverez peut-être votre bonheur car il comporte également d’autres adresses intéressantes, communautaires et hors des sentiers battus dans le Yucatan…
Autrement, on peut aussi réserver via les plateformes classiques : Booking, Agoda, Tripadvisor…
Prix: cela peut paraître étonnant mais ici, le prix est inversement proportionnel au niveau de confort ! Nous avons réglé 78 euros la tente pour quatre personnes (au mois de juillet). Certains trouveront ce tarif trop élevé par rapport aux prestations. Nous, non : pour une fois qu’on peut sortir un peu des sentiers battus dans ce Yucatan ultra-touristique, ça vaut bien ce prix-là…
Repas inclus : un petit déjeuner (peu copieux) est inclus dans le prix. On peut l’échanger avec un petit sandwich en vue de la journée de visite à Calakmul, sachant qu’il n’y a aucun endroit où acheter à manger dans le coin.
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Accès : sur la route 186 en direction de l’est (vers Bacalar, Chetumal etc.), 1 km après la sortie du petit village de Conhuas, il faut tourner à droite en direction du site maya. Là, on ne peut pas manquer la barrière qui fait office de péage. 6 km plus loin, on aperçoit le restaurant Oxte’ Tun sur le bas-côté droit. De là part un petit chemin d’un kilomètre qui s’enfonce dans la jungle : le campement est au bout.
A noter qu’il existe deux courts sentiers d’observation de la nature autour du campement, avec notamment une tour d’observation des oiseaux en pleine jungle.
Le restaurant Oxte’Tun
Il fait partie intégrante du campement Yaax’Che. Les gérants sont donc les mêmes, et le principe d’écotourisme ne change pas non plus. C’est le seul lieu de restauration du coin et on y mange très bien.
Accès : sur la route 186 en direction de l’est (vers Bacalar, Chetumal etc.), 1 km après la sortie du petit village de Conhuas, il faut tourner à droite en direction du site maya. Là, on ne peut pas manquer la barrière qui fait office de péage. Le restaurant Oxte’ Tun est situé 6 km plus loin, sur le bas-côté droit.
Restaurant Oxte’ Tun : le menu
Plat typique
La cuisine mexicaine de Laeticia
Calakmul : les prix successifs à payer…
Disons-le clairement, les prix flambent d’une année sur l’autre.
Pour visiter la cité de Calakmul, le prix total était de 188 pesos en 2019 et de… 344 pesos en 2023 !
Ce qui correspond à 10 euros en 2019 et 19 euros en 2023 (taux de conversion 2023)…
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De plus, ne soyez pas étonné(e)s si on vous facture plusieurs tarifs successifs ! Voici comment le prix total d’accès au site se décompose (tarifs 2023) :
A la sortie du petit village de Conhuas, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée correspondant à l’entretien de la route (104 pesos par personne).
20 km plus loin, on paye l’entrée dans la réserve de biosphère (150 pesos par personne).
Et à l’arrivée (40 km de plus), on paye l’accès au site archéologique maya (90 pesos par personne).
Le prix total est donc de 344 pesos par personne (environ 19 euros au taux de conversion 2023).
Avec tous ces paiements successifs, on a un peu l’impression d’être pris pour des vaches à lait mais au final, ce prix est une bouchée de pain pour un site aussi exceptionnel que Calakmul.
Calakmul : visiter la cité maya
Horaires d’ouverture : 8h00 – 17h00, 7 jours /7 (attention : dernière entrée à 15h30)
Prix : 344 pesos par personne (19 euros, taux de conversion 2023)
Attention : ne tombez pas en panne d’essence, d’eau ou de nourriture…
Calakmul est complètement isolée dans la jungle, il n’y a rien à proximité, elle est loin de tout. Ça fait partie de son charme mais cela comporte en contrepartie quelques inconvénients : il faut notamment anticiper l’approvisionnement en essence, en eau et en nourriture.
Pour l’essence :
Il faut faire le plein bien avant d’arriver à Conhuas car les postes d’essence sont quasi-inexistants sur la route 186.
En venant de l’ouest, la dernière pompe à essence que nous avons trouvée avant Conhuas était située à Silvituc (à 45 km de Conhuas et 105 km de Calakmul).
Pour être tranquilles si vous venez de l’est (Bacalar, Chetumal etc.), il faut idéalement faire le plein à Bacalar, notamment si vous faites l’aller-retour Bacalar-Calakmul (470 km).
Pour l’eau et la nourriture :
Là aussi, il faut s’approvisionner bien avant d’arriver à Calakmul, sous peine de jeûne ! Car ne pas avoir d’eau, par exemple, quand on marche dans ce site généralement écrasé par la chaleur, ça peut gâcher la visite…
L’idéal consiste à acheter de quoi manger et boire, soit dans une ville qu’on traverse en chemin (qu’on vienne de Campeche, Bacalar ou d’ailleurs), soit dans un petit magasin typique comme on en trouve souvent en bord de route, mais dans tous les cas bien avant d’arriver à Conhuas.
Sinon, on peut quand même trouver de quoi s’approvisionner à Conhuas mais avec un choix réduit, les magasins étant rares, petits, peu garnis et pas forcément ouverts quand on arrive…
Et enfin, si on passe la première barrière située 1 km juste après Conhuas, à l’entrée de la route qui descend plein sud vers Calakmul, alors on n’a plus qu’à s’arrêter 6 km plus loin, au restaurant Oxte’ Tun situé à droite en bord de route. Là, il est possible d’acheter des petits sandwichs. On n’y vend pas d’eau en bouteille, mais on peut y remplir ses bouteilles vides (ne faites pas comme nous : conservez vos bouteilles vides en allant à Calakmul au lieu de les jeter…). On y vend également des sodas.
Calakmul et l’Unesco
Calakmul peut se targuer d’une double reconnaissance de prestige par l’Unesco :
A proximité de Conhuas : la grotte aux chauve-souris
El volcan de los murcielagos est une grotte dans laquelle vivent 2 à 3 millions de chauve-souris. Tous les soirs, 45 minutes environ avant le coucher du soleil, elles sortent en même temps pour aller se nourrir.
L’accès à ce site a toujours été libre jusqu’à très récemment : désormais, on ne peut plus y accéder qu’accompagné d’un « guide » (un habitant du coin qui accompagne ses clients sur un chemin tout tracé pendant 5 minutes) pour la somme de 75 pesos par adulte.
Accès : à la sortie du village de Conhuas, il faut rouler en direction de l’est (vers Chetumal et Bacalar). La grotte est située à 10 km sur la droite de la route.
Impossible de visiter le Yucatan sans découvrir ces sites naturels d’exception que sont les cénotes (et tant qu’on y est, c’est un cénote, et non pas une…).
Pour faire simple, d’innombrables rivières souterraines quadrillent le Yucatan. Cette eau vive en mouvement permanent a creusé de nombreuses galeries dans le sous-sol de la région pendant des millions d’années, à tel point qu’il a fini par s’effondrer à certains endroits.
Ces affaissements géants ont créé une multitude de gouffres naturels remplis d’eau : les cénotes.
Le cénote Sagrado, à Chichen Itza : 60 m de diamètre, 22 m de hauteur de falaises et 12 m de profondeur
Ces merveilles de la nature ont généralement une forme circulaire. La plupart d’entre eux mesurent entre 10 et 60 mètres de diamètre.
Les cénotes à l'époque des Mayas
Les cénotes étaient essentiels pour les Mayas puisqu'ils constituaient leur unique source d'eau douce. C'est pourquoi leurs villages étaient tous construits à proximité d'un cénote.
Dans la culture Maya, ces puits géants, vitaux pour eux, représentaient aussi l'inframonde, c'est-à-dire un monde sacré où reposaient les morts.
Ils faisaient donc des offrandes en jetant dans les cénotes des objets précieux (or, quartz, coquillages, bois...) puis en y pratiquant plus tard des sacrifices humains (guerriers, enfants, jeunes filles).
En effet, les fouilles des dernières années ont permis de découvrir au fond de certains cénotes à la fois des objets précieux et des ossements humains...
En gros, il existe trois catégories de cénotes :
– Les cénotes en forme de puits géants à ciel ouvert
Ce sont des gouffres remplis d’eau et entourés de petites falaises (le plus souvent de 5 à 30 mètres de haut).
Le cénote Las Piedras
– Les cénotes-grottes
La principale différence avec ceux en forme de puits, c’est que leur plafond ne s’est pas effondré (du moins pas encore). Ce sont donc de véritables grottes, qui comportent un lac intérieur.
Le cénote Chihuan
– Les cénotes qui n’ont ni plafond, ni falaises
Ils ressemblent à de simples lacs à ciel ouvert, généralement situés en pleine nature : dans la mangrove ou la jungle, ou encore en bord de plage voire en pleine mer…
Cénote immergé à Bacalar
Je ne vais pas me lancer comme tant d’autres dans la liste des 10 ou 20 plus beaux cénotes, car il y en a environ 8.000 dans tout le Yucatan ! Inutile de vous dire que nous ne les avons pas tous visités… Voici donc simplement la liste de ceux où nous avons eu la chance d’aller… et que je vous recommande !
Plonger dans les cénotes
Si vous êtes plongeur/euse, alors vous allez vous régaler dans les cénotes, mais il faut noter que ceux où l'on plonge sont essentiellement situés près de la côte et notamment dans la région de Tulum.
Parmi les dix cénotes décrits ci-dessous, vous trouverez des détails sur les deux dans lesquels nous avons fait des plongées incroyables : les cénotes Ponderosa (surnommé Jardin del Eden) et Casa Cenote (également appelé cénote Manati).
Ce cénote est situé à Tizimin, sur l’itinéraire qui va de Rio Lagartos à Valladolid. Pour ceux qui font la route entre ces deux villes, il est donc très agréable de faire une pause là pour se baigner et se délasser.
Le cénote Kikil, à Tizimin
Kikil est fréquenté par un oiseau coloré présent en grand nombre, le motmot à sourcils bleus.
Ces jolies boules de plumes multicolores passent leur temps à virevolter au-dessus de la tête des baigneurs pour regagner leur nid, qu’ils ont construit sur les parois du cénote.
Le motmot à sourcils bleus
On accède au cénote Kikil par un court chemin qui traverse une jolie végétation, agrémentée de quelques décorations.
C’est un cénote assez joli, sauvage et peu fréquenté. Les quelques personnes présentes quand nous sommes arrivés ne sont pas restées longtemps et nous nous sommes vite retrouvés là tout seuls. Un régal.
Tout seul dans le cénote…
Le cénote Kikil en bref...
Entrée : 150 pesos
Peu touristique
Restaurant, boutique d'artisanat
A 47 km de Rio Lagartos et 59 km de Valladolid
Gilet de sauvetage obligatoire
Géré par une coopérative de familles maya
Horaires : 8h00-18h00
Cénote Ik’Kil
A ne pas confondre avec le cénote Kikil !
C’est à la fois l’un des plus connus, l’un des plus beaux et fatalement… l’un des plus fréquentés !
Ce gouffre est une pure merveille de la nature.
Il impressionne par la hauteur de ses dizaines de lianes qui plongent dans l’eau dans laquelle on se baigne, tantôt bleue, tantôt verte…
Le seul inconvénient du site, mais pas le moindre, c’est que les bus qui reviennent de la cité maya voisine de Chichen Itza déposent dans ce magnifique cénote leurs hordes de touristes à longueur de journée.
En effet, les tour-opérateurs vendent souvent le package cité de Chichen Itza – Cénote Ik’kil aux nombreux touristes qui font l’aller-retour dans la journée depuis Cancun et Tulum.
La foule des grands jours à Ik’Kil…
Le bon plan : pour profiter pleinement de ce cénote exceptionnel, l’idéal consiste à arriver dès l’ouverture, à 9h00, avant l’arrivée des flots de touristes.
Conclusion: ce cénote émerveille par sa beauté sauvage qui le rend incontournable, mais son affluence excessive peut s’avérer dérangeante…
Le cénote Ik'kil en bref...
Entrée = 180 pesos, ou entrée + restaurant = 400 pesos
Casiers, douches, vestiaires, boutique de souvenirs...
Très, trop touristique
A 40 km de Valladolid et 121 km de Mérida
Gilet de sauvetage obligatoire
Horaires : 9h00-17h00
Site officiel : cénote Ik'kil
Cénote X’ux Ha
X’ux Ha est un joli cénote formant une grotte. Il est situé à quelques kilomètres à l’est de Valladolid.
Décoré de quelques petits stalactites, son plafond troué laisse passer la lumière jusqu’au fond du cénote, où elle transperce la surface de l’eau.
Nous y sommes arrivés longtemps (1h30) après l’ouverture et pourtant, nous avons été tout seuls pendant 45 minutes. Un privilège.
X’ux Ha comporte un petit ponton d’où l’on peut plonger, avec deux échelles pour aller et venir facilement dans l’eau. Sur la paroi d’en face, il y a un plongeoir de quatre mètres de haut pour s’amuser un peu.
Le cénote X'ux Ha en bref...
Entrée : 150 pesos
Peu touristique
Snack-bar, douches
Gilet de sauvetage non obligatoire
A 16 km de Valladolid
Ouvert de 8h00 à 17h00
Géré par une famille maya accueillante
Cénote Ponderosa (spot de plongée)
Visuellement, ce magnifique cénote porte bien son surnom de Jardin d’Eden ! Situé au beau milieu d’une végétation luxuriante, son eau attrayante passe à peu près par tous les tons de verts et de bleus.
L’inconvénient, c’est qu’il est assez fréquenté : baigneurs, snorkelers et plongeurs, tout le monde vient se régaler dans ce superbe cénote. Mais on peut quand même y passer une demi-journée voire la journée entière tellement il est joli, agréable et parfaitement aménagé.
Nous y avons plongé, car c’est l’un des cénotes où cette activité est possible. Après avoir admiré sous l’eau le bassin principal (celui de la photo ci-dessus), on pénètre dans un réseau de galeries et de grottes sous-marines. Claustrophobes s’abstenir.
Au bout du tunnel se trouve le clou du spectacle : des jeux de lumière subaquatiques impressionnants. En levant la tête, on aperçoit la jolie mangrove de l’autre côté de la surface. Elle est située dans un deuxième cénote, inaccessible à pied celui-là.
Les rayons du soleil se frayent un chemin à travers cette végétation tropicale puis transpercent la surface de l’eau jusqu’au fond du cénote. On dirait un décor de cinéma mais non, c’est juste la nature.
De retour dans le bassin du départ, une jolie petite tortue d’eau douce viendra nager tranquillement parmi nous. Une plongée cinq étoiles…
LA PLONGÉE A PONDEROSA
Profondeur max : 13 mètres
Site pas très poissonneux mais présence
de jolies petites tortues d'eau douce
Quelques fossiles de coquillages
Et surtout : des jeux de lumière exceptionnels
A Tulum comme à Playa del Carmen, les clubs de plongée sont nombreux et il n’y a que l’embarras du choix. Nous avons plongé avec Scuba Tulum, qui a été impeccable de bout en bout et que nous recommandons vivement.
Le cénote Ponderosa en bref...
Entrée : 200 pesos (enfants : 100 pesos)
Snack-bar, massages
Gratuit : toilettes et douches
Payant : casier, gilet de sauvetage (non obligatoire) et équipement de snorkeling
A 41 km de Tulum et 97 km de Cancun
Horaires : 8h00-17h00 mais fermé le samedi
Page Facebook : cénote Ponderosa
Cénote Peten Mac
Il est situé, avec son voisin le cénote Chikila (voir ci-après), tout à l’est de la ville de Rio Lagartos. Ils constituent tous les deux une excellente visite à faire quand on vient d’arriver dans la ville et qu’on a du temps à tuer avant la traditionnelle excursion du lendemain dans la mangrove.
On accède au Cénote Peten Mac par un agréable chemin qui serpente à travers la végétation.
Après quelques minutes de marche, ce sentier débouche sur un petit cénote très sauvage, cerné par un ponton et situé dans la jungle.
Dans ce cénote vivent deux crocodiles sauvages qui, lors de notre venue, ne se montrent pas tout de suite. Tout en guettant les gros reptiles, nous discutons avec deux guides locaux. C’est leur jour de repos et ils terminent leur partie de pêche. Ils n’ont pas attrapé le moindre poisson mais ils savourent quelques bières en pleine nature : il suffit parfois de pas grand-chose pour être heureux…
Nous leur expliquons que nous aurions bien aimé pouvoir observer ces deux crocodiles. Immédiatement, l’un d’eux attrape sa canne à pêche avec le bout de laquelle il tapote sans discontinuer la surface de l’eau.
Le résultat ne se fait pas attendre : en quelques secondes, un premier crocodile approche assez rapidement, un peu comme un petit chien à l’appel de son maître, suivi de près par le second. La scène est incroyable.
Ils nous expliquent alors que les rares visiteurs qui viennent jusqu’ici offrent parfois aux deux habitants du cénote un peu de nourriture (le nourrissage des animaux sauvages est évidemment une pratique à proscrire, dans l’intérêt des animaux…). C’est pourquoi ils ont ainsi accouru à l’appel du guide, espérant obtenir un petit quelque chose à se mettre sous la quenotte. Les deux reptiles resteront de longues minutes à quelques mètres de nous, flottant paisiblement à la surface.
Le guide nous explique que les jours précédents, la femelle a construit son nid à proximité du ponton. Il faut donc éviter d’approcher cette zone en présence de la future maman car, si ce crocodile d’eau douce n’est pas agressif envers les humains, il peut le devenir ponctuellement s’il croit qu’on va s’en prendre à son nid ou à ses oeufs.
Le nid de maman croco.
Pendant que nous discutons avec ces deux guides sympas qui nous racontent des histoires passionnantes sur la nature locale, l’un des deux sauriens plonge tranquillement, la gueule grande ouverte.
Il disparaît alors mais son congénère reste en surface à quatre ou cinq mètres à peine du ponton, ce qui me permet de le photographier de près.
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Inutile de préciser que, contrairement à la plupart des cénotes ouverts au public dans le Yucatan, on ne peut pas se baigner dans celui de Peten Mac ! Toutefois, cet endroit où nous n’avons croisé strictement aucun touriste pendant les quarante minutes passées sur place, est un régal pour les amoureux de la nature.
Nous quittons le cénote Peten Mac pour celui de Chikila, situé à quelques centaines de mètres de là.
Le cénote Peten Mac en bref... Entrée libre Sauvage et très peu touristique Cénote fermé à la baignade Situé à l'extrémité est de Rio Lagartos Restaurant à 500 mètres
Cénote Chikila
Avant de venir visiter ces deux cénotes voisins (Chikila et Peten Mac), on nous a expliqué qu’on ne pouvait se baigner que dans celui de Chikila, à cause des deux crocodiles qui habitent Peten Mac.
C’est ainsi qu’à peine arrivés à Chikila, nos deux fils se mettent en maillot et s’apprêtent à se jeter à l’eau pour se rafraîchir enfin, car l’atmosphère est suffocante avec une température extérieure et un taux d’humidité très élevés.
Et au moment de plonger, Victor, notre fils aîné, prononce cette phrase surréaliste : « on est bien d’accord, cet espèce de crocodile au fond, c’est un faux ? »
Nous ne sommes en effet pas méfiants car de jeunes enfants viennent tout juste de se baigner là, des dames lavent leur linge les pieds dans l’eau, et les locaux nous ont bien assuré avant de venir que les crocodiles ne pénétraient pas dans ce cénote, et qu’on pouvait donc s’y baigner sans crainte.
Mais la bestiole se met clairement à bouger au fond de l’eau : le faux crocodile est un vrai !
Le crocodile inattendu du cénote Chikila
Nous sommes abasourdis. Nous en informons immédiatement les dames, qui n’ont pas l’air plus étonnées que ça et continuent à laver leur linge comme si de rien n’était.
Les gamins qui viennent de sortir de l’eau reviennent admirer la bête, en n’y trempant toutefois pas le moindre orteil cette fois !
Renseignements pris, il s’avère que ce cénote communique avec la mer voisine par un réseau de galeries immergées (comme la plupart des cénotes d’ailleurs) et que même si c’est rare, il arrive parfois qu’un crocodile vienne se glisser ici !
Celui-ci n’est pas bien gros et les locaux nous assurent que les quelques crocodiles qui arrivent dans ce cénote n’ont jamais attaqué aucun baigneur. Mais nous ressentons quand même une grosse frayeur rétrospective, en imaginant ce qui aurait pu arriver si nos fils avaient plongé juste à côté de lui.
Une fois la stupeur passée, nous rigolons tous les quatre ensemble de ce qui constituera, bien malgré nous, une belle anecdote de voyage…
Et nous ne le savons pas encore mais dans quelques jours, nous plongerons avec un vrai crocodile (cf. Casa Cenote, ci-dessous).
Le cénote Chikila en bref...
Entrée libre
Très peu touristique
Situé à l'extrémité est de Rio Lagartos
Jetez un oeil au fond de l'eau avant de vous baigner !
Restaurant à 100 mètres
Cénote Las Piedras
Nous avons eu un coup de coeur pour ce joli petit cénote apparemment méconnu. Du moins pour l’instant…
Les propriétaires sont en train de terminer des travaux d’aménagement sans trop en faire : il y a toutes les commodités, un petit restaurant est à l’étude, mais rien n’est fait au détriment de la nature environnante, qui enjolive le site.
Une tyrolienne (6 mètres de haut pour une douzaine de mètres de long) et trois sautoirs (5 mètres, 6 mètres et 8 mètres) permettent de bien s’amuser, a fortiori quand on est tout seul sur place, comme ce fût le cas pour nous pendant deux heures.
Bon, il faut dire que nous avons eu droit à un orage pendant une demi-heure mais quand même, nous avons beaucoup aimé ce très agréable cénote.
Ici, la tyrolienne est gratuite !
Enfin, il faut ajouter que le propriétaire est très sympa, ouvert et disponible.
Pour résumer, si vous recherchez un cénote proche de Cancun mais loin des foules, alors foncez à celui de Las Piedras avant qu’il ne se fasse connaître…
Le cénote Las Piedras en bref...
Entrée : 150 pesos
Peu touristique, mais pour combien de temps encore ?...
Gilet de sauvetage obligatoire
A 38 km de Cancun et 121 km de Valladolid
Ouvert de 8h00 à 17h00
Casa Cenote (spot de plongée)
Après le cénote Ponderosa (el Jardin del Eden), c’est le deuxième et dernier cénote dans lequel nous avons plongé, mais quelle plongée !
Si l’expérience vous intéresse, ce cénote fait l’objet d’un article beaucoup plus détaillé : plonger avec un crocodile, qui comprend notamment toutes les infos pratiques nécessaires à la fin.
Autrement, voici un résumé de cette plongée inoubliable.
ATTENTION !
A 37 kilomètres au nord de Casa Cenote existe un autre... Casa Cenote ! Pour ne pas vous tromper, celui dont il est question dans cet article s'appelle également cénote Manati (ou Manatee). L'autre Casa Cenote a lui aussi un deuxième nom, c'est le cénote Xpu-Ha.
Dans le pire des cas, si vous arrivez par erreur au cénote Xpu-Ha, vous aurez juste 37 kilomètres à rouler pour rejoindre le cénote Manati (28 minutes en voiture selon Google...)
Et avant de faire demi-tour, vous pouvez toujours en profiter pour piquer une tête à Xpu-Ha...
Casa Cenote est une sorte de petit lagon aux eaux d’un vert irréel et enchanteur. Il est cerné par une mangrove luxuriante dans laquelle vit depuis des années un crocodile.
Casa Cenote
Pourtant, il y a tous les jours des gens qui se baignent dans ce cénote ! Et régulièrement, le reptile vient même nager parmi eux, de la manière la plus pacifique qui soit. Cela fait des années que ça dure, et il n’a jamais attaqué personne.
Les autorités surveillent régulièrement la croissance de cet animal qui est à l’âge adolescent, et qui continue donc à grandir et grossir. Aujourd’hui, il mesure environ deux mètres.
C’est un crocodile de Morelet, un crocodile d’eau douce qui mange uniquement des poissons et qui n’est pas agressif envers l’homme, tant qu’on le laisse tranquille.
Le crocodile de Casa Cenote est donc connu des locaux depuis des années, à tel point qu’ils lui ont donné un prénom, Pancho, et même un surnom affectueux : Panchito. Certains viennent de loin pour le voir de près ! C’est notre cas et c’est en plongée que nous sommes allés à sa rencontre.
Après avoir longé la mangrove pendant quelques minutes à très faible profondeur (un à trois mètres), nous passons carrément… en-dessous !
C’est ainsi que nous nous retrouvons à palmer dans un réseau inattendu de tunnels et de galeries, qui traversent même une ou deux petites grottes sous-marines.
Ce genre de plongées spéléos présentent un certain nombre de particularités :
Il y fait évidemment très sombre (ce qui n’arrange pas la qualité de mes photos !).
Surtout, il est impossible de remonter à la surface, puisqu’il n’y a pas de surface dans ces tunnels sous-marins entièrement immergés ! Il faut d’ailleurs signer une décharge avant la plongée.
Il est obligatoire de plonger au fil d’Ariane, que déroule mètre après mètre notre guide, la plongeuse expérimentée Isella.
Le/la guide, justement, doit obligatoirement avoir une habilitation spécifique aux plongées spéléos, en plus des diplômes habituels de prof de plongée.
Enfin, ce cénote communique avec la mer par les galeries sous-marines. Un peu d’eau de mer salée pénètre ainsi dans le cénote, mais elle ne se mélange pas à l’eau douce. Cette séparation entre l’eau salée et l’eau douce, qui s’appelle halocline, a des conséquences. En effet, l’eau salée étant naturellement plus dense que l’eau douce, elle stagne au fond où, étonnamment, on arrive à la distinguer visuellement de l’eau douce. Car elle ressemble à une sorte de grande nappe d’huile. Et dès qu’on nage dedans, tout devient trouble, un peu comme quand on ouvre les yeux sous l’eau sans masque. Ce manque de visibilité n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant quand on guette un crocodile sauvage, mais cette expérience déstabilisante vaut le détour.
Plongée dans les entrailles de Casa Cenote
Voilà pour le décor de cette plongée surréaliste…
Le long de ce réseau de galeries sous-marines, quelques trouées dans la mangrove au-dessus de nos têtes laissent passer les rayons du soleil, ce qui est visuellement du plus bel effet.
Pendant le briefing précédant la plongée, Isella nous avait prévenus que dès la sortie des tunnels commençait le territoire de Panchito.
Et en effet, à peine extirpés de ces galeries, Isella nous montre la patte palmée de Panchito juste sous la surface de l’eau, délicatement posée sur la mangrove, au milieu des rayons du soleil. Le reste de la bête est donc au-dessus de la surface, non visible pour nous à cet instant précis.
A part quelques bouts de racines, tout est noir autour de cette patte et l’eau est chargée en particules, mais l’instant est fascinant à vivre.
Isella nous fait signe que nous allons remonter à la surface, pour le voir de plus près et en entier. Du coup, l’adrénaline aussi monte un peu, bien que nous nous sentions tous les trois d’une étonnante sérénité.
Plongeur et poisson observent une patte de crocodile
Nous nous demandons dans quelle posture nous allons le trouver de l’autre côté de la surface : sera-t-il en train de nous observer ? ou sur la défensive ? ou la gueule ouverte ? Et bien en fait, une fois à la surface, il s’avère… qu’il pique un somme !
A l’ombre de la mangrove, Panchito… lézarde !
Il est à quatre ou cinq mètres de nous, tranquillement affalé sur la mangrove à l’ombre de la végétation, où il somnole. Du moins en a-t-il l’air, car nous voyons bien qu’il nous observe quand même du coin de son oeil entrouvert. Mais il n’est évidemment pas plus agressif qu’il ne l’a jamais été avec personne et il se repose paisiblement, vraisemblablement habitué aux visiteurs tels que nous.
Impossible de prendre une photo correcte de lui, à cause de l’objectif ultra-grand angle de ma GoPro qui éloigne et rapetisse Panchito (la photo suivante est juste recadrée).
Panchito
En plus, il est caché dans l’ombre de la mangrove et ce fort contraste, entre les basses lumières de l’ombre de la végétation et les hautes lumières des feuillages en plein soleil, ne facilite pas non plus la prise de vues.
Mais tant pis, le moment est intense quand même pour mes deux fils et moi. Je les photographie tour à tour devant Panchito avant de replonger. Il ne nous suivra pas.
Nous gardons aujourd’hui encore un souvenir impérissable de cette plongée unique.
LA PLONGÉE A CASA CENOTE
Profondeur max : 8 mètres
Plongée dans une mangrove
Site étonnamment poissonneux
Quelques fossiles de coquillages
Plongée avec un crocodile
Nous avons plongé avec Scuba Tulum, un club comme on les aime : accueil simple et amical, conditions de sécurité respectées mais sans la prise de tête qui va parfois avec.
Casa Cenote en bref...
Entrée : 150 pesos
Fréquentation touristique variable
A louer : équipements de snorkeling, kayaks, paddle
Gilet de sauvetage non obligatoire
A 12 km de Tulum et 122 km de Cancun
Horaires : 9h00-17h00
Cénote Chihuan
Voilà un cénote parfait quand on fait la route de Valladolid à Mérida ou inversement, car il est situé à mi-chemin entre ces deux belles villes coloniales.
L’entrée du cénote ainsi que sa galerie d’accès creusée à même la roche (attention, le plafond est très bas) sont décorées façon locale.
Cette galerie naturelle débouche sur un cénote atypique en forme de grotte. Il est assez fascinant avec ses dimensions réduites, ses stalactites, sa roche beige et grise, et son eau d’un bleu profond, délicieusement rafraîchissante au vu du taux d’humidité très élevé dans ce lieu clos.
Le cénote Chihuan en bref...
Entrée : 100 pesos
Douches
Gilet de sauvetage non obligatoire
A 82 km de Valladolid et 78 km de Mérida
Horaires : 9h00-22h00 !
Cénote Xcanche
Situé au nord de Valladolid et juste à côté du site maya d’Ek Balam, il est cerné par une végétation luxuriante dans un très joli cadre naturel.
Dominant le cénote depuis le haut des falaises qui l’entourent, quelques arbres à l’âge vénérable envoient leurs racines boire l’eau du cénote une quinzaine de mètres plus bas.
Quelques aménagements permettent de s’amuser : un plongeoir (8 mètres de haut) ainsi qu’une corde de Tarzan tous deux gratuits, mais aussi une tyrolienne abusivement payante (100 pesos pour deux misérables sauts).
Le Cénote Xcanche par temps gris…
Nous n’avons eu que de la pluie pendant notre baignade dans ce cénote, c’est pourquoi les photos présentées ici ont des couleurs fades qui ne rendent pas justice à la beauté réelle du site.
Le cénote Xcanche en bref...
Entrée : 170 pesos
Tyrolienne payante : 100 pesos pour 2 sauts
Gilet de sauvetage non obligatoire
Possibilité de dormir dans des cabanes
A 29 km de Valladolid, 93 km de Rio Lagartos et 173 km de Cancun
Cénote géré par une coopérative de familles mayas
Bilan
Difficile de prétendre que tel cénote est plus beau ou plus agréable que tel autre car cela dépend évidemment des goûts et des attentes de chacun, mais ces sites sont généralement enchanteurs.
Pour notre part, nous avons adoré :
Ik’kil pour sa beauté sauvage
X’ux Ha et Chihuan, pour leur ambiance et leur beauté spécifiques aux grottes
Ponderosa et Casa Cenote pour les plongées incroyables que nous avons eu la chance d’y faire
Las Piedras : notre coup de coeur
J’ajoute que j’ai été le seul de la famille à me régaler à Peten Mac, car j’ai adoré pouvoir observer longuement et de près deux crocodiles sauvages.
En tout cas, une chose est sûre : les cénotes, il y en a pour tous les goûts, et chacun y trouve son compte…
Bon, j’avoue que le titre peut paraître un peu racoleur et pourtant, il reflète exactement la réalité puisque c’est ce que nous avons fait, et que tout le monde peut faire. Alors, en quoi cette expérience insolite et inoubliable consiste-t-elle exactement ?
Dans la région de Tulum, il existe un cénote (une sorte de vaste puits naturel) dans lequel un crocodile sauvage a élu domicile il y a plusieurs années.
Casa Cenote, c’est le nom de ce joli site très nature, est une sorte de petit lagon aux eaux d’un vert irréel et enchanteur. Il est cerné par une mangrove luxuriante.
Casa Cenote, sa mangrove et son eau vert-émeraude
C’est donc là qu’habite un crocodile sauvage. Pourtant, il y a tous les jours des gens qui s’y baignent ! Et régulièrement, le reptile vient même nager parmi eux, de la manière la plus pacifique qui soit. Cela fait des années que ça dure, et il n’a jamais attaqué personne.
Si vous voulez vous lancer vous aussi, que ce soit à la nage ou en plongée sous-marine (les deux étant possibles), toutes les infos pratiques sont en fin d’article.
A ce stade du récit, il faut faire tomber un mythe : les crocodiles ne sont pas forcément tous des mangeurs d’hommes, loin de là. Cela dépend des espèces et de leur répartition géographique, les crocodiles d’eau douce étant généralement peu voire pas agressifs, à la différence des crocodiles marins.
Le crocodile de Casa Cenote est un crocodile de Morelet (cf. infos pratiques en fin d’article). Il s’agit d’une espèce de crocodiles d’eau douce qui ne s’approchent guère des humains, même s’il faut bien évidemment toujours rester prudent : si on le menace ou si on l’approche d’un peu trop près, il peut devenir agressif pour se défendre.
Son menu alimentaire est essentiellement composé de poissons, de petits mammifères et d’oiseaux. Pas d’humains.
Le crocodile de Morelet ne dépasse guère les trois mètres à l’âge adulte. Celui de Casa Cenote, encore jeune, en mesure environ deux actuellement.
Panchito le croco
Ce crocodile de Casa Cenote est donc connu des locaux depuis des années, à tel point qu’ils lui ont donné un prénom, Pancho, et même un surnom affectueux : Panchito ! La bête est devenue la star des lieux et, si les baigneurs ne se bousculent pas forcément au portillon, il y en a quand même tous les jours quelques-uns qui nagent ici. Certains viennent même de loin pour le voir de près !
C’est notre cas, et c’est en plongée sous-marine que nous sommes allés à la rencontre de Panchito…
Plongée dans la mangrove
Plongée spéléo sous la mangrove
La plongée commence dans ce qui est bien souvent le territoire des crocodiles : la mangrove.
La mangrove au-dessus de nos têtes pendant la plongée
Longer cette jolie végétation la tête sous l’eau en guettant un crocodile est une expérience unique. La mangrove vue du dessous est superbe, ses multiples dégradés de verts se reflètent à la surface en scintillant au soleil, et je regrette tellement de ne pas avoir un appareil photo qui puisse restituer fidèlement ces magnifiques images. Heureusement, elles restent gravées dans ma mémoire…
La mangrove au-dessus de nos têtes, pendant la plongée.
Après avoir longé la mangrove pendant quelques minutes à très faible profondeur (un à trois mètres), nous passons carrément… en-dessous ! C’est ainsi que nous nous retrouvons à palmer dans un réseau de tunnels et de galeries, qui traversent même une ou deux petites grottes sous-marines.
Ce genre de plongées de type spéléo présentent un certain nombre de particularités :
Il y fait évidemment très sombre (ce qui n’arrange décidément pas la qualité de mes photos !)
Surtout, dans ces tunnels sous-marins entièrement immergés, il est impossible de remonter à la surface pour respirer à l’air libre puisque… il n’y a pas de surface ! Il faut d’ailleurs signer une décharge (stipulant qu’on a bien été informé/e) avant la plongée.
Il est obligatoire de plonger au fil d’Ariane, que déroule mètre après mètre notre guide, la plongeuse expérimentée Isella.
Le/la guide, justement, doit obligatoirement avoir une habilitation spécifique aux plongées spéléo, en plus des diplômes habituels de prof de plongée.
Enfin, ce cénote communique avec la mer par des galeries sous-marines. Un peu d’eau de mer salée pénètre ainsi dans le cénote, mais elle ne se mélange pas à l’eau douce. Cette séparation entre l’eau salée et l’eau douce s’appelle halocline. L’eau salée étant naturellement plus dense que l’eau douce, elle stagne au fond où, étonnamment, on arrive quand même à la distinguer visuellement de l’eau douce ! Car elle ressemble à une sorte de grande nappe d’huile. Dès qu’on nage dedans, tout devient trouble, un peu comme quand on ouvre les yeux sous l’eau sans masque. Ce manque de visibilité n’est pas ce qu’il y a de plus rassurant quand on guette un crocodile sauvage, mais cette expérience déstabilisante vaut le détour.
Arrivée dans une grotte, sous la mangrove
Voilà pour le décor de cette plongée surréaliste…
Le long de ce réseau de galeries sous-marines, quelques trouées dans la mangrove au-dessus de nos têtes laissent passer les rayons du soleil, ce qui est visuellement du plus bel effet.
Et oui, un photographe pro avec de l’excellent matos photo de plongée est venu nous tirer le portrait là-dessous, d’où la bien meilleure qualité des images ci-dessus.
Quand nous sortons du tunnel, nous savons que c’est plus précisément ici que commence le territoire de Panchito. Car pendant son briefing précédant la plongée, Isella nous a bien expliqué que notre grand saurien dentu vivait essentiellement dans cette partie-là du cénote, dès la sortie des galeries.
La rencontre
Et en effet, à peine extirpés des tunnels, elle nous fait immédiatement de grands signes, pointant du doigt la surface de l’eau. Dans un premier temps, nous n’apercevons aucun crocodile à l’horizon. Face à notre passivité, Isella joint ses deux coudes pour former un grand V avec ses deux avant-bras puis claque ses deux mains, mimant une mâchoire qui se referme brusquement !
Le doute n’est plus permis, Panchito est quelque part par là.
Et en effet, nous finissons par apercevoir sa patte palmée juste sous la surface de l’eau, délicatement posée sur la mangrove, au milieu des rayons du soleil. Le reste de la bête est donc au-dessus de la surface, non visible pour nous à cet instant précis.
La patte palmée de Panchito, quelques mètres au-dessus de nos têtes
A part quelques bouts de racines, tout est noir autour de cette patte et l’eau est chargée en particules, mais l’instant est fascinant à vivre.
Isella nous fait signe que nous allons remonter à la surface, pour le voir de plus près et en entier. Du coup, l’adrénaline aussi monte un peu mais pas tant que ça finalement, car nous nous sentons tous les trois d’une étonnante sérénité.
Poisson et plongeur observent la patte d’un crocodile…
Nous nous demandons dans quelle posture nous allons le trouver de l’autre côté de la surface : sera-t-il en train de nous observer ? ou sur la défensive ? ou la gueule ouverte ? Et bien en fait, une fois à la surface, il s’avère… qu’il pique un somme !
A l’ombre de la mangrove, Panchito le crocodile… lézarde !
Il est à quatre ou cinq mètres de nous, tranquillement affalé sur la mangrove à l’ombre de la végétation, où il somnole. Du moins en a-t-il l’air, car nous voyons bien qu’il nous observe quand même du coin de son oeil entrouvert. Mais il n’est évidemment pas plus agressif qu’il ne l’a jamais été avec personne et il se repose paisiblement, vraisemblablement habitué aux visiteurs tels que nous.
Impossible de prendre une photo correcte de lui, à cause de l’objectif ultra-grand angle de ma GoPro qui éloigne et rapetisse Panchito (la photo suivante est un simple recadrage).
En plus, il est caché dans l’ombre de la mangrove et ce fort contraste, entre les basses lumières de l’ombre de la végétation et les hautes lumières des feuillages en plein soleil, ne facilite pas non plus la prise de vues.
Mais tant pis, le moment est intense quand même pour mes deux fils et moi. A tour de rôle, ils me demandent de leur tirer le portrait devant la bête.
Nous savourons à fond ces deux petites minutes passées avec ce compagnon unique, qui n’aura au final pas bougé une écaille !
Retour sur terre
Mais il faut déjà repartir. Nous remettons la tête sous l’eau en espérant qu’il fasse de même, car il paraît que l’observation d’un crocodile qui se dandine dans l’eau vaut son pesant d’or.
Mais non : Panchito préfère continuer tranquillement sa sieste, malgré les poissons sous la surface qui viennent le narguer sans relâche jusque devant ses quenottes. Mais peut-être est-il justement sur la digestion de son dernier repas…
Le long de la mangrove, avec mes deux fistons…
Avant de venir au Mexique, j’avais lu beaucoup d’infos diverses et variées sur le web, à propos de Panchito. Donc avant et après cette plongée, j’interroge Isella pour essayer de faire le tri entre toutes ces infos, car certaines m’intriguent. Par exemple, j’avais lu que Panchito mesurait un mètre et ne grandissait plus, ou encore que le cénote était fermé et donc inaccessible aux autres crocodiles, etc.
Un sourire au coin des lèvres, Isella dément diplomatiquement ces fake news. Elle nous explique que ce crocodile est régulièrement suivi par les autorités, qui l’ont d’ailleurs mesuré et pesé encore récemment. Il a grandi un peu et pris du poids depuis les mesures précédentes, ce qui est normal. Selon les spécialistes, il est encore à l’âge « adolescent » et du haut de ses deux mètres, il ne présente actuellement aucun danger pour l’homme.
Elle nous explique également que, comme à peu près tous les cénotes, celui-ci communique bel et bien avec la mer par un réseau de galeries sous-marines. Et contrairement à ce que j’ai lu sur le web, il arrive, même si c’est rare, que d’autres crocodiles y pénètrent.
Mais ce grand reptile est par nature un animal territorial : il défend notamment son nid, ou encore les zones dans lesquelles il se nourrit, etc. C’est pourquoi les congénères de Panchito qui arrivent parfois jusqu’ici ne restent jamais bien longtemps sur son territoire…
Pour terminer et sans transition, je dois préciser que le site est globalement assez poissonneux dans l’ensemble, ce qui rend cette plongée atypique encore plus belle.
Bilan
Je ne retire que deux regrets, sans grande importance finalement, de cette rencontre de Panchito : ne pas l’avoir vu nager, et ne pas avoir pu le prendre correctement en photo.
Bien sûr, nous aurions aimé le voir nager autour de nous mais d’un autre côté, nous aurions aussi pu ne pas l’apercevoir du tout.
En effet, il arrive que Panchito soit sorti du cénote quand des visiteurs viennent l’observer, ou encore qu’il soit trop bien caché dans la mangrove pour qu’on puisse déceler sa présence. Ces visiteurs-là repartent donc bredouilles, c’est pourquoi nous savourons la chance que nous avons eue de pouvoir le voir et l’approcher : nous ne sommes pas près d’oublier ce moment.
Cela étant dit, il est quand même frustrant d’écrire cet article sans pouvoir vous montrer plus en détails à quoi ressemblent de près ces crocodiles d’eau douce du Yucatan. Aussi, voici quand même deux photos, non pas de Panchito lui-même mais de deux de ses semblables. Je les ai prises en eau douce trois jours plus tôt dans le nord du Yucatan, non plus avec le grand-angle de ma GoPro mais avec le téléobjectif d’un appareil photo digne de ce nom….
Cénote de Peten Mac (Rio Lagartos)Dans la mangrove en face de Rio Lagartos
Objectivement, s’il paraît contre nature d’aller ainsi à la rencontre d’un crocodile sauvage sur son propre territoire, je me rends compte avec le recul qu’il faut relativiser un peu la portée de cette expérience.
Car si le crocodile apparaît souvent dans l’inconscient collectif comme un animal effrayant (à cause notamment de son impressionnante dentition et de la puissance phénoménale de sa mâchoire), cette phobie générale est aussi et surtout due à notre méconnaissance de l’animal. C’est un peu comme l’énorme phobie qu’on avait… des baleines au 19e siècle, juste parce qu’on ne savait rien d’elles, ce qui nous fait doucement sourire maintenant qu’on les connaît et qu’on les sait totalement inoffensives.
Ainsi, en se renseignant un peu, on apprend que les crocodiles d’eau douce comme le crocodile de Morelet, n’attaquent à peu près jamais l’homme. Seules quelques espèces peuvent être réellement dangereuses, notamment le crocodile du Nil, présent dans une vaste partie de l’Afrique, et le crocodile marin que l’on trouve essentiellement en Australie et en Asie du Sud-Est (voir les infos pratiques en fin d’article pour le comparatif des mensurations…).
Au final, la rencontre de Panchito fut un grand moment pour nous, parce que cet animal mythique est impressionnant à observer.
Cette plongée unique s’avère être l’une des plus mémorables de toutes celles que nous ayons jamais faites, grâce à Panchito le croco bien sûr, mais aussi pour les galeries sous-marines et pour la beauté de la mangrove, si belle à observer depuis le dessous…
A qui le tour ?…
Si cette expérience magique vous attire vous aussi (on peut donc partir à la rencontre de Panchito en plongée, mais aussi simplement en nageant dans le cénote), voici quelques infos pratiques qui pourront vous aider.
Après les avoir lues, il ne vous restera plus… qu’à vous jeter à l’eau…
Les beautés du Yucatan en 2 mn.
Infos pratiques
Un plongeur averti en vaut deux…
En préambule, il convient de rappeler l’évidence : même si le crocodile de Morelet en général, et Panchito en particulier, ne sont pas considérés comme dangereux pour les humains, on ne peut jamais connaître à l’avance les réactions d’un animal sauvage, a fortiori d’un crocodile. Alors, n’oubliez pas de toujours rester en retrait par rapport à Panchito. C’est la base.
Certes, les crocodiles d’eau douce ne sont pas aussi agressifs que les crocodiles marins. Mais quand on est sur le territoire naturel de Panchito, il ne faut quand même pas l’approcher de trop près même si cela peut paraître tentant, car il pourrait se sentir agressé et se défendre. Et se défendre pour un crocodile, ça veut dire attaquer…
Parfois, l’inverse se produit et c’est lui qui vient quasiment au contact des nageurs et des plongeurs. Si c’est le cas, il ne faut évidemment pas essayer de le toucher, toujours pour les mêmes raisons.
Enfin, il faut garder à l’esprit qu’on n’est pas assuré de rencontrer Panchito à tous les coups. Il arrive qu’il soit caché quelque part dans la mangrove sans qu’on arrive à l’apercevoir, ou encore qu’il sorte du cénote pendant qu’on l’y cherche, etc.
Casa Cenote : comment y aller ?
Ce joli cénote est situé en bord de mer, sur la côte est du Yucatan, à 12 km au nord de Tulum et 56 km au sud de Playa del Carmen, sur la nationale 307 qui relie ces deux villes. Il est donc très facile de s’y rendre en voiture, ou en collectivo (mini-bus qui sillonne les routes et qui est beaucoup moins cher qu’un taxi).
Comme pour beaucoup de cénotes, l’entrée est indiquée en bord de route par un grand panneau. Si vous arrivez en collectivo, il ne vous reste plus qu’à marcher un à deux kilomètres (quelques taxis guettent parfois les clients à cet endroit pour leur éviter de marcher en plein cagnard).
Casa Cenote ou Casa Cenote ? Ne vous trompez pas…
Attention, il existe deux cénotes portant le nom de Casa Cenote, à quelques kilomètres de distance l’un de l’autre !
Celui dont nous parlons dans cet article (en rouge sur la carte ci-dessus), s’appelle également Cenote Manatee (ou Manati). C’est là que vit Panchito.
Il ne faut pas le confondre avec l’autre Casa Cenote, plus souvent appelé Cenote Xpuha, situé à une vingtaine de kilomètres plus au nord.
Plonger à Casa Cenote
La profondeur maximale est de 8 mètres, et c’est l’un des rares cénotes où les débutants peuvent plonger, car on peut y faire des baptêmes.
Nous avons plongé avec Scuba Tulum, un club comme on les aime : accueil simple et amical, conditions de sécurité respectées mais sans la prise de tête qui va parfois avec, présence de quelques clients mais pas trop comme dans certains clubs où c’est l’usine.
Les deux interlocutrices que nous avons eues, Gwadalupe et Isella, ont toujours su rester simples et ouvertes. Elles ont répondu patiemment à nos nombreuses questions et nous ont appris une foule de choses passionnantes, sur les crocodiles mais aussi sur la nature du Yucatan, les habitants, leur mode de vie etc.
Comme toutes les plongées au Mexique, le prix n’est pas donné mais il est conforme à ceux pratiqués dans les différents clubs de plongée de Tulum : 2 plongées pour 150 euros par personne (mais quelles plongées !). Dans tous les cénotes, il faut y ajouter les frais d’entrée : pour Casa Cénote, c’est 200 pesos par personne (environ 10-11 euros).
En conclusion, nous gardons un magnifique souvenir de l’expérience de plongée vécue avec ce club.
A noter que, outre les plongées dans les différents cénotes de la région, Scuba Tulum organise aussi des plongées dans l’océan.
N.B. A l’heure où j’écris ces lignes, Scuba Tulum est noté… 5/5 sur Tripadvisor, sur 218 avis, rien que ça ! Comme quoi il n’y a pas que nous qui avons apprécié…
Toutefois, il existe également la possibilité de s’adresser aux nombreux autres clubs de plongée de Tulum, qui se rendent tous régulièrement sur ce spot.
Nager à Casa Cenote
On n’est pas obligé de plonger pour rencontrer Panchito le Croco : on peut aussi nager. Il suffit pour cela de s’équiper d’un masque, d’un tuba et de palmes, puis de se mettre à l’eau à l’entrée du cénote.
Certains nageurs, notamment des locaux qui viennent se baigner ici en famille, restent dans cette partie du cénote, laquelle est visuellement superbe avec son eau vert-émeraude.
Pour aller voir le crocodile, il faut nager vers la zone qu’il fréquente le plus. Une poignée de minutes suffisent pour y aller. En gros, il faut suivre la mangrove à main gauche, mais le mieux est de visualiser le plan du site, affiché à l’entrée et que voici :
Le plan du cénote est affiché à l’entrée, au niveau de la mise à l’eau
Sur le plan ci-dessus, la mise à l’eau est située en bas à gauche (main entrance), et Panchito vit le plus souvent dans la zone située en haut à droite (entre Crack Passage et Cavern limit).
Autrement, pour plus de précisions, il suffit de demander aux locaux présents sur place.
Les autres activités
Il y a la possibilité de louer sur place masque et tuba mais aussi kayak et paddle : il est donc également possible d’aller à la rencontre de Panchito à la rame !
Du strict point de vue pratique, on peut louer un casier pour entreposer ses affaires.
Une petite photo avec Panchito ?
Entre le parking et l’arrivée dans l’eau (séparés d’une vingtaine de mètres à peine), on trouve le photographe officiel du cénote dans une petite paillotte. C’est lui qui suit régulièrement les palanquées de plongeurs afin de les immortaliser.
En sortant de l’eau, on lui demande de visualiser les photos qu’il a prises et si on veut les acheter, il y a deux tarifs : 300 pesos la photo (environ 16 euros) ou 800 pesos toutes les photos (environ 42 euros). Le nombre d’images dépend du nombre de plongeurs, pour nous c’est environ six à sept photos de chacun de nous trois, soit une vingtaine en tout.
Pour les snorkelers démunis d’appareil photo étanche et qui voudraient absolument se faire immortaliser avec Panchito, il y a moyen de négocier une session photos avec le photographe du cénote avant de se mettre à l’eau…
La plage paradisiaque de Tankah Beach
Casa Cénote étant cerné par la mangrove, il n’y a pas vraiment la place d’étaler sa serviette pour aller se baigner. On peut simplement la poser dans un coin le temps de la baignade, ou louer un casier.
Mais de l’autre côté de la mangrove, il y a la mer, et notamment la très jolie plage de Tankah Beach (ou Tankah Bay, ou encore Tankah Tres). Bon, c’est vrai qu’elle est bordée d’hôtels, mais cela reste un bon plan d’aller se poser sur cette belle plage après la baignade à Casa Cenote. En plus, il y a la possibilité de se restaurer dans les hôtels.
Le crocodile de Morelet
S’ils voulaient nous faire peur, les crocodiles de mords-les ne s’appelleraient pas autrement ! Mais leur nom est en fait celui du découvreur de l’espèce en 1850, un naturaliste français : Pierre Marie Arthur Morelet.
Comme tous les autres crocodiles, leur oeil est recouvert d’une membrane nictitante, c’est-à-dire qui leur permet de voir sous l’eau, comme nous avec un masque. Ils la rétractent dès qu’il reviennent à la surface.
Sur terre, leurs pattes courtes mais puissantes leur permettent des projections fulgurantes.
Le seul prédateur de ce crocodile (devinez qui ? L’homme, bien sûr…) l’a en partie décimé en le chassant longtemps pour sa peau, de grande qualité paraît-il…
Aujourd’hui protégé dans les trois seuls pays où il vit (côte est du Mexique, Guatemala et Belize), le crocodile de Morelet est désormais menacé par la déforestation (elle aussi d’origine humaine…) qui réduit dangereusement son habitat naturel.
Enfin, terminons par une petite comparaison des mensurations du crocodile de Morelet, et des deux crocodiles les plus dangereux du monde : le crocodile du Nil (Afrique) et le crocodile marin (Australie et sud-est asiatique).
Crocodile de Morelet : environ 3 mètres et 200 kilos.
Crocodile du Nil et crocodile marin : jusqu’à 6 mètres et une tonne !
Infos diverses
Casa Cenote fait partie de Sac Actun, le plus grand réseau de galeries souterraines du monde : 350 kilomètres en tout, dont 260 sont immergés.
Manatee, l’autre nom de Casa Cenote, signifie lamantin, en référence à l’époque où ce cénote était aussi fréquenté par des lamantins.
Le gouvernement mexicain a créé un site web encyclopédique passionnant, recensant toutes les espèces animales et végétales vivant sur le territoire : enciclovida.mx. On y parle bien entendu, entre autres, de crocodiles.
Dans le Yucatan, sur l’île paradisiaque d’Holbox, il n’y a pas que les couleurs de la mer qui valent le détour : dans les ruelles, de nombreuses façades arborent fièrement de jolies fresques colorées. Démonstration en images…
Une petite dernière pour terminer, qui vient non pas d’Holbox mais de Rio Lagartos, non loin de là…