PRAGUE : LA VILLE AUX 100 CLOCHERS

La "ville aux cent clochers" : Prague mérite bien son surnom
La « ville aux cent clochers » porte bien son surnom

Incontournable, Prague ? Sans aucun doute. Mais cette réputation a un prix : le tourisme de masse ! Celui qui souhaite découvrir cette superbe ville doit donc savoir ce qui l’attend : elle est noire de monde une bonne partie de l’année. Mais elle vaut tellement le coup.


  1. « Karlův Most » : le pont Charles
  2. Le château et la cathédrale
  3. La place de la Vieille-Ville
  4. La colline de Petřín 
  5. Balade sur les rives de la Vltava
  6. D’autres sites à voir
  7. Infos pratiques

La Vltava (ou Moldau) coule au cœur de Prague
La Vltava (ou Moldau) coule au cœur de Prague

« Karlův Most » : le pont Charles

Bon, commençons par l’emblème de Prague : le pont Charles. Pour faire simple, il est noir de monde du matin au soir ! Aussi, pour ceux qui souhaitent éviter la foule, l’aube est le meilleur moment pour le découvrir.

Et il faut dire que c’est assez jubilatoire de s’y retrouver à peu près seul, au petit matin. Un inconvénient toutefois, et pas le moindre : il faut se lever avant tout le monde, y compris avant le soleil, c’est-à-dire très tôt !

En journée, ce pont est donc ultra-fréquenté et c’est une autre façon de le découvrir : il est animé par de nombreux musiciens, peintres, montreurs de serpents etc. Le soir, il ne désemplit toujours pas mais la balade reste agréable, notamment au coucher du soleil.


Le château et la cathédrale

Le pont Charles enjambe la Vltava et relie la vieille ville au quartier Malá Strana, où les rues sont bordées de magnifiques façades colorées.

Un peu plus loin, au sommet d’une colline se situe le château de Prague, qui domine la ville. C’est là qu’ont siégé pendant des siècles les empereurs et rois de Bohême ainsi que, actuellement, les présidents tchèques.

La cour d'entrée du château de Prague
La cour d’entrée du château de Prague

A l’intérieur du château se dresse fièrement la cathédrale Saint-Guy.

Le site est lui aussi très fréquenté.


La place de la Vieille-Ville

De retour vers le centre-ville, après avoir traversé le pont Charles en sens inverse, ce circuit en termine avec le podium des sites les plus touristiques de Prague : la place de la Vieille-Ville.

Les flèches de l’église Notre-Dame du Týn jaillissent au-dessus des nombreuses façades colorées qui ornent la place. Ses clochers semblent tout droit sortis des mille et une nuits.

En face se dresse la tour de l’Hôtel de Ville, qui comporte notamment une horloge astronomique unique. Selon la légende, on aurait crevé les yeux de son concepteur pour qu’il lui soit impossible de reconstruire ailleurs un tel chef-d’œuvre !

A gauche, la tour de l'Hôtel de Ville et sa fameuse horloge astronomique
A gauche, la tour de l’Hôtel de Ville et sa fameuse horloge astronomique. Au fond, Notre-Dame du Týn

Dans le hall d’entrée de la tour, passage obligé pour monter au sommet, il ne faut pas oublier de lever les yeux au plafond.

Une fois arrivé en haut, on bénéficie d’une vue dégagée sur la ville.


La colline de Petřín 

Dominant Prague, la colline de Petřin est recouverte par un très vaste parc. Cette oasis de verdure située en pleine ville est particulièrement agréable. On monte au sommet soit à pied, soit en funiculaire. Le compromis que nous avons trouvé consiste à faire la montée en funiculaire, et la descente à pied, pour profiter du parc.

Sur la colline de Petrin, l'église Saint-Laurent
Sur la colline de Petřín , l’église Saint-Laurent

Au sommet de la colline se dresse… la Tour Eiffel !

Du haut de ses 60 mètres, cette petite copie construite deux ans après la vraie, offre une jolie vue sur la ville. Du moins quand le temps s’y prête, ce qui n’était pas franchement le cas lors de notre venue.


Balade sur les rives de la Vltava

Se promener le long de la rivière qui traverse Prague permet de découvrir tranquillement quelques sites typiques de la ville.


Il est situé à quelques encablures du Pont Charles, sur la rive gauche.

Peu de temps après l’assassinat de John Lennon en 1980, apparaît un premier dessin sur ce mur d’apparence jusque-là anodine.

Puis très vite, les dessins et les messages qui s’y succèdent prennent un caractère politique hostile au régime communiste alors en place. John Lennon est considéré comme une icône de la paix, et ce mur devient un véritable lieu culte pour les étudiants pragois.

Aujourd’hui, outre des messages de paix, on y trouve également un peu tout et n’importe quoi…


En poursuivant la balade vers le sud, toujours en longeant la Vltava mais rive droite cette fois, on arrive rapidement au Théâtre national de Prague.

Avec son toit doré, ce superbe bâtiment, considéré comme l’un des plus beaux de la ville, a marqué l’histoire du pays. Il symbolise en effet l’identité nationale, depuis l’époque ou le pays cherchait à s’émanciper de la domination austro-hongroise.


Depuis le Théâtre national, la large avenue qui longe la Vltava vers le sud est elle aussi bordée de superbes façades.

Le quai Masaryk
Le quai Masaryk mène à la Maison Dansante

C’est un peu plus loin qu’est située la Maison Dansante, appelée Fred et Ginger à son origine, en hommage à Fred Astaire et Ginger Rogers.

Au fond, un peu tordue, la Maison Dansante

L’un de ses deux architectes, Frank Gehry, est considéré comme l’un des plus grands architectes encore vivants. Il compte notamment parmi ses œuvres le fameux musée Guggenheim de Bilbao.

Le soir, l’éclairage de cet immeuble de bureaux peu banal change en permanence de couleurs…


En remontant tranquillement vers le pont Charles, on a une vue imprenable sur le château et la cathédrale.

A noter qu’on peut aussi faire cette balade en pédalo sur la Vltava, le meilleur moment étant le coucher du soleil.

Vidéo : les plus belles images de Prague, condensées en 2 minutes


D’autres sites à voir


Une longue avenue bordée de superbes façades mène à cette place incontournable, située en plein-centre-ville. Dominée par le musée national, elle est considérée par certains comme les Champs-Élysées de Prague !

Le musée national

La star de la place est la statue équestre du saint-patron du pays, Venceslas Ier de Bohême, dont un malheureux incident de carte mémoire m’empêchera de vous montrer la moindre photo !


Cette œuvre de David Černý représente le glorieux régional de l’étape ! Elle est constituée de 42 panneaux horizontaux qui, en tournant, sont soit dans l’ordre, soit dans le désordre :

Franz Kafka en pleine "métamorphose" !
Franz Kafka en pleine « métamorphose » !


Ce musée très intéressant nous replonge dans une tranche de l’histoire récente du pays, dont bon nombre d’habitants semblent ne pas garder le meilleur souvenir. Dès l’entrée, la légende très explicite qui accompagne Karl Marx plonge le visiteur dans l’ambiance…

Karl Marx et son idéologie vue par les Tchèques : "Rêve Réalité Cauchemar"...
Karl Marx et son idéologie vue par les Tchèques : « Rêve Réalité Cauchemar »…

Une poignée de décennies après la libéralisation du pays, les photos, récits et objets exposés dans ce musée font froid dans le dos…

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N.B. Tous les prix mentionnés ci-dessous en euros le sont à titre indicatif : le cours de la couronne tchèque (Kč) utilisé pour cet article est celui d’octobre 2019.


Le réseau de transports en commun comprend les bus, le métro et le tram. Dans les trois cas, le ticket est le même.

On peut acheter ces billets dans toutes les stations de métro et dans n’importe quel bureau de tabac, ainsi qu’aux guichets automatiques de certaines stations de tram, mais jamais directement au chauffeur.

Le prix :

  • Adultes : 2 euros/90 minutes 6 euros/1 jour  15 euros /3 jours
  • Tarif réduit de 6 à 14 ans et de 60 à 69 ans.
  • Gratuité avant 6 ans et à partir de 70 ans

N.B. On peut aussi se déplacer intégralement à pied dans Prague : beaucoup de sites importants sont concentrés dans un périmètre plutôt réduit, à commencer par la Vieille-Ville.

Le plan des lignes de transports en commun peut être téléchargé : ici (en bas de la page, à la rubrique « plan »)

Transports en commun de Prague : voir le site


Il permet de se rendre sans effort au sommet de la colline de Petřín (510 mètres de long pour 130 mètres de dénivelé, d’où son utilité !). Une fois en haut, on accède notamment à la tour de Petřín (la petite « tour Eiffel »), qui offre une vue à 360° sur la ville en contrebas.

Horaires et fréquence :

  • D’avril à octobre : ouvert de 9h00 à 23h30 tous les jours, un trajet toutes les 10 minutes.
  • De novembre à mars : ouvert de 9h00 à 23h20 tous les jours, un trajet toutes les 15 minutes.

Prix :

  • Adultes : 32 (1,25 euro environ)
  • Tarif réduit pour les 6-15 ans et 60-65 ans, gratuité pour les autres.

Les touristes à vélo n’apprécient pas forcément les vieilles rues pavées pragoises, ni certaines côtes comme celle qui mène au château. Heureusement, les loueurs ont pensé à eux et proposent aussi des vélos électriques !

Un loueur dans la Vieille-Ville : City Bike Prague (adresse : Králodvorská 667/5, 110 00 Staré Město – Tél. +420.776.180.284)

Prix :

  • Vélo électrique : 450 Kč (17 euros)/2h00 100 Kč (4 euros)/chaque heure supplémentaire 850 Kč (33 euros) la journée
  • Vélo sans assistance électrique : 350 Kč (13 euros)/2h00
  • Tour avec guide (2h00-2h30) : à partir de 650 Kč (25 euros) avec un vélo simple, et de 840 Kč (32 euros) avec un vélo électrique

On peut aussi louer un tandem, ou opter pour diverses formules : tours guidés ou tours sans guide mais avec GPS pré-programmable etc.

Pour comparer, voici d’autres loueurs : Praha Bike Prague by e-bike


La plupart des loueurs sont situés sur les rives de la Vltava, entre le pont Charles et, au sud, le Théâtre national.

  • Pédalo : 200 à 300 par heure (8 à 12 euros environ)
  • Petit bateau à moteur : 250 à 450 (10 à 18 euros environ).

Voir le site


Elle comprend notamment :

  • L’entrée gratuite dans une soixantaine de sites dont les principaux
  • Une visite touristique gratuite en bus
  • Une croisière gratuite sur la Vltava

On peut l’acheter à l’aéroport, en ville dans de nombreux points de vente, ou encore en ligne : ici (site officiel de l’office du tourisme).

Prix par adulte : 62 euros/2 jours 72 euros/3 jours 83 euros/4 jours

Tarif réduit pour les enfants et étudiants : 46 euros/2 jours 53 euros/3 jours 61 euros/4 jours

Attention : certains sites indiquent que la Prague Card comprend les transports en commun. Or, le site officiel ne mentionne pas les transports en commun dans la liste de tout ce qui est inclus dans la Prague Card.


A titre indicatif et pour comparer à la Prague Card, voici une liste non exhaustive du prix d’entrée à plein tarif de quelques-uns des principaux monuments à visiter à Prague. A noter qu’il existe souvent des tarifs réduits en fonction de l’âge.

  • Château de Prague : 350 Kč (13 euros)
  • Tour de l’hôtel de ville (qui comporte l’horloge astronomique) : 250 Kč (9 euros)
  • Église Notre-Dame du Týn : l’entrée est libre mais une modeste contribution de 25 Kč (1 euro) est recommandée
  • Tour de Petřín (la petite copie de la tour Eiffel) : 150 Kč (5 euros). Attention : le minuscule ascenseur ne peut faire monter que quelques personnes à la fois, ce qui peut parfois rendre l’attente assez longue. Mais on peut aussi choisir de monter par l’escalier.
  • Tour Poudrière : 100 Kč (4 euros)


La marque de fabrique de la gastronomie tchèque, c’est que ce n’est pas une cuisine légère ! Du coup, on sort rarement d’un resto tchèque en ayant encore faim.

Cette mise au point étant faite, nous avons réussi à dégoter deux très bons restaurants. Un signe qui ne trompe pas : ils n’étaient fréquentés que par des locaux, nous y étions les seuls touristes. Les voici :

  • V Kolkovně : c’est notre préféré ! Il est idéalement placé puisque situé à une poignée de minutes de marche de la place de la Vieille-Ville (adresse : 910/8, 110 00 Staré Město . Tél : +420.224.819.701). Il s’agit d’une sorte de brasserie, propre et très fréquentée. Au menu, beaucoup de spécialités locales, souvent à base de viandes mais il existe bien d’autres choix, de salades par exemple. Les plats sont très copieux. Un régal. Ouvert tous les jours, de 11h00 à minuit.

Prix : pour deux plats très bons et extrêmement copieux, avec deux pintes de bière (0,5 litre chacun), nous en avons eu pour 730 en tout (environ 29 euros). Consulter la carte

  • Kozlovna U Paukerta : situé à 10 minutes à pied au sud du pont Charles et à proximité du Théâtre national (adresse : Národní 981/17 – 110 00 Prague 1. Tél : +420.222.212.144)

Prix : environ 10 à 15 euros le plat principal de type local. Là aussi, c’est bon et copieux. Consulter la carte


C’est une question qui revient souvent, or, la pratique en Tchéquie est la même qu’en France : non, cela n’a rien d’obligatoire, mais oui, il est souhaitable d’en laisser un si on est satisfait du service et du produit.

Simplement, les tchèques sont bien plus généreux que les français puisqu’ils seraient près de… 80 % à donner régulièrement un pourboire ! A méditer avant d’aller prendre un verre là-bas…


Il retrace l’époque du régime communiste en Tchécoslovaquie (1948-1989) : fonctionnement de l’armée, de la Police et des milices, vie quotidienne du peuple, propagande et censure, sans oublier le printemps de Prague : tout y est ou presque ! Une autre époque… Voir le site

Prix d’entrée : 290 (11 euros)

Adresse : V celnici 1031/4 – 110 00 Prague 1. Tél : +420.224.212.966


Le site de l’office du tourisme de Prague, extrêmement complet, constitue une mine d’informations pour bien préparer son voyage : prague.eu






LA FRANCE

La côte Basque. Au fond : Biarritz.

La France est la première destination touristique du monde !

Si de nombreux français/es, dont nous faisons partie, adorent voyager à l’autre bout du globe, il serait dommage de négliger notre beau pays.

Car ce n’est pas pour rien qu’il attire les foules des quatre coins du monde depuis tant d’années.

Voici quelques jolis coins à explorer…


Mon petit coin de paradis… J’ai longtemps hésité à mettre cet article en ligne, mais je finis par vous livrer mon petit secret…

La réserve marine de Cerbère-Banyuls, ou comment en prendre plein les yeux en mettant la tête sous l’eau…

Corse : tour rapide de l’Île de Beauté en quelques images…


Les Pyrénées : quelques-unes des plus belles randonnées de la chaîne.

Réunion : l’île nature

Bordeaux est-elle vraiment la meilleure destination du monde ?…


La randonnée du Puy de Sancy est une rando de toute beauté, au cœur du Massif Central…

Grand Sud-Ouest : le canal des Deux-Mers à vélo (canal de Garonne et canal du Midi)



INSOLITE : qu’est donc devenu le Mur de l’Atlantique ?…




UNE DESTINATION HORS DES SENTIERS BATTUS ? LE CAP-VERT…

Le Cap Vert est un petit archipel volcanique, composé de dix îles isolées au milieu de l’Océan Atlantique. A la croisée des routes maritimes entre trois continents, l’Afrique, l’Amérique et l’Europe, son nom reste lié à l’histoire de l’esclavage.

(Google Maps)

Mais aujourd’hui, ce petit morceau d’Afrique aux accents créoles a beaucoup à offrir aux voyageurs en mal de dépaysement et d’escapades hors des sentiers battus.

Nous avons visité trois de ces dix jolis cailloux qui émergent de l’océan : Maio l’île sauvage et authentique, Fogo l’île volcanique et Santiago l’île cosmopolite.

(Google Maps)


Le carnet de voyage qui suit étant assez détaillé, il est plutôt long. Aussi, pour obtenir les infos plus rapidement, n’hésitez pas à naviguer dans le sommaire qui suit…

  1. Maio : la petite île sauvage et authentique
  2. Fogo : l’île-volcan
  3. Santiago : l’île cosmopolite
  4. Street-art au Cap-Vert !
  5. Infos pratiques

Pour effectuer le trajet entre les îles voisines de Santiago où nous avons atterri depuis la France, et Maio, la première étape de notre voyage, il existe deux moyens : l’avion et le bateau. Afin d’éviter une éventuelle annulation du bateau en cas de mer trop forte, mais aussi pour gagner un peu de temps, nous avons choisi de prendre l’avion : le vol dure en effet quinze petites minutes, alors que la traversée en bateau prend trois heures. Notre séjour ne durant que quinze jours, cette petite demi-journée gagnée n’est pas négligeable.

Les maisons colorées de Vila de Maio

Notre première journée sur l’île ne nous permettra pas d’apercevoir le soleil. Il faut dire que nous sommes mi-août, ce qui correspond au tout début de la saison des pluies, qu’on devrait d’ailleurs plutôt appeler la saison des nuages. Car cette période de pluies n’a rien à voir avec ce qui se passe dans d’autres régions du monde, comme l’Asie du Sud-Est par exemple où la mousson est parfois dévastatrice. Ici, les habitants n’ont pas vu tomber une goutte d’eau depuis un an, à quelques jours près, et pour eux c’est un drame. C’est pourquoi le sol est si sec et la végétation si pauvre.

Du coup, les fruits et légumes sont rares, et le cheptel souffre à un tel point que certains éleveurs sont parfois obligés d’abattre quelques bêtes. Ironie du sort, en France, nous sortons d’un hiver abominable avec près de cinq mois de grisaille incessante et de pluies fréquentes, notamment dans certaines régions. Déréglé, notre climat ?…

La plage qui borde le village de Vila de Maio

Nous allons rester une semaine sur Maio. Nous sommes logés au Stella Maris Village, une petite résidence située à l’extrémité de Vila. Une piscine commune, juchée sur le rebord d’une petite falaise, domine la Grande Bleue.

Le crépuscule sur Stella Maris Village

Cette falaise n’est donc pas bien haute mais elle permet d’avoir une vue agréable sur les alentours.

Depuis cette résidence, il suffit de dix petites minutes de marche pour traverser le village et rejoindre la plage.


Nous n’avons pas choisi l’île de Maio que pour son côté calme, sauvage et authentique. Il s’agit aussi pour Victor et Arthur, nos deux fils, de passer leur niveau 1 de plongée dans les jolies eaux du Cap Vert, réputées poissonneuses mais relativement épargnées par les plongeurs. Du moins pour le moment…

Dès le premier jour, nous partons donc à la rencontre de Bernard, qui tient le club AAA Maio Plongée, afin de planifier les cinq plongées nécessaires à la formation en vue du diplôme (normalement il en faut six, mais exceptionnellement Victor et Arthur n’en feront que cinq chacun car ils ont déjà une bonne petite expérience de plongée avec une dizaine de baptêmes à leur actif chacun).

Les sites de plongée sont accessibles en bateau mais pour rejoindre ce dernier, il faut passer la barre. Les vagues sont en effet plus ou moins fortes et, si elles sont clémentes pour la première sortie en snorkeling, passer la barre sera un peu plus sportif pour les plongées suivantes avec les bouteilles sur le dos. Une expérience  très sympa néanmoins.

Pour la première sortie snorkeling, les vagues sont clémentes…

La semaine de plongée avec Bernard se déroulera à merveille, dans des eaux cap-verdiennes étonnamment poissonneuses.

Le matin de la dernière plongée, en observant la mer afin de passer la barre sans encombre, nous apercevrons même un banc de dauphins traverser la baie au loin. Un moment toujours magique…

En une semaine, la plage de Vila, où est situé le club de plongée, est l’endroit le plus animé que nous verrons sur toute l’île. A longueur de journée, les bateaux de pêche reviennent chargés de poissons plus ou moins gros.

Retour de pêche

Ici, tous les pêcheurs ont un sens aigu de la solidarité, car ils ne peuvent sortir tout seuls leur bateau de l’eau, a fortiori lorsqu’il est ballotté par des vagues parfois puissantes.

Ainsi, tout au long de la journée, chaque fois qu’un bateau rentre, les pêcheurs présents sur la plage accourent pour l’aider à tirer son bateau et le poser un peu plus haut sur le sable, à l’abri de la mer.

La présence de ces bateaux de pêche colorés sur la plage est une constante que nous rencontrerons un peu partout au Cap Vert.

Parfois, les pêcheurs ramènent de superbes prises. Plutôt que de transporter le poisson à la main dans un lieu adéquat, ils le découpent alors sur la plage.

Espadon-voilier

Mais tous les soirs pendant notre séjour, c’est également sur cette plage qu’a lieu le tournoi de foot annuel de Maio : les habitants des différents villages de toute l’île se donnent rendez-vous ici en fin de journée pour s’affronter, y compris quelques équipes féminines.

Joueurs et joueuses sont encouragés par quelques centaines de spectateurs, ce qui n’est pas rien sur une petite île qui compte à peine 8000 habitants.

La plage fait ainsi office de stade : le sable remplace la pelouse, et les bateaux multicolores des pêcheurs servent de sièges et de gradins. La fête se déroule dans une ambiance bon enfant, au son de la musique que crachent de puissantes enceintes, et au milieu des odeurs de poisson grillé.

Pendant ce temps, les jeunes ainsi que les très rares touristes barbotent dans une mer qui peut s’avérer parfois dangereuse, du moins si l’on est imprudent.

Les vagues peuvent être fortes, mais c’est surtout des courants qu’il faut se méfier.

Bon, il suffit juste de faire un peu attention pour pouvoir se baigner en toute tranquillité, y compris au cœur des tubes que les vagues forment en permanence.


Lors de notre semaine à Maio, pas un seul jour nous ne manquerons de nous rendre sur cette plage. Pourtant, aussi agréable soit-elle, il y a heureusement d’autres lieux à découvrir sur l’île. A commencer par sa principale bourgade : Vila de Maio.

A Maio comme un peu partout au Cap Vert, les maisons ont un point commun avec les bateaux de pêche : elles sont gaies et colorées.

Surplombant la mer, le petit fort San José et ses vieux canons rappellent qu’il y a deux à trois cents ans, il était vital de lutter contre les pirates qui naviguaient dans les parages.

Changement d’époque, changement de déco ! Aujourd’hui, certaines maisons sont taguées par des artistes (voir le récapitulatif en fin d’article).

Vila compte à peine 3.000 habitants et quand on se balade dans ses ruelles, on a vite l’impression que tout le monde connaît tout le monde.

C’est pourquoi nous saluons, en portugais qui est la langue locale, chaque habitant que nous croisons. En retour, il est rarissime qu’ils ne nous gratifient pas d’un grand sourire.

Ils semblent ne jamais vraiment faire attention à nous mais dès que nous les saluons et que nous essayons d’engager la discussion, ils nous répondent systématiquement avec une grande gentillesse. Pour moi qui adore discuter avec les gens que je rencontre en voyage, puis les prendre en photo lorsqu’ils sont d’accord, cette île est un pur régal.

Un matin, en me baladant dans les ruelles colorées, je salue un monsieur qui prend tranquillement le frais à sa fenêtre. Il me répond en anglais et engage aussitôt la discussion. Il s’appelle Mario et me raconte fièrement qu’il a visité de nombreux pays lointains comme la Suède, la Russie ou encore le Canada. Aujourd’hui à la retraite, il a exercé toute sa carrière en tant que marin au long cours, ce qui l’a mené aux quatre coins du globe. Ce baroudeur Cap-Verdien est sympa et ouvert, et je me régalerai à discuter avec lui presque tous les jours, puisque je le croiserai régulièrement dans les ruelles de Vila.

Mario, marin au long cours retraité

Le lendemain de cette rencontre, au détour d’une autre ruelle, je me fais ferrer par un pêcheur, Manuel : il a vu mon appareil photo et me demande de faire une image de lui. Aussitôt dit, aussitôt fait.

Manuel

Jovial et théâtral, il ose quelques pas de danse avec le fruit de sa pêche posé en équilibre instable sur sa tête, manquant de tout faire tomber par terre à plusieurs reprises.

Puis il exhibe fièrement devant mon objectif les superbes dorades qu’il a pêchées, et qui n’ont pas grand-chose à voir avec celles de vingt centimètres de long de nos supermarchés…

Puis Manuel s’en va comme il est arrivé, tranquillement et en chantonnant, sa cuvette de dorades plus ou moins bien calée sur la tête…

Je m’en vais donc moi aussi et, au fil des ruelles et des rencontres, j’immortalise les lieux et les gens.

Isandra et son œil malicieux
Kalao


Branco

Quand je tire le portrait aux habitants, le meilleur moment est toujours celui où je leur montre les images réalisées. Et avec Sandra, Kalao et Branco, comme toujours, les commentaires fusent et les éclats de rire aussi. Isandra me donne son adresse mail pour que je lui envoie les trois photos, ce que je ferai effectivement une fois rentré en France.


Le Cap Vert fait partie de ces sites dans le monde où chaque année, les tortues viennent pondre leurs œufs. Et cet endroit n’est pas le moindre puisque, bien qu’étant minuscule, ce pays est le troisième site le plus important de tout l’Atlantique où vient pondre ce placide reptile.

Pour assister à ce spectacle nocturne, nous nous adressons à la Fondation de Maio pour la Biodiversité, dont l’un des rôles consiste à favoriser la protection des tortues marines.

C’est donc Dennis, un jeune membre de la fondation, qui nous emmène à la tombée de la nuit sur une plage de l’île habituellement fréquentée par les tortues. Un couple de français rencontré à Vila est venu ici il y a trois jours : ils ont pu observer six tortues en train de pondre ! Nous sommes donc plein d’espoir, d’autant que le créneau semble assez long : la sortie va durer quatre heures.

Et pourtant, nous allons passer un très long moment sans apercevoir la moindre tortue à l’horizon, bien que nous scrutions inlassablement la mer dans la pénombre. Le seul spectacle dont nous gratifie la nature est celui de la voûte étoilée qui brille au-dessus de nos têtes.

Pour patienter, Dennis nous donne plein d’infos sur les tortues. Par exemple, il nous explique que l’une des caractéristiques les plus surprenantes de cet animal est sa faculté à venir pondre systématiquement ses œufs sur la plage sur laquelle il est né, malgré les milliers de kilomètres qu’il a parcourus entre-temps dans les océans. A croire que la tortue a inventé le GPS bien avant l’homme…

Après quasiment trois heures d’attente, un membre de la fondation nous fait un signal lumineux avec sa frontale rouge à au moins deux cents mètres de nous : cela signifie qu’il a repéré une tortue qui s’apprête à pondre.

Pourquoi une lumière rouge ? Tout simplement parce que si une tortue aperçoit une lumière blanche, elle fait immédiatement demi-tour. La lumière rouge, elle, ne la perturbe pas.

Lorsque nous arrivons à hauteur de la tortue, elle a déjà commencé son travail. Le contraste est étonnant entre ce gros animal pataud et la façon extrêmement délicate dont il creuse  : la tortue récolte le sable avec une grande précision, dans le creux de sa nageoire qu’elle utilise exactement comme si c’était une pelle !

N.B. Qui dit lumière rouge dit photos rouges, donc photos bizarres, c’est pourquoi je les présente ici en noir et blanc. Rien à voir donc avec des photos d’art en noir et blanc, c’est juste une question pratique !

Un membre de la Fondation Maio Biodiversité observe une tortue en train de creuser

Dès que la tortue semble avoir terminé son trou, un membre de la fondation y dépose un sac plastique grand ouvert. C’est donc à l’intérieur de ce sac, et non pas directement dans le sable, que la tortue va pondre.

Le but consiste à récolter les œufs (60 à 80 en moyenne par ponte) afin de les mettre ensuite dans ce qu’on appelle une nurserie : il s’agit d’un autre trou dans le sable mais creusé par les membres de la fondation. Ce trou-là sera donc protégé, lui, des prédateurs naturels (crabes, rats, chiens errants, voire oiseaux etc.) mais aussi des négligences des humains.

Le but de cette nurserie consiste à placer les œufs dans les meilleures conditions pour que les futurs bébés tortues soient aussi nombreux que possible à naître puis survivre.

Pour l’instant, nous devons toujours rester derrière la tortue afin de ne pas la déranger : pendant la ponte en effet, la lumière, même rouge, ne doit surtout pas éclairer l’animal de face pour ne pas le perturber. Nous verrons donc sa tête plus tard…

Quand la ponte se termine, les membres de la fondation se dépêchent de mesurer la longueur de la carapace. Verdict : 90 centimètres quand même, sans tenir compte de la tête !

Ensuite, ils récoltent rapidement le sac contenant les œufs car la future maman, guidée par son instinct, a déjà commencé à ensabler le trou ! Elle ne sait pas qu’il est vide, mais nous la regardons le reboucher quand même jusqu’au bout car il est évidemment important de la laisser faire son travail instinctivement, du début à la fin. Les œufs seront comptés plus tard.

A ce moment, nous pouvons enfin passer de l’autre côté de la carapace afin de voir à quoi ressemble notre animal.

Reboucher ce trou vide semble lui demander un effort considérable. Nous sommes à quelques centimètres d’elle et nous percevons parfaitement son souffle d’effort. Une fois son devoir accompli, elle regagne enfin la mer, de manière assez rapide d’ailleurs au vu de ses mensurations et de ses origines aquatiques.

Retour à la mer

Une fois qu’elle a disparu dans son élément naturel, c’est l’heure du comptage des œufs, lesquels ressemblent comme deux gouttes d’eau à des balles de ping-pong, mais en plus visqueux. Et il s’avère que notre amie n’a pas chômé : elle a expulsé 101 œufs en tout !

Bilan de la ponte : 101 œufs !


Maio étant également réputée pour ses plages désertes et ses dunes sauvages, nous décidons d’aller voir à quoi ressemblent ces paysages typiques de l’île. Pour cela, il faut nous rendre à Morinho, un petit village situé au nord-ouest de Maio. Nous pensions y aller en quad mais, n’ayant pas cru bon prendre nos permis de conduire en quittant la France, nous en sommes quittes pour faire appel à un taxi.

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Neal, un jeune cap-verdien qui nous emmène dans son combi rouge-écarlate au pied des dunes.

De là, nous allons en avoir pour une quinzaine de minutes à crapahuter à travers les dunes. Les montées et les descentes se succèdent donc pendant que le soleil brille… par son absence.

Au bout de cette petite marche nous attend une jolie plage, sauvage et entièrement déserte.

Autour de l’unique bateau de pêche qui la décore, quelques restes de poissons ont été abandonnés mais pas n’importe lesquels : il s’agit de deux requins juvéniles. Et ce qui tranche avec les pratiques des pêcheurs de bien d’autres pays, c’est qu’ici ils jettent les ailerons du requin, et mangent à peu près tout le reste. Alors qu’ailleurs, c’est justement pour leurs ailerons et le prix élevé auquel ils sont vendus, que les requins sont sur-pêchés. Dans ces cas-là, ils sont d’ailleurs souvent rejetés encore vivants à l’eau où ils agonisent. La pratique cap-verdienne nous rassure donc : ici, les pêcheurs n’ont prélevé que ce qu’ils ont mangé.

Après une petite baignade seuls au monde dans l’eau tiède, nous quittons cette plage pour aller retrouver Neal. Il nous attend au pied des dunes avec sa femme et leur fillette Nilsa, qui l’ont rejoint.

La petite Nilsa et ses parents

Le soir, nous les croiserons dans une petite paillote posée sur la plage de Vila : c’est dans ce petit resto agréable qu’ils dépenseront en famille une partie des escudos gagnés l’après-midi avec nous. Quant à nous, ce sera notre dernière soirée sur l’île de Maio, dont nous garderons un superbe souvenir.

L’île de Santiago vue depuis celle de Maio

Toutes les infos pratiques sont en fin d’article.



Du haut de ses 2.829 mètres d’altitude, le Pico do Fogo (« Pic de Feu ») est le point culminant du Cap Vert, dont il est également le seul volcan encore actif.

Grafiti (Sao Filipe)

Notre séjour sur Fogo va se dérouler en deux temps : nous allons d’abord passer trois jours en quelque sorte sur une autre planète, c’est-à-dire dans les paysages irréels de la caldeira, avant de terminer par une visite de Sao Filipe, la principale ville de l’île.

Grafiti (Sao Filipe)


Ce qui fait la réputation du Pico do Fogo, c’est qu’il s’agit de l’un des rares volcans actifs dans le monde à être habité (et même le seul, si l’on en croit les gens d’ici).

A l’intérieur de cette caldeira de neuf kilomètres de diamètre, dans laquelle les cratères ont poussé comme des champignons au fil du temps et des éruptions, habitaient environ un millier de personnes jusqu’au 23 novembre 2014.

Ce jour-là, le volcan entra en éruption. La lave se répandit alors dans une bonne partie de la caldeira au cours des jours et des semaines suivantes, engloutissant lentement mais sûrement toutes les habitations qui se trouvaient sur son passage. Même s’il n’y eut aucune victime à déplorer, car la population avait pu être évacuée à temps, les quelques hameaux qui étaient posés là furent quasiment rayés de la carte.

Le Pico do Fogo entre deux éruptions : celle dévastatrice de 2014, et la prochaine…

Mais reprenons depuis le début. Pour rejoindre ce cratère depuis la ville de Sao Filipe, il faut prendre un aluguer (petit taxi collectif). Son horaire quotidien ne coïncidant pas avec celui de l’atterrissage de notre avion, c’est en taxi « privé » que nous devons gagner le site. Il nous a été réservé par José, qui tient une pension située au cœur de la caldeira et aux pieds du Grand Pico, le cratère principal. Nous partageons ce taxi avec Leïla, une voyageuse marocaine avec qui nous allons très vite sympathiser et passer les trois prochains jours.

Il faut d’abord rouler pendant une heure sur une route qui serpente en permanence, pour monter de Sao Filipe, située au niveau de la mer, à la caldeira juchée à environ 2.000 mètres d’altitude. Là, on pénètre dans le vaste cratère par une route pavée en mauvais état.

Mais très vite, juste après être entrés dans la caldeira, cette route est coupée par une coulée de lave de trois ou quatre mètres de haut. On doit donc emprunter une piste secondaire de contournement, qui a été façonnée dans les semaines qui ont suivi l’éruption.

L’arrivée dans la caldeira vue depuis le Grand Pico : en blanc, la route coupée par la lave ; en gris, la piste de contournement

Le paysage est à la fois lunaire et hypnotisant, à tel point que nous ne voyons pas passer les trois-quarts-d’heure de piste nécessaires pour rallier le village. Le site s’appelle Chã das Caldeiras. En théorie, c’est le nom de la caldeira mais en pratique, c’est ainsi qu’on dénomme le village et plus précisément les hameaux construits (ou plutôt reconstruits) au fond de la caldeira.

En arrivant à la pension Pensao Casa José Doce, où nous allons avoir la chance de passer trois jours et trois nuits inoubliables, nous sommes accueillis par Carole. Française, c’est aussi la femme de José, le propriétaire cap-verdien des lieux.

Pour les matériaux de construction et de décoration de la pension, il n’a pas fallu aller chercher bien loin : on a utilisé notamment les roches volcaniques et les morceaux de lave durcie, dont la couleur varie en fonction de la date d’éruption.

Pensao Casa José Doce : la pension est située aux pieds du volcan

En 2014, José a eu beaucoup de chance : sur les 22 pensions qui garnissaient alors le cratère, la sienne fut l’une des deux seules à ne pas être ensevelie sous la lave. Cette dernière s’est en effet arrêtée à une dizaine de mètres de ses murs.

En 2014, la lave (au premier plan) s’est arrêtée à dix mètres de la pension de José (le bâtiment gris à gauche)

José nous explique que pendant les deux mois et demi qu’a duré l’éruption de 2014, les habitants s’étaient trouvés contraints de vivre temporairement à Sao Filipe et ne pouvaient pas retourner dans le cratère. Ils épluchaient alors les images satellites via internet pour essayer de voir si leur habitation était engloutie ou pas. L’attente et surtout l’impuissance qu’ils ressentaient face aux éléments déchaînés leur étaient insupportables.

Parfois, la lave s’arrêtait à quelques mètres d’une maison et n’avançait plus. Les gens croyaient alors que leur habitation était sauvée. Mais quelques jours plus tard, elle reprenait inexorablement sa marche en avant et avalait tout sur son passage.

Par ici, le paysage de désolation est total. Pourtant après l’éruption, les habitants de ce site irréel, armés d’un courage hors-normes, ont décidé de revenir y vivre et donc de tout reconstruire. Mais sans aucune aide, car les pouvoirs publics considèrent qu’en cas de nouvelle éruption…

José nous explique alors le sentiment qui l’habite : il est né ici, il a grandi ici, il a toujours vécu ici, et il n’est donc pas question pour lui d’être déraciné. Et ici, tout le monde pense comme lui. Alors ces habitants, que les forces de la nature ont expulsés de chez eux, ont décidé de tout reconstruire, alors qu’ils avaient tout perdu. Et à force de patience, de persévérance et de travail acharné, ils ont fini par réussir leur pari insensé. Tout seuls, sans aide.

José

José est intarissable quand il nous raconte l’histoire de son village, qui est aussi la sienne. Il poursuit donc et nous explique que l’église aussi a été submergée par la coulée de lave. Voici tout ce qu’il en reste.

Au premier plan, l’église engloutie ; à gauche, le sommet de son fronton

Depuis, une petite église adventiste a été reconstruite sur la lave, aux pieds des remparts de la caldeira.

Un peu plus loin, la coopérative de vin a subi le même sort que l’église.

Quand José m’expliquait qu’il avait vu le vin brûler, j’avais du mal à imaginer la scène. Mais quand je me retrouve face aux vestiges du désastre, je comprends subitement beaucoup mieux ce qui s’est passé ici.

Une cuve de vin a été emportée par la lave

Quant au chai, il n’en reste plus grand-chose non plus.

L’intérieur du chai a été entièrement dévasté par la lave, du sol au plafond

En 2014, très peu de médias occidentaux ont parlé de cette éruption et de ses conséquences sur les habitants. Un silence incompréhensible pour nous après avoir vu ce champ de ruines, mais aussi pour certains vulcanologues, qui ont parlé de « l’éruption oubliée ».

Si cette histoire nous paraît édifiante, une telle adversité n’a pourtant pas aigri les gens d’ici, car ils considèrent comme normal d’avoir tout reconstruit.

D’ailleurs, cette reconstruction s’est faite dans la plus pure tradition locale. On peut voir notamment un certain nombre de maisons typiques, de forme circulaire, construites avec les pierres recrachées par le volcan, ce dernier semblant d’ailleurs avoir inspiré la forme des toits.

Chã das Caldeiras : maison traditionnelle

Aujourd’hui, la vie normale a repris son cours, même si la spécificité de ce lieu unique rend le quotidien compliqué, comme nous l’explique Carole. Par exemple, il n’y a pas d’eau courante : il faut se faire livrer l’eau par camion et remplir des réservoirs grâce auxquels on peut quant même prendre une douche.

Il n’y a pas d’électricité non plus, ou à peine : quelques panneaux solaires permettent simplement de chauffer l’eau de la douche, ou encore de recharger les batteries des appareils photos des voyageurs de passage. Mais le soir venu, on s’éclaire uniquement à la bougie.

Également, pour s’approvisionner en quoi que ce soit, il faut sortir du cratère pour aller faire les courses à Sao Filipe, c’est-à-dire non pas au petit supermarché du coin comme chez nous, mais à trois ou quatre heures d’ici aller-retour.

Et puis les habitants ont su s’adapter. Ils savent par exemple que, contre toute attente, leur terre volcanique est d’une étonnante fertilité pour leurs plantes, leurs légumes et leurs arbres fruitiers. Car cela peut paraître étonnant mais tout pousse ici, et plutôt bien.

Un grenadier aux pieds du volcan

Grenades, coings, figues, mangues, pommes de terre, haricots etc : fruits et légumes s’épanouissent totalement ici. Mais aussi le café, ou encore le raisin bien sûr, puisque la spécialité du volcan, c’est le Manecom, ce fameux vin local.

Notre premier soir se profile dans ce lieu incroyable. Ce n’est pas encore tout à fait l’heure d’aller se coucher pour le soleil, néanmoins en descendant, il plonge rapidement tout l’intérieur de la caldeira à l’ombre de ses hauts remparts. Quelques habitants profitent des dernières lueurs du jour pour jouer au foot dans la poussière volcanique, juste à côté de la dernière coulée de lave.

Pour nous, après cette journée de récits et de visites qui s’est avérée assez forte émotionnellement, il est temps d’aller nous coucher, d’autant plus que demain à l’aube, nous ferons l’ascension du Grand Pico, réputée sportive. Néanmoins, je ne résiste pas à l’envie d’aller immortaliser les lieux de nuit avant d’aller me coucher.

Les remparts de la caldeira


Pour que tout soit clair, commençons par un bref descriptif des lieux :

  • La caldeira : elle ressemble à un vaste cratère volcanique mais n’en est pas un. Lors d’une méga-éruption il y a quelques dizaines de millénaires, la chambre magmatique située sous le volcan, en se vidant, a provoqué un effondrement gigantesque : c’est ainsi qu’est née la caldeira. Son diamètre est de neuf kilomètres. C’est au fond de cette vaste dépression circulaire que se répand la lave à chaque éruption, et c’est donc aussi là que vivent les habitants de Chã das Caldeiras. L’intérieur de la caldeira est jalonné de nombreux cratères, dont le Grand Pico et le Petit Pico.
  • Le Grand Pico : c’est le fameux cône volcanique dont le sommet atteint les 2.829 mètres d’altitude, point culminant du Cap-Vert. Les éruptions ont eu lieu à son sommet jusqu’en 1769.
  • Le Petit Pico : petit cratère situé sur l’un des flancs du Grand Pico, c’est par lui qu’a eu lieu l’éruption dévastatrice de 2014.
  • Les autres cratères : les éruptions postérieures à celle de 1769 se sont produites depuis les flancs du Grand Pico, formant un certain nombre de cratères de tailles relativement modestes.
En route pour le sommet

L’ascension classique du Grand Pico dure en moyenne six à sept heures. Une fois-là-haut, on redescend par l’autre côté, ce qui permet de découvrir le Petit Pico, lequel vaut vraiment le détour. Pour avoir un guide, il suffit de demander la veille à José.

Le départ se fait en théorie à 6h00 du matin, en pratique pour nous à 6h20 ! C’est-à-dire dans la pénombre. Notre guide s’appelle Dony et c’est lui aussi un habitant de la caldeira, un vrai de vrai, comme José. Il est toujours de bonne humeur et rit beaucoup, ce qui est très agréable. Enfin, Leïla, rencontrée la veille dans la voiture qui nous a emmenés ici depuis Sao Filipe, vient compléter notre équipée.

Nous partons donc à six et après vingt minutes d’une marche plutôt facile car ça monte peu jusque-là, le soleil levant réchauffe subitement les couleurs de la caldeira derrière nous.

Quant au volcan, il nous fait face et il est majestueux. Les quelques randonneurs que nous apercevons loin devant nous sur les pentes du volcan sont loin d’être arrivés en haut et pourtant, ils nous paraissent déjà minuscules. Cela nous fait vite comprendre que le sommet est beaucoup plus éloigné qu’il n’en a l’air. Et le soleil a beau être encore assez bas, il commence déjà à chauffer.

Notre petite équipe à l’assaut du volcan

Nous laissons derrière nous les derniers pieds de vigne qui servent à fabriquer le fameux Manecom, parfois surnommé « vin de lave ». Ce qui signifie que pour la récolte, les villageois-viticulteurs ont quand même une bonne petite trotte à faire pour venir vendanger jusqu’ici.

Quelques pieds de vignes au milieu des cratères

Puis nous entrons dans le vif du sujet, puisque nous nous retrouvons dans la foulée au beau milieu de paysages lunaires à n’en plus finir.

Le soleil de plomb qui nous tombe dessus nous oblige à faire quelques pauses, au cours desquelles nous essayons de ne pas dilapider notre stock d’eau.

Nous apercevons en contrebas quelques cratères qui ont tous été à l’origine d’éruptions de plus ou moins grande importance depuis le 18e siècle. Derrière eux, les remparts marquent les limites de la caldeira et au-delà, une mer de nuages s’étend à perte de vue au-dessus de l’océan.

Après quatre heures de montée, c’est enfin l’arrivée au sommet. 2.928 mètres d’altitude : ici, nous sommes géographiquement au point culminant du pays, mais ce volcan marque sans doute aussi le point culminant de notre voyage du point de vue des paysages et des émotions.

Nous avions prévenu Dony avant le départ que nous souhaitions prendre notre temps afin de faire à la fois des pauses-photos et des « pauses-repos ». Très à l’écoute, il a parfaitement su s’adapter à notre rythme.

Nous faisons une longue pause sur la petite arête sommitale qui nous offre deux vues différentes. D’un côté, le cratère du Grand Pico.

L’intérieur du cratère du Grand Pico

Le cratère

De l’autre côté, la vue sur la caldeira et son contenu : habitations, cratères, coulées de lave…

La caldeira

Dony nous propose alors de descendre au fond du cratère. Leïla, Marie et moi ne sommes pas très chauds et préférons rester là à admirer le paysage, contrairement à Victor et Arthur qui n’ont pas vraiment l’air fatigués. Dony les emmène donc quelques centaines de mètres plus bas, dans un décor grandiose.

Descente au fond du cratère

Une fois terminée leur escapade dans les entrailles du volcan, nous commençons le retour tous ensemble en contournant le cratère par sa ligne de crête. Puis nous descendons dans les rochers pendant quelques dizaines de minutes avant de découvrir la surprise du chef : la descente de la pente du volcan en courant dans la cendre !

En réalité, ce n’est pas exactement de la cendre. C’est de la pouzzolane, c’est-à-dire une multitude de toutes petites roches volcaniques (plus ou moins de la taille d’un ongle) ultra-légères. On s’enfonce dedans comme dans du sable. Courir là-dedans en descente, avec une vue imprenable sur la caldeira, provoque des sensations grisantes.

Descente vers le Petit Pico (au pourtour clair, au fond de la caldeira)

Lorsque nous observons le Petit Pico au départ de cette descente mémorable, il nous paraît tout proche. A tel point que nous avons l’impression que nous l’aurons rejoint en deux petites minutes. Il nous en faudra en réalité vingt, en courant pourtant de bout en bout.

L’arrivée au Petit Pico

Ce cratère porte bien son nom car il est tout petit comparé à son grand frère, duquel nous venons. Et pourtant, c’est bien ce Petit Pico qui a tout dévasté en contrebas en 2014-2015.

Dépôts de soufre autour du Petit Pico

Notre journée de trek touche à sa fin et nous profitons des derniers paysages.

Un peu plus bas, nous effectuons nos retrouvailles avec la végétation. Nous mourons de chaud et les raisins que nous fait goûter Dony, cueillis sur les pieds de vignes qui nous entourent, sont un pur délice. Certains sont mûrs et juteux, d’autres sont plus vieux et desséchés, mais tous nous font un bien fou.

Au niveau de ces premières vignes, les anciennes coulées de lave prennent des formes tourmentées.

Peu avant d’arriver à la pension, nous jetons un dernier œil au monstre assoupi (du moins pour le moment) que nous avons mis une bonne partie de la journée à gravir puis descendre.

Au total, nous aurons mis huit heures, au lieu des six à sept heures que mettent en moyenne les autres randonneurs. De retour chez José, nous nous précipitons sur les boissons fraîches du frigo avant de prendre la direction de la douche. Puis je pars compléter ma moisson d’images avant le repas régénérant du soir.

En l’absence d’électricité dans la pension, il faut s’éclairer le soir à la bougie. Et la conséquence géniale, c’est que ça donne une ambiance extrêmement chaleureuse aux repas pris en communauté avec les autres voyageurs. A chacun des trois dîners que nous aurons pris là-bas, nous aurons passé des moments particulièrement conviviaux avec toutes les personnes rencontrées. Même Arthur, du haut de ses douze ans, nous fera part de cette ambiance particulière qu’il aura nettement ressentie et appréciée.

Nous passons notre dernière nuit dans ce site magique et le lendemain, je profite de la lumière dorée du petit matin pour faire mes dernières images juste avant de partir.

Un figuier prospère en terre volcanique

L’ombre du volcan plane sur la caldeira

José préparant le pain du petit déjeuner

Puis vient l’heure de quitter non seulement ce lieu unique, mais aussi Carole, José et Dony grâce à qui nous venons de vivre des moments inoubliables. Nous les remercions chaleureusement puis, comme à l’aller, nous devons à nouveau prendre un taxi privé puisque nous sommes dimanche et que ce jour-là, il n’y a pas d’aluguer. Direction la principale ville de Fogo : São Filipe.


PICO DO FOGO : trois petites minutes pour revivre en vidéo le témoignage de José, ainsi que les paysages irréels de ce volcan bien éveillé…



Du haut de ses 8.000 habitants, São Filipe est la principale ville de Fogo. Elle est surtout connue pour ses fameuses « sobrados », ces vastes maisons où vivaient les portugais à l’époque coloniale.

Ici comme un peu partout au Cap-Vert, les rues sont pleines de couleurs.

Alors que nous nous baladons dans ces agréables ruelles en nous dirigeant vers la mer, c’est par hasard que nous tombons sur le jardin du Presidio. Si nous ne lui trouvons rien d’exceptionnel, il présente quand même le double avantage de surplomber une belle plage de sable noir, et d’offrir une vue sur l’île de Brava, située 25 kilomètres plus loin.

La plage volcanique de Sao Filipe fait face à l’île de Brava

Nous décidons d’aller faire un tour sur cette plage. En chemin, en longeant plus ou moins la mer, nous apercevons une petite église colorée.

L’élise Notre-Dame de la Conception

Un peu plus loin, nous dénichons le long escalier qui va nous faire descendre jusqu’à cette fameuse plage de sable noir, laquelle ne peut nier ses origines volcaniques.

Il paraît qu’ici, la baignade est très dangereuse à cause des forts courants. On nous a même prévenus que chaque année, on déplorait des noyades. Et en effet, malgré la forte chaleur et une grosse envie d’aller se rafraîchir dans l’eau, la plage et la mer sont désertes.

Juchée sur la falaise, São Filipe contemple l’océan

Nous terminons la journée dans un hôtel qui comporte une piscine. Il est un peu cher par rapport à la moyenne ici, mais nous avions prévu de nous délasser un peu après les trois jours magnifiques mais fatigants passés à crapahuter dans la caldeira et sur les flancs du Pico do Fogo.

La piscine de l’hôtel Casas do Sol

Le lendemain, nous prendrons un avion pour l’île de Santiago, deux jours avant celui du retour pour la France. Nous aurions préféré visiter une autre île que celle-là mais nous prévoyons toujours une petite marge de sécurité quand nous sommes sur des îles, en cas d’impondérable : s’il y a un contre-temps quelconque qui a pour conséquence l’annulation des vols inter-îles, alors nous ne serons pas touchés et nous ne raterons pas l’avion du retour pour la France car nous serons déjà sur Santiago.


PICO DO FOGO : des images de l’éruption de 2014 (1 mn)


Cette île est à la fois la plus grande et la plus peuplée de l’archipel. Nous allons rapidement visiter deux des endroits les plus réputés de toute l’île : les jolies villes de Cidade Velha et Tarrafal.

Cidade Velha est située à une petite demi-heure en voiture de l’aéroport de Praia. Nous y débarquons en fin d’après-midi, juste au moment où la lumière du soleil couchant est la plus belle.

La plage de Cidade Velha

Nous passons la soirée sur une jolie plage bordée de quelques restaurants, particulièrement agréable et très fréquentée par les gens du coin.

En 2009, Cidade Velha fut le premier site du pays à être inscrit par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité.

C’est loin d’être la première impression que dégage aujourd’hui la ville vue depuis sa jolie plage, mais Cidade Velha fut pendant longtemps un carrefour maritime important dans la traite négrière entre l’Afrique et l’Amérique.

Et justement, une fois la nuit tombée, nous passons devant le fameux pilhourino (pilori) : c’est à lui qu’étaient attachés les esclaves récalcitrants pour y être torturés en public, souvent à mort. En le voyant, nous ne savons pas encore ce qu’il représente et ce n’est qu’a posteriori que nous apprendrons son histoire ! Après coup donc, nous trouverons saisissant le contraste qui existe entre l’apparence totalement anodine de ce petit poteau, et toute l’horreur qu’il symbolise.

Nous n’aurons pas le temps d’en voir plus dans cette ville chargée d’histoire qui vaut vraiment le détour. Car le lendemain matin, nous devons annuler la visite que nous avions prévue de la ville : je me suis en effet un peu emmêlé les pinceaux dans nos horaires et nous nous retrouvons à devoir partir précipitamment pour notre étape suivante…

En quittant la ville, nous passons devant les restes du vaste bâtiment dans lequel étaient entassés les esclaves avant leur départ pour l’Amérique, dans des bateaux où les conditions étaient inhumaines.


C’est à Tarrafal, située à près de deux heures de voiture de la capitale, que nous allons passer nos deux derniers jours au Cap Vert.

Une ruelle de Tarrafal

Nous nous posons dans un petit hôtel en pleine ville, le Tarrafal’s Meeting Point. Il est situé à cent mètres d’un marché multicolore, et à cinq minutes de marche d’une jolie plage bordée de cocotiers.

La plage de Tarrafal, bien que située en ville, est très agréable

Le site est abrité donc la mer est calme et en l’absence de vagues, nous pouvons faire du snorkeling tranquillement dans les rochers situés à l’extrémité de la plage. Sans être exceptionnel, l’endroit est plutôt joli et assez poissonneux dès le bord.

La fin de notre séjour sera un peu gâchée par une petite mésaventure : le deuxième jour au réveil, Victor approche les 41° de fièvre ! Nous le soignons avec notre trousse de médicaments de voyage, et notamment avec un antibiotique à spectre large qui nous a parfois rendu de fiers services par le passé, lorsque nous étions à l’autre bout du monde dans des endroits plus ou moins isolés. Depuis, nous ne nous en séparons plus lors de nos périples. Tout rentrera dans l’ordre pour lui après un petit séjour à l’hôpital.

Conclusion : concernant Santiago, nous n’avons pu que la survoler car cette île regorge de lieux à découvrir et de randos à faire. Ce sera peut-être pour un prochain voyage dans ce pays qui nous aura enchantés de bout en bout…


Avant de passer aux infos pratiques, un petit mot sur une constante que nous avons trouvée dans toutes les villes du Cap Vert où nous sommes allés : la présence de graffitis artistiques apposés sur les murs de nombreuses habitations. En voici un petit florilège.

Vila (Maio)

Vila (Maio)

Vila (Maio)

Sao Filipe (Fogo)

Sao Filipe (Fogo)

Sao Filipe (Fogo)

Tarrafal (Santiago)

« L’éducation est une arme puissante pour changer le monde. » Nelson Mandela

« Les enfants sont les fleurs de notre lutte et la raison de notre combat. » Amilcar Cabral, héros de l’indépendance du Cap-Vert assassiné par la police politique portugaise, quelques mois avant l’indépendance…

Merci à Rosie et Marie pour la traduction 😉


LE CAP-VERT D’ÎLE EN ÎLE (Maio, Fogo, Santiago) : la vidéo (4 mn)


Nous avons pris deux vols aller-retour inter-îles avec Binter, qui a changé de nom en mars 2020 pour devenir Transportes Interilhas de Cabo Verde (TICV). 

  • Praia (Santiago) – Vila (Maio) : 68 euros par personne.
  • Praia (Santiago) – São Filipe (Fogo) : 92 euros par personne.

Attention : ces vols sont proposés sur le web par de nombreux sites marchands plus ou moins connus (Travelgenio etc.). La lecture de forums de voyageurs nous avait dissuadés de passer par certains d’entre eux, qui semblent bien être à bannir pour avoir floué de nombreux voyageurs. Nous sommes donc passés directement par la compagnie cap-verdienne qui assurait ces vols jusqu’en 2020, Binter.


Depuis qu’elle est devenue TICV en 2020, le site internet de réservation de vols de cette nouvelle compagnie a lui aussi été accusé d’avoir floué bon nombre de voyageurs. Nous avons donc supprimé sur ce blog le lien vers ce site (qui s’avère d’ailleurs introuvable aujourd’hui, en 2023).

Pour effectuer les vols inter-îles de l’archipel, il faut donc désormais passer par Best Fly Cabo Verde (mais il n’est pas toujours possible de réserver en direct…). Nous n’avons pas testé cette compagnie mais elle semble désormais être la seule en activité pour ce type de vols courts d’une île cap-verdienne à l’autre…

L’aéroport de Praia


Depuis août 2019, il n’existe plus qu’une seule compagnie de ferries : CV Interilhas. Néanmoins, il convient d’être prudent car les nouveaux horaires ne sont communiqués que mois par mois, et les horaires sont régulièrement modifiés, parfois même d’un jour sur l’autre !


En juillet – août, c’est la basse saison pour les touristes mais c’est la haute saison pour les Cap-Verdiens expatriés qui sont de retour au pays. Il est ainsi fréquent que les touristes n’ayant pas réservé de billet d’avion ou de bateau restent coincés sur une île plusieurs jours avant de pouvoir en partir. Sur cette période, il est donc fortement conseillé de réserver un billet à l’avance pour éviter toute déconvenue.


Stella Maris Village : appartement pour 4 personnes dans une résidence bien placée à Vila. Belle vue, piscine qui domine la mer, logement propre etc. Que du bonheur.

En l’absence de Maryse la propriétaire, c’est Detlev, un allemand, qui est venu nous accueillir à l’aéroport et nous emmener à l’appartement après nous avoir fait une petite visitée guidée de Vila de Maio. Nous avons eu un excellent contact avec lui. Pour nous, pour une semaine sur place, le transport a été gratuit (à l’arrivée et au départ).

Le bon plan : dans un premier temps, nous avions réservé sur Booking pour 614 euros les 7 nuits mais, voyant quelques minutes plus tard le même appartement (chez Maryse) sur Airbnb pour 454 euros aux mêmes dates, nous avons annulé sans frais sur Booking pour réserver dans la foulée sur Airbnb. Conclusion : il faut bien faire la tournée des popotes avant de réserver… Stella Maris Village.

La piscine du Stella Maris Village


  • Tasuef, chez Natalia (à Vila) : notre cantine ! Destiné uniquement à ceux qui aiment la cuisine locale façon familiale. Ce petit resto est situé juste à côté de la principale église de Vila, dans un container aux couleurs jamaïcaines ! Il dispose d’une petite terrasse ombragée mais est fermé le dimanche.

Le prix : +/- 5 euros (500 à 550 cve) pour un plat principal et une boisson : poulet ou poisson frais à peine sorti de l’eau puis grillé ; accompagnement : frites et/ou riz et /ou légumes. Pour la Cachupa (spécialité cap-verdienne : ragoût à base de haricots noirs et de maïs, accompagné selon les variantes de poisson, viande, légumes etc.), il est préférable de la commander à Natalia le matin même. Enfin, petite précision : nous n’avons rencontré aucun problème de tourista alors que nous y avons mangé presque tous les jours.

Natalia et Dulce

  • Bar Tropikal (à Vila) : c’est une petite paillote posée sur la plage de Vila. Les pizzas sont un peu étouffe-chrétien mais elles sont correctes. Le prix : +/- 8 à 9 euros pour un plat (pizza, tartare etc.) et une boisson. Bar Tropikal.
  • Big Game (à Vila) : resto italien sur l’avenue qui longe la plage. Le prix : +/- 4 à 7 euros environ la pizza (500 à 800 cve). Activités : le Big Game propose toutes sortes d’activités (pêche au gros etc.) Big Game.
  • Strella (à Vila) : resto situé juste à côté du fort San José, en bord de mer. Tout le monde le connaît car il bénéficie du wifi gratuit, ce qui explique qu’il y ait toujours quelques personnes qui pianotent sur leur téléphone à quelques mètres du resto ! Le prix : +/- 8 euros pour un plat (poisson grillé ou viande, avec riz et légumes variés) et une boisson.
  • A Caminhada (à Morro) : ce resto est donc situé à l’entrée de Morro, petit village à quelques kilomètres au nord de Vila et de l’aéroport. Difficile d’affirmer que c’est le meilleur resto de toute l’île car nous ne les avons pas tous testés, mais ce resto-là est une excellente adresse. La dorade coryphène  est une pure tuerie. Les propriétaires, un couple de belges Bernard et Valérie (et non pas Catherine comme indiqué dans le Petit Fûté) sont des amoureux de l’Afrique. Ils ont confié la gestion du restaurant à l’accueillante Louisette. Cette cap-verdienne travaille avec une jeune serveuse, Lucie, qui a eu son heure de gloire dans la chanson au Cap Vert grâce à une émission télé populaire. Bernard et Valérie font également la location de chambres et d’appartements, et organisent de nombreuses activités : randonnées etc. Une super adresse. Leur site internet : A Caminhada.
    Le prix :  je n’ai relevé que celui de la dorade Coryphène, dont le rapport qualité-prix est exceptionnel : environ 6 euros (700 cve) accompagnée de frites faites maison (et non pas surgelées comme un peu partout ailleurs), de riz et de légumes.

Il y a deux petites épiceries pour faire les courses, à proximité du Stella Maris Village (en descendant vers la plage de Vila) : Mini Mercado Kulor Kafé, tenue par des français, et une autre située non loin, en face de la voyante Casa Benfica.


On peut découvrir l’île en quad. La circulation automobile étant quasi-inexistante sur Maio, le quad peut s’avérer très agréable pour visiter l’île. Nous nous sommes adressés à Marco Pompeo (tél : 928.60.85). On peut également le joindre par l’intermédiaire du gardien du Stella Maris Village.

Le prix : 40 euros la journée de quad (4.400 cve), possibilité de forfaits de deux ou trois jours, mais pas à la demi-journée. Prévoir son permis de conduire, contrairement à nous ! On peut louer sans, mais la Police contrôle souvent paraît-il…


Benvindo (tél : 995.97.13) : ce chauffeur de taxi répond à toutes les demandes d’excursions sur l’île. On peut également le joindre par l’intermédiaire du gardien du Stella Maris Village.

Benvindo et son outil de travail


Le club : AAA Maio Plongée. Posé sur la jolie plage de Vila, il est tenu par un couple de français, Bernard et Catherine, avec qui le courant est très bien passé pour nous. Nous avons tout planifié avec Catherine par mails, quelques semaines avant notre séjour à Maio. Une fois sur place, c’est Bernard qui s’est extrêmement bien occupé de nos deux ados pour leur faire passer leur diplôme de niveau 1. La formation nous a semblé de qualité.

Les coordonnéesAAA Maio PlongéeTél. : +238 951 81 02. Mail : maio.plongee@capvert-plongee.com. Adresse : Bitxe Rotxa, Cidade do Porto Ingles, Ilha do Maio, Cabo Verde.

Les prix : 65 euros le baptême, 36 à 40 euros la plongée (le tarif est dégressif en fonction du nombre de plongées), 430 euros le passage du diplôme de niveau 1 (+ coût de la licence) qui comprend 6 plongées, la théorie, le matériel etc.

AAA Maio Plongée


Pour assister à la ponte des tortues, nous nous sommes adressés à la fondation de Maio pour la biodiversité (leur site internet est en cours de construction mais je poste quand même le lien pour quand il sera prêt ; en attendant : info@fmb-maio.org). Animée par des volontaires, elle œuvre pour la protection de l’environnement sur l’île, la sauvegarde des espèces, le développement durable, le bien-être des communautés etc.

La sortie nocturne se déroule de 20 heures à minuit. On se rend sur le site de la ponte en 4×4. On roule pendant huit kilomètres sur une route depuis Vila, avant de bifurquer sur un petit chemin qui aboutit à la plage des tortues. De là, il ne reste plus qu’à marcher quelques centaines de mètres sous les étoiles.

Notre venue mi-août correspondait à peu près à la fin de la période de ponte, mais il y a des sorties à faire sur d’autres thèmes tout au long de l’année.

Le prix : 50 euros environ pour quatre personnes (5500 cve).

Un volontaire de la fondation aide une tortue à creuser à la lumière rouge des frontales


Pensao Casa José Doce : la pension de José est située dans la caldeira, aux pieds des cratères actifs, et au beau milieu des coulées de laves qui ont dévasté le village en 2014. L’endroit est à la fois l’un des plus fascinants et l’un des plus dépaysants qui soient. La pension est propre, et l’accueil de José et Carole est très bon. On peut réserver à l’avance sur quelques-unes des centrales de réservation web : Tripadvisor

Les coordonnées – Page Facebook : Pensao Casa José Doce. Mail : pensao.jose.carole@hotmail.com – Tél : +238 952 70 93.

Remarque : comme évoqué dans l’article ci-dessus, les conditions de vie au fond de ce site irréel sont elles aussi dépaysantes, notamment parce qu’il n’y a ni électricité, ni eau courante. Même si quelques panneaux solaires et réservoirs d’eau permettent de bénéficier du minimum nécessaire pour le quotidien. Si on n’est pas trop accro au confort et si on ne rechigne pas à utiliser ponctuellement une bougie à la place d’un interrupteur pour s’éclairer, alors on trouvera ce site tout simplement enchanteur.

Le prix : à partir de 23 euros par nuit la chambre pour deux personnes, petit déjeuner compris. Il faut en principe ajouter le prix du repas, soit 9 euros chez José (1.000 cve), car les possibilités de manger ailleurs dans la caldeira existent mais sont rares. A noter : le règlement se fait en espèces, dont il faut s’être muni avant le séjour dans la caldeira car dans cette dernière, on ne peut pas s’en procurer.

Pensao Casa José Doce


Trouver un guide : il suffit de demander à José la veille de la rando (si vous n’êtes pas logé/e/s chez lui, il faut demander dans le village : on trouve rapidement un contact). Le prix : 18 euros environ par personne (2000 cve) à partir de quatre (jusqu’à trois personnes, un tarif forfaitaire de 54 euros en tout (6000 cve) est appliqué, mais on peut en général s’arranger sur place avec d’autres voyageurs pour compléter le groupe).

Durée de l’ascension : 6 à 7 heures en moyenne – Distance : 15 km environ – Dénivelé : 1000 mètres positifs et 1000 mètres négatifs environ – Altitude max : 2.928 mètres (en réalité, on ne monte pas tout à fait jusque là, on passe quelques mètres en dessous). Le guide : demandez Dony ! Tous les guides avaient l’air sympa mais le nôtre, Dony, s’est montré vraiment top ! En plus, il se débrouille en français.

– Bon à savoir : lors de la descente, on court dans la pouzzolane et de nombreux petits morceaux de roches volcaniques pénètrent alors dans les chaussures. Abrasifs avec les frottements, ils provoquent de nombreuses petites brûlures désagréables, a fortiori avec toute cette poussière. Il faut donc prévoir des chaussettes montantes et idéalement, rentrer le pantalon dedans. Pas très seyant certes, mais tellement plus indolore…

Le début de l’ascension du Grand Pico, au petit matin et au milieu des cratères


Il y a deux possibilités : l’aluguer (petit taxi collectif très bon marché) et le taxi privé. Nous avons dû prendre ce dernier à deux reprises : à l’aller parce que l’aluguer quotidien était déjà parti quand notre avion a atterri, et au retour parce qu’il n’y a pas d’aluguer le dimanche ! Le prix du taxi privé : 60 à 65 euros environ (7000 cve), à partager entre les voyageurs.


Juste un mot sur le petit « plus » : dans l’avion en provenance de Santiago, il faut essayer d’avoir une place sur la droite de l’appareil (et sur la gauche au retour) car en arrivant au niveau de l’île, la vue sur le volcan au loin qui émerge des nuages en dominant la mer vaut le détour.


Casas do Sol : cet hôtel est situé sur la falaise qui domine l’océan, en face de l’île de Brava, à quelques minutes du centre-ville en voiture ou vingt minutes à pied. Agréable piscine face à la mer. Le prix : 63 euros environ le petit appartement pour quatre personnes (7000 cve) petit déjeuner inclus.

La piscine de Casas do Sol, face à la petite île de Brava

Zebras Corner (hôtel) : nous y avons juste mangé, pas dormi. A titre indicatif, voici le prix de la chambre : 80 euros environ pour deux personnes (9.000 cve). Il faut dire que le cadre est superbe puisqu’il s’agit d’une sobrado (ancienne maison de maître à l’époque coloniale) comportant aussi une petite piscine. Toutefois, les avis des voyageurs sont très contrastés sur le net : Zebras Corner.


Zebras Corner (restaurant) : cet hôtel de charme fait donc aussi restaurant, mais pour des prix nettement plus en rapport avec ce qui se pratique au Cap Vert, que les prix de l’hôtel. Le cadre est très agréable, le personnel plutôt accueillant dans l’ensemble, et la nourriture très correcte. Les prix : 4 à 6 euros la pizza.

Le Zebras Corner : hôtel et restaurant


Réservé depuis la France, nous nous sommes retrouvés une fois sur place non pas à l’hôtel lui-même mais dans une petite annexe située à une centaine de mètres. Le motif : il y avait une pénurie d’eau courante sur toute l’île de Santiago, et on nous donnait le choix entre cette annexe où les douches étaient alimentées en eau par des réservoirs, et l’hôtel principal où il n’y avait soi-disant plus d’eau. Résultat, nous avons eu droit à une petite chambre plus que basique, qui comportait quelques dizaines de petites fourmis mortes dans les deux lits du haut. Douches communes (mais individuelles), personnel sympa, environnement bruyant. N.B. Le personnel est resté jusqu’à 2h00 du matin pour nous accueillir après notre arrivée tardive depuis la France.

Le prix : 27 euros environ la petite chambre pour quatre personnes (3.000 cve) petit déjeuner non inclus.

Le lien : Morabeza Kriol Hostel


> Por do Sol

Excellent hôtel dans l’ancienne capitale du pays, chargée d’histoire. Avec une superbe piscine qui domine l’océan et un excellent accueil, cet établissement vaut largement son prix.

Le prix : 32-33 euros environ la chambre double (3.590 cve) petit déjeuner non inclus.

Une excellente adresse : Por do Sol.

Por do Sol


> Tarrafal’s Meeting Point

Encore une excellente adresse. Ce petit hôtel style auberge de jeunesse est propre, dispose de chambres avec ou sans sanitaires, d’une machine à laver et d’une cuisine commune. Il est très bien situé dans le centre-ville mais sans être bruyant, à deux pas d’un petit marché local et à cinq minutes de marche d’une jolie plage. Possibilité de réserver (à l’avance) une navette depuis l’aéroport.

Surtout, la propriétaire, Kaida, s’est montré d’une gentillesse exceptionnelle avec nous, faisant pendant deux bonnes heures plusieurs allées et venues à l’hôpital avec sa voiture personnelle pour nous y emmener avec notre fils et ses (presque) 41° de fièvre, ou aller chercher un docteur, puis ramener tout le monde, le tout en sacrifiant une bonne partie de son après-midi. Sans compter l’aide qu’elle nous a apportée en jouant l’interprète avec le corps médical. A en juger par les notes des autres internautes sur les sites de réservations en ligne, nous ne sommes pas les seuls à avoir gardé un excellent souvenir de cet établissement et de la gentillesse de Kaida.

Le lien : Tarrafal’s Meeting Point

Le prix : nous avons réglé 20 euros environ par chambre double et par nuit, avec sanitaires communs (2.220 cve) petit déjeuner non compris. Les prix démarrent à 16 euros la chambre pour deux personnes.

Coordonnées : rua dos Correios (si on vient en taxi, bien préciser : entre CV Telecom e Farmácia Tarrafal) à Tarrafal. Tél : +238 931 67 63.


Restaurant Buzio

Il semble être très réputé à Tarrafal. Cuisine locale mais il y a aussi des plats « internationaux » (pizzas…). Très bon accueil. Musique d’ambiance tous les soirs jouée par des artistes locaux. En un mot : incontournable.

> Les prix : ils tournent autour de 5 euros pour la plupart des plats (400 à 600 cve). Par exemple : le hamburger accompagné de frites et de légumes = à peine 4 euros (400 cve). Excellent rapport qualité-prix.

> Coordonnées : Rua Macaco Raiz Do Chao, 7110 Tarrafal. Restaurant Buzio.


Pour plus d’infos, voici les autres articles liés à notre voyage au Cap-Vert :

 Maio : la petite île sauvage et authentique

 Fogo : l’île-volcan

 Santiago : l’île cosmopolite

Street Art au Cap-Vert !


LE CAP-VERT D’ÎLE EN ÎLE (Maio, Fogo, Santiago) : la vidéo (4 mn)





MARRAKECH, LA VILLE ROUGE


Cette petite escapade au Maroc a pour but de faire découvrir en quelques jours la « ville rouge » à nos fils. Ce surnom, Marrakech le doit aux tons ocres et rougeâtres qu’arborent un grand nombre de ses maisons et bâtiments.


  1. La Médina
  2. Le jardin Majorelle
  3. La Palmeraie
  4. Infos pratiques

Il s’agit du quartier historique, celui où bat le cœur de la ville et où il fait si bon se balader pour s’imprégner de son atmosphère unique. Ce quartier est classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité, classement qui inclut divers sites incontournables pour qui visite la ville : les remparts, la mosquée Koutoubia, la fameuse place Jemaa-el-Fna, le palais Bahia ou encore les somptueux tombeaux saadiens.

Avant de passer tous ces sites en revue, comment ne pas évoquer l’atmosphère si particulière qu’on ressent lorsqu’on flâne dans cette vieille ville.

Un peu partout, l’architecture raffinée apporte un témoignage de ce que fût l’histoire de la ville, laquelle a subi diverses influences (Omeyyades, Almoravides…).

La mosquée de la Kasbah

C’est en s’enfonçant dans les entrailles de la Médina et en se perdant dans ses ruelles labyrinthiques qu’on s’imprègne le mieux de l’âme de la ville.

A chaque coin de rue, au fond de chaque derb (passage parfois étroit) se succèdent les scènes de la vie quotidienne dans cet écrin de murs rougeâtres.


La Médina est cernée par de jolis remparts régulièrement renforcés par des tours, le tout construit en pisé, c’est-à-dire avec de la terre argileuse pour matériau de base.

On pourrait ainsi penser que ces fortifications sont fragiles mais à tort, puisqu’elles ont fièrement traversé les siècles : près d’un millénaire en tout. Aujourd’hui, il suffit juste de quelques réparations ponctuelles pour permettre à la solidité de l’ensemble de perdurer.

D’une longueur totale de dix-neuf kilomètres, ces remparts sont percés par vingt-deux portes, lesquelles permettent d’accéder à la ville et d’en sortir. Certaines ethnies qui venaient commercer à Marrakech avaient d’ailleurs une porte qui leur était réservée.

Bab Agnaou, l’une des portes les plus décorées des remparts de Marrakech

Aujourd’hui, c’est en début et en fin de journée qu’il faut admirer les remparts, car c’est à ces moments-là qu’ils sont embellis par la lumière chaude du lever et du coucher du soleil.

A la fin du marché, les marchands rangent leurs affaires pendant que les plus démunis cherchent de quoi se nourrir


Cette mosquée, visible depuis de nombreux endroits de la ville, en est devenue au fil du temps le monument emblématique.

Ce chef-d’œuvre de l’art hispano-mauresque a d’ailleurs servi de modèle à la fameuse Giralda de Séville entre autres. Les proportions de son minaret, cinq fois plus haut que large, sont considérées comme parfaites.

Elle est située face à une artère qui mène en quelques minutes de marche à la place Jemaa-el-Fna, l’autre emblème de Marrakech.


En arabe, son nom signifie « place des trépassés », en référence à l’époque où les sultans y faisaient exécuter certaines sentences en public, et exposaient les têtes de leurs victimes.

Aujourd’hui, cette place est devenue le centre névralgique de la ville. C’est une sorte de théâtre géant en plein air, où les vendeurs ambulants et les artistes de rues jouent un spectacle permanent : musiciens traditionnels, charmeurs de serpents, montreurs de singes, tout le monde est là, à l’affût du client.

Si la place est à peu près vide en début de journée, sa physionomie change totalement dès la fin d’après-midi, grâce à la foule qui la prend d’assaut afin d’assister (et participer) au spectacle.

Les innombrables gargotes s’animent alors en enfumant la place avec leurs grillades. Les rabatteurs, qui semblent parler toutes les langues du monde, rivalisent d’aisance verbale pour s’arracher les clients.

Malgré des hordes de touristes, cette place, avec son ambiance unique, s’avère totalement dépaysante.


La place constitue également l’un des principaux accès aux fameux souks marrakchis.

Il s’agit de marchés orientaux traditionnels qui contribuent depuis des siècles à la réputation de la ville.

Tous les secteurs d’activité y sont représentés : vêtements, épices, cuir, bijoux, tapis, babouches etc. Bref, rien de ce qui peut se vendre n’a été oublié.

Les bonimenteurs sont en chasse permanente du client, avec un refrain qui revient sans cesse dans le but de le faire pénétrer à l’intérieur du commerce, où on ne le lâchera plus : « venez, juste pour voir », ou encore « l’entrée est gratuite ».

Ici, nous sommes aussi au royaume du marchandage : une fois qu’on a déniché l’article convoité, il ne reste plus qu’à lui fixer un prix. La négociation avec le vendeur commence alors, où le but consiste certes à faire baisser sensiblement le tarif qu’il a initialement proposé, mais sans jamais perdre de vue que le produit a nécessité une certaine quantité de travail qui ne mérite pas non plus d’être bradée.


Il fût construit au 19ème siècle pour la maîtresse préférée du sultan, d’où son nom qui signifie « Palais de la Belle« .

A cette époque, ce chef-d’œuvre architectural était le plus luxueux palais de tout le pays. Il est vaste, richement décoré, et ses jardins sont dotés d’une végétation luxuriante.

Lors de notre venue, les lieux sont noirs de monde, ce qui nous gâche un peu la visite. Mais surtout, pour une raison que nous ignorons, l’accès à la fameuse cour n’est exceptionnellement pas possible. Pas de photo donc ici, mais voici quand même à quoi elle ressemble : palais de la Bahia (lien Google).

Tant pis pour nous, nous allons nous rattraper en découvrant les somptueux tombeaux Saâdiens…


Le passage par lequel on y accède est si étroit qu’on a du mal à y croiser d’autres piétons.

Situés dans d’agréables jardins verdoyants, ces vestiges sont esthétiquement magnifiques. Il s’agit des sépultures des rois Saâdiens, qui régnèrent aux 16ème et 17ème siècles. Avec leurs épouses, ils sont une centaine à reposer là, dans la cour ainsi que dans diverses salles.

Quelques décennies après leur règne, l’un de leurs successeurs, le sultan Moulay Ismaïl, décida de détruire purement et simplement tout vestige de la grandeur passée de cette dynastie saâdienne.

Il n’osa toutefois pas pousser sa radicalité jusqu’à profaner les sépultures de ses prédécesseurs, c’est pourquoi il les épargna, se contentant d’en faire murer les accès.

La richesse et le raffinement de ce lieu de sépultures en font l’un des sites incontournables à visiter dans « la ville rouge ».


Alors là, il ne s’agit plus vraiment d’un endroit typique ou authentique de Marrakech. Et pourtant, la luxuriance de ce jardin, dans lequel il est si agréable de se balader, dégage une impression de petit paradis de fraîcheur.

Situé  en centre-ville mais à l’extérieur de la Médina et à l’extrémité du quartier Guéliz, ce jardin appartenait au peintre français du 20ème siècle Jacques Majorelle.

Pendant près d’un demi-siècle, il le développa en l’enrichissant d’une multitude de plantes en provenance des cinq continents, de sorte à en faire un véritable havre de paix au beau milieu du tumulte marrakchi quotidien.

Après sa mort, le jardin fût laissé à l’abandon, avant d’être acheté et restauré par Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.

L’ancien atelier de Jacques Majorelle, transformé plus tard en maison art-déco d’influence mauresque…

Ils avaient constitué tous les deux une superbe collection privée rendant un bel hommage à la culture berbère. Aujourd’hui transformée en un petit bijou de musée, cette collection est abritée par la villa de styles mauresque et art-déco érigée au milieu du jardin : outils, bijoux, parures, tenues traditionnelles berbères, rien ne manque pour donner à chaque visiteur une irrépressible envie de partir à la rencontre de ce peuple nord-africain.

Depuis qu’il est ouvert au public, ce magnifique jardin et son musée berbère sont devenus l’un des sites touristiques les plus visités de tout le Maroc.


Ce quartier situé à l’écart du reste de la ville n’en est absolument pas représentatif et n’a pas grand intérêt. C’est le quartier des milliardaires, dont les villas de luxe ont remplacé peu à peu les palmiers…

Pendant longtemps, la Palmeraie était si bien irriguée qu’elle était d’une luxuriance étonnante au vu de sa proximité avec le désert.

Mais ce petit paradis, où s’épanouissaient jusque-là tant de palmiers et d’arbres fruitiers, se mit à dépérir à cause de la décrépitude du système d’irrigation, combinée à la sécheresse ainsi qu’à l’appétit démesuré des promoteurs immobiliers.

Aujourd’hui, seuls quelques palmiers survivent péniblement, coincés entre les propriétés de milliardaires telles que l’émir du Qatar, les grands capitaines d’industrie ou les vedettes du showbiz.


Marrakech : la vidéo (3 mn)


Le jardin Majorelle – Prix d’entrée : 70 Dh (6 euros environ) pour le jardin seul – 100 Dh (9 euros environ) pour le jardin + le musée berbère – 180 Dh (16 euros environ) pour le jardin + le musée berbère + le musée Yves Saint-Laurent. Entièrement gratuit pour les moins de 12 ans.

Horaires d’ouverture : 8h00 – 18h00 (17h30 du 1er octobre au 30 avril). Mois de Ramadan : 9h00 – 17h00.

LE BON PLAN : le jardin Majorelle est l’un des sites les plus visités de tout le pays, et les témoignages de visiteurs qui ont regretté l’excès de foule sont nombreux. Pourtant, il y a un moment dans la journée où l’affluence est faible : le matin, entre 8h00 et 9h00. Nous l’avons testé, nous étions pratiquement seuls jusqu’à l’arrivée des premiers cars de touristes à 9h00 tapantes.

  


→ Les tombeaux Saâdiens – Prix d’entrée : 10 Dh (environ 1 euro) et 3 Dh (30 centimes ! ) pour les moins de 12 ans.

Horaires d’ouverture : 8h00 – 16h45

  


Le palais de la Bahia – Prix d’entrée : 10 Dh (environ un euro), gratuit pour les moins de 12 ans.

Horaires d’ouverture : 9h00 – 17h00


Il existe deux types de taxis : les grands et les petits taxis. Les premiers font des courses interurbaines, les seconds ne sont autorisés à circuler qu’en ville.

Le prix dépend certes du trajet mais pour des déplacements d’une demi-heure à une heure en ville, nous avons payé systématiquement 100 Dh (9 euros environ).

Les chauffeurs profitent du trajet pour essayer de vendre des excursions diverses et variées. Ça peut paraître usant mais ce fonctionnement fait bien partie des us et coutumes du pays. Nous avons rencontré deux chauffeurs qui n’ont rien essayé de nous vendre et qui se sont montrés extrêmement agréables, ouverts et bienveillants de bout en bout. Ils ont accepté que nous diffusions leurs coordonnées professionnelles (circuits touristiques et excursions au départ de Marrakech) :

Riad : 00.212.669.83.38.15  •  Khalid : 00.212.667.35.35.74 – 00.212.661.79.26.96


Bien sûr, il y a de belles images à faire sur la place elle-même, au milieu de tous ceux qui la fréquentent.

Mais il y a aussi les vues d’ensemble : divers cafés bordent la place, tous dotés d’un ou plusieurs étages avec des terrasses qui offrent une vue imprenable sur le site. J’ai pris mes photos depuis le Grand Balcon Café Glacier, qui offre l’avantage d’être situé à l’angle et qui offre donc une vue sur les deux artères qui bordent la place.

La boisson est évidemment obligatoire quand on monte en terrasse, à laquelle l’accès n’est possible qu’une fois la consommation payée.


Idéalement, dans un riad sympa en plein Marrakech ! Pour notre part, nous avons exceptionnellement rompu avec nos habitudes, lesquelles consistent à aller dormir chez l’habitant et de préférence dans des endroits plutôt reculés.

L’Iberostar de Marrakech

Cette fois-ci, pour diverses raisons personnelles, nous nous sommes finalement offert une semaine à la cool dans… un hôtel club ! L’Iberostar de Marrakech en l’occurrence. A l’opposé de nos standards mais même s’il ne correspond pas à nos critères habituels, force est de constater qu’il nous a permis de nous reposer dans un confort des plus inhabituels pour nous en voyage : piscine, repas franchement excellents etc, le tout dans un joli cadre il faut bien l’avouer.

Iberostar hôtel Marrakech

J’en profite pour souligner l’excellence du personnel, local pour l’essentiel : sympa, souriant, agréable, serviable, vraiment le top.

Au niveau activités, le client n’a que l’embarras du choix : piscine donc mais aussi tennis, ping-pong, pétanque, foot, water-polo, trapèze (en une heure, on apprend à faire le cochon pendu à dix mètres de haut, et à se faire rattraper en plein vol dans cette position par le prof qui est sur le trapèze de derrière !), mais aussi hammam, massages, boîte de nuit…

  

En formule « all inclusive », on peut aussi notamment se désaltérer à longueur de journée. Au niveau des repas, les mets locaux (couscous, tajines, agneau) sont une tuerie.

Le prix : à partir de 196 euros la chambre double petit déj inclus (208 euros en all inclusive). En passant par une agence qui a réservé les vols secs et l’hôtel séparément, le prix de la chambre double par nuit nous est revenu à 139 euros en all inclusive.


Office National marocain du tourisme

Infos tourisme Maroc





RÉUNION : L’ÎLE NATURE


Situé en plein cœur de l’île, le Piton des Neiges est un volcan aujourd’hui éteint qui culmine à 3070 m. C’est lui qui, en surgissant des eaux de l’Océan Indien il y a quelques millions d’années, donna naissance à La Réunion.

L’île est partagée en quatre zones naturelles d’exception : les trois cirques (Salazie, Cilaos et Mafate) classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, et un autre volcan, bien actif celui-là : le bien-nommé Piton de la Fournaise. Sa majestueuse caldeira, qu’on appelle ici « l’enclos », vaut le détour à elle seule.

Cette île où la nature et les sports de plein air sont rois, comprend en son cœur d’innombrables cascades ainsi qu’une végétation luxuriante. Émergeant de récifs coralliens, elle est bordée par quelques lagons de toute beauté.


  1. Les trois cirques : Salazie, Cilaos et Mafate
  2. Le Piton de la Fournaise
  3. Survol de l’île en ULM
  4. Plages et lagons
  5. Saint-Denis la cosmopolite
  6. Infos pratiques


C’est l’un des endroits les plus humides au monde car il est la cible de précipitations extrêmement élevées. C’est pourquoi il est recouvert d’une végétation luxuriante où le vert règne sans partage.

De même, ce cirque fait le bonheur des nombreuses chutes d’eau qui le parcourent car elles sont alimentées en permanence par ces fortes précipitations. Parmi toutes ces cascades qui dévalent la pente à flancs de rochers, celle du Voile de la Mariée est souvent considérée comme la plus belle de l’île.

La cascade du Voile de la Mariée


Longtemps resté dans l’isolement du haut de ses 1200 mètres d’altitude, le petit village de Cilaos est aujourd’hui accessible grâce à une route construite en 1932, et quelle route ! Elle comporte en effet quelques quatre cents virages sur une trentaine de kilomètres à peine, dont quelques passages particulièrement étroits ainsi que, parfois, des éboulements.

Bref, accéder à Cilaos se mérite mais lorsqu’on y arrive, on peut savourer l’atmosphère particulière qui y règne : car on y retrouve non seulement les conditions d’un village d’altitude, avec ses faux airs de « camp de base » du Piton des Neiges, mais aussi celles d’une commune tropicale, où les records mondiaux de précipitations sont régulièrement approchés !

Cilaos : l’église Notre-Dame-des-Neiges

Les lieux des alentours ont tous reçu des noms plus exotiques les uns que les autres : le canyon de Fleurs Jaunes, le Morne de Gueule Rouge, le sommet du Bonnet de Prêtre à Bras-Sec…

A proximité du village foisonnent les chemins de grande randonnée, les descentes en canyoning et les voies d’escalade.

En haut à droite : les minuscules points de couleurs sont des adeptes du canyoning s’apprêtant à descendre la cascade vertigineuse qui s’ouvre sous leurs pieds…


Cet écrin de végétation est cerné de remparts abrupts qui en rendent l’accès difficile : c’est pourquoi on ne peut s’y rendre qu’à pied… ou en hélico ! C’est justement pour ce caractère inhospitalier que nombre d’esclaves y trouvèrent refuge pendant longtemps.

L’inhospitalité d’ailleurs, c’est tout le contraire de ce qui attend aujourd’hui les randonneurs qui se rendent dans ce site d’exception. Car les habitants des lieux ont la réputation de faire preuve d’un sens aigu de l’accueil et de l’hospitalité.

Nous ne sommes pas entrés dans ce cirque mais nous l’avons survolé en ULM.


Bras-Panon et la côte

En revenant de Salazie, nous traversons la petite commune de Bras-Panon où trône le joli temple hindouiste de l’Union, haut en couleurs et situé non loin de la mer.

Mais le temps tourne étonnamment vite à l’orage, ce qui ne nous change finalement pas trop de toutes les averses que nous avons endurées dans le cirque de Salazie. Cela nous permet d’admirer une autre facette de la Réunion : la côte par temps orageux.


Les chutes de Takamaka

Elles sont situées dans une zone où les pluies tombent en abondance. Elles nourrissent les nombreuses chutes d’eau qui elles-mêmes alimentent la centrale hydroélectrique qui habite les lieux, et grâce à laquelle une bonne partie de l’île reçoit de l’électricité.

De nombreux filets d’eau dégringolent sur la roche à travers une végétation dense, avant de terminer leur course dans de jolies piscines naturelles. Les pics effilés qui les dominent ajoutent à la sauvagerie du paysage.

Les chutes de Takamaka

Ce cadre 100% nature offre des conditions idéales pour la pratique de la randonnée et du canyoning, dont certains spots ont d’ailleurs acquis une renommée internationale.


La cascade Biberon

Elle est située sur le territoire de la commune de La Plaine-des-Palmistes, à l’ouest des cirques de Salazie et Cilaos. Pour la rejoindre, il suffit de faire une courte marche de trois-quarts d’heure à travers la végétation, les rochers et les rivières.

La cascade Biberon

Mais ce sentier est actuellement fermé suite à un éboulis qui a coûté la vie à plusieurs personnes. Un projet est à l’étude afin de permettre la visite de ce site en toute sécurité : on admirerait alors la cascade et son bassin depuis une passerelle. A suivre…


Ce volcan réputé est considéré comme l’un des dix plus actifs de la planète. C’est la star incontournable de l’île et s’y rendre permet d’en prendre plein les yeux.

Tout commence à 1600 mètres d’altitude, dans la petite bourgade de Bourg Murat d’où part la route en direction du volcan. Cette route est une attraction à elle seule car les paysages successifs qu’elle traverse sont à la fois jolis et étonnants.

Elle serpente d’abord à travers une belle forêt de conifères où l’on peut pique-niquer dans un cadre agréable. Puis à huit kilomètres de Bourg Murat se trouve le Nez-de-Bœuf (alt. 2065 m) : une aire de stationnement offre un superbe point de vue plongeant sur la rivière des Remparts.

Huit kilomètres plus loin se trouve une nouvelle aire de stationnement qu’il ne faut rater à aucun prix. Bordé par une lande courte, l’endroit ne paye pourtant pas de mine.

Il faut alors suivre le vague sentier qui traverse cette végétation sur 150 à 200 mètres.

Il débouche sur un profond cratère dont on ne soupçonne pas l’existence depuis la route voisine : le cratère de Commerson (alt. 2310 m). L’histoire de ce volcan aujourd’hui éteint, qui végète dans l’ombre du Piton de la Fournaise, est méconnue.

Pourtant, lors de sa dernière éruption il y a très longtemps, les volumes de laves émis furent plusieurs dizaines de fois supérieurs aux quantités de laves expulsées par le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs au monde, lors de ses éruptions pourtant historiques de 1977 et 1986 !

Le cratère de Commerson

Respect donc pour ce monstre aujourd’hui endormi.


Puis il faut reprendre la route, laquelle réserve un peu plus loin une surprise de taille : car au détour d’un col anodin, on se retrouve subitement en plein survol … de la Lune !

Au fond : le Piton de la Fournaise

La vue plongeante sur cette immense cuvette de cendres aux tons successivement noirs, rouges et ocres est sidérante. C’est la Plaine des Sables, fièrement dominée par le maître des lieux : le Piton de la Fournaise. Le guide du Routard a trouvé les bons mots pour décrire ce site en le qualifiant de « piste d’atterrissage pour Martiens ».

La descente vers ce paysage de toute beauté est à la fois courte par la distance et longue par le temps, car on a tendance à s’arrêter tous les cent mètres pour admirer et photographier cet étonnant paysage lunaire.

Par endroits, on se demande bien comment la végétation parvient à reprendre ses droits dans un tel lieu.


Après la traversée de ce paysage d’un autre monde, on finit par arriver au Pas de Bellecombe (alt. 2311 m).

De là, juché sur le rebord de la caldeira, la vue sur le volcan est imprenable.

Quelques respirations d’air pur plus tard, nous remontons dans la voiture pour effectuer les quelques dernières centaines de mètres qu’il nous reste avant d’arriver au Gîte du Volcan, où nous allons passer la nuit.

Le Gîte du Volcan

Les derniers rayons du soleil rougissent le paysage alors que nous sommes cernés par les montagnes, elles-mêmes englouties par les nuages.


La grande inconnue quand on part randonner sur le Piton de la Fournaise, c’est le temps qu’il va faire. Car depuis hier, en discutant avec les autres randonneurs, nous entendons une multitude de témoignages nous raconter qu’ici, à cette altitude, le temps est plutôt instable et assez souvent bouché. Mais aujourd’hui, la chance est avec nous : le ciel est totalement dégagé et la météo n’annonce une dégradation que pour l’après-midi. Nous devrions donc avoir « le temps » d’en profiter.

Le grand classique consiste à faire la randonnée qui mène jusqu’au rebord du cratère afin d’en admirer les pourtours et le fond. Ils sont recouverts de roches volcaniques rouges, noires ou marrons. Si cette randonnée est plutôt réputée, son chemin est en contrepartie assez fréquenté.

C’est pourquoi nous avons choisi une autre option, qui consiste à marcher sur le rebord de la caldeira pendant deux bonnes heures, jusqu’au lieu-dit du Nez Coupé de Sainte-Rose : on a alors une vue quasi-permanente sur le volcan, ainsi que sur l’enclos recouvert de lave qui s’étale à ses pieds. Et dès le début de la randonnée, les points de vues qui se succèdent sur le petit cratère Formica Leo nous mettent dans l’ambiance.

Cette rando sans difficulté réelle ne prend qu’environ quatre heures aller-retour, aussi avons-nous prévu d’aller voir de plus près ce joli petit cratère lorsque nous reviendrons, puis de terminer la journée en nous baladant dans l’enclos.

Le cratère Formica Leo

Nous reprenons notre marche et traversons une jolie zone arborée, qui sera d’ailleurs la seule de tout le parcours. La présence de toute cette verdure est étonnante, à cette altitude et si près de « la Montagne de Feu », comme on appelait ce volcan au XVIIe siècle.

Notre chemin fend la végétation en nous offrant une vue permanente sur l’enclos dominé par le volcan à notre droite, et sur les remparts au loin à gauche.

Le Nez Coupé de Sainte-Rose (le pic rocheux du fond, qui domine l’enclos)

Au loin, les remparts de la caldeira

L’arrivée de la rando est marquée par une petite table d’orientation posée face au volcan, et où il fait forcément bon pique-niquer.

  

Le retour se fait par le même chemin que l’aller, et nous avons donc la chance de pouvoir profiter doublement de tous ces points de vues uniques. Avec en plus le sentiment d’être seuls au monde puisqu’en quatre heures, nous croiserons en tout et pour tout deux couples.

Peu avant de rejoindre le point de départ, nous bifurquons sur notre gauche pour descendre un très long escalier qui nous mène au fond de la caldeira. Là, nous nous rendons compte que le sol est loin d’être aussi lisse qu’il nous semblait depuis en haut : la lave séchée monte et descend en permanence, elle est striée partout et comporte d’innombrables brèches. De toute évidence, les forces de la nature ont fait un sacré travail ici.

Au fond à gauche, le cratère Formica Leo

L’intérieur du Formica Leo

Cette superbe journée sans le moindre nuage est à peine terminée que nous nous régalons déjà rien qu’en pensant à la suivante : le survol de l’île en ULM.


Nous ne l’avions pas prévu à l’avance mais nous avons trouvé l’île tellement belle au fil des quelques jours passés à la visiter, que nous décidons finalement d’alourdir un peu la colonne « dépenses » de notre budget de voyage : nous allons nous offrir un survol des principaux sites en ULM.

Différentes formules sont proposées : survol des cirques et/ou du lagon et/ou du volcan. Nous choisissons celle qui nous emmènera au-dessus des cirques et du lagon. Nous aurions aimé pousser jusqu’au volcan mais il est situé un peu plus loin et c’est donc un peu plus cher.

Vues de là-haut, les arêtes rocheuses sont tellement effilées que leur survol en est impressionnant.

Nous voyons mieux à quel point certaines habitations, cernées par des pics infranchissables, sont isolées et difficiles d’accès.

Après un large tour au-dessus des cirques, nous gagnons la mer.

  

Bien loin en-dessous de nos ailes, nous apercevons deux baleines. Avec l’altitude, ces deux géantes nous paraissent si petites qu’elles en sont impossibles à photographier.


La Réunion est le paradis des amoureux de la nature est des sports de plein air. Et si ses plages n’ont rien d’exceptionnel, elles sont malgré tout très agréables. Nous avons commencé par nous rendre à celle de Boucan Canot, située sur la côte ouest juste au nord de Saint-Gilles. Elle est fortement tributaire de l’état de la mer, laquelle rejette sur le sable blanc une multitude de petits coquillages et morceaux de coraux.

La plage de Boucan Canot

Un peu plus au sud nous attend un premier lagon qui s’étend de Saint-Gilles à La Saline. La plage de l’Hermitage qui le borde n’est pas très éloignée du cliché de la plage tropicale, avec ses eaux turquoises abritant de superbes coraux multicolores dans moins de deux mètres d’eau.

Mais au lieu des traditionnels cocotiers, ce sont de nombreux filaos qui ont poussé là, car c’est l’un des rares arbres tolérants au sel.

Le lieu est assez fréquenté, aussi bien par les touristes que par les habitants : ces derniers y pratiquent le pique-nique familial le week-end et ensuite, c’est dans leur hamac tendu entre deux filaos qu’ils procèdent tranquillement à la digestion. L’ambiance de toute cette zone est très détendue, avec également des petits restos les pieds dans le sable à l’ombre des filaos.

Outre le farniente, l’autre activité phare du site est le snorkeling. Les nombreuses patates de coraux multicolores abritent une faune riche et variée dans une profondeur pourtant très faible (un à deux mètres maximum).

Murène juvénile

Enfin, un peu plus au sud encore se situe le deuxième lagon de l’île, celui de Saint-Leu. Sa plage est située au niveau du centre-ville. Au nord, il faut éviter de s’approcher du port et de l’embouchure de la rivière car les courants peuvent y être assez forts.


Après avoir découvert toutes ces merveilles de la nature dont La Réunion a le secret, nous rejoignons Saint-Denis avant le départ de notre avion. Nous traversons notamment le quartier du Barachois, dont les canons pointés vers le large nous rappellent l’histoire de la ville.

Enfin, après quelques emplettes au marché, nous terminons notre séjour en déambulant dans les rues de cette ville cosmopolite et métissée.

La cathédrale Saint-Denis
La mosquée Noor-e-Islam


Le bus : c’est la solution la plus économique. L’île est relativement bien desservie par de nombreuses lignes de bus, dont on peut se procurer la carte auprès des offices de tourisme ou dans les gares routières.

La voiture : plus onéreux que le bus, le moyen de transport le plus pratique pour se déplacer sur l’île est la voiture. Au moment de choisir un loueur, on peut privilégier ceux qui bénéficient du label Qualité Tourisme de l’Île de La Réunion (infos label QTIR) : cela permet parfois d’éviter différentes désillusions qu’on peut rencontrer avec des loueurs peu scrupuleux. Ce label s’applique d’ailleurs à toutes les activités liées au tourisme.

Le taxi : on peut utiliser ce moyen de transport ponctuellement sachant que les taxis sont à la fois assez rares et plutôt chers…


A Cilaos : hôtel** Les Aloes. Petit hôtel de charme de style créole, très agréable et très propre, face aux montagnes.

Le prix : à partir de 60 euros par nuit la chambre double. +262(0)2.62.31.81.00

A proximité du volcan : le gîte du volcan. C’est LE site incontournable où il faut dormir si l’on veut optimiser le temps pour les randonnées vers le Piton de la Fournaise ou aux alentours. Cela permet de partir tôt le matin en étant déjà sur place (en réalité à 600 mètres du volcan), alors que si on loge ailleurs, il faut prévoir en plus le temps de trajet jusqu’au volcan qui n’est pas négligeable.

Pour réserver (s’y prendre à l’avance…) : 06 92 85 20 91. Pour les dortoirs, la réservation n’est pas possible : on prend les places qui sont éventuellement libres.

Le prix : à partir de 18 euros par nuit en dortoir avec sanitaires communs.

Bon à savoir : pour les repas, il faut réserver minimum 48 heures à l’avance (restaurant fermé le mercredi).


La cascade du voile de la mariée : pour s’y rendre, peu après la sortie du bourg de Salazie, prendre la route en direction du village de Hell-Bourg. Une courte marche de 1h30 A/R permet de se rendre à la piscine naturelle située aux pieds de la cascade.

Les chutes de Takamaka : depuis Bras-Panon, prendre la D53 en direction d’Abondance. Là, la route continue sur une quinzaine de kilomètres. Elle monte à travers une végétation belle et dense et se termine par une impasse devant une station EDF. De là, on a de jolis points de vues sur les chutes au loin.

Le Piton de la Fournaise

  • La randonnée du volcan – Durée : 5 heures A/R – Distance : 11 km – Dénivelé positif : 500 mètres – Altitude max : 2492 m. Depuis le point de départ situé au Pas de Bellecombe c’est-à-dire depuis le rebord de la caldeira (qu’on rejoint en 10 minutes depuis le gîte du volcan situé en léger contrebas), on descend un long escalier pour pénétrer dans l’enclos. On atteint alors le cratère Formica Leo en quelques minutes, qu’on ne résiste généralement pas à escalader. Puis il faut suivre les marquages blancs au sol en direction du Piton de la Fournaise, avant la montée finale qui conduit jusqu’au bord du cratère. A noter qu’après chaque éruption, certains sentiers sont fermés au public.
  • Le sentier du Nez Coupé de Sainte-Rose – Durée : 4 heures A/R – Distance : 9 km – Dénivelé positif : 350 mètres – Altitude max : 2361 m. Le départ est là aussi situé au niveau du parking du Pas de Bellecombe. Il longe en permanence le rebord de la caldeira et offre de superbes vues sur le petit cratère Formica Leo, les différentes coulées de laves et bien sûr le Piton de la Fournaise en toile de fond.

Survol de l’île en ULM : Félix ULM. La base est située au nord-ouest de l’île, c’est-à-dire à proximité des lagons mais à l’opposé du volcan. Félix ULM est le pionnier de l’ULM à La Réunion et nous avons apprécié son sérieux.


Site de l’Office de Tourisme : reunion.fr





A lire aussi : 


 

LA CORSE EN IMAGES

Aujourd’hui avec les vols low-cost, il est facile de faire un bref aller-retour hors-saison sur l’Île de Beauté. Nous y avons fait une courte escapade, juste le temps de ramener quelques images de l’Île de Beauté…


  1. Le désert des Agriates
  2. Le golfe de Porto
  3. Le golfe de Sagone
  4. Bonifacio et ses falaises
  5. Les fonds marins


Le désert des Agriates

Qui a bien pu avoir l’idée saugrenue d’appeler « désert » cette région dont la végétation est si riche ? Car ici, c’est bien la nature et non pas l’homme qui a pris possession des lieux : un maquis délicieusement odorant est présent à perte de vue et de nez, contrairement aux villages qui sont peu nombreux à pointer le leur à l’horizon.

Et puis il y a la mer. Cette mer colorée de toute la gamme possible des bleus n’existe pas que sous les tropiques puisqu’elle est omniprésente ici aussi.

Si la plage du Lotu est desservie par les bateaux-bus depuis le village de Saint-Florent, elle est du coup excessivement fréquentée. En revanche, les autres plages sont plus difficilement accessibles et donc plus désertes : on ne peut s’y rendre qu’en bateau ou à pied, au prix de très agréables randonnées plus ou moins longues qui traversent le maquis (de 45 minutes à 4 heures, voire plus).

A une époque où tant de sites naturels sont défigurés à jamais par de puissants groupes immobiliers et hôteliers accros au béton, il faut ici rendre hommage au Conservatoire du Littoral. C’est en effet lui qui, en acquérant une partie de ce site exceptionnel, l’a préservé de l’avidité de ces entreprises sans scrupules. Pour le plus grand plaisir des amoureux de l’Île de Beauté.


Comment s’y rendre ?

Depuis Saint-Florent :

  • En bateau : il existe plusieurs types de navettes, du gros bateau chargé de touristes à la petite navette rapide. La plupart des liaisons régulières sont assurées de mi-avril à fin octobre : U Saleccia (06 62 16 23 76) – Taxi Beach, navette rapide (06 01 22 43 22). Mais il y a aussi la possibilité de s’y rendre de début janvier à fin octobre avec Découverte Aventure (06 72 00 02 14). N.B. En haute saison, il est préférable de réserver à l’avance.
  • Par la route : on peut s’approcher des fameuses plages du désert des Agriates en voiture, ce qui impose dans la foulée une randonnée jusqu’à la mer en traversant une végétation très agréable (en général pas moins de 45 minutes, avec possibilité de faire de vraies randonnées de 3 ou 4 heures voire plus).
  • En 4×4, VTT et quad : pour se rendre sur ces plages de rêve, diverses activités sont proposées par Agriates Évasion (06 67 99 35 90)

 


Le golfe de Porto

L’UNESCO, en classant le golfe de Porto ainsi que ses environs au patrimoine de l’humanité, explique que la « végétation est un remarquable exemple de maquis. On y trouve des goélands, des cormorans et des aigles de mer. Les eaux transparentes, aux îlots et aux grottes inaccessibles, abritent une riche vie marine. »

Puis c’est dans la poésie que poursuit l’UNESCO, visiblement sous le charme des lieux : « Ce golfe étonne par la sauvagerie de ses côtes escarpées et la brusquerie de ses découpures. Il est ceint tout entier d’une muraille sanglante de granit rouge, et dans la mer bleue ces rochers écarlates se reflètent. » Je n’aurais pas dit mieux.

Certes, lors de notre visite, la Méditerranée était plutôt déchaînée. Mais pour être venu ici plusieurs fois dans le passé, je dois dire que les lieux sont divins par temps calme, notamment si on a la chance de les découvrir en bateau : naviguer entre les roches rouges qui contrastent avec cette mer profondément bleue est un moment inoubliable.

 


La réserve naturelle de Scandola

  • L’incontournable : découverte de cette réserve sauvage en bateau  → Excursions Porto Linea
  • Plongée sous-marine et snorkeling : pour découvrir l’un des plus beaux et des plus riches sites de plongée de Corse →  centre de plongée de Porto
  • Canoë kayak : visiter la réserve en kayak, c’est possible et même vivement recommandé →  Gradelle Kayak

 

Randonnée : le Capo Rosso

Durée : 3 à 4 heures • Distance : 8 km • Dénivelé : 450 m+ et 450 m-  •  Altitude maximale : 306 m

Depuis le petit village de Piana, célèbre pour ses magnifiques calanques rougies chaque soir par les derniers rayons du soleil, il faut prendre la D824 en direction du Capo Rosso. On arrive sur un petit parking d’où part le chemin de randonnée. Le sentier qui longe la mer offre de superbes points de vue. La montée finale dans la rocaille est un peu raide mais ne présente pas vraiment de difficultés. Le sommet du promontoire rocheux fait office de ligne d’arrivée. Il est surmonté d’une tour génoise qui domine la Grande Bleue dans toute sa splendeur. La vue est à couper le souffle.

Au retour, on peut terminer cette superbe randonnée par un peu de farniente sur la jolie plage d’Arone, située quelques kilomètres plus loin : elle est accessible en voiture en poursuivant sur la route par laquelle on est arrivé.

Bon à savoir : comme partout dans le maquis corse l’été, il est fortement conseillé de débuter cette rando à la fraîche. Sinon, le maquis se transforme vite en fournaise. Quelle que soit l’heure, il est prudent d’emporter beaucoup d’eau.

 

L’aquarium de Porto

Le petit aquarium de Porto, situé aux pieds de la tour génoise emblématique de la ville, est à visiter. On peut en faire assez vite le tour entre deux activités et s’il pleut, c’est un moyen intéressant de passer le temps

 


Le golfe de Sagone

Le golfe de Sagone est situé sur la côte ouest de l’île, au sud du golfe de Porto. Il commence avec le village de Cargèse, connu notamment pour le face-à-face étonnant que se livrent ses deux petites églises : l’une est byzantine, l’autre latine, et toutes deux dominent la Grande Bleue.

En descendant vers le sud, le littoral est ponctué de plusieurs jolies plages jusqu’à l’extrémité méridionale du golfe, peu avant Ajaccio.

 


Bonifacio et ses falaises

Plus encore que le reste de la Corse, ce n’est surtout pas l’été qu’il faut découvrir Bonifacio. Car ce village de trois mille habitants est alors littéralement pris d’assaut par des hordes de touristes. Mais il est vrai que ce site exceptionnel laisse un souvenir impérissable à ses visiteurs.

Car on ne sait plus où donner de la tête sur ce site d’exception : que ce soit les maisons en équilibre précaire sur le rebord de la falaise qui s’effrite, les remparts de la citadelle, la balade en bateau dans les grottes qui creusent la falaise, une escapade sur les îles Lavezzi 100% nature, les plages de sable fin ou encore de multiples activités nautiques : il y a tant à faire et à voir, à Bonifacio et dans ses environs…

 


Les plages

La plage pour le moins originale de Sutta Rocca est accessible en descendant un long escalier sculpté dans les rochers, à la sortie de la ville. Se baigner là, dans une eau translucide, aux pieds d’impressionnantes falaises surmontées de maisons en équilibre, a assurément quelque chose de jouissif. A quelques mètres de la petite plage est situé le fameux rocher du Grain de Sable.

Dans les environs de Bonifacio, on peut accéder à quelques plages très renommées, notamment celles de Rondinara et Sperone.

 

L’escalier du Roy d’Aragon

Creusé à la main à même la falaise, il offre des vues imprenables sur la mer et la Sardaigne toute proche, dans un cadre original.

 

Les grottes

On peut faire une courte balade en bateau afin de pénétrer dans quelques-unes des grottes situées aux pieds des falaises de la ville. Si l’on a prévu une visite des îles Lavezzi, il ne sert à rien de faire celle des grottes : elle est en général incluse dans l’excursion vers ces îles.

 

Les îles Lavezzi

Voilà encore l’un de ces petits paradis naturels dont la Corse a le secret ! Posées sur l’eau à une dizaine de kilomètres au sud de Bonifacio, ces îles protégées sont accessibles aux navettes qui partent du port. Diverses compagnies aux offres à peu près similaires se font concurrence. A la descente du bateau, on se retrouve sur une île sauvage où l’on n’a plus qu’à se laisser aller pour passer une journée de rêve. On peut se baigner dans des eaux cristallines desquelles émergent une multitude de rochers arrondis, tous plus photogéniques les uns que les autres. Le snorkeling est incontournable en ces lieux.

Bon à savoir : en contrepartie de cet environnement sauvage, les îles Lavezzi ne comptent aucune route : on ne s’y déplace donc qu’à pied. Il n’y a pas d’hôtels non plus, ni de campings, ni de restaurants : on ne peut pas dormir sur place et pour manger, il faut avoir prévu son propre casse-croûte. L’absence d’arbres oblige à apporter casquette ou chapeau et crème solaire. Il faut également se munir d’une grande quantité d’eau pour pallier la forte chaleur estivale ainsi que l’absence de point d’eau. Enfin, il faut évidemment respecter ce sublime site naturel en ramassant tous ses déchets, les îles étant également dépourvues de poubelles. Évident me direz-vous ? Et pourtant : il n’est pas rare de voir certaines personnes peu scrupuleuses abandonner leurs mégots dans le sable…

 


Les fonds marins

Difficile d’évoquer la Corse sans parler de ses fonds marins. S’ils ne sont pas aussi riches que ceux des tropiques, on peut quand même faire du snorkeling et des plongées de toute beauté sur tout le littoral corse.

Les fonds et certains poissons sont en effet très colorés.

Murènes et éponges encroûtantes oranges…
… et castagnoles juvéniles bleu électrique

La plongée bouteilles est interdite dans la fameuse réserve de Scandola, laquelle fait partie, avec le golfe de Porto, du site classé par l’UNESCO. Les lieux sont à ce titre particulièrement protégés. Cette réserve constitue toutefois l’un des meilleurs sites de snorkeling de Corse (attention en bateau, le mouillage aussi est interdit). En plongée bouteilles, s’il n’est donc pas possible de pénétrer à l’intérieur de la réserve, on peut néanmoins s’aventurer jusqu’à ses limites afin d’observer une faune très riche à cet endroit.


Le site officiel du tourisme corse Visit Corsica

L’excellent site de l’office du tourisme de Bonifacio

Le site des Gîtes de France en Corse

 


A lire aussi :

 

 




 

LA GRÈCE

Après cinq voyages effectués au pays d’Aristote au fil des années, voici notre sélection de quelques-uns des meilleurs endroits à découvrir dans ce beau pays…


Crète, l’autre Île de Beauté

Plages de rêve, eaux cristallines, randonnées en montagne, sites antiques… La Crète ne manque vraiment pas d’atouts. Tous nos articles détaillés sur cette île enchanteresse.

Nisyros : la plus belle île de Grèce ?…

Vous cherchez une petite île hors des sentiers battus ? La voici ! Superbe et méconnue, Nisyros (Dodécanèse) est considérée par bien des grecs comme l’une des plus belles îles de leur pays.


Les îles de Paros et Antiparos (Cyclades)

Avec ses villages blanchis à la chaux, ses eaux translucides, ses petites églises byzantines, Paros est souvent présentée comme l’une des plus belles îles des Cyclades. Ce n’est pas nous qui dirons le contraire…

Voyage itinérant, du nord au sud de la Grèce

Pour mon cinquième voyage dans le pays, je l’ai traversé à vélo. Cela m’a permis de découvrir la Grèce profonde, hors des sentiers battus et à la roots. Une vision totalement inhabituelle du pays…



Paros
Paros
Paros
Crète, Balos
Le canal de Corinthe
Le cap Sounion
Le volcan de Nisyros
Nisyros
Nisyros





MALTE

Île de Gozo, Mgarr

Le petit archipel maltais est composé de trois îles, Malte, Gozo et Comino, et de quelques îlots. C’est une destination qui a tout pour séduire.

Les touristes ne s’y trompent d’ailleurs pas puisqu’ils sont quatre fois plus nombreux que la population : 1,7 million de visiteurs pour 400.000 habitants seulement. Ce joli petit pays est donc extrêmement fréquenté et ça se voit tout de suite.

Saint-Paul’s Bay

L’archipel étant situé non loin de la France, le vol pour s’y rendre est court, assez bon marché et il n’y a pas de décalage horaire. De plus, il y fait en général très beau car Malte est situé encore plus au sud que Tunis par exemple.

Et bien sûr, il y a de nombreux sites attractifs : la ville fortifiée de La Valette, des temples préhistoriques uniques au monde, des curiosités naturelles, une multitude d’églises, des petites criques sublimes pour se rafraîchir etc.


  1. L’île de Malte
  2. L’île de Gozo
  3. L’île de Comino
  4. Infos pratiques


Cette île a beau être petite (vingt-cinq kilomètres de long par quinze de large), elle regorge de sites touristiques de premier plan.

La capitale maltaise doit son nom à Jean Parisot de La Valette, Grand Maître de l’Ordre de Malte qui, en 1565, remporta sur la flotte ottomane une victoire cruciale pour l’Europe chrétienne. Les remparts qui cernent la ville témoignent de ce glorieux passé.

Notamment, les soldats du fort Saint-Elme offrirent une résistance épique aux forces ottomanes, lors d’une bataille où la sauvagerie atteignit des sommets.

Aujourd’hui, ce sont des navires modernes qui naviguent sur ce site historique, et c’est de manière pacifique que leurs passagers se lancent à l’abordage de la ville.


Sa construction fut décidée afin de donner aux Grands Maîtres de l’Ordre de Malte un palais digne du prestige dont ils jouissaient dans toute l’Europe.

Ce merveilleux palais se visite.

Il abrite notamment le musée de l’armurerie, dont la collection d’armes est l’une des plus riches d’Europe.

        


L’archipel maltais abrite des temples mégalithiques uniques au monde puisque nulle part ailleurs on n’en trouve de si anciens (3600 ans avant notre ère pour le plus vieux). L’UNESCO a classé ces chefs-d’œuvre architecturaux au patrimoine de l’humanité.

Le temple de Mnajdra


La jolie petite baie d’Anchor est située dans le nord-ouest de l’île. En 1979 y débute la construction d’un petit village constitué de maisons colorées en bois. Il accueillera quelques mois plus tard le tournage de la célèbre comédie musicale Popeye, avec Robin Williams.

Anchor Bay

Aujourd’hui, en proposant dans un cadre enchanteur des spectacles, des musées et des balades en mer, Popeye Village est devenu un site touristique important dans l’archipel.

Comme un peu partout sur la côte maltaise, l’eau translucide et les fonds sous-marins sont propices à la plongée.


Il faut savoir qu’à Malte, bien que l’eau se prête particulièrement à la baignade, les plages de sable sont plutôt rares et souvent prises d’assaut l’été.

Mellieha Bay

Contrairement aux petites criques, qui pullulent et qui sont en général désertes.

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Au nord de l’île, à Cirkewwa, on peut prendre le ferry pour se rendre sur l’île de Gozo, réputée pour sa douceur de vivre.

 


Quatre fois plus petite que sa voisine Malte, Gozo est à la fois moins fréquentée, aussi belle et plus authentique.

Depuis l’île de Malte, on arrive sur celle de Gozo d’un coup rapide de ferry (vingt minutes). On accoste dans le petit port de Mgarr qui, à l’image de cette nouvelle île, respire déjà la quiétude.

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L’autre point d’orgue du village est la grande église paroissiale située sur la colline et qui, avec sa grande coupole, domine fièrement le port.

De là, nous rejoignons le nord de l’île où nous avons choisi de séjourner, car à proximité se trouve la principale curiosité naturelle du pays : la Fenêtre d’Azur et son célèbre Trou Bleu.


Il s’agit d’une grande arche rocheuse, qui est l’emblème de la nature sauvage Gozitaine. On y accède par une petite route sinueuse d’où les points de vues sur la mer sont nombreux.

Puis on arrive à un vaste parking assez fréquenté l’été, autant par les voitures que par les bus. D’un côté des stationnements se trouve une jolie petite mer intérieure, d’où certains clubs de plongée partent en exploration.

Inland Sea

De l’autre côté du parking, après une courte marche dans les rochers mais sous le soleil de plomb estival, Azure Window se présente.

A proximité immédiate, le Blue Hole vient compléter ce joli tableau. Il s’agit d’une sorte de petite piscine naturelle d’un bleu profond et de sept ou huit mètres de diamètre. Entourée par la roche, sa profondeur atteint les quinze mètres. Là, le fond s’ouvre sur quelques cheminées rocheuses dans lesquelles, comme les autres plongeurs, je me suis glissé afin d’admirer les fonds marins.

Blue Hole (la petite trouée d’eau bleue, à droite)

 

Girelles-paons à la sortie du Blue Hole



Tout au nord de Gozo, le paysage change subitement. Le sol a beau être toujours aussi aride, il est ici parsemé de quelques centaines de petites piscines creusées à même la roche calcaire.

La plupart de ces salines, qui dateraient de l’Antiquité Romaine, sont remplies d’eau de mer à l’aide de pompes. Pour les autres, c’est à l’aide de seaux transportés à la sueur du front que se fait le remplissage. Ensuite, il suffit d’attendre que l’eau de mer s’évapore pour récolter le sel.

Ce paysage salin est dominé par une curiosité géologique : un promontoire calcaire que le vent et la mer ont érodé avec le temps, et qui change de couleur avec la lumière du soleil.

Le site résiste mal aux assauts incessants de la mer qui, au fil du temps, provoquent des éboulements et érodent la côte. Lentement mais sûrement.

Entre cette petite falaise et les salines, le cadre est particulièrement agréable et original pour se baigner. Bizarrement, l’endroit est peu fréquenté, excepté par les locaux qui fuient jusqu’ici la surpopulation des plages maltaises.

 


Au centre de Gozo se situe la ville d’Ir-Rabat. Il s’agit d’une place forte juchée sur les hauteurs de l’île, dont les fortifications servaient à protéger la population contre les incursions étrangères.

C’est à Rabat qu’est situé le musée archéologique de Gozo, qui retrace l’histoire du pays. Parmi les pièces les plus curieuses :  les restes d’un homme retrouvés au milieu d’une amphore.


L’histoire maltaise est étroitement liée à la chrétienté. Il y a d’ailleurs tellement d’églises dans ce petit pays que selon un proverbe local, on pourrait en visiter une différente chaque jour de l’année.

Gharb

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Indissociables du paysage et culminant jusqu’à 130 mètres au-dessus de la mer, les falaises calcaires de Malte constituent l’une des principales curiosités du pays. Elles ont d’ailleurs été soumises à l’UNESCO en vue d’une inscription au patrimoine de l’humanité.

 


Cette île minuscule de 2,6 km2 est surtout connue grâce à son fameux Blue Lagoon. Il s’agit de la belle et intense couleur turquoise que prend la mer entre Comino et l’îlot voisin de Cominotto, situé quelques dizaines de mètres plus loin. Si l’endroit peut sembler paradisiaque, la foule qui le prend d’assaut l’été peut aussi s’avérer dissuasive.

Blue Lagoon, Comino

Les bateaux en provenance de Gozo et Malte y déversent à la journée des flots impressionnants de touristes, qui s’entassent dans la minuscule crique (payante !) située face au lagon.

On peut fuir cette forte promiscuité en faisant du snorkelling le long de la falaise : cette dernière est jalonnée de jolies petites grottes sous-marines, et les estivants sont bien trop occupés à s’agglomérer dans le Blue Lagoon pour s’aventurer jusqu’à ces belles cavités.

En plus de sa petite dizaine d’habitants à l’année, Comino comporte une tour de guet. La tour Sainte-Marie, c’est son nom, fut érigée à la fin du Moyen-Âge. Elle devait pouvoir donner l’alerte au cas où arriveraient d’éventuels ennemis, lesquels ne manquaient pas à l’époque : ottomans, pirates, contrebandiers…

 


Relativement complet, son site permet d’obtenir une foule d’informations diverses sur le pays, qui sont la plupart du temps accessibles en français :

Visitmalta.com


Hormis quelques villes-états dont Singapour, Malte est le pays le plus densément peuplé du monde. Et sur l’île de Malte, on ressent assez fortement cette promiscuité dans de nombreux sites, que ce soit en ville, sur les routes ou à la plage.

Malte est aujourd’hui une destination en vogue notamment chez les jeunes, qui la prennent d’assaut pour les sorties nocturnes. C’est donc le point de chute parfait pour faire la fête.

Pour trouver du calme, c’est à Gozo qu’il faut loger sachant qu’on peut quand même se rendre très facilement sur Malte pour la visiter, au quotidien, grâce au ferry (voir ci-dessous).

Villagg Ta’ Sbejha : les hébergements de ce type sont nombreux à l’ouest de Gozo

Si notre hébergement, l’excellent Villagg Ta’ Sbejha situé à Gharb, a définitivement fermé ses portes peu après notre départ (et nous n’y sommes pour rien !), l’est de l’île où il était situé reste un endroit optimal pour se loger : c’est à proximité du Blue Hole et de criques désertes, mais aussi des salines et de la jolie ville d’Ir-Rabat (appelée aussi Victoria).

Une liste exhaustive d’hébergements est mise en ligne par l’office du tourisme, ville par ville :

Visit Malta Hébergements


La traversée est d’une facilité déconcertante : de nombreux maltais habitent sur une île et travaillent sur l’autre, les ferries sont donc organisés pour être efficaces.

  • Le prix par passager : 5 euros A/R (1,15 euro par enfant de moins de 12 ans)
  • Fréquence : un ferry toutes les 45 minutes en journée, et toutes les 1h00 à 2h00 la nuit.
  • Le prix pour la voiture et son conducteur : 16 euros.
  • La compagnieGozo Channel


  • Le bus : sur Malte, il s’avère très pratique si on est basé à La Valette, mais un peu moins ailleurs sur l’île car il y a alors des changements de bus, qui ne sont pas toujours aisés. A Gozo, les lignes ne desservent pas toute l’île et la fréquence des bus laisse à désirer, ce qui peut valoir de longues attentes, qui plus est sous un soleil bouillant l’été… Voici le site maltais des lignes et horaires de bus, par île.
  • La voiture/le scooter : outre l’aéroport, on en trouve à louer dans presque toutes les villes touristiques. Attention à la conduite à gauche, mais aussi à la rareté des stations-services sur Gozo.
  • Le vélo : avant d’en louer un, il faut prendre en compte deux éléments essentiels : la forte chaleur l’été, et les côtes qui sont souvent plus intenses qu’il n’y paraît.


Les eaux maltaises sont chaudes et translucides.

Elles comportent des cavités sous-marines, et les jeux de lumières qui en découlent sont du plus bel effet.

Tous les poissons méditerranéens habituels sont présents, et le plus coloré d’entre eux y foisonne : la girelle-paon.

Banc de girelles-paons

Le spot de plongée le plus emblématique de l’île est le fameux Blue Hole : c’est un vrai régal que de se faufiler dans les étroites cheminées sous-marines qui conduisent les plongeurs au fond de ce trou bleu, avant la remontée finale.

Parmi les différents clubs de l’île, j’ai choisi le Scuba Kings Diving Centre, à Marsalforn (au nord de Gozo). Il est tenu par des anglais qui sont très pros et plongent dans de très bonnes conditions de sécurité. Autrement :

Liste des clubs de plongée maltais


Ils sont au nombre de sept (dont deux pour Ggantija) et même si on ne raffole pas des vieilles pierres, il faut en visiter au moins un quand on séjourne à Malte.

Leur grande valeur est due à plusieurs raisons : notamment, celui de Ggantija (allez je vous aide : ça se prononce Dji gane tiya), vieux de 5.600 ans, est le plus ancien temple de la planète, et ceux de « Hagar Qin, Mnajdra et Tarxien sont des chefs-d’œuvre architecturaux uniques étant donné les ressources très limitées dont disposaient leurs constructeurs » (citation Unesco).

Les deux temples de Ggantija sont situés sur Gozo et les cinq autres sur Malte.

Pour les profanes qui, comme nous, ne savent pas trop lequel choisir, voici nos préférences, forcément subjectives :

Ggantija (Gozo) : c’est LE temple le plus ancien du monde. Quelques-unes de ses pierres dressées, hautes de six mètres, sont impressionnantes.

Mnajdra (Malte) : posé sur un promontoire d’où il domine la Grande Bleue, le site est superbe. Esthétiquement parlant, c’est sans doute le plus beau car le plus joliment et le plus « finement » décoré. A noter que la courte marche vallonnée pour s’y rendre (à peine dix minutes) s’avère presque éprouvante sous le bouillant soleil d’été.

Au rayon des inconvénients, il faut savoir que ces temples sont protégés contre l’érosion ce qui, il faut bien l’avouer, gâche un peu le plaisir. Par exemple, voici la photo de la plaquette publicitaire du temple de Mnajdra :

Et voici le même temple tel que nous l’avons visité :

Il n’empêche que la visite d’au moins une de ces merveilles préhistoriques est incontournable pour qui se rend à Malte.






LES MALDIVES


Au coeur de l’hiver, rien de tel qu’un petit voyage au soleil pour se remonter le moral : des Seychelles à Hawaï, les îles de rêve ne manquent pas. Ainsi, c’est non sans difficultés que notre choix a fini par se porter sur… les Maldives.

Le survol de ce tout petit pays est impressionnant : vues du ciel, ses 1200 îles recouvertes de sable blanc et de cocotiers tranchent avec le bleu profond de l’Océan Indien sur lequel elles sont posées.

Depuis Male, la capitale où atterrissent tous les avions (les autres îles étant trop petites pour accueillir un aéroport international), c’est par bateau ou par hydravion qu’on rejoint soit l’une des 200 îles habitées par la population, soit l’une des quelques dizaines d’îles-hôtel dénuées d’habitants.

En effet, si l’application de plus en plus stricte de la loi islamique, dans ce pays musulman, permet bien le contact entre les étrangers et les locaux, il n’en reste pas moins que sauf rare exception, les femmes ne peuvent par exemple pas porter le bikini à la vue des habitants.

C’est pourquoi nous avons décidé de passer une semaine sur l’une de ces îles-hôtels, Embudu, donc loin de la population hélas. Les dimensions de notre petite île sont dans la moyenne locale : elle mesure à peine quelques centaines de mètres de long…

Les Maldives sont les vestiges d’anciens volcans dont les cratères, en s’affaissant au fil du temps, ont été immergés puis colonisés par les coraux.

Embudu est si petite que le tour du propriétaire se fait en une quinzaine de minutes. L’île a beau être minuscule, il y a un nombre impressionnant de plages à tel point qu’on ne sait pas laquelle choisir.

Les trois-quarts des voyageurs qui viennent ici font de la plongée sous-marine, car la faune est variée et les fonds coralliens extrêmement riches.

Ce petit paradis îlien comporte toutefois un inconvénient, et pas le moindre : les changements climatiques actuels le menacent de disparition. En effet, la montée permanente du niveau des mers, combinée à l’absence d’altitude du pays (son point culminant naturel s’élève seulement à 2,30 mètres) pourraient bien provoquer son immersion à court terme.

C’est ainsi qu’en 2009, le président maldivien a organisé un conseil des ministres sous-marin, afin d’alerter l’opinion publique internationale sur le risque de disparition des  petits États insulaires dont font partie les Maldives.

Aujourd’hui, l’espoir repose notamment sur certaines études, selon lesquelles les récifs coralliens en bonne santé pourraient s’adapter aux changements climatiques, et entraîner dans leur mouvement les îles auxquelles ils sont accrochés…

Dans l’avion du retour, nous avons des images d’atolls ensoleillés plein la tête. Mais le survol de certaines zones montagneuses d’Asie nous remet vite les idées à l’endroit : en France, c’est bel et bien l’hiver qui nous attend…


INFOS PRATIQUES


HÉBERGEMENT

En termes d’hébergement, si les Maldives sont une destination globalement hors de prix, Embudu est l’une des îles-hôtels les plus accessibles de l’archipel : selon la saison, le petit bungalow pour deux est accessible à partir de 180 euros par nuit en pension complète  =>  Embudu Village


ACTIVITÉS

Le gros point fort d’Embudu est le gigantesque aquarium naturel qui l’entoure. L’île est bordée par un récif qui attire d’ailleurs tous les clubs de plongée des îles voisines. Notamment, son spot phare, le bien nommé  « jardin de corail », est une pure merveille.

Situé à quelques mètres du bord seulement, ce site est également accessible en snorkelling. Armé simplement d’un masque et d’un tuba, on peut y approcher de très près une faune extrêmement riche : poissons multicolores, murènes léopard, tortues, requins de récifs juvéniles voire adultes etc.

Les autres activités sont la pêche, le spa et les massages. Il y a en outre un petit terrain de sport.


A lire aussi :




LA CROATIE


Chaque année, les 12 millions de touristes qui visitent la Croatie représentent le triple de sa population (4 millions d’habitants) ! C’est pourquoi l’été notamment, ce pays dix fois plus petit que la France est noir de monde.

Le récit qui suit est long car assez détaillé mais pour aller plus vite, vous pouvez suivre les liens dans le sommaire ci-dessous pour lire uniquement les parties qui vous intéressent…

→ Toutes les infos pratiques sont en fin d’article.


  1. Les chutes de Plitvice
  2. La ville d’Omis
  3. Dubrovnik
  4. Vis : la petite île authentique
  5. Split
  6. Infos pratiques

Le temps est magnifique sur la côte dalmate lorsque nous la quittons pour Plitvice, mais il change radicalement quand nous traversons les montagnes, pour virer carrément à la bruine peu avant l’arrivée. Assez classique paraît-il.

La route principale qui traverse Plitvice est bordée de chaque côté par des dizaines de maisons transformées en chambres à louer : la proximité des fameux lacs et chutes de Plitvice a permis à la plupart des habitants de trouver, grâce au tourisme, des ressources financières importantes. Mais vu le nombre de maisons qui reçoivent des voyageurs, cela signifie aussi que demain, lorsque nous visiterons le site, nous serons loin d’être tout seuls… En attendant, les maisons d’ici sont toutes plus fleuries les unes que les autres et ça met un peu de couleurs dans la grisaille ambiante.

Nous sommes accueillis par la propriétaire des lieux, Lidija, qui nous présente sa famille. Une fois nos affaires installées dans nos deux chambres doubles et pendant que nos deux fils s’amusent à une balançoire sous une bruine incessante, nous faisons connaissance avec Lidija. Nous discutons un peu du site naturel tout proche qui attire tant de visiteurs.

L’arrivée aux chutes de Plitvice

Mais la conversation bascule rapidement sur les guerres de Yougoslavie, et notamment celle qui s’est déroulée ici dans les années 90. Nous avons évidemment vérifié au préalable que ça ne la dérangeait pas d’en parler. Mais nous nous rendons finalement compte que cette femme, discrète et peu bavarde au premier abord, se laisse vite aller à un quasi monologue ô combien édifiant sur l’horreur que la population locale a vécu ici il n’y a pas si longtemps. Elle nous explique que le village a été rasé, dont la maison , reconstruite depuis, dans laquelle nous allons dormir ; que tout le monde ici a perdu un ou plusieurs membres de sa famille ou de ses amis ; que certains ont été amputés d’un membre (nous en croiserons en effet quelques-uns un peu partout dans le pays). Bref, l’horreur à deux pas de chez nous.

Mais heureusement, la vie a depuis longtemps repris ses droits, et les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas vraiment connu cette époque tragique. Les villes et les villages ont été reconstruits petit à petit, et le tourisme est d’ailleurs l’un des atouts qui ont aidé le pays à se relever.

Le lendemain matin, nous nous levons tôt pour pénétrer dans l’enceinte du site dès l’ouverture ou presque. Car Lidija nous a bien prévenus que dès le milieu de la matinée, il y avait de longues files d’attente à l’entrée du parc. Et quand nous y arrivons en effet, ce n’est pas encore la grande foule. Pour nous défendre contre la pluie, nous avons acheté la veille des protections qui se situent à mi-chemin entre des espèces de K-Ways légers et des sacs poubelles contenant quelques trous pour passer la tête et les bras.

C’est donc ainsi accoutrés que nous pénétrons dans l’enceinte du Parc National des lacs de Plitvice, qui est classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. Il est situé dans un joli cadre de montagnes verdoyantes.

La forêt qui recouvre ce relief tourmenté présente des trouées ça et là : ce sont les fameux lacs de Plitvice, de couleur vert émeraude (du moins par temps ensoleillé !).

Au nombre de seize, ils sont disposés en escaliers. Les chutes d’eau sont le moyen qu’a trouvé la nature pour que chaque lac, en débordant, alimente le suivant situé juste en dessous.

Le jour de notre visite, la nature en question ne se montre pas très clémente avec nous puisqu’elle nous accueille par un véritable déluge. Nous ne pouvons donc pas profiter pleinement de la beauté du site.

Pourtant, malgré la pluie, la balade est particulièrement agréable : on marche sur des passerelles en bois qui semblent posées sur l’eau, dans un cadre éclatant de verdure. Le paysage n’est pas très varié mais les chutes ne sont jamais identiques.

Après une demi-journée passée sous la pluie mais à marcher sur l’eau, nous quittons ce site en sachant que le soleil nous attend enfin sur la côte, dans la petite ville d’Omis, notre prochaine étape.


Plitvice et Dubrovnik étant distantes de près de cinq cents kilomètres, nous avons prévu une halte entre les deux, à Omis. Située au sud de Split, cette petite ville séduit à la fois par sa situation, sa douceur de vivre et son arrière-pays.

Omis est nichée sur les flancs de la montagne qui borde la mer. Ainsi, où qu’on se trouve, on a presque toujours une belle vue dégagée. C’est le cas de l’appartement que nous avons loué, extrêmement bien situé.

La terrasse de notre appartement !

Il ne peut pas être mieux situé : à cinq minutes de la plage, à cinq minutes du centre-ville, et dans un endroit calme. Sans compter la vue imprenable depuis la terrasse. Le top !

La vue depuis la terrasse le soir…
… et le jour !

A proximité du centre, depuis la vieille ville, un petit escalier monte en direction de la montagne. Ses quelques dizaines de marches mènent à la citadelle vénitienne d’où, là encore, la vue vaut le détour.

Difficile de croire qu’il y a quelques siècles, à l’époque vénitienne, ce petit port paisible était un repaire de pirates.

Le lendemain, nous avons prévu de quitter un peu Omis et sa foule pour découvrir l’autre côté de la montagne. Là, dans le Parc Naturel du Biokovo, les amoureux de la nature trouvent leur compte.

Cet ensemble géologique de premier ordre est constitué de forêts, de grottes et de galeries. Y vit une faune exceptionnelle où les loups, les chamois et les aigles royaux se volent la vedette.

C’est dans cet environnement naturel que coule la Cetina, petite rivière tranquille sur laquelle nous allons faire du rafting.

A Omis, les agences pour faire du rafting ne manquent pas, il n’est donc pas difficile d’en trouver une. Le départ de la ville se fait en bus sur une route qui surplombe d’abord la mer avant de s’avancer dans la forêt. Une fois arrivés, on se rend compte que la Cetina ne présente aucune difficulté.

C’est pourquoi les descentes en raft se déroulent dans un cadre familial plutôt que sportif.

Parfois, la Cetina comporte de petits rapides qui secouent l’embarcation et en mouillent les occupants, ce qui pimente un peu la sortie. Mais dans l’ensemble, la rivière coule paisiblement dans ce site naturel de toute beauté.

De retour à Omis, nous prenons un dernier bain dans une eau relativement froide, comme souvent en Croatie, avant de mettre le cap le lendemain sur la fameuse Perle de l’Adriatique : Dubrovnik.


Ce qui surprend d’emblée quand on se rend à Dubrovnik par la route qui longe la côte, c’est que la Croatie est littéralement coupée en deux par la Bosnie-Herzégovine. Cette dernière dispose en effet d’un petit accès incongru à la mer, long d’une dizaine de kilomètres, qui sépare la Croatie en deux parties bien distinctes. Le passage de la frontière est donc inévitable.

Bosnie-Herzégovine : la ville de Neum est cernée par les deux parties distinctes de la Croatie

Dans la pratique, ce léger contretemps n’est pas trop gênant car en effet, de nombreux croates passent par là tous les jours : certains d’entre eux travaillent d’un côté de la Bosnie-Herzégovine et habitent de l’autre, et font donc l’aller-retour quotidiennement. Le passage de la frontière est donc réputé ne pas poser de problème en général.

Pour les touristes que nous sommes, le passage est en effet rapide à l’aller : il n’y a que quelques voitures qui passent par là en même temps que nous et nous n’attendons même pas cinq minutes. Après un vague contrôle de nos passeports pour la forme, le douanier nous libère. Au retour quelques jours plus tard, ce sera encore plus expéditif : le simple fait de saluer le douanier dans sa propre langue (« Dobar dan ») semble l’énerver un peu car il n’a apparemment pas prévu de perdre son temps avec nous. Il nous fait vaguement signe de passer. Je ne me fais pas prier afin de ne pas l’énerver un peu plus et je m’éclipse rapidement, m’asseyant sur ma politesse habituelle. Tant pis, je gratifierai quelqu’un d’autre de l’habituel « Do videnja » (au revoir) que j’ai appris par cœur.

Après cette escapade, courte mais obligée, en dehors de l’Union Européenne, seuls soixante kilomètres en direction du sud nous séparent de Dubrovnik. Une fois arrivés, nous déposons nos affaires dans une petite maisonnette que nous louons à quelques kilomètres de la ville.

Quand nous l’avions louée sur le web, nous ne l’avions pas trouvée très chère. En arrivant, nous comprenons pourquoi : pour y accéder, il faut traverser une cité de banlieue qui peut déranger certains. Pour notre part, nous ne regretterons pas notre choix car outre le prix plutôt bon marché, la vue sur l’entrée maritime de la ville est agréable depuis la terrasse ombragée et fleurie.

Nous passons notre première soirée à flâner dans les jolies ruelles de la vieille ville, dans lesquelles nous rencontrons toutes les difficultés du monde pour trouver quatre malheureuses places dans un resto.

La vieille ville est très fréquentée et nous comprenons qu’il aurait mieux valu réserver un resto à l’avance.

Le lendemain, nous voulons avoir une vue d’ensemble de cette fameuse vieille ville. Pour ça, rien de tel que de prendre le téléphérique, car une fois arrivés là-haut, nous constatons que la Perle de l’Adriatique porte bien son surnom. La vue est impressionnante sur la ville fortifiée ainsi que sur la Grande Bleue qui s’étend à perte de vue en arrière-plan.

Le quadrillage des rues vues d’en haut fera dire à notre fils Victor : « on dirait une carte ! »

Une fois redescendus, nous arpentons à nouveau les rues, mais de jour cette fois.

Dubrovnik a bien du mérite de pouvoir étaler aujourd’hui encore ses richesses historiques, car elle fût sévèrement endommagée à deux reprises au cours de son histoire : par un tremblement de terre au 17e siècle, puis par la guerre à la fin du 20e..

.Bien évidemment, le tourisme de masse est de mise en ce site incontournable, surtout l’été. Pourtant, il fait bon déambuler dans ses ruelles chargées d’histoire.

Il existe plusieurs points de vues différents pour admirer Dubrovnik. Par exemple depuis la colline au sommet de laquelle on accède en téléphérique ou en voiture, comme nous l’avons fait dès notre arrivée. Mais on peut aussi faire le tour de la ville par ses fameux remparts. On la découvre alors sous un autre angle, toujours avec une vue sur la mer en arrière-plan, et sous un soleil de plomb l’été.

N’ayant pu réserver notre maisonnette que pour deux jours, nous déménageons le troisième jour pour prendre possession des deux chambres que nous avons louées chez l’habitant. Comme un peu partout depuis que nous sommes arrivés dans ce pays, la vue depuis le petit balcon vaut le détour.

Ceci est dû au fait qu’une bonne partie de la côte croate est constituée de collines qui plongent dans la mer. Les habitants n’ont donc eu d’autre choix que de construire leurs maisons à flancs de collines, d’où ils ont systématiquement une vue imprenable.

Puisque nous avons déjà visité la vieille ville de l’intérieur, nous décidons le lendemain de la découvrir sous un nouvel angle, plutôt original celui-là : depuis un canoë kayak.

CCar c’est l’une des activités classiques ici : les loueurs de kayaks se font concurrence et on n’a donc que l’embarras du choix pour préparer cette petite découverte insolite de la ville.

Les formules sont souples : on peut louer des kayaks à l’heure ou à la demi-journée, ou encore choisir l’excursion de groupe à la journée.

Pour l’excursion de groupe, on commence par rejoindre la petite île de Lokrum à la rame, dont on fait le tour. Là, on pénètre en kayak dans des grottes dont l’eau est d’un vert intense.

Puis on quitte l’île à la rame en direction de la côte. On atteint alors une grande grotte, Betina Cave, agrémentée d’une jolie petite plage. On y fait une pause assez longue : casse-croûte, baignades, bronzette…

Betina Cave (ici à l’heure de pointe !)

Le site est vraiment joli mais lors de notre venue, il était beaucoup trop fréquenté.

Il est toutefois possible de profiter de Betina Cave, de sa plage et de ses eaux vert-émeraude sans la foule. Pour ça, reportez-vous aux infos pratiques en fin d’article.

Pour en revenir à notre excursion de groupe, cette grotte constitue la dernière étape avant le retour à Dubrovnik.

Vue sur la cité fortifiée depuis les kayaks

Et c’est à ce moment-là qu’on peut le mieux admirer les remparts qui se dressent majestueusement au-dessus de la Grande Bleue.

A noter qu’il existe aussi la possibilité de louer un jet-ski. Les sensations ne sont évidemment pas les mêmes mais c’est vrai qu’on se sent privilégié à fendre l’eau dans un décor aussi prestigieux.

C’est sur cette belle découverte de la ville depuis la mer que s’achève la première partie de notre voyage. Il est temps pour nous de regagner Split afin de rendre la voiture de location, puis surtout de prendre notre bateau pour les fameuses îles croates…


Choisir une île croate parmi les 1.100 qui émergent de l’Adriatique est un moment agréable, car chacune d’entre elles rivalise d’efforts pour attirer les visiteurs. A l’heure de faire un choix, nous avons fini par jeter notre dévolu sur l’une des plus éloignées de la côte croate, ce qui en fait donc aussi l’une des moins fréquentées : Vis.

Cet éloignement n’explique pas tout puisque Vis a de toute manière toujours su cultiver sa discrétion. C’est ainsi que pendant la seconde guerre mondiale, le maréchal Tito échappa aux nazis en se cachant dans l’une des grottes de l’île.

Puis Vis devint une base militaire secrète, si bien que c’est seulement dans la deuxième moitié des années 1990, après l’indépendance de la Croatie, qu’elle fût enfin ouverte au tourisme. Depuis, ce dernier ne se développe que lentement, ce qui explique que Vis soit l’une des rares îles croates à avoir su garder toute son authenticité.

Le petit port de Komiza

Les 3.000 habitants sont répartis dans les deux villages de l’île : Vis à l’est, plus animé car il accueille les ferries, et Komiza à l’ouest, animé aussi mais un peu plus préservé. C’est là que nous avons séjourné.

Komiza


Le bâtiment dans lequel est situé l’appartement que nous avons loué n’a vraiment rien d’attrayant : c’est un immeuble tout ce qu’il y a de plus basique style années 60, dans lequel s’agglutinent une bonne vingtaine d’appartements.

Dans un premier temps, nous regrettons presque de l’avoir réservé depuis la France car bien qu’étant en plein mois d’août, nous remarquons qu’il y a pas mal de panneaux « chambres à louer » aux balcons des maisons du village.

Mais finalement, notre petit appart’ sans prétention a plusieurs points forts : il est situé à moins de cinq minutes de la plage et autant du centre du village, il bénéficie d’une petite terrasse ombragée avec beaucoup de verdure, et son prix défie toute concurrence.

Le petit port de Komiza

C’est donc de là que nous allons rayonner sur Vis et l’île voisine de Bisevo pendant une bonne semaine.


Les maisons de pierres qui bordent les petites ruelles peu fréquentées de Komiza rendent le village pittoresque.


Car le gros des touristes profite surtout des nombreux attraits du front de mer : bars, restaurants, marina, musée de la pêche (le seul de Croatie), et bien sûr plages et baignades…



Bien que constituées de galets et assez fréquentées, les plages de l’île sont très agréables. Voici nos préférées…


Elle est agrémentée d’un bar extérieur qui fait office de boîte de nuit ouverte sur la mer une fois le soleil couché. Mais de jour, elle est plutôt calme et du coup, elle devient vite notre plage préférée. Comme nous avons de la chance, il se trouve aussi que c’est la plus proche de notre appartement.

La plage de Kamenice

Au sud se situe la plage sans doute la plus connue de l’île : Stiniva. C’est aussi l’une des moins faciles d’accès, car on ne peut s’y rendre qu’en bateau, ou après une marche dans une descente assez raide au milieu des arbres et des rochers. Mais l’effort en vaut la peine, même si cette plage fermée par de petites falaises est très fréquentée en journée.

La plage de Stiniva

Dans la partie sud de Komiza, quelques maisons anciennes sont posées sur la petite plage de Lucica, et affrontent tous les soirs les derniers rayons du soleil. Cette plage agréable est assez fréquentée par les locaux.

La plage de Lucica

Entre deux plages, on peut nager dans de très agréables petites criques à peu près désertes. L’eau y est si transparente que la visibilité est excellente, ce qui rend presque incontournable la pratique du snorkeling.

Petite crique à proximité de la plage de Kamenice

Il ne s’agit pas d’une plage mais il faut bien la citer quelque part !

Cette petite grotte est accessible uniquement en bateau car elle s’ouvre sur la mer. Son plafond comporte un petit trou dans lequel s’engouffrent les rayons du soleil.

Ils terminent leur course en transperçant l’eau de la grotte jusqu’au fond.

Ces jeux de lumière sont visuellement très jolis à observer sous l’eau.

Selon la lumière, l’état de l’eau et l’heure de la journée, ces rayons subaquatiques sont censés paraître verts. Lors de notre venue, ils étaient franchement bleus.


Faire de la plongée sous-marine avec un champion du monde d’apnée, c’est possible ! C’est ce que nous avons fait dans les eaux d’une petite île croate méconnue : Vis !

Détenteur d’innombrables records de Croatie en apnée, Veljano Zanki fut champion du monde par équipe en 2012 et 3e en individuel en 2007.

Il a porté ses principaux records d’apnée à 107 mètres de profondeur, et à 9 minutes 42 secondes en apnée statique !

Veljano Zanki

Oui, vous avez bien lu : près de 10 minutes sans respirer !

Et bien c’est cet homme-là qui plonge avec ses clients (mais en plongée bouteilles) dans le club qu’il a ouvert à Komiza, sur la petite île de Vis.

D’emblée, sa modestie impressionne. Il a toujours le sourire aux lèvres et plaisante souvent, mais en restant toujours très pro dans l’encadrement de ses plongées.

Les enfants peuvent faire des baptêmes de plongée avec Veljano Zanki

On ne plonge pas forcément avec lui, on peut aussi plonger avec l’un des encadrants du club mais dans tous les cas, c’est la convivialité, la bonne humeur mais aussi le sérieux qui règnent dans son club.

Les enfants peuvent plonger dès l’âge de 8 ans (les nôtres avaient 9 et 11 ans). Il s’agit donc de baptêmes.

La première plongée de mes deux fils se déroule à 6 mètres de profondeur, le but étant de jauger leur aisance dans l’eau, mais aussi vis-à-vis du matériel.

Cette plongée-test s’avérant concluante, ils sont autorisés à replonger le lendemain, à 12 mètres de profondeur cette fois, sur l’épave du Teti, un cargo coulé en 1930. Le site est très poissonneux.

Plongée au-dessus de l’épave du cargo Teti

Mes deux petits plongeurs sont émerveillés à la fois par la découverte de leur première épave, par la multitude de poissons qui nous entourent tout au long de la plongée… et par le fait d’être encadrés par un champion du monde en chair et en os, à la fois humble et très accessible.

Tout au long de la plongée, ils essaient de toucher ces innombrables poissons typiques de la Méditerranée (sars, serrans, girelles, oblades…) qui leur tournent autour. En vain bien sûr.

La plongée se termine et, pour achever de faire rêver mes fistons, c’est un champion du monde qui les extirpe de l’eau l’un après l’autre.


L’une des curiosités naturelles de la région se situe sur l’îlot voisin de Bisevo : Blue Cave (la Grotte Bleue). Il est facile de s’y rendre depuis Komiza car les bateaux pour y aller sont nombreux.

Une fois arrivé, il faut acheter son billet numéroté puis attendre son tour. L’été, il y a beaucoup de monde mais le cadre de bord de mer est agréable pour patienter.

Blue Cave : le site de l’attente…

Au bout d’une heure, notre tour arrive enfin. Le trajet qu’on effectue à bord d’une petite barque à moteur ne dure lui que cinq minutes. Sur place, les barques qui sortent une par une sont aussitôt remplacées par celles qui rentrent. Pour pénétrer dans la grotte, il faut bien baisser la tête.

Puis au fur et à mesure qu’on progresse à l’intérieur, la forte pénombre qui y règne est chassée peu à peu par la lumière bleue et irréelle qui provient du fond sous-marin. Elle émane d’une entrée submergée par la mer, mais que la lumière réussit à traverser jusqu’à l’intérieur de la grotte, transmettant à cette dernière les couleurs de l’eau, qui tirent ici sur le bleu électrique.

Dans l’après-midi, la grotte finit par retrouver son calme quand elle n’est plus éclairée par le soleil, ce qui entraîne l’arrêt des visites jusqu’au lendemain. On ne peut pas s’y baigner, mais la plongée sous-marine y est autorisée (mais réglementée) hors saison.

L’ouverture submergée de la grotte, par laquelle pénètre la lumière

Notre séjour sur Vis sera écourté par la règle de prudence numéro un que nous respectons chaque fois que nous voyageons sur une île : afin de prévenir une éventuelle dégradation de l’état de la mer qui pourrait interrompre les liaisons maritimes, et donc nous faire rater l’avion du retour vers la France, nous quittons l’île deux jours plus tôt, par sécurité.

Le côté positif, c’est que cela va nous permettre de visiter la belle ville de Split pendant ces deux jours. La grande cité dalmate est un délicieux mélange de vestiges antiques et de palais vénitiens, dans l’ambiance décontractée d’une grande station balnéaire.


Les vestiges du palais de l’empereur romain Dioclétien occupent la partie la plus étonnante de la ville.

Au Moyen-Âge, les habitants trouvèrent refuge dans ce gigantesque palais. C’est donc là, à l’intérieur de ce fabuleux vestige antique à ciel ouvert qu’ils construisirent leurs maisons. Ainsi, on compte aujourd’hui de nombreuses habitations qui ont pour cloison… le mur du palais d’un empereur romain !

Dans l’enceinte du palais est située la cathédrale Saint-Domnius, l’un des principaux trésors historiques de la ville. La montée en haut du Campanile permet d’avoir une très belle vue.

Le campanile

La petite place située aux pieds du campanile est l’un des sites les plus fréquentés de la ville.

L’histoire de Split a également été marquée par la période de domination vénitienne, qui assura à la ville une certaine prospérité économique. De cette époque, l’un des plus beaux vestiges parvenus jusqu’à nous est sans doute la place de la République, qui fût construite afin d’imiter la place Saint-Marc de Venise.


Le musée archéologique de la ville décrit l’histoire de la Croatie depuis l’Antiquité. Il comporte quelques pièces rares d’une grande valeur.

Sarcophages antiques :

Mosaïque et stèle antiques :

    


Dès la sortie du musée archéologique, c’est sans transition que nous emmenons nos fils visiter le stade de foot du Hajduk Split, l’équipe phare de la ville et, avec le Dinamo Zagreb, du pays.

Depuis deux semaines que nous visitons la Croatie, nous avons vu des dizaines de murs taggés par le logo du club. Dans la région bien sûr, mais aussi bien plus au sud, ou encore sur l’île de Vis. On ressent assez nettement l’importance que revêt ce club dans le pays.

Pour commencer notre visite du stade, la petite plaque apposée à l’entrée n’échappe pas aux français que nous sommes : elle commémore l’incroyable record du monde du 4 x 100 mètres battu ici même en 1990, au nez et à la barbe des géants américains, par une équipe tricolore restée dans les annales du sport français.

Puis au fil de la visite de l’intérieur du stade, c’est un peu l’histoire de la Croatie que nous raconte le guide à travers celle du club. Par exemple pour l’anecdote, à l’issue de la finale de l’ultime édition de la coupe de Yougoslavie (encore unifiée) avant les guerres qui entraînèrent la disparition du pays, coupe remportée en 1991 par les croates du Hajduk Split aux dépens de leur ennemi juré serbe de l’Étoile Rouge de Belgrade, les Splitois ne rendirent jamais le trophée comme ils auraient dû le faire. Une fierté pour eux aujourd’hui que la possession de cette coupe (en bas et au centre de la photo ci-dessous).

Mais surtout, ce stade est l’antre du plus ancien groupe de supporters d’Europe : « Torcida Split ». Ses membres ultra-nationalistes ont été parmi les premiers, au début des années 1990, à s’engager dans l’armée croate en vue de l’indépendance du pays. Ceux qui en sont revenus vivants et entiers quelques années plus tard se sont remis ensuite à fréquenter activement les travées de ce stade, qu’ils rendent bouillant les soirs de grands matches.


Zagreb – Belgrade : le match du chaos annonciateur de la guerre (1990)


C’est dans cette belle ville de Split que nous terminons notre périple en Croatie où en quinze jours, nous n’aurons finalement rencontré qu’un seul jour de mauvais temps : le premier, à Plitvice.


Résumé vidéo (2 mn)…

 


Nous n’avons pris que trois moyens de transports différents : le bus à Dubrovnik, le bateau pour les trajets vers les îles et la voiture de location le reste du temps.


Nous avons loué notre petite voiture à l’aéroport de Split chez Car Hire Labs, et nous l’avons rendue à leurs bureaux du centre-ville, sur le port, où il ne nous restait donc plus qu’à prendre le bateau. Nous avions réservé un peu tard depuis la France et les prix avaient augmenté : nous avons payé 350 euros pour une semaine.

Attention : les loueurs demandent toujours si on a prévu d’aller à l’étranger avec la voiture (en général, Bosnie-Herzégovine et Montenegro). Si oui, ils font payer une taxe transfrontalière injustifiée (à l’exception du bref et classique passage de la frontière bosniaque au niveau de Neum, sur le trajet Split – Dubrovnik : sur cette courte portion, la taxe n’est pas obligatoire). Le tarif de cette taxe varie fortement d’une agence à l’autre. Il faut éviter de la payer et simplement vérifier avant de signer que le pays à visiter figure bien sur la carte verte d’assurance (sans être barré).


Nous ne l’avons pris qu’à Dubrovnik et nous le recommandons fortement pour cette ville, car il est difficile de circuler et encore plus de se garer dans la vieille ville, à l’exception du parking onéreux de la Porte Pile. Le bus est la meilleure solution alternative : à peu près toutes les lignes passent par la Porte Pile et il y a en général un bus toutes les 10 à 20 minutes. Vous pouvez consulter ici tous les horaires de bus croates.


Le port de Split est très actif et les îles sont nombreuses ainsi que les bateaux qui les desservent. Il est donc possible et même facile, même en haute saison, d’acheter ses billets sur place juste avant le départ du bateau, sur l’embarcadère. C’est ce que nous avons fait en plein mois d’août. Pour plus d’infos :

     → Si on fait la traversée en catamaran avec la compagnie Jadrolinija – Gat Sv. Duje bb, Split. +385.21.33.83.33 (ou 04 ou 05 à la fin). ag.split@jadrolinija.hr

     → Si on fait la traversée en ferry, il est impossible de réserver à l’avance. Compagnie Kriloget – Adresse : Kapetan Luka Kiosk – Gat Sv. Petra, ferry port, Split. +385.21.64.54.76

Liste des compagnies maritimes effectuant la traversée entre le continent et les îles : Croatia Ferries

Split – La flotte de la Jadrolinija en pleine activité.

La côte croate est interrompue sur dix kilomètres par la Bosnie-Herzégovine. Ainsi, pour aller par exemple de Split à Dubrovnik, le passage de cette frontière est obligatoire.

Nous sommes donc passés par cette douane à deux reprises et tout s’est déroulé sans problème, exactement comme tout le monde nous l’avait dit : cinq minutes de queue à l’aller avec un bref contrôle de nos passeports, et cinq secondes seulement au retour, le temps de dire « Dobar dan » (« bonjour ») au douanier, que notre politesse a eu l’air d’énerver et qui nous a immédiatement fait signe de rouler.

Courte escapade en Bosnie-Herzégovine

Comme indiqué plus haut, il faut noter qu’avec une voiture de location, on doit souscrire une assurance supplémentaire (peu onéreuse) au moment de la réservation si l’on compte sortir du pays avec le véhicule loué (Bosnie-Herzégovine, Montenegro…). Cette assurance n’est toutefois pas obligatoire si l’on passe la frontière avec la Bosnie-Herzégovine au niveau de Neum comme nous l’avons fait, pour effectuer simplement les quelques kilomètres hors Croatie qu’il y a à cet endroit-là.


Chambres chez l’habitant : House Luketic – Rastovača 32/1, 53231 Rastovača.

Elles sont situées à 1,6 km des chutes de Plitvice, au bout d’une longue rue des deux côtés de laquelle toutes les maisons louent des chambres ! Le cadre est verdoyant, calme et reposant. Bon accueil de la propriétaire, qui nous a raconté l’histoire glaçante de ce village et de cette maison, détruits pendant la guerre dans les années 1990. Prix : 45 euros/nuit la chambre double.

Délicieux resto local (en fait cuisine familiale) situé juste en face, Chez Sasa. Il fait aussi chambres d’hôtes.

En haute saison, il faut si possible arriver aux guichets dès l’ouverture car il y a alors très peu de monde. Après, ça se gâte ! Ainsi, en milieu de matinée, la file d’attente pour acheter les billets d’entrée mesure déjà plusieurs dizaines de mètres de long.


→ Hébergement – Appartement Micmac – Fra Stjepana Vrlića 28, Omiš.

Cet appartement est une tuerie. Grand, design, fonctionnel et bien situé (à 3 minutes de la plage et 5 minutes du centre-ville), propriétaires accueillants, avec en prime un gros point fort : la vue depuis la petite terrasse.

La vue depuis la terrasse

Le prix : 70 euros/nuit

Nous avons loué cet appartement quelques jours après sa mise en location. Il était donc à un prix défiant toute concurrence. Depuis, au vu de la forte demande dont il fait l’objet, il semblerait que le prix augmente régulièrement et en plus, il faut le réserver très longtemps à l’avance. Mais il en vaut tellement la peine (ça vaut ce que ça vaut mais il est noté 9,9 / 10 sur Booking pour 70 clients ayant voté).

La vue depuis la terrasse

Nova Mokosika, Dubrovacko – Neretvanska Zupanija 20236 (Ulica Marina Knezevica). +385 97 6766 098

Points forts : petite maisonnette (une chambre, et un canapé-lit dans le séjour) avec terrasse verdoyante et belle vue. Tarif attractif.

Points faibles : situé à 20 minutes en bus de Dubrovnik, sur les hauteurs d’une cité qui ne conviendra pas à tout le monde. Nous n’avons pas de préjugés et nous n’avons rencontré aucun problème, mais cet environnement peut surprendre.

Prix : 77 euros/nuit

Le Tarik Panorama est situé Majkovska 1, 20000 Dubrovnik. +385 9152 88 326. Maison entièrement dédiée à la location de chambres, située à Dubrovnik mais à plus de 20 minutes à pied du centre, avec des côtes à monter et sous le soleil. Belle vue sur l’entrée du port depuis le balcon.

Le prix : à partir de 54 euros la chambre double (nous avons payé 60 euros en plein mois d’août).

La vue depuis le petit balcon-terrasse de Tarik Panorama

Le balcon-terrasse

Les loueurs de kayaks sont regroupés sous l’ancien fort, au pied de la forteresse nord de la vieille ville. Nous sommes passés par Adventure Dalmatia/Sea Kayaking Dubrovnik, qui propose également d’autres activités (scooter des mers, que nous avons également testé, etc.)

Bon à savoir – Ça va sembler un peu naïf mais croyez-moi, les kayaks bleus sont beaucoup plus lourds que les kayaks rouges, oranges ou jaunes : on se fatigue à ramer et on avance sensiblement moins vite que tout le monde ! A éviter.


Appartement Andy – Matije Gupca 26, 21485, Komiža, Vis. +385 9921 48 212

Petit appartement de 35 m2 en rez-de-chaussée dans un immeuble pas vraiment glamour, intérieur un peu vieillot (mais on n’a fait qu’y manger et y dormir), mais dans l’ensemble très correct.

  • Points forts : situé à 5 minutes à pied de la jolie petite plage (de galets) de Kamenice, ainsi que du centre du village de Komiza. Terrasse ombragée.
  • Prix : 60 euros/nuit.

Bon à savoir – A Komiza, il est possible de louer directement un hébergement sur place puisque lorsque nous sommes arrivés dans ce village en plein mois d’août, nous avons vu pas mal de panneaux « chambres à louer » sur les maisons.


 

Le B24 Diving Center est le club de plongée tenu par un enfant du pays devenu en 2012 champion du monde d’apnée : Veljano Zanki. Il est situé à la sortie du village de Komiza, sur la petite plage de Lucica.

Le matériel est récent donc en parfait état, du bateau aux blocs de plongée en passant par les combis etc.

Le prix : 30 euros la plongée, puis tarifs dégressifs jusqu’à 12 plongées.

Vidéo : les exploits de Veljano Zanki (-107 mètres en apnée !)


 

Le départ pour l’îlot de Bisevo se fait depuis le port de Komiza, où il est facile de trouver des billets à acheter.

Bon à savoir : c’est entre 10h00 et 12h00 environ que la lumière est la plus belle dans la grotte. Du coup, il y a plus de monde et quelques dizaines de minutes d’attente l’été. Si on veut réduire l’attente, il faut venir plus tôt mais la lumière sera moins belle.

Le prix : 70 kunas par personne (moins de 10 euros) et 35 kunas de 6 à 12 ans. 


Chambres à louer Private accomodation Raspudic – Tolstojeva 33, 21000 Split. +385 922 77 4291

Appartement transformé en chambres à louer, situé à 15 minutes à pied du port. Un concierge efficace est dans l’appartement 24/24 pour répondre à toutes les questions, et donner toutes les bonnes adresses.

Le prix : 46 euros/nuit la chambre double.


Le site de l’office de tourisme en Croatie : Croatia.hr





INDONÉSIE : LES MERVEILLES DE JAVA, FLORES ET KOMODO

Comment peut-on savoir laquelle des 17.000 îles de l’archipel indonésien il faut visiter ? Comme tous ceux qui vont là-bas, nous nous sommes posé la question. Puis nous avons tranché en choisissant les îles de Java, Flores et Komodo, avec un final à Bali. Alors, pourquoi ce choix ?

Nous avons lu trois guides et nous avons épluché les blogs et les forums sur le web afin d’établir une liste des plus beaux sites indonésiens. Puis nous avons regardé dans quelle zone ces merveilles étaient les plus « concentrées ». Verdict : sur Java ! Ça tombe bien, cette île se trouve également être la moins chère pour les billets d’avion (nous sommes quatre quand même).

Quant à Flores, notre but est double en y allant. D’une part, sortir des sentiers battus. Cette île s’y prête bien car elle est assez reculée : les touristes se contentent généralement de visiter Bali voire Java et Lombok, mais poussent rarement plus loin. D’autre part, Flores est réputée entre autres pour le sublime parc marin de Komodo qui la borde à l’ouest.

Enfin, nous prévoyons de passer deux jours sur Bali en fin de séjour pour parer aux impondérables, afin de ne pas rater notre avion du retour pour la France : ce sera l’occasion de jeter un œil sur « l’île des Dieux », certes réputée mais sur-fréquentée paraît-il en juillet.


  1. LES MERVEILLES DE JAVA
  2. FLORES ET LE PARC MARIN DE KOMODO
  3. INFOS PRATIQUES

Ce périple en Indonésie est l’un des deux plus beaux voyages que nous ayons jamais faits, c’est pourquoi j’ai écrit un article assez long.

Il est plutôt destiné à ceux qui aiment voyager en immersion dans un pays pour en ressentir l’âme, et à ceux qui aiment rencontrer les habitants dans des endroits où il n’y a rien d’autre à faire ni à voir, loin des jolis sites touristiques que tout le monde visite. Car c’est dans ces endroits reculés et isolés que l’on prend une claque, genre Rendez-vous en terre Inconnue. Le récit détaillé qui suit essaie donc de retranscrire l’ambiance et le ressenti d’un tel voyage.

Mais si vous recherchez des infos plus rapidement sur ce magnifique pays, il vous suffit de cliquer sur les liens ci-dessous.

Les temples de Borobudur et Prambanan (Java-centre)

Les volcans actifs : le Bromo (Java-centre) et le Kawah Ijen (Java-est)

La plantation Margo Utomo (Java-est)

Une croisière de rêve d’île en île, les dragons de Komodo et les villages de pêcheurs isolés (Parc marin de Komodo)

L’îlot paradisiaque de Kanawa (Parc marin de Komodo)

L’île de Flores (qui borde le parc de Komodo)

Bali, l’île des Dieux, une petite déception

Toutes nos infos pratiques


Sitôt sortis de l’aéroport de Yogya (prononcer Djodja), les chauffeurs de taxis, officiels ou pas, nous tombent dessus. Nous en choisissons un qui a l’air sympa et contrairement à bien des pays, les autres n’insistent pas. Il nous emmène à Borobudur où nous avons réservé deux chambres longtemps à l’avance dans le fameux Manohara Hotel : situé dans l’enceinte du temple de Borobudur, il permet à un nombre limité de privilégiés, à savoir tous ses clients, d’y accéder avant le lever du jour, alors que le gros des visiteurs doit attendre l’ouverture du temple à 9 heures pour y entrer.

Quand nous arrivons au Manohara, il est minuit et après une trentaine d’heures passées dans les avions et les aéroports, sans compter la fatigue due au décalage horaire, nous allons enfin pouvoir dormir un peu. Mais quatre heures seulement, car le réveil est prévu très tôt afin de ne pas rater le spectacle du lever du soleil sur le temple.


C’est donc à l’état de zombies et à la lumière de nos frontales que, après la sonnerie assassine du réveil, nous prenons le chemin du temple depuis l’hôtel. Nous en montons les marches abruptes et arrivons à son sommet.

Les stupas du temple de Borobudur

Il y a un peu de monde mais pas trop. Petit à petit, le soleil va se lever et nous laisser un souvenir impérissable.

L’édifice, qui est le plus grand temple bouddhiste de la planète, est cerné par des volcans majestueux et domine palmiers et rizières. A ses pieds, on aperçoit la végétation exotique nappée de brume. Deux impressionnants volcans terminent ce paysage, et c’est exactement entre eux deux que le soleil va se lever. 

Le volcan Merapi vu depuis le sommet du temple de Borobudur

Les sculptures du temple se dessinent d’abord en ombres chinoises avant de prendre une teinte orangée sous les premiers rayons du soleil.

Mais ce qui nous surprend le plus, c’est l’ambiance quasi- mystique qui règne là-haut. Le paysage est en effet sublimé par le calme ambiant, car contrairement à bien d’autres sites touristiques, ici chacun respecte scrupuleusement ce lieu sacré, et chuchote donc.

Quelques bouddhistes chantent sereinement, ce qui achève de rendre le moment inoubliable.

A bientôt onze et neuf ans, nos deux fils Victor et Arthur sont éblouis par le spectacle auquel ils viennent d’assister. Toutefois, leur estomac ne leur fait pas oublier que nous nous sommes levés très tôt sans manger. Aussi, taraudés par la faim, ils demandent à rentrer à l’hôtel pour le petit déjeuner.

Malgré la fatigue, le voyage commence bien et nous avons hâte de voir la suite…


En 2022, les autorités ont décidé de réglementer l’accès au temple, afin de remédier aux dégradations dues à la surfréquentation de ce site exceptionnel :

  • Le prix a été multiplié par… 4 ! Soit 100 dollars au lieu de 25, ce qui fait beaucoup notamment quand on visite en famille.
  • Un quota de 150 visiteurs par heure et 1200 par jour a été instauré.
  • L’obligation, pour les touristes étrangers, de recourir aux services d’un guide, a été instituée.
  • L’accès au sommet du temple pour assister au lever du soleil est désormais interdit (néanmoins, pour y remédier, voir nos infos pratiques en fin d’article)

Tout comme Borobudur non loin duquel il est situé, le temple de Prambanan est classé par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité.

Ce temple hindouiste, merveille de l’art javanais du IXe siècle, nous impressionne par la délicatesse de ses nombreuses sculptures.

Le site est assez vaste et nous prenons le temps de le visiter malgré la forte chaleur qui nous accable. La lumière dure de la mi-journée ne le rend pas aussi féérique que Borobudur, que nous avons eu la chance de pouvoir visiter dès les premiers rayons du soleil.

De plus, l’heure de notre visite n’étant pas aussi indue que celle à laquelle nous avons découvert Borobudur, il y a du coup nettement plus de monde. Toutefois, la visite reste agréable car ce n’est pas non plus la grande foule. Nous passons le reste de l’après-midi à déambuler tranquillement au milieu des ruines de ce superbe temple.

Au final, Prambanan est impressionnant. Mais le lever du soleil sur Borobudur et la nature qui l’entoure est tellement beau que si c’était à refaire, nous visiterions Prambanan en premier pour ne pas être déçus, et Borobudur en second, en apothéose le lendemain au lever du soleil.

La veille de notre visite des temples, le courant était bien passé avec le chauffeur que nous avions rencontré à l’aéroport de Yogya et qui nous avait emmenés à Borobudur. Avant de le quitter, nous lui avions donc proposé de poursuivre la route ensemble quand nous aurions terminé la visite de Borobudur, ce qu’il avait accepté.

C’est donc lui qui vient de nous faire découvrir Prambanan et comme nous avons prévu de traverser la moitié ouest de Java (600 km), c’est lui qui va nous emmener jusqu’à Solo, notre prochaine ville-étape. Nous aimons bien voyager de cette manière, conduits en voiture par un local. Ça nous permet de faire les trajets tout en discutant : le chauffeur nous explique plein de choses sur son pays, que cela concerne l’aspect touristique (les sites à visiter…) ou l’aspect pratique (la vie quotidienne, la famille…).

Le reste du temps, nous prenons généralement les moyens de transports locaux : trains, bus, tuks-tuks etc. Grâce à ce savant mélange, nous nous sentons en immersion dans le pays.

La route entre Yogya et Solo est très fréquentée, par des voitures et des deux-roues qui conduisent évidemment n’importe comment. A plusieurs reprises tout au long du trajet, nous devons d’ailleurs calmer les ardeurs de notre ami au volant car il conduit lui aussi à l’indonésienne. Or, nous comptons bien arriver entiers à Solo ! Ce qui sera finalement le cas en fin de journée.

Une fois n’est pas coutume, nous allons dormir non pas dans un hôtel local mais à l’hôtel Ibis de Solo, histoire de nous reposer enfin un peu après l’interminable voyage depuis la France, le décalage horaire et la longue journée de découvertes que nous venons de vivre. En plus, Victor et Arthur vont pouvoir se délasser un peu dans la petite piscine de l’hôtel. On dormira à la roots une autre fois…

Le lendemain, après une bonne nuit de récupération, nous prenons le train pour la ville de Malang. Le voyage dure six heures que nous mettons à profit à la fois pour découvrir les paysages (rizières, volcans…) et nous reposer. La bonne surprise, c’est que le train n’est pas bondé. La mauvaise, c’est qu’en revenant des toilettes situées à quelques mètres seulement de nous, Victor nous informe que la porte du train à côté de laquelle il vient juste de passer est grande ouverte ! Nous vérifions et en effet, n’importe qui pourrait tomber là, alors que le train roule à pleine vitesse.

Juste avant d’arriver, les hauts-parleurs du train crachent un message que nous croyons vaguement comprendre : il y aurait plusieurs gares à Malang, mais nous ne savons pas à laquelle nous devons descendre. C’est ennuyeux car nous avons rendez-vous à la gare avec un chauffeur qui nous a été conseillé par une amie depuis la France, nous ne voulons donc pas le rater. Nous demandons de l’aide aux autres passagers en leur montrant nos billets, et ils nous expliquent avec un sourire permanent que notre gare, c’est la deuxième. Nous les remercions chaleureusement car sans eux, nous serions descendus à la première !

Une fois arrivés, nous rencontrons notre nouveau chauffeur, Slamet. Lui aussi est incroyablement souriant, comme tous les locaux que nous avons rencontrés depuis hier. Cette délicieuse particularité indonésienne se vérifiera sans exception pendant un mois, jusqu’à la fin de notre séjour.


Nous allons donc passer trois jours avec Slamet, notre nouveau chauffeur qui va nous faire traverser une partie de son beau pays, de Malang à Banyuwangi. Nous avons prévu trois haltes : les volcans Bromo et Ijen, ainsi que la plantation Margo Utomo.

Le meilleur moment pour admirer le Bromo, c’est l’aube car c’est à ce moment-là que les volcans du site (le Bromo et trois autres), éclairés par les premiers rayons du soleil, se parent de couleurs rougeoyantes.

Comme on doit donc se lever tôt, il y a deux possibilités : soit on passe la nuit précédente loin du site et il faudra se lever encore plus tôt pour avoir le temps de faire la route, soit on passe la nuit dans l’un des hôtels du petit village de Cemoro Lawang, situés dans un cadre incroyable sur le rebord de la caldeira face aux volcans. Dans ce cas, on est plus près et la route au petit matin est donc moins longue. Elle consiste à traverser la Mer de Cendres dans la nuit noire, puis à monter jusqu’au point culminant de la zone, le Mont Penanjakan qui culmine à 2800 mètres d’altitude. Nous avons choisi la deuxième option et passons donc la nuit dans ce petit village aux allures de camp de base du Bromo.

Avant d’aller nous coucher, nous dînons dans un petit warung, l’un de ces minuscules restos typiques : la salle ne dépasse pas les dix mètres carrés, il n’y a presque rien à manger et nous sommes les seuls clients. Pourtant, nous nous régalons et l’accueil, comme partout en Indonésie, est incroyablement souriant. Une panne d’électricité générale ajoutera un côté « bout-du-monde » à ce village subitement plongé dans un noir d’encre. Victor et Arthur, qui éclairent le chemin du retour à l’hôtel avec leur frontale, se sentent subitement une âme d’aventuriers…

Après une nuit glaciale passée dans notre petit hôtel, nous nous levons vers quatre heures du matin pour monter dans la Jeep qui va nous emmener au sommet du mont Penanjakan.

Le Bromo est l’un des volcans les plus visités de toute l’Indonésie, et il suffit de s’y rendre dès les premières lueurs du jour pour comprendre pourquoi.

A l’extrême-gauche, les petits points blancs sont les hôtels situés sur le rebord de la caldeira…

Pourtant, là-haut, nous comprenons vite que nous ne sommes pas les seuls à avoir choisi cette option matinale : des dizaines de Jeep stationnent déjà sur le bord de l’étroite route de montagne, en attendant le retour de leurs passagers descendus comme nous pour admirer l’aube sur ce site très prisé.

C’est donc au milieu de deux ou trois cents personnes que nous allons assister au lever du soleil qui, ici, est si réputé.

En contrebas de notre perchoir, trois volcans se font face : le Bromo, dont le cratère béant laisse échapper en permanence une colonne de fumée, ainsi que le Batok et le Kursi. En toile de fond, un quatrième volcan, le Semeru, domine ce paysage du haut de ses 3676 mètres. Ce volcan-là laisse normalement échapper un petit nuage de fumée environ toutes les demi-heures. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème et il vaut alors mieux en être éloigné…

A l’horizon se succèdent à perte de vue les silhouettes de volcans nappés dans la brume : c’est la colonne vertébrale de Java, qui constitue une bonne partie de la fameuse ceinture de feu du Pacifique.

Au fond à droite, le Raung en éruption

Puis on reprend la Jeep pour descendre au fond de la caldeira, d’où les dernières brumes disparaissent peu à peu. On se retrouve alors dans une vaste mer de cendres où la végétation tente en vain de reprendre ses droits, entre deux éruptions.

Victor et Arthur sont ébahis par le paysage lunaire de ce volcan actif. Nous marchons jusqu’au Bromo, sur le flanc duquel a été construit un long escalier : ce lieu est en effet sacré pour les hindouistes qui sont 200.000 à s’y rendre lors de leur pèlerinage annuel. L’escalier facilite donc leur ascension à cette occasion, et celle des touristes le reste de l’année.

Au sommet, on peut se balader sur l’étroite crête qui surplombe le cratère. Seule une rambarde, sur les cinquante premiers mètres de la crête, empêche les accidents. Au-delà, c’est aux risques et périls de chacun.

Bromo : l’intérieur du cratère

C’est de cette zone sécurisée que nous décidons d’admirer en famille le cratère béant, qui recrache en permanence une épaisse colonne de fumée. C’est l’occasion pour Victor et Arthur de découvrir la désagréable odeur d’œuf pourri qui vient chatouiller leurs narines : c’est celle du soufre, qu’ils reconnaîtront immédiatement deux jours plus tard, en arrivant au sommet d’un autre volcan réputé, l’Ijen.


Pour la énième fois en huit jours, nous nous levons avant le soleil et je dois bien avouer que ça commence à se voir sur nos visages. Mais une fois de plus, nous n’allons pas le regretter.

Arrivés aux pieds de l’Ijen en Jeep, il faut marcher sur un agréable sentier qui serpente en montant à travers la végétation à flanc de volcan. C’est notre hôtel qui s’est occupé de la réservation de la Jeep, avec Ahmat, le guide pour l’ascension. Ce dernier est un jeune qui adore raconter son pays. Ça tombe bien, nous sommes venus pour le découvrir.

Assez rapidement, il nous montre un volcan en éruption, le Raung. Ahmat nous l’a déjà montré une heure plus tôt lorsque nous sommes passés à proximité en voiture, mais nous ne l’avions pas bien vu car il faisait nuit. Alors que maintenant, on en est plus éloigné mais on voit bien les quantités de cendres noires qu’il recrache dans le ciel bleu.

Le Raung en éruption

Nous poursuivons notre chemin tranquillement, en discutant avec les gens que nous croisons, comme ce ramasseur de feuilles d’eucalyptus rencontré au milieu de nulle part.

Rencontres pendant l’ascension de l’Ijen

La randonnée prend environ deux heures pour arriver au sommet. Elle ne présente aucune difficulté particulière mais comme le chemin monte en permanence, et qu’il est situé à une altitude non négligeable (2300 mètres environ à son arrivée), il peut s’avérer un peu fatigant pour qui n’a pas l’habitude. Dans la deuxième moitié, nous finissons par nous retrouver au-dessus d’une mer de nuages.

Et enfin, c’est l’arrivée sur le rebord du cratère, qui culmine un peu plus loin à 2386 mètres d’altitude. Au bout du chemin avec lequel nous en terminons, nous laissons derrière nous la mer de nuages et quelques arbres morts, qui n’ont visiblement pas apprécié l’inhospitalité des lieux.

Et face à nous, c’est le volcan. Une épaisse colonne de fumée à l’odeur fortement soufrée s’en échappe.

En contrebas de cet univers minéral s’ouvre un cratère tapissé de roches jaunes, dont la couleur étonnante est due aux dépôts de poussières de soufre.

Au fond et sous un ciel d’un bleu profond repose un joli lac vert. D’apparence calme, ce lac d’acide fume partout. Certains viennent s’y baigner, paraît-il, pour soigner divers problèmes cutanés. Et au vu de la fumée qui s’échappe de la surface, on peut comprendre qu’ils ressortent de leur bain complètement décapés. Il faut dire que parmi tous les lacs d’acide de la planète, c’est celui-là qui détient le record du monde d’acidité : 0,15 de PH !


L’endroit est irréel. Pourtant, le contraste s’avère vite saisissant entre la beauté des lieux et le calvaire des hommes qui y travaillent.

Au cœur du cratère

Car en effet, le soufre constitue une matière première précieuse pour les industries pharmaceutique et cosmétique notamment. Il jaillit un peu partout au fond du cratère et passe successivement par les trois états : gazeux, liquide puis solide. C’est ce qui provoque la grosse colonne de fumée.

Une centaine de mineurs ramassent les blocs de soufre, en inhalant à longueur de journée cette épaisse fumée jaune qui encrasse leurs poumons. Parfois, des bulles d’acide pouvant mesurer plusieurs dizaines de mètres de diamètre remontent le lac jusqu’à la surface. Là, en éclatant, elles peuvent remplir de gaz toxiques la partie profonde du cratère, celle justement où travaillent les mineurs. Dans les années 80, certains d’entre eux y ont laissé la vie.

Après avoir collecté le soufre, les mineurs chargent les blocs dans leurs paniers qu’ils portent sur leurs épaules à raison de… quatre-vingts kilos par mineur !

Et pourtant, leur calvaire ne fait que commencer : voûtés sous leur charge de soufre – lequel n’a jamais aussi bien porté son nom – il leur faut plusieurs heures pour transporter leur marchandise sur quelques vingt kilomètres, soit l’équivalent d’un semi-marathon ! Ils remontent d’abord les pentes escarpées du volcan (deux cents mètres de dénivelé) sous un soleil de plomb. Puis arrivés au sommet, il leur reste encore une longue marche avant de pouvoir enfin se délester de leur fardeau.

Certains d’entre eux ont le corps marqué par les séquelles de ce métier inhumain : leurs épaules sont déformées par des excroissances parfois aussi grosses que des boules de pétanque.

Évidemment, ils sont payés une misère : l’équivalent de deux cents euros par mois. Et comble du cynisme, la société chinoise qui les exploite se permet de leur faire payer tous les matins le bref trajet en camion qui les emmène de leur village à l’Ijen, serrés comme du bétail. Leur espérance de vie est estimée entre 40 et 50 ans…

Mais plus que leur souffrance quotidienne, ce qui nous aura marqués chez ces mineurs, c’est leur sourire finalement assez fréquent malgré une telle adversité. Une leçon pour moi, qui décide sur le champ que je ne me plaindrai plus jamais au bureau…


Merci à Géo.fr, qui a sélectionné certaines images de cet article sur les mineurs de l’Ijen afin d’illustrer sa page Facebook.


220 kilomètres en 4h30, c’est le programme de notre après-midi post-Bromo sur les routes indonésiennes. Nous avons réservé deux chambres doubles au Margo Utomo Agro Resort. Elles sont situées dans de petits bungalows posés au milieu d’une végétation tropicale luxuriante, fleurie et très bien entretenue. Avec une grande piscine en prime, ce complexe semble luxueux mais reste en fait très abordable.

Il existe la possibilité de faire une visite guidée de la plantation. Ça tombe bien car nous voudrions montrer à Victor et Arthur comment se présentent certains produits exotiques à l’état naturel, avant d’atterrir complètement transformés, dans leur assiette en France.

Notre guide, dont le sourire ne quitte jamais le visage, nous explique et nous montre comment on cultive le café, le cacao, la muscade, la vanille etc. Elle nous fait tout sentir, voire goûter quand c’est possible.

Grains de café séchant au soleil

Ainsi, lorsqu’elle fait humer la cannelle à Arthur les yeux fermés sans lui dire ce que c’est, il fait immédiatement une association d’idée : « Mmmh, ça sent le gâteau » !

Puis un employé fait l’admiration des enfants en grimpant aux cocotiers à mains et pieds nus, aussi facilement que si c’était un escalier, pour cueillir quelques noix de coco.

Ensuite, la guide nous montre du teck… sous forme d’arbres. Ben oui, nous n’en avions jamais vu que sous forme de tables de jardin jusque là !

Elle cisaille également l’écorce d’un hévéa, le fameux « arbre à caoutchouc » : les enfants sont subjugués par cette substance qui se transforme en quelques secondes en latex.

Nous terminons la visite par le four au-dessus duquel bout du jus de coco, auquel nous avons le droit de goûter et qui s’avère un pur régal.

Bref, une superbe petite leçon de choses que cette visite guidée, parfaitement adaptée aux enfants mais aussi aux adultes.


Après avoir admiré les merveilles de Java, nous nous dirigeons vers l’île de Flores et le parc marin de Komodo : ce dernier vient tenir compagnie aux temples de Borobudur et Prambanan sur la liste des sites indonésiens classés par l’UNESCO au patrimoine de l’humanité.

Ce parc marin est situé dans le fameux « triangle de corail », considéré par les biologistes marins comme l’épicentre de la vie sous-marine dans le monde. En d’autres termes, les fonds sous-marins sont ici d’une beauté et d’une richesse exceptionnelles.

La plupart des îles de ce parc sont soit désertes et paradisiaques, soit habitées par des pêcheurs vivant dans de petits villages sur pilotis. Mais quelques-unes d’entre elles abritent aussi les fameux « dragons » de Komodo, ces varans géants carnivores uniques au monde.

Pour visiter tous ces sites, nous allons faire une croisière de rêve sur un petit bateau typique, avant de terminer notre visite de la région par l’île de Flores, qui borde le parc de Komodo.


Nous quittons Java par la petite ville de Ketapang, à l’extrémité orientale de l’île. Nous n’allons pas tarder à comprendre pourquoi le bus dans lequel nous montons s’appelle « Express » : le ticket de bus Ketapang (Java) – Denpasar (Bali) comprend la courte traversée en bateau entre les deux îles, puis nous emmène à grande vitesse vers le centre de Bali, au prix parfois de quelques slaloms rapides entre les voitures qui arrivent en face. Notre chauffeur n’ayant pas l’air d’avoir été informé que son bus était doté d’une pédale de frein, c’est assez vite que nous arrivons à bon port.

Après une nuit passée dans un hôtel sans charme, nous gagnons l’aéroport où nous sommes censés prendre l’avion pour Labuan Bajo (île de Flores). « Censés », car cela fait quelques jours que le Raung crache ses cendres sans discontinuer dans le ciel, comme nous avons pu le voir la veille depuis les pentes de l’Ijen. Rien de très inhabituel dans ce pays volcanique sauf que depuis deux jours, la situation a empiré : ses rejets sont de plus en plus hauts, noirs et denses, ce qui commence à menacer la circulation aérienne dans toute la région.

Nous pouvons finalement prendre notre avion mais nous apprendrons le lendemain que peu après notre vol, l’aéroport de Denpasar a dû fermer. Cela durera une quinzaine de jours, après quoi il rouvrira quelques jours puis refermera à nouveau etc. Au total, ce sont plusieurs dizaines de milliers de voyageurs du monde entier qui seront bloqués soit à Bali, soit à l’étranger en direction de Bali. Nous avons donc eu beaucoup de chance cette fois-ci. Nous ne le savons pas encore mais ce ne sera plus le cas dans quelques jours…

La baie de Labuan Bajo

A Labuan Bajo, nous passons la soirée à flâner sur une longue plage déserte où nos fistons se baignent jusqu’à la tombée de la nuit. L’endroit est calme et la douceur de vivre qui baigne les lieux rend le moment à la fois simple et inoubliable.

Après une nuit passée dans un excellent petit hôtel situé sur les hauteurs de la ville (le Golo Hilltop Hotel, voir les infos pratiques tout en bas), nous nous dirigeons vers le port au petit matin.

Nous y faisons la connaissance de Sofyan, le capitaine d’un bateau traditionnel de vingt mètres de long par trois de large, avec qui nous allons naviguer pendant trois jours dans les eaux magiques du parc marin de Komodo.

Le port de Labuan Bajo

Il n’est pas difficile de se concocter une petite croisière de rêve de ce type : il suffit de déambuler sur les pontons où sont alignés les bateaux colorés et de discuter avec leur capitaine. On peut soit chartériser un bateau à plusieurs afin de faire baisser le prix, soit s’offrir une croisière privée. Dans les deux cas, on détermine à l’avance le trajet à réaliser.

Nous nous retrouvons donc tous les quatre sur ce joli bateau conduit par Sofyan et son équipage : Juna le cuisinier, Yon le mousse et Kevin le mécano. Dans la plus pure tradition indonésienne, ils seront tous les quatre adorables avec nous de bout en bout.

Pour ne rien gâter, la nourriture de Juna est simple mais succulente, et ça nous fait tellement de bien de manger enfin autre chose que du Nasi Goreng, après une semaine de ce menu quasi-unique sur Java et Bali.

Au moment d’appareiller, le ciel est étonnamment noir et n’incite pas à l’optimisme.

Ça tombe mal car nous n’avons qu’une envie : jeter l’ancre à proximité d’une petite île déserte afin d’aller piquer une tête dans ses eaux tièdes et translucides. Nous en avons rêvé tout l’hiver depuis la France. Heureusement, après avoir pris la mer, les nuages vont disparaître petit à petit et c’est sous un ciel plus clément que nous accostons sur notre première île.

Nous plongeons, nageons et observons enfin nos premiers poissons. Ce modeste site de snorkeling, sans être exceptionnel, nous permet déjà d’apercevoir de nombreux coraux et poissons multicolores.

Puis vient le soir, où nous allons avoir la chance de vivre une expérience inattendue. Le bateau s’arrête tout d’abord à quelques encablures d’un îlot d’apparence anodine : il est entièrement recouvert d’une mangrove inextricable et ne dépasse pas les cent mètres de long.

Au fur et à mesure que le soleil se couche, de petits cris s’échappent de la végétation. Ils deviennent de plus en plus forts, jusqu’à ce qu’un volatile s’extirpe de la mangrove. C’est ce que les locaux appellent un « renard volant ». Un deuxième le suit, puis un troisième et ainsi de suite.

Il s’agit de chauve-souris géantes de 1,50 mètre d’envergure, qui survolent toutes notre bateau à grands cris pour aller passer la nuit sur une autre île. Elles sont finalement des milliers et des milliers à suivre inlassablement ce chemin pendant plus d’une heure. Comme tous les jours, elles reviendront le lendemain matin juste avant l’aube, et ainsi de suite…

Nous reprenons la mer dans la pénombre pour aller jeter l’ancre une heure plus tard, à l’abri d’un autre îlot. Nous distinguons vaguement son ombre non loin du bateau mais nous ne verrons réellement à quoi il ressemble que le lendemain matin, au lever du soleil.

Pendant le dîner sur le pont avant, nous surprenons parfois une tortue qui vient sortir la tête de l’eau, afin de prendre une bonne bouffée d’air à un ou deux mètres du bateau, avant de replonger tranquillement au milieu du plancton phosphorescent.

L’aube, vue depuis notre bateau où nous venons de passer la nuit au mouillage

Le lendemain matin, nous partons faire une courte escale au mouillage sur un site nommé Manta Point : c’est un spot de plongée où l’on est susceptible d’observer des raies mantas (6 mètres d’envergure). Quand nous arrivons, il n’y a qu’un seul bateau de plongée sur le site, qui ne restera d’ailleurs pas bien longtemps, nous laissant rigoureusement seuls au monde dans ce site de rêve. Avant de nous mettre à l’eau pour faire du snorkeling, nous la trouvons si translucide que nous avons l’impression… qu’il n’y a pas d’eau du tout et que les coraux sont à l’air libre !

C’est dans ce cadre paradisiaque qu’il m’arrivera pourtant une mésaventure : le petit caisson étanche (enfin, en théorie) de mon appareil photo compact prend subitement l’eau. Je me dépêche de gagner le petit îlot de rêve qui nous tend les bras un peu plus loin mais c’est trop tard : le compact et l’excellente optique Leica dont il est doté sont morts. Pour moi qui suis plongeur et qui rêvais depuis si longtemps de faire des photos et des vidéos sous-marines dans cette région du monde (le fameux triangle de corail), c’est une catastrophe. Mais bon, je repense aux mineurs de l’Ijen qui m’ont décidément marqué, et je comprends vite que j’ai finalement de la chance d’être là.

Je savoure donc ce petit îlot de 80 mètres de long à peine pour une dizaine de large. Avec Marie et les enfants, nous marchons le long de sa longue langue de sable blanc, à l’extrémité de laquelle quelques oiseaux de mer picorent à manger dans le sable, les pattes plantées dans l’eau transparente. Pour les photos sous-marines, je prendrai le petit appareil compact étanche des enfants. Il est basique mais finalement, les images seront correctes :

Ce parc marin est un pur joyau et Victor et Arthur, qui ne se séparent plus de leur masque, sont heureux comme des poissons dans l’eau.

Pendant la croisière, nous observerons, outre les tortues, deux dauphins qui croiseront notre route en passant sous le bateau.


Le programme de cette délicieuse croisière ne se va pas se cantonner à des baignades. Car ici, toutes les îles ne sont pas forcément désertes, et nous avons prévu de nous rendre sur celles qui abritent de petits villages de pêcheurs, afin d’en rencontrer les habitants.

C’est ainsi que nous accostons sur le fragile ponton de l’une d’entre elles, qui compte à peine une cinquantaine de cases.

A bien les regarder, nous comprenons qu’il faudrait sans doute bien moins qu’un tsunami pour tout dévaster ici…

De plus, nous nous sentons d’emblée gênés au vu de l’extrême pauvreté qui règne là. Mais les habitants vont vite nous faire changer d’avis. Sofyan, le capitaine de notre bateau, nous guide entre les « maisons » sur pilotis (en général de frêles amas de bois et de tôles) et très vite, nous devenons malgré nous l’attraction du jour, notamment auprès des enfants, qui sont nombreux à nous escorter.

C’est donc sous bonne garde que nous traversons le village. Nous nous arrêtons devant chaque case pour en saluer les habitants. Tous arborent un grand sourire et nous disent quelques mots. Certains nous demandent de les photographier avec nos deux fils car ce n’est pas tous les jours qu’ils voient des petits blondinets comme ça. Sofyan fait office pour l’occasion de traducteur, en anglais, et tous les habitants nous parlent avec un sourire jusqu’aux oreilles.

La première question que chacun d’entre eux nous pose consiste à savoir d’où nous venons. Nous répondons inlassablement que nous sommes français. Puis nous discutons avec eux de tout et de rien.

L’ambiance est d’une grande simplicité, et l’extrême gentillesse des habitants s’avère déconcertante. Du coup, nous n’avançons pas très vite car nous nous attardons devant chaque case.

Petite sieste entre deux cases…

Si nous avons besoin de Sofyan pour nous traduire en anglais le Manggarai Barat, la langue locale, Victor et Arthur communiquent beaucoup plus facilement avec les enfants du village grâce à une langue universelle : le foot.

Ils se sont très vite fait mettre le grappin dessus par les enfants de l’île et jouent au milieu du village avec un ballon de fortune, fabriqué en petits morceaux d’écorces souples. Les habitants forment un cercle autour d’eux, tout le village semble réuni là et chaque visage arbore un grand sourire.

Rarement au cours de nos voyages nous avons rencontré des habitants aussi souriants qu’ici. Voire jamais.

Devant le seul bâtiment en dur du village : l’école

Nous faisons une petite visite de l’école, non pas pour faire bosser nos enfants au beau milieu des vacances, mais pour leur montrer une école du bout du monde. Ils sont sidérés par l’état des classes : murs délabrés, posters déchirés, tables en piteux état etc.

Bizarrement, l’école est le seul endroit où les enfants du village nous ont un peu lâchés ! Car le reste du temps depuis notre arrivée, ils nous suivent de près : ils sont curieux, joueurs, rieurs…

Mais c’est l’heure de partir et en rejoignant le bateau, le sourire ne quitte plus nos visages : c’est contagieux, les habitants nous l’ont transmis.

C’est donc le cœur léger que nous appareillons après ce grand moment partagé avec les îliens. Nous prenons conscience que, bien qu’ils ne possèdent rien, bien qu’ils ne bénéficient sans doute pas de la moindre protection sociale par exemple contrairement à nous, ces gens respirent tout simplement la joie de vivre. Leur sourire illumine autant leur village que nos mines déconfites assombrissent le métro ou le tram chaque matin, nous qui avons pourtant tellement plus de choses.

Paradoxalement, j’avoue que je n’échangerais pas ma place avec la leur, mais je ne peux pas m’empêcher de me questionner… Après les mineurs de l’Ijen, voilà encore une bien belle claque.

Nous poursuivons notre petit bonhomme de croisière avec une nouvelle escale, au mouillage cette fois, en compagnie de quelques autres bateaux. Nous sommes à quelques encablures d’une plage qui est parfois fréquentée par des dragons. Nous n’en verrons pas. En revanche, nous nous en donnons à cœur joie pour faire du snorkeling au milieu de fonds éblouissants, et en enchaînant les plongeons depuis les trois mètres de haut du bateau.

Puis Yon le mousse sort deux paddles et, avec Kevin le mécano, ils invitent Victor et Arthur à les accompagner pour s’amuser dans l’eau. Nous découvrons alors un autre Kevin : plutôt taciturne jusque-là, il devient subitement adorable. Ils s’amusent tous les quatre comme des enfants, en passant plus de temps à tomber dans l’eau qu’à ramer, à coups de grands éclats de rire.

Puis nous accosterons sur deux autres îles de pêcheurs, les deux principales de la zone : Rinca puis Komodo.

Elles sont sensiblement plus grandes et visiblement plus habituées à recevoir des occidentaux. Résultat, l’accueil y est moins chaleureux.

Partout, le poisson sèche sur de grands étendoirs pendant que les pêcheurs nettoient les bateaux et réparent leurs filets. On sent bien l’omniprésence de la mer, qui constitue ici l’indispensable garde-manger des habitants. Si les grands sont donc au travail, les plus petits ici aussi nous accompagnent partout.

Nous saluons chaque habitant que nous croisons dans le village mais nous sentons bien qu’ici, contrairement à la petite île sur laquelle nous étions précédemment, le voyageur occidental n’est pas un oiseau si rare. Et nous avons beau être les seuls visiteurs ce jour-là, les habitants ne sont pas spécialement demandeurs de contact. Nous les laissons donc tranquilles en nous contentant d’échanger seulement avec ceux qui viennent spontanément vers nous.

Puis Sofyan nous emmène sur les hauteurs de l’île. Nous traversons un petit bout de forêt où nous ne pouvons pas nous empêcher de scruter la végétation, qui pourrait cacher un varan géant à l’affût. Mais rien. Nous finissons par arriver à un puits qui fait office de salle de bains commune à ciel ouvert : une dizaine d’habitants s’y lavent en effet, et puisent de l’eau. Et oui, il n’y a pas de robinets dans les cases, ici.

Nous retournons dans le village où un « élu » nous attend de pied ferme : à notre grande surprise, il nous demande de payer un ticket d’entrée ! Il nous emmène à l’autre bout du village et nous fait entrer dans ce que nous assimilons à la « mairie », puis nous fait régler les tickets d’entrées, facturette officielle à l’appui.

En discutant avec lui des fameux dragons, que nous reviendrons voir demain sur l’île voisine de Rinca, il nous explique qu’il y a quelques années, un enfant du village, âgé d’une dizaine d’années, s’est fait surprendre et tuer par l’un de ces varans. Cela fait longtemps mais il est encore marqué en nous en parlant.

Nous quittons Komodo, à la tombée de la nuit et sous la pluie, en étant prévenus que demain nous devrons redoubler de prudence et bien écouter le guide, lorsque nous serons au milieu des varans…


L’objectif du jour : approcher les fameux « dragons » de Komodo dans leur habitat naturel…

Après une nouvelle nuit à bord, et une fois le copieux petit déjeuner habituel ingurgité, nous appareillons pour Rinca.

Avec Komodo et quelques petites îles, elle fait partie de celles où l’on peut rencontrer les fameux dragons. Mais comme il paraît que ces varans sont de plus en plus difficiles à apercevoir sur Komodo, et assez rares sur les petites îles, c’est sur celle de Rinca que nous avons décidé d’aller à leur rencontre.


Ces varans géants, qui sont les plus grands lézards de la planète, sont carnivores. Les singes qui pullulent dans ce coin hostile font bien partie de leur menu, mais les dragons sont surtout capables de s’attaquer à du gibier bien plus gros : des cerfs et des buffles.

La salive de ces énormes reptiles est une concentration phénoménale de bactéries, proche du venin. Ainsi, quand ils infligent à leur proie une petite morsure d’apparence anodine, leur victime peut agoniser pendant plusieurs jours avant de mourir.

La langue fourchue des varans, qui conduit leur sens olfactif, leur permet alors de sentir l’odeur de la charogne de loin. Grâce à elle, ils n’ont plus qu’à se laisser guider pour se régaler.

Mais surtout, ces reptiles sont de véritables machines de guerre : frôlant parfois les quatre mètres de long, ils courent jusqu’à 25 km/h en pointe, ils savent nager et ils peuvent grimper aux arbres. Bref, difficile de leur échapper, et les attaques sur les humains ont beau être rarissimes (deux seulement contre des touristes depuis 1974, et quelques-unes contre des locaux), mieux vaut se méfier.

Enfin, leur voracité est telle que lorsqu’ils dévorent une chèvre, par exemple, ils n’en laissent pas une miette : ni le crâne, ni même les cornes.

La balade avec un guide officiel est donc obligatoire. Ce qui nous surprend d’emblée, c’est qu’il n’est armé que d’un simple bâton fourchu, censé imiter la langue en Y des dragons. Cela suffit, paraît-il, à repousser la bête qui s’approcherait d’un peu trop près…

A peine arrivés sur Rinca, nous rencontrons notre guide. Il s’appelle Fidell Casthro (avec cette orthographe-là). Il n’a pas le temps de nous donner les consignes élémentaires de sécurité que Marie nous alerte : elle vient de se faire piquer au pied par une bestiole non identifiée. Fidell nous explique que c’est sans doute une mouche car ici, si les lézards mordent, les mouches piquent ! La piqûre n’a rien de grave mais elle est douloureuse. Ça commence bien, ce premier contact avec la faune locale…

A propos de faune justement, Fidell nous donne donc ses consignes et la première d’entre elles n’est pas du tout celle à laquelle nous nous attendons : il nous explique en effet que dans la forêt que nous allons traverser, il faudra nous méfier avant tout… des serpents ! Certains mordent pour inoculer leur venin, tandis que d’autres le crachent. Charmante, décidément, cette petite balade qui nous attend.

Puis il insiste sur la distance minimale à respecter par rapport aux dragons : jamais moins de cinq mètres. Enfin, il nous demande de ne surtout pas nous éloigner de lui, par sécurité. Mais franchement, il n’avait pas besoin de le préciser car avec toutes ces infos sur la faune qui nous cerne, nous avions bien l’intention de lui coller aux basques.


A peine partis, le premier dragon que nous rencontrons à proximité du baraquement des guides est un juvénile : « seulement » deux mètres de long. Les dragons viennent souvent ici car de petits restes de nourriture peuvent traîner.

Il y a quelques mois, un dragon a pénétré à l’intérieur d’un baraquement et a attaqué puis mordu le guide qui se trouvait dedans. Ce dernier a pu prendre la fuite et se faire soigner, ce qui lui a permis de rester en vie, mais Fidell nous montre sur son téléphone portable une photo de la morsure de son collègue, qui est aussi son ami. La blessure n’est vraiment pas belle à voir. Nous sommes impressionnés par cette chair tuméfiée, et nous aurions largement préféré qu’il nous montre cette photo après notre traversée de la forêt plutôt qu’avant…

Au moment de nous aventurer dans la végétation à la recherche de dragons adultes dans leur milieu naturel, j’avoue être le seul de la famille à ne pas être rassuré. J’en aurais presque un peu honte mais bon, en tant que père et mari qui a sa fierté, je fais comme si de rien n’était.

Et après cinq minutes de marche à peine, nous nous retrouvons nez-à-naseaux avec deux dragons qui viennent de s’accoupler à proximité de leur nid (un grand trou en forme de L dans le sol). Ils sont plus ou moins enlacés et semblent savourer le moment, à tel point que ces monstres nous paraîtraient presque attendrissants. Nous sommes à cinq mètres d’eux à peine et la scène, qui nous rappelle tout de suite un accouplement de lions auquel nous avions assisté en Tanzanie, nous paraît surréaliste.

Couple de dragons juste après l’accouplement

A dix mètres de là, un troisième varan, un gros mâle, rôde dans la végétation.

Fidell nous explique que les deux mâles se sont battus pour obtenir les faveurs de la femelle et que le vaincu – celui qui est à l’écart – n’a peut-être pas encore dit son dernier mot.

Et en effet, il fait alors un grand détour d’une cinquantaine de mètres pour se faire oublier, avant de fondre sur son rival ainsi que la femelle à laquelle il n’a toujours pas renoncé. Arrivé à deux mètres d’eux, il pousse un espèce de soufflement sourd qui nous fait sursauter. Fidell se précipite sur nous, nous fait reculer de quelques mètres et fait écran entre les dragons et nous.

L’autre mâle ne se laisse pas faire et met à nouveau l’assaillant en fuite, tout en s’agrippant de plus belle à sa conquête. Impressionnant.


Après cette petite montée d’adrénaline, nous sortons de la forêt. Sous le soleil déjà chaud du petit matin, nous marchons à découvert sur un étroit sentier, au milieu d’herbes hautes couleur paille. Nous ne voyons pas trop ce qu’il y a dedans et nous préférons ne pas le savoir ! Nous accélérons le pas jusqu’au sommet où nous sommes heureux d’arriver : là, nous prenons quelques minutes pour apprécier la jolie vue dégagée sur la baie qui nous fait face.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos émotions. Car sur le chemin du retour, à cinq petites minutes de marche du bateau par lequel nous sommes arrivés sur l’île, nous croisons un autre guide qui attend là en compagnie d’une bonne dizaine de touristes. Ils viennent d’arriver en bateau eux aussi et par sécurité, ils ne vont pas plus loin car ils sont trop nombreux pour un seul guide.

Fidell nous demande alors si cela nous dérange de rentrer tout seuls au bateau par le chemin que nous avons pris à l’aller, pour qu’il puisse aider son collègue à prendre en charge ce groupe de visiteurs. Il nous assure qu’il n’y a plus aucun danger et nous acceptons donc, bien que n’étant pas complètement rassurés.

Et évidemment, à mi-chemin, alors que nous tentons de faire accélérer Victor et Arthur qui flânent, un craquement de branches nous fait craindre une mauvaise rencontre. Il provient de la mangrove située en léger contrebas du chemin. C’est encore un dragon, certes juvénile mais qui mesure deux bons mètres de long quand même. Il a beau ne prêter aucune attention à notre présence, nous prenons notre courage à deux mains… et fuyons immédiatement en direction du bateau ! Où nous arrivons deux minutes plus tard sans encombre pour reprendre la mer.

Rinca – Bateau de plongeurs au mouillage

Cette escale était incontournable car les dragons de Komodo sont connus dans le monde entier. Il aurait donc été dommage de naviguer dans les environs sans aller les observer. En y réfléchissant a posteriori, nous réalisons que nous avons croisé finalement très peu de touristes sur Rinca, et que nous avons pu observer plusieurs dragons sans difficulté, à quelques mètres de nous seulement. Un grand moment donc que cette petite escapade.


Mai 2017 : un touriste attaqué par un dragon de Komodo


Nous reprenons la mer en faisant une dernière halte snorkeling au moment du repas de midi.

Cette croisière exceptionnelle de trois jours se termine et en écrivant ces lignes, je repense à Sofyan, Juna, Yon et Kevin grâce à qui nous avons vraiment passé trois jours inoubliables.

Juna, le cuisinier, à la barre

Sofyan, le capitaine, devant l’école d’un petit village de pêcheurs

Yon, le mousse, figure de proue du navire

Kevin, le mécano, en pleine action


Située à six cents kilomètres à l’est de Bali et méconnue, Florès est une île verdoyante, constellée de volcans et peu peuplée. Elle a tout pour plaire aux amoureux de la nature en recherche d’authenticité : c’est pour ça que nous l’avons choisie.

Quelques jours plus tôt sur Java, lorsque nous avions vu le Raung en éruption, nous ne savions pas encore qu’il allait interrompre le trafic aérien indonésien au cours des semaines suivantes, bloquant à Bali et aux alentours, ainsi qu’à l’étranger à destination de Bali, quelques dizaines de milliers de voyageurs.

Ayant pu prendre in extremis l’un des derniers vols au décollage de Denpasar (Bali) et à destination de Labuan Bajo (Flores) avant la fermeture de ces deux aéroports, nous étions très heureux d’avoir eu une telle chance. Mais ce que nous ne savions pas à ce moment-là, c’est qu’après notre croisière, nous serions bloqués à notre tour à l’aéroport de Labuan Bajo ! Nous avions prévu un vol court vers Ende, dans le centre de l’île mais c’est impossible : tous les vols de Labuan Bajo sont annulés à cause du Raung.

Il nous faut donc tirer un trait sur le Kelimutu, un volcan qui a l’air magnifique avec ses trois lacs d’acide aux couleurs fluos, ainsi que sur la rencontre des Lio, une ethnie qui vit non loin de là dans de superbes petits villages authentiques. Le coup est un peu dur pour nous car ces endroits nous faisaient rêver, mais dans le pays le plus volcanique de la planète, c’est un peu le revers de la médaille : on doit vivre au rythme des volcans. Il va donc falloir improviser de nouvelles visites et l’avantage avec l’Indonésie, c’est qu’il y a toujours de beaux endroits à découvrir, où qu’on se trouve.

Nous décidons de passer la journée à chercher tranquillement un plan B. Mais l’excellent Golo Hilltop Hotel dans lequel nous venons de passer la nuit au retour de la croisière, est complet pour la nuit prochaine. La première urgence consiste donc à trouver un autre hébergement. Nous trouvons notre bonheur mais il s’agit d’un hôtel situé à l’exact opposé de la ville. Et là, les bras nous en tombent : le personnel du Golo Hilltop nous propose de nous emmener tous les quatre en voiture, gratuitement, chez son concurrent ! Il n’est pas situé bien loin c’est vrai, mais quand même : le geste a une certaine classe.

Une fois sur place, pendant que Victor et Arthur barbotent dans les eaux indonésiennes (notre nouvel hôtel a les pieds sur la plage…), Marie et moi cherchons tranquillement comment tuer les quelques jours que nous avons devant nous. Après avoir fouillé le guide papier que nous avons emporté (la connexion internet de l’hôtel est trop mauvaise pour nous permettre de chercher par ce biais), nous décidons de faire une incursion dans l’arrière-pays afin de rencontrer l’ethnie locale : les Manggaraï Barat. C’est d’ailleurs la même que celle qui vit sur les petites îles de pêcheurs d’où nous venons.

La destination est donc choisie, mais comment y aller ? Nous repensons alors à Ali, le propriétaire du bateau sur lequel nous venons de voguer d’île en île pendant trois jours : à notre retour de croisière, il était venu nous accueillir au port pour vérifier que tout s’était bien passé, et il nous avait donné son numéro de téléphone, au cas où nous aurions encore besoin de ses services. Nous ne pensions pas que ce serait le cas mais finalement, si ! Nous l’appelons donc et il vient nous rencontrer à l’hôtel pour nous expliquer qu’il a une voiture conduite par un jeune local, Christo, qui peut nous emmener à travers l’ouest de Flores pour deux ou trois jours. Nous tombons rapidement d’accord sur les modalités et prenons rendez-vous pour le lendemain matin.


Après cette journée de recherches et de détente, et après la nuit qui s’ensuit, nous rencontrons Christo au petit matin, avec qui nous allons donc faire la route pendant quelques jours. Le seul inconvénient, c’est qu’il parle un peu seulement l’anglais. Le nôtre n’est pas excellent mais le sien est carrément rudimentaire, ce qui nous limite dans la conversation. En tout cas, il est fier de nous faire découvrir son beau pays et nous arrête dans les meilleurs endroits.

Sur les plages, il faut quand même faire très attention car la mer est animée par de forts courants : rien à voir avec les eaux calmes des îles de Komodo dans lesquelles nous venons de passer trois jours.

Avant d’arriver sur cette longue plage qui, sans notre présence, serait intégralement déserte à l’exception de quelques buffles, Christo nous a demandé s’il pouvait faire une halte pour faire monter dans la voiture un ami à lui. C’est monnaie courante dans ce genre d’endroits : le copain est un local censé bien connaître la région et nous guider gratuitement. Comprendre : « les pourboires sont acceptés », même s’ils ne l’évoqueront pas une seule fois. Cette forme de tourisme équitable ne nous pose aucun problème, bien au contraire.

Ahmed, c’est le nom du copain, nous accompagne donc et nous fait découvrir des endroits sympas et simples, et où nous ne croiserons pas le moindre touriste. Un vrai plaisir que ce dépaysement.

Les deux copains : Christo le chrétien et Ahmed le musulman

Un petit mot ici sur la religion en Indonésie : la constitution reconnaît six religions officielles (islam, catholicisme, protestantisme, hindouisme, bouddhisme et confucianisme). Jusqu’en 2015, tout citoyen indonésien avait l’obligation de choisir l’une d’entre elles, laquelle figurait d’ailleurs sur sa carte d’identité. Mais depuis 2015, l’athéisme est autorisé. En tout cas, ce qui nous a marqués tout au long de notre voyage, c’est de voir à quel point l’harmonie quotidienne entre les différentes communautés religieuses est réussie : la devise du pays « Unité dans la diversité » se vérifie tous les jours et ça fait plaisir à voir par les temps qui courent.

Avec Ahmed pour guide, nous vagabondons de plage en village, en passant par des rizières. Le rythme est paisible, les gens rencontrés aussi.

Dans un petit village justement, un homme vient à notre rencontre. Il échange d’abord quelques mots avec Christo et Ahmed en Bahasa, la langue officielle du pays, puis s’adresse à nous en anglais. De toute évidence, cet homme est ouvert, instruit et curieux au bon sens du terme. Il cherche à échanger avec nous et à apprendre tout ce qui peut venir de notre pays. Nous discutons un moment ensemble. Puis quand il nous quitte, nos deux compagnons nous apprennent que c’est l’imam du village et que c’est une personnalité extrêmement respectée par ici.


En fin d’après-midi, nous ramenons Ahmed dans sa famille en le dédommageant comme il se doit. Christo nous emmène alors dans le petit village de Lembor. Nous nous arrêtons dans un homestay pour demander s’il reste une chambre pour quatre. Il s’agit en fait d’une maison où la famille reçoit les visiteurs de passage. Toutes les chambres sont libres et nous comprenons vite pourquoi : les lieux sont très sommaires. La maîtresse de maison est adorable et on voit qu’elle a fait de gros efforts sur le nettoyage des pièces. Pourtant, bien que nos deux chambres soient les plus nettes de la maison et sans doute même du village, nous ne partageons pas vraiment les même critères de propreté.

Il n’y a évidemment pas d’eau courante. Dans les toilettes, une poubelle est remplie d’eau qu’il faut verser dans le WC à la turque, à l’aide d’une louche en guise de chasse. Mais l’eau de cette poubelle sert aussi à faire sa toilette. Évidemment, comme toujours dans ce genre d’endroits, c’est l’eau de nos bouteilles que nous utiliserons pour nous laver les dents et faire une toilette de chat, histoire de ne pas attraper la tourista.

Dans les toilettes de leur chambre, Marie et Victor n’arrivent pas à éteindre la lumière. Ils m’appellent pour les aider et nous avons beau chercher partout, suivre les fils qui pendouillent, nous ne trouvons aucun interrupteur.  Alors que dans ma chambre, il y en a bien un qui tombe du plafond. Nous nous résignons tout penauds à appeler la maîtresse de maison à la rescousse. Et là, à notre grande surprise, c’est les pieds dans une petite flaque d’eau sur le carrelage qu’elle dévisse l’ampoule, en nous expliquant qu’il n’y a pas d’interrupteur. Je dis à Marie et Victor qu’il ne faut surtout pas faire comme elle afin de ne pas s’électrocuter. Tant pis, ils utiliseront les toilettes dans le noir ! Ou bien les nôtres dans la chambre voisine.

Le reste des chambres est dans le même style : tout a été nettoyé mais tout est sale quand même ! Pourtant, nous sommes heureux d’être là, chez des gens extrêmement gentils. Ça nous permet aussi d’emmener Victor et Arthur dans un bout-du-monde très éloigné des standards auxquels ils sont habitués, et de leur faire prendre conscience du confort dans lequel nous avons finalement la chance de vivre au quotidien, sans forcément nous en rendre compte.

Comme dans le petit village de pêcheurs où nous étions quelques jours plus tôt, Victor et Arthur jouent au foot avec les enfants du coin avant d’aller se coucher. L’état des draps nous fait vite comprendre que nous ne sommes pas les premiers à dormir dedans, ni sans doute les derniers, aussi ne regrettons-nous pas d’avoir emmené nos sacs à viande. La chaleur moite et les bestioles qui pullulent rendent la nuit assez longue.

Au petit matin, après avoir pris le petit déjeuner qui était inclus dans le prix des chambres (en fait un simple café puisqu’il n’y a rien d’autre à boire ni à manger), nous quittons nos hôtes pour nous rendre au marché local, perdu au fond du village coloré.

L’essentiel du marché se trouve un peu plus loin et il est couvert.

Tous les stands sont installés sur de petits pilotis pour parer aux fortes chutes d’eau en période de mousson. En-dessous circulent parfois un rat ou deux.

Nous nous arrêtons à chaque stand pour engager la conversation comme nous pouvons. Les gens sont tous incroyablement souriants.

Alors que nous discutons depuis quelques minutes avec deux femmes, elles quittent d’abord leur stand puis tout en discutant, elles s’approchent lentement de Victor et Arthur. En poursuivant la conversation comme si de rien n’était, elles en viennent à toucher et malaxer innocemment les cheveux de nos fistons, dont la blondeur et la finesse semblent les fasciner. A l’évidence, elles n’ont pas l’habitude de voir des occidentaux.

Notre peau blanche les subjugue particulièrement puisque, tout en discutant, elles ne peuvent pas s’empêcher de frotter, doucement mais dans tous les sens, les bras blancs de nos deux garçons. La scène dure plusieurs minutes. Le sourire de ces deux dames rayonne tandis que nos deux petits gars se demandent vraiment ce qui se passe.

En partant, nous essayons d’acheter quelques bananes, forcément 100 % bio, pour Victor et Arthur en guise de goûter. Mais la dame tient à nous vendre le régime entier.

Qu’importe, nous les prenons quand même et les distribuons à tous les enfants que nous croisons et qui, de toute évidence, ne connaissent pas l’existence du mot « obésité ». Ils nous remercient à coups de grands sourires. Ils sont heureux, nous aussi.

Nous qui voulions sortir des sentiers battus pour ce voyage, nous ne sommes pas déçus. Car les seuls et rares touristes que nous avons croisés depuis 24 heures étaient enfermés dans leur voiture, et se contentaient de traverser Lembor sans s’y arrêter. Ils ne savent pas ce qu’ils ratent, car la gentillesse et la saine curiosité des locaux à notre égard nous permettent de vivre de grands moments.

Puis nous reprenons la route avec Christo. Il arrête la voiture de temps à autre pour que nous puissions admirer le paysage.

On se rend vite compte que les rizières ont la même importance ici, que celle de la mer et de ses poissons dans les petits villages de pêcheurs du parc de Komodo.

D’ailleurs à propos de Komodo, la faune est quand même plus sympa ici.


En préparant ce voyage, nous avions lu que les routes de Flores étaient sinueuses et défoncées, et que les trajets ne se comptaient pas en kilomètres mais en heures.

Mais là, j’avoue que nous ne nous attendions quand même pas à ça : quand nous quittons la route principale, elle-même dans un état déjà pas terrible, nous nous retrouvons sur un chemin en descente dont la moitié du goudron laisse place à des trous assez profonds. Christo conduit en première le pied sur le frein pendant au moins trois-quarts d’heure. Régulièrement, le bas de caisse touche le sol. Cette voiture n’est pas un 4×4 et n’est donc pas faite pour cette route mais dans ces contrées, on n’a pas le choix.

Nous finissons enfin par arriver dans un petit village reculé, Wersawe, situé en pleine nature et plus précisément… au milieu de nulle part ! Nous avons prévu d’aller nous baigner un peu plus loin dans des petites gorges, dont l’entrée est toutefois payante, et où le guide accompagnateur est obligatoire : les cascades Cunca Wulang. Ce qui nous étonne d’ailleurs au vu des difficultés pour accéder jusqu’ici : il ne doit pas y avoir foule. Mais ce n’est pas un problème et nous suivons notre nouveau guide. Il nous emmène d’abord sur un chemin assez large, de part et d’autre duquel sont situées des cases. Tout au long de ce chemin de 200 ou 300 mètres, les habitants sortent de chez eux les uns après les autres pour venir nous saluer, leur éternel sourire vissé aux lèvres.

Ici, on a l’impression d’être en plein « Rendez-vous en Terre Inconnue ». Le guide nous fait entrer chez des gens qui discutent tranquillement à l’ombre de leur case. A côté d’eux bout un sirop dans une marmite. On nous le fait goûter, nous ne comprenons pas exactement ce que c’est mais il s’avère délicieux. Nous ne restons qu’une dizaine de minutes mais nous remercions chaleureusement cette famille.

Sous une chaleur étouffante, nous poursuivons notre marche dans une forêt assez dense. Cela descend en permanence, ce qui signifie qu’au retour, il faudra monter. Puis on entend peu à peu le bruit de cascades se rapprocher, jusqu’à ce que nous arrivions.

Les cascades de Cunca Wulang

C’est ici que les locaux viennent se rafraîchir, se laver, et les enfants s’amuser. Le site est néanmoins quasiment désert. L’eau est glaciale mais c’est une sorte de petit paradis tropical sculpté au milieu d’une nature luxuriante. Certes il se mérite, mais voici encore l’un de ces endroits dont l’Indonésie a le secret.

Nous passons un bon moment à savourer ces lieux enchanteurs. Puis nous repartons pour une marche rendue assez éprouvante par le soleil de plomb qui nous accable. Et c’est complètement assoiffés que nous arrivons à la voiture, ayant vidé notre stock d’eau depuis longtemps. Comme par hasard, il y a plein de boissons à vendre au bureau des guides…

Nous rentrons sur Labuan Bajo pour clore cette parenthèse imprévue dans l’ouest de Flores. Car s’il est dommage de ne pas avoir pu admirer le Kelimutu et rencontrer les Lio, nous avons passé de si bons moments en pays Manggarai Barat qu’au final, nous ne regrettons absolument pas d’avoir dû improviser ce nouveau planning.


Après avoir passé trois semaines à découvrir l’Indonésie, ou du moins une petite partie de ce vaste pays, nous ne sommes pas fâchés de nous poser un peu. Nous avons en effet prévu de buller pendant toute la dernière semaine du périple. Les enfants d’ailleurs n’attendaient plus que ça.

Pendant tout l’hiver, j’ai passé mon temps à chercher l’île idéale où passer notre dernière semaine, et j’ai fini par jeter mon dévolu sur celle de Kanawa. Les infos sur cette île glanées sur le web me faisaient rêver.

Aussi, quand notre visite de l’ouest de Flores se termine et que nous sommes de retour à Labuan Bajo, nous réalisons qu’après plusieurs mois d’attente, le grand jour de l’île paradisiaque est enfin arrivé.

Après avoir signalé notre présence au petit bureau tenu par le gérant de Kanawa, il nous reste un peu de temps avant d’appareiller. Nous en profitons donc pour réserver quelques plongées au bureau voisin de Uber Scuba Komodo : deux baptêmes pour Victor et Arthur, qui seront encadrés par une jeune allemande maîtrisant le français à la perfection, et deux plongées pour moi.

Pour la deuxième fois en huit jours, nous appareillons donc depuis le petit port de Labuan Bajo, mais cette fois-ci pour rejoindre Kanawa. La durée annoncée de la traversée est d’une heure et demie environ mais quand la mer est agitée, elle peut durer deux bonnes heures.

Les eaux du parc marin de Komodo, à proximité de Kanawa


Kanawa est inhabitée.

Longue d’un kilomètre à peine, l’île ne compte qu’une vingtaine de bungalows et un petit restaurant. Le tout est posé sur la plage, face à la mer.

L’un de nos deux bungalows : recto…

… et verso !

Malgré ce cadre enchanteur, certains peuvent ne pas y trouver leur compte, notamment les citadins invétérés, pour qui cette île est une punition. Imaginez plutôt : sur Kanawa, il n’y a pas de voitures, pas de pollution et pas de bruit ; il n’y a pas non plus d’eau courante (un peu d’eau douce est acheminée chaque jour par bateau, pour une consommation quotidienne limitée à cinquante litres par personne); et il n’y a pas plus d’électricité (un modeste groupe électrogène assure un peu de courant de 19h00 à 23h00) ; mais surtout, affront suprême par les temps qui courent, il n’y a ni réseau pour les téléphones portables, ni liaison internet !

Kanawa

Bref, le rêve pour moi mais la purge pour Marie. Au final, elle se rendra compte au bout d’une semaine passée là-bas que pour la première fois depuis des années, elle a enfin réussi à se déconnecter du boulot. En tant que journaliste, elle a besoin d’être en permanence au fait de l’actu. Mais sur Kanawa, elle s’est trouvée par la force des choses coupée du reste du monde l’espace d’une semaine. Elle n’aurait pas cru cela possible mais au final, elle s’est reposée comme jamais.

Nous passons notre première journée à découvrir cet endroit isolé où nous allons passer une semaine. Un peu trop isolé d’ailleurs, comme nous le vérifierons à notre détriment en fin de séjour… Nous sommes attirés irrésistiblement par la plage ainsi que par le joyau de l’île : le superbe petit récif corallien duquel elle émerge.

Si les fonds sont abîmés par endroits, notamment aux abords du ponton à cause des allées et venues des bateaux, ils sont en bonne santé presque partout ailleurs. Les locaux ne s’y sont d’ailleurs pas trompés puisque tous les jours, ils viennent amarrer leurs petits bateaux traditionnels au ponton pour faire découvrir l’île aux touristes qu’ils transportent.


Le deuxième jour, c’est celui que nous avons choisi pour faire de la plongée avec Uber Scuba Komodo. Au petit matin, leur bateau en provenance de Labuan Bajo vient nous chercher au bout du ponton. Les plongeurs qui sont à bord et qui ont donc passé la nuit là-bas nous questionnent tous sur Kanawa : la beauté du récif n’a échappé à aucun d’entre eux, et ils se verraient bien venir faire du snorkeling par ici dans les prochains jours…

La première de nos deux plongées prévues aujourd’hui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Le spot s’appelle Siaba Besar et il y a beaucoup de sable, donc moins de vie que sur le corail. Pourtant en sortant de l’eau, le couple de hongrois avec lequel je viens de plonger s’extasie avec notre guide de palanquée. La raison ? Tout le monde a vu un requin dagsit au cours de la plongée, sauf moi ! Car sous l’eau, les hongrois ont passé leur temps à s’éloigner du guide, ce qu’il ne faut normalement jamais faire en plongée, alors que moi, bien sage, je ne l’ai jamais quitté.

Résultat, ce sont eux qui ont été récompensés avec ce requin alors que moi je l’ai raté. Il n’y a pas de justice. Bon, pour être tout à fait honnête, je dois quand même avouer que j’ai pu observer notamment un grondin volant et une tortue, mais c’est à peu près tout et, sans vouloir faire la fine bouche, je ne peux pas m’empêcher d’être un peu déçu : dans le triangle de corail, je m’attendais à mieux.

Mais l’après-midi, pour la énième fois depuis que nous sommes arrivés en Indonésie, nous allons vivre un moment inoubliable. Victor et Arthur se mettent à l’eau pour faire leur deuxième baptême de la journée à quatre mètres de profondeur. Pendant ce temps, Marie, qui d’habitude n’aime pas trop voir la vie sous-marine grouiller autour d’elle quand elle se baigne, n’a pas pu s’empêcher cette fois de prendre un masque et un tuba pour observer sa progéniture au milieu de tous ces poissons multicolores. Quant à moi, je plonge avec ma palanquée une petite quinzaine de mètres plus bas.

Après une trentaine de minutes plutôt poussives, la plongée bascule dans l’irréel : trois raies mantas, dont deux adultes mesurant six mètres d’envergure, apparaissent dans le bleu et s’approchent de nous. Elles sont immenses. Avec les autres plongeurs de ma palanquée, je me pose doucement au fond et nous ne bougeons plus pour observer leur ballet incessant : elles nagent en faisant de grands cercles à proximité de nous. Ces diables de mer comme on les surnomme sont en fait incroyablement gracieux, en donnant l’impression de voler paisiblement entre deux eaux plutôt que de nager.

A la surface, le spectacle hypnotise Marie : elle est subjuguée par ces deux petites tâches blanches, nos fils, qui semblent si minuscules face à ces immenses raies sombres. Quant à Victor et Arthur, inutile de dire combien ils sont émerveillés par ces géantes des mers.

A plusieurs reprises au cours de la plongée, ils vivront la même situation que moi quelques mètres plus bas : de temps à autre, l’une de ces raies s’immobilise plus ou moins en nous faisant face. Nous nous trompons sans doute mais nous avons nettement l’impression qu’elle nous regarde. Puis elle « vole » tranquillement droit vers nous et au dernier moment, elle amorce un large virage en nous effleurant, le bout de son aile passant à 20 ou 30 centimètres seulement de nos masques sans jamais nous toucher. Nous ne pouvons nous empêcher d’être impressionnés par la précision de ces manœuvres, qui se renouvelleront plusieurs fois. Ce fabuleux spot à mantas s’appelle Mawan.

En reposant les pieds sur Kanawa, nous avons des images plein la tête de ces poissons immenses mais inoffensifs, qui sont venus s’amuser avec nous pendant une bonne vingtaine de minutes. Nous ne sommes pas près d’oublier ce moment magique.

A peine le temps de quelques baignades et c’est déjà l’heure pour le soleil de se coucher.

Petit retour en arrière : quand nous sommes arrivés sur l’île, on nous a bien expliqué que l’eau douce était rationnée et que nous avions droit seulement à cinquante litres par personne et par jour. Autant dire rien du tout. Un employé vient relever les compteurs d’eau tous les matins et doit nous alerter gentiment le premier jour en cas de dépassement. Nous avons donc décidé, dès le premier soir, de prendre notre douche quotidienne en n’utilisant qu’un mince filet d’eau. Le résultat est incroyable : 26 litres pour chacun de nous quatre en moyenne le premier jour !  Comme quoi, quand on veut…

A partir de là, les jours vont tous se ressembler, mais ils vont surtout hélas passer très vite ! Le rythme paisible auquel ils s’écoulent n’est qu’à peine troublé par le va-et-vient quotidien des bateaux.

Ils viennent faire goûter à leurs passagers les beautés de Kanawa.

Nous passons nos journées à profiter des charmes de l’île : plage, baignades, snorkeling…

Sur la plage, un arbre à lampions abrite quelques tables auxquelles nous prenons nos repas, les pieds dans l’eau. Difficile d’imaginer un cadre plus délassant…

Les couchers de soleil s’enchaînent. Un soir, le ciel prend petit à petit une étonnante teinte marron-violacée.

Dès le lendemain, il retrouvera son bleu habituel.

Nous passons également une partie de nos journées à discuter avec les cuisiniers du restaurant de l’île. A force de côtoyer tous ces touristes, ils sont pris d’une grande envie de voyager et de découvrir des horizons lointains eux aussi. Alors ils nous posent beaucoup de questions sur l’Europe et la France, qui semblent autant les faire rêver que nous l’Indonésie ! Et puis ils ne parlent pas très bien l’anglais : ils profitent donc de leur contact quotidien avec les occidentaux qui viennent ici pour essayer de progresser dans cette langue, dont ils ont très bien saisi l’importance. A l’inverse, je leur demande de m’apprendre quelques mots indispensables en Bahasa : mer, soleil, île, bateau, dragon, requin, tortue… Ça les fait beaucoup rire.


Dès notre arrivée sur l’île, plusieurs personnes nous ont informés qu’au bout de la plage se trouvait un petit spot à tortues et à requins pointe noire, dans moins de deux mètres d’eau. Victor, Arthur et moi n’avons dès lors plus qu’une idée en tête : nager à leur rencontre avec palmes, masque et tuba.

Nous tentons notre chance plusieurs fois et c’est notre troisième tentative (hélas sans Victor, resté cette fois-là sur la plage) qui sera la bonne.

Après à peine cinq minutes de palmage, nous apercevons une première tortue de loin. Puis très vite une deuxième, que nous parvenons à approcher sans la déranger. Après une minute d’observation, elle disparaît tranquillement dans les profondeurs au-delà du tombant.

Mais une poignée de secondes plus tard, c’est le moment tant espéré : un requin pointe noire, fin et racé, apparaît à sept ou huit mètres de nous à peine. Il n’atteint pas les deux mètres de long mais Arthur est en extase : son « vieux » rêve de plonger avec des requins est enfin en train de se réaliser.

Pour moi aussi le moment est exceptionnel. J’ai déjà plongé avec des requins de récifs, mais partager avec mon fils de 8 ans cet instant dont il rêve si fort depuis si longtemps est un moment intense pour moi. Du coup, mes yeux sont plus rivés sur Arthur en extase que sur le squale : le premier nage en direction du second pour essayer de mieux l’observer. Arthur en oublie qu’il a son appareil photo en main et il ne pense pas à l’utiliser. J’essaie de lui faire signe de prendre des photos mais rien à faire, il est comme hypnotisé par le gros poisson, qu’il dévore des yeux ! Le requin, plutôt craintif, finit par nous contourner.

Nous n’avons pas le temps de nous remettre de cette rencontre mémorable que nous nous retrouvons nez-à-nez avec une troisième tortue. Elle est en train de se nourrir, posée sur les coraux à deux petits mètres de profondeur. Arthur enchaîne les apnées et s’en approche à cinquante centimètres mais sans jamais la toucher pour ne pas la perturber, comme je le lui ai appris.

Nous savourons pleinement ce moment qui dure cinq bonnes minutes avant de retourner à la plage.

Arthur gardera des images de cette plongée plein la tête, moi aussi. Nous retournerons sur ce petit spot le lendemain avec Victor mais sans revoir de Pointe Noire. En revanche, nous pourrons observer encore une fois une belle tortue de près.

Au milieu du séjour, nous reconnaissons au mouillage le bateau de Sofyan, à quelques encablures de la côte. Nous allons au bout du ponton pour nous approcher un peu et quand Sofyan apparaît au bout de cinq minutes sur le pont du bateau, nous l’appelons. Il ne nous a pas oubliés, fait venir Yon, Kevin et Juna et, hilares, nous nous faisons tous de grands signes.

Le bateau de Sofyan au mouillage

Puis Sofyan met un paddle à l’eau et nous rejoint. Il emmène Victor et Arthur faire un tour sur sa planche puis la leur prête pendant qu’il discute un bon moment avec nous. La relation que nous avons nouée avec lui et son équipage est simple mais chaleureuse et sincère. Nous avons beau savoir que nous ne nous reverrons sans doute plus jamais, c’est un vrai plaisir, apparemment partagé, que de les retrouver ici.

Kanawa – Bateaux traditionnels amarrés au ponton


L’avant-dernier jour de notre séjour sur Kanawa s’annonce bien : il fait beau comme toujours, et la marée haute approche. Nous avons fait une sortie snorkeling une fois à marée descendante et nous nous sommes retrouvés piégés au-dessus des coraux, qui éraflaient parfois notre ventre. Nous ne savions pas qu’à marée basse, les coraux émergeaient de l’eau ici.

Donc ce matin-là, la mer étant suffisamment remontée, l’heure est enfin venue de partir en snorkeling. Le petit cri que pousse Marie, en shootant fort dans un rocher caché dans l’eau et le sable, ne m’alerte d’abord pas plus que ça. Mais elle a vraiment mal et ne peut plus marcher, car c’est assez fort qu’elle a projeté son petit doigt de pied contre cette maudite pierre. Le résultat est franchement impressionnant : l’orteil en question forme un angle droit avec celui d’à côté ! Dans les heures qui suivent, il passera d’ailleurs par presque toutes les couleurs de l’arc-en-ciel : rouge d’abord, bleu ensuite, indigo et violet pour terminer… Nous en rigolons aujourd’hui mais pas à ce moment-là car, bien que pas très douillette, Marie a vraiment mal.

En voyage, nous adorons nous rendre dans des endroits reculés et isolés. Il faut juste ne pas rencontrer de problème. Or un problème, en voilà justement un et sur Kanawa, il n’y a pas de téléphone. Nous nous adressons donc au personnel pour savoir comment soigner Marie. Impressionnés eux aussi par la position pas très orthodoxe de son orteil, ils nous proposent de nous emmener voir un médecin à Labuan Bajo et appellent leur contact là-bas, par le biais de la radio. Il nous réceptionnera au port et nous emmènera en voiture chez un docteur. Mais nouveau problème : le moteur du bateau de l’île est en réparation depuis plusieurs semaines (!) et pour y remédier, il va falloir dérouter un pêcheur qui navigue dans les parages.

L’attente dure depuis près de cinq heures lorsque nous montons enfin à bord d’un petit bateau traditionnel, occupé par un pêcheur et ses jeunes fils. Ces derniers ont entre cinq et dix ans seulement mais ils savent déjà faire plein de choses à bord. Le vieux bateau avance péniblement à quelques nœuds, au rythme bruyant de type « teuf-teuf » du vieux moteur, et nous comprenons vite que nous ne serons sans doute pas de retour ce soir.

Une fois arrivés à bon port, celui de Labuan Bajo, nous remercions notre pêcheur et ses fils et leur payons le prix convenu. Là, le chauffeur qui nous attendait en voiture nous emmène à l’autre bout du village, chez le docteur. Nous sommes quelques-uns à patienter dans une case qui nous dépayse totalement, et où l’attente d’une bonne heure passe finalement assez vite en discutant avec les autres patients. Ici, tout le monde est malade mais tout le monde a quand même le sourire aux lèvres.

Le médecin qui nous accueille ensuite parle anglais. En tâtant délicatement le petit orteil tout tordu de Marie, il évoque une simple élongation du tendon. Il préférerait prescrire une radio à Marie mais comme nous rentrons en France dans trois jours, il lui suggère de la passer plutôt là-bas. Ce qu’elle fera dès notre retour. Pour la petite histoire, le diagnostic sera alors complètement différent : fracture de l’orteil ! Marie aura donc souffert courageusement en silence pendant les derniers jours de notre périple en Indonésie.

En sortant de chez le médecin, nous prenons conscience qu’il ne nous reste qu’une seule journée, celle du lendemain, à passer sur Kanawa et nous voulons donc en profiter à fond. C’est pourquoi nous allons retrouver notre pêcheur de l’aller afin de voir s’il peut nous ramener sur notre petite île dès ce soir. Il n’est pas très chaud car il fait nuit maintenant et, outre les quatre à cinq heures aller-retour que va lui prendre ce trajet, il craint surtout l’arrivée à Kanawa : les coraux effleurent la surface de l’eau, or il navigue à vue et comme il fait nuit… Mais il accepte assez rapidement, moyennant un prix qu’il majore par rapport à l’aller. Deux grosses heures plus tard, l’œil aiguisé de son fils aîné le guide parfaitement entre les patates de corail pour les derniers hectomètres, que nous parcourons vraiment au ralenti. Le restaurant de l’île, bien que fermé, accepte de nous faire manger un morceau rapidement.

Les médicaments que nous avons emmenés avec nous depuis la France permettent à Marie de ne pas trop souffrir le dernier jour, que nous savourons à 200 %. Le soir, je monte faire quelques photos depuis le sommet de la petite colline qui domine l’île.


Bali est perçue à travers le monde comme une île de rêve, et elle fait à peu près l’unanimité auprès de ceux qui l’ont visitée.

Nous l’avons découverte pendant les deux derniers jours de notre périple, après avoir arpenté quelques coins reculés du reste du pays, qui comptent parmi les moins touristiques mais aussi les plus accueillants. Nous avons donc passé dans ces endroits isolés des moments exceptionnels et inoubliables, qui font d’ailleurs partie de nos plus beaux souvenirs de voyages, tous pays confondus.

Aussi, quand nous sommes arrivés à Bali en fin de périple, nous avons tout de suite ressenti le changement d’ambiance et de décor par rapport aux autres îles. Nous avons trouvé les balinais plutôt accueillants mais sensiblement moins que dans le reste du pays car à Bali, les habitants sont beaucoup plus habitués aux touristes. De même, l’île est indéniablement jolie, mais nettement moins que les sites que nous avons découverts un peu partout ailleurs dans ce magnifique archipel…

Bref, cela peut paraître étonnant mais l’île des Dieux ne nous a pas vraiment séduits. Nous en avons pris tellement plein les yeux pendant près d’un mois que cette île ultra-touristique nous a un peu déçus. Sans doute faudra-t-il y revenir un jour, hors saison, pour la savourer comme elle le mérite…

Masque balinais

A bien y réfléchir, Bali bénéficie de toutes les infrastructures nécessaires pour y passer un séjour confortable : hôtels, restaurants, bars, routes en bon état, hôpitaux, locations de voitures et de scooters, magasins de toute sorte etc. Elle conviendra donc à une grande majorité de voyageurs, qui viennent souvent là plutôt pour des vacances axées sur la découverte mais aussi la détente, que pour un voyage plus en profondeur.

Aussi, si vous avez l’esprit baroudeur et que vous cherchez à voyager en immersion dans le pays plutôt qu’en mode détente et confort, il vaut mieux planifier Bali dès le début de votre périple en Indonésie. Vous ne serez sans doute pas déçu/e/s de cette belle île, et votre voyage ira ensuite crescendo dans les îles plus reculées, plus accueillantes et plus jolies encore…


Résumé vidéo (2 mn) – Volcans, temples, petits villages de pêcheurs, îles paradisiaques : l’Indonésie dans toute sa splendeur…



Si l’on veut découvrir ce si vaste pays en immersion, l’idéal consiste à ne pas choisir la solution de facilité et de confort, à savoir la location d’une voiture ou d’un scooter. Au fil de notre séjour, nous avons donc pris successivement, outre l’avion pour aller d’île en île (le bateau est mieux pour ça mais nous manquions trop de temps), le train, le tuk-tuk, la voiture, le bus et le bateau.

  • L’avion : à défaut d’être rentable financièrement, il permet un gain de temps considérable. C’est pour ça que nous l’avons utilisé à plusieurs reprises : nous avons pris un aller simple Jakarta-Yogyakarta et un A/R Denpasar-Labuan Bajo, sans oublier l’aller simple Labuan Bajo – Ende qui a été annulé à cause de l’éruption du Raung. Si on manque de temps et si on peut se le permettre financièrement, c’est un moyen de transport efficace.
  • Le train : nous l’avons pris sur Java de Solo à Malang (durée 6h00), mais beaucoup le prennent depuis Yogyakarta après avoir visité les temples, et jusqu’à Probolinggo, près du Bromo : la durée excède alors les 10h00. Le trajet est agréable et permet de se reposer. Le train que nous avons pris de journée était à moitié vide en plein mois de juillet.
  • Le becak (vélo-taxi) : pour les trajets courts en ville. Nous en avons usé et abusé à Solo et il s’est avéré à la fois pratique et dépaysant. Seul inconvénient mais pas le moindre : on a parfois l’impression que les voitures qui nous frôlent à vive allure vont nous couper en deux…
  • La voiture : nous n’en avons pas loué et nous n’avons pas conduit en Indonésie, mais nous avons régulièrement cherché et trouvé des chauffeurs un peu partout qui se proposaient de nous emmener où nous voulions, sur un ou plusieurs jours. Nous négociions toujours le tarif ainsi que les différentes modalités avant le départ (prendre en charge, ou pas, les repas et/ou l’hébergement du chauffeur par exemple). Et sur le trajet Malang-Banyuwangi en deux jours et demi, nous avons payé à Slamet notre chauffeur le prix d’une journée supplémentaire pour son retour chez lui. Le prix : 750.000 rp par jour (x 3,5 jours donc) ; le prix un peu élevé était dû au fait que nous avions réservé ses services depuis la France par l’intermédiaire d’une amie qui nous l’avait chaudement recommandé. Avec tous les autres chauffeurs, nous avons par la suite toujours payé moins cher que ce tarif. En cas de location de voiture, il faut être très vigilant car les accidents sont fréquents et la règle qui s’applique souvent est celle selon laquelle celui qui paie est celui… qui a l’argent ! Donc en général : l’occidental. C’est un peu caricatural bien sûr, mais beaucoup de voyageurs le constatent régulièrement à leurs dépens. Enfin, attention à la conduite à gauche.
  • Le bus : nous avons pris le fameux bus « express » de Ketapang (extrémité est de Java) à Denpasar (centre de Bali). Le trajet a duré trois heures avec une conduite pour le moins sportive (heureusement que les voitures d’en face se poussaient quand notre bus leur arrivait dessus…). La traversée en bateau entre les deux îles était incluse. Un moyen de transport très efficace en temps (voir ci-dessous : « quitter Java pour Bali »).
  • Le bateau : outre la croisière dans le parc de Komodo, nous avons donc fait la rapide traversée entre Java et Bali (voir ci-dessous : « quitter Java pour Bali »).


Nous avons logé au Ketapang Indah Hotel.

  • Le prix : de 25 à 45 euros. Nous avons payé 37 euros/nuit la chambre double, petit déjeuner inclus. Jolie piscine face à la mer. Organisation du transfert à l’Ijen par la réception (attention : l’hôtel est situé à 2 heures environ du volcan). Adresse : Jl Gatot Subroto km 6, Indonesia 68421. +62 333 422280

Il faut d’abord monter jusqu’à la crête du volcan. Une fois là-haut, la descente au fond du cratère est à faire absolument car le paysage semble irréel. Il faut néanmoins savoir que le chemin pour descendre (quinze minutes) puis remonter (trente minutes) est escarpé.

  • Se faire guider au fond du cratère – On peut descendre au fond du cratère tout seul. Il suffit pour cela de bien regarder le chemin par lequel vont et viennent les mineurs. Néanmoins, il est fortement conseillé de demander à l’un d’entre eux de faire le guide. Les quelques euros que ça nous coûte représentent des heures, voire un ou deux jours de salaire pour eux. Il suffit de convenir du prix ensemble au moment de partir. Ils posent alors par terre leur panier double rempli de soufre et redescendent au fond du cratère en nous guidant.
  • Prévoir un masque – La fumée de soufre, qui part dans toutes les directions au gré du vent, peut s’avérer incommodante : il faut donc prévoir dans ses bagages des petits masques à peinture. Ce n’est pas la panacée mais ça préserve un peu les poumons. Également, le summum est le vrai masque que louent certains mineurs pour pas cher : il comporte un filtre qui ne laisse en principe rien passer.
  • Photos des mineurs – Les « photos volées », ici encore plus qu’ailleurs, sont à proscrire. Les mineurs sont souvent d’accord pour se faire saisir le portrait si on s’adresse à eux gentiment. Aucun d’entre eux ne m’a jamais demandé quoi que ce soit en échange, mais j’ai toujours donné un billet, c’est la pratique dans ce volcan. Ici ou ailleurs, je demande toujours l’autorisation de prendre les gens en photo mais je ne donne jamais rien en échange. Là, au vu de leurs conditions de travail, je n’ai pas hésité une seconde.
  • Visites de nuit – Pour les plus courageux, il y a la possibilité de se rendre sur place au milieu de la nuit. Le but ? Observer de nuit, au fond du cratère, le soufre jaillir de terre un peu partout sous la forme d’une multitude de flammes d’un bleu métallique qui est paraît-il impressionnant.


L’avantage de loger sur place est double : non seulement cela permet de se lever un peu plus tard au moment d’aller admirer le lever du soleil sur le Bromo, mais surtout, les hôtels du site bénéficient d’une situation exceptionnelle sur le rebord de la caldeira, face aux volcans.

Depuis la terrasse des chambres, on a ainsi une vue incroyable sur les volcans. Mais il vaut mieux réserver ces chambres à l’avance et idéalement, en demander une située en première ligne.

Concernant la nuit, la réputation de grand froid dont jouit le site n’est pas usurpée car les nuits peuvent être glaciales : alors qu’il fait si chaud le jour, les trois couches de couvertures fournies par l’hôtel, auxquelles nous avions ajouté nos propres duvets, ont à peine suffi à nous tenir au tiède.

Apparemment, certains hôtels sont avares en couvertures, il est donc fortement conseillé de s’en procurer avant l’arrivée de la nuit.


Nous avons logé au Bromo Permai Hotel, l’un des différents hôtels situés dans un cadre unique : sur le rebord de la caldeira, face au Bromo.

  • Le prix : à partir de 30 euros.
  • Réserver tôt – Nous avons payé assez cher, 53 euros/nuit la chambre double, petit déjeuner inclus, car nous avions réservé un peu tard : certains hôtels étaient déjà complets et dans celui-là, les chambres les moins chères étaient déjà toutes réservées.

Adresse : JL Cemorolawang – Ngadisari – Bromo Probolinggo 67254. Tél : +62335541021


Outre la cuisine des hôtels, à deux pas de là on peut dîner dans un warung, l’un de ces minuscules restos locaux où l’on mange une cuisine simple mais plutôt bonne, et où l’on peut rencontrer des gens du coin qui ne demandent qu’à discuter. Il suffit de sortir de l’enceinte des hôtels pour en trouver un.


Si la vue sur le Bromo et les volcans voisins est féérique au lever du soleil, elle est un peu gâchée par la foule nombreuse qui se presse dans la zone aménagée d’où l’observation a lieu. Il y a une alternative consistant à arrêter le 4×4 un peu en contrebas et à traverser le peu de végétation qu’il y a là, pour se retrouver à peu près seul face aux volcans. En cas de doutes, on peut demander l’aide de l’hôtel ou du chauffeur pour nous indiquer ces endroits-là.


Lors de notre périple en Indonésie, pour assister au lever du soleil depuis le sommet du temple de Borobudur, il fallait avoir passé la nuit dans le seul hôtel situé dans son enceinte, le Manohara Resort.

Mais depuis notre séjour, les conditions ont changé : désormais, on ne peut accéder au temple qu’après le lever du soleil. Il existe toutefois deux solutions qui valent largement le coup.


  • La fameuse colline de Setumbu : l’entrée est payante et on n’y est pas tout seul ! Mais la vue est superbe. Si vous ne souhaitez pas organiser cette sortie vous-même, vous avez l’option clé en main Get Your Guide (à partir de 35 euros par personne).
  • Le sommet du mont Telomoyo : là aussi l’entrée est payante mais la vue vaut toujours autant le détour.
  • Il existe enfin la possibilité de faire l’ascension nocturne de différents sommets de la région : les volcans Merapi et Merbabu, mais aussi le mont Andong, dont l’ascension est une randonnée plus courte.

Le temple n’est certes plus accessible pour le lever du jour, mais il ouvre juste après. Résultat, même si le soleil est déjà levé, ses rayons recouvrent le temple de ces couleurs chaudes qui sont si photogéniques, et qui permettent sans doute d’admirer le temple au moment de la journée où il est visuellement le plus beau.

Si vous choisissez cette solution, alors le Manohara Resort peut constituer une bonne solution : puisque c’est le seul hôtel situé dans l’enceinte du temple, vous serez sur place dès l’ouverture.

→ Le prix : à partir de 100 euros. Nous avons payé 67 euros/nuit la chambre pour deux, petit déjeuner inclus mais depuis, les prix n’ont cessé d’augmenter. Le prix du ticket d’entrée au temple, situé à moins de cinq minutes de marche, est compris dans celui de la chambre.

Adresse : Komplek Taman Visata – Ji Badrawati – Borobudur, central Java, 56553. +62 293 788131

Le Merapi vu depuis Borobudur, à l’aube

Les jardins du Manohara hotel, à deux pas de l’entrée du temple de Borobudur


En voiture. La plantation est située à Kalibaru, sur la route sud qui va du Bromo à l’Ijen (en passant par Jember). C’est une halte idéale entre les deux volcans.

Le Margo Utomo Eco/Agro Resort est situé à Kalibaru (Java est) : à ne pas confondre avec le Margo Hill View Resort, qui fait partie du même groupe et situé non loin.

→ Le prix : 34 euros/nuit la chambre double, petit déjeuner inclus. Le jardin exotique est luxuriant et particulièrement agréable. Comble du bonheur pour les enfants : il y a une grande piscine au milieu de la végétation tropicale.

Adresse : Jl. Lap. No.10, Kalibaru Kulon, Kalibaru, Kabupaten Banyuwangi, Jawa Timur 68467. Tél +62 333 897700

Margo Utomo
La plantation Margo Utomo possède aussi une piscine pour se rafraîchir…

→ Visite de la plantation – Il existe deux façons de faire le tour de la plantation (« Aroma tour – Spice gardens ») : la visite guidée d’une heure et celle de deux heures. Nous avons choisi celle d’une heure, qui a duré finalement presque le double grâce à la guide très disponible.

→ Restauration – Nous avons dégoté un délicieux warung sur la route qui traverse la ville (en sortant de l’enceinte de la plantation, prendre le chemin à gauche, puis tourner à droite au premier croisement ; en arrivant un peu plus loin sur la route principale qui traverse la ville, le warung est situé à une centaine de mètres à gauche). C’est délicieux et ça ne coûte qu’une poignée d’euros pour quatre repas, le patron chinois est accueillant et comme dans tous les warungs, nous y avons fait des rencontres très sympas.


A Ketapang, sur la côte est de Java, un bateau part pour Bali toutes les 30 minutes, 24h/24. La traversée dure une demi-heure environ.

→ Le bon plan : à deux pas de l’embarcadère de Ketapang, on peut aussi prendre le bus dit « express » pour Denpasar (Bali). Le billet du bateau est inclus et ce bus porte bien son nom tellement il est rapide. Durée du trajet : 3 heures en tout.


Le petit aéroport de la ville est situé non loin de Labuan Bajo. Les hôtels viennent en général chercher gratuitement leurs clients à la descente de l’avion, à condition d’avoir pensé à le leur demander à l’avance. Sinon, il faut prendre un taxi pour le court trajet : pas la peine de négocier le prix (modique), ils font tous payer le même tarif.


Golo Hilltop Hotel : de 32 à 40 euros (nous avons payé 37 euros/nuit la chambre double, petit déjeuner inclus). Situé comme son nom l’indique sur une colline, il a de faux airs de luxe avec sa petite piscine et sa vue sur la baie de Labuan Bajo.

Adresse : L Binako, Labuan Bajo, Komodo, Labuan Bajo, Komodo, Flores, Nusa Tenggara Tim. 86554. Tél +62 385 41337

Piscine du Golo Hilltop hotel, vue sur la baie de Labuan Bajo

Lorsque l’éruption du Raung empêcha notre avion de décoller de Labuan Bajo, il nous fallut trouver un autre hôtel dans la ville pour la nuit suivante, le Golo Hilltop affichant alors complet. Le personnel nous emmena gratuitement en voiture chez un concurrent, bien que situé à l’autre bout de la petite ville ! Suffisamment rare pour être signalé.

C’est à la fois pour cette gentillesse des employés, pour la propreté, pour les jardins fleuris, pour la piscine ainsi que pour le bon rapport qualité-prix de cet hôtel, que c’est une excellente adresse.


Luwansa Beach Resort Hotel : de 40 à 70 euros la chambre double. C’est l’hôtel que nous avons trouvé à l’arrache lorsque nous nous sommes retrouvés bloqués à Labuan Bajo, à cause de l’éruption du Raung. L’hôtel est très propre, il dispose en théorie du wi-fi (en pratique, la connexion est régulièrement interrompue). Il dispose d’une piscine qui donne sur une longue plage déserte. La zone de restauration extérieure mais couverte par un chapiteau est très agréable, ainsi que le personnel.

Adresse : Macang Tanggar, Komodo, West Manggarai Regency, Nusa Tenggara oriental. +62 385 244 3677


En arrivant à Lembor depuis Labuan Bajo, petit homestay après l’entrée du village sur la droite. Au niveau propreté et hygiène, les conditions sont presque identiques à celles dans lesquelles vivent les locaux.

Prix : 7 euros/nuit la chambre double. Très roots.


Kanawa Beach Resort : la réservation des bungalows est désormais accessible par Tripadvisor, Booking.

Prix : à partir de 58 euros/nuit le bungalow double, selon la saison.

« Adresse » : Kanawa Island, Komodo, 86554, Indonésie. Infos hôtel : 01 57 32 46 83 – 01 57 32 43 15


L’excellent spot de snorkeling à tortues et à requins pointe noire est situé à hauteur des derniers bungalows, côté gauche de la plage quand on est face à la mer. Partout ailleurs sur le récif corallien de l’île, on peut observer une multitude de poissons tropicaux : poissons-coffres, poissons chirurgiens, poissons-clowns, raies pastenagues à pois bleus etc. Il y a également, dans les herbiers jouxtant le ponton, quelques tout petits serpents marins rayés.


Le club avec lequel nous avons plongé, Uber Scuba Komodo Dive Center, est situé à Labuan Bajo (Jala Soekarno Hatta, Komodo National Park, Labuan Bajo, Komodo, West Manggarai Regency, East Nusa Tenggara 86554). Tél : +62 813 3961 9724. Le spot cinq étoiles à raies mantas, accessible depuis Kanawa avec ce club de plongée,  s’appelle Mawan.


Il faut savoir que Kanawa a quand même son talon d’Achille : le restaurant. La qualité est moyenne, la variété de la carte est nulle et le service est démesurément long : jamais moins de 45 minutes, même quand on est les seuls clients !

Heureusement, le resto est posé sur la plage et le joli cadre aide à patienter : on a les pieds dans l’eau et rien n’empêche d’aller piquer une tête en attendant les plats… Mais nous avons croisé plusieurs personnes particulièrement exigeantes qui n’ont pas supporté ce rythme pourtant typique des îles.

Ce resto, qui ne comporte aucune alternative pour manger (excepté celle de rejoindre Labuan Bajo située à 1h30 de bateau, sachant qu’il y a un bateau par jour…) constitue selon nous le seul inconvénient de Kanawa.


Nous avons également croisé quelques personnes qui pestaient contre l’état des bungalows. Alors soyons clairs : ce n’est pas le grand luxe malgré le prix, et ceux qui ont l’habitude de voyager dans des hôtels plus ou moins confortables n’y trouveront clairement pas leur compte. A l’inverse, ceux qui aiment voyager à la roots trouveront les lieux presque luxueux ! Nous, nous avons adoré.


Pour résumer, Kanawa est une petite merveille pour les amoureux de farniente, de baignades dans des eaux turquoise, de snorkeling, de paysages îliens et de douceur de vivre. Sur ces points-là, l’île faisait d’ailleurs l’unanimité auprès de tous ceux que nous avons rencontrés, y compris ceux qui râlaient contre le resto ou les bungalows. Simplement, il ne faut pas être trop exigeant en matière de confort et surtout de nourriture.

Kanawa


On n’a que l’embarras du choix du bateau. Mais contrairement à beaucoup d’autres endroits dans le monde, personne ne vient harceler les voyageurs pour leur vendre ses services. Alors on peut choisir tranquillement au feeling en discutant avec les capitaines des bateaux.


Le prix est plus élevé mais on est alors plus autonome. Si on la chartérise avec d’autres voyageurs de passage, le prix baisse sensiblement. Il faut alors négocier clairement le prix à payer par chacun avant le départ, mais également le programme, afin d’éviter ensuite les mauvaises surprises. Il faut enfin se renseigner avant le départ sur les modalités telles que le couchage, les repas etc.


On me demande souvent les coordonnées de Sofyan. Hélas, il en a changé et je ne les ai donc plus. Toutefois, voici comment vous pouvez joindre Ali Sehidun, le propriétaire du bateau commandé par Sofyan lorsque nous avons fait notre croisière : Komodo Travel (contact@komodotraveller.com). C’est à Ali qu’appartenait également la voiture avec chauffeur avec laquelle nous avons visité l’ouest de Flores, lorsque l’éruption du Raung nous a empêchés de prendre notre avion pour le Kelimutu et les Lio. Ali s’est toujours montré extrêmement sympathique et serviable, et nous avons pu négocier sans difficulté le prix de la voiture. Il est fort possible qu’il confie toujours l’un de ses bateaux à Sofyan. Sinon, même avec un autre capitaine, la croisière dans les eaux du parc de Komodo restera magique…


Nous avons payé 350 $ pour 3 jours et 2 nuits en croisière privée (nous étions les seuls clients à bord). Pour les budgets plus modestes, il ne faut pas hésiter à chartériser la croisière avec d’autres voyageurs : on n’est pas les seuls à bord mais les sites visités sont les mêmes.


Pour les habitués au mal de mer, une solution miracle : Nausicalm. L’essayer, c’est l’adopter ! En plus, les adeptes de l’homéopathie pourront aller consulter leur médecin pour un traitement préventif et curatif (Petroleum, Cocculus Indicus, Borax, Bryonia, Tabaccum selon les symptômes).


90 % de la population de dragons vit sur Komodo et Rinca. Toutes les personnes que nous avons rencontrées en Indonésie nous ont dit la même chose : il est de plus en plus difficile d’apercevoir des dragons sur Komodo, alors que c’est très fréquent sur Rinca (pas systématique, mais très fréquent). C’est donc sur cette île qu’il vaut mieux se rendre pour avoir le plus de chances d’en voir.

Car même si la fréquentation de Rinca a tendance à augmenter, on ne s’y bouscule pas pour autant. On a vraiment l’impression de se trouver en pleine nature sauvage.

Rinca est aussi connue pour héberger de grosses mouches qui piquent. Nous l’avions lu et n’y avions guère prêté attention mais à peine avions-nous débarqué sur l’île que Marie se faisait piquer au niveau du pied. La piqûre de cet insecte a beau être sans danger, elle n’en est pas moins douloureuse. C’est pourquoi les visiteurs qui se rendent sur Rinca et qui, contrairement à nous, suivent les conseils qu’on leur donne, portent des pantalons et des tee-shirts manches longues…


A lire : L’Indonésie renonce à fermer l’île de Komodo aux touristes mais augmente les prix…


Melati View Hotel : 10 à 40 euros (nous avons payé 34 euros pour 4 tout inclus : petit déjeuner, taxes et frais de service). Situé à Kuta, non loin de l’aéroport. Ce petit hôtel, qui a été difficile à trouver, comporte une étonnante piscine intérieure, minuscule mais rafraîchissante. Le restaurant est très bon.

Adresse : Jalan Kartika Plaza, Gang Melati No. 1, Kuta, Kabupaten Badung, Bali 80361. Tél +62 361 766 656.

Radiant Hotel and Spa : 13 à 40 euros (nous avons payé 43 euros pour 4 tout inclus : petit déjeuner, taxes et frais de service). Chambres spacieuses extrêmement propres, piscine extérieure, personnel très serviable, situé à proximité de l’aéroport et de la plage (15-20 minutes à pied)… Un hôtel presque luxueux à un prix très abordable.

Adresse : Jl. Puri Grenceng No.46, Tuban, Kuta, Kabupaten Badung, Bali 80361. Tél +62 361 935 2106


Site de l’office du tourisme : office du tourisme Indonésie

Autres sites internet d’infos : info indonésie (en français) et Indonesia tourism (en anglais)

Épopées d’Asie est une agence de voyages qui sort des sentiers battus. Tenue par un couple franco-indonésien, elle organise des périples originaux et mémorables en Indonésie ainsi que dans une bonne partie de l’Asie.





BOLIVIE : AU CŒUR DES ANDES


  1. Bolivie : l’arrivée en bus depuis le Pérou
  2. Des paysages époustouflants : le Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni
  3. La Paz et le site pré-inca de Tiwanaku
  4. Infos pratiques

La Bolivie constitue la deuxième et dernière partie de notre périple au cœur des Andes, après le Pérou, qui nous a laissé des souvenirs impérissables. A tel point que nous n’imaginons pas pouvoir trouver mieux en Bolivie. Et pourtant, nous ne sommes pas au bout de nos surprises…

Notre séjour bolivien se déroulera en deux étapes :

  • Pour commencer, les grands espaces naturels du Sud-Bolivie, dont la réputation n’est plus à faire : le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez.
  • Ensuite, brièvement, La Paz puis le site pré-inca de Tiwanaku, situé cinquante kilomètres plus loin.

→ Toutes les infos pratiques sont en fin d’article.


C’est à Puno (Pérou) que nous montons dans un bus en direction de La Paz. Il longe le lac Titicaca un long moment avant de passer un petit poste-frontière perdu quelque part entre le Pérou et la Bolivie.

Un peu plus loin, c’est de manière insolite que nous allons franchir le détroit de Tiquina. Dans un premier temps, le bus s’arrête afin de faire descendre tous les passagers. Et pendant que, en quelques minutes, on nous emmène tous à bord d’un petit bateau jusqu’à la rive d’en face, nous apercevons le bus, au loin dans notre sillage, se faire charger sur une étroite barge. Il y est solidement arrimé pour franchir à son tour le détroit de Tiquina.

Vu l’état de la barge en question, nous ne pouvons nous empêcher de regretter d’avoir laissé nos sacs à dos à bord ! Mais la traversée se passe elle aussi sans encombre et trois quarts-d’heure plus tard, nous pouvons remonter tranquillement dans notre bus et reprendre la route comme si de rien n’était.

Le lac Titicaca, côté Pérou

A Puno, nous avons pris des billets très bon marché. En contrepartie de la poignée de Sols (la monnaie péruvienne) qu’ils nous ont coûté, le bus est évidemment très basique, et son confort s’avère spartiate puisque nous sommes serrés comme du bétail tellement les sièges sont étroits.

Après neuf heures de ce trajet atypique entre les deux pays, nous arrivons enfin à La Paz, où nous allons enchaîner avec un autre bus, de nuit celui-là, pour rejoindre le Sud-Bolivie où se trouvent, paraît-il, quelques-uns des plus beaux paysages de la planète : c’est justement ce que nous sommes venus vérifier…


C’est au lever du soleil que nous arrivons enfin dans la petite ville d’Uyuni. C’est le point de départ des excursions en Jeep vers ces fameuses étendues sauvages du Sud Lipez et du Salar d’Uyuni.

Les voyages proposés par les agences, qui pullulent à Uyuni, durent un à trois jours, voire quatre pour ceux qui veulent inclure une ascension de volcan, lesquels culminent souvent entre 5.000 et 6.000 mètres d’altitude. Nous décidons d’en profiter au maximum mais sans ascension, et choisissons donc l’excursion de trois jours.

C’est ainsi que nous nous retrouvons à sept dans une Jeep : quatre voyageurs uruguayens, avec qui nous sympathisons immédiatement, et le chauffeur qui fait aussi office de guide et ponctuellement de cuisinier, Alejandro.

L’église San Cristobal, non loin d’Uyuni

Il n’y a évidemment aucune route sous ces latitudes boliviennes.

La piste (sud-Bolivie)

C’est donc sur des pistes cahoteuses que, pendant trois jours, nous allons arpenter ces fameux paysages typiques de la Bolivie. Perchés entre 4.000 et 6.000 mètres d’altitude et battus par les vents, ils sont éparpillés entre volcans et lagunes multicolores.

Après avoir roulé un bon moment, nous faisons la pause-déjeuner dans un décor de western.

Nous avons beau passer une assez longue partie de la journée dans la Jeep, ce n’est pas un problème : car nous faisons la route le nez collé à la vitre pour ne rien rater des paysages qui défilent. Pourtant, Alejandro nous assure que cette première journée n’est rien comparée à ce qui nous attend les deux jours suivants…

Au loin, la Laguna Blanca

Lorsque nous arrivons en fin de journée à la fameuse Laguna Colorada, le temps est superbe mais le vent glacial qui souffle en permanence nous transperce jusqu’aux os. Alejandro nous explique que nous la reverrons demain matin, à un moment de la journée où ses couleurs seront beaucoup plus vives.

Premier aperçu de la Laguna Colorada

Nous sommes à près de 4300 mètres d’altitude. La région est à la fois désertique, glaciale et grandiose. D’une grande aridité, les paysages sauvages et dépouillés situés aux alentours de la Laguna Colorada valent également le coup d’œil.

Une fois le soleil couché, nous gagnons une habitation dans laquelle nous allons passer la première nuit de notre périple sud-bolivien. Elle a été transformée en dortoir basique pour les voyageurs de passage.

C’est ainsi qu’avec nos nouveaux amis uruguayens, nous nous retrouvons à six dans cette vaste chambre à affronter une température nocturne qui ne dépassera jamais les 5°C ! Nous passons donc la nuit tout habillés, blottis au fond de notre duvet et recouverts par trois épaisses couvertures en alpaga, certes chaudes mais qui pèsent un âne mort.


Le lendemain matin, c’est le bout du nez gelé que nous entendons enfin le réveil sonner, à cinq heures. Il faut en effet se lever tôt pour assister aux premiers rayons du soleil sur les geysers de Sol de Mañana (« soleil du matin »).

Lorsque nous arrivons sur place, tout est gris. Mais le soleil en se levant, va vite donner des couleurs à ce site d’exception.

Sol de Mañana

Le sol est parsemé d’une multitude de petits cratères au fond desquels la boue… bout ! La forte chaleur du sous-sol volcanique provoque la formation de colonnes de fumées plus ou moins hautes : ce sont les geysers de Sol de Mañana.

Il faut d’ailleurs faire attention où l’on pose les pieds car le sol est instable. Parfois, il s’effondre sous les pas des visiteurs, qui souffrent alors de brûlures pouvant s’avérer assez graves. Et dans cette vaste région désertique, le premier hôpital n’est pas à côté…

La veille, Alejandro nous a expliqué que le meilleur moment pour découvrir les geysers était le lever du soleil. Mais c’est aussi la période optimale pour admirer la fameuse Laguna Verde (Lagune Verte). Il nous a donc demandé de faire un choix entre les deux, sachant que l’autre site ferait de toute façon partie lui aussi de l’itinéraire, mais plus tard dans la journée, à un moment moins favorable.

Sol de Mañana : le bien nommé « soleil du matin »

Avec l’approbation de nos amis uruguayens, notre choix de lever de soleil s’est finalement porté sur les geysers… et maintenant que nous y sommes, aucun de nous six ne regrette ce choix !

Car ce site est irréel. Partout, la fumée sort des entrailles de la Terre et l’odeur de soufre est omniprésente : la terre bout, vibre, crache, bref elle vit et c’est impressionnant.

Il faut bien dire que le fait de se balader au milieu de ces petits cratères fortement actifs provoque une sorte d’ivresse indescriptible.

Ces geysers sont situés à 5.000 mètres d’altitude, soit sensiblement plus haut que le Mont Blanc par exemple.

Alejandro nous presse de partir car l’heure tourne et il y a d’autres sites à découvrir. Mais nous avons du mal à nous arracher à ce spectacle.


Après avoir fini par nous convaincre de remonter dans la Jeep, Alejandro nous emmène à quelques kilomètres de là, où nous découvrons un autre lieu typique de la région. L’eau qui s’écoule un peu partout provient des geysers voisins d’où nous venons. Elle est donc chaude (38° C environ), alors que la température de l’air peine à atteindre 0° C en ce petit matin.

Une sorte de petite piscine a été aménagée là, en plein air. C’est un vrai plaisir que de se baigner dans ce lieu insolite, et en plus ça réchauffe. Quand on peut joindre l’utile à l’agréable…

Ces eaux chauffées servent donc de jacuzzi naturel non seulement aux humains, mais également aux nombreux oiseaux qui vivent dans ces contrées reculées. Une aubaine pour eux l’hiver lorsque la température de l’air descend à -25° C.


La journée ne fait que commencer et pourtant, nous en avons déjà pris plein les yeux. Et ce pays est décidément incroyable puisque ça va continuer ainsi toute la journée. D’abord avec l’Arbol de Piedra et le désert au milieu duquel il joue les équilibristes.

Puis avec les fameuses lagunes colorées, qui pullulent dans la région. Il s’agit de lacs contenant une multitude de micro-éléments d’origine volcanique. Lorsque le vent fait bouger la surface de l’eau, ces éléments microscopiques se mettent également en mouvement, transmettant ainsi leurs couleurs éclatantes à chacune de ces lagunes.

La plus réputée d’entre elles est la Laguna Colorada. Nous l’avons déjà vue hier soir mais ce n’était pas le meilleur moment de la journée pour l’admirer. Ce matin, Alejandro nous y emmène donc une nouvelle fois, en nous promettant que ses couleurs seront beaucoup plus vives qu’hier soir. Et en effet, le spectacle est au rendez-vous.

Nous sommes ébahis par ces paysages de nature inviolée, qui s’avèrent au-delà de ce que nous sommes venus chercher ici, au coeur des Andes.

Ce n’est pas un hasard si cette lagune est si réputée : toisée par les volcans et accompagnée par une colonie de lamas et de flamands roses, ses couleurs presque fluo sont irréelles.

Ces grands espaces sauvages qu’on admire à 360° font un bien fou aux citadins que nous sommes. Ils transpirent le calme et la sérénité. L’air y est pur, le silence règne et il n’y a absolument personne d’autre que nous. Un pur régal.

En quittant ce site que nous ne sommes pas près d’oublier, nous nous disons qu’il constitue sans doute le point culminant de notre périple sud-bolivien car franchement, il sera difficile de trouver mieux. Et pourtant…

En attendant, nous allons voir une autre lagune fameuse, la Laguna Verde. Comme nous l’a dit Alejandro la veille, cette fin de matinée n’est pas le meilleur moment pour l’admirer car à cette heure-là, son vert est terne. Il n’empêche que le site vaut quand même le détour, notamment avec le Licancabur en toile de fond, un volcan dont le sommet frôle les 6.000 mètres d’altitude (5.920 mètres précisément).

La Laguna Verde dominée par le Licancabur

Nous passons le reste de la journée à traverser cette région aride, sans jamais nous lasser de ses paysages uniques.

Et ce ne sont pas quelques menus incidents techniques qui vont nous gâcher ce fabuleux périple.

Alejandro : notre chauffeur-guide-cuisinier… et mécano

Nous croisons de temps en temps quelques-uns des rares quadrupèdes qui s’aventurent encore à cette altitude.

Renard de Magellan
Viscache

A l’exception des quelques Jeep que nous croisons dans la journée, les signes de présence humaine sont rares dans cette région reculée. Rares mais voyants !

Los Flamencos Eco Hotel

Nous poursuivons notre route de lagune en lagune, avec toujours un ou deux volcans en ligne de mire.

La Laguna Hedionda

Après quelques heures de piste à travers des paysages toujours aussi fascinants, c’est dans un hôtel de sel que nous allons terminer cette journée de fous qui nous a permis d’en prendre plein les yeux.

Encore une lagune très colorée, jaune celle-là

Et pourtant, nous ne sommes pas au bout de nos surprises car le spectacle n’est pas terminé : demain, nous nous lèverons à nouveau aux aurores pour découvrir dès les premières lueurs du jour la perle du sud-Bolivie : le fameux Salar d’Uyuni.


Lorsque nous quittons notre charmant hôtel de sel au petit matin, il fait encore nuit. Nous montons dans la Jeep puis nous roulons quelques dizaines de minutes pendant lesquelles nous commençons à apercevoir le Salar sous nos roues, au fur et à mesure que la nuit s’estompe. Puis Alejandro nous arrête au beau milieu de cet immense désert de sel : c’est de là que nous allons guetter l’arrivée du soleil.

Le silence est total, à peine brisé de temps à autre par le crissement du sel sous nos pieds dès que nous faisons quelques pas. Ici, notre sentiment d’être tous les sept à peu près seuls au monde est très fort. L’endroit et le moment sont magiques.

Ce Salar est le plus grand désert de sel du monde (cent cinquante kilomètres de long sur cent de large). Mais surtout, le sous-sol de ce site naturel d’exception renferme, hélas, une richesse inestimable : la plus grande réserve de lithium de la planète. Elle représente à elle seule un tiers des réserves mondiales et attire donc bien des convoitises.

Ce lieu unique semble irréel, et il est plutôt rassurant de savoir que seule une infime partie en est exploitée pour l’extraction du lithium. Pour le moment du moins…

Alejandro

Une quinzaine « d’îles » émergent du Salar, dont la plus connue est Isla Incahuasi.

C’est sur cette dernière que nous nous rendons après avoir pris le temps de savourer le lever du soleil sur le Salar. La petite balade sur cette « île » pour en faire le tour à pied est une étape incontournable.

Sa forme semi-circulaire rappelle qu’il s’agit d’un cratère de volcan éteint, sur lequel la nature locale a depuis longtemps repris ses droits.

Alejandro nous explique qu’ici à l’état sauvage, les cactus poussent au rythme paisible d’un à deux centimètres par an seulement. Or, certains d’entre eux dépassent les quatre mètres de haut, ce qui signifie que leur âge vénérable se compte en siècles…

Pour la balade sur l’île, on ne doit pas sortir d’un petit chemin tracé dans la rocaille, afin de ne pas aller piétiner les jeunes pousses de cette flore, inhabituelle pour les occidentaux que nous sommes.

A cette période de l’année (nous sommes en octobre), nombre de ces cactus sont en fleurs.

Mais il est temps de quitter notre île. Nous remontons dans la Jeep qui va nous faire traverser une dernière fois le Salar à vive allure, jusqu’à la pause du midi : c’est dans un hôtel de sel que nous allons déjeuner, à proximité de divers monuments dédiés au Dakar et sculptés dans le sel.

Nous préférons ne pas trop penser aux nuisances d’un tel rallye sur ce site naturel d’exception…

En repartant, les formes géométriques des dalles de sel disparaissent peu à peu, nous indiquant ainsi que la sortie du Salar est proche.

Notre périple dans le sud de la Bolivie touche à sa fin mais à l’approche du retour à Uyuni, Marie et moi n’avons pas vraiment envie de quitter cette région qui nous a tant éblouis. Nous décidons donc de modifier notre plan de voyage : nous allons rester ici un jour de plus pour profiter encore un peu de ces paysages uniques.

C’est ainsi que le lendemain, après avoir quitté nos amis uruguayens, nous nous retrouvons dans une autre Jeep, avec un autre chauffeur ainsi qu’un couple de français et deux sud-coréennes.

Cette nouvelle journée dans le Salar va commencer par un petit détour dans un cimetière où reposent… des trains ! Ils sont vieux, complètement rouillés et à l’abandon. Ce lieu étrange est situé au milieu de nulle part.

On a tendance à se demander comment tous ces cadavres de trains ont fait pour se retrouver ici.

Mais peu importe, notre principal objectif reste le Salar. Nous allons d’ailleurs en profiter pour sacrifier à la tradition des photos « déjantées » du Salar : il est si vaste qu’en jouant avec les perspectives, on peut produire des effets photographiques plutôt amusants. Je ne suis pas très clair n’est-ce pas ?! Alors regardez plutôt cette très courte vidéo (28 secondes)…

Après avoir passé la journée à revoir un peu les mêmes paysages que la veille mais sans jamais nous en lasser, notre chauffeur-guide nous emmène à l’extrémité du Salar pour admirer le coucher du soleil.

Pourquoi a-t-il choisi de nous conduire tout au bout de ce désert de sel ?… Il faut savoir que des pluies abondantes inondent chaque année le Salar de janvier à mars, et l’immergent alors sous une fine pellicule d’eau.

Plus tard dans l’année, quand la pluie arrête de tomber et que le Salar s’assèche petit à petit, son extrémité reste toutefois imbibée. Car elle est située en léger contrebas et l’eau qui s’y est donc écoulée et accumulée pendant les mois humides, y stagne les mois suivants.

C’est grâce à ça que, lors de notre visite fin octobre, la saison des pluies a beau être terminée depuis longtemps, nous avons quand même l’opportunité nous aussi d’admirer le Salar sous son joli manteau d’eau.

C’est ainsi que ce désert de sel, déjà incroyable quand il est tout sec, se transforme en miroir géant.

Les couleurs du soleil couchant sur ce gigantesque tapis aquatique nous permettent d’avoir encore une nouvelle vision de ce lieu si insolite qu’est le Salar d’Uyuni.

A l’heure du bilan, nous réalisons qu’en quatre jours à peine, nous avons vu un nombre incalculable de paysages à couper le souffle. C’est donc à reculons que demain, nous allons quitter cette magnifique région pour rejoindre La Paz.



La première chose que nous décidons de faire une fois arrivés à La Paz, c’est de prendre de la hauteur afin d’avoir une vue d’ensemble sur la ville. Mais au moment de prendre le téléphérique, nous apprenons qu’il est en panne.

Street art dans les ruelles de La Paz

Nous devons donc nous rabattre sur un taxi et le premier chauffeur que nous croisons nous assure qu’il connaît un point de vue imprenable. Une promesse sans doute destinée à nous faire monter dans sa voiture mais il a l’air tellement sincère que nous acceptons.

Et bien sûr, une fois arrivés là-haut, l’entrée du belvédère dont il nous a vanté la situation, est fermée au public pour cause de travaux ! Mais il ne se démonte pas et réussit à convaincre un membre du chantier de nous laisser entrer… moyennant bien sûr un petit bakchich ! Ce n’est pas bien grave, nous acceptons et nous nous retrouvons tout les quatre rigoureusement seuls à cet endroit.

La Paz

Cette vue urbaine nous change radicalement de tous les paysages sauvages que nous venons d’admirer dans le sud du pays au cours des quatre derniers jours.

Toutefois, ce point de vue sur la plus haute capitale du monde (3.600 mètres) cernée par les montagnes vaut quand même le détour.

Un peu plus haut encore que La Paz est située El Alto, l’une de ses banlieues, qui est quant à elle l’une des plus hautes villes de la planète (4.100 mètres).

El Alto

En nous ramenant en bas dans la ville, le chauffeur nous explique combien La Paz, qui signifie « la paix », porte mal son nom au vu des nombreuses périodes de troubles et de violences qui ont émaillé son histoire.

Le quartier culturel : musées, expositions…

La ville vit d’abord son or pillé par les colons espagnols. Plus tard, le palais présidentiel subit de si nombreuses tentatives plus ou moins réussies d’incendies que tout le monde l’appelle aujourd’hui encore « le palais brûlé » (Palacio Quemado).

Enfin, c’est d’une manière pas naturelle du tout que différents présidents boliviens perdirent la vie pendant l’exercice de leurs fonctions. L’un d’entre eux, Gualbarto Villarroel, fût même pendu haut et court en 1946 face à la foule rassemblée sur la place publique, en plein centre-ville.

Bref, c’est sans transition qu’en descendant du taxi après cette courte mais intéressante leçon d’histoire, nous nous retrouvons dans un quartier démuni. Il grouille de vie, et toutes ses rues sont entièrement dédiées au marché.

Marché typique à La Paz

Un peu plus loin dans un quartier en construction, nous sommes impressionnés par les échafaudages, aussi fragiles en apparence que solides en réalité.

Forêt d’étais 100 % biodégradables…

En déambulant dans les rues du centre-ville, nous nous laissons guider par le son lointain d’une fanfare, jusqu’à ce que nous nous retrouvions au beau milieu d’une énorme fête populaire. Elle réunit plusieurs milliers de personnes.

Les gens sont tous amassés dans les rues, dont certaines sont fermées à la circulation pour l’occasion. Je vivrai là une petite mésaventure sans conséquence en termes d’insécurité (voir les « infos pratiques » en fin d’article).

En tout cas, la fête est belle, les costumes des centaines de personnes qui défilent sont hauts en couleurs, et les fanfares qui se succèdent s’en donnent à cœur joie.

 

Malgré cette jolie fête, nous n’avons jamais été vraiment emballés par l’atmosphère de la ville. Nous décidons donc d’aller passer notre dernière journée à Tiwanaku, petite ville située à une grosse cinquantaine de kilomètres de La Paz.


Il s’agit d’un site archéologique où vivait la civilisation du même nom, bien avant l’avènement des Incas. Le site est classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.

Les vestiges de Tiwanaku

Ce site est aussi intéressant que méconnu, donc très peu fréquenté. Les vestiges les plus anciens qu’on y découvre ont jusqu’à mille ans de plus que les sites incas les plus récents ! Cette civilisation pré-Inca a vécu du Ve au XIe siècle.

Aucun voyageur transitant par La Paz ne devrait être autorisé à faire l’impasse sur un tel site. Pourtant, tout le monde n’est pas de notre avis puisqu’il est quasiment vide.

  

En ce qui nous concerne, c’est sur cette petite merveille perdue au fin fond de la Cordillère des Andes que nous terminons ce voyage exceptionnel.


Merci à Routard.com, qui a mis en avant cet article sur la Bolivie en le nommant « COUP DE CŒUR » de la rédaction !


  • Résumé vidéo (3 mn) : en immersion au cœur des Andes (Pérou et Bolivie)…

Une lagune du Sud Lipez, cernée par les volcans

En bus basique. Durée du trajet : 9h00 (attention au décalage horaire : +1h en Bolivie)ticketsbolivia.com

Le prix : 22 $ par personne.

A noter qu’en chemin, au détroit de Tiquina, les passagers du bus doivent en descendre pour faire une courte traversée du lac Titicaca (une dizaine de minutes) sur un petit bateau à moteur. Il est suivi par une barge sur laquelle a été arrimé le bus, lequel est donc vide de ses passagers.


En bus de nuit semi-cama (sièges inclinables) par Todo Turismo. Durée du trajet : 11h00 : boliviatravelsite.com

Dîner chaud et petit déjeuner compris, film à bord et wi-fi.

Le prix : 39 $ par personne.

Nous avons réservé une semaine à l’avance via Internet car quand on achète les billets le jour-même à la gare routière, le bus est souvent déjà complet.


Hôtel Avenida : situé en centre-ville à dix minutes à pied de la gare routière. Très bon hôtel.

 Le prix : 30 $ la chambre pour deux avec salle de bains et petit déj’ inclus.


Hôtel Akapana – Manco Kapac Avenue. Petit hôtel sans prétention qui présente l’avantage d’être situé à cent mètres de l’entrée du site pré-Inca de Tiwanaku.

→ Le prix : 35 $ la chambre (minuscule) pour deux personnes avec douche privée. Très bon accueil et très bon resto.

L’hôtel Akapana

Petit retour en arrière. Avant le début de notre voyage, beaucoup de gens nous avaient mis en garde contre la forte insécurité qui régnait selon eux en Amérique du Sud, y compris l’une de nos connaissances indirectes : bolivienne, elle nous avait expliqué qu’elle n’avait pas le souvenir d’avoir connu son pays aussi peu sûr qu’aujourd’hui et que, sans tomber dans la parano, il nous faudrait être sans cesse vigilants.

C’est pourquoi, dans les rues de La Paz, c’est sur le ventre que nous avons décidé de porter nos petits sacs à dos (ceux pour la balade, pas les gros sacs à dos de voyage). Mais lorsque j’en ai sorti mon appareil photo, j’ai remis machinalement mon sac à dos… sur mon dos ! A partir de là, il a suffi d’une petite poignée de minutes à peine pour que je sente une légère pression au niveau des omoplates : je me suis retourné immédiatement et me suis retrouvé nez-à-nez avec un type qui faisait semblant de ne pas me voir, l’air de rien.

J’ai immédiatement vérifié mon sac : la fermeture éclair avait été partiellement ouverte, mais il n’avait pas eu le temps d’attraper quoi que ce soit. Un autre homme à trois mètres de nous me faisait discrètement signe que le premier type avait ouvert mon sac.

Conclusion : on peut se faire dépouiller à l’autre bout du monde comme à deux pas de chez soi. Simplement, la moyenne de vols à l’arraché ou dans les bus notamment est élevée en Bolivie, et il convient donc d’être sans cesse vigilant : un voyageur averti en vaut deux.

Ouvrons l’œil !

Dès la descente du bus de nuit à Uyuni, les rabatteurs se précipitent sur les voyageurs mal réveillés pour leur vendre les services de leur agence. Les tours sont à peu près identiques (un jour ou trois jours pour visiter le fameux Salar d’Uyuni ainsi que le Sud Lipez), mais pas les prix, qui varient du simple au triple.

La Laguna Colorada

Deux raisons nous ont fait choisir Thiago Tours. D’une part, nous avions beaucoup lu et entendu parler des accidents de 4×4, régulièrement mortels, souvent dus à l’alcoolémie des chauffeurs. Apparemment, les agences les plus sérieuses dans ce domaine sont aussi les plus chères.

D’autre part, de toutes les agences dont les rabatteurs se sont jetés sur nous, Thiago Tours était la seule à avoir pour règle écrite le remboursement intégral du Tour en cas de simple insatisfaction des clients par rapport aux services du chauffeur, notamment en matière d’alcool.

Pour nous, c’est cet argument qui a fait pencher la balance : si le chauffeur s’alcoolise, l’agence ne le paiera pas. En revanche s’il est bon, nous lui donnerons, c’est le comble… un pourboire !

Quelques heures plus tôt en pleine nuit, sur la route en provenance de La Paz, nous avions vu des touristes se faire évacuer en ambulances, d’un bus gravement accidenté qui gisait sur le flanc en contrebas de la piste. Cela nous avait refroidis et quelques heures plus tard à Uyuni, nous n’avons donc pas hésité longtemps à choisir Thiago Tours pour son apparence de sérieux.

 Le prix : même si Thiago Tours était la plus chère des agences avec lesquelles nous avons discuté, le package 3 jours/2 nuits nous est revenu à 95 $ par personne tout compris (18 $ par personne le tour d’une journée). Ce qui reste abordable avec la sécurité en plus.

Car de retour à Uyuni après ces trois jours de tour du Sud-Bolivie, le gérant de Thiago Tours a pleinement assumé son engagement initial, puisqu’il a tenu à nous demander si nous étions satisfaits de notre chauffeur ou si nous souhaitions nous faire rembourser.

Au final, Alejandro, notre chauffeur-guide, s’est révélé parfait, et notre séjour dans le Sud-Bolivie constitue à ce jour l’un de nos plus beaux souvenirs de voyages.

N.B. Le bus de nuit de La Paz arrivant à 7h00 et le départ des tours ayant lieu vers 10h00, on a largement le temps de choisir une agence et de trouver un hôtel, entre la descente du bus et le départ du tour.


Nombreuses sont les Jeep qui partent plus ou moins à la même heure d’Uyuni, puis qui font le même tour et se retrouvent donc en même temps sur les mêmes sites. Pour éviter cette affluence (toute relative car ce n’est pas non plus la grande foule), deux solutions :

→ Depuis Uyuni, demander à l’agence de faire le tour à l’envers. Ainsi, on croise parfois un peu de monde quand même (un peu seulement), mais on est souvent seul ou presque puisque on roule à contresens des autres. Et puis on termine par l’apothéose, le Salar d’Uyuni : le meilleur pour la fin. C’est l’option que nous avons choisie et nous ne l’avons pas regrettée car régulièrement, nous étions absolument seuls sur les sites.

→ Partir de Tupiza. Cette petite ville située à 210 kilomètres d’Uyuni est beaucoup moins fréquentée. Du coup, pendant le tour du Salar et du Sud-Lipez, on rencontre très peu de monde. En revanche, il faut savoir que les voitures ne partent que lorsqu’elles sont pleines, ce qui signifie qu’il n’y a pas forcément un départ tous les jours : il faut parfois attendre un jour de plus. Pour choisir cette option, il ne faut donc pas être pressé par le temps.

La Laguna Colorada

Ne pas oublier la crème solaire avec un indice de protection élevé car en altitude (et tout le pays est en altitude !), les rayons du soleil sont particulièrement agressifs.

De même, prévoir les vêtements/duvets adaptés pour le froid mordant de la nuit (et du jour selon la saison), ainsi que le vent souvent glacial.

« La Bolivie t’attend »…

A lire aussi :




COUP DE CŒUR : LE NICARAGUA

Le Nicaragua fait partie de ces rares pays qui reçoivent encore très peu de visiteurs, et on se demande bien pourquoi (N.B. nous y étions quelques mois avant les manifestations du printemps 2018, dont certaines furent à la fois violentes et violemment réprimées. Et depuis, le pays est dirigé d’une main de fer…).

En effet, bordé par l’océan d’un côté et la mer des Caraïbes de l’autre, il regorge de sites superbes et il y en a pour tous les goûts : des volcans à couper le souffle, de jolies villes coloniales ainsi que des petits villages perdus, sans oublier des îles paradisiaques dans les Caraïbes… Petit tour d’horizon.


  1. Les volcans
  2. Les villes coloniales
  3. Les petits villages isolés
  4. Caraïbes : les Corn Islands
  5. Infos pratiques

La colonne vertébrale du Nicaragua est constituée d’une grosse vingtaine de volcans, dont un tiers sont très actifs.

Au premier plan, la fumée s’échappe du cratère du volcan Telica

Outre les incontournables randonnées à flanc de volcan, quelques activités insolites sont accessibles aux voyageurs de passage, comme la plongée bouteille (que nous n’avons pas testée) dans le cratère de la Laguna de Apoyo, au milieu des fumerolles sous-marines.

 

La laguna de Apoyo

Nous sommes partis à l’assaut de trois de ces volcans.

Le Telica : nous en avons fait l’ascension, il est accessible depuis la jolie ville de Leon.

Le Masaya : il est, avec le Telica, l’un des deux seuls volcans du Nicaragua, et l’un des très rares dans le monde, au fond desquels on peut apercevoir un lac de lave bouillonnante quand les conditions le permettent.

Enfin, le Cerro Negro : nous avons testé en famille une activité grisante autant qu’insolite : la luge sur les pentes de ce volcan actif.


C’est après avoir roulé un bon moment depuis Leon sur une piste très abîmée que notre 4×4 nous dépose enfin aux pieds du Telica. De là, il faut compter une heure et demie d’ascension à pied pour rallier le sommet. La montée est facile, même si le sol est très pierreux.

L’arrivée au sommet du Telica

Bizarrement, le premier réflexe une fois là-haut consiste à se laisser attirer irrésistiblement par le rebord du cratère fumant, pour essayer d’en apercevoir le fond. Vainement pour nous, puisque l’épaisse fumée qui en jaillit en permanence ne permet pas une visibilité supérieure à deux ou trois mètres.

La vue sur les volcans voisins depuis le sommet du Telica

Si nos rêves d’apercevoir la lave s’évanouissent instantanément, nous n’allons pourtant pas être déçus. Car c’est une superbe randonnée qui nous attend tout autour du volcan jusqu’au coucher du soleil.

Le Telica crache sa fumée en permanence

Seuls deux autres petits groupes de randonneurs se trouvent là-haut en même temps que nous. Mais au moment d’admirer les derniers rayons du soleil sur les parois du cratère, ils ont disparu de notre vue. Nous éprouvons donc une délicieuse sensation d’assister seuls à cette espèce de matin du monde.

Quand il faut se résoudre à quitter les lieux faute de lumière, c’est dans la nuit noire mais éclairés par nos frontales que nous attaquons la descente au milieu des roches instables.


Ce vaste et spectaculaire volcan compte plusieurs cratères, dont le fameux Cráter de Santiago.

Pour mieux comprendre à quel point ce site est impressionnant, il faut remonter le temps : au XVIe siècle en effet, lorsque les conquistadors et les missionnaires espagnols découvrirent les lieux, ils furent horrifiés par ce cratère béant qui crachait sa lave, rougeoyante mais chauffée à blanc.

A tel point qu’ils se persuadèrent d’avoir découvert… la porte d’entrée de l’enfer ! Ils « baptisèrent » donc les lieux La Boca del Infierno (la bouche de l’enfer). Mais pour eux, cela signifiait aussi que le démon était tout proche, c’est pourquoi ils firent ériger au sommet du volcan une grande croix, encore visible aujourd’hui, censée exorciser les lieux.

La Boca del Infierno
La bouche de l’enfer

Ces croyances d’un autre temps peuvent prêter à sourire, mais il faut reconnaître que les lieux ont conservé toute leur magie et que cinq cents ans plus tard, ils restent époustouflants.

Postés derrière une frêle barrière, contre laquelle il ne faut s’appuyer que si on envisage d’aller voir de plus près ce fameux démon, c’est quasiment à la verticale qu’on domine cette bouche de l’enfer. C’est un moment qu’il est impossible d’oublier.


Au Nicaragua, l’une des activités les plus populaires est le surf, pour lequel les spots ne manquent pas sur la côte Pacifique.

Nous n’y avons pas goûté, mais nous avons quand même pratiqué la glisse, et quelle glisse : la luge sur les pentes d’un volcan actif !


Parmi les volcans qui pullulent autour de la ville coloniale de Leon, le Cerro Negro. Ce superbe cratère est d’un noir d’encre car il est entièrement recouvert de cendres et de roches volcaniques.

Quand le 4×4 se gare aux pieds du volcan, on comprend ce qui nous attend : son cône majestueux nous domine de si haut que la rando pour rejoindre son sommet ne s’annonce pas si facile, a fortiori sous un soleil de plomb.

L’arrivée en 4×4 au Cerro Negro

La luge sur laquelle nous allons dévaler les pentes du volcan est en fait une simple planche de bois bricolée. Chaque lugeur attache son bolide dans le dos, puis l’ascension démarre.

On traverse d’abord brièvement une zone de végétation, puis on grimpe à travers un dédale de roches qui ont été recrachées par le volcan lors d’une éruption.

Le départ
Le début de l’ascension

Les flancs du volcan sont par endroits assez abrupts, on monte donc tranquillement.

Le cratère principal est entouré de cratères mineurs

Au fil de la montée, la vue sur la vallée à l’infini est saisissante.

En contrebas du Cerro Negro : jungle, coulées de lave et cratères.

Ce décor incroyable vaut vraiment le détour et mérite une rando à part entière. On est d’ailleurs si occupé à admirer ces vues qu’on en oublierait presque pourquoi on est là : faire de la luge à flancs de volcan !

Les paysages volcaniques typiques dominent la vallée

On finit par arriver au sommet, d’où la vue s’étend à l’infini.

Nos bolides !

L’heure de la descente en « luge » a sonné ! On s’assied donc sur cette planche de bois d’un peu plus d’un mètre de long et d’une quarantaine de centimètres de large.

Puis on s’agrippe les mains à une corde en guise de rênes (en réalité, c’est en posant l’un des deux pieds au sol qu’on se dirige vaguement vers la droite ou la gauche) ; et enfin, on se lance.

Le départ…
… et l’arrivée.

Les habitués atteignent la vitesse de 80 km/h. Les débutants comme nous vont un peu moins vite, mais il faut quand même dire qu’une fois lancés, il est très difficile de ralentir. Les sensations sont top, à la fois grâce à la vitesse et au site d’exception qu’on dévale.

Pour ma part, arrivé en bas, impossible de m’arrêter : la petite bosse sur laquelle tout le monde s’immobilise se transforme pour moi en tremplin vu la vitesse à laquelle j’arrive, et je m’envole en faisant un salto involontaire mais heureusement indolore. Dans le choc toutefois, ma planche se casse (ou plutôt les rênes s’arrachent) : tous ceux qui sont autour de moi sont hilares.

Au final, il faut une grosse heure de montée pour une petite minute de descente. On n’a donc pas trop le temps d’en profiter mais c’est tellement fun qu’on n’a qu’une seule envie : y retourner !

Outre la luge, le Cerro Negro est aussi un site où les meilleurs mondiaux se pressent pour tenter de battre le record du monde de vitesse à VTT (sur terre) !

Le précurseur de cette façon de dévaler le Cerro Negro est un français, Éric Barone. Détenteur pendant 15 ans du record du monde de vitesse à VTT sur neige (222 km/h !), il s’attaque en 2002 au record de vitesse de VTT mais cette fois, sur terre. Pour tenter ce nouvel exploit, il choisit donc les pentes du Cerro Negro, jonchées de roches volcaniques.

Et alors qu’il dévale les flancs du géant à plus de 172 km/h, son vélo-prototype se brise ! Le champion fait une chute d’une violence inouïe. Très vite, son casque s’envole et sa tête n’est plus protégée, toutefois il échappe presque miraculeusement au pire : il n’est « que » gravement blessé. Quelques années plus tard, grâce à une motivation hors normes et à une volonté de fer, il se remettra au VTT de descente…

La vidéo qui fait mal : Cerro Negro : la chute d’un français à VTT à… 172 km/h ! (47 secondes)


Les deux anciennes capitales du Nicaragua, détrônées au fil du temps par Managua, sont considérées comme les deux plus belles villes du pays : Granada et León.


Il s’agit d’une belle ville à dimension humaine, où nous n’avons jamais ressenti le poids de ses 250.000 habitants.

La place de l’Indépendance et sa cathédrale

Son cœur historique est constitué d’une jolie place, qui compte une cathédrale entourée d’imposants bâtiments coloniaux.

L’intérieur de la cathédrale

Aux alentours, les ruelles sont toutes plus colorées les unes que les autres.

Nous avions lu un peu partout que l’été, la ville était prise d’assaut par les touristes mais nous n’en avons croisé que très peu, bien qu’étant déjà mi-juillet.

A seulement cinq minutes de marche du centre historique, nous avons la surprise de découvrir un quartier à la fois pauvre et très fréquenté. Là, nous sommes les seuls étrangers et plusieurs personnes me font signe en arrivant que je risque de me faire voler mon appareil photo. Je ne me sens pourtant pas spécialement en insécurité mais dans le doute, je range mon matériel.

Nous nous retrouvons alors dans un marché où mon matériel photo aurait en effet juré avec la pauvreté ambiante. Nous le traversons désabusés, au vu de l’important contraste qui sévit entre ce quartier pauvre et le centre prospère tout proche à l’écart duquel il est situé.


Bien que Leon compte deux fois moins d’habitants que Granada, elle nous paraît plus grande et bien plus animée : Granada est belle mais froide, alors que Leon semble un peu moins jolie mais beaucoup plus chaleureuse.

Son principal attrait réside dans sa fameuse cathédrale blanche, qui change radicalement de Granada la multicolore.

Le clou du spectacle consiste à monter jusqu’aux toits, où l’on peut se balader pour admirer le paysage. De là-haut, la vue sur les ruelles de la ville, qui est cernée par les volcans, vaut le détour.

Bon, Leon n’est quand même pas toute blanche, seule sa cathédrale a cette particularité. Ailleurs, on retrouve les églises colorées typiques des villes coloniales.

Outre son patrimoine historique et sa vie animée, Leon est également le point de départ idéal de nombreuses excursions : d’une part, vers l’océan Pacifique situé à quelques kilomètres, dont les vagues attirent les surfers du monde entier ; d’autre part, vers la chaîne de volcans voisine, qui constitue l’épine dorsale du pays. D’autres excursions sont possibles, comme celle vers Somoto où l’on peut faire du canyoning dans un joli décor naturel.


Grâce au Lazybones Hotel (voir les infos pratiques plus bas), nous avons trouvé la seule personne qui propose le package à la journée : aller / retour pour Somoto en mini-bus et journée canyoning sur place, déjeuner compris.

Canyoning à Somoto

Pour les habitués du canyoning, cette sortie n’a rien d’exceptionnel, à part un saut de vingt mètres (que nous n’avons pas testé).

Pour ceux qui, comme nous, souhaitent pratiquer en famille une activité de plein air, c’est l’option parfaite. On est en pleine nature et le canyon, situé à la frontière du Honduras, est joli. Et bien sûr, il y a de quoi s’amuser dans l’eau, que ce soit en se laissant porter par les courants ou en sautant des rochers (de trois à dix mètres).

 


Inutile de dire que les petits villages reculés ne manquent pas au Nicaragua. Qu’ils soient accrochés aux pieds des volcans, perdus dans la jungle ou posés face à l’océan, il fait toujours bon s’y arrêter.

Nous avons été marqués par trois de ces endroits dépaysants :

  • le village d’El Castillo, dont les cases sur pilotis dominent la rivière San Juan qui serpente dans la jungle ;
  • la délicieuse petite île lacustre de San Fernando, dans l’archipel de Solentiname.
  • Dans les deux cas, pour s’y rendre, il faut prendre un bateau depuis un autre village reculé, San Carlos.

Si l’on cherche le dépaysement, El Castillo est la destination idéale. Mais s’y rendre se mérite, et la petite ville de San Carlos, située sur l’embouchure de la rivière San Juan et du lac Cocibolca, est un passage obligé. Après six heures de route dans un bus bondé au-delà de l’imaginable (lire Nicaragua pratique : voyager en bus), nous ne sommes pas fâchés d’arriver à San Carlos.

San Carlos

Il s’agit d’un petit port de pêcheurs. Il constitue la dernière étape avant de s’aventurer sur le San Juan, rivière typiquement latino-américaine avec sa couleur marronnasse et qui, en serpentant à travers la jungle, fait office de frontière avec le Costa Rica.

Elle relie le lac Cocibolca (appelé par les occidentaux lac Nicaragua) à la mer des Caraïbes, ce qui explique que divers poissons, dont des requins bouledogues, la remontent jusqu’au lac où ils se sont familiarisés à l’eau douce avec le temps.

San Carlos, retour de pêche

San Carlos compte aussi un joli petit marché local où il fait bon se promener, discuter… et consommer.

Car les fruits et légumes qu’on y trouve ne sont pas vraiment les mêmes qu’en France : les avocats sont gros comme nos aubergines et leur chair est si fondante qu’elle en aurait presque la texture du guacamole ; les ananas sont tellement juteux et sucrés que même Victor, qui habituellement déteste ça, nous dira après en avoir pris et repris jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, que c’était le meilleur fruit qu’il avait mangé de toute sa vie !

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Mais si nous sommes venus à San Carlos, c’est pour rejoindre notre objectif : El Castillo, la jungle avoisinante et les caïmans. Nous prenons donc une lancha, ce bateau rapide très effilé qui mesure une bonne quinzaine de mètres de long sur deux mètres de large à peine. Après une heure quarante de navigation au beau milieu de la jungle, à la lisière de laquelle on aperçoit régulièrement de petites communautés dans leur village, nous arrivons enfin à El Castillo.

El Castillo

La première chose qu’on remarque une fois à terre, c’est l’absence de routes et de voitures. Les ruelles sont étroites car elles ne sont utilisées que par les piétons, les charrettes et quelques animaux. Les cases, juchées sur pilotis, ont un certain charme malgré leur dénuement total.

Nous remarquons vite que les habitants sont beaucoup plus souriants et accueillants que tous ceux que nous avons rencontrés jusque-là, ce qui se vérifiera d’ailleurs jusqu’à la fin de notre séjour : comme souvent, c’est dans les endroits les plus reculés qu’on rencontre les gens les plus ouverts.


Nous avons un objectif principal à El Castillo : une sortie nocturne en barque sur la rivière, afin d’approcher les caïmans.

Le petit hôtel dans lequel nous sommes descendus est un peu cher. Ce n’était pas notre premier choix mais celui que nous convoitions ne dispose plus que de trois lits, or, nous sommes quatre. Toutefois, cette petite déception va vite s’avérer une aubaine. Car les deux soeurs qui tiennent l’autre hôtel vers lequel nous nous dirigeons finalement, sont d’une gentillesse rare et ont le sourire éternellement vissé aux lèvres. Ce sont elles qui vont nous dégoter un guide pour notre petite balade nocturne.

Le principe est simple : on monte à bord d’une toute petite barque armés d’une simple frontale, puis on part dans la nuit noire et on s’en remet totalement au guide. Ce dernier éclaire la rive pour repérer les reptiles.

De temps à autre, on accoste et le guide met le pied à terre, pas du tout impressionné par la perspective de se retrouver face à un caïman. Ainsi, il attrape successivement deux basiliques (ce petit reptile très vert qui semble courir sur l’eau), un iguane et un caïman juvénile qui frise quand même le mètre de long. Victor et Arthur les caressent et les prennent dans leurs mains, ils sont aux anges.

Iguane

 

Caïman juvénile

A quelques brasses de la barque, nous observerons deux caïmans adultes, dont seule une paire d’yeux brillants émerge sournoisement de l’eau noire.

Victor et Arthur sont si émerveillés par cette sortie nocturne dans l’habitat naturel des caïmans qu’ils en ont eux aussi l’oeil qui brille, mais de bonheur.

Retour à El Castillo


Le lendemain, nous visitons le château qui domine le village. Ses heures de gloire datent de l’époque où l’amiral Nelson, au prix d’une bataille acharnée, réussit à forcer le passage pour rallier le lac Cocibolca depuis la mer des Caraïbes, et traverser ainsi l’Amérique d’est en ouest.


Nous visitons également la petite fabrique de chocolat, qui fait la fierté des habitants du village.

Là, l’employé de la fabrique qui nous guide nous explique toutes les étapes de la transformation de la fève de cacao en chocolat. A chaque étape, il nous fait sentir et goûter le cacao transformé. Classique mais toujours aussi intéressant.

Nous repartirons bien sûr avec nos petits ballotins de chocolats qui, il faut bien l’avouer, ne survivont pas jusqu’à notre retour en France…


Le petit archipel lacustre de Solentiname, qui compte quelques trente-six îles, est resté dans les mémoires des Nicas comme l’un des haut-lieux de la résistance à la dictature de Somoza. Tout comme El Castillo, il est accessible en bateau depuis San Carlos.

L’atmosphère qui y règne aujourd’hui est tout autre qu’à cette époque agitée : en retrait du reste du monde, ces petites îles 100% nature respirent le calme et la sérénité. Sur celle de San Fernando, nous sommes vite conquis par la douceur de vivre qui remplit les lieux.

Il n’y a pas grand-chose à faire sur San Fernando. Ou plutôt si : savourer le temps qui passe en admirant avec sérénité les paysages.

On peut aussi faire le tour de l’île en deux heures sur un sentier étroit, au milieu des cris exotiques des innombrables espèces d’oiseaux qui nichent dans ce petit archipel.

Et pour finir, il ne faut pas rater la Casa Taller, en face de l’embarcadère. Il s’agit d’une petite galerie où sont exposées les œuvres des artistes locaux : on peut y admirer et y acheter des toiles et des sculptures colorées, ainsi que divers petits objets issus de l’artisanat local.

 


Les deux bandes bleues du drapeau du Nicaragua représentent les deux mers qui bordent le pays de part et d’autre : l’Océan Pacifique à l’ouest et la Mer des Caraïbes à l’est. C’est dans cette dernière que nous nous sommes rendus pour alterner farniente et plongée, précisément dans les délicieuses îles du Maïs : les Corn Islands.


C’est pour sa réputation de calme (absence de routes et de voitures) que nous avons choisi Little Corn, longue de deux kilomètres, plutôt que sa voisine Big Corn, quatre fois plus grande. Et les grands cris « Welcome to Paradise » avec lesquels les Rastas locaux nous accueillent lorsque notre petit bateau accoste après une heure de traversée très agitée, ne nous font pas regretter notre choix.

L’île est traversée par quelques chemins sinueux, en dur ou en terre, qui nous permettent de rejoindre en trois quarts-d’heure les plus belles plages de l’île situées tout au nord, à l’exact opposé des cases dans lesquelles nous sommes logés.

Ces chemins passent notamment par le stade de base-ball, le sport national du Nicaragua, où un match a lieu chaque week-end. Mais ces sentiers passent aussi par des forêts qui regorgent de fruits et légumes sauvages : des avocatiers de vingt bons mètres de haut aux branches desquels sont suspendus des centaines d’avocats énormes ; mais aussi des ananas, des mangues, des noix de coco à profusion etc. Un pur régal.


Non seulement ces plages du nord sont les plus préservées et les plus belles de l’île, mais ce sont aussi les plus favorables au snorkeling.

Un gros barracuda et une magnifique raie aigle, c’est-à-dire toute noire à pois blancs et longue de deux bons mètres, voilà ce que nous avons pu voir lors de nos quinze premières minutes de snorkeling, dans un mètre cinquante d’eau seulement et à trois ou quatre mètres de nous à peine.

En plongée bouteille, nous pourrons observer les poissons multicolores habituels sous ces latitudes et à chaque plongée, nous approcherons de très près un ou deux requins nourrices de la taille d’un homme.

Ils ne sont pas farouches et accompagnent souvent les plongeurs, venant même régulièrement au contact.

En cette saison des pluies, les conditions ne nous permettent hélas pas de faire autant de snorkeling que nous voudrions, notamment avec une journée entière de tempête et de trombes d’eau. C’est dommage car les plages du nord de l’île offrent à tous les amateurs de fonds marins un excellent spot de snorkeling. Mais seulement par temps calme…

Un matin, en jouant au frisbee dans l’eau, un petit requin viendra nager parmi nous quelques instants. Nous nous précipitons sur nos palmes, masques et tubas afin de pouvoir l’observer mais c’est trop tard : il est déjà parti et ne reviendra pas. En tout cas, cet aquarium à ciel ouvert regorge de poissons de toute sorte et de toute taille.

 

Toutes nos infos pratiques sont ci-dessous…


  • Résumé vidéo : en immersion au Nicaragua (2 mn)…

 


A Granada, nous avons séjourné au Granada Boutique, que nous avions choisi pour son emplacement idéal, à cinquante mètres de la place centrale et de sa fameuse cathédrale. Sur le web, les avis étaient bons. Or, le petit bar qui jouxte l’hôtel met la musique à fond toute la nuit. On ne s’attendait pas spécialement à des nuits calmes en plein centre-ville, mais on n’aurait jamais cru qu’on pouvait cracher la musique aussi fort ! En deux nuits, aucun de nous quatre n’a jamais réussi à fermer l’oeil.

Le Granada Boutique

L’hôtel est pourtant agréable avec une petite piscine, idéale pour les enfants en période de forte chaleur. Le personnel est correct. Mais on va quand même à l’hôtel pour dormir un peu et là, ce fût impossible pour nous. A réserver exclusivement aux fêtards. Pour tous les autres, il vaut mieux descendre n’importe où ailleurs, ça ne pourra pas être pire.

  • Prix de la nuitée pour une chambre de quatre : 38 euros (petit déjeuner non inclus).


Cet hôtel nous a quand même apporté un plus : de bons contacts. En effet, comme tous les hôtels, ils travaillent avec des chauffeurs qui font office de guides. Celui avec qui ils nous ont mis en contact était très bien. Il a répondu efficacement à nos demandes pour nous conduire au volcan Masaya, au marché artisanal de la ville de Masaya (sachant qu’il existe cinq ou six marchés différents, dont un ou deux qui ne sont pas très sûrs selon les locaux) ou encore à la Laguna de Apoyo pour admirer le panorama.

  • Prix : 40 dollars pour l’ensemble du trajet.

Nous avons quitté la ville en bus, au départ de la petite gare routière située non loin de la place de la cathédrale.

La vue depuis la cathédrale

L’entrée du parc national du volcan Masaya est située en bordure d’une route très fréquentée. Il existe deux possibilités : la visite de jour et celle de nuit. Dans les deux cas, le nombre de visiteurs est important dans la mesure où le sommet est accessible en voiture. En contrepartie a été instaurée une règle, qui consiste à limiter fortement le temps de visite : cinq minutes au sommet de jour et dix le soir, en théorie. Toujours un peu plus en réalité.

La visite de jour (9h-17h) →  Elle comporte deux inconvénients : la durée très courte de la balade au sommet, et les difficultés pour apercevoir la lave au fond du cratère San Fernando (le Masaya compte deux autres cratères). L’avantage, c’est qu’on peut aussi visiter le musée et la grotte de Tzinaconostoc, un couloir forgé par la lave et colonisée par les chauves-souris. Puis on peut randonner dans le parc où vit une faune variée : singes, coyotes, opossums, iguanes, cerfs etc.

La visite de nuit (18h-20h) →  INCONTOURNABLE ! Car dès la tombée de la nuit, le cratère et la fumée qui s’en échappe s’embrasent avec les couleurs rouge-orangées de la lave qui bouillonne au fond.

Bon à savoir →  Il faut bien calculer son coup pour assister à ce spectacle. Car il faut bien compter 45 minutes d’attente dans la voiture sur le bord de la route, et parfois bien plus, avant de pouvoir pénétrer dans l’enceinte du parc, les voitures n’étant habilitées à entrer qu’au compte-gouttes (par quinze ou vingt environ). Et si on arrive trop tard, on risque de ne pas pouvoir entrer si la parc a fermé ses portes (20h00).


Contrairement au Granada Boutique, notre séjour au Lazybones de Leon fût parfait. Cet hôtel est tenu par Patrick, un français très sympa et serviable, et sa femme Nica. Ils vont bientôt déménager pour s’installer quelques rues plus loin. Patrick n’a cessé de nous distiller de bons conseils tous azimuts : pour les restos, les sorties, les excursions… Un matin, quand on s’est trompé en commandant un petit déjeuner en trop, il nous en a fait cadeau. Bref, la bonne adresse.

Le lien : Lazybones Hostal

  • Prix : 45 dollars par nuit la chambre de quatre. Petit déjeuner plutôt copieux pour 70 cordobas (2 euros), avec café et thé à volonté. Piscine, billard et wi-fi.

Pour toutes nos excursions, nous sommes passés par Patrick (Lazybones), qui travaille avec l’agence Maribios.

Excursion au Telica

  • Le prix : 40 dollars par personne pour sept personnes. L’horaire théorique était de 14h00 à 20h00, mais le guide a laissé durer le plaisir sur place et nous sommes rentrés à 21h30.

Luge au Cerro Negro

  • Prix : 25 dollars par personne si on est plus de cinq, toujours avec Maribios. Départ à 8h00 du matin. Une heure de rando pour monter puis une minute pour descendre.

Canyoning à Somoto

Patrick nous a mis en contact avec Taz Tours, une petite société montée par un québécois dont il avait entendu dire qu’il avait déjà fait l’aller-retour dans la journée. Ce québécois, c’est Jean, installé à Las Penitas sur la côte Pacifique, et nous le recommandons vivement :

TAZ TOURS

Un type adorable qui nous a fait payer seulement 45 dollars par personne à sept. Cela comprenait le trajet aller-retour (huit heures en tout) dans un minibus très sûr et en excellent état + deux heures de canyoning, le matériel est compris ainsi que les services du guide, Osma, lui aussi adorable + le repas de midi (succulent) au sein d’une petite communauté locale, dans une case au milieu de la forêt… Le départ est à 5h00 du matin, le retour prévu vers 17h00. 


Depuis Managua, prendre l’un de ces fameux chicken bus à la gare routière : l’aller simple coûte 150 cordobas, soit 5 euros par personne.

Durée du trajet : 6 heures, sur une route neuve en parfait état.

Lire l’article Se déplacer en bus au Nica : un voyage dans le voyage…


On peut trouver facilement de quoi se loger à San Carlos. C’est d’ailleurs un peu vite que nous avons choisi l’Hospedaje Rio San Juan, face au port de pêche, pour 20 dollars la chambre de 4 avec douche (sachant que des douches, il n’y en a pas partout).

La chambre était conforme à ce qu’on trouve généralement dans des endroits plus ou moins reculés : sale et très loin de nos standards occidentaux.

Au petit matin, nous avons même surpris une souris se baladant au milieu de nos sacs à dos… A réserver aux routards et encore, c’était un peu cher pour ce que c’était. L’accueil était néanmoins très bon.

Hospedaje San Juan


ATTENTION : San Carlos est le dernier endroit où l’on peut retirer du liquide avant El Castillo et sa jungle. Il y a deux distributeurs : le premier est situé entre l’Hospedaje Rio San Juan et le petit port. Le second est le guichet automatique de la banque située à cinq minutes de marche après le marché et la gare routière, en venant du port (côté marché).

N.B. Pour tout renseignement à San Carlos, il ne faut pas hésiter à se rendre au bureau de l’INTUR (= INformation TOURistique, ouvert du lundi au vendredi, 8h00-12h00 et 13h00-17h00), situé juste avant la première jetée. L’accueil y est très sympa. Nous y sommes arrivés un soir à 18h00, soit une heure après la fermeture, mais on nous a fait signe d’entrer quand même. Là, la dame et son sourire ont pris tout leur temps pour nous renseigner.

Enfin, il faut prévoir des vêtements longs dès la tombée de la nuit à San Carlos, où les moustiques pullulent :

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Depuis San Carlos, prendre un collectivo (petit bateau qui transporte quelques passagers au milieu du ravitaillement destiné aux îles : régimes de bananes, packs d’eau et de sodas, mobilier divers etc.)

Prix : 90 cordobas par personne (environ 3 euros). Compter une heure et demie.

L’île paisible de San Fernando (Solentiname)

Sur l’île de San Fernando, la plupart des hébergements sont plutôt chers. Nous avons dormi au Cabañas Paraïso. L’accueil y est excellent. Le patron, un local fier de son archipel et qui se régale à en discuter, n’avait plus que deux chambres de deux personnes pour 90 euros en tout, pour nous loger tous les quatre. Mais il a accepté de transporter un lit dans une chambre de trois pour 70 euros : suffisamment rare pour être signalé. Le repas sur place était bon..

 


Depuis San Carlos, prendre une lancha (bateau rapide), non pas depuis l’une des jetées d’où partent de nombreux bateaux, mais depuis la gare maritime. Elle est située juste avant le marché en venant du port de pêche, presque en face de la routière.

  • Le prix : 140 cordobas (4 à 5 euros) par personne. Durée : 1h40.

N.B. La lancha fait quelques arrêts tout au long du trajet, pour déposer dans leur village les membres des petites communautés qui vivent sur l’une ou l’autre rive du fleuve. Mais il fait surtout un arrêt principal à Boca de Sabalos, où l’on trouve les mêmes attraits qu’à El Castillo : excursions à pied ou en barque pour découvrir la jungle environnante et sa faune, visite d’une fabrique de chocolat, rencontre des habitants etc.

El Castillo


Nous avions prévu de dormir à la Casa de Huespedes Chinandegano, dont nous avions lu beaucoup de bien. Hélas, il ne restait plus que trois places. Nous nous sommes alors résolus à descendre dans un petit hôtel un peu plus chic qu’à notre habitude, le Victoria (www.hotelvictoriaelcastillo.com), pourtant hors budget pour nous. Mais la propriétaire était si sympa que nous n’avions pas envie d’aller voir ailleurs. Elle nous proposait une chambre pour quatre à 90 euros bien trop chère pour nous. Je lui ai dit que nous avions maximum 100 euros pour deux nuits, et elle nous a aussitôt proposé une petite chambre très confortable pour tous les quatre. Le meilleur accueil que nous avons trouvé au Nicaragua, c’est là (juste avant l’excellent Lazybones de Leon).

A la descente de la lancha, prendre à gauche et remonter la petite ruelle pendant cinq à dix minutes le long du fleuve. Le Victoria est au bout.


Alors là, il ne faut vraiment pas chercher loin. La meilleure table d’El Castillo, mais aussi de tout notre séjour au Nicaragua, c’est encore au Victoria Hotel. Si vous n’y séjournez pas, vous pouvez y manger et surtout, n’hésitez pas : foncez-y. Leur boeuf notamment est divin.


Là encore, nous nous en sommes remis au Victoria pour nous organiser cette excursion de deux heures.

Le guide était particulièrement sympa et a su se mettre nos deux fils dans la poche en leur faisant tenir dans leurs mains toutes sortes de reptiles, notamment un caïman juvénile.

Un iguane

Le prix : 45 dollars pour quatre personnes. Durée : deux heures.

 


Avant de choisir son hébergement sur Little Corn, il faut savoir deux choses :

D’une part, la côte ouest de l’île peut s’avérer étouffante en saisons sèche, alors que la côte est bénéficie d’une légère brise qui la rend plus supportable, notamment la nuit.

D’autre part – mais ça nous ne l’avons appris qu’une fois sur place, c’est-à-dire trop tard – la côte est subit sévèrement  les effets du réchauffement climatique. Elle est battue par les vents et les vagues, et les jours des rares établissements qui y sont encore ouverts semblent comptés. En effet, un enrochement sommaire a été réalisé pour contenir quelque temps encore les assauts des vagues.

Nous avons logé au Grace Cool Spot, dont les petites paillotes à apéro, où il devait faire si bon vivre et trinquer il n’y a pas si longtemps, sont aujourd’hui condamnées. Les bungalows en sursis sont situés quelques mètres derrière seulement.

Il s’agit en réalité de simples cases sur pilotis, sans grand confort mais correctes, où il vaut mieux éviter d’aller en saisons des pluies (de mai à décembre).

    

La nuit en effet, le vent hurle, la pluie tabasse le toit en tôle ondulée de manière assourdissante, et les vagues se fracassent sur les rochers situés à cinq mètres, donnant l’impression qu’elles vont nous emporter.

Comme il s’agit de cases, elles sont dotées d’une ventilation naturelle (espace de 20 centimètres entre le toit et les parois), et à deux reprises, nos lits se sont retrouvés inondés au milieu de la nuit à cause des infiltrations massives d’eau, dues à des orages qui n’en finissaient pas.

Bref, il est possible que le site vaille le coup en saison sèche (février à avril dans la partie Caraïbe du Nicaragua) en négociant le prix, mais les hébergements sur cette partie de l’île semblent voués à disparaître. Les lieux ne sont d’ailleurs plus très fréquentés. C’est d’autant plus dommage que le personnel du Grace Cool Spot a été d’une grande gentillesse du début à la fin de notre séjour.

  • Prix : 40 $ la chambre pour quatre avec douche privée et petit déjeuner inclus (avec douche commune : 15 $ la chambre pour deux et 20 $ celle pour trois).


Depuis Big Corn, qui possède un petit aéroport, on arrive à Little Corn et on en repart en bateau. La traversée agitée dure environ une heure, en fonction de l’état de la mer.

Quand il y a de la houle, le trafic maritime entre les deux îles est interrompu. Quelques mois avant notre arrivée, des touristes pressés ont voulu contourner cette interruption, en payant des locaux pour faire la traversée. Ils sont donc partis sur leur bateau mais ne sont jamais arrivés.

Conclusion : il est plus prudent de quitter Little Corn un ou deux jours plus tôt si la météo est mauvaise et si on veut être sûr de ne pas rater l’avion du retour sur Big Corn. C’est ce que nous avons fait.


Il y a deux clubs de plongée sur Little Corn, tous deux situés sur la côte ouest : Dolphin Dive et Dive Little Corn. Les deux patrons ont deux points communs : ils sont sérieux et plutôt froids. Les prix sont similaires :

Le prix : 35 $ la plongée, 150 $ les cinq plongées, 70 $ le premier baptême et s’il se passe bien, 40 $ les baptêmes suivants.

Nous avons plongé avec Dive Little Corn, y compris les enfants qui ont fait deux jolis baptêmes avec une instructrice francophone.

 


Big Fish Guest House : propre et situé face à la mer avec un personnel très agréable. Le récif est l’un des meilleurs de l’île pour le snorkeling.

Le prix : 40 $ la chambre de quatre personnes. 1 à 6 $ le petit déjeuner. Prêts de palmes, masques et tubas.


Comedor Mari’s : très bon resto avec un bon accueil, situé à côté du Big Fish Guest House. La langouste entière à 10 $.

Island Bakery and Sweets : bonne petite pâtisserie à base de produits naturels, située entre le Big Fish et le Comedor Mari’s, et tenue par une locale très accueillante.


Résumé vidéo : immersion au Nicaragua (2 mn)…

 


 


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TANZANIE : AU CŒUR DE LA SAVANE

Tout au long de notre périple en Tanzanie, nous avons arpenté les fabuleux parcs animaliers du nord. Nous avons également été à la rencontre des habitants, notamment d’un peuple mythique : les Masaï.


  1. Les parcs animaliers
  2. Les Masaï
  3. La campagne et ses habitants
  4. Infos pratiques


Afin de préserver sa flore et surtout sa faune exceptionnelles, la Tanzanie a protégé pas moins du tiers de son territoire.

On traverse ces grands espaces naturels en 4×4, dont le chauffeur a reçu une triple formation très poussée : il est chauffeur-mécanicien, guide touristique incollable sur la faune locale, et trilingue. Le nôtre, Babou, nous passionnera du début à la fin du safari avec ses histoires africaines.

Les quatorze parcs nationaux du pays constituent de véritables sanctuaires pour les animaux sauvages de Tanzanie. Nous en avons arpenté quatre : celui du lac Manyara, le fameux Serengeti, le cratère du Ngorongoro et le Tarangire.


Il est relativement petit et ce n’est sans doute pas le plus impressionnant. Mais pour qui vient d’une grande ville occidentale comme nous, le choc est immédiat quand même, car on y croise déjà toutes sortes d’animaux : singes, éléphants, gnous à barbiche etc.

Singe Vervet

Sans compter la principale attraction de ce parc : le lac Manyara et l’importante colonie de flamands roses qui y vivent, du moins à certaines périodes de l’année.


C’est l’un des parcs animaliers les plus réputés de toute l’Afrique et quand on le visite, on comprend vite pourquoi.

Aloe Vera dominant l’entrée du Serengeti

Moins de cinq minutes après avoir passé l’entrée du parc, nous apercevons déjà notre première lionne qui se tapit sur le bord de la piste, à quelques mètres de notre 4×4.

Elle est camouflée dans les herbes hautes de la même couleur que sa robe, les yeux rivés sur le troupeau d’impalas qui broutent un peu plus loin.

Lionne à l’affût

Elle s’apprête à lancer son attaque contre eux, et nous commençons déjà à nous demander comment nous pouvons préparer nos fistons à la boucherie qui s’annonce.

Mais les 4×4 arrivant les uns après les autres, le troupeau d’impalas s’éloigne tranquillement.

Un mal pour un bien apparemment pour notre lionne, puisqu’elle décide finalement de s’affaler au beau milieu de l’étroite piste, ce qui oblige notre chauffeur à faire un écart pour ne pas lui rouler dessus.

Jeune lionne maculée du sang de son dernier repas

C’est au-delà de nos espérances : nous avons tout juste passé l’entrée de ce parc mythique que, non seulement nous n’avons attendu qu’une poignée de minutes avant de pouvoir observer une lionne à l’affût mais en plus, nous passons à une cinquantaine de centimètres d’elle seulement, juste séparés par la vitre du 4×4.

Du coup, ironie du sort, avec mon téléobjectif de 300 mm qui m’a coûté un bras, il m’est impossible de la photographier tellement elle est près !

Heureusement, les autres occasions de tirer le portrait à ce grand félin seront fréquentes dans le Serengeti, car nous en croiserons plusieurs fois par jour.


Dès le début du safari, Babou nous avait expliqué qu’il existait trois types de savanes : herbeuse, arbustive et arborée.

Maman babouin promène son petit

La particularité de celle du Serengeti, c’est qu’elle fait partie de la première catégorie : des plaines entières sont ainsi recouvertes d’herbes plus ou moins hautes et couleur paille vu la saison (nous sommes en juillet).

Jeunes guépards

L’avantage, c’est qu’on peut voir les animaux de très loin, notamment toutes sortes d’antilopes, dont les bonds gracieux ne cessent de nous impressionner.

Un chacal dévore une carcasse d’oiseau

On trouve quand même des zones arborées dans le Serengeti, et les animaux qui vont avec.

La famille éléphants

Tanzanie (25)

D’une manière générale, ce qui frappe dans ce parc si réputé, c’est la densité incroyable d’animaux qu’on y rencontre.

Antilope
Une hyène tapie dans les herbes nous observe

Observation des babouins

Il y en a de toutes les sortes, de toutes les dimensions, le spectacle ne s’arrête jamais…

Maman babouin et son bébé


Le Ngorongoro est un immense volcan endormi dont la caldeira mesure une vingtaine de kilomètres de diamètre. Au fond, c’est une véritable oasis de vie : toute la faune africaine semble s’être donné rendez-vous dans ce superbe écrin végétal. Les parois de la caldeira sont hautes de cinq cents mètres et forment une barrière naturelle empêchant les animaux d’en sortir.

La densité d’animaux nous avait déjà paru importante dans le Serengeti, car nous ne passions jamais plus de cinq minutes sans en apercevoir. Mais au fond du Ngorongoro, c’est vraiment impressionnant : on a des animaux en ligne de mire en permanence.

Une grue à tête couronnée


Les scènes de la vie quotidienne se succèdent : nous apercevons d’abord un chacal, les pattes dans l’eau, qui tente en vain d’intégrer des flamands roses à son menu du jour.

Un chacal vient de mettre en fuite un groupe de flamands roses

Puis un premier moment fort : la mise bas d’une gazelle. Le faon, c’est son nom à lui aussi, doit absolument réussir à se lever dès les premières minutes de sa vie pour aller téter sa mère. En effet, c’est ce premier lait qui lui donnera la force indispensable de marcher afin d’aller se mettre à l’abri des prédateurs.

Hélas, l’équilibre de notre petit faon s’avère très précaire et il ne cesse de s’affaler, pas vraiment aidé par sa mère qui le fait vaciller à plusieurs reprises.

La scène ressemble à s’y méprendre à celle où un autre faon, Bambi, certes plus connu mais pas plus doué, prend gamelle sur gamelle en tentant de marcher sur la glace.

Mais qu’importe, la petite gazelle finit enfin par réussir à téter sa mère et gagner ainsi la première bataille de sa vie. Mais pas la dernière…

Première tétée du nouveau-né

Au fil des virages qu’avale notre 4×4, nous avons l’impression de tourner à une vitesse effrénée les pages de cette encyclopédie à ciel ouvert : lions, antilopes, gnous, flamands, zèbres, tous les animaux de la savane défilent sous nos yeux écarquillés. Un moment magique.

Aigle pêcheur

 


Pourtant, le moment le plus impressionnant est encore à venir : après avoir repéré l’odeur fétide d’une charogne, Babou roule quelques minutes au ralenti, guidé par son nez. Et il nous dégote rapidement deux couples de lions en train de se reposer autour des restes d’un zèbre, dont seule subsiste une patte arrière qui gît dans les herbes.

L’une des deux lionnes se lève alors et à sa façon de se frotter contre son compagnon, lequel dormait paisiblement jusque-là, nous comprenons vite qu’elle est en chaleur. Le lion en question, bien qu’encore assoupi, ne se fait pas trop prier pour accomplir sa besogne.

Puis le couple se roule par terre et s’amuse un peu avant de se rendormir brièvement en plein soleil.

Babou nous explique alors que lorsqu’une lionne a ses chaleurs, elle a besoin d’avoir un rapport… toutes les dix minutes pendant huit à dix jours ! Puis il ajoute que si le mâle fatigue un peu, la lionne change de partenaire. En tout cas, celle que nous observons a en effet un sacré appétit car nous assisterons à plusieurs accouplements successifs.

Moralité  – Manger, dormir, s’accoupler : par ici, la vie des lions a l’air nettement moins rude que celle des zèbres ou des gazelles…


C’est notre quatrième et dernier parc. Même si l’on y croise beaucoup d’animaux, il nous paraît un cran en-dessous des deux merveilles que sont le Serengeti et le Ngorongoro. Mais ce joli parc est à voir quand même, notamment pour ses deux spécialités : les baobabs et les éléphants.


Cet arbre possède un pedigree étonnant : notamment, il peut atteindre l’âge vénérable de mille ans, voire friser les deux mille. Du coup, sa circonférence peut dépasser les douze mètres.

Tanzanie (26)


Nous aurons dans ce parc quelques petites palpitations lorsqu’un jeune éléphant prendra un air menaçant en agitant sa trompe dans notre direction, les oreilles dressées. Babou nous explique alors que lorsque quelque chose qu’il ne connaît pas l’intrigue, c’est ainsi que ce pachyderme renifle. Le but : détecter par l’odeur un éventuel danger.

Malgré ce comportement, Babou est zen car il a coupé le moteur. Nous le sommes un peu moins. D’autant moins que les éléphants se rassemblent assez vite autour du jeune renifleur et l’imitent, face à nous. Puis ils finissent par s’approcher avant de traverser la piste au trot derrière notre 4×4. Le gros mâle qui ferme la marche passe en barrissant dans notre direction, en nous défiant du regard.

Nous terminerons notre séjour tanzanien au Tarangire en observant les animaux habituels, mais toujours sans la moindre lassitude.


Ce peuple vit de part et d’autre de la frontière entre la Tanzanie et le Kenya. Semi-nomades, la tradition veut qu’ils soient à la fois éleveurs et guerriers.

Le village masaï. Au fond, l’école.

S’ils sont devenus célèbres dans le monde entier, c’est pour la tradition selon laquelle tout jeune Masaï devait tuer un lion pour pouvoir passer à l’âge adulte. Il s’agirait en fait d’un mythe et pourtant, la frontière avec la réalité reste floue. En effet, de tous temps, les Masaï ont bel et bien tué des lions car cela les couvrait de prestige. Ces temps sont révolus puisque aujourd’hui, tuer cet animal n’est plus autorisé.

Les Masaï se divisent en deux catégories : ceux qui souhaitent conserver leurs traditions, et ceux qui préfèrent se développer par le biais du tourisme. Si les premiers sont à l’écart des chemins touristiques, pas les seconds. Il n’est donc pas trop difficile de trouver l’un de leurs villages sur le bord de la piste et c’est ce que nous avons fait, entre les parcs du Serengeti et du Ngorongoro.

Dès notre arrivée, les femmes Masaï nous arrachent Marie pour l’emmener danser avec elles. Pendant ce temps, un solide guerrier guide nos deux fils, Victor et Arthur, vers le groupe des hommes. Ces derniers ont beau chanter et sauter de manière tout à fait pacifique, nos fistons ne sont qu’à moitié rassurés.


Après avoir récupéré Marie, nous faisons le tour du village en compagnie d’un jeune Masaï qui parle à peu près anglais, et qui nous explique leur mode de vie et leurs traditions.

Nous entrons discuter dans sa case, construite en branches et en boue séchée. Elle est également tapissée de bouse de vache (séchée donc non malodorante), qui fait office d’isolant thermique.

Les cases du village masaï

Étonnant mais terriblement efficace, car il fait particulièrement bon à l’intérieur alors que dehors, la chaleur est écrasante.

On nous emmène ensuite dans l’école du village ou une vingtaine d’enfants de tout âge suivent le même enseignement. Nous avons droit à un chant de bienvenue que nos petits hôtes hurlent avec beaucoup d’enthousiasme. Puis Victor et Arthur sont invités à s’asseoir parmi eux, ce qui provoque l’effondrement du banc de fortune, fait de branchages divers. Tous les enfants assis dessus s’affalent par terre à l’exception d’Arthur qui, stoïque, provoque un éclat de rire général.

L’école des petits Masaï

Lorsque vient l’heure de quitter le village, nous nous demandons si les Masaï n’ont pas suivi une formation chez Ikea. En effet, de même que le géant suédois fait suivre à ses clients un chemin précisément tracé pour leur faire visiter l’ensemble du magasin sans en rater le moindre recoin, nos Masaï ont installé sur une barrière de branches, entre l’école et notre 4×4, une multitude de bijoux qu’ils ont confectionnés à base de petites perles. On ne peut donc pas les rater.

Ils nous parent tous les quatre de ces colliers et bracelets faits main. Adeptes que nous sommes du tourisme équitable, nous nous prêtons volontiers à ce petit jeu jusqu’au moment de passer à la caisse : à partir de cinquante dollars le modeste bracelet de perles dont le prix de revient s’élève à une poignée de centimes, le prix nous paraît quand même rédhibitoire. Nous reposons donc poliment nos ornements puis discutons encore quelques instants avec nos hôtes avant de les quitter.

Ce final nous gâche un peu la visite pour laquelle nous avions déjà versé un « droit d’entrée » de cinquante dollars. Avec du recul, nous ne regrettons absolument pas d’avoir passé cette matinée en compagnie de ce peuple mythique. Alors évidemment, cela manque un peu d’authenticité. Mais nos fils ont appris plein de choses à cette occasion, et nous aussi.


En quittant le Ngorongoro, nous nous rendons à un lodge situé quelques kilomètres plus loin, où nous avons rendez-vous avec un jeune habitant du coin, James. Il est cuistot dans cet établissement mais arrondit ses fins de mois en faisant visiter la campagne et les villages des alentours aux voyageurs de passage.

Le lodge


Avant de nous emmener dans un village perdu au milieu des plantations de café, il tient à nous montrer comment les habitants de la campagne tanzanienne, de même que les Masaï, utilisent la nature généreuse qui les entoure comme une gigantesque pharmacie à ciel ouvert.

Il nous invite tout d’abord à tester le dentifrice local : il s’agit de mâcher des feuilles d’eucalyptus dont les vertus aseptisantes nettoient la bouche. Elles servent plus généralement à désinfecter les plaies.

James ramasse ensuite des espèces de petits cailloux noirs comme du charbon. Il nous explique qu’en cas de morsure de serpent, lesquels pullulent dans la région, il faut frotter ces petits cailloux sur la zone infectée afin de ralentir la progression du venin dans l’organisme. Cela permettrait de gagner du temps pour aller voir un médecin et se faire administrer un antidote.

Puis il cueille de petits fruits appelés « demlèlè », qui ressemblent à une tomate-cerise jaune. Le jus qu’ils contiennent, délayé dans un peu d’eau, fait tout simplement office de savon.

 


Après une bonne heure d’étude en pharmacologie 100% bio, nous arrivons dans un minuscule hameau où nous sommes accueillis par une habitante, dont le visage respire autant la gentillesse que la pauvreté.

Elle nous invite à la suivre dans un petit abri. Là, juchée pieds nus au sommet d’un énorme tas de bouse de vache qui suinte entre ses orteils, elle nous explique qu’elle passe ses journées à la sortir de l’abri pour la faire sécher au soleil, puis à la rentrer le soir pour qu’elle ne prenne pas l’humidité de la nuit. Comme chez les Masaï, cette bouse de vache, qu’elle malaxe de ses mains une partie de la journée pour l’aider à sécher, est utilisée pour isoler thermiquement les parois des habitations.

En sortant, c’est donc une main maculée de bouse qu’elle tend gentiment à Victor et Arthur. Marie et moi sommes fiers de voir que, bien que pas très ragoûtés, ils la serrent quand même sans hésiter. Nous faisons de même, par politesse et par respect, en n’oubliant pas d’attraper discrètement et dès que possible une lingette désinfectante.

Mais entre-temps, Arthur, qui a déjà oublié ce qu’il a sur les mains, porte machinalement ses doigts à la bouche ! Qu’importe, tels de vrais Masaï, nous nous frottons tous les quatre les mains avec les feuilles du premier eucalyptus venu, et nous en faisons surtout mâcher à Arthur pour qu’il s’aseptise la bouche. La leçon de vie africaine transmise par James un instant plus tôt porte déjà ses fruits.

Avant de prendre congé de cette dame, elle nous montre fièrement toute sa fortune : une vieille chèvre, qui n’en a visiblement plus pour très longtemps. Nous la remercions chaleureusement en lui glissant un billet qui pourra l’aider un peu.

Nous terminons cette visite initiatique en passant devant un puits situé au milieu de nulle part. Il est pourtant vital pour tous les habitants du coin, qui s’y pressent assez nombreux. Certains doivent faire une ou deux heures de marche jusque-là chaque jour pour y puiser l’eau dont a besoin toute leur famille pour vivre.

Victor et Arthur connaissaient déjà la théorie selon laquelle l’eau douce est une ressource précieuse, mais elle prend là tout son sens : ils réalisent ainsi que les maisons du monde entier ne sont pas toutes équipées d’un robinet.


 

  • Plus d’images ?  → « Autour du monde » en passant par la Tanzanie (vidéo)

 


J’avoue que c’est un peu hors-sujet mais j’ai une belle-mère exceptionnelle : pour son anniversaire, c’est elle qui nous a offert un cadeau, et quel cadeau : un séjour en Tanzanie pour toute la famille ! C’est donc elle qui a réservé le tour, mais je me suis quand même procuré quelques infos pratiques…


L’idéal, mais aussi le plus cher, consiste à réserver le tour avant son départ, a fortiori en haute saison (juin à septembre). Nous sommes passés par Léopard Tours, une grosse agence tanzanienne, très pro, avec d’excellents chauffeurs-guides.

Mais on peut aussi préparer son safari sur place, moyennant toutefois quelques précautions.

D’abord, prendre le temps de bien comparer les offres et ne surtout pas se précipiter, malgré la pression que peuvent mettre les agences et leurs rabatteurs.

Ensuite, pour faire descendre le prix, l’hébergement en tente s’impose : on dort alors en dehors des parcs. Cela signifie qu’on passe forcément un peu plus de temps dans le 4×4, pour rejoindre les parcs le matin et en sortir le soir.

  • Le prix : il a flambé en quelques années. Alors qu’on pouvait organiser son safari pour moins de 200 euros, par personne et par jour, jusqu’au milieu des années 2010, il faut compter au minimum 250 à 300 euros aujourd’hui pour des prestations similaires (basse saison, petite tente sans sanitaires etc…). A noter que ce prix comprend la fameuse taxe controversée de 18% créée en 2016, et applicable à tous les produits touristiques…
  • Bon à savoir : pour proposer des prix compétitifs, les agences ont tendance à entasser les clients dans les 4×4, et à limiter repas et boissons, en quantité comme en qualité. A prendre en compte au moment de la négociation.
  • Attention : le chauffeur-guide est obligatoire à l’intérieur des parcs et réserves.

Une alternative : découvrir les parcs du Kenya voisin, moins chers… pour l’instant ! La réputation du Masaï Mara ou d’Amboseli n’est plus à faire. Nous avions visité celui de Tsavo Est il y a quelques années et les prix étaient dérisoires comparé à ce qui se pratique aujourd’hui en Tanzanie. En revanche, la densité d’animaux était très faible et la qualité du safari n’avait rien eu à voir…

Si on n’a pas de contrainte de budget, alors l’idéal consiste à réserver les nuits dans les lodges situés dans les parcs.

D’une manière générale, il ne faut pas négliger la sécurité dans les parcs, y compris dans l’enceinte des lodges. Il y a parfois des accidents mortels avec les animaux : même si c’est rare, ça arrive (attaque mortelle d’un léopard sur un enfant en 2005 dans l’enceinte d’un hôtel du Tarangire).


Beaucoup de voyageurs prolongent leur safari tanzanien à Zanzibar, petit archipel paradisiaque situé dans  l’Océan Indien. Cela permet de se délasser sur de longues plages désertes de sable blanc, après quelques jours de safari passés dans un 4×4 à arpenter des pistes poussiéreuses et bosselées…

Si l’on a choisi un safari organisé par une agence, l’extension de quelques jours à Zanzibar constitue en général un surcoût élevé : les agences en question ont tendance à se faire plaisir.

Toutefois, il est vrai que les hébergements ne sont pas donnés, le camping étant par exemple interdit. Mais en comparant les prix sur les traditionnels sites de réservations en ligne, on parvient vite à trouver de petits hébergements très corrects à des prix très abordables.





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